Jacques Delors

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Posté par marvin 15/04/2009 @ 01:15

Tags : jacques delors, politique

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Jacques Delors

Jacques Delors en 2001.

Jacques Delors, né le 20 juillet 1925 à Paris, est un homme politique français.

Initialement employé à la Banque de France et syndicaliste à la CFTC, il fut ministre de l'Économie, des Finances et du Budget de 1981 à 1984 et président de la Commission européenne de 1985 à 1995. Il fut également maire de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), de 1983 à 1984.

Il est le père de Martine Aubry.

Originaire du Lonzac en Corrèze, fils d’un père encaisseur à la Banque de France et catholique pratiquant, Jacques Delors obtient une licence de sciences économiques à la Sorbonne avant d’intégrer à son tour la Banque de France où il devient syndicaliste de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). Il occupe les postes de chef de service puis attaché au cabinet du Directeur général des titres et du marché monétaire à la Banque de France (1945-1962).

Rattaché à l'origine à la famille de pensée démocrate-chrétienne et syndicale, il participe aux activités de La Vie Nouvelle, mouvement catholique d'inspiration personnaliste qui jouera un rôle essentiel dans l'émergence de la « deuxième gauche », au sein duquel il crée en 1959 la revue Citoyens 60 qu'il dirige jusqu'en 1965.

Il débute sa carrière en tant que rédacteur à la Banque de France. A cette époque, il est l'auteur, sous le pseudonyme Roger Jacques, d'écrits d'inspiration marxiste dans des revues d'extrême-gauche. Il est rapidement remarqué et devient « expert économique » à la CFTC. Il s’inscrit en même temps à Vie nouvelle (chrétiens de gauche), crée le club de réflexion Citoyens 60, et travaille en liaison avec le club Jean Moulin. Il est également membre un temps du Parti socialiste unifié (PSU).

Il entre ensuite au Commissariat général au Plan puis est appelé au cabinet de Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre de 1969 à 1972. À ce titre, il influence grandement le projet de « Nouvelle société » que souhaitait promouvoir celui-ci. Participant à la mise en œuvre du programme de la « nouvelle société », il est notamment l’inventeur des contrats de progrès, et l’inspirateur de la loi sur la formation permanente (1971).

Il fut également professeur associé à l'Université Paris-Dauphine, de 1974 à 1979.

En 1974, il crée le club de réflexion politique « Échanges et projets », Quelques années plus tard, il adhère au Parti socialiste. Il entre au parti en 1974, est élu député européen en 1979, mandat dont il démissionne en 1981 après sa nomination dans le premier gouvernement de François Mitterrand.

Élu maire de Clichy, en banlieue parisienne, Jacques Delors fait figure de possible « premier ministrable » en remplacement de Pierre Mauroy. Il ne fut pas reconduit dans le gouvernement dirigé par Laurent Fabius, ayant été pressenti, par accord guidé par François Mitterrand et Helmut Kohl, chancelier ouest-allemand, pour devenir en janvier 1985 président de la Commission des Communautés européennes (qui deviendra la Commission européenne), succédant au luxembourgeois Gaston Thorn. Il restera président de la Commission jusqu'en décembre 1994. Pendant son long mandat, ont lieu l’élargissement de l’Europe communautaire, l’adoption de l’Acte unique européen, la réforme de la politique agricole commune (PAC), la signature des accords de Schengen et du Traité de Maastricht (1992).

Artisan d’un renforcement de l’exécutif européen, Jacques Delors représente la Communauté européenne, à la manière d’un chef d’État, lors des grands sommets internationaux (réunions du G7 et de l’Organisation de coopération et de développement économique, etc.).

Il est l'instigateur du livre blanc de la Commission recommandant la création d'un grand marché européen régulé par la mise en place de solidarités nouvelles. Ce livre blanc débouche sur la signature de l'Acte unique en février 1986, qu'il appelle « mon traité favori ».

En 1989, il préside le Comité dit Delors, composé d'experts et des gouverneurs des Banques centrales des douze pays membres. Le Rapport du Comité Delors ouvre la voie à la création de la monnaie unique. Viennent ensuite l'adoption du paquet Delors I (1987) et du paquet Delors II (1992).

Un temps favori des sondages dans la perspective de l'élection présidentielle française de 1995, il renonce le 11 décembre 1994 à présenter sa candidature. Malgré les fortes pressions du PS, Jacques Delors refuse de se porter candidat, pensant ne pas pouvoir disposer de la majorité nécessaire pour mener sa politique.

En 2004, il signe la pétition initiée par Pierre Larrouturou, Michel Rocard et Stéphane Hessel, proposant un projet de Traité de l'Europe sociale.

En retrait de la vie politique, il continue d’intervenir régulièrement dans le débat public, par la presse notamment, et se prononce en faveur du traité établissant une Constitution pour l’Europe à l’occasion du référendum organisé en France en mai 2005.

Il est président fondateur et membre du conseil d'administration du think tank Notre Europe, ainsi que membre d'honneur de l'Institut Aspen France.

Il est membre honoraire du Club de Rome.

Il est enfin président du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) depuis 2000.

Il a été parrain de l'EICD 3A à Lyon en 1988.

Il est invité permanent du bureau national du PS.

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Mémoires (Jacques Delors)

Les Mémoires de Jacques Delors est un ouvrage d'entretien avec Jean-Louis Arnaud (écrivain et journaliste) paru en 2003. L'homme revient sur l'ensemble de son parcours, de ses engagements syndicaux de jeunesse jusqu'à la présidence de la Commission européenne.

Jacques Delors y expose avec clarté mais sans flamboiement inutile les actions qu'il a menées tout au long de sa carrière.

Le premier aspect de ces Mémoires est qu'elles ne sont pas épiques. Jacques Delors expose avec modestie son engagement et ses actions et donne à l'ouvrage une tonalité terne, compensée par la grande cohérence de la biographie de l'homme.

L'engagement personnel des débuts va de pair avec la tentative d'analyse de la société. Cet intellectuel met en harmonie sa vision de l'homme avec celle de la société, et sa vision de la société avec son action politique.

Jacques Delors s'épanouit dans ses activités au Commissariat au Plan. Il se rapproche alors de la prise de décision tout en pouvant exercer ses capacités d'analyse.

Oui au travers des pages, Jacques Delors se révèle un technocrate, mais au sens premier du terme. Il utilise les méthodes mises à dipositions par les sciences humaines pour se faire une idée précise de l'état de la société et de l'économie. Cela a un aspect froid, mais cette attitude consistant à être modeste devant les données révélées par ses lourds dossiers fait de lui un authentique pragmatique. C'est grâce à cela qu'il bouscule les idées reçues et dépasse les clivages idéologiques fondés sur des croyances. C'est cela qui lui donne sa hauteur de vue.

En arrivant à la Commission européenne, Jacques Delors met en œuvre cette capacité d'analyser les faits sans a priori. C'est ainsi qu'il se montre ouvert aux points de vue des autres dirigeants européens et devient un président dont la compétence est reconnue par tous.

Il se fait défenseur de ce qu'il appelle la méthode communautaire, mélange de compromis et de volonté commune d'aller de l'avant. C'est dans ce cadre qu'est négocié l'Acte unique européen, son « traité favori ». Ce texte a selon lui pour but de favoriser la prospérité européenne par le développement des échanges tout en soutenant par des politiques structurelles l'émergence de solidarités entre les États membres, permettant de corriger les écarts de développement entre les régions.

Jacques Delors pense que la Nation a un avenir. Il entrevoit donc la future Union comme une fédération d'États-nation où le transfert se souveraineté se fait en fonction du principe de subsidiarité. Pour lui, la méthode fédérale « Affiche sa supériorité », car elle permet de définir « Sans équivoque "qui fait quoi" et "qui est responsable de quoi" ».

Il souligne également les apports importants des pays d'Europe centrale et orientale : « La corbeille de mariage est plus riche qu'on ne le dit ». Dans cette optique il appelle à un effort exceptionnel dans les Balkans.

Concernant la méthode d'action, il défend la méthode communautaire et préconise la mise en œuvre de coopérations renforcées, rappelant que ces coopérations ont déjà fait leurs preuves par le passé.

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Deuxième gauche

La deuxième gauche est une culture politique caractéristique de la gauche française évoquée par Michel Rocard lors du Congrès de Nantes en 1977, en opposition avec la première gauche fondée exclusivement sur un marxisme à la française et l'héritage jacobin de la Révolution française. La deuxième gauche se distingue, dans la théorie, par l'absence de revendications idéologiques unilatérales et de structuration bureaucratique exacerbée et, dans la pratique, par des moyens d'action qui sortent du simple champ de l'action politique, en s'appuyant notamment sur le milieu associatif et syndical. La deuxième gauche présente l'originalité d'avoir des composantes (qui se sont retrouvées historiquement au sein du PSU) allant des catholiques sociaux-réformistes aux conseillistes en passant par les sociaux-démocrates ou les trotskistes.

La deuxième gauche est née en rupture en réaction au « totalitarisme » (la crise hongroise de 1956) et au colonialisme (la guerre d'Algérie), le premier partiellement cautionné par la gauche communiste de l'époque (le PCF), le second encore peu mis en débat par les partis socialistes démocratiques de la première gauche (la SFIO de Guy Mollet). La deuxième gauche a trouvé aussi ses fondements dans une contestation de la Constitution de la Ve République en 1958. Les personnages clefs de la deuxième gauche ont été notamment Michel Rocard, Alain Savary, Édouard Depreux, Pierre Mendès France (pour les socialistes), Jean Poperen et Gilles Martinet (pour les communistes), Edmond Maire pour la CFDT, ainsi que des intellectuels comme François Furet, Serge Mallet, Jacques Julliard et Pierre Rosanvallon.

En tant que telle la deuxième gauche ne gagnera son nom que vers la fin des années 1970 mais c'est véritablement entre 1954 et 1956 qu'elle prend naissance.

La naissance de la deuxième gauche résulte d’abord d’un refus de tout ce qui se rapproche de la gauche totalitaire. Précisément, depuis la mort de Staline, de nombreux groupes dissidents des grands partis sont nés afin de se détacher des anciennes bureaucraties accusées d’être trop proches du passé colonial (SFIO) ou de soutenir encore trop fortement les régimes totalitaires (PCF). Ces groupes dissidents se retrouvent en majorité dans l’opposition à la guerre d’Algérie.

Le PSA (Parti socialiste autonome) qui comporte les socialistes qui ont quitté la SFIO en 1956 du fait de leur désaccord avec la politique algérienne de Guy Mollet prend le nom de PSU (Parti socialiste unifié) en 1959 en rassemblant donc les sociaux-démocrates du PSA (notamment Rocard, Mendès-France, Savary, Martinet), les marxistes dissidents du PCF autour de Jean Poperen et François Furet du groupe Tribune du communisme, les chrétiens de gauche de l’Union de la gauche socialiste. De nombreux membres du PSU sont alors porteurs de valises pour le FLN et le PSU fournit des analyses sur la guerre d’Algérie qui attirent tous les progressistes de la gauche antitotalitaire. Michel Rocard a notamment été l’auteur, sous un pseudonyme lorsqu’il est administrateur sortant de l'ENA dans les bureaux de l’Armée française pendant son service militaire en Algérie, du Rapport sur les camps de regroupement en Algérie. Le PSU est le seul parti politique à clairement demander l’indépendance de l’Algérie tandis que le PCF reste sur des positions ambiguës et que la SFIO se referme sur elle-même. En 1962, le PSU fédère, à gauche, réformistes et révolutionnaires qui ne trouvent pas leur place dans une SFIO et un PCF jugés archaïques ni dans des formations telles que la FGDS de Mitterrand jugée trop électoraliste, voire jacobine selon Michel Rocard. Le PSU représente donc la deuxième gauche politique en pleine expansion au milieu des années 1960.

Au niveau du mouvement ouvrier, la deuxième gauche syndicale va apparaître lors de la déconfessionnalisation de la CFTC. Ce sont des chrétiens de gauche autour du courant Reconstruction représenté notamment par Eugène Descamps qui, dans leur rejet du monopole de la CGT sur le syndicalisme et dans leur volonté de faire un nouveau syndicat laïc, donnent naissance à la CFDT en 1964.

Le PSU, la deuxième gauche politique donc, va se rapprocher de la CFDT puisque le parti, lui aussi, adopte l’autogestion comme principe économique. En outre, les syndicalistes de la CFDT se trouvent dans l’analyse sociologique de Serge Mallet dans son ouvrage La nouvelle classe ouvrière. Néanmoins, le PSU, qui a une base ouvrière réunissant 19% des adhérents, a, certes en majorité des travailleurs cédétistes, mais aussi des travailleurs adhérents à FO et certains à la CGT.

Le PSU qui, au milieu des années 1960, est un laboratoire idéologique pour la gauche politique française et est alors à la pointe du progressisme sur de nombreux sujets qui seront repris plus tard par le futur PS de François Mitterrand (la décentralisation, par exemple). Le PSU refuse quelque temps le gaullisme avant de décider de rester un parti contestataire qui participera toutefois aux élections législatives et présidentielles. Le PSU a la particularité de réunir en son sein des sensibilités de toutes sortes. Ainsi à la veille de Mai 68 le PSU comprend 53% d’adhérents se réclamant du marxisme dont 3% se réclame du marxisme-léninisme (maoïsme), 1% du trotskisme, 1% du luxembourgisme (conseillisme), 1% du marxisme libertaire ; 20% des adhérents se réclament de l’humanisme laïque ; 18% du socialisme démocratique ; 7% du christianisme et 2% ne se rattachent à aucune idéologie. La droite du parti est représentée par les communistes traditionnels, le centre par les sociaux-démocrates, les modernistes et les catholiques sociaux (Michel Rocard) et la gauche par les groupes d’obédience trotskistes ou marxistes-léninistes (Marc Heurgon). Pierre Mendès France est la figure médiatique du PSU qui joue le rôle de tampon entre le parti et la Cinquième République.

L’avènement de la deuxième gauche se situe en Mai 68. La deuxième gauche concentre de nombreux atouts entre ces mains : la tolérance idéologique en son sein ; une centrale syndicale en pleine croissance, la CFDT ; la sympathie de nombreux clubs de réflexion proche de ses idées (club Jean Moulin) ; des journaux qui la soutienne comme L'Express et France Observateur (ancêtre de l'Observateur et du Nouvel Observateur) ; le contrôle de l’UNEF, donc de la principale centrale syndicale étudiante (Jacques Sauvageot, vice-président de l’UNEF, est membre des ESU -Etudiants Socialistes Unifiés- et du PSU). De Mai 68 au milieu des années 1970 c’est donc l’âge d’or de la deuxième gauche. Ainsi, lors des évènements de Mai 68, la deuxième gauche participe à plein à l’extraordinaire mouvement social que connaît la France pendant quelques mois.

Le rôle joué par la deuxième gauche pendant Mai 68 n’a pas été étudiée dans des publications historiques sérieuses comme le rappelle Jean-Pierre Le Goff, dans son ouvrage Mai 68, l’héritage impossible. Néanmoins, à côté de courant libertaire et du courant gauchiste qui sont des acteurs principaux des évènements de Mai 68, le courant de la deuxième gauche contribue pleinement au mouvement. En Mai 68, le service d’ordre des manifestations est tenu à côté de la JCR par l’UNEF et le PSU ; les grèves sont en partie amorcée dans des usines tenus par la CFDT où des tentatives d’autogestion aboutiront partiellement ; la deuxième gauche politique et syndicale est celle qui porte le plus loin la revendication en soutenant toutes les initiatives du courant libertaire (l’UNEF soutient Daniel Cohn-Bendit et exige sa présence aux manifestations en dépit des protestations du PCF) ; la CFDT réussit à arracher, lors de la négociation des Accords de Grenelle, la création des sections syndicales d’entreprise tout en constatant que les Accords de Grenelle sont modestes et qu’ils signent la mort de la contestation de Mai ; enfin la deuxième gauche organise un meeting gigantesque regroupant tous les progressistes de Mai 68 au stade Charléty, sont notamment présent Edmond Maire, Jacques Chérèque, Pierre Mendès France, Marc Heurgon et Michel Rocard. La tentative de la deuxième gauche de propulser Mendès France au pouvoir n’aboutira pas à cause du refus de celui-ci.

Après Mai 68, la deuxième gauche est à l’heure du bilan. Même si elle rallie à elle des penseurs brillants (Cornelius Castoriadis et Claude Lefort, François Furet et Pierre Rosanvallon) et des sociologues reconnus (Serge Mallet, Alain Touraine). Il est clair qu’à présent il y a deux courants opposés dans la deuxième gauche politique, un courant réformiste modernisateur et un courant révolutionnaire proche de l’extrême-gauche. Avant la perte de puissance du PSU, deux évènements qui marquent l’histoire de la deuxième gauche ont lieu. En 1971, les manifestations sur le Larzac sont menées et organisée par le PSU contre l’extension du camp militaire. Cette mobilisation rassemble pendant quelques jours toute la gauche progressiste. En 1973, l’usine Lip où la CFDT est majoritaire se met en grève et signe la plus grande réussite du mouvement ouvrier français en pratiquant une autogestion complète.

Avec la montée en puissance du Nouveau Parti Socialiste puis du Parti socialiste et après la défaite de Savary (celui-ci a quitté le PSU au début des années 1960) face à Mitterrand, le PSU s'effrite et même si les courants d’extrême-gauche sont marginalisés au congrès de Toulouse de 1972, le parti est conduit petit à petit vers une impasse politique. Michel Rocard quitte le PSU et rejoint le PS aux Assises pour le Socialisme en octobre 1974. Des syndicalistes de la CFDT, notamment Jacques Chérèque et Jacques Delors, mais aussi les clubs et les associations (Témoignage Chrétien) proches de la deuxième gauche sont aussi présents.

La deuxième gauche politique a disparu en tant que tel et existe à présent au sein du Parti socialiste de François Mitterrand où Michel Rocard anime un courant social-démocrate réformiste avec les chrétiens de gauche dans la majorité mitterrandienne. L’histoire du PSU qui avait été une part de l’histoire de la deuxième gauche s’arrête en 1974. La CFDT envisage son recentrage à partir de cette même époque, recentrage qu’elle appliquera réellement dès 1978.

Le ralliement au PS ne veut pas dire la fin de la deuxième gauche politique. Elle existe toujours mais son indépendance n'est plus et elle doit vivre à côté d'autres formations politiques de gauche au sein du PS, comme le CERES de Jean-Pierre Chevènement. Le courant des Assises (les rocardiens) représente néanmoins 15% des militants du PS en 1975. Michel Rocard intègre d'ailleurs le bureau exécutif du PS à la même époque.

En juin 1977, au congrès de Nantes, Michel Rocard affirme l'autonomie de la deuxième gauche au sein du PS pour opposer deux cultures qui traverseraient aujourd'hui la gauche française : « la Deuxième gauche, décentralisatrice, régionaliste, héritière de la tradition autogestionnaire, qui prend en compte les démarches participatives des citoyens, en opposition à une Première gauche, jacobine, centralisatrice et étatique. » Ce discours fait que Michel Rocard et ses partisans se mettent à dos la gauche du PS menée par Jean-Pierre Chevènement ainsi qu'une partie des mitterrandiens.

Après la défaite des législatives de 1978, Michel Rocard constate qu’« un certain style de politique, un certain archaïsme sont condamnés ». Ces propos sont mal perçus par les mitterrandistes et lors du congrès de Metz en avril 1979, Michel Rocard allié à Pierre Mauroy est défait par François Mitterrand et Laurent Fabius allié au CERES de Jean-Pierre Chevènement. Dès lors, avec l'adoption d'un projet socialiste très chevènementiste et le renoncement de Michel Rocard à se présenter contre Francois Mitterrand lors des élections internes afin de désigner le candidat à la présidentielle, la deuxième gauche politique est marginalisée pour un temps au sein du PS.

Entre 1981 et 1988, la deuxième gauche politique vit à l'ombre du pouvoir de François Mitterrand. Cependant, Rocard, étant nommé Premier ministre en 1988, réussit à placer des hommes de la deuxième gauche au gouvernement. Plusieurs chantiers politiques sont alors marqués sous le signe de la deuxième gauche : la réconciliation en Nouvelle-Calédonie (dans la droite ligne des actions en faveur des Algériens dans les années 1950), la « revalorisation » de l'enseignement et de la pédagogie et la réforme administrative qui enclenche le processus de décentralisation.

Lors du Congrès de Rennes en mars 1990, la situation interne au PS conduit Michel Rocard à s'allier à Lionel Jospin contre Laurent Fabius. Ceci entraîne une dégradation avec le pouvoir exécutif élyséen. Michel Rocard est évincé de son poste de Premier ministre en mai 1991.

Malgré son appel à "un big-bang politique" en 1993 lors du discours de Montlouis-sur-Loire où il préconise une alliance qui fédère du centre aux socialistes et des écologistes aux communistes rénovateurs, il perd au soir du second tour son siège de député comme les quatre cinquièmes des députés sortants.

La démission collective du comité directeur du PS est votée le 3 avril et une direction provisoire est élue marginalisant les mitterrandistes historiques (Laurent Fabius). En octobre, Michel Rocard est élu premier secrétaire du PS, la deuxième gauche prend le contrôle du parti.

En juin 1994, la deuxième gauche et Michel Rocard subissent une contre-offensive mitterrandiste et Michel Rocard est renversé au conseil national pour être remplacé par Henri Emmanuelli. Michel Rocard s'éloigne de la vie politique et Jacques Delors récupère ce qui reste de la deuxième gauche et de ses réseaux politiques.

Jacques Delors refuse néanmoins de se présenter à l'élection présidentielle de 1995 et ouvre la voie à Lionel Jospin que Michel Rocard et la deuxième gauche soutiendront contre les mitterrandistes réunis notamment autour de Laurent Fabius par la suite.

L'arrivée au pouvoir en 1997 de la gauche plurielle menée par Lionel Jospin permet une union de la gauche solide pendant trois ans avant de se fissurer. La défaite d'avril 2002 est en partie mise sur le dos d'une politique jospiniste accusée d'avoir été trop "deuxième gauche" ou pas assez à gauche pendant 5 ans. Contre la deuxième gauche qui accepte à présent l'économie de marché et un certain libéralisme économique, s'oppose une gauche plus traditionnelle, étatiste et parfois antilibérale.

Le 29 mai 2005, les principaux représentants de la deuxième gauche politique appellent à voter oui au Traité constitutionnel européen.

La CFDT ralliée au début des années 1970 au socialisme autogestionnaire rejette le principe selon lequel une organisation syndicale dirige la revendication sociale et considère le syndicalisme comme un instrument au service des travailleurs. Jusqu'en 1978, la CFDT affirme son identité révolutionnaire et sa théorie du spontanéisme. Ces thèmes entraînent un certain entrisme dans la centrale de la part de militants trotskistes ou maoïstes.

Cependant à partir de 1974 avec les Assises pour le socialisme où sont présents des cédétistes, la centrale syndicale redéfinit sa ligne. Au début des années 1980, elle développe la thèse de la défense des travailleurs en fonction des réalités économiques ainsi que la théorie de la contractualisation qui vise d'abord à des négociations directes entre patrons et syndicats sans passer par l’État. Le contractualisme de la CFDT devient alors avec le réformisme une de ses particularités. La CFDT se dissocie alors pleinement d'une CGT restée particulièrement étatiste, son soutien au syndicat polonais Solidarnosc à la fin des années 1980 constitue un des exemples de cette opposition.

Néanmoins, le contractualisme prôné par Nicole Notat et le courant clairement réformiste majoritaire au début des années 1990 entraînent l'exclusion de certaines fédérations cédétistes qui forment le syndicat SUD. La CFDT rejoint totalement sur les grandes questions sociales, à la fin du XXe siècle, la deuxième gauche politique. Dans la ligne réformiste, en mai 2002, le syndicalisme ouvrier de la deuxième gauche est alors représenté par François Chérèque, secrétaire général de la CFDT qui a remplacé Nicole Notat au dernier congrès.

Dans le milieu étudiant, la deuxième gauche avait massivement investi dans l'UNEF. Mais à partir de 1970, à cause de la dérive révolutionnaire de l'UNEF qui est devenue le jouet des groupuscules, celle-ci est délaissée par le PSU lui-même qui depuis 1962 avait pourtant énormément investi dans la centrale. En 1971, les ESU quittent définitivement le bureau national de l'UNEF. S'en suit une scission avec d'un côté l'UNEF-Renouveau contrôlée par les Union des étudiants communistes (UEC) qui souhaitent participer aux élections étudiantes, d'un autre côté l'UNEF-Unité syndicale regroupant le courant trotskiste (majoritaire) ainsi que les étudiants proches du PSU et de la CFDT.

En 1980 est crée l'UNEF-ID (Indépendante et démocratique) regroupant trotskistes, étudiants du Mouvement d'action syndicale (anciens étudiants du MARC, Mouvement d'action et de recherche critique) et les mitterrandiens évincés de l'UNEF-Renouveau. L'UNEF-ID devient rapidement contrôlée par des étudiants proches des différents courants du PS et organisent les tendances de l'UNEF en fonction des tendances socialistes. En 1986, pendant le mouvement étudiant contre le projet de loi Devaquet, la deuxième gauche étudiante est également représenté par le syndicat, soutenu par la CFDT, PSA (Pour un syndicalisme autogestionnaire). Entre la fin des années 1980 et 1995, la deuxième gauche étudiante de l'UNEF (la Tendance Avenir, puis la Tendance Reconstruire, proches de la tendance rocardienne du PS) participe pleinement à la guerre des courants en nouant des alliances en fonction des situations. Une partie minoritaire de la tendance Reconstruire se transforme en Tendance pour une alternative syndicale (TPAS) avant de prendre le nom de Tendance syndicale.

En 2001, l'UNEF-ID et l'UNEF-SE(Solidarité étudiante, nouveau nom de l'UNEF-Renouveau) optent pour la réunification. La Tendance syndicale menée par Julie Coudry rompt avec la direction de l'UNEF accusée de se radicaliser et d'abandonner le réformisme depuis la réunification. La deuxième gauche étudiante provoque une scission de l'UNEF en 2001. Le départ de la tendance TS conduit à la création de la Confédération étudiante en 2003, création soutenue par la CFDT.

La deuxième gauche aujourd'hui n'existe que de manière diffuse au niveau politique (une minorité au PS à travers d'une part, sur "la gauche" le courant Utopia qui dénonce "le culte de la croissance pour la croissance" et d'autre part, sur "la droite", des socialistes modernistes, parfois qualifiés de libéraux) mais reste très forte au niveau syndical ( CFDT pour les salariés, Confédération étudiante pour les étudiants) et associatif (la République des idées de Pierre Rosanvallon, le mouvement Sauvons l'Europe). Chez les intellectuels, le courant historiographique lancé par François Furet dans les années 1980 est très proche d'une lecture de l'histoire propre à la deuxième gauche. Les publications qui proposent encore les idées de la deuxième gauche se retrouve dans les brochures de la revue Esprit et les écrits de Joël Roman. Aujourd'hui la composante héritière officielle issue du PSU sont Les Alternatifs, un parti politique autogestionnaire d'extrême gauche. Enfin dans le paysage politique français, le parti qui se rapproche le plus des idées de la deuxième gauche sont les Verts bien que certaines personnalités du PS et de la gauche européenne soient considérées comme appartenant à la deuxième gauche (Dominique Strauss-Kahn, Zaki Laïdi, Dominique Méda). En octobre-novembre 2006, Ségolène Royal emprunte certains thèmes de sa campagne interne pour l'investiture socialiste à la Deuxième gauche (l'idée de démocratie participative sous la forme de "jurys de citoyens", la préoccupation environnementale, les questions de décentralisation, etc.) mais tout en se situant, non sans ambiguïté, dans l'héritage du mitterrandisme.

Fin août 2007, se réunissent au théâtre de la Vilette, les Gracques, groupe initialement composé de hauts fonctionnaires et de personnalités socialistes issus de la deuxièmes gauche. L'université d'été des Gracques, grand rendez-vous des personnalités de la deuxième gauche d'aujourd'hui (François Chérèque, Julie Coudry, Michel Rocard, Jean Daniel, etc.) se fixe comme objectif durant trois jours de donner des pistes, résumées à travers un Manifeste de la gauche moderne, pour refonder la gauche française et le PS plus particulièrement. Prenant appui sur les expériences réformistes étrangères (notamment britannique avec A. Giddens et italienne avec W. Veltroni), les Gracques à travers une association propose de mener jusqu'au prochain congrès du PS le travail de refondation que le premier secrétaire du PS, François Hollande, et la candidate battue à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, ont appelé de leurs voeux après la défaite face à la droite, le 6 mai 2007.

Génération, T1 et T2, Les années de rêve ; Les années de poudre, Patrick Rotamn et Hervé Hamon.

Histoire du PSU T1 - La fondation et la Guerre d'Algérie (1958 - 1962), Marc Heurgon, La Découverte, TEXTES A L'APPUI / HISTOIRE CONTEMPORAINE.

La préhistoire du Parti socialiste unifié. La longue marche, 1947-1960, Jean-François Kesler, 1986.

De la gauche dissidente au nouveau Parti socialiste : les minorités qui ont rénové le PS, Jean-François Kesler, Toulouse, Privat, Collection, Bibliothèque historique Privat, 1990.

Pierre Mendès France, Jean Lacouture, Paris, Seuil, 1981.

Le cœur à l'ouvrage, Michel Rocard, Paris, O. Jacob, 1990.

Si la gauche savait : entretiens avec Georges-Marc Benamou, Michel Rocard, Paris, R. Laffont, 2005.

La deuxième gauche, une histoire inachevée. Entretien avec Michel Rocard, Esprit, février 2006, p. 140-147.

La deuxième gauche, histoire intellectuelle et politique de la CFDT, Patrick Rotman, Hervé Hamon, Le Seuil, POINTS POLITIQUE T1, T2.

De la CFTC à la CFDT : syndicalisme et socialisme : "Reconstruction", 1946-1972, Paul Vignaux, Paris, Ed. ouvrières, 1980.

Un Syndicat face à la guerre d'Algérie : la CFTC qui deviendra CFDT, Michel Branciard, Paris, Syros, 1984.

F.Georgi, L'invention de la CFDT, 1957-1970, CNRS éditions/Editions de l'Atelier, PAris, 1995.

Histoire du mouvement ouvrier français… 3 La Lutte des classes aujourd'hui : 1950-1972, Jean Bron, Paris, Éditions ouvrières, 1973.

La nouvelle classe ouvrière, Serge Mallet, Paris, Ed. du Seuil, Collection Points. Politique, 1963.

G.Candar, JJ-BEcker, Histoire des gauches en France, Paris, La Découverte, 2004, Deux tomes.

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Editions de l'Atelier.

Histoire de l'UNEF : de 1956 à 1968, Alain Monchablon, Paris, Presses universitaires de France, 1983.

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Jacques Chaban-Delmas

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Jacques Michel Pierre Delmas dit Jacques Chaban-Delmas, né le 7 mars 1915 à Paris XIIIe et mort le 10 novembre 2000 à Paris VIIe, est un général de brigade, résistant et homme politique français, notamment député-maire de Bordeaux de 1947 à 1995, président de l'Assemblée nationale à trois reprises et Premier ministre de 1969 à 1972.

Fils de Pierre Delmas et de Georgette Barrouin, Jacques Delmas étudie au lycée Lakanal, à Sceaux, à la faculté de droit de Paris et est diplômé de l'École libre des sciences politiques, licencié en droit et diplômé d'études supérieures d'économie politique et de droit public. En 1933, il rentre en tant que journaliste à l'Information. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est attaché au ministère de la Production Industrielle du régime de Vichy puis rentre comme adjoint à l'Inspection générale des Finances en 1942.

Il entre en contact avec la Résistance en décembre 1940. Il se lie avec Maurice Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard. De 1941 à 1942, il travaille au ministère de la Production industrielle, dirigé par François Lehideux sous Darlan, puis Jean Bichelonne, dans le deuxième gouvernement de Pierre Laval, dont les services parisiens étaient installés dans un hôtel du XVIIIe siècle, rue de Grenelle. Comme haut fonctionnaire, il est sous les ordres de l'inspecteur des finances Raymond Panié, ancien condisciple de Roger Bichelonne à l'École polytechnique, qui sait que, sous le pseudonyme de Chaban, il fournit des renseignements économiques à la France libre. Chaban représente le chef du service des relations extérieures aux conférences qui réunissent les représentants des services responsables de l'économie en zone occupée.

En mai 1944, il est nommé délégué militaire national et général de brigade par le général de Gaulle. Il est à l'époque le plus jeune général nommé depuis le Premier Empire. Il participe à la Libération de Paris en août 1944.

Il est élu député de la Gironde en 1946, mandat qu'il conserve jusqu'en 1997, puis maire de Bordeaux de 1947 à 1995, et président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1969, de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988.

Européen convaincu, Jacques Chaban-Delmas, milita pour la création de la Conférence européenne des pouvoirs locaux, aujourd'hui Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE), organe de représentation des collectivités locales et régionales et en fût président du 12 janvier 1957 au 24 janvier 1960. Le Congrès devenait alors l'une des institutions du Conseil de l'Europe.

Plusieurs fois ministre sous la Quatrième République, il est un éphémère ministre de la Défense nationale du gouvernement Félix Gaillard, et inaugure, en tant que tel, le Centre d'enseignement à la guerre subversive de Jeanne-d'Arc, dans le Constantinois (Algérie), le 10 mai 1958, école dont il a confié la direction à Marcel Bigeard. On y enseigne les méthodes policières et l'usage de la torture.

Chaban-Delmas devient ensuite Premier ministre sous le mandat de Georges Pompidou de 1969 à 1972. Il est contraint à la démission par le président de la République, qui n'apprécie ni son projet de « Nouvelle société », trop progressiste (un de ses conseillers est Jacques Delors), ni certaines maladresses de son Premier ministre (par exemple, la nomination de Pierre Desgraupes à la direction de l'information de l'ORTF). Il est aussi visé par une campagne de presse virulente. Pompidou aurait agi sous l'incitation de ses proches conseillers Marie-France Garaud et Pierre Juillet, adversaires acharnés de la Nouvelle société, qui jouaient un rôle majeur d'éminence grise auprès du président de la République.

Il apparaît sous le nom du baron Chaban d'Elmas dans le savoureux ouvrage pamphlétaire d'André Ribaud sur le pouvoir gaulliste, "Le Roi" (Julliard, 1962).

Lâché par Jacques Chirac et par 43 parlementaires et ministres de l'UDR qui soutiennent la candidature de Valéry Giscard d'Estaing, soutenu froidement par le Premier ministre Pierre Messmer, affaibli par quelques maladresses (en particulier des retournements de position d'André Malraux, qui le soutient, sur un éventuel remplacement du livre par l'audiovisuel à l'école), il voit rapidement ses chances s'effondrer dans les sondages pendant la campagne du premier tour ; Françoise Giroud, qui soutient François Mitterrand, dédaigne de l'attaquer et lui réserve ce mot : « On ne tire pas sur une ambulance » ; en définitive, au premier tour avec ses 15,1 % de suffrages, il est en troisième position, largement distancé par Valéry Giscard d'Estaing qui obtient 32,6 %. Au deuxième tour, il apporte à ce dernier son « soutien conditionnel » contre François Mitterrand. Sa défaite entraîna la naissance du cruel néologisme « se faire chabaniser ».

En 1978, un renversement d'alliances et l'appui du président Valéry Giscard d'Estaing lui permet de récupérer le « perchoir », c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale, en évinçant Edgar Faure qui l'occupait depuis 1973 et qui avait l'appui du président du RPR, Jacques Chirac, à l'époque très influencé par le tandem Garaud-Juillet. Le Canard enchaîné, montre dans une caricature une ambulance stationnant au pied du « perchoir ». Après les élections législatives de mars 1986, il est contacté discrètement par le président de la République, François Mitterrand, pour devenir Premier ministre du premier gouvernement de cohabitation. Mais l'opposition de Jacques Chirac a fait finalement prévaloir la nomination du président du RPR. En revanche, le 2 avril 1986, un accord avec Jacques Chirac aux frais de Valéry Giscard d'Estaing visant lui aussi le perchoir lui permettra de regagner facilement la présidence de l'Assemblée nationale. Après les législatives de juin 1988, il est le candidat des députés de droite à la présidence de l'Assemblée, mais, avec 268 voix contre 301, il doit céder le perchoir au candidat de la gauche, l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius.

Le 12 novembre 1996, sur proposition du président Philippe Séguin, il est élu président d'honneur de l'Assemblée nationale par l'acclamation de tous les députés réunis dans l'hémicycle, à l'occasion d'un hommage solennel à l'occasion des cinquante ans de sa vie parlementaire.

En 1933, Jacques Chaban-Delmas entre en tant que journaliste stagiaire à L'information économique et financière tout en suivant les cours de Sciences Po et de la faculté de droit. En 1939, il épouse Odette Hamelin, la fille du fondateur du journal, dont il divorce. Ils ont trois enfants : Clotilde, née en janvier 1940, Christian et Valérie.

Avant la guerre, Jacques Chaban-Delmas joue au tennis avec Marie-Antoinette Îon. Ils se retrouvent à Londres en 1943. Au début de l'année 1945, Jacques déserte le domicile conjugal pour aller retrouver Marie-Antoinette Ion. Il se remarie finalement le 23 mai 1947 avec cette « petite blonde plantureuse aux yeux verts, d'origines franco-roumaines, toujours très coquette. Outre son élégance un peu convenue, on souligne son bon goût classique, la qualité de ses conseils et la sûreté de son jugement sur les êtres » Ils ont un fils, Jacques, né le 6 août 1949, marié à Diane de Oliveira Cezar y Guernier, le 24 juin 1972.

Jacques Chaban-Delmas, veuf, se remarie le 24 septembre 1971, alors qu'il est premier ministre, avec Micheline Chavelet, que son ami François Mitterrand lui a présentée.

Le Stade du Parc Lescure qui accueille principalement l'équipe de football des Girondins de Bordeaux porte désormais son nom.

À gauche, le partenaire ; à droite les ultimes adversaires.

Il fut en outre international français de rugby à XV en juin 1945 (une seule sélection, contre l'équipe du British Empire Service, à Richmond… alors qu'il est général depuis un an !), étant licencié au Club athlétique des Sports Généraux (CASG), puis au C.A. Bèglais (banlieue de Bordeaux) au poste de trois-quarts aile gauche.

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Source : Wikipedia