HQE

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Posté par marvin 14/04/2009 @ 03:10

Tags : hqe, energie, economie

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Quinzième cible HQE

Le "construit" peut-il rembourser sa dette écologique, produire de l'oxygène, abriter une faune et une flore significative, épurer l'eau qui y passe ? Ces questions fondent l'idée d'une quinzième cible HQE.

Préalable : Attention, ce qu’on regroupe depuis quelques années sous le terme générique de « 15e cible » ne fait pas partie de l’actuel référentiel HQE (Haute Qualité Environnementale) validé par l'association HQE et ses partenaires. En 2006, le référentiel HQE porte sur 14 cibles (voir article HQE). L'idée de 15e cible regroupe en fait plusieurs éléments, qui semblent aujourd’hui pouvoir utilement compléter la démarche HQE.

La biodiversité est restée relativement ignorée dans la démarche HQE durant ses 10 premières années. Elle est au cœur de la quinzième cible ; à la fois objectif et moyen d'atteindre la réalisation de cette cible. Les objectifs de la 15e cible pourraient cependant être plus largement regroupés derrière le thème du « remboursement de la dette écologique ». De la même manière qu’on fait maintenant des maisons « à énergie positive » (qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment), l’idée est ici de faire un bâti dont l'enveloppe au moins pourrait offrir autant de place pour la biodiversité naturelle qu'en l'absence de construction, voire plus. Si la HQE intégrait ce double objectif (maisons à énergie positive et à biodiversité positive) elle tendrait à répondre aux deux conventions majeures du Sommet de la Terre (Rio, Juin 1992), sur les modifications climatiques (décliné dans le Protocole de Kyoto dont les objectifs seront revus en 2012) et sur la biodiversité.

Remarque : Ce point pourrait être intégré dans la « 1re cible » déjà existante, si elle était précisée, avec un référentiel à adapter au contexte biogéographique de chaque projet.

La HQE est une démarche volontaire, récente et encore émergente. À partir de 1997, elle a fait l’objet d’une première formalisation, susceptible d’évoluer vers une normalisation... Comme toute démarche-qualité, elle s’appuie sur un processus d’amélioration continue, pour notamment s’adapter aux évolutions techniques, aux évolutions de la connaissance ainsi que du contexte (dont modifications climatiques attendues).

Il semble nécessaire et urgent de ne plus se limiter à simplement préserver l’existant, car il est déjà très dégradé. Il ne faudrait pas non plus dégrader par des construction l’environnement de qualité là où il subsiste. Comment rembourser à une juste mesure les impacts de l'urbanisation et de la construction ?

Depuis la fin des années 1990, les apports (et les lacunes) des premiers bilans des nombreuses constructions HQE et plus généralement dites « écologiques » commencent à permettre des critiques constructives. Un certain nombre d'acteurs ont suggéré que l'approche HQE gagnerait à s'enrichir d'une cible s’intéressant de plus près à la « Relation écologique du projet (bâti, infrastructures, non-bâti, fonctionnement..) avec l’environnement ». Les architectes veillent déjà à préserver - dans une certaine mesure - les arbres et les éléments naturels des sites qu'ils vont occuper et modifier. Mais ils ont plutôt l’habitude de travailler avec des paysagistes que des écologues. De plus, les écoles d'architecture et du Paysage n’intègrent l’écologie du paysage dans leur cursus que depuis quelques années seulement, et parfois de manière très limitée.

Ce cadre permet - si l’architecte et le maître d’ouvrage le souhaitent - d’insérer une priorité à la biodiversité, éventuellement fonctionnelle dans leur projet. Mais la 1re cible ne propose ni seuil minimal, ni indicateurs, ni même clairement de « compensation fonctionnelle ». Sans l’interdire, cette cible n’engage donc pas à une approche compensatoire ou restauratoire.

Ces deux dernières approches (compensatoire, restauratoire) posent des questions complexes, en particulier quand au niveau-objectif de qualité éco-paysagère et donc de biodiversité à rechercher, et quant à l’échéance visée (il faut 300 à 800 ans pour produire un vieux chêne, et d’ici là nous aurons peut-être bouleversé le climat au point de dépasser ses conditions de survie).

L’objectif sous-jacent d’une quinzième cible est donc d’augmenter la capacité du projet à durablement contribuer à améliorer l’environnement, protéger, voire restaurer la biodiversité, dans l’objectif de tendre à rembourser la dette écologique (à effacer son empreinte écologique).

Par convention on entendra ici par Nature, les endroits où la vie sauvage et ses processus peuvent se manifester de manière significative et spontanée, quelles que soient et quelles qu’aient été les actions de l’Homme.

La construction modifiant peu ou prou, le milieu, cette cible-objectif fera donc appel à ce que les anglo-saxons nomment « mitigation » (« réparation écologique »). L’architecte s’appuiera nécessairement sur le « génie écologique ». Dans cette nouvelle perspective, l'architecte a à utiliser le Vivant comme élément dynamique et fonctionnel de sa construction. Il n'a généralement pas été formé pour cela et doit donc apprendre à collaborer avec un écologue. Or l'écologue n'a pas non plus l'habitude de travailler sur ce type de sujet, et dans les pays francophones, l'enseignement officiel de l'écologie urbaine et de l'écologie du paysage ont pris beaucoup de retard, par rapport aux pays anglosaxons qui bénéficient de cursus et de littérature spécialisés sur le sujet. Cela implique également d’envisager finement la dimension temporelle de la part environnementale du projet (Si le bâti vertical devient le substrat d’une Nature qui « pousse », comme dans le cas de certaines réalisations de Patrick Blanc l’architecte doit préparer ou permettre un plan de gestion adapté, sur le court, moyen et long terme).

On approche éventuellement aussi l’idée de résilience écologique.

Ces objectifs pourraient être intégré comme sous-objectif de la 1re cible, par exemple sous la dénomination « Relation éco-biologique positive du bâti avec l’environnement » (Ce titre évoque à la fois l’insertion écopaysagère, les fonctions écologiques, qui sont des éléments permettant pour partie d’approcher le remboursement de la dette écologique de l’aménagement et des usagers ou autrement dit : d’effacer l’empreinte écologique de l’aménagement, de son fonctionnement sur toute sa durée de vie). Mais, pour les raisons évoquées ci dessous, il semble utile de disposer d’une cible plus transversale aux autres..

Remarque : Il ne s’agit surtout pas de réaliser artificiellement un coûteux arborétum ni un zoo ou une arche de Noé. Il s’agit simplement d’offrir un réseau d’espaces (d’habitats) retrouvé, reconstruit ou de substitution aux espèces qui devraient être naturellement présentes, au vu du contexte éco-paysager ou de la flore et de la faune potentielles, en veillant à ce que l'architecture soit éco-compatible.

L’objectif à moyen et long terme est celui d’une nature dont le cycle est le plus auto-entretenu possible. Il s’agit donc de durablement restaurer les conditions (dynamiques) d’entretien de la biodiversité, tout en gardant une maîtrise minimale, par exemple sur les eaux pluviales et de ruissellement et sur la végétation jouxtant ou couvrant le bâti.

Un premier principe est celui de la complexité inhérente au fonctionnement des écosystèmes, vue comme condition nécessaire à la restauration ou au maintien de la Biodiversité visée par la 15e cible. Plus un milieu est complexe (creux, bosses, zones d’ombre, de soleil, sèches, humides, milieu boisé, strates herbacées, etc.), plus il est susceptible d’accueillir une faune et une flore riches et diversifiées et plus il développera de fonctions écologiques qui deviendront des « services écologiques » si l'architecte a su les prendre en compte comme telles. Le vivant se développe et se différencie en fonction de conditions particulières et souvent nécessaires. C'est pourquoi l'approche HQE cherche à développer l'offre en biotopes (naturels ou de substitution, mais adaptés au contexte local), afin qu’un grand nombre d’espèces puisse y trouver refuge, nourriture, ou simplement utiliser ces biotopes comme corridors biologiques.

Un second principe est celui de l’auto-entretien du milieu. L’écosystème doit pouvoir se stabiliser et se réguler de lui-même ou à faible coûts pour les occupants humains. L'Homme devrait n'y intervenir que le moins possible, ce qui nécessite paradoxalement, étant donné le caractère artificiel de toutes constructions groupées, dans le cadre d’un habitat répondant à la 15e cible HQE, d’établir, dès la construction voire avant elle, un plan de gestion du milieu. Il faut par ailleurs souvent des années, voire des dizaines d’années ou siècles, pour qu’un milieu perturbé par l’homme retrouve un certain équilibre.

Un troisième principe est celui du « remboursement de la dette écologique » du construit, en veillant à ce que la faune ou la flore ne posent toutefois pas de problème de compatibilité avec l'infrastructure construite en question (Ex : risque de court-circuit sur l'image ci-contre), ou ne mettent pas en péril la faune.

Un quatrième principe est celui de la sécurité pour l'Homme. A titre d'exemple, si l'on veut pour des raisons écologiques garder du bois mort dans les espaces « naturels » ou le réintroduire avec des chronoxyles, celui ci est "mis en sécurité", et surveillé de manière à éviter les accidents, tant que possible.

La matrice paysagère est trop souvent grise-brune, ponctuée de quelques taches de Nature relictuelle. Cette quinzième cible veut contribuer à inverser cette tendance, pour restaurer une matrice de Nature dans la quelle les taches réservées à l’habitat, aux productions et aux réseaux d’infrastructures seront les moins nuisantes et fragmentantes possibles (pour leurs usagers et pour le reste des espèces vivantes).

Il faut aussi pour cela réduire l’effet de fragmentation écopaysagère et la pollution des infrastructures de transport, des villes linéaires, et restaurer un solide maillage écologique (réseau fonctionnel de corridors biologiques).

Les difficultés ne sont pas financières, et la nature a encore de puissantes capacités de cicatrisation. De plus, cette approche permet de considérablement diminuer la contribution, voire l'exposition aux risques naturels et donc les coûts externes. Les difficultés proviennent des habitudes, du manque de compétences en génie écologique, de l'absence de critères d'écoéligibilité, du fait que l’agriculture et l’aménagement du territoire n’intègrent pas encore les besoins de la Biodiversité et du fait que les réservoirs de biodiversité sont de plus en plus rares, petits, éloignés les uns des autres et qu’ils s’appauvrissent. Plus on attend, plus ce sera difficile.

Les réglements d'urbanisme (exemple du plan local d'urbanisme ou PLU en France) commencent, parfois, à prendre ces aspects en compte. Ainsi le PLU de Paris s'appuie non pas sur un nombre minimal de mètres carrés par habitants, mais sur un indicateur nouveau et qualitatif le « Coefficient de biotope », surpondéré dans les cas où un nouveau bâtiment est construit en zone identifiée comme déficitaire en espaces verts. Si le constructeur ne peut répondre à ses obligation de restauration de zones végétalisées, il doit construire des murs et/ou terrasses ou toitures végétalisés.

Enfin, des besoins urgents de réflexion concertée, mais aussi de recherche et développement, de formation et de mise à dispositions d’outils et de guides adaptés à cette cible existent. Les architectes ont maintenant autant besoin de l'aide de spécialistes du comportement des insectes, des oiseaux, des mammifères, des amphibiens, des écosystèmes que de spécialistes de l'hygiène.

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Route HQE

Les besoins croissant de circulation motorisés incitent à remplacer les anciens chemins par des infrastructures de plus en plus artificialisantes. Peut-on, doit-on et veut-on faire des routes HQE ? Et si oui, comment ? Avec quelle place pour les transports en commun, le vélo, la voiture ?

L'idée de construire des routes dites HQE, c'est-à-dire en fonction des normes de haute qualité environnementale, est née afin de réduire les nuisances et pollutions générées par les routes. Le conseil général du Nord, et ses partenaires ont été le premier porteur de cette idée en France, avec une démarche initiée en 2005/2006.

Les atteintes à la diversité biologique sont en effet jugées alarmantes dans tous les pays développés, notamment à cause de la fragmentation des territoires induites par les réseaux de transports (routes, canaux, voies ferrées en particulier). Au même titre que l’urbanisation et la périurbanisation croissantes, le développement du trafic et du rythme de construction des voies nouvelles menace la biodiversité.

Par extension, le concept de HQE peut être appliqué aux véloroutes et voies vertes, ce qu'encourage le guide européen fait pour ces infrastructures.

La route, même construite dans une perspective de Haute qualité environnementale, reste un élément gravement perturbateur des écosystèmes et elle continue à encourager la consommation de ressources fossiles, ou peu ou non renouvelables et/ou polluantes. Même si ses impacts en sont diminués grâce à des matériaux recyclés et/ou extraits sur place, une route conservera toujours une très forte empreinte écologique par rapport aux alternatives les plus "écologiques", surtout si l'on tient compte de ses effets différés dans l'espace et dans le temps. Hormis si elle est construite en tunnel et/ou viaduc sur toute sa longueur, toute route contribue un peu plus à détruire l'intégrité écologique fonctionnelle des paysages et écosystèmes qui les composent. Les routes contribuent de plus à d'éventuels remembrements en affectant les équilibres écologiques en place. Et elles comptent parmi les infrastructures les plus pérennes établies par l'homme depuis la fin de la préhistoire. Il est extrêmement rare qu'on détruise une route ou un pont sans les remplacer, même quand un tribunal a déclaré que l'ouvrage n'était pas d'utilité publique ou légal (Ex : Pont de l'île de Ré en France).

Une route représente une barrière infranchissable pour la quasi-totalité de la faune, y compris parfois pour les espèces capables de voler (insectes en particulier). En effet, même quand un mur ou une clôture ne lui est pas associé, la route modifie localement mais très significativement des paramètres du milieu (température, hygrométrie, calme, odeurs, vibration et bruits, végétation, albédo, nature et occupation du sol, lumière (la nuit), etc.) de telle sorte que l’on y crée un microclimat et un environnement auquel la plupart des espèces ne sont pas adaptées et qu'elles vont souvent fuir. Celles qui tentent de traverser risquent d'y être écrasées, blessées ou tuées (Roadkill).

La réussite du projet dépend de nombreux paramètres (position, taille, caractéristiques amont-aval et contextuelles, etc.). Pour qu’un passage à faune soit efficace, sa conception doit donc faire l’objet d’une étude scientifique et spécifique.

Les passages à faune ont été classés en huit catégories, allant des simples conduits placés régulièrement aux ouvrages pour la grande faune aux ouvrages hydrauliques en passant par les reconnections de chemins agricoles.

La décision d'implanter des passages à faune n'est qu'une mesure parmi d'autres permettant d'atténuer les effets de la fragmentation (mesures compensatoires et/ou mesures conservatoires en général). Aussi, cette décision doit s'intégrer dans un plan de plusieurs mesures en faveur de la restauration, de la conservation et de la protection de la biodiversité. : aménagement végétal de la section courante, clôture, réseau d'assainissement, aménagement des corridors écologiques, …

Très rarement pris en compte dans les études d’impact, l’éclairage artificiel est une des causes de gêne pour les riverains et d'atteintes à la diversité biologique. Le phénomène dit de pollution lumineuse trouble les rythmes chronobiologiques en déréglant les horloges internes ou certains processus hormonaux contrôlés par les variations saisonnières de l’alternance naturelle jour/nuit. De plus, la lumière artificielle attire certaines espèces en les piégeant, ou au contraire fait fuir les espèces lumifuges en les reléguant dans des zones noires de plus en plus rares et fragmentées et de moins en moins noires.

Dans le cadre d'un plan lumière, ou lors de la réfection des éclairages, différents systèmes peuvent réduire les nuisances associées à l’éclairage artificiel, tout en diminuant les consommations électriques, sans diminution de sécurité.

Les infrastructures routières sont particulièrement propices à l’installation de dispositifs retroréfléchissant puisque la plupart des usagers de la route ont un système d’éclairage embarqué.

La plupart des éclairages ont une intensité calibrée sur les jours de brouillard, de mauvais temps ou les nuits noires. On peut mettre en place des détecteurs de luminosité afin de régler l’intensité de l’éclairage en fonction de la lumière naturelle.

Lorsque l’éclairage est indispensable, on peut réduire considérablement le halo lumineux en remplaçant les lampadaires traditionnels par des lampadaires qui limite la perte de flux (flux directionnel).

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Ville durable

Ils varient selon le contexte géographique, l'histoire et la taille de la ville, mais les thèmes de la gouvernance, du réchauffement climatique, de l'énergie, des déchets et des transports, des milieux (eau, air, sol, foncier) ainsi que de la biodiversité (renaturation, trame verte, écologie urbaine) sont mis en avant. Il s'agit aussi de produire un habitat et des moyens de transports à des coûts accessible à tous, en facilitant la richesse et mixité sociale et culturelle. Dès 1994, ils furent mis par écrit par la charte d'Aalborg.

La question de l’environnement apparaît comme majeure et transversale. Elle est globale (lutte contre l'effet de serre et la pollution de la biosphère) et locale (recyclage de l'eau et des déchets (dont compostage/méthanisation), filières courtes et sobres, énergies douces, propres et sûres, économie d’énergie et de chauffage, voire ville à énergie positive (Ex : engagement de la ville de Perpignan en France), de recyclage, ville sans voiture, etc.). Il s'agit aussi d'adapter les villes (celles des régions chaudes notamment) aux impacts inévitables du réchauffement global (canicules et aléas climatiques et sanitaires exacerbés).

Face aux problèmes de périurbanisation et d'empreinte écologique croissante, le modèle urbain classique semble avoir atteint ses limites. Deux tendances se présentent : le modifier radicalement pour produire des villes nouvelles écologiques (éco-villes), ou l’adapter par des mesures plus simples.

Sur la base d'exemples déjà réalisés, ce concept interroge des collectivités impliquées dans les projets de quartiers (Ex : éco-quartiers) ou de rénovation urbaine, les conduisant à réfléchir sur la « soutenabilité » (sustainability pour les anglais) de la ville, c’est-à-dire de son impact sur le futur, de son identité et de sa capacité à se maintenir dans le temps. Il encourage un projet politique et participatif ferme, ambitieux et non élitiste.

Le concept de ville durable n'étant pas précisément défini, et ne disposant pas - à ce jour - de principes, indicateurs et critères clairement mesurables, de nombreuses villes s'auto-déclarent « ville durable ». Par ailleurs, l'offre étant encore très faible, et les urbanistes et architectes formés à l'application des principes du développement durable étant encore rares, le risque existe de voir se développer des écoquartiers ou écovilles élitistes, réservés aux plus riches.

La ville durable vise une haute qualité de vie pour tous et partout. Le social et l'accès aux services (éducation, culture, loisirs, santé, vie associative, et surtout logement) y ont donc une place fondamentale, dans une perspective de mixité sociale. Un effort éthique et de solidarité doit être accompli pour favoriser l’accès au logement, aux loisirs et à la culture des personnes à revenus modestes, aux handicapés ou aux personnes âgées. Via les jumelages et la coopération nord-sud ou est-ouest, ces "villes" peuvent contribuer à diffuser et développer ces concepts ailleurs dans le monde.

Accroître et diversifier l'offre de logements ; La démographie est une contrainte difficile à anticiper et gérer pour les systèmes de gouvernance, mais la ville durable pour des raisons de réponse aux besoins des familles et de mixité sociale vise généralement une offre diversifiée en logement (taille, localisation, accessibilité aux handicapés et personnes âgées, propriété privée, communautaire ou location..), tout en visant à concilier les meilleures conditions de vie avec les avantages d'un milieu urbain, pour produire les conditions d'un bien-être social et de l'ascension sociale.

Des logements sociaux. Ce ne sont pas des ghettos et ils doivent être protégés par des conditions de plafonds et de ressources en fonction de la composition des ménages, pour aider les personnes en difficultés financières ou sociales réelles. La ville durable est un lieu d'innovation urbaine et de lutte contre l'exclusion ; Les plus modestes côtoient les plus aisés, bénéficiant du même cadre de vie, des mêmes accès à la culture, aux aménités et aux loisirs. Des projets de décroissance durable peuvent y être expérimentés ou divers systèmes d'aides, par ex aux mères seules, familles nombreuses, familles voulant vivre avec une personne âgée au domicile.

La ville durable suppose des citoyens éco-responsables et éclairés vivant dans un contexte épanouissant et favorisant une bonne santé. Une politique culturelle et une culture écocitoyenne du développement durable en sont un des éléments, via un appui, notamment financier, aux institutions culturelles, favorisant ainsi leur rayonnement. Elle vise à éveiller dès l'école les enfants à l'art et à la culture, dans le respect du développement durable. La culture et l'offre en loisirs peuvent rendre la ville plus attractive, mais le concept classique d'attractivité peut lui-même être mis en cause (pour des raisons d'empreinte écologique et d'impact en termes de périurbanisation) au profit d'un rayonnement plus immatériel, passant par exemple via l'internet comme support de culture. L'accès à toutes ces activités est gratuit ou payant, en fonction des activités et des revenus de chacun, rendant la culture et les loisirs accessibles à tous.

La santé, l'enrichissement intellectuel et la qualité de vie sont améliorés par des infrastructures culturelles et sportives (HQE) tels que des centres culturels incluant bibliothèques, médiathèques, accès à l'Internet et à une Nature de proximité, celle-ci étant intégrée dans une trame verte tels que des supports de découverte et d'éducation à l'environnement). Des lieux de spectacles et d'exposition contribuent à l'enrichissement de la culture de tous et chacun ainsi qu'à la promotion de talents locaux ou d'artistes indépendants. Des complexe sportifs (piscine, terrains et lieux de sports, dont de proximité et de nature) complètent ces infrastructures.

Dans ce cadre, les activités renoncent aux pratiques de confrontation, de compétition, et de dénigrement au profit de logiques d'échanges, collaboratives et de reconnaissance des autres et de leurs valeurs. Ce sont des loisirs basés sur les rencontres, les échanges constructifs fondés sur le respect d’autrui et sur l’apport des différences qui est enseigné dès l'école pour tous (les enfants, riches, pauvres ou à mobilité réduite doivent tous pouvoir y avoir accès). Les rencontres développent l’émulation dans un esprit de solidarité, et le sentiment non sectaire et non-communautariste d’appartenance à une communauté dans le monde, ce qui est fondamental pour la durabilité sociale.

Elle est souvent très développée et encouragée dans les projets de ville durable, pour une harmonie entre toutes les populations et acteurs de la ville. De nombreux écovillages et écoquartiers ont d'ailleurs - en amont - une origine associative.

Associations et solidarité : Le principe de solidarité est structurel dans la ville durable qui implique une entraide entre les générations et entre les gens de différents horizons ethniques. Dans des structures réservées à cet effet, les habitants de la ville se retrouvent, pour y partager leur savoir- faire, leurs opinions et en certains cas s'entraident, par exemple: les personnes âgées peuvent partager leur savoir-faire en cuisine ou en couture et les plus jeunes les guider en informatique.

Associations et culture : Pour implanter la politique culturelle de la ville durable, il faut mettre en place des structures spéciales, chargées de réunir les enfants, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, dans une démarche commune au sein de ces lieux d’échanges. Ces associations culturelles organisent des manifestations, tel que des concerts, des représentations théâtrales ou des expositions, favorisant l'ouverture aux autres avec, par exemple: des expositions d'art primitif africain associé au cinéma d'auteurs étrangers. Regroupant ainsi tous les citoyens et faisant de tous des acteurs de la vie associative.

Il veut que la ville soit "neutre" (c'est à dire sans impact négatif, ou avec des impacts remboursés en termes de bilan global) vis à vis de son environnement local et mondial. C'est un enjeu et objectif majeur dans un quartier (ou ville) durable. Il concerne la consommation d'énergie, mais aussi tous les domaines ayant un impact sur des ressources naturelles ou humaines.

En un an, un Français consomme en moyenne 3 tonnes équivalent pétrole d'énergie. Pourtant, des gestes simples et quotidiens permettraient de réduire cette consommation de moitié.

L'éclairage représente en moyenne 15% d'une facture d'électricité. Pour en diminuer sa charge, il faut profiter au maximum de la lumière du jour, éteindre les lumières dans les pièces vides, et utiliser des lampes a basse consommation.

Il existe bien sûr des alternatives au chauffage électrique. Mais les chauffages au fuel ou au gaz sont eux aussi polluants. Depuis quelques années, des alternatives se développent avec les pompes à chaleur et la géothermie. Ainsi, le chauffage réversible, ou pompe à chaleur air/air permet de chauffer ou refroidir une maison en diminuant beaucoup sa consommation énergétique (on peut retenir le chiffre de 4 unités d'énergies rendues pour 1 consommée).

Dans le quartier durable, les maisons doivent être capable d’assumer elles-mêmes leurs consommations d’énergies, ou en tout cas une partie de leurs consommations. Pour se faire, elles sont construites de façon à s’autoalimenter en énergie : des panneaux solaires sont installés sur les toits ou sur les façades, les eaux de pluies sont récupérées au maximum, l’isolation est améliorée pour ne pas perdre de chauffage et donc ne pas gaspiller. Les équipements fournis sont de type économiques, de catégorie A. Les matériaux de construction sont non polluants, recyclables, récupérés…

En 2002, près de 90% de l’énergie consommée dans le monde provenait des gisements de combustibles fossiles tels que le pétrole, le gaz, le charbon ou encore l’uranium. Cependant, ces sources traditionnelles d’énergie posent de nombreux problèmes, qu’il est urgent de résoudre.

Énergies fossiles : ce terme désigne les énergies que l’on produit à partir de roches issues de la fossilisation des êtres vivants : pétrole, gaz naturel, et charbon.

Ces énergies sont en quantité limitée, elles sont donc épuisables. Pourtant, la consommation de ces énergies ne cesse de croître ; cela rend l’exploitation de plus en plus difficile et chère, et cela se ressent sur l’économie: par exemple, le prix du baril de pétrole a explosé ces dernières années. De plus, les combustibles fossiles contribuent massivement au réchauffement de la Terre par le phénomène de "l’effet de serre" à cause du CO2 que leur combustion rejette dans l'atmosphère tout en la polluant. Ces sources d'énergie présentent des risques de catastrophes majeures : marées noires, fuites radioactives, explosions de gazoducs… Ces énergies coûtent cher, polluent, sont épuisables, et sont dangereuses pour la santé. C’est pourquoi il faut en réduire la consommation le plus tôt possible.

Une énergie propre ou énergie verte est une source d'énergie qui ne produit pas de polluants. Le concept d'énergie propre est distinct de celui d'énergie renouvelable: le fait qu'une énergie se reconstitue n'implique pas que les déchets d'exploitation de cette énergie disparaissent, ni le contraire. Les sources d'énergie généralement citées comme énergie propre sont les énergies géothermiques, l’énergie éolienne, l’énergie hydroélectrique, l’énergie solaire, la biomasse, les énergies marémotrices. Ces énergies sont généralement celles les plus utilisées à travers les pays et les moins onéreuses. De plus, elles sont aussi les mieux maîtrisées. L'énergie la plus propre étant celle que l'on ne consomme pas, on peut donc parler de « négawatts », qui sont une énergie propre qui ne produit aucun déchet. Par exemple, remplacer une ampoule de 100Watts contre une lampe fluorescente de 20Watts revient à économiser 80Watts. Le remplacement de cette lampe génère 80Watts « en moins », ce qui correspond à 80Négawatts. La production de « négawatts » est rendue possible grâce au développement de l'efficacité énergétique et de la sobriété énergétique.

Une énergie renouvelable est une source d'énergie qui se renouvelle assez rapidement pour être considérée comme inépuisable à l'échelle de l'homme. Les énergies renouvelables sont issues de phénomènes naturels réguliers ou constants provoqués par les astres, principalement le Soleil (rayonnement), mais aussi la Lune et la Terre (énergie géothermique). La notion d'énergie renouvelable est souvent confondue avec celle d'énergie propre. Cependant, même si une énergie peut être à la fois renouvelable et propre, quelques unes ne peuvent être classées que dans une seule de ces catégories. Par exemple, le solaire photovoltaïque est renouvelable mais produit des déchets contenant des métaux lourds tandis que la production d'électricité à partir de charbon avec séquestration du CO2 s'approche d'une énergie propre mais n'est pas renouvelable.

Un quartier durable doit favoriser les transports en communs : en effet l’utilisation des bus, des métros, des tramways est plus écologique et plus économique que la voiture. De plus, cela permet de vider les centres-villes surchargés. Ces modes de transports sont très bénéfiques : ils sont beaucoup plus rapides, car ils ont des voies réservées (exemple du TEOR a Rouen), plus économiques, car un voyage en bus coûte moins cher qu’un voyage en voiture (sur la même distance), moins polluants, car les métropolitains et les tramways sont électriques ; ils consomment 5 fois moins d’énergie par passager qu’une voiture. Ils comportent beaucoup plus d’avantages. La voiture pollue énormément. À vitesse moyenne égale, une conduite agressive peut augmenter la consommation de carburant de 30 à 40%. Le quartier durable doit donc inciter a rouler en souplesse : cela abîme moins le moteur et consomme moins de carburant. Le quartier durable peut aussi proposer d’investir dans les véhicules propres : une voiture électrique n'émet pas de gaz polluant, est silencieuse et économique. Sur une échelle plus importante, les personnes doivent prendre le train plutôt que la voiture ; sur des longs trajets, c’est ce moyen de transport qui est le moins polluant, même s’il n’est pas le plus rapide.

Chaque Français consomme en moyenne 150 litres d’eau par jour, et seulement 1% est bu. Dans un quartier durable, cette consommation pourrait être divisée en 2, en allant jusqu'à 76litres d’eau par jour. Cela passe par le pré équipement des foyers d’appareils à faible consommation, qui consomment environ 39litres d’eau contre 100litres pour les appareils traditionnels. Des baignoires de taille plus modeste et des réducteurs de pression doivent être installés ; des chasses d’eau à double débit permettent de gagner 11000litres par an et par habitant. Dans un quartier durable, l’eau de pluie est utilisée à son maximum : elle est stockée, puis sers ensuite a alimenter les chasses d’eau et à arroser les jardins. De plus ce quartier doit posséder sa propre station d’épuration pour le traitement des eaux usées : cela évite l’acheminement inutile de l’eau dans une station éloignée, ce qui va consommer de l’énergie pour rien. L'eau chaude est produite grâce à l'énergie, quelle que soit son origine. Il est impératif de ne pas laisser s’écouler l’eau lorsqu’on ne s’en sert pas : lorsqu’un enfant se lave les dents(3minutes) et qu’il laisse le robinet ouvert il coule l’équivalent de 18 litres d’eau, soit 12 bouteilles d’un litre cinq. De plus, un réglage du thermostat du chauffe-eau permet d’économiser l’eau chaude (et aussi un entartrage plus rapide des canalisations).

Une gestion des déchets basée sur le tri sélectif implique des coûts supplémentaires dus à la complexification des étapes de la collecte et du traitement. Pourtant, dans la plupart des cas, les communes peuvent réussir à tirer un bilan financièrement positif grâce à la valorisation des déchets recyclables. Le tri des déchets est un point positif dans la protection de l’environnement : il permet de le préserver, en utilisant les matériaux recyclés, au lieu d’aller chercher ces mêmes matériaux dans la nature. Le troisième point positif du tri sélectif est enfin la responsabilisation du citoyen, qui a là un moyen simple de contribuer à la bonne gestion de la collectivité et à la préservation de l’environnement, en prenant conscience qu'un geste individuel, aussi simple, peut avoir des retombées globales. Des bacs à différents compartiments encouragent le tri des déchets qui ne peuvent être compostés dans les jardins, de même que des aires d’apports volontaires créées à proximité.

La ville durable cherche à diminuer son taux d'imperméabilisation et à augmenter la naturalité de la ville en restaurant une trame verte qui relie entre eux des espaces verts. Elle accueille pour cela largement une flore et une faune naturelles, pour des raisons aménitaires, microclimatiques, de qualité de l'air et écologiques. Les arbres, buissons, haies, clôture végétales, noues, les espaces verts, mais aussi les murs et terrasses ou toitures végétalisées y jouent un rôle majeur ; Ils embellissent la ville, et s'ils sont suffisant, aident à compenser les émissions de CO2, pour une ville « neutre » en termes de bilan carbone, plus respirable et plus « inoffensive » pour l'atmosphère terrestre. L'éducation à l'environnement peut y contribuer, ainsi que le développement d'une quinzième cible HQE.

Cette objectif de « neutralité » (énergétique et environnementale) implique un aménagement particulier du territoire.

En urbanisme et en architecture, le pilier économique du développement durable conduit à penser le projet en terme de coût global : diminuer les ressources (énergie, matériaux, eau, sol,...) nécessaires au projet durant toute la durée de vie du projet, tout en optimisant le budget de façon à ce que les coûts ne deviennent pas excessifs et en conservant un objectif de haute qualité.

Les villes sont confrontées à l'étalement urbain et aux phénomènes de fragmentation écologique et urbaine. La multiplication des périphériques, rocades de contournement, couronnes urbaines, favorisées par le développement routier et des centres commerciaux périphériques, la multiplication des centres de loisirs, l'extension des zones d'activités, la recherche d'un habitat individuel à la campagne nous conduisent vers une ville dispersée, consommatrice de sol et génératrice de déplacements. L’appel aux énergies renouvelables n’est pas une réponse unique ni suffisante à tous les torts causés à l’environnement. L’aménagement du territoire doit être repensé dans les villes d’aujourd’hui et dans les écovilles nouvelles, ainsi que la mobilité.

Une certaine densification est souvent nécessaire, mais la ville durable refuse le modèle Hong-Kong, tout comme celui de l'étalement de type Los angeles.

Ce phénomène est caractérisé par le développement des surfaces urbanisées en périphérie des grandes villes : la péri-urbanisation. Plus on s’éloigne du centre, plus la densité du bâti est faible. En effet, ces nouvelles zones urbaines (pour la plupart rurales auparavant) sont caractérisées par une urbanisation pavillonnaire, ce qui bien évidemment, compte tenu de la multiplication des maisons individuelles et des jardins privatifs, occupe une surface au sol bien plus importante que celle utilisée par des appartements en immeuble ou des maisons de ville.

Ce mode d’habitat est à première vue alléchant. Il permet de rester près de la ville et de ses atouts, tout en bénéficiant d'un foncier a priori moins cher et plus disponible. Les ménages peuvent se permettre d'y devenir propriétaire d’une maison individuelle relativement vaste, accompagnée d’un grand jardin, pour le prix d’un appartement en ville. De plus, ils recherchent aussi un cadre de vie plus agréable, notamment pour leurs enfants, en étant plus proche de la campagne et en fuyant les gênes clichées occasionnées par le centre des villes ( bruit, pollution, stress, agressivité…).

Cependant, la périurbanisation montre très vite ses limites, tant au niveau économique qu’au niveau de la qualité de vie, et devient même contraire au principes du développement durable. La première critique qui peut être faite, est l’absence de mixité sociale, les lotissements pavillonnaires étant essentiellement occupé lors de leur mise en vente par des jeunes couples avec des enfants en bas âge. De plus, les pavillons au sein d’un lotissement étant similaires, de tailles identiques, ils s’adressent à des personnes qui possèdent le même niveau de revenu et qui appartiennent donc à une même catégorie sociale. Les autres conséquences sont directement liées au problème majeur du concept, la très faible densité qu’il induit. Elle se traduit par la création de « villes dortoirs », ce qui, éloignant le lieu de travail du lieu d’habitation, augmente considérablement le phénomène de « migration pendulaire » et toutes les conséquences adjacentes à celui-ci ( embouteillages, allongement du temps de trajet en voiture….) Le « taux de motorisation » par ménage est beaucoup plus élevé dans les zones péri-urbaines que pour la moyenne nationale1. Les ménages possèdent presque tous deux voitures, même les moins favorisés. Ce fort taux est dû à l’augmentation des distances à parcourir, que ce soit pour le travail, pour les loisirs ou bien pour le ravitaillement, rendant les transports alternatifs (marche et vélo) moins crédibles. De plus, le réseau de transport en commun est dans ces cas là, moins efficace également. Le maillage, réparti en fonction du nombre d’usagers, est par conséquent plus espacé que dans le centre ville, augmentant la distance entre les arrêts et stations et le domicile des résidents. Les usagers sont donc obligés de marcher pendant un certain temps ou de prendre leur voiture pour se rabattre sur la station la plus proche, ce qui augmente significativement le temps des transports et l’inconfort. Il n’existe pas aujourd’hui de mode de transport qui vienne concurrencer la voiture dans les banlieues pavillonnaires. Ces deux précédentes conséquences ajoutées à la faible densité, oblige à la construction d’infrastructures routières et de réseaux de communication beaucoup plus importantes en nombre d’habitant que la moyenne, réduisant de plus en plus les espaces naturels, agricoles, forestiers ou pastoraux. L’urbanisation est responsable de la disparition de 60 000 hectares de terres naturelles et agricoles chaque année en France, selon l’IFEN1. Cette augmentation des surfaces artificielles (routes, bâtiments, parkings…) représente un danger pour la diversité de la faune et de la flore, perturbe l’écosystème, et nuit à l’infiltration des eaux de pluies dans le sol, augmentant les risques d’inondation.

L’étalement urbain, pourtant très à la mode aujourd’hui, et la faible densité qu’il induit, n’est donc en aucun cas une réponse valable dans l’élaboration d’un quartier durable. La solution se trouve dans une densité plus élevée.

Le modèle de la "ville durable" privilégie la densité urbaine dans un souci d'économie de l'espace et de limitation des déplacements. Cette conception s’appuie sur des notions de ville « courtes distances » ou « ville compacte ». Aucune densité urbaine « idéale » n’a aujourd’hui été définie, mais les chercheurs et les exemples de quartiers durables aujourd’hui déjà réalisés, tablent pour une densité relativement élevée. Les constructions sont soit des immeubles d’une hauteur raisonnable (entre 3 et 5 étages), soit des maisons petites, mitoyennes, avec un petit jardin. . Cette forte densité permet une plus grande mobilité ainsi qu’une meilleure accessibilité aux services. Une personne ne disposant pas de voiture dans une ville ou dans un quartier compact, pourra accéder à un nombre de services bien plus importants que dans une ville à faible densité. Cette densité induit cependant une re-conception complète de l’aménagement des sols, de façon à le rendre plus efficace qu’aujourd’hui. Il n’est plus question de « place perdue », tout endroit doit avoir un rôle déterminé, et être utilisé de la façon la plus rentable possible. Cela ne veut pas dire non plus une surenchère de l’occupation des sols, qui se traduirait par une suppression des places communes ou des espaces relativement vastes, non construits, qui permettent de « respirer », de ne pas se sentir étouffé par les constructions. Au contraire, les lieux dit « publics », sont très présents et font aussi preuve d’une re-conception pour les rendre plus agréable à vivre. Ces lieux publics, rues, zones piétonnières, jardins publics, places, jouent non seulement un rôle social favorisant les rencontres et le contact entre individus, mais ils permettent surtout aux personnes de pouvoir s’aérer, se changer les idées, en se promenant à l’extérieur. Ils compensent donc en partie les jardins individuels. Cette solution permet d’éviter l’étalement des villes, et donc la place prise par ces dernières sur la campagne, réduisant d’autant les surfaces artificielles. Le coup engendré par la densification des transports en commun et la hausse de la qualité des infrastructures en général, est réduit par la quantité plus faible de ces dernières. On privilégie la qualité sur la quantité. Et cela permet de faire de nombreuses économies énergétique, que se soit pour les matériaux de construction, ou pour le fonctionnement. Prenons l’exemple de l’éclairage public : en considérant deux villes qui ont le même nombre d’habitants, la consommation d’électricité sera beaucoup moins importantes pour une ville de haute densité que pour celle à la faible densité. En effet, le réseaux routier et la surface totale de la ville à éclairer sera beaucoup moins importante pour la première.

La densité, phénomène de fond qui révèle toute son importance lorsqu’elle est bien contrôlée, influe sur de nombreux autre facteurs, et principalement sur la mobilité des individus.

Ces flux sont nombreux et pour partie inévitables. La ville durable cherche à limiter leurs impacts, par exemple par une disposition cohérente des centres nodaux, des axes de déplacements et par une offre équilibrée de services de proximité et de transports en commun ainsi qu'en développant les nouvelles technologies de l'information ou NTIC comme alternative quand cela est possible (le télétravail et les nouvelles technologies de communication n’ayant toutefois pas permis à ce jour de remplacer significativement et efficacement la concentration physique des individus). Certaines « villes durables » ne remettent pas en cause ces flux, jugés base et signe de la bonne santé économique et socioculturelle d’une ville, et n’entendent pas les supprimer. Elles cherchent à les anticiper et organiser pour sans les limiter, les diversifier ou les étaler dans le temps pour les rendre plus fluide et éviter toute saturation.

La concentration d'une même activité dans un secteur ou quartier (quartier d’affaires, commercial, d’habitations, de loisirs..) est généralement refusée ou limitée pour éviter les sectorisations générant des flux périodiques, brutaux et importants (Ex : migrations pendulaires et embouteillages associés, avec saturations aux heures de pointes, et plages horaires vides aux heures creuses). Une bonne implantation des logements et des activités économiques et de service dans un même environnement (mixité fonctionnelle) limite ces problèmes. Elle permet aux employés de gagner facilement et rapidement leur travail, à pied, en vélo ou via les transports en commun, en évitant de trop centraliser les flux sur quelques axes principaux. Il faut multiplier et diversifier les axes au sein d'une ville pour éviter ainsi toute congestion. Plusieurs axes de taille moyenne sont donc préférables à un grand axe.

Le faible étalement urbain facilite les déplacements non motorisés (vélo, marche, roller..) et le transport public. Quand tout est à portée de main, l’utilisation de la voiture peut devenir marginale. La forte utilisation des transports publics qui limite, remplace le trafic des véhicules privés responsables de congestion, de pollutions et d'accidents, est favorisée par un maillage et une desserte plus fréquente, précise et équilibrée, réduisant la distance domicile-gare ou avec l’arrêt le plus proche, et donc le temps de transport. Bus et tramway sont prioritaires sur le reste de la circulation, bénéficiant souvent de voies dédiées deviennent alors plus pratiques et rapides que d'utiliser sa voiture personnelle (Dans les centres-villes, la vitesse moyenne en voiture est de 20 km/h à Londres, 18 km/h à Paris et de 7 à 8 km/h à Athènes). Malgré une vitesse moyenne moindre, le vélo est très avantageux pour de petits trajets, cette dernière étant compensée par un temps de parking quasi-nul et un risque d’embouteillage inexistant. L’ensemble des transports alternatifs dont fait partie le vélo, mais aussi les rollers, la trottinette peuvent être encouragés, notamment par des pistes cyclables et autres véloroutes et voies vertes, des attaches et abris-vélos. Des quartiers sans voiture existent déjà ainsi que de nombreuses zones piétonnes, également ouvertes aux vélos.

La question des flux de circulation et de la densité urbaine, est un critère déterminant dans l’aménagement des territoires. Pour pouvoir convaincre les populations de l’utilité et de la nécessité de prendre les transports en communs, cela passe par une réelle politique d’aménagement du territoire, étudiée spécialement pour l’amélioration du temps de trajet et de l’efficacité des transports en communs. Il est aussi nécessaire de mettre des « bâtons dans les roues » des voitures, pour freiner son expansion.

Dans la notion de ville durable, l’environnement n’est plus dissocié des projets d’urbanisme, ni des orientations économiques, culturelles ou sociales de la ville. Ce souci d’intégration prend en compte le développement sur le long terme et dans une perspective globale. La ville pensée comme environnement humain se substitue progressivement aux préjugés anti-urbains des premières approches écologiques. Ainsi, à la lutte contre les nuisances s’ajoutent des thèmes plus transversaux : reconquête d’espaces publics, mobilités douces, maîtrise de la péri-urbanisation, participation citoyenne…

Cependant, en voulant concilier l’inconciliable, la ville durable risque de buter sur des contradictions insurmontables, dont la première est certainement de redensifier les villes sans sacrifier l’accès a la nature. Une autre contradiction réside dans le caractère assez inégalitaire de l’accès aux ressources écologiques de la ville. De nouvelles représentations de l’espace s’imposent pour éviter ces différents écueils. Par son aptitude, non pas à gommer les contradictions, mais à les mettre en débat, la ville durable a au moins le mérite d’être un formidable levier pour l’innovation démocratique.

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Haute performance énergétique

La Haute qualité énergétique ou HQE est un ensemble de labels officiels français qui rend compte des performances énergétiques, sanitaires et environnementale d'un bâtiment au niveau de sa conception et de son entretien.

Elle comporte plusieurs degrés (avec cinq étoiles) et donne droit à un financement bonifié ou à des primes ou avantages fiscaux.

La « Haute performance énergétique » est un ensemble de normes et de prescriptions réglementaires qui s'est progressivement établi à partir de 1978 entre divers acteurs du bâtiment, de l'environnement, des services publics de l'énergie comme l'EdF, des maîtres d'ouvrages et des organismes publics de certification (PUCA, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, Centre scientifique et technique du bâtiment, la FFB, et l'Association HQE). C'est une démarche qualitative qui intègre toutes les activités liées à la conception, la construction, le fonctionnement et l'entretien d'un bâtiment (logement, bâtiment public, tertiaire ou industriel).

La performance énergétique est définie en fonction du « coût global » comprenant le bilan énergétique, les cycles d'entretien et de renouvellement.

Le label HPE ne prend pas en compte les coûts énergétiques de fabrication des materiaux et équipements, de construction, d'entretien du bâtiment et de recyclage.

Près d'un an après la publication de l'arrêté relatif la réglementation thermique 2005 qui définie une exigence minimale de performance énergétique des bâtiments neufs, l'arrêté du 8 mai définissant les conditions d'attribution du label permettant d'identifier les constructions à performances supérieures, a été publié au JO le 15 mai 2007. Il pose cinq niveaux d'exigences.

Le label Haute performance énergétique (HPE 2005) peut être attribué aux bâtiments qui présentent une consommation conventionnelle d'énergie au moins inférieure de 10 % à la consommation de référence définie par la RT 2005. Rappelons que celle-ci fait désormais état de référence et constitue donc la performance minimale à respecter pour toutes les nouvelles constructions.

Le label Haute performance énergétique - Environnement (HPE EnR 2005), peut être décerné aux bâtiments qui respectent ces exigences et dont au moins 50% de l'énergie employée pour le chauffage est issue d'une installation Biomasse ou alimenté par un réseau de chaleur utilisant plus de 60% d'énergies renouvelables.

Le label Très haute performance énergétique (THPE), défini quant à lui une consommation conventionnelle d'énergie au moins inférieure de 20 % à la consommation de référence définie par la RT 2005.

Le label Très haute performance énergétique - Environnement (THPE EnR 2005) peut être attribué aux bâtiments permettant un gain de 30% par rapport à la RT2005. Ces bâtiments doivent également utiliser les énergies renouvelables comme la biomasse, les pompes à chaleur, le solaire thermique ou photovoltaïque. L'arrêté détaille avec précisions les exigences en la matière.

Le label Bâtiment de basse consommation (BBC 2005) peut être attribué aux bâtiments de logements neufs consommant au maximum 50 kWh/m2.an à ajuster d'un facteur 0,8 à 1,3 selon l'altitude et la zone climatique, ainsi qu'aux bâtiments tertiaires présentant une consommation inférieure à 50% de la consommation conventionnelle de référence de la RT 2005.

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Source : Wikipedia