Impressionnisme

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Posté par talos 25/02/2009 @ 17:59

Tags : impressionnisme, mouvements artistiques, arts plastiques, culture

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Impressionnisme

Impression, soleil levant de Claude Monet qui a donné son nom à l'impressionnisme

L'impressionnisme est une école picturale française, née de l'association de quelques artistes français de la seconde moitié du XIXe siècle. Fortement critiqué à ses débuts, le mouvement se manifesta notamment, de 1874 à 1886, par huit expositions publiques à Paris, et marqua la rupture de l'art moderne avec l'académisme. L'impressionnisme est notamment caractérisé par une tendance à noter les impressions fugitives a mobilité des phénomènes plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses. L'impressionnisme eu une grande influence sur l'art de cette époque, la peinture bien sûr, mais aussi la littérature et la musique.

Jusqu'au début du XIXe siècle, (1874), l'art pictural officiel en France est dominé par l'Académie royale de peinture et de sculpture, qui fixe, depuis sa création sous le règne de Louis XIV,les règles du bon goût, aussi bien pour les thèmes des tableaux que les techniques employées. L’Académie privilégie l’enseignement du dessin, plus simple à définir dans un corps de doctrine bien structuré pour lequel la copie des modèles de la sculpture antique constitue un idéal de beauté. La couleur, considérée depuis Aristote comme un accident de la lumière, se prêtait beaucoup moins bien à une pédagogie structurée. Aussi n’était-elle pas, à l’époque, enseignée au sein de l’Académie elle-même, mais dans des ateliers extérieurs à celle-ci.

Cependant le XVIIIe siècle avait déjà marqué une évolution significative. La couleur était déjà à la mode, même à l'Académie, François Boucher en est un exemple, ayant été membre de cette académie. Dans les oeuvres d'Antoine Watteau également académicien, des critiques avertis voient des signes avant-coureurs de l'impressionnisme. Même si le début du XIXe siècle vit le retour du néo-classicisme, un vent de liberté avait soufflé sur la peinture dans le choix de thèmes ou dans la manière de traiter le dessin avec par exemple Johann Heinrich Füssli ou George Romney. Au début du XIXe siècle, William Blake ou Francisco de Goya et même Eugène Delacroix avaient déjà posé les bases d'une nouvelle façon de peindre.

L'invention de la photographie en 1839 bouleversa la peinture et le métier de peintre qui était, il faut bien le dire, de créer d'abord une image ressemblant à la réalité. Il fallait donc inventer une nouvelle vision du monde et des choses à représenter.

À partir de la moitié du XIXe siècle, de jeunes peintres parisiens vont sortir des ateliers. Influencés notamment par le réalisme des œuvres de Gustave Courbet, ces artistes privilégient les couleurs vives, les jeux de lumière et sont bien plus intéressés par les paysages ou les scènes de la vie de tous les jours que par les grandes batailles du passé ou les scènes de la Bible. Soudés par les critiques parfois très violentes subies par leurs œuvres, ainsi que par les refus successifs du Salon de Paris, institution majeure de la peinture de cette époque, ces jeunes artistes commencent à se regrouper pour peindre et discuter. Parmi ces pionniers, on compte notamment Claude Monet, Pierre Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille, bientôt rejoints par Camille Pissarro, Paul Cézanne et Armand Guillaumin.

En 1863, le rejet par le jury du Salon du Déjeuner sur l'herbe de Manet sous le prétexte qu'il représente une femme nue dans un contexte contemporain (les nus féminins sont légion dans la peinture de l'époque) met le feu aux poudres. Manet rejoint le groupe des impressionnistes, qui exige que leurs œuvres puissent être présentées au public. L'empereur Napoléon III décrète la tenue d'un Salon des Refusés regroupant les œuvres n'ayant pu être présentées au salon de Paris. Les critiques sont très violentes, une grande partie du public se déplaçant même uniquement pour se moquer des œuvres exposées! Pourtant, les visiteurs des Refusés sont plus nombreux cette année là que ceux du véritable Salon...

Devant les refus successifs, en 1867 et 1872, d'organiser un autre Salon des Refusés, un groupe d'artistes parmi lesquels Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot et Degas finissent en avril 1874 par organiser leur propre exposition, dans le studio du photographe Nadar. Regroupant les œuvres d'une trentaine d'artistes, parmi lesquels le précurseur Eugène Boudin dont l'exemple persuada Monet de tenter de peindre "sur le motif" en plein air, l'exposition est la première des huit qui auront lieu entre 1874 et 1886.

Une fois encore, le groupe essuie des critiques très violentes, qui ne parviennent pas à venir à bout de l'éviction des artistes. Ainsi, un article sarcastique du critique et humoriste Louis Leroy dans la revue le Charivari, ou il tourne en dérision le tableau de Monet intitulé Impression soleil levant, donne au mouvement son nom : l'impressionnisme. Le terme est bientôt repris par le public et par les artistes eux-mêmes, bien que ceux-ci estiment être rapprochés par leur esprit révolutionnaire bien plus que par la réalité de leur art.

Pour cette raison, de nombreuses dissensions existent au sein du groupe. Ainsi, Degas continue à affirmer la domination du dessin par rapport à la couleur, et se refuse à peindre en plein air <Il y aurait lieu cependant de nuancer cette légende d'un Degas n'aimant pas la peinture de plein air : dans une lettre à Valernes, il écrit : "Ah! si j'avais eu plus de temps pour peindre sur nature!" Vollard raconte que Degas lui répondit, alors qu'il lui faisait remarquer que Renoir faisait de la peinture de plein air : "Renoir, ce n'est pas la même chose; il peut faire tout ce qu'il veut." Sa nièce, Jeanne Fèvre, souligne que Degas avait une mémoire visuelle prodigieuse et qu'il pouvait peindre en atelier des paysages qu'il avait eu sous les yeux quelques jours auparavant.> Renoir quitte le mouvement au cours des années 1880, avant de le rejoindre à nouveau, sans jamais regagner totalement la confiance de ses membres. Edouard Manet lui-même, qui fut l'un des fondateurs du groupe, se refuse à exposer ses œuvres avec les autres impressionnistes, préférant continuer à insister auprès du Salon de Paris.

Son exemple est suivi : déjà diminué par la mort de Bazille lors de la guerre contre l'Allemagne en 1870, le groupe est marqué par les défections de Cézanne, Renoir, Sisley et Monet, qui quittent les Expositions Impressionnistes pour le Salon. Miné par les disputes quant à qui mérite ou non le statut de membre, le groupe des Impressionnistes finit par se séparer en 1886 lorsque Signac et Seurat montent une exposition concurrente. Pissarro aura été le seul artiste présent au huit Expositions Impressionnistes.

Malgré ces désaccords, les artistes impressionnistes gagnent peu à peu l'acceptation du public comme de leurs pairs, notamment grâce à l'aide du marchand d'art Paul Durand-Ruel, qui les fait exposer à Londres et New York. Mais cette réussite ne profitera pas à tous: si Renoir finit par accéder à une relative sécurité financière en 1879, suivi par Monet au début des années 1880 et Pissaro dans les années 1890, Sisley mourra en 1899 dans la pauvreté.

Les peintres impressionnistes, qui se veulent réalistes, choisissent leurs sujets dans la vie contemporaine, dans un quotidien librement interprété selon la vision personnelle de chacun d'eux. Travaillant « sur le motif », comme souvent les peintres de l'école de Barbizon, comme certains paysagistes anglais, comme Boudin ou Jongkind, ils poussent très loin l'étude du plein air, font de la lumière l'élément essentiel et mouvant de leur peinture, écartant les teintes sombres pour utiliser des couleurs pures que fait papilloter une touche très divisée. Peintres d'une nature changeante, d'une vie heureuse saisie dans la particularité de l'instant, ils sont indifférents à la recherche, chère aux classiques, d'un bel idéal et d'une essence éternelle des choses. Parmi les principaux représentants du courant impressionniste il faut citer Pissarro et Sisley, qu'accompagnent d'autres artistes dont les personnalités respectives évolueront de façon nettement distincte : Auguste Renoir, Paul Cézanne, Edgar Degas, Berthe Morisot, Armand Guillaumin, Édouard Manet, Cassatt, Caillebotte, etc. ainsi que Frédéric Bazille qui mourut avant la reconnaissance du public.

Alors que Camille Corot prétendait rester étranger au mouvement, il est souvent considéré comme le premier impressionniste : « Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien » Claude Monet, 1897. « Il est toujours le plus grand, il a tout anticipé... » Edgar Degas, 1883.

L'impressionnisme est un point de départ pour Georges Seurat et Paul Signac, maîtres du pointillisme, pour Paul Gauguin, Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent Van Gogh ainsi que pour de nombreux « postimpressionnistes », en France et à l'étranger comme Jean Peské.

Le terme d'impressionnisme est aussi employé, par extension, dans le domaine de la littérature, pour caractériser par exemple les romans du chantre de Monet, Octave Mirbeau, qui sont marqués au coin de la subjectivité. Il gagne même la critique musicale (1887), qualifiant les œuvres de Claude Debussy et, plus généralement, celles de tous les compositeurs préoccupés par la perception subjective des couleurs sonores et des rythmes  : Ravel, Dukas, Satie, Roussel, etc. Les musiciens impressionnistes mirent à l'honneur la liberté de la forme, de la phrase et du langage harmonique.

L'impressionnisme se singularise par le fait que l'on peut parler de l'œuvre sans avoir besoin de références extérieures, à la différence de l'art antique qui est basé sur la mythologie, et de l'art roman sur l'histoire sainte. Citons en exemple le tableau Olympia de Manet qui explore un thème traditionnel mais de manière choquante pour cette période : Vénus est représentée en demi-mondaine de l'époque et le peintre travaille uniquement la peinture (Couleurs). Cette vision non réaliste fera sa naissance avec l'art moderne.

Avant l'apparition de l'impressionnisme d'autres peintres, notamment les Hollandais du XVIIe siècle tels que Jan Steen, s'étaient intéressés à des sujets de la vie courante, tout en conservant une approche traditionnelle de la composition. Celle-ci était conçue de manière à placer le sujet principal au centre du regard de l'observateur. Les impressionnistes assouplirent l'opposition entre sujet et arrière-plan, si bien que l'effet produit par une toile impressionniste ressemble souvent à un cliché, à un fragment d'une réalité plus vaste capturé comme par l'effet du hasard. La photographie gagnait en popularité; le poids des appareils diminuant, les clichés devinrent plus spontanés. La photographie encouragea ainsi les impressionnistes à capturer l'instant, non seulement dans la lumière mouvante du paysage mais aussi dans la vie quotidienne des gens.

Une autre influence importante fut celle des estampes japonaises (Japonisme), qui étaient arrivées en France à l'origine sous la forme de papier d'emballage. La technique de ces estampes contribua de manière importante au choix d'angles « photographiques » et de compositions non conventionnelles, qui devaient devenir une des caractéristiques du mouvement impressionniste.

Edgar Degas était passionné de photographie et collectionnait les estampes japonaises. Sa toile La classe de danse témoigne de ces deux influences par sa composition asymétrique. Les danseuses du premier plan à gauche semblent avoir été prises sur le vif, dans des postures peu apprêtées, et le coin inférieur droit de la toile est occupé par une vaste surface de plancher vide.

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Claude Monet

Claude Monet

Claude Monet (14 novembre 1840 - 5 décembre 1926) est un peintre français, lié au mouvement impressionniste.

Il est né à Paris le 14 novembre 1840. Sa famille s'installe au Havre en Normandie l'année de ses cinq ans.

En 1861-62, Monet sert dans l'armée en Algérie. Sa tante Lecadre accepte de l'en faire sortir s'il prend des cours d'art à l'université. Il quitte donc l'armée, mais n'aime pas les styles traditionnels de peinture enseignés à l'université.

En 1862, il étudie l'art avec Charles Gleyre à Paris où il rencontre Pierre-Auguste Renoir avec qui il fonde le mouvement impressionniste. Ils ont peint ensemble et ont maintenu une amitié durant toute leur vie.

Un de ses modèles, Camille Doncieux, deviendra quelques années plus tard son épouse. Elle lui servit plusieurs fois de modèle, notamment pour Femmes dans le jardin, peint vers la fin des années 1860. Ils aménagent dans une maison à Argenteuil, près de la Seine, après la naissance de leur premier enfant. Ils vivent ensuite à Vetheuil où Camille décède le 5 septembre 1879 ; il l'a peinte sur son lit de mort. Monet s'installe alors définitivement en Haute-Normandie, dans une maison de Giverny, près de Vernon(Eure),où il aménage un grand jardin et crée le bassin qui lui inspirera quelques-unes de ses toiles les plus connues.

En 1872, il peint un paysage du Havre : Impression, soleil levant (actuellement au Musée Marmottan à Paris). Cette œuvre fut présentée au public lors de la première exposition impressionniste en 1874. La manifestation n'eut pas le grand succès attendu par les peintres et un grand nombre de comptes-rendus furent assez hostiles, particulièrement celui provenant du critique Louis Leroy du Charivari qui, inspiré du tableau de Monet se servit du mot impression pour se moquer du style des exposants. Lors de la troisième exposition impressionniste, en 1876, les peintres eux-mêmes utilisent ce terme d'impressionnisme pour identifier leur style.

Le courant impressionniste découle du réalisme dans ce sens qu'il s'attache à l'observation de la réalité, mais il s'en éloigne de par cette impression résultant de la vision de l'artiste, attaché à saisir l'éphémère, le fugitif contenu dans une nature vivante, qui évolue sous le regard du peintre. Ce mouvement perpétuel est donc suggéré par la touche vive constituée de pigments purs, caractéristique des peintures impressionnistes.

En 1884, commence sa longue amitié avec l'écrivain Octave Mirbeau, qui est désormais son chantre attitré et contribua à sa reconnaissance.

En 1892, Monet épousa Alice Hoschedé avec qui il avait eu une aventure tandis qu'il était marié à Camille.

Durant les années 1880 et 1890, Monet peint une série de peintures de la cathédrale de Rouen, à partir de différents points de vue et à différentes heures du jour. Vingt vues de la cathédrale sont exposées à la galerie de Durand-Ruel en 1895. Il fit également une série de peintures de meules de foin.

Lors de son premier déplacement au Royaume-Uni, en 1870, pour fuir la guerre franco-prussienne, il a l'occasion d'admirer les œuvres du peintre britannique Turner (1775-1851) et est impressionné par sa manière de traiter la lumière, notamment dans les œuvres présentant le brouillard de la Tamise. Il rencontre, à cette occasion, le peintre américain Whistler (1834-1903), également influencé par Turner, avec lequel il se lie d'amitié.

Ce qu'il voit à Londres l'incite à y revenir plusieurs fois. Lors de séjours de 1899 à 1901, prolongés par son travail en atelier jusqu'en 1904, il peint une autre série de tableaux, près d'une centaine, sur le thème du brouillard de Londres sur la Tamise rubrique Chroniques artistiques. Un de ceux-ci a été vendu 15,8 millions € (21,1 millions canadiens) (frais compris) en novembre 2004 chez Christie's à New York.

Monet aimait particulièrement peindre la nature contrôlée : son propre jardin, ses nymphéas, son étang et son pont, que le passionné des plantes qu'il était avait patiemment aménagés au fil des années. Il a également peint les berges de la Seine. En 1914, Monet commençe une nouvelle grande série de peintures de nymphéas, à la suggestion de son ami Georges Clemenceau.

À la fin de sa vie, Monet souffrait d'une cataracte qui altéra notablement sa vue. Il fut opéré de l'œil droit dans les difficiles conditions de l'époque. Affecté par les modifications de ses perceptions visuelles consécutives à l'opération, il renonça à toute intervention sur son œil droit. La maladie évoluant, elle eut un impact croissant sur ses derniers tableaux.

Claude Monet est décédé le 5 décembre 1926 et est enterré dans le cimetière de l'église de Giverny.

1859 : Camille.

1860 : La mère au chapeau.

1861 : Un coin du studio.

1880 : Les Falaises des Petites Dalles, Museum of Fine Arts - Boston.

1881 : Jardin de l'artiste à Vétheuil.

1894 : Cathédrale de Rouen.

1898 : Nymphéas, effet du soir.

1899 : Nymphéas, harmonie verte.

1900 : La grande allée à Giverny, Musée des Beaux-arts, Montréal.

1904 : Londres, Le Parlement, trouée de soleil dans le brouillard.

1907 : Still Life with Eggs.

1910 : Palais des Doges.

1913 : Les Arceaux de roses, Giverny vendue aux enchères pour 17,8 millions d'euros en juin 2007.

Situés à 80 kilomètres de Paris et ouverts du 1er avril au 31 octobre, les jardins et la maison de Claude Monet à Giverny (Eure) furent légués par son fils Michel à l’Académie des Beaux-Arts en 1966. Dès sa nomination, l’architecte académicien et conservateur Jacques Carlu ordonne l’exécution des premiers travaux d’urgence, malheureusement limités faute de crédits.

En 1977, Gérald Van der Kemp est nommé conservateur de Giverny par ses confrères de l’Académie des Beaux-Arts. Il entreprend aussitôt de restaurer la propriété, en commençant par les jardins. Il engage comme chef jardinier Gilbert Vahé, formé à l’École nationale d’Horticulture et réussit avec le concours de la Versailles Foundation-Giverny Inc. de New York à bénéficier de la générosité de nombreux donateurs américains.

De très importants travaux de restauration sont effectués et la propriété devient en 1980 la Fondation Claude Monet. La maison au crépi rose, où vécut de 1883 à 1926 le chef de l’école impressionniste, retrouve son charme intime d’autrefois, avec sa précieuse collection d’estampes japonaises dont l’accrochage fut choisi par Monet lui-même. À quelques pas de la maison se trouve le vaste atelier des nymphéas toujours bercé de lumière.

Devant la maison, les jardins reconstitués à l’identique, se composent du Clos normand au tracé rectiligne, aux voûtes de plantes aériennes entourant d’éblouissants massifs. Ce « tableau exécuté à même la nature », était considéré par les contemporains de Claude Monet comme l’un de ses chefs-d’œuvre. Cette œuvre fleurie est complétée par le jardin d’eau ombragé par les saules pleureurs, composé de son célèbre pont japonais, ses glycines, ses azalées et son étang. Cet écrin de ciel et d’eau constitue l’univers pictural des nymphéas.

À la mort de son mari en décembre 2001, Florence Van der Kemp, membre correspondant de l’Académie des Beaux-Arts, devient conservateur de la Fondation Claude Monet, et poursuit les travaux jusqu’à sa disparition en février 2008.

Hugues Gall est élu en mars 2008 directeur de la Fondation Claude Monet par l'Académie des Beaux-Arts.

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Fauvisme brabançon

Le fauvisme brabançon est un mouvement artistique belge dont l'appellation trouve son origine en France, chez les Fauves français.

Les articles ultérieurs des chroniqueurs artistiques français reprendront volontiers l’expression et on peut admettre que cette « nouvelle façon de peindre » est reconnue assez généralement, en France, comme du fauvisme à partir de 1905.

Beaucoup plus tard, en 1939, dans son livre Le Fauvisme, Vauxcelles reconnaît à demi-mot que son exclamation lui a été inspirée par un critique inconnu passant par-là et disant à Matisse : « Donatello dans la cage aux fauves », pour qualifier ce qu’il venait de voir.

Mais en Belgique, les termes fauvisme et encore moins fauvisme brabançon ne sont pas encore utilisés par les critiques artistiques.

En 1913, Louis Dumont-Wilden se réfère brièvement à quelques « fauves« français, « pour employer un terme qui commence à être adopté dans le jargon de la critique d’art ».

Alors que les fauves français ont évolué depuis quelques années déjà vers d’autres modes d’expression, ce chroniqueur belge commence à s’intéresser à l’appellation, tout en lui gardant sa spécificité française.

Dès 1906 pourtant, Matisse, Manguin, Marquet sont présentés par le cercle bruxellois La Libre Esthétique. En 1907, on y retrouve Derain, Friesz, Girieud, Vlaminck. En 1909, c’est Manguin qui est présent. La critique belge, analysant les œuvres des peintres belges présents à ces expositions, n’utilise pas l’appellation « fauves brabançons » dans ses articles.

Après la Première Guerre mondiale, Avermaete commente, dans sa revue Lumière, l’exposition du cercle Moderne Kunst de décembre 1919. Il y dénombre cinq « fauves » : Jozef Peeters, Jan Cockx, Jos Leonard et les frères Vantongerloo. En 1922,le critique Paul Fierens distingue clairement deux écoles : celle des Flamands de Laethem-Saint-Martin et celle des Brabançons, nom qu’il attribue à un groupe d’artistes de Bruxelles et environs qui, dans leur réaction anti-impressionniste, sont arrivés à une sorte de compromis entre cubisme et fauvisme. Les deux termes du couple « fauves » et « brabançons » sont désormais présents dans le vocabulaire artistique belge, mais ils sont encore utilisés séparément. Leur réunion prendra encore beaucoup de temps.

Dans sa conclusion, André De Ridder explique la méthodologie de son classement. Il écrit que « parmi ceux que j’ai cru devoir mentionner dans cette revue d’ensemble, les uns relèvent encore d’un impressionnisme teinté de fauvisme, mitigé de quelque effort vers plus de caractère et d’universalité dans le style (un Paerels, un Schirren). » Donc, avec un décalage de quelques années par rapport à sa première synthèse de 1925, André De Ridder introduit le fauvisme, ou plus exactement l’impressionnisme teinté de fauvisme, comme nouvelle classification dans ses ordonnancements d’écoles de peinture. Si l'on se souvient que l’appellation « Fauves » est lancée à Paris par Louis Vauxcelles en 1905, il aura donc fallu près de vingt-cinq ans pour qu’elle soit utilisée en Belgique, et encore de manière édulcorée, pour désigner des peintres autres que les Français.

Prenant du recul par rapport à la situation de l’art en Belgique, André De Ridder regrette, en 1931, « l’indifférence qui s’était emparée d’un pays généralement fort curieux d’idées nouvelles et d’hommes nouveaux ». (…) cependant, à l’étranger, vers 1910, s’affirmait déjà une esthétique plus réfléchie, s’esquissaient les premières recherches de l’art nouveau. Non seulement nous n’y prenions pas part, mais nous étions à presque tout en ignorer. Rappelons quelques dates essentielles : le fauvisme naît vers 1906 avec Matisse, Vlaminck et Derain« . Il confirme à nouveau Wouters et Schirren dans leur qualité de premiers fauves, tout en précisant pour Ferdinand Schirren que celui-ci « se vouant à une sorte de fauvisme à haute tension, fait chanter en toute sonorité ses couleurs pures et rayonner fougueusement, mais suivant un rythme sûrement calculé, ses lignes serpentines, ses plans désaxés ». Mais Verhaegen n’est toujours cité comme appartenant à ce mouvement.

C’est en 1931 que Luc et Paul Haesaerts vont donner à l’appellation « fauve » une consistance plus concrète en consacrant un chapitre de leur ouvrage aux fauves flamands. Ils intègrent dans cette nouvelle catégorie les peintres Oleffe, Thévenet, Schirren, Dehoy, Paerels, Ramah, Parent, et consacrent plusieurs pages d’analyse à chacun d’entre eux. Rik Wouters bénéficie d’un chapitre entier.

En réalité, et c’est probablement à partir de ce moment que la confusion s’est propagée, l’intitulé « fauves flamands » créé par les frères Haesaerts n’est pas soutenu par une identité plus ou moins proche des styles des peintres repris plus haut avec leurs prédécesseurs français (Matisse, Derain, Vlaminck, etc.), mais plutôt par le fait qu’ils ont, eux aussi, voulu réagir contre l’affaiblissement progressif du mouvement impressionniste. « Ne fallait-il pas les considérer comme des frères en esprit des Matisse, des Laurencin, Des Friesz, des Marquet, des Derain, des Vlaminck. À l’instar de ceux-ci, ne furent-ils pas des continuateurs de la véritable tradition impressionniste ? » Ce n’est donc pas le style de peinture que L. et P. Haesaerts prennent en considération pour créer leur nouvelle catégorie de « fauves flamands », mais l’esprit d’une réaction ayant pour but de rechercher une issue à l’impressionnisme belge qui, selon eux, était englué dans des formes d’impressionnisme « vulgaire ». Ce n’est pas pour rien qu’ils ont également intitulé ce mouvement « impressionnisme rénové », appellation qui eut bien moins de succès que « fauves flamands ».

Cette vision est probablement trop limitative. En effet, l’attitude de Vlaminck et de Derain est beaucoup plus qu’une simple réaction contre l’affaiblissement de l’esprit impressionniste. Vlaminck était anarchiste. Derain l’était également, sur un autre plan. Le critique d’art Vauxcelles, dont nous avons déjà parlé plus haut, dans une synthèse écrite en 1939, défend l’idée que le créateur du fauvisme est Vlaminck, rapidement rejoint par Derain et ensuite par Matisse. Vauxcelles montre surtout que l’explosion des couleurs chez les deux premiers cités est la traduction de « l’attitude insurrectionnelle, la façon d’être, de vivre la révolte de deux jeunes libertaires de deux jeunes anarchistes. » C’est non seulement par ses écrits dans le journal L’Anarchie, mais aussi par sa peinture que Vlaminck, en particulier, transpose toutes ses passions, toutes ses haines « contre l’ordre constitué et grégaire ». Vlaminck était en guerre contre la terre entière. Cette attitude de révolte générale ne se retrouve, à notre connaissance, chez aucun des peintres qui ont été regroupés sous l’appellation « fauves flamands » et ensuite « fauves brabançons ». C’est une différence d’esprit fondamentale.

Parmi les œuvres des artistes belges retenus par P. et L. Haesaerts dans leur nouvelle catégorie des « fauves flamands », il est malaisé d’en trouver qui répondent aux caractéristiques définies par Jack Flam. Mais nous avons vu que c’est l’esprit de réaction contre la dévalorisation de l’impressionnisme et non, comme les premiers fauves français, la révolte contre l’ordre établi explicitement traduite par l’explosion des couleurs vives, qui a entraîné la création de cette catégorie.

D’ailleurs, un an plus tôt, en 1930, Colin avait déjà regroupé tous les peintres cités par L. et P. Haesaerts, ainsi que d’autres, dans un ensemble qu’il désignait par l’expression « troisième Impressionnisme » : « (…) cette équipe bruxelloise qui constitue en quelque sorte notre troisième Impressionnisme se retrouvait volontiers dans deux cercles de combat : la Libre Esthétique d’Octave Maus, toujours sur la brèche et à l’avant-garde, et les Indépendants« . Et Colin de citer les noms de Rik Wouters, Oleffe et de ses amis (Arthur Navez, Rodolphe Strebelle, Jehan Frison, Jean Brusselmans, Anne-Pierre de Kat, Fernand Verhaegen, Léon De Smet). Quant à Willem Paerels, Ferdinand Schirren, Charles Dehoy, Philibert Cockx, Jos Albert et Hippolyte Dhaye, ils sont identifiés par Colin comme faisant partie de la catégorie des « Peintres Indépendants ».

Dans son analyse, Colin ne fait aucune allusion au fauvisme, apparu pourtant une première fois sous la plume de Roger Avermaete en 1919. Colin ouvre cependant la porte à une recherche plus approfondie sur cette équipe bruxelloise « Elle est encore mal connue et, bien à tort, quelques critiques semblent hésiter à lui faire place à côté des écoles régionales de Laethem et des Flandres. Elle mérite cependant d’être étudiée à la fois dans son ensemble, c’est-à-dire dans sa mentalité collective, et dans l’œuvre de ses principaux représentants ». Rien, dans l’esprit de Colin ne va donc dans le sens d’un fauvisme brabançon. Il faut attendre 1941 pour que cette définition fasse son apparition.

Une des particularités toutefois de notre fauvisme - par quoi il tranche assez sur celui de Matisse, Derain, Vlaminck - c’est un souci de l’espace, de la profondeur, une répugnance à l’égard de la « peinture plate » dont on observe les heureuses conséquences dans les œuvres les plus éclatantes, les plus chatoyantes de Rik Wouters - et d’Anne-Pierre de Kat« .

C’est en 1979 que Serge Goyens de Heusch donne ses lettres de noblesse au fauvisme brabançon dans un ouvrage qui porte ce titre et qui est publié à l’occasion d’une exposition organisée par le Crédit communal de Belgique. Il le complète par son œuvre monumentale «L’ impressionnisme et le fauvisme en Belgique » (1988 Mercator).

Proche de Rik Wouters auquel il était lié d’une grande amitié, Fernand Verhaegen, dans son texte du catalogue du XXIe salon du Cercle artistique et littéraire de Charleroi consacré à l’artiste de Malines, ne parle pas non plus d’une éventuelle influence des fauves français sur Rik Wouters, mais cite plutôt Cézanne. A.J.J. Delen non plus qui raconte, dans son ouvrage sur Rik Wouters rédigé en 1916, mais publié en 1922, comment Rik Wouters a surtout été impressionné par le travail de Cézanne . On ne trouve dans ce récit, en prise directe avec l’époque, aucune allusion à une éventuelle déclaration d’admiration envers les fauves français. Une conclusion identique peut être appliquée aux peintres classés dans cette catégorie.

L’écriture de l’histoire artistique de cette époque n’a-t-elle pas fait preuve de trop d’imagination ? L’absence d’un mouvement à consonance fauve en Belgique, alors qu’on retrouvait des équivalents dans les pays voisins, a-t-elle été perçue avec un sentiment d’infériorité, entraînant en réaction, une construction artificielle mais sentimentalement satisfaisante ? Cela pourrait bien être le cas.

Alors, comment appeler les peintres qui ont été regroupés dans cette catégorie tellement éloignée de leur élan artistique ?

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Berliner Secession

La Berliner Secession est une association artistique fondée par des artistes Berlin en 1898 en réaction contre le conservatisme de l' Association des Artistes de Berlin. Cette année-là, le jury du salon officiel a refusé un paysage de Walter Leistikow, qui était un personnage clé au sein d'un groupe de jeunes artistes intéressés par l'évolution moderne de l'art. Soixante-cinq jeunes artistes ont constitué le premier noyau de la Sécession.

Max Liebermann a été le premier président de la Sécession de Berlin avec Paul Cassirer et son cousin Bruno.

En 1901, Bruno Cassirer démissionne de la Sécession, afin qu'il puisse se consacrer entièrement à sa maison d'édition. Paul a pris la direction de la galerie Cassirer, et appuyé diverses sécessionnistes y compris les artistes sculpteurs Ernst Barlach et August Kraus, ainsi que la promotion de l'impressionnisme et du post-impressionnisme français.

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Andrée Schindler

Andrée Schindler est une artiste-peintre provençale oscillant entre impressionnisme et expressionnisme.

Elle est née le 4 mars 1947 à Paris et a déménagé en Provence dès son adolescence.

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Vincent van Gogh

Maison dans laquelle séjourna Vincent van Gogh à Cuesmes, Belgique

Vincent van Gogh (en néerlandais, , la prononciation d'usage en France étant ), né le 30 mars 1853 à Groot-Zundert aux Pays-Bas et mort le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise, est un peintre et dessinateur néerlandais.

Son œuvre pleine de naturalisme, inspirée par l'impressionnisme, le divisionnisme et le pointillisme, presque inconnue à sa mort, annonce le fauvisme et l'expressionnisme et même le cubisme.

Vincent Willem van Gogh est le fils de Theodore (Theodorus) pasteur calviniste à Groot-Zundert depuis 1849, un petit village néerlandais (relais de diligence sur la route Paris-Amsterdam) près de Breda dans l'ouest du Brabant-Septentrional, au sud des Pays-Bas, marié à sa belle-sœur, le 21 mai 1851, à La Haye. Sa mère, Anna-Cornélia Carbentus, est la fille d'un relieur de la cour. Sa sœur, Cornelia avait épousé (le 6 novembre 1850) l' oncle Vincent (Cent). La famille van Gogh est d'ancienne bourgeoisie, déjà notable au XVIe siècle et XVIIe siècle. Vincent est l'aîné de six enfants. Il naît un an, jour pour jour, après le décès de son frère aîné qui est mort-né ; par tradition familiale, il porte le même prénom que son défunt frère et de son grand-père. Il resta jusqu’à la mort un tourmenté, un isolé, un incompris et sa vie fut un échec total sur les plans de l’amour, de la famille et des contacts humains. Seul son frère Théo de quatre ans son cadet, l’aida moralement et financièrement sans jamais se lasser et lui permit ainsi d’accomplir son œuvre. Les 652 lettres que Vincent lui écrivit en font foi.

Il tombe amoureux de la fille de son bailleur, Eugénie Loyer mais, lorsqu'il lui révèle finalement ses sentiments, elle le rejette en lui expliquant qu'elle s'est déjà secrètement engagée avec le locataire précédent. Van Gogh devient de plus en plus isolé et, dans le même temps, il développe un fervent intérêt pour la religion. Son père et son oncle l'envoient à Paris où il est choqué de la façon dont l'art est traité comme un produit et une marchandise, ce qu'il dénonce à certains clients, et provoque son licenciement le 1er avril 1876.

Comme l'école doit par la suite déménager à Isleworth dans le Middlesex, van Gogh décide de s'y rendre. Mais le déménagement n'a finalement pas lieu, et van Gogh décide de rester sur place où il devient un fervent animateur du mouvement méthodiste et veut "prêcher l'Évangile partout".

À Noël de cette même année 1876, il retourne chez ses parents et travaille alors dans une librairie de Dordrecht pendant six mois. Toutefois, il n'est pas heureux à ce nouveau poste où il passe la majeure partie de son temps dans l'arrière boutique du magasin à dessiner ou traduire des passages de la Bible en anglais, français et allemand. Son compagnon de chambre de l'époque, un jeune professeur appelé Görlitz, expliqua plus tard que pendant cette période, van Gogh se nourrissait avec parcimonie, préférant ne pas manger de viande.

Le soutenant dans son désir de devenir pasteur, sa famille l'envoie en mai 1877 à Amsterdam où il séjourne chez son oncle Jan van Gogh, amiral de la marine. Van Gogh se prépare pour l'université et étudie la théologie avec son oncle Johannes Stricker, un théologien respecté qui a publié la première "vie de Jésus" disponible aux Pays-Bas. Toutefois, van Gogh échoue à ses examens et il quitte alors le domicile de son oncle Jan en juillet 1878. Il suit ensuite des cours pendant trois mois dans l'école protestante de Laeken, près de Bruxelles, mais il échoue à nouveau et abandonne alors ses études pour devenir prédicateur laïc.

Fin 1878, van Gogh obtient une mission d'évangéliste en Belgique, auprès des mineurs de charbon du Borinage, dans la région de Mons. Il y devient un prédicateur solidaire des luttes contre le patronat.

Sa traversée du Borinage commence dans la commune de Pâturages, en 1878. Il y est accueilli par un pasteur qui l'installe chez un colporteur au n° 39 de la rue de l'Église. Il part ensuite pour Wasmes, dans une maison que très vite, il juge trop luxueuse et qu'il ne tarde pas à quitter pour s'installer dans une simple cabane. Poussant le christianisme à sa conclusion logique, van Gogh choisit de vivre comme ceux auprès desquels il prêche, partageant leurs difficultés jusqu'à dormir sur la paille dans sa petite hutte au fond de la maison du boulanger chez lequel il réside. Il consacre tout aux mineurs et à leur famille. Il va même jusqu'à descendre à 700 mètres au fond de la mine. Lors d'un coup de grisou, il sauve un mineur. Mais ses activités ne tardent pas à être désapprouvées, on n'accepte pas sa fonction de « prêtre ouvrier » et cela le choque. Accusé d'être un meneur, Vincent van Gogh est contraint d'abandonner la mission qu'il s'était donnée, sa mission étant suspendue par le Comité d'évangélisation. Il en gardera l'image de la misère humaine qui apparaîtra dans une partie de son œuvre. Il se rend alors à Bruxelles puis revient brièvement au Borinage à Cuesmes, où il s'installe dans la maison située au n° 3 de la rue du Pavillon. Toutefois, sous la pression de ses parents, il revient chez eux à Etten. Il y reste jusqu'en mars 1880 au grand dam de ses parents qui sont de plus en plus préoccupés à son égard. Un conflit considérable naît alors entre Vincent et son père, ce dernier allant jusqu'à se renseigner pour faire admettre son fils à l'asile de Geel. Van Gogh s'enfuit de nouveau et se réfugie à Cuesmes où il loge jusqu'en octobre 1880 chez le mineur Charles Decrucq. Il s'intéresse de plus en plus aux personnes l'entourant et aux scènes quotidiennes qu'il commence à représenter dans certains croquis, à la mine de plomb, au fusain et crayon. En novembre 1880, van Gogh écoute les conseils avisés de son frère Théo à prendre l'art au sérieux. Sur les recommandations de Théo, il se rend à Bruxelles, afin d'étudier la peinture avec l'artiste hollandais Willem Roelofs. Ce dernier réussit à le persuader (en dépit de l'aversion de van Gogh d'apprendre l'art dans une école) de s'inscrire à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Il s'y inscrit le 15 novembre 1880 pour les cours du soir et étudie non seulement l'anatomie, mais aussi les règles de la composition et de la perspective.

Van Gogh a dessiné et a peint des aquarelles alors qu'il allait à l'école, mais très peu de ces travaux ont survécu. En 1880, devenu adulte, il s'est consacré à l'art et a commencé au niveau élémentaire en copiant le Cours de dessin de Charles Bargue. Il commence son apprentissage en copiant des lithographies et des gravures sur bois en s’inspirant des œuvres de Jean-François Millet, artiste pour lequel il conserva jusqu’à la fin de sa vie une véritable vénération. Pendant cette période, il est soutenu matériellement par Théo, alors employé de Goupil et Cie à Bruxelles. Durant ses deux premières années, il a cherché des commandes et au printemps 1882, son oncle, Cornelis Marinus (propriétaire d'une galerie d'art contemporain renommée à Amsterdam), lui a demandé de fournir des dessins de La Haye. Le travail de van Gogh n'a pas été à la hauteur des espérances de son oncle, mais celui-ci lui a tout de même offert une deuxième commande. Bien qu'il lui ait décrit en détail ce qu'il attendait de lui, il a de nouveau été déçu par le résultat.

Néanmoins, van Gogh a persévéré dans son travail. Il a amélioré l'éclairage de son atelier en installant des obturateurs variables et il a fait de nombreuses expériences de dessin avec une grande variété de matériaux. Pendant plus d'une année il a travaillé sur des figures simples, en réalisant notamment des études en « noir et blanc », travail qui ne lui a alors apporté que des critiques même si, aujourd'hui, ces études sont considérées comme ses premiers chefs-d'œuvre. À partir du printemps 1883, il s'est intéressé à des compositions plus élaborées, basées sur le dessin. Très peu de ces dessins ont survécu car, lorsque son frère lui a dit qu'ils manquaient de nervosité et de fraîcheur, van Gogh les a détruits et s'est tourné vers la peinture à l'huile.

Van Gogh s'est alors intéressé aux artistes renommés de l'école de La Haye (un groupe d'artistes comme Johan Hendrik Weissenbruch ou Bernard Blommers qui lui ont apporté un soutien technique, mais aussi à des peintres comme Théophile de Bock et Herman Johannes van der Weele qui, entre 1860 et 1890, étaient fortement influencés par la peinture réaliste de l'École de Barbizon). Lorsqu'il s'est rendu à Nuenen, après un intermède à Drenthe, il a commencé à réaliser diverses peintures de grande taille qu'il a pour la plupart détruites. Les Mangeurs de pommes de terre, la Vieille Tour du cimetière de Nuenen et le Cottage, sont les seuls qui ont survécu. Après une visite au Rijksmuseum d'Amsterdam, van Gogh se rend compte que ses peintures présentent beaucoup de défauts dûs à un manque d'expérience et de technique. Il est alors allé à Anvers, et plus tard à Paris pour améliorer ses connaissances techniques.

En 1881, à Etten, où ses parents résident, il dessine des portraits, des sujets paysans d’après nature mais surtout des paysages d’une grande richesse calligraphique et dignes de la tradition extrême-orientale.

En conflit avec son père, et éprouvant un second échec sentimental avec une proche cousine, il finit par quitter le domicile familial, et part s'installer pour un temps à La Haye au cours de Noël 1881.

Il y reçoit des leçons de peinture de son cousin Anton Mauve et pratique alors essentiellement l’aquarelle et étudie la perspective.

Durant ses deux premières années, il a cherché des commandes et au printemps 1882, son oncle, Cornelis Marinus (propriétaire d'une galerie d'art contemporain renommée à Amsterdam) lui a demandé de fournir des dessins de La Haye. Le travail de van Gogh ne s'est pas avéré à la hauteur des espérances de son oncle, mais celui-ci lui a tout de même offert une deuxième commande. Bien qu'il lui ait décrit en détail ce qu'il attendait de lui, il a de nouveau été déçu par le résultat.

C'est au cours de l'été 1882 qu'il commence la peinture à l'huile.

Néanmoins, van Gogh a persévéré dans son travail. Il a amélioré l'éclairage de son atelier en installant des obturateurs variables et il a fait de nombreuses expériences de dessin avec une grande variété de matériaux. Pendant plus d'une année il a travaillé sur des figures simples, en réalisant notamment des études en « noir et blanc », travail qui ne lui a alors apporté que des critiques même si, aujourd'hui, ces études sont considérées comme ses premiers chefs-d'œuvre.

À partir du printemps 1883, il s'est intéressé à des compositions plus élaborées, basées sur le dessin. Très peu de ces dessins ont survécu car, lorsque son frère lui a dit qu'ils manquaient de nervosité et de fraîcheur, van Gogh les a détruites et s'est tourné vers la peinture à l'huile.

Les vingt mois qu'il passe à La Haye (entre 1882 et 1883) semblent décisifs pour l’artiste, où il réalise sa volonté de rompre avec les conventions morales de son milieu social, et son impossibilité de mener une existence normale. De nombreuses lectures, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Émile Zola ou encore Charles Dickens, viennent enrichir sa vision du monde, et le renforcent dans ses convictions sociales.

De septembre à décembre 1883, Vincent séjourne en solitaire dans la province de Drenthe, au nord des Pays-Bas, où il s'acharne à travailler pour accomplir sa destinée de peintre. C'est l'unique remède qu’il trouve à un profond sentiment de détresse. Au terme de cette nouvelle expérience, il décide de rejoindre sa famille installée depuis peu à Nuenen, dans le Brabant-Septentrional, dans le presbytère paternel.

Lorsqu'il s'est rendu à Nuenen, après un intermède à Drenthe, il a commencé à réaliser diverses peintures de grande taille qu'il a pour la plupart détruites. Mangeurs de pommes de terre, la Vieille Tour du cimetière de Nuenen et le cottage, sont les seuls qui ont survécu. Après une visite au Rijksmuseum d'Amsterdam, van Gogh se rend compte que ses peintures présentent beaucoup de défauts dus à un manque d'expérience.

Alors qu'il était encore à Nuenen, il avait travaillé sur une série de peintures qui devaient décorer la salle à manger d'un de ses amis vivant à Eindhoven. Van Gogh s'est alors intéressé aux artistes renommés de l'école de La Haye (un groupe d'artiste qui, entre 1860 et 1890, était fortement influencé par la peinture réaliste de l'École de Barbizon) comme Johan Hendrik Weissenbruch ou Bernard Blommers qui lui ont apporté un soutien technique, mais aussi à des peintres comme Théophile de Bock et Herman Johannes van der Weele.

À cette même époque, Zola était critique d'art et Joris-Karl Huysmans se rêvait peintre. En 1885, au moment où paraît Germinal, Van Gogh peint Les Mangeurs de pommes de terre.

C'est dans ce petit village du Brabant de Nuenen que le talent de van Gogh va définitivement se révéler; il y réalise de puissantes études à la pierre noire de paysans au travail, mais aussi quelque deux cents tableaux à la palette sombre et aux coups de brosse expressifs, qui viennent alors confirmer son talent de dessinateur et de peintre.

L'atelier au presbytère ne lui suffisant pas, et épris de naturalisme (en raison de ses lectures, notamment de Zola), il décide de loger chez l'habitant (mineurs, charbonniers et tisserands dans un premier temps, puis dans une famille de paysans (Les De Groote) chez qui il paie un loyer modeste en rapport avec ses finances et perfectionne son art : d'abord ses paysages puis ses natures mortes).

Il arrivera à un stade où il devra développer son art en peignant des portraits, et où il pourra le faire en payant (toujours modestement) ses modèles.

La première grande composition de van Gogh est incontestablement celle qu'il a consacrée aux Mangeurs de pommes de terre. Sous ce nom, c'est la difficulté de peindre en personne qui se manifeste, la difficulté de rendre visible ce qu'il y a de moins palpable, à savoir l'ombre, ce dernier degré de la lumière au-delà duquel il n'y a plus de couleurs perceptibles.

L'ensemble de ses œuvres de cette période aboutit aux Mangeurs de pommes de terre, œuvre majeure qui va révéler sa sensibilité inquiète et véhémente. La série des visages de paysans, environ une cinquantaine, qui occupera van Gogh de décembre 1884 jusqu'à l'achèvement des Mangeurs de pommes de terre d' Amsterdam au mois de mai suivant, constitue une sorte d'exercice préliminaire à cette dernière peinture.

La 'Tête de paysanne', par exemple, (F134, mars 1885, h/t marouflée sur panneau 38,5*26,5, Musée d'Orsay), procède de cette technique que Delacroix avait déjà repris dans sa 'Mort de Sardanapale' (Louvre). Enfin une autre raison, très pratique, motive sa volonté de peindre une cinquantaine de têtes. Il espère se préparer de cette façon à trouver du travail. Il remarque en effet que la photographie connaît un grand succès auprès du public et se propose d'offrir ses services aux photographes pour colorier et retoucher les fonds des photographies d'après des études peintes "sur le vif".

Un soir, au retour d'une longue journée passée à traquer le "motif", van Gogh passe devant la chaumière de la famille de Groot qu'il connaît bien et décide de s'y reposer un instant. Il entre. Un instant saisi par l'obscurité qui règne à l'intérieur, il distingue peu à peu les cinq figures familères groupées autour d'un plat de pommes de terre fumant, à la clarté parcimonieuse d'une lampe à pétrole suspendue au-dessus de la table. "Je tiens mon motif", pense-t-il alors. Et pourtant, il est venu souvent chez les deGroot, auparavant, parce qu'ils veulent bien poser pour lui de temps en temps, en échange d'un petit peu d'argent. Il a peint à plusieurs reprises la mère, le fils et la petite Gordina, dont le visage n'est pas encore marqué par le dur labeur. Mais là, alors qu'ils sont tous rassemblés dans le clair-obscur de cet espace clos, il se trouve soudain plongé au cœur d'une de ces "nuits" à la Ter Borch.

Dans Les Mangeurs de pommes de terre, il réalise picturalement tout ce qu'il avait tenté de faire jusqu'ici sans succès sur des chemins qui s'étaient transformés en autant d'impasses.

Dans le même temps, stagiaire chez un imprimeur de la région, il voudra s'exercer à la lithographie et faire une cinquantaine de copies de l'œuvre, souvent caractérisées par leur disposition inversée.

Techniquement son œuvre présente encore bien des maladresses, néanmoins la période de Nuenen est rachetée par une inspiration sincère et sa volonté d'un témoignage humain exemplaire, révélateurs des idéaux de van Gogh et de sa problématique intérieure.

Il était convaincu que s'entraîner sur la peinture du passé, retourner à des sujets du Nord, comme les Mangeurs de pommes de terre, et s'éloigner des éblouissants paysages du Sud - l'artiste avait décidé d'imputer à cette région son état de santé précaire - favoriseraient sa guérison définitive.(...)Le retour (comme on le verra plus tard) aux origines de sa recherche picturale, aux valeurs sûres de la civilisation paysanne du Nord représentera, dans les derniers mois de la vie de l'artiste, l'unique possibilité de salut grâce à la récupération de motifs porteurs de sa propre existence. .

Peu de temps après, il rejoignait son frère à Paris.

Passant de ce réalisme sombre au colorisme éclatant des paysages d'Arles, il modèle alors les formes d'une touche fragmentée jusqu'aux volutes intenses. Le symbolisme, quant à lui, recherchait dans le pouvoir du verbe « l'essence de la poésie c'est-à-dire la poésie pure, celle qui dira comment sont faits l'esprit et le monde en lui révélant la structure idéale de l'univers. (...) le Symbolisme invite la poésie à rejoindre la mystique. ». La quête de Van Gogh est identique, comme il l'écrit à son frère Théo: « Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d'éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations. » Vincent Van Gogh emprunte et prépare ainsi tous les sentiers de l'art moderne, de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Ce peintre mort le 27 juillet 1890 dans le dénuement n'a vendu qu'une seule toile ; aujourd'hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.

À Anvers de nouveau (de novembre 1885 à février 1886), il est impressionné par les Rubens et à la révélation des estampes japonaises, qu’il commence à collectionner dans cette ville. C’est aussi dans la capitale flamande que l'artiste inaugure sa fameuse série d’autoportraits, sur le registre de l’humour macabre.

Seule la connaissance du milieu artistique parisien pouvait véritablement permettre à van Gogh de renouveler et d'enrichir sa vision, ce qui motive son installation à Paris en 1886. Cette année là est celle de la dernière exposition impressionniste, et en 1887 devait avoir lieu la première rétrospective de l’œuvre de Millet. Il s'installe à proximité de son frère Théo qui dirige la succursale parisienne de Goupil depuis 1880.

Au début du mois de mars 1886, Vincent rejoignit son frère à Paris avec l'envie de s'informer sur les nouveautés de la peinture impressionniste. La ville se préparait alors à accueillir de passionnantes expositions : en plus du Salon, où étaient exposées les œuvres de Puvis de Chavannes, l'artiste hollandais put visiter les salles de la cinquième Exposition internationnale à loa galerie Georges Petit, qui présentait des toiles de Renoir et Monet. Ces derniers n'avaient pas souhaité participer à la huitième et dernière Exposition des impressionnistes qui offrait le spectacle d'un groupe déchiré entre les défections et les nouvelles arrivées et ouvrait ses portes à la nouveauté du moment, le néo-impressionnisme, avec la toile monumentale de Seurat, 'Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte'.

À Paris dans les années 1886 - 1887, il fréquente un moment l’académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin et d’Émile Bernard. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin. Dans la boutique du Père Tanguy, il devient l'ami de Paul Signac. Sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent peu à peu davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Pissarro l’initie également aux théories nouvelles sur la lumière et au traitement divisionniste des tons. La palette de l'artiste s’enrichit alors de couleurs vives et sa touche s’anime et se fragmente, ceci grâce également à Signac avec qui il travaille en 1887.

Exalté par la ferveur du climat artistique parisien, van Gogh brûla les étapes de son renouvellement artistique grâce à la fréquentation des peintres les plus anticonformistes du moment: il s'essaya au néo-impressionnisme auprès de Signac et Pissarro, enquêta sur les profondeurs psychologiques du portrait avec son ami Toulouse-Lautrec, fut précocement informé de la synthèse du cloisonnisme par ses compagnons Anquetin et Emile Bernard, put apprécier les toiles exotiques réalisées par Gauguin en Martinique. Régénéré par ce bain dans les sources de la modernité, l'artiste hollandais était prêt à réaliser son rêve méditerranéen, à la recherche de la lumière aveuglante de la Provence, qui ferait resplendir les couleurs pures de la nature, étudiées jusque-là dans sa collection d'estampes japonaises. C'est une période très fertile où son art s'oriente vers l'impressionnisme mais l'absinthe et la fatigue aggravent son état mental.

Van Gogh commence à prendre ses distances vis-à-vis de l'impressionnisme, trop allusif à son goût, pour retrouver l’unité structurelle de l’image et se concentrer sur l'expression et le symbolisme de la forme et de la couleur. Le prochain mariage de son frère Théo, qu'il ressent comme un abandon, semble toutefois être également une des raisons profondes qui décident van Gogh à quitter Paris. Le 20 février 1888, il s'installe à Arles initialement dans la vieille ville à l'intérieur des remparts à l'Hôtel-Restaurant Carrel au 30 rue de la Cavalerie, avec comme compagnon le peintre danois Christian Mourier-Petersen, puis en mai 1888, au nord de la place Lamartine, dans la Maison Jaune. Il suit en cela les conseils de Toulouse-Lautrec qui lui parle de la luminosité des paysages méridionaux.

Bien qu'il arrive dans la cité avec un temps de neige, une nouvelle page de son œuvre va s'ouvrir avec la découverte de la lumière provençale. Dès le 22 février, il débute sa production arlésienne ; il parcourt à pied la région et peint des paysages, des scènes de moissons et des portraits. Trois de ses premiers tableaux sont présentés à l'exposition annuelle de la Société des artistes indépendants. En avril Vincent rencontre le peintre américain Dodge MacKnight qui habite Fontvieille, un petit village au nord-est d'Arles.

Au début du mois de juin 1888, ayant reçu un billet de cent francs de son frère Théodore, il se rend en diligence aux Saintes-Maries-de-la-Mer pour un court séjour de cinq jours. Il y peint la fameuse barque « Amitié » et le village regroupé autour de l'église forteresse.

A Arles, des idées plus anciennes sur l'art et la peinture réapparaissent, comme faire des séries de tableaux sur des thèmes similaires. Au printemps 1888, il réalise ainsi au printemps 1888, une série sur les vergers fleurissants dans des triptyques, ainsi qu'une série de portraits comme ceux de la famille Roulin. Enfin, lorsqu'il prépare la venue de Gauguin il commence à travailler sur la décoration de la Maison Jaune, probablement l'effort le plus ambitieux qu'il ait jamais entrepris.

Vincent qui habite la « maison jaune », rêve en effet d'une communauté d'artistes unissant fraternellement leurs expériences et leurs recherches : Paul Gauguin vient le rejoindre dans ce but le 23 octobre 1888 et ils commencent à travailler ensemble comme par exemple sur la série de tableaux consacrés aux Alyscamps. Mais les deux hommes s'entendent mal : la tension et l’exaltation permanentes qu’impliquent leur démarche créatrice et une telle urgence de peindre débouchent sur une crise : le 24 décembre 1888, à la suite d'une dispute plus violente que les autres, van Gogh, en proie au délire tente de tuer son compagnon, puis, pour s’auto-punir, se mutile l'oreille gauche avant d'aller l'offrir à une prostitué (décembre 1888). Il est soigné par le docteur Rey dont il peint à cette époque le portrait. En mars 1889, après une période de répit pendant laquelle il peint entre autres l’Autoportrait à l'oreille bandée (janvier 1889), une pétition des habitants d’Arles entraîne son internement à l’Hôtel-Dieu.

Pendant son séjour à Arles, le lien de van Gogh avec l'univers artistique parisien fut maintenu notamment grâce à l'abondante correspondance qu'il échangea avec son frère Théo, révélateur émouvant du caractère émotif et humain de l'artiste. Malgré l'échec de son projet d'établir un atelier dans la petite ville du sud, où une colonie d'artistes se serait installée, van Gogh ne renonça pas au dialogue avec ses amis Emile Bernard et Gauguin. Ce dernier, après son séjour infortuné à Arles, accompagna à travers ses lettres la vie du peintre hollandais jusqu'à la fin de sa fulgurante carrière.

Le 8 mai 1889, hanté par l’idée du suicide mais pleinement conscient du mal qui le ronge, il quitte Arles, ayant décidé de lui-même d'entrer dans un asile près de Saint-Rémy-de-Provence où il va y rester pendant une année. Son état varie de la dépression profonde aux phases de rémission et d’activité intense, qui entraînent de nouvelles modifications de son style : le graphisme et la touche dont les traits discontinus et sinueux donnent aux champs de blé, aux oliviers et à la voûte céleste des Alpilles et des Baux-de-Provence les mouvements mêmes de sa pathologie.

Les peintures de la période où il a vécu à Saint-Rémy de Provence sont souvent caractérisées par des remous et des spirales. À diverses périodes de sa vie, van Gogh a également peint ce qu'il voyait de sa fenêtre, notamment à la fin de sa vie avec une grande série de peintures de champs de blé qu'il pouvait admirer de la chambre qu'il occupait à l'asile de Saint-Rémy.

Van Gogh commence également à sortir de son anonymat : en janvier 1890 un article d’Albert Aurier dans le Mercure de France, souligne pour la première fois l’importance de ses recherches. Un mois plus tard, le peintre Anna Boch acquiert l’un de ses tableaux, La vigne rouge, exposé au Salon des XX à Bruxelles, pour la somme de quatre-cents francs.

En mai 1890, l'artiste quitte Saint-Rémy-de-Provence et rejoint son frère Théo à Paris qui l'installe à Auvers-sur-Oise dans la modeste auberge Ravoux où il loue une petite chambre d'une grande sobriété, sous la surveillance du docteur Paul Gachet, ami de Paul Cézanne et des peintres impressionnistes, et lui-même peintre amateur.

Auvers, modeste commune rurale du Vexin français, située à trente kilomètres au nord de Paris, était déjà connue dans le milieu des peintres, initialement par les paysagistes de l'école de Barbizon puis par les impressionnistes. Le village cultive encore de nos jours le souvenir de ces peintres.

À Auvers réside le docteur Paul Gachet. Ami de Daubigny et de Corot, il accueille jusqu'à la fin de sa vie les artistes dans sa maison, dont Paul Cézanne, ou Camille Pissarro, qui vient lui rendre visite en voisin, de sa maison de Pontoise. Grand collectionneur d'art, le docteur Gachet demeure un acteur incontournable de l'histoire de l'art de la fin du XIXe siècle.

Le mardi 20 mai 1890 à onze heures du matin, le docteur Gachet reçoit un peintre alors inconnu du public, recommandé par son frère : Vincent van Gogh. Celui-ci est au sommet de sa maîtrise artistique. Vincent va alors décrire dans ses œuvres la vie de cette petite commune, sa vie paysanne, son architecture. D'une grande force expressive, sa palette s'assombrit néanmoins peu à peu exprimant le mal de vivre qui le tourmente, sa vie étant « attaquée à la racine même ». Sa touche demeure mouvementée et fébrile, mais ses coloris acquiert, sous la lumière d’Île-de-France, un regain de vivacité et de fraîcheur.

Sous les soins du docteur Gachet l'activité artistique de van Gogh est intense. Il produit pendant deux mois plus de soixante-dix tableaux.

Cependant le répit est de courte durée : lorsque Théo lui fait part de son désir de retourner en Hollande, Vincent se sent de nouveau abandonné. Le 27 juillet 1890, dans un champ où il peignait une ultime toile, il se tire un coup de revolver dans la poitrine. Ramené mourant à l'auberge Ravoux, il meurt deux jours plus tard, soutenu par son frère Théo et toujours inconnu du grand public.

En 1888, Théo annonce à son frère qu'il va se marier, cela provoque un état de choc chez Vincent qui se tranchera l'oreille le 24 décembre 1888, en référence à son propre père, à Gauguin, mais aussi à Théo, devenu un père potentiel. À plusieurs reprises, il a connu de réels problèmes mentaux, en particulier dans les dernières années de sa vie. Au cours de ses périodes de maladie, il ne peignait pas ou, tout au moins, n'était pas autorisé à le faire. Au fil des ans, il a beaucoup été question de l'origine de la maladie mentale de van Gogh et de ses répercussions sur son travail. Plus de 150 psychiatres ont tenté d'identifier sa maladie et quelque 30 diagnostics différents ont été proposés.

Parmi les diagnostics qui ont été avancés on trouve la schizophrénie, le trouble bipolaire, la syphilis, l'intoxication par ingestion de peintures, l'épilepsie du lobe temporal et la porphyrie aiguë intermittente. Chacune de ces maladies pourrait être responsable de ses troubles et aurait été aggravée par la malnutrition, le surmenage, l'insomnie et un penchant pour l'alcool, en particulier l'absinthe.

Certaines théories médicales ont même laissé entendre que le goût de van Gogh pour l'utilisation de la couleur jaune pourrait être liée à son amour de l'absinthe. En effet, cet alcool contient une neurotoxine appelée Thujone qui, à forte dose, peut causer la Xanthopsie, c'est-à-dire un trouble de la vision amenant à voir les objets en jaune. Toutefois, une étude réalisée en 1991, a mis en évidence qu'un consommateur d'absinthe tomberait inconscient en raison de la teneur en alcool avant d'avoir pu ingérer suffisamment de Thujone. Une autre théorie suggère que le docteur Gachet aurait prescrit de la digitaline à van Gogh pour traiter l'épilepsie, substance qui pourrait entraîner une vision teintée de jaune et des changements dans la perception de la couleur d'ensemble. Toutefois, il n'existe aucune preuve directe que van Gogh ait pris de la digitaline, même si l'on remarque sur le tableau portrait du Dr Gachet avec branche de digitale la présence de quelques tiges de digitale pourpre, plante à partir de laquelle la digitaline est fabriquée.

En juillet 1890, il pense être une charge pour son frère. Dans une crise de désespoir, il se tire une balle dans la poitrine le 27 juillet 1890 et meurt deux jours plus tard en présence de son frère, Théo venu à son chevet. Atteint de syphilis qui le rend fou, Théo est hospitalisé en octobre 1890 en clinique psychiatrique et meurt le 25 janvier 1891. Il n'aura survécu que six mois à son frère. Vincent avait trente sept ans et Théo trente-quatre. Le petit Vincent sera l'héritier de la majeure partie de l'œuvre de son oncle. Il mourra en 1978.

On a récemment avancé que la maladie de van Gogh serait liée à une intoxication par le plomb car il utilisait des peintures à base de plomb et parce que l'un des symptômes de l'intoxication par le plomb est un gonflement de la rétine qui peut conduire à l'apparition d'un effet de Halo, effet qui apparait d'ailleurs dans plusieurs tableaux de van Gogh.

Van Gogh a dessiné et a peint des aquarelles alors qu'il allait à l'école, mais très peu de ces travaux ont survécu. En 1880, devenu adulte, il s'est consacré à l'art et a commencé au niveau élémentaire en copiant le Cours de dessin de Charles Bargue. Durant ses deux premières années, il a cherché des commandes et au printemps 1882, son oncle, Cornelis Marinus (propriétaire d'une galerie d'art contemporain renommée à Amsterdam), lui a demandé de fournir des dessins de La Haye. Le travail de van Gogh n'a pas été à la hauteur des espérances de son oncle, mais celui-ci lui a tout de même offert une deuxième commande. Bien qu'il lui ait décrit en détail ce qu'il attendait de lui, il a de nouveau été déçu par le résultat.

Néanmoins, van Gogh a persévéré dans son travail. Il a amélioré l'éclairage de son atelier en installant des obturateurs variables et il a fait de nombreuses expériences de dessin avec une grande variété de matériaux. Pendant plus d'une année il a travaillé sur des figures simples, en réalisant notamment des études en « noir et blanc », travail qui ne lui a alors apporté que des critiques même si, aujourd'hui, ces études sont considérées comme ses premiers chefs-d'œuvre. À partir du printemps 1883, il s'est intéressé à des compositions plus élaborées, basées sur le dessin. Très peu de ces dessins ont survécu car, lorsque son frère lui a dit qu'ils manquaient de nervosité et de fraîcheur, van Gogh les a détruits et s'est tourné vers la peinture à l'huile.

Van Gogh s'est alors intéressé aux artistes renommés de l'école de La Haye (un groupe d'artistes comme Johan Hendrik Weissenbruch ou Bernard Blommers qui lui ont apporté un soutien technique, mais aussi à des peintres comme Théophile de Bock et Herman Johannes van der Weele qui, entre 1860 et 1890, étaient fortement influencés par la peinture réaliste de l'École de Barbizon). Lorsqu'il s'est rendu à Nuenen, après un intermède à Drenthe, il a commencé à réaliser diverses peintures de grande taille qu'il a pour la plupart détruites. Les Mangeurs de pommes de terre, la Vieille Tour du cimetière de Nuenen et le Cottage, sont les seuls qui ont survécu. Après une visite au Rijksmuseum d'Amsterdam, van Gogh se rend compte que ses peintures présentent beaucoup de défauts dûs à un manque d'expérience et de technique. Il est alors allé à Anvers, et plus tard à Paris pour améliorer ses connaissances techniques.

Plus ou moins au fait des techniques et des théories impressionnistes et pointillistes, van Gogh est allé à Arles développer ces nouvelles possibilités. Toutefois, des idées plus anciennes sur l'art et la peinture sont réapparues, comme faire des séries de tableaux sur des thèmes similaires. Déjà en 1884 alors qu'il était encore à Nuenen, il avait travaillé sur une série de peintures qui devaient décorer la salle à manger d'un de ses amis vivant à Eindhoven. De même, à Arles, au printemps 1888, il a réalisé une série sur les vergers fleurissants dans des triptyques, ainsi qu'une série de portraits comme ceux de la famille Roulin. Enfin, lorsque Paul Gauguin a travaillé et habité à Arles côte à côte avec van Gogh, ce dernier a commencé à travailler sur la décoration de la Maison Jaune, probablement l'effort le plus ambitieux qu'il ait jamais entrepris.

Les peintures de la période où il a vécu à Saint-Rémy de Provence sont souvent caractérisées par des remous et des spirales. À diverses périodes de sa vie, van Gogh a également peint ce qu'il voyait de sa fenêtre, notamment à la fin de sa vie avec une grande série de peintures de champs de blé qu'il pouvait admirer de la chambre qu'il occupait à l'asile de Saint-Rémy .

Le symbolisme, quant à lui, recherchait dans le pouvoir du verbe « l'essence de la poésie c'est-à-dire la poésie pure, celle qui dira comment sont faits l'esprit et le monde en lui révélant la structure idéale de l'univers. (...) le Symbolisme invite la poésie à rejoindre la mystique. » (G. Michaud, Message poétique du Symbolisme, Nizet, 1947).

Vincent van Gogh emprunte et prépare ainsi tous les sentiers de l'art moderne, de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Ce peintre mort le 29 juillet 1890 dans le dénuement n'a vendu qu'une seule toile ; aujourd'hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.

L'impressionnisme incarné par Monet, Manet, Renoir, Degas est un point de départ pour le néo-impressionnisme de Georges Seurat et Paul Signac, maîtres du pointillisme, de Paul Gauguin et son école de Pont-Aven, Emile Bernard et son cloisonnisme, Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent van Gogh ainsi que pour de nombreux « postimpressionnistes », en France et à l'étranger comme Jean Peské.

Van Gogh a fortement a incarné le Post-impressionnisme, et par là même, influencé la peinture postérieure et plus moderne, en particulier les mouvements tels que l'Expressionnisme, le Fauvisme et, dans une moindre mesure, le Cubisme. À cette même époque, Zola était critique d'art et Joris-Karl Huysmans se rêvait peintre. En 1885, au moment où paraît Germinal, Van Gogh peint Les Mangeurs de pommes de terre. Passant de ce réalisme sombre au colorisme éclatant des paysages d'Arles, il modèle alors les formes d'une touche fragmentée jusqu'aux volutes intenses.

Le post-impressionnisme est un ensemble des courants artistiques qui, durant la période allant approximativement de 1885 à 1915, divergeant de l'impressionnisme ou s'opposant à lui (néo-impressionnisme, synthétisme, symbolisme, nabis...). Le terme post-impressionnisme (employé pour la première fois en 1910 par Roger Fry dans le titre qu'il a donné à l'exposition de la Grafton Gallery à Londres) est une appellation extrêmement floue, appliquée principalement à Cézanne, van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec et Seurat, mais souvent utilisée pour décrire d'autres artistes progressistes qui suivirent la grande décennie de l'impressionnisme (1870-1880), comme Matisse, Bonnard, Decroix et Dufrénoy.

On peut différencier deux sortes de peintures au sein du post-impressionnisme : l'une influencée par Seurat, l'autre par le couple Gauguin/van Gogh qui se détachèrent progressivement du mouvement. La première tendance est illustrée par le tableau intitulé l'Île de la Jatte représentant la vie du dimanche à l'époque. Les peintres appartenant à ce mouvement font de la vie quotidienne leur sujet principal. Van Gogh, à partir de 1886, date de son passage à Paris et Gauguin illustrent la seconde.

Van Gogh arrive à Paris en 1886 et découvre alors les peintures impressionnistes. Il se rend compte que cela ne correspondait pas à l'idée qu'il en avait. Il choisit sa technique : beaucoup plus emportée, plus lyrique et plus expressionniste que celles des autres. Son influence est déterminante sur l'évolution de la peinture. On verra apparaître alors la peinture expressionniste allemande. (Les styles de peinture sont issus des styles précédents). Van Gogh et Gauguin ont des techniques qui les opposent. Pendant que Vincent s'impose d'aller peindre sur le motif (avec toiles et chevalet) quelles que soient les conditions climatiques, Paul, lui, peint de mémoire dans l'atelier.

Le symbolisme, quant à lui, recherchait dans le pouvoir du verbe « l'essence de la poésie c'est-à-dire la poésie pure, celle qui dira comment sont faits l'esprit et le monde en lui révélant la structure idéale de l'univers. (...) le Symbolisme invite la poésie à rejoindre la mystique. ». La quête de Van Gogh est identique, comme il l'écrit à son frère Théo: « Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d'éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations. » Vincent Van Gogh emprunte et prépare ainsi tous les sentiers de l'art moderne, de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Ce peintre mort le 27 juillet 1890 dans le dénuement n'a vendu qu'une seule toile ; aujourd'hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.

Les prémices de l'expressionisme apparaissent dans les deux dernières décennies du XIXe siècle, avec pour précurseurs van Gogh et son « Italienne »: (la Segatori) à partir de la fin 1887, ainsi que Edvard Munch (Le Cri), et dans une moindre mesure James Ensor.Une tendance que van Gogh accentuera encore après son arrivée à Arles, en 1888, où le choc de la lumière méridionale le pousse à la conquête de la couleur : La Nuit étoilée, Saint-Rémy (1889). Par la dramatisation des scènes, la simplification, voire la caricature, qui caractérisent son œuvre des débuts à la fin, van Gogh annonce l'expressionnisme. Le critique d’art Wilhelm Worringer, en août 1911, est le premier à parler d’« expressionnisme ».

En Allemagne et en Autriche, les expressionnistes comme Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel, Wassily Kandinsky, Paul Klee, Gustav Klimt ou Oskar Kokoschka vont s'inspirer de la technique de van Gogh fondée sur la nervosité de la touche, l'exagération des lignes et des couleurs qui permet de rendre l'expression des sentiments et des émotions.

Van Gogh a eu une influence sur les peintres fauves en montrant une palette de couleurs remarquable, notamment dans sa période arlésienne. Durant cette période, van Gogh n'hésite plus à employer des couleurs vives et des juxtapositions de tons non conventionnelles avec, en particulier, l'usage des teintes complémentaires. Par cette utilisation de couleurs flamboyantes, van Gogh a été une des sources d'inspiration de plusieurs peintres fauves tels que De Vlaminck ou Derain. Ainsi, lorsque l'on observe les œuvres fauves, on retrouve les mêmes dispositions de couleurs que chez van Gogh, comme par exemple, dans la Partie de campagne ou La Seine à Chatou de De Vlaminck, la proximité du rouge et du vert.

Van Gogh est devenu avec le temps probablement le peintre le plus connu dans le monde entier. Mais les raisons de sa notoriété diffèrent selon les publics concernés. Si pour les historiens de l’art, c’est avant tout un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies, il reste pour les amateurs d'art un maître à l’égal des Léonard de Vinci ou des Rembrandt en dépit d’une production très importante et d’une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles. Pour le grand public, son œuvre aujourd'hui universellement accessible dans les plus grands musées, et sa vie digne d’un héros romantique, l’ont transformé en mythe, celui du peintre incompris ou de l'artiste maudit.

Très productif, van Gogh n'a jamais hésité à reproduire des œuvres d'artistes majeurs, quitte à se les réapproprier : Jean-François Millet (La Nuit, Premiers pas...), Eugène Delacroix (La Pietà , Le Bon Samaritain ), Rembrandt (Résurrection de Lazare).

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Musique impressionniste

La musique impressionniste est un type musical appartenant à l'époque moderne qui vit le jour en Europe dans le dernier quart du XIXe siècle et dont le principal représentant est Claude Debussy. Elle est caractérisée par une écriture dans le temps non pas linéaire mais au contraire faite de successions d'impressions. On reconnaît dans cette musique, pour son couplage entre une tonalité très recherchée et la modalité, une grande sophistication. Le terme impressionnisme en musique fait depuis longtemps débat, les compositeurs eux-mêmes ayant exprimé en leur temps une grande réticence devant cette appellation.

On considère que la première œuvre de musique impressionniste est le poème symphonique Prélude à l'après-midi d'un faune de Claude Debussy créé en 1894.

L'impressionisme a également influencé la musique de Frederick Delius, Isaac Albéniz, Erik Satie, Camille Saint-Saëns, ainsi que des musiciens de jazz comme Bill Evans.

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Post-impressionnisme

Le centenaire de l'indépendance de Henri Rousseau, 1892

Le post-impressionnisme est un ensemble de courants artistiques qui, durant la période allant approximativement de 1885 à 1915, diverge de l'impressionnisme ou s'oppose à lui (néo-impressionnisme, synthétisme, symbolisme, nabis...).

Le terme post-impressionnisme est une appellation extrêmement floue, appliquée principalement à Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec et Seurat, mais souvent utilisée pour décrire d'autres artistes progressistes qui suivirent la grande décennie de l'impressionnisme (1870-1880), comme Matisse ou Bonnard.

On peut différencier deux sortes de peintures au sein du post-impressionnisme.

Le tableau intitulé l'Île de la jatte représente la vie du dimanche à l'époque. Les peintres appartenant à ce mouvement font de la vie quotidienne leur sujet principal.

Van Gogh arrive à Paris en 1886 et découvre alors les peintures impressionnistes. Il se rend compte que cela ne correspondait pas à l'idée qu'il en avait. Il choisit sa technique : beaucoup plus emportée, plus lyrique et plus expressionniste que celles des autres. Son influence est déterminante sur l'évolution de la peinture. On verra apparaître alors la peinture expressionniste allemande. (Les styles de peinture sont issus des styles précédents).

Paul Gauguin et Vincent Van Gogh sont amenés à vivre ensemble trois semaines à Arles. À ce moment, ils sont endettés, tendus et crispés. Gauguin vend donc quelques unes de ses toiles à Théo, le frère de Vincent, en échange d'un peu d'argent. Les deux peintres ont des techniques qui les opposent. Pendant que Vincent s'impose d'aller peindre sur le motif (avec toiles et chevalet) quelles que soient les conditions climatiques, Paul, lui, peint de mémoire dans l'atelier.

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Source : Wikipedia