Franquin

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Posté par hal 24/03/2009 @ 09:13

Tags : franquin, dessinateurs, bd, culture

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André Franquin

André Franquin est un auteur belge francophone de bande dessinée né le 3 janvier 1924 à Etterbeek, mort le 5 janvier 1997 à Saint-Laurent-du-Var.

À l'instar de Hergé dans Le Journal de Tintin, André Franquin est l'un des piliers de la bande dessinée belge, qui a œuvré pendant de nombreuses années aux côtés de Peyo, Morris, et Will dans Le Journal de Spirou. Il se distingue par la qualité de son dessin, notamment dans le rendu des mouvements et l'expression des personnages, en particulier des animaux. D'ailleurs, Hergé aurait dit : « à côté de André Franquin, je ne suis qu'un piètre dessinateur ». Il se démarque aussi par l'inventivité de son humour, souvent coloré de poésie.

Son souci de la perfection graphique, allié à la position historique de sa carrière, donnent des œuvres qui peuvent intéresser toutes les générations de lecteurs. En effet, situé dans une période où la bande dessinée est essentiellement destinée aux jeunes, il réalise des histoires accessibles à un jeune public, mais insère des détails qui n'apparaissent qu'avec une lecture plus approfondie. Il développa ce principe avec Gaston Lagaffe, qui lui apporta la célébrité, mais ne réalisera des bandes "pour adultes" qu'à la fin de sa carrière, avec les Idées noires et le magazine Fluide glacial.

André Franquin nait le 3 janvier 1924 à Etterbeek, une commune de Bruxelles, en Belgique, dont est également originaire Hergé. Son père est employé de banque, et accorde une grande importance au sérieux, à tel point que le jeune Franquin éprouve toute son enfance un fort sentiment d'étouffement, et parlera plus tard d'un « énorme besoin de rire qu' ne parvenai pas à combler ». Il pensera même y voir l'origine de sa vocation d'amuseur. Dès l'âge de 5 ans, il dessine énormément, et dévore des bandes dessinées, dont les aventures de Tintin et de Mickey. Étrangement, il ne pensera que très tard à rassembler ces deux passions en devenant dessinateur de bandes dessinées. Jusqu'à son arrivée chez Dupuis en 1945, Franquin se considérera comme un illustrateur.

En 1935, le jeune enfant envoie plusieurs dessins au quotidien La Nation Belge, et se voit publié à plusieurs reprises. Ces illustrations, tout comme son tout premier dessin photographié, réalisé sur un tableau noir à l'âge de 5 ans, seront bien plus tard éditées dans des ouvrages spécialisés.

En 1942, après ses "humanités" dans une école catholique de sa ville, arrive pour Franquin le moment de choisir ses études supérieures. Choix dont son père lui a d'ores et déjà épargné l'embarras : le jeune homme sera ingénieur agronome. Mais Franquin a une toute autre idée de son avenir, et parvient, avec l'aide de sa mère, à infléchir la position paternelle et à s'inscrire à Saint-Luc, une école d'art religieux dont il se lassera pourtant très vite. Il y règne une morale stricte qui interdit notamment la pratique du nu féminin : à la place, ce sont les étudiants eux-même qui doivent poser à tour de rôle ! Au bout d'un an, Franquin a déjà l'impression « d'avoir fait le tour de ce qu'on pouvait y apprendre ». C'est alors qu'il fait une rencontre qui va changer, ou en tout cas accélérer considérablement le cours de sa vie, celle d'Eddy Paape.

Ancien élève de Saint-Luc, Paape y revient régulièrement pour saluer ses anciens professeurs. Lors de l'une de ces visites, on lui présente les dessins de Franquin, et il en est suffisamment impressionné pour proposer au jeune homme de le rejoindre dans le petit atelier de dessin animé où il travaille. Franquin saute sur l'occasion, d'autant plus alléchante que les bombardements poussent de toutes façons son école à fermer. En septembre 1944, il devient donc animateur, un métier qu'il n'a jamais pratiqué auparavant, et pour lequel il n'a absolument aucune compétence.

Mais le problème ne se pose pas longtemps : peu après, la Belgique est libérée de l'occupation allemande, et les soldats américains arrivent, apportant avec eux leurs dessins animés. Une concurrence bien trop rude pour le petit studio, qui fait rapidement faillite. L'expérience n'a pour autant pas été sans intérêt pour Franquin, qui y a rencontré deux autres passionnés de dessin qui rêvent à un avenir brillant : Morris (à l'époque encreur et silhouetteur), et le jeune Peyo (gouacheur).

En 1945, André Franquin est donc au chômage. Il apprend par Morris, qui a déjà publié des dessins humoristiques et des caricatures dans Le Moustique, un magazine de programmes de radio édité par Dupuis, que l'éditeur recherche des dessinateurs. Introduit dans la place par le futur auteur de Lucky Luke, Franquin réalisera pour Le Moustique, entre 1945 et 1952, plusieurs couvertures, ainsi que des gags en une planche et des illustrations à vocation publicitaire, ce qui représente une bonne quarantaine de dessins.

Dès les premières publications, on peut déjà remarquer une très bonne expression des personnages, ainsi qu'une tendance à l'humour noir gentillet (les personnages sont souvent dans des situations fort désagréables, mais cela "passe" grâce au style comique du dessin). Durant cette période, Franquin réalise aussi quelques couvertures au lavis pour l'hebdomadaire Bonnes soirées, qui permettent de saisir son talent dans le dessin figuratif. Mais l'occasion lui est bientôt donnée de réaliser quelque chose de plus ambitieux, en entrant dans l'équipe du Journal de Spirou.

À cette époque, Jijé est le principal dessinateur du journal, c’est-à-dire qu'il réalise seul la quasi-totalité des BD maison : Spirou, Valhardi, Don Bosco, Emmanuel… Désireux de se délester d'une partie de ce travail, et sur les conseils de Charles Dupuis, il installe les nouveaux venus dans sa maison, qui leur sert d'atelier. On y retrouve notamment Will, Morris, qui travaille sur un projet de cow-boy créé pour le studio de dessin animé, Paape, qui reprend Valhardi, et Franquin, à qui Jijé propose de reprendre Spirou. Le jeune dessinateur accepte avec insouciance, sans avoir jamais rien vu du travail de Rob-Vel (le créateur original du groom roux), et très peu de dessins de Jijé. Il commence, début 1946, par dessiner Fantasio et son tank, qui sera publiée en 1947 dans l'Almanach Spirou, recueil de diverses BD de dessinateurs de l'équipe Dupuis. Franquin ayant passé ce test avec succès, Jijé abandonne alors pour de bon la série, qu'il continuait à dessiner parallèlement dans Le Journal de Spirou.

En juin 1946, Franquin reprend donc une histoire à demi dessinée, intitulée Spirou et la maison préfabriquée. La passation, qui a lieu entre les cases 48 et 49, est presque indécelable, André Franquin collant au plus près au style de son prédécesseur.

Les capacités graphiques du dessinateur apparaîtront bien mieux à l'épisode suivant : L'Héritage. On y voit notamment de nombreux animaux, qui amènent toujours une note d'humour supplémentaire au récit. Les rats surpris en pleine discussion, le gorille demandant un pourboire pour aller fumer un cigare et boire un whisky, les crocodiles se ruant avec un large sourire sur leurs proies, amènent une nouvelle dimension dans la BD. On y trouve aussi un lion et des léopards, ainsi que des éléphants, le tout constituant déjà une grande partie du parc animalier de Franquin.

Les années suivantes voient dix aventures se succéder dans un style assez homogène, jusqu'à Mystère à la frontière, en 1950. On notera encore l'apparition de divers animaux, dont un tordant sanglier, dans Spirou et les plans du robot, mais aussi de plusieurs voitures dont une Traction Avant préfigurant l'affinité d'André Franquin avec la marque Citroën. On se doit aussi de mentionner l'épisode du combat de Spip avec un rat dans Spirou sur le ring, qui selon certains commentateurs, préfigure les Idées noires, avec un dessin à contre-jour tout en noir et blanc.

Au cours de cette première période, André Franquin dessine des aventures assez courtes (20 planches en moyenne, un maximum de 39 planches étant atteint avec L'Héritage). Les personnages autres que Spirou, Fantasio, Spip sont chaque fois différents, sauf le Professeur Samovar que l'on voit dans Le Savant fou et Spirou et les plans du robot (on peut voir dans ce personnage une préfiguration de Zorglub).

Côté vie personnelle, cette période est marquée par le départ, en 1948, de Franquin pour les États-Unis, en compagnie de Morris et Jijé. Angoissé par la perspective d'une guerre avec l'Union soviétique, ce dernier cherche à s'éloigner de l'Europe, tandis que Morris tente d'intégrer les studios Disney. La petite équipe continue à dessiner et envoie ses planches aux Éditions Dupuis par courrier postal. Mais Franquin a vite le mal du pays et rentre en Europe, laissant Morris et Jijé, à qui ce séjour permettra de rencontrer Goscinny. Ils finiront plus tard par regagner eux aussi le Vieux Continent.

En 1950, Franquin épouse Liliane Servais et publie Il y a un sorcier à Champignac (scénario Henri Gillain, frère de Jijé). Avec cet album, il inaugure le monde de Spirou tel que la plupart des lecteurs d'aujourd'hui le connaissent. Franquin a trouvé le profil définitif de ses personnages, et en ajoute un d'une grande importance : le comte de Champignac. Par ailleurs, avec le village de Champignac, son maire et Monsieur Duplumier, il commence à construire un petit monde qui se précisera au fil des aventures pour devenir familier à tout lecteur assidu. Avec 57 planches, Il y a un sorcier à Champignac entame aussi une série de récits plus longs.

Publié dans Le Journal de Spirou entre 1951 et 1952, Spirou et les héritiers nous permet quant à lui de découvrir le Marsupilami, Zantafio, cousin peu fréquentable de Fantasio, le constructeur automobile Turbot et ses pilotes, et surtout l'inventivité mécanique de Franquin avec le Fantacoptère et divers appareils motorisés.

La charmante Seccotine, premier personnage féminin de la série, apparaît en même temps que la Turbotraction, superbe création automobile (réalisée grandeur nature par la suite, sur un châssis Citroën), dans La Corne de rhinocéros initialement intitulé Spirou et la Turbotraction, paru en 1953.

Les talents animaliers de Franquin sont particulièrement mis en valeur entre 1956 et 1957, avec Le Gorille a bonne mine, Le Nid des Marsupilamis et Le Voyageur du mésozoïque (Mésozoïque : voir ici). Cette dernière aventure développe, bien avant Jurassic Park, l'idée d'un dinosaure amené par des chercheurs à vivre dans notre époque.

L'interconnexion des mondes de Franquin nous permet de déceler dans ces albums des apparitions d'un autre de ses personnages, Gaston, tout d'abord presque anonymement dans Le Voyageur du mésozoïque et Vacances sans histoires, puis plus longuement dans La Foire aux gangsters en 1958.

Alors qu'il avait jusque là généralement travaillé seul, Franquin s'associe en 1958 avec Greg et Jidéhem pour l'album Le Prisonnier du Bouddha. Franquin dessine les personnages, tandis que Greg s'occupe du scénario et Jidéhem des décors. Cette association sera ensuite reconduite pour plusieurs autres aventures de Spirou. Le talent de Greg pour les situations cocasses est l'occasion d'histoires délirantes, dont La Peur au bout du fil, courte BD de 13 planches, est un parfait exemple. Avec cette collaboration, Franquin franchit un pas de plus vers le comique absurde, un domaine nouveau pour lui. En effet, dans les aventures précédentes, malgré toutes ses trouvailles et ses inventions, les scénarios restaient en général assez crédibles et bâtis sur des intrigues classiques peuplées de trafiquants, voleurs et malfrats divers. C'est avec Zorglub, aspirant maître du monde dans Z comme Zorglub et L'Ombre du Z, que cette tendance absurde arrive à son apogée. Ce personnage résulte d'une idée de Franquin, preuve que le dessinateur a bien intégré le sens du délire de Greg.

Parallèlement à ses publications dans Le Journal de Spirou, Franquin réalise en 1958 et 1959, en collaboration avec Roba, des aventures de Spirou destinées au quotidien Le Parisien Libéré. Il y dessine essentiellement ses personnages habituels, laissant à Roba les nouveaux personnages et la plupart des décors. Cette association produira Spirou et les hommes-bulles, puis Les Petits Formats. Greg se joindra ensuite au duo pour le scénario de Tembo Tabou. Deux de ces histoires seront finalement publiées dans Le Journal de Spirou.

Au tout début des années 60, Franquin entreprend une nouvelle aventure autour de Zorglub, mais devant le refus de l'éditeur, il laisse Greg reprendre en main le scénario. L'album qui en résulte, QRN sur Bretzelburg, est le Spirou de trop pour Franquin : en 1961, il craque, vaincu par une impression tenace de « tourner en rond ». La dépression l'empêchera de dessiner pendant plus d'un an, à la notable exception des gags de Gaston Lagaffe, et la parution de l'histoire doit être interrompue jusqu'en 1963. Pourtant l'album est considéré par beaucoup, dont le dessinateur Gotlib, comme un « chef-d'œuvre absolu ». En effet, Franquin y atteint un niveau graphique qu'on ne lui a encore jamais vu (dessin à la plume), et le scénario, qui plonge Spirou et Fantasio dans une caricature de régime totalitaire, est l'occasion pour lui de donner libre cours à ses penchants antimilitaristes. Paradoxalement, aucun personnage de l'univers habituel de Franquin n'intervient, le monde de Spirou étant réduit au minimum avec Fantasio, Spip et le Marsupilami, tandis que l'aspect fantastique est réduit au comportement "humanisé" des deux animaux de compagnie. L'album est publié en 1966, mais l'édition intégrale, comportant 65 planches (ce qui en fait la plus longue aventure réalisée par Franquin) ne voit le jour qu'en 1987.

Sa dépression n'en est que le signe le plus visible : André Franquin se lasse du personnage avec lequel il a commencé sa carrière. Se sentant étouffé par les conventions de Spirou, il se concentre de plus en plus sur Gaston Lagaffe et laisse peu à peu le groom roux de côté. Paraissent encore quelques histoires, dont Bravo les Brothers, qui ressemble toutefois davantage à une gaffe étendue de Gaston qu'à une véritable aventure. C'est avec Panade à Champignac que l'auteur jette définitivement l'éponge. L'album se clôt sur une "fausse fin" destructrice qui illustre le ras-le-bol de Franquin. La série est reprise par Fournier, Franquin n'intervenant plus que pour dessiner, quelque temps encore, le Marsupilami.

À la suite d'un désaccord avec les Éditions Dupuis, Franquin quitte en 1955 Le Journal de Spirou pour rejoindre Le Lombard et Le Journal de Tintin. Il leur propose une série de gags en une planche mettant en scène deux personnages qu'il a improvisés pour l'occasion : Modeste et Pompon. S'il y trouve davantage de liberté que dans les aventures de Spirou et Fantasio, il jugera plus tard ces deux héros « fades » et « aseptisés ». D'autre part, réconcilié avec Dupuis, il reprend rapidement son travail sur Spirou ! Il se retrouve donc forcé de fournir une énorme masse de travail, lui qui se définit comme paresseux par essence. Cela explique peut-être la sobriété du dessin de Modeste et Pompon, ainsi qu'une certaine monotonie qui s'installe dans les scénarios. Cette série sera néanmoins utile pour la suite de la carrière de Franquin, puisqu'elle est son premier essai de parution hebdomadaire, un rythme qui lui plaît tant qu'il le gardera pour Gaston Lagaffe. On peut noter, dans cette série très "domestique", quelques inventions prémonitoires, comme l'ouvre-boîte électrique et la télécommande pour télévision, qui n'existaient pas encore à cette époque.

D'autre part, de nombreux personnages de cette série semblent avoir servi de "prototypes" pour ceux de Gaston Lagaffe : on remarquera ainsi l'irascible M. Ducrin, voisin de Modeste, qui préfigure le personnage de Joseph Boulier et illustre bien l'aversion de Franquin pour le formalisme administratif. Félix, un ami de Modeste et Pompon pour le moins gaffeur (il vend des inventions qui ne sont pas au point) évoque quant à lui Gaston lui-même.

Greg, Goscinny, Peyo et Tibet ont contribué occasionnellement à cette série qui se termine en 1959 et totalise 182 planches. Elle sera reprise ensuite par d'autres dessinateurs.

Dans les années 1950, parallèlement aux aventures de Spirou, Franquin dessine de temps en temps (à l'occasion de numéros spéciaux du Journal de Spirou, pour Pâques ou Noël par exemple) des aventures courtes destinées à un tout jeune public. Le Petit Noël, personnage apparaissant plusieurs fois dans ces histoires (parfois avec le Marsupilami), est un petit garçon solitaire errant désespérément dans les rues de Champignac en quête de distraction ou d'une rencontre agréable.

Apparu pour la première fois dans le numéro de Noël 1957, il représente l'une des expressions les plus poétiques de Franquin, tout particulièrement dans Noël et l'Élaoin, publié en mini-récit en 1959 dans Le Journal de Spirou. L'Élaoin est une sorte de robot se déplaçant par bonds, capable de faire des choses merveilleuses selon ce qu'il lit dans les pensées de ceux qui l'entourent — une lampe d'Aladdin moderne, en quelque sorte. Selon le petit Noël, « c'est une machine tellement perfectionnée que c'est comme quelqu'un !… en mieux…».

Hantant l'œuvre de Franquin, bien que celui-ci le juge « trop mélo », le Petit Noël est repris en 1990 le temps d'un album, mais sans grand succès, par Stibane (dessin) et Serdu (scénario).

Le 28 février 1957, Gaston Lagaffe fait sa toute première apparition dans Le Journal de Spirou. Personnage stupide et inexpressif inventé par Franquin pour animer les marges d'un exemplaire du journal, Gaston n'a apparemment aucun avenir en tant que héros de BD. Il va pourtant devenir le personnage qui a eu le plus de succès parmi les diverses créations de Franquin.

À cette époque, Le Journal de Spirou est animé par divers personnages, dont Spirou et Fantasio, en dehors de leurs aventures stricto sensu et présentés comme s'ils étaient des employés réels du journal (Fantasio est « journaliste chez Dupuis »). Gaston est d'abord présenté comme un nouvel employé, mais sans emploi défini : c'est un « héros sans emploi ». Déjà très occupé par ses différentes séries, Franquin n'a aucune envie d'un héros supplémentaire. Pourtant, devant l'insistance du rédacteur en chef Yvan Delporte et du public, les gaffes de Gaston deviennent bientôt hebdomadaires, d'abord sous la forme de strips de 6 cases, puis de demi-planches en noir et blanc, et enfin en couleur. Jidéhem est associé à la réalisation de cet anti-héros, l'un des premiers du genre.

Loin des contraintes du héros Spirou, Gaston permet à Franquin d'exprimer tout une part de sa personnalité : la paresse (jusque dans le dessin mou du personnage, qui, de son propre aveu, le repose énormément), l'insoumission à l'autorité et même un certain côté subversif : ainsi la gaffe n° 1 (Spirou n° 1026) représente Gaston désagrégeant une colonne militaire avec un sac de noix : un bon exemple du mépris de Franquin pour tout ce qui est militaire.

Le succès s'accroît au fil des années, et Gaston finit par occuper une demi-planche en couverture ! Il apparaît également comme personnage secondaire dans certaines aventures de Spirou et Fantasio, et ses gags paraissent, dès 1960, en albums. Il ne s'agit toutefois au départ que d'objets promotionnels non destinés à la vente, imprimés sur des chutes de papier, d'où un format étrange…

À partir de 1968, Franquin, qui a abandonné Spirou, se consacre pleinement - et uniquement - à Gaston, produisant des gags en une planche. Dans le même temps, Gaston disparaît des aventures de Spirou et Fantasio (probablement pour avoir commis de graves "gaffes" à l'encontre de MM. Dupuis et De Mesmaeker, cf. gaffes n° 467 et 478), et vice-versa. En effet, pour Franquin, un personnage de bande dessinée ne peut pas apparaître en même temps dessiné par deux dessinateurs différents. C'est donc Prunelle (en remplacement de Fantasio) qui deviendra le souffre-douleur attitré de Gaston, et ce, jusqu'à la fin de la série.

Franquin s'exprime au mieux dans cette série : Gaston, plus que tout autre, est son personnage. Il avouera plus tard qu'il « tient de  ». Devenu bien plus énergique qu'à ses débuts, et doté d'une véritable personnalité et d'un univers propre, Gaston lui donne également l'occasion de s'exprimer de manière bien plus personnelle que ses autres travaux : si les gaffes de Gaston sont toujours axées sur l'humour, les inventions diverses, moments poétiques, critiques de la société de l'urgence et de la consommation, et même messages écologistes et humanistes constituent une part très importante de la série. Par ailleurs, Franquin peut y manifester son talent animalier avec les animaux de compagnie de Gaston (chat, mouette, souris, vache …), et surtout sa technique du "bruitage" en bande dessinée, consistant à rendre le texte quasiment audible par le travail sur le lettrage, la coloration, la disposition et le choix des onomatopées.

Le dernier album, paru en 1996 après des années d'absence du personnage, a encore remporté un succès colossal. Franquin a travaillé sur Gaston jusqu'à la fin de sa vie.

Les années 1970 voient Franquin se libérer peu à peu des contraintes de la bande dessinée traditionnelle pour enfant, construire un univers plus personnel et s'essayer à d'autres modes d'expression.

Écrivant depuis longtemps les histoires qu'il dessine, il devient ainsi très naturellement scénariste, d'abord en 1978 pour la série Isabelle, initiée en 1972 par Will, Yvan Delporte et Macherot. Les aventures d'Isabelle se déroulent dans un univers onirique, parfois inquiétant mais souvent amusant, où la sorcellerie et la poésie sont aussi importantes que les calembours et la dérision. Franquin assure la trame générale, Delporte les dialogues — et donc les jeux de mots !, et Will le dessin. Tout cela donne une série à cheval entre les univers de la BD enfantine et adulte, mêlant poésie et second degré.

Franquin collabore sur les albums 3 à 7, la série se terminant sans lui au bout du 12e numéro. Ces albums sont encore aujourd'hui très recherchés par les amateurs de BD franco-belge des années 1960-70.

Franquin exercera ensuite à nouveau le rôle de scénariste, aux côtés d'Yvan Delporte et du dessinateur Jannin - alors débutant, pour Les Démêlés d'Arnest Ringard et d'Augraphie, en 1978.

Cette série, contant les aventures d'un jardinier tentant par tous les moyens de se débarrasser d'une taupe envahissante, sera l'objet de plusieurs récits parus dans Spirou, puis d'un album édité en 1981. Janin la poursuivra ensuite sans le concours de ses prestigieux scénaristes.

Franquin a fait énormément de dessins couvertures et de dessins indépendants, hors de toute série BD. C'est bien sûr Le Journal de Spirou qui a le plus utilisé ses services. Il y a réalisé, seul ou en collaboration, plus de 700 couvertures, ainsi que près de 600 illustrations (présentations d'évènements, publicités, annonces, illustrations de chroniques et reportages, etc.) dans lesquelles sont souvent utilisés ses personnages. Il a par ailleurs épisodiquement travaillé avec d'autres revues de bandes dessinées (Fluide glacial, (A SUIVRE), Circus) et collaboré occasionnellement à de nombreux fanzines, ce qui lui a permis de réaliser une multitude de créatures imaginaires plus ou moins hideuses et amusantes. Un recueil intitulé Cauchemarrant regroupe certains de ces "petits monstres", ainsi qu'un recueil à tirage limité intitulé Un monstre par semaine, mais un grand nombre de ces dessins restent inédits en album. Certains de ces portraits de monstres auraient été réalisés avec un usage généreux de la photocopie pour forcer les traits.

Que ce soit dans ses séries régulières ou dans le cadre de ces diverses illustrations, Franquin a souvent cherché à glisser des détails amusants ou ironiques, pas toujours visibles lors de la première approche. Cette particularité a donné lieu à l'un des plus curieux recueils de dessins : intitulé Signé Franquin, il reprend plus de 200 signatures. Il s'est en effet amusé à signer diverses bandes d'une façon rigolote, reprenant le thème de la bande en un dessin minuscule figurant sa signature.

Dans le même esprit, mais tout de même plus classique, un album intitulé Le Trombone illustré regroupe les titres de ce magazine, qui chacun constituent une petite histoire.

En 1977, on voit apparaître au centre du Journal de Spirou un curieux supplément de 8 pages appelé Le Trombone illustré. Il s'agit d'une sorte de "parasite" du journal (au sens biologique du terme), réalisé de manière semi-clandestine dans ses caves et agrafé à l'intérieur. Y figurent des choses très inhabituelles et même subversives pour l'époque : humour noir, moqueries directement dirigées vers la religion catholique…

Mais, comme il fallait s'y attendre, le Trombone ne plaît pas à tout le monde, loin de là… Le ton du « seul journal à emballage perdu » provoque des réaction très virulentes : le rédacteur en chef de Spirou déteste, ainsi que plusieurs dessinateurs réputés du journal. On tente même de censurer plusieurs articles, notamment sur la publicité ou les sectes. Franquin et Delporte abandonnent donc, au bout de 30 numéros, le Trombone, pour tenter d'imposer une idée similaire chez Casterman, avec des pages intitulées Pendant ce temps à Landerneau dans le magazine de BD (A SUIVRE). Mais l'éditeur ne goûte pas davantage ce type d'humour, et les deux amis jettent rapidement l'éponge.

Dans Le Trombone illustré, Franquin entame une nouvelle série, les Idées noires, qui représente une rupture radicale avec tous ses travaux antérieurs. Lassé des conventions de la BD franco-belge, il s'y exprime d'une façon nouvelle, toujours drôle mais beaucoup plus agressive.

Dans un dessin en noir et blanc, avec un emploi massif d'aplats noirs, Franquin dénonce avec férocité les aspects sordides de notre société. Ses cibles favorites sont les profiteurs, les chasseurs, les militaires, les présomptueux, la société polluante, le spectacle, la religion, et peut-être aussi l'espèce humaine en général. À l'image du dessin, l'humour est très noir, les personnages meurent souvent. L'ensemble crée une sensation cauchemardesque, évoquant un univers où la clarté n'existe plus. Pourtant l'analogie reste possible avec les travaux passés de Franquin : « Les Idées noires, c'est un peu Gaston trempé dans de la suie », expliquera-t-il lors d'une interview pour La Libre Belgique. Dans le même esprit, une planche réalisée pour Amnesty International et présentant un Gaston torturé par des militaires totalitaires paraîtra en 1979 dans le recueil Cauchemarrant.

Après la fin du Trombone illustré, les Idées noires continuent dans Fluide glacial, journal dirigé par Gotlib, admirateur et ami de Franquin. Une soixantaine de planches seront ainsi publiées, avant d'être éditées en album en 1981. Par son humour décapant, la qualité du dessin et son originalité, cette série est souvent considérée comme le chef-d'œuvre de Franquin.

En 1982, cette période très productive de Franquin est brutalement interrompue : succombant à nouveau à la dépression, Franquin cesse tout travail. Il ne se relèvera pas avant deux ans.

En 1984, au sortir de deux années de dépression, Franquin se remet à dessiner Gaston, même si l'énergie n'est plus aussi facile à trouver qu'autrefois. Il reste néanmoins un humoriste souvent redoutable : ainsi, dans La Mitre railleuse, il met en scène de manière irrévérencieuse un évêque, apparu pour la première fois dans Le Trombone illustré.

Dans les années 1980, le travail de Franquin est largement reconnu : un Journal de Gaston est édité à l'occasion des 30 ans du personnage, en 1987, ses gags sont adaptés à la télévision, une statue du Marsupilami est inaugurée à Charleroi… Mais Franquin, même s'il n'abandonne pas son travail, est fatigué. Il revend en 1987 le Marsupilami à un financier monégasque, qui crée les Éditions Marsu Productions et fait reprendre ses aventures par d'autres auteurs. Cette fatigue n'empêche pas Franquin de se lancer dans un nouveau et ambitieux projet…

Univers enfantin créé de toutes pièces par Franquin pour une série animée, Les Tifous représentent une anecdote dans l'œuvre de Franquin, mais auront pourtant une importance énorme pour lui. Il réalise en effet pour ce projet une masse colossale de travail, au point de perdre peu à peu le contact avec Gaston, dont la parution devient irrégulière. Trois années durant, Franquin travaille avec acharnement, réalisant des milliers de dessin qui donneront lieu à sept heures de dessin animé, diffusés à la télévision en 1990.

Mais le succès n'est pas à la hauteur de l'investissement : victimes d'un budget étriqué, les Tifous font long feu, et sont rapidement oubliés du public. Il n'en reste qu'un album paru en 1990 : Les Tifous, chez Dessis Éditeur.

Gaston paye cher cette tentative d'incursion dans le monde du dessin animé : ayant perdu le rythme nécessaire à la production d'un gag hebdomadaire, Franquin abandonne finalement son héros favori, dont la dernière gaffe, la n° 909, paraît dans le Spirou n° 2776 du 26 juin 1991.

En 1992, Franquin cède à Marsu Productions ses droits sur une grande partie de son travail, dont Gaston Lagaffe, ses monstres, et les Idées noires. Il ne cesse pourtant pas tout travail, et raconte lors d'interviews à quel point il aime encore dessiner. Reconnu comme l'un des très grands de la bande dessinée, médaillé en 1991 de l'ordre de Léopold, équivalent belge de la Légion d'honneur, il retrouve en 1996 les feux de l'actualité, à l'occasion de la parution de l'album n° 15 de Gaston, attendu depuis dix ans par ses fans. L'album est un immense succès : 650 000 exemplaires en sont épuisés en moins de six semaines !

Cet album sera le dernier : le 5 janvier 1997, André Franquin décède des suites d'un infarctus, à Saint-Laurent-du-Var, près de Nice, dans les Alpes-Maritimes. Il laisse un grand chagrin, mais surtout une immense œuvre qui a influencé de façon majeure la bande dessinée franco-belge, et même mondiale.

André Franquin a inspiré un personnage de dessinateur dépressif incapable de dessiner autre chose que des monstres (qu'il croit être une représentation fidèle de la réalité) dans un album d'Achille Talon, Achille Talon et le monstre de l'Étang Tacule (dans le titre duquel certains mauvais esprits voient une contrepèterie).

En 1967, Franquin travaillera auprès de Peyo sur l’album Les Schtroumpfs et le Cracoucass : il dessinera le grand rapace agressif qui terrorise, tout au long de cette histoire, le village des petits héros bleus. Peu de temps auparavant Peyo était venu en aide à Franquin sur l’album Panade à Champignac.

Les Idées noires deviennent les Idées roses, chez Jean Lafitte à Genève (reprise de Slowburn avec Marcel Gotlib, daté 1977 chez Futuropolis).

D'octobre 2004 à août 2005, la Cité des Sciences et de l'Industrie de Paris accueille une grande exposition sur l'œuvre de Franquin, comportant des planches et des objets techniques. Cette même exposition est transposée dans son intégralité à l'Autoworld au Cinquantenaire à Bruxelles d'octobre 2006 à avril 2007.

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L' Atelier Franquin

L'Atelier Franquin est une équipe de dessinateurs de bande dessinée regroupée par André Franquin en 1957, du fait de son surcroît de travail.

En 1957, André Franquin travaille depuis deux ans, à la fois chez Spirou (Spirou et Fantasio, Starter, Gaston, animations du Journal) et chez Tintin (Modeste et Pompon). De nouveaux projets sont lancés comme le nouveau Spirou poche ou la création du petit Noël. Franquin décide donc de créer un studio de dessin à Bruxelles, avenue du Brésil, où il se fera aider par une équipe.

La première équipe est composée de Jidéhem qui vient du journal Heroïc-Albums et qui prend en charge la rubrique automobile Starter, de Marcel Denis qui vient du studio de dessin de Dupuis et qui va aider Franquin à des scénarios (Spirou Poche) et un vieil ami de l'auteur, Jean Verbruggen qui se charge des couleurs de Modeste et Pompon.

Marcel Denis est remplacé par Jean Roba en 1958.

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Spirou et Fantasio (période Franquin)

Les aventures de Spirou et Fantasio ont été gérées par plusieurs auteurs. Le présent article aborde dans le détail la période Franquin qui court de 1946 à 1968, année pendant laquelle Franquin a cessé son apport à la série.

Les prépublications se sont faites dans Le Journal de Spirou chez l'éditeur Dupuis.

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Merri Franquin

Merri Franquin jouant du cornet.

Merri Jean Baptiste Franquin, né le 19 octobre 1848 à Lançon dans les Bouches-du-Rhône est un trompettiste français. Il a été professeur de trompette au Conservatoire national supérieur de musique de Paris de 1894 à 1925. Il est mort en 1934.

Merri Franquin naît en 1848 dans la petite ville de Lançon dans sud de la France. A l'age de 15 ans, il découvre un cornet dans la maison familiale et il sera autodidacte pendant ses quatre premières années de cornet. Un chef d'orchestre passant à Lançon l'entendra jouer et lui conseillera de le suivre sur Marseile. Ainsi en 1867, il est pris comme cornettiste dans l'orchestre du casino de Marseille et plus tard il sera soliste au Palais Lyrique et au Théâtre Chave. En 1870, il devint bugle solo dans l'orchestre de la garde nationale à Marseille où il restera jusqu'à l'age de 24 ans. Il désire découvrir la capitale et se présente au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il y sera admis le 7 mai 1872 dans la classe du célèbre cornettiste Jean-Baptiste Arban.

A 28 ans, il rentre comme premier soliste à l'Orchestre des Concerts Pasdeloup . Il y restera de 1876 à 1892, et occupera aussi le poste trompette solo aux Concerts Colonne de 1884 à 1892. De 1880 à 1901, il sera également première trompette solo à l'orchestre de l'Opéra national de Paris, ainsi qu'à l'Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire de 1892 à 1901.

En 1894 il est nommé professeur au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, place qu'il occupera jusqu'en 1925.

Merri Franquin a été professeur de Georges Mager (première trompette du Boston Symphony Orchestra de 1919 à 1950), et de Eugène Foveau qui deviendra par la suite professeur de cornet au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1925. Sa collaboration avec le compositeur roumain Georges Enescu mena à la composition en 1906 de Légende, une œuvre majeure du répertoire pour trompette du vingtième siècle. Avec la méthode Arban, la Methode Complète de la Trompette Moderne de Cornet à Pistons et de Bugle de Merri Franquin deviendra une référence pour beaucoup de trompettistes, notamment Maurice André. L'accompliment le plus notable de Franquin durant son temps au Conservatoire national supérieur de musique de Paris est sa pression pour remplacer la trompette en Fa par la trompette en Ut, instrument plus versatil dans l'orchestre. Une version de cet instrument plus moderne fut introduit dans les orchestres symphoniques américains par Georges Mager, et est encore en grand usage aux États-Unis.

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Le Trombone illustré

Paru du 17 mars au 20 octobre 1977 sous l'impulsion de Franquin et d'Yvan Delporte, le Trombone illustré est un supplément agrafé à trente reprises au milieu du journal de Spirou. Indépendant du format et de l'esprit de celui-ci, cette publication poil à gratter réunissant des dessinateurs de différentes rédactions est annoncée dès le n°2026 du 10 février par les mêmes empreintes de pas bleues qui avaient précédé l'arrivée de Gaston Lagaffe. Traduction de l'explosion du phénomène de la BD adulte pour adultes (Fluide glacial, l'Écho des savanes, Métal hurlant, Charlie Mensuel...), le Trombone brise les conventions formelles du récit dessiné et les tabous d'un journal plutôt bien-pensant.

Jouant de l'autofiction comme avec Gaston le héros sans emploi, il décrit les tâtonnements éditoriaux d'une rédaction pirate et égratigne au passage les errements d'une industrie en mutation.

À cause de ses partis pris et de la façon dont il se présentait comme un concurrent interne au journal, le Trombone ne pouvait que s'éteindre. Mais ce fut là l'occasion de railler un peu plus l'attitude des MM. Boulier, Prunelle et autres représentants de l'autorité... Ce destin éphémère combiné à la rareté des albums du Trombone (issus des invendus de Spirou, qui était obligé de les dégrafer du journal pour pouvoir les relier en albums trimestriels) en ont fait un journal culte mais méconnu.

Liste non exhaustive des dessinateurs : Alexis, Bert Bertrand, Bilal, Claire Bretécher, Fredric Brown, Comès, Thierry Culliford, Dany, Degotte, Deliège, Yvan Delporte, Didgé, Ernst, René Follet, F'murr, Franquin, Gotlib, Hausman, Frédéric Jannin, Jijé, Loup, Mézières, Michel Modo, Moebius, Peyo, Roba, Grzegorz Rosinski, Sirius, Tardi, Marc Wasterlain, Will.

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Source : Wikipedia