Islamisme

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Posté par woody 14/04/2009 @ 22:07

Tags : islamisme, islam, religion, société

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Islamisme

L'islamisme est un courant de pensée musulman, apparu au XXe siècle essentiellement pour pallier l'échec des politiques de modernisations économiques et sociales entreprises par les nationalistes arabes, comme ceux du Parti Baas en Irak et Syrie, sur fond de résurgence identitaire. L'islamisme n'est pas un courant religieux stricto sensu mais plutôt un système politique qui veut régir les aspects politiques, religieux, économiques et sociaux de l'État, par des voies autoritaires si besoin est. Parfois, l'islamisme est réduit à la volonté d'instauration de la charia, mais il ne s'agit là que de l'un des aspects de ce mouvement.

Historiquement, l'échec de la modernisation s'explique par l'inertie de la société arabe ainsi que par l'opposition des puissances colonisatrices, qui n'avaient pas intérêt à permettre ce renouveau. Face à cela, des politiques et religieux musulmans ont préconisé un retour aux valeurs fondamentales de l'islam comme solution, voyant dans l'écart aux valeurs de l'islam tel que définit par eux les raisons profondes de cet échec.

Le mot islamisme dérive du mot « islam » et du suffixe « -isme » et qualifie donc « la doctrine de l'islam ».

Le concept d'islamisme est de création française et l'usage de ce mot est attesté en français depuis le XVIIIe siècle, où Voltaire utilise le terme pour remplacer « mahométisme » (souvent péjoratif) pour signifier « religion des musulmans ». Cet usage, qui se développa au cours du XIXe siècle (Alexis de Tocqueville (1838), Ernest Renan (1883)), commença à être concurrencé par le terme « islam » au tout début du XXe siècle, alors que le développement des études occidentales de l'islam fit la promotion du terme que les musulmans utilisaient eux-mêmes. L’islam était ainsi la religion des musulmans, et ses adeptes étaient appelés islamistes. Le mot "islamiste" n'est réapparu que récemment ; ayant une signification pour le sens vulgaire d'excès, tout comme les autres idéologies.

La réalité recouverte par cet ancien usage du terme islamisme n'a aucun rapport avec l'islamisme tel qu'il est connu aujourd'hui puisqu'apparu bien après l'usage français. Le terme ancien d'islamisme serait tout simplement synonyme d'islam aujourd'hui.

NB : un "musulman" est un croyant de l'islam. "musulman" et "islamique" sont des adjectifs d'islam. "islamiste" renvoie au concept dont il est question dans cet article.

À la base de l'islamisme d'aujourd'hui, on trouve des courants de pensées du XIXe siècle tels que le fondamentalisme musulman et le réformisme musulman. Ces courants sont nés suite aux questionnements que posent la confrontation à la modernité occidentale et sa domination. Les historiens considèrent également que l'islamisme est né en grande partie du "choc colonial". Après avoir produit plus d'un millénaire d'empires (califats, empire ottoman), le monde musulman se retrouve en quelques décennies (seconde moitié du XIXe siècle) dépecé et en grande partie placé sous la tutelle des puissances coloniales européennes. Les premiers penseurs de l'islamisme (Al-Banna, Al-Afghani...) attribuaient cette déchéance à la perte de "valeurs" musulmanes, qui auraient affaibli l'oumma. On peut lire à ce sujet Pierre-Jean Luizard (sous la direction de) "Le choc colonial et l'islam".

Certains analystes considèrent que les Frères musulmans, groupe fondé par Hassan el Banna en 1928 seraient à l'origine de l'islamisme. La confrérie est le premier mouvement à entrer sur la scène politique pour réclamer l'application de la charia, la loi islamique, dans un premier temps en opposition à l'occupation britannique en Égypte.

Au début des années 1960, Sayyid Qutb, théoricien des Frères Musulmans, introduit les notions de rupture par rapport à la société impie et de reconquête. C'est dans ces écrits que certains groupes islamistes trouvent la justification théorique de l'usage de la violence pour islamiser les sociétés moyen-orientales.

Les décennies suivantes sont marquées, dans l'actualité, par des actes terroristes spectaculaires. Bien que ces événements soient spectaculaires et bien relayés par les médias, ils sont l'œuvre de groupes minoritaires, souvent condamnés par mouvements islamistes dits « modérés ».

Le projet politique islamiste repose sur le choix et l'interprétation des textes qui constituent la charia (le Coran et la Sunna, la jurisprudence). Il existe diverses manières d'interpréter les textes, ce qui explique en partie l'existence de plusieurs courants islamistes dont les discours divergent.

Le traditionalisme dépasse largement l'islamisme, c'est un discours lié à la tradition, pas forcément à la tradition musulmane. Il renvoie à tout ce qui est conservateur, nostalgique du passé et possède un discours moralisateur. Ce dernier concept puise souvent dans la religion, où se trouvent des éléments sur la moralité des mœurs. Le traditionalisme musulman est ainsi plutôt un islamisme.

Le fondamentalisme participe largement à la démarche islamiste en cherchant à effectuer un retour aux fondements de la religion, et à la période des quatre premiers califes.

L'islamisme contient le passage vers la sphère politique, une vision politique de la religion et cherche un retour à la pureté par le projet politique.

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Histoire de l'islamisme

L'histoire de l'islamisme commence au XIXe siècle.

Tandis que les uléma contrôlaient le culte, l'enseignement et la jurisprudence, le XIXe siècle est le siècle de triomphe de la colonisation et de l'impérialisme européen. C'est aussi le siècle du déclin politique de l'Islam, avec un nombre de plus en plus grand de territoires musulmans qui sont soit conquis (en Afrique), soit dominés (Indonésie, Afghanistan et golfe Persique) par les Européens. Si l'Empire ottoman reste indépendant, il est très affaibli. Les Européens ont des vues sur « l'homme malade de l'Europe» pour reprendre la formule du prince Alexandre Gortchakov à la signature du traité qui clôt la guerre russo-turque le 3 mars 1878. Des rébellions et des sécessions sont appuyées par les grandes puissances, à l'intérieur même de l'Empire. Celui-ci veut réagir par des réformes mises en œuvre pour le rénover et le moderniser selon le modèle européen: il faut récupérer les moyens de la puissance.

Commence alors une lutte contre les résistances conservatrices des milieux religieux et militaires, comme celle du corps des janissaires, détruit en 1826. Elle sera suivie à partir de 1839 par le Tanzimat (réorganisation en turc), une période de véritables réformes avec la modernisation de l'enseignement, de l'armée, de l'administration, de la justice et des impôts.

A la même époque, la Nahda est une véritable renaissance arabe, et pas uniquement islamique, à la fois politique, culturelle et religieuse. Les intellectuels s'ouvrent aux doctrines occidentales, en partant faire leurs études à l'étranger par exemple. Ils entament une réflexion historico-sociologique pour faire le point sur la situation sociale et culturelle de leur société, déterminer les causes de leur retard par rapport à l'Occident, et en trouver la solution. La Nahda a été initiée notamment par les familles maronites Al-Boustani (surtout par Boutros al-Boustani, fondateur de la Al-Medrassa al-watania, l'Ecole nationale, en 1863) et Al-Yaziji, importatrices du modèle européen de scolarisation.

L'objectif de l'Islah (le réformisme islamique) est de penser l'islam en termes modernes pour l'adapter à un empire qu'il faut rendre plus conforme aux nécessités de son temps. Le réformisme religieux est favorisé par la modernisation politique et par la poussée du wahhabisme, une doctrine intransigeante mais visant à une refondation de la religion. Ce réformisme est marqué par le rationalisme du XIXe siècle, avec l'idée de prouver que l'islam n'est pas contraire au progrès scientifique, et qu'il n'est donc pas la cause de la régression des peuples musulmans.

Ce retard est alors imputé à une sclérose de l'islam, qui serait devenu au fil du temps une idéologie au service de la classe dominante. L'idée consiste à puiser dans la mémoire religieuse et d'y intégrer des valeurs de la modernité puisque l'islam est compatible avec elle. S'opposant aux conservateurs qui rejettent toute idée d'interprétation et de modernisation, les réformateurs plaident pour une rénovation de la religion qui aurait été dénaturée par des siècles de méconnaissance et qui serait en dégénérescence. Leur objectif est de lutter contre les 'Ulémas, c’est-à-dire le pouvoir clérical qui s'est mis en place contrairement aux fondements de la religion. Il s'agit donc d'une contestation de la pratique de l'islam telle qu'elle est vécue à ce moment-là et d'une volonté de retour aux sources d'un islam pur. L'objectif est de faire table rase de quatorze siècles pour renouer avec les textes fondamentaux, régénérer l'islam et la société. Ils prônent aussi l'émancipation : on peut travailler l'islam à partir de la rationalité, ce qui rouvre les portes de l'interprétation.

Confronté aux influences contradictoires du patrimoine religieux et du rationalisme moderne, le réformisme se divise en deux branches.

La première est le courant libéral qui rencontre la faveur des intellectuels arabes et musulmans parce qu'elle peut constituer un instrument permettant d'établir un contact avec l'ensemble de la population musulmane. C'est une ressource pour faire le lien entre le religieux et la modernité sociale et politique. C'est le courant constitutionnaliste musulman le plus ouvert sur la culture occidentale : il considère qu'il faut aller au-delà du religieux et s'inscrire dans une action politique. La modernisation va exiger de séparer l'État et l'action sociale. C'est donc une vision séculariste, voire laïque. Ali Abderraziq, penseur de ce courant, écrit en 1925 sur l'islam et les fondements du pouvoir. Il cherche à démontrer que le califat n'a rien de religieux, que ce gouvernement n'a aucun fondement islamique.

L'autre branche forme l'ancêtre du courant islamiste.

Les frères musulmans sont une confrérie politico-religieuse fondée en Égypte en 1929 par El Banna. Ils prônent une nécessaire rupture avec la société contemporaine. S'ils ne réfutent pas le progrès moderne scientifique et technique, les frères musulmans luttent contre l'impérialisme occidental. Ils veulent construire un état éloigné du modèle communiste, et du modèle capitaliste. L'accent est mis sur l'action sociale et politique, le respect de la loi islamique restant sur un second plan. Il réclament une réorganisation totale de la société à partir d'un État vraiment islamique et refusent le strict respect de la sharia tant que cet État islamique n'aura pas été mis en place. L'objectif final est la justice sociale, atteinte par une prise en charge par l'État de la collecte de l'impôt islamique et sa redistribution. Initialement, la confrérie est bâtie sur le modèle d'une confrérie religieuse avec un guide et un devoir d'obéissance à ce guide. Dans un deuxième temps, elle se transforme en mouvement politique, qui crée certaines organisations syndicales, de femmes, d'étudiants contrôlés par ce mouvement. L'occident est à la fois le modèle et l'ennemi. Le mouvement est doublé d'une organisation secrète de sabotage, de terrorisme, dans un contexte d'occupation. L'organisation secrète assassine en 1947 et 1948 les Premiers ministres égyptiens, en représailles El Banna est exécuté par la police secrète en 1949. Ils y avait des liens ambigus entre Nasser et la confrérie : liens étroits au début, puis opposition idéologique entre le nationalisme arabe et la communauté arabe. La confrérie a été dissolue après l'attentat manqué contre Nasser.

Le mouvement d'Abdul Ala Mawdudi définit lui aussi l'islam comme une troisième voie entre le capitalisme et le socialisme. Il estime également l'opposition nécessaire entre l'islam et le monde occidental. Il réfléchit sur une constitution pour unifier l'ensemble de la communauté musulmane, tout en mettant l'accent sur l'importance du social et du politique. L'occident est l'ennemi mais il récupère des idées occidentales comme l'État-nation adapté à l'ensemble de la communauté musulmane. En 1941 est fondée fonde la Jamaat-i-islami qui se comporte comme un parti politique, se présente aux élections et s'oppose à la partition de l'Inde en 1947. Les confréries sont des contre-sociétés appliquant les principes de la future société islamique, mais intégrées à la vie socio-politique de leur pays.

Pour ces deux mouvements, aucun pouvoir de l'époque n'est vraiment islamique. En effet, l'application du droit islamique ne suffit pas, il faut établir un mode d'accès et d'exercice du pouvoir qui soit légitime vis à vis de l'islam. Il faut dépasser la dimension juridique pour fonder un projet social et politique. S'il faut prendre en considération la société moderne, il faut également rompre avec cette société qui s'est éloignée de la religion. Par une rupture individuelle et collective, par la reconquête de l'ensemble de la société, il faut opérer un retour aux sources pour retrouver les principes de vie. L'objectif est donc la lutte contre l'oppression, la prise de pouvoir et l'instauration d'un État islamique. Par opposition à la vision occidentale, la souveraineté doit venir de Dieu, pas du peuple. Mais cet État reste flou: la justice sociale régnera et le peuple connaître la souveraineté divine, sans besoin d'une structure institutionnelle politique.

L'inspirateur de tous les mouvements extrémistes sunnites est Saïd Qotb (1906 - 1966), un Égyptien qui fait parti des frères musulmans. Il a eu un rôle important dans l'Égypte nassérienne. Suite à la répression qui empêche les frères d'accéder au pouvoir, il promeut une radicalisation politique et idéologique et l'usage de la violence. Il insiste sur le fait que l'on peut déclarer infidèle un gouvernant, même s'il se déclare et se montre musulman: si ses actions ne sont pas entièrement islamiques, il est infidèle. Il appelle à une possible guerre civile et met la violence au cœur de son projet politique. Il insiste sur la notion de Jihad, « l'effort sur le chemin de Dieu. » Dans l'islam traditionnel, il est conçu comme une guerre en vue soit de la défense, soit de la propagation de l'islam. Ce n'est d'ailleurs pas forcément une lutte armée, ça peut être par persuasion. Le Jihad est collectif et occasionnel, soumis à certaines conditions précises. Il ne peut être mis en œuvre contre un autre musulman par exemple. Il existe également une acception plus personnelle : c'est un effort individuel et personnel pour aller dans le chemin de Dieu. Pour Saïd, le Jihad devient obligatoire et individuel, en tout temps et en tout lieu. Chacun doit dans sa vie sociale et collective, mener cette guerre. La rupture avec l'ordre existant par le biais du Jihad est au cœur de son discours. Plus que la sharia et le formalisme des prescriptions religieuses, ce qui importe c'est l'État islamique, l'ordre politique englobant. L'objectif est un projet global révolutionnaire en rapport avec ce qu'est véritablement l'islam. Il est donc nécessaire de disposer d'un pouvoir d'interprétation, c'est le guide qui doit définir le projet tracer la voie que doivent suivre les fidèles.Ces prescriptions renforcent donc le rôle du guide religieux.

L'Ayatollah Khomeini exerce la même fonction dans le monde chiite. Il fonde une pensée : « Velayet-e-faqih », c'est « la souveraineté du docte » ou « la régence du docteur de la loi ». Le guide est à la fois celui qui détient la primauté du savoir religieux mais aussi le chef politique.

Une vision homogène et simplifiée des mouvements islamistes dans le monde renvoi l'idée d'une organisation internationale. Cependant si l'islamisme renvoie à un mouvement d'idées, et à une communauté de valeurs, il en existe de multiples formes dans le monde. Les tentatives d'implanter des sections nationales des frères musulmans ont rapidement évolué en mouvements indépendants: Hamas en Palestine, Hassan al-Tourabi au Soudan par exemple. Au Maghreb, si le Front islamique du salut en Algérie exerce un rôle dans l'arabisation de l'enseignement, il s'est crée sans structuration des frères musulmans en Algérie. De même si l'Iran a joué un rôle important dans le financement du Hezbollah au Liban, ce dernier est resté un mouvement inséré dans la logique nationale Libanaise.

Les années 1950 et 1960 sont marquées par la lutte contre le colonialisme et pour l'émancipation nationale. Les mouvements indépendantistes, dont l'élite est partie étudier à l'étranger, utilisent les valeurs occidentales (Liberté, république…). L'appartenance religieuse est utilisée par ces élites comme ciment de l'identité des colonisés. Une fois arrivés au pouvoir, ces élites changent d'attitude sur la question religieuse, pour contrôler les institutions et réprimer les mouvements islamistes. Une fois l'indépendance politique acquise, l'accent est mis sur les questions économiques: politiques de nationalisation des pétroles, gaz, moyens de production et des infrastructures (canal de Suez). L'idée de développement et de progrès est mise en avant. On retrouve dans les discours des élites, une terminologie occidentale marquée par l'anti-impérialisme marxiste. Ils cherchent à affermir leur indépendance politique par l'indépendance économique et laissent de côté l'indépendance religieuse, ce qui entraîne un renouveau d'influence de la culture de l'ancien colonisateur. Par exemple le Maghreb développe l'éducation et appelle des coopérants français en Algérie et au Maroc. La culture française y a plus d'influence que pendant toute la colonisation et, vingt ans après l'indépendance il y avait dix fois plus de francophones dans les pays du Maghreb que pendant la domination française. Les institutions religieuses sont considérées comme des ennemis de modernité est sont mises sous contrôle de l'appareil d'état.

Dans les années 1970 l'échec des politiques de developpement mises en places par les gouvernements est patent. Il n'y a pas de développement économique des sociétés, alors que les gouvernants cherchent à rester en place par tous les moyens. Ils n'arrivent pas à ouvrir le jeu à d'autres acteurs. Dans les années 1980 la pression financière internationale devient de plus en plus forte avec l'augmentation de la dette. L'échec de l'opposition à Israël est le symbole de l'incapacité des gouvernants. Ces échecs politiques et économiques permettent aux islamistes de se positionner comme leaders de l'opposition au détriment des courants de gauche.

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Islam

Photo d'un fakir à Vârânaçî (1907) : l'islam en Inde, sous l'influence de l'hindouisme et par le biais du soufisme, donna naissance aux célèbres ascètes musulmans les fakirs, de l'arabe : faqīr فقیر, lit. pauvre) dont aucun élément extérieur ne les différencie de leurs confrères hindous, les sadhus.

L'islam est une religion monothéiste, enseignée par son prophète Mahomet en Arabie au VIIe siècle qui rassemblerait entre 1 et 1,8 milliard de fidèles, appelés musulmans. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme avec lesquels il possède un certain nombre d'éléments communs, et avant le bahaïsme. Au niveau mondial, l'islam est la seconde religion en nombre de fidèles, après le christianisme et devant l'hindouisme. Il se veut une révélation arabe de la religion d'Adam, de Noé et de tous les prophètes. Ainsi il se présente comme un retour à la religion d'Abraham (appelé Ibrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant la voie d'Ibrahim (millata Ibrahim).

Le livre sacré de l'islam est le Coran. Le dogme islamique assure qu'il contient le recueil de la révélation d'Allah, transmise oralement par son prophète Mahomet. Selon les musulmans, cette révélation se poursuivit durant 23 années, par l'intermédiaire de l'archange Gabriel, par le biais de rêves, comme dans le cas d'Abraham, et par inspiration divine. Le Coran reconnaît l'origine divine de l'ensemble des livres sacrés des monothéismes, bien que les musulmans considèrent communément qu'ils sont, dans leurs écritures actuelles, le résultat d'une falsification : le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d'Abraham), la Tawrat (le Pentateuque ou la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l'Injil (l'Évangile).

Outre le Coran, l'immense majorité des musulmans se réfère à des transmissions de paroles, actes et approbations de Mahomet, récits appelés hadiths. Cependant, les différentes branches de l'islam ne s'accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique, la charia, les deux autres étant l'unanimité (ijma’) et l'analogie (qiyas).

L’islam se répartit en plusieurs courants, notamment le sunnisme, qui représente entre 80 et 85% des musulmans, et le chiisme rencontré principalement en Iran.

Le mot « islam » est la translittération de l’arabe الإسلام, islām écouter, signifiant : « soumission », « allégeance », sous-entendant « à Dieu ». Il s'agit d'un nom d'action (en arabe اسم فعل ism fi'l), dérivé d'une radical sémitique, s.l.m qui désigne l'acte de se soumettre d'une manière volontaire, de faire allégeance.

Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d'« Islam » avec une majuscule désigne l'ensemble des peuples musulmans, la civilisation islamique dans son ensemble mais ne fait plus partie du langage courant.

Le nom d'agent (en arabe اسم فاعل ism fā'il) dérivé de cette racine est مُسْلِم muslim « celui qui se soumet », à l'origine du mot français musulman. Le mot « Musulman » avec une majuscule désignait au sein de l'ex-Yougoslavie une des communautés nationales et la désigne encore dans certains des États qui en sont issus.

Le mot « islamique » renvoie à l'islam en tant que religion et en tant que civilisation. L'islamisme est une doctrine politique qui vise à l'expansion de l'islam.

L'islam comporte, selon les sources entre 0,9 et 1,4 à 1,8 milliard de croyants, soit entre 14 % et 21 % de la population mondiale en 2007. La diffusion de l'islam, hors du monde arabe, s'explique par les migrations et les conversions.

L'islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États, sous la forme de « République islamique ». Toutefois, ces États ne sont pas les seuls où l'imbrication du civil et du religieux est conforme à ce que veut la charia comme en Arabie saoudite.

Il peut se produire une confusion entre Arabes et musulmans, principalement à cause de deux facteurs : l'origine arabe de l'islam et la place centrale qu'occupe la langue arabe dans cette religion. Il y a environ 300 millions d'Arabes, dont la grande majorité est musulmane. Au final, 25 % des musulmans vivent dans le monde arabe, un cinquième sont situés en Afrique subsaharienne, et la plus grande population musulmane du monde est en Indonésie. D'importantes communautés existent au Nigeria, Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, en Iran, en Chine, en Europe, dans l'ancienne Union soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a environ sept millions de musulmans aux États-Unis et environ 5 millions en France selon les sources principalement issus de l'immigration auxquels il faut ajouter les conversions, dont le nombre est très difficile à déterminer d'autant qu'il y a des conversions en sens inverse et des apostats.

Les cinq piliers de l'islam sont la foi en un Dieu unique (tawhid), Allah, et la reconnaissance de Mahomet comme étant son prophète ; l'accomplissement de la prière quotidienne, la salat ; la charité envers les nécessiteux, la zakât ; le respect du jeûne lors du mois de ramadan ; et le hajj, le pèlerinage à La Mecque au moins une fois dans sa vie, si on en a les moyens matériels et physiques.

Mahomet a défini la croyance (ou la foi) par une parole qui signifie : « La foi (Iman) est que tu croies en Dieu, en Ses anges, en Ses livres, en Ses messagers et en la réalité du jour dernier et que tu croies en la réalité de la destinée, qu'elle soit relative au bien ou au mal ».

Dans la jurisprudence religieuse, l'adhérent à l'islam est nommé mouslim (musulman) et l'adhérant à l'iman est nommé mou'min (croyant), sans pour autant faire de dissociation entre les deux car ces deux termes sont jugés indissociables et complémentaires du point de vue religieux.

En effet, l'imam Abou Hanifah (mort en 150H/767G) a explicité la position musulmane concernant le rapport entre l'imam et l'islam en ces paroles: « Ils sont comme le revers et le plat de la main », c'est-à-dire qu'ils sont inséparables, et par conséquent tout musulman (mouslim) est considéré comme croyant (mou'min) et vice-versa.

Les juristes musulmans ont dit que sans une acceptation totale de la foi (iman) par le cœur, l'appartenance de quiconque à l'islam est invalide. De même, toute conversion à l'islam n'est valable que par la foi (iman) dans le cœur et additionnée de la prononciation verbale des deux "témoignages de foi" (Ach-Chahadah) à savoir par exemple « Je témoigne qu'il n'y a de vraie divinité que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le Prophète de Dieu ».

Cependant, il existe plusieurs degrés de croyants (mou'minoun). En effet, les musulmans pratiquant parfaitement les prescriptions religieuses sont considérés comme des "croyants complets" alors que les autres sont dits "croyants incomplets" ou "croyants faibles de foi".

Dans l'islam, la croyance et la pratique sont intimement liées. En effet, les versets coraniques décrivent souvent le croyant "mou'min" comme étant celui qui croit et pratique de bonnes œuvres. Bien évidemment, il est alors question du "mou'min" complet. Toutefois ce lien met en lumière le fait que la spiritualité et l'action sont donc deux éléments fondamentaux qui participent de l'être du croyant. Les actes sont donc le reflet de la foi.

Les théologiens musulmans affirment que les versets qui donneraient en apparence des organes ou un emplacement à Allah, ne doivent pas être pris au sens littéral mais doivent être interprétés selon leur contexte historique et linguistique.

Selon un hadith, il est mentionné que Allah a quatre-vingt-dix-neuf noms parfaits (al-asma'ou l-Lahou l-housna) qui permettent au musulman qui les connaitrait par cœur, d’entrer au paradis. Le Coran cite les attributs comme al-'ahad (« l'indivisible ») ou ar-rabb (« Seigneur ») que le hadith précité omet. Un autre hadith affirme qu’Allah possède un nom inconnu des gens du commun. Selon une version de ce hadith, ce nom est الأعظم "Al-A^dham".

Les musulmans croient en l'existence d’anges, êtres immatériels, faits de lumière, impalpables, asexués, dotés de deux ou plusieurs ailes. Les anges exécutent ou transmettent les ordres d'Allah.

Selon la doctrine musulmane, les écritures révélées sont au nombre de 104, dont les plus connues sont le Coran (qour’ân) révélé à Mahomet, la Torah (tawrât) révélée à Moïse, les Psaumes (zaboûr) révélés à David, l'Évangile (injîl) révélé à Jésus. Selon les musulmans, le Coran est le dernier des livres révélés, car Mahomet est pour eux le dernier prophète et, de toutes ces écritures révélées, seul le Coran subsiste intégralement sans aucune entorse du fait qu'il n'y aura plus de révélation prophétique après Mahomet.

Le Coran (القرآن al qourān, « lecture ») est le livre le plus sacré des musulmans. C'est le premier livre connu à avoir été écrit en langue arabe, qu'il a contribué à fixer. Il est censé regrouper une part du message divin qui, selon la croyance musulmane, a été transmis à Mahomet. Cette transmission de l'archange Gabriel à Mahomet a eu lieu de manière fragmentaire par voie auditive, par la voie du rêve prophétique ou par la voie de "l'inspiration divine", durant une période de vingt-trois ans. Après des débats houleux, le calife al-Mamum à Bagdad, vers 820 proclame le Coran, manifestation de l'attribut de Allah appelé "Kalam de Allah", par dogme, incréé, éternel et inimitable. Le débat se prolongera jusqu'au IXe siècle. Ibn Hanbal, aux prises avec une véritable inquisition musulmane, ayant assigné le rôle des autres écrits - haddith, sunna — déclare finalement le Coran incréé de la première à la dernière page. Il ne peut donc pas avoir été écrit, précédé, ni prolongé. Son origine n'est pas humaine. La seule étude du texte se résume à l'apprendre par cœur et à en rechercher le sens transmis, et à le mettre en pratique. Il est au cœur de la pratique religieuse de chaque musulman. Pour celui-ci, le Coran est un livre saint qui n'a pas subi d'altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu'à la fin des temps : le texte ainsi que sa signification sont préservés sur Terre, c'est-à-dire qu'ils existent est sont détenus par la majorité selon un hadith de Mahomet, mais cela n'empêche en rien l'existence de mauvaises interprétations chez ceux qui ne sont pas "versés dans la science".

Le Coran est divisé en cent quatorze chapitres nommés sourates, de longueurs variables. Ces sourates sont elles-mêmes composées de versets nommés âyât (pluriel de l'arabe âyah, « preuve », « révélation »).

La plupart des musulmans ont un grand respect pour le livre et font les ablutions, c'est-à-dire se lavent comme pour faire les prières, avant de lire le Coran. Les vieux exemplaires sont brûlés, et non détruits comme du vieux papier. Le statut théologique du texte le met en effet à l'écart de toute autre chose : le texte contenu dans le livre est une manifestation de la puissance de Dieu et est considéré par les musulmans comme un miracle accordé à leur prophète.

La plupart mémorisent au moins une partie du Coran dans sa langue originale, l'arabe. Cette partie correspond aux versets nécessaires pour faire les prières quotidiennes. Ceux qui ont mémorisé le Coran en entier sont connus sous le nom de hāfiz (pluriel huffāz). Étant donné l'existence de musulmans non-arabophones, la publication du Coran dans d'autres langues s'est révélée être nécessaire. Certains musulmans pensent que le Coran n'existe que dans sa version originale en langue arabe. Ils pensent que les traductions étant d'origine humaine sont imparfaites et faillibles et aussi en raison de caractéristiques polysémiques proprement intraduisibles de l'arabe, et enfin parce que le contenu aurait été inspiré juste dans cette langue. Ils considèrent donc les traductions comme des commentaires ou des interprétations de sa signification, et non comme le Coran lui-même. De nombreuses versions modernes présentent le texte arabe sur une page et la traduction sur la page lui faisant face. Selon certains enseignants de l'Université Al-'Azhar du Caire, penser à reproduire le Coran dans une langue autre que l'arabe est en soi un péché, mais l'explication et l'explicitation du livre dans toute autre langue que l'arabe ou en arabe (afin de faire comprendre le texte original) est permis s'il est réalisé par quelqu'un comprenant non pas les mots selon la langue mais selon les règles de la religion.

Les musulmans considèrent que l’envoi des prophètes est une clémence et une grâce d'Allah pour ses créatures, car la raison à elle seule ne permet pas de connaître tout ce qui sauve dans l'au-delà. Leur fonction principale est donc de montrer aux gens le chemin, la voie (la charia) qui mène au bonheur éternel. Et pour prouver leur véracité, Allah les a appuyés par des faits hors du commun, à savoir les miracles qui constituent des défis implacables que personne ne peut contrecarrer ni imiter.

Tous les prophètes d'Allah ont fait valoir un bon comportement et une conduite exemplaire . Ils sont nécessairement immunisés contre la mécréance, les grands péchés et les petits péchés reflétant une bassesse de caractère, ceci avant et après la mission prophétique. Le premier est Adam et le dernier est Mahomet.

Selon l'islam tous les prophètes sont musulmans et ont tous appelé les gens à entrer dans sa religion. En effet, sa signification est croire en un Dieu unique sans rien lui associer et de croire au message de Mahomet envoyé pour son époque.

Les textes expliquent que Adam a inauguré la fonction prophétique, tandis que c’est par Mahomet, le dernier, qu’elle a été clôturée. Leur nombre est très grand, citons quelques-uns : Abraham (Ibrâhîm), David (Dâwoûd), Isaac (Ishâq), Ismaël (Ismâ'îl), Jacob (Ya'qoûb), Jean-Baptiste (Yahyâ), Jethro (Chou'ayb), Job (Ayyoûb), Jonas (Yoûnous), Joseph (Yoûçouf), Loth (Loût), Moïse (Moûçâ), Noé (Noûh), Salomon (Soulaymân), Zacharie (Zakariyyâ), Jésus (Issah).

Le chef religieux, politique et militaire arabe Mahomet (محمد en arabe), dont le nom est parfois aussi transcrit par Mohammed, Muhammad, etc. en français est le fondateur de l'islam et de la communauté musulmane (oumma). Il est considéré comme le dernier prophète du monothéisme par les musulmans et il n'est reconnu comme prophète que par cette communauté. Ils ne le considèrent pas comme le fondateur d'une nouvelle religion, mais pensent qu'il est le dernier d'une lignée de prophètes de Dieu (du monothéisme) et considèrent que sa mission est de restaurer la foi monothéiste originale d'Adam, Abraham et d'autres prophètes, foi qui avait été corrompue par l'homme au cours du temps .

Selon le Coran, pendant les 23 dernières années de sa vie, Mahomet dicte des versets, qu'il reçoit d'Allah par l'intermédiaire de l'ange Gabriel (Jibril), à des fidèles de plus en plus nombreux convaincus par ce nouveau message. Le contenu de ces révélations sera compilé moins de 20 ans après la mort de Mahomet en un ouvrage, le Coran, livre saint des musulmans.

Les hadiths sont les paroles ou actes de Mahomet considérés comme des exemples à suivre par l'immense majorité des musulmans. Les écoles de jurisprudence Madhhab considèrent les recueils de hadiths comme des instruments importants permettant de déterminer la sunnah, la « tradition » musulmane. Le hadith était à l'origine une tradition orale qui rapportait les actions et coutumes de Muhammad. Cependant, à partir de la première fitna, au VIIe siècle, ceux qui ont reçu les hadiths ont commencé à questionner les sources des paroles. Leur crédibilité est généralement proportionnelle au crédit des témoins qui les ont rapportés. Cette chaîne de témoins est appelée isnad. Il est généralement admis que c'est pendant le règne du calife Umar II, au VIIIe siècle, qu'ont commencé les transcriptions par écrit de grands recueils de hadiths, qui se sont stabilisés au siècle suivant. Ces recueils de hadiths sont, encore aujourd'hui, pris comme références dans les sujets en rapport avec le fiqh ou l'histoire. Les hadiths authentiques sont admis par l'ensemble des musulmans sunnites.

Une grande majorité de sunnites considèrent les hadiths comme des suppléments et des clarifications essentielles au Coran. Dans la jurisprudence islamique, le Coran contient le germe de nombreuses règles de comportement attendues d'un Musulman. Cependant, de nombreux sujets, religieux ou profanes, ne sont pas encadrés par des règles coraniques. Les Musulmans croient donc qu'en examinant le mode de vie, ou sunnah, de Mahomet et ses compagnons, ils pourront découvrir les comportements à imiter et ceux à éviter. Les penseurs musulmans trouvent utiles de savoir comment Mahomet ou ses compagnons ont expliqué les révélations, ou à quelle occasion Mahomet les a reçues. Parfois, cela clarifiera un passage qui semblerait obscur autrement. Le contexte pouvant totalement bouleverser le sens que l'on peut donner à un verset. Les hadiths sont aussi une source historique et biographique.

Ils sont considérés comme une source d'inspiration religieuse, alors que certains musulmans considèrent que le seul Coran est suffisant. Les chiites ont en effet plus de réserves à leur égard car ils montrent que Mahomet n'a pas parlé des choses qui sont fondamentales dans le courant chiite, ce qui fait qu'ils ont élaboré leurs propres ouvrages. Entre autres, ils n'éprouvent aucune gêne à la reproduction de visages humains, comme ceux de personnalités cultes telles Ali et Hussein, alors même que ceci est formellement proscrit par Mahomet dans plusieurs hadiths.

Les musulmans croient à la question, au supplice et à la félicité de la tombe. Ceci n'est pas mentionné dans le Coran mais dans la sunnah. Selon cette dernière, après la mort, toute personne sera questionnée dans sa tombe par deux anges du nom de Mounkar et Nakir : "Qui est ton Seigneur ? Qui est ton prophète ? Quelle est ta religion ?". Les musulmans pieux répondront correctement à ces questions et auront la félicité dans leur tombe, tandis que les mécréants et certains musulmans désobéissants n'y répondront pas correctement et seront châtiés.

La prédestination fait partie des fondements essentiels de l'islam. Elle consiste à croire que tout ce qui se produit dans ce monde -qu’il s’agisse de nos actes volontaires ou involontaires- est prédestiné par Allah. La volonté d'Allah se réalise toujours selon sa sapience éternelle. Ainsi, toute chose –bonne ou mauvaise- qu'Allah a su qu’elle existera se réalisera en temps voulu. Et celle dont Allah n’a pas voulu l’existence, ne se réalisera pas. Par conséquent, si tous les gens se mobilisent pour nous faire profiter d’un bienfait ou pour nous causer un mal qui ne nous a pas été prescrit, ils n’y parviendront pas.

La loi islamique fournit un ensemble de règles régissant ce que les musulmans mangent. Ces règles spécifient ce qui est halāl, c'est-à-dire légal. Ces règles se trouvent dans le Coran, qui décrit aussi ce qui est illégal ou harām. Il existe aussi d'autres règles venant s'ajouter à celles-ci qui ont été émises dans des fatwas par des mujtahids; mais elles ne sont suivies que par leurs propres disciples et non l'ensemble des musulmans.

La loi islamique interdit aux musulmans de consommer de l'alcool, de boire ou de manger du sang et ses produits dérivés, et de manger la viande d'animaux carnivores ou omnivores comme le porc, le singe, le chien ou le chat (les poissons piscivores ne sont pas considérés comme carnivores). Pour que la viande d'un animal terrestre soit halal, il faut que l'animal soit abattu de manière adéquate par un musulman ou par des gens du livre, tout en mentionnant le nom de Dieu (Allah en arabe). L'animal ne doit donc pas être tué en l'ébouillantant ou par électrocution et la carcasse doit être saignée avant d'être consommée. Différentes règles s'appliquent aux poissons. En général, les poissons à écaille sont toujours halāl, bien que certaines fatwas déclarent les poissons dépourvus d'écailles (comme le poisson-chat) et les coquillages comme harām. Les règles d'interdiction concernant les animaux peuvent être contournées quand un musulman risque de mourir de faim et qu'aucune nourriture halāl n'est disponible.

L'abattage rituel islamique est appelé Dhabiĥa. D'après certaines fatwas, l'animal ne peut être abattu que par un musulman. Cependant, d'autres fatwas considèrent que d'après le verset 5:5 du Coran, l'abattage peut être fait par des gens du livre. La viande kasher est considérée comme halāl.

Les sunnites ne sacralisent pas d'icônes. Selon un hadith du prophète, la malédiction de Dieu s'abat sur toute personne produisant (par le dessin, la sculpture...) un être doté d'âme y compris les animaux, car cela est considéré par eux comme allant contre l'esprit du monothéisme. Un certain aniconisme voire un iconoclasme plus ou moins strict existe donc dans l'islam (voir l'article Représentation figurée dans les arts de l'islam). Ainsi, les musulmans se servent plutôt de versets du Coran calligraphiés comme par exemple dans le palais de l'Alhambra, des formes géométriques (arabesques) ou de représentation de la Ka'ba pour décorer les mosquées, les maisons et les lieux publics.

On associe souvent le symbole du croissant et de l'étoile à l'islam. Il s'agit à l'origine du symbole de l'Empire byzantin, repris à sa chute par l'Empire ottoman.

Cependant, la couleur verte est considérée comme un symbole islamique. Du temps de Mahomet, les premiers drapeaux brandis par les guerriers musulmans étaient verts. L'origine de cette couleur est simple. Les arabes étant un peuple du désert, le paradis a pour eux été décrit comme verdoyant, où des sources d'eau couleraient en abondance, où les fidèles y porteront des habits de soie verts (Coran 18:31). Avant l'islam, la légende d'al-Khadir (celui qui est vert), témoigne de l'importance de cette couleur pour ce peuple. Enfin, Mahomet aurait déclaré que le vert était sa couleur préférée et portait souvent des habits et un turban de cette couleur. Autrefois, seuls les califes étaient autorisés à porter un turban de cette couleur. On retrouve la symbolique du vert comme symbole du panarabisme aujourd'hui.

Les califes (arabe : خليفة) désignent les successeurs de Mahomet. Le porteur du titre a pour rôle de garder l'unité de l'islam et tout musulman lui doit obéissance, dans le cadre de la Sharia : c'est le dirigeant de l’oumma, la communauté des musulmans.

Un différend entre sunnites et chiites conduira le califat à se diviser en deux visions très distinctes : les sunnites considèrent que le calife doit être élu pour ses qualités morales et islamiques, et cela en dépit de ses origines. Quant aux chiites, ils considèrent que seul un successeur filial de Mahomet peut prétendre à ce titre. Un seul calife aurait donc de grandes difficultés à diriger l'ensemble de l'actuel monde musulman.

Mahomet est mort sans désigner de successeur et sans laisser un système pour en choisir un, mais plusieurs actes ont poussé l'unanimité des musulmans de l'époque à conclure qu'il préférait Abu Bakr (de son vivant même lorsqu'il était malade, il lui a demandé, et à personne d'autre, de diriger la prière). Par conséquent, le califat a été établi. Le calife (arabe : خليفة, signifiant « successeur » ou « représentant ») a pour rôle de garder l'unité de l'islam et tout musulman lui doit obéissance : c'est le dirigeant de l'oumma, la communauté des musulmans. Le titre Khalifat rasul Allah, signifiant « successeur du messager de Dieu » est devenu le titre courant.

Les chiites ne reconnaissent que le quatrième calife, étant Ali, père de tous les imams. Les chiites estiment que le calife suivant, Yazid Ier a été coupable de la mort d'Hussein, et par là toute succession de califes aurait perdu sa légitimité.

Certains califes étaient souvent appelés Amīr al-Mu'minīn أمير المؤمنين « Commandeur des croyants ». Le titre a été raccourci et latinisé en « émir ».

Aucun des premiers califes n'a dit avoir reçu des révélations divines, comme ce fut le cas pour Mahomet, soucieux de rester dans le droit chemin et craignant Allah. Mahomet étant le dernier prophète, aucun des califes n'a dit être un nabī, « prophète » ou un rasul « messager divin ». Les révélations faites à travers Mahomet ont rapidement été codifiées et écrites dans le Coran, qui a été accepté comme autorité suprême, limitant ainsi ce que le Calife pouvait diriger. Cependant, les premiers califes étaient les chefs spirituels et temporels de l'islam, et insistaient sur le fait que l'obédience au calife en toutes choses était la marque d'un bon musulman. Le rôle est devenu cependant strictement temporel avec l'ascension des oulémas, et l'éloignement de certains califes de la pratique pure de la religion.

Après les quatre premiers califes (Abou Bakr, Omar, Uthman et Ali ibn Abi Talib), le titre a été revendiqué de manière controversée par les Omeyyades, les Abbassides et les Ottomans, ainsi que par d'autres lignées en Espagne, en Afrique du nord et en Égypte. La plupart des dirigeants musulmans portaient simplement le titre de Sultan ou Émir, et prétaient allégeance à un Calife qui avait souvent peu d'autorité. Le titre n'existe plus depuis que la république de Turquie a aboli le califat Ottoman en 1924.

Alors que le califat a été un sujet de discorde entre dirigeants musulmans, ce sujet a été peu évoqué depuis 1924. De nombreux musulmans souhaiteraient le rétablissement du califat, mais des restrictions ainsi que l'activité politique de nombreux pays musulmans, combinés aux obstacles pratiques à l'unification de plus de cinquante États-nations en une seule institution ont limité les efforts pour faire revivre le califat.

La Sharia est la loi islamique. Le Coran est la source principale de la jurisprudence islamique (fiqh). La sunnah n'est pas un texte en soi comme le Coran, mais signifie l'ensemble des actes et paroles du prophète. La place des hadiths fait l'unanimité dans la loi islamique. Tous les penseurs admettent de contredire leurs jugements personnels si un hadith authentique va à l'encontre de ce jugement. Deux ouvrages compilent les hadiths authentiques: le "sahis" de Bukhari et celui de Muslim, mais aussi de récents travaux gigantesques de l'imam AL-Albani. L'Ijma et le qiyas (raisonnement analogique) sont généralement considérés comme les sources tertiaires et quaternaires de la Sharia, mais ceci est contesté par certains penseurs selon qui seuls les hadiths et le coran sont source de loi, comme certains hanbalites.

La loi islamique couvre tous les aspects de la vie, depuis les sujets très généraux de gouvernement et de relations étrangères jusqu'aux sujets de la vie quotidienne. Les lois islamiques qui ont été inscrites expressément dans le Coran sont appelées hudud et traitent spécifiquement des cinq crimes de vol, attaque, intoxication, adultère et fausse accusation d'adultère, le meurtre étant classé au dessus de ces cinq crimes et juste au-dessous de l'associationisme. Pour chacun de ces crimes, une punition appelée hadd est prévue. Le Coran détaille aussi les lois portant sur l'héritage, le mariage, les compensations pour blessures et meurtres, ainsi que des règles régissant les fêtes, la charité et la prière. Cependant, ces prescriptions et ces prohibitions peuvent être très larges, donc leur application en pratique peut varier. Les penseurs musulmans, oulémas, ont élaboré des systèmes de loi basés sur ces règles larges, s'appuyant aussi pour cela sur les hadiths et leurs interprétations.

Quand des musulmans sont divisés sur un sujet particulier, ils vont demander assistance à un mufti (juge islamique), qui peut leur donner des conseils sur la Sharia et les hadiths.

Pour les musulmans le Coran a été révélé par Allah ce qui en fait la première source de législation dans l'islam.

Les hadiths, l'ensemble des dires et faits du Prophète, est la seconde source de législation. La sunna (« tradition ») a été rassemblée et classée par les savants sunnites dans plusieurs œuvres comme Mohammed al-Bukhari.

La troisième source de législation est l'unanimité, al ijmaa. Cela en se référant à une citation de Mahomet qui dit que les musulmans ne font pas l'unanimité sur quelque chose de faux.

La quatrième source est l'analogie, al-qiyâs (القياس, littéralement « la mesure ») qui permet de tirer le jugement d'une chose pour laquelle il n'y a pas de législation à partir du jugement d'une chose analogue.

Il est à noter que certaines de ces sources de législation ont été mises en œuvre après la mort de Mahomet et sont considérées comme illicites (haram) par d'autres groupes de l'islam organisés en rite ou madhhab.

Il n'y a pas de clergé dans le sunnisme. L'imam n'est pas un prêtre mais bien un membre de la communauté musulmane qui conduit la prière : il est « celui qui se met devant pour guider la prière » et n'est pas forcément un théologien : en arabe, l'imam veut dire « chef » ou « guide », et dans le sunnisme, il suffit que le chef soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être à la tête d'une communauté, d'un État. Le muezzin, celui qui fait l'appel à la prière, n'est pas un prêtre non plus.

L'islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses parmi ses fidèles : L'explication du Coran se nomme tafsîr. Et l'ijtihâd est la recherche de solutions nouvelles à partir des textes de référence pour répondre aux problématiques des populations musulmanes sur leurs affaires religieuses (عِبادات , pratiques cultuelles, pl. de عِبادة ) ou sociales (مُعامَلة , « comportements », pl. de مُعامَلات ) dans une condition sociale, politique ou économique inédite.

Les savants exégètes sont considérés comme les « successeurs » des prophètes.

Le chiisme orthodoxe de la secte 'usuli (clergé des ayatollah) reconnaît, a contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques, tandis que le sunnisme rejette cette idée d'un clergé central jouant le rôle d'intermédiaire obligé. Par bien des aspects, l'islam, pour sa partie sunnite, est une religion décentralisée .

En Europe et dans certains pays musulmans, les gouvernements réclament un alignement de la formation des imams sur la formation des ministres des autres religions, c'est-à-dire trois ou quatre ans d'étude au minimum.

L’an 1 de ce calendrier a débuté le premier jour de l’hégire, le 1er Mouharram (le 15 ou le 16 juillet 622 de l’ère chrétienne, selon les auteurs théologiens ; la première époque est dite « astronomique », la seconde « civile »). Ce calendrier a été adopté dix ans après cet événement. On indique qu’une date est donnée dans ce calendrier en ajoutant la mention (calendrier musulman), (calendrier hégirien), (ère musulmane) ou (ère de l’Hégire); ou en abrégé, (H) ou (AH) (du latin anno Hegirae). Ce calendrier est caractérisé par des années de 12 mois lunaires qui sont plus courtes que les années solaires. Une année lunaire compte 11 jours de moins qu'une année solaire.

Chaque mois démarre au premier croissant de Lune visible à partir de la nouvelle Lune : selon l’endroit d’où est effectuée l’observation, le mois peut démarrer plus ou moins tôt.

Les croyants se partagent en trois branches principales : le sunnisme rassemble environ 90 % des musulmans, le chiisme environ 10 %, l'ibadisme moins de 1 %.

La relation directe de l'homme à Dieu par le Coran et la liberté religieuse va amener une multiplication des tendances religieuses. L'absence de clergé permet l'existence de différentes normes juridiques, et différentes écoles religieuses. À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l'homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine.

Le sunnisme (de sunna, « tradition ») est le courant considéré orthodoxe, et de loin le plus répandu. Le sunnisme s'organise lui-même en différentes écoles juridiques. Il y en a aujourd'hui quatre, mais il y en a eu d'autres dans le passé. Ces écoles s'acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière de normes juridiques mais ont une foi commune. Ce sont, dans l'ordre de leur apparition : le hanafisme (de Abû Hanifâ, 700-767) ; le malékisme (de Malîk Ibn Anas qui vécu entre 712 et 796) ; le chaféisme de Al-Shafi'i 768-820) ; le hanbalisme de Ibn Hanbal (781-856). Ces quatre écoles ont donné forme à plusieurs groupes musulmans sunnites. Les sunnites se font appeler ahlou s-sounnah par opposition aux différents groupes considérés égarés.

Le chiisme est divisé en différentes branches, dont les trois principales sont le chiisme duodécimain (90 % des chiites) que l'on peut séparer en deux grands groupes, les « orthodoxes », tels les usuli (clergé d'ayatollah, la plus répandue), akhbari, shayki, et les « hétérodoxes », tels les alaouites ou « Nusayri » de Syrie, les alévis de Turquie, les Ahl-e Haqq d'Iran et Irak, les Shabak, Kakai, Kirklar etc. ; le chiisme septimain (ou ismaélien) ; le chiisme quintimain ou zaydisme du Yémen ; et enfin les druzes de Syrie / Israël / et du Liban.

Le Kharidjisme se divise à son tour en diverses communautés et tendances (Sufrites, Ibadites, etc). De nos jours la seule tendance kharidjite qui ne s'est pas éteinte ou marginalisée est l'ibadisme. Il se retrouve dans le sultanat d'Oman (qui pratique un ibadisme d'État), et dans quelques régions du maghreb très localisées : en Algérie (chez les Berbères de Ghardaïa) et en Tunisie (île de Djerba).

Un quatrième courant, qui s'est éteint au moyen-âge, le motazilisme, est une école interprétative rationaliste, en conflit avec le sunnisme naissant, est apparu à la fin du califat Omeyyade, au milieu du VIIIe siècle, et a été éradiqué au XIe siècle par le sunnisme, en particulier par les Acharites (disciples de al-Ach'ari 873 - 935). Cette école, dont des textes ont été redécouverts au XIXe siècle, connaît une petite résurgence depuis cette date chez certains intellectuels, mais sans base populaire notable.

Une théologie populaire s'est aussi développée dans le maraboutisme, lequel pratique le culte des saints, polythéisme expliquant le fait que ce courant soit rejeté par l'unanimité des sunnites. En effet, ce genre de culte est passible de la peine de mort selon la charia. Le mot « marabout » vient de l'arabe murâbit, qui désigne un homme vivant dans un ribât, un couvent fortifié. Ces religieux très mystiques jouent à la fois les rôles de prédicateur, de sorcier, d'éducateur et de chef politique. Ils sont investis de pouvoirs surnaturels ; leur pratique du Coran, dans des civilisations où l'écriture a été apportée par l'islam, les dote en effet d'un pouvoir sacré. Ils ont trouvé un terrain de prédilection en Afrique où, dès le XVIe siècle, les souverains convertis réclament des marabouts aux autorités arabes. Vivant des dons de croyants, les marabouts formés à l'école coranique enseignent l'islam classique, non sans lui ajouter des pratiques populaires et supersticieuses, voir magiques, rejoignant parfois des croyances animistes traditionnelles de l'Afrique. La réputation de leurs pouvoirs miraculeux les apparente alors plus à des sorciers qu'à des imams. Le culte des saints qui caractérise désormais le maraboutisme a élargi le sens du mot « marabout », qui a fini par désigner le saint vivant ou mort, le monument qui abrite sa tombe, les successeurs du saint, etc. Ils sont considérés non-musulmans par l'islam orthodoxe.

Pour compléter la présentation de la religion musulmane, on ne peut éluder les pratiques populaires de l'islam. Souvent issues de syncrétismes avec les religions préislamiques, elles sont encore très présentes dans les sociétés rurales traditionnelles, qui mélangent animisme, culte des ancêtres, et religion révélée, s'exprimant essentiellement, en ce qui concerne l'islam, à travers des « confréries musulmanes ». Ces mouvements ou confréries s'apparentent grossièrement aux ordres religieux chrétiens non cloîtrés. Certains sont condamnés par l'islam qui les trouve hétérodoxes et réinstauratrices des vestiges archaïques de croyances supersticieuses. Il faut également mentionner l'apparition, au XXe siècle, des musulmans réformés ou libéraux qui visent à un aggiornamento général.

Dans un premier temps, ce terme désigne un emplacement ou un local réservé à l'intérieur d'une structure plus vaste où les soufis (mystiques) pouvaient se retirer comme le laisse entendre le sens de la racine du mot arabe (angle ou recoin).

Par la suite, le mot désigne un complexe religieux comportant une mosquée, des salles réservées à l'étude et à la méditation ainsi qu'une auberge pour y recevoir les indigents. On y effectue les pratiques spirituelles et on y enterre les saints fondateurs des confréries soufies.

La communauté soufie (رابِطة ) se regroupe dans un ribat (رِباط ) parfois fortifié. Au Maghreb, ces communautés se sont développées dans le cadre urbain sous la forme des zaouïas. Les membres de ces confréries se font parfois appeler marabouts (مَرْبوط ou مُرابِط ).

Le terme « soufi » apparaît pour la première fois dans la seconde moitié du VIIIe siècle de l'hégire pour désigner des ascètes.

Les soufis sont des mystiques musulmans qui prient, jeûnent, portent des vêtements rugueux (l'arabe sûf, signifie « bure », « laine », car les premiers ascètes musulmans furent ainsi désignés à cause des vêtements de laine qu'il portaient ; (ils peuvent porter le muruga, manteau fait de morceaux rapiécés symbolisant le fagr, c'est-à-dire l'illusion du monde).

Le soufisme peut être considéré comme une doctrine ésotérique de l'islam et un mouvement mystique et ascétique ayant influencé les dissidences chiites. Elle connait son développement maximum à Bagdad entre 750 et 950. Le soufisme est donc une forme mystique de l'islam, suivi par certains musulmans (ceux qui sont alors appelées soufistes). Les soufis considèrent généralement que suivre la loi ou la jurisprudence islamique (fiqh) n'est que le premier pas sur le chemin de la soumission parfaite. Ils se concentrent sur des aspects internes ou plus spirituels de l'islam, comme la perfectibilité de la foi ou la soumission de l'égo (nafs). La plupart des ordres soufis, ou tariqas, se rapprochent soit du sunnisme, soit du chiisme. On les trouve dans tout le monde islamique, du Sénégal jusqu'à l'Indonésie. Leurs croyances font l'objet de critiques, souvent formulées par les salafistes voire par le reste des sunnites, qui considèrent que certaines de leurs pratiques sont contre la lettre de la loi islamique.

En Afrique noire, il existe deux grandes confréries, la al-qâdiriyya, fondée en 1166, surtout active du Moyen-Orient à l'Inde, et la al-tidjâniyya, fondée au Maghreb à la fin du XVIIIe siècle par Ahmed Tiijânî (mort en 1815) et répandue en Afrique subsaharienne. Ces deux tarîqa (doctrines) professent l'adhésion sans restriction aux préceptes coraniques. (prières, aumône, jeun, pèlerinage à la mecque, eviter de faire du tort à son prochain, amour...etc) le tidjanisme.

La Madaniyya est une confrérie sunnite reliée au patrimoine du prophète Mahomet par une chaîne de transmission traversant quinze siècles. Elle est fondée tout au début du XXe siècle par le Cheick Muhammad b. Kalîfa al-Madanî (1888/1959). Après son retour de Mustaghânim (Algérie) où il a passé trois ans en compagnie de son maître Ahmad al-’Alâwî, il s’installe en Tunisie et débute une vie spirituelle qui allait durer 40 ans, passés dans la diffusion de la voie spirituelle. Il commence ses prêches et discours dans les campagnes et les zones rurales avant de s’attaquer aux grandes villes de la Tunisie. Selon l’étude de S. Khlifa, il laisse entre cinq et sept milles disciples ainsi qu’une dizaine d’ouvrages édités. Toute sa vie durant, il n’a cessé de former les aspirants, de purifier les âmes et d’instruire ses disciples notamment par les sciences religieuses classiques telles que le droit musulman, la théologie musulmane et la langue arabe. Il laisse une littérature abondante axée sur la moralité religieuse, la spiritualité sunnite et l’impératif d’observer les préceptes de l’islam. En outre son exégèse coranique de certaines sourates et versets (Sourate al-Wâqi’a, al-Fâtiha, quelques versets de sourates al-Nûr), il compose un recueil de poésie et un commentaire de rhétorique. Sa doctrine spirituelle se distingue par son insistance sur le caractère indissociable entre la haqîqa (le savoir ésotérique) et la šarî’a (le savoir exotérique). Une attention particulière est accordée à la morale de la conduite spirituelle et en particulier à l’égard du prophète, du cheikh et des autres croyants. Il en va de même pour la solidarité sociale et les œuvres de charité qui occupent une place de choix dans son enseignement. Les réunions quasi quotidiennes, hebdomadaires et annuelles (à l’occasion de la nativité du prophète) permettent d’exhorter les disciples à accomplir les devoirs religieux, de former un ordre soudé .

Les Druzes (arabe : Darazī درزي, pl. durūz دروز), population du proche-Orient professant une religion musulmane hétérodoxe (branche de l'Ismaélisme), sont établis dans le sud du Liban, dans le sud de la Syrie (où ils occupent notamment la zone montagneuse du Hawran, connue sous le nom de djebel Druze) et dans le nord de l’état d’Israël, en Galilée. Le druzisme est une doctrine philosophique basée sur l'initiation et la recherche du côté ésotérique de la religion musulmane.

Leur interprétation de l'islam est secrète et n’est révélée aux fidèles qu’après divers degrés d’initiation, elle s’appuie sur la croyance en la métempsycose. En effet, certains versets du Coran sont parfois interprétés comme allant dans le sens de la métempsycose. Par exemple au verset 28 de la deuxième sourate, "La Vache" (Al-Baqara), il est dit : « Comment pouvez-vous renier Dieu alors qu'il vous a donné la vie, alors que vous en étiez privé, puis Il vous a fait mourir, puis Il vous a fait revivre et enfin vous retournerez à Lui ». Ils sont estimés a environ 1 million d'individus.

La naqshbadiya, fondée au XIVe siècle, est encore bien implantée en République autonome du Daghestan et au Turkménistan. Fondée par Muhammad Baha' al-ddîn Naqshband, elle concerne environ 10% des musulmans pratiquant dans ces régions et 300 000 personnes en ex-Union soviétique. La confrérie a aussi des membres dans les régions telles que la Chine ou l'Afghanistan. Elle s'est illustrée par sa résistance à des années d'athéisme d'État. Lors de l'initiation (talqîn), le disciple s'engage par serment à suivre la voie (al-tarîqa) qui le mènera à Dieu. Un diplôme lui est donné. Une cérémonie rituelle hebdomadaire, des prières supplémentaires, des veilles, des jeûnes, des pèlerinages constituent la pratique. Les membres versent jusqu'à 30% de leur salaire à la communauté.

Fondée au début du XIXe siècle, est active en Libye et dans les régions sahariennes.

Fondée à Détroit en 1931, sous le nom de Allah Temple of Islam, par Wallace D. Ward (v.1877-1934), l'association Nation of Islam, réservée aux Noirs, repose à l'origine sur des croyances parfois éloignées de l'islam orthodoxe, même si elle respecte les cinq prières quotidiennes et l'interdiction de consommer du porc ou de l'alcool. Aujourd'hui, cependant, le mouvement qui a pris le nom de World Community of Islam in the West (W.C.I.W.), puis celui de American Muslim Mission (A.M.M.), avant de se décentraliser complètement, est entré dans le sunnisme. En outre, la plupart des restrictions raciales ont été abolies.

Mirzâ Ghulâm Ahmad (v. 1839-1908), un musulman né à Qâdiyân au Panjâb, fonde la communauté religieuse organisée, l'ahmadiyya. Il fait la paix avec les Anglais et stoppe tout autre prosélytisme en se présentant comme une réapparition du Messie (Jésus pour les chrétiens, Avatâr de Vishnou pour les hindous). À sa mort, ses adeptes élisent un calife et vivent en communauté indépendante. Aujourd'hui encore, très dynamiques, les Ahmadîs sont environ 500 000, dont la moitié au Pakistan et le reste en Inde, au Nigeria, au Surinam, aux États-Unis, etc. Ils ont été déclarés non musulmans et persécutés en Afghanistan, au Pakistan, et en Arabie saoudite.

Pacifique et apolitique, ce courant prêcheur s'appuie sur des groupes de missionnaires de nationalités différentes pour faire du porte-à-porte (la al-jawla, la « tournée ») et répandre les idées du tablîgh (la « proclamation »). Les principes en sont fort simples : la profession de foi, la prière, la connaissance de Dieu, l'intention sincère et le respect du musulman. Des voyages de plusieurs jours à plusieurs semaines (khouroudj) sont aussi organisés dans le but de répandre la religion musulmane.

Le groupe des frères musulmans est fondé en 1928 par Hassan el Banna en Égypte. Il est déterminé à lutter contre "l'emprise laïque occidentale" et "l'imitation aveugle du modèle européen" : son but est de passer par la politique pour instaurer un régime fondé sur l'islam dans tout pays où ils seraient implantés.

La Mecque (Makkah) en Arabie saoudite, abrite la Ka'ba (« le Cube »). Selon la tradition, il est le premier lieu de culte, bâti par Adam (Adam) sur Terre, puis reconstruit par Ibrahim (Abraham). Jusqu'à l'avènement de l'islam, il était dédié au dieu arabe Houbal, qui était vénéré par des rites de circonvolution autour de la pierre noire. Tout musulman se doit d'y faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie s'il en a la capacité physique et financière.

Médine (Almadinah), est la ville où émigra Mahomet après s'être enfui de La Mecque, est la deuxième ville sainte de l'islam.

Jérusalem (al-Qods) est la troisième ville sainte. C'est l'endroit vers lequel le prophète Mahomet aurait effectué le voyage nocturne et l'ascension. Le pèlerinage sunnite n'est admis que vers ces trois villes.

Les chiites reconnaissent deux autres lieux saints : Nadjaf, en Irak et Kerbala, lieu du martyre d'Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et fils de Ali, troisième imâm, ainsi que ses compagnons, venus à Kerbala pour défendre l'imamât c'est-à-dire la succession par l'imam Ali gendre du prophète et Hussein son fils (Hassan, son frère ainé ayant été tué). Ce martyre est le mythe fondateur du chiisme. Tous les ans, a lieu la commémoration de ce massacre, à Kerbala.

Les musulmans d'Éthiopie rajoutent à cette liste une quatrième ville sainte, celle d'Harar.

L'islam reconnaît tous les pères fondateurs du judaïsme (Moïse, David, Salomon) comme des prophètes, sans pour autant s'y limiter, et établit d'une manière générale les prophètes comme moyens pour Dieu de rappeler les hommes vers la foi en Lui et un comportement de droiture.

Îsâ (Jésus de Nazareth) est un prophète, dont le retour est attendu à la fin des temps. Il y a une controverse parmi les musulmans quant à l’existence de l'Antéchrist. Ce dernier n’est pas mentionné dans le Coran, mais certains hadiths parlent de lui et du fait que Jésus le combattra et détruira les croix à la fin des temps.

L'attitude de l'islam par rapport à ces deux « religions du Livre » antérieures consiste à la fois à les respecter, leur reconnaître une certaine vérité, et les considérer comme ayant été corrompues au fil du temps par les passions des hommes (manipulations servant des besoins politiques, injustice, excès, etc.) (sourate 17, 30...). Mahomet, considéré comme le dernier prophète par cette religion, étant appelé à rétablir le message dans sa vérité primordiale, c'est-à-dire telle que définie par Ibrahim.

L'apostasie dans l'islam vers une autre religion, quelle qu'elle soit, est fortement prohibée dans le Coran et dans la pratique religieuse.

L'islam est apparu en Arabie au VIIe siècle sous l'impulsion du prophète Mahomet. Un siècle après sa mort, un empire islamique s'est étendu de l'océan Atlantique dans l'ouest vers l'Asie centrale dans l'est. Celui ci n'est pas resté unifié longtemps ; le nouveau régime a rapidement fini en guerre civile (voir Fitna) et plus tard affectée par une deuxième Fitna. Ensuite, il y eut des dynasties rivales réclamant le califat, ou la conduite du monde musulman, et beaucoup d’empires islamiques furent gouvernés par un calife incapable d'unifier le monde islamique.

En dépit de ce morcellement de l'islam en tant que communauté politique, les empires des califes d'Abbassides, l’empire moghol et les Seldjoukides étaient parmi les plus grands et les plus puissants au monde. Les Arabes produisirent bon nombre de centres islamiques, de scientifiques, d’astronomes, de mathématiciens, médecins et d'illustres philosophes pendant l'âge d'or de l'islam (voir Sciences et techniques islamiques ). La technologie s'épanouit ; un investissement soutenu dans les infrastructures, telles que des systèmes d'irrigation et des canaux; et surtout, l'importance de lire le Coran produisuirent un niveau relativement élevé de l'instruction parmi la population.

Plus tard, aux XVIIIe siècle et XIXe siècle, plusieurs régions islamiques tombèrent sous les puissances impériales européennes. Après la première guerre mondiale, les restes de l'Empire ottoman furent partagés sous forme de protectorats européens.

Bien qu'affectée par diverses idéologies, telles que le communisme, pendant une bonne partie du XXe siècle, l'identité islamique et la prépondérance de l'islam sur des questions politiques augmentèrent au cours de la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle. La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits internationaux et la globalisation influencèrent l'importance de l'islam dans le moulage du monde du XXIe siècle.

Avertissement : la bibliographie ci-dessous est proposée à titre indicatif. La littérature sur l'islam étant abondante, riche et variée, seuls quelques livres sont proposés. Toutefois, ces livres n'ont pas tous la même valeur didactique et leur choix repose sur celui de plusieurs éditeurs de cet article. Leur présence sur cette liste n'est en aucun cas gage de sérieux de l'ouvrage.

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Source : Wikipedia