Grasse

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Posté par talos 30/03/2009 @ 20:09

Tags : grasse, alpes-maritîmes, provence-alpes-côte d azur, france

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Grasse

Grasse dans les Alpes-Maritimes

Grasse (en occitan provençal: , écrit Grassa selon la norme classique ou Grasso selon la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Sous-préfecture des Alpes-Maritimes, Grasse est la ville-phare de la Provence orientale. C'est la quatrième ville des Alpes-Maritimes en termes de population.

La ville est considérée comme la capitale mondiale du parfum. Elle possède deux fleurs au Concours des villes et villages fleuris et a été promue « Ville d'Art et d'Histoire ». Elle est également « Ville Internet ».

L'origine du nom de la ville n'est pas formellement identifiée, mais dérive peut-être de Podium Grassum qui signifie en latin Grand Puy, du nom de la colline sur laquelle est installé depuis l'origine le cœur de la ville. Avec l'usage, la dénomination latine se serait simplifiée et aurait finalement donné le nom actuel : Grasse (Grassa en occitan provençal). Ce nom apparait pour la première fois dans les textes au XIe siècle.

Grasse est une ville majeure du moyen-pays de la Côte d'Azur située dans l'ouest du département des Alpes-Maritimes à 12 km au nord de Cannes sur la côte méditerranéenne. Sa distance à vol d'oiseau avec la préfecture, Nice, est de 29 km pour un cap de 79°, et avec la capitale nationale, Paris, est de 677 kilomètres pour un cap de 330°. Sa superficie est de 4 444 hectares (44,44 km²) constitués d'importantes réserves forestières. La commune de Grasse s'étale sur une vaste superficie et un grand écart d'altitude : de moins de 100 à plus de 1000 mètres avec une altitude moyenne de 333 m.

L'habitat ancien (du XVIIe siècle au XVIIIe siècle) surtout concentré au centre ville sous la forme d'immeubles de hauteur limitée dans des ruelles étroites et sombres cohabite avec des villas et hôtels particuliers du XIXe siècle, souvenirs des premiers touristes de la ville, et des maisons modernes, signes de l'expansion démographique principalement dans les hameaux autour du centre.

Aux emplacements des anciennes cultures d'oliviers et de fleurs l'habitat se disperse. La commune compte d'importantes zones forestières (un quart du territoire est classé réserve naturelle communale).

On note des routes secondaires étroites et vers le centre-ville (zone en forte pente) des « traverses » - escaliers et chemins permettant un passage à pied entre rues horizontales. Au total, Grasse contient 200 km de voirie communale.

Grasse bénéficie d'un climat méditerranéen qui lui procure des températures exceptionnellement douces, comme en témoigne son image de lieu de villégiature et de repos. Les étés sont réputés pour être chauds, dépassant presque toujours les 25°C mais rarement les 30°C, comme dans le reste du département.

Les hivers sont plutôt doux et secs, régulièrement agrémentés de neige au dessus de 500 m, particulièrement dans la zone du bois de la Marbrière, au nord de la ville ; en revanche, l'enneigement total de la ville n'est pas systématique et se produit environ tous les deux ou trois hivers, et ce, sur une très courte période, le plus souvent aux alentours du mois de février.

En mi-saison, des précipitations apparaissent régulièrement et de façon violente et abondante, ce qui cause de sérieux problèmes d'écoulement des eaux pluviales dans les rues de la vieille-ville, aux infrastructures parfois anciennes et mal adaptées à ces phénomènes météorologiques, ainsi que dans les cours d'eau de la commune (comme le Grand Vallon ou le canal de la Siagne). De fait, en 1994, 1996 et 2002, la commune a été gravement affectée par les inondations : selon le Syndicat Intercommunal de la Siagne et Affluents (SISA), elle comporte 40 hectares de zones inondables dans le hameau du Plan de Grasse. D'importants travaux y ont été réalisés pour limiter le risque de crue.

Par la route, la ville est desservie par la pénétrante Cannes-Grasse qui relie l'Autoroute A8 (par la sortie  42) au rond-point des 4 chemins au sud de la ville. Construite au début des années 1990, celle-ci va être bientôt prolongée jusqu'au stade Jean-Girard sous l'impulsion du conseil général des Alpes-Maritimes qui, depuis la loi du 13 août 2004 sur la décentralisation, est passé de la compétence de l'État, à la compétence du département. Les autres voies d'accès, moins importants : depuis Nice par la D2085, depuis Draguignan par la D562, puis la D2562 et depuis Mandelieu-la-Napoule par D109, puis la D209. Depuis Grenoble, on peut accéder à par la route Napoléon (N85), une route historique qui suit le trajet qu'emprunta Napoléon Ier à son retour de l'Île d'Elbe, au début des Cent-Jours. Après avoir débarqué le 1er mars 1815 à Golfe Juan, avec une petite armée de 1.200 hommes, Napoléon prit la direction de Grasse pour rejoindre les Alpes par la vallée de la Durance. En outre, l'Association Nationale des Élus de la Route Napoléon (ANERN) est présidée par le maire de Grasse, Jean-Pierre Leleux.

Par le bus, la ville est accessible grâce aux lignes du réseau TAM (Transport des Alpes-Maritimes) exploitées par le conseil général : avec le 500 depuis Nice, le 610 depuis Cannes (par Pégomas) ou le 600 (par Mouans-Sartoux). À l'intérieur de la ville et dans l'ensemble du pays grassois, de Mougins à Saint-Auban, le transport en commun est assuré par le syndicat intercommunal Sillages, présidé par François Reyne, 3e adjoint au maire de Grasse.

Les transports ferroviaires furent jadis très nombreux dans la ville : jusqu'au milieu du XXe siècle, on comptait la ligne Grasse-Cannes reliait les deux villes par le train sous l'égide de la compagnie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée, la ligne de train Draguignan-Grasse-Nice qui reliait la ville avec l'est et l'ouest était quant à elle exploitée par la Compagnie des Chemins de fer de Provence (elle fut détruite par les bombardements allemands durant la Seconde Guerre mondiale), le tramway reliait Cannes et Grasse, et le funiculaire reliait la gare ferroviaire au centre-ville. Aujourd'hui, la Ligne Cannes - Grasse, fermée depuis 1944, a été remise en service par la SNCF, sous l'impulsion des collectivités locales et de l'État dans le cadre du Contrat de plan État-Région : elle a été rouverte au service voyageur le 26 mars 2005,. Un TER y circule toutes les heures et on y enregistre une fréquentation de près de 2 500 passagers par jour.

En avion, Grasse se trouve à 30 km de l'aéroport Nice Côte d'Azur, aéroport international et troisième aéroport français.

Les déplacements à vélo, dans une commune au relief très chaotique seront appréciés par les cyclistes grimpeurs chevronnés. Les routes (200 km de voirie en tout) sont souvent très étroites et donc peu équipées de pistes cyclables, même si de tels équipements se sont multipliés sur les voies principales ou les voies les plus larges durant ces dernières années. Un projet de remise en sevice d'un funiculaire reliant la gare sncf au centre ville est en marche, les travaux devrait commencer en juillet 2010.

Le parc immobilier en 1999 est constitué de 21 917 logements dont 17 637 résidences principales (80,5 %) et 1 639 résidences secondaires (7,5 %). À cette date, sur les 17 637 titulaires de résidences principales, 51,7 % sont des propriétaires et 41,8 % des locataires. Le prix moyen de l'immobilier dans la ville s'élevait en 1999 à 2 843,62 € / m². Ce prix a subi depuis, jusqu'en 2004 des hausses extrêmement élevées (+10 % par an en moyenne), avant de se stabiliser en 2005.

Longtemps contenue, l'urbanisation a explosé depuis 2001 avec la multiplication des chantiers de logements, notamment en centre-ville. Ainsi, entre 1999 et 2006, le nombre de logements s'est accru de 8 %, passant de 21 917 à 23 669, soit 1 752 de plus. Le parc immobilier est composé à 61,6 % d'appartements, 36 % de maisons individuelles et 2,6 % d'autres habitations.

Pour apporter une réponse à la demande croissante de nouveaux logements, concomitante de l'explosion démographique, la mairie a délivré un nombre annuel de permis de construire correspondant à 250 logements (en 2005). L'un des objectifs est de concentrer les constructions dans le centre historique par la rénovation de logements anciens. Pour ce faire, la Société d'économie mixte (SEM) Grasse Développement, créée en 1975 et détenue à 80 % par la ville de Grasse finance et coordonne la réhabilitation des logements anciens et l'aménagement urbain. En outre, le conseil municipal a adopté le Plan local d'urbanisme (PLU) le 28 juin 2007. Celui-ci est rentré en application en août 2007. Il prévoit un accroissement modéré de la construction visant à ne pas dépasser une moyenne de 200 habitants de plus par an alors que sur les 7 dernières années il a été de 700.

En 2005, la ville comptait 14 % de logements sociaux, un taux qui est en dessous des exigences imposées par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (20 %), mais qui figure cependant parmi les meilleurs du département.

Ses habitants sont les Grassois. La commune de Grasse comptait 48 8 011 habitants (population légaleINSEE) au 1er janvier 2006, ce qui fait de Grasse la 4e ville des Alpes-Maritimes en termes de population. et la 129e ville de France.

La densité de population est de 1098 hab./km². La ville est composée de 48 % d'hommes et 52 % de femmes.

La ville a connu une forte expansion démographique depuis la fin du XIXe siècle en raison de la douceur exceptionnelle de son climat qui a favorisé l'héliotropisme et de sa proximité avec les stations balnéaires de la Côte d'Azur, comme Cannes. Devenu un lieu de villégiature légèrement en retrait de l'agitation de la Riviéra française, Grasse attire aujourd'hui toutes les catégories de migrants et notamment les retraités et personnes âgées. De fait, avec 9,2%, la proportion de personnes de plus de 75 ans à Grasse est sensiblement plus élevée que la moyenne nationale (7,7%).

Mais depuis les années 1970, le dynamisme démographique s'est encore accru en raison de l'apparition de la technopole mondiale de Sophia Antipolis. Située à moins de 15 km de Grasse, elle a amené de nombreux actifs travaillant dans les technologies de l'information et de la communication, les multimedias ou la médecine et la biochimie à résider dans le département et donc, entre autres, à Grasse.

Ainsi, entre 1990 et 1999, la population s'est accrue de 2 460 habitants. Sur cette même période, le solde naturel correspondait à + 1 115 habitants, alors que le solde migratoire était de + 1 371 habitants. Ainsi, l'augmentation de la population s'explique presque autant par l'augmentation naturelle de la population que par l'arrivée de nouveaux habitants. Cependant, Grasse possède une des populations les plus jeunes du département qui augmente de près de 2 % par an. Entre 1999 et 2006, l'augmentation de la population s'est encore accélérée avec 4927 habitants supplémentaires en 7 ans. Le nombre de ménages a explosé, augmentant de 16 % en 7 ans, passant de 17 637 à 20 456 soit 2 819 de plus. La politique municipale d'accroissement de l'offre de logement, leur prix moindre que sur la bande côtière, la réouverture de la ligne SNCF ainsi que le dynamisme démographique régional sont autant d'éléments porteurs de cette tendance lourde.

De même que l'ensemble de l'arrondissement de Grasse, Grasse a été détachée du département du Var, dont elle était le chef-lieu, en 1860, pour former avec le comté de Nice, offert à la France de Napoléon III par le roi de Sardaigne suite à la participation française dans l'unification italienne, le département des Alpes-Maritimes.

La fiscalité locale est « supérieure à celle des communes comparables de la région » selon le rapport de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, réalisé en décembre 2005. La pression fiscale, en augmentation jusqu'en 1996 a été réduite, puis légèrement augmentée et, enfin, stabilisée en 2007 (les taux de 2007 sont égaux à ceux de 2006). Promesse de la municipalité élue en 1995, la pression fiscale n'a pas augmenté depuis son premier budget, en 1996.

En 2005, le budget municipal s'élevait à 105 millions d'euros.

Le budget d'investissement a été doublé depuis le début du mandat de la municipalité en 2001 et s'élevait en 2004 à 14 millions d'€, ce qui correspond à 290 € par habitant, un chiffre supérieur à la moyenne des communes de la strate de Grasse (communes de 20 000 à 50 000 habitants) qui s'élève à 265 € / hab. Cependant, ce chiffre s'explique aussi par le fait qu'avec 49 100 habitants en 2005, Grasse se situe en haut de cette strate.

Le maire actuel de Grasse est Jean-Pierre Leleux (UMP), réélu en 2008 au premier tour avec 51,24 % des voix contre 26,86 % à Paul Euziere (liste d'initiative citoyenne avec des membres du PCF et du MPF) et 21,90 % à Bruno Estampe (PS).

Aux élections présidentielles de 2007, la ville a porté le candidat UMP Nicolas Sarkozy devant son homologue socialiste Ségolène Royal avec respectivement 64 % contre 36 % des votes lors du second tour. La députée UMP de la circonscription de Grasse (9e), réélue en 2007 dés le premier tour a obtenu 48,3 % dans la seule ville de Grasse, soit un score légèrement en dessous de son score total dans la circonscription (53,1%).

La droite grassoise, majoritaire, a longtemps été déchirée par des conflits de partis et de personnes. Cependant, de 1971 à 1995, l'Union pour la démocratie française devançait sous l'impulsion du maire d'alors, Hervé de Fontmichel, les autres partis, et notamment le Rassemblement pour la République et son leader, Claude Leroux. Celui-ci parviendra à obtenir le siège de conseiller général du canton de Grasse-Nord en 1994 face au « candidat du maire », signe de la fin de l’ère Fontmichel. En 1995, au cours de l’élection municipale, la popularité d’Hervé de Fontmichel est au plus bas et la droite locale explose. L'ancien premier adjoint (Mouvement pour la France) Jean-Pierre Leleux, en rupture avec l'équipe sortante, s'impose alors au second tour contre Claude Leroux (RPR), le candidat de la gauche unie Claude Mayaffre, et le maire sortant Hervé de Fontmichel (UDF). Le leadership à droite devient alors incertain, d'autant que Jean-Pierre Leleux perd coup sur coup l'élection législative de 1997 et son siège de conseiller général du canton de Grasse-Sud en 1998. Cependant, il parvient, lors de l'élection municipale de 2001, à présenter une liste soutenue par tous les partis de droite, et dans laquelle on retrouve des personnalités de toutes tendances parmi lesquelles on compte Bernadette Bétheuil-Ramin, présidente d'honneur de la fédération MPF des Alpes-Maritimes, qui deviendra première adjointe, ou encore Danièle Tubiana, vice-présidente de l'UDF 06, future adjointe aux affaires sociales. Bien qu'entachée par la candidature Divers droite de Paul Fourquet, ancien premier adjoint de Jean-Pierre Leleux entré en dissidence, la liste d'union de la droite remportera l’élection. La création de l'UMP en 2002 à laquelle le maire issu de Démocratie libérale adhère, ainsi que les victoires électorales de ce dernier, clarifieront le leadership à droite : en 2002, le maire est élu suppléant de la députée Michèle Tabarot (ils seront réélus en 2007) et en 2004, il retrouve son poste de conseiller général, mais dans le canton de Grasse-Nord. Réélu au premier tour lors des élections municipales de 2008, il se heurte néanmoins pendant la campagne à son ancienne première adjointe, Bernadette Bétheuil-Ramin, et à une conseillère municipale de la majorité, Sylvie Teisseire-Bravais. Élu sénateur en septembre 2008, Jean-Pierre Leleux démissionne de son mandat de conseiller général de Grasse-Nord et impose à sa majorité la candidature de Jérôme Viaud ,son jeune directeur de cabinet. Celui-ci est élu lors de l'élection partielle des 7 et 14 décembre 2008.

La gauche grassoise, minoritaire, a longtemps été dominée par le Parti communiste français : en 1977, profitant de la division de la droite, c'est même le leader local du PCF, Georges Vassalo, qui emporte la mairie. Sous toutes les municipalités de droite depuis 30 ans, le groupe de la gauche unie a été présidé par un communiste. Cependant, depuis la fin des années 1990, on a assisté à l'émergence de deux autres partis de gauche : le Parti socialiste et Les Verts. Aux élections cantonales de 1998, lorsque la gauche remporte les deux cantons grassois bénéficiant de triangulaires gauche-droite-FN, c'est le socialiste Thierry Lautard qui devient conseiller général du canton de Grasse-Nord, et le Vert Jean-Raymond Vinciguerra qui devient conseiller général du canton de Grasse-Sud, laissant tous deux les candidats communistes battus au premier tour. Cette nouvelle configuration est marquée par une forte division de la gauche qui trouve son apogée au premier tour de l'élection municipale de 2001 où les trois listes de gauche arrivent au coude-à-coude : Georges Vassalo (PCF) obtient 13,50 %, Thierry Lautard (PS) 12,84 % et Jean-Raymond Vinciguerra (Les Verts) 10,08 %. Réunie puis battue au second tour, la gauche se range derrière le communiste Paul Euzière au conseil municipal. En 2008, les tensions au sein de l'opposition sont encore élevées et amènent à la constitution de deux listes rivales : une liste d'"initiative citoyenne" sans investiture et ouverte à des personnalités de droite menée par Paul Euzière qui obtient 26,86 % et la liste PS soutenue par Les Verts et le MoDem menée par Bruno Estampe (PS) qui obtient 21,90 %. L'élection cantonale partielle sur le canton de Grasse-Nord en décembre de la même année où Thierry Lautard (PS) tente de retrouver son siège, face au candidat du maire, conserve les même tendances même si l'écart avec Paul Euzière se resserre (1 %).

L'Extrême droite grassoise est en perte de vitesse. Pourtant, Grasse a été une ville symbole de la montée du Front national après que l'ancien maire UDF Hervé de Fontmichel se fut allié avec lui pour obtenir une majorité suite à l'élection municipale partielle de 1987. Le FN, frolant les 20 % durant les années 1990, avait atteint 24 % lors de l’élection présidentielle de 2002. Depuis la mort de l'ancien député européen Jean-Pierre Schénardi, le FN est représenté lors des élections par Jean-Marc Degioanni. En 2007, le Front national a subi un recul historique : Jean-Marc Degioanni a obtenu à peine 5 % à Grasse lors de l'élection législative, contre 17% à Jean-Pierre Schenardi en 2002. Aux élections de 2008, le parti d'extrême-droite n'a même pas pu constituer une liste aux municipales, ni n'a présenté de candidat à la cantonale partielle.

Dans une des villes les plus jeunes du département des Alpes-Maritimes, l'enseignement dispose d'une place importante. Celui-ci est assuré majoritairement par le service public, auquel s'ajoutent 5 établissements privés.

L’enseignement primaire étant la compétence des communes, le service éducation de la ville de Grasse administre et finance 24 écoles : 14 écoles élémentaires, parmi lesquelles 9 sont associées à une école maternelle et forment un groupe scolaire et 2 possèdent des sections enfantines (Saint-Mathieu et Saint-François). Enfin, la ville possède 1 école maternelle détachée (Rose de Mai). Au total, la ville compte 196 classes parmi lesquelles 64 maternelles et 133 élémentaires. Elle emploie près de 250 agents communaux dans ce secteur : comme les professeurs des écoles, sont payés par le ministère de l'Éducation nationale, les agents municipaux ont en charge les autres missions (garderie, entretien, surveillance, animation, etc.).

Grasse compte 4 collèges publics et 1 collège privé qui sont, depuis 1983, de la compétence du conseil général des Alpes-Maritimes. Dans le cadre du Plan Collèges Avenir adopté en 2004 par l'Assemblée départementale, la réhabilitation du collège Canteperdrix est en cours et la reconstruction du collège Carnot est programmée.

En outre, la commune dispose de 4 lycées publics (dont 2 lycées professionnels) et 1 lycée général et technologique privé (le lycée Fénelon) qui sont la compétence du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le Centre hospitalier de Grasse (CHG), implanté sur le site de Clavary en 1978, accueille 17 000 patients qui sont soignés par 135 personnes dont 70 praticiens hospitaliers. Il dispose d'un budget de 4 millions d'euros d’investissements, et 70 millions d'euros de dépenses d’exploitation. La présidence du conseil d'administration est exercée par le maire de Grasse, Jean-Pierre Leleux. En 2005, il possédait 507 lits.

En tant que sous-préfecture, Grasse abrite un tribunal de grande instance qui s'ajoute au tribunal d’instance, au tribunal de commerce et au conseil de prud’hommes .

Le palais de Justice de Grasse, réalisé en 2000 par l’architecte Christian de Portzamparc a été inauguré en 2001 par Élisabeth Guigou, alors ministre de la Justice et remplace l'ancien palais de Justice, situé plus bas, et dont les locaux étaient devenus vétustes.

Sur les hauteurs de la ville, à 740 m d'altitude, la maison d'arrêt de Grasse, ouverte en 1992, succède au petit établissement pénitentiaire contigu à l'ancien palais de Justice. Elle a une capacité de 574 places mais celle-ci est fréquemment dépassée. En principe, y sont incarcérés des prévenus (détenus en attente de jugement) ainsi que des condamnés dont le reliquat de peine n'excède pas, normalement, un an lors de leur condamnation définitive. Une mutinerie y a eu lieu le 30 juillet 2001 ainsi qu'une spectaculaire évasion en hélicoptère le 14 juillet 2007.

Au Moyen Âge, Grasse se spécialise dans le tannage du cuir. Une fois tannés, les cuirs sont souvent exportés vers Gênes ou Pise avec qui Grasse avait fait une alliance commerciale. Plusieurs siècles de cette intense activité furent les témoins de nombreux progrès techniques des industries de tannerie. Les cuirs de Grasse acquirent une réputation de grande qualité. Mais le cuir sent mauvais, chose qui ne plaît pas à la noblesse qui porte des gants en cette matière. C’est Galimard, tanneur à Grasse qui a l’idée de créer des gants en cuir parfumé. Il en offre une paire à Catherine de Médicis qui est séduite par le cadeau. Dés lors, le produit se répand à la Cour et dans toute la haute société et il fit de Grasse une réputation mondiale. Nous sommes au XVIIe siècle, c’est la grande époque des « Gantiers Parfumeurs ». Mais les taxes sur le cuir et la concurrence de Nice firent décliner l’industrie du cuir à Grasse et au cuir succéda le parfum.

Les senteurs rares du pays de Grasse (lavande, myrte, jasmin, rose, fleur d'oranger sauvage, mimosa) firent gagner à Grasse le titre de capitale mondiale du parfum. Le jasmin occupait il y a encore quelques décennies une main-d’œuvre importante : les fleurs devaient être cueillies à la main au lever du jour, au moment où leur parfum est le plus développé, pour être traitées immédiatement par enfleurage à froid.

Aujourd’hui encore, la parfumerie demeure le principal pôle industriel de Grasse. Un réseau d'une soixantaine d'entreprises y emploient 3 500 personnes dans la ville et les environs. En comptant les emplois induits ce sont près de 10 000 Grassois qui vivent des parfums. Presque la moitié de la taxe professionnelle de la ville provient de ce pôle industriel qui devance le tourisme et les services.

L’activité de la parfumerie à Grasse va de la production de matière premières naturelles (huiles essentielles, huiles concrètes, huiles absolues, résinoïdes, et de distillation moléculaire) à la fabrication de concentré, appelé aussi le jus. C’est ce concentré qui dilué dans, au moins, 80% d’alcool permet d'obtenir du parfum. Les arômes alimentaires, qui se développent depuis les années 1970, comptent pour plus de la moitié des débouchés de la production. Le bassin de Grasse à encore un rôle de premier plan dans le monde de la parfumerie, il représente près de la moitié de l’activité française de la parfumerie et des arômes et autour de 7-8% de l’activité mondiale.

Durant les années 1960 et 1970 de grands groupes internationaux ont progressivement racheté les usines locales familiales (Chiris, Givaudan-Roure et Lautier par exemple). La production a souvent été délocalisée. Mais l'industrie grassoise achève une longue mutation, il y a encore 30 ans la plupart des entreprises se focalisaient sur la production de matières premières. Cependant un parfum contient de nos jours une majorité écrasante de produits chimiques de synthèse. Les entreprises se sont donc adaptées en se tournant vers l’aromatique de synthèse et notamment vers les arômes alimentaires. Face aux multinationales de la chimie, les industries grassoises ne peuvent rivaliser, elles profitent cependant d'avantages de taille tels que la connaissance des matières premières, les installations, les sous-traitants, etc. En outre, de grandes marques comme Chanel possèdent leurs propres plantations de roses et de jasmins à Grasse.

L'industrie de la parfumerie a permis à Grasse de conserver un secteur secondaire puissant autour de la filière arômes et parfums qui est reconnue internationalement : 10 % du chiffre d'affaire mondial de cette filière et 50 % du chiffre d'affaire national est réalisé à Grasse. De fait, la ville constitue avec d'autres zones des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes un pôle de compétitivité national labellisé en juillet 2005 intitulé P.A.S.S (Parfums-Arômes-Senteurs-Saveurs). Le pôle parfums emploie 3 500 salariés directement et plus de 10 000 indirectement, des taux qui augmentent de 3 à 4 % par an.

Le tourisme est le deuxième secteur d'activité de la commune : avec plus de 2 millions de visiteurs annuels, la ville bénéficie de sa proximité avec les stations balnéaires de la Côte d'Azur, de son climat exceptionnellement doux, de son patrimoine historique reconnu et de ses traditions. Cependant, sa capacité hôtelière reste insuffisante : avec seulement 600 lits, Grasse n'a pas la capacité d'héberger tous les touristes qu'elle reçoit chaque année.

Parmi les autres secteurs d'activité, on note la grande distribution (12 magasins sur le territoire) et le petit commerce très développé dans le centre historique, mais menacé, et pour qui le Fonds d’intervention pour la sauvegarde de l’artisanat et du commerce (FISAC), détenu par Grasse Développement, apporte des solutions telles que la carte Shopping.

Au total, 2 696 entreprises sont implantées sur le territoire grassois qui génèrent un total de 15 550 emplois. En 2004, la ville a connu 422 créations d'entreprises, ce qui la plaçait au 69e rang national dans ce domaine.

En 1999, le nombre total d'actifs sur la commune de Grasse est de 19 111, parmi lesquels 15 940 disposent d’un emploi, ce qui correspond à un taux de chômage de 16,6 % (15,5 % chez les hommes et 17,8 % chez les femmes), ce qui correspondait en 1999 à un taux supérieur de 4 points à la moyenne nationale. En 2005, ce taux est tombé 12,5 % dans le bassin grassois, ce qui est encore au dessus du taux national (9,6 %).

Le revenu moyen des ménages en 2004 s'élève à 16 544 € / an, ce qui est supérieur de 9 % à la moyenne nationale (15 027 € / an). Par ailleurs, la ville possède 389 redevables de l'impôt sur la fortune.

La majorité (64 %) des actifs employés bénéficient d'un contrat à durée indéterminée (CDI), tandis que 9% sont titulaires d'un contrat à durée déterminée, 2 % sont intérimaires, 2,5% bénéficient d'un emploi aidé, 2,2 % sont en apprentissage ou suivent un stage. Enfin, 20 % des Grassois sont des agents de la fonction publique, soit un taux légèrement inférieur à la moyenne nationale (22 %).

La tourte de courge, le fassum, les artichauts barigoule, sou saussou, les ganses, la fougassette.

On y enseigne la Formation musicale, l'éveil musical (enfants de 5-6 ans), le chant choral, le piano, l'orgue, le violon, l'alto, le violoncelle, la flûte traversière, la clarinette, le saxophone, la trompette, le trombone, le tuba, la guitare, la harpe, les percussions, la musique traditionnelle, les musiques actuelles, la musique de chambre. Il est possible de faire partie de classes à horaires aménagés musique (CHAM) avec l'école Saint-Exupéry et les collèges Carnot et Fénelon et de suivre des cours de préparation musicale pour le bac.

Grasse organise toute l'année, mais notamment en période touristique des manifestations, expositions et congrès très axés sur la parfumerie ou les traditions locales.

La Fête du Jasmin se déroule au début du mois d'août. On y assiste à des défilés de chars, des fanfares, des feux d'artifice et des représentations culturelles autour du thème de la fleur de Jasmin. Au total, c'est 150 000 fleurs qui sont utilisés pour la festivité. La première édition de cette fête populaire et touristique eut lieu en 1946 et le principe des défilés date de 1948.

L'Exporose ou Exposition internationale de roses a lieu en mai. On y assiste à des expositions de roses de toutes sortes, des marchés, des ventes, des visites de la ville, des spectacles et des concours autour du thème de la Rose. Elle existe depuis 1972.

Bio Grasse a lieu début septembre. On y trouve un marché de produits biologiques et des animations et expositions autour de l'agriculture biologique, le développement durable et l'écologie. La première édition date de 1996.

Olivéa a lieu en juin. C'est un salon qui abrite des marchés, des concours, des expositions, des débats, des animations, des conférences... autour du thème de l'olive, mais aussi de l'ensemble des traditions locales provençales.

Vénusia ou Congrès international de cosmétologie a lieu en avril au palais des Congrès et présente des conférences autour de la beauté et du parfum.

Le Congrès Centifolia a lieu en octobre depuis 2001. Il a pour but de présenter au travers de conférences la filière du parfum, premier secteur économique de la ville et pour lequel un pôle de compétitivité a été labellisé.

Le Symposium international d'aromathérapie et plantes médicinales.

Le Rugby Olympique Grassois (ROG) fondé en 1963, dont l'équipe première joue en Championnat de France Fédérale 2 (4e division), reste l'équipe emblématique de la ville.

La natation peut-être pratiquée à la Piscine Harjès (ouverte toute l'année), qui possède un bassin de 25 mètres et 4 lignes et est couverte et chauffée, ainsi qu'à la piscine olympique "Altitude 500" (ouverte seulement en été), qui possède un bassin olympique de 50 mètres et est découverte.

L'Espace Chiris permet la pratique d'arts martiaux tels que le karaté Challenger et le Kung-Fu (École du Tigre Blanc), l'équitation peut être pratiquée au Club Hippique de Grasse, la ville dispose de 4 courts de tennis : "Altitude 500", Tennis Club de Grasse, Tennis de la Chênaie et Squash Club de Grasse.

On peut également pratiquer la boxe (au Boxing club et au Boxe Française Sport Impact), le tir (au Tir de l'Avenir de Grasse), le judo (au Judo club de Grasse, à l'École Grassoise de Judo et au Judo Club du Plan de Grasse), l'Aiki Dojo (Aiki Dojo Azur), le taekwondo, l'escrime (Cercle d'Escrime de Grasse dont la salle a été inaugurée récemment), la pelote basque et provençale (au fronton et au trinquet du Plan de Grasse), le tennis de table (au gymnase de l'école St-Exupéry), les échecs (avec Grasse Échecs) et le tarot (à Saint-Jacques).

La mairie publie chaque mois Kiosque, un magazine d'informations concernant Grasse et le pays Grassois disponible gratuitement chez un grand nombre de commerçants et d'administrations. Il informe des manifestations et évènements à venir, des travaux en cours de réalisation, des projets municipaux, de l'action de la mairie et de ses services, des nouveaux commerces, des actions des associations… Il contient parfois une note historique, culturelle ou touristique concernant la vie locale. Le directeur de la publication est le maire de la ville, Jean-Pierre Leleux.

La radio associative locale Agora FM, (que l'on peut écouter en ligne) a été créée en 1982 et émet depuis Grasse dans le secteur Grasse-Cannes-Antibes en direct. Elle vit des subventions du conseil municipal, ce qui ne l'empêche pas d'adopter une ligne éditoriale marquée à gauche : son président et membre fondateur, Gilbert Andruccioli, fut l'adjoint au maire à la Culture sous la municipalité communiste de Georges Vassalo de 1977 à 1983.

Au XIXe siècle, il existait un Journal de Grasse. Aujourd'hui, l'information locale écrite est essentiellement relayée par l'édition grassoise de Nice-Matin.

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Histoire de Grasse

Monument en l'honneur de l'Amiral de Grasse, Place du Cours à Grasse

Grasse (en occitan provençal : , écrit Grassa selon la norme classique ou Grasso selon la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Les premières traces d’existence humaine dans le pays de Grasse datent du néolithique. Des archéologues grassois du XIXe siècle tels que Paul Goby, Marcellin Chiris, Adrien Ghébart ou Casimir Bottin ont décrit et étudié les vestiges d’une activité humaine remarquable : dolmens, dolmens à couloir, tombes à chambre carrée, tumuli, « bories »… mettent en évidence l’existence d’une population plus importante qu’ailleurs. Plus étrange, ils y découvrent de grosses enceintes faites d’énormes blocs dont l’utilité reste mystérieuse et qu’ils appellent « Castellaras ».

Durant l'Antiquité, la Provence a vu de nombreuses populations la parcourir et parfois s’y installer comme les Ligures ou encore les Grecs. Mais ceux qui se sont le plus fixés à Grasse sont sans doute les Romains.

Outre les nombreux vestiges présents dans le Pays de Grasse, certains érudits locaux ont affirmé la présence d'un « poste romain » à l'emplacement du village. Celui-ci ne semble pourtant avéré par aucune source fiable ni aucune découverte archéologique. On peut au mieux évoquer la présence de quelques céramiques de l'antiquité tardive (Ve-VIIe s.) découvertes lors de travaux autour de la cathédrale qui indiquent une occupation dont la nature n'est pas définie de l'actuelle vielle-ville durant cette période. Une tradition locale raconte qu'un temple dédié à Jupiter se serait élevé à la place de l’actuelle chapelle de Saint-Sauveur ou de Saint-Hilaire . On reconnait là un topos de la littérature ecclésiastique médiévale.

Les envahisseurs barbares n’eurent pas de difficulté à envahir la Provence orientale qui tomba aux mains successivement du patrice Stilicon (416), des Burgondes (443), des Ostrogoths (493), des Francs (534), puis des Lombards (817).

En 875, la Provence se rattache au Royaume de France et Boson, nouveau roi, lui fait signer acte d’allégeance le 15 octobre 879. Grasse refuse de le signer et se détache donc de la Provence. Elle se rattache alors au Royaume de Lombardie sous le règne de Charles II le Gras en 879, puis au Royaume de Bourgogne Jurane sous Rodolphe II, au Royaume d’Arles sous Rodolphe III. Dévastées par les Arabes, Grasse et sa région sont reconquises par les princes d’Arles qui donnent la Ville au Chevalier Rodoard qui avait aidé à cette libération. Rodoard est le fondateur de la maison de Grasse. Les Seigneurs de Grasse mirent en place un régime féodal qui fut contesté par les grassois et qu’ils rejetèrent avec l’aide de Monseigneur Mainfroy de Garibaldi. Ainsi, dès 1138, le comte Raymond de Grasse n’a plus d’autorité sur la ville, mais seulement sur ses possessions antiboises.

Nouvellement libre, alors que partout ailleurs, se tiennent encore des régimes féodaux, le peuple grassois abolit le servage. Une aristocratie se forme et prend le pouvoir, sous forme de consuls élus pour un an au nombre de quatre. Ils représentaient la ville auprès des autres républiques, des seigneurs, des villes voisines, de l’évêque, ils possèdent le pouvoir judiciaire, bien qu’assistés par des « judex consulum », ils organisent la défense de la ville, fixent les impôts et nomment les fonctionnaires de la ville.

En 1171, le Consulat signe un traité politique et commercial avec Gênes d’une durée de 29 ans et qui fut le premier d’une longue série qui dura près de trois siècles. En 1179, c’est avec Pise que Grasse signe un traité pour 26 ans. La ville aime commercer avec des villes indépendantes comme Gênes en exportant ou important toiles, cuirs, blé, peaux brutes, peaux tannées, vin et bétail. Sa nouvelle liberté fait fleurir le commerce avec les villes voisines qui cherchaient a conclure des alliances avec les Consuls. Ainsi, en 1207, les comtes de Castellane offrirent à Grasse un droit de passage et de pâturage sur leurs terres. En 1212, c’est au tour du Seigneur de Séranon de conclure les mêmes accords.

Les évêques d’Antibes s’installent à Grasse et le Pape Innocent IV transporte officiellement le siège épiscopal d’Antibes à Grasse le 19 juillet 1244. Le nouvel évêché grassois couvre les communes d'Antibes, Cannes, Biot, Valbonne, Roquefort, Le Rouret, Bar-sur-Loup, Gourdon, Caussols, Saint-Vallier et Saint-Cézaire-sur-Siagne. Mais cette importance grandissante attire l’attention du Comte de Provence Raimond Bérenger qui attaque la ville. Et malgré une défense héroïque menée par le Chevalier Hugues Sicard de Tourettes, Grasse est vaincue en 1220 et rattachée au Comté de Provence.

Le Comte de Provence prend possession des deux tours du Puy et de la Foux le 24 juillet 1227. Il maintint les consuls, mais nomme un juge et un bayle et instaure de nouveaux impôts : l’albergue, le droit de ban, les chevauchées (ou cavalcades), l’aide aux quatre cas et la gabelle du sel.

Sicard, le bayle nommé à Grasse pour rendre la justice au nom du Comte fit de Grasse un chef-lieu de baylie. En 1250, Grasse devint également chef-lieu de Viguerie. Le viguier rendait, lui, la justice au nom du Roi, mais possédait aussi un rôle administratif immense et le Conseil municipal mit du temps à imposer son autorité face à un tel personnage, premier fonctionnaire de la Ville. Hiérarchiquement, sous le viguier, une organisation administrative importante se met en place avec des sous-viguiers ou lieutenants de viguerie, des juges, des clavaires, des regardeurs… La Viguerie de Grasse comprend alors Briançonnet, La Motte, Saint-Vallier, Auribeau, Le Rouret, La Garde, Mouans, Escragnolles, Avignonnet, Saint-Cézaire, Le Bar, Gourdon, La Roquette, Mougins, Biot, Cannes, Roquefort, Châteauneuf, Opio, Caussols, Clermont (au XIXe siècle, en 1822, par décision royale, la commune du Clermont est rattachée à Châteauneuf) , Sartoux, Cabris, Saint-Panduce, Cipières, Canneaux, Touron, Pégomas, Magagnosc, Antibes, Auria, Olive, Garbies, Valettes, Calian, La Malle, Thorenc, Andon, Arlucques et Revert. Au travers de cette viguerie, on voit déjà se dessiner le Pays de Grasse.

Grasse obtient des privilèges du Comte de Provence, puis des Rois et Reines de France : liberté de commerce, liberté de l’héritage, droit d’affouage et de pâturage dans les lieux voisins, baisses et exemptions d’impôts, liberté de culture et d’élevage, droit de posséder une cloche, indulgences judiciaire, charité aux pauvres de Grasse. La famille royale fut ainsi reconnaissance de la fidélité de Grasse à sa cause jusqu’à Louis XIV qui respecta moins ces franchises. L’artisanat de la tannerie est la principale activité économique et commerciale.

Le XIVe siècle est celui des religieux qui construisent de nouveaux couvents et agrandissent les remparts pour les protéger. Derrière ces nouvelles fortifications, on crée de nouvelles maisons, autour de la place aux Aires. La population s’accroît. En 1321, Grasse compte 6 000 habitants.

Le XVe siècle est le théâtre de nombreux malheurs. Pour protéger la Provence des troupes meurtrières du roi Alphonse d’Anjou, les Grassois se battent et s’affaiblissent. Puis, ce sont deux épidémies de peste en 1451 et 1470 qui tuent le tiers de la population. En 1482, Louis XI agrandit son Royaume et annexe la Provence. Grasse devient française.

Pendant la Renaissance, Grasse doit encore subir l’invasion de Charles Quint, au cours de laquelle la ville est incendiée et pillée. En 1589, Grasse prend position en faveur d’Henri IV et de son édit de Nantes dans les guerres de religion, ce qui lui attire les foudres du baron de Vins qui fait le siège de la ville pendant huit jours. Grasse se rend, mais le baron est tué.

Grasse est connue au siècle des Lumières pour l’intervention cruciale des troupes navales de l’amiral de Grasse, issu de la lignée des comtes de Grasse, dans la victoire des États-Unis contre les colons britanniques. C’est à bord de La Ville de Paris qu’il remporte la victoire de Chesapeake.

Jean Honoré Fragonard, enfant de Grasse devient « Peintre du Roy » sous la pression de la marquise de Pompadour.

Des hôtels particuliers sont construits pour la noblesse provençale (les Clapiers-Cabris, les Court de Fontmichel…) qui aiment séjourner à Grasse. La place aux Aires s’embellit avec la construction d’une fontaine.

Le 15 juin 1789 Honoré-Camille de Mougins-Roquefort, alors curé de Grasse, fait partie des premiers curés élus du clergé qui refusent de siéger dans la salle des Cent-Suisses et rejoignent le tiers-état. Lors de la division de la France en 83 départements par l'assemblée Constituante, en janvier 1790, Grasse fait partie du département du Var dont elle sera même la préfecture de 1793 à 1795.

1792, c'est la Révolution. À la proclamation de la République, l’extrême gauche s’empare de la mairie. Grasse est alors une ville de tradition opportuniste et commerçante, globalement opposée à la Révolution. Bien que l'on puisse croiser sur des maisons l’inscription suivante : « Ici on s’honore du titre de citoyen. Les hommes sont égaux devant la Loi. Respect à la Loi et ses Ministres. », une guillotine est installée où sont exécutés trente « ennemis du peuple » et de nombreux Grassois sont emprisonnés pour avoir montré leur hostilité à la Révolution.

Le XIXe siècle est en revanche un siècle de prospérité. Le parfum se développe et Grasse devient « Capitale mondiale des Parfums ». Elle s’ouvre vers l’extérieur et de grandes usines apparaissent, signe d’adhésion à la Révolution industrielle. C’est également le début du tourisme : on apprécie la qualité de vie, les paysages et le climat qui y règne. La Princesse Pauline y séjourne en 1811 et donne son nom au jardin où elle aime se reposer. De riches étrangers construisent de magnifiques villas et la ville s’enrichit en curiosités diverses. À la création des départements en 1790, Grasse appartenait au Var, dont elle fut même le chef-lieu de 1793 à 1795. Son arrondissement en fut détaché en 1860 pour former, avec le comté de Nice qui venait d'être rattaché à la France, les Alpes-Maritimes.

Au XXe siècle, Grasse garde sa réputation touristique et l’industrie des parfums se transforme et se modernise.

« Agneau pascal, regardant la hampe de la bannière, portant une longue croix. » (1681).

« D'azur à une agneau posé sur un tertre de sinople, portant croix d'or et un étendard de gueules. » (1689).

« D'azur à l'agneau pascal d'argent, regardant la hampe de la bannière de gueules, la tête entourée d'une auréole, chargée de trois tourteaux du troisième mal ordonné. » (1696).

« D'azur à un agneau pascal d'argent, la tête contournée et ornée d'un diadème d'or, chargé de trois tourteaux de gueules, deux en chef et l'autre en pointe, l'agneau portant une longue croix de gueules, à laquelle est attaché un guidon d'argent d'une croix de gueules. » (1706).

« Agneau pascal portant une croix, à laquelle est attaché un guidon. » (1769).

« Agneau pascal portant une longue croix à laquelle est attaché un étendard, écu chargé de troix tourteaux (l'agneau regardant à sénextre), le tout surmonté d'une croix de Comte. » (1787).

« D'azur à l'agneau pascal d'argent, portant une croix sans pennon, du même, soutenu d'une champagne d'or, chargé à senextre d'une branche de jasmin en barre, à dextre, d'une branche d'olivier en bande, croisées en sautoir, le tout au naturel, franc-quartier des villes de deuxième classe, qui est à dextre, d'azur chargé d'un N d'or, surmonté d'une étoile rayonnante du même, brochant au neuvième de l'écu. » (1811).

« D'azur, à un agneau pascal ayant guidon d'argent, orné d'une croix et accompagné de trois fleurs de lys d'or, deux en chef une en pointe. » (1814).

« D'azur, à un agneau pascal d'argent, posé sur une terrasse de sinople, portant une croix d'or et un guidon de gueules. »(1882).

Grasse connut un essor de la tannerie au XVe siècle, ce qui explique que l'on retrouve l'agneau pascal, emblème des corporations de drapiers.

Au XIIe siècle, se développe le commerce des peaux et les tanneurs travaillent autour du petit canal qui parcours la cité. Cette activité génère une forte odeur. À l'époque de la Renaissance les fabricants commencent à parfumer leur production de gants, de sacs et de ceinture, pour répondre à la nouvelle mode venue d'Italie avec l'entourage de la reine Catherine de Médicis.

La campagne autour de la cité commence à se couvrir de champs de fleurs, offrant de nouveaux effluves à la ville. En 1614, le roi reconnaît la nouvelle corporation des « gantiers parfumeurs ».

Au milieu du XVIIIe siècle, la parfumerie connaît un très important essor. Les entreprises phares datent de cette époque parmi lesquelles Galimard. La production artisanale des débuts se transforme en une véritable industrie capable de s'adapter aux nouveaux impératifs du marché.

Au XIXe siècle, les matières premières commencent à être importées de l'étranger. Au XXe siècle, c'est la création des produits de synthèse pour répondre à la démocratisation des parfums et de leurs emplois dérivés (shampoings et déodorants, crèmes et détergents, arômes alimentaires pour les biscuits, les glaces et les produits lactés, les boissons, les plats cuisinés, les confiseries, les confits et les sirops.

En 1905, six cents tonnes de fleurs étaient récoltées, dans les années 1940, cinq mille tonnes étaient produites annuellement. Au début des années 2000, la production est inférieure à 30 tonnes, toutes fleurs confondues.

De 1220 à 1481, le comte de Provence fait de Grasse un chef-lieu de baylie. Le bayle rend la justice dans toute la région au nom du comte.

À ce magistrat vint s'ajouter en 1250 le viguier lorsque Grasse devient chef-lieu de viguerie. Le viguier, rend lui aussi la justice dans tout le Pays de Grasse, mais au nom du roi.

Ces deux administrations, extrêmement puissantes et organisées, mirent souvent à mal l'autorité du conseil municipal.

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François Joseph Paul de Grasse

François Joseph Paul de Grasse

François Joseph Paul, marquis de Grasse Tilly, comte de Grasse, héros de l'indépendance américaine, est un amiral français né au château des Valettes au Bar-sur-Loup (Alpes-Maritimes) le 13 septembre 1722 et décédé au château de Tilly (Yvelines) le 11 janvier 1788.

Dernier garçon d'une famille de la noblesse provençale issue des anciens princes d'Antibes, François-Joseph de Grasse naquit au château familial du Bar-sur-Loup où il passa la plus grande partie de son enfance.

À l'âge de onze ans, François-Joseph de Grasse entre dans l'Ordre de Malte comme page du Grand Maître de l'ordre. Il est en effet de tradition dans beaucoup de vieilles familles provençales d'envoyer ses fils cadets servir sur les navires de l'Ordre de Malte. Mais en 1740, après six années d'apprentissage ponctuée de caravanes sur les galères de la Religion, François-Joseph choisit d'entrer en au service du Roi de France. De fait, il effectuera toute sa carrière dans la Royale. En 1754, il est ainsi promu lieutenant de vaisseau. et obtient en 1762 son premier commandement sur la Prothée.

En 1776 commence la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. La France ayant décidé d'intervenir aux côtés des Insurgents, escadres françaises et britanniques s'affrontent pour obtenir la maîtrise des mers.

En tant que commandant de division, sur Le Robuste, le comte de Grasse sert sous les ordres du comte d'Orvilliers, lors de la première bataille d'Ouessant (ou en anglais "Ushant") du 23 au 27 juillet 1778. En 1779, il rejoint la flotte du comte d'Estaing dans les Antilles. Alors vice-amiral il se distingue lors des batailles de la Dominique et Sainte-Lucie en 1780 et de Tobago en 1781. Il participe à la prise de la Grenade et prend part à trois combats aux côtés du comte de Guichen contre l'amiral Rodney lors de la bataille de la Martinique.

Faisant voile depuis Saint-Domingue sur le Ville-de-Paris, avec 3 000 hommes sous les ordres du marquis de Saint-Simon, il vient au secours de Washington et de Rochambeau. De Grasse dépose les troupes en Virginie et, peu après, défait la flotte britannique lors de la Bataille de la baie de Chesapeake le 5 septembre 1781. Il met en fuite la flotte anglaise et assure le blocus des côtes jusqu'à la reddition de lord Cornwallis, permettant ainsi l'indépendance des États-Unis.

Il est moins chanceux lors de la bataille de Saint-Kitts, où il est tenu en échec par l'Amiral Hood. Peu après, en avril 1782,abandonné par son subordonné Bougainville, il est vaincu et fait prisonnier par l'amiral George Brydges Rodney lors de la bataille des Saintes. Quelques mois plus tard il rentre en France, publie un Mémoire justificatif et, en 1784, il est acquitté par une cour martiale.

Le contre-amiral de Grasse meurt le 11 janvier 1788 dans son château de Tilly (à vingt kilomètres au sud-ouest de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines) et est inhumé le 16 janvier 1788 en l'église Saint-Roch, rue Saint-Honoré à Paris Ier. Son cœur est transféré à Tilly dans le chœur de l'église paroissiale, puis en 1923 dans le tombeau de son épouse.

Au Cape Henry Memorial à Fort Story, dans la ville de Virginia Beach, un monument célèbre le rôle de l'amiral de Grasse et des marins français qui aidèrent les États-Unis à conquérir leur indépendance à la bataille de Chesapeake en autorisant la victoire de Yorktown.

A Paris un monument à la mémoire de l'Amiral de Grasse se trouve Boulevard Delessert dans les jardins du Trocadéro. Ce monument est l'oeuvre du sculpteur Paul Landowski et a été offert à la ville de Paris par un américain, M. Kingsley Macomber. Il a été inauguré en 1931.

Le Congrès des États-Unis a offert à l'amiral de Grasse quatre canons 6 Pounder pris aux Anglais lors du siège de Yorktown. Ils sont logés en regard de quatre ouvertures dans la grille du château de Tilly. Les canons originaux ont toutefois été fondus pendant la Révolution française. Des reproductions ont été réinstallées en juin 1976 pour le bicentenaire de l'Indépendance des États-Unis.

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Source : Wikipedia