Inflation

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Posté par woody 04/05/2009 @ 00:09

Tags : inflation, statistiques, economie

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Inflation

Timbre-poste de la République de Weimar pendant l'hyperinflation

L'inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d'achat de la monnaie. Elle est généralement évaluée au moyen de l’Indice des prix à la consommation (IPC).

En général, on parle de l'inflation des prix à la consommation des biens et services, mesurée à qualité égale. L'inflation est un phénomène persistant, autoentretenu, qui touche l'ensemble des prix (avec une amplitude variable).

Selon la conception initiale et conformément à l'étymologie - le terme inflation provient du latin "inflatio" soit enflure -, l'inflation a d'abord été considérée comme l'enflure de la masse monétaire en circulation, principalement des billets en circulation : il y avait inflation quand la banque centrale émettait trop de billets. Il n'y avait donc pas de construction de richesse d'où la hausse des prix. La conséquence directe de l'inflation était alors l'augmentation des prix. Aujourd'hui on associe surtout cette conséquence (initiale) de l'inflation à sa définition.

L'inflation est la « hausse généralisée et durable du niveau général des prix ». Elle se traduit par une baisse du pouvoir d'achat de la monnaie, et à un taux de croissance différent entre valeur nominale et valeur réelle.

Employé seul, le terme d'inflation fait référence à la seule hausse de prix des biens de consommation, à l'exclusion de la hausse des prix des actifs (financiers, immobilier,…). Lorsqu'on parle de l'augmentation des prix de l'immobilier, des actions, des fonds de commerce ou autres actifs, on doit alors préciser que l'inflation se rapporte au niveau des prix de ces actifs.

La stabilité des prix décrit la situation où la hausse des prix est durablement très faible ou nulle, maintenant ainsi l'incertitude des agents économiques à un niveau faible.

La déflation est une baisse des prix, donc le contraire de l'inflation. C'est un phénomène qui peut être généralisé à l'économie ou particulier à un secteur économique volatil (p. ex. déflation du marché immobilier), durable (parfois sur une décennie), autoentretenu, parce qu'il modifie les anticipations des agents économiques. Comme le phénomène historiquement le plus fréquent (du moins dans la période contemporaine) est bien l'inflation, on parle parfois aussi d'une inflation négative.

La politique de déflation essaie de désenfler la masse monétaire c'est-à-dire faire en sorte que la monnaie soit forte pour qu'il y ait une désinflation de la masse monétaire (où le taux d'escompte de la banque centrale est élevé).

La désinflation, quant à elle, est une baisse du taux d'inflation, qui reste positif. Par exemple, si pendant des années l'inflation s'est située à 10 % en moyenne et que l'inflation des années suivantes baisse à 7%, puis 5%, puis 2%, on parlera de phénomène désinflatoire. Lorsque l'inflation approche de zéro, on risque un passage en déflation.

La stagflation consiste en la concommittance d'une croissance faible voire négative, avec un niveau élevé d'inflation.

La définition de l'inflation comme la hausse des prix est relativement récente en langue française. Jusque dans les années 60 ce terme désignait un excès de moyens monétaires par rapport à l'offre. Ainsi Gaël FAIN définit dans "Le Dictionaire des Sciences Economiques" PUF 1956 l'inflation comme "un excès de la demande solvable sur l'offre la hausse des prix en étant la conséquence".

L’inflation dépend en grande partie du comportement des agents économiques ; si les agents anticipent que les prix vont augmenter, alors les prix risquent effectivement d'augmenter.

Les entreprises qui pensent que les coûts de production, dans lesquels rentrent les prix de l'économie en général, vont augmenter, peuvent augmenter le prix de leurs produits pour se mettre à l'abri de pertes éventuelles.

Comme le coût de changement des prix de vente (le « coût d'étiquette ») est assez élevé, les entreprises ne peuvent pas modifier fréquemment leurs prix et sont obligées de se baser sur leurs anticipations d'inflation qui sont incertaines.

Une hausse des prix importante mais de faible durée ne provoquera pas d'augmentation durable de l'inflation car elle ne modifiera pas les anticipations des agents.

En général, le salaire moyen augmente aussi vite, voire plus vite, que l'inflation ; les salariés ne perdent donc pas en pouvoir d'achat. De même, les minima sociaux et les pensions de retraite sont indexés sur l'inflation, et leurs pouvoirs d'achat ne diminuent pas.

Une inflation élevée est néfaste pour l'économie : elle induit des « coûts d'étiquette », mais surtout modifie le comportement des agents économiques, pouvant entraîner une perte de confiance dans la monnaie.

Une inflation élevée se répercute généralement sur les prix à la production de l'économie, et donc, à taux de change constant, entraîne une baisse de la compétitivité-prix.

Le développement suivant fait appel à l'équation d'Irving Fisher (avec M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau des prix et T le nombre de transactions pendant une période donnée).

Comme la monnaie est l'étalon universel de valeur, sa valeur relative est fixe et toujours égale à un, ce qui n'apporte aucune information sur la valeur « absolue » de la monnaie. Pour contourner la difficulté et estimer la valeur de la monnaie, on utilise comme référence la valeur d’échange en biens de consommation associée à cette même monnaie mais à une époque antérieure, et on s'intéresse à sa variation relative (un pourcentage, positif lorsque l'ancienne monnaie avait une valeur inférieure) : c'est l'inflation.

Par extension, on peut mesurer les variations de la valeur d'échange de la monnaie en actifs et mesurer une inflation des prix des actifs.

On peut aussi utiliser comme référence un bien supposé stable (c’est-à-dire un bien dont le besoin, ou la demande globale reste constant), comme l'or ou une devise étrangère réputée. L’essentiel étant de pouvoir mesurer « ce que l’on peut obtenir avec telle quantité de monnaie ».

L'inflation et le risque d'inflation sont deux éléments qui entrent pleinement en compte dans les décisions des consommateurs, des dirigeants d'entreprise et des gouvernements : la possibilité de l'inflation représente un risque pour les agents économiques (ou une opportunité pour les agents endettés, dont la valeur de la dette diminue).

Pour mesurer l'inflation, on observe un « panier » pondéré de biens, représentatifs de l'ensemble des biens consommés. Ces biens sont répartis parmi les différents secteurs d'activité de l'économie. Les pondérations de ce panier de bien sont définies par la consommation des différents biens (de consommation) par les agents. On construit ainsi un indice des prix à la consommation qui permet d'apprécier la variation du coût de la vie pour les consommateurs, et donc la valeur de la monnaie dans ses aspects les plus concrets pour les citoyens.

On appelle taux d'inflation la variation en pourcentage de cet indice sur une période donnée : si le prix moyen du « panier » est passé de 100 à 102, l'inflation est de (102-100)/100 = 2/100 = 2%.

Le niveau de vie représente le point de vue d’un ménage (revenu global) tandis que le pouvoir d’achat le point de vue d’un seul revenu. La distinction peut sembler toutefois très formelle, et l’on utilise couramment le terme de pouvoir d’achat pour recouvrir les deux (le pouvoir d’achat d’un ménage dépendant alors de deux facteurs, son revenu et l’indice des prix à la consommation).

Par extension, si les prix des actifs (actions, immobilier) baissent, le pouvoir d'investissement des ménages et des entreprises augmente (on suppose ici un revenu stable).

Si la quantité de monnaies en circulation reste fixe, l'inflation moyenne n'est nulle que si la quantité de biens disponibles et le nombre d'échanges réalisés ne varient pas.

Historiquement, l'inflation et la déflation ont plus fréquemment été déterminées par les variations de la quantité de monnaie que par l'abondance des marchandises (la théorie néoclassique montre que les prix servent de variable d'ajustement aux déséquilibres entre l'offre et la demande de biens).

Le gouvernement ou la banque centrale peuvent adopter une politique monétaire restrictive : destruction de titres fiduciaires ou hausse des taux d'intérêts ou de réescompte des crédits bancaires accordés par la banque centrale (la quantité d'argent créée par le crédit est alors réduite). Les banques privées peuvent réaliser soudain qu'elles ont collectivement trop prêté, par suite d'une concurrence excessive. Elles réduisent alors simultanément leur offre de crédit, plusieurs agents économiques font faillite, des banques à leur tour font faillite, il en résulte une réduction de la masse monétaire.

En pratique, l'État et la banque centrale ont une certaine capacité à stabiliser la valeur de la monnaie, ou à l'adapter aux nécessités économiques (favoriser les exportations, limiter les importations, augmenter le pouvoir d'achat, mercantilisme, etc.). Les banques et le marché financier sont par ailleurs soumises à des évolutions endogènes, passant par des booms de crédit (favorable à l'inflation) suivis de krachs (favorables à la déflation).

Les pouvoirs publics ont une préférence pour l'inflation. En effet la déflation conduit et passe souvent par des faillites en série. La déflation correspond souvent à une phase de récession de l'économie (phase B du cycle de Kondratiev) caractérisée par une inadéquation de la production par rapport aux besoins réels et un défaut d'investissement, ce qui induit logiquement une baisse de la production et des salaires. La déflation est donc souvent associée à une baisse du pouvoir d'achat et à l'augmentation du chômage keynésien (demande insuffisante sur le marché de l'emploi). Les possibilités de relance proposées par Keynes s'appuient sur la stimulation de la demande (en vue d'effets d'entraînements notoires sur l'ensemble de l'économie) financée par l'État, qui peut provisoirement s'endetter et admettre un déficit budgétaire dont la résorption future est anticipée. Voir keynésianisme.

L'hyperinflation est une inflation extrêmement élevée échappant à tout contrôle. Elle entraîne en général une forte récession économique. Phillip Cagan la définit en 1956 comme une période durant laquelle le niveau d'inflation se maintient au-dessus de 50% par mois.

L'inflation agit directement sur la qualité des investissements. Un exemple permet de saisir le problème.

Alain, Bertrand et Claude investissent à l'année n 100 000 (peu importe l'unité) dans un bien (par exemple une maison), dont ils se servent pendant un an, puis revendent (à l'année n+1). Supposons que les conditions économiques soient différentes pour les trois individus (zone monétaire, époque), le taux d'inflation est donc différent.

Le calcul naïf compare les valeurs en monnaie courante, sans tenir compte de l'inflation. Il semble alors que Claude a fait la meilleure affaire. Mais cela ne tient pas compte du fait que, à cause de l'inflation (ou, dans le cas d'Alain, de la déflation), ces trois personnes ne pourront pas acheter les mêmes biens de consommation avec la même quantité de monnaie : Alain pourra acheter plus, Bertrand et Claude moins. Pour gommer cet effet, il faut raisonner en monnaie constante, en déduisant l'inflation, et il apparaît alors que la meilleure affaire a été faite par Alain.

D'un autre coté, il faut bien voir que l'inflation ne dit rien de l'évolution des prix de l'immobilier ou des actions. Si les trois personnes veulent consommer leur argent, alors Alain a fait la meilleure affaire. Par contre si ces trois personnes veulent l'investir, alors il faudrait regarder l'évolution de l'inflation des prix des biens de capital et notamment de l'immobilier. Si par exemple durant la même période le prix d'un fonds de commerce a augmenté de 30% dans les trois pays et que les trois personnes veulent acheter un fond de commerce, alors les trois ont perdu de l'argent durant cette période. C'est précisément pour cela qu'il ne faut pas penser que l'inflation du prix des biens de consommation suffit à donner une évaluation de la valeur de la monnaie. L'indice général des prix des biens de consommation ne fait que donner la valeur de la monnaie en équivalents biens de consommation, il ne dit rien de l'équivalent en biens de capital. Or le plus souvent le prix des biens de consommation n'évolue pas à la même vitesse que le prix des biens de capital.

Jusqu'au début du XXe siècle, l'inflation est restée inconnue (non pas qu'elle n'existait pas, mais elle n'était pas mesurée ni prise en compte) et la coutume était de fixer les loyers en monnaie fixe et pour longtemps (parfois même à perpétuité). Lorsque la valeur de la monnaie chutait, des montants de loyers (par exemple « 1 sou ») ne représentaient plus qu'un montant ridicule, pour le plus grand bénéfice des tenanciers et la ruine des possédants (généralement les nobles), avec toutes les conséquences sociales. À d'autres périodes plus rares et plus courtes, les gouvernements, en restaurant la valeur de la monnaie, ont au contraire suscité des émeutes et même des révoltes, un loyer raisonnable se transformant en charge ruineuse.

Enfin, les humains raisonnent et tiennent compte de tout cela, en sorte qu'ils finissent par donner une importance considérable aux anticipations (ce qu'ils croient, voire ce qu'ils pensent que les autres croient) de l'inflation future. C'est tout particulièrement le cas dans les périodes d'hyper-inflation, lorsque la méfiance s'installe et se développe, de sorte que les acteurs, anticipant une dévaluation accélérée, exigent des augmentations de revenus qui nourrissent l'hyper-inflation et valident les anticipations les plus pessimistes.

L'inflation est un phénomène sensible dans tous les sens du terme. En effet, chacun d'entre nous se rend compte que les prix ont une tendance naturelle à augmenter (pensez au prix de la baguette ou du ticket de métro). Mais c'est un phénomène sensible pour les politiques puisque l'inflation est un signe de bon ou mauvais fonctionnement économique, avec toutes les conséquences électorales.

De sorte que même s'il y a accord théorique sur le fait que telle situation économique engendre telle évolution de l'inflation, il y a toujours plusieurs interprétations possibles à l'inflation mesurée, conduisant à des mesures radicalement opposées.

L'inflation pouvant être vue comme une perte de valeur de la monnaie, elle a des conséquences négatives pour les agents détenant de la monnaie. Inversement, si elle provient d'une création ex nihilo de monnaie, l'inflation est la conséquence d'une augmentation de la richesse de l'émetteur de monnaie, État, banque, acteur sur le marché financier ou faux-monnayeur. L'inflation peut alors être considérée comme un impôt frappant la détention d'encaisses réelles.

En réaction à ce transfert, très utilisé dans les années 1970, la plupart des États ont abandonné la possibilité d'émettre directement de la monnaie au profit d'une banque centrale indépendante. L'État ne bénéficie alors de l'inflation qu'en tant que débiteur.

Lorsqu'un créditeur (par exemple une banque) et un débiteur (par exemple un ménage) sont liés par un taux d'intérêt fixe, l'inflation favorise le débiteur au détriment du créditeur. Considérons un ménage qui emprunte à sa banque une somme S au taux d'intérêt de 8%, remboursable l'année suivante. Si l'inflation est nulle la banque touche l'année suivante S(1 + 0,08), directement comparable à la somme S prêtée. Avec une inflation de 3%, la banque touche toujours S(1 + 0,08), mais cette somme achète l'année du remboursement moins que ce qu'elle aurait acheté l'année du prêt. Plus précisément, elle correspond à de l'année du prêt. En termes réels, le débiteur rembourse donc d'autant moins que l'inflation est forte.

On rencontre ainsi des situations où l'inflation est supérieure au taux d'intérêt nominal. Dans ce cas, le taux d'intérêt réel est négatif, c'est-à-dire qu'on gagne de l'argent à emprunter, ce qui alimente encore l'inflation.

Face à une menace d'inflation, le créditeur ne peut qu'imparfaitement se couvrir, l'inflation étant un phénomène aléatoire. Il peut alors soit avoir recours aux systèmes de couverture financière, notamment les swaps de taux d'intérêt pour les relations déjà établies, et demander dans les nouvelles relations des garanties, par exemple des contreparties du prêt peu sensibles à l'inflation (hypothèque sur un bien, valeur indexée sur l'inflation) ou un taux de remboursement indexé sur l'inflation.

En termes de finances publiques, l'inflation diminue de la même manière le poids de la dette pour les États, et a parfois été délibérément utilisée à cette fin. Afin de se couvrir, les investisseurs en dette publique demandent souvent une prime de risques lorsque l'État débiteur est suspecté de vouloir recourir à cette méthode, ou le remboursement dans une monnaie ou un panier de monnaie non contrôlable par l'État débiteur.

Un cas particulier de créditeur perdant à l'inflation est celui du titulaire d'une rente fixe. Pour cet agent, la valeur de sa rente diminue proportionnellement à l'inflation sans possibilité de couverture. Les périodes de haute inflation du XXe siècle en France (années 1920, années 1960) ont conduit à la quasi-disparition des rentiers, qui ont vu leur revenus réels laminés par les taux d'inflation.

Lorsqu'elle n'est pas anticipée (en absence d'indexation ou de renégociations salariales), l'inflation diminue les revenus réels du travail, et par conséquent le coût réel de la main-d'œuvre. C'est une des raisons expliquant l'existence d'une relation négative entre inflation et chômage, mise en évidence par la courbe de Phillips : la baisse du coût réel de la main-d'œuvre entraîne une baisse du chômage. L'inflation est aussi en lien avec l'expansion de la masse monétaire, généralement due à l'accroissement des crédits accordés par les établissements financiers (ce phénomène intervient habituellement en période de demande soutenue).

Indépendamment des effets ci-dessus, essentiellement redistributifs, l'inflation a des coûts pour l'ensemble de l'économie, liés à des difficultés d'allocation efficace des ressources et aussi des gains, liés à l'irrationalité sur les marchés financiers.

Dans un premier temps, le niveau de l'inflation ou sa progression n'ont pas de conséquences directes sur l'économie. Si les agents savent que l'inflation sera de 3% pour les années à venir, ils intégreront cette évolution dans leurs contrats, conduisant à une allocation des ressources identique à une situation sans inflation.

Cependant, l'inflation dépend souvent de décisions discrétionnaires, que les agents peuvent difficilement anticiper correctement. De ce fait, l'inflation fait peser un risque sur toute décision d'investissement ou de prêt, réduisant les incitations à des investissements productifs. Cet aspect doit toutefois être mis en balance avec l'effet négatif de l'inflation sur les investissements à revenus fixes, comme les rentes ou les emprunts d'État. En limitant la rentabilité de ces titres, un taux élevé d'inflation encourage la substitution vers les investissements à rendements liés à l'activité économique, généralement plus productifs en termes d'emploi et de création de richesses.

Dans un article de 1985, l'économiste Gregory Mankiw montre que les agents peuvent hésiter à ajuster systématiquement leurs prix face à l'inflation lorsque cela a un coût, même très faible, pour eux (l'auteur prend l'exemple du coût de changer les prix sur les menus des restaurants, qu'il faut faire réimprimer). Les agents n'ajustent alors l'allocation de leurs ressources qu'avec un retard. L'auteur montre que ces retards ont des conséquences importantes sur l'allocation d'ensemble des facteurs, conduisant à d'importantes inefficacités.

La richesse créée au cours d'une année dans un pays donné est mesurée par le PIB. Lorsque le PIB est calculé avec les prix valables au cours de l'année considérée ("à prix courants" ou "en valeur"), on parle de PIB nominal. Si le PIB est exprimé avec les prix d'une année passée prise comme référence (par exemple, les prix de l'année 2000), on dit alors "PIB à prix constants, base 2000" (on dit aussi "PIB en volume").

En 2000, pour couvrir les besoins d'une famille "moyenne", il faut dépenser 20000 euros. L'année suivante, pour couvrir les besoins de la même famille "moyenne" avec les mêmes produits et services (on les appellera "le panier de la ménagère"), il faut dépenser 21000 euros. On a donc un taux d'inflation (ou taux de croissance des prix, ce qui revient au même) de 21000 / 20000 - 1 = 5%.

Supposons qu'il n'y ait pas d'importations et que toute la production des entreprises soit consommée par les ménages ou exportée dans d'autres pays (on suppose qu'il n'y a pas d'investissement, de variation de stocks ni de dépenses des administrations publiques). En 2000, les entreprises ont produit 80 millions de "paniers de la ménagère", dont une partie ont été consommés dans le pays et l'autre partie exportés et consommés à l'étranger. En 2001, 82 millions de paniers ont été produits.

Il est clair qu'une partie de la hausse du PIB nominal est due à l'augmentation de la production (croissance réelle) et que l'autre partie est due à la hausse des prix (5%, calculée plus haut). Quelle est la croissance réelle ?

En pratique, l'arbitrage entre les différents effets de l'inflation conduit la plupart des économistes à estimer qu'un taux d'inflation stable proche des 2% est un signe de bon fonctionnement d'une économie développée.

On a tendance à se plaindre de l'inflation de certains produits et services non industriels (plombier, boulanger). Pourtant ces prix n'ont suivi que l'inflation, on croit que le prix du pain par exemple augmente depuis vingt ans alors qu'en fait ce sont les prix de tous les autres objets qui ont diminué, on croit donc naturellement que le prix du pain a augmenté. En effet tous les autres produits bénéficient de la hausse de la productivité (nouvelles machines) et de la baisse des prix liée, alors que le pain lui est produit toujours de la même façon, à peu de chose près.

A noter par ailleurs qu'oublier de tenir compte de l'inflation, par exemple dans l'évolution des revenus, est un biais cognitif, connu de l'économie comportementale, appelé illusion monétaire (en biens de consommations). L'illusion monétaire existe aussi pour les biens de capital. Par exemple les consommateurs se considèrent plus riches lorsque le prix de leur maison augmente, parce qu'ils envisagent l'hypothèse où ils la vendraient contre des biens de consommation, sans penser qu'ils devraient alors se loger. Pour se reloger, ils devraient alors acheter une autre maison (plus chère également), ou louer (loyer plus chers).

A l'époque des grandes découvertes en Amérique du Sud au XVIe siècle, l'Espagne et le Portugal découvrent des quantités massives d'or et les importent en Europe. Cette période s'appelle le bullionisme, c'est un moment d'une extrême prospérité où l'or est abondant. Certains financiers vont alors s'interroger sur la monnaie et son rôle, notamment Gresham avec sa Loi de Gresham. La monnaie repose sur un système de parité avec l'or: chaque pièce est composée d'une somme d'or qui en fait sa valeur. Or, quand la quantité d'Or augmente, son prix va baisser, et donc la valeur des pièces d'or de l'époque diminue: c'est la première observation de l'inflation, et amorce alors l'idée de la future théorie quantitative de la monnaie. L'analyse économique de l'époque est essentiellement mercantiliste, selon cette théorie, chaque pays se doit d'accumuler de l'or et d'exporter pour devenir prospère. Jean de Malestroit et Jean Bodin sont connus pour leurs réflexions sur rôle de la monnaie qui paraissent aujourd'hui désuettes et amusantes.

En 1911, Irving Fisher va être le premier économiste à modéliser mathématiquement l'inflation, en s'inspirant du bullionisme espagnol. Cette Théorie quantitative de la monnaie met en évidence une relation linéaire entre quantité de monnaie et le niveau général des prix: plus simplement, toute hausse de la masse monétaire supérieure à une hausse du PIB, entraine mécaniquement une hausse du niveau général des prix à moyen terme.

Le modèle classique repose sur l'idée de prix relatifs, chaque agent avec son revenu doit choisir entre deux biens selon l'utilité qu'il tire de la consommation de chacun des deux biens. Le prix des biens se fera donc selon le plaisir qu'il en tirera au détriment de l'autre bien. La monnaie est totalement absente, d'ou l'utilisation de la maxime d'Adam Smith "La monnaie n'est qu'un voile" pour qualifier la neutralité de la monnaie. On parle alors d'une dichotomie entre la sphère réelle (la production Y) et la sphère financière (la demande de monnaie Md). La monnaie n'est qu'un voile qui sert juste comme instrument d'échange sur un marché et ne peut être désirée pour elle-même, ce qui sera remis en cause d'abord par les cambridgiens, puis par Keynes.

La théorie keynésienne résulte d'une longue critique de la théorie classique par son pair Keynes et ses proches, les post-cambridgiens. Deux livres fondateurs vont présenter une pensée totalement différente de la pensée classique, d'abord par Treatise on Money suivi de la célèbre Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie.

Le fait que les individus épargnent pour anticiper l'avenir, va alors provoquer une fuite dans le système monétaire: ce manque à consommer que représente l'épargne, va se traduire par une diminution de la demande, qui entrainer l'économie dans la dépression économique. C'est l'explication (énoncée très rapidemment ici) de la Grande Dépression, c'est une situation d'insuffisance de la demande qui fait chuter l'économie dans un équilibre de sous-emploi. C'est une remise en cause fondamentale de l'équilibre général Walrasien. Le motif de spéculation va aussi avoir un rôle prépondérant dans l'analyse keynésienne: la monnaie va être désirée pour elle-même afin de spéculer, ou dans le cas d'incertitude, pour épargner. Ce qui va se traduire par une hausse de la demande de monnaie, si l'on considère l'offre de monnaie exogène (la masse monétaire est fixe car fixée par la Banque Centrale), alors la variable d'ajustement sera le taux d'intérêt. Ce dernier augmentera, or cela pénalisera l'investissement, moteur de la croissance économique. On voit donc parfaitement la remise en cause de la neutralité de la monnaie.

Quelques années après la mort de Keynes (1947), William Phillips publie sa célèbre courbe en 1958 qui met en évidence (après analyse par Paul Samuelson et Robert Solow) une relation entre inflation et chômage. Cette relation va provoquer un réel engouement parmi les keynésiens qui se sont scindés en deux branches: les post-keynésiens restant dans la pure tradition keynésienne, et synthèse néo-keynésienne.

Les post-keynésiens on lié plusieurs outils afin de déterminer le fonctionnement intrinsèque de l'inflation. Grâce au Modèle IS/LM, on détermine un niveau de revenu Ya qui résulte de l'anticipation des agents économiques (les firmes) de leurs débouchés. En vertu de la loi d'Okun, le revenu Ya va faire augmenter ou diminuer le chômage. Puis grâce à la courbe de Phillips, on détermine un niveau inflation en fonction du chômage. Grâce à cette enchainement, le modèle keynésien fonctionne et explique les variations de l'emploi durant les années 60s et permet de mener des politiques monétaires inflationnistes qui ont fait diminuer le chômage. On parle d'un arbitrage entre inflation et chômage. Ce modèle ne sera plus viable à partir des premiers chocs d'offre, et permettra l'ascension des monétaristes. D'autres modèles néo-keynésiens, plus radicaux dans la remise en cause de l'équilibre général, vont tenter d'expliquer l'inflation; un des modèles les plus modernes étant l'équilibre général avec rationnement mené par Robert Clower et Axel Leijonhufvud.

Le courant monétariste, d'inspiration libérale, a été initié par l'économiste américain Milton Friedman, « prix Nobel » d'économie 1976. Les monétaristes voient la monnaie comme élément neutre de l'économie à long terme, cette dernière ne devant être qu'un voile dans les échanges (exogène au système). Le rôle en revanche actif qu'elle joue à court terme lui confère une tendance inflationniste : selon la formule d'Irving Fisher, la masse monétaire influe sur le niveau général des prix. Une création excessive de monnaie génère de l'inflation.

Dans sa modélisation de l'économie, Friedman va déclarer la fonction de consommation keynésienne instable, et va considérer la fonction de demande de monnaie stable: c'est l'opposition de la pensée keynésienne. Friedman va alors donner sa propre interprétation de la courbe de Phillips, il déclare qu'en effet à court terme les Etats ont le choix entre chômage et inflation. Mais à plus long terme, ceux qui font le choix de l'inflation ne pourront la résorber plus tard et se retrouveront en cas de stagflation, ou d'hyperinflation. La disparition de l'arbitrage inflation-chômage tient au fait des anticipations adaptatives des agents économiques: à court terme, lors de la négociation des salaires, ils ne connaitront pas parfaitement l'inflation et feront de mauvaises anticipations de telle sorte que leur salaire réel va diminuer et diminuera dans le même temps le chômage. Par contre, à long terme ils seront en mesure de faire une parfaite anticipation de l'inflation, d'ou l'inefficacité des politiques monétaires expansionnistes. La puissance des conclusions du modèle de Friedman va être plus politique qu'économique. Friedman va s'opposer à tous types de politiques créatrices d'inflation, et va mettre en avant le besoin des Banques Centrales à se fixer des taux d'inflation très bas. La Banque Centrale Européenne en est l'exemple actuel. Enfin, le courant monératiste va se pencher sur un taux de chômage naturel qui n'augmente pas l'inflation.

Robert Lucas va développer le principe d'anticipation rationnelle, c'est une critique des anticipations adaptatives de Friedman. L'anticipation rationnelle stipule que les agents vont agir en moyenne de façon à anticiper au mieux l'inflation. On peut donc considérer que les salaires vont être indexés sur l'inflation. C'est une hypothèse très forte qui a pour conséquence le rejet de toutes intervention de l'Etat dans sa lutte contre le chômage, et prouverait que la courbe de Phillips serait totalement erronée.

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Inflation législative

L'inflation législative est la croissance du nombre et de la longueur des lois et, plus généralement, du droit. On parle aussi, plus largement, d'inflation normative (ce qui permet d'englober clairement les textes réglementaires comme les décrets, bien plus nombreux que les lois).

En France, la longueur moyenne du Journal officiel est ainsi passée de 15 000 pages par an dans les années 1980 à 23 000 pages annuelles ces dernières années, tandis que le Recueil des lois de l’Assemblée nationale passait de 433 pages en 1973 à 2 400 pages en 2003 et 3 721 pages en 2004.

Cette évolution ne tient pas tant à un accroissement du nombre de lois votées, qui est resté à peu près stable au cours des dix dernières années (45 lois votées au cours de l'année parlementaire 2005-2006 contre 46 en 1997-1998, hors lois autorisant l'approbation ou la ratification des conventions et traités) qu'à un allongement des lois, qui dépassent désormais souvent les 100 pages,.

En 1991, dans son Rapport public, le Conseil d'État déplore la « logorrhée législative et réglementaire » et l'instabilité « incessante et parfois sans cause » des normes. Récemment, la critique de l'inflation législative a trouvé un écho médiatique particulier, suite notamment aux critiques du vice-président du Conseil d'État Renaud Denoix de Saint-Marc, du président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud ou du président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré. La prolifération des lois a de nouveau fait l'objet, en 2006, des critiques du Conseil d'État, qui y voit un facteur d'« insécurité juridique ». En janvier 2008, le journal Les Échos écrivait à propos du droit social français qu'il était caractérisé par «  termes abscons, contenu flou mise en oeuvre difficile ». Philippe Masson, responsable droits et libertés de la CGT ajoutait : « Même s'il est inévitable que les règles se complexifient, il est clair qu'on est arrivé à un niveau d'obscurité trop élevé ».

Dans La Liberté du choix publié en 1980, Milton Friedman rapporte une manifestation américaine de l'inflation législative : le Registre fédéral créé pour regrouper toutes les lois et règlementations faisait 2.599 pages en 1936, 10.528 pages en 1956, 16850 en 1966 et 36.487 en 1978.

Dans son Rapport 2006, le Conseil d'État explique l'inflation législative - et, plus généralement, normative - tant par des causes « objectives et, dans une certaine mesure au moins, légitimes », que par des facteurs « pathogènes ». Son rapport 2007 évoque deux autres facteurs moins importants.

La multiplication des sources du droit, tant externes - Union européenne (510 directives adoptées entre 2000 et 2004 inclus), Conseil de l'Europe, accords internationaux - qu'internes - autorités administratives indépendantes, collectivités territoriales - est l'un des facteurs explicant la prolifération normative.

Une partie de l'activité législative provient ainsi de la nécessité de transposer en droit interne les directive de l'Union européenne. Sur la période 2000-2004, elle a été à l'origine de plus du tiers des lois adoptées, hors lois autorisant la ratification d’un traité, soit en moyenne 17 lois de transposition par an.

Les lois autorisant, en vertu de l'article 53 de la Constitution, la ratification ou l'approbation de traités ou d'accords, représentent aussi une forte proportion de la législation : au cours de la session ordinaire 2005-2006, de telles lois ont représenté 36 des 81 projets ou propositions définitivement adoptés par l’Assemblée nationale, soit 44,4 %, et cette proportion s'est élevée à 66 % pour la session ordinaire 2004-2005.

Le droit doit aussi s'adapter constamment à l'émergence de nouveaux domaines et à l'apparition de contraintes nouvelles.

En matière économique, de nombreux aspects du droit des affaires font ainsi l'objet d'adaptations à un environnement mondialisé. La libéralisation de nouveaux secteurs (transports, télécommunications, énergie, ...) requiert l'instauration de règles nouvelles.

Dans le domaine scientifique, le développement des biotechnologies rend nécessaire la révision régulière des lois sur la bioéthique. L'essor des technologies de l'information et de la communication a notamment suscité la mise en place d'un cadre juridique adapté au développement de l'économie numérique et une nouvelle approche de la propriété intellectuelle. La nécessité de la sauvegarde de l'environnement et du développement durable entraîne aussi l'intervention fréquente du législateur.

« Pour frapper l’opinion ou répondre aux sollicitations des différents groupes sociaux, l’action politique a pris la forme d’une gesticulation législative » déplorait Renaud Denoix de Saint-Marc en 2001.

Le fait que l'action politique soit prioritairement orientée en fonction de la communication médiatique a été maintes fois dénoncé. Selon la formule du constitutionnaliste Guy Carcassonne, « tout sujet d’un “vingt heures” est virtuellement une loi ». Il ajoute qu'« il faut mais il suffit, qu’il soit suffisamment excitant, qu’il s’agisse d’exciter la compassion, la passion, ou l’indignation, pour qu’instantanément se mette à l’œuvre un processus, tantôt dans les rangs gouvernementaux, tantôt dans les rangs parlementaires, qui va immanquablement aboutir au dépôt d’un projet ou d’une proposition. » C'est ainsi par exemple qu'à la rentrée 2007, à la suite de plusieurs accidents, parfois mortels, impliquant des chiens, cinq propositions de loi sur les chiens dangereux ont été déposées à l'Assemblée nationale et une au Sénat, avant que le Gouvernement ne dépose à son tour un projet de loi.

Il s'agit là de facteurs internes à la machine administrative et ministérielle, des facteurs relevant du mécanisme de facto de conception des textes officiels.

Pour aller plus loin : le billet du professeur Rolin, répondant au Conseil d'Etat : Le rapport 2006 du Conseil d'Etat "sécurité juridique et complexité du droit" : quelques observations impertinentes.

Partant du constat que le code du travail « était devenu un outil difficile d'accès et peu lisible », le ministère du travail français a lancé en 2005 une révision du code, à droit constant. Il a été légèrement réduit (1,52 millions de caractères contre 1,69 millions auparavant) et découpé en plus petits articles.

Les services du Premier ministre ont publié, sur Legifrance, des statistiques du volume des textes officiels depuis 1978 . Cela fait partie d'une tentative plus globale du Secrétariat Général du Gouvernement de pousser les ministères à améliorer la qualité des textes.

Pour aller plus loin sur les tentatives de remédier à l'inflation normative, voir le point de vue d'un juriste veilleur : L’"insécurité législative" : causes, effets et parades.

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Taux de chômage n'accélérant pas l'inflation

Le taux de chômage n'accélérant pas l’inflation (en anglais : Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment ou NAIRU) est un indicateur économique qui, estimé économétriquement pour un pays et à un instant donné, mesure approximativement le taux de chômage qui serait compatible avec un taux d'inflation stable. Le terme a été inventé par James Tobin, sur la base de recherches menées par Franco Modigliani et Lucas Papademos.

Le concept a été inventé en 1975 sous le nom de NIRU (non-inflationary rate of unemployment, taux de chômage non inflationiste) par les économistes Franco Modigliani et Lucas Papademos, afin de fournir une base théorique aux constatations empiriques résumées par la courbe de Phillips, équation économétrique qui relie chômage et inflation sur le court terme. Dans ce modèle, l'inflation provient d'une demande globale excessive, provenant d'un marché du travail tendu, ce qui pousse les salaires à la hausse, et oblige les entreprises à augmenter leurs prix afin de couvrir ces hausses. Le NIRU est le seuil du taux de chômage en-deçà duquel ont lieu ces tensions ; lorsque le taux de chômage est supérieur au NIRU, l'inflation est faible. A contrario, ces économistes néokeynésiens pensent qu'une inflation plus élevée permettrait un taux de chômage plus faible.

Le NIRU constitue une tentative de réponse des néokeynésiens au concept monétariste de chômage naturel introduit par Milton Friedman et Edmund Phelps en 1968. En effet, les monétaristes ont montré que la courbe de Phillips à long terme est verticale : la demande globale n'influe pas sur le chômage, et il existe un taux de chômage naturel vers lequel tend le taux de chômage en l'absence de changements structurels sur le marché du travail. Ce taux est indépendant du taux d'inflation et la politique monétaire ne peut pas modifier durablement le taux de chômage. La période de stagflation des années 1970, qui combine inflation et chômage élevés, prouvera la véracité de l'approche monétariste.

Les concepts de taux de chômage naturel et de NAIRU sont proches ; ils sont parfois considérés comme identiques, par exemple par Gordon et Staiger, Stock et Watson. Néanmoins, F. Mishkin et A. Estrella considèrent les deux taux peuvent être assez éloignés, en raison des chocs d'offre et de demande qui, pris en compte dans l'estimation de la courbe de Phillips, peuvent écarter le NAIRU du taux de chômage naturel (voir Différence entre le NAIRU et le taux de chômage naturel).

Le NAIRU n'est pas observable directement, son estimation est donc difficile.

En pratique, les estimations sur une période trop courte sont faussées par les nombreux autres facteurs de l'inflation, telles les variations des prix des matières premières. Le NAIRU est donc estimé sur longues périodes avec des filtres économétriques qui atténuent ces facteurs de « bruit ». De plus, le NAIRU est désormais calculé comme variant dans le temps (Time-varying NAIRU).

L'estimation du NAIRU apporte une indication sur le rôle que pourra jouer sur l'inflation à quelques trimestres d'échéance l'écart entre taux de chômage et NAIRU. Elle fait partie des nombreuses méthodes utilisées par les banques centrales pour mesurer les tensions inflationnistes ou désinflationnistes et prévoir l'inflation à court terme.

Par ailleurs, le NAIRU per se est utilisé par les économistes pour analyser la situation économique d'un pays.

Selon la synthèse néokeynésienne, lorsque le taux de chômage est supérieur au NAIRU, il est alors possible de mettre en place une politique monétaire expansionniste sans risque de provoquer des tensions inflationnistes. En revanche, toute tentative de faire tomber le taux de chômage sous le seuil du NAIRU par des politiques budgétaire et monétaire « de relance » serait vaine et n'aurait comme conséquence que d'augmenter le taux d'inflation sans faire diminuer le chômage.

Le NAIRU ne signifie pas qu'il est impossible de faire baisser le taux de chômage ; il ne fait qu'indiquer le niveau structurel du taux de chômage qui découle du cadre fiscal, législatif et règlementaire d'un pays. Par conséquent, les organisations internationales recommandent aux pays ayant un NAIRU élevé de réaliser des réformes économiques structurelles afin de réduire durablement leur chômage structurel.

L'OCDE et le FMI publient régulièrement des estimations du NAIRU pour la plupart des pays développés.

Pour la France en 1999, l'OCDE estimait le NAIRU à environ 9,5 %. Il ne s'agit pas d'une recommandation, mais d'une estimation : ainsi, cela ne signifie pas que l'OCDE conseillait à la France de maintenir le chômage à au moins 9,5% sous peine de créer de l'inflation en raison d'une hausse des salaires, mais simplement que selon l'OCDE, le cadre structurel de la France impliquait inévitablement un fort chômage.

Sous sa forme initiale, le NAIRU a été critiqué par les monétaristes qui le considéraient alors comme un contre-sens sur la notion de chômage naturel.

Son assise théorique est fragile.

Lorsque le NAIRU est calculé comme invariable dans le temps, il ne prend pas en compte les phénomènes d'hystérèse du chômage. Les estimations contemporaines du NAIRU l'estiment comme étant variable dans le temps et résolvent donc ce problème.

Des économistes néokeynésiens croient que la politique monétaire a trop privilégié la lutte contre l'inflation et est responsable du chômage élevé de certains pays européens. Franco Modigliani écrit « Le chômage est principalement le résultat de politiques macroéconomiques erronées inspirées par une crainte obsessionnelle de l’inflation et une attitude considérant le chômage comme quantité négligeable. » Joseph Stiglitz, dans son livre Quand le capitalisme perd la tête, dans lequel il passe en revue les échecs et les réussites de l'administration Clinton, à laquelle il a participé, affirme le caractère selon lui dépassé de l'utilisation du NAIRU. Selon lui, cet indice n'est plus pertinent pour déterminer le lien entre chômage et inflation, et que la foi en ce lien a pour effet d'empêcher les gouvernements de mettre en œuvre des politiques qui selon lui réduiraient le chômage. James K. Galbraith écrit : « Les macroéconomistes l'adoptèrent en masse. Mais à la fin des années 1990, elle se révéla parfaitement inadéquate lorsque Alan Greenspan permit au chômage de tomber en dessous de plusieurs barrières NAIRU successives : 6 %, 5,5 %, 5 %, 4,5 % et finalement même 4 %. Ce fut une bonne nouvelle pour tout le monde sauf pour les économistes associés au NAIRU - ceux-là furent bien embarrassés, ou du moins auraient dû l'être ». Ces critiques négligent pourtant la preuve lors de la période de stagflation que la politique monétaire ne peut pas réduire durablement le chômage. Les arguments sur la baisse du chômage aux États-Unis qu'aurait été permise par la politique monétaire de Greenspan, sans générer d'inflation, se heurtent à la réalité des bulles sur les prix d'actifs, d'abord en 2001 (bulle internet) puis en 2006-2008 (bulle immobilière).

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Inflation par la demande

L'inflation par la demande est caractérisée par le fait de la demande d'un produit ou d'un service qui se trouve largement supérieur à l'offre, par conséquent les producteurs augmentent leurs prix car ils ne peuvent ou ne veulent pas augmenter leur production.

Du fait d'un excès de la demande et d'une production insuffisante pour répondre aux besoins des consommateurs, les prix de ventes des produits augmentent. Cela caractérise le phénomène d'inflation par la demande.

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Source : Wikipedia