Indonésie

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Posté par marvin 01/04/2009 @ 00:18

Tags : indonésie, asie, international

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Indonésie

Drapeau de l'Indonésie

L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie (en indonésien Republik Indonesia), est un pays transcontinental d'Asie du Sud-Est et d'Océanie. Ses 17 508 îles font d'elle le plus grand archipel au monde. Avec une population estimée à 237 millions de personnes, il s'agit du 4e pays le plus peuplé du monde et le 1e pays à majorité musulmane en termes de nombre de croyants. L'Indonésie est une république démocratique et laïque dont la capitale est Jakarta.

L'archipel indonésien a été une importante région d'échanges depuis le début du VIIe siècle, quand le royaume de Sriwijaya commerçait avec la Chine et l'Inde. Les dirigeants locaux adoptèrent petit à petit la culture, la religion et les modèles politiques indiens dans les premiers siècles de l'ère commune et que les royaumes hindous et bouddhistes se développaient. L'histoire de l'Indonésie a été influencée par les puissances étrangères attirées par les ressources naturelles qu'elle possède. Les commerçants arabes musulmans y ont introduit l'islam et les puissances européennes s'y sont battues les épices des Moluques lors de l'âge des Grandes découvertes. Après trois siècle et demi de colonisation hollandaise, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Indonésie déclara son indépendance. Depuis l'histoire indonésienne a été troublée par les catastrophes naturelles, la corruption, le séparatisme, le terrorisme, la dictature puis le processus de démocratisation ainsi que par les périodes de changements économiques rapides.

À travers ses nombreuses îles, l'Indonésie comprend de nombreux groupes distincts ethniquement, linguistiquement et religieusement. Les Javanais représente la population la plus représentée en termes de nombre et d'influence politique. En tant qu'État unitaire et que nation, l'Indonésie a développé une identité commune en définissant une langue nationale (bahasa Indonesia variante du malais) et en respectant la diversité ethnique, le pluralisme religieux au sein d'une majorité musulmane. La devise nationale du pays est Bhinneka Tunggal Ika (« Unité dans la diversité », littéralement « Plusieurs, maintenant un » ), représente la diversité qui est l'essence du pays. Néanmoins, un séparatisme parfois violent a nui à la stabilité politique et économique du pays. Malgré sa forte population et ses régions densément peuplées, l'Indonésie comporte de vastes zones sauvages ce qui donne au pays une grande biodiversité même si ce patrimoine régresse à cause d'activités humaines en forte augmentation. Le pays est richement pourvue en ressource naturelles ce qui n'empêche pas la pauvreté de faire rage.

Le nom « Indonésie » vient du latin Indus, signifiant « Inde » et du grec nesos, signifiant « île ». Ce nom date du XVIIIe siècle, bien avant la formation de l'Indonésie indépendante. En 1850, George Earl, éthnologue anglais utilise le terme « Indonésiens ». Un de ses étudiants, James Richardson Logan, utilise le nom « Indonésie » comme synonyme d'« archipel indien »,. Néanmoins, les universitaires hollandais écrivant sur les Indes orientales néerlandaises n'étaient pas très enclins à utiliser le nom « Indonésie ». Ils utlisent plus volontiers les termes d'« archipel malais » (Maleische Archipel), « Indes orientales néerlandaises » (Nederlandsch Oost Indië) ou de en raccourci par Indië, de Oost (« l'est ») ou encore Insulinde (terme introduit en 1860 dans le roman Max Havelaar de Multatuli où le colonialisme hollandais est critiqué).

À partir de 1900, le nom « Indonésie » est utilisé de manière commune par les universitaires étrangers comme hollandais ainsi que par les groupes nationalistes indonésiens. Adolf Bastian, de l'université de Berlin, popularisa le nom dans son livre Indonesien oder die Inseln des Malayischen Archipels, 1884-1894. Le premier universitaire indonésien à utliser ce nom a été Ki Hajar Dewantara lorsqu'il établit un bureau de presse aux Pays-Bas sous le nom d'Indonesisch Pers-bureau en 1913.

L'Indonésie est constituée de 17 508 îles dont environ 6 000 inhabitées,. Elle s'étend des deux côtés de l'équateur. Les cinq plus grandes îles sont Java, Sumatra, Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo), la Nouvelle-Guinée (partagée avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'Indonésie avec des frontières communes avec la Malaisie sur les îles de Bornéo et Sebatik, la Papouasie-Nouvelle-Guinée en Nouvelle-Guinée et avec le Timor oriental sur l'île de Timor. L'Indonésie à des frontières maritimes avec Singapour, la Malaisie, les Philippines et le nord de l'Australie. La capitale du pays est Jakarta, sur l'île de Java. C'est la plus grande ville du pays suivie par Surabaya, Bandung, Medan, et Semarang.

Avec ses 1 919 440 kilomètres carrés, l'Indonésie est le 16e plus grand pays du monde en termes de superficie. Sa densité de population est de 134 habitants par kilomètre carré, la 79e plus forte du monde, Java étant l'île la peuplée du monde et a une densité de population de 940 habitants par kilomètre carré. Avec 4 884 mètres d'altitude, le Puncak Jaya en Papouasie est le point culminant de l'Indonésie. Le lac Toba, à Sumatra, est le plus large lac avec une étendue 1 145 kilomètres carrés. Les fleuves les plus longs du pays sont à Kalimantan, le Mahakam et le Barito, qui servent de moyen de communication et de transport entre les différentes installations sur les rives des fleuves. L'archipel est bordé à l'est par l'océan Indien et à l'ouest par l'océan Pacifique et comprend en son sein des mers comme la mer de Java, la mer de Banda, la mer des Célèbes ou encore la mer des Moluques.

L'Indonésie est située à la convergence de la plaque pacifique, la plaque eurasienne et de la plaque australienne. Il en résulte une très forte activité volcanique et des tremblements de terre fréquents. Le pays compte au moins 150 volcans actifs, dont le Krakatoa et le Tambora, tous les deux célèbres pour leurs éruptions dévastatrices au XIXe siècle. L'éruption du supervolcan Toba il y a 70 000 ans a été l'une des plus grandes éruptions de l'histoire humaine et une catastrophe planétaire. Les récentes catastrophes naturelles importantes ayant touché le pays sont le tsunami de 2004 dont on estime les victimes à Sumatra à 167 736 personnes et le tremblement de terre de Yogyakarta de 2004. D'autre part, les cendres volcaniques ont beaucoup contribué à la fertilité des sols, ce qui permit à l'agriculture de se développer et de maintenir possible l'alimentation des îles densément peuplées comme Java et Bali.

Par sa situation équatoriale, l'Indonésie a un climat tropical, avec alternance de la saison humide et de la saison sèche. Les précipitations annuelles moyennes varient de, à basse altitude, 1 780-3 175 millimètres jusqu'à, dans les régions montagneuses, 6 100 millimètres. Les régions montagneuses sont situées en particulier sur la côte ouest de Sumatra, l'ouest de Java, Kalimantan, les Célèbes et la Papouasie, et sont très arrosées. Le taux d'humidité est souvent très haut, avoisinnant 80%. La température moyenne varie peu au fil de l'année ; la température moyenne quotidienne à Jakarta varie entre 26 et 30°C.

Espace très étendu et aux populations très variées, l'Indonésie est un État unitaire qui, en 1999, a accordé une certaine autonomie aux kabupaten (départements), qui sont par ailleurs des subdivisions des provinces. Ces dernières sont au nombre de 33 en 2007, 7 ayant été créées depuis 2000, généralement sur la base de spécificités culturelles et historiques. Les provinces d'Aceh, de Jakarta, de Yogyakarta, de Papouasie et de Papouasie occidentale ont une plus grande autonomie législative par rapport aux gouvernement central par rapport aux autres provinces.

La taille de l'Indonésie, son climat tropical, et le fait que ce soit un archipel, donne au pays le statut de seconde zone de biodiversité du monde (après le Brésil). Sa faune et sa flore mêle espèces asiatiques et australasiatique. Anciennement reliées à l'Asie, les îles de plaque continentale de Sunda (Sumatra, Java, Bornéo et Bali) possèdent une riche faune asiatique. De grandes espèces comme les tigres, les rhinocéros, les orangs-outans, les éléphants ou les léopards étaient abondantes jusqu'à Bali à l'est du pays, mais le nombre et la répartition de ces espèces se sont fortement réduits. Les forêts couvrent environ 60 % du pays. À Sumatra et Kalimantan, les espèces prédominantes y sont asiatiques. Néanmoins, les forêts des plus petites îles ou de celles plus densément peuplées comme Java, ont été largement remplacées par des zones d'habitation et d'agriculture. Sulawesi, Nusa Tenggara et les Moluques, ayant été séparées depuis plus longtemps des continents, ont développé une faune et une flore uniques,. La Papouasie, ancienne partie de l'Australie, est lieu d'une faune et d'une flore uniques proches de celles de l'Australie, incluant notamment plus de 600 espèces d'oiseaux.

L'Indonésie est seconde après l'Australie en termes de degré d'endémisme, avec par exemple 26 % des 1 531 ou 39 % des 515 espèces de mammifères étant endémiques. Les 80 000 kilomètres de côtes de mers tropicales de l'Indonésie contribuent également au haut niveau de biodiversité du pays. L'Indonésie a une grande variété d'écosystèmes maritimes et côtiers comme des plages, des dunes de sable, des estuaires, des mangroves, des récifs coralliens ou des vasières. Le naturaliste anglais Alfred Wallace, décrivit une ligne de division entre la distribution des espèces asiatiques et australasiennes. À l'ouest de cette ligne, connue sous le nom de ligne Wallace, les espèces sont asiatiques, et à l'est, elles sont de plus en plus australiennes. Dans son livre de 1869, The Malay Archipelago, Wallace décrit de nombreuses espèces uniques à cette région. La région des îles se trouvant entre la ligne et la Nouvelle-Guinée est aujourd'hui appelée Wallacea.

La forte population et l'industrialisation rapide de l'Indonésie créent de nombreux problèmes environnementaux auxquels la priorité n'est pas donné en raison de l'instabilité politique et du niveau de pauvreté du pays. Les problèmes concernent entre autres la déforestation massive (souvent illégale) et les feux de forêt causant l'apparition de brume sèche au-dessus de l'ouest de l'Indonésie, de la Malaisie et de Singapour. Ils concernent également la surexploitation des ressources marines et les problèmes ayant trait à l'urbanisation et le développement économique rapides causant des problèmes de pollution de l'air, d'embouteillages, de gestion des déchets et de retraitement des eaux usées. La perturbation écologique menace de nombreuses espèces indigènes dont 140 espèces de mammifères répertoriées par l'UICN parmi lesquelles 15 sont en danger critique. L'Indonésie compte aujourd'hui près de 320 parcs nationaux.

Le 17 août 1945, Soekarno et Hatta, proclament l’indépendance de l'Indonésie, jusqu'alors appelée Indes néerlandaises. Après quatre années de conflit armé et diplomatique que les Indonésiens appellent Revolusi, les Pays-Bas reconnaissent l'indépendance de l'Indonésie le 27 décembre 1949, à l'exception de la Nouvelle-Guinée occidentale, dont le statut sera discuté ultérieurement.

Des restes fossilisés d'Homo Erectus, connus sous le nom d'homme de Java, suggère que l'archipel indonésien était peuplé il y entre 2 millions et 500 000 ans,,. Sur l'île de Flores fut retrouvé une espèce supposée d'hominidés aujourd'hui disparus : l'Homme de Flores (Homo floresiensis). Les Austronésiens, qui forment la majorité de la population moderne, ont migré vers l'Asie du Sud-Est à partir de Taïwan. Ils sont arrivés en Indonésie en 2000 avant l'ère commune confinant les autochtones Mélanésiens dans l'est des régions où ils s'étaient installés.

Des conditions idéales pour l'agriculture et la maîtrise de la technique des rizières dès le VIIIe siècle permit aux villages, villes et petits royaumes de croître dès le Ier siècle. La position stratégique de l'Indonésie comme carrefour maritime favorisa les liens entre les îles et le commerce international (comme par exemple les relations indo-chinoises). Le commerce a depuis cette époque fondamentalement façonné l'histoire indonésienne,.

Au VIIe siècle siècle, le puissant royaume de navigateurs Sriwijaya connaît un essor important grâce au commerce et les influences hindouistes et bouddhistes commencent à se faire sentir,. Entre le VIIIe et le Xe siècle, les dynasties Sailendra, bouddhistes, et celles du royaume de Mataram, hindouistes, propérèrent puis déclinèrent sur Java, laissant de grands monuments comme le temple bouddhiste de Borobudur et le complexe religieux hindouiste de Prambanan. Le royaume hindou Majapahit fur fondé à l'est de Java vers la fin du XIIIe siècle et, sous le règne de Gajah Mada, étendit son influence sur la plus grande partie de l'Indonésie. Cette période est souvent mentionnée comme étant « l'âge d'or » de l'Indonésie.

Si les commerçants musulmans voyagèrent très tôt vers l'Indonésie, les premières populations musulmanes s'y établirent au XIIIe siècle au nord de Sumatra. On sait que l'islam s'est développé depuis l'ouest de l'archipel, mais il ne s'est pas directement étendu aux zones adjacentes à celle de son établissement. La conversion de l'Indonésie à la religion musulmane s'est effectuée de manière plus fragmentaire, après un processus lent et complexe. La diffusion de l'islam s'accentua avec les contacts commerciaux à l'extérieur de l'archipel : les commerçants indonésiens et les dirigeants des royaumes principaux furent les premiers à adopter la religion.

À la fin du XVIe siècle, Java et Sumatra avaient pour religion dominante l'islam. Dans la plupart des cas, l'islam se superposa et se mélangea aux influences culturelles et religieuses préexistantes, ce qui définit la forme de l'islam en Indonésie et plus particulièrement à Java. Seule Bali conserva une majorité religieuse hindouiste. Dans l'est de l'archipel, les missionnaires chrétiens et musulmans furent tous les deux actifs au XVIe et au XVIIe siècle. Ainsi, ils existent encore de grandes communautés des deux religions dans ces îles.

Les premiers Européens à poser pied en Indonésie sont des commerçants portugais en 1512. Ils sont dirigés par Francisco Serrão et cherchent à monopoliser les sources de noix de muscade, de clou de girofle et de cubèbe dans les Moluques. Les Portugais tentèrent tout d'abord sans succès d'établir un traité de paix et une coalitions avec le royaume de Sunda à Kalapa,. Grâce à leurs conquêtes militaires et leurs alliances avec les dirigeants locaux, les Portugais établirent des postes de commerce, des forts et des missions dans l'est de l'Indonésie notamment sur Ambon, Ternate et les îles Solor. En 1575, ils sont exclus de Ternate par les indigènes. Les Hollandais conquièrent Ambon, les Moluques du Nord et les îles Banda. Les Portugais quittèrent la majeure partie de l'Indonésie (ils resteront durablement au Timor oriental) laissant derrière eux une influence culturelle (langue, arts) et religieuses (catholicisme).

En 1602, le parlement hollandais donne à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) le monopole des activités commerciales et coloniales en Indonésie. En 1619, la VOC conquiert la ville de Jayakarta, à l'ouest de Java, où ils fondent la ville de Batavia (aujourd'hui Jakarta). La Compagnie prend le contrôle de la politique javanaise et combattent le sultanat de Mataram et le sultanat de Banten. Elle parvient, contrairement aux Portugais, à contrôler le commerce d'épices dans l'archipel. Elle utilisa la division des petits royaumes javanais pour s'établir de manière permanente dans ce qui devint l'une des plus riches possessions coloniales du monde.

En 1800, la VOC est dissoute pour banqueroute. De 1808 à 1811, Herman Willem Daendels devient gouverneur-général des Indes orientales néerlandaises, nommé par Louis Bonaparte, roi des Pays-Bas, et réforme l'administration coloniale. Le britannique Thomas Stamford Raffles devient lieutenant-gouverneur de Java de 1811 à 1814. En 1824, par le traité de Londres entre les Britanniques et les Hollandais, le contrôle des territoires revendiqué au sud de Singapour revient aux Hollandais. Le monde malais se retrouve divisé en deux.

Entre 1825 et 1830, les Javanais se soulèvent et la guerre de Java fait rage. Les Hollandais répriment le soulèvement et mettent en place le cultuurstelsel, un système d'agriculture orienté vers les exports. Ce système enrichi considérablement les Pays-Bas. Les paysans indonésiens sont alors obligés, 60 jours par an, de travailler pour le gouvernement. Le système sera aboli en 1870. En 1901, les Hollandais adoptent ce qu'ils nomment la politique éthique. Elle inclut des réformes politiques mineures et l'éducation des populations indigènes. En 1908, la fin de la conquête de Bali et de la guerre d'Aceh parachève la formation des Indes néerlandaises.

On considère que la création, cette même année, du Budi Utomo par de jeunes nobles javanais marque le début du mouvement national indonésien. Un « Serment de la Jeunesse » est prononcé en 1928, émettant le vœu de créer une patrie indonésienne. Le débarquement en 1942 des Japonais dans les Indes orientales néerlandaises en pleine Seconde Guerre mondiale est accueilli par la majorité du mouvement nationaliste avec l'espoir d'obtenir l'indépendance.

Durant la plus grande partie de la période coloniale, le contrôle hollandais était réduit. C'est seulement au début du XXe siècle que la domination hollandaise s'étendit dans les frontières actuelles de l'Indonésie. L'invasion du territoire puis son occupation par les Japonais lors de la seconde Guerre mondiale mit fin à cette domination et encouragea le mouvement pour l'indépendance de l'Indonésie autrefois étouffé,. Deux jours après la reddition du Japon, le 17 août 1945, Soekarno et Mohammad Hatta proclament l'indépendance du pays et deviennent respectivement le premier président et le premier vice-président du pays. Les Pays-Bas tentent alors de rétablir leur pouvoir, s'ensuit alors une lutte armée et une lutte diplomatique appelée Revolusi. Celle-ci s'achève le 27 décembre 1949 avec la création de la République des États-Unis d'Indonésie, les Pays-Bas reconnaissent l'indépendance partielle du pays. Le 17 août 1945, le gouvernement proclame le retour à l'état unitaire.La Nouvelle-Guinée occidentale ne sera incorporée à la nouvelle république d'Indonésie qu'en 1962 à la signature de l'accord de New York,.

Les années 1950 sont marquées nombreuses rébellions séparatistes : "Darul Islam" pour la création d'un état islamique en Indonésie, la constitution de la République des Moluques du Sud, les mouvements du Permesta au Sulawesi du Nord et le PRRI au Sumatra occidental. En 1955 se tiennent les premières élections parlementaires. En 1957, Soekarno dissout l'assemblée constituante issue des élections de 1955 et établit la « démocratie dirigée ». En 1955 se tient également la conférence de Bandung. L'Indonésie est un des plus fervents défenseurs du principe de non-alignement et d'indépendance du tiers monde. Soekarno est obligé de composer avec deux formations importantes dans les pays : les forces militaires et le parti communiste indonésien (PKI).

Dans les années 1960, les tensions montent dans la population, et plus encore dans l'armée entre conservateurs et pro-communistes. Lors du mouvement du 30 septembre 1965, six généraux accusés par des officiers de gauche de fomenter un coup d'état contre Soekarno sont tués. Le général Soeharto organise la répression et ordonne la dissolution du PKI, que l'armée accuse d'avoir organisé une tentative de coup d'état,,. Le nombre de victimes des massacres qui s'ensuivent est estimé entre 500 000 et 1 million de personnes,.

En mars 1966, Soeharto force Soekarno, dont la force politique est affaiblie à lui transférer le pouvoir. Celui-ci est nommé officiellement président en mars 1968 avec le soutien du gouvernement américain,,,. Pendant les trente années suivantes, Soeharto exerce un pouvoir dictatorial. Le pays connait une relative stabilité politique et amorce néanmoins un développement économique, d'abord grâce aux revenus du pétrole puis, avec la chute du prix du brut en 1986, grâce à une politique de libéralisation qui provoque un essor de l'investissement étranger.

En 1997 et en 1998, l'Indonésie et le pays le plus touché par la crise économique asiatique. Le mécontentement populaire s'amplifie et mène aux émeutes de Jakarta de mai 1998,. Soeharto démissionne et son vice-président, B. J. Habibie, devient président.

En 1999, le Timor oriental fait sécession après 25 ans d'occupation militaires par l'Indonésie qui fut marquée par la condamnation par la communauté internationale de la répression brutale qui y sévissait,. Cette même année se tiennent les premières élections démocratiques depuis 1955. Celles-ci voit la victoire d'Abdurrahman Wahid, destitué en 2001. Sa vice-présidente, Megawati Soekarnoputri, la fille de Soekarno, est élue présidente.

Depuis 2000, l'Indonésie fait face à une vague d'attentats terroristes islamistes dont l'attentat du Jakarta Stock Exchange en 2000 et l'attentat de Bali en 2002. En 2004, grâce à un amendement de la constitution, se tient la première élection présidentielle au suffrage direct. Susilo Bambang Yudhoyono est élu président.

Lors de recensement national de 2000, la population indonésienne était de 206 millions de personnes. Le Bureau Central Indonésien des Statistiques et Statistics Indonesia ont estimé la population indonésienne à 222 millions de personnes. 130 millions de personnes vivent sur Java, l'île la plus peuplé du monde.

La plupart des Indonésiens descendent des populations de langue austronésiennes originaires de Taïwan. L'autre origine majeure de la population est la Mélanésie, à l'est de l'Indonésie,,. Il y a en tout environ 300 etnies distinctes en Indonésie et 742 langages et dialectes différents,. L'ethnie la plus représentée en Indonésie et l'ethnie javanaise, qui représente 45 % de la population et qui est politiquement et culturellement dominante,. Après les Javanais, ce sont les Sundanais, les Malais et les Madurais qui sont les plus nombreux. Il existe un sentiment national indonésien qui cohabite avec des identités régionales maintenues farouchement. La société est globalement stables même si des tensions religieuses, ethniques ou sociales ont pu mener à des moments de violence intenses (notamment suite à la transmigrasi),,. Les Chinois d'Indonésie représente un minorité ethnique de 1 % mais celle-ci est très influente. Ils contrôlent la majorité des commerces privés et de la richesse du pays,. Ceci provoque un fort ressentiment envers eux et même des violences anti-chinoises,,,.

Si la liberté de religion est stipulée dans la constitution indonésienne, le gouvernement ne reconnaît officiellement que six religions : l'islam, le protestantisme, l'église catholique romaine, l'hindouisme, le bouddhisme et le confucianisme,. L'Indonésie n'est pas un état islamique et pourtant, il s'agit du pays du monde où il y a le plus de musulmans, avec 86,1 % d'Indonésiens se déclarant musulmans lors du recensement de 2000. 8,7 % de la population se déclare chrétienne (dont les deux tiers protestants), 3 % hindouiste et 1,8 % bouddhiste ou autre. La plupart des Indonésiens hindouistes sont balinais. La plupart des bouddhistes daujourd'hui sont des Chinois d'Indonésie. Si l'hindouisme et le bouddhisme sont aujourd'hui deux religions minoritaires en Indonésie, elles ont eu beaucoup d'influence dans le passé et ont défini des aspects de la culture indonésienne. Ce n'est qu'à partir du XIIIe siècle que les Indonésiens ont commencé à se convertir à l'islam apporté par les navigateurs marchands et qui est devenu la religion dominante au XVIe siècle. L'église catholique romaine a été importée par les premiers colons et les missionnaires portugais,. Le protestantisme a lui été importé par les missionaires luthériens et calvinistes hollandais lors de la période coloniale,,. Une forte proportion de Javanais abangan, d'hindouistes balinais et de Dayas chrétiens pratiques leur religion de manière syncrétique, influencée par les coutumes et les croyances locales,.

La langue officielle de l'Indonésie est l'indonésien, enseignée dans les écoles et parlé par presque tous les Indonésiens. C'est la langue utilisée dans le commerce, la politique, les médias nationaux, l'école et les universités. Il s'agissait d'une lingua franca dans la plupart des régions, notamment la Malaisie actuelle, dont le malais est très proche. L'indonésie a été promu par les nationalistes dans les années 1920 et a été déclaré langue officielle en 1945.

La plupart des Indonésiens parlent également l'une des langues parmi les plusieurs centaines de langues locales (bahasa daerah) existantes, souvent comme langue maternelle. Parmi ces langues, la plus parlée est le javanais, suivie par le sundanais. En Papouasie, il existe en plus de ces langues, 500 langues papoues ou austronésiennes parlées. Suite à la période coloniale, des Indonésiens parlent encore aujourd'hui le néerlandais. En Papouasie, l'unserdeutsch est parlé par une minorité de personnes.

Les jours fériés en Indonésie, en dehors de la fête de l'Indépendance, reflètent la diversité religieuse et ethnique du pays et le respect des coutumes de celles-ci, indépendamment de la taille de la population concernée.

Il n'y a pas de crèches publiques en Indonésie. Les écoles maternelles (taman kanak-kanak) existent et accueillent les enfants à partir de 5 ans. Les enfants y restent 2 ans mais celles-ci sont très rares. L'école primaire (sekolah dasar) commence à l'âge de 6 ans et dure 6 ans. Les cours ont généralement lieu le matin. À l'école primaire succède un premier cycle secondaire de 3 ans dans les sekolah menengah pertama. L'instruction est obligatoire jusqu'à la fin de ce premier cycle. Le deuxième cycle en sekolah menengah atas, également d'une durée de 3 ans, s'atteint après le passage d'une examen. Les élèves peuvent y suivre différents cursus : cours préparatoires pour l'université, formation professionnelle ou formation d'instituteur.

Avant le début crise économique asiatique, le taux de scolarisation dans les écoles primaires était de 90 % mais il a chuté depuis. L'école a beau être obligatoire, elle est payante (notamment l'uniforme), ce qui empêche les plus pauvres d'y accéder. Moins de la moitié des jeunes Indonésiens accèdent au cycle secondaire. L'accès à l'université, publique ou privé , nécessite le passage d'un examen difficile. Peu d'Indonésiens y accèdent. Les femmes représentent environ la moitié de la population universitaire. Les frais de scolarité étant très élevées, celles-ci sont globalement concentrée sur Java.

Les cours de religion (agama) sont obligatoires dès l'école primaire. Ils correspondent à la religion de chacun, les Musulmans étudiant par exemple l'islam et la langue arabe. Les écoles privées, dépendant généralement de mosquées ou d'églises, sont très prisées bien que chères, car le niveau d'enseignement y est plus élevé.

En 2006, 17,2 % du budget de l'état était considéré à l'éducation, ce qui est moins que ce qui est stipulé par la Constitution (20 %),. Le taux d'alphabétisation du pays est de 87,9 %. Si l'école est obligatoire en Indonésie, le travail des enfants existe encore dans le pays (avec notamment près de 700 000 enfants domestiques à Jakarta).

Dans les grandes villes indonésiennes, il y a généralement des hôpitaux et des centres de soin publics ainsi que des cliniques privées. Dans les endroits reculés, ce sont les puskesmas, cliniques gérées par des groupes religieux, qui accueillent les patients. L'accès aux soins est gratuit dans les centres publics mais pas les médicaments ou la nourriture durant la période des soins.

La qualité des soins dans le pays est dépendante de l'aide internationale. L’Organisation mondiale de la santé et le gouvernement ont mis en place une campagne de vaccination contre la tuberculose qui tue 175 000 personnes par an. L'Indonésie est le deuxième lèpre pays d'Asie ayant le plus grand nombre de nouveaux cas de lèpre par an. La propagation du SIDA y est actuellement très rapide. Les problèmes d'eau potable et de qualité de l'air ont un effet très néfaste sur la santé. Entre 2004 et 2007, des mesures importantes ont été mises en place contre la grippe aviaire.

La médecine traditionnelle a encore une place prépondérante dans la société indonésienne. La mortalité infantile est élevée dans l'archipel (57 %) même si une politique de formation de sages-femmes a été mise en place. L'espérance de vie en Indonésie est de 63 ans.

Les différents groupes ethniques d'Indonésie possèdent chacun une riche tradition. Le régime de Soeharto s'est efforcé de construire des « cultures régionales » (kebudayaan daerah) sur la base des provinces. Cette action créait des artifices comme la « culture du Java oriental », la « culture du Kalimantan oriental » ou la « culture du Sulawesi du Nord », sans tenir compte d'une réalité culturelle plus complexe. En effet, une même province peut abriter différentes cultures traditionnelles, comme au Java oriental, où on peut au moins distinguer, si l'on se limite au critère linguistique, une culture de Banten, une culture betawi (Jakartanais « autochtones »), une culture sundanaise et une culture de Cirebon. Inversement, une même culture peut couvrir plus d'une province, comme la culture malaise, qu'on trouve dans les provinces de Sumatra du Nord, Riau et Jambi à Sumatra ainsi qu'à Kalimantan occidental et du Sud à Bornéo.

Depuis la démission de Soeharto en 1998, diverses régions d'Indonésie essaient de promouvoir leur culture traditionnelle, en ne prenant plus comme référence le cadre administratif mais tout simplement le nom de la suku (« ethnie »). Il existe ainsi maintenant des organisations comme l'Institut de la culture minahasa, nom dans lequel se reconnaissent un groupe de populations de la province de Sulawesi du Nord.

L'architecture indonésienne, à l'instar des autres aspects de la culture indonésienne, a subi de nombreuses influences : indienne puis chinoise et arabe et enfin européenne.

Sur Java, l'architecture religieuse s'est développé dès le VIIIe siècle, laissant des monuments, imposants témoignages du passé, comme Borobudur (temple bouddhiste) ou Prambanan (complexe de temples hindouistes). C'est à partir du XVe siècle que les mosquées sont apparus et se sont répandues dans le pays. Il existe également en Indonésie de nombreux palais (kraton) construits pour les sultans ou les rois. L'architecture coloniale se développa à partir du XVIe siècle.

Certaines architectures sont néanmoins traditionnelles et n'ont été que peu influencées par l'extrieur : chez les Bataks, les Minangkabaus, les Dayas, les Torajas ou encore les Danis.

Aujourd'hui, le modernisme architectural a fait son entrée en Indonésie. Il fut introduit par Soekarno, ingénieur civil de formation, qui approuva et lança de grands projets architecturaux comme la mosquée Istiqlal, le Bung Karno Stadium ou le Monumen Nasional.

Cette distinction n'est pas pertinente. Il est plus simple de parler d'un artisanat traditionnel dans lequel les gens produisent les objets nécessaires à leur vie quotidienne, matérielle et spirituelle.

La plupart des œuvres ont aujourd'hui perdu leur dimension spirituelle au profit d'une dimension économique et touristique.

La forme artisanale la plus répandue d'Indonésie est celui du textile : l'ikat (tissage d'étoffes avec des motifs originaire de Nusa Tenggara mais répandu dans tout l'archipel), le songket (étoffe de soie entremêlées de fils d'or et d'argent), le tapis de ampung ou encore le fameux batik (dessin avec de la cire et et de la teinture sur les étoffes) javanais. La poterie indonésienne est brute et naïve sur Lombok, très influencée par la céramique chinoise dans la région de Singkiwang et très influencée par l'Occident et vernies sur Bali. La vannerie est très développée sur Lombok et chez les Dayaks avec des techniques de tissage du rotin traditionnelles. Les Torajas pratiquent le travail des perles alors que chez les Dayaks et sur Lombok, on travail les cauris, petits coquillages de grande valeur.

La sculpture sur bois est également très répandue en Indonésie. Ces sculptures avaient originellement pour but de protéger les maisons contre les mauvais esprits. Cette fonction est toujours présente. A Java par exemple, il existe un couple de figurines en bois, les loro blonyo, qu'on expose lors d'un mariage à l'écart des mariés pour attirer sur eux les esprits malfaisants, ou à l'entrée d'une maison pour accueillir les visiteurs. A Nias, Sumba, dans le pays toraja et dans les villages ngaju et dusun à Kalimantan, les statues de bois représentant les ancêtres participent encore pleinement à la vie religieuse des communautés. Sur de nombreuses îles, des objets utilitaires sont sculptés en bois : des récipients en bambou aux Célèbes ou des bols en bois laqué à Sumatra par exemple. À Bali et Java en particulier, la fabrication de meubles ornés est très développée, notamment les meubles en teck (jati), très recherchés. Les masques en bois sculptés sont très fréquemment utilisés lors de rites communautaires ou dans le théâtre.

Le travail du bronze en Indonésie a été introduit par la culture Dong Son (VIIIe-IIIe siècles avant J.-C.). L'apparition du travail du fer est plus tardif, en raison notamment de la rareté du minerai local, essentiellement d'origine météorique. A Java et dans les autres îles de l'ouest de l'archipel, on fabrique des kriss, dagues d'apparat à la lame droite ou sinueuse richement travaillées. La région d'Aceh est spécialisée dans la bijouterie, surtout dans le travail de l'or. À Bali, les bijoux sont davantage en argent. Le quartier de Kota Gede à Yogyakarta, à Java, est spécialisée dans la création d'argenterie et notamment d'argenterie de table.

Le premier film réalisé en Indonésie était un film muet, Loetoeng Kasaroeng, réalisé en 1926 par les réalisateurs hollandais G. Kruger et L. Heuveldorp. Il fut tourné à Bandung avec des acteurs locaux. Depuis lors, des centaines de films ont été produits par l'Indonésie. Durant l'occupation japonaise, l'industrie cinématographique indonésienne a été réquisitionné comme outil de propagande. Le gouvernement de Soekarno, le cinéma était utilisé pour diffuser des messages nationalistes et anti-Occident. L'importation de films étrangers était illégale. Durant l'ère Soeharto, la censure régissait la diffusion d'œuvres cinématographiques.

Dans les années 1980, le cinéma indonésien connaît son âge d'or avec notamment le succès des comédies de la Warkop. Le début de l'import de films étrangers dans les années 1990 fit perdre une partie de leur succès aux films locaux. Le nombre de films locaux produits passa de 115 en 1990 à 37 en 1993. L'essor de la contrefaçon et de la télévision contribuèrent également à ce déclin. Les films alors produits sont surtout des séries B pour adultes, des vidéofilms et des téléfilms.

Dans l'Indonésie post-Soeharto, le cinéma indépendant connaît un nouveau départ. Le premier long métrage d'animation indonésien, Beauty and Warrior, sort en 2005. En 1998, le festival international du film de Jakarta (JiFFest) voit le jour.

Il existe quelques complexes cinématographiques en Indonésie ainsi que de nombreuses salles indépendantes. Le film étranger le plus célèbre se passant en Indonésie estle film australien L'Année de tous les dangers de Peter Weir sorti en 1982.

Quand on parle de « danse indonésienne », il faut distinguer deux choses : les danses traditionnelles (religieuses, protocolaires, rituelles ou de cérémonies), qui sont propres à un groupe donné, et la danse au sens moderne, qui touche l'ensemble de l'Indonésie.

Parmi les danses modernes, on trouve le dangdut et le poco-poco. À Bali comme à Java, les danses traditionnelles peuvent avoir une fonction religieuse mais aussi cérémoniel. Ainsi, le pendet balinais ou le bedhaya javanais ont une fonction spirituelle, alors que le legong balinais ou le serimpi javanais ont un rôle cérémoniel. Les Minahasa du nord de Célèbes pratiquent des danses en partie d'origine européenne comme le katrili ou quadrille et la polineis ou polonaise), résultat d'une influence qui remonte au XVIIe siècle siècle.

A Java, on reconnaît quatre écoles de danses de cour : celles du kraton (palais royal) de Surakarta, du kraton de Yogyakarta, du Puro Mangkunagaran (cour princière "mineure" de Surakarta) et du Puro Pakualaman (cour mineure de Yogyakarta).

La danse est souvent mêlée au théâtre de marionnettes et à la musique dans les spectacles indonésiens.

La gastronomie indonésienne n'existe pas en tant que telle, il s'agit plutôt d'un ensemble de gastronomie régionale. L'influence des cuisines étrangères a fait changer la cuisine indonésienne au fil du temps. C'est tout d'abord la cuisine indienne qui l'a influencé, puis la cuisine chinoise. Enfin, ceux sont les cuisines espagnole et portugaise puis finalement la hollandaise qui l'ont influencé. Elle est assez proche de la cuisine malaisienne.

Le riz compose la base de la cuisine indonésienne. Les préparations indonésiennes les plus connues sont les saté, le rendang, le bakso ou encore les krupuk. De nombreux ingrédients locaux agrémentent la cuisine indonésienne : le lait de coco, le piment (sambal), la cacahuète (sauce saté), le soja (tofu et tempeh). Les fruits locaux y sont consommés tels quels ou préparés : le mangoustan, le ramboutan, le fruit du jacquier, le durian et la banane.

Les Indonésiens consomment peu de porc (babi) étant donné la prédominance de la religion musulmane dans le pays. Les plats avec du poulet (ayam), du canard (bebek) ou du bœuf (sapi) sont eux très communs.

De nombreux peuples d'Indonésie ont une littérature relativement ancienne.

Les Balinais et les Javanais ont une tradition commune au moins jusqu'au XVIe siècle. Avant le XVe siècle, cette littérature est écrite dans une langue qu'on appelle vieux-javanais. Le texte le plus important de cette période est le Nagarakertagama, un poème écrit par Mpu Prapanca en 1365 qui fait l'éloge du roi Hayam Wuruk de Majapahit. Au XVIe siècle, cette littérature s'écrit dans une langue qu'on appelle moyen-javanais. Le principal texte de l'époque est le Pararaton, une chronique qui décline la généalogie des rois de Singasari et Majapahit.

À la fin du XVIIIe siècle, la conversion à l'islam du dernier prince hindou de Blambangan sous la pression des Hollandais sépare Bali de Java. À cette époque, la langue javanaise a déjà sa forme moderne. Les quelque 70 années de paix relative qui sépare la fin des guerres de successions javanaises de la guerre de Java (1825-30) vont voir éclore dans les cours royales et princières un renouveau littéraire. Le monument littéraire de cette époque est la Serat Centhini, poème épique, mystique et paillard de 200 000 vers écrit en 1814 à la demande d'un prince de Surakarta.

Dans l'ouest de Java, les Sundanais possèdent une littérature dans leur propre langue. Les Bugis et les Makassar du sud de Célèbes ont une tradition littéraire faite notamment d'épopées, dont le célèbre La Galigo (littérature Bugis) mis en scène par Robert Wilson en 2004.

L'auteur contemporain le plus connu d'Indonésie est certainement Pramoedya Ananta Toer qui a reçu en 1995 un Ramon Magsaysay Award. Parmi les écrivains indonésiens modernes connus internationalement, on peut citer Chairil Anwar (poète de l'Angkatan '45 ou « Génération 45 »), Taufiq Ismail (poète de l'Angkatan '66 ou « Génération 66 »), Mochtar Lubis (auteur de Twilight in Djakarta), Ayu Utami (auteur de Saman et lauréate d'un Prince Claus Award) et Eka Kurniawan (journaliste et nouvelliste).

La musique la plus connue est celle du gamelan, un ensemble d'instruments de percussion métallique. Elle appartient aux traditions balinaise, javanaise et sundanaise.

Les théâtres indonésien sont faits avec des marionnettes.

Les sports sont populaires en Indonésie aussi bien au niveau de la participation que du nombre de spectateurs. Les deux sports les plus populaires en Indonésie sont le football et le badminton.

Les équipes de football sont financés par des entreprises et les sportifs y jouant travaillent dans les dites entreprises pour compléter leurs salaires. La Fédération d'Indonésie de football a été fondée 1930, pendant l'époque coloniale hollandaise. Le football australien y est également pratiqué.

En badminton, les Indonésiens ont remporté de nombreux titres comme 13 Thomas Cups sur 24. Le joueur de badminton Rudy Hartono a notamment remporté sept fois de suite le championnat All England.

D'autres sports classiques sont pratiqués en Indonésie, principalement le tennis (plusieurs trophées d'Asie remportés), le polo (pratiqué depuis l'époque coloniale) ou encore la course à pied (la course du Paradis à Bali est un événement mondial). Bali possède des spots de surf très prisés des Australiens.

Il y a de nombreux sports traditionnels encore pratiqués en Indonésie : l'art martial du pencak silat, le sepak takraw, les courses de taureaux, les courses de bateau ou encore les concours de cerfs-volants.

Les événements sportifs en Indonésie sont organisé par le comité national des sports appelé Komite Olahraga Nasional Indonesia (ou KONI). Le comité a décidé, avec l'appui du gouvernement une Journée nationale des sports le 9 septembre. Des jeux nationaux, les Pekan Olahraga Nasional ont lieu tous les quatre ans.

Le pouvoir exécutif est détenu par le président de la République, élu au suffrage universel direct pour 5 ans.

Le président actuel est Susilo Bambang Yudhoyono dit "SBY" du Parti démocrate, il a battu au deuxième tour en 2004 la présidente sortante Megawati Soekarnoputri. Le vice président est Muhammad Jusuf Kalla du Golkar.

Les gouverneurs de province, jusqu'en 2005 élus par les parlements provinciaux, sont graduellement réélus au suffrage direct. C'est déjà le cas pour les provinces de Papua et d'Aceh.

Les bupati (préfets) sont élus par les assemblées départementales et les walikota (maires) par les assemblées municipales.

La plus haute autorité judiciaire est la Cour Suprême ou Mahkamah Agung.

La peine de mort est mise à exécution dans les cas de meurtre de masse, de meurtres en série et de trafic de stupéfiant.

L'Indonésie est membre fondatrice de l'ASEAN (Association of Southeast Asian Nations). C'est également un participant actif de l'APEC (Asia Pacific Economic Cooperation).

Organisatrice de la conférence de Bandung en 1955, l'Indonésie s'est toujours efforcée d'apparaître comme un pays non-aligné. Toutefois, elle coopère avec les États-Unis dans la "guerre contre le terrorisme" que mènent ceux-ci.

La police indonésienne (Kepolisian Republik Indonesia) dépend directement du président de la République. Jusqu'en 1999, elle faisait partie des forces armées. Ses effectifs sont de 150 000 hommes, y compris un corps de 12 000 hommes, la Brigade Mobil ou "Brimob", organisé comme une unité militaire.

Les principales exportations de l'Indonésie sont le pétrole et le gaz naturel liquéfié, les appareils électriques, le bois et le contreplaqué, les textiles, le caoutchouc. Ses principales importations sont les machines et équipements industriels, les produits chimiques, les carburants, les produits alimentaires.

La crise financière asiatique de 1997 avait entraîné une grave crise économique en Indonésie, qui s'est traduite par une chute de plus de 13% du PIB en 1998. Le pays a mis plus longtemps que les autres à renouer avec la croissance. En 2006, le PIB a affiché une croissance de 5,4%.

Le tourisme est une des activités économiques les plus importantes pour l'Indonésie. Il est un des premiers rapporteurs de devises du pays.

Le tourisme indonésien a beaucoup souffert de la crise de 1997, des nombreux conflits qui ont touché et touchent encore l'archipel, et des nombreuses catastrophes, humaines et naturelles, qui l'ont frappé. En 2004 toutefois, le nombre de visiteurs a atteint un record historique de 5,3 millions, dépassant le niveau d'avant la crise, pour baisser légèrement en 2005.

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Histoire de l'Indonésie

Sukarno, Leader nationaliste puis premier président d'Indonésie

La République d’Indonésie (Republik Indonesia) naît le 17 août 1945 avec la proclamation de l’indépendance des Indes néerlandaises par Soekarno et Hatta.

L’histoire de son territoire commence au delà.

Il y a environ 21 000 ans, la Nouvelle-Guinée était reliée à l'Australie, formant la masse continentale appelée Sahul. L'Australie avait été peuplée il y a au moins 40 000 ans par des migrations depuis l'actuel continent asiatique. On a retrouvé, dans la Grande Grotte de Niah au Sarawak un crâne humain qu'on a daté de 40 000 ans. Ces migrations avaient été possibles car à l'époque, le niveau des mers était plus bas qu'actuellement. Des migrations avaient également pu avoir eu lieu directement de l'Asie vers la Nouvelle-Guinée et les îles Salomon.

Il y a 5 000 à 6 000 ans, le niveau des mers est remonté pour atteindre la situation actuelle, coupant ces populations du continent asiatique et empêchant d'autres migrations pour un certain temps.

Des fouilles ont livré de nombreux objets de bronze dont la technique et la décoration montrent une influence de la civilisation de Dong Son du Vietnam (Xe ‑ Ier siècles av. J.-C.).

L'épopée indienne du Ramayana, écrite entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle après J.-C., mentionne les noms de Suvarnadvipa, "l'île de l'or", qui désigne sans doute Sumatra, et de Yavadvipa, "l'île du millet", c'est-à-dire Java.

Au Ier siècle après J.-C., l'ouest de l'archipel indonésien fait partie d'un réseau centré sur le royaume du Fou-nan dans le sud de l'actuel Viêtnam, de cités-États portuaires qui commercent avec l’Inde et la Chine. Une interprétation de l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien (23-79 après J.-C.) suggère que des bateaux à balanciers "indonésiens" venaient commercer sur la côte est de l'Afrique. Ptolémée (vers 90-168 après J.-C.) mentionne dans La géographie les noms de “Iabadiou”, c'est-à-dire Java, et “Malaiou”, c'est-à-dire Malayu dans l'est de Sumatra.

Des fouilles effectuées dans l'embouchure du fleuve Musi, en aval de Palembang dans le sud de Sumatra, aux alentours de 2000 ont révélé l'existence de deux sites portuaires qui dateraient du Ier siècle après J.-C. Les objets qu'on y a trouvés témoignent de relations commerciales avec la Chine et l'Inde.

Les plus anciens documents écrits trouvés à ce jour en Indonésie sont des inscriptions provenant de la région de Kutai dans la province de Kalimantan Est. Rédigées en écriture pallava du sud de l'Inde, elles figurent sur quatre poteaux sacrificiels de pierre (appelés yupa en sanscrit, la langue des textes sacrés de l'hindouisme), qu'on estime dater des environs de 400 après Jésus-Christ.

Dans la région de Karawang à l'est de Jakarta, on a trouvé des inscriptions également écrites en sanscrit et en écriture pallava. Elles datent du Ve siècle après Jésus-Christ et attestent de l'existence d'un roi du nom de Purnawarman, dont le royaume, Tarumanagara, s'étendait dans cette région.

Une inscription datée de 683 après J.-C., découverte sur l'île de Bangka à côté de Sumatra, proclame que le souverain de Sriwijaya, à la tête de 20 000 soldats, a embarqué a bord de 1 300 vaisseaux. Des textes arabes et chinois confirment que Sriwijaya était un État puissant qui contrôlait le détroit de Malacca, à l'époque déjà une importante voie maritime. La cité-État de Sriwijaya se trouvait à l'emplacement de l'actuelle Palembang.

Une inscription trouvée à Canggal dans le centre de Java, et datée de 732 après J.-C., annonce que Sanjaya, seigneur de Mataram, a érigé un monument pour honorer Shiva. L'inscription dite « de Kalasan », également découverte dans le centre de Java et datée de 778, mentionne un roi Sailendra qui observe les rites bouddhiques. Les temples du centre de Java, construits entre les VIIIe et Xe siècles, sont de rite bouddhique comme Borobudur ou shivaite comme Prambanan, mais présentent parfois des éléments des deux rites, qui coexistaient.

Des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent qu'aux IXe et Xe siècles Java, et sans doutes d'autres parties de l'Indonésie actuelle, entretenaient des échanges commerciaux avec la côte est de l'Afrique. L'inscription de Kancana notamment, trouvée à Java Est et datée de 860 après J.-C., mentionne, dans une liste de personnes dépendantes, le mot jenggi, "zeng". Un ouvrage arabe, les Merveilles de l'Inde, rapporte le témoignage d'un marchand du nom d'Ibn Lakis qui en 945, voit arriver sur la côte du Mozambique "un millier d'embarcations" montées par des Waq-Waq qui viennent d'îles « situées en face de la Chine » chercher des produits et des esclaves zeng. En arabe, Zeng ou Zenj désigne à l'époque les habitants de la côte est de l'Afrique.

Pour des causes encore mal élucidée, on ne trouve plus d'inscription dans le centre de Java à partir de la fin du Xe siècle. Une inscription de l'est de Java datée de 1041 dit que le roi Airlangga a installé son palais à Janggala, dans la région de l'actuelle Surabaya. Après sa mort, le centre du pouvoir reste dans l'est de Java, passant à Kediri, à Singasari et finalement au royaume de Majapahit, qui atteint son apogée sous Hayam Wuruk (qui règne de 1350 à 1389), assisté de son premier ministre Gajah Mada. Le Nagarakertagama, poème épique écrit en 1365 sous son règne, dresse une liste des "contrées tributaires" de Majapahit, qui outre Madura, Sunda et Bali, va de Pahang sur la péninsule malaise à "Gurun" dans les Moluques, en passant par Malayu à Sumatra et "Bakulapura" à Bornéo. En réalité, le territoire réellement contrôlé par Majapahit se limitait à la moitié ouest de Java Est, l'autre moitié constituant la principauté de Blambangan. Après la mort de Hayam Wuruk, des querelles de succession entraînent le déclin de Majapahit, qui disparaît en 1478.

Vers 1400, un prince bouddhiste de Palembang (sud de Sumatra) fonde le port de Malacca sur la péninsule malaise. Les souverains de Malacca se convertissent bientôt à l'islam. Le grand amiral chinois Zheng He (ou Cheng Ho), qui mènera sept expéditions vers l'Inde, le Proche-Orient et l'Afrique de l'Est entre 1405 et 1433, fait plusieurs fois escale à Java. Musulman, Zheng He note la présence de communautés chinoises musulmanes dans les ports de la côte nord de Java, qu'on appelle le Pasisir.

À la fin du XVe siècle, un Chinois musulman du nom de Cek Ko-po fonde sur le Pasisir une principauté qui va devenir le royaume de Demak. Cette nouvelle puissance entreprend la conquête de la côte nord de Java, puis de Java Est en 1527. L'expansion du commerce maritime du XVe au XVIIe siècle, l'essor des communautés chinoises et la diffusion de l'islam se traduisent par le développement urbain du Pasisir et l'émergence des États portuaires de l'archipel.

Faisant escale en 1292 à Perlak, une cité portuaire dans le territoire de l'actuelle province d'Aceh, Mraco Polo constate que son souverain est musulman.

Le sultanat d'Aceh proprement dit est fondé au début du XVIe siècle. Après la prise de Malacca par les Portugais en 1511, Aceh parvient à capter une part importante de l'activité qui avait fait la prospérité de Malacca. Le sultanat entreprend la conquête de la côte est de Sumatra productrice de poivre et d'or, qui selon Tomé Pires, un apothicaire portugais qui a vécu à Malacca de 1512 à 1515, n'est pas encore islamisée.

Dans les années 1560, Aceh établit des relations commerciales et diplomatiques avec l'empire ottoman. En 1602, une première expédition de la Compagnie anglaise des Indes orientales récemment créée fait escale en Aceh. Le sultanat va connaître son apogée avec Iskandar Muda (règne 1607-36). Iskandar défait une flotte portugaise à Bintan (île indonésienne voisine de l'actuelle Singapour) et conquiert Pahang et Kedah sur la péninsule. En 1629, Iskandar lance une flotte sur Malacca, qui est totalement détruite avec 19 000 hommes perdus. Après la mort d'Iskandar Muda, Aceh entame une période de déclin.

En 1511, une flotte portugaise, partie de Goa en Inde sous le commandement du vice-roi Afonso de Albuquerque, s'empare de Malacca, qui était devenu le plus grand port d'Asie du Sud-Est, une sorte de précurseur de l'actuelle Singapour. La prospérité de Malacca reposait sur un réseau commercial dans lequel les Portugais n'arrivent pas à s'intégrer. Malacca périclite rapidement.

Les Portugais s'installent aux Moluques, où ils échouent à imposer leur monopole sur la production et le commerce des épices alors si précieuses en Europe, où le clou de girofle vaut plus que son poids en or.

Aux Moluques, les Hollandais de la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou Compagnie hollandaise des Indes orientales) prennent un premier fort portugais en 1605. Ils finissent par chasser les Portugais de l'est de l'archipel et s'emparent à leur tour de Malacca en 1641.

Selon la tradition orale des Makassar du sud de Célèbes, le royaume de Gowa est né au XVe siècle du partage en deux de leur royaume entre Gowa et Tallo'. La première carte que les Portugais aient faite de Célèbes, en 1533 ou 1534, ne mentionne pas le nom de Goa mais seulement celui de "Toloc", c'est-à-dire Tallo'. En 1544, un commerçant portugais de Malacca, Antonio de Paiva, mentionne le nom de "Goa". Selon des chroniques, vers 1530, le roi Matanré (règne 1510-47) entreprend la conquête des principautés voisines. Gowa contrôle le commerce de l'or produit dans le nord de Célèbes, qu'il vend au sultanat de Ternate.

Le roi de Gowa se convertit à l'islam en 1605. Des campagnes de Gowa entre 1608 et 1611 finissent par imposer l'islam dans l'ensemble des pays bugis et makassar. La VOC établit un poste à Gowa en 1609. Le sultan Alauddin, peu désireux d'accepter un monopole des Hollandais, traite avec des marchands asiatiques et européens. Une lutte s'engage entre les deux puissances, interrompues par des traités en 1637, 1655 et 1660. Le sultan Hasanuddin envoie des ambassades à Mataram dans Java, sans résultat.

En 1660, le prince Arung Palakka de Bone, devenu vassal de Gowa, se rebelle. La révolte est réprimée, mais les rebelles trouvent refuge auprès de la VOC à Batavia. En 1666, la VOC lance une flotte contre Gowa, avec à bord des troupes bugis et moluquoises. En 1667, les Hollandais anéantissent la flotte de Gowa. Le sultan Hasanuddin finit par se rendre en 1669. Bone et les autres principautés bugis s'affranchissent de la suzeraineté de Gowa. La VOC expulse les autres Européens de Gowa. Les Hollandais sont devenus la puissance européenne dominante dans la région, devant les Anglais et les Portugais, qui contrôlent toutefois encore Timor.

Un premier État semble avoir été fondé à Banten en 932 après J. C. Banten était l'un des débouchés maritime du royaume hindouiste de Pajajaran.

Selon la tradition, le sultanat de Banten a été fondé par Sunan Gunung Jati, l'un des neuf "saints" ou Wali Sanga qui, selon la légende, auraient propagé la foi musulmane à Java. Il serait né à Pasai, un ancien sultanat dans le nord de Sumatra, que Marco Polo avait également visité en 1292. Gunung Jati épouse une sœur de Trenggana, le souverain de Demak. En 1526, à la tête d'une armée, Gunung Jati attaque et conquiert Banten, qui s'était affranchi de Pajajaran. Maulana Yusuf, le troisième souverain de Banten, soumet Pajajaran en 1579, mettant fin au dernier royaume sundanais.

Au XVIIe siècle, Banten est un État prospère, grâce à la culture du poivre, une de ces épices si prisées qui ont valu l'arrivée des Européens dans l'archipel indonésien. Les Anglais y établissent un poste de commerce permanent en 1603. Deux ambassadeurs de Banten sont reçus à la cour d'Angleterre en 1682. Outre une partie de Java Ouest, le sultanat contrôle ce qui constitue l'actuelle province de Lampung dans le sud de Sumatra. Les Hollandais finissent par imposer leur suzeraineté au sultanat.

En 1813, Banten est intégrée au territoire des Indes néerlandaises. Son dernier sultan est envoyé en exil à Surabaya par les Hollandais en 1832.

L'assassinat du sultan de Demak en 1568 marque la fin de la prééminence des cités du Pasisir, qui aura duré à peine un demi-siècle. En 1577, Ki Gede Pamanahan, seigneur de Mataram, dont le nom semble être resté depuis l'époque de la dynastie Sanjaya (VIIIe siècle) installe sa résidence à Kota Gede (aujourd'hui un quartier de la ville de Yogyakarta). Son fils Senopati (règne 1584-1601) entreprend une série de campagnes militaires contre les principautés du centre de Java et du Pasisir, affirmant l'autorité de ce « deuxième Mataram ».

Le petit-fils de Senopati (règne 1613-1646) poursuit l'œuvre de conquête de ses prédécesseurs en s'attaquant d'abord à Java Est, puis Java Ouest. Mataram échoue à prendre Batavia, fondée en 1619 par la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou « Compagnie hollandaise des Indes orientales »), après deux tentatives de siège en 1628-29.

Royaume de l'intérieur, Mataram contraint les principautés du Pasisir à détruire leurs flottes et leur interdit le commerce maritime. Son roi prend le titre de Sultan Agung, "le grand sultan", en 1641.

Après la mort du Sultan Agung, Mataram entame son déclin. Le royaume est miné par des guerres de successions dont les Hollandais tirent parti. Pour financer leurs campagnes contre les princes rebelles, les rois de Mataram s'endettent auprès de la VOC en mettant en gage leurs territoires du Pasisir. En 1755, le traité de Giyanti, imposé par les Hollandais aux princes javanais, met fin aux guerres de successions javanaises. Les derniers princes de Blambangan se convertissent à l'islam vers 1770 et prêtent allégeance à la VOC. Java est maintenant entièrement sous contrôle hollandais.

En 1628 le prince sundanais Dipati Ukur, à la tête d'une armée de 6 000 hommes, attaque Batavia. Devant la supériorité technique des Hollandais, les Sundanais doivent battre en retraite. Les Hollandais se lancent dans une traque et finiront par capturer le prince. Ils le livrent au roi de Mataram, qui le fait décapiter. De son côté Mataram fera par deux fois le sièbe de Batavia, sans succès.

A la fin du XVIIIe siècle, la compagnie contrôle les Moluques, le sud de Célèbes et la moitié de Java.

En 1795, le stadhouder (gouverneur) de Hollande Guillaume V d'Orange-Nassau se réfugie en Angleterre devant l'invasion des armées françaises. D'Angleterre, il envoie une série d'instructions à ses administrateurs pour qu'ils cèdent les territoires néerlandais à l'Angleterre pour qu'ils ne tombent pas aux mains des Français.

En 1799, la VOC est déclarée en faillite. Ses actifs sont repris par le gouvernement des Pays-Bas.

En 1825, un prince javanais, Diponegoro, qui conteste la désignation par les Hollandais de son neveu comme sultan de Yogyakarta, prend les armes. Il s'ensuit une guerre qui ne prendra fin qu'en 1830 avec la capture de Diponegoro, que les Hollandais avaient convié à une négociation. La guerre de Java a fait 15 000 morts dans l'armée hollandaise et plus de 200 000 dans la population javanaise (un recensement effectué vers 1815 estimait la population totale de Java à un peu plus de 4 millions d'habitants).

Java désormais pacifiée, les Hollandais peuvent commencer la mise en valeur économique de l'île. Le gouverneur van den Bosch met en place un système de cultures (cultuurstelsel) forcées par lequel les paysans devaient consacrer 20 %, puis 33 % de leurs terres à des cultures commerciales. Les abus de ce système finissent par être dénoncés aux Pays-Bas mêmes. Le système est graduellement abandonné. La loi agraire de 1870 ouvre Java à l'entreprise privée.

Le Traité de Londres de 1824 entre les Anglais et les Hollandais accorde à ces derniers le contrôle des territoires revendiqués par les Européens au sud de Singapour, fondée en 1819 par Thomas Stamford Raffles. Il consacre la division de monde malais en deux parties, l'une intégrée dans les Indes néerlandaises, l'autre dans ce qui deviendra la "British Malaya" et à l'indépendance, la Fédération de Malaisie.

À Bali, au début du XIXe siècle, l'économie dépend encore essentiellement de l'exportation d'esclaves. Les Hollandais sont plutôt soucieux de mettre fin à la piraterie et au pillage d'épaves, autre activité lucrative des Balinais. En 1846, les Hollandais attaquent le royaume de Buleleng dans le nord de Bali et y installent des administrateurs, ainsi que dans l'ouest de l'île. De 1846 à 1906, les Hollandais attaquent et soumettent successivement les différents royaumes balinais. Le dernier est Badung (Denpasar) dans le sud de l'île, dont les familles royales, plutôt que de se rendre, commettent le puputan, marchant vers les Hollandais qui tirent jusqu'à ce que tous soient morts.

En 1820, Aceh produit plus de la moitié du poivre mondial. Européens et Américains profitent de la concurrence que se livrent les différents princes qui leur vendent ce poivre. Un de ces princes, Tuanku (monseigneur) Ibrahim, émerge comme le plus puissant d'entre eux. En 1854, il lance une expédition et soumet les sultanats de Langkat, Deli (l'actuelle Medan) et Serdang, menaçant les Hollandais, qui occupent déjà le reste de Sumatra. En 1871, les Hollandais signent avec les Anglais le traité de Sumatra. Les Hollandais cèdent leurs possessions en Afrique de l'Ouest aux Anglais. En échange, ils ont les mains libres pour Aceh. En 1873, le consul américain à Singapour rencontre un émissaire d'Aceh pour discuter d'un traité entre les deux pays. Les Hollandais décident d'attaquer Aceh. Commence la longue guerre d'Aceh. Le sultan Daud Shah se rend en 1903, mais les ulama, chefs religieux, poursuivent la résistance. Les Indes néerlandaises atteignent leur forme définitive en 1908.

En 1899, un juriste hollandais, qui avait vécu « aux Indes » de 1880 à 1897, publie un article intitulé Een eereschuld ("Une dette d'honneur"). Il explique que les Pays-Bas ont une dette envers les Indisch (indigènes des Indes orientales néerlandaises) pour toutes les richesses qu'ils en ont extraites. En 1901, la reine Wilhelmine annonce le début de la « Politique éthique » reposant sur trois principes : éducation, irrigation, émigration.

La défaite des Russes devant les Japonais à Port-Arthur en 1905 a un retentissement extraordinaire à travers l'Asie de l'Est, détruisant le mythe de l'invincibilité des Occidentaux. En 1908, des étudiants de la petite noblesse javanaise fondent le Budi Utomo. On considère cet événement comme l'acte de naissance du mouvement national indonésien. En 1911, des marchands de batik javanais fondent le Sarekat Islam. Le Parti communiste des Indes (futur Parti communiste indonésien) est fondé en 1920. Soekarno et d'autres étudiants de l'École technique de Bandung fondent le PNI (Partai Nasional Indonesia, parti national indonésien). En 1927 Hatta, qui étudiait l'économie aux Pays-Bas, et trois autres étudiants indisch sont arrêtés en raison de leurs activités politiques. Lors de leur procès, Hatta prononce un brillant réquisitoire contre la domination hollandaise, justifiant le nationalisme indonésien, qui sera publié sous le titre "Indonesië Vrij" ("Indonésie libre").

À travers les Indes néerlandaises, des étudiants et des jeunes fondent des associations, qui se réunissent en congrès en 1928 pour prononcer le « Serment de la Jeunesse » par lequel ils déclarent adopter trois idéaux : une patrie, l'Indonésie, une nation, la nation indonésienne, une langue, l'indonésien. Les années 1930 sont une période mouvementée, durant lesquelles les leaders du mouvement nationaliste Hatta, Sjahrir, Soekarno et d'autres, sont arrêtés.

Le 7 juillet 1937, le Japon, qui occupe déjà la Corée et le Manchukuo, envahit la Chine, amorçant sa conquête de l'Extrême-Orient. En Europe, les troupes allemandes envahissent les Pays-Bas le 10 mai 1940, après avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale.

Les Japonais avaient des visées sur les Indes néerlandaises et leurs ressources naturelles. La colonie hollandaise faisait partie de leur vision d'une sphère de co-prospérité de la grande Asie orientale. Le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent Pearl Harbor. Le 10 janvier 1942, ils débarquent dans les Indes néerlandaises. Les troupes néerlandaises se rendent le 8 mars 1942. C'est la fin de la domination hollandaise.

La première préoccupation des Japonais est de réorganiser l'économie des Indes néerlandaises au profit de leur économie de guerre. Mais pour cela, ils ont besoin de mobiliser les masses, notamment javanaises. Soekarno décide de faire le jeu de l'occupant, persuadé de pouvoir en tirer parti. Il participe ainsi à la création du "Centre du Pouvoir Populaire" (PUTERA dans son acronyme indonésien) en 1943. Les Japonais créent également une armée de volontaires indonésiens, les "défenseurs de la patrie » (PETA) autorisée par les Japonais.

L'occupation du territoire par le régime showa entraîne de multiples exactions à l'encontre des opposants au régime et des populations civiles, s'étendant de l'esclavage sexuel au travaux forcés et au cannibalisme. Les rapports officiels faisant état de la mort de près de 4 millions de personnes.

En mars 1945, alors que les Américains reprennent progressivement contrôle du Pacifique, les Japonais encouragent la création d'un "comité pour l'investigation sur les efforts de préparation de l'indépendance de l'Indonésie" (Dokuritsu Junbi Chôsakai). Sous leur égide, la Piagam Jakarta ("charte de Jakarta") - préambule de la future constitution - est rédigée et un "Comité pan-indonésien pour préparer l'indépendance" mis en place.

Le Japon capitule le 15 août. En attendant le débarquement de troupes alliées, les autorités japonaises d'occupation, qui avaient auparavant promis l'indépendance aux Indonésiens, avaient désormais ordre de maintenir le statu quo. Soekarno et Hatta ne souhaitaient pas de conflit avec les Japonais. Les mouvements de jeunesse exigeaient une déclaration immédiate de l'indépendance. Ils étaient soutenus par Sjahrir, un autre dirigeant nationaliste indonésien, qui avait dirigé la résistance passive contre l'occupation japonaise et craignait que les Alliés ne considèrent que l'indépendance n'était qu'un cadeau des Japonais. La nuit du 15 au 16 août, un groupe de jeunes militants enlève Soekarno et Hatta pour les convaincre de proclamer l'indépendance.

L'indépendance de l'Indonésie est proclamée le 17 août 1945 par Soekarno et Hatta. Soekarno est nommé président et Hatta vice-président. C'est le début de la période que les Indonésiens appellent Revolusi.

Les Alliés commencent à reprendre contrôle du territoire mi-septembre. En octobre, des troupes britanniques débarquent à Surabaya pour désarmer les soldats japonais. Croyant que les Britanniques préparent le retour des Hollandais, la toute jeune armée indonésienne s’oppose à eux. Devant la violence des combats pour prendre la ville, les Britanniques comprennent que quelque chose a changé dans les anciennes Indes néerlandaises.

Fin 1945, les Hollandais acceptent d'entamer des discussions avec le gouvernement indonésien. Ils réoccupent néanmoins Jakarta début 1946, contraignant le gouvernement indonésien à s'installer à Yogyakarta. Pour tenter de reprendre le contrôle de leur ancienne colonie, ils lancent une première « action de police », appelées agresi par les Indonésiens. Fin 1946, les belligérants se réunissent à Linggarjati près de Cirebon. Les Hollandais reconnaissent la souveraineté de facto de la République sur Java, Madura et Sumatra. Les deux parties se mettent d'accord pour créer en 1949 une « République des États-Unis d'Indonésie » (Republik Indonesia Serikat).

En décembre 1946, les Hollandais annoncent à Denpasar à Bali la création d'un Negara Indonesia Timur (« État d'Indonésie orientale »). Devant la difficulté à faire admettre leur projet fédéral, les Hollandais lancent en juillet 1947 une deuxième « action de police ». Au bout d'une dizaine de jours, ils doivent accepter un appel au cessez-le-feu des Nations Unies. En janvier 1948, un accord est signé entre les deux parties à bord du navire de guerre américain USS Renville, qui avalise le projet hollandais d'un État fédéral en Indonésie. Le PNI (Partai Nasional Indonesia) et le parti musulman Masyumi s'y opposent. Le gouvernement indonésien, dirigé par Amir Sjarifuddin, est contraint de démissionner.

Les Hollandais poursuivent néanmoins leur projet fédéral et annoncent la création d'une série d'États fantoches en différents endroits de l'archipel, au nombre de 15 en 1948. En 1949, républicains et Hollandais tiennent une conférence à Yogyakarta. La « République des États-Unis d'Indonésie » (RUSI dans son sigle anglais) est créée le 14 décembre. Le 27 décembre, le Royaume des Pays-Bas transfère formellement la souveraineté des anciennes Indes néerlandaises à la République des États-Unis d'Indonésie, à l'exception de la Nouvelle-Guinée occidentale.

Sous la pression internationale, les Hollandais acceptent finalement en 1949 d'organiser la Conférence de la Table Ronde de La Haye. Une République des États-Unis d'Indonésie (Republik Indonesia Serikat ou RIS) est créée le 14 décembre 1949. Le 27 décembre, le Royaume des Pays-Bas transfère formellement la souveraineté sur le territoire des anciennes Indes néerlandaises à la RIS. La "Revolusi" est terminée.

De 1948 à 1965, l'Indonésie va être le théâtre de plusieurs mouvements insurrectionnels.

En 1948, des militaires sympathisants du Partai Komunis Indonesia (PKI, le parti communiste indonésien) occupent la ville de Madiun à Java Est. L'insurrection sera réprimée en 2 semaines.

En 1949 un dirigeant du Hizbullah, une milice de jeunes musulmans créée durant l'occupation japonaise de l'Indonésie, proclame dans l'ouest de Java un Negara Islam Indonesia (« État islamique d'Indonésie »). C'est le début de la rébellion du Darul Islam, qui ne prendra fin qu'en 1965 avec la capture et l'exécution de son dernier chef.

En 1950 le Dr Soumokil, un ministre de l'État d'Indonésie orientale, un des 7 États membres de la RIS, proclame la "République des Moluques du Sud". La rébellion est matée en 4 mois. Le 17 août 1950, le gouvernement de Jakarta proclame la création de l'« État unitaire de la République d'Indonésie » (Negara Kesatuan Republik Indonesia), qui remplace la RIS.

En 1952 à Jakarta, des chars entourent le palais présidentiel. Le chef d'état-major de l'armée de terre indonésienne, le général A. H. Nasution demande au président Soekarno la dissolution du Parlement, dénonçant le système des partis. Soekarno rejette la demande et reprend la situation en main. L'affaire du 17 octobre a tourné court.

En 1955 se tient une conférence dans la ville de Bandung, dans l'ouest de Java. Elle réunit pour la première fois de l'histoire une trentaine de pays de ce qu'on appelait alors le Tiers monde. Parmi les personnalités qui y apparaissent figurent le Chinois Zhou Enlai, l'Égyptien Gamal Abdel Nasser, l'Indien Nehru et l'Indonésien Soekarno. Cette conférence marquera l'entrée sur la scène internationale des pays du Tiers-monde. On considère qu'elle est l'acte de naissance du mouvement des non-alignés.

En 1957 éclate la rébellion de la Permesta (Piagam Perjuangan Semesta ou « charte pour une lutte universelle ») dans le nord de Célèbes, en protestation au projet de Soekarno d'instaurer une "démocratie dirigée" mettant fin à la démocratie parlementaire. En 1958 à Padang,à Sumatra Ouest, des opposants à Soekarno proclament un Pemerintah Revolusioner Republik Indonesia ("gouvernement révolutionnaire de la République d'Indonésie") ou PRRI. Le PRRI et la Permesta s'allient. La rébellion prend fin en 1961.

En 1957, les États de la péninsule malaise obtiennent l'indépendance du Royaume Uni sous le nom de Fédération de Malaisie. De 1959 à 1962, les Britanniques, la Malaisie, Singapour, Sabah et Sarawak négocient en vue de créer une fédération élargie. Ce projet est dénoncé par le président indonésien Soekarno, qui déclare que la Malaisie est une création fantoche des Britanniques qui va accroître leur contrôle sur la région, menaçant l'indépendance de l'Indonésie. De leur côté, les Philippines revendiquent Sabah, sous prétexte que ce territoire avait appartenu au sultanat de Sulu au XVIIIe siècle. Les deux pays s'appuient sur une opinion anti-fédération répandue au Sarawak et à Brunei.

À Brunei, une révolte éclate le 8 décembre 1962, soutenue par l'Indonésie. Des troupes britanniques et gurkha stationnées à Singapour sont envoyées. Le commandant des rebelles est capturé le 17 avril 1963 et la rébellion prend fin. Aussitôt, des « volontaires » indonésiens pénètrent au Sarawak et à Sabah, se livrant à des attaques et des actions de sabotage et de propagande. Le 27 juillet, Soekarno déclare qu'il va « écraser la Malaisie » (Ganyang Malaysia). Mi-1965, les forces armées indonésiennes franchissent la frontière en direction de la partie orientale de l'île de Sebatik près de Tawau dans l'État de Sabah. L'escalade vers un conflit ouvert de plus grande ampleur ne fut probablement évitée qu'en raison de l'accroissement des tensions politiques internes en Indonésie.

Soekarno songeait dès le début des années soixante à former un gouvernement d’union nationale (le NASAKOM) regroupant toutes les tendances politiques du pays ; en 1964 trois ministres membres du Parti communiste indonésien (PKI) sont nommés.

À cette époque, les États-Unis ont commencé leur engagement militaire au Vietnam en bombardant le nord. L'alignement de l'Indonésie avec le bloc socialiste, notamment avec la Chine (Soekarno parle d'un « axe Jakarta-Phnom Penh-Hanoi-Pékin-Pyongyang »), fait craindre aux Américains la création d'un « second front » en Asie du Sud-Est.

Au moment de l'indépendance de l'Indonésie, les Hollandais gardèrent le contrôle de la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, afin de préparer l'indépendance, proclamée le 1er décembre 1961.

Après l'échec des négociations avec les Hollandais portant sur l'incorporation à l'Indonésie du territoire, le 18 décembre une invasion des parachutistes indonésiens provoqua des affrontements armés entre les troupes néerlandaises et indonésiennes en 1961 et 1962. En 1962, les États-Unis exercèrent des pressions sur les Pays-Bas lors de pourparlers secrets avec l'Indonésie qui débouchèrent, le 15 août 1962, sur la signature de l'accord de New York, accordant, à compter du, le 1er mai 1963 la responsabilité administrative de la région à l'Indonésie.

Le 1er octobre 1965 au matin, un officier de la garde présidentielle annonce à la radio être à la tête d'un "conseil révolutionnaire" qui a déjoué un complot contre le président Soekarno et arrêté six généraux. Un autre général, Soeharto, prend la tête de la répression. En quarante-huit heures, les rebelles sont arrêtés. Soeharto décrète la dissolution du PKI, accusé d'avoir fomenté ce qu'on va appeler le "mouvement du 30 septembre" ou Gerakan September Tigapuluh, dont l'acronyme, "Gestapu", est très évocateur. S’ensuit une chasse aux communistes qui durera des mois et fera entre 500 000 et un million de morts selon les estimations. Le 11 mars 1966, Soeharto contraint Soekarno à signer la "Supersemar" (acronyme de Surat Perintah Sebelas Maret, "ordonnance du 11 mars"), par laquelle ce dernier transfère formellement le pouvoir à Soeharto, qui est ensuite élu président de la République par le MPRS (Majelis Permusyawaratan Rakyat Sementara, "assemblée délibérative du peuple temporaire").

Le nouveau régime renoue avec le camp occidental. L'Indonésie réintègre l'ONU, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, que Soekarno lui avait fait quitter. Une loi sur l'investissement étranger est promulguée en 1967. Les compagnies pétrolières occidentales signent des contrats d'exploration, attirées par le potentiel du pays. D'importantes découvertes sont faites.

En janvier 1974, des émeutes éclatent à Jakarta, à la suite de manifestations d'étudiants qui profitaient de la visite du premier ministre japonais Kakuei Tanaka pour protester contre la mainmise du capital étranger, notamment japonais, sur l'économie indonésienne. Ce sera la dernière manifestation contre le régime pour 24 ans.

En décembre 1975, l'armée indonésienne envahit Timor oriental, où le parti indépendantiste Fretilin vient de déclarer l'indépendance. Le prétexte de cette intervention est un appel à l'aide de deux autres partis timorais pro-indonésiens, l'Apodeti (Association populaire démocratique de Timor) et l'UDT (Union démocratique de Timor). Les 24 années d'occupation indonésienne qui suivent feront 200 000 morts sur une population inférieure à 1 million d'habitants.

Sous Soeharto néanmoins, l'Indonésie va connaître un développement impressionnant. Les revenus du pétrole, qui représenteront 80% des exportations indonésiennes en 1980, permettent de financer le développement des infrastructures, de la santé de base, de l'éducation primaire, ainsi que d'industries d'État. En même temps, le régime favorise l'essor de grandes entreprises privées nationales appartenant à des hommes d'affaires d'origine chinoise.

La chute du prix du brut en 1986 permet à la Banque mondiale et au FMI de contraindre l'Indonésie de commencer à déréglementer et libéraliser son économie et à privatiser ses entreprises d'État. Cette privatisation se traduit dans les faits par un transfert d'actifs aux hommes d'affaires proches de Soeharto et bientôt, à ses enfants qui ont atteint l'âge adulte.

Pendant les 33 ans de son règne, Soeharto et sa famille se sont enrichis considérablement à la faveur de la forte croissance que connaissait le pays. En 1998, suite à la crise économique asiatique (la monnaie indonésienne perdit 80 % de sa valeur), après de nombreuses manifestations dans tout le pays, dont les émeutes de Jakarta de mai 1998, et la pression du FMI, Soeharto finit par abandonner son poste le 21 mai 1998. Son vice-président, Baharuddin Jusuf (B. J.) Habibie, devient président. En août 1999, Habibie organise un référendum sur l'indépendance à Timor oriental, annexé par l'Indonésie en 1975. La victoire des partisans de l'indépendance est suivie d'une vague de violence.

En septembre 1999 sont organisées les premières élections démocratiques depuis 1955. Le nouvel MPR (assemblée) élit président Abdurrahman Wahid, surnommé "Gus Dur". Celui-ci est destitué en 2001 par le MPR. Sa vice-présidente, Megawati Soekarnoputri, fille de Soekarno, lui succède. En 2004, un amendement de la constitution permet les premières élections présidentielles au suffrage direct à deux tours. Susilo Bambang Yudhoyono bat Megawati au deuxième tour.

Le pays à l’heure actuelle souffre de son économie, de sa politique interne et de conflits religieux. À cela s’ajoutent les mouvements sécessionnistes au nord de Sumatra (Aceh), en Nouvelle-Guinée occidentale (anciennement Irian Jaya) ainsi que dans l’archipel des Moluques où se déroule des troubles très violents (largement organisés et instrumentalisés par des factions au pouvoir en Indonésie) entre chrétiens d’une part et musulmans (accourus essentiellement de Java) d’autre part.

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Équipe d'Indonésie de football

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L'équipe d'Indonésie de football est une sélection des meilleurs joueurs d'Indonésie sous l'égide de la Fédération d'Indonésie de football. Avant 1949, elle portait le nom des Indes orientales néerlandaises.

L’équipe d'Indonésie de football (Tim nasional sepak bola Indonesia) est une sélection des meilleurs joueurs d'Indonésie sous l'égide de la Fédération d'Indonésie de football. La Fédération d'Indonésie de football (Persatuan Sepakbola Seluruh Indonesia) est fondée en 1930. Le premier match officiel sous le nom de « Indes orientales néerlandaises » fut joué aux Philippines, le 5 mai 1934, contre la Chine qui se solda par une défaite indonésienne sur le score de 2 buts à 0.

Pour la Coupe du monde 1938, les Indes néerlandaises (ou Indonésie) ont bénéficié du forfait du Japon pour participer à la Coupe du monde, en tant que seul représentant asiatique. La seule apparition de l’équipe d'Indonésie de football (Tim nasional sepak bola Indonesia) en Coupe du monde fut brève car elle fut éliminée dès le premier match contre la Hongrie sur le score sans appel de 6 buts à 0, lors de la Coupe du monde 1938 en France.

Le premier match sous le nom de « Indonésie » fut joué à Delhi, contre l’Inde, le 4 mars 1951, qui se solda par une défaite indonésienne sur le score de 3 buts à 0. La Fédération d'Indonésie de football (Persatuan Sepakbola Seluruh Indonesia) est affiliée à la FIFA depuis 1952 et est membre de l'AFC depuis 1954. La plus large défaite de l’équipe d'Indonésie de football (Tim nasional sepak bola Indonesia) a eu lieu à Copenhague contre le Danemark, le 3 septembre 1974 qui se solde par un 9 buts à 0 pour les danois. Pour la Coupe du monde 1974, l’équipe d'Indonésie de football (Tim nasional sepak bola Indonesia) est éliminée au 1er tour battue par l’Australie et l’Irak, devant la Nouvelle-Zélande. Pour l’édition 1978, elle est battue au 1er tour par Hong Kong, Singapour et la Malaisie devant la Thaïlande. Pour 1982, elle est battue par la Nouvelle-Zélande et l’Australie et devant les Fidji et Taïwan. Après avoir terminé première au 1er tour devant l’Inde, la Thaïlande et le Bangladesh, elle est battue par la Corée du Sud au 2nd tour des éliminatoires de la Coupe du monde 1986. Pour 1990, elle est battue au 1er tour par le Japon et la Corée du Nord, devant Hong-Kong. Pour la Coupe du monde 1994, l’équipe d'Indonésie de football (Tim nasional sepak bola Indonesia) est battue au 1er tour par Singapour, la Corée du Nord et le Qatar, devant le Viêt Nam.

A la Coupe d'Asie des nations de football 1996, pour sa première participation, l’équipe d'Indonésie de football (Tim nasional sepak bola Indonesia) fut éliminée au 1er tour en faisant un match nul contre le Koweït (2-2, buts de Widodo Purta et de Ronny Wabia) et deux défaites contre la Corée du Sud (2-4, buts de Widodo Purta et de Ronny Wabia) et les Émirats arabes unis (0-2). Pour la Coupe du Monde 1998, elle est battue au 1er tour par l’Ouzbékistan et le Yémen tout en étant devant le Cambodge. A la Coupe d'Asie des nations de football 2000, elle fut éliminée au 1er tour en réalisant un match nul contre le Koweït (0-0) et deux défaites contre la Chine (0-4) et la Corée du Sud (0-3). Pour la Coupe du monde 2002, elle est battue au 1er tour par la Chine mais devant le Cambodge et les Maldives. La plus large victoire de l’Indonésie fut enregistrée à Djakarta le 23 décembre 2002, contre les Philippines qui se solde par un score sans appel de 13 buts à 0 pour les indonésiens. A la Coupe d'Asie des nations de football 2004, elle est encore battue au 1er tour, faisant une victoire contre le Qatar (2-1, buts de Ponaryo Astaman et de Budi Sudarsono) et deux défaites contre la Chine (0-5) et le Bahreïn (1-3, but d’Ellie Aiboy). Pour la Coupe du monde 2006, l’équipe d'Indonésie de football (Tim nasional sepak bola Indonesia) est battue au 2nd tour par l’Arabie Saoudite et le Turkménistan tout en étant devant le Sri Lanka. A la Coupe d'Asie des nations de football 2007, en tant que pays co-organisateur, elle est battue au 1er tour, faisant une victoire contre le Bahreïn (2-1, buts de Bambang Pamungkas et de Budi Sudarsono) et deux défaites contre l’Arabie Saoudite (1-2, but d’Ellie Aiboy) et contre la Corée du Sud (0-1). Pour la Coupe du monde de football 2010, elle est déjà éliminée au 2nd tour par la Syrie, après avoir bénéficié au 1er tour du forfait du Guam.

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Source : Wikipedia