Guy Debord

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Posté par marvin 31/03/2009 @ 03:07

Tags : guy debord, auteurs, littérature, culture

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Guy Debord

Guy Debord (1931-1994) est un écrivain, essayiste, cinéaste et révolutionnaire français, qui a conceptualisé ce qu'il a appelé le « spectacle » dans son livre fondateur La Société du spectacle (1967).

Il a été l'un des fondateurs de l'Internationale lettriste puis de l'Internationale situationniste (IS), dont il a dirigé les revues.

Très tôt, Guy Debord perd son père. Le mouvement populaire est amené dans l’impasse de la Seconde Guerre mondiale, et à ses 17 ans, tous les événements fondateurs de ce qu’il appellera La société du spectacle sont en place : la généralisation de la Technique, les camps, Hiroshima/Nagasaki, la collaboration de classe du PCF avec la bourgeoisie, l’affrontement « spectaculaire » Est/Ouest, et surtout la reconstruction à crédit de l’Europe. L'échec du « dernier grand assaut du mouvement révolutionnaire prolétarien » est dans son paysage.

1951/1952 : selon les propres mots de Debord, « jamais… le champ de bataille n'avait été aussi vide ». Au milieu de ce "désert" cependant la vie intellectuelle se poursuit. Du côté des défenseurs de l’ordre existant, les gaullistes bien sûr : Aron, Mauriac, Malraux, mais aussi tous ceux qui gravitaient autour du PCF : Aragon, Sartre, Picasso. Au cours de cette période le parti stalinien aimantait encore nombre d’artistes, d'écrivains et d'intellectuels.

D’autres, cependant, refusaient ce partage. André Breton, Benjamin Péret, Jean Malaquais s’étaient rapprochés des mouvements libertaires ou du communisme de gauche antistalinien après avoir souvent flirté avec les thèses de Trotsky, fidèles toujours aux idéaux de la Révolution d'Octobre plutôt qu'à l'URSS et à ses dirigeants.

Des électrons « libres » comme Boris Vian, Jacques Prévert, participaient du paysage intellectuel de ces années-là. Georges Bataille achevait son oeuvre. Maximilien Rubel de son côté arrachait l’œuvre de Marx des dogmatismes léninistes, tandis que les membres de Socialisme ou Barbarie (Claude Lefort, Cornelius Castoriadis notamment), et quelques autres tentaient une ouverture, dans une période dominée par la pensée stalinienne et bourgeoise. C’est à ce moment que commencent à se développer plus largement les analyses critiques sur l’URSS et les « démocraties populaires » (les régimes bureaucratiques-totalitaires dit « communistes »), après le célèbre Stalinede Boris Souvarine (1935), et les analyses d’Ante Ciliga, Victor Serge, ou Anton Pannekoek contre le capitalisme d'État.

La projection du film Traité de bave et d'éternité d'Isidore Isou au festival de Cannes (avril 1951) ouvre à Debord le champ de création qu’est le cinéma et marque le début de sa brève participation au mouvement lettriste, participation qui prendra fin en novembre 1952 à la suite d'un autre scandale, le « scandale Chaplin ». Hurlements en faveur de Sade (visuellement proche du film L'Anticoncept de Gil J. Wolman), est à comprendre comme, « énergie vivante en faveur de la liberté libre ». Debord n’a pas 20 ans. Son scandale posera la limite, le point de départ, dans la suite qui l’amènera à la création de l’I.S.

Une bonne partie de l'avant-garde lettriste finit par ne pas suivre Debord dans ce qu'elle considère comme une déviation politique.

1957 est pour Debord année décisive où à Albissola en Italie est jetée la base d’une nouvelle avant-garde qu'il définit dans une de ses correspondances comme le mouvement qui a dominé le passé et qui à tout moment dans sa pratique comme dans sa théorie pratique domine le présent.

En 1960, il signe le Manifeste des 121 contre la guerre d’Algérie.

La nouveauté n’est pas la dénonciation du capitalisme ou de l’aliénation, mais bien la critique radicale tant dans la forme que dans le contenu du système marchand qui aliène les individus dans leur vie quotidienne. L'avenir n’est pas considéré comme situationniste, et c'est ce qui fonde la nouveauté de cette avant-garde. La dérive, la création de situations ludiques, etc., sont proposées par Debord dans le premier texte fondateur de cette nouvelle avant-garde : « rapport sur la construction de situations et sur les conditions de l'organisation et de l'action de la tendance situationniste internationale ».

Le mouvement s’accélère dans la critique, qui s’occupe de moins en moins de la mort de l’art pour s’attaquer aux conditions favorables à une révolution sociale. Les situationnistes se déclarent les continuateurs de la Commune de 1871.

Directeur de la revue Internationale Situationniste, Debord l’anime avec le renfort de Raoul Vaneigem. Leur collaboration entraîne l’éviction des « artistes » et débouche sur « les thèses de Hambourg » ; thèses qui se résument à la dernière de Marx sur Feuerbach : il faut réaliser la philosophie. Le résultat le plus important est la sortie coup sur coup de deux livres : La Société du spectacle de Debord, et Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générationsde Raoul Vaneigem. Si le livre de Vaneigem est circonstanciel, celui de Debord est plus théorique dans la mesure où il repose sur la pensée et les œuvres de Georg Lukács, Karl Korsch, et surtout Marx et Hegel. Debord articule l’aliénation « nécessaire » d’Hegel avec ce que Marx appelle « le caractère fétiche de la marchandise » en se basant sur le travail de Luckács dans Histoire et Conscience de Classe, qui pose le sujet aliéné, la conscience de classe aliénée. À cette base économique de l’aliénation, il adjoint l’image de la marchandise médiatisée à outrance par la publicité qui vient des États-Unis (voir notamment le livre de Daniel J. Boorstin) : « Nous n'allons pas mettre l'image à l'épreuve de la réalité, mais mettre la réalité à l'épreuve de l'image ». Debord en recommande la lecture autour de lui. Debord fait le lien que Boorstin et d’autres voient comme Orwell dans Un peu d’Air Frais avec le grand supermarché et la fin d’un monde, celui du capitalisme de chemin de fer, et l’avènement de la société dite du « spectacle ». Sur les deux versants : « spectacle diffus » de la société capitaliste à l’ouest, et « spectacle concentré » du capitalisme d'État des « démocraties populaires », il ne voit qu’une société spectaculaire-marchande qu’il faut abattre.

Le 22 novembre 1966 est publiée à Strasbourg une brochure anonyme (on sait aujourd'hui qu'elle a été principalement rédigée par Mustapha Khayati), De la misère en milieu étudiant. Pascal Dumontier le considère comme un évènement indissociable des évènements de mai 1968 dans son livre Les Situationnistes et Mai 1968, théorie et pratique de la révolution (1966-1972) (Editions Gérard Lebovici, 1990). L’affaire fait scandale dès sa distribution, et pendant l’année 1967, le journal le Monde publie un article « L’Internationale situationniste prend le pouvoir chez les étudiants de Strasbourg », (26 novembre 1966). Quand arrive le 22 mars 1968 à Nanterre, c’est tout naturellement que les étudiants trouvent l’IS à leur côté. Sa revue a déjà une grande renommée malgré des ventes en kiosque assez faibles de 400 exemplaires en moyenne (l’essentiel du tirage est envoyé aux abonnés, ou diffusé gratuitement par l’IS). Pour Debord, Mai 68 est l’aboutissement logique de l’IS. En 1969, le dernier numéro de la revue s’ouvre par : « Le commencement d’une époque ». Dans La Véritable Scission dans l'internationale (Champ Libre, 1972), il règle ses comptes avec tout ceux qui veulent profiter de l’aura de l’IS, et avance qu’une avant-garde doit savoir mourir quand elle a fait son temps. Vaneigem est très critiqué dans ce livre comme « tendance droitière » au sein de l’IS. Les « thèses de Hambourg » sont explicitées pour la première fois dans ce livre, « pour servir à l’histoire de l’IS ».

Parallèlement, il continue sa création cinématographique, avec Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps (1959) ; «Critique de la séparation (1961). Dans ces deux films, il fait un état des lieux de la vie aliénée, séparée par le quotidien marchand où chacun doit perdre sa vie pour rencontrer les autres dans le monde séparé de la marchandise.

Il noue une amitié avec Gérard Lebovici, et il fait coup sur coup deux films : l’adaptation de son livre La Société du Spectacle (1973), puis Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu’hostiles, qui ont été jusqu’ici portés sur le film « La Société du Spectacle » (1975). Mais c’est avec son film In girum imus nocte et consumimur igni (1978), un palindrome latin signifiant « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu », qu’il arrive à pleine maturité.

Debord, à partir de 1972, a une influence de plus en plus grande sur Champ libre, la maison d'édition de Gérard Lebovici qui l'édite. Debord y fait publier des livres qu'il estime importants (Gracián, Clausewitz, August von Cieszkowski, Anacharsis Cloots, Bruno Rizzi, Jorge Manrique et bien d'autres) et il joue un grand rôle dans la nouvelle ligne éditoriale de cet éditeur atypique.

À la suite de l'assassinat – non élucidé à ce jour – de son ami et producteur de cinéma Gérard Lebovici en 1984, il est mis en cause et largement accusé par la presse. Il intente des procès en diffamation contre quelques titres et les gagne. Il revient sur cette période et ces événements dans Considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici. Dans ce livre, il renvoie dos à dos ceux qui le calomnient et ceux qui le défendent, affichant « un si juste mépris » pour tous ceux qui collaborent avec un système qu'il a condamné dans sa totalité : « la bassesse ne se divise pas ». En hommage à son ami, il décide d'interdire la diffusion de ses films en France jusqu’à sa mort.

En 1988, les Commentaires sur la société du spectacle (inspirés notamment par la situation en France et l'observation de la situation politique de l'Italie des années soixante-dix (cf. Gianfranco Sanguinetti)) notent la convergence – récente à l'époque – entre les deux variantes d'organisation du capital, de la société du spectacle, vers le stade du spectaculaire intégré. Il montre que c’est en France et en Italie que le spectaculaire est le plus avancé. Le mensonge, la corruption et le poids des services secrets et autres officines caractérisent les derniers développements au stade du spectaculaire intégré. Dans la Préface à la quatrième édition italienne de « La Société du Spectacle » , il revient sur l'activité des Brigades Rouges et leurs liens avec les services italiens, et comment Andreotti, la Loge P2 et des officines ont conduit à l'élimination d'Aldo Moro, hypothèse étayée aujourd'hui par différents travaux et témoignages.

Pour montrer par l'exemple qu'une autre vie est possible, il s'attache également à décrire son expérience personnelle dans Panégyrique tomes un et deux dans un style qui a parfois été comparé à celui du Cardinal de Retz ou de La Rochefoucauld même si lui-même récusait cette comparaison car il lui arrivait parfois de réutiliser ou détourner des tournures ou formules tirées des textes de ces auteurs. Cette technique de détournement des citations avait été initiée par Isidore Ducasse. Debord confie au philosophe italien Giorgio Agamben qu'il n'est pas un philosophe mais un stratège.

Atteint de polynévrite alcoolique, Debord s'est suicidé le 30 novembre 1994.

Anselm Jappe avance que « la compréhension des théories de Debord nécessite avant tout que l'on fixe sa place parmi les théories marxistes ». En effet Debord s'appuie sur les théories de Karl Marx pour construire sa théorie du Spectacle et parmi les penseurs marxistes Georg Lukács compte parmi ceux qui ont eu une influence décisive sur ses écrits théoriques. Debord a été aussi fortement influencé par les théories sur Le Soulèvement de la Jeunesse (1949) d'Isidore Isou, qu'il a fréquenté au début des années 1950.

Frédéric Schiffter, dans un pamphlet intitulé Contre Debord, fustige dans la théorie du Spectacle une resucée de Jean-Jacques Rousseau et de Platon, et plus généralement dans les écrits de Debord une posture moralisatrice non dénuée de présupposés métaphysiques à ses yeux rebattus : « la notion de spectacle suggère que l'"essence" de l'homme s'est perdue dans le flux du temps depuis l'avènement du mode de production et d'échange marchand. Selon Debord, cette essence se serait "éloignée dans une représentation". Quelle est-elle au juste ? Debord se garda bien d'en donner la moindre définition  ».

Guy Scarpetta dans un article du Monde diplomatique estime : « Situation paradoxale que celle de Guy Debord, dans le panorama intellectuel français ; d’un côté, tout le monde le cite, fait référence à lui, jusqu’aux agents même du spectacle dont il aura été toute sa vie l’adversaire ; d’un autre côté, on ne peut qu’être frappé de l’étrange discrétion de la presse devant la parution en volume de l’ensemble de ses œuvres ».

Issue d'une jonction entre les lettristes les plus virulents et des membres du groupe Bauhaus Imaginiste de Asger Jorn, l'Internationale Situationniste est créée en 1957 à Albisola en Italie. 1958 Rapport sur la construction des situations. Les situationnistes critiquent à la fois la société spectaculaire-marchande à l'ouest et le capitalisme d'État à l'est. Proche quelque temps de Socialisme ou barbarie, groupe auquel participe Debord en 1960-61, et du philosophe marxiste Henri Lefebvre, ils deviennent nettement plus critiques et leur action ne cesse pas de s'intensifier au cours des années soixante, (quoique leur nombre dépasse rarement la douzaine). Ils prônent l'instauration de conseils ouvriers et jouent un rôle clef dans la révolte de Mai 68 en participant aux combats et en s'associant aux enragés pour occuper la Sorbonne et répandre le mouvement de grève dans les usines dans la journée décisive du 15 mai 1968 . Après cet incontestable succès (10 millions de grévistes "sauvages" dans toute la France), mais vite brisé par l'incapacité des éléments les plus radicaux à influer plus avant sur le mouvement ouvrier bien encadré, après un léger flottement, par ses syndicats attachés, quant à eux et comme toujours, à sauvegarder l'essentiel du régime en place (accords de Grenelle, dissolution des groupes d'extrême gauche), les situationnistes se réfugient en Belgique d'où ils donnent le texte Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations. Debord refusa de prendre un rôle de chef et prit soin de mettre fin à l'I.S. au moment ou elle se trouvait envahie de "révolutionnaires" passifs et idéalistes qu'ils nomma ironiquement les "pro-situ". Il en profita pour expliquer très clairement la nécessité impérieuse de ce sabordage dans un texte capital pour comprendre les particularités des situationnistes : La Véritable scission dans l'Internationale Situationniste, édité en 1972.

En 1965, Guy Debord dépose le brevet d'un Jeu de la Guerre (dit encore Kriegspiel) qu'il avait imaginé dix ans plus tôt. En 1977, il s'associe à Gérard Lebovici pour fonder une société nommée « Les Jeux stratégiques et historiques » dont l'objet est la production et la publication de jeux. Quelques exemplaires en cuivre argenté du Jeu de la Guerre seront réalisés par un artisan et une Règle du « Jeu de la Guerre » est publiée en français et en anglais. En 1987, paraît le livre Le Jeu de la Guerre (éd. Gérard Lebovici, puis Gallimard en 2006) présenté sous forme d'un « relevé des positions successives de toutes les forces au cours d'une partie ». Un modèle rudimentaire du jeu avait été diffusé dans le même temps. Ce jeu est basé sur les lois établies par la théorie de la guerre de Clausewitz et a donc pour modèle historique la guerre classique du dix-huitième siècle, prolongé par les guerres de la Révolution et de l'Empire. Une adaptation informatique du jeu est apparue sur internet en 2008.

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Champ libre

La maison d'édition Champ Libre a été créée à Paris en 1969 par Gérard Lebovici pour publier des ouvrages qui reflètent une partie des courants de gauche critique et d’extrême-gauche non-léniniste de l'époque.

Secondé par Gérard Guégan, qui en est le premier directeur littéraire, Gérard Lebovici s'entoure d'une équipe qui comprend notamment Alain Le Saux et Raphaël Sorin ainsi que sa femme Floriana Chiampo. Champ Libre publie dans cet après-68 un large éventail de textes divers qui reflètent la recherche idéologique de l'époque ainsi qu'une ouverture vers la contre-culture américaine. A ses débuts, Champ Libre n'a pas de ligne éditoriale précise. La maison surfe sur la vague de 1968 et s'intéresse à l'underground, à la science-fiction, à la sexualité ainsi qu'aux classiques de l'anarchisme et du marxisme.

En septembre 1971, Champ Libre republie le livre de Guy Debord, La Société du spectacle, et édite des ouvrages qui se situent à contre-courant, comme celui du sinologue Simon Leys (de son vrai nom Pierre Ryckmans), Les habits neufs du président Mao, qui contribue à dégonfler le mythe de la révolution culturelle chinoise encore très vivace en France à cette époque surtout parmi les intellectuels et les militants. La rencontre de Lebovici et Debord en 1971 est décisive car elle marque le début d'une indéfectible amitié qui va marquer l'orientation de Champ Libre. Guy Debord aiguise le regard de l'éditeur. Champ Libre devient peu à peu à partir de 1972 un espace neuf de critique sociale en rupture avec l'édition de gauche traditionnelle, se démarquant ainsi du gauchisme "trotsko-maoïstes" alors en vogue.

En 1974, Lebovici congédie la première équipe de Champ Libre, reprochant à Guégan de publier ses propres livres et l'accusant de vouloir transformer l'entreprise en une maison d'édition commerciale comme les autres. Guy Debord prend alors une part grandissante dans le choix de publications des titres (Clausewitz, Jomini, August von Cieszkowski, Anacharsis Cloots, Baltasar Gracian, Bruno Rizzi (it), Jorge Manrique, les poètes des Th'ang, Omar Khayyam mais aussi Jaime Semprun, Jean-Louis Moinet et bien d'autres). Champ Libre republie également quelques grands classiques révolutionnaires ainsi que des écrivains opposés au stalinisme (Gustav Landauer, Karl Korsch, Ante Ciliga, Boris Souvarine, Nicolas Valentinov, Boris Pilniak, George Orwell).

La politique commerciale de la maison, sous l'influence de Debord, va rompre avec tous les usages habituels du milieu de l'édition : pas de publications en livres de poche des titres les plus vendus, aucun contact avec la presse, refus des prix littéraires, rupture avec tout auteur dont le comportement n'est pas en cohérence avec l'esprit de la maison. Debord, dans une lettre à Lebovici en avril 1975, considère que sur les quatre-vingts titres figurant au catalogue, il n'y a que 22 bons livres, le reste étant médiocre, voire franchement mauvais.Le pourcentage de bons livres est malgré tout largement supérieur à celui de n'importe quel autre éditeur fait remarquer Debord. En mars 1978, Gérard Lebovici reconnaît dans une lettre à un de ses auteurs que « (...) l'époque y participant, je m'améliore sans doute, car je refuserais aujourd'hui bon nombre de livres figurant au catalogue Champ Libre (...) ».

Les années qui suivent confirment l'originalité de Champ Libre dans le paysage éditorial. L'équipe se rétrécit : Floriana Lebovici assume l'essentiel des fonctions accompagnée par Hortensia Biscaretti di Ruffia, Catherine Nicole et un maquettiste. Floriana Lebovici introduit de nouvelles maquettes somptueuses qui vont devenir la marque de la maison. Champ Libre publie les situationnistes dont un recueil comportant les 12 numéros de la revue Internationale situationniste, mais aussi Véridique Rapport sur les dernières Chances de sauver le Capitalisme en Italie de Censor (pseudonyme de Gianfranco Sanguinetti) traduit par Guy Debord, le Précis de récupération de Jaime Semprun ou encore une réédition de De la Misère en Milieu Etudiant. En février 1979, Debord rédige une Déclaration qui paraîtra en tête des catalogues de Champ libre jusqu'en 1991. Il s'agit d'une déclaration de guerre aux journalistes et aux critiques littéraires qui y sont traités de "professionnels de la falsification et de la jobardise". On peut y lire que « Champ Libre a cessé de reconnaître l'existence de la presse ».

Suite au décès de Floriana Lebovici en février 1990 et au conflit opposant Guy Debord aux héritiers, les éditions sont mises en liquidation en 1991. On peut suivre les péripéties de cette rupture dans le volume 7 de la Correspondance de Debord (Fayard, 2008). Le fonds du catalogue est repris en 1992 par Jean-François Dodart et Lorenzo Valentine (fils de Floriana d'un premier mariage) sous le nom d'Éditions Ivrea (du nom de la ville natale de Floriana Lebovici) où ils poursuivent la publication des écrits de George Orwell en collaboration avec Jaime Semprun et les Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, ou encore l'édition d'auteurs anciens tels que Machiavel, Tacite, Spinoza ou François Guichardin, et de classiques de l'anarchisme comme les Mémoires et écrits de Nestor Makhno.

Le siège des éditions Ivrea se trouve 1, place Paul Painlevé, Paris Ve et la librairie Ivrea (qui vend exclusivement les livres du fonds Champ Libre/Gérard Lebovici/Ivrea) au 27, rue du Sommerard, Paris Ve.

Collection de science-fiction des Editions Champ libre dirigée par Jean-Claude Zylberstein, créée sur une idée de Gérard Lebovici le titre de la collection fut dû à Jean-Patrick Manchette. La collection n'a existé que durant quatre années : de 1974 à 1978.

La Bibliothèque Asiatique Dirigée par René Viénet, cette collection « itinérante » sera publiée par la suite chez d'autres éditeurs, notamment en 10/18.

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Pour en finir avec le travail

Pour en finir avec le travail est le titre d'un recueil de chansons révolutionnaires qui a paru sous forme de disque vinyle en 1974 et a été réédité en CD en 1998. On y trouve des chansons révolutionnaires anciennes et des détournements de chansons à la mode, le tout présenté de façon assez facétieuse jusque dans les notices historiques qui accompagnent les textes : nombre de textes sont prétendument anonymes et la musique attribuée au folklore, alors qu'en explorant les choses plus profondément on découvre que les auteurs sont connus et que certaines musiques sont celles de chants connus, comme La makhnovstchina attibuée à un anonyme ukrainien voire à Nestor Makhno sur une mélodie du « folklore russe », alors que le texte est d'Étienne Roda-Gil est que la mélodie est celle d'un hymne bolchevique.

Guy Debord a détourné deux des chansons : La Java des Bons-Enfants (attribuée à un membre de la bande à Bonnot, Raymond Callemin) et Les Journées de mai (attribuées à un membre resté anonyme du groupe Les Amis de Durruti, actif en mai 1937 à Barcelone). Debord est également l'auteur du détournement des neuf notices historiques qui accompagnent les chansons.

Les chansons sont interprétées par Jacques Marchais, Vanessa Hachloum et Michel Devy.

L'édition actuellement disponible s'intitule Les Chansons Radicales de Mai 68 (CD digipack EPM, 2008), le titre Pour en finir avec le travail n'apparaissant qu'en quatrième de couverture et sur la tranche de la pochette.

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Gil Joseph Wolman

Gil Joseph Wolman est un poète , écrivain, cinéaste et plasticien français né à Paris en 1929 et mort à Paris en 1995. Il est principalement connu pour son film scandale, et interdit par la censure, L'Anticoncept (1951). Il fut projeté pour la première fois le 11 février 1952 au cinéma-club "Avant-Garde 52" sur un ballon-sonde. Ralliant Isou et le Lettrisme dès 1950, commence alors avec Jean-Louis Brau, François Dufrêne, Maurice Lemaître et Gabriel Pomerand un nouvel élan créatif et théorique dans la poésie.

Il est l'inventeur des « mégapneumes ». Les mégapneumes constituent le pas au-delà de la poésie lettriste : quand celle-ci est fondée sur la lettre, Wolman y substitue le souffle.

En 1952, il crée l’Internationale lettriste avec Guy Debord, Serge Berna et Jean-Louis Brau. Gil J Wolman a notamment écrit le texte Mode d'emploi du détournement avec Guy Debord (au milieu des années 1950, texte théorique qui anticipe le cut-up. (Le cut-up est plutôt une rétrogradation vers les aspirations dadaïstes, alors que le détournement divorce de l'esthétique par et pour elle-même. Le détournement est la propagande éphémère d'une idiologie qui ne peut être soutenue.) Ce texte est paru dans la revue « Les Lèvres Nues ». Il a participé au film Hurlements en faveur de Sade de Guy Debord, dans lequel il procède à une improvisation lettriste, qui postule au remplacement du générique.

Exclu de la constitution de l'Internationale Situationniste en 1957, alors qu'il en avait élaboré avec Debord le contenu, Gil J Wolman après une nouvelle période Lettriste où il crée des œuvres remarquables à base de l'écriture (lettres ou signes) comme art et en 1963 invente l'art scotch, procédé qui consiste à arracher des bandes d'imprimés, à l'aide d'un ruban adhésif repositionné sur des toiles ou du bois, œuvre qu'il poursuivra jusqu'en 1976, développant alors son œuvre personnelle.

En 1977-78, il crée le mouvement séparatiste. Puis viendront "dühring dühring", les "décompositions" et enfin la "peinture dépeinte".

En 1998, la revue "Poézi Prolétèr", dirigée par Katalin Molnar et Christophe Tarkos, publiait en hommage dans son numéro 2, une série de ses textes regroupés sous le titre "Introduction du mot". Cet ancien lettriste à peine connu, toujours signalé à tort dans l'ombre de Guy Debord, est pourtant, avec Robert Filliou, l'un des artistes qui a aujourd'hui un réel impact chez les jeunes poètes et artistes. Wolman ne dit-il pas, à l'instar du "génie sans talent" de Filliou, "Le génie c'est ce que nous avons tous quand nous refusons de faire mieux pour faire autre chose. Quand nous refusons seulement d'avoir du talent (1964).

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Hurlements en faveur de Sade

Hurlements en faveur de Sade est le premier film (réalisé en juin 1952) de Guy Debord. Il dure 64 mn. Il est composé de séquences d'écran blanc, durant lesquelles sont énoncées par quelques voix off des phrases provenant du Code civil ou de romans d'autres auteurs, dont la signification n'est immédiate que pour elles-mêmes, alternant avec des séquences à écran noir silencieuses. La durée totale des périodes blanches n’excède pas une vingtaine de minute qui sont réparties par courts fragments dans 40 minutes de silence. La dernière séquence, qui est noire, est longue de 24 minutes. La première apparition de l’écran blanc est accompagnée d’une improvisation lettriste de Gil J. Wolman, en solo. Le film ne comporte aucun accompagnement ou bruitage, les deux premières répliques constituant seules le générique. La première présentation du film (30 juin 1952 au ciné club d'Avant garde-Paris) provoque scandale et indignations... elle est interrompue dès les premières minutes par une bagarre générale... et ce n'est que le 13 octobre de cette même année qu'une projection intégrale du film est réalisée. Ce film poursuivant le travail de Gil J. Wolman (l'Anticoncept) qui l'a précédé de quelques mois dans le processus de destruction des conventions, ici, cinématographiques, jugé excessif par certains lettristes (mais soutenu -puisque il y a lui-même participé- par Isidore Isou), a été le point de départ de la séparation de Guy Debord d'avec le mouvement orthodoxe du lettrisme.

Les voix entendues sont celles de Gil J Wolman (voix 1), Guy Debord (voix 2), Serge Berna (Voix 3), Barbara Rosenthal (Voix 4), Jean-Isidore Isou (Voix 5).

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Alice Becker-Ho

Alice Becker-Ho, née à Shangaï le 6 août 1941, est une écrivain et poète de langue française.

Fille d'Anisset Becker, marin lorrain et déserteur de l'armée allemande, engagé plus tard dans la légion étrangère puis banquier en Chine, et d'une mère chinoise, Alice Becker-Ho arrive en France en 1947. En 1963, sympathisante de Socialisme ou Barbarie, elle rencontre par le biais de ce groupe Guy Debord, alors marié avec Michèle Bernstein ; Alice et Guy s'installent rapidement ensemble et se marient le 2 août 1972. Elle signe parfois Alice Debord.

Elle a pris part aux évènements de mai 1968 en tant que membre du Conseil pour le maintien des occupations, ce qui est à mettre en lien avec sa collaboration au disque Pour en finir avec le travail (Chanson du CMDO). En 1973, elle apparaît en photo dans le film La Société du spectacle qui lui est dédié, puis signe son premier livre en 1987 en collaboration avec son mari, et enfin à partir de 1990 commence seule une carrière d'écrivain avec Les princes du jargon. Elle s'occupe depuis la disparition de Guy Debord de la publication de la correspondance de celui-ci.

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Source : Wikipedia