Guadeloupe

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Posté par marvin 06/04/2009 @ 04:07

Tags : guadeloupe, territoires d outre-mer, france

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Guadeloupe

Localisation de la Guadeloupe

La Guadeloupe est à la fois une région d'outre-mer et un département d'outre-mer français (numéro 971).

Ce petit archipel des Antilles (mer des Caraïbes) se trouve à environ 7 000 km de la France métropolitaine, 600 km au nord des côtes de l'Amérique du Sud, à 600 km à l'est de la République dominicaine et à 950 km au sud-est des États-Unis.

Autrefois appelée calaou çaera, puis Karukera (« île aux belles eaux »), la Guadeloupe tient son nom actuel du Monastère royal de Santa María, situé dans la ville espagnole de Guadalupe, dans la province de Cáceres en Estrémadure, dont la statue de la Vierge (la « Virgen de Guadalupe »), était vénérée par Christophe Colomb qui vint la remercier pour son aide lors de la découverte du « Nouveau monde ».

Selon les connaissances actuelles, les Arawaks venus du Venezuela, dans le bassin de l'Orénoque, furent les premiers à avoir occupé la Guadeloupe. Cette population pacifique de pêcheurs a vu arriver à partir du IXe siècle des indiens Caraïbes, un peuple guerrier pratiquant le cannibalisme. Ces Indiens baptisèrent l'île, "Karukera" (l’île aux belles eaux), et occupèrent les lieux jusqu'à la fin du XVe siècle, c'est-à-dire jusqu'à l'arrivée des premiers européens.

L'histoire moderne de la Guadeloupe commence en novembre 1493, lorsque Christophe Colomb arrive dans l'île lors de son deuxième voyage. Il la nomme Santa Maria de Guadalupe de Estremadura en hommage à un monastère espagnol. À l'époque, la Guadeloupe est peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien présent sur l'île depuis le VIIIe siècle. Elle était habitée auparavant par les Arawaks, qui selon une thèse aujourd'hui sujette à controverse, furent massacrés à l'arrivée des indiens Caraïbes, en dehors des femmes qui transmirent leur langue.

À partir de 1635, Charles Liènard de l'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville en prennent possession au nom de la Compagnie française des îles de l'Amérique. C'est le début de la colonisation de l'île.

En 1641, se termine la guerre entre colons et caraïbes. Ces derniers, déjà diminués par les maladies et les massacres depuis les premiers colons espagnols, sont envoyés sur l'île de la Dominique. Les débuts de la colonisation sont difficiles, c'est ainsi que quatre Compagnies commerciales font faillite en tentant de coloniser l'île. La population augmente cependant rapidement et l'esclavage arrive, mais en petites quantités. En 1656, les esclaves sont déjà 3000 à travailler sur l'île sur une population de 15000 personnes.

En 1671, l'île est encore habitée par de nombreux petits colons blancs qui cultivent du tabac, sur des plantations nécessitant peu de capitaux, dans le cadre de la Compagnie des Indes occidentales, dissoute en 1674. La Guadeloupe et la Martinique passent alors sous l'autorité directe du roi de France Louis XIV, qui a décidé de pousser la culture de la canne à sucre, plus onéreuse mais beaucoup plus rentable, en donnant des terres à des officiers supérieurs et en les encourageant à y importer des esclaves. Après 1671, le nombre de planteurs blancs diminue rapidement et en 1674, la création de la ferme du tabac entraîne leur ruine rapide. Moins taxé, le tabac produit en Virginie par des planteurs jacobite profite de la contrebande et prend son essor.

L'augmentation rapide de la population d'esclaves correspond aussi à la création en 1673 de la Compagnie du Sénégal, ancêtre de la Compagnie de Guinée, dans le sillage de la Compagnie Royale d'Afrique, fondée en 1672. Dès 1671, le monopole de la Compagnie des Indes occidentales est aboli, pour ouvrir la concurrence à tous les ports français, dans la traite négrière, dont le développement massif, par des français et des anglais, fait flamber le prix des esclaves mais abaisse le coût de leur transport et satisfait les planteurs de sucre.

Dès 1700, la population d'esclaves, qui avait avait fortement reculé en Guadeloupe entre 1664 et 1671 (passant de 6323 à 4627 personnes) est remontée à 6076 personnes. Cet essor de l'esclavage est cependant moins rapide qu'à la Martinique, à qui la traite négrière réserve les esclaves les plus résistants, où Louis XIV a installé plus de nobles de rang élevé et où la population noire double entre 1673 et 1680.. Cette différence explique aussi qu'un siècle plus tard, en 1794, Victor Hugues ait pû se rendre maître de la Guadeloupe pour le compte de la Révolution française alors que la Martinique est restée sous la domination des grands planteurs de sucre alliés aux anglais dans le cadre du Traité de Whitehall.

Auparavant, les Britanniques s'emparèrent de la Guadeloupe dès 1759 pour la conserver jusqu'en 1763 (traité de Paris), après des tentatives infructueuses en 1666, 1691 et 1703. À partir de 1775, la Guadeloupe, n'est plus rattachée à la Martinique mais reste sous l'autorité du gouverneur des îles du Vent.

En avril 1794, profitant des troubles provoqués par la Révolution française, les Britanniques prennent brièvement possession de l'île, d'où les chassent dès l'été Victor Hugues, un commissaire de la République, aidé par les esclaves auxquels il avait promis la liberté. Ce dernier annonce, le 7 juin 1794, l'abolition de l'esclavage (adopté par la convention au mois de février par la loi du 16 pluviôse an II). Victor Hugues, dit « le terrible », met en place les lois de la Convention et par conséquent le tribunal révolutionnaire. Les planteurs (dont certains soutenaient l'Angleterre) ne se soumettant pas au nouveau régime, sont traduits devant ce tribunal. La répression du commissaire de la Convention sera étendue aux « anciens » esclaves qui se révoltèrent pour ne pas avoir été payé. En 1798, le directoire le rappela en France. Il a été remplacé par le Général Desfourneaux. Malgré sa volonté de réforme de la gestion locale, ce dernier est également remis en cause par la population et par une partie de l'armée.

En 1802, le premier Consul Bonaparte nomme Lacrosse gouverneur. Ce dernier tente de renvoyer de l'armée les officiers noirs, intégrés après l'abolition de l'esclavage. Une révolte de ces officiers monte. Le propre aide de camps de Lacrosse, Louis Delgrès, métis, deviendra un des chefs de cette rébellion avec Joseph Ignace.

Bonaparte dépêche une expédition de 4 000 hommes dirigés par le général Richepance pour mater la rébellion. Après une défense héroïque, beaucoup de révoltés préfèrent se suicider plutôt que de se rendre. « Vivre libre ou mourir » dernières paroles de Louis Delgres. La loi du 16 pluviôse an II qui avait abolit l'esclavage est annulée le 16 juillet 1802 par Bonaparte.

En 1808, les Anglais mènent une nouvelle campagne d'invasion des Antilles, prenant Marie-Galante et La Désirade, puis en 1809 les Saintes. En 1810, la Guadeloupe est à nouveau anglaise.

Après une première tentative d’invasion en 1814 (Saint-Barthélemy avait été cédée à la Suède par le traité de 1784). Les Britanniques ne restituèrent la Guadeloupe à la France qu'en 1816 (suite au Congrès de Vienne). Depuis, elle est restée sous souveraineté française jusqu’à nos jours.

Entre 1816 et 1825 une série de lois propre à l'île sont promulguées. Les institutions municipales voient le jour en 1837 et en 1848, sous la Deuxième République, l'esclavage est finalement aboli. Et Saint-Barthélemy est recédée par le Royaume de Suède à la France qui l’incorpore dans l’Empire français au sein de la Guadeloupe.

La Guadeloupe a participé à la Seconde Guerre mondiale en fournissant des hommes au FFL Forces françaises libres pour participer à la résistance.

Le 19 mars 1946, les anciennes colonies de l’Empire français font place à l’Union française, mais celle des Antilles françaises se rapprochent du statut de la métropole et deviennent des départements d’outre-mer : la Guadeloupe et la Martinique (le département de la Guadeloupe intégrera aussi Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans un arrondissement spécial).

Le 14 février 1952, dans la commune du Moule, est organisée une grève par les ouvriers de l'usine Gardel pour une hausse de leurs salaires, des barrages avaient été érigés par les grévistes sur le piquet de grève. Finalement, les militaires français sur place reçurent l'ordre de tirer sur la foule, le bilan est de 4 morts et 14 blessés. Selon certains témoignages, certaines victimes n'avaient pas de lien direct avec la grève. Localement ces événements sont appelés Massacre de la Saint-Valentin.

De nouvelles émeutes eurent lieu les 25, 26 et 27 mai 1967 où ont lieu des manifestions ouvrières en vue d'obtenir une augmentation salariale de 2,5 %. Ces manifestations donnent lieu à des affrontements avec les CRS, et entraînent la mort de 5 à 87 personnes, selon les sources, dont Jacques Nestor, un célèbre militant du GONG et plusieurs blessés. Les personnes arrêtées seront relaxées par la cour.

Avec l'arrivée des Socialistes au pouvoir en France, la loi de décentralisation est votée en 1982 et la Région de la Guadeloupe est créée, s'intégrant aux 22 régions de France métropolitaine. Dans la foulée, le Conseil régional de la Guadeloupe voit le jour en 1983.

Le 17 septembre 1989, le Cyclone Hugo infligea de sérieux dégats à l'île. Situé dans une région très exposée, l'archipel devra faire face à de nombreux cyclones, plus particulièrement en 1995 quand 3 ouragans s'abatteront sur les îles en moins d'un mois.

Le 7 décembre 2003, les électeurs de Guadeloupe ont rejeté à 73 %, le projet de création d'une collectivité unique se substituant au département et à la région qui coexistent sur le même territoire. Le même jour, les électeurs de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ont voté en faveur de l'autonomie de leurs communes, devenues par la loi organique du 21 février 2007, deux Collectivités d'outre-mer (COM) distinctes de la Guadeloupe.

Le 21 novembre 2004, les îles de Guadeloupe, et notamment l'archipel des Saintes, furent frappées par un violent séisme atteignant les 6,3 sur l'échelle de Richter causant de nombreux dégâts matériels.

En janvier 2009, la Grève générale des Antilles françaises destiné à protester contre la surexploitation des antillais au profit de quelques profiteurs riches, débute en Guadeloupe sous l'égide du collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon ("Mouvement contre l'exploitation" en créole) et de son leader Élie Domota, paralysant très vite l'économie de l'archipel.

Depuis la réforme constitutionnelle du 28 mars 2003, qui a supprimé les appellations DOM et TOM, la Guadeloupe est un DROM (Départements et Régions d'Outre-Mer). Elle est donc à la fois une région administrative et un département français d'outre-mer (l'expression DOM reste utilisée aujourd'hui) dont la préfecture est Basse-Terre. Elle constitue avec la Martinique, située à environ 150 km plus au sud, et la Guyane, située au nord de l'Amérique du Sud, les départements français d'Amérique (DFA).

Aujourd'hui, la Guadeloupe fait partie de l'Union européenne au sein de laquelle elle constitue une région ultrapériphérique, ce qui lui permet de bénéficier de « mesures spécifiques », consistant à faire des adaptations du droit communautaire en tenant compte des caractéristiques et contraintes particulières de la région.

Le référendum du 7 décembre 2003, où le non l'a emporté, proposait de mettre en place une nouvelle collectivité territoriale, gérée par une assemblée unique regroupant les compétences de la région et du département. Cette nouvelle collectivité devait rester dans le cadre de l'article 73 de la Constitution avec un régime dit d'assimilation législative.

La politique de la Guadeloupe s'organise comme celle de la France hexagonale : les pouvoirs sont attribués par la population aux maires, élus par vote, de chaque commune de l'archipel. Les citoyens votent aussi pour leurs conseillers généraux et leurs conseillers régionaux. Ce sont les députés qui seront chargés de les représenter dans l'hexagone et de porter les doléances du territoire au chef de l'État. Si une construction doit être remise aux normes après un cyclone, par exemple, on regardera dans les fonds du conseil régional et si on manque de revenus, la requête sera conduite vers l'État.

L'archipel est positionné à 16° 20' de latitude Nord, soit la même latitude que la Thaïlande ou le Honduras, et sa longitude est à peu près celle du Labrador et des îles Malouines.

L'île de Saint-Barthélemy, ainsi que la partie nord (française) de l'île de Saint-Martin, qui dépendaient administrativement de la Guadeloupe sont situées plus au nord et séparées du reste de la Guadeloupe par Saint-Christophe-et-Niévès, Montserrat, Antigua-et-Barbuda.

La Guadeloupe était autrefois très riche en biodiversité, en paysages à forte naturalité et en espèces endémiques.

Depuis le XVIe siècle, elle a beaucoup perdu de son patrimoine naturel originel, à cause des prélèvements (chasse et pêche en particulier), du recul de la forêt, de l'urbanisation, d'une périurbanisation accélérée ces dernières décennies, ainsi qu'à cause des cultures intensives (banane et canne à sucre surtout) qui ont remplacé la forêt tropicale. La culture de la canne à sucre et de la banane ont marqué les paysages non montagneux et sont sources d'importantes pollutions. Sauf quelques exceptions (méthanisation), les effluents des distilleries sont pas, peu ou mal traitées. Cette agriculture exportatrice de sucre de canne, alcool (Rhum) et bananes épuise les sols et est maintenant très grosse importatrice de pesticides, dont d'insecticides. Elle a longtemps été encouragée par quelques grandes familles productrices et par l'état.

Les séquelles de l'utilisation de ces produits, pour certains très toxiques et rémanents (Chlordécone, paraquat en particulier) posent aujourd'hui problème ; outre une pollution durable, de nombreux sols et des écosystèmes (dans les zones dédiées aujourd'hui ou anciennement aux bananeraies, ainsi que l'aval des bassins versants jusqu'en mer), une contamination générale du réseau d'eau potable par des organochlorés, confirmée à la fin des années 1990. Des mesures ont été prises pour assurer l'accès à une eau potable, mais les sols de certaines régions de l'île et d'autres îles des Antilles sont durablement pollués par certains produits, dont le chlordécone. Des études sont en cours pour mieux mesurer les impacts de ces produits sur la santé.

Les récifs sont dégradés au moins à 50 % dans les grandes îles, et de nombreux herbiers marins sont également très dégradés. L'environnement végétal et les paysages restent préservés sur quelques parties de l'île, constituant une ressource majeure pour le tourisme. Ces espaces sont pour partie classés en ZNIEFF et protégés, pour certaines avec un statut de réserve naturelle guadeloupéenne, dont plusieurs grottes abritant des chiroptères protégés. Des cartes d'habitats sous-marins permettent d'envisager une meilleure gestion et protection de ces habitats fragiles et des corridors biologiques sous-marins, vulnérables aux pollutions (nitrates, turbidité, pesticides...), aux pressions antrhropiques et aux aléas climatiques qui pourraient devenir plus fréquents et aigus dans le contexte du changement climatique global.

À Marie-Galante, aux Saintes et à la Désirade les palétuviers et mangroves ont presque disparu.

La situation économique de la Guadeloupe, fortement déficitaire, est traduite par deux chiffres significatifs : le taux de chômage (22,7 % de la population active en 2007), et le taux de couverture des importations par les exportations (6 % en 1996).

L'agriculture (canne à sucre, banane, melon, avocat, ananas, corossol, orange, citron, aubergine, carambole, pamplemousse), autrefois moteur économique de l'île, ne survit que grâce aux subventions de l'État et des collectivités locales. « La canne, c'est notre sidérurgie », ont coutume de dire les Guadeloupéens et pour cause les industries, peu nombreuses, appartiennent essentiellement au secteur agroalimentaire (sucreries, rhumeries, conserveries). On trouve aussi une cimenterie. Le tourisme est le seul secteur économique à conserver un certain dynamisme.

La canne à sucre et la banane, les deux plus grosses productions de l'archipel, sont en crise. Quant aux cultures fruitières et maraîchères, elles ne parviennent pas à couvrir les besoins des 400 000 habitants. Chaque année, la Guadeloupe doit importer plus de dix mille tonnes de fruits et de légumes.

Population : Au 1er janvier 1999, la population de la Guadeloupe était estimée à 386 566 habitants, pour 353 431 habitants en 1990. Au premier janvier 2006 elle est estimée par l'INSEE à 400 736.

Densité de population : En 2006, la densité moyenne était de 246 hab./km², mais 1/3 de l'archipel est consacré à l'agriculture et les zones très montagneuses ne sont pas habitables. L'agglomération Pointoise, (soit Pointe-à-Pitre, les Abymes, Baie-Mahault, le Gosier) regroupe à elle seule 33 % de la population; dans cette zone, la densité moyenne est de 772 hab./km², alors qu'à Marie-Galante elle n'est que de 76 habitants/km².

La culture de la Guadeloupe suit depuis l'esclavage avec le Gwo Ka. C'est une musique simple jouée avec un instrument à percussion appelé le « Ka ». Le Gwo-Ka permettait aux esclaves noirs de communiquer pour les hommes de brousse.

Mais elle se fonde aussi sur le quadrille et la biguine qui sont toutes deux des danses de couple sur un air de musique entraînant.

En matière de gastronomie, la Guadeloupe se sert surtout de ses produits agricoles, comme le poyo (de la famille de bananes plus communément appelées bananes vertes ou ti-nain), du fruit de l'arbre-à-pain, de gombos, de choux, de cresson et des produits de la mer. Comme plat typique, on citera par exemple le blaff où le poisson, préalablement assaisonné, est cuit dans un petit bouillon agrémenté de cives (sorte d'oignons du pays), de persil, piment, thym... La cuisine guadeloupéenne est souvent épicée et assaisonnée en faisant macérer la viande ou le poisson pendant des heures avant de les faire cuire pour relever le goût.

La Guadeloupe est une île de métissage entre l'Europe, l'Afrique et l'Inde. Ainsi la communauté indienne longtemps effacée, tient à faire reconnaître son identité. La présence de la couleur indienne que ce soit par le colombo (épice) ou par le tissu emblématique de la tenue traditionnelle, le madras, rappelle leur contribution très ancrée dans l'identité guadeloupéenne.

La communauté indienne a d'ailleurs une tradition qui lui est propre et qui vient d'Inde. Il s'agit des mayé men, prononciation déformée de la coutume de même déroulement indienne maï man.

Outre la cuisine, la Guadeloupe est connue pour son grand goût des festivités. Ainsi en période de Noël, les familles et amis se réunissent lors de chanté nwel occasion de chanter des cantiques et de faire la fête. Après les périodes de fêtes de fin d'année débutent les répétions du Carnaval. Les groupes de carnaval défilent tous les dimanches soir dans les rues (chose que déplorent les professeurs, regrettant d'avoir des élèves somnolents le lundi dans les classes) jusqu'au vacances de Carnaval qui arrivent en février.

Les groupes à peaux, par exemple, Akiyo (qui signifie, « qui sont-ils ? ») sont des groupes composés uniquement de grosses percussions, et d'instruments de coque de lambi. Ils ont la particularité de ne pas avoir de cuivres dans l'orchestre, ni de chorégraphie, défilent souvent sans costumes thématiques.

Le Mardi gras, c'est la grande fête où les groupes de carnaval concourent dans le chef-lieu Basse-Terre ou à Pointe-à-Pitre pour les meilleurs costumes, meilleure musique ou meilleure chorégraphie dont le thème est imposé par les comités de carnaval. Puis le lendemain, le mercredi des Cendres, jour qui termine le carnaval, la mascotte de roi du carnaval surnommée Vaval est brûlée, ce qui signe la fin des festivités, tout le monde défile en noir et blanc (pour marquer le deuil de Vaval), et débutent alors les 40 jours de carême.

La population majoritairement catholique, respecte cette période, ainsi les boites de nuit se vident, les gens évitent de faire la fête, certains ne mangent que du poisson ou alors s'en privent. Mais, étant donné le grand engouement pour les fêtes, le « jeudi mi-carême », un défilé en rouge et noir identique au carnaval donc avec des groupes de musiciens précédés de personnes qui défilent est organisé.

Après cette période de privation, ce sont les fêtes de Pâques, lors desquelles les familles vont souvent camper sur la plage et mangent des plats à base de crabes : matété (c'est du riz cuit avec des crabes) ou calalou (crabes avec des feuilles de madères, accompagné de riz blanc).

La jeunesse guadeloupéenne soucieuse de son patrimoine culturel a fait naître un nouveau courant nommé Gwada Style, du nom que donnent les jeunes à l'île, la Gwada.

La Guadeloupe étant un département français, le français en est la langue officielle. Les représentants des plus vieilles générations de l'île ne parlent pas toujours couramment le français, mais le créole guadeloupéen. Le créole guadeloupéen est considéré comme une langue régionale, langue ancienne née d'un métissage de français, d'anglais et de langues africaines et de certains mots amérindiens. Quelques exemples de rapprochements souvent ignorés avec l'anglais : En créole, lorsque l'on dit de quelqu'un qu'il a biguidi, cela signifie se défiler, perdre ses forces ou son sang-froid. En anglais to be giddy peut signifier être étourdi, fébrile, avoir le vertige. En créole un tré désigne le plateau d'une marchande. En anglais a tray est un plateau. En créole on lo moun veut dire « beaucoup de monde ». En anglais, on dirait a lot of people (soit littéralement un lot de personnes, beaucoup de monde). Également l'expression méré lékol (sécher les cours), vient de my way sous-entendu I go my way (Je suis ma route ailleurs qu'à l'école). Le créole était le moyen de communication des Africains déportés durant l'esclavage, les esclaves provenant de différents villages africains ne se comprenaient pas toujours entre eux, et il leur fallait un langage leur permettant de communiquer sans être compris de leurs maîtres. Le créole est ainsi un mélange.

Les autres îles des Antilles ayant subi la même histoire coloniale, un créole y est également parlé, cependant, il existe des variantes. Les créoles des îles francophones (Guadeloupe, Martinique, Haïti) sont les plus proches. Toutefois les habitants des îles anglophones parlent un créole qui parait francisé malgré l'anglais pour langue officielle. De même, certains habitants de La Dominique (île voisine)comprennent le créole guadeloupéen.

La syntaxe du créole guadeloupéen (comme celui des autres îles de la Caraïbe) ne considère pas le vouvoiement, exprimé par la 2ème personne du pluriel en français. Le créole est aussi une langue très imagée, et très philosophique par ses expressions. Le créole est une langue rude du fait qu'elle tire son origine de la souffrance des esclaves, les expressions sont souvent crues, ce qui traduit littéralement en français peut facilement porter à confusion. Pourtant leur utilisation en langue créole ne traduit pas la violence qui lui équivaut en français. Par exemple an ke limmé di fé si'w qui mot à mot se traduirait « je vais allumer du feu sur toi » ne signifie pas l'envie du locuteur d'incendier la personne avec laquelle il dialogue, mais plutôt son intention de l'impressionner de par sa prestation, comme quelqu'un dirait « je vais te laminer » ou « je vais te donner une leçon » lorsqu'il est sûr de gagner à une partie de jeu vidéo.

Quelques éléments de phonétique : Le créole a été écrit pour la toute première fois par un béké guadeloupéen au début du XXe siècle. À l'époque, il l'avait retranscrit phonétiquement à partir de l'orthographe française. Maintenant la lettre « c » n'existe pas, ni l'association « qu », le son s'écrit avec un K. Le son « in » (de matin) s'écrit « en », et le son « an » (de enfant) s'écrit « an ». Le retour aux sources de la population guadeloupéenne a créé un véritable intérêt pour le créole, des livres de contes et de poésies sont depuis une dizaine d'année édités en créole et en français. Hector Poullet est notamment un pionnier des dictées médiatisées en créole.

Les Guadeloupéens qui ont aujourd'hui 50 ans ont connu une période de répression du créole. En effet, le créole était considéré comme une langue rappelant des origines modestes, donc les parents et les instituteurs interdisaient à leurs enfants de s'exprimer en créole. Cela n'empêchait pas les enfants de s'exprimer en créole entre eux. Il est encore aujourd'hui considéré comme impoli pour un enfant de s'adresser directement en créole à un adulte. Le créole n'a pas pour autant disparu. Maintenant les jeunes intègrent des mots anglais, notamment provenant de l'anglais jamaïcain au créole. Ainsi les adultes ont parfois du mal à « comprendre » le créole parlé par leurs enfants, comme les parents de l'hexagone ne saisissent pas toute une conversation en verlan ou en argot des jeunes adolescents.

Certaines personnes âgées qui n'ont pas eu la chance d'être scolarisées très longtemps préfèrent s'exprimer en créole, et de ce fait parlent créole, alors que le reste de la population parle le plus souvent français que créole pour engager une conversation. Le créole est facilement parlé sur les ondes, entre amis, dans les églises, il s'agit véritablement d'une deuxième langue.

Île de métissage musical, les plages sont bercées par le zouk, le Gwo Ka, la biguine et bien d'autres styles musicaux F.W.I (French West Indies).

Le Gwo-ka, datant de l'esclavage, est la racine musicale guadeloupéenne. Le Gwo Ka a été inventé par les esclaves au XVIIIe siècle et était un moyen d'expression au même titre que le créole, aussi bien qu'une musique identitaire. Le Gwo-ka se joue avec un ka sorte de tambour et est composé de sept rythmes : toumblak, woulé, pajenbel, graj, kaladja, menndé, lewoz; chacun correspondant à un état d'esprit et une ambiance particulière. Aujourd'hui encore, il existe des soirées "lewoz", où musiciens, "les tambouyè", chanteurs, les "répondè" et danseurs improvisent une conversation rythmée pendant des heures. Le terme Ka viendrait de quart, le nom donné aux tonneaux à partir desquels ces "tambours" étaient fabriqués.

Le zouk originellement est une dérive du rythme de la biguine. La percussion du Zouk reprend les temps fort du rythme de la batterie de la biguine.Bien qu'il désigne un bal populaire, les origines du mot zouk sont dues à l'artiste martiniquais (plasticien et musicien) Henri Guédon, mais il est admis que ce sont les groupes comme Kassav', Zouk Machine, Expérience 7, Gilles Floro et Francky Vincent qui ont été les premiers à exporter ce style musical en dehors de l'archipel guadeloupéen.

Le plus gros succès du Zouk fut néanmoins Maldon, chanson interprétée par les trois filles de Zouk Machine, parmi lesquelles se trouvait la chanteuse Jane Fostin. Au fil de l'évolution s'est crée une nouvelle variante du zouk, le Zouk-love, plus lent.

971 Guadeloupe · 972 Martinique · 973 Guyane · 974 La Réunion Les départements d’outre-mer ont également le statut de région (à département unique).

976 Mayotte Suite au résultat favorable du référendum du 29 mars 2009, Mayotte deviendra un département d'outre-mer en 2011.

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Histoire de la Guadeloupe

Plage à la Guadeloupe

L'histoire de la Guadeloupe, à la fois région d'outre-mer et département d'outre-mer (numéro 971) français, fut marquée comme l'histoire de la Martinique et l'histoire de la Jamaïque par l'immigration massive, à partir des années 1670, d'esclaves noirs africains, ancêtres de l'immense majorité de la population actuelle, phénomène qui a marqué également dès 1640 l'histoire de la Barbade puis vers 1700 l'histoire de Saint-Domingue.

Ce petit archipel des Antilles (mer des Caraïbes) situé à environ 600 km au nord des côtes de l'Amérique du Sud, à 600 km à l'est de la République dominicaine et à 950 km au sud-est des États-Unis fut plusieurs fois investi par les anglais et connut la Révolution française plus longtemps que la Martinique.

Selon les données archéologiques, les premiers signes d'occupation de la Guadeloupe datent d'environ 300 avant J.-C. Ces peuplades d'Arawaks y développèrent essentiellement l'agriculture, et auraient été exterminés par des peuples plus belliqueux : les Caraïbes. Ces derniers nommèrent l'île Karukera (ou Caloucaera), mot voulant dire « l'île aux belles eaux ». Ces tribus sont celles qu'ont rencontrées les premiers européens débarqués sur l'île.

21 jours après avoir quitté les Canaries, au cours de son deuxième voyage, Christophe Colomb aperçoit une première terre : La Désirade, qu'il baptise ainsi "Desirada", tant la vue d'une terre fut désirée par l'équipage.

Le dimanche 3 novembre 1493, une autre île est en vue, que Colomb nomme "Maria Galanda" (Marie-Galante), du nom du navire amiral. Après un passage d'une nuit à la Dominique, ils reprennent la mer vers une île plus grande dont ils avaient aperçu au loin les montagnes. Colomb décide alors de jeter l'ancre devant cette île afin d'accorder quelques jours de repos à ses hommes.

Le 4 novembre 1493, il débarque sur l'île baptisée par les Caraïbes "Karukera" (ou "Caloucaera"). Il baptisera cette île "Guadalupe" nom ainsi que celui de l'île proviennent du nom du monastère royal de Santa Maria de Guadalupe en Espagne. Lors d'un pèlerinage, Colomb aurait fait la promesse aux religieux de donner le nom de leur monastère à une île ou alors, il s'était fait cette promesse à lui-même lors des tempêtes de son retour en Europe en 1492. Il semblerait également que Colomb aient été inspiré par les Chutes du Carbet, lui rappelant les cascades présentes dans la région d'Estremadure (Espagne) où est située le monastère.

Les espagnols se sont peu préoccupés de l'île tout au long du XVIe siècle. En effet, cette île est relativement inhospitalière, ne possède aucune mine d'or. Elle servira alors daiguade': point de ravitaillement en eau douce et en bois, pour les navires en route vers l'Eldorado.

Au début, les Caraïbes tolérèrent ces « marins de passage », et parfois même, fraternisèrent avec eux, mais petit à petit les hostilités grandirent entre les indigènes et les Espagnols.

Les Caraïbes, aguerris au combat, résistèrent à la présence grandissante des européens, jusqu'à ce qu'une cédule royale datant d'octobre 1503, autorise aux espagnols la capture d'Indiens habitant les îles sans or. Plusieurs expéditions et raids au cours du XVIe siècle eurent lieu dans le but de capturer des Caraïbes et de les faire travailler, de pacifier puis de coloniser ces îles.

En 1515, Juan Ponce de León, glorieux conquérant de Porto Rico et Antonio Serrano décident de pacifier la Guadeloupe et d'y installer définitivement des colons ibériques sur l'île, avec trois navires et trois cents hommes de guerre. Cachés en embuscade, les Caraïbes fondirent sur ceux qui débarquèrent, les tuèrent et firent des prisonniers.

Lassés, les Espagnols, qui préfèrent les terres plus riches de l'Amérique centrale, abandonnent progressivement les Petites Antilles aux expéditeurs et flibustiers anglais, français et hollandais. Ceux-ci font escale régulièrement à partir de 1550 pour faire du commerce avec les Amérindiens.

Les Français, menés par Jean du Plessis d'Ossonville et Charles Liènard de l'Olive débarquent le 28 juin 1635 à la Pointe Allègre à Nogent, (dans l'actuelle ville de Sainte-Rose (Guadeloupe), accompagné de 4 dominicains et de 150 hommes (dont de nombreux bretons ou normands) engagés par contrat, pour trois ans, dans le but de faire fortune.

Du Plessis et De L'Olive, sont mandatés par la Compagnie des îles d'Amérique pour évangéliser les indigènes. Les premiers mois sont difficiles (maladies, manque de nourriture): nombre des colons périssent. Les survivants s'installent au sud, près de l'actuel Vieux-Fort. Ils reçoivent l'aide des Caraïbes. Contre l'avis de Du Plessis, Charles Liènard de l'Olive leur déclare la guerre pour prendre vivres et femmes. Les français vont alors pratiquement exterminer les amérindiens.

1640: signature d'un traité de paix avec les Caraïbes. Les français vont ensuite importer des esclaves par centaines à partir de 1641 et 1645.

1643: la ville de Basse-Terre est fondée dans le sud de la Guadeloupe proprement dite.

1649 : première révolution anglaise, le roi Charles 1er décapité, les monarchistes fuient à la Barbade, poursuivis par les troupes du parlement de Cromwell. L'économie sucrière doit se développer ailleurs qu'à la Barbade. Charles Houël acquiert la Guadeloupe, la Désirade, Marie-Galante et les Saintes, après avoir laissé la Compagnie des îles d'Amérique, leur propriétaire, tomber en faillite.

1654: temps fort de l'histoire de Pernambouc au Brésil. Les jésuites portugais gagnent la reconquête contre les hollandais, qui doivent fuir avec 300 de leurs esclaves. Contre l'avis des jésuites français, Charles Houël leur donne 16 hectares de bonnes terres au lieu dit Sainte-Marie, à Capesterre de Guadeloupe. La Martinique, partagée entre de nombreux propriétaires, encore peu défrichée et à moitié occupée par les caraïbes, doit leur dire non.

1658 : Guerre de 1658 contre les indiens caraïbes en Martinique.

1664 : Colbert augmente la taxe sur les sucres étrangers importés des Antilles via la marine hollandaise, asphyxiant les planteurs, qui ont peu de navires et sont par ailleurs privés d'approvisionnement en esclaves. La crise sucrière s'installe.

1664 : la Compagnie française des Indes Occidentales prend possession de la Guadeloupe en expropriant Houël et sa famille.

1666 : les Anglais attaquent les Saintes et foncent vers la Guadeloupe. Mais un cyclone détruit complètement la flotte anglaise le 22 août.

1667 : fin de la Deuxième Guerre anglo-néerlandaise. Le Traité de Breda signé entre Français, Danois et Hollandais d'un côté, et Anglais de l'autre.

1671 : la Guadeloupe a 4.267 esclaves noirs. Il n’y en a que 2.400 en Martinique où les chefs de la guerre contre les caraïbes, dont Pierre Dubuc de Rivery, reçoivent des terres nouvelles.

1674 : La Compagnie des indes occidentales fait faillite. La Guadeloupe devient propriété de Louis XIV. Les planteurs de tabac de Martinique et de Saint-Domingue sont chassés par la création de la ferme du tabac.

1679 : Charles François d'Angennes gouverneur de Marie-Galante, signe avec la Compagnie du Sénégal se faire livrer 1.600 esclaves sur ses plantations du Precheur, en Martinique. En 1682, il obtient le monopole du commerce avec l'empire espagnol.

1690: le prix du sucre, miné par la concurrence, affiche une baisse de 65% par rapport à son niveau de 1655..

Le Père Labat décrit dans ses ouvrages la société esclavagiste. Les pratiques religieuses européennes, couplées à de longues pratiques militaires, étaient jugées plus ritualisées et ordonnancées que celle des amérindiens. Des engagés de 36 mois sont utilisés pour la fortification de l'île. Une fois affranchis, ils obtiennent des lopins de terre. Les plus riches planteurs de café, de canne à sucre et de coton recherchent alors une nouvelle main d'œuvre meilleur marché, en s'inspirant du succès des planteurs de sucre de la Barbade.

Dès 1641, les colons signent avec les indiens caraïbes un traité pour les expédier sur l'île de la Dominique, ouvrant la voie aux défrichements. En 1656, lorsque des hollandais arrivent du Brésil et s'installent dans la baie des flammands, les esclaves étaient déjà 3000 en Guadeloupe, mais minoritaires face aux 12000 blancs.

En 1671, l'île est encore habitée par de nombreux petits colons blancs qui cultivent du tabac, sur des plantations nécessitant peu de capitaux, dans le cadre de la Compagnie des Indes occidentales. Mais son monopole est aboli en 1671: la traite négrière est ouverte à tous les ports français, dans le but que cette concurrence la rende plus efficace. C'est l'époque où Louis XIV rencontre la veuve Scaron, Marquise de Maintenon, grandie en Martinique, et prête l'oreille à son ministre de la Défense: Louvois dirige la guerre contre les Pays-Bas (1672-1678), jusqu' alors détenteurs de l'asiento, le monopole d'importations des esclaves vers le Nouveau-Monde, organisé par le Traité de Tordesillas, qui interdit aux espagnols de s'aventurer en Afrique, zone réservée par la papauté aux Portugais.

L'augmentation rapide de la population d'esclaves correspond aussi à la création en 1673 par Louis XIV de la Compagnie du Sénégal, ancêtre de la Compagnie de Guinée, dans le sillage de la Compagnie Royale d'Afrique, fondée en 1672 par le duc d'York Jacques Stuart, cousin et allié de Louis XIV, qui deviendra roi d'Angleterre en 1685.

L'investissement rapide et massif des Français et des Anglais dans le commerce triangulaire fait flamber le prix des esclaves sur les côtes d'Afrique, alimentant de nouvelles filières et la construction d'une multitude de forts, mais abaisse le coût de leur transport, au profit des planteurs de sucre. Ceux-ci rachètent alors des terres en Guadeloupe et en Martinique. Le nombre de petits planteurs blancs diminue d'autant plus rapidement que la création de la ferme du tabac en 1674 par Louis XIV entraîne la ruine rapide du tabac français. Moins taxé, moins cher, le tabac produit en Virginie par les grands planteurs jacobite installés par Jacques II profite de la contrebande et prend son essor.

Dès 1674, la Compagnie des Indes occidentales est en faillite, puis dissoute. La Guadeloupe et la Martinique passent sous l'autorité directe du roi de France Louis XIV, qui pousse la culture de la canne à sucre, plus gourmande en capitaux mais beaucoup plus rentable, en donnant des terres à des officiers supérieurs pour les encourager à y importer toujours plus d'esclaves. Le sucre est une culture violente, qui nécessite de grandes propriétés et consomme des esclaves jeunes, rapidement épuisés au travail de coupe et de transport des cannes, qu'il faut régulièrement remplacer par de nouvelles recrues.

La population d'esclaves avait avait reculé en Guadeloupe entre 1664 et 1671 (passant de 6323 à 4627 personnes), faute de livraisons suffisantes par une Compagnie des Indes occidentales jugée trop dispersée, car elle s'investit aussi au Canada. Mais après sa dissolution en 1674, le nombre d'esclaves en Guadeloupe remonte rapidement pour atteindre 6076 personnes dès 1700. L'essor de l'esclavage, au même moment, est encore plus rapide à la Martinique, où la population noire double entre 1673 et 1680. La traite négrière réserve à la Martinique les esclaves les plus résistants, car Louis XIV y a installé plus de nobles de rang élevé et d'anciens officiers, comme le chevallier Charles François d'Angennes.

Cette différence entre les deux îles explique aussi qu'un siècle plus tard, en 1794, Victor Hugues ait pû se rendre maître de la Guadeloupe pour le compte de la Révolution française alors que la Martinique est restée sous la domination des grands planteurs de sucre alliés aux anglais dans le cadre du Traité de Whitehall.

Le choix des noirs comme esclaves est lié à des critères géographiques, comme le climat, mais surtout théologiques, avec l’accord de la papauté. Pour perdurer, l'ère de prospérité des colons nécessitait l'institutionnalisation de l'esclavage (codification). La très rentable culture du sucre, que se disputent anglais et français, rapportait beaucoup d'impôts aux Métropoles, générant des travaux de fortification, menés d'une main de maître par Louis XIV, Vauban et relayées par les anglais. Une société opulente, très hiérarchisée, s'organise, tirant ses principes de fonctionnement des ordres à la fois militaires et religieux. Les esclaves noirs, d'origines diverses, subirent eux des problèmes de langues et de coutumes ancestrales qui aboutirent à la création de la langue créole et de la culture du même nom.

Avec 30% de chômeurs, si ce n'est plus, la Guadeloupe voit ses tensions sociales s'aggraver.

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Tour cycliste de Guadeloupe

Le tour cycliste international de Guadeloupe est à la Guadeloupe ce que le Tour de France est à l'héxagone, une compétition cycliste faisant le tour de l'île et se déroulant chaque année au mois d'aout.

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Histoire philatélique et postale de la Guadeloupe

Carte de la Guadeloupe

Cet article présente l'histoire postale et philatélique de la Guadeloupe.

Le Guadeloupe fut l'objet de nombreux conflits franco-britannique pour la possession de l'ile. L'histoire postale en conserve des traces. Il eut notamment un bureau britannique spécialisé dans les colis qui a été ouvert en 1841 et qui resta en fonction jusqu'en avril 1992. Une marque postale britannique avec un cercle surmonté d'une couronne avec la mention « PAID AT GUADELOUPE » identifie ce bureau.

L'usage des timbres à la Guadeloupe commence en fait en 1851 où les premiers timbres de France (Cérès non dentelés) ont été utilisés. Ces plis sont peu communs (les cotations pour une lettre au tarif de base varient de 10 000€ à 25 000€).

Dans certains cas les timbres étaient oblitérés en France.

À partir de 1871, comme dans la plupart des colonies, des timbres courant des France non dentelés sont utilisés, et successivement dans les types suivants : Napoléon III, Cérès et enfin Sage. En 1881, les premiers timbres dentelés, propres aux colonies, au type Alphée Dubois sont utilisés.

À partir de 1884, la Guadeloupe possède ses propres émissions. Dans un premier temps il s'agit de surcharge sur les séries précédentes (Sage, Alphée Dubois, ou Cérès non dentelés.

En 1892, la Guadeloupe reçoit ses premiers timbres au type Groupe avec la mention « GUADELOUPE ET DÉPENDANCES ».

En 1903, des surcharges assez variées ont été apposées sur ces timbres au type groupe à la suite d'incohérence dans les approvisionnements.

À partir de 1805, la Guadeloupe émet ses propres séries.

En 1947 la Guadeloupe change de statut et devient un département français. La dernière série locale est émise. Elle est constituée de 17 valeurs sur différents thèmes : tête de femme avec coiffe locale et port de Basse-Terre ; coupe de la canne à sucre ; récolte de l'ananas ; guadeloupéenne (2 types) ; récolte du café.

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Équipe de Guadeloupe de football

Logo

L'équipe de Guadeloupe de football est une sélection des meilleurs joueurs guadeloupéens sous l'égide de la Ligue guadeloupéenne de football. La Guadeloupe n'est pas membre de la FIFA car elle n'a pas de fédération propre, mais cependant elle participe aux compétitions de la CONCACAF : Coupe de la Caraïbe et Gold Cup. La Ligue guadeloupéenne de football ambitionne néanmoins de participer aux compétitions de la FIFA.

Stricto-sensu, la Guadeloupe ne dispute pourtant pas de matches internationaux. En effet, la FIFA ne reconnait, comme seul représentant légal de la France, que l'équipe de France de la FFF (Tahiti et La Nouvelle-Calédonie sont, en revanche, sortis du cadre français). Les matches de la Guadeloupe sont néanmoins "officiels" sur un plan continental, puisque reconnus par la CONCACAF.

Une entrave à la sélection de tout joueur guadeloupéen existe dans le règlement de la Gold Cup : ce dernier n'autorise en effet la sélection de joueurs internationaux français d'origine guadeloupéenne que si ils n’ont plus porté le maillot national de la France, en match officiel, depuis au moins cinq ans. Ce règlement s'applique aussi à la Martinique et la Guyane, en cas de qualification pour la phase finale de la Gold Cup.

Composée à la fois d'amateurs et de professionnels, l'équipe a réussi un exploit lors de la Gold Cup 2007 en parvenant en demi-finale, battue par le Mexique 1 à 0, après des victoires sur le Canada et le Honduras.

La Guadeloupe se qualifie pour la Gold Cup 2007 grâce à sa 4ème place à la Digicel Cup 2007. Cette compétition se déroule aux Etats-Unis du 6 au 24 juin 2007. La Guadeloupe tombe dans le groupe A, pour sa première participation avec le Mondialiste de 2006, le Costa Rica, le Canada et Haiti. Elle joue son premier match face à Haiti le 6 juin au Miami Orange Bowl devant plus de 17.000 spectateurs (ce qui est néanmoins faible par rapport à la capacité du stade, qui est de 74.000 places). Haiti ouvre le score grâce à Mones Chery sur pénalty à la 36ème minute. Mais en deuxième période, Cédrick Fiston marque un superbe but en réalisant une reprise de volée horizontale qui trompe le gardien Haitien. Le chronomètre pointe alors la 54ème minute. Les deux équipes se séparent sur le score de un but partout. Trois jours plus tard, la Guadeloupe affronte cette fois le Canada, toujours au Miami Orange Bowl, devant 25.000 personnes. La Guadeloupe ouvre le score grâce à son joueur vétéran Jocelyn Angloma, l'ancien international français. En effet, l'ancien joueur du PSG marque un but somptueux des 25 mètres, excentré, en faisant une chandelle qui lobe le gardien canadien, trop avancé, à la 9ème minute du match. Vingt-cinq minutes plus tard, les Canadiens égalisent grâce à Ali Gerba, bien seul dans l'axe, qui ajuste magnifiquement Franck Grandel d'une puissante reprise de volée. Mais trois minutes plus tard seulement, le tourangeau David Fleurival fait un raid au milieu du terrain avec le ballon et, à 20 mètres du but, frappe fort et trompe le portier canadien au ras du poteau. La Guadeloupe créé la sensation en s'imposant 2-1. Le troisième match s'annonce, lui, bien plus difficile. En effet, les Guadeloupéens affrontent le Costa Rica, équipe ayant absolument besoin de s'imposer pour se qualifier pour les quarts de finale. C'est ce que l'équipe d'Amérique Centrale va faire en s'imposant 1-0 grâce à un coup franc de Walter Centeno à la 13ème minute, devant plus de 15.000 spectateurs, toujours au Miami Orange Bowl. Heureusement pour la Guadeloupe, elle termine dans les deux meilleurs troisièmes des groupes de cette Gold Cup 2007 et se qualifie pour les quarts de finale.

La Guadeloupe a pour adversaire en quarts de finale le Honduras, sorti premier du groupe C devant le Mexique. Le match a lieu le 17 juin à Houston au Reliant Stadium, rempli à ras-bord par plus de 72.000 personnes. Les Guadeloupéens ouvrent une nouvelle fois le score grâce à Jocelyn Angloma, qui reprend de volée au point de penalty une remise de la tête d'un de ses partenaires. La Guadeloupe va même doubler la marque grâce au brestois Richard Socrier, qui reprend devant le but un centre venu de la droite, d'une tête piquée qui trompe le gardien hondurien. Mais à la 70ème minute, le Honduras va réduire le score grâce au meilleur buteur de la compétition, Carlos Pavón qui reprend de la tête, au point de penalty, un centre victorieux venu de la droite d'Ivan Guerrero. Les Guadeloupéens tiendront jusqu'à la fin et se qualifieront pour les demi-finales de cette Gold Cup, un stade qu'ils n'auraient jamais imaginés atteindre pour leur première participation. En demi-finale, les Guadeloupéens doivent se frotter au Mexique, l'une des deux meilleures équipes du continent avec les Etats-Unis. Cette tâche s'annonce alors difficile pour les Guadeloupéens. Le match a lieu le 21 juin au Soldier Field de Chicago, devant plus de 50.000 personnes. Les Guadeloupéens tiennent le match nul 0-0 en première période. Mais à la 69ème minute, le défenseur Mexicain du Club América, Pavel Pardo envoie une lourde frappe des 25 mètres en plein dans la lucarne de Franck Grandel. La Guadeloupe perd le match 1-0 et est éliminée. Les Guadeloupéens n'auront pas à rougir de ce magnifique parcours qui restera comme l'un des plus grands moments du football Caribéen. Le gardien de but Franck Grandel sera élu gardien de l'équipe type du tournoi.

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Source : Wikipedia