Inde

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Posté par rachel 21/03/2009 @ 19:12

Tags : inde, asie, international

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Inde

Drapeau de l'Inde

1 L'hindî est la langue officielle du gouvernement fédéral et l'anglais est langue officielle associée. Au niveau des États de la fédération, 22 langues officielles sont reconnues.

L'Inde (nom officiel : la République de l'Inde) est un pays du sud de l'Asie qui occupe la majeure partie du sous-continent indien.

Le nom du pays « Inde » est dérivé de la vieille version persane du mot Sindhu, l'appellation du fleuve Indus en sanskrit (voir l'article détaillé sur l'origine du nom de l'Inde). Les textes officiels utilisent également le mot Bharat (mot hindi dérivé du nom sanskrit d'un roi hindou antique dont l'histoire peut être trouvée dans le Mahâbhârata). Un troisième nom, Hindustan écouter, c'est-à-dire « terre des Hindous » en persan, est employé depuis la période de l'Empire moghol et est le plus usité aujourd'hui encore par la majorité des Indiens dans le langage courant.

L'Inde est le pays le plus peuplé du monde après la Chine. Vingt-trois langues officielles y sont reconnues. La langue nationale est le hindi.

Le littoral indien s'étend sur plus de sept mille kilomètres. Le pays a des frontières communes avec le Pakistan à l'ouest, la Chine, le Népal, et le Bhoutan au nord et au nord-est, le Bangladesh et la Birmanie à l'est. Sur l'océan Indien, l'Inde est à proximité des îles de la République des Maldives au sud-ouest, du Sri Lanka au sud et de l'Indonésie au sud-est. L'Inde réclame également une frontière avec l'Afghanistan au nord-ouest.

L'Inde est le foyer de civilisations parmi les plus anciennes, et un carrefour historique important des grandes routes commerciales. Quatre grandes religions ont vu le jour dans ce seul sous-continent : l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et le sikhisme.

Durant près de deux siècles, l'Inde constitua une partie importante de l'empire britannique avant d'obtenir son indépendance en 1947. À la même époque, des comptoirs français et portugais sont présents sur le territoire indien, qui lui seront rétrocédés quelques années après l'indépendance. Toutefois même durant cet épisode colonial, un tiers du territoire était constitué de royaumes et principautés vassaux du Raj britannique mais autonomes.

Après plusieurs décennies durant lesquelles le développement économique avait peine à suivre une très forte croissance démographique, le pays s'est beaucoup développé depuis une quinzaine d'années, en particulier grâce au début de la transition démographique et aux réformes lancées en 1991. L'Inde, déjà géant démographique et puissance régionale, est sans nul doute appelée à devenir une des grandes puissances du XXIe siècle, à l'instar de la Chine, de la Russie et aux côtés des États-Unis. Le 22 janvier 2007, une capsule spatiale inhabitée indienne revient sur terre après une mission de 12 jours dans l'espace, ce qui marque un jalon scientifique et technique important pour le pays.

Durant près de 100 siècles, une multitude de peuples et de civilisations vont traverser le sous-continent.

Les abris sous roche peints à l'âge de pierre à Bhimbetka dans le Madhya Pradesh constituent les traces connues les plus anciennes d'implantation humaine en Inde. Les premières installations permanentes découvertes à ce jour apparaissent il y a 9 000 ans, et les anthropologues pensent qu'elles relèvent de populations de type veddoïde. Puis une civilisation brillante, l'une des plus anciennes connues à ce jour, se développe dans la vallée de l'Indus et atteint son apogée entre le XVIe siècle av. J.-C. et le XIXe siècle av. J.-C. : les historiens pensent qu'elle est due aux populations dravidiennes du nord, dont les Brahouis actuels seraient les derniers descendants.

Vers le XVIe siècle av. J.-C., des tribus aryennes venues d'Asie centrale auraient émigré en Inde du nord et développé la culture védique, mais cette hypothèse est rejetée par certains chercheurs qui notent les nombreuses continuités entre la civilisation de l'Indus et la civilisation védique. Des études génétiques récentes n'ont pas permis de trancher jusqu'ici (certaines confirment, d'autres réfutent la théorie de l'invasion aryenne): il est vraisemblable que, comme dans de nombreux autres exemples de ce type (Étrusques, Mésopotamie, Chine...) les envahisseurs aient en partie imposé leur langue (ici le sanskrit), leur organisation sociale et leurs croyances, mais en adoptant largement la civilisation des autochtones, les deux populations s'assimilant mutuellement.

Au VIe siècle av J.-C. un vent de réforme religieuse se lève, le bouddhisme et le jainisme fleurissent, ajoutant à la richesse de la culture indienne dans tous les domaines. L'hindouisme classique se développe à partir de la culture védique. Le premier millénaire voit beaucoup de royaumes indépendants se développer puissamment, certains acquérant une stature impériale. La dynastie hindoue des Gupta domine la période que les historiens considèrent comme un « âge d'or » de l'Inde et les Maurya, et en particulier l'empereur bouddhiste Ashoka, contribuent au rayonnement culturel indien. Les arts, les mathématiques, la technologie, l'astrologie, la religion et la philosophie s'épanouissent grâce au mécénat royal.

À partir du VIIe siècle de notre ère, les petits royaumes se multiplient et s'affrontent, jusqu'à la conquête musulmane entamée au XIIe siècle par Muhammad Ghori et ses troupes venues d'Asie Centrale. Ainsi, durant le deuxième millénaire, la plupart des régions de l'Inde sont assujetties à un pouvoir musulman, le sultanat de Delhi puis à l'Empire moghol. On pense que c'est vers cette époque que des groupes entiers de populations nomades indiennes, les ancêtres des Roms, fuyant les désordres, ont quitté le pays pour se diriger vest le nord-ouest, traversant l'Iran, puis la Turquie jusqu'en Europe.

Néanmoins quelques royaumes hindous, comme le royaume de Vijayanâgara, subsistent et prospèrent. Avec l'arrivée au pouvoir de la dynastie moghole initiée par Babur, descendant de Tamerlan, qui avait vaincu son principal rival lors la bataille de Panipat en 1526, l'Inde se transforme en un vaste empire, stable et prospère, qui s'étend du Turkestan jusqu'au Bengale et dont le rayonnement politique et intellectuel impressionne ses homologues contemporains.

Durant le règne des empereurs moghols, et plus particulièrement sous l'impulsion d'Akbar, de profondes réformes sont entreprises. Dans le domaine politique, les prémisses d'un État moderne apparaissent : l'administration s'organise en un système décentralisé de provinces gouvernées par des princes nommés par l'empereur et où l'impôt est levé, et une institution judiciaire est mise sur pied. C'est encore Akbar qui met en place une politique de tolérance religieuse envers les hindous, ce qui conduit entre autres au développement d'une culture spécifique dont l'ourdou, langue issue du persan et de l'hindoustani est un des résultats. En matière d'art et d'architecture, les empereurs moghols se révèlent de grands mécènes et des promoteurs éclairés, et c'est durant cette période qu'est édifiée ce qui reste comme la plus belle réalisation architecturale de la période, le Taj Mahal.

Entamée avec la création de Goa par les Portugais en 1510, l'arrivée des commerçants français, néerlandais, anglais (puis britanniques) précipite le déclin de l'empire, tant ces derniers tirent profit de la division politique du sous-continent en installant des comptoirs, avant de les coloniser. Les Britanniques triomphent successivement de leurs rivaux européens puis des pouvoirs princiers locaux grâce à la force militaire et l'économie de comptoirs florissante de la Compagnie anglaise des Indes orientales, et parviennent à asseoir leur domination sur l'Inde dès la moitié du XIXe siècle. Ils établissent alors une puissante administration coloniale placée sous la responsabilité directe de la Couronne britannique.

En 1857, la révolte des Cipayes, des soldats indiens au service des Britanniques, se transforment en soulèvement populaire général contre la puissance de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Les Indiens considèrent cette révolte comme la première guerre — infructueuse — d'indépendance.

Après la révolte, les mouvements indiens nationalistes se forment et s'organisent dès la création du Parti du Congrès en 1885 et commencent à exiger une indépendance complète. L'influence du mouvement ne cesse de s'accroître durant la première moitié du XXe siècle, mais n'est pas exempt de désaccords, notamment entre hindous et musulmans. Le 15 août 1947, l'Inde accède finalement à son indépendance, au prix de nombreuses grèves et sacrifices, grâce aux efforts tenaces des dirigeants du Parti du Congrès, chef de file du mouvement nationaliste, et en particulier de Nehru et du Mahatma Gandhi. Parallèlement, elle subit une partition qui donne naissance à un autre État, le Pakistan pour les musulmans.

La période qui suit est dédiée à la construction de la nation. Nehru est le premier dirigeant de l'Inde indépendante. Il met en place une économie planifiée inspirée par le modèle des pays socialistes et qui tend à l'auto-suffisance, notamment en mettant l'accent sur la réforme de l'agriculture. En politique extérieure, il promeut le mouvement des non-alignés pendant la guerre froide.

Après 1947, l’Inde participe par ailleurs à quatre guerres contre son voisin le Pakistan dont le statut du Cachemire constitue la principale motivation. De 1975 à 1977, le Premier ministre Indira Gandhi déclare l’état d’urgence, limitant les droits civiques et entraînant la mise en détention de nombreuses personnes sans procès. Si la démocratie est rétablie au début des années 1990, la destruction de la mosquée Babri Masjid d’Ayodhya en 1992 entraîne plusieurs conflits intercommunautaires en Inde occidentale. En 1999, l’Inde mobilise ses troupes dans le district de Kargil au Cachemire pour repousser des infiltrations de terroristes islamistes et de rebelles indépendantistes kashmiris venus du Pakistan. Depuis 1947, les rebellions séparatistes et les violences intercommunautaires dans les états du nord-est du pays ont provoqué la mort de quelques 50 000 personnes.

Promulguée le 26 janvier 1950, la Constitution donne naissance à la « République souveraine et démocratique » de l'Inde, dont elle affirme le caractère laïque et la vocation sociale.

Ce texte dote l'Union indienne d'institutions inspirées des modèles britannique et américain. Ainsi, le régime est une fédération de type dyarchique comme aux États-Unis, et parlementaire bicaméral calqué sur le parlement de Westminster. Le pouvoir est divisé entre le législatif, l'exécutif, et le judiciaire.

Le président est le chef de l'état, mais ses pouvoirs sont surtout symboliques. Le président et le vice-président de la république sont élus au suffrage indirect tous les cinq ans par un collège spécial. Le vice-président ne devient pas nécessairement président si le président démissionne ou vient à décéder. Le premier ministre est, cependant, le chef de gouvernement de fait. Il est nommé par le président, avec l'aval du parti ou de la coalition qui détient la majorité des sièges à la Chambre du Parlement. Le Parlement est composé de deux chambres : la chambre haute, la Rajya Sabha (Conseil des États) et la chambre basse, la Lok Sabha (Chambre du peuple). La Rajya Sabha peut compter jusqu’à 250 membres élus pour une durée de six ans, et renouvelés par tiers tous les deux ans. La plupart sont élus indirectement par les assemblées de chaque État proportionnellement à la population de ce dernier. Les 545 membres de la Lok Sabha sont élus au suffrage universel direct pour représenter différents collèges électoraux pour des mandats de cinq ans.

Le Parlement désigne un Premier ministre issu du parti majoritaire ou d'une coalition. Celui-ci détient les pouvoirs exécutifs et dirige le conseil des ministres. Il est directement responsable devant le Parlement.

La branche exécutive comprend le président de la République, le vice-président et le Conseil de ministres (le Cabinet étant son comité de direction) dirigé par le Premier ministre. Tout ministre détenant un portefeuille doit être un membre de l'une ou l'autre des assemblées.

Le pouvoir judiciaire en Inde est également organisé en dyarchie, comme aux États-Unis. La plus haute juridiction du pays est la Cour suprême, dirigée par le premier magistrat du pays, le président de la Haute Cour de l'Inde. La Cour suprême arbitre les conflits entre les États et le Centre. Elle constitue en outre la dernière juridiction d'appel au-dessus des vingt et une hautes cours (High Courts) des États. Enfin, elle a le pouvoir de prononcer l'inconstitutionnalité des lois et des décrets des gouvernements (et donc de les annuler) si elle estime que ces derniers sont en conflit avec les principes fondamentaux de la constitution. À l'échelon inférieur, on trouve les hautes cours, qui siègent dans les États et territoires de l'Inde. Ces dernières sont principalement des juridictions d'appel et examinent les litiges issus des tribunaux subalternes (lower courts) tels que les tribunaux de district ou de localité.

L'Inde a été formée durant des siècles d'états princiers, plus ou moins interdépendants localement. Les Britanniques, en unifiant le territoire sous leur autorité, créent l'Inde en tant qu'entité territoriale. L'administration britannique conservera le principe sous-jacent en découpant le territoire en principautés, états et territoires. Elle n'hésitera cependant pas au fil du temps à regrouper et découper, comme bon lui semble, ces zones en entités ne correspondant pas tout à fait aux réalités historiques. Ainsi par exemple, elle créa l'Eastern Bengal and Assam qui devienda l'Assam et le Bengale... À l'indépendance, l'Inde a gardé cette structure en état et territoire. Le processus de création d'états continue et le Purvanchal, au centre nord, est candidat pour devenir un nouvel état à par entière. Ces états et territoires sont découpés en districts. Certaines zones urbaines peuvent couvrir plusieurs districts, tandis que les districts des zones rurales sont découpés en sous-divisions qui sont elles-même découpées en groupement de villages. Le noms locaux peuvent différer, par exemple les groupements villageois du nord de l'Inde sont appelés Tehsil mais Taluk dans le sud. Les villes ont un statut différent en fonction de leur population.

Plus récemment, des regroupements régionaux, au niveau des états, sont nés. Issus d'initiatives locales, ces regroupements ont le développement économique pour objectif principal. C'est le cas par exemple du Nord-Est indien.

L'Inde est une démocratie parlementaire et une république fédérale. Avec son milliard d'habitants, l'Inde se présente comme « la plus grande démocratie du monde ».

Depuis son indépendance en 1947, le gouvernement de la République de l'Inde a été dirigé principalement par le Parti national du Congrès (Indian National Congress ou Congrès(I), le parti de Gandhi et de Nehru. La vie politique des États a été dominée quant à elle par plusieurs partis nationaux, le Congrès, le Bharatiya Janata Party (BJP), le Parti communiste (Indian Communist Party ou CPI-M), le Janata Dal et surtout de nombreux partis régionaux tels que le Davida Munnetra Kazhagam (DMK) au Tamil Nadu.

De 1950 à 1990, le Parti du Congrès a bénéficié de la majorité parlementaire hormis pendant deux brèves périodes : entre 1977 et 1980, le Janata Dal remportait les élections en raison du mécontentement populaire provoqué par la proclamation de l'état d'urgence par Indira Gandhi, alors Premier ministre. En 1989, une coalition nationale menée par le Janata Dal allié aux partis de gauche accéda une nouvelle fois au pouvoir et s'y maintint pendant deux ans.

Les années 1996 à 1998 ont vu une succession de partis à la tête du pays, arrivés au pouvoir par la formation d'alliances hétérogènes et qui se sont révélées éphémères. Le BJP, parti nationaliste, a formé un gouvernement en 1996, suivi immédiatement par une coalition nommée Front Uni (United Front). En 1998, le BJP a formé à nouveau avec plusieurs partis régionaux une Alliance démocratique nationale (National Democratic Alliance ou NDA) et est devenu le premier parti non-congressiste à se maintenir au pouvoir jusqu'au terme de son mandat, soit cinq ans. Aux élections de 2004, le Congrès a remporté la majorité des sièges de la Lok Sabha et a formé un gouvernement avec une coalition de partis de gauche opposé au BJP au sein l'Alliance progressiste unie (United Progressive Alliance). L'actuelle présidente de la République de l'Inde est Pratibha Patil depuis 2007, mais l'essentiel des pouvoirs est détenu par le Premier ministre Manmohan Singh, depuis 2004.

La politique en Inde reflète l'ampleur des changements qui ont eu lieu dans la société, malgré de très vives résistances: ainsi un intouchable, K.R. Narayanan, a pu accéder en 1997 à la présidence.

L'Inde se considère comme une grande puissance encore mal reconnue. La Charte des Nations unies ne lui donne pas le statut de membre permanent du Conseil de sécurité le traité de non-prolifération nucléaire ne la reconnaît pas comme État doté de l'arme nucléaire. Aussi, l'Inde cherche-t-elle à faire reconnaître le statut de grande puissance auquel elle juge pouvoir prétendre.

C'est la raison pour laquelle elle a avancé sa candidature auprès du G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) afin d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. C'est aussi l'une des raisons qui l'ont poussée à développer un arsenal nucléaire après l'explosion « pacifique » de 1974 et à en assumer le caractère officiel avec les essais de mai 1998.

Aujourd'hui, l'Inde est reconnue comme une puissance émergente. Elle a tissé des partenariats stratégiques avec toutes les grandes puissances : les États-Unis dans le cadre du programme Next Steps in Strategic Partnership (NSSP); la Chine avec laquelle elle progresse sur la voie d'un règlement du contentieux frontalier qui oppose les deux pays. L'Inde depuis son ouverture dans les années 1990, a aussi cherché à nouer des liens plus fort avec les pays membres de l'ASEAN, au travers de la politique du Look East.

L'Inde rompt avec l'approche nehruvienne, tiers-mondiste et non alignée (voir mouvement des non-alignés) des relations internationales pour entrer dans le club des « grands­­ ». À ce titre, elle milite pour l'obtention d'un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

L’Inde occupe la majeure partie du sous-continent indien, qui est placé entre la plaque tectonique de l’Inde et la partie nord-ouest de la plaque indo-australienne. Une partie du territoire des États du nord et du nord-est de l’Inde est située dans le massif de l’Himalaya. Le reste de l’Inde septentrionale, centrale, et orientale est occupé par la zone fertile de la plaine indo-gangétique. Dans la partie occidentale, bordée par le Pakistan du sud-est, se trouve le désert du Thar. L’Inde méridionale se compose presque entièrement du plateau péninsulaire du Deccan, flanqué de deux massifs côtiers au relief accidenté, les Ghâts occidentaux et les Ghâts orientaux.

De grands fleuves et rivières, tels le Gange, le Brahmapoutre, la Yamunâ, la Godâvarî, la Narmadâ, la Kaveri traversent le pays. L’Inde possède par ailleurs trois archipels : les Laquedives, qui se trouvent au large de la côte du sud-ouest ; la chaîne volcanique des îles d’Andaman et de Nicobar au sud-est, et les Sunderbans dans le delta du Gange au Bengale occidental. Le climat en Inde varie, de tropical dans le sud à plus tempéré dans le nord de l’Himalaya et où les régions montagneuses reçoivent les chutes de neige continues en hiver.

Le climat de l’Inde est fortement influencé par l’Himalaya et le désert de Thar. L’Himalaya et les montagnes de l’Hindu Kouch au Pakistan, font obstacle aux vents catabatiques venus d’Asie centrale et les empêchent ainsi de pénétrer dans le continent, ce qui préserve la chaleur dans la majeure partie de ce dernier, contrairement à la plupart des régions situées à la même latitude. Le désert du Thar, quant à lui, attire les vents humides de la mousson d’été qui, entre juin et septembre, est responsable de la plus grande partie des précipitations de l’Inde.

L’Inde est une fédération d’États qui ont chacun un parlement et un gouvernement. Il y a vingt-huit États, six territoires, et le territoire de la capitale New Delhi (New Delhi Capital Territory).

La superficie de l’Inde est de 3 287 590 km2. Délimitées par le Pakistan,la Chine, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh, la Birmanie, les frontières indiennes sont longues de 15 168 km.

Dès la fin du XIXe siècle, voyant les ressources naturelles diminuer les britanniques mettent en place des lois et des organismes afin de gérer l'immense territoire que représentent les Indes. Le Indian Forest Service est créé en 1866, la Indian Forest Act est édicté en 1878. Les britanniques cherchaient alors avant tout à préserver le couvert forestier sur ces zones de façon à assurer une pérennité pour l'exploitation du bois d'œuvre. Le principal levier étant le prélèvement des taxes de douane. Accessoirement ses dispositions permettaient de préserver également le gros gibier qui peu à peu disparaissait. C'est ainsi que plusieurs aires protégées ont vu le jour comme le Reserved forest de Kaziranga en 1905. Les mesures de protection se sont renforcées avec l'Indian Forest Act de 1927.

Devant la dégradation continue des zones protégées, le gouvernement indien a fait promulgué la loi Wildlife Protection Act en 1972 sur la protection de la faune et de la flore sauvages. L'Acte relatif à la conservation des forêts, le Forest Protection Act de 1980, stipule qu'aucune superficie boisée ne sera soumise à des utilisations non forestières sans l'approbation préalable du Gouvernement indien. Cet acte, pris rapidement avec peu de concertation, a servi de façon très efficace à interdire la conversion des zones forestières, cependant il pose localement des difficultés aux petites communautés rurales. Dans la foulée le Forest survey of india, un organisme destiné à évalué les résultats de la protection du couvert forestier, est crée en 1981.

L'Acte relatif à la protection de l'environnement, le Environment Protection Act de 1986, a joué un rôle crucial dans la conservation et la gestion des écosystèmes notamment dans le traitement des eaux et des déchets. En 2008, le Forest Rights Act fait craindre à certains protecteurs de l'environnement une perte d'autorité de l'état sur les zones protégées.

La protection de l'environnement est pilotée par le Ministère de l'environnement et des forêts qui dirigent de nombreux agences gouvernementales comme l'Indian Forest Service, de centres de formations et d'autres institutions.

Il existe plusieurs niveaux de protection, le plus élevé étant les parcs nationaux et les plus petit les Village forests. En outre certaines zones protégée peuvent l'être par des privés. 4% de la surface du pays doit, d'après une décision gouvernementale, être protégée.

À ces aires protégées, se superposent des zones où des moyens complémentaires sont offerts pour protéger une espèce particulièrement ou un biome importante. C'est le cas par exemple des Tiger Reserves et des Elephant reserves, qui peuvent le cas échéant se superposer. Ces réserves sont pilotés dans le cadre de plan qui sont le Project Tiger, le Project Elephant, le Asiatic Lion Reintroduction Project... Le Yamuna Action Plan cherche à réhabiliter la rivière Yamuna.

Située dans l'écozone indomalaise, l'Inde abrite une grande biodiversité : 7.6 % des mammifères, 12.6 % des oiseaux, 6.2 % des reptiles, et des 6.0 % des plantes à fleurs vivant sur la Terre s'y trouvent. Elle possède beaucoup d'écorégions, comme les forêts de Shola, qui présentent des taux extrêmement élevés d'endémisme : au total, 33 % des espèces de plantes indiennes sont des espèces endémiques. La couverture de la forêt indienne s'étend de la forêt tropicale des îles Andaman, des ghâts occidentaux, et de l'Inde du nord-est jusqu'aux forêts de conifères tempérées de l'Himalaya. Entre ces extrémités se situent la forêt tropicale humide de l'Inde orientale, dominée par le sal ; la forêt tropophile de l'Inde centrale et méridionale, dominée par le teck ; ainsi que la forêt épineuse du Deccan central et de la plaine du Gange occidentale, dominée par l'acacia mimosa. On compte parmi les arbres importants le neem aux propriétés médicinales, largement utilisé pour des remèdes en phytothérapie rurale. Le figuier des pagodes, visible sur les sceaux de Mohenjo-daro, a ombragé le Gautama Bouddha pendant qu'il atteignait le Nirvāna.

Beaucoup d'espèces indiennes descendent directement des taxons provenant du supercontinent Gondwana, duquel l'Inde est originaire. Le supercontinent Laurasia a permis un large échange d'espèces lors de son mouvement en direction de la plaque indienne, et de leur collision. Cependant, le volcanisme et les changements climatiques survenus il y a 20 millions d'années ont causé à l'extinction de beaucoup de formes endémiques en Inde. Peu après, les mammifères entrèrent en Inde depuis l'Asie au cours de deux passages zoogéographiques de chaque côté de l'Himalaya naissant. En conséquence de cela, on compte parmi les espèces indiennes seulement 12,6 % de mammifères et 4,5 % d'oiseaux qui sont des espèces endémiques, contrastant avec les 45,8 % de reptiles et 55,8 % d'amphibiens. Les endémiques notables sont le singe semnopithèque du Nilgiri et le crapaud brun ou carmin de l'espèce bufo beddomii des ghâts occidentaux. L'Inde contient 172 soit 2.9 % d'espèces menacées selon l'UICN, parmi lesquelles on retrouve le lion asiatique, le tigre du Bengale, et le vautour chaugoun indien, qui fut très proche de l'extinction à cause d'ingestion de charognes de bétail traités au diclofénac.

Depuis les dernières décennies, la faune de l'Inde a été sérieusement menacée par la forte augmentation démographique humaine. Pour contrer cela, le gouvernement a considérablement étendu sa liste des secteurs protégés et des parcs nationaux (liste initialement établie en 1935). En 1972, l'Inde a mis en place un plan de sauvegarde de la faune, et un projet spécialement dédié à la préservation du tigre et de son habitat naturel. Ce plan de sauvegarde fut étendu par d'autres protections fédérales promulguées dans les années 1980. En plus des 500 zones de sauvegarde de la faune, l'Inde accueille maintenant 14 réserves de biosphère, dont 4 font partie du réseau mondial des réserves de biosphère. 25 zones humides sont protégées par la convention de Ramsar.

L’Inde a réalisé d’énormes progrès économiques depuis l’accession à l’indépendance. Il est vrai qu’il fut un temps, la civilisation indienne rayonnait dans l’ensemble de l’Asie. C’est l’époque où l’Inde, à égalité avec la Chine, se situait au tout premier rang mondial, avec 22,6 % du revenu de la planète. C’était en 1700.

Aujourd’hui, l’Inde, un géant de plus d’un milliard d’habitants, commence à reprendre sa place dans l’économie mondiale. En 2007, l'Inde est la 12ème puissance économique mondiale avec un PIB de 1 171 Mds $ soit 2,15% du PIB mondial (World Bank, , GDP 2007). L’objectif du gouvernement indien consiste à accélérer le développement économique en réduisant la pauvreté, en développant davantage les infrastructures, notamment en zone rurale, et en facilitant l’accès à l’éducation ainsi qu’aux soins pour la population.

Elle s’efforce d’approfondir ses relations avec l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), de resserrer ses liens avec la Chine et d’accroître ses interactions avec les pays d’Asie centrale, les États-Unis et l’Europe.

La classe moyenne indienne compte plus de 350 millions de personnes en constante évolution. Les secteurs qui tirent profit de la conjoncture sont, avant tout, les services et l’industrie manufacturière.

Dans le domaine spatial, le pays a réussi à lancer en janvier 2007, une fusée transportant une capsule qui a ensuite été récupérée sur Terre, dans le cadre de la préparation d’un vol spatial habité. La fusée indienne PSLV (Polar Satellite Launch Vehicule) a placé sur orbite quatre satellites, une première pour l’Inde, dont deux satellites indiens, un indonésien et un argentin.

Aujourd’hui avec neuf satellites géostationnaires opérationnels, le pays a mis à profit son succès technologique spatial pour créer la télé-éducation ainsi que des réseaux de télé-médecine au service de la population. Le pays compte plus de 3 millions de nouveaux abonnés au téléphone mobile chaque mois. Des jeunes du monde entier viennent étudier en Inde et effectuer des stages dans le pays.

L’Inde est aussi le premier producteur et exportateur de médicaments génériques du monde. La capitale de l’industrie pharmaceutique est Hyderâbâd. La première entreprise du secteur est Ranbaxy, avec plus de 10 000 salariés et 1,5 milliard de dollars de chiffre d’affaires. Les exportations indiennes se chiffrent à plus de 2 milliards de dollars.

D’après une étude de Jean-Joseph Boillot, ancien conseiller financier à la Mission économique de New Delhi, la croissance de l’Inde dépassera celle de la Chine à l’horizon 2010-2015.

Un autre indice est l’équipement des foyers en télévisons. Le nombre de foyers équipés était de 88 millions en 2000 contre 105 millions en 2007 (50 % des foyers).

Il y a plusieurs religions en Inde. Les principales religions pratiquées en Inde sont l'hindouisme (79,8%) et l'islam (13,7%). On trouve aussi des jaïns (0,5 %), des sikhs (2,1 %), des zoroastriens (pârsîs), des bouddhistes (0,8 %), des juifs et des chrétiens (2,5 %) - ceux-ci issus d'une évangélisation soit très ancienne (St Thomas (apôtre) au Kerala et au Karnataka) soit consécutive à l'arrivée des Européens : Portugais, Français, Anglais. Alors que le bouddhisme est originaire du nord de l'Inde, il n'est plus pratiqué à l'heure actuelle que par une partie infime de la population, surtout les Tibétains déplacés lors de l'invasion du Tibet par la Chine et quelques milliers d'ex-intouchables qui se sont convertis en suivant l'exemple de Bhimrao Ramji Ambedkar, un grand leader intouchable de l'indépendance. Des religions naturelles, classées comme Animistes, sont encore très vivantes parmi les groupes tribaux du centre du pays.

L'Inde possède de nombreuses religions aux statuts divers. Plusieurs des « grandes » religions sont originaires de l'Inde, dont l'hindouisme et le bouddhisme, et certaines sont presque exclusives à l'Inde.

L'hindouisme est de loin la première religion de l'Inde elle comprend 878 millions de fidèles soit 79,8 % de la population indienne.

L'islam, avec environ 150 millions de fidèles (env. 13,7 % de la population indienne), fait de l'Inde le troisième pays musulman au monde après l'Indonésie et le Pakistan.

L'Inde compte environ 25 millions de chrétiens (orthodoxes, protestants et catholiques ensemble forment env. 2,5 % de la population indienne) dont une partie (dans le Kerala) appartient à l'une des communautés chrétiennes les plus anciennes au monde (Mar Thomas). Les chrétiens ont également établi un vaste réseau éducatif de qualité.

Le sikhisme est une religion propre à l'Inde qui comprend 18 millions de fidèles (env. 2,1 % de la population indienne). La majorité des Sikhs habitent au Penjab. Les Sikhs sont très présents dans l'armée.

Le bouddhisme, qui avait disparu vers le Xe siècle, renaît en Inde de plusieurs façons, notamment sous la forme de la pratique de vipassana, et grâce au mouvement de conversion en masse de Dalits ou intouchables, initié en 1954 par Bhimrao Ramji Ambedkar et qui se poursuit de nos jours : les néo-bouddhistes. Le nombre de bouddhistes en Inde est aujourd'hui estimé à 7,5 millions de personnes soit environ 0,8% de la population indienne.

Le jaïnisme est une religion propre à l'Inde qui comprend entre 3 et 4 millions de fidèles (env. 0,5% de la population Indienne) et dont la majorité des pratiquants habitent au Maharashtra et Gujarat. Le jaïnisme se caractérise par un respect absolu de toute forme de vie.

La communauté Pârsî décroît rapidement. Des religions indiennes sont apparues sur le territoire indien pour y disparaître, comme les Âjîvika.

Les tensions interreligieuses peuvent être vives en Inde. Après l'indépendance en 1947, les déplacements forcés de populations entre l'Inde et le Pakistan avaient provoqué des émeutes extrêmement violentes entre les communautés hindouistes et musulmanes, qui firent, selon certaines estimations, un million de morts. En 1984, après l'assassinat d'Indira Gandhi, les pogroms touchent la communauté sikh. En 1992, la destruction de la mosquée historique d'Ayodhya par des hindous avait entraîné des violences entre musulmans et hindouistes, notamment à Bombay, faisant plus de 2 000 morts dans le pays.

En octobre 2001, un attentat suicide frappe le Parlement du Jammu-et-Cachemire à Srinagar (38 morts). Le 13 décembre 2001, le Parlement fédéral subit une attaque suicide qui provoque la mort de 14 personnes.

En 2002, des affrontements entre hindous et musulmans font plus de 250 morts en trois jours à Ahmedabad. Les émeutes font suite à l’incendie par des musulmans, le 27 février, d’un train ramenant des extrémistes hindous, tensions liées à la destruction de la mosquée d'Ayodhya en 1992.

En octobre 2005, trois explosions attribuées aux islamistes provoquent la mort de 66 personnes dans la capitale, New Delhi.

Le 7 mars 2006, la ville de Bénarès connaît un triple attentat, revendiqué par le Lashkar-e-Qadar. Le 8 septembre 2006, l’explositon de trois bombes près de la mosquée de Malegaon, dans l'État du Maharashtra, fait 37 morts.

Le 25 août 2007, deux attentats à la bombe frappent la ville d'Hyderabad, tuant au moins 43 personnes. Le 23 novembre 2007, les villes de Bénarès, Lucknow et Faizabad, sont touchées par des attentats contre des tribunaux, faisant au moins treize morts et une cinquantaine de blessés. Ces attentats arrivent au moment où les avocats de l'Uttar Pradesh annoncent ne pas assurer la défense des militants islamistes dans leur région. Le 13 mai 2008, plusieurs attentats dans la ville de Jaipur font au moins 80 morts et 200 blessés. Une bombe a explosé dans un temple hindou. Les 25 et 26 juillet 2008, les attentats revendiqués par des islamistes à Bangalore et Ahmedabad provoquent la mort de 51 personnes.

À la fin du mois d'août 2008, des hindous s'en prennent aux chrétiens dans l'état d'Orissa, à l'est du pays : les violences font au moins une dizaine de morts et 25 églises ont été incendiées. Le 13 septembre 2008, plusieurs explosions touchent New Delhi. Ces derniers attentats sont revendiqués par les Moudjahidins indiens, un groupe islamiste. Le 26 novembre 2008, c'est Bombay qui est touchée par une série d'attaques faisant au moins 100 morts, et environ 300 blessés. Ces attentats sont revendiqués par l'organisation islamiste des Moudjahidines du Deccan.

L'Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine et compte environ 1 milliard 100 millions d'habitants. C'est un pays jeune qui compte 560 millions de personnes de moins de 25 ans. En 2004, un Indien sur deux avait moins de 25 ans et 70% de la population habite à la campagne.

Toutefois, ayant presque atteint la maîtrise de sa démographie si on parle en termes occidentaux, l'Inde connaît une augmentation rapide de sa population. La population indienne augmente d'environ 19 millions d'individus par an (conséquence d'une fécondité de 3,1 enfants par femme en moyenne — contre 1,7 pour la Chine). On prévoit que l'Inde deviendra le pays le plus peuplé au monde aux alentours de 2035. Pour les années 2000/2005, la population indienne supplémentaire qu'il faut nourrir, loger, habiller et éduquer chaque année correspond presque à la population australienne totale.

Si la fécondité indienne s'est effondrée en 50 ans, la baisse du taux de croissance démographique est irrégulière et relativement lente. Cela est attribué à une politique démographique incohérente, là où la Chine a adopté la politique de l'enfant unique.

L'Inde, du fait de la nature démocratique de son régime politique, axe sa politique sur la responsabilisation individuelle, avec par exemple des centres d'information sur la contraception. Cette politique non contraignante diffère de celle de l'enfant unique de la Chine, qui d'ailleurs n'a pas évolué, sauf des aménagements pour les populations rurales.

Néanmoins, l'Inde est aujourd'hui confrontée à un phénomène problématique : la baisse du nombre de femmes par rapport au nombre d'hommes, en raison de l'élimination prénatale ou postnatale (il n'est pas rare que des nouveau-nés soient retrouvés agonisants dans des poubelles) massive des fœtus féminins. Le ratio dans la population est de l'ordre de 900 femmes pour 1000 hommes. Dans certaines parties de l'Inde, il n'est plus que de 800 femmes pour 1000 hommes. En conséquence, de nombreux hommes vivent aujourd'hui un célibat forcé, en même temps que se développent de vastes trafics de filles à marier étrangères et que l'ancienne pratique de la polyandrie tend, dans certains endroits, à renaître même si le phénomène n'est pas significatif.

La pratique abusive de l'échographie, qui permet la détermination précoce du sexe de l'enfant à venir, a entraîné l'augmentation du recours à l'avortement sélectif. Ce phénomène est relativement fréquent dans les familles vivant en zone urbaine et de classe moyenne. Aussi, le modèle de la famille à un garçon et une fille tend à se généraliser dans cette couche de la population.

En Inde, 2,5 millions de personnes sont séropositives. Pour contourner les susceptibiltés masculines, l'ONG National Aids Control Organisation (Naco) a distribué avec succès 500 000 échantillons de préservatifs féminins. Ils permettent aussi aux femmes de mieux gérer la natalité.

Les valeurs indiennes traditionnelles de la famille sont fortement respectées, bien que dans les milieux urbains le modèle de la famille nucléaire soit prévalent. Cependant, la « joint-familly » est encore très présente dans les campagnes et petites villes (70 % de la population). On trouve ainsi parfois plus de vingt personnes vivant sous un même toit.

À leur mariage, les fils restent vivre près de leurs parents, prenant petit à petit la relève pour subvenir aux besoins de la maison. La relation entre frères est des plus codées selon la place dans la fratrie. Les épouses qui sont sous les ordres de leur belle-mère dans les premières années suivant le mariage prennent leur place et exercent leur autorité dans la maisonnée. La tradition n'est pas figée, tous les modèles sont possibles : cuisines séparées ou cuisine commune, maison mitoyenne, etc.

Au sein du foyer, l'entraide est de rigueur : la charge des vieux parents est partagée entre tous. Ils sont intégrés à la vie quotidienne pour accomplir des petits travaux ou services relevant de l'économie domestique, qui dans nos sociétés occidentales contemporaines sont fréquemment mécanisés ou confiés à des tiers : par exemple, raconter des histoires aux enfants ou éplucher les légumes pour la préparation des repas.

L'Inde a la plus grande armée de réserve au monde. L'Armée de l'air indienne est la quatrième plus grande au monde, derrière celles des États-Unis, de la Russie et de la Chine.

Les forces armées indiennes disposaient en 2006 d'un effectif de 1 325 000 militaires et 535 000 réservistes .

Elles disposent de 3 000 chars de combat, 1 900 autres blindés, 650 avions de combat (ainsi que des forces aéronavales), 16 sous-marins, 1 porte-aéronefs et 8 destroyers. L'Inde vient de commencer le remplacement de 126 MiG-21 par d'autres avions russes pour 2012 .

L'Inde dispose d'armes nucléaires depuis 1974 réparties dans l'aviation ou dans des missiles IRBM.

La culture de l'Inde est marquée par un degré de syncrétisme élevé. Beaucoup de pratiques, langues, coutumes, et monuments indiens en sont des exemples : des édifices architecturaux inspirés de l'architecture de l'Islam, tels que le Taj Mahal sont l'héritage de la dynastie moghole. La culture indienne est donc le résultat de traditions qui ont combiné des éléments hétérogènes de civilisations présentes sur le territoire à la suite d'invasions ou de mouvements migratoires et qui ont marqué le pays à un moment ou à un autre de son histoire.

La musique indienne est fortement diversifiée. La musique classique est principalement dédoublée entre les traditions indiennes hindoustanies du nord et carnatiques du sud. Les formes fortement régionalisées de musique populaire incluent la musique filmi et musique folklorique comme le Bhangra. Beaucoup de formes classiques de danse existent : le Bharata natyam, le Kathakali, le Kathak, le Kuchipudi, le Manipuri, l'Odissi et le Yakshagana. Ils ont souvent une forme narrative et sont habituellement imprégnés par des éléments religieux et de dévotion.

Les traditions littéraires les plus anciennes empruntaient principalement la forme orale, la forme écrite faisant une apparition plus tardive.

La littérature religieuse hindoue écrite en sanskrit, tels que les Veda, le Râmâyana et le Mahâbhârata, tient une grande place dans la culture indienne, et donne lieu à des réminiscences et des adaptations jusque dans les œuvres contemporaines de fiction, de théâtre ou de cinéma. Une autre littérature importante de la période est la « Littérature du Sangam » de langue tamoule produite dans le Tamil Nadu, également très ancienne. Le sanskrit comme le tamoul classique sont des langues savantes qui ne sont alors accessibles qu'à un groupe très restreint d'individus cultivés. Les littératures en langue vernaculaire (telle que l'hindoustani, bengalî ou ourdou par exemple) se développent quant à elles à partir du Xe siècle. Les textes sont en vers ou en prose, d'essence religieuse et bien souvent inspirés de légendes anciennes ou d'épopées.

Sous l'influence de la colonisation britannique, les auteurs indiens de l'ère moderne, dont le bengali Rabîndranâth Tagore, écrivent en anglais comme dans leur langue maternelle.

À partir du XXe siècle et à l'époque contemporaine, beaucoup d'écrivains, dont certains jouissent d'une audience internationale (Salman Rushdie, Anita Desai, Amitav Ghosh, Vikram Seth ou Arundhati Roy) ont contribué au développement d'une fiction indienne de langue anglaise en rupture avec la narration classique caractérisant leurs prédécesseurs (et notamment R.K. Narayan, considéré comme l'un des pères du roman indien écrit en anglais). Leurs œuvres portent l'empreinte du courant postcolonialiste, où les thèmes de l'identité nationale, de l'histoire, de la réflexion sur l'oppression coloniale s'allient à une interrogation sur ce qui fonde l'identité de l'individu, sur la difficulté à vivre la rupture entre la tradition et la modernité, sur le conflit des cultures et des influences qui se joue dans la conscience de l'homme de l'Inde indépendante. Cette recherche d'identité passe par le recours à la langue anglaise, langue du colonisateur réinventée et réappropriée, qui témoigne par ailleurs de la volonté de créer un langage et une esthétique propre, et par là même de s'exprimer en dépassant la difficulté de se dire avec des mots « venus d'ailleurs », suivant l'expression de R.K. Narayan. Auteur de fiction, de poèmes et d'essais littéraires, dont plusieurs ont obtenu des prix internationaux, Amit Chaudhuri occupe également un rang notable dans la toute jeune génération de la littérature anglo-indienne. Dans un registre intimiste, il s'attache à la description des mutations de la famille et à une réflexion sur la conjugalité dans les foyers de la classe moyenne émergente. De même, Hari Kunzru a récemment publié une épopée comique sur le thème de la recherche de l'identité, illustrant le surgissement de tendances individualistes qui semble à l'œuvre dans cette même classe moyenne résidant dans les métropoles indiennes. On peut enfin citer Kiran Desai qui a remporté le Man Booker Price en 2006 avec un récit illustrant la tension vécue par la génération actuelle, entre héritage familial et aspirations individuelles.

Le postcolonialisme, mouvement littéraire de grande ampleur qui a touché à la fois les pays du sud et l'Occident, en amorçant un détachement des formes élitistes, a également favorisé en Inde l'expression littéraire de groupes minoritaires qui traditionnellement se voyaient dénier la capacité de produire des œuvres culturelles. Ainsi des écrivains, dramaturges et poètes dalits (ou « hommes brisés » en marathi, nom que se sont donnés les individus originaires des castes intouchables pour contester leur statut social issu de leur position hiérarchique dans la société hindoue) ont également ébranlé les formes littéraires classiques, par l'usage d'un langage inhabituellement concret, voire cru, pour décrire leur condition d'opprimés, contribuant ainsi au renouvellement des thèmes et des formes de la littérature nationale.

L'industrie cinématographique indienne est la plus prolifique du monde. Son fleuron est constitué par la production de Bollywood (nom dérivé de Bombay, ancienne dénomination de Mumbai), dont les studios sont situés dans la capitale de l'État du Maharashtra, et qui réalisent principalement des films commerciaux en hindi. L'industrie est également importante dans la région de Kolkata (Calcutta), de Chennai (Madras), et au Kerala. Il existe ainsi une production non négligeable de films en telugu, en kannada, en malayalam, en tamoul, en bengali ou en marathi. Le cinéma est un art et une distraction particulièrement populaire en Inde : quels que soient l'âge, le sexe, la caste, l'origine sociale ou géographique des Indiens, ces derniers fréquentent massivement les salles de cinéma. Les acteurs les plus connus jouissent ainsi d'un prestige inégalé dans nos sociétés, et les liens entre l'industrie du film et la politique sont parfois très étroits. Ainsi, certains acteurs ont occupé des postes gouvernementaux importants, comme M. G. Ramachandran, acteur tamoul populaire devenu premier ministre de l'État du Tamil Nadu .

En marge de cette production de masse parfois très stéréotypée, il existe également un cinéma d'auteur, dont le représentant le plus connu hors des frontières de l'Inde est le bengali Satyajit Ray. On peut également citer parmi les réalisateurs classiques Guru Dutt, Raj Kapoor (également acteur) et Adoor Gopalakrishnan.

Parmi les réalisateurs contemporains émergent Mira Nair, figure de proue du cinéma indien indépendant, qui a obtenu plusieurs récompenses internationales dont un Lion d'Or à Venise en 2001. Ses films sont travaillés par le thème de l'exil et de la fracture entre les générations, ou de la sexualité féminine et de sa censure. Sur un mode plus léger, Karan Johar, issu d'une famille de réalisateurs de Bollywood, possède sa propre société de production et tente de renouveler les codes du genre en introduisant des thèmes de réflexion sur les moeurs familiales en mutation dans ses intrigues par ailleurs très représentatives du cinéma commercial produit à Mumbai.

La cuisine indienne est extrêmement diversifiée, et inclut de nombreuses épices souvent moulues et mélangées dans des assortiments appelés masalas (tandoori masala, rasam masala, garam masala, etc.). Les méthodes changent de région en région. Le riz et le blé sont les aliments principaux de la nation. Le pays est connu pour sa grande variété de cuisines végétariennes et non-végétariennes. La nourriture et les bonbons épicés sont populaires.

Si le sport national est le hockey sur gazon, c'est le cricket qui, en Inde, est élevé au rang de véritable passion nationale. L'équipe indienne joue au plus haut niveau international, et certains joueurs, tel Sachin Tendulkar, sont extrêmement populaires dans tout le pays et au-delà. Certains matches sont suivis avec ferveur par tout le pays, notamment les rencontres entre l'Inde et son voisin le Pakistan, ou les confrontations de la sélection nationale avec l'Angleterre.

Dans quelques États, en particulier dans le nord-est et les États côtiers du Bengale-Occidental, de Goa et du Kerala, le football, dont le berceau est la ville de Kolkatta, est largement répandu. Le Championnat d'Inde de football existe depuis 1996. Récemment, le tennis a gagné en popularité, en particulier grâce à la jeune joueuse professionnelle Sania Mirza. L'Inde est par ailleurs présente dans le monde de la course automobile avec les pilotes de F1 comme Karun Chandhok ou Narain Karthikeyan au volant d'une "Force india", constructeur détenu à 50 % par le milliardaire indien Vijay Mallya. On peut enfin citer le catcheur Great Khali.

Le jeu d'échecs, réputé originaire de l'Inde, progresse également du fait de l'augmentation du nombre de grands maîtres indiens, à commencer par Viswanathan Anand, classé numéro un mondial par la Fédération internationale des échecs et sacré champion du monde le 29 septembre 2007 à Mexico. Les autres sports traditionnels comprennent le Kabaddi, le Kho-Kho, et le Gilli-Danda, qui sont joués dans tout le pays. L'Inde est la source de la discipline historique et religieuse du yoga, et également de l'art martial antique, le Kalarippayatt.

Les festivals indiens sont très variés, religieux pour la plupart. Célébrés indépendamment de la caste, ils sont soit nationaux comme Divālī à l'automne ou la Holi au printemps, soit régionaux comme le Pongal dans le Tamil Nadu, ou la Fête du soleil - Chatt Puja aussi appelée Surya Shasti - dans l'état du Bihar et de l'Uttar Pradesh. Ils varient selon les régions, mais aussi selon les différentes religions présentes en Inde : hindouisme, islam, christianisme, etc. Cependant, les communautés indiennes participent tant à leurs propres fêtes qu'à celles de leurs voisins. Tout cela s'ajoute et fait de l'Inde l'un des pays possédant le plus grand nombre de jours fériés au monde.

Les jours de vacances observés dans les écoles, les administrations, les entreprises est assez impressionnant. Les vacances les plus populaires sont Diwali, Holi, Onam, Sankranti/Pongal, Gudi Padwa/Ugadi, les deux Eids, Noël, et Vaisakhi.

L'Inde a trois périodes de vacances nationales. On observe officiellement d'autres périodes de vacances (entre neuf et douze) dans les différents états. Les pratiques religieuses font partie intégrante de la vie quotidienne et sont une affaire publique.

La constitution indienne reconnaît qu'il y a 23 langues officielles. Il existe aussi beaucoup d'autres langues régionales et un grand nombre de dialectes, soit près de 4 000 langues différentes. Les langues indiennes n'utilisent pas l'alphabet latin mais différents alphasyllabaires, dérivés du Brahmi.

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Histoire de l'Inde

Localisation de l'Asie sur Terre

Depuis 1947, l'histoire de l'Inde est dominée par des conflits répétés avec le Pakistan (les trois guerres indo-pakistanaises de 1947-49, 1965 et 1971), par la domination intérieure du Parti du Congrès fondé par J. Nehru et M. Gandhi, et par des tensions religieuses récurrentes entre hindous et musulmans (émeutes de 1992 et de 2002).

Les hindouistes ne tiennent pas l'Histoire en haute estime. On ne trouve donc pas de chroniques comme par exemple en Chine ou en Occident pour servir de documents primaires aux recherches historiques. En fait l'Histoire ne commence à intéresser les Indiens qu'au siècle dernier, lorsque le sentiment national commence à émerger.

De ce fait, ces sources nécessitent un recoupement avec des données archéologiques ou des sources étrangères, essentiellement chinoises et tibétaines (les chroniques singhalaises sont également considérées comme relativement fiables même si moins riches) pour pouvoir être exploitées.

Mais l'Inde s'est elle-même peu tournée vers son histoire, les seuls écrits considérés comme historiques étant les épopées, ou les Purâna, histoire mythique plus que réelle faisant intervenir des dynasties d'origines divines et dont les fondements historiques, s'ils ne sont pas exclus, sont difficiles à déterminer.

En effet, le temps historique, celui du monde matériel, de la mâyâ, n'est qu'un monde trompeur qui détourne de la réalisation de soi, de la libération de son âme et auquel il convient d'accorder le moins d'attention possible. L'idéal des hindouistes, des jains et des bouddhistes, même s'ils sont très peu nombreux aujourd'hui, est d'interrompre le cycle des renaissances, un temps cyclique, pour atteindre le nirvāna ou se fondre dans le brahman et connaître donc la dissolution du temps. Le temps sagittal, et le concept de progrès qui l'accompagne, classique dans la civilisation judéo-chrétienne et sur lequel se fonde l'Histoire a été longtemps inconnu, ou méprisé, en Inde et il ne s'est installé dans la pensée indienne qu'à la suite de la contamination par la pensée musulmane tout d'abord, puis occidentale durant la colonisation britannique.

Enfin, jusqu'à la deuxième moitié du XIXe siècle, les colons britanniques, qui sont aussi les premiers indianistes, légitiment leur mainmise sur le pays en minimisant l'ancienneté de la civilisation en Inde. De plus, ils datent les évènements d'une Histoire indienne qu'ils sont les premiers à écrire en sous-estimant leur ancienneté pour les faire cadrer avec les données historiques induites par la Bible.

L'Inde connaît une civilisation continue depuis XXVIe siècle av. J.-C., depuis que les habitants de la vallée de l'Indus ont développé une culture urbaine fondée sur l'agriculture et le commerce par mer et peut-être par terre avec la Mésopotamie.

Cette civilisation connaît un déclin entre le XIXe siècle av. J.-C. et le XVIIe siècle av. J.-C., probablement en raison des changements écologiques.

Durant le IIe millénaire av. J.-C., des tribus de pasteurs parlant une langue indo-européenne envahirent, à partir du nord-ouest, tout le sous-continent. En s'installant dans la vallée gangétique, elles y assimilèrent les cultures qui les avaient précédées.

La carte politique de l'Inde antique et médiévale était composée de royaumes innombrables aux frontières fluctuantes. Aux IVe et Ve siècles, le nord de l'Inde a été unifié sous la dynastie des Gupta. Cette période est considérée en Inde comme un âge d'or, la civilisation hindoue ayant atteint un apogée inconnu jusqu'alors.

L'Islam se répand ensuite dans le sous-continent indien pendant 500 ans. Aux Xe et XIe siècles, des Turcs et des Afghans envahissent l'Inde et établissent des sultanats à Delhi. Du XIe au XVe siècle, l'Inde méridionale est dominée par les dynasties hindoues Chola et du Vijayanâgara. Durant cette période, les deux mondes - l'hindou dominant et le musulman conquérant - vont se mélanger et connaître des influences culturelles croisées.

Au début du XVIe siècle, des admirateurs de Gengis Khan s'infiltrent par la passe de Khyber et fondent la dynastie des Moghols qui dura 200 ans.

L'Empire marathe est un sursaut hindou contre la domination musulmane des Moghols. Les Portugais finissent par se cantonner à Goa, Daman et Diu, les Français n'ont pas de vision politique, les Anglais mesurent l'intérêt économique de l'Inde.

Voir articles détaillés : Inde britannique, Raj britannique et mouvement pour l'indépendance de l'Inde.

Le premier avant-poste anglais en Asie du Sud a été établi en 1619 à Surat sur la côte du nord-ouest de l'Inde. Plus tard au cours du même siècle, la British East India Company ouvre des comptoirs de commerce permanents à Madras, Bombay et Calcutta, sous la protection des dirigeants indigènes.

En 1757, les troupes de la Compagnie anglaise des Indes orientales prennent le contrôle du Bengale dont ils pillent le trésor. Les Britanniques monopolisent le commerce. Les artisans bengalis sont obligatoirement rattachés aux manufactures de la Compagnie, et doivent remettre la production à des prix minimum. Parallèlement, les impôts augmentent fortement. On peut imputer à ce système la famine de 1769-1770, durant laquelle auraient péri de 7 à 10 millions de Bengalis.

Les Britanniques accroissent ensuite leur influence jusqu'à contrôler, vers 1850, la majeure partie du territoire de l'Inde actuelle, le Pakistan, et le Bangladesh.

Suite à une rébellion, en 1857, menée par des soldats indiens révoltés, en Inde du Nord, le Parlement britannique transfère le pouvoir politique de la Compagnie des Indes orientales à la couronne. Dorénavant, le Royaume-Uni administre directement la majeure partie de l'Inde, tout en contrôlant le reste par des traités signés avec les dirigeants locaux.

Vers la fin du XIXe siècle, des premières mesures d'autonomie sont prises concernant l'Inde britannique avec la nomination des conseillers indiens auprès du vice-roi britannique et l'établissement des conseils provinciaux comprenant des membres indiens ; les Britanniques élargiront ensuite la participation aux conseils législatifs. À partir de 1920, Mohandas K. Gandhi transforme le Parti du Congrès (Indian National Congress) en un mouvement de masse combattant la domination coloniale britannique. Le mouvement réussira à obtenir l'indépendance en utilisant comme armes la non-violence et la désobéissance civile.

Le 15 août 1947 l'Inde est devenue un dominion dans le Commonwealth, sous la direction du premier ministre Jawaharlal Nehru. Des désaccords violents entre hindous et musulmans entraînent les Britanniques à diviser l'Inde, créant le Pakistan oriental, futur Bangladesh, et occidental, là où se trouvaient des majorités musulmanes. L'Inde devient une république laïque, membre du Commonwealth, après la promulgation de sa constitution le 26 janvier 1950. Le Pakistan devient une république islamique.

La Partition a entraîné une des plus grandes migrations de l'histoire (on estime à 12 millions le nombre de personnes déplacées) et un traumatisme pour le pays (on compte près de 500 000 morts, de nombreux pillages et violences). Dès 1947, le premier conflit indo-pakistanais survient au Cachemire (1947-1949), territoire à majorité musulmane contrôlé par un maharadja hindou.

Après l'indépendance, le Parti du Congrès, celui du Mahatma Gandhi et de Jawaharlal Nehru dirige l'Inde avec à sa tête, tout d'abord Nehru, puis sa fille Indira Gandhi et son petit-fils Rajiv Gandhi, excepté durant deux brèves périodes dans les années 1970 et les années 1980. Jusqu'à son décès en 1964, le premier ministre Nehru conduit la nation. Lui succède alors Lal Bahadur Shastri, qui meurt aussi en fonction.

En 1966, le pouvoir passe dans les mains de la fille de Nehru, Indira Gandhi, premier ministre de 1966 à 1977. En 1975, submergée par des problèmes politiques et économiques, Indira Gandhi déclare l'état d'urgence et suspend une grande partie des libertés civiles. Recherchant une légitimité dans les urnes, elle convoque des élections en 1977, mais connaît la défaite au profit de Morarji Desai, qui dirige le Bharatiya Janata Party, une coalition de cinq partis d'opposition.

En 1979, le gouvernement de Desai s'effondre, incapable de faire face à la corruption et à la dégradation de la situation économique. Charan Singh forme un gouvernement intérimaire, qui est suivi par le retour d'Indira Gandhi au pouvoir en janvier 1980. Le 31 octobre 1984, elle est assassinée, et son fils, Rajiv Gandhi, est choisi par le Parti du Congrès (I) - pour « Indira » - comme successeur. Son gouvernement est renversé en 1989 à la suite d'accusation de la corruption et V.P. Sing et Chandra Shekhar lui succèdent.

Aux élections de 1989, bien que Rajiv Gandhi et le Parti du Congrès aient gagné plus de sièges que n'importe quel autre parti, ils se révèlent incapables former un gouvernement avec une majorité absolue. Le Janata Dal, une coalition des partis d'opposition, forme alors un gouvernement avec l'aide du Bharatiya Janata Party (BJP), parti nationaliste hindou à sa droite et des communistes à sa gauche. Cette coalition hétéroclite s'effondre en novembre 1990, et le gouvernement est alors, pendant une courte période, aux mains d'un groupe dissident du Janata Dal soutenu par le Parti du Congress (I), installant Chandra Shekhar en tant que premier ministre. Cette alliance s'effondre également, entraînant les élections nationales de juin 1991.

Le 27 mai 1991, en campagne au Tamil Nadu pour le compte du Parti du Congrès (I), Rajiv Gandhi est assassiné par un attentat commis par une femme-kamikaze, attribué aux extrémistes tamouls LTTE du Sri Lanka. Durant les élections, le Parti du Congrès (I) gagne 213 sièges au parlement et compose une coalition, retournant au pouvoir sous la conduite de P.V. Narasimha Rao. Ce gouvernement, qui reste aux affaires la totalité de son mandat de cinq ans, lance un processus progressif de libéralisation et de réformes économiques, qui ouvre l'économie indienne au commerce et aux investissements internationaux. La politique intérieure de l'Inde prend également une nouvelle forme, car les regroupements traditionnels autour des castes, religions et appartenances ethniques ont entraîné la création d'une pléthore de petits partis politiques régionaux.

Au printemps 1996, les derniers mois du gouvernement Rao sont troublés par plusieurs affaires de corruption, qui ont contribué aux plus mauvais résultats électoraux de son histoire pour le Parti du Congrès. Le Bharatiya Janata Party (BJP) gagne la majorité relative aux élections nationales de mai 1996, mais sans assez de force pour régner seul. Sous le mandat du premier ministre Atal Bihari Vajpayee, la coalition de BJP détient le pouvoir durant 13 jours. Mais tous les partis politiques souhaitant éviter de nouvelles élections, une coalition menée par le Janata Dal émerge pour former un gouvernement connu sous le nom de Front Uni, commandé par l'ancien ministre en chef du Karnataka, H.D. Deve Gowda. Son gouvernement dure moins d'une année, Le chef du parti du Congrès lui retirant son appui en mars 1997. Inder Kumar Gujral remplace alors Gowda, premier ministre de consensus d'une coalition du Front Uni composé de 16 partis.

En novembre 1997, Le Parti du Congrès retire son soutien au Front Uni. De nouvelles élections, en février 1998 offrent au BJP la majorité relative des sièges au Parlement -- 182 ? qui rate de peu la majorité absolue. Le 20 mars 1998, le président nomme un gouvernement de coalition mené par le BJP avec Vajpayee, à nouveau premier ministre. Les 11 et 13 mai 1998, ce gouvernement effectue une série d'essais nucléaires souterrains. Les États-Unis, sous la présidence de Bill Clinton veulent imposer à l'Inde des sanctions économiques, mais l'Inde refuse toujours de signer le Traité de non-prolifération nucléaire, entré en vigueur en 1994.

En avril 1999, le gouvernement de coalition mené par le BJP s'effondre, entraînant de nouvelles élections en septembre. La Nouvelle Alliance Démocratique, une coalition nationale mené par le BJP obtient une majorité et forme un gouvernement avec Vajpayee en tant que premier ministre en octobre 1999.

Aux élections législatives de mai 2004, le parti du congrès, avec à sa tête Sonia Gandhi, veuve de Rajiv Gandhi, remporte un victoire historique qui marque le retour au pouvoir du parti du Congrès après de nombreuses années d'absence. Mais d'origine italienne, Sonia Gandhi est vivement critiquée par les nationalistes du BJP, et après quelques jours de réflexion, cède la place de premier ministre à Manmohan Singh, d'origine sikh.

Le système des castes est un principe de stratification sociale propre au sous-continent Indien, dont les origines demeurent incertaines.

On distingue communément quatre castes génériques (les Varna) : Brahmanes (prêtres), Kshatriya (guerriers), Vaishya (commerçants) et Shudra (serviteurs). Ceux qui appartiennent à ces groupes sont les Hindous de caste, les autres, les Intouchables, étant des Hors-castes. En réalité, l’organisation des castes est infiniment plus complexe. La société est divisée en milliers de castes (les Jati), certaines s’étendant sur plusieurs Etats et comptant des millions de membres, d’autres ayant une extension géographique beaucoup plus réduite.

La Constitution indienne affirme l’égalité de tous les citoyens et interdit, dans son article 15, toute discrimination basée sur la religion, la caste, le sexe ou le lieu de naissance. L’article 16 abolit officiellement la notion d’intouchable. L’article 46 prévoit que l’Etat veillera à promouvoir les intérêts économiques et sociaux des parties les plus faibles de la population, en particulier des Sheduled Castes (Intouchables). Sur le fondement de ces dispositions, des quotas ont été mis en oeuvre pour l’accès des Intouchables aux emplois publics.

Dans les faits le système des castes gouverne encore largement l’organisation de la société indienne et réduit sa mobilité sociale.

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Démographie de l'Inde

Localisation de l'Asie sur Terre

L'Inde compte plus d'un milliard d'habitants (2000). Cela fait de l'Inde le deuxième pays au monde le plus peuplé, après la Chine.

Toutefois, alors que cette dernière est à peu près parvenue à maîtriser sa croissance démographique, l'Inde connaît toujours une augmentation rapide de sa population. La population indienne augmente d'environ 19 millions d'habitants par an (conséquence d'un taux global de fécondité de 2,7 enfants par femme - contre 1,7 pour la Chine). On peut ainsi s'attendre à ce que l'Inde devienne le pays le plus peuplé du monde aux alentours de 2035.

Les démographes sont ainsi alarmés moins par les chiffres eux-mêmes (la fécondité indienne s'est effondrée en 50 ans) que par la tendance irrégulière et relativement lente. Cela est attribué à une politique démographique à la fois brutale et incohérente (là où la Chine a misé sur la politique - simpliste et brutale parfois, mais applicable - de l'enfant unique). L'Inde a aussi plus axé sa politique sur une responsabilisation individuelle (centres d'information sur la contraception). De plus, l'Inde étant une démocratie, cette politique a eu des hauts et des bas, contrairement à la Chine, où la politique de l'enfant unique n'a pas varié depuis sa mise en vigueur (avec seulement des adoucissements pour les ruraux).

Depuis l'arrivée de l'échographie, les cas d'avortement des filles sont très importants, surtout dans les États riches où les personnes peuvent se payer une échographie. C'est ainsi qu'actuellement (août 2005) la moyenne nationale est de 933 femmes pour 1 000 hommes, ce qui signifie qu'environ 40 millions d'indiens ne trouveront jamais de partenaire. Dans certains États riches, comme l'Haryana, la moyenne est même de 861 femmes pour 1 000 hommes. Le problème est si important que, depuis 1994, il est interdit de pratiquer des examens prénataux pour déterminer le sexe du fœtus et encore moins des avortements pour cette raison. Mais dans les faits, cette loi est souvent ignorée.

Dans un article paru le 9 janvier 2006 dans la revue médicale The Lancet, les équipes de professeurs Prabhat Jha de l'Université de Toronto au Canada et celle de Rajesh Kumar à Chandigarh en Inde ont évalué le déficit de naissances féminines, cela grâce à un recensement lancé en Inde en 1998 auprès de 1,1 million de ménages. Ils ont remarqué que dans les familles où le premier enfant était de sexe féminin, les proportions pour les deuxièmes naissances étaient de 759 filles pour 1 000 garçons, ce taux passant même à 719 après deux naissances féminines. Si le déficit est plus fort chez les femmes éduquées (peut-être dû à leurs revenus plus élevés, qui leur permettrait de pratiquer des examens prénataux pour déterminer le sexe de l'enfant), il ne varie pas en fonction de la religion.

Comparé aux ratios d'autres pays, il a été estimé qu'il s'est produit un manque de 590 000 et 740 000 filles supplémentaires en 1997, ce qui fait supposer l'avortement d'au moins 500 000 fœtus filles. Sur une échelle de 20 ans, ce seraient 10 millions de filles qui ne seraient pas nées en Inde en raison de cette préférence masculine.

La raison de ces avortements est que les Indiens préfèrent avoir un garçon, car ce sont eux qui perpétuent le patronyme, s'occupent des parents lorsqu'ils sont vieux et, surtout, héritent des terres. En revanche, pour les Indiens, les filles n'apportent rien, bien au contraire, car il faut même payer leur dot à la famille de leur mari. Un vieux proverbe résume même cette situation : "Élever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin".

Alors qu'en Inde les mariages arrangés sont la norme, ce manque de femmes a poussé de nombreuses familles à rechercher une épouse pour leur fils dans certains États montagneux et même à l'étranger (comme au Népal ou au Bangladesh), où un commerce matrimonial, parfois criminel (enlèvements), est apparu. De plus, les hommes dont les familles n'ont aucune terre et peu d'argent ont moins de chances de se trouver une femme, car les familles préfèrent marier leur fille à une famille riche, pour ainsi avoir plus de chance de pouvoir en tirer parti. Il est même arrivé que des cas de polyandrie aient été découverts, où plusieurs frères partagent la même femme. Cependant, cet état de fait apporte quelques bons côtés. C'est ainsi que la demande de la dot est en diminution (car les familles des femmes ont l'avantage), ainsi que les mariages inter-castes.

Plus largement, ce phénomène sociétal atteint en Asie des proportions affectant la démographie mondiale.

En 2005, les moins de 20 ans représentent 45,3 % de la population indienne, les plus de 60 ans 5,9 %. Même si la part des jeunes diminue lentement (50,7 % des Indiens avaient moins de 20 ans en 1950), le pays doit faire face aux défis de nourrir, loger et scolariser un nombre important d'enfants.

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Source : Wikipedia