Greenpeace

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Posté par hal 10/04/2009 @ 10:07

Tags : greenpeace, environnement

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Greenpeace

Action de Greenpeace contre Esso.

Greenpeace (de l'anglais : paix verte) est une organisation non gouvernementale non violente de protection de l'environnement présente dans plus de quarante pays à travers le monde : en Amérique du Sud et du Nord, en Asie, en Europe et dans le Pacifique.

Greenpeace nait en 1971 quand un groupe de treize militants pacifistes et écologistes (John Cormack, Jim Bohlen, Paul Watson, Bill Darnell, Patrick Moore, Lyle Thurston, Dave Birmingham, Terry Simmons, Richard Fineberg, Robert Hunter, Ben Metcalfe, Bob Cummings et Bob Keziere) embarquent à bord d'un vieux chalutier, le Phyllis Cormack, pour empêcher les essais nucléaires américains sur le site d'Amchitka en Alaska. Dès 1972, les États-Unis cessent leurs essais nucléaires atmosphériques.

Très vite, le groupe cherche un nom évocateur de sa double préoccupation : environnement et pacifisme. Les termes green (vert) et peace (paix) sont ceux qui résument le mieux leur démarche.

En 1979, Greenpeace devient une organisation internationale quand les bureaux d’Europe, du Pacifique et d’Amérique se réunissent pour constituer Greenpeace International. Depuis 1989, l'organisation a son siège basé à Amsterdam (Pays Bas), d'où sont définies et coordonnées les campagnes de l'ONG.

Actuellement, Greenpeace International compte près de 3 millions d’adhérents à travers le monde. Greenpeace France, association loi 1901, compte plus de 110 000 adhérents à fin 2007 et 53 salariés.

Le principe de non violence est un élément fondamental de la démarche de Greenpeace et est au cœur même de ses actions. Jamais de dégradation de matériels, jamais de violence envers qui que ce soit. Cette tactique d'interposition des volontaires de Greenpeace pour empêcher une nuisance, imposer un temps d'arrêt pour poser le débat, forcer le positionnement des acteurs, a été inauguré par les fondateurs du mouvement qui se placèrent dans la zone d'essai de la bombe atomique américaine en Alaska.

Pour garder son indépendance, Greenpeace refuse les subventions publiques et les contributions d’entreprises et est financée à 100% par les dons de ses adhérents-donateurs. Cette indépendance politique et financière assure à Greenpeace une liberté totale d’expression et d’action en tout lieu et en toute circonstance.

Greenpeace mobilise l’opinion publique, construit des rapports de force et oblige les décideurs politiques et économiques à prendre en compte les problèmes environnementaux.

L’identification d’un risque, réel ou potentiel pour l’environnement ou la santé publique doit imposer la prudence et conduire à ne pas entamer ou poursuivre l’activité générant ce risque.

Greenpeace concentre son attention sur les problèmes globaux qui menacent l'environnement au sens large et qui constituent des enjeux planétaires : changements climatiques, consommation énergétique, prolifération nucléaire, dégradation de la biodiversité, pollutions génétiques, dissémination des produits toxiques...

La méthode de Greenpeace repose en partie sur des actions directes non-violentes parfois très médiatisées, qui ont fait sa renommée. S'appuyant sur les retombées de ces actions pour informer les médias et le public, l'organisation agit aussi en tant que lobby auprès des autorités politiques et des dirigeants d'entreprises afin de promouvoir les changements appropriés. Derrière les actions spectaculaires de Greenpeace, il y aussi le travail essentiel d'expertise, d'investigations techniques et scientifique, de construction d'argumentaires qui fonde les campagnes de l'organisation. Greenpeace a ainsi contribué activement à l'élaboration de plusieurs traités internationaux qui protègent l'environnement.

Greenpeace est très connue pour l'utilisation de bateaux lors de ses campagnes de protestation et d'intervention directe. L'un d'entre eux, le Rainbow Warrior, est devenu célèbre en 1985 dans ce qui a été appelé en France « l'affaire du Rainbow Warrior » ou « l'affaire Greenpeace » : les services secrets français l'ont fait couler avec deux mines magnétiques placées sous sa coque par des plongeurs de l'armée française dans le port d'Auckland alors que celui-ci se préparait à une croisière de protestation contre les essais nucléaires français de Moruroa. Au cours de cet attentat organisé par le gouvernement français, le photographe Fernando Pereira a été tué par l'explosion de la seconde mine magnétique.

Elle soutient les énergies renouvelables et relaie les campagnes de sensibilisation sur l'application du protocole de Kyoto, en particulier aux États-Unis. Greenpeace milite également pour la sauvegarde de la biodiversité, contre les rejets toxiques et les organismes génétiquement modifiés.

Greenpeace s'est également opposé à la filière nucléaire des réacteurs à neutrons rapides : voir à ce sujet Superphénix, réacteur en démantèlement sur le site nucléaire de Creys-Malville.

1971 : Suite à la première action de Greenpeace, les États-Unis stoppent leur campagne d'essais nucléaires à Amchitka, en Alaska.

1978 : Les actions de Greenpeace mettent fin au massacre des phoques, chassés pour leurs peaux, dans les Iles Orkney, en Écosse.

1982 : À la suite des actions directes menées en mer contre les baleiniers, la Commission Baleinière Internationale adopte un moratoire sur la chasse commerciale.

1989 : Adoption par les Nations Unies d’un moratoire sur l'utilisation des filets dérivants. Greenpeace avait révélé le caractère destructif de cette méthode de pêche.

1994 : La convention de Bâle interdit l’exportation de déchets toxiques, des pays OCDE vers des pays non OCDE.

1997 : Après une longue campagne initiée en 1988 avec d'autres ONG, les ministres des pays industrialisés adoptent le Protocole de Kyoto qui doit permettre de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

2000 : Après plusieurs années de pression, le groupe St Gobain – Lapeyre s’approvisionnera à 100% fin 2005 en produits FSC (conseil de bonne gestion forestière).

2002 : Suite à dix années de campagne en Amazonie, l'exploitation de l'acajou fait enfin l'objet d'un moratoire, et est inscrit à la CITES (la convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction). Cette inscription permettra d'assurer la survie de cet arbre, son commerce étant mieux contrôlé.

2001-2006 : En avril 2001, suite aux actions de Greenpeace, un accord est conclu avec le gouvernement de Colombie-Britannique et les exploitants forestiers pour protéger 20 vallées de forêts primaires et suspendre temporairement les coupes dans 68 autres vallées. Début 2006, ce sont plus de 2 millions d’hectares de forêts primaires qui sont enfin protégées.

2006 : Les multinationales du soja ont adopté un moratoire de deux ans sur l’achat de soja provenant de zones nouvellement déforestées en Amazonie.

Greenpeace a rejoint le collectif "Stop-EPR" qui s'oppose aux projets d'un réacteur pressurisé européen à Olkiluoto (Finlande) et à Flamanville (Manche).

Depuis 2006, Greenpeace France est membre du collectif l'Alliance pour la planète aux côtés d'autres associations de protection de l'environnement telles que Les Amis de la Terre ou WWF.

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Mouvement anti-OGM

Un logo de revendication d'appartenance à la lutte anti-OGM en France.

Le mouvement anti-OGM désigne l'ensemble des actions légales, comme les campagnes de sensibilisation, ou illégales, telles que des destructions de plantations, menées par le groupe de pression qui s'oppose au développement des organismes génétiquement modifiés (OGM) et à leur promotion par l'industrie agro-alimentaire, notamment l'entreprise Monsanto, qu'il accuse de lobbying.

Les partisans de ce mouvement estiment que les OGM présentent des risques, tant sur le plan éthique (« brevetage du vivant »), sanitaire (impact sur la santé humaine), qu'environnemental (atteinte à la biodiversité) et économique (perte de valeurs des cultures de l'agriculture biologique en cas de dissémination trop grande, perte de la souveraineté alimentaire). Les militants de ce mouvement, qui s'inscrivent principalement dans la mouvance altermondialiste. Certains rejettent toute culture en plein champ et toute consommation d'OGM, d'autres demandent des études sur le long terme et plus de transparence.

Selon des représentants scientifiques, les OGM sont sans danger parce qu'il n'a pas pu être démontré qu'il y a un danger,. Des études scientifiques sont réalisées pour étudier la possible toxicité de certains OGM, cependant les résultats de ces études sont variables, suggérant que les OGM commercialisés ne présentent pas de risque pour la santé humaine ou que au contraire certains OGM comme le maïs MON863 peuvent avoir des effets toxiques. Des scientifiques dénoncent les dangers potentiels de la contamination génétique et réprouvent la diffusion des OGM,.

Une large majorité de la population européenne et japonaise sont méfiants à l'égard des OGM, alors que les Américains et les Canadiens sont globalement favorables aux OGM.

Ce mouvement, s'il a pu limiter le développement des cultures OGM dans certains pays européens, se heurte au fait que dans d'autres zones du monde où les partisans anti-OGM ont moins d'influence, la culture en plein champ n'a pas été interdite ni fortement limitée et la part des OGM dans la production s'accroît progressivement. En 2005, selon l'ISAAA, 8,5 millions d’agriculteurs utilisaient des OGM, dont 90 % dans des pays en développement.

En 2007, La Via Campesina regroupe plus d'une centaine d'organisations basées dans 56 pays . La Coordination Paysanne Européenne fait partie de celles-ci en tant que membre fondateur. En France, elle est présente via les syndicats agricoles minoritaires de la Confédération Paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux.

La lutte pour la propriété et le contrôle des semences est présentée comme une des préoccupations majeures de ces organisations. Elles parlent d'un risque que les biotechnologies et en tout première place la technologie des OGM feraient peser sur les semences : associés à de nouveaux droits internationaux de propriété intellectuelle (brevetabilité du vivant, ADPIC) l'appropriation et le contrôle par quelques firmes du tout premier maillon de la chaîne alimentaire. Elles se mobilisent autour du concept politique de souveraineté alimentaire.

En 2006, un sondage réalisé par l’institut CSA pour Greenpeace illustre que si une large majorité des français (86 %), ainsi que d'autres habitants de pays européens souhaitent leur interdiction, et que 82% des japonais les qualifient de « non désirables », les américains et canadiens se montrent globalement favorables aux OGM.

Au cours des années 1990, une série de crises alimentaires (bœuf aux hormones, poulet aux dioxines, vache folle et maladie de Creutzfeldt-Jakob, contaminations bactériennes d'aliments : fromage par listeria) ont touché l'Europe. Pour Daniel Boy, du centre de recherches politiques de Science Po, la proximité temporelle de ces crises, leur répétition et leur retentissement médiatique ont induit une méfiance d’une partie des consommateurs envers l'efficacité des systèmes publics de surveillance de l’industrie agroalimentaire. L'entrée des OGM sur le marché européen s'inscrit dans ce contexte de défiance. Dans le même temps, des institutions internationales essaient de donner corps à la notion de principe de précaution dont les critères et le champ d'application restent flous.

Parallèlement, une aspiration à des produits naturels a vu le jour, entraînant le développement de l'agriculture biologique, dont la part reste actuellement marginale dans la production agricole globale.

Si, selon Greenpeace, la méfiance envers les OGM s'inscrit en parallèle de celle envers les organismes de surveillance de l'industrie agro-alimentaire,, le retard de 6 ans pris par le parlement français pour transposer la directive européenne de 2001 qui définit les règles de la dissémination volontaire des OGM et son adaptation rapide en deux décrets d'applications,expliquent une partie des tensions françaises.

La fédération des associations de protection de la nature et de l'environnement estime que ces décrets ne transposent pas l'intégralité de la directive européenne, et plus particulièrement sur le droit du public à l'information, le principe de précaution et le principe de responsabilité. Les conditions d'engagement de la responsabilité des producteurs d'OGM et d'indemnisation des préjudices ne sont pas précisées. Lylian Le Goff, de la mission biotechnologies de France Nature Environnement, estime que l'adoption de ces décrets prive le parlement d'un débat démocratique sur des enjeux de société considérables et aura pour seul mérite de protéger la responsabilité des semenciers et non la santé et la liberté de choix alimentaire de nos concitoyens. Le projet de loi est à l'étude au parlement début 2008.

En France, au sein de l'opposition aux OGM, on peut distinguer ceux qui sont globalement méfiants (demande de signalisation des produits), ceux qui sont franchement hostiles (préférant payer plus cher des aliments sans OGM) et les militants, engagés dans la lutte proprement dite. L'opposition aux OGM repose aussi pour certains sur le comportement de la société Monsanto. Marie-Monique Robin, journaliste lauréate du prix Albert Londres 1995, dénonce dans un documentaire, les conflits d'intérêts qui président selon elle à l'élaboration des règlementations internationales.

La communauté agricole française est partagée au sujet des OGM. La Confédération Paysanne se positionne contre l'usage des OGM mais la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, s’est prononcé en faveur des essais d’OGM en plein champ et de la culture commerciale des OGM « éprouvés » ou, dans le cas d'une interdiction de la culture commerciale des OGM, pour un moratoire sur l'importation des productions OGM pour éviter la concurrence inéquitable.

La majorité des opposants actifs aux OGM, les « militants », font partie des mouvements écologistes ou se regroupent dans la gauche contestataire (par exemple en France, ATTAC, Les Verts, Greenpeace…). La lutte anti-OGM est proche du courant altermondialiste.

Cependant, loin d'être limités à ce courant, les opposants aux OGM se retrouvent également au sein de la communauté scientifique ou de l'élite gastronomique française. Deux cents chefs cuisiniers et vignerons ont ainsi publié un appel au respect du « droit à choisir le contenu de son verre et de son assiette » dans le quotidien Le Monde le 13 mai 2008. Parmi les deux cents signataires, Olivier Roellinger, Michel Bras, les Frères Troisgros, Alain Passard, Marc Veyrat, Jean Michel Lorain et les domaines vinicoles Romanée-Conti, Beaucastel, Château Baron Pichon-Longueville, Château Smith Haut Lafitte, etc.

Les scientifiques Gilles-Éric Séralini (professeur des universités en biologie moléculaire à Caen), Christian Vélot (chercheur à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire) et Jean-Pierre Berlan (directeur de recherche en agronomie à l'INRA, membre d’ATTAC), rejoignent ce mouvement contestataire et estiment qu'il existe une marche forcée vers les OGM.

Certains opposants se prononcent pour un arrêt de toute culture OGM tandis que d'autres souhaitent qu'aucune culture ne soit faite à l'air libre (en « culture ouverte »), en raison du risque possible de dissémination, tout en admettant l'expérimentation en milieu confiné.

Les partisans de la lutte anti-OGM défendent la possibilité de vivre dans un environnement sans OGM. Or depuis 1997, et pour ce qui concerne l'Europe, la directive relative à l'étiquetage des produits alimentaires vendus dans l'UE entérine le fait qu'une filière alimentaire sans OGM n'est pas réellement envisageable. Alors qu'en 1997 les moyens techniques permettaient de détecter des traces d'OGM inférieures à 0,1% dans tout produit alimentaire, ce seuil technique n'a pas été retenu et cette directive considère qu'un produit est « sans OGM » même s'il en contient jusqu'à 0,9%.

À partir de ce constat, les plus radicaux des opposants exigent l'abandon pur et simple de cette technologie et cherchent à contrer la pénétration des OGM dans la filière alimentaire en s'attaquant aux instituts de recherche et aux industriels. D'autres demandent aux pouvoirs publics de garantir leur liberté de consommer sans OGM via une règlementation très stricte et des contrôles efficaces. Ils demandent dans un premier temps une suspension des autorisations de cultures d'OGM pour permettre une évaluation sur le long terme des effets possibles des OGM sur la santé, mais aussi un examen poussé de la problématique de leur dissémination dans l'environnement.

Le fait que les OGM soient majoritairement brevetés (tout comme certaines plantes conventionnelles) est l'un des principaux arguments utilisés par les opposants aux OGM : en effet, l'usage de ceux-ci rendraient dépendants les millions d'agriculteurs (d'Afrique, d'Asie, d'Europe Orientale, et d'une partie de l'Amérique Latine et centrale) ne recourant pas à ce jour aux firmes semencières. Cette modification du rapport de force entre semenciers et agriculteurs fragiliseraient ces derniers. Ce ne sera pas le cas en France en ce qui concerne le maïs, puisqu’une majorité d'agriculteurs a recours aux semences commerciales du fait de l'hybridation des semences. Pour les semences des autres cultures le recours aux semences fermières est possible et fréquent, sans toutefois que cette pratique puisse être quantifiée.

Pour les défenseurs de l’utilisation des OGM ceux-ci représentent des risques réels sur l'écosystème, mais ces risques sont contrôlables et sont correctement contrôlés par les autorités sanitaires.

Selon l'ISAAA, les agriculteurs qui utilisent les OGM le font notamment pour éviter d’utiliser des produits phytosanitaires. Ainsi, la réduction de l’usage des pesticides améliore la santé des agriculteurs et réduit leurs risques d'accidents du travail. Au niveau mondial, selon l’ISAAA, l’usage des OGM végétaux a permis de réduire l’usage d’insecticides et d’herbicides, ce qui a réduit de 15,3 % de l’impact environnemental de l’agriculture humaine dans les champs concernés.

Une grande partie de la communauté scientifique mondiale considère que les OGM actuels ne posent pas de problème sanitaire. Les chercheurs du Conseil international pour la science, qui regroupe les meilleurs scientifiques mondiaux dans de nombreux domaines, conclut que la consommation des OGM actuels est sans danger. Elle signale cependant que cela ne garantit rien pour les futurs OGM et qu'il est donc nécessaire de continuer à vérifier qu’ils sont sans danger pour les consommateurs avant d'être commercialisés.

L’Organisation des Nations unies, en se basant sur l'articulation des multiples études à leur sujet, écrit que « les OGM qui sont actuellement sur les marchés internationaux ont passé avec succès des évaluations du risque et il est improbable qu’il présente un quelconque risque pour la santé humaine. De plus, on n’a jamais pu montrer que leur consommation par le grand public dans les pays où ils ont été homologués ait eu un quelconque effet sur la santé humaine. ». Elle oublie, en faisant cette déclaration, le cas du maïs Starlink qui, en 2000, provoqua des « douleurs abdominales, diarrhée et éruption cutanée » chez ses consommateurs. Ce maïs avait pourtant été préalablement autorisé par la FDA.

Les défenseurs de l’utilisation d’OGM s’opposent donc aux points défendus par le mouvement anti-OGM. Selon eux, de réelles querelles scientifiques, qui opposent des points de vue différents et légitimes, « sont souvent transformées en polémiques d’apparence scientifique ».

Commentant les sondages qui montrent le soutien qu'apporte l'opinion publique, dans certains pays, aux anti-OGM, John Beringer écrit : « justifier les actions anti-OGM en disant que personne ne veut d'OGM pourrait être acceptable si l’opinion publique avait été correctement informée par un débat, plutôt que soumise à un flux de propagande négative. Le concept que, si je vous pousse à croire quelque chose, alors vos croyances deviennent la vérité, n'est pas un concept valable. ».

Cécile Philippe, présidente de l'Institut économique Molinari et auteur de C'est trop tard pour la terre, estime dans cet ouvrage que les « faucheurs volontaires » sont « dangereux », car ils « menacent le progrès de la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture. » Pour d'autres encore, le comportement des faucheurs s'apparenterait au mouvement luddiste, constitué d'ouvriers qui détruisirent des métiers à tisser dans l'Angleterre de la Révolution Industrielle, par crainte que ces derniers ne bouleversent leur mode de vie. L'association Liberté chérie parle de groupuscules d'« inspiration anticapitaliste et néo-luddite ». Claude Allègre a pris publiquement position dans le débat en écrivant que la lutte anti-OGM est une « religion » avec ses « dogmes » et que « la répulsion de certains contre les OGM touche au fanatisme ».

Au niveau international, la lutte anti-OGM est animée par le réseau international d'organisations paysannes de La Via Campesina. Présente dans une soixantaine de pays, elle s'est fixée pour objectif la défense de la souveraineté alimentaire, le respect des petits et moyens agriculteurs, la défense de la biodiversité et la lutte contre les OGM. Par exemple, en Afrique du Sud, une Alliance sud-africaine pour un moratoire sur le génie génétique se bat depuis 2002 conttre l'usage des OGM en Afrique du Sud.

Greenpeace, a inscrit « la prévention de la dissémination des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans la nature », parmi ses campagnes d'actions.

Au Japon, une campagne intitulée « No! GMO campaign » lancée en 1998 par Kamibayashi Hiroko, une journaliste indépendante spécialisée en environnement, réclame « du gouvernement la création d’un label pour les produits sans OGM et pour les variétés locales et traditionnelles, ce pour les différencier des graines imposées par les multinationales de l’agro-alimentaire. » En quelques années, ce mouvement citoyen obtient un étiquetage systématique de la présence d'OGM pour trente produits différents dont le soja et le maïs. L'objectif du mouvement reste l'interdiction complète des OGM au Japon.

La France étant marquée par une tradition culturelle conflictuelle, la lutte anti-OGM, y a ponctuellement pris la forme d'une confrontation sur le terrain.. En particulier, la destruction de plan d'OGM pourrait être mise en parallèle avec les émeutes suivi de l'incendie du Parlement de Bretagne en 1994 (pêcheurs bretons), les barrages routiers de camionneurs en 1991 (se soldant par 4 morts), les blocages divers et fumiers déversés (multiples manifestations d'agriculteurs durant les années 90 et 00), sans compter les récentes (2005) émeutes urbaines etc.

Manifestations, pétitions, opérations médiatiques, opérations d'organisations de consommateurs se retrouvent dans plusieurs pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Sud. Il semble que la lutte n'aie pris une tournure illégale qu'en France.

Cette forme de lutte consiste essentiellement à regrouper tous les moyens offerts par la loi pour s'opposer légalement aux OGM.

La lutte légale peut aussi se manifester par des pressions populaires, typiquement par le recours à des manifestations et à des pétitions, visant à obtenir du gouvernement des changements de règlementation, ou bien par des actions plus locales (information sur les marchés de fruits et légumes, par exemple). Cette lutte passe aussi par des actions de lobbying et d’occupation des espaces médiatiques. Des études sont ainsi financées pour établir les dangers et l’éventuelle nocivité des OGM.

Une étude du CRIIGEN concernant un maïs transgénique, le MON 863, financée partiellement par Greenpeace, et reprise par Canal+ dans un documentaire défavorable aux OGM contredit les études des semenciers en déclarant avoir constaté une toxicité avérée du MON 863 sur l'organisme des rats (notamment sur le fonctionnement de leur rein et foie). Le dossier interne de Monsanto concernant le MON 863 a été rendu public par Monsanto suite aux pressions de Greenpeace. Par la suite, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, reprenant l’étude du CRIIGEN, déclare y trouver de « graves erreurs méthodologiques » et confirme les résultats de sa propre étude : le maïs MON 863 n'est pas toxique. Le CRIIGEN (organisme de veille sur les OGM, mené par Corine Lepage) répond à l’Autorité européenne de sécurité des aliments en déclarant confirmer la toxicité du MON 863 pour les rats.

En novembre 2007, plusieurs associations anti-OGM ont découvert à Hédé, au nord de Rennes, un champ de maïs BT11, variété interdite à la culture en France. Une plainte a été déposée, visant à identifier les responsabilités des opérateurs économiques ayant fourni ces semences, « des personnes ayant cultivé le maïs OGM, si elles avaient connaissance de sa nature et de son interdiction » et aussi de l'État, en l'engageant à faire respecter la loi,.

Parallèlement aux actions légales, des militants anti-OGM mènent – en France – une lutte consistant majoritairement en des destructions de sites de plantation, appelés « fauchages » ou « arrachages » par ces militants. D'après ces militants, il s'agit de d'« acte de désobéissance civile » pour protester contre ce qu'ils estiment être le non respect du principe de précaution par l'Etat, ainsi que la non-protection de l'intérêt général, au nom de considérations politiques et économiques. Ces actions condamnables d'un point de vue pénal portent atteinte aux biens des agriculteurs et des centres de recherche qui en sont la cible. L’organisation fortement médiatisée de « fauchages » vise à accroître la visibilité de cette lutte, et à alerter l'opinion publique sur la controverse des OGM, par des actions de « terrain ».

En mai 2005, une variante a été utilisée en dispersant des semences conventionnelles dans des champs prévus pour des cultures d'OGM, afin de saboter l'expérience.

La figure emblématique et controversée du mouvement anti-OGM en France et en Europe est José Bové. Ce dernier est également une figure tutélaire des « fauchages volontaires de cultures OGM » et a été condamné à 4 mois de prison ferme lors du procès de Toulouse (pour avoir détruit des plants de riz transgénique d'une serre du CIRAD et occasionné quelques dégradations sur les installations). Il prône un principe d'action médiatisée, réunissant notamment des collectifs de faucheurs volontaires, des paysans de Via campesina et de la Confédération paysanne française, pour arracher au nom de la lutte anti-OGM des plantations d'OGM autorisées par le gouvernement, devant la presse.

Les actions anti-OGM n’empêchent pas la forte augmentation des surfaces cultivées des OGM qui, par exemple, ont doublé en cinq ans, entre 2002 et 2007. Dans les zones où les actions anti-OGM sont les plus importantes, la culture d'OGM est en stabilisation, ou en régression (Europe en général, hors cas de l’Espagne).

Dans plusieurs pays d'Europe (France, Allemagne…), des collectivités locales ont pris des arrêtés interdisant la culture d'OGM sur leurs circonscriptions. C'est la cas de la majorité des régions françaises (16 sur 22). Au niveau européen, ce sont 164 régions (principalement autrichiennes, grecques, britanniques et belges) qui se sont déclarés zones sans OGM. Des départements (France) ou des communes (France, Allemagne) ont également pris des mesures. En France, ces arrêtés ont fait l'objet de recours de la part des préfets devant les tribunaux administratifs et ont été annulés.

Selon le réalisateur Jean Druon, l'ébauche de contrôle citoyen sur l'usage des OGM incite certains membres de la « technoscience » à brider ou contrôler le débat sur l'énergie nucléaire et surtout celui sur les nanotechnologies. Il développe cette thèse, soutenue par l'intervention de nombreux scientifiques et philosophes dans son film Alerte à Babylone, réalisé en 2005.

Parallèlement, le concept de « lanceur d'alerte » est apparu en France. Défini comme « un chercheur ayant dû agir le plus souvent contre l’avis de son institution, un salarié ayant révélé des manquements graves de son entreprise, un groupe de citoyens ayant alerté les institutions sur des problèmes de santé. » par la Fondation Sciences citoyennes, il souligne l'importance de leur protection juridique. Celle-ci est en effet nécessaire pour des chercheurs dévoilent les risques liés aux OGM. En 2007, le collectif Alliance pour la planète a ainsi proposé d'instaurer une protection légale des lanceurs d'alerte lors du Grenelle de l'environnement. Cette proposition a été reprise dans le rapport de la mission Corinne Lepage, chargée de la traduction juridique des orientations prévues par le Grenelle de l'environnement en matière de gouvernance écologique.

La lutte anti-OGM et la destruction de parcelles dans les centres de recherche nuit au secteur des biotechnologies, et constitue un handicap dans le développement de nouvelles semences et le depôt de brevets par les équipes scientifiques ; c'est le cas en France. La presse évoque le risque que les chercheurs français et européens émigrent vers d'autres pays.

Les destructions des plantations d'OGM, et la menace de nouvelles destructions, ont eu un effet dissuasif sur les agriculteurs et ont influencé le comportement des autorités. Celles-ci auraient de facto mis sous embargo les informations sur les cultures d'OGM, en dépit des règlementations françaises imposant la transparence et le libre accès du public à ce type d'information, principe maintes fois réaffirmé par la commission d'accès aux documents administratifs.

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Steven Guilbeault

Steven Guilbeault (1970, La Tuque - ) est co-fondateur et porte-parole d'Équiterre ,une organisation non gouvernementale ayant pour mission de contribuer à bâtir un mouvement citoyen en prônant des choix individuels et collectifs à la fois écologiques et socialement équitables. Il a été durant plus de 10 ans responsable de campagne (Québec) pour Greenpeace Canada.

Il cause sa première action d'éclat vers l'âge de six ou sept ans, avec l'accord de sa mère, en interrompant les travaux d'un promoteur immobilier derrière chez lui, alors qu'il refuse de quitter l'arbre qu'il occupe.

Il étudie en sciences politique et en théologie à l'Université de Montréal. Il occupera alors la présidence de l'association des étudiants en sciences politiques et participera aux activités de la fondation canadienne des droits de la personne.

En 1994, il fonde l'organisme écologiste Équiterre en compagnie de Sidney Ribaux, Laure Waridel et François Lalonde.

Il se joint en 1997 à Greenpeace, dont il fût le porte-parole jusqu'au 8 juin 2007 au Québec ainsi que le responsable du dossier des changements climatiques au sein de ce même organisme. Il est également le président de la Coalition québécoise sur les changements climatiques ainsi que le vice-président du Conseil régional de l'environnement (Montréal). De plus, il donne plusieurs conférences un peu partout au Québec.

Cet écologiste a, par le passé, travaillé au sein de la délégation canadienne à l'ONU. Homme de terrain, il a aussi participé en 2005 à une expédition au Groenland, où il a pu constater l'important retrait des glaciers. En 2006, affirmant que le plan de lutte contre les gaz à effet de serre du gouvernement du Québec était excellent, il propose au gouvernement d'effectuer une tournée pancanadienne en compagnie de l'écologiste David Suzuki afin d'en faire la promotion et de contrer les "mensonges" et "demi-vérités du gouvernement Harper sur la question du Protocole de Kyoto et des changements climatiques".

Selon le journaliste Éric Moreault, il fait partie "sur la planète, du cercle restreint de ceux dont l'opinion compte sur les changements climatiques." et est régulièrement courtisé par les partis politiques québécois et canadiens. Il a refusé de se présenter pour un parti à la fois parce qu'il ne croit pas que ce faisant il ferait avancer la cause écologiste plus efficacement et pour des raisons familiales.

Le 8 juin 2007, il annonce son départ de Greenpeace Québec pour, en septembre 2007, se joindre à l'équipe de changements climatiques de son organisme Équiterre.

En septembre 2007, il est recruté par Deloitte où il agira en tant qu’expert-conseil externe pour le service Responsabilité d’entreprise et développement durable.

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Usine de retraitement de la Hague

L'usine de traitement de la Hague est un centre de traitement du combustible usé dans lequel on traite une partie du combustible utilisé dans certains des réacteurs nucléaires appartenant à la France, l'Allemagne, la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas, et au Japon, pour en séparer les différents éléments radioactifs.

Entrée en service en 1966, l'usine est située près du cap de la Hague (voir à ce mot pour les choix qui ont conduit à cette implantation), sur les communes de Jobourg, Omonville-la-Petite, Digulleville et Beaumont-Hague, au nord-ouest de la pointe de la péninsule du Cotentin (Manche). Elle est gérée par la société Areva NC. Ce n'est pas une centrale nucléaire.

D'une capacité industrielle de traitement de 1 700 tonnes (pour les usines UP2 et UP3) de combustibles usés par an, le complexe industriel en a traité 1 100 tonnes en 2005.

À la sortie du réacteur, un combustible nucléaire usé contient environ 96 % de matières énergétiques dites recyclables (95 % d'uranium et 1 % de plutonium) polluées par 4 % d'actinides et de produits hautement dangereux et non réutilisables (déchets ultimes). Ces derniers sont traités et conditionnés, aujourd'hui par vitrification, en vue de leur entreposage en surface et éventuellement de leur stockage en couche géologique profonde. Les déchets provenant de l'étranger sont — après un certain temps — réexpédiés aux clients étrangers qui ont obligation de les reprendre (obligation confirmée par la loi Bataille en 1991). Un des objectifs de ce recyclage est de réduire la quantité de déchets radioactifs à stocker en milieu confiné.

Le plutonium récupéré est transporté à Marcoule où il est utilisé pour fabriquer du combustible MOX. Le nitrate d’uranyle obtenu est quant à lui transformé en oxyde d’uranium (U3O8) à Pierrelatte en vue d’être enrichi pour être réutilisé dans de nouveaux assemblages de combustibles.

Avec la volonté gaullienne de doter la France de la bombe atomique, il a fallu développer la production de plutonium. Pour cela, le Commissariat à l'énergie atomique a ouvert une usine à Marcoule en 1958, et pour pallier une éventuelle défaillance de celle-ci, a mis en projet une seconde usine d'extraction de plutonium.

Le 10 août 1961 paraît le décret déclarant d'utilité publique et urgent les travaux de construction d'un centre de traitement de combustibles irradiés. Les travaux commencent en 1962 sur le plateau du Haut-Marais. Le premier château d'uranium naturel graphite gaz arrive en 1966 en provenance du réacteur de Chinon.

En 1969, des rumeurs courent sur la fermeture de l'usine, devenu inutile pour l'armée du fait de stock de plutonium militaire désormais suffisant, tandis que Georges Pompidou redéfinit la politique nucléaire française. Les effectifs sont réduits d'un tiers avec le départ de 350 salariés, marquant la fin de l'emprise militaire. Il semble qu'aucun gramme de plutonium provenant de la Hague n'a eu un usage d'armement.

À partir de cette date, l'usine s'oriente vers le traitement du combustible civil, soutenu par le choix de Valéry Giscard d'Estaing du « tout nucléaire » suite au premier choc pétrolier. Les ingénieurs anticipent la génération des REP d'EDF par la mise en place de l'atelier HAO (Haute activité oxyde) ou UP2-400. En 1976, le CEA cède l'usine à la nouvelle entreprise publique, la Cogéma, qui gère désormais une usine de traitement des déchets nucléaires visant à recycler le combustible français d'EDF et étranger. À l'époque, ce passage à une entreprise publique mais de droit privé est vu par le personnel et les élus locaux comme un désengagement de l'état vis à vis du nucléaire et leur fait craindre une gestion des risques moins draconienne. Les agents inquiets commencent à parler. La CFDT réalise cette année-là un documentaire « Condamné à réussir », électrochoc pour la population. Sur fond d'opposition à la privatisation, il illustre les difficiles conditions de travail, traite des dangers d'irradiations, fait part de l'inquiétude des agents. Ce document est ensuite utilisé par les anti-nucléaires. Les cadres de la Cogéma acceptent mal cette critique interne.

Les premiers manifestants anti-nucléaires se mobilisent dans la région en 1978, contre la future centrale nucléaire de Flamanville. C'est l'arrivée dans le port de Cherbourg des premiers combustibles étrangers (en provenance du Japon) qui rappellera l'existence de l'« usine atomique », en janvier 1979. Les grues du port sont alors occupées, de grandes manifestations réunissent 8 à 10 000 personnes dans les rues cherbourgeoises.

Puis en 1981, l'incendie d'un silo de stockage alimente les inquiétudes, et est l'occasion d'une guerre de communication entre services de la Cogéma et militants écologistes. Aujourd'hui, la contestation est plus concentrée sur les actions médiatisées de Greenpeace lors du transport des déchets avant ou après recyclage, ou autour de prélèvements indépendants films du tuyau de rejet, études sur le risque sanitaire (leucémies..).

Un décret d'utilité publique de 1980 confirmé par la gauche arrivé au pouvoir, permet des travaux d'extension de l'usine, dont la nouvelle unité (UP3) qui entrera en service dix ans plus tard. C'est le lancement du Grand chantier, qui transforme en une décennie le cap de la Hague.

L'été 1997, la COGEMA plutôt que de remplacer la conduite de rejet en mer, procède au nettoyage et à la récupération du tartre accumulé à l'intérieur de la canalisation. Cette couche de tartre avait fixé des quantités importantes de radionucléides provenant des effluents. Son décapage va polluer l'environnement marin. C'est une analyse indépendante de la CRIIRAD qui révèle des contaminations de crustacés (crabes et homards). L'OPRI soutient alors que cette contamination est conforme aux normes européennes, sans préciser que les limites qu'il invoque sont réservées aux accidents nucléaires. Une partie des pro-nucléaires ont quant à eux mis en avant une radioactivité naturelle pour expliquer ces taux anormalement élevés de radioactivité.

En 2000, les contrats décennaux d'UP3 prennent fin, laissant la place à des contrats au forfait, se traduisant par une réduction d'effectif.

Le site rejette en mer des effluents radioactifs issus des procédés de traitement des combustibles usés. Ces rejets sont encadrés par des autorisations spécifiques (tritium par exemple). La gestion de ces déchets est dite par dilution (par opposition à une gestion par confinement).

Selon les opposants au nucléaire, l'usine de la Hague est l'une des installations nucléaires les plus polluantes du monde. Greenpeace a par exemple mesuré dans les rejets radioactifs en Manche (230 000 m³ par an) et dans l'atmosphère, des concentration de krypton 85 de 90 000 Bq/m³, alors que le rayonnement naturel est de 1 à 2 Bq/m³ dans l'air.

Pour prévenir les risques liés à la santé publique, Areva NC s'engage à ce que l'impact de l'activité des usines de La Hague ne dépasse jamais une valeur considérée par les experts comme synonyme de « zéro impact ». Le groupe Areva reconnait toutefois que les rejets atmosphériques et liquides du site entrainent une surdose pour les populations avoisinantes, de l'ordre de deux jours de radioactivité naturelle.

Le procédé de séparation PUREX conduit à isoler le plutonium (et l'uranium) des autres actinides. Il est considéré comme proliférant par les Etats-Unis.

Les transports de combustible nucléaire usé, des matières recyclées et des déchets, en provenance et à destination des clients d'Areva NC, qui traversent une partie de la France et d'autres pays, subissent l'opposition des mouvements anti-nucléaires, qui essaient parfois d'arrêter ces transports en bloquant les voies empruntées. Pour des raisons de sécurité, les transports sont généralement gardés secrets.

Depuis 40 ans, le combustible nucléaire de nombreux pays du monde (France, Allemagne, Pays-Bas, Japon, Belgique, ...) est ou a été acheminé à l'usine de la Hague pour y effectuer un traitement de combustible nucléaire. Avec une capacité annuelle de 1700 tonnes de combustible usé, des milliers de tonnes de combustible usé sont stockées en attente de traitement, dont environ 50 tonnes de plutonium.

Pour prévenir le risque d'attentat, l'usine est surveillée en permanence par des radars et, parfois, par des lance-missiles Crotale.

L'usine est le premier acteur économique de la Communauté de communes de la Hague sur le territoire de laquelle elle se situe. Au titre des impots locaux elle paie entre 21 et 25 millions € (source: Chambre régionale des comptes de Basse-Normandie). L'établissement compte plusieurs élus locaux parmi ses agents.

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Source : Wikipedia