Hamas

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Posté par woody 28/02/2009 @ 00:03

Tags : hamas, autorité palestinienne, asie, international

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Hamas

Emblème du Hamas

Le Hamas, en arabe : حماس, acronyme partiel de harakat al-muqâwama al-'islâmiya (حركة المقاومة الإسلامية), « mouvement de résistance islamique »), est un parti politique islamiste radical qui œuvre pour l'instauration d'un État palestinien. Il est le plus important mouvement islamiste palestinien actuel. La branche armée du Hamas est appelée Brigades Izz al-Din al-Qassam. Le Hamas est créé en 1987 par Sheikh Ahmed Yassin, Abdel Aziz al-Rantissi et Mohammed Taha, tous trois issus des Frères musulmans.

Le Hamas se définit lui-même comme un mouvement de résistance palestinien. Il se concrétise par une "organisation aux buts militaires prospérant sur un réseau caritatif". Il ne reconnaît pas l'État d'Israël, et prône dans sa charte la création d'un État Palestinien islamique sur l'ensemble de la Palestine. Il s'oppose sur ce point au Fatah et à l'Autorité palestinienne, les deux autres forces politiques de ce pays.

Les actions militaires du Hamas prennent pour cible aussi bien les militaires que les civils israéliens. Entre avril 1993 et 2005, le principal moyen de lutte du Hamas est l'attentat suicide visant essentiellement les civils mais en avril  2006, le Hamas déclare renoncer à ces attentats préférant alors bombarder des roquettes de type Qassam sur des villes israéliennes notamment Sdérot (Le dernier attentat-suicide contre Israël revendiqué par le Hamas remonte à janvier 2005 ).

Le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes du Conseil de l'Union européenne, du Canada, du Japon, des États-Unis et d'Israël.

En revanche, pour la Grande-Bretagne et l'Australie, seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste ; pour l'Afrique du Sud, la Russie, la Norvège, le Brésil et les autres pays, le Hamas n'est pas classé comme terroriste.

De nombreux experts pensent que l'histoire du Hamas commence seulement avec le tournant des années 1980 lorsque son influence politique commence à s'affirmer.

L'abréviation Hamas apparaît pourtant pour la première fois en 1987 dans un document accusant les services secrets israéliens.

Le Hamas se développe différemment en Cisjordanie, ne participant pas, notamment, à la création ou au contrôle d'institutions publiques. Les Frères musulmans en Cisjordanie forment alors une partie importante du Mouvement islamique de Jordanie qui fut pendant quelques années un allié du régime hachémite. De plus, les Frères musulmans en Cisjordanie s'appuient sur une classe sociale plus élevée (marchands, propriétaires, employés). Jusqu'au milieu des années 1980, les Frères musulmans prennent des positions essentielles dans les institutions religieuses de la Cisjordanie.

Selon certains analystes, les Frères musulmans palestiniens étaient financés pendant les années 1970 et 1980 directement et indirectement par différents États comme l'Arabie saoudite et la Syrie, ainsi que par le Mossad . Le bras politique et caritatif des Frères musulmans est alors reconnu officiellement par Israël. Le groupe se concentre sur l'aide sociale et sur des projets religieux et une intense action sociale et communautaire. Au milieu des années 1980, les Frères musulmans palestiniens évoluent sous l'influence du sheikh Ahmed Yassine. Ce dernier prône l'action armée contre « l'occupant hébreu ». Il est emprisonné par l'État israélien en en 1989 pour meurtre et incitation à la violence, puis relâché au cours d'un échange de prisonniers.

Les premières actions armées du Hamas commencent avec le début de la première Intifada. Elles s'attaquent en premier lieu aux Palestiniens mis en cause, puis en vient à attaquer les militaires israéliens. Suivront des attaques contre des civils israéliens. Le Hamas évolue vers un mouvement politique radical et organise des actions armées et violentes.

Le rôle du Hamas est éclipsé en 1989, lorsque notamment son fondateur, Ahmed Yassine, fut emprisonné en Israël.

Le Hamas rejette les accords d'Oslo de novembre 1993 signés entre Israël et l'Autorité palestinienne. Toutefois, dans le même temps, Ahmed Yassine propose une hudna (trêve — en référence à la loi islamique qui permet une trêve conditionnelle limitée à 10 ans maximum avec des non Musulmans) si Israël accepte de se retirer des territoires occupés. Mohamed Nazzal, représentant de Hamas en Jordanie souligne que la trêve avec l’ennemi est « un principe sanctionné par la loi islamique, dépendant des circonstances et de l’accord unanime de la direction ». Cela, poursuit-il, ne suppose « ni acceptation de la paix ni reconnaissance du droit des Juifs en Palestine ».

Le 16 avril 1993, le Hamas revendique le premier attentat-suicide qu'il organise. Il est perpétré contre un bus à Mehola Junction dans la Vallée du Jourdain. Puis, le 6 avril 1994, le même type d'action est pour la première fois accomplie sur le sol israélien à Afoula affirmant vouloir « venger les martyrs » du caveau des Patriarches de Hébron, puis de son artificier Yahia Ayache. Il en revendiquera une vingtaine d'autres entre 1994 et 2000. Le Hamas rétribue les familles des auteurs d'attentats suicides.

Selon plusieurs observateurs, l'ascension du Hamas est favorisée dans les années 1990 par les dirigeants du Likoud (Benyamin Netanyahu au pouvoir en 1996-1999 et Ariel Sharon), notamment en n'entravant pas son financement par des capitaux saoudiens. Deux objectifs recherchés par la droite israélienne seraient ainsi atteints : le sabotage des accords d'Oslo avec l'augmentation des attentats terroristes, et l'affaiblissement du Fatah de Yasser Arafat, principal interlocuteur palestinien.

Le chef historique du mouvement, le cheikh Ahmed Yassine, est tué lors d'une attaque ciblée de l'armée israélienne le 22 mars 2004, sur ordre d'Ariel Sharon. Son successeur Abdel Aziz al-Rantissi est également assassiné quelques jours après sa désignation. Le changement de direction à la tête du Hamas entraîne un changement de stratégie du mouvement qui commence à s'impliquer davantage dans la vie politique. Des représentants du Hamas se présentent aux élections municipales palestiniennes de 2005. Le succès aux municipales fait alors apparaître le Hamas comme une opposition politique importante face au Fatah, un an avant les législatives prévues pour janvier 2006.

Il observe dans le même temps une Tahdiya (accalmie au sens littéral, un amoindrissement des hostilités) dans les attentats depuis l'attaque dans la ville de Beer Sheva en août 2004 (15 morts et 125 blessés), mais a cependant lancé une attaque au même arrêt d'autobus en août 2005 (7 blessés). Il a également revendiqué les tirs de roquettes effectués depuis la Bande de Gaza. Selon les Israéliens, 2 990 attaques ont été menées contre Israël en 2005.

Le 26 janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes. Il obtient 56 % des suffrages, ce qui lui donne une majorité parlementaire de 74 sièges sur 132 . Le Hamas ravit ainsi la majorité au Fatah. Cette victoire du Hamas a été possible dans la mesure où ses dirigeants ne sont aucunement soupçonnés de corruption. Mais ce n'est pas la seule raison qui explique la défaite du Fatah. Dans le même temps, il faut dire que le Hamas s'est fait largement connaître par ses actions sociales et caritatives sur le terrain, qu'il dirige en particulier vers les enfants et les pauvres.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, invite le Hamas à former le nouveau gouvernement.

Ce résultat est perçu comme un net retour en arrière par les gouvernements étrangers qui jouaient le rôle de médiateurs pour le conflit israélo-palestinien. Les États-Unis ont déclaré qu'ils ne traiteraient pas avec le Hamas tant qu'il ne renoncera pas aux opérations-kamikazes et seulement lorsqu'il acceptera le droit à l'existence pour Israël, ce qui est en contradiction avec la charte actuelle du mouvement. Dans le même temps, le président israélien Moshe Katsav et l'ancien premier ministre Shimon Peres ont tout deux déclaré que si le Hamas reconnaissait l'existence d'Israël et abandonnait la terreur, Israël devrait négocier avec ce mouvement.

Pendant la durée de la campagne législative palestinienne, il n'a pas été fait mention d'un objectif de destruction d'Israël, plusieurs commentateurs et médias Israeliens précisent néanmoins que ses dirigeants ne renoncent pas explicitement à cet objectif.

Pendant cette campagne, le Hamas a soutenu également la légitimité de son action passée, notamment les attaques menées en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, qui ont permis l'évacuation de la Bande de Gaza. Ainsi, il a placé sur ses listes des personnes comme Mariam Farahat, mère de martyres et qui a participé à leur action.

En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réitère la proposition de Hudna et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien. Le Premier Ministre israélien par intérim, Ehud Olmert, exclut pour sa part toute négociation avec le Hamas : « Nous ne négocierons pas et nous ne traiterons pas avec une Autorité palestinienne dominée totalement ou partiellement par une organisation terroriste armée appelant à la destruction de l'Etat d'Israël».

L'objectif du Hamas est l'établissement d'un État souverain sur le territoire actuellement constitué de Jérusalem-Est, la Bande de Gaza et la Cisjordanie (d'après les frontières d'avant 1967). Dans l'accomplissement de ce but, le Hamas soutient son droit à la lutte armée. Selon certains médias, Abdel Aziz al-Rantissi, l'un des cofondateurs du Hamas, assassiné par Israël comme son prédécesseur Ahmed Yassine, a affirmé que le but de l'organisation était d'« effacer Israël de la carte ». Toutefois, ces affirmations en contredisent d'autres, et on se référera à la section sur l'idélologie du Hamas et à la Charte du Hamas pour y voir plus clair.

Ismaïl Haniyeh est désigné par le Hamas pour former un nouveau cabinet de l'Autorité palestinienne.

Depuis l'élection ayant porté au pouvoir le Hamas, c'est la crise en Palestine : fin des subventions internationales, de nombreuses attaques de la part d'Israël et, plus récemment, des attaques bilatérales entre les deux principales factions palestiniennes, soit le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du premier ministre Ismaïl Haniyeh. Constatant l'échec des négociations Fatah-Hamas, le président Abbas menace à la mi-décembre de déclencher des élections législatives anticipées, bravant ainsi la Loi Fondamentale (Constitution Palestinienne) qui n'accorde qu'au Conseil Legislatif cette prérogative. Le Hamas rejette la décision d'appeler à de nouvelles élections législatives (ce qui n'est en effet pas dans les prérogatives du chef de l'Autorité palestinienne). Quoiqu'il en soit, Abbas n'a toujours pas agi dans ce sens et les négociations ont abouti à un Accord sur un gouvernement d'union nationale palestinien entre Hamas et Fatah.

Malgré cet accord, Mohammad Dahlan, chef de la Sécurité Interieure (membre du Fatah), accentue les tensions et les amplifie pour leur faire atteindre leur paroxysme en juin 2007. Ainsi, le 15 juin 2007, suite à ce qui s'apparente à une guerre civile entre le Hamas et le Fatah, qui occasionnera 113 morts, les forces de sécurité prennent le contrôle de la bande de Gaza, évinçant totalement le Fatah du territoire.

En conséquence le 17 juin, le président Mahmoud Abbas limoge Ismaïl Haniyeh de son poste de Premier ministre, nommant à sa place le ministre des Finances Salam Fayyad. Ce nouveau gouvernement siégeant à Ramallah et contrôlant la Cisjordanie n'est pas reconnu par le Hamas, car la Loi Fondamentale impose au Président en cas de limogeage du Premier Ministre, de le remplacer par un membre de la majorité parlementaire, à savoir le Hamas, or le parti de Salam Fayyad n'a obtenu que 2 % de suffrage aux legislatives contre 56 % pour le Hamas, ce qui mène à la scission de fait des Territoires palestiniens en deux entités distinctes.

Suite à ces évènements, des divergences apparaissent au sein du Fatah, resté au pouvoir en Cisjordanie quant à l'attitude à adopter. Le président M. Abbas refuse catégoriquement tout « dialogue avec les putschistes, les assassins, les terroristes », qualifiant la prise de contrôle du Hamas de « plan pour diviser Gaza et la Cisjordanie et établir un Émirat, un mini-État, contrôlé par un seul groupe, ses fanatiques et ses fondamentalistes ». D'autres, tel Marouan Barghouti, critiquent fermement le coup de force du Hamas à Gaza, tentant cependant de conserver l'objectif de l'unité des Palestiniens.

Alors qu'une trêve entre le Hamas et Israël a été décrétée le 16 juin 2008 pour une durée de six mois reconductible, plusieurs confrontations entre les deux camps viennent mettre à mal cet accord.

Khaled Mechaal, en exil à Damas, a déclaré : « Sachant que l'ennemi ne respecte pas ses engagements et que le siège (de Gaza) est toujours en place contre notre peuple, pour le Hamas, et je pense la majorité des forces, la trêve prend fin après le 19 décembre et ne sera pas renouvelée ».

De son côté, Israël a invoqué la légitime défense face aux tirs de roquettes du Hamas et a menacé d’une riposte militaire. Plus de 80 roquettes et tirs de mortiers avaient touché, le 24 décembre 2008, des villes israéliennes voisines de la bande de Gaza.

Son objectif, tel que défini dans la charte du Hamas, rédigée en 1988, est l'établissement d'un État appliquant la charia (le code de jurisprudence religieuse musulmane) sur l'ensemble de la Palestine mandataire.

Le 10 janvier 2007, l’agence Reuters rapporte des propos de Khaled Machaal : « Il est vrai que, dans la réalité, il y aura une entité ou État appelé Israël sur le reste des terres palestiniennes », aurait-il déclaré, ajoutant cependant : « C'est une réalité mais je ne veux pas pour autant la reconnaître ou l'admettre formellement ». Ces propos sont interprétés comme une reconnaissance indirecte de l’État d’Israël. Mais dès le lendemain, 11 janvier 2007, le président du groupe du Hamas au Parlement palestinien, Salah Bardawil, déclare au quotidien israélien Haaretz que les propos de Machaal « semblent avoir été déformés ». Bardawil précise : « Il n’a parlé d’aucune reconnaissance d’Israël, seulement d’un cessez-le-feu avec Israël ». Le même jour, l’agence de presse chinoise cite la réaction d’Ismaïl Radwan, porte-parole du Hamas à Gaza : « Aucun changement n’a été apporté à la position du mouvement concernant la reconnaissance d’Israël ». Selon Radwan, les remarques de Machaal « ont été mal comprises ».

Après l'accord signé début février 2007 entre le Hamas et le Fatah sur la formation d'un gouvernement palestinien, le porte-parole du Hamas, Ismaïl Radwane, tient à préciser : « La position du Hamas est connue : la non reconnaissance de l'entité sioniste ».

L'idéologie officielle du Hamas se veut nationaliste. Elle est exprimée dans la Charte du Hamas. Cette idéologie officielle n’est pas toujours en cohérence avec les pratiques. De fait, au début 2006, le Hamas a confirmé étudier une charte réformée.

Ces documents ne sont pas traduits en français, et il n'en a pas été fait écho dans les médias français, alors même que dans ces textes on découvre que le Hamas se dit soucieux de libertés politiques, « incluant la liberté d’expression, de presse, d’association », de « pluralisme », de « séparation des pouvoirs », d’« alternance pacifique au pouvoir », mais aussi d’« édification d’une société civile développée ». Hroub précise que dans un des 13 articles (le seul qui se réfère à l'Islam) d'un des documents qu'il a étudiés, il est dit que « la loi islamique devrait être la principale source de la législation ».

On se demande comment le Hamas va évoluer idéologiquement suite à l'offensive israélienne massive sur Gaza qui a débuté le 27 décembre 2008 - l'opération « Plomb Durci » (en anglais Cast Lead).

Les indications ci-dessous sont essentiellement tirées de la charte de 1988.

Il n’est pas fait directement mention dans la charte d’une République islamique. Le mot « République » n'apparaît d'ailleurs pas. Certaines déclarations de dirigeants vont dans le sens d'une république islamique, mais pas toutes.

Ce nationalisme se considère cependant comme pleinement inséré dans un contexte plus large, celui du monde arabe et celui du monde musulman.

On note cependant que si Israël n'est toujours pas accepté en 2006, le Hamas propose depuis plusieurs années une « trêve de très longue durée » (non définie) à Israël, en échange d’un retrait des territoires palestiniens occupés après la guerre de 1967. Ainsi, Dans une interview au journal russe Nezavisimaya Gazeta publiée lundi 13 février 2006, Khaled Meshal (basé à Damas, considéré comme un « faucon »), le chef politique du Hamas, indique que « si Israël reconnaît nos droits et s'engage à se retirer de tous les territoires occupés, le Hamas, et avec lui l'ensemble du peuple palestinien, décideront de mettre un terme à la résistance armée ».

Certains analystes considèrent qu'il s'agit là d'une reconnaissance de fait d'Israël, d'autres d'une simple adaptation pragmatique au rapport de force, sans évolution de fond. Les deux hypothèses ne sont d'ailleurs pas antinomiques : le Hamas a plusieurs tendances. Cependant le Hamas a jusqu'à présent démenti toutes reconnaissances implicites d'Israël.

Au-delà de l’hostilité à Israël, la charte exprime une forte hostilité aux Juifs. Cependant, le Hamas déclare aussi "À l'ombre de l'islam, les disciples des trois religions, islamique, chrétienne et juive, peuvent coexister dans la sécurité et la confiance. Ce n'est qu'à l'ombre de l'islam que la sécurité et la confiance peuvent se trouver, l'histoire récente et ancienne en constituant un bon témoin.".

Abdel Aziz al-Rantissi, un des représentants et co-fondateur du Hamas (assassiné en 2004 par l'armée israélienne), a déclaré en 2003 que la Shoah n'avait jamais eu lieu et que les sionistes étaient derrière les agissements des Nazis et qu'ils financèrent le nazisme.

Par ailleurs, Mohammed al-Dheif, un des hauts responsables du Hamas dans la Bande de Gaza, a déclaré que le Hamas combat uniquement les Juifs qui vivent en « Palestine » et qu'il ne s'en prend pas aux Juifs qui prient dans leurs synagogues en Grande-Bretagne ou aux États-Unis.

Par ailleurs les programmes télévisés du Hamas et de sa chaîne Al-Aqsa TV diffusent des émissions aux connotations anti-sémites à l'instar de l'émission d'endoctrinement pour enfants Les Pionniers de demain et de ses personnages polémiques et controversés de Farfour la souris, Nahoul l’abeille ou Assoud le lapin, déclarant dès sa première apparition qu'il se débarrassera des juifs en les mangeant,.

À partir depuis le 1er semestre 2005, le Hamas a proclamé un cessez le feu plus ou moins respecté jusqu'au 20 décembre 2008 où ce parti déclare qu'il n'est plus en vigueur. Concernant ces négociations avec Israël, les déclarations des dirigeants sont contradictoires (début 2006) : certains ne l’excluent pas totalement (Ismail Haniyeh). Khaled Meshal (basé à Damas, considéré comme un « faucon »), déclare par contre le 23 février 2006 « Avec Israël nous ne parlerons jamais. Nous sommes prêt à parler avec n'importe qui d'autre y compris les É.-U. ».

On trouvera dans ce même article de nombreuses déclarations du Hamas allant dans le sens d'une acceptation d'une solution à deux États, et donc de la reconnaissance implicite d'Israël (y compris dans le programme électoral de 2006 du Hamas).

Le Hamas pratique le terrorisme principalement sous forme d'attentat-suicide (ou opération-Martyre) contre des infrastructures sur le territoire israélien ainsi que ses citoyens militaires et civiles, et de tirs de roquettes artisanales contre des villes israéliennes (Ashdod, Sdérot, Beer-Sheva). Les brigades de Izz al-Din al-Qassam, branche armée du Hamas, sont en particulier responsables de nombreuses attaques. Elles traquent aussi les Palestiniens soupçonnés de collaborer avec Israël. La Commission des Droits de l'Homme des Nations unies, Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé des violations des Droits de l'Homme par la branche armée du mouvement.

Le Hamas s'engage aussi dans les domaines civils et politiques et a, par exemple, ses propres candidats lors des élections pour les chambres de commerce de Jordanie occidentale. Il gagne 74 des 132 sièges au parlement palestinien issu des législatives de janvier 2006.

Structuré, il œuvre avec des organisations travaillant aussi bien en secret qu'officiellement. Il recrute des nouveaux membres et récolte des dons dans les mosquées et les centres sociaux. Il organise ses activités et distribue des documents à vocation politique.

Le Hamas soutient de nombreux programmes d'aide et de formation, avec le financement d'un certain nombre d'activités économiques locales : création d'orphelinats, de dispensaires, élevage, production de vêtements pour l'emploi des femmes, mise en place de réseaux scolaire, etc. Il utilise un réseau d'associations de collecte de fonds implantées dans certains pays européens. En particulier parmi ces associations figurait une association basée en France, le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens (CBSP), ainsi que l’Association de Secours Palestinien (ASP) installée en Suisse, et le Palestinian Relief and Development Fund (Interpal) basé à Londres.

Al Fateh, le site web du Hamas dédié aux enfants, et Al-Aqsa TV, la chaîne de télévison fondée par le Hamas sont des moyens de communication, d'« endoctrinement » selon certains analystes utilisés par cette organisation. Toutefois, le Hamas affirme que ces médias seraient pleinement indépendants et rejette toute responsabilité directe sur certains programmes à destination des enfants.

Le Hamas est principalement présent dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ainsi que dans les camps de réfugiés palestiniens dans les pays arabes limitrophes (voir liste des camps de réfugiés palestiniens).

Certains leaders comme par exemple le chef politique du Hamas, Khaled Machaal sont basés à Damas.

Le Hamas dispose également de centres d'entraînement miltaires en Syrie, au Liban, en Iran et au Soudan.

Le ministère américain des affaires étrangères classe le Hamas comme organisation terroriste. Le 6 septembre 2003, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne dénoncent les pratiques terroristes du Hamas et de ses sous-organisations. Quant à la France, elle s'est un temps opposée à l'ajout du Hamas dans la liste de l'Union européenne, jusqu'à ce que, interrogé à ce sujet par le quotidien israélien Haaretz le 19 juillet 2005, Jacques Chirac déclare : « le Hamas est une organisation terroriste qui ne peut être un interlocuteur de la communauté internationale tant qu'il ne renonce pas à la violence et ne reconnaît pas le droit à l'existence d'Israël. C'est la position de l'Union européenne ; elle est sans ambiguïté et ne changera pas. » Mais depuis la guerre de Gaza 2008-2009, certains chefs d'États et de représentants de certains pays autrefois hostiles font des rencontres avec le Hamas et nombre de pays commencent à le reconnaître comme un interlocuteur pour trouver une issue au problème israélo-palestinien.

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Autorité palestinienne

Armoiries de la Palestine

1 la diaspora palestinienne est quant à elle estimée au minimum à 8 millions de personnes à travers le monde.

L’Autorité palestinienne est le nom de l'entité gouvernementale qui représente les habitants arabes de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Cette entité a été créée en 1993 par les Accords d'Oslo, afin de négocier avec Israël un accord final sur le conflit opposant les deux parties. Elle a un président et une assemblée élue au suffrage universel, une police (et pas d'armée) et des représentants dans plusieurs pays.

L'Autorité palestinienne est divisée en deux paliers. Le premier prend la forme d'un conseil législatif constitué de 132 députés. La moitié de ceux-ci sont élus dans les circonscriptions tandis que les 66 autres sont élus par suffrage universel. Cette méthode d'élection permet de représenter le peuple localement ainsi que le parti qu'il désire vraiment voir au pouvoir. Le premier ministre fait partie de ce conseil et est nommé par le président. Par convention, c'est le chef du parti au pouvoir qui est nommé.

Le président est le second niveau de gouvernement. Il est élu lors d'élections distinctes.

L'Autorité palestinienne a sa propre chaîne de télévision ; elle émet des timbres et dispose d'une administration postale propre depuis 1994.

En 1996, Yasser Arafat est élu Président de l'Autorité palestinienne, qu'il dirige jusqu'à sa mort, le 11 novembre 2004. Le 19 mars 2003, le président Yasser Arafat nomme Mahmoud Abbas Premier ministre de l'Autorité palestinienne sous les pressions américaines et européennes. Ces derniers refusaient de dialoguer avec Yasser Arafat. Après la démission de Mahmoud Abbas, le président nomme Ahmed Qoreï pour lui succéder le 7 octobre 2003.

À la mort de Yasser Arafat, Raouhi Fatouh, président du conseil législatif palestinien (le parlement palestinien), conformément à la loi fondamentale palestinienne, assure la présidence par intérim pour 60 jours.

Mahmoud Abbas est élu, le 9 janvier 2005, président de l'autorité palestinienne. Sous sa présidence et dans le prolongement de celle de Yasser Arafat, l'Autorité palestinienne lutte pour la création d'un État palestinien, aux côtés d'Israël et distinct de celui-ci.

Les élections municipales palestiniennes de 2005 sont marquées par la participation du Hamas dans la vie politique de l'autorité palestinienne et par la popularité du mouvement dans la population, notamment dans la bande de Gaza.

Aux élections législatives palestiniennes du 26 janvier 2006, le Hamas obtient 76 sièges contre 43 pour le Fatah. Le président Mahmoud Abbas appelle à la formation d'un gouvernement Hamas par Ismaël Haniyeh.

Le 25 mai 2006, il annonce la tenue d'un référendum en ce sens.

Report des déclarations de Mahmoud Abbas : « Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a déclaré ce jeudi qu’il organiserait un référendum national sur la base d’un document qui appellerait à un État palestinien dans les frontières de 1967, si le Hamas ne répondait pas favorablement à sa proposition dans un délai de 10 jours ».

La question posée aux Palestiniens serait : acceptez-vous, ou non, le document élaboré au début du mois par des dirigeants palestiniens détenus en Israël ? Ce document appelle à un État palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem Est, territoires conquis par Israël à l’occasion de la guerre de 1967. Le document a été négocié pendant quatre semaines par d’importants prisonniers appartenant au Hamas et au Fatah dans la prison israélienne de Hadarim, où se trouve actuellement en détention le dirigeant du Fatah Marwan Barghouti, et plus récemment celui du Hamas Aziz Dweik.

Abbas a déclaré jeudi lors d’une réunion de dirigeants palestiniens qu’il existe un consensus national sur les frontières du futur État palestinien : « Tous les Palestiniens, du Hamas jusqu’aux communistes, nous tous voulons un État palestinien dans les frontières de 1967. Voilà ce qui est à notre portée, ne parlons pas de nos rêves ».

Il a précisé que si 10 jours de dialogue entre le Hamas et le Fatah (dialogue qui a commencé jeudi) ne débouchaient pas sur un programme commun, il organiserait un référendum dans les 40 jours qui suivraient.

Interrogé sur le soutien dont auraient besoin les Palestiniens pour créer leur État indépendant, Abbas a dit : « Les États arabes attendent que nous adoptions cette attitude de réalisme, pour pouvoir travailler en harmonie et faire avancer la cause palestinienne. Ils ne peuvent rien faire pour la cause palestinienne si les Palestiniens s’opposent à tout ».

A la suite d'une guerre de factions entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas de Ismaël Aniyeh, le Hamas contrôle la totalité de la bande de Gaza le 15 juin 2007.

Repoussé depuis décembre 2005, sur demande du président Mahmoud Abbas, en raison des élections de janvier, le procureur Ahmed Moghani a publié le 5 avril 2006 son enquête portant sur des détournements de fonds pour un montant de 700 millions de dollars disparu des coffres de l'Autorité palestinienne. Au total, ces détournements portent sur une cinquantaine de cas de corruption financière et administrative dans lesquels seraient directement impliquées vingt-cinq personnes. Dix mandats d'arrêt internationaux ont été délivrés contre des suspects en fuite.

Cette enquête a abouti, grâce au soutien du président Mahmoud Abbas, qui s'était engagé lors de son élection à lutter contre la corruption qui représente un véritable fléau dans les territoires palestiniens . Ces 700 millions sont à rapprocher des dettes de l'autorité qui s'élèvent en janvier à 1 milliard de dollars alors qu'elle se trouve dans l'incapacité de payer les salaires de ses fonctionnaires. La plupart des fonctionnaires sont payés avec plusieurs mois de retard.

La rivalité entre le Fatah et le Hamas amènent leurs militants à des affrontements armés, principalement dans la bande de Gaza. Les discussions entre factions échouent plusieurs fois autour de la question de la formation d'un gouvernement d'union. Un Accord sur un gouvernement d'union nationale palestinien est trouvé le 8 février 2007 à La Mecque, pour composer un nouveau cabinet de coalition au Premier ministre Ismaïl Haniyeh.

Le 15 juin 2007, à la suite d'une guerre civile entre le Fatah et le Hamas qui a fait 113 morts, le Hamas contrôle la totalité de la bande de Gaza. Mahmoud Abbas dissout en représaille le gouvernement et appelle à des élections anticipées. La faction pro Fatah des martyrs d'al Aqsa affirme chercher en représaille des membres du Hamas en Cisjordanie.

L'Union européenne a versé 280 millions d'euros de subvention directe. L’Union européenne a décidé de continuer à verser son aide financière à l’Autorité palestinienne tant que le nouveau gouvernement n’a pas prêté serment, annonce Le Soir. Elle a toutefois conditionné à terme le maintien de son aide à la reconnaissance, par le Hamas, de l’État d’Israël et des accords précédemment signés par l'autorité palestinienne avec Israël et à la renonciation à la violence par le mouvement islamiste.

Seize gouvernorats (5 dans la bande de Gaza et 11 en Cisjordanie) ont aussi été définis.

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Charte du Hamas

La charte du Hamas a été adoptée par le Hamas le 18 août 1988 et comprend le programme et les objectifs originels du Hamas ; les principes du Hamas ont évolué depuis.

Originellement, les objectifs sont la constitution d'un État islamique sur l'ensemble de la Palestine et l'établissement de la loi islamique (ou loi coranique) dans ce futur État, qui sera supposé reprendre le territoire d'Israël, lorsque celui-ci sera vaincu.

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Prise de Gaza de juin 2007

La prise de contrôle de Gaza par le Hamas fait référence à l'offensive du mouvement islamiste dans la bande de Gaza opérée entre le 12 et le 14 juin 2007 contre les attributs du pouvoir présidentiel de Mahmoud Abbas et plus généralement contre les forces du Fatah.

Cette ultime offensive fait suite aux tensions interpalestiniennes qui éclataient régulièrement depuis plusieurs mois.

La Croix-Rouge internationale estime que plus de 550 personnes ont été blessées et au moins 116 tuées au cours de ces affrontements.

Après la reprise du conflit entre le Fatah et le Hamas le 10 juin, des militants du Hamas capturent plusieurs membres du Fatah et jettent l'un des officiers de la Garde Présidentielle, Mohammed Sweirki, du haut d'un immeuble de 15 étages à Gaza. En représailles, des militants Fatah attaquent et tuent l'imam de la plus importante mosquée de la ville, Mohammed al-Rifati. Ils ouvrent le feu contre la maison du Premier ministre Ismaël Haniyeh. Avant minuit, un militant du Hamas est également jeté du haut d'un immeuble de 12 étages.

Le 11 juin, la résidence de Mahmoud Abbas, dirigeant du Fatah et de l'Autorité palestinienne et celle de Ismaël Haniyeh, Premier ministre et l'un des dirigeants du Hamas, sont visés par balles et par obus.

Le 12 juin, le Hamas initie des attaques contre des postes tenus par les factions de Fatah. Des centaines de combattants du Hamas marchent sur ces positions après avoir donné un délai de deux heures pour que leurs occupants quittent les lieux. La chute d'une base importante du Fatah au nord de Jabaliya dans les mains du Hamas est ainsi racontée à l'agence de presse AFP. Des combats violents font rage également dans le quartier-général du Fatah à Gaza que des militants Hamas attaquent au lance-roquettes et avec des armes automatiques.

Le 13 juin, le Hamas tient le QG des forces de sécurité nationales contrôlées par le Fatah dans le nord de Gaza. Des positions en hauteur sont prises aux termes de combats de rues pour empêcher des tirs de snipers du Fatah depuis le haut des immeubles. Une position est rasée au bulldozer. Le même jour, une explosion dans les bureaux de la sécurité préventive du Fatah à Khan Younès fait 5 morts.

Le 14 juin, le Hamas tient intégralement l'immeuble principal des services de la sécurité préventive dans la bande de Gaza, services accusés d'avoir coopéré avec Israël et dirigés par Mohammed Dahlan, bête noire des islamistes dans la bande de Gaza. Les armes et les véhicules, symboles de l'autorité palestinienne dans la bande et anciennement fournis par les États-Unis, sont pris par les membres du Hamas. Les militants changent le nom du quartier de l'immeuble, de "Tel al-Hawa" en "Tel al-Islam". Dans l'après-midi du 14 juin, Associated Press rapporte une explosion dans le centre de Gaza au moment du retrait des forces de sécurité du Fatah. Plus tard dans la journée, la prise de contrôle du Hamas est effective dans le sud de la bande avec la prise de la ville de Rafah au sud, près de la frontière (fermée) avec l'Égypte et habituellement contrôlée par une collaboration entre des forces de sécurité palestiniennes et européennes et surveillée par les Israéliens. Le personnel européen s'est auparavant replié vers la ville israélienne de Ashkelon pour des raisons de sécurité.

En mars 2008, le journal américain Vanity fait publier des documents qui prouvent que les États-Unis ont tenté d'évincer le Hamas après sa victoire aux élections, en tentant d'armer une force palestinienne menée par des partisans du Fatah et dirigée par Mohammed Dahlan. Un ancien conseiller néo-conservateur pour le Moyen-Orient du vice-président Dick Cheney, David Wurmser, a indiqué au journal que selon lui, le Hamas ne prévoyait pas de prendre le pouvoir dans la bande de Gaza en juin 2007, mais y avait été contraint par le Fatah.

Les combats du Hamas et du Fatah constituent une atteinte brutale aux plus fondamentaux principes humanitaires. Le meurtre de civils non-combattants ainsi que de captifs est un crime de guerre pur et simple, déclare Sarah Leah Whitson, directrice de Human Rights Watch au Moyen-Orient.

Human Rights Watch accuse les deux factions rivales de violer le droit humanitaire international et dans certains cas de crimes de guerre. Les accusations incluent la prise pour cible de civils et leur mort, ainsi que des exécutions publiques d'opposants politiques et de prisonniers, le fait de jeter des prisonniers par les fenêtres d'appartements en hauteur, des combats dans des hôpitaux et des tirs depuis un véhicule marqué "TV". Le comité international de la Croix-rouge a aussi dénoncé des attaques à l'intérieur et à l'extérieur de deux hôpitaux dans le nord de la bande de Gaza.

Au cours des combats, des incidents de pillage se sont déroulés : la foule s'est notamment emparée de meubles, de peintures et d'autres objets personnels dans la villa du défunt dirigeant Yasser Arafat. La maison de l'ancien homme fort du Fatah dans la bande de Gaza, Mohammed Dahlan, a également été pillée, depuis ses meubles jusqu'à sa plomberie. Quant à la Muntada, la résidence présidentielle de Mahmoud Abbas en bord de mer, des témoins rapportent le vol par des combattants Hamas d'ordinateurs, de documents et d'armes.

L'organisation israélienne des droits de l'homme, B'tselem, a initié un appel à juger la direction du Hamas pour crimes de guerre.

À l'issue de la prise de Gaza, le Président Mahmoud Abbas annonce la dissolution du parlement palestinien et le limogeage du gouvernement d'union nationale dirigé par Ismaël Haniyeh du Hamas. Il décrète l'état d'urgence dans les territoires palestiniens et nomme Salam Fayyad pour former un nouveau cabinet resserré autour de personnalités indépendantes alors que selon la loi palestinienne, le président devait nommer un nouveau premier ministre qui doit être issu du parti majoritaire au parlement, c'est à dire le Hamas. Ce nouveau gouvernement comporte 11 ministres. Il prête serment le 17 juin 2007 à Ramallah et étend son autorité sur la Cisjordanie. Il n'est pas reconnu par le Hamas, lequel considère comme illégitime et non démocratique la dissolution du parlement constitué à la suite des élections législatives palestiniennes de 2006, mais les puissances occidentales apportent leur soutien au pouvoir de Mahmoud Abbas.

Suite à l'opération du Hamas, les territoires palestiniens sont de facto scindés en deux entités contrôlées par des pouvoirs rivaux.

La Bande de Gaza devient, suite à cette victoire militaire du Hamas, un territoire où s'applique la loi islamique. Le 15 juin 2007, Nizar Riyan, un des leaders de l’aile politique du Hamas à Gaza, déclarait : « dans quelques heures, l'ère de la laïcité dans la bande de Gaza sera finie et rien de cela ne demeurera... Aujourd'hui marque la fin de l'hérésie. Aujourd'hui la bataille oppose l'Islam aux infidèles et elle se terminera avec la victoire de l'Islam ». S'agissant de la situation des chrétiens, ils peuvent continuer à vivre à Gaza s'ils l'acceptent, notamment pour l'interdiction de l'alcool et la pudeur vestimentaire des femmes, selon les affirmations d'un dirigeant islamiste interviewé. Ces propos sont niés par Khaled Mechaal, dirigeant du Hamas en exil. La question de la place des chrétiens par rapport à l'islamisation de la société dans ce territoire est posée. Bien que le Hamas se défende officiellement de vouloir instaurer un Etat islamique dans la Bande de Gaza, Mahmoud Abbas ainsi que les médias palestiniens et égyptiens recourent fréquemment à l'expression « émirat islamique » pour décrire la nouvelle entité contrôlée par le Hamas.

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Source : Wikipedia