Hamid Karzai

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Posté par woody 22/04/2009 @ 22:07

Tags : hamid karzai, afghanistan, asie, international

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Hamid Karzaï

Hamid Karzai and George W. Bush in 2002.jpg

Hamid Karzai, né le 24 décembre 1957 à Kandahar, est un homme politique afghan.

Depuis décembre 2004, il est président de la République islamique d'Afghanistan (par intérim jusqu'à son élection, en 2004).

D'origine pachtoune, sa famille s'installe à Quatan (Pakistan) en 1979, pour fuir l'invasion soviétique. Il fait ses études en Inde et est diplômé de sciences politiques en 1983 ; il étudie également l'audiovisuel à l'école de journalisme de Lille. Il revient au Pakistan enseigner l'anglais, tandis que ses quatre frères émigrent aux États-Unis d'Amérique pour fonder une chaîne de restaurants.

Il fait partie d'un petit mouvement de résistance afghan pro-royaliste, et est nommé vice-ministre des Affaires étrangères lorsque les moudjahidins prennent Kaboul en 1992. Devant les affrontements des chefs de guerre membres du gouvernement, il tente en 1994 de persuader le commandant Massoud de reprendre le gouvernement, mais celui-ci le soupçonne d'être un agent du Pakistan et le met en prison. Il s'échappe grâce à la destruction fortuite de sa prison par une roquette. Il collabore ensuite avec les talibans mais, après la prise de Kaboul en 1996, il refuse le poste de représentant des talibans à l'ONU proposé par le mollah Omar. Il rompt toute relation avec le régime après l'assassinat de son père le 14 juillet 1999, probablement par un taliban.

Hamid Karzai est repéré dans les années 1990 par Zalmay Khalilzad, un afghan naturalisé aux États-Unis en 1984 faisant partie de la RAND Corporation, un think tank proche de l'administration des États-Unis, et actuel ambassadeur des États-Unis en Afghanistan. Sur ses conseils, le Département d'État décide de le promouvoir comme futur président ; pour lui donner une légitimité, il est envoyé en Afghanistan en octobre 2001 pour rassembler quelques tribus pashtounes contre les talibans, les actes de guerre étant en fait largement effectués par les forces spéciales américaines et britanniques. Il échappe à un attentat le 5 septembre 2002.

Le 13 juin 2002, il est élu président pour deux ans par la Loya Jirga (assemblée coutumière des chefs de clans). Il devient alors le président du gouvernement interimaire mis en place suite à la chute du régime taliban en 22 décembre 2001 jusqu'à l'élection présidentielle démocratique du 9 octobre 2004 à laquelle il se présente. Soutenu par les États-Unis, il remporte le scrutin dans 21 des 34 provinces du pays et avec globalement 55,4 % des voix (4,5 millions de votes sur 8,1 millions). Il entre officiellement en fonction le 3 novembre. Son autorité en dehors de la capitale Kaboul reste cependant extrêmement limitée, alors que le commerce de l'opium devient de plus en plus florissant, au point de saper les fondements de l'État dans plusieurs provinces.

Le 10 juin 2007, il est la cible de 12 roquettes lancées en direction de son domicile alors qu'il s'exprimait devant des habitants du district d'Andar. Les Talibans ont revendiqué cet attentat par la voix de leur porte-parole Qari Youssef Ahmadi . Aucune victime n'a été recensée suite à cette attaque.

Une nouvelle attaque à la roquette et aux armes automatiques survient le 27 avril 2008 lors d'un important défilé militaire à Kaboul qui fait trois morts, et une dizaine de blessés. Mais le président en sort finalement indemne.

Hamid Karzaï et George W. Bush, le 28 janvier 2002.

Investiture de Hamid Karzaï, le 7 décembre 2004.

Le président Karzaï au Forum économique mondial, le 24 janvier 2008.

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Afghanistan

Drapeau de l'Afghanistan

L'Afghanistan, officiellement la République islamique d'Afghanistan (pachto : د أفغانستان اسلامي جمهوریت, dari : جمهوری اسلامی أفغانستان), est un pays d'Asie centrale sans accès à la mer entouré du Pakistan, du Tadjikistan, de l'Iran, du Turkménistan, de l'Ouzbékistan et de la Chine.

Ses habitants sont les Afghans. Ses langues officielles sont le pachto et le dari.

Le nom Afghanistan dérive de l'autre nom donné aux Pachtounes : les Afghans. Le suffixe du nom tient son origine du mot dari stān (« pays »). Afghanistan signifie donc pays des Afghans.

En outre, on a longtemps pensé qu'Al Biruni, le célèbre mathématicien, encyclopédiste et philosophe persan, fut le premier à avoir évoqué les Afghans dans son Histoire de l'Inde (1030). En réalité, le terme Afghan avait déjà été cité en 982 par Houdoud al Alam, géographe persan et Ibn al-Athir qui avait cité le nom 10 ans avant le premier.

De nombreuses légendes entourent le nom de ce peuple mystérieux dont le passé est relativement mal connu. Ainsi Khwadja Niamat-Ullah, historien et géographe indien à la cour de l'Empereur moghol Jahangir, écrivit dans son Histoire des Afghans que le peuple afghan serait issu d'un officier du Roi Salomon nommé Afghâna. Les descendants de cet officier auraient été chassés d'Israël par Nabuchodonosor et se seraient installés dans l'actuel Afghanistan, notamment dans la région des monts Sulaymân. Cette légende n'est pas confirmée et dans l'Ancien Testament on ne retrouve nulle part le nom de ce fameux officier de Salomon. Cette théorie peut aussi être réfutée par les origines du peuple pachtoune, ethnie majoritaire du pays. En effet, les Pachtounes font partie des peuples indo-aryens et ne sont pas sémites.

D'autres explications, toutes aussi originales, ont été avancées. Ainsi, l'une prétend que le mot « afghan » aurait des origines albanaises (du grec Al-Ab, on aurait fait Agvan, puis Avgan). L'autre, celle de Vera Marigo, se rapporte aux « épigones » — les successeurs d'Alexandre le Grand : Epigonoï aurait évolué en Aphigonoï (Afigani). Ces théories n'expliquent pas les mille ans qui séparent la fin des royaumes grecs de la toute première apparition du mot « Afghan ».

L'Afghanistan, considéré comme un carrefour de l'Asie centrale, a une histoire mouvementée. À travers les âges, la région, aujourd'hui connue sous le nom Afghanistan, a été occupée par l'Empire perse, par Alexandre le Grand et Genghis Khan.

Les Afghans menèrent de nombreuses batailles contre les envahisseurs qu'ils aient été perses, indiens, russes ou britanniques. Ces derniers ont notamment subi en Afghanistan des défaites marquantes, notamment celles de Gandamak en 1842 où le 44e régiment britannique fut totalement anéanti et de Maiwand où le 66e régiment n'a compté que quelques survivants. L'Afghanistan fut le seul État asiatique avec le Japon à tenir tête aux puissances coloniales européennes. Son histoire et sa création comme État-tampon entre les possessions de l' Angleterre et de la Russie ne se comprend pas sans une analyse géopolitique du Grand Jeu des Puissances, réactivé aujourd'hui dans un contexte de contrôle des routes pétrolières et gazières.

Convoité par de nombreuses puissances tant régionales que mondiales, l'Afghanistan se trouve toujours sur le chemin de l'Inde lorsque les Perses, Grecs, Moghols, ou Turcs rêvent d'en prendre le contrôle. Inversement, l'Afghanistan s'est toujours trouvé sur le chemin des empereurs indiens comme Ashoka, dans leur volonté d'expansion vers l'ouest.

Parallèlement, l'Afghanistan a également été le centre de nombreux pouvoirs forts d'origine grecque sous l'Empire bactrien, bouddhiste sous l'Empire kouchan, moghol sous le règne de Bâbur ou encore turc sous le règne des empereurs comme Mahmûd de Ghaznî, ou Muhammad Ghûrî.

Son emplacement géographique sur les routes commerciales fait de ce pays un enjeu stratégique majeur encore aujourd'hui.

Cet emplacement stratégique a profité à de nombreux royaumes qui se sont succédé sur ce territoire. Ainsi, après l'effondrement des royaumes grecs et un bref contrôle exercé par l'empereur Ashoka, le peuple Yuezhi, avec à sa tête le chef Kujula Kadphisès s'empare du pays et se taille un gigantesque Empire qui sera nommé l'Empire kouchan. Son territoire s'étendait de l'Iran actuel jusqu'en Inde, probablement plus loin que Delhi et de la Mer d'Oman jusqu'à la Mer d'Aral. Pour beaucoup d'historiens, c'est grâce à cet Empire kouchan et plus précisément à son Empereur Kanishka Ier que le bouddhisme a pu s'étendre jusqu'en Chine, en Corée et au Japon par les voies commerciales et non par des conquêtes militaires.

Le rôle de l'islam est également fondamental dans l'histoire de ce pays. Les premières armées arabes ont pu profiter de la faiblesse de l'Empire perse sassanide, en plein effondrement, et s'emparer ainsi de la presque totalité des possessions de celui-ci. L'islamisation de l'essentiel du pays a pris plus de 200 ans. La résistance légendaire des shahs de Kaboul, encore bouddhistes, a considérablement retardé l'islamisation. La région du Nourestân a été la dernière région du pays à se convertir à l'islam. En effet, les Nouristanis ne sont musulmans que depuis le XIXe siècle, soit plus de 1200 ans après les toutes premières conquêtes arabes.

Après l'installation définitive de l'islam en Afghanistan, celui-ci ne s'est plus étendu grâce aux Arabes mais surtout grâce aux Turcs comme l'Empereur Mahmûd de Ghaznî et Muhammad Ghûrî. En ce qui concerne l'islamisation de l'Inde, le chef militaire afghan Sher Shah Suri y a joué un très grand rôle où il fut suzerain juste et ingénieux à Sasaram. Ce dernier a notamment été à l'origine de la route Grand Trunk Road connue par les Européens sous le nom de la Grande marche. Cette route relie le Bengale à Delhi, s'étend jusqu'au Pakistan et finit en Afghanistan passant par le Khyber Pass. Le tombeau du suzerain, appelé aussi le deuxième Taj Mahal en Inde, figure sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO.

L'Afghanistan en tant qu'État ne commence à exister qu'à partir de 1747. Cette date correspond à la dislocation de l'Empire perse afsharide, après la mort de l'empereur Nader Shah de Perse. Très rapidement, l'Afghanistan s'impose comme une puissance militaire de premier ordre dirigée par des généraux hors pair comme Ahmad Khan Abdali. Ce chef militaire, devenu Padishah Ahmad Shâh Durrani, cette même année, après son élection par la Loya Jirga, mène de nombreuses campagnes militaires et étend l'empire afghan aux confins de l'empire perse et indien où il met définitivement fin au règne des Moghols. Les Afghans remportent de grandes victoires en Inde : par exemple, la troisième bataille de Pânipat dont l'issue fit entrer Ahmad Shâh Durrani dans l'histoire.

Pour beaucoup d'Indiens, parmi les quelques raisons qui ont permis aux Britanniques de s'installer durablement sur le sous-continent indien figurent deux événements majeurs. D'une part, la troisième bataille de Pânipat pendant laquelle les forces militaires sikhs et indiennes furent anéanties par les Afghans et qui auraient pu résister aux forces armées britanniques. D'autre part, l'inaction des souverains afghans, sourds aux innombrables appels des Maharajahs indiens pour les aider face aux Britanniques. Les souverains afghans, bien qu'excellents guerriers, ne furent jamais de fins politiciens, n'ayant pas mesuré l'importance de la pénétration des armées britanniques. Les Afghans ont dû aussi faire face à l'avancée des armées russes au nord du pays et ont dû céder d'importantes villes comme Samarcande et Boukhara.

Ahmad Shah Durrani règna sur l'Afghanistan jusqu'en 1772, l'année de sa mort, laissant son Empire à son fils Timour. On présume qu'il est mort d'un cancer de la face, mais personne ne le sait vraiment. Le fondateur de l'Afghanistan porte aussi le titre de « Bâbâe Mélat » qui, en pachto, signifie Père de la Nation, il est seul avec Mohammed Zaher Chah, le dernier roi d'Afghanistan, à détenir ce titre.

Le règne du fils aîné d'Ahmad Shâh Durrani, Timour Shâh Durrani a commencé en 1772 et durera 21 ans. À 24 ans, le jeune Timour est déjà un administrateur et un commandant confirmé. Sous le règne de son père, Ahmad Shâh Durrani, Timour Shâh fut gouverneur de Lahore, de Multan et de Herat mais aussi Vice-Roi du Penjab. Contrairement à son père, Timour Shâh n'a jamais aimé le faste et les conquêtes militaires, la priorité du jeune souverain fut de contenir son Empire dans ses limites de l'époque ce qui fut déjà extrêmement complexe.

Timour Shâh a accédé au trône dans un climat de confusion et de guerres d'influence en coulisses. N'ayant laissé aucune instruction ni protocole quant à sa succession, Ahmad Shâh a rendu compliquée la succession au trône afghan. Pour les dirigeants de l'époque, il n'était un secret pour personne que Timour Shâh avait la préférence de son père. Le jeune Timour Shâh avait montré ses capacités de gestionnaire et de bon chef militaire en gouvernant les provinces les plus difficiles (hormis Herat). Il a également assuré la vice-régence de Penjab, une région reculée de l'empire, très difficile à gouverner pour cause de dissensions internes et attaques incessantes des sikhs. Bien qu'indéniablement Timour Shâh avait la préférence et la confiance de son père, les chefs de tribus, notamment les chefs Ghilzai (adversaires traditionnels des Durrani) ne souhaitaient pas voir Timour Shâh succéder à son père, très probablement parce que d'une part le jeune Timour n'avait pas le charisme de son père et d'autre part qu'il était très indépendant, ce qui ne convenait pas aux chefs de tribus qui préféraient un Padishah facilement contrôlable.

C'est ainsi que le Vizir d'Ahmad Shâh Durrani, Shah Wali Khan Bomezaï a convaincu son beau-fils et le frère cadet de Timour Shâh, le prince Sulayman Khan Durrani de revendiquer le trône en 1773. Alors loin de la capitale, Timour Shâh, apprend la nouvelle de l'intronisation de son frère Sulayman Khan comme Padishah de Kandahar, alors la capitale de l'Empire. Ce fait inacceptable poussa le jeune Empereur à marcher sur la capitale, soutenu par tous les clans de la tribu Durrani. La ville a opposé une forte résistance sur ordre de Shah Wali Khan Bomezaï afin de protéger Sulayman Shâh . Mais il échoua finalement dans son entreprise d'installer au pouvoir un Padishah pantin. Tentant de se faire pardonner par Timour Shâh, ce dernier voulut donner l'exemple en ordonnant à la garde impériale de décapiter Shah Wali Khan Bomezaï alors qu'il demandait audience. Ce châtiment eut pour conséquence de calmer toutes les velléités et tentatives de coup d'État pour une courte durée mais a attisé la haine des tribus Ghilzaï à laquelle appartenait Shah Wali Khan Bomezaï. Le jeune Timour a pu entrer dans la ville de Kandahar et se faire couronner Padishah de l'Empire afghan.

Sous le règne de Timour Shâh Durrani, l'Afghanistan connaît une relative stabilité mais reste rongé par des dissensions internes, notamment parmi les familles pachtounes, l'ethnie dont est issue la famille impériale. Les tribus Ghilzaï et Durrani, deux branches pachtounes, se battent depuis la création du pays pour accéder au pouvoir. On retrouve cet affrontement tout au long de l'histoire afghane, notamment contemporaine. À titre d'exemple, les talibans sont essentiellement dirigés par les Ghilzai, la tribu de Mollah Mohammad Omar, alors que le président actuel, Hamid Karzai, est un représentant de la tribu des Durrani, branche Mohammadzaï, clan Popalzaï.

Timour Shâh se sent à l'étroit dans sa capitale Kandahar où il est sans cesse pris à partie par certains membres de sa cour. Fatigué des agissements de la cour qui provoqua la révolte de 1774 et proclama Padishah un certain Abdul Khaliq Khan, Timour Shâh décida de transférer la capitale de Kandahar à Kaboul en 1776. La révolte de la cour tient à deux faits majeurs : les chefs de tribus entendaient profiter de la mort d'Ahmad Shâh Durrani pour étendre leur pouvoir féodal déjà considérable que Timour Shâh a commencé à réduire sous son règne et parce que le jeune Empereur fut très indépendant, refusant de suivre les chefs de clan. Afin de minimiser les risques de coup d'État et son éventuel assassinat, Timour Shâh choisit Kaboul pour capitale. D'abord parce que la ville était très appréciée de plusieurs souverains qui y avaient établi leur capitale avant Timour Shâh, comme l'Empereur Babûr Shah, surnommé d'ailleurs le Roi de Kaboul. En outre la ville était appréciée pour sa fraîcheur, alors qu'une chaleur écrasante régnait à Kandahar. Par ailleurs la ville était prospère et fut le centre des arts, de la culture et des sciences de l'Empire. Son multiculturalisme permettait d'amoindrir le rôle des pachtounes assoiffés de pouvoir.

Timour Shâh fut finalement assassiné, probablement par empoisonnement le 18 mai 1793. Sa mort resta suspecte et n'a jamais été élucidée. L'Empereur se portait très bien, comme tous les guerriers, si bien qu'une mort subite comme la sienne ne peut que laisser interrogatif. Son tombeau à Kaboul est resté inachevé.

L'Empereur Timour a finalement commis la même erreur que son père en ne désignant clairement aucun de ses fils comme successeur et en ne mettant en place aucun protocole de succession. Néanmoins, il laissa entendre que son préféré était son fils Zaman Shâh qui fut d'ailleurs élevé au rang de gouverneur de Kaboul, alors la fonction la plus prestigieuse après celle de Chef de l'État.

La mort subite de Timour Shâh et l'absence d'héritier au trône clairement désigné plongeront l'Afghanistan dans une profonde instabilité qui durera deux siècles et que les Britanniques sauront exploiter au détriment des Afghans tout au long du XIXe siècle.

La mort subite de Timour Shâh ouvre une ère de guerre et de déchirures pour la succession au trône. Alors gouverneur de Kaboul, Zaman Shâh, le cinquième fils de Timour Shâh est couronné Empereur en 1793, succédant ainsi à son père. Mais ses 22 frères réclamaient le trône aussi, arguant que leur père n'avait clairement désigné aucun de ses fils et qu'il n'y avait aucune loi qui permettait à Zaman Shâh de devenir souverain. Ce fut alors le début d'une guerre civile qui déchira le pays pendant plusieurs années.

Les dirigeants historiques furent issus de la tribu des Abdali de l'ethnie afghane, dont le nom fut changé en Durrani lors de l'accession du Shah Ahmad. Ils prolongèrent jusqu’à la dynastie Saddozay du clan Popalzay ou de la dynastie Mohammadzay du clan Barakzay de l'ethnie pachtoune. Les Mohammadzay donnèrent fréquemment les rois Saddozay ainsi que des conseillers suprêmes, qui servirent occasionnellement comme régents, identifiés avec l'épithète Mohammadzay.

La dernière période de stabilité en Afghanistan eut lieu entre 1933 et 1973, lorsque le pays était sous la direction du roi Zaher Chah. Néanmoins, en 1973, le beau-frère de Zahir, Sardar Mohammed Daoud entreprit une action non sanglante le 17 juillet 1973. Coup d'État de Daoud qui, avec l'appui militaire soviétique, renverse son cousin Zaher. Ce dernier abdique en août et s'installe en Italie.

L'invasion soviétique de l'Afghanistan s’inscrit dans le contexte de la Guerre froide, puisque les États-Unis soutiennent le Pakistan face à une Inde qui se voulait le fer de lance des pays non-alignés ; l’URSS soutient l’Afghanistan qui avait, depuis 1919, des revendications territoriales sur les régions à majorité pachtounes du Pakistan, ce qui aurait permis à l’Afghanistan de se désenclaver en possédant un accès vers la mer d’Oman.

Suite à un coup d’État fomenté en 1973 par le prince Daoud, l’état afghan s’éloigne de plus en plus de Moscou. Pour éviter sa perte d’influence dans la région, l’Union soviétique décide d’intervenir en Afghanistan, dès 1978, pour y placer un régime à ses ordres. Le coup d'État du Parti Démocratique Populaire d'Afghanistan le 27 avril 1978 renverse le gouvernement Daoud et assassine de nombreux membres de sa famille. Muhammad Taraki (1917-1979), leader du Khalq (fraction radicale et majoritairement pachtoune du PDPA) devient président de la nouvelle République démocratique d'Afghanistan. Socialiste, elle est pro-soviétique. Ce régime entretient des relations privilégiées avec l’URSS et met en place une série de réformes collectivistes et sociales (alphabétisation, droit des femmes, réformes agraires…) qui contrarient les coutumes conservatrices afghanes.

Une partie des Afghans entre en résistance contre le pouvoir central soutenu massivement par l'Union soviétique et fomente un nouveau coup d'État le 28 décembre 1979, ce fut le début de la 1re guerre d'Afghanistan. Babrak Karmal devient président. L'Union soviétique soutient le nouveau régime et intervient massivement à partir de janvier 1980 pour reprendre le contrôle des zones rebelles (sud-est du pays principalement). Une vive résistance nationale se met en place face à un occupant soviétique qui ne s’attendait pas à une telle réaction. De plus cette agression soulève une grande émotion dans l’ensemble de l’Oumma et de nombreux islamistes issus de divers pays (Algériens du GIA, Bosniaques, Philippins, Saoudiens, Palestiniens, Egyptiens, voire quelques Européens d'origine maghrébine) se joignent à la résistance afghane (Moudjahidines). Les Soviétiques ne pourront jamais défaire ces combattants qui utilisent le terrain montagneux afghan pour mener une véritable guérilla financée et soutenue militairement par les États-Unis, le Pakistan, l’Arabie saoudite et diverses associations musulmanes à travers le monde.

Le 30 novembre 1986, Mohammed Nadjibullah devient président de l'Afghanistan à la place de Karmal. Les troupes gouvernementales doivent faire face à l'aide moindre de l'URSS d'année en année (pour cause de Perestroïka) et à une intensification des combats soutenus par le Pakistan voisin et ses moudjahiddin (« combattants d’islam ») ainsi que par les états occidentaux dont les États-Unis qui financèrent et armèrent des groupes islamistes pour lutter contre le pouvoir en place.

L'Union soviétique décide unilatéralement de quitter le pays en février 1989, laissant à Nadjibullah le contrôle du pays. Le régime tombe le 29 avril 1992 après la prise de Kaboul et la démission de Mohammed Nadjibullah le 16 avril. Les troupes gouvernementales, fidèles à Mohammed Nadjibullah, ont résisté fièrement contre des troupes mieux armées et plus nombreuses qu'elles.

Le 9 avril 1992, Ahmed Chah Massoud, futur chef de l'alliance du nord, entre dans Kaboul avec plusieurs milliers d'hommes et devient ministre de la défense en mai. Le 28 juin, Burhanuddin Rabbani, islamiste modéré du Jamiat-e-Islami, est nommé président intérimaire, puis élu chef du gouvernement en décembre. De 1992 à 1995, un gouvernement issu de la résistance afghane prend le pouvoir, mais il y a des dissidences internes. Massoud démissionne du gouvernement afin de permettre à Gulbuddin Hekmatyar, un fondamentaliste appartenant à l'ethnie pachtoune, majoritaire dans le pays, de devenir Premier Ministre. Mais les affrontements continuent dans Kaboul entre Talibans, forces du gouvernement (Massoud) et moudjahidins (Hekmatyar, ...).

À partir de 1994, les Talibans conquièrent peu à peu les différentes provinces du pays. De 1994 à 1996, soutenus par l'armée pakistanaise, ils conquièrent l'essentiel du pays (sauf le réduit tadjik au nord-est) et instaurent une dictature fondamentaliste. Des membres du Hezb-é-islami (parti de Hekmatyar) entrent au gouvernement du président Rabbani tandis que Hekmatyar devient Premier ministre. Durant l'été 1996, Oussama Ben Laden, fuyant l'Arabie saoudite et après un séjour de deux ans au Soudan, retourne en Afghanistan. Il diffuse une déclaration de djihad contre les Américains.

Le 27 septembre 1996, les Talibans prennent Kaboul, la secrétaire d'État Madeleine Albright déclare alors que « c'est un pas positif », et les fondamentalistes s'emparent dès lors du pouvoir. Le Mollah Omar, chef charismatique du mouvement et « Commandeur des Croyants », dirige le pays sans aucun titre politique ou constitutionnel. Mohammed Nadjibullah et son frère sont assassinés. Selon Ahmed Rashid, le mollah Abdoul Razzaq se trouvait à la tête du groupe qui s’empare de Nadjibullah, quelques heures avant l’entrée des Talibans dans la capitale.

En 1997, les Talibans – « étudiants » en théologie –, appuyés par des groupes armés étrangers, prennent le contrôle du pays, à l'exception d'une région au nord-est, à dominance Tadjik, sous le contrôle d'une nébuleuse de groupe armés qui forment l'Alliance du Nord, dont le commandant Massoud est la figure centrale. Les Talibans instaurent une paix relative après des années de guerre, au travers de la mise en application d'une loi islamique stricte, avec pour objectif d'instaurer « le plus pur État islamique du monde », fondé sur une stricte application de la charia, émanant de l'école déobandi.

En 2001, la destruction des statues de Bouddha pré-islamiques de Bâmiyân (VIe - IVe siècle av. J.-C.), inscrites au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, attire l'attention de la communauté internationale. Les autorités du Pakistan dénoncent alors publiquement leur politique extrémiste. Des relations étroites entre des groupes fondamentalistes pakistanais et les talibans perdurent néanmoins, notamment dans la région frontalière.

Le 9 septembre 2001, Massoud est assassiné lors d'un attentat suicide déguisé en une fausse interview par des pseudo-journalistes. Cet évènement est suivi quelques jours plus tard des attentats du 11 septembre aux États-Unis, provoquant un revirement de la politique américaine qui dès lors ne soutiennent plus les talibans.

Accusant Oussama Ben Laden et la mouvance terroriste Al-Quaïda d'être responsable des attentats du 11 septembre, avec le soutien des autorités talibanes, les États-Unis déclenchent une nouvelle guerre d'Afghanistan. Avec l'aide des forces terrestres de l'Alliance du nord et un soutien aérien des forces de l'OTAN, ils renversent en quelques mois le régime taliban. Hamid Karzaï devient alors le nouveau président de l'Afghanistan.

La situation à la mi-2002 semble se stabiliser, même si l'insécurité reste présente dans des régions hors du contrôle du nouveau gouvernement et à cause des attentats dans les zones sous le contrôle des armées américaine, occidentale ou afghane. Notamment, le 5 septembre 2002 alors qu'il voyageait dans la région de Kandahar, le président Hamid Karzaï est victime d'une tentative d'assassinat, évitée de justesse par ses gardes du corps.

Le 11 août 2003, l'OTAN prend le commandement de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS), à laquelle contribuent 37 pays ; elle s'emploie à étendre l'autorité du pouvoir central et à faciliter la reconstruction du pays. Au 7 décembre 2004, une force internationale de près de 10 000 hommes était en Afghanistan, en plus des 20 000 soldats américains toujours présents. Cette coalition, décidée par l'Organisation des Nations unies, tente d'installer des structures favorisant un retour de la démocratie.

Mais les activités terroristes perdurent : le 26 mai 2004, cinq membres d'ONG sont tués dans une embuscade au nord-ouest de l’Afghanistan. Le 16 juillet 2004, une roquette tombe près d'un collège visité quelques minutes plus tard par le président Hamid Karzaï. Le 29 août 2004, à Kaboul, un attentat à la voiture piégée fait au moins 12 morts et une trentaine de blessés. Les Talibans visaient l'entreprise de sécurité américaine Dyncorps, qui s’occupe de la protection du président afghan Hamid Karzaï.

Entre la chute des Talibans durant la guerre d’Afghanistan de 2001, et la Loya Jirga de 2003, l'Afghanistan a été appelé État islamique transitoire d'Afghanistan par l'Occident. Depuis l'élaboration de sa nouvelle constitution, le pays est maintenant officiellement nommé République islamique d'Afghanistan.

En 2004, deux ans après l'intervention internationale, l'Afghanistan est redevenu le premier pays producteur mondial de pavot (papaver somniferum) dont le latex est utilisé pour produire l'opium et l'héroïne.

À partir de 2005, la situation s'aggrave. Les Talibans, en parallèle ou avec des volontaires étrangers, s'infiltrent dans certaines régions. En août 2006, l'OTAN lance une offensive (opération Méduse) à l'ouest de Kandahar, mais après la perte d'un avion de surveillance avec 14 militaires et plusieurs morts au sol notamment par feu ami, son commandant réclame des renforts. Sur les dix premiers mois de 2006, la guérilla et les combats ont fait plus de 3 000 morts en Afghanistan, alors que la production d'opium a augmenté de 60 % pendant l'année.

Actuellement, l'Afghanistan est dirigé par le président Hamid Karzaï dont la gestion du pays est de plus en plus contestée. Il a gagné les élections générales de 2004 en obtenant 55,4 % des voix. L'ancien monarque Mohammed Zaher Chah est retourné dans le pays, bien que très populaire il ne fut pas réinvesti du pouvoir royal et son influence se limita seulement à des pouvoirs cérémonieux, jusqu'à sa mort en 2007.

Avec les accords de Bonn, la Commission Afghane de la Constitution fut établie pour consulter le peuple et formuler une constitution. Programmée pour la réaliser le 1er septembre 2003, la commission a demandé un délai pour entreprendre plus de consultations. La rencontre d'une loya jirga (grand conseil) constitutionnelle fut tenue en décembre 2003 quand une nouvelle constitution fut adoptée, créant une forme présidentielle de gouvernement avec une législature bicamériste.

Les troupes et les agences de renseignements des États-Unis et nombres d'autres pays sont présents, certains pour maintenir la paix, d'autres assignés à chasser les Talibans et al-Qaïda. Une force de maintien de la paix des Nations Unies, la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) est opérationnelle à Kaboul depuis décembre 2001. L'OTAN a pris le contrôle de cette force le 11 août 2003. Une bonne partie du pays reste sous le contrôle des chefs de guerre.

L'Eurocorps est sous la responsabilité de l'OTAN qui dirige la FIAS à Kaboul depuis le 9 août 2004. Les pertes parmi ces troupes sont le plus souvent provoquées par des erreurs d’identification, des attentats à la voiture piégée ou des accidents routiers aggravés par l’absence de ceintures de sécurité.

Des élections nationales furent tenues le 9 octobre 2004. Plus de 10 millions d'Afghans furent enregistrés sur les listes électorales. Plus de 17 candidats s'opposant à Hamid Karzaï boycottèrent les élections, soupçonnant une fraude ; une commission indépendante mit en évidence la fraude, mais établit que cela n'affecta pas le résultat du scrutin. Hamid Karzaï gagna 55,4 % du vote. Il fut investi de la présidence le 7 décembre. Ce furent les premières élections nationales du pays depuis 1969, lorsque des élections parlementaires furent tenues pour la dernière fois.

La politique intérieure du cabinet Karzaï est fondée sur un plan de reconstruction élaborée conjointement par ARTF et plusieurs ministères clés: du Commerce et de l'Industrie, Économie et Finances, Mines et Ressources Naturelles. Le plan prévoit une privatisation des entreprises publiques ainsi que la création des conditions juridiques et fiscales pour attirer des investissements étrangers. Cette stratégie semble porter ses fruits. En 2007 l'entreprise chinoise China Metallurgical Group Corporation a remporté l'appel d'offre du Ministère des Mines et des Ressources naturelles portant sur l'exploitation de la mine de cuivre Ainak avec un investissement initial de 3 milliards de dollars. En plus l'Afghanistan recevra en échange près 400 millions d'euros de royalties par an pendant 30 ans, durée de la concession. Le contrat prévoit également la construction d'une centrale électrique de 400 Mw, d'une ville pour les mineurs, d'un hôpital et de plusieurs écoles. La Chine a par ailleurs promis la construction d'un chemin de fer reliant le port d'Hairatan sur le fleuve Amou-Daria dans le nord, jusqu'à la frontière pakistanaise à Turkham d'une valeur totale de 10 milliards de dollars. Ce chemin de fer est considéré comme stratégique pour le développement du pays.

L'Afghanistan est un pays montagneux avec des plaines au Nord et au Sud-Ouest. Le point le plus haut du pays, à 7 485 m au-dessus de la mer, est Nowshak. De grandes parties du pays sont arides, et l'eau fraîche est limitée. L'Afghanistan a un climat continental, avec des étés chauds et des hivers froids. Le pays est fréquemment sujet aux tremblements de terre.

Les villes principales de l'Afghanistan sont sa capitale Kaboul, Herat, Jalalabad, Mazar-i-Sharif et Kandahar.

L'Afghanistan est avant tout un pays agricole. Avant l'invasion soviétique de 1989 qui a totalement déstructuré le pays, l'Afghanistan était connu pour sa production de fruits. Profitant d'un climat très avantageux et ensoleillé au Sud et humide au Nord, l'Afghanistan produit une large gamme de fruits qui va du raisin aux pastèques en passant par les cerises, abricots et melons. Alexandre Burnes, explorateur britannique, décrivait ainsi les fruits afghans : « Kaboul est particulièrement renommé pour ses fruits, qui sont exportés en grand nombre vers l'Inde. Ses vignobles sont si abondants que les grains sont donnés, pendant trois mois de l'année, au bétail. Il y en a de dix sortes différentes (aujourd'hui on dénombre 30 variétés de raisins en Afghanistan). Le vin de Kaboul a un parfum proche de celui du Madère ; et il n'est pas douteux qu'une meilleure qualité pourrait être produite dans ce pays avec un peu de soin. Les habitants de Kaboul font de multiples utilisations des raisins, beaucoup plus que dans d'autres pays. Ils utilisent le jus pour rôtir la viande ; et, pendant les repas, ils se servent de poudres de fruits comme condiments. Ils sèchent également beaucoup de raisins, fabriquent beaucoup de sirop. Peshawar (aujourd'hui au Pakistan) est célèbre pour ses poires, Ghazni pour ses prunes, qui sont vendues en Inde sous le nom de "prunes de Boukhara", Kandahar pour ses figues et Kaboul pour ses mûres. » Les fruits afghans sont toujours autant prisés par les voisins qui absorbent la quasi totalité de la production. Mais force est de dire que l'agriculture afghane et les Afghans sont en danger à cause de la production du pavot. Beaucoup trop de terres sont occupées par cette activité ce qui empêche la production de céréales, de fruits et légumes. Cela a pour conséquence une raréfaction de denrées alimentaires sur le marché intérieur et le paradoxe est que l'Afghanistan devient ainsi un importateur de fruits, de céréales et de légumes pour répondre aux besoins intérieurs. En outre ces produits sont chers et les Afghans pâtissent du renchérissement de ces denrées.

L'Afghanistan fut également longtemps producteur de vin jusqu'à l'arrivée des islamistes au pouvoir. Bien que plus ouvert, le gouvernement actuel hésite à donner la permission de produire de l'alcool en Afghanistan. Avant 1992, l'Afghanistan produisait aussi des alcools forts comme la vodka.

Quant à ses céréales, la région de Badakhshan, à elle seule, est considérée comme le grenier à blé du pays. Le pays est largement autosuffisant si les terres sont correctement employées aux cultures licites.

Il est clair aujourd'hui que l'eau sera l'enjeu du XXIe siècle. En ce qui concerne l'Afghanistan, l'eau ne manque pas, bien au contraire. Le pays contient en son centre un massif montagneux qui culmine à plus de 7 000 mètres d'altitude appelé Hindou-Kouch, le Piémont de l'Himalaya. Ce massif montagneux contient des milliers de milliards de mètres cubes d'eau gelée en neiges éternelles. Plus d'une demi-douzaine de fleuves prennent leur source dans ce massif. Les problèmes de sécheresse sont essentiellement dus à l'absence d'un système d'irrigation efficace.

En outre, le pays dispose d'autres innombrables richesses en tout genre et un immense potentiel d'exploitation à l'échelle industrielle. La signature d'un protocole d'accord, le 21 novembre 2007, entre le Ministère des mines et deux compagnies chinoises China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co sur les mines de cuivre d'Aïnak, témoigne de ce potentiel.

Une des richesses de l'avenir, le charbon est aujourd'hui exploité de manière quelque peu rudimentaire par des habitants environnant les gisements. L'utilisation de celui-ci est encore domestique, essentiellement pour le chauffage. Mais on estime que l'exploitation du charbon en Afghanistan pourrait rendre le pays autosuffisant en termes d'énergie. Reste cependant l'obstacle écologique qui est d'ailleurs parfaitement fondé. À l'heure où tout le monde cherche le moyen de réduire l'émission de CO2 dans l'atmosphère, le choix du charbon comme énergie serait une erreur stratégique pour le développement de l'Afghanistan.

L'Afghanistan regorge littéralement de métaux qu'ils soient ferreux ou non. La liste des métaux contenus dans les hautes montagnes afghanes est très longue. On peut notamment citer : le plomb, le zinc, l'alumine, le molybdène, le tungstène, la chromite, la baryte mais aussi des métaux très rares comme l'étain, le lithium, le pentoxyde de tantale sans oublier les incontournables que sont le fer et le cuivre. Pour ce dernier, l'Afghanistan vient d'annoncer la signature de la cession d'exploitation de la célèbre mine de cuivre Aïnak qui est considérée par des spécialistes comme l'une des plus pures au monde. En effet la teneur en cuivre est estimé à plus de 57 % ce qui est extrêmement rare. Les clauses du contrat prévoient un investissement chinois (les gagnants de l'appel d'offre sont China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co) de 3 500 000 000 $US, la construction du chemin de fer reliant le nord de l'Afghanistan à la frontière pakistanaise, la construction d'une centrale électrique de 400 mégawatts et des royalties calculés sur 40 % des ventes de cuivre réalisées. En outre, l'Afghanistan a obtenu la construction d'une usine de transformation de minerai en lingots de cuivre, ce qui permettra au pays d'en maîtriser la technologie et connaître ainsi sa première remontée de filière.

Le fer peut également constituer une source importante de devises pour le pays. En effet selon Albert de Lapparent, ancien directeur de CNRS, la teneur en fer des gisements de fer découverts au Bâmiyân (centre de l'Afghanistan) est estimée à 61 % ce qui est plus que rare. L'exploitation des minerais de fer n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour, mais représente un immense potentiel pour le pays.

Par ailleurs, des gisements d’or ont également été découverts dans des régions assez éloignées les unes des autres. Au Badakhchan, fut découverte dans les années 1960 une importante mine d'or qui n'est malheureusement toujours pas exploitée. Plus récemment une mine d'or a été découverte en 2003 près d'Herat à l'ouest de l'Afghanistan. L'exploitation a déjà commencé et c'est une entreprise britannique qui l'assure. D'autres opportunités existent.

Les futurs investissements en Afghanistan, certainement pour 10 ou 15 années à venir seront très vraisemblablement concentrés autour de ces gisements de métaux ferreux et non ferreux car ils constituent un potentiel de développement et de croissance considérable tant pour le pays que pour les entreprises qui envisagent d'y investir.

Depuis l'Antiquité, l'Afghanistan est la source principale de lapis-lazuli pour toute la planète. Cette pierre semi précieuse incrustée de quartz a servi à fabriquer des bijoux qu'on a retrouvés dans les tombes des nobles aussi bien en Inde, qu'en Chine et même en Egypte antique. En outre, le lapis-lazuli a servi de pigment bleu pour la peinture de la période de la Renaissance en Europe. À titre d'exemple, citons le bleu éclatant qui a servi à peindre le ciel sur le dôme de la chapelle Sixtine au Vatican, ce pigment bleu provient du lapis-lazuli venu sur le dos des chameaux afghans.

En ce qui concerne les pierres précieuses, hormis le diamant, l'Afghanistan contient quasiment toutes les autres pierres précieuses, parmi lesquelles on peut citer l'émeraude, le rubis, le saphir. Le pays a même donné son nom à une pierre : l'afghanite. Le commerce de l'émeraude et de lapis-lazuli a permis au Commandant Ahmad Shah Massoud de payer la guerre coûteuse qu'il menait contre les taliban.

Le pays possède d'importants gisements de gaz naturel dont l'exploitation avait commencé il y a plus de 60 ans déjà. Dans les années 1980, les réserves étaient estimées par la Banque mondiale à 140 milliards de m³. Aujourd'hui, les études préliminaires montrent que ces évaluations ont été sous-estimées d’au moins 18 fois, les réserves réelles seraient donc plus près de 2 520 milliards de m³. D'autres experts pensent qu'elles sont encore plus vastes puisque les estimations ne concernaient que le nord et l'ouest or certaines poches ont été découvertes dans le sud et l'est.

Les réserves de pétrole seraient 90 fois plus grandes que ce que pensaient les Soviétiques dans les années 1980. Aujourd’hui, des compagnies pétrolières comme Unocal, Texaco, BP et Total se sont installés à Kaboul en espérant remporter des appels d’offres du gouvernement.

L'Afghanistan est l'un des plus grands producteurs de tapis du monde.

Ce secteur d'activité emploie plus d'un million de personnes, soit 3 % de la population. Des millions d'autres personnes travaillent dans des branches d'activités connexes, telles que la production de la laine, la coupe, le lavage et le design.

En 2005, les exportations de tapis de l'Afghanistan ont atteint 140 millions de dollars US, ce qui en fait officiellement le produit d'exportation le plus important du pays.

Selon une étude réalisée pour le compte de l'Agence des États-Unis pour le développement international, l'importance de ce secteur doublerait si le pays pouvait faire revenir les entreprises qui se sont délocalisées au Pakistan.

Seule une petite proportion des tapis au dessin très élaboré et aux belles couleurs est vendue à l'étranger en tant que produits afghans, car plus de 90 % d'entre eux sont envoyés au Pakistan pour la coupe, le lavage et la finition. Ils sont alors exportés avec une étiquette indiquant qu'ils ont été fabriqués au Pakistan.

Depuis le retrait des troupes soviétiques, la production d'opium est une source importante de revenus pour les Afghans. Ainsi dans son livre Afghanistan - Opium de guerre, opium de paix, le journaliste et sociologue Alain Labrousse estime qu'un tiers de l'économie du pays repose sur le trafic d'opium ou de ses dérivés.

Même durant la période des Talibans, sa production a continué, avec plus ou moins un laisser-aller de la part des autorités talibannes. Le mollah Omar a même déclaré à des journalistes allemands : « À long terme, notre objectif est de nettoyer complètement l'Afghanistan de la drogue. Mais on ne peut pas demander à ceux dont l'existence dépend entièrement de la récolte de passer du jour au lendemain à d'autres cultures. » Il a tout de même ajouté que « si des non-musulmans souhaitent acheter de la drogue et s'intoxiquer, ce n'est pas à nous qu'il appartient de les protéger ». Durant l'été de l'an 2000, les Talibans ont malgré tout décidé de faire cesser complètement la production d'opium, la faisant baisser de plus de 95 %. Le peu d'opium encore produit en Afghanistan le fut très majoritairement sur des territoires contrôlés par l'Alliance du Nord, dont la province du Badakhchan qui produisit à elle seule 83 % du pavot afghan entre l'été 2000 et la fin de 2001 (estimation de 185 tonnes d'opium produits, dont 151 au Badakhchan).

Depuis la fin de la guerre d'Afghanistan en 2001 et la mise en place d'un nouveau gouvernement, la culture du pavot, qui était déjà diffuse à l’époque des Talibans, a aujourd’hui atteint des niveaux records estimée pour 2006 à 6 100 tonnes, ce qui dépasse largement la demande mondiale et concurrence durement les autres produits de la toxicomanie. La production par irrigation de légumes ou de fleurs peut s'avérer possible mais est très vulnérable aux sabotages.

Selon le rapport annuel de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publié le 27 août 2007, la production d'opium en Afghanistan a augmenté de 34 % entre 2006 et 2007. Le montant total de la récolte de pavot s'élèvera à 8 200 tonnes pour 2007, contre 6 100 tonnes en 2006. En tout, les terres d'Afghanistan utilisées pour la culture du pavot sont passées de 165 000 hectares en 2006 à 193 000 en 2007. D'après les enquêteurs de l'ONUDC, la culture du pavot se développe essentiellement là où la présence des talibans est très importante, dans le sud, soit à 80 % dans quelques provinces le long de la frontière avec le Pakistan. .

Autre point de comparaison issu de l'ONUDC, d'après ses rapports "opium survey 2001" et "Afghanistan Opium Survey 2007", la surface cultivée en pavot est passée de 7 606 ha en 2001 (dont plus de 80 %, 6 342 ha, dans la province du Badakhshan, celle qui était à l'époque principalement contrôlée par l'Alliance du Nord), à 197 000 ha en 2007 (dont 70 % dans 5 provinces du Sud-Ouest bordant le Pakistan, principalement celle de Helmand). Ceci représente une multiplication par 26 de la surface cultivée entre la dernière année du régime des Talibans et la situation actuelle.

En 2006, une des plus importantes entreprises du pays était l'entreprise de téléphonie mobile Roshan. Portée par les investissements du prince Karim Aga Khan IV, elle a pu se targuer d'être le premier employeur privé du pays.

L'Afghanistan n'a jamais réalisé un recensement systématique de sa population, les chiffres exacts sur la taille et la composition des divers groupes ethniques ne sont pas disponibles. Les chiffres suivants, proposés par les gouvernements pachtounes, manquent de fiabilité.

Les Pachtounes forment le plus grand groupe estimé à plus de 42 % de la population. Le deuxième grand groupe linguistique parle le dari comprenant les Tadjiks (27 %) (ou les Fars) qui habitent a l'ouest et au nord-est et les Hazaras (10 %). Les Ouzbeks sont (9 %). Il y a également une présence non-négligeable de tribus telles les Aimak (4 %), les Turkmènes (3 %), les Baloutches (2 %), les Pashayis, les Kirghizes et les Nouristanis. Le bilinguisme est commun. Un petit nombre de minorités ethniques allogènes d'origine indienne, principalement des sikhs et des hindous, parlent le panjâbî.

Les Afghans sont majoritairement musulmans avec approximativement 80 % de sunnites et 19 % de chiites. Il existe aussi une minorités hindoue, sikhe et juive de 0,3 % qui, dans les années 1970, était de 1 %. Beaucoup de ces derniers ont fui pendant la guerre civile des années 1990 vers les contrées voisines, l'Europe ou l'Amérique. Avec la chute des Talibans, des sikhs sont retournés dans la province de Ghazni d'Afghanistan.

Beaucoup de monuments historiques du pays ont été endommagés dans les guerres récentes et d'autres détruits comme les deux célèbres statues de Bouddha dans la province de Bâmiyân en 2001.

Au printemps 2003, on estimait que 30 % des 7 000 écoles d'Afghanistan avaient été sérieusement endommagées pendant la vingtaine d'années de l'occupation soviétique et de la guerre civile. Seulement la moitié des écoles ont indiqué avoir de l'eau potable, tandis qu'un peu moins de 40 % estimait avoir un état sanitaire adéquat. L'éducation pour les garçons ne fut pas une priorité pendant le régime des Talibans, tandis que les filles en furent complètement bannies.

Les Afghanes portant un voile grillagé de toile obéissent à la tradition islamique la plus sévère. Elles doivent dissimuler tous leurs « appâts tentateurs », qu'elles soient sunnites comme les Pachtounes et les Tadjiks ou chiites comme les Hazaras. Sous les défunts régimes communistes, certaines osaient montrer leur visage.

En regard de la pauvreté et de la violence de leur environnement, une étude de 2002 par le groupe d'aide Save the Children indique que les enfants afghans s'adaptent. L'étude donne du crédit aux institutions fortes de la famille et de la communauté.

Plus de quatre millions d'enfants afghans, sans doute le nombre maximal, sont reconnus avoir été scolarisés pour l'année scolaire qui a débuté en mars 2003. L'éducation est maintenant disponible pour les garçons et pour les filles.

Le niveau d'alphabétisation de la population est estimé à 36 %.

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Histoire de l'Afghanistan

Localisation de l'Asie sur Terre

Cet article concerne l’Histoire de l'Afghanistan.

Le nord-ouest de l'Afghanistan, la Bactriane fut occupée dès l'Âge du bronze. Ce fut une région célèbre durant l'Antiquité grâce à ses ressources minérales et à ses terres fertiles. Ceci explique pourquoi de nombreux conquérants voulurent s'en emparer.

Plusieurs sites archéologiques datant pour les plus anciens du Néolithique attestent de l'ancienneté du peuplement sédentaire et de la domestication en Afghanistan : Aq Köprük (Néolithique) dans la région de Balkh, Mundigak (Chalcolithique, Âge du bronze), Shortugaï (Âge du bronze, Bactriane), certains sites du Complexe archéologique bactro-margien. C'est par l'Afghanistan que passent les populations indo-aryennes qui vont s'installer dans la vallée de l'Indus vers le milieu du IIe millénaire avant J.-C.

Au Ier millénaire, une partie de l'Afghanistan est peut-être intégrée au royaume des Mèdes. Cette région est en tout cas intégrée à l'Empire des Perses achéménides aux VIe-Ve siècles, entre les règnes de Cyrus II et de Darius Ier.

Des statues, des pièces de monnaies et des inscriptions témoignent du passage d' Alexandre le Grand vers 323 av. J.-C. Bien que son empire n'ait guère duré, certains royaumes grecs comme le royaume gréco-bactrien de Bactriane dans le nord-est lui succédèrent environ deux cents ans et furent à l'origine de la culture dite gréco-bouddhiste.

Jusqu'à l'arrivée des Arabes en 637, le bouddhisme était présent partout en Afghanistan avec le Zoroastrisme, comme s'en sont fait l'écho les voyageurs chinois, comme Xuanzang, qui visitaient cette zone lors de leur séjour en Inde. Les deux bouddhas de Bâmiyân détruits par les Talibans en 2001 (et vus par Xuanzang) dataient de cette période, également marquée par l'établissement de la Route de la soie reliant l'Empire romain à la Chine et à l'Inde.

Peu avant l'an 1000 fut fondé par Subuktigîn, beau-fils d'un esclave turc, un empire ayant pour capitale Ghaznî. Son fils Mahmûd fut à l'origine d'une véritable expansion de l'Islam et toute la région, de l'Afghanistan à Bénarès et du Panjâb au Goujerat, fut convertie par les armes et pillée au cours de dix-sept campagnes.

Mahmûd de Ghaznî ambitionnait de réunir à sa cour les plus grands esprits de l'époque et patronna le poète Firdawsi, rédacteur du Shâh Nâmâ, l'épopée mythologique persane, et le grand savant encyclopédiste Al-Biruni, mais le "prince des médecins" Avicenne refusa d'entrer à son service et s'enfuit dans l'Iran actuel.

Ensuite vint le bref mais dévastateur passage de Gengis Khan. Une délégation de Gengis Khan envoyée à Ghaznî pour obtenir allégeance fut renvoyée après avoir eu la barbe brûlée. Humilié, Gengis Khan donna l'ordre de détruire tout ce qui vivait, hommes, bêtes et arbres.

Tamerlan engloba l'Afghanistan dans son empire, dont la capitale était Samarcande. Sous ses successeurs, les Timourides, Hérat fut, avec Samarcande, l'un des phares de la période culturelle et artistique brillante, qui couvre le XVe siècle, appelée Renaissance timouride.

Hérat fut la capitale de Shah Rukh, plus jeune fils de Tamerlan et père d'Oulough Beg, le prince-astronome de Samarcande, puis de Husayn Bayqara, grand mécène qui fit travailler le poète et mystique persan Djami, le poète et ministre turc Mir Alisher Navoï et le miniaturiste Behzad, père de la miniature indo-persane.

Les siècles suivants furent dominés par les Moghols et les Perses, se combattant les uns les autres pour le contrôle de l'Afghanistan. La fin de cette période fut marquée par un perse, Nadir Shah, au milieu du XVIIIe siècle, qui envahit Delhi et pilla les trésors des Moghols, en particulier le fameux diamant Koh-I Nor, la montagne de lumière.

Les tribus afghanes, en particulier les Ghilzai et les Abdali, en dépit de guerres perpétuelles, trouvèrent une bonne raison avec un envahisseur perse de s'allier mais elle furent défaites et se soumirent à Nadir Shah. Mais quand finalement ce dernier fut tué, elles étaient libérées de la domination perse, indienne ou ouzbèque. En 1747, elles trouvèrent en Ahmad Khan, un jeune commandant de Nadir Shah, le leader dont elles avaient besoin et qui prit le nom de Ahmad Shah.

Ahmad Shah, un guerrier poète, caractère afghan idéal, passa sa vie à combattre les autres tribus et sous-tribus et étendit son empire du Khorasan perse jusqu'à Lahore. Après sa mort, le pays plongea dans la chaos pour plus de 150 ans, chaos ponctué par les guerres anglo-afghanes.

Le 27 septembre 1996, les Talibans prennent le contrôle de Kaboul. À partir de ce moment, ils ont un contrôle presque total du pays. Les groupes armés Moudjahidins décident de s'unir pour former l'Alliance du Nord, pour combattre les Talibans.

La guerre civile entre l'Alliance du nord et les Talibans ne prit réellement fin qu'en 2001 après l'effondrement du régime Taliban, et la mise au pouvoir de Hamid Karzai, par la coalition menée par les États-Unis.

Le nouveau pouvoir en place, présidé par Hamid Karzai, tente de rétablir l'ordre avec le soutien militaire des troupes de la coalition menée par les États-Unis.

Le 18 avril 2002, l'ancien roi d'Afghanistan Mohammed Zaher Chah revient de son exil à Rome, en Italie. Suite aux pressions étasuniennes qui veulent faire de l'Afghanistan une démocratie, il renonce à régner à nouveau.

Le 13 juin, la Loya Jirga (« Grande assemblée » en français) élit officiellement Hamid Karzai chef du pouvoir exécutif pour un mandat de deux ans. Après, des élections nationales devront être organisés pour que le peuple puisse élire lui même son président.

Le 11 août 2003, sous mandat de l'ONU jusqu'en 2005, l'OTAN prend officiellement le commandement de l'International Security Assistance Forcel (ISAF), dont le mandat est renouvelé par l'ONU jusqu'en 2005.

En octobre 2004, la capitale Kaboul est le seul endroit du pays où le gouvernement d'Hamid Karzai est plus ou moins effectif.

Dans le reste du pays, les chefs de guerre, issus de l'ancienne Alliance du Nord, font tout pour conserver leur pouvoir. Plusieurs d'entre eux ont été intégré au gouvernement provisoire. Mais à partir de mi-2004, Hamid Karzai et ses proches limogent petit à petit les chefs de guerre du gouvernement.

De leurs côté, les quelques groupes Talibans restant, tentent de détruire le gouvernement d'Hamid Karzai en commettant des attentats.

Le 9 octobre 2004, les Afghans (hommes et femmes) sont appelés aux urnes pour élire leur président. Hamid Karzai est élu officiellement le 3 novembre, dès le premier tour, avec 55,4% des voix. Son principal rival, Younous Qanouni, est battu avec 16,3% des voix. L'élection fut entachée de quelques problèmes, mais selon les observateurs internationaux, ces problèmes n'ont pas été assez importants pour fausser le résultat final.

Le 23 décembre, Hamid Karzai présente son nouveau gouvernement, qui compte au total 27 ministres. Sa volonté d'écarter du pouvoir les différents chefs de guerre afghans est maintenant entrée dans les faits. Le seul chef de guerre encore présent dans le gouvernement est Ismail Khan, en tant que ministre de l'énergie.

La violence n'est pas éteinte dans certaines régions : six policiers ont été décapités et quatre autres ont été tués le 9 juillet 2005 dans le sud du pays par des rebelles talibans.

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Guerre d'Afghanistan (2001)

Navy SEAL, janvier 2002, Afghanistan

La seconde guerre d 'Afghanistan de l'histoire contemporaine oppose d'abord, en octobre et novembre 2001, les États-Unis, avec la contribution militaire de l'Alliance du Nord et d'autres nations occidentales (Royaume-Uni, France, Canada...), au régime Taliban en Afghanistan. Cette guerre s'inscrit dans la « guerre contre le terrorisme » déclarée par les États-Unis suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. Le but de l'invasion est de capturer Osama Ben Laden, détruire l'organisation Al Qaïda, et renverser le régime Taliban qui soutient Al Qaïda.

Après la première guerre d'Afghanistan qui a conduit au retrait de l'Armée rouge en 1989 puis à la chute du régime communiste en 1992, la guerre civile entre les divers factions continua. Les talibans se formèrent fin 1994 et conquirent en quelques années la plus grande partie du pays.

Les moudjahiddin non taliban ainsi que d'autres groupes résistants avaient créé une coalition connue sous le nom d'Alliance du Nord, laquelle ne contrôlait plus en 2001 que la partie nord du pays. Le 9 septembre 2001, soit deux jours avant les attentats perpétrés aux États-Unis, le chef de l'Alliance, Ahmad Shah Massoud, est assassiné (vraisemblablement par des agents d'Al-Qaida).

Deux jours après les attentats, le 13 septembre 2001, le président des États-Unis George W. Bush demande au régime des talibans l'extradition hors d'Afghanistan du chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden, désigné comme principal responsable des attaques sur New York et Washington. Ces derniers refusent.

Le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair tiennent des discours télévisés pour informer leurs nations respectives du déroulement des opérations. Le premier ministre britannique Tony Blair livre en octobre et novembre une offensive diplomatique durant laquelle il converse avec plus de soixante chefs d’État du monde entier. Dans ses discours, George W. Bush complimente Tony Blair pour la participation britannique aux attaques. Hormis le Royaume-Uni, le Canada, la France, l'Australie et l’Allemagne déclarent également leur soutien. Le chef d’État pakistanais - le général Pervez Musharraf - exprime lui aussi son accord, malgré le manque d’enthousiasme des États arabes quant à l’élimination du réseau pakistanais d’Al-Qaida. Le Pakistan ouvre ainsi ses frontières aux vagues de réfugiés venant d’Afghanistan.

Quelques temps avant le 11 septembre 2001, les talibans ont refusé d’octroyer la construction d'un pipeline traversant leur pays à la compagnie américaine Unocal. L'actuel président d'Afghanistan mis en place par les Américains Hamid Karzaï était, à l'époque, consultant pour cette compagnie.

La première vague fut menée par les forces américaines et britanniques. Néanmoins très vite une seconde vague vint soutenir la première grâce à la contribution de nombreux pays.

Les États-Unis ont déployé plus d’un millier d’hommes en Ouzbékistan, pays qui a autorisé le stationnement de troupes américaines sur son sol.

Dans l'océan Indien, les porte-avions USS Carl Vinson et USS Enterprise, les autres navires de guerre et les sous-marins nucléaires d’attaque se préparent à l’offensive.

Mais l’un des principaux soutiens de l’opération se situe en Afghanistan. En effet, le régime des talibans, dirigé par le mollah Omar, ne contrôle pas la totalité du territoire afghan. Certaines régions, notamment à l’est et au nord du pays, sont tenues par entre 15 000 et 20 000 résistants anti-talibans dont l’Alliance du Nord.

Le United States Central Command qui est en charge de la campagne compte enfin sur l’inégalité du rapport des forces en présence. Les talibans ne peuvent aligner que 15 000 soldats permanents et 70 000 mobilisables. Leur matériel de guerre, quelque peu vétuste, date pour l’essentiel de la guerre contre l’URSS, notamment des missiles américains (FIM-92 Stinger) et russes (SA-16, SA-18 et Scud).

À cela s’ajoutent des chars soviétiques T-54 et T-55, des lance-roquettes multiples, des 4×4 équipés de mitrailleuses.

« Nous avons ouvert un nouveau front dans notre guerre contre le terrorisme ». Par ces mots, le porte-parole de la Maison-Blanche annonce le dimanche 7 octobre 2001, le début de l’opération « Liberté immuable » (Operation Enduring Freedom).

Des frégates et des sous-marins de l’US Navy et de la Royal Navy lancent une quarantaine de missiles de croisière Tomahawk sur Kandahar, Kaboul et Jalalabad. Pendant 12 jours, 25 avions de combat et 15 bombardiers B-1B, B-2 et B-52 pilonnent Kaboul (notamment la centrale électrique et les bâtiments officiels), l’aéroport et le centre militaire de Kandahar, Jalalabad ainsi que les camps d’entraînement d’Oussama Ben Laden.

L’intervention américaine s’accompagne d’une série d'opérations militaires menées en divers points du territoire par les différentes composantes du « Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan » bien plus connu sous le nom d'Alliance du Nord.

Cette vaste nébuleuse regroupe les quatre principales formations militaires afghanes d’opposition aux talibans.

Le Jamaar-islami dirigé par le général Fahim, depuis la mort de Massoud compte 9 000 soldats appartenant pour la plupart à l’ethnie tadjike vivant au Nord-Est du pays. Ces forces opèrent sur deux fronts : le nord de Kaboul et le Takhar.

C’est dans cette dernière région qu’ils tentent d’établir la jonction avec les troupes du général Dostom, composées d’Ouzbeks et basées autour de Mazar-i-Sharif.

À ces deux formations s’ajoutent les 2 500 rebelles hazaras, des chiites mongols et persanophones vivant dans la région de Baghran, ainsi que les 4 000 « Tadjiks de l'Ouest », commandés par Ismail Khan et stationnés autour de Chagcharan. Le « Front uni » tente de former un vaste croissant anti-taliban depuis le corridor de Wakhan, à l’est, jusqu’à la frontière iranienne.

Avant le 7 octobre, des conseillers et plusieurs centaines de membres des forces spéciales occidentales (très majoritairement américaines) sont dépêchés afin de préparer des actions communes auprès des divers représentants du « Front uni ». Mais il s’agit surtout de rallier par différents moyens, surtout financiers, les chefs de clans encore hésitants. Les Américains proposent de leur racheter leurs matériels militaires, notamment les missiles sol-air FIM-92 Stinger qui leur avaient été distribués pendant la guerre contre les Soviétiques. 300 millions de dollars sont même destinés à fomenter des soulèvements contre les talibans.

Le 20 octobre 2001, les plans d’intervention se précisent. Les forces spéciales américaines et britanniques sont déployées dans la région de Kandahar. Au nord du pays, un millier de soldats des unités d’élite américaines est stationné dans la base de Termez, à la frontière entre l’Ouzbékistan et l’Afghanistan pour aider et encadrer les forces du « Front uni ». Le premier objectif est de permettre aux combattants de Dostom, un chef de guerre afghan, de conquérir la province de Balkh, afin d’établir un accès direct avec les forces américaines basées en Ouzbékistan. Puis il s’agit de favoriser l’avancée des « Tadjiks de l’Est ».

Pour préparer cette double offensive dans l’est du pays, l’aviation américaine organise le bombardement intensif de Mazar-e Charif et de Kaboul. Grâce à ces pilonnages, les troupes de Dostom parviennent le 10 novembre 2001, à prendre le contrôle de Mazar-e Charif, provoquant la fuite de l’armée talibane. Deux jours plus tard, les « Tadjiks de l’Est » s’emparent de Hérat.

La chute de Mazar e-Charif apparaît comme un véritable tournant dans la guerre. Elle galvanise les « Tadjiks de l’Est », dont l’avancée vers Kaboul est encore accélérée par le changement de stratégie des Talibans.

Mais pour le gouvernement américain, la prise de Kaboul risque d’être trop rapide. Les autorités américaines et l’ancien roi Zaher Shah tentent de convaincre les « Tadjiks de l’Est » de ralentir leur progression, le temps de négocier la démilitarisation de la capitale et la répartition des pouvoirs entre les différentes ethnies, notamment les Pachtounes, majoritaires dans le pays. Mais les combattants tadjiks ne s’arrêtent pas : le 13 novembre 2001, ils prennent possession de Kaboul sans réels combats.

Cinq semaines après le début des opérations militaires, le régime des Talibans est renversé. Plusieurs milliers de Talibans ont été tués ou faits prisonniers tandis que 3 700 civils ont péri dans les combats .

Début novembre 2001, différents pays — parmi lesquels les Pays-Bas, l’Allemagne et le Japon — annoncent, à la demande des États-Unis et du Royaume-Uni, qu’ils vont eux aussi apporter une aide militaire. Depuis la fin octobre, l'Australie avait déjà envoyé un détachement des Forces spéciales (Special Forces Task), deux Boeing 707 et des C-130 Hercules dans le cadre de l'Opération Slipper. Les forces australiennes opéraient à partir de la base aérienne de Manas, au Kirghizistan. L'Australie retire ses forces spéciales en décembre 2002, avant de les re-déployer en 2005.

L'armée américaine a été accusée par diverses organisations des droits de l'homme d'avoir perpétré un certain nombre de crimes de guerre, ainsi que des arrestations arbitraires et des actes de torture , notamment dans la base de Bagram, où deux Afghans sont morts en 2002 .

En outre, l'Alliance du Nord, alliée des États-Unis, a été accusée de crimes de guerre, commis en novembre 2001, à l'encontre de prisonniers talibans et de membres d'Al-Qaïda. Le gouvernement des États-Unis est accusé de vouloir clore l'affaire pour ne pas déranger ses alliés afghans et pour préserver certains de ses membres soupçonnés d'avoir été les témoins directs des évènements.

Cette affaire a été révélée par le journal Newsweek, après la publication d'un mémorandum confidentiel de l'ONU. Selon le mémorandum, les éléments trouvés « suffisent à justifier une enquête criminelle officielle ». Toujours selon le mémorandum, ce serait le chef de guerre ouzbek Abdul Rachid Dostom qui en serait le responsable (ses milices ont affronté les forces du nouveau gouvernement qui voulaient les désarmer en avril 2004).

Cela n'est malheureusement pas le seul cas de ce type rencontré pendant cette guerre en cours depuis 1978. En 1997 et 1998, de telles scènes avaient déjà eu lieu, commises par les talibans et leurs adversaires. Les villes de Meymana, Faryab, Hérat entre autres furent aussi le théâtre d'exécutions massives commises par les Talibans durant cette période, tandis qu'en 1998, la ville de Shebarghan vit leurs adversaires utiliser la même méthode.

Al-Jazeera, le premier réseau médiatique arabe, a montré des enregistrements vidéo préenregistrés d’un discours de Ben Laden, dans lequel ce dernier condamne chaque attaque contre l’Afghanistan. Al-Jazeera clame qu’elle a reçu ces bandes récemment. Ben Laden y dit aussi qu’il est le réel responsable des attaques du 11 septembre, que les États-Unis vont s’écraser après avoir échoué dans leur mission en Afghanistan (comme l’Union soviétique auparavant), et il appelle les musulmans à la guerre sainte (jihad) contre l’Amérique, le christianisme (« les croisés »), Israël (« les sionistes »).

Fin 2001, les Taliban ne contrôlaient plus que quelques territoires au sud-est et au nord-est du pays.

De nombreux pourparlers sont entamés après les hostilités dont les accords de Bonn de décembre 2001 qui décidé entre autres la formation d'une Loya Jirga au sujet de la formation d’un nouveau gouvernement sous la direction de Hamid Karzaï et l'OTAN s'engage fortement avec l'envoi de forces placées sous le commandement de l'ISAF. Le même mois, les Etats-Unis passent un accord avec le Kirghizistan afin d'ouvrir la base aérienne de Manas, située à 90 minutes de vol de l'Afghanistan . Une autre base est ouverte en Ouzbékistan, avant d'être fermée en 2005 . Le gouvernement possède un contrôle limité sur la majorité du territoire afghan.

Le Canada a d'abord assuré l'opération Apollo (avril 2001) pour 588 millions de dollars canadien, qui consistait à surveiller l'Océan Indien. A partir de janvier 2002, Ottawa s'investit sur le terrain afghan, avec entre autres l'opération Athena (de 2003 au début de 2006) pour 840 millions de dollars dans la région de Kaboul et ensuite l'opération Archer dans la région de Kandahar, pour soulager les États-Unis pour un coût bien supérieur. Le 18 avril 2002, quatre soldats canadiens sont morts sous le coup d'un friendly fire (tir ami) d'un F16 américain, piloté par Harry Schmidt (en), à la ferme de Tarnak.

La nouvelle administration, les troupes d’occupation et les équipes d’aide sont souvent attaquées par les combattants talibans qui exercent toujours une guérilla et se lance dans des attentats suicide, qui touchent aussi les zones tribales du Pakistan, où se sont réfugiés de nombreux talibans, ouvrant un nouveau front. Alors qu'ils étaient inconnus lors de la première guerre d'Afghanistan dans les années 1980, il y eût, en 2005, 25 attentats-suicides lors du « second jihad afghan », et 136 en 2006 . Outre les attentats-suicides, des prises d'otage ont été effectués par les talibans, selon le même scénario qu'en Irak (enlèvement de Clementina Cantoni, travaillant pour l'ONG Care International, à Kaboul en 2005 - elle fut libérée par la suite; enlèvement de Éric Damfreville, sa collègue et trois accompagnateurs afghans, travaillant également dans l'humanitaire, en 2007 - eux aussi libérés; un journaliste italien début 2007; otages coréens de juillet 2007, membres d'une organisation évangélique — sur les 23 otages, deux seront tués et les autres libérés).

Les chefs de guerre se sont partagés une partie du territoire, tandis que les forces spéciales de pays occidentaux (États-Unis, Royaume-Uni, France, Canada et Pays-Bas) poursuivaient toujours leurs opérations afin de capturer Ben Laden. Ainsi, les 17 et 18 mai 2006, 90 rebelles talibans et 13 policiers ont été tués dans des opérations militaires au sud du pays. Le 18 août 2008, dix soldats français ont été tués dans l'embuscade de Surobi qui est la plus grosse perte infligé à l'armée française en une bataille depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983 et à l'ISAF depuis deux ans.

Mais une partie de ces déclarations n'ont jamais été entièrement remplies. La communauté internationale a fait de nombreuses promesses sans les tenir complètement et la corruption locale à détourné une importante partie des milliards de dollars données par de nombreux pays. En avril 2009, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) a reconnu qu'une partie du financement (dont 25,6 millions de dollars provenant de l'USAID) avait été détourné localement, bien que selon le porte-parole du PNUD Stéphane Dujarric, la plupart des projets aient été achevés . Parmi les projets non achevés, une piste d'atterrissage à Qalat (où se trouve une unité américaine du Provincial Reconstruction Team (en)), qui a déjà coûté 749 000 dollars, et un pont sur le Tarnak, qui a dû être reconstruit par d'autres contractants .

De plus, la culture du pavot s'est étendue, avec l'aide des seigneurs de la guerre, qui morcellent le pays en différents fiefs, et parfois la protection de membres du gouvernement (dont peut-être le frère même du président, Ahmed Wali Karzai (en), accusé fin octobre 2008 de s'enrichir grâce au trafic de drogue ).

En février 2009, le vice-amiral William H. McRaven, commandant du Special Operations Command, le centre du Pentagone chargé des opérations secrètes de commando, poursuivies en majorité par la Force Delta et les Navy Seals, a ordonné une pause, pendant deux semaines, de toutes les opérations commando, à l'exception de celles visant les plus hauts responsables talibans et d'Al-Qaida, en raison de pertes civiles trop importantes causées par celles-ci (incluant des femmes et des enfants) . Deux raids, en décembre 2008, ont en effet alimenté les tensions avec le président Hamid Karzai, l'un d'entre eux ayant causé la mort accidentelle de six officiers de police afghans et un civil, dans la province de Zabol, au sud du pays .

Selon Human Rights Watch, les victimes civiles d'erreur de frappe ont triplées entre 2006 et 2007 (321 personnes tuées dans des bombardements en 2007 contre 116 en 2006 - 929 victimes civiles ayant été comptées, au total, en 2006, et 1 633 en 2007 ). Le nombre de tonnes de bombes larguées par les avions de la coalition a quant à lui doublé de 2006 à 2007 . Le bombardement d'Azizabad du 22 août 2008 (90 morts civils, dont 60 enfants ) a notamment conduit le président Hamid Karzaï à demander une renégociation des termes de la présence des troupes étrangères , ce qui a pour conséquence de tendre les relations entre son gouvernement et les forces occidentales .

En 2009, selon les estimations du le gouvernement afghan et de la coalition, environ 20 000 combattants talibans avaient été tués et environ 1000 faits prisonniers.

Différentes techniques ont été utilisées durant le combat. Apparemment , on a commencé par tirer des missiles Tomahawk à partir de sous-marins et de navires de guerre britanniques et américains. On estime à 150 et à 25 le nombre - respectivement - d’avions de chasse et de bombardiers utilisés . On a également envisagé d’envoyer le premier jour deux avion de transport McDonnell Douglas C-17 Globemaster III pour larguer 37 500 rations de nourriture pour des groupes de réfugiés en Afghanistan .

Le tonnage de bombes largué par l'USAF est passé de 148 tonnes en 2004 à 1 774 tonnes en 2007 et à baissé à 1 192 tonnes en 2008. Au total, en 2001 et avril 2009, l’US Air Force a largué 12 742 tonnes de bombes sur l’Afghanistan .

Les opérations au sol s'installant dans la durée et les adversaires du nouveau gouvernement afghan et des forces internationales utilisant du matériel et des tactiques renouvelés causant des pertes parmi ces derniers, les forces armées occidentales déployent du matériel du plus en plus lourds sur le terrain.

L'aide humanitaire fournie par les forces armées étrangères en Afghanistan est aussi un sujet de critique. Le problème est qu'en fournissant une aide humanitaire, l'armée fausse les cartes et une partie de la population locale croit que toutes les aides humanitaires proviennent des États-Unis. Les associations et les différentes ONG se retrouvent donc sous les feux des critiques et certaines sont attaquées par des groupes terroristes talibans, sous prétexte qu'elles sont au service des États-Unis.

C'est ainsi que certaines ONG, comme Médecins sans frontières (MSF), quittent le pays pour des raisons de sécurité, alors qu'elles étaient présentes dans le pays depuis longtemps, même sous le régime des Talibans.

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Source : Wikipedia