Horoscope
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Horoscope
Dans son sens antique le mot horoscope est synonyme du mot « Ascendant » au sens astrologique du terme. L'Ascendant, qui est le degré du zodiaque qui se lève à l'horizon oriental à un moment donné, n'est qu'un élément de la carte du ciel. Horoscope vient d'un mot grec qui signifie « qui examine l'heure » sous-entendu d'une naissance ou plus généralement d'un événement donné. Par suite d'un glissement sémantique, horoscope finit par désigner dans le langage usuel l'entièreté de la carte du ciel et ensuite y compris même son interprétation. Dresser un horoscope, cela signifie établir une carte du ciel et l'interpréter. Dans la presse populaire l'horoscope désigne également les prédictions de la rubrique « astrologie ».
La pratique traditionnelle de l'astrologie repose sur l'interprétation, très controversée d'un point de vue scientifique, de la carte du ciel calculée pour un événement quelconque, le plus souvent pour le moment de la naissance d'une personne ou pour un moment marquant de son existence. Cette carte du ciel n'est finalement qu'un schéma représentant la disposition des astres dans les signes du zodiaque ainsi que leurs relations, le tout se superposant à l'ensemble des maisons astrologiques. Cette représentation du ciel (thema coeli en latin, d'où sa désignation comme « thème » astrologique) est centrée sur la terre et non sur le soleil, ce qui fait dire que l'astrologie conventionnelle est géocentrique.
Autrefois dresser une carte du ciel était une opération relativement complexe qui nécessitait des outils spécialisés et un certain savoir-faire. Actuellement, un ordinateur et un bon logiciel permettent de calculer et dessiner une carte du ciel instantanément. Avant l'informatique, cela nécessitait généralement une table d'éphémérides, donnant les longitudes des astres et parfois une table des maisons adaptée au système de domification utilisé pour déterminer le début et la fin des maisons. On utilisait aussi fréquemment des tables de logarithme appropriées du moins jusqu'au moment où les calculatrices se sont répandues.
Un thème astrologique est toujours dressé pour un lieu et un moment donnés. Il faut donc connaître le lieu et l'instant exact de l'évènement dont on cherche à dresser la carte du ciel. La carte sera d'autant plus précise que les données seront précises. Pour un thème natal, par exemple, il faut idéalement connaître le moment de la naissance le plus précisément possible. Dans la pratique, les astrologues doivent bien souvent se contenter d'une heure approximative. Les calculs nécessitent aussi la connaissance de la longitude et la latitude géographiques de l'événement. Sa précision est moins déterminante que le moment de l'événement, mais une précision de l'ordre du degré est souhaitable. La précision du moment de l'événement est surtout importante pour le calcul de la domification et donc de l'ascendant car en moyenne il progresse d'un degré toutes les quatre minutes. Si on effectue le calcul avec des tables, il faudra déterminer les temps universel TU et local correspondant. Pour obtenir le temps universel il faut connaître le régime horaire en vigueur au moment de l'événement. Ce que l'on peut obtenir à partir d'ouvrages spécialisés. Les opérations sont très simplifiées si on utilise des moyens informatiques performants. Il suffit dans la plupart des cas de fournir le nom du lieu connu le plus proche, la date et l'heure civile. Si on effectue le calcul avec des tables, il faudra déterminer le temps universel en consultant une table des régimes horaires en vigueur pour le lieu et la date considérée. Ce temps universel permettra d'interpoler les positions des astres donnés par les éphémérides pour chaque jour à minuit. On peut déterminer le temps local à partir du temps universel et de la longitude géographique du lieu, si on tient compte que la terre tourne de 1° toutes les quatre minutes d'ouest en est. Si le lieu se trouve à l'est de Greenwich le temps local vaudra le temps universel augmenté de autant de fois quatre minutes que de degrés de longitude. On retranchera cette valeur si le lieu est à l'ouest de Greenwich. Ce temps local sera utilisé pour interpoler et corriger le temps sidéral lu dans les éphémérides. Il faut apporter une correction de 10 secondes par heure lors du calcul pour tenir compte que le jour sidéral vaut 23 heures 56 minutes au lieu de 24 heures pour le jour solaire moyen. Il reste une petite correction à faire pour tenir compte de la longitude, car le temps sidéral est donné pour Greenwich. Les tables de maisons donnent la position des cuspides des maisons dans les signes en fonction du temps sidéral ainsi obtenu et de la latitude géographique du lieu.
Il faut noter que dans certains cas, il conviendra de convertir la date en son correspondant dans le calendrier grégorien, notamment pour les dates antérieures à la réforme du calendrier julien de 1582 dont le moment de mise en application a varié selon les contrées.
Pour des thèmes anciens, l'heure peut être donnée directement en heure locale (généralement en Temps Solaire Moyen, mais parfois en Temps Solaire Vrai, la différence étant celle de l'équation du temps). Dans ce cas, il faut calculer l'heure GMT ou TU à partir de l'écart entre le méridien considéré et le méridien de Greenwich.
Pour monter la carte du ciel, il importe de déterminer la position des astres relativement à un lieu de la Terre. Toutefois pour dessiner la carte du ciel, seules les longitudes célestes sont utilisées. Comme les trajectoires des astres sont plus ou moins inclinées sur le plan de l'écliptique, cela revient à ne considérer que les projections des positions des astres sur ce plan de l'écliptique. En apparence, le Soleil semble tourner autour de la Terre dans ce plan de l'écliptique. Les astrologues ont divisé cette trajectoire solaire en douze secteurs égaux, qui sont les signes conventionnels du zodiaque. Le début de ce zodiaque est le zéro degré du Bélier ou point vernal, à savoir l'endroit où le Soleil se lève à l'équinoxe de printemps. Durant l'année, le Soleil parcourt chacun des douze signes de ce zodiaque. Le printemps commence quand le Soleil entre dans le Bélier. L'entrée du Soleil dans le quatrième signe, le Cancer, correspond au début de l'été et au solstice d'été. Son entrée dans le septième signe, la Balance, marque le début de l'automne et l'équinoxe d'automne, et finalement son entrée dans le dixième signe, le Capricorne, correspond au début de l'hiver et au solstice d'hiver. On peut ainsi appeler ce zodiaque le zodiaque des saisons. Pour le distinguer du zodiaque stellaire, les astrologues l'appelle parfois « Zodiaque tropical » ou « Zodiaque intellectuel ». Les astrologues repèrent les astres sur la carte du ciel relativement au début des signes zodiacaux plutôt que relativement au début du zodiaque. Ils diront par exemple, que le Soleil est à 15° des Gémeaux et non pas que le Soleil se trouve à 75° du zodiaque. Les astrologues modernes placent non seulement les astres connus des anciens, à savoir Lune, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne, mais aussi les planètes découvertes ultérieurement : Uranus (1781), Neptune (1846), et Pluton (1930). Certains astrologues modernes y placent aussi certains astéroïdes, comme Cérès, Pallas, Junon, Vesta, et ChironÀ côté des longitudes, certains astrologues utilisent aussi les déclinaisons des astres pour calculer certains aspects basés sur ces déclinaisons. Actuellement la grosse majorité des astrologues utilisent des moyens informatiques ou des calculettes spécialisées pour déterminer les divers éléments de la carte du ciel, mais antérieurement les positions des luminaires : Soleil et Lune, et des planètes étaient obtenues au moyen de table d'éphémérides. Le principe de calcul au moyen d'éphémérides est le suivant : les tables d'éphémérides donnent la position des astres chaque jour à minuit Temps Universel (parfois à midi). Connaissant le temps universel de l'événement, une simple interpolation par règle de trois permet de déterminer la position de l'astre avec la précision requise. À noter que les corrections sont généralement superflues pour les astres lents comme Jupiter, Saturne, et au-delà. Par contre la correction sur la longitude sur la Lune est très importante car elle progresse de plus de 12 degrés par jour dans le zodiaque. On pourrait éventuellement déterminer les positions des astres par calcul, mais cela relève de la mécanique céleste. Le principe est grosso modo de calculer les positions héliocentriques de la Terre et de l'astre en fonction de la date julienne et ensuite d'effectuer un changement de coordonnées pour se ramener au système géocentrique,.
Les astres ne sont pas toujours les seuls éléments pris en compte dans les thèmes astrologiques. Certains astrologues placent aussi sur la carte du ciel les deux nœuds lunaires. Comme l'orbite de la Lune autour de la Terre est inclinée par rapport à l'écliptique, cette orbite coupe ce dernier en deux points opposés nommés nœuds. Le nœud ascendant ou nœud nord (quand la Lune passe de l'hémisphère sud vers l'hémisphère nord) et le nœud descendant ou nœud sud (quand la Lune passe de l'hémisphère Nord vers l'hémisphère sud). Les anciens astrologues, dont Ptolémée, les utilisaient d'une manière beaucoup plus restrictive que les astrologues modernes, qui souvent les considèrent comme des astres, alors que ce ne sont que des points fictifs. Le nœud nord était aussi appelé la tête du dragon (Caput Draconis) et le nœud sud, la queue du dragon (Cauda Draconis) - Les astrologues hindous les nomment respectivement Rahu et Ketu. Les éclipses ont lieu quand les lunaisons (Nouvelle Lune et Pleine Lune) ont lieu à l'endroit des nœuds,. L'axe des nœuds tourne de manière rétrograde dans le zodiaque en un peu plus de 18 ans.
L'astrologie arabe du Moyen Âge faisait un très grand usage des « parts », qui ont été importées dans l'usage occidental à la Renaissance. Ces parts dites arabes remontent en fait à un usage gréco-égyptien, elles sont déjà citées par Ptolémée et Paul d'Alexandrie. D'après le Dictionnaire astrologique de Gouchon, il existerait une soixantaine de parts, qui hormis la part de fortune, sont quasi totalement négligées par les astrologues actuels..),. La seule part qui ait encore une certaine notoriété est la « part de fortune ». On obtient sa position en prenant la distance entre le Soleil et la Lune, en partant du Soleil comme point de départ en opérant dans le sens correspondant à l'ordre des signes. Cette distance est ensuite reportée à partir de l'ascendant. Les autres parts sont obtenues par des calculs analogues.
Le « mi-point » est le point fictif de l'écliptique situé à égale distance de deux astres. Il était déjà utilisé au XIIIe siècle par l'astrologue italien Guido Bonatti pour rectifier des thèmes. Tombés en désuétude, ils ont été remis en usage par des astrologues anglais et allemands.
L'introduction de ces points arithmétiques semble largement due à la recherche par les astrologues d'une « clef manquante » permettant de simplifier l'interprétation du thème, remplaçant une synthèse trop complexe par la fuite en avant dans une analyse toujours plus détaillée. Ainsi que le souligne Patrice Guinard, « la multiplication des points sensibles et des points d'énergie imaginaires marque l'échec de l'interprétation moderne dans sa tentative de coller à l'événementiel » .
La domification (du latin domus = maison) consiste à découper la carte du ciel en 12 différentes demeures ou maisons à partir de l'ascendant. Une première grande division est obtenue par l'axe ascendant-descendant. Le degré du zodiaque qui se lève à l'est sur l'horizon et celui opposé qui se couche à l'ouest déterminent l'axe ascendant-descendant. C'est une donnée commune à la plupart de tous les systèmes de domification utilisés. L'axe milieu du ciel-fond du ciel est aussi une donnée commune à plusieurs systèmes. Cet axe est obtenu par le méridien qui coupe le milieu des arcs diurne et nocturne. Il est ensuite projeté sur l'écliptique. L'intersection des deux axes ascendant-descendant et milieu du ciel-fond du ciel donne quatre quadrants comprenant chacun trois maisons. Le découpage des quadrants en maisons est spécifique à chaque système. Dans le système dit de Placide, le découpage est obtenu par la trisection égale des arcs diurnes et nocturnes et en projetant les points obtenus sur l'écliptique. Du fait de la projection, les maisons obtenues ont des étendues inégales. Les maisons opposées ont toutefois des tailles identiques. La domification de Placide a un défaut rédhibitoire car on ne peut domifier pour les latitudes circumpolaires. Il y environ une vingtaine de système de domification. Citons entre autres les systèmes de Placide (XVIIe siècle), de Regiomontanus (XVe siècle), de Campanus (XIIIe siècle), de Dr. Walter A. Koch (1960), et sans doute l'un des plus anciens connus celui dit « Modus Aequalis » dont les maisons sont toutes égales à 30 degrés partant de l'ascendant et qui a été répandu par Julius Firmicus Maternus au IVe siècle. Les maisons sont généralement numérotées de I à XII à partir de l'ascendant. Les cuspides ou pointes des maisons sont généralement les frontières entre les maisons, sauf dans certains systèmes où les cuspides sont les milieux des maisons. La maison I s'étend alors également de part et d'autre de l'ascendant. La domification de Placide est parmi les plus répandues. On peut l'établir aisément au moyen de tables calculées à cet effet. C'est une table qui donne la position des cuspides des maisons dans le zodiaque en fonction de la latitude et du temps sidéral.
La Terre tourne sur elle-même en 24 heures autour de l'axe Nord-Sud des pôles et ce d'ouest en est. Elle tourne une fois sur elle-même en 24 heures sidérales. Pour un observateur terrestre, c'est l'ensemble du ciel avec tout ce qu'il contient qui semble tourner autour de la Terre, mais dans le sens inverse du mouvent réel de rotation de celle-ci. L'observateur voit ainsi un astre se lever à l'est, culminer à son méridien, et se coucher à l'ouest. L'astre décrit de la sorte un arc sur la sphère céleste que l'on nomme son arc diurne. L'arc parcouru par un astre entre son coucher et son lever est appelé l'arc nocturne. La longueur d'un arc peut être exprimée en degrés ou en temps sidéral. La Terre tournant sur elle-même en 24 heures sidérales, 360° équivalant à 24 heures sidérales, on a la correspondance : 1 degré correspond à 4 minutes de temps sidéral. En général les arcs diurnes et nocturnes des astres qui se lèvent ne sont pas égaux ; cette longueur dépend de la déclinaison de l'astre. Quand la déclinaison est nulle l'arc diurne est égal à l'arc nocturne.
Avec les variantes, il y a une vingtaine de méthodes de domification, dont celle de Placide fort répandue malgré ses défauts.
La domification en douze secteurs, par analogie aux douze signes du zodiaque, n'a pas été utilisée d'emblée comme allant de soi par les premiers astrologues. Après la division naturelle en quatre secteurs délimités par le méridien et l'horizon, et formant les quatre angles, chaque secteur a d'abord été divisé en deux pour donner un schéma à huit cases (octopos). On voit apparaître le système à douze cases dans L’Astronomicon de Manilius (10 ap. J.-C.), timidement suivi par Claude Ptolémée, mais c'est surtout Julius Firmicus Maternus dans son Traité des Mathématiques célestes (IVe siècle) qui en fait une description aboutie qui fut reprise systématiquement par les astrologues ultérieurs. Toutefois cela ne concerne que la représentation en douze régions car l'étendue des maisons, elle, a évolué en fonction des méthodes de domification. Quant aux significations fondamentales des maisons elles n'ont guère changé depuis. On ne peut nier qu'il y ait une parenté entre les significations attribuées aux maisons et celles accordées aux signes du Zodiaque, comme si les premières en avaient été extraites. Dans la plupart des systèmes de domification, les cuspides constituent le début et la fin des maisons. Néanmoins, il semblerait qu'il s'agisse d'une dérive. En effet, le mot cuspide signifie pointe ou sommet en pointe et non pas limite, frontière, etc. Les cuspides auraient été chez Maternus le centre des maisons, l'endroit où la signification est la plus prégnante ,. Les quatre angles ont donné leur nom aux maisons où ils se trouvent, qui s'appellent pour cette raison des maisons angulaires. Ce sont les maisons I, IV, VII et X. Les maisons II, V, VIII, XI sont dites maisons succédentes, tandis que les maisons III, VI, IX, XII sont dites cadentes.
La position des pointes ou cuspides des maisons sur la carte du ciel dépend de la méthode de domification choisie. Nombre de méthodes, dont celles dites de Placide, de Campanus, de Regiomontanus ont au moins l'Ascendant et le Milieu du Ciel en commun. Par contre, les cuspides intermédiaires sont positionnées différemment. Pour la majorité des domifications, la cuspide marque le début de la maison, mais il y a des exceptions, et dans ce cas la cuspide marque le centre de la maison, comme dans la variante du Modus Aequalis utilisée par l'astrologue Maurice Nouvel , qui prétend même en se référant à Julius Firmicus Maternus que pour les anciens astrologues le mot cuspide (du latin cuspis, idis qui signifie pointe et qui donc aurait le sens de sommet, culmination) désignait le centre de la maison, le lieu où l'influence d'un astre était la plus forte et la signification de la maison la plus nette. Pour la plupart des méthodes de domification, bien que les arcs diurne et nocturne soient respectivement sectionnés en parties égales, la « projection » sur l'écliptique fait en sorte que l'étendue des maisons devient inégales. Le milieu du Ciel lui même une fois projeté n'est plus perpendiculaire à l'axe Ascendant-Descendant, mais est plus ou moins incliné vers l'Ascendant ou vers le Descendant. Une conséquence est qu'il arrive souvent qu'une maison fasse plus de 30 degrés et qu'elle contienne de la sorte l'entièreté d'un signe du zodiaque. Ce signe est alors dit intercepté et cela aurait une signification particulière lors de l'interprétation du moins pour certains astrologues. Le Modus Aequalis fait exception, puisque cette domification n'est pas basée sur une équipartion des arcs diurne et nocturne. Dans ce cas le Milieu du Ciel est perpendiculaire à l'axe Ascendant-Descendant, et les cuspides des maisons s'obitennent par division de chaque quadrant en trois parties égales.
Pour des raisons mal élucidées, les astrologues numérotent les douze maisons en sens inverse de celui du mouvement apparent des astres. Ainsi, le Soleil à son lever entre en maison XII, puis passe par la XI, entre en X puis culmine sur la cuspide de X. Il traverse successivement les maisons IX, VIII, VII et se couche au Descendant ou cuspide de VII.
À ces aspects dit majeurs, les astrologues ajoutent aujourd'hui des aspects dit mineurs le semi-sextile (30°), le semi-carré, (45°), le sesqui-carré (135°) et le quinconce (150°). Certains astrologues utilisent aussi les aspects dit képlériens, résultant de la division du cercle par cinq : le quintile (72°), le bi-quintile (144°), le semi-quintile ou décil (36°) et le sesqui-quintile ou tridécile (108°). Les aspects mineurs auraient été imaginés par Képler, sinon utilisés par lui. Il y a encore d'autres aspects, mais ils sont quasiment tombés en désuétude.
Les aspects ne sont que très rarement exacts ; toutefois les astrologues admettent une certaine tolérance pour prendre l'aspect en compte. Cette tolérance est appelée l'orbe. Cet orbe est fonction de la grandeur de l'aspect et des astres en présence. Il n'y a pas d'unanimité chez les astrologues pour la valeur à attribuer aux orbes. Comme ordre de grandeur, citons environ 10° pour la conjonction, de 8 à 12 pour le trigone et l'opposition, de 6 à 8 pour la quadrature, 4 à 6 pour le sextile. Quant aux aspects mineurs, les orbes sont de 1 à 3°. Néanmoins les orbes sont parfois augmentées quand un ou deux luminaires font partie de l'aspect. Quand un aspect est exact, il est dit partil. L'aspect serait d'autant plus puissant qu'il est exact ou partil et son influence diminuerait progressivement quand l'orbe augmente.
De nos jours, la représentation la plus courante en astrologie occidentale semble être de tracer deux cercles concentriques gradués entre lesquels sont représentés les signes du zodiaque auxquels se superposent la domification et les différents symboles et leurs positions en degrés. Les aspects sont généralement tracés dans le cercle intérieur. Comme c'est la domification qui est tracée sur le zodiaque, la différence d'étendue des maisons est bien apparente (Cf. figure 6). De nombreux astrologues, à la suite de Paul Choisnard qui a préconisé cette façon de faire en 1902, orientent la figure de façon que l'ascendant soit systématiquement à gauche et le milieu du ciel en haut. Cette dernière représentation facilite la lecture et la comparaison des thèmes, ainsi que le dépouillement statistique.
Dans certains modèles de carte ce sont les maisons qui sont tracées égales (c'est une variante circulaire de la représentation en carré) ou en taille réelle ; dès lors les signes sont simplement mentionnés sur les cuspides (Cf. fig. 8).
Les astrologues utilisent plusieurs méthodes pour tenter de prédire les événements, les principales sont les transits, les directions primaires, les directions secondaires, les directions symboliques et la technique des révolutions solaires.
Par transit on entend le passage réel d'un astre sur un élément d'un thème astrologique à un moment donné. Par exemple on peut dire qu'au mois de juillet le Soleil « transite » le signe du Cancer, mais aussi qu'à une date déterminée Jupiter transite Saturne, l'Ascendant ou le Milieu du Ciel. Toutefois le transit d'un astre peut aussi être considéré par l'aspect qu'il forme à un élément de la carte du ciel. Par exemple Mars en transit peut former un carré à Uranus radical.
L'étude des transits permettraient de prédire certains événements importants, mais selon Henri-J. Gouchon l'effet des transits semble se soumettre à celui des directions, car les faits saillants surviendraient quand il y a des concordances entre les aspects de « directions » et les aspects par transit.
Seules les transits des planètes lentes auraient par ailleurs un effet notable, notamment Jupiter, Saturne, Uranus, etc. Les transits des lunaisons seraient par contre importants, surtout en combinaison avec d'autres transits sur des points valorisés de la carte du ciel. Gouchon précise que l'effet des transits est parfois retardé de quelques jours quand ils se combinent avec des lunaisons. Pour l'étude des transits il prend en compte un orbe de 2 degrés avant et après l'aspect exact.
Cette technique consiste à dresser un thème astral pour le moment précis où le Soleil revient par transit sur sa position radicale, donc sur sa position natale dans le cas d'une personne. Si on utilise des tables d'éphémérides, la date et l'heure sont aisément déterminées par une simple règle de trois. Dans le cas d'un personne le thème devrait être dressé pour l'endroit où se trouve cette dernière au moment exact de cet anniversaire solaire, car le lieu a une incidence directe sur la domification. L'interprétation se fait alors en comparant le thème de révolution solaire au thème radical. Isolément la révolution solaire n'aurait aucune signification particulière. La méthode de la révolution solaire permettrait de faire des prévisions pour la période allant d'un anniversaire à l'autre.
La technique des directions primaires est la seule qui fasse partie de la Tradition astrologique. Il en est question au livre troisième de la Tétrabible de Ptolémée . Son principe de base est que, lors du mouvement diurne, le déplacement d'un astre de 1° en ascension droite correspond à un an. Diriger un astre A1 sur un astre A2 qui le suit dans l'ordre des signes du zodiaque, c'est calculer la portion d'arc diurne parcouru par A2 pour atteindre le point iso-horaire A'1 de A1 sur l'arc diurne de A2. L'arc de direction est compté dans le sens de l'ordre des signes du zodiaque. Une fois que l'on a déterminé les deux semi-arcs diurnes de A1 et A2, et les distances méridiennes des points A1 et A'1, une soustraction suffit pour obtenir l'arc de direction (ou une addition si les points sont de part et d'autre du méridien). Le point fixe est appelé le significateur et le point, que l'on dirige vers ce point fixe, est nommé le prometteur. De telles directions sont dites directes, en revanche quand on compte les arcs dans le sens opposé à celui des signes du zodiaque, donc dans le sens horaire, on parle de directions converses ; le significateur est alors dirigé sur le prometteur.
Techniquement, la synastrie consiste à supperposer deux cartes du ciel pour en étudier les rapports. La Synastrie prétend décrire ce qu'une personne éprouverait pour une autre et inversement, elle décrirait les affinités et les aversions entre deux personnes en termes de leur effet l’une sur l’autre. Lors d'une analyse de la synastrie d’une relation, on pourrait dire « Ta Vénus est sur mon Mars. Tu stimules mon Mars et tu obtiens une réaction martienne de ma part tandis que je stimule ta Vénus et provoque une réaction vénusienne en toi. C’est pourquoi nous éprouverions certains sentiments l’un pour l’autre ».
Le principe est de dresser un seul thème à partir des données de deux thèmes. Les éléments du nouveau thème sont généralement obtenus en prenant le mi-point des éléments des thèmes individuels. Le thème, dit composite, est censé représenter la relation elle-même en tant que telle. Le thème composite serait analogue à un « champ énergétique » qui affecterait les deux personnes et montrerait certains aspects de chacune d'elles tout en leur imposant sa propre dynamique. L'étude du thème composite ne porterait pas sur les sympathies et antipathies éprouvées individuellement, mais sur l'« énergie » qu'elles généreraient entre elles.
Astrologie populaire
L'astrologie populaire regroupe des pratiques ou des croyances répandues dans la population et relevant d'un discours astrologique. La pratique la plus visible est celle de l'horoscope. Un horoscope (dans le sens examiné ici) est un document présent dans de nombreux magazines commerciaux et qui a la prétention de prédire ce qui va arriver au lecteur dans la période à venir (semaine, mois, année), les évènements étant supposés liés à la position de la Terre par rapport à celle des astres lors de sa date de naissance.
Cette mode s'est développée à partir de la fin du XIXe siècle et est aujourd'hui largement répandue dans la presse populaire (bien que fermement combattue par le monde scientifique, qui dénonce régulièrement la superstition qu'elle représente). Elle est condamnée par de nombreux astrologues et amateurs pour l'image simpliste, incorrecte et néfaste qu'elle apporte à l'astrologie.
Le centre de ces croyances a longtemps été la typologie fournie par les signes du zodiaque, que ce soit par le signe natal, ou plus récemment par celui de l'ascendant. Cette forme traditionnelle est concurrencée à partir de la fin du XXe siècle par les signes astrologiques chinois.
En Occident, la lecture de ce genre de document est assez fréquente et se fait le plus souvent en y accordant un niveau de crédibilité faible. Ces pratiques folkloriques ne sont généralement pas prises au sérieux, mais peuvent dériver vers de la superstition, pour les personnes qui y accordent crédit. Certains individus peuvent y attacher de l'importance jusqu'à modifier de façon significative leur comportement et prendre des décisions déterminantes pour leur avenir en fonction des prédictions qu'il présente.
L'horoscope du jour que l'on trouve dans la presse (et parfois à la radio) se limite le plus souvent à des conseils de bon sens portant sur des situations très générales et passe-partout : tout le monde a des frictions avec son entourage, des ennuis d'argent, des peines de cœur... L'horoscope peut parfois apporter un éclairage judicieux, mais il n'a généralement aucun rapport avec une prédiction quelconque.
L'adhésion populaire à l'astrologie se nourrit des questions de l'Homme face à son Destin : interrogation et angoisse vis-à-vis de l'avenir et désir d'être éclairé ; interrogation sur sa place dans l'univers et désir d'être reconnu comme un être unique et particulier.
L'astrologie populaire a pris l'ampleur qu'on lui connaît aujourd'hui à la suite des rubriques « horoscope » des journaux, dont la mode fut lancée vers la fin du XIXe siècle.
Le lien avec l'astrologie se limite le plus souvent à répartir les « oracles » suivant les signes du zodiaque, parfois agrémentés de considérations sur les « décans ». La principale compétence du rédacteur de ces rubriques consiste à rédiger des oracles qui soient suggestifs et acceptables pour une vaste majorité du lectorat. Il est rare que cette compétence se double d'une formation en astrologie. Quand c'est le cas, et quand le rédacteur effectue un examen réel du ciel astral, les pronostics sont fondés sur les aspects et transits que le ciel du jour peut faire sur le Soleil natal du sujet, dont la position n'est donc connue qu'à 15° près.
Le lecteur de ces rubriques a l'impression qu'une partie du « message » lui est spécifiquement destiné, en tant que « natif de tel signe », ce qui le distingue des autres lecteurs. Par ailleurs, la lecture et la compréhension de l'« oracle » exprimé par l'horoscope s'apparente à celle du Yi Jing: le lecteur n'y cherche pas une signification précise ni même vraie, mais s'attache aux analogies ou associations d'idées que telle ou telle mention peut évoquer en relation avec son vécu effectif. Ces deux ressorts suffisent à faire de la rubrique « astrologie » un succès populaire, et donc un enjeu économique pour le journal qui la publie.
Comment dresse-t-on un horoscope classique basé sur l'astrologie occidentale ?
Quand l'horoscope est établi par des spécialistes (ce qui n'est pas forcément le cas), l'astrologue détermine les transits des planète pertinentes pour la période incriminée sur un thème ultrasimplifié ne contenant que la position centrale du soleil correspondant avec le signe astral. Dans certains cas, des astrologues publient des résultats plus précis en découpant chaque signe astral en décans (période de 10 jours, il y en a trois par signe) ce qui permet de connaître la position du soleil à ±5° près contre ±15° pour le découpage en signes.
Pour un horoscope journalier, par exemple, l'astrologue n'examinera que le déplacement de la lune. Pour un horoscope annuel, par contre, l'astrologue examinera les mouvements de toutes les planètes du système solaire et donnera des détails spécifiques pour les natifs de chaque décans.
Astrologie
L‘astrologie est un ensemble de systèmes de croyances qui repose sur l'interprétation des phénomènes célestes et organisé en vue d'obtenir interprétations et prédictions des événements humains, collectifs ou individuels. Elle est depuis Kepler, puis Newton, à distinguer nettement de l'astronomie et plus généralement de la physique, décrivant et prédisant avec précision des phénomènes naturels. Des scientifiques rigoureux comme Kepler ne l'ont pas moins pratiquée officiellement à la demande des puissants… assurant ainsi quelques subsides à leurs recherches.
L'idée de l'astrologie était suggérée par la liaison observée entre la position de la Lune et du soleil et les marées, ainsi que par une interrogation sur le mouvement inhabituel des planètes. Elle constitue un simple système d’interprétations qui ne prétend pas répondre aux critères d'objectivité et de rationalité.
L'astrologie apparaît comme un système d'interprétation de l'horoscope. Ses versions populaires sont les horoscopes des revues ou les affinités des signes du zodiaque. Si elles sont généralement considérées comme des échos lointains et déformés de l'astrologie historique, elles en restent sa manifestation et son expression la plus répandue. L'usage populaire du terme astrologie renvoie presque toujours à l'astrologie occidentale, auquel le présent article est principalement consacré.
Plusieurs sens sont attachés au terme même d'astrologie, dont la distinction s'avère nécessaire pour clarifier un certain nombre de débats. En effet, certains astrologues considèrent leur pratique seulement capable de décrire les traits de la personnalité d'un individu, d'autres assurant qu'il est possible de décrire les différents cheminements de leur vie, voire leur lointain avenir.
Le mot « astrologie » vient du grec αστρολογία, de άστρον, astron, (« étoile ») et λόγος (logos), qui a de nombreuses significations liées à la notion de « discours » : -λογία est un suffixe désignant d'une manière générale une discipline ou une matière d'enseignement. Étymologiquement, l'astro-logie n'est qu'un « discours sur les astres » : elle s'intéresse principalement au soleil et aux planètes du système solaire.
Remontant à la plus haute antiquité et peut-être même au delà, l'astrologie est née de la prise de conscience d'une relation entre les saisons et le mouvement apparent des astres, menant l'homme à diviniser ces derniers. Ces considérations relèvent alors principalement d'une pratique astronomique (qui établit une corrélation de fait entre la carte du ciel et les saisons). Elles amènent à formuler l'hypothèse que les mouvements des astres sont la cause même de ces phénomènes (et non un phénomène corrélé, conséquence d'une cause commune). Dès lors, le travail d'observation (calcul des éphémérides, production de calendriers) est mené de front avec un travail, pourtant distinct, d'interprétation. L'objectif est d'établir, sur le modèle des constatations astronomiques, un certain nombre de conjectures sur une influence non plus météorologique et calendaire, mais humaine (personnalité, destin). Cette idée d'une correspondance symbolique entre la configuration céleste et les affaires du monde a progressivement conduit à la construction d'un symbolisme astrologique (voir article séparé).
Les différents niveaux d'interprétation (conjectures physiques et conjectures humaines) cohabitent un certain temps, puis vont progressivement en se dissociant. Ce développement des pratiques donnera naissance à l'astronomie (qui s'en tient à l'observation, à la description et aux prédictions calendaires), laissant à l'astrologie les aspects ésotériques de conjectures sur les liens entre le ciel et la conduite des activités humaines.
Son support étant les astres, l'astrologie est l'une des pratiques divinatoires particulièrement répandues dans l'histoire des cultures. On peut ainsi citer l'existence spécifique d'astrologies maya, arabe, égyptienne, chinoise, et bien sûr occidentale (dont il est principalement question dans cet article).
Les premiers écrits connus concernant les astres remontent à 5000 ans, sous la forme de tablettes d'argile sur lesquelles ont été consignés tous les relevés des mouvements planétaires observés par des prêtres érudits de Mésopotamie . Ces observations étaient faites dans un cadre religieux. Le mouvement des astres étant perçu comme volonté divine ; les prêtres ou astrologues servant de traducteurs. Cela peut donc être considéré comme l'origine de l'astronomie. Toutefois, les plus vieux horoscopes connus proviennent de Babylone et datent de 410 av. J.-C.
Le Judaïsme rejette l'astrologie et la considère dépourvue de substance. Ce rejet est illustré notamment dans l'Épître au Yémen de Moïse Maïmonide, qui dénonce l'incapacité des astrologues de Pharaon et de Nabuchodonosor II de prévoir leur future débâcle.
Platon tient les astres pour des « vivants divins et éternels », des « dieux visibles » (Timée, 39e-40d). De Chaldée, l'astronomie-astrologie se répand en Grèce après les conquêtes d'Alexandre le Grand. De là elle se répandra dans tout l'empire grec, en Inde, en Égypte puis jusqu'à la Rome antique tout en devenant plus structurée, moins religieuse et donc plus populaire. La division du ciel en douze signes zodiacaux et le premier horoscope connu date du Ve siècle av. J.-C. En Grèce, Hippocrate et Galien (à l'exemple sans doute des prêtres égyptiens) feront de l'astrologie l'un des fondements de la médecine, associée à la théorie des quatre éléments.
Parallèlement à cette astrologie, des systèmes différents se forment en Chine, en Amérique précolombienne et sans doute dans d'autres civilisations. Mais l'astrologie chinoise et l'astrologie chaldéenne sont les seuls systèmes ayant perduré jusqu'à nos jours. Tous les systèmes d'astrologie actuellement connus dérivent d'un de ces deux systèmes (ou des deux, cas de l'astrologie tibétaine). L'astrologie chaldéenne est toutefois celle qui a connu la plus grande diffusion et la plus grande influence.
La première synthèse magistrale de l'astrologie, le Tetrabiblos, fut écrite par l'alexandrin Ptolémée en 140, posant les principes de ce qui va devenir l'astrologie occidentale.
En l'an 529, l'empereur Justinien fit fermer les écoles de philosophie d'Athènes. Les érudits de l'époque, les maîtres du néo-platonisme, se réfugièrent à Gundishapur chez les Sassanides en Perse. L'astronomie, la médecine, la philosophie, etc. se développèrent intensément dans cette académie de Gundishapur où confluèrent des érudits de tous bords. Les conquêtes musulmanes s'emparèrent de Gundishapur qui avait une grande réputation. Cette école de Gundishapur eut une grande influence sur le développement de la civilisation arabo-musulmane. À la demande des califes, les auteurs de l'Antiquité, notamment Aristote furent traduits en arabe, souvent depuis le persan ou le syriaque. Vers 850, Alkindi (c'est-à-dire Ya' kûb ibn Isâk Sabbâh al Kindi), originaire de Bassorah, traduisit de nombreux textes en arabe, dont ceux d'Aristote, mais il écrivit aussi plus de 200 traités sur tous les sujets possibles, dont l'astronomie, qui à l'époque ne se distinguait pas de l'astrologie. Une de ses contributions la plus importante fut sa doctrine des conjonctions entre les planètes et leur influence sur les phénomènes naturels et sur les impulsions donnant naissance aux grands événements historiques. Son disciple, Albumasar (mort en 886) fut un astrologue de Bagdad qui propagea les idées d'Alkindi dans son « Liber magnarum coniunctionum » lequel eut une forte influence sur l'astrologie du Moyen Âge. Un autre astrologue important fut Thébit (mort en 901). Il était Sabéen, originaire d'Harran, où il recueillit les connaissances astrologiques mésopotamiennes qui vinrent enrichir les connaisances arabo-musulmanes. Il vécut à Bagdad et devint l'astrologue du calife d'Antioche. Il enseignait notammment que chaque planète possédait un daemon, c'est-à-dire un esprit ou une intelligence qui la guidait. L'astrologie arabe s'est tout spécialement développée grâce à l'afflux des érudits perses, syriens, juifs, etc. qui à partir de 850 affluèrent vers les nouveaux centres intellectuels créés par les califes de l'islam. Le Juif Mashallah par exemple vécut à la cour d'Al Mansur. Il fut l'auteur d'une vingtaine de traités d'astrologie.
Suite à l'occupation de l'Espagne par les Maures, l'astrologie revint en force dans la civilisation européenne au Moyen-Âge.
Pendant la période chrétienne, l’astrologie connaitra une situation ambigüe. Mise au ban de la société par l’Église, comme toutes les pratiques divinatoires, lors du concile de Tolède de l’an 447, elle est pratiquée dans les cours royales, et continue à être étudiée par les érudits, même religieux (Albert le Grand, maître de Thomas d'Aquin, est l’auteur d’un traité d’astrologie). Charles V s’occupait d’astrologie et fonda à Paris un collège d’astrologues. Louis XI consultait les siens en toutes circonstances. Catherine de Médicis avait fait élever en son hôtel (Hôtel de Soissons) une colonne du haut de laquelle elle consultait les astres avec Nostradamus. Elle avait un astrologue personnel, nommé Côme Ruggieri. Louis XIII fut surnommé le juste, parce qu’il était né sous le signe de la Balance. L’astrologie est également en faveur sous les empereurs Charles IV du Saint-Empire, et Charles Quint avait prescrit l’enseignement de cette science, ce que préconisaient d’ailleurs beaucoup d’hommes éminents de l’époque. Elle fut à l’honneur à Rome sous les papes Sixte IV, Jules II, Léon X, et Paul III.
À la Renaissance, la découverte de l’héliocentrisme du système solaire (qui paradoxalement a été imaginé et défendu par les astronomes / astrologues de l’époque) vient saper le fondement anthropocentriste de l’astrologie qui ne trouve plus sa place dans la nouvelle description du monde par la science. Pic de la Mirandole (puis Jérôme Savonarole reprenant les arguments de celui-ci) l’ont largement condamnée. On peut remarquer que ce n’est pas le cas d’astronomes comme Galilée et Kepler qui pratiquaient l’astrologie, de même que Tycho Brahé, ou Cassini, le premier directeur de l’Observatoire de Paris. Dans la préface de ses Tables Rudolphines, Kepler fait observer que l’astrologie, toute folle qu’elle est, est la fille d’une mère sage, et que la fille folle est indispensable pour soutenir et faire vivre sa mère. C’était encore vrai au temps de Kepler, qui était obligé de faire des horoscopes pour gagner sa vie.
En France, sous la pression des jésuites, Colbert la raye des disciplines académiques et en interdit l’enseignement en faculté en 1666. Le poste d’astrologue royal est supprimé à cette époque. Un Essai de justification de l’astrologie judiciaire (BM. Angoulême MS 23) 1696 ne sera jamais publié.
En Angleterre, elle ne sera rayée des disciplines académiques qu’un siècle plus tard. Isaac Newton l’étudie encore en université, « pour voir ce qu’il y a de vrai ». De fait, les premières tables lunaires calculées ensuite d’après la théorie de Newton, furent d’abord destinées à servir aux observations des astrologues.
L'astrologie est considérée par les penseurs des Lumières comme l'exemple archétypal de la superstition, de la croyance dans des forces occultes et supérieures. Pour eux, combattre l'astrologie semble relever d'un combat général ainsi que d'un engagement politique en faveur de la laïcité et du rationalisme, contre l'obscurantisme. Assez paradoxalement, leurs arguments critiques contre l'astrologie apparaissent moins logiques que rhétoriques (utilisation d'arguments principalement polémiques ou d'autorité plutôt qu'une démarche raisonnée).
En cette toute fin du XVIIIe siècle, époque du rationalisme triomphant, le divorce entre l'astronomie et l'astrologie est ainsi finalement prononcé.
Au XXe siècle, l'astrologie réapparaît dans des almanachs, magazines, puis émissions radiophoniques. L'astrologie trouve aussi une place considérable dans le mouvement new age.
Ses nouvelles versions affirment intégrer les valeurs symboliques des planètes orbitant au-delà de Saturne et des astéroïdes ainsi que de nouvelles théories: elle recherche une approche symbolique fondée sur la psychologie.
La validité de l'astrologie commence à être étudiée scientifiquement notamment au travers de l'astrologie statistique.
L'astrologie recouvre au début du XXIe siècle des pratiques et des approches très différentes, au point qu'il est plus juste de parler d'astrologies au pluriel.
Ces astrologies existent sous plusieurs formes qui diffèrent par leurs symboliques et les techniques utilisées, et sont appliquées à un grand nombre d'objets différents. La symbolique des astres et de leurs mouvements est très souple, pouvant changer suivant le contexte et l'école de l'astrologue. Il existe de nombreuses écoles : astrologie humaniste, astrologie psychologique, astrologie conditionnaliste, etc. Elles diffèrent également selon les objets ou les domaines auxquels elles sont appliquées, que ce soit par exemple en psychologie, ou comme prévision, en politique, en bourse, en médecine. Chaque objet a des symboliques propres et parfois des techniques particulières.
Les astrologies les plus en vogue actuellement en occident sont l'astrologie occidentale, fondée sur le calendrier solaire, et l'astrologie chinoise, fondée sur le calendrier chinois. Cette dernière s'est répandue en Europe occidentale vers la fin des années 1970. Ces astrologies existent sous plusieurs formes qui diffèrent par leurs symboliques et les techniques utilisées. Elles diffèrent également selon les objets ou les domaines auxquels elles sont appliquées, que ce soit par exemple en psychologie, ou comme prévision, en politique, en bourse, en médecine. Chaque objet a des symboliques propres et parfois des techniques particulières.
Si les données de base de l'astrologie occidentale restent l'établissement d'une carte du ciel (voir l'article Horoscope), celle-ci est en constante évolution, ce qui induit un certain nombre de divergences entre astrologues. Ces divergences existent dès l'époque traditionnelle, portent sur différentes méthodes pour le calcul des positions des maisons, renvoyant à différentes écoles d'interprétation).
Au XXe siècle, l’astrologie connaît un regain d’intérêt avec une approche nouvelle. Des ingénieurs, psychologues et statisticiens abordent cette discipline à l'aide d'une démarche et de moyens de recherche scientifiques. Voir ci-après.
Ces pratiques sont aujourd'hui toutes sujettes à critiques et à controverse (voir ci-dessous).
L'astrologie est depuis longtemps un sujet de controverse et de critiques (philosophique, théologique, scientifique, épistémologique). Essentiellement développés autour de l'astrologie occidentale, les éléments des débats se sont peu à peu généralisés à l'ensemble des pratiques astrologiques. Parfois condamnée dans l'antiquité (l'astrologie, au même titre que tous les arts divinatoires, est interdite par la Bible), elle est peu à peu rejetée par la science qui lui reproche son absence de base rationnelle. St Augustin, dès le IVe siècle, (« De civitate Dei », VIII, xix) s'élève sur cette base contre la confusion faite entre l'astrologie et l'astronomie.
Ce débat sur les causes, bien que toujours présent, s'est aujourd'hui élargi à une critique objective de la réalité des effets décrits par les astrologues. Actuellement, l'astrologie n'est pas reconnue comme une science, ne disposant pas de bases rationnelles ni de preuves expérimentales, ni n'ayant le caractère de réfutabilité nécessaire pour être acceptée comme théorie scientifique. Néanmoins, les défenseurs de l'astrologie affirment que leur expérience personnelle montre des effets indéniables. Un certain nombre de partisans de l'astrologie admettent que leur discipline, n'ayant pas de cadre de référence rigoureux (méthodologie scientifique, recherche reconnue, publication scientifique vérifiée, etc.), puisse constituer le champ d'action idéal pour les charlatans, les fantaisistes et les escrocs. Ces pratiques déviantes leur apparaissent de nature à renforcer les a priori.
De ce constat s’est développé un certain nombre de procédés d'analyses et de protocoles d'études destinés à éclairer de façon objective la réalité des différents phénomènes (voir la section Nature du phénomène étudié).
Se référant au principe fondamental qu'il n'y a pas d'effet sans cause, la science relève deux objections majeures quant à la réalité des phénomènes mis en jeu. L'absence d'effet (les prédictions astrologiques ne font pas mieux que le hasard) et l'absence de cause (il n'y a aucun mécanisme justifiant une quelconque influence astrale). La recherche systématique des effets qui a conduit aux travaux dans le domaine de l'astrologie statistique. Quant à l'absence de cause, rédhibitoire pour un scientifique, elle n'est généralement pas reçue comme un argument pertinent par le monde astrologique, dont la vision du monde se fonde sur l'analogie plus que sur les causes efficientes.
Outre l'absence de fondements démontrés (aucune causalité identifiée, absence d'effets récurrents objectivement observables) et le développement de ces explications psychologiques, de nombreuses critiques ont vu le jour quant aux efforts déployés par un certain nombre d'astrologues pour légitimer de façon artificielle leur discipline. De façon semblable à ce que Collins et Pinch ont montré en parapsychologie, on peut considérer qu'un petit milieu d'astrologues « mime » les attitudes de la communauté scientifique. Ils font des expériences de type scientifique, ils publient leurs résultats, et s'efforcent de leur donner une visibilité sociale. Ils tentent ainsi de constituer une communauté scientifique à partir d'un domaine relevant des croyances traditionnelles. On peut voir là les effets de la scientifisation de notre société, où la science devient une source de légitimité incontournable. Le terme critique de pseudo-science, caractérisant les pratiques qui revendiquent << verbalement >> la rigueur scientifique sans en appliquer les principes, peut donc s'appliquer à l'astrologie.
Les astrologues remarquent inversement une grande difficulté de dialogue avec les sceptiques. Ils soulignent les manifestations d'une hostilité de principe face à des projets d'études collaboratives. Selon eux, les sceptiques rejettent une matière qu'ils refusent d'examiner, évoquant par ailleurs l'existence d'une « pression sociale contre l'astrologie ». La principale raison du rejet des scientifiques pour l'astrologie leur apparait ainsi plus culturelle que réellement rationnelle.
L'image négative (charlatanerie) de l'astrologie impliquerait que le scientifique qui souhaiterait la défendre publiquement court le risque d'être discrédité par ses pairs. Cette objection est partiellement valide, en tant qu'elle met en lumière la tension interne entre « science établie » et la liberté de recherche scientifique (domaines d'études). La critique de l'astrologie par les philosophes des Lumières reste à cet égard l'exemple historique le plus célèbre d'une « critique de principe ».
Cependant, il est faux de dire que scientifiques et sceptiques n'ont jamais étudié la question. Bien au contraire, de nombreux protocoles d'expérimentation ont été proposés aux astrologues depuis les années 1970, et de nombreux chercheurs du début du siècle se sont attelés à une étude statistique de l'astrologie (astrologie statistique). Les expérimentations menées dans ce domaine sont cependant limitées par l'absence d'une définition précise de l'effet recherché, et les difficultés de sa caractérisation éventuelle.
La motivation de la lutte contre l'obscurantisme n'est pas en soi un argument contre l'astrologie. Elle peut néanmoins sous-tendre un discours réellement argumenté. La confusion entre les dimensions idéologiques et argumentatives génère un débat souvent stérile, difficilement analysable. On citera pour exemple le cas du manifeste contre l'astrologie publié en 1975 par un certain nombre de sommités. Celles-ci présentent simultanément des faits critiques, et des affirmations polémiques, notamment lorsqu'elle décrivent l'astrologie comme une « superstition reposant sur la crédulité des gens ». Cette dévalorisation est souvent la seule partie du manifeste retenue par les partisans de l'astrologie, qui le résument comme un simple « rejet sans examen » de leur pratique.
L'impossibilité épistémologique de démontrer l'inexistence d'une chose illustre partiellement la difficulté intrinsèque du débat. Il est en effet impossible de rejeter « a priori » la possible existence d'une influence des astres («absence de preuve n'est pas preuve de l'absence»). Cependant, la longue histoire des recherches sur l'astrologie - pratique prédictive par essence - n'ayant à ce jour pas abouti, on dispose d'une accumulation d'études réfutant un grand nombre des paradigmes populaires de l'astrologie (voir partie consacrée à l'étude des paradigmes de l'astrologie). Dès lors, s'il existe une influence des astres, celle-ci semble ne pas être du ressort des astrologies existantes. En effet, au-delà de la recherche d'une théorie démontrant la possibilité d'un effet des astres, les travaux méthodiques cherchant à prouver l'existence de corrélations entre les évènements astrologiques et leurs supposés effets aboutissent à l'infirmation des paradigmes astrologiques. Or, pour pouvoir valider les hypothèses de l'astrologie, il est ab minima nécessaire d'observer un effet, avant même de chercher à en expliquer ses tenants.
L'argument de la difficulté épistémologique du dialogue apparait en fait fallacieux. En effet, l'astrologie est une pratique qui ne fournit pas les outils de sa propre réfutabilité, et qui reste par le fait hors du champ d'analyse de l'épistémologie. L'attitude des astrologues est de fait l'exemple retenu par Popper d'un discours qui refuse sa propre réfutation (ou « falsification » selon une mauvaise traduction : on entend par là sa possibilité d'être contredite, réfutée), interdisant ainsi une critique objective de ses affirmations.
L'astrologie cherche parfois à produire l'illusion de sa réfutabilité. Certaines études menées par des astrologues retiennent des dispositifs expérimentaux qui tendent à produire des résultats systématiquement positifs.
L'ensemble de ces polémiques présente un « cas d'école » d'un intérêt indéniable pour la sociologie des sciences et l'épistémologie.
L'engouement de vastes publics pour une pratique sans effets démontrés continue d'être mis en question, de façon souvent très rigoureuse et critique, par un grand nombre d'épistémologues et de sociologues. Les représentants des sceptiques (sceptiques anglo-saxons ou français) expliquent l'intérêt pour les horoscopes par l'effet Barnum et ses corollaires. Ces analyses les amènent à considérer publiquement l'astrologie comme une « superstition reposant sur la crédulité des gens ». Ceci est la position généralement adoptée par le monde scientifique.
Le constat de l'engouement du public invite aussi à une double réflexion sur ses implications économiques, mais aussi sur ses effets psychologiques (comportements induits par la croyance).
Si astrologie et astronomie ont en commun leurs racines historiques (voir Origine historique), les deux pratiques sont maintenant entièrement détachées et parfaitement distinctes (si ce n'est dans leur relative homophonie, toujours source de confusions). L'astrologie ne peut être élevée au rang des sciences physiques en raison de la maigre reproductibilité de ses résultats et de l’absence de causalité établie.
Les signes du Zodiaque, qui servent de cadre de référence et d'analyse, correspondent aussi à des constellations situées sur l'écliptique. Si les traits astrologiques sont associés au passage des planètes dans les limites astronomiques de ces constellations, ce point pose deux nouveaux problèmes.
Les méthodes de calculs utilisées par les astrologues se rapportent à une « carte du ciel » immuable, fixe par rapport au point vernal. En regard, l'astronomie a depuis longtemps fait le constat du « déplacement » des constellations dans le ciel (de 30° ou un signe tous les 2200 ans). Cette dérive est liée au phénomène établi de précession des équinoxes. Le phénomène de la précession des équinoxes entraine une divergence entre la position réelle des astres à la naissance et leur position affirmée par le signe attribué : aujourd'hui le « zodiaque astrologique » est décalé de près d'un signe par rapport au zodiaque des étoiles. Les passages des planètes dans les limites des constellations ne correspondent donc pas à celui des planètes dans les signes. Ce fait conduit à un argument astronomique, souvent présenté par les détracteurs de l'astrologie: les rapports précis décrits dans les horoscopes réellement basés sur des conjectures astrologiques chiffrées (calculs astrologiques) décrivent un état des lieux révolu depuis plusieurs centaines d'années. Cet argument a récemment mené à la création d'une astrologie sidérale, fondée non plus sur des mesures internes au système solaire, mais sur la position réelle des étoiles.
D'autre part, lors de sa course le long du zodiaque tout au long de l'année, le soleil traverse treize constellations, les douze du zodiaque plus Ophiuchus. Cette dernière ne fait pas partie des constellations prises en compte par l'astrologie. Plus grave, les planètes -qui peuvent s'éloigner de l'écliptique de sept à huit degrés) traversent parfois d'autres constellations: Orion, la Baleine, le Corbeau ou la Coupe, le Sextant...
En pratique, ces faux arguments résultent d'une confusion (volontaire ou non) entre signes et constellations du zodiaque. Les « signes » ne sont que des secteurs réguliers de 30°, conventionnellement décomptés à partir du point vernal. Ils ne sont qu'un système de repérage arbitraire, et utilisé d'ailleurs par les astronomes jusqu'au XVIIIe siècle. Ils n'ont dès l'origine qu'un rapport lointain avec les constellations du même nom, dont les limites et positions sont évidemment irrégulières.
Rappelons néanmoins que les recherches statistiques (voir plus bas) qui auraient pu permettre de déceler une régularité des phénomènes astrologiques concluent à l'inexistence d'une telle régularité.
D'autres tentatives non classiques ont été imaginées suite aux critiques du monde scientifique.
Si l'imagination peut extrapoler des moyens par lesquels les positions des planètes nous influenceraient, pour les transits et synastries, la question est encore plus épineuse puisqu'il faudrait en plus mettre en évidence des influences planétaires sur des systèmes biologiques qui auraient « enregistré » une trace des positions des planètes.
De même, mettre en évidence une explication physique des progressions serait encore plus ardu, dans la mesure où le passage symbolique « un an = un jour » ne repose sur aucune base objectivable, si ce n'est justement la base symbolique. Néanmoins, il faut rester prudent avant de la réfuter, dans la mesure où le cerveau utilise des mécanismes symboliques. Pour prendre un très mauvais exemple (il faudrait en trouver un meilleur, fondé sur des mécanismes inconscients) : dans la majorité des cas, les gens ne franchissent pas une lumière rouge pourtant aucun mécanisme physique n'est capable d'expliquer ce comportement.
L'absence de cause identifiée n'interdit pas d'examiner la possibilité d'éventuels effets réguliers (dont la découverte permettrait, le cas échéant, de mieux identifier les causes). L'astrologie statistique est précisément la discipline qui affirme étudier d'éventuels « effets » réguliers, sans que ne soit identifié de cause à ces effets.
Contrairement à d'autres disciplines ésotériques, l'astrologie annonce qu'elle peut prévoir, notamment, des événements très précis et facilement vérifiables. En ce sens, des protocoles de tests permettant de la juger sont aisés à mettre en place. Ces protocoles comparent les prévisions des astrologues sur des sujets précis à des prévisions aléatoires émises par des sceptiques ou des ordinateurs. Les prévisions des astrologues sont alors validées si elles sont de meilleures qualités que les prévisions aléatoires. On peut citer le test sur 22 prévisions de l'an 2000 entre Elisabeth Tessier qui écrit régulièrement qu'elle situe son niveau de réussite à 80 %, voire 90 %, un sceptique et un ordinateur . Résultat : Ordinateur 8 réussites, Elisabeth Tessier et Sceptique 7 réussites. De nombreuses expériences de ce type ont eu lieu. Le cercle zététique de l’université de Nice a créé le Défi zététique international. L’intérêt de ce dernier test est qu’en échange d’un test gratuit, l’astrologue reçoit 200 000 euros en cas de succès. Comme le risque financier est nul pour un gain potentiel énorme, on peut estimer que les astrologues ne se présentant pas à ces tests, ne croient pas à leur don. Après quelques années de fonctionnement, le test fut arrêté faute de combattant. Curieusement, très peu d’astrologues ont concouru, on peut donc en conclure que la partie de la population qui croit le moins en l’astrologie sont les astrologues eux-mêmes. Toutes disciplines confondues, il y a eu 250 tests et zéro réussi.
Un autre test réalisé sur 100 personnes qui jugeaient l'exactitude des prévisions que l'on faisait sur eux montrait que les astrologues avaient exactement le même taux de succès qu'un système aléatoire.
En 1993 parait cependant, dans Les cahiers conditionnalistes, une étude statistique qui démontrerait une corrélation entre les aspects Mercure-Saturne et les qualités de joueur d'échecs. Bien que l'objet théorique de cette étude soit fort restreint, la confirmation de sa validité contredirait le dogme de l'impossibilité d'une influence des astres. Cette étude n'est cependant pas issue de la presse scientifique reconnue au niveau universitaire, et doit donc être prise avec toutes les précautions requises.
Les défenseurs de l'astrologie, comme certains détracteurs des sciences humaines, apparentent parfois l'astrologie aux sciences humaines, argüant de l'utilisation de la recherche statistique et d'une étude d'effets sans cause physique établie. Cette comparaison est évidemment fallacieuse, l'astrologie statistique représentant une activité très différente de l'astrologie elle-même. Il est à noter que l'astrologie statistique est d'ailleurs une activité très marginale, dont les principes méthodologiques de base ne sont pas nécessairement connus des astrologues.
Si l'astrologie définit relativement clairement les différentes significations des éléments d'un thème astral (voir symbolisme astrologique), l'étape de l'interprétation n'est en revanche pas clairement codifiée. De fait, la complexité de cette interprétation et son caractère subjectif semble plutôt l'apparenter à un art. Les résultats étant toujours présentés comme liés au « talent » et à l'expérience de l'astrologue (pour être recevable aux yeux de ses défenseurs, l'analyse doit être faite par un « praticien compétent »). Dès lors, il est impossible d'étudier les méthodes astrologiques actuelles selon les critères scientifiques de reproductibilité. Cet aspect est vivement critiqué par les sceptiques, cet argument précis étant justement utilisé par les charlatans pour opérer une sélection a posteriori de leurs prédictions. Il a été démontré par Henri Broch que la variabilité des résultats présentés par des sujets réputés doués correspond précisément aux résultats de prédictions « aléatoires ». Cette démonstration, très facilement reproductible, est consultable dans l'ouvrage Devenez sorcier, devenez savant.
En parallèle, une autre approche se fait jour avec des astro-psychologues qui développent parallèlement un nouveau courant de pensée astrologique, basé sur les connaissances ouvertes par la psychanalyse. Ils rejettent la démarche scientifique appliquée à l’astrologie et en récuse le bien-fondé. Carl Gustav Jung qui défend à ce moment-là les concepts de symbolisme, de synchronicité et d’archétype, craint que « l’influence niveleuse des grands nombres, de prouver quelque chose par la méthode statistique dans le domaine de l’astrologie ». Dane Rudhyar, promoteur d’une astrologie humaniste, déclare qu’elle « n'a pas pour objet principal et immédiat de prédire des évènements sous forme de probabilités statistiques, mais d'enseigner l'ordre et la « forme » qui font le sens de l'existence individuelle et des luttes jalonnant le chemin de la réalisation de soi ».
Les prédictions et les conjectures astrologiques sont soumises à la double question de la précision de l'information formulée et de la subjectivité de son destinataire. Il semble intéressant pour qui manipule les résultats d'une prédiction d'analyser le degré d'information qu'elle contient, c’est-à-dire à la fois son caractère informatif réel (voir effet Barnum) et la quantité d'éléments présentés.
Plusieurs éléments cités aux points précédents (confrontation à un échantillon témoin et approche statistique) apportent une explication objective à l'existence de nombreux succès prédictifs de la part des astrologues. En effet, l'illusion statistique qui consiste à ne présenter que les « succès » (cas des fraudes caractérisées) soit à ne se souvenir que des prédictions efficientes (phénomène purement psychologique) explique de façon rigoureuse une partie réelle des succès présents dans l'imaginaire populaire.
Par ailleurs, certains succès prédictifs s'expliquent par la probabilité objective de l'occurrence d'un évènement. Exemple fameux : prédire la mort d'un pape dans l'année, durant les dernières années de la vie de Jean-Paul II, était pour les astrologues un pari apparemment facile au vu de la très mauvaise santé du souverain pontife. Sa longévité a infirmé année après année ces prédictions, présentées comme solides. Il est à noter que l'année de sa mort, ces mêmes astrologues pouvaient comptabiliser cette prédiction comme un « succès ».
Les bilans prédictifs des astrologues (récapitulation des prédictions justes, au terme d'une série de séances ou d'une année) ne présentent généralement que les « succès » prédictifs, occultant les erreurs. Si l'on suppose la précision égale des prédictions, cette comparaison s'avèrerait pourtant intéressante. La constitution d'un grand nombre de ces bilans prédictifs par les zététiciens démontre, selon le modèle présenté plus haut, que les succès sont attribuables au hasard dans tous les cas étudiés.
Des études sérieuses montrent enfin que la croyance en l'astrologie induit une modification des comportements des croyants, qui peuvent présenter une réelle tendance à conformer leurs actions avec les « prédictions » de l'horoscope. Le facteur psychologique apparait donc essentiel dans la compréhension de l'engouement pour l'astrologie, ainsi que dans l'interprétation des phénomènes.
Dans l'Empire romain, alors même que l'astrologie est très populaire, les astrologues furent mis hors la loi par décret dès 130 avant J.-C. La « mode » astrologique continuant, l'empereur Tibère met en place une législation restrictive des pratiques divinatoires et impose des critères de qualité à la profession d'astrologue (sous la suggestion de son conseiller Thrasyllus, lui-même astrologue). Ces législations sont renouvelées un siècle plus tard par Hadrien, lui-même astrologue amateur.
On retrouve la même préoccupation mille ans plus tard, quand Alphonse X de Castille, auteur de traités astronomique et astrologique, édicte que « La divination du futur par les astres est autorisée pour les personnes correctement formées à l'astronomie ».
Jusqu'à la fin du XXe siècle, en France, le Code Pénal comportait dans sa partie règlementaire l'article R-34 sanctionnant « les gens qui font métier de deviner ou de pronostiquer ».Cet article a été supprimé par la réforme du code pénal, sous la présidence de François Mitterrand.
On peut néanmoins remarquer que la Loi sanctionne des pratiques et des faits, non des pensées: ces interdictions ne s'adressent donc pas à l'astrologie en tant que telle, mais aux troubles sociaux qu'entrainent les pratiques des charlatans qui s'appuient sur l'astrologie. En un sens, dans le domaine de l'astrologie, la loi ne sanctionne pas l'influence indue des astres, mais bien l'influence indue des astrologues.
Dans le Tetrabiblos, Ptolémée répond déjà à la critique centrale de l'astrologie, son lien avec le déterminisme, en affirmant : « Les astres inclinent mais n'obligent pas ». De même, il souligne l'importance de la situation de naissance du sujet (hérédité génétique et sociale) dans les interprétations : « Le ciel ne donne pas à l'homme ses habitudes, son histoire, son bonheur, ses enfants, sa richesse, sa femme… mais il façonne sa condition ».
Le relai de cette critique est pris par les théologiens, pour lesquels la doctrine astrologique met en danger la notion de responsabilité individuelle de l'homme face à ses actes.On trouve trace de cette préoccupation dès l'interdiction biblique (Deutéronome 18:10-12): « On ne trouvera chez toi personne qui fait le métier de devin et de mage », interdiction relayée par les moqueries des prophètes (par exemple, Isaïe 47:12-14). Au Ve siècle, le concile de Tolède déclare « si quelqu'un croit devoir ajouter foi à l'astrologie ou à la divination, qu'il soit anathème ».Au XIIe siècle, Thomas d'Aquin écrit, dans sa Somme théologique : « Beaucoup d'hommes obéissent à leurs passions, auxquelles le sage résiste. C'est pourquoi, le plus souvent, ce qui est prédit d'après l'observation des astres au sujet des actions humaines se vérifie », les actions humaines en question concernant par exemple les labours ou la navigation, sur laquelle il mentionne l'influence de la Lune. Mais il indique aussi, reprenant un argument d'Origène : « il faut bien se garder de croire que la liberté de l'homme soit soumise à l'influence des astres ; car alors, il n'y aurait plus de libre arbitre, sans lequel les hommes ne feraient aucun acte de vertu, digne de récompenses, ni aucune mauvaise action qui méritât d'être punie ». Il s'oppose donc au déterminisme astral intégral, qui conduirait à la négation du libre arbitre et à l'idée d'une production planétaire (et donc hérétique) du divin (cf. Dante).
Pour le théologien, ce n'est pas l'idée que les astres puissent avoir une influence sur le comportement humain qui est en soi condamnable. Ce qui est « une abomination devant l'Eternel » (Dt 18:12) c'est d'accorder une importance absolue à cette éventuelle influence au point de suggérer que le destin « est écrit », et donc que les hommes ne sont pas libres.
Interprétation astrologique
L'interprétation astrologique d'un horoscope (ou thème astrologique) consiste à faire l'inventaire des configurations qu'il contient, et à en donner une interprétation fondée sur le symbolisme astrologique.
On appelle configuration d'un thème (ou encore constellation, à l'instar de la constellation psychique des psychologues) les données analytiques qui forment un tout synthétique et doivent faire l'objet d'une interprétation unifiée.
Une configuration simple se fonde sur trois éléments: une planète (sans aspect), le signe qu'elle occupe, et la Maison où elle exerce son influence. Le plus souvent, la configuration fait intervenir d'autres planètes, à travers les aspects formés par la planète, la présence d'autres planètes dans le signe ou la Maison, la position et rapport de la planète qui règne sur le signe...
Avant même d'aborder toute considération sur sa pertinence (largement critiquée par ailleurs, voir l'article associé), l'interprétation astrologique superpose deux difficultés théoriques.
De ce point de vue, un "bon" astrologue est un praticien qui maîtrise les subtilités à la fois du symbolisme astrologique, et des réalités qu'il prétend interpréter.
Ces deux compétences sont difficilement appréciables par un public non averti. Ceci explique qu'il a de tout temps été très facile pour un charlatan complet de se faire passer pour un astrologue, et de gagner très confortablement sa vie en abusant de la crédulité du public, par des consultations ou (pour les plus médiatiques) par des publications de prédictions ou de vulgarisations astrologiques.
De même, cette double compétence ne peut pas être validée de nos jours par une reconnaissance universitaire ou un diplôme universitaire quelconque. De ce fait, la critique de l'astrologie ne peut faire aujourd’hui la différence entre les pratiques de ces charlatans commerciaux et médiatiques, et celles de chercheurs ou praticiens dont l'honnêteté intellectuelle peut être réelle.
Pour ces raisons, l’astrologie paraît inéluctablement vouée à demeurer un terrain miné, qu’il vaut mieux recommander au grand public d’éviter, et dans lequel on ne peut que recommander au passionné de s’aventurer avec la plus grande prudence, un bon esprit critique, et un solide discernement.
Il existe de très nombreux « manuels d'astrologie » qui (après avoir présenté le Symbolisme astrologique des planètes, signes et Maisons) présentent de manière systématique des interprétations élémentaires de ce que signifient les planètes dans les signes, les planètes dans les secteurs, et les aspects entre planètes.
Ces interprétations élémentaires sont en principe destinées à être utilisées comme des illustrations ou des cas typiques, non comme des vérités établies. Cependant, ces manuels sont utilisés "en l'état" par les astrologues débutants, qui en guise d'interprétation superposent les significations données par le manuel des différentes configurations du thème.
De ce fait, les astrologues font généralement des prédictions très précises, mais sans nuances, et sans cohérence générale. Ces prédictions sont naturellement facilement invalidées. C’est ce type d’astrologie que l’on trouvera pratiquée par des astrologues « de salon », ou par des systèmes d’interprétation automatique de type Astroflash (voir ci-dessous).
L'échec du premier type d'interprétation conduit toujours l'astrologue débutant à énoncer ses prédictions avec plus de prudence.
Ceux qui ne parviennent pas à rentrer dans le symbolisme astrologique s'adaptent rapidement à un mode de discours apte à convaincre et retenir leurs clients. Ces prédictions "de charlatan" se caractérisent toujours par un habillage astrologique, qui peut être renforcé par la mise en scène du praticien (décors, habits,...). Mais le contenu prédictif est rendu creux et évasif, que ce soit par des prédictions indémontrables qui assurent tout et son contraire (il se peut qu’une menace survienne dans le domaine X, à moins que …), ou par des absences de prédictions couvertes par des sous-entendus très suggestifs (je vois des choses terribles… mais je ne peux pas en dire plus !) dans lesquelles le consultant peut comprendre tout ce qu’il veut.
Dans le meilleur des cas, ces praticiens apprennent à se mettre dans une attitude d’écoute attentive vis-à-vis de leur client, ce qui peut les conduire à prodiguer des conseils de bon sens d’une réelle efficacité, fondés sur l’expérience des choses humaines — à défaut d’avoir un quelconque lien avec l’interprétation astrologique.
La nécessité d’une interprétation plus synthétique du thème astrologique conduit de nombreux astrologues à un stade intermédiaire, où ils pratiquent l’astromancie plus que l’astrologie. Ces praticiens utilisent le thème astrologique comme une source d’inspiration, dans laquelle ils « voient l’avenir ».
Ce qui différencie un « astromancien » d’un « astrologue », c’est que ce dernier est (en principe) capable d’expliquer les raisons objectives (puisées dans le thème) pour lesquelles il avance tel ou tel énoncé, alors que le premier ne se fonde que sur son intuition personnelle, par nature indiscutable. Ceci étant dit, il faut clairement un « astrologue compétent » pour examiner le cas et se prononcer sur la différence. De ce fait, la différence entre astrologie et astromancie échappe à l’investigation scientifique, dans la mesure où cette dernière se démarque par principe de l’astrologie.
En soi, l’astromancien n’est ni plus ni moins critiquable que le voyant qui révèle l’avenir à son client par une lecture inspirée dans sa boule de cristal. La critique de son activité relève de celle des voyances en général, non spécifiquement de celle de l’astrologie.
A force de pratiquer l’interprétation, un astrologue finit souvent par bien maîtriser le symbolisme astrologique. Mais l’astrologue qui commence à maîtriser le symbolisme astrologique tend le plus souvent à en surestimer son efficacité, et à avoir une lecture excessive du déterminisme astral. Pour cet astrologue, les éléments relevés dans l’horoscope sont nécessairement vrais, mais leur réalisation peut s’être manifestée par des voies occultes. En simplifiant à l’extrême, un tel astrologue tient à son client un discours du type « c’est la vérité, mais vous n’en êtes pas conscient ».
Un tel astrologue risque de s’enfermer dans une vision du monde déconnectée de la réalité, ce qui est naturellement dangereux pour sa santé mentale, mais également pour les consultants facilement sensibles à la suggestion. Si son autorité et son magnétisme personnel sont suffisants, il peut créer autour de sa personne un cercle d’inconditionnels, à la fois clients et zélateurs de ce qui peut être un embryon de secte.
En fin de compte, un « astrologue sérieux » est difficile à caractériser : d’une part, il a maîtrisé son art astrologique et peut « lire » rapidement une synthèse à partir d’un thème astrologique complexe. D’autre part, il a suffisamment relativisé son interprétation pour faire la part entre les tendances de fond que décrivent un thème, et la réalisation qui peut en être constatée pour un individu donné, compte tenu des autres facteurs que peuvent constituer son milieu de naissance, son éducation, et l’exercice permanent de son libre arbitre.
Une autre limitation acceptée par la plupart des personnes ayant étudié le concept du thème astrologique d'un point de vue scientifique et impartial est qu'il est techniquement impossible de prédire l'avenir, et que la position des étoiles vues d'un point de vue de l'Univers (en l'occurrence, la Terre) n'est pas un révélateur de la vie des êtres humains. L'astrologie peut donc être considérée comme une superstition plus ou moins douteuse.
Le nombre de configurations susceptibles d'être analysées est immense : si l'on se limite au cas (encore simple) d'un aspect entre deux planètes, il y a quelques millions de cas possibles ; et ce que doit analyser l'astrologue est la totalité du thème, dix planètes interagissantes constituant une globalité synthétique. Une telle complexité est largement au delà des capacités d'analyse humaines.
L'astrologue procède typiquement par approximation successive : il va rechercher la note dominante du thème astrologique (appelée « dominante »), qui constituera le type de base de son interprétation. Sur ce type de référence, les détails des notes secondaires seront ajoutés en tant que correctifs, venant compléter ou nuancer la dynamique globale de la dominante, voire dans certains cas la corriger.
En 1967, Roger Berthier (un des fondateurs de la chaîne d'hypermarchés Euromarché et André Barbault, astrologue, ont une idée qui s'avèrera une grande réussite commerciale : ils fusionnent l'astrologie, pratique antédiluvienne, et l'informatique, dont l'existence vient tout juste d'être connue du public et dont on prétend qu'il ne connaît pas l'erreur (ce qui sera populairement traduit par : la machine sait tout). Ils acquièrent un ordinateur de type IBM 360 qu'ils installent dans la Galerie des Champs-Élysées à Paris. Le service de la société Astroflash est baptisé « Ordinastral » impressionne fortement le public qui peut le regarder fonctionner. L'histoire d'Astroflash est intéressante à plusieurs titres : par son succès commercial, Astroflash montre bien la fascination du public pour l'informatique et son engouement pour l'astrologie (phénomène décrit dans l'article sur l'astrologie populaire). Basés sur des algorithmes extrèmement complexes, les ouvrages individualisés et édités par Astroflash donnent des résultats très précis. Le succès d'Astroflash ne se dément pas depuis 40 ans et la société est installée au 34 avenue des Champs Elysées à Paris.
Marcus Manilius
Marcus Manilius est un poète latin et astrologue probablement né en Afrique du Nord qui, dans les premières années de l'ère chrétienne (les dernières années du règne de l'empereur Auguste) écrivit un poème didactique en cinq livres sur l'astronomie ancienne et l'astrologie, les Astronomiques.
Les particularités du latin de Manilius incitèrent le philologue anglais Richard Bentley à supposer que Manilius était originaire du Proche-Orient. Il n'y a toutefois à ce jour pas d'adhésion générale à cette hypothèse.
Le concept astrologique de « maisons » (que Manilius appelle templa), utilisé des siècles durant pour tirer des horoscopes à partir de la configuration des planètes dans le zodiaque, apparaît pour la première fois dans les Astronomica. Le plus ancien horoscope connu fondé sur ce système est d'ailleurs à peine plus ancien : il date de 20 av. Chr. Claude Ptolémée (vers 130-170), père de l’astrologie classique, ne mentionne nulle part les maisons astrologiques dans son Tetrabiblos.
Deux manuscrits des Astronomica des Xe siècle et XIe siècle ont été conservés jusqu'à aujourd'hui grâce au soin des couvents (l'un à Gembloux dans le Brabant) ; ils sont conservés aujourd'hui, l'un à Bruxelles, l'autre à la Bibliothèque de Leipzig. L'ouvrage, inconnu des savants, fut redécouvert près de Constance en 1416-17 par Le Pogge, grâce aux loisirs que lui laissaient les intermèdes du concile de Constance. L’editio princeps des Astronomica a été préparée en 1473 à Nuremberg par l’astronome Regiomontanus à partir de ce manuscrit très endommagé. Ce texte fit par la suite l'objet d'émendations de Joseph Juste Scaliger, dont l'édition parut d'abord en 1579 à Paris avant d'être réimprimée en 1600 à Leyde. L'édition de Richard Bentley date de 1739. Mais l'édition de référence est certainement celle d'Alfred Edward Housmans en cinq volumes (1903-1930). L'édition de G. P. Goold, préparée pour la Loeb Classical Library (Harvard, 1977) ne produit pas une impression comparable.
Les Astronomica reviennent fréquemment dans les nouvelles de l'écrivain américain de littérature fantastique H. P. Lovecraft et leur titre a sans doute inspiré à cet auteur l'ouvrage de sorcellerie imaginaire qu'il mentionne de façon récurrente (à savoir le Necronomicon).


