Grèce

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Posté par marvin 22/03/2009 @ 02:07

Tags : grèce, europe, international, environnement

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Grèce

Drapeau de la Grèce

La Grèce (en grec ancien et katharévousa Ἑλλάς Hellás, en grec démotique Ελλάδα Elládha), la République hellénique pour les usages officiels (Ελληνική Δημοκρατία Ellinikí Dhimokratía) est un État d’Europe du sud, situé dans l'extrême sud des Balkans. Sa capitale est Athènes.

La Grèce a des frontières avec l’Albanie, l’ex-République yougoslave de Macédoine, la Bulgarie et la Turquie. La mer Ionienne à l'ouest et la mer Égée à l'est, parties de la mer Méditerranée, encadrent le pays qui compte près de 6 000 îles et îlots, indissociablement liées à la civilisation et aux traditions grecques.

La Grèce est membre de l’OTAN depuis 1952 de l’Union européenne depuis 1981 et de la zone euro depuis 2001.

La Grèce est considérée comme le berceau de la culture européenne. C'est sur son territoire et dans ses cités que dans l'antiquité seraient nés la philosophie, la démocratie, le théâtre. On lui doit aussi l'invention des Jeux Olympiques.

L’Empire byzantin fut aussi un empire grec.

C’est en 1830 que le premier État grec indépendant de l'ère moderne vit le jour, suite à une guerre d'indépendance contre l'Empire ottoman.

La Grèce est située à l'extrémité sud de la péninsule des Balkans, approximativement entre 35°00′ à 42°00′ de latitude nord et de 19°00′ à 28°30′ de longitude est. Elle est formée de trois entités géographiques distinctes : la Grèce continentale, la presqu'île du Péloponnèse et les îles qui représentent un cinquième de la superficie totale de la Grèce. Les côtes grecques sont bordées à l'ouest par la mer Ionienne et à l'est par la mer Égée où se trouvent la majorité des îles grecques.

La Grèce a des frontières avec l’Albanie, la FYROM, la Bulgarie et la partie européenne de la Turquie.

Environ 80% du territoire grec est montagneux, ce qui fait de la Grèce le 6ème pays le plus montagneux d'Europe.

Le mont Olympe est le point culminant de Grèce avec ses 2 917 mètres au dessus du niveau de la mer. Les monts du Pinde forment la chaîne centrale du pays, avec une hauteur moyenne de 2 650 mètres. Le nord de la Grèce présente une autre chaîne de montagnes, les monts du Rhodope, à cheval sur la Macédoine orientale et la Thrace.

On trouve en Grèce de nombreux canyons et autres paysages karstiques, dont les Météores et les gorges du Vikos.

Aucun point de la Grèce n’est éloigné de plus de 100 km de la mer, dans le Péloponnèse et la Grèce Centrale cette distance n'est même que d'une cinquantaine de kilomètres. De fait, il n’existe pas de montagne en Grèce d’où la mer ne puisse être aperçue.

Aujourd'hui la Grèce est la première puissance maritime du monde, puisque sa flotte marchande dispose de 3 115 navires pour une jauge totale de 174 570 471 tonneaux au 1er janvier 2008 (16,81% du tonnage total mondial).

Les plaines se trouvent principalement en Thessalie orientale, en Macédoine centrale et en Thrace.

La formation de fleuves est limitée par le faible degré de précipitations et le morcellement du relief. Les grands fleuves sont ainsi assez peu nombreux et certains trouvent parfois leur source à l'extérieur du territoire grec.

Il y a en Grèce 21 lacs, dont 14 artificiels, qui recouvrent une superficie de 59 900 hectares. Ils se trouvent dans une grande moitié nord du pays.

De manière générale, l'année peut être divisée en deux saisons principales : une première période relativement froide et pluvieuse de novembre jusqu'à fin mars, et la saison chaude et sèche à partir du mois d'avril jusqu'au mois d'octobre.

La Grèce a une histoire très riche, de la Grèce antique à la Grèce actuelle en passant par l’empire d’Alexandre le Grand, l’Empire romain, la domination ottomane, la guerre civile, et la dictature des colonels.

Quelques sites paléolithiques sont aujourd'hui connus en Grèce. Les traces de présence humaine les plus anciennes remontent à 700 000 BP dans la péninsule chalcidique, où un crâne de pré-néandertalien a été découvert à Petralona (Πετράλωνα) . Par ailleurs, des traces plus récentes, datant de 40 000 av. J.-C. ont été retrouvées. Trois grottes de la vallée du Louros furent occupées durant le Paléolithique. Un crâne d'homme de Néandertal fut découvert dans les environs de Thessalonique.

Dès le VIIe millénaire av. J.-C., des sites, annonçant une « révolution néolithique » déjà bien engagée en Orient, révèlent l'apparition de bergers et d'agriculteurs cultivant notamment la vigne et l'olivier.

L'archéologue grec Christos Tsountas a suggéré à la fin du XIXe siècle, après avoir rapproché diverses découvertes sur de nombreuses îles, que les Cyclades auraient été englobées dans une unité culturelle au IIIe millénaire av. J.-C. : la civilisation cycladique, remontant à l'âge du bronze. Elle est célèbre pour ses idoles de marbre, retrouvées jusqu'au Portugal et à l'embouchure du Danube, ce qui prouve son dynamisme. Elle est un peu plus ancienne que la civilisation minoenne de Crète. Les débuts de la civilisation minoenne furent influencés par la civilisation cycladique : des statuettes cycladiques furent importées en Crète et les artisans locaux imitèrent les techniques cycladiques, les sites d'Aghia Photia et d'Archanes en ont apporté les preuves archéologiques. De même, le cimetière d'Aghios Kosmas en Attique a révélé des tombes de type cycladique contenant des objets cycladiques pouvant indiquer soit la présence d'une colonie cycladique, soit une forte proportion de la population d'origine cycladique, en tout cas une influence cycladique certaine.

La civilisation minoenne se développe en Crète de 2700 à 1200 av. J.-C.. Tirant son nom du nom du roi légendaire Minos, elle a été révélée par l'archéologue anglais Arthur John Evans au début du XXe siècle.

La civilisation mycénienne est une civilisation préhellénique de l’Helladique récent (fin de l'Âge du bronze). Elle tire son nom de la ville de Mycènes, située dans le Péloponnèse. Cette civilisation avait pour écriture le linéaire B.

L'historiographie moderne appelle siècles obscurs (Dark Ages, « Âges sombres » suivant l'expression anglo-saxonne d'origine), en Grèce antique, l'époque qui va du XIIe au VIIIe siècle av. J.-C.

Les invasions qui aboutissent à la destruction de la civilisation mycénienne marquent le début de la période. Le submycénien commence en 1200 av. J.-C. au maximum et s'étend jusque vers 1015. Il est suivi par le proto-géométrique. Celui-ci se termine avec l'émergence d'Athènes comme foyer culturel, vers 875, caractérisée par le succès d'une nouvelle forme de céramique dite géométrique, et l'avènement de l'âge des cités.

On désigne du terme « époque archaïque » une des cinq époques de l'histoire grecque, définie sur la base des styles de poterie. Elle commence vers 620 et se termine en 480. L'expression est parfois utilisée dans un sens plus large pour la période qui s'étale entre 750 et 480.

En ce qui concerne la Grèce antique, l'époque classique correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire depuis la chute de la tyrannie à Athènes en 510 jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323.

L'expression d'« époque classique » est une dénomination postérieure à la période chronologique à laquelle elle renvoie. Les Grecs ont eu conscience que le monde qui existait avant l'épopée d'Alexandre le Grand et la dilatation du monde grec, pouvait être considéré comme un « âge d'or ». De manière plus contemporaine, l'époque classique sert à désigner la période durant laquelle les valeurs et les institutions fondamentales du monde grec trouvèrent leur pleine expression et arrivèrent à maturité.

Considérée comme la période de référence, il n'y a pas de rupture entre les différentes époques. « Époque classique » est une expression historique commode pour les historiens de ces périodes.

L’époque hellénistique (IVe-Ier siècle av. J.-C.), si l’on excepte les figures d’Alexandre le Grand et de Cléopâtre, est relativement méconnue. Elle est souvent considérée comme une période de transition, parfois même de déclin ou de décadence, entre l’éclat de l’époque classique grecque et la puissance de l’Empire romain. Cependant la splendeur des villes, telles Alexandrie, Antioche, Pergame, l’importance des échanges économiques, des métissages culturels, le rôle dominant de la langue grecque et sa diffusion vont profondément modifier le visage du Moyen-Orient antique y compris plus tard sous la domination romaine.

L’époque hellénistique a été définie par les historiens du XIXe siècle (le terme « hellénistique » est employé pour la première fois par l’historien allemand Johann Gustav Droysen dans Geschichte des Hellenismus (1836 et 1843), à partir d’un critère linguistique et culturel à savoir l’accroissement spectaculaire des régions où l’on parle le grec (ἑλληνίζειν / hellênízein) et donc du phénomène d’expansion de l’hellénisme. Cependant ce phénomène d’hellénisation des populations et de rencontre entre les anciennes civilisations orientales et grecques se poursuit y compris sous l’« Empire gréco-romain », selon l’expression de Paul Veyne. Les limites chronologiques de la période hellénistique sont donc conventionnelles et politiques : elles débutent avec les conquêtes d’Alexandre le Grand et se terminent quand le suicide du dernier grand souverain hellénistique, la reine d’Égypte Cléopâtre VII, fait place à la domination romaine. Les travaux archéologiques et historiques récents conduisent à réévaluer cette période et en particulier deux aspects caractéristiques de l’époque, l’existence et le poids des grands royaumes dirigés par des dynasties d’origine grecque ou macédonienne (Lagides, Séleucides, Antigonides, Attalides, etc.) mais aussi le rôle déterminant des centaines de cités dont l’importance, contrairement à une idée longtemps répandue, est loin de décliner.

La période de domination romaine en Grèce s'étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après le sac de Corinthe jusqu'à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l'Empire romain en 330 ap. J.-C..

En 395, à la mort de Théodose Ier, l'Empire romain est partagé en deux parties : l'Empire romain d'Occident qui disparaît en 476, et l'Empire romain d'Orient appelé au XVIe siècle Empire byzantin (en grec Βασιλεία Ρωμαίων / Basileía Rômaíôn : Empire Romain) qui dura jusqu'en 1453 et même jusqu'en 1461 à Trébizonde et Mistra. Le terme byzantin vient de Byzance, l'ancien nom de la capitale Constantinople.

Au cours des mille ans séparant l'an 395 de l'an 1453, un certain nombre de valeurs et de savoirs furent conservés par les Romains : État de droit écrit gouverné par le Code justinien, empereur responsable devant le Sénat, absence de servage, collectivités agricoles libres, techniques agricoles élaborées (irrigation), architecture romane, aqueducs, eau courante, tout-à-l'égout et éclairage dans les villes, usage de bains (que nous appelons "bains turcs"), sémaphores et phares, transmission des savoirs antiques, de la philosophie grecque classique et de la médecine hippocratique dans les universités de Constantinople, Trébizonde et Mistra… Ces savoirs ont aussi été transmis aux Arabes qui à leur tour les ont communiqués à l'Occident.

La disparition de la partie occidentale de l'empire romain et le retrait de ses légions romaines, ainsi que les menaces permanentes sur leurs frontières amenèrent les Byzantins à se doter d'une armée puissante, dont la tactique a évolué et commencé à s'élaborer de manière autonome dès le VIe siècle.

Comme empire romain, l'Empire byzantin fut un État chrétien qui, après le schisme de 1054, resta fidèle (orthodoxe) aux dogmes du christianisme du Premier millénaire.

La Grèce ottomane est le terme utilisé pour désigner la période de domination ottomane. La majeure partie de la Grèce faisait alors partie de l’Empire ottoman, dès le XIVe siècle, avant même donc la Prise de Constantinople, et jusqu’à la fin de la guerre d'indépendance grecque au début des années 1830. Le peuple grec a donc été longuement soumis aux Sultans turcs qui occupent militairement leurs territoires en se préoccupant surtout du maintien de l'ordre et en exigeant des impôts de la population. Des guerres éclatent entre les sultans et le peuple qui cherche à se délivrer du pouvoir de ces chefs. Le sentiment national, influencé par les mouvements nationaux et libéraux européens, se manifeste par l'initiative révolutionnaire de la Grèce.

En 1821, les Grecs, Chrétiens orthodoxes se révoltèrent face à la domination de l'Empire Ottoman. Cette révolte réussit, et l'indépendance de fait fut proclamée lors de l'Assemblée nationale d'Épidaure en 1822. L'opinion publique européenne était assez favorable au mouvement, à l'image de Chateaubriand, Jean-Gabriel Eynard, Lord Byron, Francois Pouqueville ou le Colonel Fabvier quelques uns des nombreux philhellènes. La Russie était, quant à elle, intéressée au sort des Orthodoxes grecs. Cependant, aucun pays, telle la France de Villèle, ne bougea, à cause du poids politique et diplomatique de la Sainte-Alliance, et particulièrement de l'Autriche de Metternich, partisan acharné de l'ordre et de l'équilibre. Des Grecs vivant hors de l’Empire ottoman, par exemple l'élite de Constantinople (les Phanariotes) ou des habitants des Îles ioniennes tels que Ioannis Kapodistrias ou Spiridon Trikoupis vinrent rapidement en aide aux révolutionnaires.

Pendant deux ans, les Grecs multiplièrent les victoires. Cependant, ils commencèrent à se déchirer. La Sublime Porte appela à l'aide son puissant vassal égyptien Méhémet Ali. Pour les Grecs, une phase de répressions commença. Cependant, les Russes souhaitaient de plus en plus ardemment intervenir. Les Britanniques, quant à eux, désiraient limiter l'influence russe dans la région. Une expédition navale de démonstration fut suggérée en 1827 par le Traité de Londres (1827). Une flotte conjointe russe, française et britannique rencontra et détruisit, sans l'avoir vraiment cherché la flotte turquo-égyptienne lors de la bataille de Navarin. La France intervint, dans un esprit de croisade par l'expédition française en Morée (Péloponnèse) en 1828. La Russie déclara la guerre aux Turcs la même année. Sa victoire fut entérinée par le traité d'Andrinopole, en 1829, qui augmentait son influence régionale.

Ces interventions européennes précipitèrent la création de l'État grec. La Conférence de Londres (1830), où se réunirent des représentants britanniques, français et russes, permit en effet l'affirmation de l'indépendance grecque que la Prusse et l'Autriche autorisèrent. La France, la Russie et le Royaume-Uni gardèrent ensuite une notable influence sur le jeune royaume.

La dictature des colonels est le nom donné au pouvoir politique en place en Grèce de 1967 à 1974, qui provoqua en outre l'exil du roi Constantin II monté sur le trône en 1964. Cette dictature est issue de la prise du pouvoir par une junte d'officiers alors dominée par Geórgios Papadópoulos.

La Grèce est une république parlementaire depuis la constitution de 1975. Cette dernière garantit de façon détaillée les libertés civiles. Cependant le poids de l'Église orthodoxe y est resté très important : il n'y pas de séparation entre l'église et l'État en Grèce (Ainsi l'article 3 de la constitution règle les rapports entre les deux autorités ).

Le pouvoir exécutif est assuré par le président de la république élu par le parlement à la majorité des 2/3 et un premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Aujourd'hui, le président a un rôle purement représentatif et il n'a aucun pouvoir politique.

L’organe du pouvoir législatif est un parlement à chambre unique, la Vouli ton Ellinon (Chambre des Grecs).

L'Áreios Págos (Aréopage) est le nom porté par la Cour de cassation.

Une Cour suprême spéciale est composée du président et de quatre membres de la Cour de cassation, du président et de quatre membres du Conseil d'État, ainsi que du président de la Cour des comptes, assistés dans certains cas de deux professeurs de droit.

La politique étrangère de la Grèce est conduite par le gouvernement et le président n'a constitutionnellement aucun pouvoir.

La vie politique est dominée par le Mouvement socialiste panhéllenique (PASOK) et la Nea Dimokratia (Nouvelle démocratie, centre-droit). À l'extrême-gauche subsistent deux partis marxistes, le KKE (marxiste orthodoxe) et le SYN, représentés à la Vouli. L'extrême droite était marginale : elle a notamment été représentée par le mouvement Printemps politique (POLAN) dans les années 1990. Elle est représentée depuis les dernieres élections du 16 septembre 2007 à la Vouli par le Alerte populaire orthodoxe (LAOS).

Avec une population estimée à 11 125 200 habitants en date du 1er janvier 2006, la Grèce présentait un accroissement de 42 500 (0,38 %) habitants par rapport à l'année précédente, dont seulement 2 500 dus au solde naturel, le reste provenant de l'immigration. Le taux de fécondité est l'un des plus bas d'Europe (1,28), et le pays serait menacé de dépopulation rapide si une immigration soutenue ne générait un accroissement fort sensible depuis la fin des années 1980.

La Grèce est principalement peuplée par l’un des groupes culturels et linguistiques de l’Empire romain d'orient, conquis par les Turcs puis insurgés contre l’Empire ottoman : le Milliyet des hellénophones orthodoxes, qui s'étaient définis comme Romées (Ῥωμαῖoι en grec, Roum en turc) pendant le Moyen Âge, mais qui à partir du XVIIIe siècle, sous l’influence des Lumières, se revendiquèrent Έλληνες « Hellènes » ou « Grecs » en français.

Langues minoritaires : bulgare, slavo-macédonien, albanais, aroumain, turc, yévanique (judéo-grec), ladino (judéo-espagnol) et tzakone.

Groupes religieux minoritaires : musulmans (120 000), juifs, catholiques romains, protestants (98% des Grecs sont des Chrétiens orthodoxes).

Groupes linguistiques minoritaires, citoyens grecs mais ne se revendiquant pas de la communauté nationale grecque : Albanais, Pomaks (musulmans bulgarophones), Slavons revendiquent une identité nationale bulgare ou slavo-macédonienne non reconnue par le gouvernement grec, Roms (dits Tziganes), Arméniens et Juifs.

Groupes linguistiques minoritaires se revendiquant de la communauté nationale grecque : Helléno-Arvanites albanophones, Aroumains (dits valaques) et Slavo-hellènes (slavophones qui ne se revendiquent pas comme bulgares).

Les Grecs sont en grande majorité de confession Chrétienne orthodoxe (98% de la population). Le poids des deux Églises orthodoxes autocéphales (Patriarcat œcuménique de Constantinople et Archidiocèse d'Athènes et de toute la Grèce), qui se partagent le territoire grec, a toujours été très important dans la société hellénique : il n'y pas de séparation entre l'Église et l'État en Grèce ; ainsi l'article 3 de la Constitution règle les rapports entre les deux autorités . Il faut néanmoins souligner que la Constitution de la Grèce garantit la liberté religieuse dans l'article 13 , .

La Grèce est avec la France la seule nation à avoir participé à tous les Jeux olympiques depuis leur création en 1896. En tout, la Grèce a remporté 138 médailles (37 en or, 62 en argent et 39 en bronze). En tant que nation berceau des Jeux olympiques, la Grèce ouvre toujours le défilé des nations lors des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques.

L'équipe nationale de football grecque a gagné l'Euro 2004.

La Grèce a été en même temps championne d’Europe en football et en basket-ball, exploit que seule l’Union soviétique avait réalisé.

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Grèce romaine

Antiochos III

La période de domination romaine en Grèce s'étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après la mise à sac de Corinthe par Lucius Mummius Achaicus jusqu'à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l'Empire romain en 330 ap. J.-C.

Le déclin de la puissance militaire grecque amena les Romains à conquérir le pays à partir de -187. En revanche, la culture grecque allait conquérir la vie romaine. Bien que l’occupation romaine commence par convention en -146, la présence romaine commença dès le IIIe siècle av. J.-C.. Certains États grecs demandèrent une alliance avec Rome. Les premières furent les cités de l’Adriatique pour lutter contre les pirates illyriens. Puis en -212, les Étoliens sollicitent une alliance avec Rome contre les Antigonides. L’intervention romaine en Illyrie (en -228 et -219) et en Macédoine (214-205), bien que limitée, profita surtout à Rome pour agrandir le nombre de cités grecques dans un système de clientèle qui lui était propre. La reprise d’une politique d’expansion de la part de la Macédoine marque le début de la seconde guerre de Macédoine et la victoire des Romains sur les Macédoniens à Cynoscéphales en -197. La Macédoine devient alors un protectorat romain, mais Titus Quinctius Flamininus garantit l’indépendance de la Grèce en -196, lors des Jeux isthmiques de Corinthe, ce qui livre la Grèce à des querelles internes.

L’affaiblissement de la Macédoine favorisa les projets d’Antiochos III qui voulut envahir la Grèce. En -192, il débarque en Grèce mais ne reçoit guère de soutien si ce n'est celui de la Ligue étolienne. Il est battu en -191 aux Thermopyles, repasse en Asie ou il est écrasé en -190 à Magnésie par L. Scipion l'Asiatique (frère de Scipion l'Africain).

La troisième guerre de Macédoine voit la victoire de Paul Émile sur Persée de Macédoine à Pydna en -168, mettant ainsi fin à la dynastie des Antigonides. La Macédoine est également divisée en 4 districts ou mérides dont les chefs-lieux étaient Amphipolis, Thessalonique, Pella et Pélagonia.

Après la victoire de Pydna, les Romains accentuent leur présence en Grèce et y font défendre leurs intérêts. Mais cet interventionnisme est mal perçu par les populations qui se révoltent en Macédoine (-148) et dans le Péloponnèse (-146). Ces soulèvements s’achèvent par le sac de Corinthe en –146 et le fait que la péninsule devient alors protectorat romain, auquel les îles de la mer Égée furent ajoutées en 133 av. J.-C. Athènes et d’autres cités se révoltèrent en -88 mais furent écrasées par le général Sylla. La guerre civile romaine dévasta le pays encore plus, jusqu’à ce qu’Auguste organise la péninsule en tant que province d’Achaïe en 27.

Le reste des cité-états finirent petit à petit par rendre hommage à Rome, perdant de fait leur autonomie. Les romains laissèrent l’administration locale aux grecs, sans essayer d’abolir les habitudes politiques locales. Ainsi l’agora d’Athènes continua à être le centre de la vie politique et civique.

L'édit de Caracalla en 212 de notre ère, étendit la citoyenneté hors d’Italie à tous les hommes libres de l’ensemble de l’Empire romain, élevant les populations provinciales à un statut égal de celui de Rome. Les sociétés déjà intégrées, telles que la Grèce, étaient plus favorables à ce décret, que les provinces plus lointaines, trop pauvres ou se sentant trop étrangères telles que la Bretagne, la Palestine ou l’Égypte. Le décret de Caracalla n’a pas mis en route le processus qui mènerait au transfert du pouvoir d’Italie vers l’orient et la Grèce, mais l’a plutôt accéléré, jetant les fondations d’une Grèce puissance majeure en Europe et en Méditerranée pendant le Moyen Âge.

La Grèce était la province orientale clé de l’Empire romain, étant donné que la culture romaine a, en fait, pendant longtemps été gréco-romaine. La langue grecque servait de lingua franca dans l’est et en Italie, et beaucoup d’intellectuels grecs tels que Claude Galien auraient réalisés beaucoup de leurs travaux à Rome.

Plusieurs empereurs firent édifier de nouveaux bâtiments dans les villes grecques, particulièrement sur l’agora d’Athènes, où l’Agrippeai de Marcus Vipsanius Agrippa, la bibliothèque de Pantaneus et la Tour des Vents entre autres furent construits. La vie en Grèce continua sous l’Empire romain à peu près comme avant. La culture romaine fut largement inspirée par celle des grecs. Les épopées d’Homère inspirèrent l’Énéide de Virgile, et des auteurs tels que Sénèque le Jeune écrivaient en utilisant un style grec. Les nobles romains qui considéraient les Grecs comme arriérés et sans importance étaient les principaux opposants politiques de héros romains, tels que Scipion l'Africain, qui étudiaient la philosophie et considéraient la culture et la science grecque comme des exemples à suivre. De la même façon, beaucoup d’empereurs romains tendaient à être philhellène. L’empereur Néron visita la Grèce en 66 et participa aux Jeux olympiques en dépit de l’interdiction pour les non-grecs de participer. Il y remporta une victoire dans chaque discipline et en 67 proclama la liberté des Grecs aux Jeux isthmiques de Corinthe, tout juste 200 ans après que Flamininus faisait de même. Hadrien était également admirateur des grecs. Avant de devenir empereur il fut Archonte éponyme d'Athènes. Il fit aussi construire l’arche qui porte son nom, et eut un amant grec : Antinoüs À cette même période, la Grèce, tout comme une grande partie de l’Empire romain d’orient subit l’influence du christianisme. L’apôtre Paul prêcha à Corinthe et Athènes, et la Grèce devint rapidement une des régions les plus christianisées de l’Empire.

Pendant le deuxième et troisième siècle, la Grèce est divisée en provinces dont celles de l’Achaïe, la Macédoine et la Mésie. Pendant le règne de Dioclétien à la fin du IIIe siècle, la Mésie fut organisée en diocèse et dirigée par Galère. Sous Constantin Ier, la Grèce faisait partie des préfectures de Macédoine et de Thrace. Théodose Ier divisa la préfecture de Macédoine en provinces de Crète, d’Achaïe, de Thessalie, de vieille Épire, de Nouvelle Epire et de Macédoine. Les îles de l’Egée formèrent la province d’Insulae dans la préfecture d’Asiana. Toujours sous le règne de Théodose, la Grèce dû faire face aux invasions des Hérules, Wisigoths, des Goths et des Vandales. Stilicon, régent pour Arcadius, évacua la Thessalie lorsque les Wisigoths envahirent cette région à la fin du IVe siècle. Eutropius, chambellan d’Arcadius autorisa Alaric à entrer en Grèce, qui pilla Athènes, Corinthe et le Péloponnèse. Stilicon le repoussa finalement vers 397 et Alaric fut fait magister militum en Illyrie. Finalement, Alaric et les goths migrèrent vers l’Italie, pillèrent Rome en 410 et établirent l’empire Wisigoth en Ibérie et dans le sud de la France, qui durera jusqu’en 711 et l’arrivée des Arabes. Bien que la Grèce continuait de faire partie de la partie orientale de l’empire romain, le pays ne s’est jamais complètement remit de l’occupation romaine, intervenu presque 500 ans plus tôt. Il était devenu pauvre et sous peuplé. Le centre d’attraction des grecs s’était désormais déplacé vers l’est, à Constantinople et en Anatolie depuis le règne de Constantin. Athènes, Sparte et les autres cités étaient ignorées et beaucoup de leurs statues et autres œuvres d’art furent déplacées à Constantinople. Néanmoins, le pays resta comme l’un des plus grands centres de la Chrétienté à la fin de l’Empire romain et au début de la période byzantine.

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Bataille de Grèce

La contre-attaque grecque

La bataille de Grèce (aussi appelée opération Marita, en allemand: Unternehmen Marita) est une bataille de la Seconde Guerre mondiale qui s'est déroulée sur le territoire grec et en Albanie au printemps 1941. Elle a opposé les forces de l'Axe aux Alliés (Grèce et Commonwealth). Avec la Bataille de Crète et plusieurs autres actions navales, la Bataille de Grèce fait partie du théâtre Égéen de la Campagne des Balkans.

La bataille de Grèce est la suite de la guerre italo-grecque commencée à l'automne 1940. Le 28 octobre 1940, l'Italie envahit la Grèce à partir de l'Albanie qu'elle occupe déjà depuis avril 1939. Cependant, l'armée grecque prouve qu'elle peut résister et contre-attaque, forçant l'armée italienne à battre en retraite. Vers la mi-décembre, les Grecs occupent à leur tour un quart du territoire albanais. En mars 1941, une nouvelle offensive italienne échoue, mettant fin aux prétentions italiennes en Grèce, et obligeant l'Allemagne à intervenir pour venir en aide à son allié.

Le 6 avril 1941, l'Allemagne envahit la Grèce depuis la Bulgarie afin de sécuriser son front sud. L'armée grecque largement inférieure en nombre et en équipement s'effondre. Athènes tombe le 27 avril 1941 pendant que le Commonwealth réussit à évacuer près de 50 000 hommes. La bataille de Grèce s'achève le 28 avril 1941 avec la chute de Kalamata. À l'issue de la bataille de Grèce, le pays est divisé en trois zones d'occupation entre les Allemands, les Bulgares et les Italiens, jusqu'au retrait des troupes italiennes en 1943 et la défaite des Allemands en octobre 1944.

La bataille de Grèce est considérée par certains historiens comme décisive dans le cours de la Seconde Guerre mondiale car l'invasion de la Grèce a sans doute rendu impossible un accord entre Hitler et Staline à propos de leurs sphères d'influence respectives. La résistance des soldats grecs a été saluée tant par les Alliés que par les Allemands.

À la fin de 1940, l'Allemagne occupe la majeure partie de l'Europe occidentale. Jaloux des victoires de son allié, Mussolini veut prouver qu'il peut mener l'Italie à des conquêtes militaires similaires. En 1939, l'Italie occupe déjà l'Albanie et plusieurs places fortes du Commonwealth britannique en Afrique du Nord. Mussolini, qui considère l'Europe du Sud-est comme faisant partie de la sphère d'influence italienne, décide d'envahir la Grèce, considérée alors comme un adversaire facile.

La vie politique grecque de l'entre-deux-guerres est chaotique. Pendant la Première Guerre mondiale, la Grèce, sous l'impulsion d'Eleftherios Venizelos, rejoint le camp des Alliés alors que le roi Constantin Ier de Grèce, beau-frère de l'Empereur allemand Guillaume II d'Allemagne, est plutôt germanophile . Ce ralliement permet à la Grèce de faire partie des vainqueurs du conflit et de récupérer sur la Bulgarie la Thrace occidentale et la côte égéenne autour de Alexandroupoli. En 1920, le traité de Sèvres lui attribue, au détriment de la Turquie, la Thrace orientale, les îles d'Imbros et Ténédos, et la région de Smyrne. Seule l'Épire, donnée à l'Albanie, lui échappe.

Mais en 1921, la Grèce entre en guerre contre la Turquie et le conflit tourne au désastre pour la Grèce. La défaite contraint le roi Constantin à l'exil, tandis que la Grèce perd tous ses territoires en Asie mineure et une partie de la Thrace et que le chef du gouvernement et le chef d'état-major de l'armée sont jugés coupables de cette défaite lors du procès des Six et exécutés. De plus, le Traité de Lausanne entraîne un échange de population entre les deux pays : 1 300 000 Grecs d'Asie mineure sont rapatriés en Grèce. Cet afflux de population pour un pays qui ne compte que 4,5 millions d'habitants se solde par une grave crise économique et une instabilité politique.

Après l'échec d'une prise de pouvoir communiste en novembre 1923, Venizelos reprend le pouvoir et le roi Georges II de Grèce abdique. Mais la jeune république grecque connaît toute une série de crises et ce ne sont pas moins d'une quinzaine de gouvernements qui se succèdent jusqu'en 1935, année de l'abolition de la République par Georgios Kondylis et du retour de Georges II. En 1936, Ioánnis Metaxás, connu pour son anticommunisme et son antiparlementarisme, est appelé au pouvoir par le roi. Il instaure une dictature qui met fin à dix années d'instabilité politique. Il abolit la constitution, dissout le parlement, interdit les partis politiques et exalte la grandeur grecque.

La Grèce de 1940 est un pays rural, endetté et économiquement dépendant. On peut considérer qu'il est quasiment un protectorat britannique tellement le rôle politique, économique et financier de la Grande-Bretagne y est important. En 1940, Le PNB par habitant est de 61 dollars, c'est-à-dire environ 9 fois moins que les 560 dollars par habitant de la Grande-Bretagne,. L'état de pauvreté du pays fait que 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les normes gouvernementales, en raison de son régime alimentaire pauvre et de la présence de maladies endémiques comme la tuberculose (près de 15 000 nouveaux cas chaque année) et la malaria (la Grèce consomme 5% de la quinine vendue dans le monde).

Sur les 7 344 000 habitants du pays, près de 5 millions sont des ruraux. On note d'ailleurs de forts contrastes entre les trois principales villes et le reste du pays. Athènes, Thessalonique et Patras connaissent l'industrie, l'électricité et le tramway mais dans les montagnes, qui représentent 70% du territoire, les villages manquent de services élémentaires tels qu'écoles, routes ou bureaux de poste. Un tiers de la population est analphabète, et la moitié ne termine pas les quatre années d'enseignement obligatoire.

La Grèce a durement été touchée par la crise économique des années 1930. L'essentiel des exportations du pays (71,5%) provient de trois produits : le tabac (50% des exportations), les raisins secs et l'huile d'olive, d'où la fragilité du pays face à la crise mondiale des années 1930 qui touche prioritairement ces produits de semi-luxe. Depuis 1932, elle s'est déclarée incapable de rembourser les intérêts de sa dette, détenue à 70% par la Grande-Bretagne. L'Allemagne, qui achète à la Grèce beaucoup plus qu'elle ne lui vend,, profite de ces circonstances pour passer des accords commerciaux avec la Grèce, important du tabac contre des produits industriels, puis du matériel militaire, provoquant les protestations britanniques contre un gouvernement jugé germanophile. En effet, le Premier ministre, et dictateur de type fasciste, Ioánnis Metaxás, militaire de carrière, a été formé en Allemagne ; il était considéré tellement pro-allemand, que lors de la crise politique de l' « Ethnikos Dikhasmos » (« Schisme National ») de 1915-1916, il fut exilé en même temps que le roi.

La Grèce a conscience que ses voisins menacent sa souveraineté. Si depuis la proclamation de la République en 1924 la diplomatie a diminué les tensions avec la Serbie et la Turquie et garanti les frontières de la Grèce, il reste néanmoins le danger bulgare. La Bulgarie regrette l'époque de la Grande Bulgarie dessinée par le Traité de San Stefano, la Thrace occidentale, bulgare de 1913 à 1918 et la Macédoine orientale qu'elle a occupée pendant la Première Guerre mondiale. Dès 1936, Ioánnis Metaxás, qui voit dans ce voisin l'ennemi le plus dangereux, fait construire la Ligne Metaxas, une ligne fortifiée le long de la frontière avec la Bulgarie inspirée de la Ligne Maginot. Mais Metaxás est contraint de reconnaître que Mussolini est devenu l'ennemi prioritaire. Les impérialismes grecs et italiens s'étaient déjà opposés après la Première Guerre mondiale en Albanie et en Asie mineure ; et le bombardement de Corfou en septembre 1923 avait montré que le contentieux n'était pas clos. Les convoitises italiennes se précisent lors de l'invasion de l'Albanie par l'Italie en avril 1939. L'Italie construit alors dans le sud de l'Albanie un aéroport et des routes dirigées vers la Grèce.

La guerre italo-grecque débute le 28 octobre 1940, lorsque l'ambassadeur d'Italie en Grèce, Emanuele Grazzi présente un ultimatum au premier ministre grec, Ioánnis Metaxás. Mussolini exige le libre passage de ses troupes afin d'occuper des sites stratégiques non définis sur le territoire grec. Metaxás rejette l'ultimatum, un fait commémoré depuis lors du Jour du Non. L'Italie envahit la Grèce depuis l'Albanie avant même la fin de l'ultimatum .

Les Italiens traversent la rivière Kalamas et se dirigent vers Ioannina, mais sont vite repoussés avant d'être poursuivis par l'armée grecque, d'abord en Grèce même, puis sur le territoire albanais. Après trois semaines d'offensive, le territoire grec est libéré et la contre-attaque se poursuit. Celle-ci est menée avec succès par les Grecs, les renforts italiens n'ayant que peu d'effet. Korçë, la plus grande ville d'Albanie est prise par les Grecs le 13 novembre, Pogradec et Argyrokastro le 4 décembre, Himarë le 24 et Kelcyre le 10 janvier.

Après des semaines de luttes infructueuses au cours de l'hiver 1940-1941, l'Italie lance une seconde offensive le 9 mars 1941. Malgré la supériorité numérique de l'armée italienne, l'offensive échoue de nouveau et après seulement une semaine et 12 000 morts, Mussolini met fin à cette seconde offensive. Il quitte l'Albanie douze jours plus tard et laisse à l'Allemagne le soin d'intervenir. Après six mois de combats contre l'Italie, l'armée grecque, bien que victorieuse, est épuisée et incapable de se dresser contre une éventuelle invasion allemande. De plus, la majeure partie de l'armée est massée en Albanie et ne peut lutter de façon efficace contre une nouvelle invasion.

Hitler n'a pas vraiment envie d'envahir la Grèce. Il attribue, au moins partiellement, la défaite des forces de l'Europe centrale lors de la Première Guerre mondiale à leur engagement dans les Balkans. Il lui est par ailleurs difficile de laisser tomber son allié italien. La présence britannique en Grèce est ce qui préoccupe le plus le Führer. Elle est une menace sur son flanc droit dans ses projets vers l'Union soviétique. Hitler veut absolument chasser les Britanniques de Grèce dont la présence menace les champs pétrolifères roumains. Il prépare donc toutes les solutions possibles : la diplomatie et la guerre. En novembre 1940, le chef de l'Abwehr, Wilhelm Canaris rencontre l'ambassadeur grec en Allemagne, l'amiral Argyropoulos et lui propose la médiation allemande dans le conflit avec l'Italie. Berlin imposerait un cessez-le-feu et interposerait des troupes entre les belligérants, la Grèce garderait les territoires albanais conquis. En échange, Athènes s'engagerait à obliger les troupes britanniques stationnées en Grèce à évacuer le pays. La même proposition est faite par l'ambassadeur allemand à Athènes au ministre grec de l'intérieur. Dans les deux cas, la Grèce ne répond pas, préférant que les propositions soient faites par la voie diplomatique officielle, afin de leur donner plus de poids.

Hitler décide aussi en parallèle de préparer une intervention militaire. Le 4 novembre 1940, soit sept jours après le début de l'invasion de la Grèce par l'Italie, il demande à son état-major de préparer une intervention dans le nord de la Grèce à partir de la Roumanie, via la Bulgarie. Il envisage de priver la Grande-Bretagne de toutes ses bases en Méditerranée, c'est pourquoi l'invasion de la Grèce fait partie d'un plan de plus grande envergure incluant également l'occupation de Gibraltar et de l'Afrique du Nord. Dès le 12 novembre, la directive n° 18 planifie les opérations simultanées contre Gibraltar et la Grèce pour janvier 1941.

En décembre 1940, les plans allemands sont modifiés lorsque Franco rejette l'idée d'une attaque contre Gibraltar. En conséquence, l'Allemagne se reporte uniquement sur la Grèce. Mais pour intervenir en Grèce, Hitler doit, au préalable, obtenir l'accord de Boris III de Bulgarie ainsi que celui de l'Union soviétique qui considère la Bulgarie comme faisant partie de sa sphère d'influence. Le 12 novembre, Hitler rencontre Molotov dans le but d'obtenir son accord, que celui-ci lui refuse. Le 18 novembre, c'est au tour du roi Boris d'être reçu pour évoquer l'éventualité d'une offensive germano-bulgare en Grèce. Conscient de l'attachement du peuple bulgare à la Russie, Boris refuse la proposition de Hitler de signer le pacte tripartite, préférant attendre la veille des opérations pour le faire. Le 28 novembre, Hitler entame des pourparlers avec le ministre des affaires étrangères yougoslave. Il lui propose un débouché sur la mer Égée avec la ville de Thessalonique en échange de la signature d'un pacte de non-agression germano-italo-yougoslave. Le 13 décembre 1940, Hitler signe la directive n° 20 qui fixe les modalités d'invasion de la Grèce, cinq jours avant de signer le plan Barbarossa. Le plan prévoit qu'en mars 1941, lorsque le temps sera plus favorable, les troupes allemandes envahiront la côte nord de la Mer Égée et, si nécessaire, le pays entier. Le 5 janvier 1941, environ 80 000 soldats allemands sont massés en Roumanie.

En 1939, le Royaume-Uni a garanti une aide militaire à la Grèce si son intégrité territoriale est menacée. L'intérêt principal de la Grande-Bretagne est que la Crète ne tombe pas dans des mains ennemies. L'île est en effet considérée comme une défense naturelle de l'Égypte (et par conséquent du Canal de Suez et de la route des Indes). La façon dont les Grecs ont repoussé les Italiens enthousiasme l'opinion publique britannique, et le premier ministre Winston Churchill lui-même trouve qu'il serait déshonorant de ne pas lui venir en aide. Ainsi, en novembre 1940, cinq escadrons de la Royal Air Force (chasseurs et bombardiers légers) sous le commandement de John d'Albiac sont envoyés aider l'armée de l'air hellénique. Dans le même temps, les troupes britanniques occupent la Crète avec le consentement du gouvernement grec à partir du 3 novembre, dans le but de libérer la 5e division grecque de Crète et de pouvoir l'envoyer sur le front albanais.

Auparavant, des voix s'étaient élevées parmi les officiers britanniques contre l'engagement en Grèce de troupes déjà limitées en Afrique du Nord. De leur côté, les Grecs ont peur de provoquer les Allemands en massant des troupes à la frontière, mais sont déterminés à résister à l'invasion si elle devait se produire. En janvier 1941, lors d'une rencontre avec le commandant en chef des armées britanniques au Moyen-Orient, Archibald Wavell, le commandant en chef des armées grecques, Alexandros Papagos, demande le renfort de neuf divisions afin de les poster sur la frontière gréco-bulgare. Lorsque Wavell répond qu'il ne peut offrir que deux ou trois divisions, l'offre est repoussée, car jugée inadéquate ; elle ne ferait que hâter l'intervention de l'Allemagne,. Churchill espère recréer le front des Balkans de la première guerre mondiale grâce à la participation de la Yougoslavie et de la Turquie et envoie Anthony Eden et John Dill dans la région pour des négociations. L'idée est alors d'apporter à la Grèce une aide suffisante pour la maintenir dans la guerre, mais sans trop dégarnir les troupes défendant l'Égypte. De plus, le front grec constitue une extension du conflit et obligerait à terme Hitler à dégarnir et donc affaiblir d'autres théâtres d'opérations.

La décision d'envoyer en Grèce des troupes du Commonwealth est prise le 22 février 1941. Lors d'une rencontre au palais royal de Tatoi, Anthony Eden annonce que la Grande-Bretagne s'apprête à envoyer 100 000 hommes, 142 tanks, quelques centaines de canons et cinq nouveaux escadrons de chasse, des troupes à peine suffisantes pour résister aux troupes allemandes qui continuent de se masser en Roumanie : 23 divisions et 500 avions. La Bulgarie rejoint l'Axe le 1er mars 1941. Alors que les troupes allemandes franchissent le Danube, l'invasion devient imminente. 58 000 Britanniques, Australiens et Néo-zélandais sont dépêchés en Grèce en mars 1941 lors de l'Opération Lustre, composée de la 6e division australienne, de la 2de division néo-zélandaise et la 1re brigade de blindés britannique, connues sous le nom de Force "W", car sous les ordres du Général Henry Maitland Wilson. À l'origine affectée en Grèce, la Brigade indépendante des Carpates polonaise et la 7e division australienne sont maintenues en Afrique par Wavell à cause de la poussée de Erwin Rommel en Cyrénaïque.

Anthony Eden ne réussit pas à convaincre la Turquie de sortir de sa neutralité, tandis que la Yougoslavie, sous pression allemande, tergiverse jusqu'à ce qu'elle rejoigne l'Axe le 25 mars. Le 27 mars, un coup d'État soutenu par les Serbes intervient, mais trop tard pour permettre la création de l'alliance rêvée par Churchill.

Pour entrer dans le nord la Grèce, les Allemands doivent franchir le massif des Rhodopes, où seuls quelques cols et quelques vallées permettent le passage d'une armée. Deux routes permettent une invasion : une à l'ouest de Kyoustendil, le long de la frontière bulgaro-yougoslave ; la seconde à travers la vallée du Strouma, vers le sud. Les routes montagneuses très escarpées, avec de nombreux lacets ne peuvent accueillir le passage des véhicules les plus gros jusqu'à ce que les troupes du génie les élargissent. Seuls l'infanterie et les animaux peuvent avancer autrement qu'en empruntant les routes. Les fortifications grecques le long de la frontière avec la Bulgarie sont très bien adaptées à ce terrain difficile, et un système de défense couvre les quelques routes existantes.

Le long de la frontière avec la Yougoslavie, se dresse une autre chaîne montagneuse avec seulement deux défilés permettant le passage de troupes : un allant de Monastir à Florina, le second le long du Vardar. En dehors de ces défilés, les Allemands seraient contraints de franchir de nombreuses montagnes barrant l'accès vers l'intérieur du pays. Plus à l'ouest, se dressent les monts du Pinde, s'étirant depuis l'Albanie jusque loin dans le territoire grec, alors que l'Olympe et la chaîne des Thermopyles obstruent la partie est de la péninsule.

Enfin, les montagnes du Péloponnèse entravent la tenue d'opérations militaires dans les régions sud de la Grèce. En plus de cette topographie difficile, les troupes devraient faire face à des régions peu habitées, à des ressources en eaux limitées, et à un climat peu clément avec de fortes températures.

Le terrain montagneux de Grèce semble être fait pour la défense tant les hautes chaînes des Rhodopes, de l'Épire, du Pinde ou du mont Olympe offrent de possibilités pour arrêter l'ennemi. Cependant, le défenseur doit posséder suffisamment d'appui aérien pour éviter que les défilés ne deviennent des pièges pour ses troupes. De plus, s'il parait aisé de repousser un envahisseur s'engouffrant depuis l'Albanie, la partie nord-est du pays est plus difficile à défendre contre une attaque venue du nord.

Malgré l'évidence croissante du passage du Danube par les troupes allemandes en Bulgarie au début du printemps 1941, les forces grecques et du Commonwealth sont cependant incapables d'établir un front cohérent à cause de désaccords entre leurs commandements respectifs.

Les Grecs souhaitent se battre sur la Ligne Metaxas, une ligne de fortifications construite dans les années 1930 le long de la frontière gréco-bulgare. Ils espèrent ainsi tirer avantage de la difficulté naturelle du terrain et des fortifications mises en place, et protéger ainsi le port stratégique de Thessalonique. Cependant ils sous-estiment le fait que les troupes et l'équipement disponibles ne sont vraiment adaptés que pour une résistance symbolique et que la Ligne Metaxas est vulnérable à une attaque sur le flanc, menée depuis la vallée du Vardar et rendue possible si la neutralité de la Yougoslavie était violée. Obsédée par sa rivalité avec la Bulgarie, et confiant en ses bonnes relations avec les Yougoslaves, la Grèce laisse sa frontière avec la Yougoslavie largement dégarnie.

Après les rencontres de mars 1941 à Athènes, les Britanniques pensent qu'eux et les Grecs doivent immédiatement commencer à occuper la Ligne Aliakmon, qui s'étend de la ville d'Édessa en direction du sud-est jusqu'au delta du Vardar. L'avantage de cette position est qu'elle nécessite moins de forces et qu'elle offre davantage de temps pour préparer les positions défensives. Néanmoins, cela implique également d'abandonner presque tout le nord la Grèce, ce qui parait inacceptable aux yeux des Grecs à la fois pour des raisons politiques mais aussi psychologiques. De plus, le flanc gauche de cette ligne est susceptible de subir les attaques allemandes depuis la vallée de Monastir en Yougoslavie. Papagos préfère, dans un premier temps, attendre la réponse du gouvernement yougoslave quant à ses intentions, et propose de continuer à occuper la ligne Metaxas et de ne pas retirer ses troupes d'Albanie. Papagos espère tirer avantage du terrain difficile et des fortifications mises en place, et ainsi protéger Thessalonique qui est un port stratégique.

Bien que les Britanniques réalisent pleinement à quel point la frontière grecque est faiblement défendue, ils laissent cependant les Grecs agir à leur guise. Dill accepte les plans de la Ligne Metaxas et l'accord est ratifié par le gouvernement britannique le 7 mars. Les Britanniques ne déplacent toutefois pas leurs troupes plus au nord, sur la Ligne Metaxas, car Wilson considère que ses troupes sont trop peu nombreuses pour tenir un front si étendu. À la place, il dispose ses hommes, comme prévu, le long de la Ligne Aliakmon, dans un souci de garder le contact avec la première armée grecque située en Albanie, et de mieux contrer l'accès des Allemands au centre de la Grèce.

Le 28 mars, les forces grecques des 12e et 20e divisions d'infanterie positionnées en Macédoine centrale sont placées sous le commandement du général Wilson qui établit son quartier général au nord-ouest de Larissa. Les Néo-Zélandais prennent position au nord du mont Olympe et les Australiens bloquent la vallée de l'Aliakmon jusqu'aux monts Vermion. La Royal Air Force continue à opérer depuis les terrains d'aviation situées dans le centre et le sud du pays. Les troupes britanniques sont presque toutes motorisées mais leur équipement est fait pour le désert et non pour les routes montagneuses de Grèce. Ils manquent de chars d'assaut et de batteries anti-aériennes. De plus, les lignes de communications à travers la Méditerranée sont très vulnérables, même si la Navy domine la Mer Égée. Les problèmes logistiques sont aggravés par la disponibilité limitée en navires et par la faible capacité d'accueil des ports grecs.

Enfin, la 5e armée yougoslave doit assurer la défense de sa frontière sud-est, entre Kriva Palanka et la frontière grecque. Mais au moment où les Allemands s'apprêtent à attaquer, les troupes yougoslaves ne sont pas complètement mobilisées et manquent d'armes et d'équipement moderne.

Le plan d'attaque allemand est influencé par l'expérience de la bataille de France. Il repose sur l'hypothèse qu'après le conflit italo-grec, les Grecs manquent d'hommes pour défendre leurs frontières avec la Yougoslavie et la Bulgarie. Engager les divisions blindées directement vers les points les plus faibles de la défense devrait apporter la liberté de manœuvre nécessaire pour s'enfoncer loin dans le territoire ennemi, davantage qu'en envoyant d'abord l'infanterie pour forcer l'accès aux défilés. Après avoir percé le système défensif du sud de la Yougoslavie, la Ligne Metaxas se retrouverait débordée par les troupes allemandes entrant en Grèce depuis la Yougoslavie. La prise de Monastir et de la vallée de l'Axios se révèle essentielle dans la réalisation d'une telle stratégie.

Le coup d'État en Yougoslavie apporte des changements soudains dans les plans allemands. La directive n°25, reçue par le quartier général le matin du 28 mars, ordonne à la 12e armée de se regrouper de telle manière qu'une force constituée presque uniquement d'unités mobiles soit disponible pour attaquer Belgrade via Niš. Au soir du 5 avril toutes les troupes prévues pour l'invasion de la Yougoslavie et de la Grèce sont prêtes à passer à l'action.

Le 6 avril à 5h30, l'ambassadeur allemand à Athènes, le prince Erbach, remet une note au Premier ministre Alexandros Korizis. L'Allemagne annonce que la Grèce a violé la neutralité à laquelle elle était tenue et que par conséquent, les troupes allemandes sont entrées en territoire grec. L'armée allemande envahit ainsi le nord de la Grèce et lance simultanément une offensive contre la Yougoslavie.

Aux premières heures du 6 avril, l'armée allemande envahit la Grèce et la Yougoslavie et la Luftwaffe commence à bombarder Belgrade. Le XL Panzer Corps franchit la frontière yougoslave en deux points à 5 heures 30. L'après-midi du 7, les Allemands entrent dans Skopje, puis prennent Prilep le 8. La ligne de chemin de fer entre Thessalonique et Belgrade, un des objectifs stratégiques de la campagne dans la perspective de couper la Yougoslavie de ses alliés, est atteinte.

Les Allemands sont alors dans des conditions favorables pour poursuivre l'offensive. Le soir du 9 avril, le général Georg Stümme déploie ses forces au nord de Monastir, prêtes à franchir la frontière grecque vers Florina, Édessa et Kateríni.

Pendant que quelques détachements couvrent les arrières de l'armée allemande en cas d'attaque lancée depuis le centre de la Yougoslavie, le reste de la 9e division Panzer fait route vers l'ouest pour rejoindre les Italiens à la frontière albanaise.

La 2de Division Panzer, entrée aussi en Yougoslavie le 6 avril, a dans le même temps avancé vers l'ouest à travers la vallée du Strouma, rencontrant assez peu de résistance de la part de l'armée yougoslave, mais retardée par les champs de mines et les routes boueuses. Néanmoins, la division atteint son objectif du jour : la ville de Strumica. Le 7 avril, une contre-attaque yougoslave lancée contre le flanc nord de la division est repoussée, et le jour suivant elle passe les montagnes et déborde la 19e division d'infanterie grecque stationnée au sud du lac Dojran. Malgré de nombreux retards sur les routes étroites, un détachement de blindés entre dans Thessalonique le matin du 9 avril sans qu'il y ait de combat. À 14h, le Lieutenant-Général grec Constantinos Vakalopoulos et le Lieutenant-Général allemand Veiel signent l'accord de capitulation de Thessalonique. Les combats cessent à 16h. Des messagers allemands se présentent alors aux divers forts de la ligne Metaxas non encore capturés. Ils annoncent la capitulation de Thessalonique et demandent la reddition des forts. Certains répondent que les forts ne peuvent se rendre, mais doivent être pris (fort Roupel), d'autres acceptent uniquement un cessez-le-feu, peu capitulent.

La Ligne Métaxas est défendue par la Section de Macédoine Orientale (Tμήμα Στρατıάς Ανατολικής Μακεδονίας ou TΣAM), dirigée par le général Konstantinos Bakopoulos et composée de 7e, 14e et 17e divisions d'infanterie, toutes sous-équipées. Les fortifications courent sur environ 170 km depuis la rivière Nestos à l'est, avant de longer la frontière bulgare jusqu'aux monts Kerkini près de la frontière yougoslave. Les fortifications sont conçues pour accueillir 200 000 hommes mais ne sont défendues que par 70 000 soldats. En raison de ce petit nombre, les lignes défensives sont étendues et minces. De plus, la TΣAM n'est que peu équipée en défenses anti-aériennes et anti-chars, la plupart de ces équipements sont mobilisés sur le front albanais. Les seuls renforts envoyés par Bakopoulos seront les 19e, 12e et 20e divisions de l'armée de Macédoine Centrale (TSKM), qui manquent d'hommes et sont équipées d'armes obsolètes.

Les troupes allemandes de la 12e armée entrent en Grèce le 6 avril à 5h15, avant l'annonce de l'attaque par l'ambassadeur du Reich. L'offensive initiale contre la ligne Metaxas par les chasseurs alpins rencontre une résistance féroce de la part des Grecs et ne se traduit que par des succès limités. Un rapport allemand établi au soir du premier jour mentionne que les Allemands sont repoussés au col Roupel malgré l'intense soutien aérien et qu'ils subissent de lourdes pertes. En même temps, le port du Pirée est bombardé. Le transport britannique Clan Fraser explose, avec 200 tonnes de TNT à bord. Deux autres navires transportant des munitions explosent à leur tour. Au total, onze navires coulent lors de l'attaque. Le port du Pirée est rendu inutilisable jusqu'à la fin de la guerre.

L'historien Christopher Buckley écrit, « les lourds assauts contre la Ligne Metaxas furent repoussés avec l'énergie du désespoir… Les défenseurs furent attaqués par vagues par l'infanterie, bombardés par les Stukas, pilonnés par l'artillerie lourde ou légère… Les forces d'assaut équipées de lance-flammes, de grenades et de charges explosives prirent le dessus dans les combats rapprochés. » Après une journée de combat, seulement deux des vingt-quatre forts composant la Ligne Metaxas tombent entre les mains allemandes avant d'être détruits.

Le 7 avril, l'offensive sur les forts de la ligne Metaxas se poursuit. L'armée allemande a recours aux gaz asphyxiants pour prendre trois nouveaux forts. Les premier, deuxième et troisième bataillons de garde-frontières de la brigade Hebrus se replient en Turquie où ils sont désarmés. Le major-général de réserve Ioannes Zeses, commandant de la brigade Hebrus, se suicide à Ypsala en Thrace Orientale, plutôt que d'accepter d'être désarmé, le 9 avril.

Le soir du 8 avril, le XXXe corps d'infanterie atteint son objectif : la 164e division d'infanterie capture la ville de Xanthi, pendant que la 50e division d'infanterie s'enfonce au-delà de Komotiní. Malgré une forte résistance grecque, les fortifications et les troupes sont encore plus faibles qu'à l'ouest du Nestos. En revanche, les routes sont encore plus impraticables que dans le reste du pays. Le 9 avril, la seconde armée grecque capitule sans condition après la débâcle des troupes à l'est du Vardar.

Le 9 avril, le maréchal List estime qu'avec l'avancée rapide des unités mobiles, la 12e armée est dans une position favorable pour atteindre le centre de la Grèce en écrasant les troupes grecques amassées derrière le Vardar.

Les forces du Commonwealth commencent à prendre position quand la nouvelle de l'invasion allemande arrive. L'issue des premiers combats contre les Allemands à Vevi n'est pas encourageante et l'avancée rapide des Panzers dans Thessalonique et Prilep dans le sud de la Yougoslavie perturbent fortement Wilson. Il doit désormais faire face à la perspective d'une attaque allemande venue à la fois de Thessalonique pendant que les Panzers du XLe Corps attaquent depuis la vallée de Monastir. Cette perspective provoque la retraite, d'abord le long de la rivière Aliakmon, puis aux Thermopyles, que les Allemands franchissent aussi le 23 avril.

Le matin du 10 avril, la XLe division de Panzers avance depuis Monastir à travers la vallée de Monastir, dans le but de s'emparer de Florina, 13 km au sud de la frontière yougoslave. La 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler s'engage plus au sud et atteint la ville de Vévi le 11 avril. Les alliés décident d'essayer de retarder l'avancée allemande au défilé de Klidi, au sud de Vévi.

Une formation composée de Grecs et de soldats du Commonwealth, et connue sous le nom de Force Mackay, est assemblée, comme le dit Wilson, « pour arrêter la Blitzkrieg descendant la vallée de Florina ». Cette force armée est ainsi nommée d'après son chef, le général de division Iven Mackay. Les unités présentes au défilé de Klidi même sont la 19e brigade d'infanterie australienne, moins un bataillon, remplacé par un bataillon britannique du King's Royal Rifle Corps. L'infanterie est épaulée par quelques équipes d'artillerie britanniques et australiennes et des mitrailleurs néo-zélandais. Les autres unités formant la Force Mackay prennent position sur les flancs et à distance du défilé. Au 11 avril, les trois bataillons d'infanterie sont dispersés sur un front de 16 km de large concentré sur le défilé tortueux aux parois abruptes.

Le Kampfgruppe Witt, sous les ordres du Sturmbannführer Fritz Witt, lance une série d'attaques tests dans l'après-midi. Celles-ci sont repoussées avec vigueur avant de devenir plus agressives avec la tombée de la nuit. Le matin du 12, trente centimètres de neige recouvrent les collines et de nombreux soldats alliés postés sur les hauteurs souffrent de gelures. Pendant la nuit, la retraite vers la ligne Aliakmon est ordonnée.

Les Allemands lancent leur assaut principal à 8 heures 30. Les forces australiennes sur le flanc ouest sont obligées de reculer, mais contre-attaquent plus tard et regagnent la crête. Cependant, les troupes britanniques commencent à se retirer, pensant que les Australiens font de même. Ceci ouvre le défilé aux Allemands. En fin d'après midi, le régiment grec du Dodécanèse commence à se retirer plus à l'est, laissant exposées les troupes postées plus loin dans le défilé. L'arrivée des chars d'assaut allemands scelle la défaite alliée à Vévi. L'infanterie australienne est contrainte à une retraite chaotique. Les Allemands font 520 prisonniers et ne subissent que 37 morts, 95 blessés et quelques prisonniers.

Les restes de la Force Mackay se regroupent dans les environs de Sotir.

Au matin du 14, les Panzers de la 9e division atteignent Kozani après de violents affrontements avec les chars d’assaut et les défenses anti-chars britanniques. Le soir même, la division établit un pont traversant l’Aliakmon. Les Alliés se retirent, formant une ligne de front à proximité du mont Olympe. Cette défense est composée de trois éléments principaux : le secteur du tunnel de Platamon situé entre le mont Olympe et la mer ; le défilé du mont Olympe lui-même ; et le défilé de Servia. En attirant les attaques sur ces trois défilés, cette nouvelle ligne défensive offre un plus grand potentiel défensif compte tenu des faibles forces disponibles. Pendant les trois jours qui suivent, l’avance des Panzers est stoppée par ces positions en montagne très fortifiées.

Le 15 avril, le tunnel de Platamon subit les attaques des troupes motorisées allemandes qui sont repoussées par le 21e bataillon néo-zélandais du colonel Macky, qui subit également de lourdes pertes. Plus tard dans la journée, un régiment de blindés allemands attaque les flancs du bataillon par la côte et dans les terres, mais les Néo-zélandais tiennent leurs positions. Après avoir reçu des renforts dans la nuit du 15 au 16, l’infanterie allemande attaque à l'aube les Néo-zélandais placés sur le flanc gauche, alors que plusieurs heures plus tard, les tanks passent à l’action le long des côtes. Macky, alors coupé de toute communication avec la compagnie située sur son flanc gauche et ayant deux autres de ses compagnies subissant le feu ennemi dans la vallée, décide d'ordonner la retraite. Elle est couverte par une compagnie de réserve, positionnée sur une crête au sud du tunnel de Platamon.

L'intention de Macky est alors d'établir un nouveau front environ 1,5 km plus au sud, mais celle-ci se révèle irréalisable et la retraite se poursuit jusqu'à l'embouchure des gorges du Pinios. Il est demandé à Macky de faire l'« essentiel pour empêcher l'accès des gorges à l'ennemi jusqu'au 19 avril, même si cela devait signifier l'extinction  ». Macky fait couler la barge permettant le franchissement de la rivière à l'extrémité ouest des gorges et met en place une nouvelle ligne défensive. Le 21e bataillon reçoit les renforts du 2e - 2e bataillon australien et plus tard du 2e - 3e bataillon et prend alors le nom de Force Allen, du nom du général de division Arthur Samuel Allen. Le 2e - 5e bataillon et le 2e - 11e bataillon se positionnent dans le secteur du village d'Elatia, au sud-ouest des gorges et ont pour objectif de tenir la sortie ouest des gorges pendant 3 ou 4 jours.

Le 16 avril, le Général Wilson rencontre le général Papagos pour l'informer de sa décision de battre en retraite jusqu'aux Thermopyles.

Alors que les Allemands s'enfoncent dans le territoire grec, la 1re armée grecque opérant en Albanie est réticente à l'idée de battre en retraite. Le général Wilson décrit cette réticence comme « la doctrine fétichiste qui voulait qu'aucun pouce de terrain ne devait être concédé aux Italiens ». À cause de cette réticence à céder du terrain aux Italiens, la retraite grecque n'a lieu que le 1er avril. La retraite alliée vers les Thermopyles ouvre une brèche à travers le Pinde par laquelle les Allemands risquent de prendre l'armée grecque à revers. Un régiment SS est chargé de barrer la retraite grecque en se dirigeant plein ouest vers Metsovo et à partir de là, vers Ioannina.

Le 20 avril, le général Giorgos Tsolakoglou, commandant des forces armées grecques en Albanie, offre sa reddition aux Allemands. L'historien britannique John Keegan écrit que Tsolakoglou « était cependant si déterminé à empêcher les Italiens de jouir d'une victoire qu'ils ne méritaient pas, qu'une fois que le caractère désespéré de la situation lui sembla évident, il ouvrit des pourparlers avec le commandant allemand de la division SS, Sepp Dietrich, afin d'arranger une reddition avec les Allemands seulement. » Le document original de la reddition n'inclut pas les Italiens. Outragé par cette situation, Mussolini ordonne une contre-attaque contre les Grecs qui viennent pourtant de se rendre. Elles sont repoussées pour le plus grand embarras de Mussolini. Les protestations de Mussolini auprès de Hitler amènent à la signature d'un nouvel armistice le 23 avril dans lequel l'Italie est incluse. Par reconnaissance envers la bravoure montrée par les Grecs, les soldats sont autorisés à retourner dans leurs foyers (plutôt que d'être maintenus dans des camps de prisonniers de guerre), et les officiers sont autorisés à conserver leurs armes de poing.

La reddition de Tsolakoglou n'est pas acceptée par Alexandros Papagos. Lorsque celui-ci apprend l'existence de pourparlers, il ordonne au général Ioannis Pitsikas de limoger Tsolakoglou. Mais Pitsikas avait déjà été remercié par Tsolakoglou quelques jours plus tôt.

Le jour de la reddition grecque, l'armée bulgare entre en Grèce, occupant le nord du pays, et offrant ainsi à la Bulgarie un accès à la mer Égée en Thrace et en Macédoine Orientale. Les forces bulgares ne prennent pas part aux opérations militaires. En accord avec des arrangements pris avant l'offensive allemande et en remerciement pour avoir laissé passer les troupes allemandes, l'Allemagne permet à la Bulgarie d'occuper une partie de la Grèce. Le territoire ainsi occupé par les Bulgares s'étend du Strouma jusqu'à une ligne de démarcation passant entre Alexandroúpoli et Svilengrad à l'ouest de la Maritsa. Dans cet espace géographique, on trouve les villes d'Alexandroúpoli (Дедеагач, Dedeagach), Komotiní (Гюмюрджина, Gyumyurdzhina), Serrès (Сяр, Syar), Xanthi (Ксанти), Drama (Драма) et Kavala (Кавала), ainsi que les îles de Thasos et Samothrace. La Bulgarie occupe également ce qui correspond de nos jours à la République de Macédoine et la partie orientale de la Serbie.

Alors que les Allemands s'enfoncent dans le territoire grec, la XIIe armée est chargée de la pacification de la Macédoine orientale, de la Thrace et des îles de l'Égée. Le XXXe corps d'armée occupe le nord-est du pays, et la 50e division d'infanterie s'établit à Thessalonique où elle reste tout le temps de la campagne. La 164e division d'infanterie est chargée de sécuriser les côtes de la mer Égée et d'occuper les îles. Thasos et Samothrace sont occupées les 16 et 19 avril, Limnos est capturée le 25, Mytilène et Chios tombent le 4 mai. La capture des îles de la mer Égée se fait sans réelle difficulté, même si les troupes allemandes rencontrent quelques résistances. Le transport des troupes d'infanterie se fait à bord de petites embarcations que les Allemands réquisitionnent dans les divers ports de la côte, et qui doivent parfois parcourir près de 100 km. Comme pour les hameaux ou pour certaines vallées, l'Occupation arrive plus discrètement sur les îles. Par exemple, l'île de Syros se rend après un bref bombardement aérien : 3 soldats autrichiens et un officier subalterne entrent au port, à la rame, et hissent la croix gammée à son entrée.

Les Allemands attaquent le 24 avril, rencontrent une résistance féroce, perdent une quinzaine de chars et subissent des pertes considérables. Cette action de retardement accomplie, l'arrière-garde bat en retraite en direction des plages d'évacuation et établit une nouvelle ligne défensive à Thèbes.

Après avoir forcé les Thermopyles, les Allemands organisent une opération aérienne afin de capturer les ponts franchissant le canal de Corinthe, avec le double but de couper la retraite des Britanniques et de sécuriser leur propre avancée à travers l'isthme.

L'offensive est menée par la 1re division de parachutistes allemande le 26 avril et rencontre le succès jusqu'à ce qu'une munition perdue britannique allume des charges explosives qui détruisent ainsi le pont et causent de lourdes pertes. Bien que les Allemands réussissent à construire un pont temporaire en quelques heures et que la 5e division Panzer entre dans le Péloponnèse, l'attaque intervient quelques jours trop tard pour permettre d'isoler les troupes britanniques en Grèce centrale. Ils réussissent cependant à isoler les Australiens des 16e et 17e brigades. Dans le même temps, l'isthme est sécurisé et la plupart des alliés commencent à être évacués de Grèce depuis Kalamata et d'autres petits ports.

La Patrie, radio clandestine allemande qui diffuse ses émissions depuis le 18 avril fait monter la fièvre en diffusant des rumeurs inquiétantes. « Athéniens ! Ne buvez pas d'eau ! La mort vous guette! » prévient-elle en accusant les Anglais d'avoir déversé du poison avec des bacilles de la typhoïde dans le lac-réservoir de Marathon.

Les troupes allemandes se rendent directement sur l'Acropole et y hissent le drapeau nazi. Dans les jours qui suivent, la population athénienne et la presse internationale se font l'écho de différentes histoires à propos du drapeau nazi de l'Acropole. Selon la version la plus courante, les Allemands demandèrent à l'evzone chargé de la garde du drapeau grec, Konstantinos Koukidis, de descendre le drapeau grec de son mât et de le remplacer par la swastika. Le jeune soldat obéit, mais refusa de le remettre aux autorités allemandes, l'enroula sur son corps et se jeta du haut de l'Acropole, ce qui provoqua sa mort.

Après quelques actions de résistance dans le Péloponnèse, les troupes grecques et du Commonwealth doivent être évacuées vers la Crète et l'Égypte; c'est l'Opération Démon. Wilson fixe le début de l'évacuation au 28 avril, mais en raison de l'évolution de la situation, cette date est avancée au 24 avril. Pour mener à bien cette opération, une importante flotte est mise à la disposition des alliés: 6 croiseurs, 20 contre-torpilleurs, 7 destroyers, 19 bateaux de transport et toute une flotte de petits navires. La 5e brigade néo-zélandaise est évacuée dans la nuit du 24 avril, pendant que la 4e brigade néo-zélandaise bloque l'étroite route qui mène à Athènes. Le 25 avril, journée de l'ANZAC, quelques 5 500 Australiens sont évacués depuis les plages de Nauplie sur le HMAS Perth, HMAS Stuart et le HMAS Voyager. L'évacuation de 43 000 hommes se prolonge jusqu'au 28 avril mais est perturbée par la Luftwaffe qui réussit à couler plusieurs transports de troupes, en particulier au cours des nuits du 26 au 27 et du 27 au 28 avril. À Nauplie, le transport Ulster Prince s'échoue dans la nuit du 26 avril et le Hyacinth emmêle le câble de remorquage dans son hélice en essayant de dégager l'Ulster Prince. Les deux sont coulés par des bombardiers, ainsi que le transport Slamat et les destroyers HMS Diamond et HMS Wryneck. Les Allemands réussissent à capturer environ 8 000 soldats du Commonwealth ou yougoslaves qui n'ont pas pu être évacués et libèrent de nombreux soldats italiens qui avaient été faits prisonniers.

Avant de quitter la Grèce, des consignes précises de sabotage sont données : les radiateurs et batteries doivent être sabotés, les moteurs cassés à coups de marteau, les chevaux doivent être tués et les mules données aux civils grecs. Le roi doit intervenir personnellement pour empêcher la destruction des dépôts de carburant situés dans les environs d'Athènes afin de ne pas mettre en danger les populations civiles.

Après avoir conquis la Grèce continentale, l'Allemagne nazie envahit l'île de Crète le 20 mai 1941. Dès le 14 mai, la Luftwaffe bombarde les aéroports et les ports de l'île. Elle est virtuellement coupée des renforts qui pourraient venir du Moyen-Orient. Les Allemands utilisent des forces aéroportées lors d'une opération aérienne de grande envergure. Ils ont pour cible les trois grands terrains d'aviation de l'île à Maleme, Réthymnon et Héraklion. Ils rencontrent une surprenante résistance de la part des Grecs, des troupes du Commonwealth et des civils. Après une journée de combats, aucun des objectifs n'est atteint et les Allemands ont déjà perdu près de 4 000 hommes. Le Commandant Kurt Student désespère de ne pouvoir appliquer les plans allemands et envisage le suicide.

Le jour suivant, à cause d'une mauvaise communication et d'une mauvaise appréhension des événements de la part des commandants alliés, l'aéroport de Maleme tombe. Une fois Maleme sécurisée, les Allemands débarquent par milliers, malgré les deux convois coulés par la Royal Navy les 21 et 22 mai, et submergent toute la partie occidentale de l'île. Après sept jours de combats, les généraux alliés réalisent que tant d'Allemands ont débarqué que tout espoir de victoire est perdu. Au 1er juin 1941, les Alliés ont totalement évacué la Crète et l'île est entièrement sous contrôle allemand. Après les lourdes pertes essuyées par les troupes d'élite aéroportées, Hitler bannit toute idée d'opération aéroportée pour les batailles futures. Le général Kurt Student dira que la Crète est « le cimetière des parachutistes allemands » et une « victoire désastreuse ».

En Crète, les Britanniques disposaient de 1 512 officiers et 29 900 hommes de troupe ; les Grecs avaient 474 officiers et 10 977 hommes de troupes, dont les cadets de l'École militaire et de l'École de Gendarmerie, ainsi que 3 à 4 000 civils ; les Allemands avaient engagés 22 750 soldats et officiers et 1 370 avions. Les pertes allemandes sont estimées à 8 000 hommes et 370 avions détruits ou endommagés.

En même temps, les troupes grecques et alliées opposèrent ce que beaucoup d'historiens considèrent comme une incroyable résistance étant donné leurs ressources limitées. L'historien John Keegan écrivit que « la campagne de Grèce avait été une guerre de gentlemen, avec de l'honneur donné et accepté de la part de chaque adversaire ».

Des facteurs autres que la seule puissance militaire allemande pourraient expliquer la défaite de la Grèce. Il est attesté que certains affichaient des sentiments pro-nazis dans l'armée et l'administration grecques. Ainsi, avant même l'attaque allemande, le général Theodoros Pangalos, qui avait déjà gouverné la Grèce de façon dictatoriale en 1926, contacta le chargé d'affaires allemand à Athènes le 6 mars. Il lui proposait un « putsch » durant lequel il prendrait le pouvoir puis rejoindrait l'Axe. Le général Tsolakoglou qui dirigeait l'armée de Macédoine occidentale, devint le premier chef du gouvernement pendant la période d'occupation ; et le chef de la police athénienne possédait des photos dédicacées de Hitler et de Goebbels accrochées aux côtés de celles de Metaxas et du roi. Enfin, le ministre de la défense, Papadimas, aurait donné une permission pour Pâques aux troupes tenant le front du centre, là où la pression allemande se faisait la plus forte. Alexandros Korizis, le successeur de Métaxas se serait suicidé pour ne pas avoir su convaincre son appareil d'État de résister aux forces nazies.

Les pertes allemandes, ont été officiellement annoncées à 5 000 dont 1 100 morts à la fin des opérations. Les pertes réelles seraient, selon les estimations, de 11 500 dont 2 500 morts. Les Alliés auraient perdu environ un quart de leurs 58 000 hommes dont 11 000 prisonniers. Les pertes italiennes s'élevèrent à environ 100 000 hommes sur la période de six mois qui l'opposa à la Grèce.

À l'issue de la bataille de Grèce, le pays est contraint de se retirer du conflit et est divisé en trois zones d'occupation entre les Allemands, les Bulgares et les Italiens, jusqu'à la reddition de l'Italie en 1943 puis au retrait des troupes allemandes en octobre 1944.

La résistance grecque est un tournant dans le cours de la Seconde Guerre mondiale. Certains historiens tels que John Keegan pensent que l'invasion allemande de la Grèce a retardé l'invasion de l'Union soviétique par l'Axe d'au moins six semaines. Hitler planifia l'invasion de l'Union soviétique pour le 15 mai 1941, mais elle ne put avoir lieu avant le 22 juin. Ce retard se révéla fatal, car il obligea les forces de l'Axe à se battre pendant l'hiver russe. L'armée allemande fut incapable de capturer Moscou et son avancée vers le Caucase en fut d'autant plus retardée. Adolf Hitler lors d'une discussion avec Leni Riefenstahl aurait dit que « si les Italiens n'avaient pas envahi la Grèce et demandé notre aide, la guerre aurait pu prendre un cours différent. Nous aurions devancé le froid russe de plusieurs semaines et conquis Leningrad et Moscou. Il n'y aurait eu aucun Stalingrad. ». D'autres historiens tels qu'Antony Beevor pensent que ce n'est pas la résistance grecque qui a retardé l'invasion de l'Union soviétique par l'Axe, mais plutôt la lente construction de pistes d'atterrissage dans l'est de l'Europe. Pour l'historien Basil Liddell Hart, ce fut davantage le coup d'État inattendu du 27 mars 1941 en Yougoslavie, alors que le pays venait de se lier par un pacte à l'Axe, qui provoqua ce délai. Hitler décida le jour même d'envahir la Yougoslavie, ce qui provoqua sa décision de retarder l'invasion de la Russie.

L'occupation de la Grèce par l'Axe se révéla une tâche difficile et coûteuse. L'occupation engendra la création de plusieurs groupes de résistance. Ceux-ci se lancèrent dans une guerilla contre les occupants et mirent en place des réseaux d'espionnage. Cette résistance énergique força l'Axe à mobiliser des centaines de milliers de soldats en Grèce, alors qu'ils auraient pu être utiles ailleurs. Des actes héroïques de résistance virent le jour, dont le vol du drapeau nazi flottant sur l'Acropole par Manolis Glezos et Apostolos Santas, ou la destruction du pont de chemin de fer des gorges du Gorgopotamos. Les civils grecs subirent de terribles épreuves engendrées par une occupation brutale. Selon l'historien russe Vadim Erlikman, la Grèce perdit 435 000 habitants entre 1940 et 1945.

D'un autre côté, la décision d'envoyer des troupes britanniques en Grèce fut condamnée par certains militaires connaissant bien la situation en Méditerranée, dont le Général Francis de Guingand de l'état-major interarmes du Caire. Le général Alan Brooke qualifia cette entreprise de « véritable bourde stratégique », car elle avait enlevé à Archibald Wavell les forces nécessaires à sa conquête de la Libye après l'opération Compass, ou à empêcher Erwin Rommel et l'Afrika Korps de progresser. De fait, cela a prolongé la Campagne Nord-africaine qui aurait pu être conclue en 1941.

La résistance grecque reçut un hommage considérable de la part des officiels allemands. Wilhelm Keitel, commandant suprême des forces armées allemandes dit au cours du procès de Nuremberg : « l'incroyable résistance des Grecs retarda d'un ou deux mois vitaux l'offensive allemande contre la Russie ; sans ce retard, l'issue de la guerre aurait été différente sur le front de l'est et pour la guerre en général. ». Adolf Hitler ordonna qu'aucun Grec ne devait être fait prisonnier et que ceux qui l'étaient devaient être relâchés sur le champ par respect pour leur bravoure.

En haut



Occupation de la Grèce par les puissances de l'Axe

Inflation en Grèce entre 1941 et 1944.

En avril 1941, la Grèce capitule face à l’invasion conjuguée de l’Allemagne et de l’Italie. Commence alors une période d’occupation de la Grèce par les forces de l’Axe auxquelles se joint la Bulgarie. L’occupation (en grec moderne : η Κατοχή, i Katochí) prend fin en octobre 1944 avec le retrait des troupes allemandes de la partie continentale du pays. Cependant, dans quelques îles, comme en Crète, les garnisons allemandes restent présentent jusqu'en mai-juin 1945.

Le 28 octobre 1940, l’Italie envahit la Grèce à partir de l'Albanie qu'elle occupe déjà depuis avril 1939. Cependant, l'armée grecque prouve qu'elle peut résister et contre-attaque, forçant l'armée italienne à battre en retraite. En mars 1941, une nouvelle offensive italienne échoue, mettant fin aux prétentions italiennes en Grèce, et obligeant l'Allemagne à intervenir pour venir en aide à son allié. Le 6 avril 1941, l'Allemagne envahit la Grèce depuis la Bulgarie afin de sécuriser son front sud. La bataille de Grèce s'achève le 28 avril 1941 avec la chute de Kalamata. À l'issue de la bataille de Grèce, le pays est divisé en trois zones d'occupation entre les Allemands, les Bulgares et les Italiens.

L’occupation de la Grèce s'avère être une dure épreuve pour la population civile : plus de 300 000 personnes meurent de faim, des milliers d'autres des représailles des occupants, et l'économie du pays est ruinée. La Grèce abrite également un des mouvements de résistance les plus actifs de l'Europe occupée. Des groupes de résistance luttent ouvertement contre les puissances occupantes, mais commencent à s'entre-déchirer à la fin de 1943. Lorsque la Grèce est libérée en octobre 1944, elle se trouve dans un état de crise qui la plonge dans la guerre civile.

Le 28 octobre 1940, l'ambassadeur italien à Athènes, Emanuele Grazzi, adresse au premier ministre grec, Ioannis Metaxas, un ultimatum demandant le libre passage des troupes italiennes sur le sol grec. Le refus de Metaxas déclenche la guerre entre l'Italie et la Grèce. Mussolini estime que la Grèce fait partie de la sphère d'influence naturelle de l'Italie et espère, par la même occasion, imiter les succès militaires de Hitler.

Cependant, l'armée grecque prouve qu'elle peut résister et contre-attaque, forçant l'armée italienne à battre en retraite. Vers la mi-décembre, les Grecs occupent à leur tour un quart du territoire albanais. En mars 1941, une nouvelle offensive italienne échoue, mettant fin aux prétentions italiennes en Grèce, et obligeant l'Allemagne à intervenir pour venir en aide à son allié. Le 6 avril 1941, l'Allemagne envahit la Grèce depuis la Bulgarie afin de venir en aide à son allié italien et, par la même occasion, sécuriser son front sud. L'armée grecque largement inférieure en nombre et en équipement s'effondre. Athènes tombe le 27 avril 1941 pendant que le Commonwealth réussit à évacuer près de 50 000 hommes. Après la chute de la Crète le premier juin, la Grèce est sous la domination des puissances de l'Axe.

L'attaché militaire allemand à Athènes assurait qu'un faible contingent allemand aurait suffit pour tenir la Grèce, à la condition qu'il n'y ait pas d'occupation italienne. D'autant que pour l'Allemagne, la Grèce n'a pas l'importance stratégique que peuvent avoir d'autres pays conquis, tel que la Pologne. Pour Hitler, elle est aussi plus respectable d'un point de vue racial et la façon dont les Grecs se sont battus contre les Italiens suscite chez lui une réelle admiration. Mais Hitler est pressé de rapatrier ses troupes vers le nord, et n'ayant pas vraiment de projet à long terme pour la Grèce, annonce le 13 mai, avant même l'invasion de la Crète, son intention de partager le pays avec les Italiens. Finalement, c'est une triple occupation qui s'installe. Le pays est partagé entre Allemands, Italiens et Bulgares. À l'exception d'Athènes, où autorités allemandes et italiennes sont co-gérantes, la division du pays est stricte. Les trois zones sont gérées différemment, et le pays est divisé en treize régions économiques hermétiquement closes. La navigation entre les îles est soumise à un blocus britannique rendant les communications difficiles et isolant les îles. D'ailleurs, même la pêche est interdite.

L'Allemagne se réserve les régions clés du pays : Athènes et son port du Pirée, Thessalonique et son arrière-pays dans une région comprise entre l'Aliakmon à l'ouest et le Strymon à l'est, une zone-tampon le long de la frontière turque correspondant à l'actuel nome d'Évros, la Crète à l'exception de sa partie la plus orientale, les îles du golfe Saronique, et quelques îles de l'Égée, dont Milo, Lemnos, Mytilène et Chios. Si les Allemands se contentent de ces quelques régions, c'est dans le souci d'économiser ses hommes.

La zone allemande, ainsi que la Serbie, fait partie du commandement du Suedost (Sud-est), lui même sous l'autorité du Wehrmachtbefehlshaber Suedost (ou W.B. Suedost - Commandement des forces armées du sud-est), dont le quartier-général est à Kifissia dans la banlieue d'Athènes avant de déménager à Thessalonique. Jusqu'au mois d'octobre 1941, le commandant des forces armées est le maréchal Wilhelm List, celui-là même qui dirigea l'armée allemande au cours de l'invasion. Il est remplacé par Walther Kuntze, lui-même remplacé en août 1942 par Alexander Löhr, général de l'armée l'air et officier le plus gradé jusqu'au départ des Allemands en octobre 1944. Parallèlement à l'organisation militaire, Hitler nomme Gunther Altenburg comme plénipotentiaire du Reich en Grèce (Bevollmaechtigter des Reiches für Griechenland - B.d.R.f.G) afin de gérer les relations avec le gouvernement grec dans les affaires internes du pays. Mais bien souvent, le W. B. Suedost outrepasse l'autorité du plénipotentiaire.

En rejoignant l'Axe le 1er mars 1941, la Bulgarie espère renouveler son rêve de Grande Bulgarie, récupérant au passage les territoires de Macédoine et en Thrace occidentale, perdus à l'issue de la Deuxième Guerre balkanique au profit de la Grèce.

Le jour de la reddition grecque (21 avril), l'armée bulgare entre en Grèce, occupant le nord du pays, et offrant ainsi à la Bulgarie un accès à la mer Égée en Thrace et en Macédoine Orientale. Les forces bulgares ne prennent pas part aux opérations militaires. En accord avec des arrangements pris avant l'offensive allemande et en remerciement pour avoir laissé passer les troupes allemandes, l'Allemagne permet à la Bulgarie d'occuper une partie de la Grèce.

La Bulgarie occupe les territoires à l'est du Strymon, à l'exception du nome d'Evros occupé par les Allemands. La Bulgarie prend aussi possession des îles qui font face aux côtes de Thrace que sont Thasos et Samothrace. Dans cet espace géographique, on trouve les villes d'Alexandroúpoli (Дедеагач, Dedeagach), Komotiní (Гюмюрджина, Gyumyurdzhina), Serrès (Сяр, Syar), Xanthi (Ксанти), Drama (Драма) et Kavala (Кавала).

Ces régions sont "bulgarisées" : noms de villages, patronymes, pierres tombales, liturgie doivent être en langue bulgare. L'usage du grec est interdit en public, les livres en grec sont détruits, les entreprises grecques reçoivent un patron bulgare. Il semble que les Grecs vivent mal cette bulgarisation et nombreux sont ceux qui cessent d'envoyer leurs enfants à l'école. Les Bulgares ne sont pas plus appréciés des musulmans, qui représentent 100 000 personne dans cette région. 20 000 Pomaques, des musulmans de langue bulgare, se voient imposer un baptême collectif. En 1942, Grecs et musulmans occupant la zone doivent se bulgariser ou quitter la région, ce qui provoque le départ de 200 000 Grecs vers la Macédoine. Aussi, en 1943, les Allemands, qui pensaient confier toute la Macédoine aux Bulgares afin de pallier la défection italienne, préfèrent renoncer et se contentent de céder la région de Kilkis, la Chalcidique, et le nord du nome de Thessalonique.

Le reste du pays est confié aux Italiens, soit la majeure partie de la Grèce continentale et la plupart des îles. Plusieurs propositions d'annexion de ces territoires sont envisagées par Rome, mais aucune n'est vraiment appliquée au cours de la guerre en partie à cause de la pression de Victor Emmanuel III et des Allemands, déjà opposés aux annexions bulgares. Cependant, les îles ioniennes, étant depuis longtemps une cible de la politique expansionniste italienne, forment un état ionien, annexé de fait par l'Italie.

L'occupation italienne est, à ses débuts, particulièrement mal vécue par les Grecs, qui acceptent mal de voir l'Italie occuper des terres qu'elle n'a pas conquise militairement. Par la suite la coexistence semble plus facile : les militaires italiens essayent parfois d'alimenter la population et n'appliquent ni les représailles massives, ni les politiques raciales demandées par le Reich.

En Crète, le général Angelo Carta abrite dans sa zone d'occupation des résistants recherchés par les Allemands, aide certains d'entre eux à rejoindre le Dodécanèse et organise même de fausses exécutions pour leurrer ses alliés.

Charger de contrôler la majeure partie de la campagne grecque, l'armée italienne est la première a affronter les mouvements de résistance en 1942-1943, et échouent à les contenir. À la mi-1943, la résistance créé des zones de Grèce libre dans les régions montagneuses dont elle a chassé l'armée italienne.

Après la capitulation de l'Italie en septembre 1943, la zone italienne est occupée par les Allemands, de sorte que la politique de représailles et raciale s'étend à ces régions.

Ioánnis Metaxás qui avait défié Mussolini en répondant Non à l'ultimatum italien, meurt le 29 janvier 1941, en pleine contre-attaque grecque. Son successeur, Alexandros Korizis rejette la demande allemande de reddition sans condition le 6 avril, mais se suicide moins de deux semaines plus tard (18 avril) alors que les Allemands marchent sur Athènes et que la loi martiale y est déclarée.

Le 21 avril, c'est Emmanouil Tsouderos qui est nommé premier ministre. Entre temps, le général Giorgos Tsolakoglou offre la reddition de l'armée à l'Allemagne le 20 avril.

Le roi Georges II et le gouvernement d'Emmanouil Tsouderos évacuent Athènes et se réfugient en Crète le 23 avril, d'où ils continuent à défier les demandes de soumissions allemandes, et ce jusqu'au débarquement des Allemands sur l'île. Devant l'avancée allemande, le gouvernement grec se réfugie ensuite au Caire, en même temps que le général Freyberg, commandant des forces alliées en Crète. Le roi Georges II part en exil à Londres, pour la seconde fois au cours de son règne, semble-t-il à la demande du roi Farouk Ier d'Égypte et de ses ministres pro-italiens avant de rejoindre Le Caire en mars 1943. Le roi Georges reste internationalement reconnu comme étant le chef d'état, appuyé par le gouvernement lui-même en exil. Le roi dispose du soutien des Britanniques et surtout de Winston Churchill qui voit en Georges II le symbole de la continuité constitutionnelle et nationale. Winston Churchill considère aussi que les Alliés ont une dette morale envers la Grèce et son roi pour la lutte acharnée qu'ils ont menée contre les Italiens lors de l'hiver 1940-1941.

Pour Hitler, la solution la moins coûteuse en hommes et en ressources est la mise en place d'un gouvernement fantoche et composé d'autochtones. Le 26 avril 1941, Giorgos Tsolakoglou, se déclare prêt à servir le Führer et assure aux Allemands qu'un gouvernement sous sa direction bénéficierait du soutien de l'ensemble de l'armée grecque. Hitler le nomme premier ministre le 30 avril.

Le fait que Tsolakoglou soit un militaire s'en ressent dans la composition de son premier gouvernement dont six autres généraux font partie. Les quelques civils qui composent ce gouvernement ont des rapports ambigus avec les Allemands, ainsi Kontantinos Logothetopoulos est l'époux d'une nièce du maréchal List et Platon Hatzimichalis est un marchand avec des attaches commerciales en Allemagne.

L'occupation de la Grèce a des effets désastreux sur l'économie du pays et anéantit la capacité de production de la Grèce pour des années. Bien que divisé en trois zones, la politique économique du pays est bel et bien gérée par l'Allemagne et la Grèce doit servir les intérêts économiques du Reich. La Grèce doit, comme les autres pays occupés, fournir hommes, matériel et matières premières au Reich. Ainsi, entre mai et septembre 1941, les prélèvements agricoles portent sur 71 000 tonnes de raisins secs, 1 000 tonnes d'huile d'olive, 110 000 tonnes de tabac, 5 000 tonnes de coton, 4 000 tonnes de figues. Au cours des trois premières semaines d'occupation, 25 000 oranges, 4 500, 100 000 cigarettes partent de Chios. Des frais d'occupation, toujours plus élevés sont exigés : 6 milliards de drachmes en avril 1941, 180 milliards en octobre 1942, 230 milliards en novembre 1943. Pour couvrir les dépenses, l'Allemagne fait imprimer des drachmes d'occupation, et l'Italie des drachmes ioniens.

Pour mettre la main sur les richesses minières du pays, des contrats avec les entreprises allemandes ou italiennes sont imposés aux entreprises grecque. Des cadres de grands groupes industriels comme Krupp ou IG Farben se voient confier des postes de conseillers auprès de la direction des finances du haut commandement de la Wehrmacht. Entre le 1er et le 10 mai 1940, la production entière des mines grecques de pyrite, de chrome, de nickel, magnésie, de bauxite et d'or passent dans les mains allemandes. L'Allemagne met également la main sur la production d'électricité, les chantiers navals, les usines de munitions. La compagnie Shell est contrainte de vendre sa succursale grecque aux Allemands après avoir subi des menaces de sabotage et de confiscation.

Cette mainmise de l'Allemagne sur les richesses grecques provoque des tensions avec l'Italie. Les défenseurs des intérêts italiens ne tardent pas à se rendre à Athènes pour faire pression sur les industriels grecs afin qu'ils signent des contrats avec eux plutôt qu'avec les Allemands. La question des ressources grecques semblent avoir détérioré les relations entre les deux partenaires de l'Axe. Ils finissent pas se partager les stocks de cuir du pays, tandis que du coton, de la résine et produits utiles à l'effort de guerre italien traversent l'Adriatique. L'Allemagne assouplit également sa position concernant quelques entreprises pour lesquelles les Italiens peuvent prendre position.

Cette tactique d'expropriation et de pillage, montrent une volonté de faire passer avant tout les intérêts économiques du Reich avant l'intérêt politique. Les effets se font vite sentir : montée brutale du chômage et chute de la production industrielle, soit parce que les usines manquent de matières premières, soit parce que leurs stocks sont expédiés hors de Grèce. La production d'électricité est divisée par deux entre 1940 et 1942. On assiste à une déforestation autour d'Athènes, où les arbres sont le seul moyen de chauffage et de cuisson.

La rareté des produits disponibles et l'augmentation de l'argent en circulation entrainent une inflation galopante et la destruction du système monétaire. Un oka de pain passe de 12 drachmes en 1940 à 760 en janvier 1942 et 34 millions en septembre 1944. L'oka d'huile subit la même inflation et passe de 50 drachmes en 1940 à 1450 en 1942 et 400 000 en janvier 1944. Les prix à Athènes auraient été multipliés par 10 000 entre octobre 1941 et février 1944.

Une spécificité de la Grèce d'avant-guerre est que la culture des céréales ne se fait pas dans de larges exploitations, faciles à contrôler par les autorités locales. La réforme agraire engagé par Eleftherios Venizelos au lendemain de la première guerre mondiale a transformé la Grèce en une nation de petits propriétaires qui souvent ne mettait en vente qu'une partie de leur production afin de garantir la stabilité des prix. La réquisition des stocks des agriculteurs par l'Axe dans les premières semaines de l'occupation, ne les encourage pas à vendre ni même à déclarer leur récolte, ce qui provoque une hausse des prix.

Avant la guerre, la Grèce importe 400 000 à 500 000 tonnes de blé par an. Mais la Grèce est désormais coupée de ses sources traditionnelles d'approvisionnement que sont les États-Unis, l'Australie et le Canada. De plus, la Grèce n'est plus en mesure de contrôler sa propre production de blé. La Macédoine orientale qui regroupe alors 11% de la population grecque, produit 40% de la production totale de blé, 60% du seigle et 60% des œufs. Une production destinée aux Bulgares désormais. Idem pour l'huile d'olive de Lesbos, qui ne peut plus être acheminée vers le continent. Et faute de matériel, d'engrais d'hommes et d'animaux de trait, la production agricole s'effondre. Par rapport à 1937-1940, la production de tabac, coton, laine, soie, huile d'olive à diminué de 90% en 1942, celle de blé, lentille et d'orge de 62 à 72%.

L'arrêt de l'importation de blé, la fragmentation du territoire et la faible récolte de blé en 1941 (inférieure de 15 à 30% par rapport à l'année précédente) provoque une famine en Grèce au cours de l'hiver 1941-1942.

Très sévère entre septembre 1941 et l'été 1942 à Athènes qui se situe loin des centres de production et dont la population est gonflée par les réfugiés et les soldats démobilisés, et dans les Cyclades, privées des ressources de la mer et où les rendements des cultures sont faibles. Elle se fait ensuite plus rampante mais toujours présente dans les deux grandes villes du pays et s'étend aux zones montagneuses en 1943 et 1944.

Au début, les Italiens maintiennent la ration de pain à un niveau élevé, et ce aussi longtemps qu'il leur est possible semble-t-il. la ration de 300 grammes que les Athéniens reçoivent avant le début de l'occupation passe à 200 grammes à fin juin. Par la suite, on ne distribue plus de pain ou alors un jour sur deux et sa qualité diminue. À la mi-novembre 1941, les réserves ne sont plus que de trois semaines à raison de moins de 100 grammes par habitant. Les Italiens choisissent de réduire leurs prélèvements et obtiennent des Allemands la liberté de ravitailler leur zone sur leurs propres réserves, mais l'Italie ne possède pas de blé en excès et le blocus britannique empêche les navires de traverser l'Adriatique.

Pour la première fois depuis que des statistiques sont enregistrées, le nombre des décès dépasse le nombre des naissances à Athènes. De 15 naissances pour 1 000 habitants en 1940, le chiffre chute à 12,5 pour l'année 1941 et 9,6 en 1942, alors que dans le même temps, le chiffre des décès passe de 12 pour 1000 en 1940 à 25,8 en 1941 et 39,3 en 1942. Entre octobre 1941 et octobre 1942, 50 000 décès dus à la faim sont déclarés pour la région d'Athènes, du Pirée et d'Égine. Autre exemple, sur l'île de Syros, où en 1939 les naissances dépassaient les morts de 52 personnes, le chiffres des morts dépasse de 962 celui des naissances en 1942. Le chiffre total des victimes est de 250 000 selon la Croix-Rouge, de 500 000 selon l'antenne grecque de la BBC, sur une population de 7,3 millions d'habitants. 65 à 70% de l'ensemble des victimes grecques de la seconde guerre mondiale sont mortes lors de la famine. Les chiffres semblent pourtant sous-estimés, car de nombreux décès ne sont pas déclarés. Afin de garder les tickets de rationnement, les familles se débarrassent des corps de leurs proches ou les enterrent à la hâte dans des tombes anonymes. Des centaines de cadavres non identifiés sont ramassés par les services municipaux et ne figurent pas dans les décomptes officiels. Le ministère de la santé attribue directement à la faim le tiers voire la moitié des décès du pays. Mais indirectement, la famine en a probablement tué beaucoup plus car la malnutrition rend les gens plus vulnérables à la tuberculose, la grippe et autres maladies.

Allemands, Italiens et Britanniques se renvoient la responsabilité du désastre. L'Axe présente la famine comme le résultat du blocus britannique et suggère aux Alliés de le lever pour permettre le ravitaillement du pays. Mais les Britanniques se refusent à lever le blocus car n'ont pas beaucoup d'autres ressources contre leur ennemi. Mais l'opinion publique en Grande-Bretagne et aux États-Unis s'émeut des descriptions faites de la famine, et pousse leurs gouvernements à trouver des moyens d'actions. Le 25 avril 1941, le gouvernement grec à Londres sollicite une aide britannique et demande une levée du blocus. Le gouvernement britannique, reconnait que le cas de la Grèce doit être traité à part, d'une part parce que le pays dépend énormément des importations de blé et que la Grèce avait rendu de grands services aux Alliés. La solution trouvée par les Britanniques est alors de faire parvenir du blé depuis la Turquie, elle-même dans la zone de blocus.

Dès novembre 1940, la Greek War relief Association of New-York voit le jour aux États-Unis sous la direction du président de la Fox, d'origine grecque. Elle collecte des fonds pour acheter des céréales en Turquie. En octobre 1941, la vapeur turc Kurtulus arrive au Pirée chargé de grains, sous pavillon du Croissant-Rouge. Entre octobre 1941 et janvier 1942, le Kurtulus fait 5 voyages avant d'être coulé et n'ayant pu fournir à la Grèce que 6 735 tonnes de blé au total. Le Dumlupinar lui succède, mais en avril 1942, la Turquie interdit les exportations de blé et au final ce ne sont que 17 500 tonnes de céréales et de légumes secs qui parviennent à la Grèce. Le gouvernement Tsoudéros fait pression sur le gouvernement britannique en faveur de la levée du blocus. En novembre 1941, le Vatican intervient à son tour, puis Roosevelt en décembre. En janvier 1942, le gouvernement en exil menace de démissionner si aucune mesure n'est prise. Les marins grecs de la flotte britannique font de même. Le 16 février 1942, la Grande Bretagne autorise le ravitaillement de la Grèce sous le patronage d'une autorité neutre. La mission internationale qui supervisait les distributions de blé du Kurtulus est élargie en incluant des Suédois. Les premières cargaisons de blé partent du Canada en juin 1942. L'amélioration des conditions de ravitaillement sont visibles immédiatement, et même si le taux de mortalité reste élevé tout au long de l'année 1942, les chiffres de l'hiver précédent ne sont plus atteints.

Le marché noir remplace petit à petit le marché officiel, sous contrôle de l'état. Le marché officiel devient inexistant et le marché noir est alors le seul moyen de ravitaillement d'Athènes et du Pirée. Car le morcellement du territoire fait en sorte que les régions productrices retiennent leurs réserves et entravent la circulation normale des biens. Le marché noir ne touche pas une catégorie sociale particulière, mais tous les échelons de la société, et surtout les plus élevés, qui ont accès aux stocks. Au printemps 1942, deux ministres soupçonnés de trafic doivent démissionner. En 1945, le président de l'association des commerçants de Thessalonique, le gouverneur de Macédoine et le président de la chambre d'industrie de Thessalonique sont accusés de marché noir à grande échelle.

La catégorie qui, plus que toute autre, profite du marché noir est celle des agriculteurs. Après la crise rurale de l'entre deux guerres, les campagnes voient là l'occasion de prendre leur revanche sur les villes, malgré les appels au civisme lancés par Tsolakoglou aux producteurs.

Pour Mazower, les prix pratiqués sont le reflet des risques encourus par les trafiquants pour faire passer des marchandises d'une île à une autre par exemple, et des pots-de-vin qu'il est nécessaire de donner afin de corrompre les autorités pour qu'elles ferment les yeux sur leurs trafics. La complicité entre autorités et trafiquants prend de telles proportions dans certaines régions, que le marché noir est indissociable de l'économie. Par exemple, sur l'île de Siphnos, la garnison de 120 militaires italiens possède la maitrise absolue du commerce de l'huile d'olive, dont ils distribuent une petite quantité aux habitants de l'île avant de revendre le reste à des négociants.

Dès le mois de mai 1941, Tsolakoglou annonce que des tribunaux spéciaux seront créés afin de juger les spéculateurs. Mais en novembre de la même année, alors qu'un groupe d'importateurs est accusé d'approvisionner le marché noir en sucre doit être jugé, les rumeurs affirment que des ministres du gouvernement sont impliqués dans ce trafic, ainsi que la propre épouse de Tsolakoglou.

En Grèce, on peut distinguer plusieurs types de collaboration avec l'occupant. Il y a tout d'abord une collaboration gouvernementale, une autre économique, une autre par sentiment anti-communiste, puis le cas particulier des minorités mal intégrées et tentées par la collaboration.

Giorgos Tsolakoglou est nommé premier ministre de la Grèce par Hitler et forme le premier gouvernement de la Grèce occupée le 28 avril 1941. « Dès le 30 avril, Tsolakoglou prête un serment clair: rétablir la tranquillité et l'ordre et combattre toute action hostile aux troupes de l'Axe, collaborer loyalement avec les forces de l'Axe pour l'application du Nouvel Ordre en Europe. » Les anciens généraux de Metaxas qui ne suivent pas le roi en exil forment le premier gouvernement de l'occupation. Aucun d'entre eux n'a reçu de formation politique particulière, et certains doivent leur nomination à leurs bonnes relations avec l'Allemagne. Ainsi, Nikolaos Markou, responsable de la police de sécurité, est surtout connu pour avoir mené une mission chargée de l'achat d'armes à l'Allemagne pour l'armée grecque en 1938. On retrouve des officiers à tous les postes gouvernementaux, à l'exception de deux : le ministère de l'économie, et celui de la santé.

L'Allemagne peut s'appuyer sur des parti grecs d'extrême-droite. Fondé en 1931, le Parti fasciste grec compte moins de 50 000 membres, mais on trouve à sa tête des personnalités de premier plan. Après la capitulation de la Grèce, le Parti fasciste grec envoie ses excuses à Adolf Hitler pour la résistance opposée par la Grèce à l'Allemagne. D'autres partis fascistes, tels que l'Union Nationale de Grèce (Ethnike Enosis Ellados - EEE) existent. À l'été 1941, la plupart de ces groupes fusionnent, à l'exception de l'EEE, pour former l'Organisation Politique Nationale Socialiste (Ethniko-Sosialistike Patriotike Organosis - ESPO) sous la direction du docteur Stereodemas. Les Allemands encouragent le développement des mouvements fascistes en tant qu'alliés potentiels dans leur lutte contre le communisme, mais leur faible nombre et le peu d'écho qu'ils rencontrent au sein de la population font se tourner les Allemands vers d'autres alliés.

Le but initial de l'Allemagne est la mise en place d'un gouvernement suffisamment faible lui permettant de se servir des ressources de la Grèce. Au fur et à mesure que la résistance grandit au cours de l'hiver 1942-1943, le Reich cherche alors des figures énergiques dans leur lutte contre le bolchévisme. Les Allemands pensent mettre Ioannis Rallis à la tête du gouvernement, car ils le pensent plus efficace dans la lutte contre le communisme. Les Italiens proposent Gotzamanes. En novembre 1942, Tsolakoglou est remercié et Allemands et Italiens arrivent à un compromis sur la personne du docteur Konstantinos Logothetopoulos en tant que premier ministre. Logothetopoulos, qui s'entoure quasiment de la même équipe gouvernementale que son prédécesseur, ne convainc pas plus l'occupant dans sa capacité à endiguer la menace communiste. Le 6 avril 1943, il est donc remplacé par Ioannis Rallis. Il se sépare de la plupart des généraux au pouvoir et les remplace par des civils. Il organise en avril également les bataillons de sécurité, chargés de contrer les réseaux de résistants et donc les communistes. Ces bataillons de sécurité sont composés d'officiers royalistes, que Rallis n'hésite pas à menacer en cas de réticence de leur part. En effet, à partir de janvier 1944, il menace de supprimer salaires et retraites aux officiers qui refuseraient d'y servir. Ces bataillons de sécurité sont placés sous le commandement du Höhere SS- und Polizeiführer (HSSPF - Haut commandant de Police). Treize unités, comptant 8 000 hommes au début de l'été 1944 et 16 625 hommes en septembre, sont équipées par la Wehrmacht. Cinq autres unités, de 1 000 chacune, entrainées par l'Allemagne et équipées par l'Italie, sont l'élite des bataillons de sécurité et portent le nom de bataillons Evzones. Concentrés principalement dans le Péloponnèse, ils se rendent parfois à Athènes et ses environs pour mener des actions anti-communistes. Quatre nouveaux bataillons sont créés à l'hiver 1943-1944 afin de couvrir le centre et le sud-est du pays (Évrytanie, Thessalie, Boétie, Eubée et Attique). En plus des bataillons de sécurité, sont créées des unités chargées d'assassiner des militants communistes. Les bataillons de sécurité et les autorités allemandes leur fournissent des listes de "communistes" à éliminer. Mis en en place en mars 1944, ils assassinent au cours du premier mois 50 membres de l'EAM ou de l'ELAS dans la région de Volos. Mais c'est à Athènes que l'action des bataillons est la plus efficace selon Joëlle Dalègre : ils effectuent des blocus, encerclant certains quartiers et rassemblent tous les hommes avant de faire venir un "informateur", qui sous couvert d'une cagoule noire désigne les résistants et les partisans communistes présents. Les hôpitaux d'Athènes sont nettoyés de cette façon le 20 novembre 1943, puis c'est au tour des quartiers rouges d'Athènes (Byron, Kaissariani, Néa Smyrni ou Néa Ionia) au printemps 1944. Certains coupables désignés sont immédiatement pendus sur la place publique et leurs corps exposés. Les autres sont envoyés au camp de Chaidari, où 1800 d'entre eux seront exécutés entre septembre 1943 et septembre 1944.

Pour la même période, les autorité allemandes relèvent 3 308 morts, 1 750 capturés et 3 258 arrestations côté des résistants. Enfin, les bataillons de sécurité jouent un rôle lors de la retraite de l'armée allemande. Les bataillons servent à couvrir les arrières de l'armée quittant le pays et essaient d'empêcher la prise des villes du Péloponnèse par la résistance. De petites unités sont formées en Macédoine et servent au même but en octobre 1944.

Les bataillons de sécurité échouent à devenir des forces régulières de police. De nombreux volontaires s'engagent dans ces bataillons par sentiment anti-communiste et recherchent davantage le combat contre les résistants communistes que la routine d'un travail de policier. Hondros estime que les volontaires s'engagent par sentiment anti-communiste que par volonté de travailler pour l'Allemagne.

Lors des premiers mois de l'occupation, les efforts faits par l'OKW pour attirer des travailleurs grecs en Allemagne ne porte pas vraiment ses fruits. Selon l'OKW, en octobre 1941, sur trois millions et demi d'ouvriers travaillant en Allemagne, seuls 500 sont Grecs. Pour comparaison, en hiver 1941, presque la moitié des ouvriers sont Polonais, l'autre moitié vient majoritairement d'Europe de l'Ouest. Concernant les voisins de la Grèce, la Yougoslavie et l'Albanie fournissent respectivement à cette époque 109 000 et 14 600 ouvriers, alors que l'Albanie n'est pas un pays occupé.

En janvier 1942, un appel à candidature est lancé par le bureau de Thessalonique de la commission de recrutement des travailleurs grecs. Seuls une vingtaine de volontaires auraient répondu, ce qui déclenche une réquisition civile. Les recruteurs jouent à la fois sur la peur, en faisant croire que les récalcitrants iraient sur le front russe, et sur la promesse d'une vie meilleure en Allemagne avec des salaires bien plus importants qu'en Grèce. On fait publier dans la presse, de fausses lettres d'ouvriers grecs en Allemagne, vantant l'abondance de la nourriture et la qualité des soins médicaux. Des cérémonies d'adieux sont organisées dans les gares afin de rendre les départs spectaculaires. À la fin de l'année 1942, ce sont 10 000 ouvriers qui sont parti en Allemagne, niveau encore loin de l'objectif de 30 000 hommes annoncé par les autorités locales.

Même si aucune minorité n'a en totalité collaboré avec l'ennemi, on peut s'attarder sur la position de certaines d'entre elles. Il y a tout d'abord le cas des Valaques du Pinde. Ce sont des éleveurs orthodoxes et hellenophones dont la langue maternelle est l'aroumain, une langue proche du roumain. Mussolini essaie en 1942 de jouer sur cette parenté latine pour enrôler les Valaques au sein d'une légion valaque. Mais les Valaques étant une minorité bien intégrée et se considérant comme grecque, la légion ne rencontre guère de succès et est rapidement supprimée par la résistance.

Autre cas, celui des Tchams : des musulmans albanophones vivant dans le nord de la Grèce. Ils représentent environ 20 000 personnes, exclues des échanges obligatoires de population de 1925. Depuis cette date, ils se plaignent des réformes agraires et de l'enseignement en grec obligatoire. De plus, la Grèce n'a pas fait confiance aux 1 800 recrues Tchams au début de la guerre en les faisant travailler sur les routes avant de les reléguer dans les îles. Mussolini arrive donc à recruter quelques centaines d'entre eux au sein d'une légion des Tchams.

Le cas le plus important de collaboration pourrait concerner les populations slavophones ou bulgarophones de Macédoine. La Macédoine est une acquisition récente de la Grèce (1913). Même si un traité d'échange de population gréco-bulgare datant de 1919 a permis de clarifier quelque peu la situation dans cette région ou le mélange ethnique rendait impossible tout tracé de frontière, il reste néanmoins d'importantes minorités dans les régions frontalières. Une partie des slavophones sont resté vivre en Grèce, encouragés par la Bulgarie qui gardait des vues sur la région. Dans la région de Florina, il représentait 60% de la population selon l'administration grecque qui pratique une politique d'assimilation forcée en hellénisant les patronymes et noms de lieux, et en rendant obligatoire l'emploi du grec. En avril 1941, certains slavophones en profitent pour retirer leur enfant de l'école et détruire ce qui rappelle la Grèce; un ressentiment qui est exploité par les Allemands. En mai 1941, la Bulgarie fonde à Thessalonique un Club Bulgare, qui compte 70 000 à 80 000 membres, ainsi qu'une école bulgare. En 1943, les Allemands créent des milices slavophones collaboratrices.

Dès le mois d'avril 1941, les Allemands constatent l'hostilité de la population grecque à leur égard. Le 27 avril, jour de la capture d'Athènes l'evzone Koukidis qui gardait l'Acropole s'enveloppe du drapeau grec et se jette dans le vide plutôt que se le rendre. Le 10 mai 1941, un convoi de prisonniers britanniques, escorté de soldats allemands traverse la place Syntagma dans Athènes. La foule présente applaudit le convoi. Les soldats allemands répondent aux acclamations, pensant qu'elles sont pour eux. Mais ils doivent se rendre à l'évidence que la population d'Athènes soutient ouvertement l'armée britannique lorsqu'ils reçoivent les rires de la foule. Dans le nuit du 30 au 31 mai, Manolis Glezos et Apostolis Sandas se glissent sur l'Acropole et hissent le drapeau grec à la place de la svastika.

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Source : Wikipedia