France Gall

3.4145556895821 (2487)
Posté par seb 20/03/2009 @ 09:14

Tags : france gall, variété française, musique, culture

Dernières actualités
Basket-ball. Équipe de France : Les 18 présélectionnés - Ouest-France
Photo : Joël Le Gall Le coach de l'équipe de France de basket-ball Vincent Collet a annoncé sa préselection de 18 joueurs pour préparer les reppechages à l'Euro 2009. Joachim Noah et Mickaël Piétrus font notamment partie de cette liste qui sera réduite...
Les préjugés, omniprésents et dévastateurs, par Jean-Marc Le Gall - Le Monde
Sensibiliser les équipes de ressources humaines et les managers à cette part d'irrationnel chez chacun d'entre nous est pourtant un passage obligé pour assurer l'objectivité des décisions et l'égalité des chances dans l'entreprise. Jean-Marc Le Gall...
Kate Ryan : "Babacar" en écoute gratuite - Musiqueradio - News
« Babacar », le nouveau single inédit de Kate Ryan, reprenant du France Gall, est en écoute gratuite sur Musique-radio.com. « Babacar », la nouvelle reprise dance de la chanteuse belge Kate Ryan est en effet basée sur la chanson originale « Babacar...
L'eau du robinet, un danger pour les malades du cancer ? - Europe1
Il répond à Anne Le Gall sur Europe 1 : Pour le grand public, un seul conseil : contacter sa mairie pour obtenir les résultats des analyses d'eau qui ont été réalisées localement et dont la publication est obligatoire. S'ils ne sont pas conformes aux...
Sarkozy et l'esprit français - nouvelobs.com
il devrait également savoir que la France n'est pas un pays anglo-saxon. L'esprit français résiste à la managérialisation ! FRANCE Gall avait déjà tout dit : « Résiste, Prouve que tu existes, Cherche ton bonheur partout, va, Refuse ce monde égoïste !...
Fête de la musique 2009 : que faire? où en France? Le programme! - NeRienLouper.fr
Le centre culturel de La Chapelle Saint Luc accueille le spectacle Piaf Mon Amour tandis qu'à Carcassonne, l'orchestre Top Gun reprend France Gall, Catherine Lara et Jean-Pierre François. A Marennes, Sing And Swing revisite les standards de Trénet,...
FRANCE GALL: "LE DÉCÈS DE PAULINE M'A DONNÉ ENVIE DE ME TAIRE" - bb-buzz.com
France Gall sort de sa discrétion pour célébrer les 30 ans de Starmania, le mythique opéra-rock créé par Michel Berger. Elle sera sur le plateau de France 2, ce soir, pour un divertissement spécial. Elle revient également sur ces trois dernières...
Victoire de la France - Le Parisien
La France a remporté la 4e étape de la Coupe des nations de saut d'obstacles à Rotterdam, à l'issue d'un barrage face aux Etats-Unis, qui avaient remporté les épreuves précédentes à St Gall (Suisse) et à Rome. Les Pays-Bas ont pris la troisième place....
PRÉVISIONS DU JOUR POUR MARDI 23 JUIN - Romandie.com
... étude marché des conseillers 2009, Zurich - Association suisse d'assurances ASA, as. g., Saint-Gall INTERNATIONAL FRANCE - Dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés mai (08H45) - Insee - Enquête mensuelle de conjoncture dans...
Vous êtes ici : Accueil > Article : Fête de la musique : un petit ... - L'Est Eclair
Si le tube de France Gall n'a pas pris une ride, il est on ne peut plus d'actualité à l'occasion de cette 28e édition de la Fête de la musique, placée cette année sous le signe de « 50 ans de chansons françaises ». Un thème populaire à l'heure où le...

France Gall

France Gall (née Isabelle Geneviève Marie Anne Gall le 9 octobre 1947 à Paris) est une chanteuse française. Après plusieurs grands succès à partir de 1963 et un premier prix au Concours Eurovision de la chanson en 1965, sa popularité s'estompe à la fin des années 1960 jusqu'à sa rencontre avec l'auteur-compositeur Michel Berger en 1973, qu'elle épouse en 1976. Sa carrière connaîtra alors un renouveau rempli de succès pendant plus de vingt ans.

Son père est Robert Gall (1918-1990), ancien élève du conservatoire, chanteur et auteur, entre autres, de La Mamma pour Charles Aznavour. Sa mère, Cécile Berthier, est la fille de Paul Berthier (1884-1953), cofondateur de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Elle est la nièce de Jacques Berthier (1923-1994), compositeur et organiste, cousine du guitariste Denys Lable et de Vincent Berthier de Lioncourt (fils de Jacques), fondateur, en 1987, du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV). Elle voit défiler chez ses parents de nombreux artistes comme Hugues Aufray, Marie Laforêt ou Claude Nougaro. Enfant, elle accompagne parfois son père dans les coulisses de l'Olympia. Quelquefois, il lui fit même manquer l'école pour l'emmener voir Piaf, Bécaud ou Aznavour en concert à Bruxelles. Elle commence à faire du piano à 5 ans puis gratte de la guitare vers onze ans. Vers treize-quatorze ans, elle fait de la musique avec ses deux frères, les jumeaux Patrice et Philippe : ils avaient fondé un petit orchestre et jouaient l'été sur les plages et l'hiver à Paris. La petite Isabelle est surnommée « Babou » par sa famille, surnom qu’elle porte encore aujourd’hui. Son père, devant son caractère déjà affirmé, lui octroie le titre de « petit caporal. » Ses violons d’Ingres sont la peinture et les jeux de société.

Le jour de ses 16 ans, le 9 octobre 1963, le cadeau le plus inattendu que France reçoit est sûrement la première diffusion de ses chansons à la radio. C'est le titre phare, Ne sois pas si bête, qui obtient un succès fulgurant. France se place à la 44e place du hit-parade de Salut les copains du mois de novembre (derrière Tu n'y crois pas de Michel Berger et devant La Mamma de Charles Aznavour). Denis Bourgeois a alors une idée géniale. La carrière de son poulain Serge Gainsbourg piétine malgré plusieurs albums à son actif, ainsi que des compositions estimées pour des chanteurs rive gauche comme Michèle Arnaud ou Juliette Gréco. Il propose à Gainsbourg d'écrire pour France. Le compositeur signe N'écoute pas les idoles sur le 2e 45 tours de France, titre qui se place en tête du hit-parade du mois de mars 1964. À son propos, France Gall dira : « C’est quelqu’un que j’avais du plaisir à voir parce que je l’admirais et j’aimais ce qu’il écrivait. Et j’aimais bien sa timidité, son élégance et son éducation. C’était très agréable comme relation. J’étais très impressionnée que cet homme travaille pour moi et s’intéresse à moi… » Avec le succès, elle quitte le lycée Paul-Valéry où elle redoublait sa troisième. Paris Match du 21 mars 1964 lui consacre un article pour la première fois. Parallèlement, elle fait ses premiers pas sur scène le 14 avril en passant en première partie de Sacha Distel à l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Elle hérite de l'impresario de ce dernier, Maurice Tézé, qui est également parolier. Sous la houlette de cette équipe composée de vieux loups du métier, France aura énormément de difficultés à défendre le choix de son répertoire (la seule chanson qu’elle a coécrite, avec son père, est Pense à moi sur une musique jazzy de Jacques Datin, un des 4 titres de son premier 45 tours).

Sacré Charlemagne se vend à plus de 2 millions d'exemplaires en franchissant les limites de la France pour faire chanter tous les écoliers du Japon aux États-Unis en passant par l’Afrique (cette chanson deviendra même l'hymne du mouvement de la jeunesse algérienne !).

France est ensuite sélectionnée pour représenter le Luxembourg au Concours Eurovision de la chanson. C'est elle qui aura gain de cause en choisissant Poupée de cire, poupée de son sur les 10 titres qu'on lui propose. Le 20 mars, l'équipe des « 3 G », Gainsbourg-Gall-Goraguer, est à Naples où se tient le Concours de l'Eurovision. La chanson, huée lors des répétitions, sera alors défendue par France d'une voix mal assurée devant plus de 150 millions de téléspectateurs et comme elle le dit elle-même, « envers et contre tous ».

La singularité de la chanson étonne et elle est élue Grand Prix. Le succès dépasse les frontières européennes et Gall l'enregistre dans pas moins de cinq langues, dont le japonais. Un rien chauvin, le public français s'émeut et reproche à Gall et à Gainsbourg d'avoir gagné pour le Luxembourg et non pour leur propre pays. Face à la popularité de cette chanson de France, une société de gadgets fabrique, à la cadence de 15 000 exemplaires par jour, une poupée de vinyle à son effigie sous la forme d'un porte-clés.

France part pour une tournée d'été de plusieurs mois avec un chapiteau sur les routes françaises avec le Cirque de France. Son frère Philippe a remplacé le bassiste de l'orchestre. Elle continue d'engranger des succès écrits par Gainsbourg : il y a Attends ou va-t'en puis, à la fin de l'année, Nous ne sommes pas des anges ainsi que L'Amérique du parolier Eddy Marnay et du compositeur Guy Magenta.

Une émission pour la télévision, réalisée par Jean-Christophe Averty et consacrée aux chansons de France, est distribuée aux États-Unis en 1965.

France est alors pressentie par Walt Disney pour incarner Alice au pays des merveilles dans une version musicale qu’il souhaite réaliser après avoir déjà fait Alice en dessin animé en 1951 et dont il n'est pas satisfait musicalement. C’est le seul projet cinématographique auquel France répond favorablement, alors qu’elle a toujours demandé à son entourage de « l’empêcher de faire du cinéma ». Malheureusement, Disney, déjà gravement malade, meurt le 15 décembre 1966 et son idée disparaît avec lui.

Pourtant, en mars 1974, on trouve France Gall au générique du téléfilm Notre correspondant à Madras réalisé par Jean-Pierre Spiero et diffusé sur la nouvelle troisième chaîne. France incarne la secrétaire lascive de Sacha Pitoëff dans cette courte fiction (25 minutes) d’une série expérimentale et ambitieuse voulue par la chaîne. Ce téléfilm et cette série ne laisseront pas un souvenir impérissable dans l’histoire de la télévision française.

En 1988, France refuse même un projet cinématographique de Michel Berger. C’est ce qu’elle confie à Christophe Nicolas sur Radio Nostalgie : — Christophe Nicolas : Après l’énorme succès de l’album Babacar en 88. Il voulait faire réaliser un film… — France Gall : C’était un film musical. J’ai refusé de faire ce film à la grande tristesse de Michel parce que je déteste jouer la comédie. J’aurais dû jouer la comédie, même si je devais chanter c’est quand même jouer la comédie. J’avais déjà du mal à tourner des clips de 3 minutes, donc je me suis dit si je pars dans un film ça va être horrible, je vais être malheureuse. Voilà pourquoi ça ne s’est pas fait.

Le Destin semble avoir entendu la supplique de France car, lorsqu'un film sera à nouveau envisagé en 1993 pour une collaboration cinématographique avec son amie la scénariste Telsche Boorman, ce projet disparaîtra avec le décès de Telsche en 1996.

Enfin, en 1996, elle contacte Jean-Luc Godard, dont elle a notamment aimé le film Nouvelle vague (1990), pour qu’il réalise le clip de sa chanson Plus haut suite à la sortie de son album France. Godard, qui, jusque-là, n'avait jamais été sollicité pour tourner un clip, accepte. Ils mettent en boîte, dans les bureaux du cinéaste à Rolle (Suisse), un minifilm, car Godard, après avoir visionné plein de clips, lui a dit : « On ne va pas faire ça quand même, vous êtes d'accord. » Cela aboutira au pictural et onirique Plus oh ! qui, après son unique diffusion le 20 avril 1996 sur M6, sera interdit d’antenne, Godard ne s’étant pas acquitté de tous les droits d'auteurs (voir section « L'interprète et ses auteurs »).

Désormais, ses prochains disques, même expurgés de la signature gainsbourgienne, sont suspectés de visées bassement mercantiles. Ainsi, elle sera taxée de nécrophilie avec sa chanson dédiée au fils de John Kennedy, Bonsoir John John : — France Gall : En France, on m'est encore tombé dessus. — Philippe Constantin : Ah ! Oui ! Accusée de nécrophilie… Braves ménagères françaises, si elles avaient vu, aux USA, les ravissants coquetiers à l'effigie de Kennedy, avec la trace des balles dessinées en rouge sur le support… Elle ne fera plus de succès avant longtemps et son association avec Gainsbourg, entachée, ne fonctionnera plus. Même certaines de ses chansons pour enfants enregistrées en 1966 ne lui épargneront pas des jugements peu amènes, car soupçonnées d'être pernicieuses (Les Leçons particulières). Les mises en scène corrosives de Jean-Christophe Averty lui faisant commander un troupeau d'hommes à quatre pattes pour illustrer sa chanson enfantine J'ai retrouvé mon chien dans son émission télévisée Les Raisins verts n'arrangent pas les choses.

Au début de l'année 1967, son duo avec Maurice Biraud, La Petite, évoquant une gamine convoitée par un ami du père, traînera ce disque vers le bas tout en éclipsant la poétique Néfertiti de Gainsbourg.

Son 45 tours suivant sera enregistré avec l'orchestrateur David Whitaker, talentueux compositeur anglais. De nouveaux auteurs, Frank Thomas et Jean-Michel Rivat, associés au compositeur-chanteur Joe Dassin, ont écrit pour France Bébé requin, succès qui occulte tous les autres titres. Teenie Weenie Boppie, chanson avec laquelle Gainsbourg signe une charge contre le LSD, fait un grand flop qui marque la fin de leur collaboration au moment où Gainsbourg diversifie ses productions pour France, notamment avec leur prochain duo consacré à la peine de mort, Qui se souvient de Caryl Chessman ?, qui ne sera pas commercialisé.

Elle enregistre, toujours avec Whitaker, un autre 45 tours avec une nouvelle œuvre du trio gagnant Thomas, Rivat et Dassin, Toi que je veux, mais cela ne fonctionne plus. Les arrangements superbes, comme ceux de la Chanson indienne, composée par Whitaker, ne sauvent pas le disque.

Dès 1966, France entame une carrière en Allemagne où elle enregistre régulièrement jusqu'en 1972 avec une équipe spécifique, notamment avec le compositeur et orchestrateur Werner Müller. Des vedettes comme l'acteur Horst Buchholz (Les Sept Mercenaires) ou le compositeur de musiques de films Giorgio Moroder (Midnight Express, Top Gun) lui écrivent Love, l'amour und liebe (1967), Hippie, hippie (1968), Ich liebe dich, so wie du bist (1969) et Mein Herz kann man nicht kaufen (1970). Quelques uns de ses autres succès en allemand : Haifischbaby (Bébé requin), Die schönste Musik, die es gibt, Was will ein Boy (1967), A Banda (Zwei Apfelsinen im Haar), Der Computer Nr 3 (1968), I Like Mozart (1969), Komm mit mir nach Bahia, Miguel (1972).

En France, en 1968, elle retrouve son orchestrateur Goraguer pour son nouveau disque. Les quatre titres, le jazz Le Temps du tempo (paroles de Robert Gall et musique de Goraguer), le pop Dady da da (des paroles de Pierre Delanoë sur la musique composée par Michel Colombier pour l'indicatif du magazine TV Dim, Dam, Dom), le folk La Vieille Fille de Rivat et Dassin et le classique Allo ! Monsieur là-haut du compositeur Gérard Gustin avec des paroles écrites par le comédien Philippe Nicaud, sont balayés par la tourmente de mai 68.

Ses chansons suivantes, malgré la sensuelle et délicate jazzy Y'a du soleil à vendre écrite par Robert Gall sur une musique d'Hubert Giraud ou les jolies compositions de Dassin (24 / 36, Souffler les bougies), ne suscitent pas d'intérêt. France profite, fin 1968, de sa récente majorité, 21 ans à l'époque, et de l'échéance de son contrat chez Philips la même année pour voler de ses propres ailes en se séparant de Denis Bourgeois.

Elle enregistre début 1969 pour une toute nouvelle maison de disques, La Compagnie, née de l'association d'artistes comme Hugues Aufray, Nicole Croisille et Michel Colombier.

Avec La Compagnie et Norbert Saada comme producteur de musique et directeur artistique, France commence sa traversée du désert avec des enregistrements où le meilleur va souvent côtoyer le pire sans qu'elle ne réussisse jamais à trouver un style cohérent. Elle s'égare dès 1969 avec deux adaptations : l'une originaire d'Italie, L'Orage (La Pioggia) qu'elle défend pourtant avec Gigliola Cinquetti au Festival de Sanremo 1969 et l'autre créée par la Britannique Barbara Ruskin, Les Années folles (Gentlemen Please). Le meilleur est ignoré, tels Les Gens bien élevés de Franck Gérald et Hubert Giraud et La Manille et la révolution de Boris Bergman et Hubert Giraud et, en 1970, Zozoï, paroles de Robert Gall sur une musique du brésilien Nelson Angelo et Les Éléphants, paroles de Jean Schmitt et musique de Jean Géral. De plus, sa maison de disques La Compagnie fait faillite.

En 1971, elle sera la première artiste à enregistrer en France pour le label américain Atlantic. Mais même avec des prestigieux auteurs comme Jacques Lanzmann et son C'est cela l'amour (sur une musique blues de Paul-Jean Borowsky) ou Étienne Roda-Gil et son Chasse neige, rien ne fonctionne. France retourne voir Gainsbourg en pensant que lui seul peut quelque chose. Il lui écrit, en 1972, Frankenstein et, sur une musique de Jean-Claude Vannier, Les Petits ballons qu'elle enregistre pour le label EMI-Pathé, mais cela ne marche pas non plus. Elle travaille alors avec Jean-Michel Rivat comme directeur artistique et, malgré la maturité des textes de celui-ci, c'est toujours le flop avec 5 minutes d'amour (1972) et Par plaisir ou Plus haut que moi (1973).

En 1971, elle participe avec son frère Patrice à un roman-photo que le magazine Télé Poche publie en 8 épisodes. C’est au début des années 1970 que France prend l’habitude d’aller régulièrement se ressourcer dans un pays dont elle est tombée amoureuse, le Sénégal. Elle construira sa « résidence-refuge » sur l’île de N’Gor près de Dakar en 1990.

Comme un cadeau prénuptial, Michel Berger consacre son Numéro 1, diffusé le 22 mai 1976 sur TF1, à l'écriture d'une comédie musicale, Émilie ou La Petite Sirène 76, inspirée du célèbre conte d'Hans Christian Andersen et dont l'héroïne est, bien sûr, France Gall. Il en restera un joli duo du couple, succès de l'été : Ça balance pas mal à Paris. Les deux artistes se marient exactement un mois après, à la mairie du 16e arrondissement de Paris, le 22 juin 1976. Par cette alliance, France Gall devient la belle-fille du professeur Jean Hamburger, membre de l'Académie française, et de la pianiste Annette Haas. De cette union naîtront deux enfants : Pauline Isabelle (Neuilly-sur-Seine, 14 novembre 1978 - Paris, 15 décembre 1997) et Raphaël Michel (Boulogne-Billancourt, 2 avril 1981). Gall partage avec Berger ses années de travail et une vie familiale qu'elle privilégie. Sous l'impulsion de Berger, elle reprend goût à la scène. En 1978, elle monte de nouveau sur les planches, celles du Théâtre des Champs-Élysées (où elle auditionna 15 ans plus tôt), pour un spectacle intitulé Made in France. L'une des originalités de ce spectacle est que, hormis les duettistes travestis brésiliens Les Étoiles qui assurent un intermède (contesté) en milieu de spectacle et avec lesquels France enchaîne avec une adaptation brésilienne anté Berger, Plus haut que moi (Maria vai com as outras), il est exclusivement composé de filles à l'orchestre, aux chœurs et à la danse.

En 1982, durant plusieurs semaines à guichet fermé, France Gall investira le Palais des Sports de Paris pour présenter un spectacle novateur sans paillettes et sans strass, mais haut en couleurs et en musiques électriques. Ce sera Tout pour la musique dont le public reprendra en chœur ces titres devenus depuis des standards de la chanson française : Résiste et Il jouait du piano debout.

Les années 1980 sont celles des grandes actions humanitaires dont l'impulsion est donnée par les anglo-saxons et leur Band Aid. France Gall se joindra aux Chanteurs sans frontières, à l'initiative de Valérie Lagrange et sous l'égide de Renaud, pour offrir, en 1985, un SOS Éthiopie au profit du pays en question. Cela ne l'empêche pas, parallèlement, de prendre le relais du même Renaud, au nouveau Zénith de Paris, pour une série de concerts durant trois semaines. Elle interprètera, de plus en plus accompagnée par son public, de nouvelles chansons comme Débranche, Hong-Kong Star et livrera des merveilles acoustiques telles que Plus haut, Diego libre dans sa tête et Cézanne peint.

Les années 1985 et 1986 verront France Gall avec Michel Berger, Richard Berry, Daniel Balavoine et Lionel Rotcage, œuvrer notamment pour le Mali grâce à leur association Action Écoles. Ce sont des écoliers volontaires qui récolteront des denrées de première nécessité pour ces pays d'Afrique où sévit la famine et la sécheresse. Ainsi, des tonnes de nourritures et des pompes à eau seront expédiées sous l'œil vigilant des artistes.

C'est d'ailleurs lors d'un voyage en Afrique que Daniel Balavoine trouvera la mort dans un accident d'hélicoptère le 14 janvier 1986. France Gall chantera en 1987 l'émouvant Évidemment écrit par Berger, en hommage à leur ami disparu. Ce titre figure sur l'album Babacar. Suivra un nouveau spectacle qui, du Zénith de Paris, partira en tournée dans toute la France. Ce sera l'éblouissant Tour de France 88 mis en scène par Berger. France Gall qui, par le passé, a déjà songé à arrêter sa carrière, est interviewée à cette occasion par Richard Cannavo : — Lorsque vous préparez un spectacle, vous vous dites que c'est peut-être le dernier ? — Non, mais je me dis que je n'en offrirai plus des quantités, ça c'est sûr... Mais ce n'est pas le dernier, parce que le dernier ce sera Michel et moi. En attendant, vous n'imaginez pas combien je vais en profiter, de celui-là. Vous ne pouvez pas vous imaginer ! De chaque soir, de chaque seconde ; il faut que j'amasse un maximum, des émotions, des souvenirs, pour « après »... Parce que le jour où je m'arrêterai, ce sera quelque chose de très douloureux... Mais c'est une chose à laquelle je me prépare depuis des années déjà. Tant que je me sens proche de mon public, ça va. Mais un jour je m'arrêterai, c'est sûr. Je crois que ce qui sera plus fort que ma passion pour ce métier, c'est la crainte de tout gâcher. Parce que ce qui me fait peur surtout, c'est l'idée de ne pas me rendre compte que je vieillis, et que je ne parle plus le même langage. C'est ça qui me fera décrocher : lorsque je ne parlerai plus « leur » langage. Et je veux que ce soit par ma propre volonté, par delà ma tristesse.

France Gall prendra du recul et n'enregistrera plus pendant les années qui suivront. Elle ne consentira à reprendre le chemin des studios qu'à condition d'enregistrer un album avec Berger. Elle s'investira comme jamais dans cette création à deux voix, pas tout à fait un duo : ce Double Jeu surprendra en 1992.

Gall et Berger annoncent une série de concerts dans diverses salles parisiennes comme La Cigale et Bercy. Le projet est interrompu par la disparition brutale de l'auteur-compositeur-interprète, mort d'une crise cardiaque foudroyante, le 2 août 1992. Marquée par cette disparition, par de sérieux problèmes de santé et par le décès de l'aînée de leurs enfants en 1997 de la mucoviscidose, France Gall, si elle a fait depuis de nouvelles apparitions sur la scène musicale (Bercy 1993, Pleyel 1994, Olympia 1996), n'a jamais retrouvé l'élan qui semblait être le sien du vivant de son mari.

L’obsédante image du prince venu de là-haut et qui l’emmènera encore plus haut est mise en scène pour la première fois par Robert Fortune pour son spectacle Tout pour la musique donné au Palais des Sports de Paris en 1982. Au milieu de la fameuse chanson Plus haut, un clown blanc surgit là-haut, en équilibre précaire sur un fil, puis descend au final pour emporter dans ses bras une France tombée en léthargie afin de la soustraire à la pesanteur et aux vicissitudes de ce bas monde…

En haut



France Gall / Live Théâtre des Champs-Élysées

France Gall / Live Théâtre des Champs-Élysées est l’album du premier concert enregistré en public par France Gall en 1978.

France Gall, pour son retour sur les planches après plusieurs années d'absence, voulut s’entourer uniquement de filles. Malgré les difficultés qui l’obligèrent à sillonner l’Europe et les États-Unis, elle réussit à trouver les musiciennes de son choix. Petit clin d’œil, les seuls garçons à partager la scène des filles furent les deux chanteurs travestis brésiliens Les Étoiles qui assurèrent un intermède musical au lieu du traditionnel entracte. Cette idée était-elle trop téméraire pour l’époque ? Le résultat fut que le public accueillit plutôt mal les duettistes et que France Gall dut écourter sa pause…

En haut



France Gall / Palais des Sports

France Gall / Palais des Sports est un album live de France Gall enregistré au Palais des Sports de Paris et sorti en 1982. Il s'est vendu à plus de 200 000 exemplaires en France.

En haut



France Gall au Zénith

France Gall au Zénith est un album live de France Gall enregistré au Zénith de Paris et sorti en 1985. Il s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires en France.

En haut



France Gall (album)

France Gall est le premier album enregistré par France Gall. Cet album studio est sorti le 6 janvier 1976. Il s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires en France.

En haut



Tout pour la musique

Tout pour la musique est un album studio de France Gall sorti en 1981. L'album dépassera les 850 000 exemplaires vendus en France.

En haut



Daniel Balavoine

Daniel Balavoine au Palais des Sports de Paris en juin 1982

Daniel Balavoine, est un auteur-compositeur-interprète français né à Alençon (Orne) le 5 février 1952 et mort dans un accident d'hélicoptère le 14 janvier 1986 à Gourma-Rharous (Mali).

Daniel Balavoine est le benjamin d'une famille de six enfants. Il a trois frères: Bernard (né en 1944), Guy (né en 1946) et Yves (né en 1948) et deux sœurs: Marie-Françoise (née en 1940) et Claire (née en 1943). Son père Émile est ingénieur en urbanisme et travaille pour le ministère de la reconstruction, quant à sa mère Élisabeth, elle est antiquaire. Il passe la majorité de sa jeunesse dans le sud-ouest. En 1959, Émile est muté en Algérie. Daniel entre donc en pension. C'est à la même époque que ses parents se séparent. Il apprécie peu le pensionnat, qui lui fait perdre le goût de la religion et provoquera un profond rejet de sa part vis à vis de la discipline qui y règne. Vers 11 ans, il entendra dans l'établissement She loves you des Beatles ce qui, il le confiera plus tard, lui donne indirectement goût à la musique.

Les années passent. Lycéen à Pau, Balavoine est un élève doué, surtout en littérature. Il s'implique de très près dans la révolte étudiante de mai 68 et s'imagine alors faire une carrière politique. Mais la fin du mouvement le déçoit, et il décide de se lancer dans la musique.

Après trois mois de terminale, il quitte son établissement.

Il débute chanteur de bal et se produit à Pau en interprétant du Bob Dylan. Purple Eruption, les Shake's puis Réveil sont les noms de ses orchestres. Il acquiert ainsi une petite notoriété locale. Passionné par le rock, il décidera désormais de s'y consacrer pleinement.

En 1971 il décide de monter à Paris avec ses amis une première fois. Grande désillusion. De retour à Pau, il est contacté par un groupe, Présence, dont le chanteur vient de partir. Retournant à Paris, il passe une audition au cours de laquelle un autre jeune chanteur, du nom de Laurent Voulzy, concourt. Balavoine est retenu et commence à côtoyer les studios. Un premier 45 tours oscillant entre hard rock et slow sort chez Vogue, il ne s'en vendra que 247 exemplaires. Malgré l'échec de ce disque, Présence se produit un peu partout en France.

En 1972 le groupe se sépare.

Pour assurer le quotidien, Balavoine trouve un emploi de disquaire mais ne renonce pas pour autant à la musique. En 1973 la maison de disque Vogue le rappelle et l'encourage à entamer une carrière solo. Le 45 tours Viens vite sort mais obtiendra à peine plus de succès qu'avec Présence. Daniel devient alors choriste, accompagné de son frère Guy. La même année, ils sont engagés dans la comédie musicale pop La Révolution française de Claude-Michel Schönberg.

À la même période, Patrick Juvet prépare un Olympia et recherche un choriste avec une voix aiguë. Contacté par sa productrice, Daniel est engagé. Il entamera avec l'artiste une tournée au cours de l'année 1974. Une grande histoire d'amitié se noue entre les deux hommes. Daniel Balavoine lui compose une chanson Couleurs d'automne pour son prochain album ; Patrick Juvet, généreux, la lui laissera chanter. Intitulé Chrysalide, le disque sort chez Barclay. C'est d'ailleurs pendant cet enregistrement que Daniel fera la connaissance d'Andy Scott, ingénieur du son qui ne le quittera plus. Interpelé par la voix de Balavoine, Léo Missir, vice-président et directeur artistique de Barclay, lui fait signer un contrat de trois albums sur le champ. Leur collaboration durera bien au-delà.

Le premier 33 tours de Daniel Balavoine sort en mars 1975 et s'intitule De vous à elle en passant par moi. Aucun titre ne se démarque clairement, l'album ne rencontre pas le succès.

Peu avant il a rencontré une jeune femme, Catherine Ferry; une histoire d'amour s'initie et Daniel aura à cœur d'être son pygmalion pendant toute sa carrière. Elle est choisie pour représenter la France à l'Eurovision en 1976. Elle terminera deuxième, les frères Balavoine chantant les chœurs.

Au cours d'un voyage en Pologne, Balavoine, heurté par le climat politique ambiant, imagine un concept-album autour du mur de Berlin. Cet album sort sous le nom Les Aventures de Simon et Gunther... en avril 1977. Malgré le succès d'estime qu'il obtient, Eddie Barclay commence à s'impatienter des non-résultats du chanteur et fait savoir à Léo Missir que le prochain album sera décisif.

Entre temps Michel Berger qui a fini de composer ce qui allait être Starmania cherche toujours un rôle pour jouer Johnny Rockfort dans cette comédie musicale. Impressionné par une prestation de Balavoine à la télévision où il interprète Lady Marlène, le seul titre du dernier album ayant réussi à percer, il l'embauche.

Ainsi en avril 1978 parait l'album studio de Starmania; en quelques semaines les titres de l'opéra rock deviennent des hits. Balavoine y interprète Quand on arrive en ville, Banlieue nord et S.O.S. d'un Terrien en détresse.

En parallèle, et après deux 45 tours encore peu rentables Je suis bien et Le français est une langue qui résonne, Balavoine enregistre son troisième album Le Chanteur et le sort finalement en juin 1978. Le titre éponyme de l'album obtient enfin un grand succès et se vend à plus d'un million d'exemplaires, entrainant avec lui 800 000 albums. De ce disque est également tiré la chanson Lucie, qui rencontre aussi un succès. Cette double victoire en quelques semaines lance véritablement la carrière de Daniel Balavoine.

Entre avril et mai 1979 ont lieu les représentations de Starmania au Palais des congrès de Paris. Cent mille personnes viendront à ce spectacle. La distribution se compose outre Daniel de France Gall, Fabienne Thibeault, Étienne Chicot, Diane Dufresne, Nanette Workman pour ne citer qu'eux. Balavoine marquera profondément cette production. Cette participation accroit davantage sa notoriété en lui donnant une image un peu voyou mais également pleine de tendresse.

C'est ainsi grandi qu'il revient de cette expérience et propose déjà au public un quatrième album en octobre 1979. Il se nomme Face amour / Face amère et se vendra moins bien que Le Chanteur; les ventes de ce dernier étant encore très importantes.

Dans ce disque on trouve Love Linda, dédié à sa nouvelle compagne Linda Lecomte, Rougeagèvre profondément rock, Ces petits riens interprété avec retenu et justesse et Me laisse pas m'en aller. Sans réel tube, cet album aura un succès moyen, mais salué tout de même par la critique on lui décerne le prix Raoul-Breton. À Lille, au mois de novembre il donne le premier concert à son nom.

Balavoine se produit à l'Olympia du 31 janvier au 2 février 1980.

Toujours en ce début d'année 1980, il apparait dans le film Alors... Heureux ? jouant le rôle d'un brancardier homosexuel; il composera également la musique de ce film.

Il fait aussi sensation le 19 mars 1980, lors d'un débat au journal de midi sur Antenne 2 au cours duquel il prend à partie François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti Socialiste, et les journalistes, les accusant d'ignorer les problèmes de la jeunesse. Les médias l'érigent alors en porte-parole de cette même jeunesse, rôle duquel il désirera toujours se défaire. Créant la polémique, il devient désormais un invité incontournable des talk-show. Aux yeux du grand public il devient un chanteur engagé.

Il soutient à l'époque la candidature de Coluche à l'élection présidentielle. Après le retrait de cette candidature, François Mitterrand lui demandera de se joindre à sa campagne, Balavoine chantera dans la première partie de ses meetings pendant quelques semaines avant de changer d'avis.

En novembre 1980 il revient avec l'album Un autre monde, disque contenant des tubes essentiels: Mon fils ma bataille inspiré de l'histoire d'un ami du chanteur, Je ne suis pas un héros écrit à l'origine pour Johnny Hallyday, La vie ne m'apprend rien et dans une moindre mesure Lipstick Polychrome.

Fort du succès de ses nouvelles chansons, Daniel réinvestit la scène de l'Olympia du 10 au 14 mars 1981. Il fait salle comble et enregistre son premier album en public, qui sortira en novembre avec comme titre Balavoine sur scène. Dans ce spectacle la Chine est très présente. Il entame alors une grande tournée et participe à un concert au profit d'Amnesty International le 22 octobre; 100 artistes pour les prisonniers d'opinions.

Il part à l'hiver 1981 à Ibiza enregistrer un sixième 33 tours avec de nouveaux musiciens dont le batteur américain Joe Hammer. À 30 ans Balavoine veut entamer un nouveau virage musical, toujours plus rock, essayant à tout prix de s'éloigner de la variété. En avril Vendeurs de larmes apparait porté par la chanson Vivre ou survivre. Chanson qui devient très vite un tube.

Dieu que l'amour est triste, Soulève-moi et le titre éponyme de l'album sont aussi notables. Ce disque rencontre un grand succès.

À titre de récompense on lui décerne le Prix Diamant de la chanson française.

Estimant que ses productions sont maintenant dignes de concerts plus imposants, il investit le Palais des Sports qui est à l'époque la plus grande salle parisienne. Ainsi il se produira chaque soir devant plus de 4500 personnes du 9 au 13 juin 1982.

Le climat concurrentiel est excessivement élevé puisque au même moment sont invités à l'hippodrome d'Auteuil Simon & Garfunkel et les Rolling Stones. De plus, ce sont les spectacles à ciel ouvert qui sont les plus prisés à cette période de l'année. Pourtant et contre toute attente Balavoine jouera à guichets fermés. Les moyens mis en œuvre sont très conséquents offrant au public un grand spectacle.

Il se voit également proposer un second rôle au cinéma dans le film Qu'est ce qui fait craquer les filles.

Passionné de sports mécaniques, Balavoine participe en janvier à la course du moment, le Paris-Dakar. Tombé en panne à la première étape, il suit la caravane en touriste et découvre alors l'Afrique. Ce moment fut un électrochoc pour le chanteur. Il prend conscience de la famine et de la pauvreté du continent, qui inspirera son album suivant, Loin des yeux de l'Occident enregistré l'été en Écosse. Les textes évoquent la condition féminine avec Pour la femme veuve qui s'éveille, la torture avec Frappe avec ta tête, la drogue avec Poisson dans la cage, les dictatures d'Amérique du Sud avec Revolucion. A noter également l'une de ses plus belles compositions: Partir avant les miens, dont le texte, troublant, se verra prêter un arrière goût prémonitoire à l'annonce de sa mort. Musicalement, le disque, inspiré par Peter Gabriel, mêle sonorités électroniques et ambiances world music. Bien vendu, il l'est cependant moins que les précédents.

À la même époque, Balavoine participe au conte musical Abbacadabra avec Frida du groupe ABBA.

Par la suite le chanteur crée de nouveau la polémique. Invité à l'émission d'information Sept sur sept le 23 octobre 1983, jour de l'attentat du Drakkar au Liban où son frère Yves, militaire, est basé, il lancera sous le coup de l'émotion: « J'emmerde les anciens combattants ! ». Phrase en fait adressée à tous ceux qui souhaitent à la jeunesse d'alors « une bonne guerre ». Il enchaîne alors avec véhémence et colère tenant un discours profondément anti-politique et anti-militariste. Deux semaines plus tard, il s'excusera publiquement dans une émission de Michel Drucker ce qui n'empêchera pas des manifestations d'anciens combattants de boycotter certains concerts de sa future tournée.

Balavoine entreprend une tournée marathon à travers la France durant l'hiver-printemps 1984. Le 2 avril il fait une halte au Printemps de Bourges, avec un spectacle moderne utilisant les faisceaux varilights (projecteurs assistés par ordinateur dont le spectre est quasi-infini) et la technologie HF (sans fil). Le décor est relativement dépouillé, Balavoine privilégiant largement la lumière et un son qu'il désire irréprochable.

Le 15 juillet 1984, naît son fils Jérémie, dont il a rencontré la mère Corinne pendant l'enregistrement de Vendeurs de larmes.

Dans l'émoi et à titre promotionnel pour sa rentrée parisienne, il compose un 45 tours inédit Dieu que c'est beau illustrant d'une manière métaphorique l'accouchement. C'est l'un des tubes de l'été.

Sa tournée se clôture au Palais des Sports du 21 au 30 septembre, où il enregistre un double album live. La totalité des chansons a été réorchestrée soit dans des ambiances techno-world soit dans un rock très prononcé.

Le 1er janvier 1985, Daniel se lance dans son deuxième Paris-Dakar comme copilote de Jean-Luc Roy à bord d'un Toyota. Ils arriveront à Dakar trentième.

L'année 1985 marque l'entrée du showbiz dans le monde de l'humanitaire. Les stars du monde entier se mobilisent pour l'Éthiopie qui subit alors une famine effroyable. À l'initiative de Bob Geldof le comité Band Aid est créé. Il en résulte le Live Aid, un concert planétaire qui sera marqué par des performances scéniques d'anthologie à l'image de Queen par exemple. C'est le 13 juillet 1985 qu'a lieu cette manifestation. Une délégation française est présente ce jour là au Wembley Stadium. Elle est composée de Michel Berger, France Gall, Jean-Jacques Goldman, Jean-Louis Aubert et Daniel Balavoine. Amer de n'être que spectateurs de cet évènement, le groupe décide de reproduire un exploit similaire en France. Ce sera le concert des Chanteurs sans Frontières organisé par Renaud à la Courneuve le 13 octobre 1985. Daniel Balavoine chantera en duo Je marche seul avec Jean-Jacques Goldman. Le concert sera un échec mais le disque se vendra bien.

Durant l'été Daniel a enregistré, toujours en Écosse, son huitième et dernier album studio. Il sort en octobre 1985 et a pour titre Sauver l'amour. C'est le premier album de Balavoine qui sort en CD; ce nouveau format d'écoute étant très apprécié du chanteur.

L'album est marqué musicalement par l'utilisation d'un sampleur Fairlight, permettant une large gamme de sonorités nouvelles et encore inédites en France où l'appareil n'est pas encore en usage. Les arrangements ainsi que les rythmiques se voient ainsi travaillés à l'extrême. 1 240 000 albums et 1 580 000 singles seront vendus, ce qui en fait la meilleure vente toutes catégories confondues du chanteur.

On y trouve L'Aziza en hommage à sa femme Corinne, juive-marocaine, qui à lui tout seul se vendra à plus d'un million d'exemplaires. S'y trouvent aussi des chansons comme Tous les cris les S.O.S., Sauver l'amour et Aimer est plus fort que d'être aimé. Le concept de l'album est axé autour du sentiment premier : l'Amour. Sujet pourtant mainte et mainte fois traité, ce qui pouvait être risqué; mais Balavoine saura y faire face en ajoutant sa très personnel touche alter-mondialiste et "sans frontières".

Tous les titres ou presque traitent d'un problème politique ou social. Petite Angèle montre une jeunesse incomprise, Petit homme mort au combat parle des enfants soldats, Ne parle pas de malheur débat de la rupture amoureuse ainsi que de la fuite du temps et Un enfant assis attend la pluie évoque la sécheresse d'Éthiopie. Après sa mort, on apprendra que l'artiste avait cédé tous les droits de cette dernière chanson au profit de l'Afrique. Toute la fin de l'année 1985 sera consacrée à la promotion de cet album. Il travaillera également sur un album de Jeanne Mas.

Le 23 novembre il participe aux premières Victoire de la musique. Il remet un prix à Jean-Michel Jarre et au groupe Téléphone.

Le 7 décembre, il reçoit le prix de la chanson anti-raciste pour L'Aziza des mains de Harlem Desir au nom de SOS Racisme. Il militera beaucoup au sein de cette association et s'inscrira comme militant de base et non comme une star au comité de Colombes, son lieu de résidence.

Quelques jours plus tard le 14 décembre, il participe au lancement officiel des Restaurants du cœur par son ami Coluche. Balavoine en est le premier parrain. Par sa volonté d'être sur tous les fronts, le chanteur se voit extrêmement médiatisé à cette période.

Le représentant en France de Band Aid, Lionel Rotcage, l'encourage ainsi que Michel Berger, France Gall et Richard Berry à s'investir dans son opération Action Écoles qui consiste à créer des comités d'élèves dans toutes les établissements scolaires de France afin de lever des fonds et de financer des projets précis sur le continent africain.

Parmi ces projets, Daniel Balavoine se voit confier la responsabilité de l'opération Pompes à eaux pour l'Afrique, qui l'amène à repartir sur le Paris-Dakar, non pas en tant que concurrent, mais comme ambassadeur des Paris du cœur. Il supervise avec l'aide du créateur et directeur de la course Thierry Sabine ce programme en prenant appui sur le rallye. À l'aide d'une caméra et d'un appareil photo, il réalise un reportage au fur et à mesure de ses arrêts dans le but de le présenter sur le plateau de Champs-Élysées peu après son retour. Parallèlement il rédige des chroniques quotidiennes pour Europe 1.

Ainsi le 8 janvier 1986, on le voit assistant à l'installation d'une pompe à eau solaire dans un village voisin d' Agadez. C'est probablement sa dernière apparition télévisée.

L'étape Niamey-Gourma-Rharous, longue de 843 kilomètres, débute à 4 heures du matin.

Plus tard dans la matinée, Thierry Sabine et Daniel Balavoine se rejoignent à l'aéroport de Niamey afin de partir pour Gao. Arrivés à 10 h 30, ils s'entretiennent avec le gouverneur malien au sujet des pompes à eaux. L'ambiance est animée car beaucoup de problèmes subsistent dans le bon déroulement de l'action humanitaire : les autorités bloquent les camions des Paris du cœur, qui ne peuvent ainsi faire route vers le Mali. Les échanges se prolongeront jusqu'à 16 heures.

Peu après, Sabine propose à Balavoine de le suivre afin de donner le coup d'envoi d'un match de football opposant l'équipe de Gao à celle de Mopti, match organisé dans le cadre du Paris-Dakar. La cérémonie s'éternise.

L'hélicoptère de Thierry Sabine, piloté par François-Xavier Bagnoud, est prêt et doit initialement embarquer Jean-Paul Le Fur, technicien radio, ainsi que Jean-Luc Roy et Yann-Arthus Bertrand. Ces deux derniers s'apprêtent à filmer et photographier comme tous les jours le secteur Gao-Gourma. Un avion en provenance de Bamako se pose entre-temps. Ils proposent alors de céder leurs places et préfèrent le prendre pour rentrer. Il est 17 heures et la nuit commence peu à peu à tomber. Sabine, se souvenant que le chanteur lui réclamait inlassablement un baptême de l'air en hélicoptère, lui attribue au dernier moment un siège.

A 17 h 15, l'appareil décolle et doit rejoindre le bivouac de Gourma-Rharous, arrivée de l'étape. Il leur faut parcourir environ deux cents kilomètres depuis Gao dans des conditions météo très difficiles. Les passagers respectifs sont donc Sabine, Balavoine, François-Xavier Bagnoud et Jean-Paul Le Fur.

Vers 18 h 10, ils s'arrêtent une première fois à Gossi au départ de la deuxième épreuve chronométrée ; Thierry en profite pour discuter avec des concurrents. Le vent de sable se faisant de plus en plus fort, il leur faut repartir. Entre-temps, la journaliste Nathaly Odent monte dans l'hélicoptère et occupe ainsi la dernière place vacante.

La nuit étant tombée, ils suivent le fleuve Niger (un repère plat et simple). Arrivés à un certain stade, ils n'ont d'autre choix que de se poser en urgence à une vingtaine de kilomètres de Gourma, toute progression étant désormais quasi impossible. Il est environ 19 heures. Sabine sort et croise une voiture, au conducteur de laquelle il demande de signaler leur position au bivouac afin de réquisitionner un véhicule et les ramener.

Puis, pour une raison inexpliquée, l'appareil redécolle et se réfère aux feux arrière d'un autre concurrent ; concurrent précédemment rencontré à Gossi. Ils volent en rases-mottes. Balayé par la tempête, l'engin tangue dangereusement ; quelqu'un tire une fusée de détresse. Surpris, le véhicule s'immobilise et l'hélicoptère, déséquilibré, passe devant à toute vitesse.

Il heurte un arbre avec l'avant droit du patin et part en looping en se désintégrant sur plus de 150 mètres. Il est un peu moins de 19 h 30 ; le crash se produit à seulement 8 kilomètres de Gourma-Rharous (approx. 16°49′42″N 1°51′1″O / 16.82833, -1.85028). Les cinq passagers meurent sur le coup,,,,,.

Malgré tout de nombreuses zones d'ombres demeurent. En effet, diverses polémiques ont fait leur apparition quelques jours seulement après le drame. Thierry Sabine a été accusé d'être en fait aux commandes ce jour-là, idée démentie relativement rapidement. Puis une possible bavure militaire est évoquée, car l'appareil survolait alors une zone de conflits. Des véhicules auraient même reçu des balles. Cette hypothèse est toujours discutée.,. Enfin, certains se sont penchés sur l'objet de leur redécollage : un serpent aurait piqué l'un des passagers, raison suffisante pour s'envoler en urgence.

Daniel Balavoine aurait eu 34 ans le 5 février 1986. Il repose désormais au cimetière de Ranquine à Biarritz, dans le département des Pyrénées-Atlantiques.

La mort de Daniel Balavoine intervient à un moment où le chanteur rêve d'entamer une carrière internationale. Son seul succès francophone ne lui suffit plus, il désire s'exporter outre-manche et créer un groupe.

Voulant se remettre en cause et repartir de zéro, il était convenu que dés février 1986 Balavoine irait s'installer à Londres, bastion de la musique qu'il a toujours respecté. Là-bas était prévu l'admission du chanteur dans un groupe, groupe dans lequel il n'occuperait pas forcément la place de chanteur ou de leader. Entièrement anglo-saxonne et réservée au marché anglais, cette nouvelle production serait pour lui un moyen de convaincre les critiques rocks que sa musique est digne de la Grande-Bretagne. L'équipe aurait été composée, outre Balavoine, du batteur Joe Hammer, du guitariste John Wooloff et du claviériste Matt Clifford, le tout accompagné du fidèle Andy Scott à la réalisation.

En parallèle Balavoine veut continuer sa carrière nationale. Sa salle fétiche, le Palais des Sports doit à nouveau l'accueillir pour trois semaines de show dés la fin septembre 1986. Il n'était d'ailleurs pas exclu que le groupe anglais s'occupe de la première partie du spectacle en interprétant des inédits. Reproduire le son de Sauver l'amour sur scène aurait été la difficulté essentielle. Le virage sonore abordé aurait été excessivement conséquent et n'aurait sans doute rien eu de commun avec ses précédents concerts.

Ce spectacle aurait inauguré une tournée qui se serait étendue jusqu'au Pays-Bas, en passant par l'Allemagne et évidemment la France. Elle aurait pris fin en mars 1987 et c'est en octobre 1987 que Balavoine désirait voir paraître son premier album anglais. Un 45 tours à titre expérimental serait préalablement sorti au cours de l'année 1986. Il planifiait également la parution de son prochain opus francophone aux alentours de 1988-1989.

Autour de la quarantaine, le chanteur, estimant que son métier n'est pas une fin en soi, disait vouloir mettre un terme a sa carrière pour pouvoir commencer autre chose. Politique, production, cinéma, écriture... il ne le savait pas encore. Certaines personnes de son entourage affirme qu'il aurait quand même continué.

Tout ces projets soigneusement préparés ne verront jamais le jour. Balavoine n'assistera jamais à la naissance de sa fille Joana le 1er juin 1986.

Compositeur avant d'être auteur, Balavoine élabore ses musiques avant d'ajouter ses textes, textes que d'ailleurs il écrit très rapidement et toujours au dernier moment. A tire d'exemple Le Chanteur a été écrit en une demi-heure seulement. Travaillant à l'oreille, il ne sait pas écrire la mélodie. Il inclut dans une grande majorité de ses chansons la notion d'espoir au sein d'un environnement majoritairement désespérant : Vivre ou survivre et Tous les cris les S.O.S. illustrent bien cette idée, autant textuellement que musicalement.

Son écriture prend parti sur des sujets sensibles de la société (célébrité, divorce, enfance, argent et réussite sociale, travail, guerres, drogue, torture, politique, amour, tolérance et racisme, drames humanitaires, vie et mort), ce qui en fait un chanteur engagé.

Inspiré par son idole Peter Gabriel, Balavoine était passionné par les nouvelles technologies et la perpétuelle recherche de sons nouveaux. C'est dans cette optique d'innovation qu'il s'essaye même à la world music avec Pour la femme veuve qui s'éveille. Alchimiste de studio, il est perfectionniste et prend très au sérieux son travail de producteur. Oscillant toujours entre pop et rock, les percussions ainsi que les effets synthétiques occupent un rôle qui ne cessera de croître, devenant ainsi priorité sur Sauver l'amour.

Rétrospectivement reconnu comme étant une figure importante de la musique new-wave (ou synthpop) en France, il n'hésitait pas à critiquer une majorité d'artistes français établis, qu'il accusait alors de faire de la musique de « music hall », pas assez en rapport avec les attentes de la jeunesse tendant à se tourner d'avantage vers la musique anglo-saxonne.

Sa voix reste néanmoins sa principale caractéristique. Puissante et assez singulière, on la reconnait par son timbre haut perché et éraillé. En ce qui concerne son amplitude les avis divergent. Les plus enthousiastes vont jusqu'à lui octroyer cinq octaves mais il semblerait qu'il soit en fait plus proche de trois. L'erreur viendrait de la confusion qu'engendre sa tonalité, naturellement plus haute que la normale, qui aurait tendance à majorer son étendue vocale. Contrairement aux idées reçues, il n'utilise que très peu la voix de tête et reste la majeure partie du temps en voix pleine, laquelle lui suffisant pour chanter haut. Une lointaine similitude pourrait être entreprise avec le timbre de Freddie Mercury.

Nombre d'artistes ont interprété ultérieurement des chansons de son répertoire dont Jeanne Mas, Liane Foly, Léna Ka, Johnny Hallyday, Nicole Rieu, Pascal Obispo, Patrick Fiori, Florent Pagny, la troupe des Enfoirés, Grégory Lemarchal ou Marie Denise Pelletier.

Il est fréquemment diffusé sur les ondes (en 2003, il a été l'artiste français le plus entendu à la radio) et souvent repris à la télévision. Balavoine jouit encore aujourd'hui d'une grande popularité, en témoigne les ventes de ses principaux best-of: L'essentiel (paru en 1995) vendu à 720 000 exemplaires et l'actuel Balavoine sans frontières (paru en 2005) atteignant les 150 000 copies.. Ses actions humanitaires et prises de positions sont unanimement saluées. Cependant très peu d'artistes de la nouvelle génération se réclament de lui musicalement.

C'est le troisième auteur compositeur disparu qui génère le plus de droits d'auteur en France, derrière Joe Dassin et Michel Berger.

L'Association Daniel Balavoine, loi 1901, a été créée en mars 1986, par les amis et la famille, pour répondre à l'appel de ceux qui souhaitaient continuer l'action de Daniel Balavoine et Thierry Sabine en Afrique de l'Ouest. Son but principal est de fournir des motopompes d'irrigation pour la culture du riz au Sénégal, à la Mauritanie et au Mali. Ce matériel est destiné aux coopératives villageoises dans le but d'atteindre l'auto-suffisance alimentaire par leur travail selon leur volonté. L'association est une association à but non lucratif, elle est apolitique et aconfessionnelle et se veut ouverte à tous.

En haut



Michel Berger

Tombe de Michel Bergeret de sa fille Pauline HamburgerCimetière de Montmartre à Paris

Michel Berger ou Michel-Jean Hamburger de son vrai nom (28 novembre 1947 à Neuilly-sur-Seine, France - 2 août 1992 à Ramatuelle, France) est un auteur-compositeur-interprète, directeur artistique et arrangeur musical français.

Il est le fils du médecin Jean Hamburger et de la concertiste Annette Haas. Il est notamment connu pour son travail aux côtés de son épouse, France Gall.

Il se fait connaître en tant que chanteur dès l'époque de Salut les copains dans les années 1960. Il passe ensuite à la production chez EMI où il écrit, entre autres, Les Girafes pour Bourvil en 1967.Dans les années 1980,il produit sa propre maison de disques:APACHE qui plus tard sera associée à WEA Au début des années 1970, chez Warner, il produit les premiers albums de Véronique Sanson et, plus tard, en 1989, un autre titre, Allah. En 1973, il produit également un album pour Françoise Hardy qui relance la carrière de celle-ci avec, notamment Message personnel. Toujours pour Françoise Hardy, il produit ensuite un 45 tours, Je suis moi. Il commence à écrire pour France Gall en 1974 avant de l'épouser le 22 juin 1976 et il produit ensuite tous ses albums à partir de 1975. Il produit aussi l'album Rock 'n' Roll Attitude pour Johnny Hallyday (1985) dont il met en scène, dans la foulée, son spectacle avant de réaliser celui de France Gall en 1987, Le Tour de France 88.

Entre temps, il compose un opéra rock, Starmania. Le texte est écrit par Luc Plamondon et l'album studio sort en 1978. Il est notamment interprété par France Gall, Daniel Balavoine, Diane Dufresne, Nanette Workman, Éric Estève et Fabienne Thibeault. Starmania, le spectacle, créé au Palais des congrès de Paris en 1979, remporte un vif succès, réitéré en 1988 avec, entre autres, Maurane et Renaud Hantson puis avec des distributions différentes lors des reprises dans les années 1990. Une version anglaise, nommée Tycoon est réalisée en 1991.

En 1990, il met en scène un nouveau spectacle musical dont le texte est toujours écrit par Luc Plamondon, La Légende de Jimmy, inspiré de la vie de James Dean. Malgré la qualité des musiques, des textes, des interprètes (Diane Tell, Renaud Hantson, Tom Novembre, Nanette Workman) et d'une mise en scène signée Jérôme Savary, ce spectacle obtient peu de succès.

Il compose également plusieurs musiques de films : Mektoub, un film algérien d'Ali Ghalem en 1970, Sérieux comme le plaisir de Robert Benayoun en 1975, Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau en 1982 et Rive droite, rive gauche de Philippe Labro en 1984. Il compose aussi les musiques de films publicitaires, dont celle d'Orangina.

Il fait partie des rares artistes français à s'être engagé de très près dans des œuvres humanitaires, exclusivement pour celle d'Action Écoles en 1985 aux côtés de France Gall, Richard Berry et Daniel Balavoine, mais aussi pour l'Éthiopie avec Renaud (Chanteurs sans frontières) et pour Les Restos du cœur avec Coluche.

Le 12 juin 1992, sort pour la première fois un album interprété en duo avec France Gall, Double jeu. Quelques semaines après, le 2 août exactement, Michel Berger meurt dans sa chambre, foudroyé par une crise cardiaque causée probablement par le surtravail auquel il était accoutumé (et malgré une lettre où son père lui conseille de voir un médecin pour son cœur fragile). Il venait de jouer une partie de tennis quelques heures auparavant, alors qu'il passait ses vacances à Ramatuelle avec son épouse. Il est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris.

La carrière de chanteur de Michel Berger débute dans les années 1960, période des chanteurs yéyés, celle de Salut les copains. Mais après avoir enregistré des 45 tours qui ne rencontrent pas un grand succès, il retourne à son rôle de directeur artistique chez Pathé Marconi jusqu'à ce qu'il rencontre Véronique Sanson. Leur rupture lui inspire l'un de ses premiers albums solos, Cœur brisé, en 1973. Seuls les titres Pour me comprendre et Attends-moi émergent de l'album.

Le premier succès de Michel Berger date de 1974 avec Écoute la musique (Quelle consolation fantastique) juste après sa rencontre, en 1973, avec sa nouvelle muse France Gall.

En 1975, il connaît un succès mitigé avec l'album Que l'amour est bizarre dont la chanson éponyme et Seras-tu là ? sont les deux plus réussies. L'année suivante, seule la chanson Mon piano danse, extraite de l'album éponyme, connaît un modeste succès.

Mais c'est 1980 qui est l'année charnière pour Michel Berger : son nouvel album Beauséjour connaît trois grands succès publics : La Groupie du pianiste, Quelques mots d'amour et Celui qui chante. La même année, il monte sur scène au Théâtre des Champs-Elysées, avec le même succès.

Michel Berger aligne encore d'autres succès comme Mademoiselle Chang en 1981, Voyou et Les Princes des villes en 1983, Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux et Y 'a pas de honte en 1985.

Après un concert au Zénith en 1986, année de la mort de ses amis Daniel Balavoine et Coluche, il n'écrit à partir de cette période que des chansons pour France Gall et pour la comédie musicale La Légende de Jimmy, il revient en tant que chanteur avec l'album Ça ne tient pas debout, dont Le Paradis blanc en 1990, qui sera son dernier succès en solo.

D'autres succès sont dans l'unique album enregistré en duo avec France Gall en 1992 : Superficiel et léger et Laissez passer les rêves.

Vers la fin des années 1980, Michel Berger vouera une certaine passion pour le cinéma. Beaucoup de ses proches diront que le chanteur allait vers "une vie derrière la caméra". Désireux d'apprendre à manier l'outil cinématographique, il réalisera en 1988 le clip de France Gall Babacar, mais également celui de Papillon de Nuit. Au début des années 1990, il rencontre Jacques Kerchache. Les deux hommes ont un intérêt commun : la place de l'artiste dans la Société. Ils travailleront ensemble à l'écriture d'un film : Totem. Un projet qui restera inabouti suite à la mort du chanteur.

Ces lives sont tous disponibles en CD. Néanmoins, seul Michel Berger au Zénith est disponible séparément du coffret Pour me comprendre.

En haut



Serge Gainsbourg

Maison de Serge Gainsbourg de la rue de Verneuil à Saint-Germain-des-Prés conservée en l'état par Charlotte Gainsbourg après le décès de son père

Serge Gainsbourg, né Lucien Ginsburg le 2 avril 1928 à Paris et mort le 2 mars 1991 à Paris, est un auteur-compositeur-interprète et cinéaste français.

Fils d'immigrants russes, il rêva d'abord de devenir artiste-peintre. Par la suite, il devint célèbre en tant qu'auteur-compositeur-interprète et toucha à de nombreux styles musicaux, mais aussi au cinéma et à la littérature. Ses débuts sur scène ne furent pourtant pas aisés, en raison de son physique difficile. Toute sa vie, Serge Gainsbourg souffrit de ce sentiment de rejet et de cette image que lui renvoyait son miroir : celle d'un homme que l'on qualifiait de laid. Il a réalisé plusieurs films et vidéo-clips et composé plus de 40 bandes sonores. Enfin, il s'est créé l'image d'un poète maudit et provocateur. Marié à deux reprises, d'abord à Élisabeth Levitzky, fille d'aristocrates russes émigrés, puis à Françoise Pancrazzi qui lui donne ses deux aînés, Paul et Natacha. De relations en relations, Gainsbourg séduira quelques unes des plus belles femmes du monde, de Brigitte Bardot à Bambou, "Caroline Von Paulus" de son vrai nom, avec qui il aura son petit dernier né, Lucien, "Lulu", en passant par Jane Birkin, avec qui il aura sa fille Charlotte Gainsbourg.

C'est en 1919 que Joseph et Olga Ginsburg quittent la Russie pour Paris, fuyant le bolchevisme, en passant par Istanbul, puis Marseille. Joseph est pianiste de bar et de cabaret, Olga chante au Conservatoire russe, et ils vivent rue de la Chine dans le 20e arrondissement de Paris. Ils ont un premier fils, Marcel, qui meurt en bas-âge d'une maladie. Ils auront ensuite une fille, Jacqueline, en 1926, puis des faux jumeaux, Liliane et Lucien, en 1928, nés à la maternité de l'Hôtel-Dieu de Paris sur l'Île de la Cité.

Dans son enfance, le petit Lucien vit à Paris dans les quartiers populaires dans le 20e puis le 9e arrondissement. Son père lui apprend le piano classique et le poussera vers le monde de la peinture.

Les années de la guerre sont difficiles pour lui et il est obligé de porter l'étoile jaune (« Une étoile de shérif », dira-t-il plus tard par dérision). Il devra même se cacher trois jours durant dans une forêt tandis que les SS recherchent les juifs. La famille se réfugie en province en 1944 sous le nom de Guimbard.

De retour à Paris après la libération, la petite famille s'installe dans le XVIe arrondissement de Paris. Lucien est en échec scolaire et abandonne peu avant le bac au lycée Condorcet. Il s'inscrit alors aux Beaux-Arts mais est rebuté par les hautes études mathématiques et abandonne. Il rencontre là en 1947, Élisabeth Levitsky, fille d'aristocrates qui a des accointances avec les surréalistes et devient sa compagne jusqu'à leur mariage le 3 novembre 1951.

L'année 1948 est une année importante pour Lucien qui fait son service militaire à Courbevoie où il sera envoyé régulièrement au trou pour insoumission. Il commence là sa « période » éthylique ; privé de permission, il s'enivre au vin avec ses camarades de régiment. C'est également durant cette période qu'il apprend à jouer de la guitare.

Jusqu'à l'âge de trente ans, Serge Gainsbourg vit de petits boulots. Il est tour à tour professeur de dessin, de chant, surveillant… Mais son activité principale est la peinture. Il aurait aimé être un génie de la peinture comme Francis Bacon ou Fernand Léger, dont il fut l'élève, mais il abandonne rapidement la bohème pour devenir crooner de piano-bar dans les casinos de la côte comme le Touquet Paris-Plage ou Deauville et dans des boîtes parisiennes comme Madame Arthur.

Il a une révélation en voyant Boris Vian, qui écrit et interprète des textes provocateurs, drôles, cyniques, qui font grincer des dents, loin des vedettes du moment, comme Dario Moreno ou Annie Cordy.

En 1957, c'est par hasard que Michèle Arnaud, chanteuse « rive gauche », qu'il accompagne à la guitare dans son tour de chant au cabaret Milord l'Arsouille (où, le reste du temps, il est pianiste d'ambiance), découvre avec stupéfaction les compositions de Gainsbourg et l'incite à interpréter son propre répertoire au même cabaret. Elle sera d'ailleurs sa première interprète en enregistrant, dès 1958, les titres La Recette de l'amour fou, Douze Belles dans la peau, Jeunes Femmes et vieux messieurs et La Femme des uns sous le corps des autres. C'est là qu'il fait ses premières armes, compose de nombreuses chansons et même une revue musicale. Il se lance aussi dans sa course effrénée des femmes, qu'il séduit en grand nombre, ce qui l'éloigne de son épouse, avec qui il divorce en octobre 1957, six ans après leur mariage.

Son premier album, Du chant à la une d'où est extrait Le Poinçonneur des Lilas, détonne mais est un échec commercial. Il est remarqué par Marcel Aymé, qui dit que ses chansons « ont la dureté d'un constat ». Son maître Boris Vian, avant de mourir en 1959, le compare à Cole Porter.

Lorsque l'époque des yéyés arrive, il est alors âgé de 32 ans, il n'est pas très à l'aise : il passe en première partie de Brel ou Gréco, mais le public le rejette et les critiques cruels se moquent de ses grandes oreilles et de son nez proéminent.

Il rencontre alors Elek Bacsik et Michel Gaudry et leur demande de faire un disque avec lui. Ce sera Gainsbourg confidentiel empreint d'un jazz archimoderne qui plaisait tant à Gainsbourg mais qui, il le sait, ne lui permettra jamais d'atteindre le succès. Ce disque ne se vend qu'à 1 500 exemplaires. Sa décision était prise dès la sortie du studio : « Je vais me lancer dans l'alimentaire et m'acheter une Rolls ». Malgré tout, son album suivant, Gainsbourg percussions, inspiré (parfois directement - et sans droit d'auteur !) des rythmes africains de Miriam Makeba et Babatunde Olatunji, reste encore à l'écart de la vague yéyé qui apparaît et fera la fortune de Gainsbourg.

Le 7 janvier 1964, il se remarie avec Françoise-Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, avec laquelle il a une fille baptisée Natacha le 8 août. Après un second divorce, il s'installe à la Cité internationale des Arts, dans une chambre d'étudiant, en février 1966. Ayant renoué avec Béatrice en 1967, ils ont un fils au printemps 1968, Paul, qui n'a jamais réellement connu son père.

C'est en écrivant pour Juliette Gréco (Accordéon, La Javanaise) et Petula Clark (La Gadoue) qu'il rencontre ses premiers succès, mais c'est avec Françoise Hardy (Comment te dire adieu ?) et surtout France Gall qu'il va réussir à séduire un public jeune. Après ses premiers succès gainsbourgiens (N'écoute pas les idoles, Laisse tomber les filles), France Gall remporte, en 1965, le grand Prix du Concours Eurovision de la chanson après avoir choisi le titre Poupée de cire, poupée de son, écrite par Gainsbourg à l'instigation de Maritie et Gilbert Carpentier, parmi les dix qu'on lui proposait. La chanson lauréate devient le tube international qui passe sur toutes les ondes et que France Gall enregistre même en japonais. Gainsbourg continue sur la veine du succès avec France Gall, en 1966, grâce à Baby Pop et surtout aux Sucettes à l'anis.

Fin 1967, il vit ensuite une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot à qui il dédie la chanson Initials B.B. après lui avoir écrit quelques titres emblématiques (Harley Davidson, Bonnie and Clyde, Je t'aime... moi non plus, même si ce dernier titre enregistré avec elle en duo en 1967 en version symphonique fut rendu célèbre l'année suivante par Jane Birkin ; la version originale, d'abord gardée secrète par Serge Gainsbourg à la demande de Brigitte Bardot, ne sortira quant à elle qu'en 1986 : ce sera un tube).

Sur le plateau du tournage de Slogan, en 1968, il rencontre Jane Birkin pour laquelle il sera à nouveau auteur-compositeur. Je t'aime... moi non plus et 69 Année érotique sont d'immenses succès qui dépassent les frontières.

Ils deviennent pendant dix ans un couple très médiatique, à la pointe de l'actualité, chacun enchaînant tournage après tournage.

Ses années 1970 sont marquées par l'écriture et la composition de 4 albums phares : Histoire de Melody Nelson en 1971, Vu de l'extérieur en 1973, Rock around the bunker en 1975 et L'Homme à tête de chou en 1976. Si, au départ, ces albums rencontrent peu de succès commercial (les ventes plafonnent à 30 000 exemplaires), ils le hissent au rang de l'avant-garde de la chanson française.

Histoire de Melody Nelson est accueilli par la presse comme « le premier vrai poème symphonique de l'âge pop ».

En mai 1973, Serge Gainsbourg est victime d'une crise cardiaque. Il continue pourtant de boire et de fumer, fidèle au personnage qu'il est en train de devenir.

L'album Vu de l'extérieur comporte un tube : Je suis venu te dire que je m'en vais.

Avec Rock around the bunker il pousse l'autodérision (il avait dû se cacher des lois antijuives de l'Occupation) et la provocation à son comble : il tourne en dérision, au second degré, l'esthétique et la verroterie nazies. L'album, enregistré à Londres, est radicalement rejeté par les programmateurs de radio qui ne voient dans cette farce à la Boris Vian qu'une provocation scandaleuse avec des titres comme Nazi rock ou Tata teutonne. Pourtant, à la fin de la décennie 1980, cet album sera couvert de disques d'or.

On lui demande des bandes sonores de films. Il abandonne sans regret la scène jusqu'en 1979, réconcilié avec le public grâce à sa Marseillaise revue « à la sauce reggae » (dont le refrain est « aux armes et cætera »), avec la participation des choristes de Bob Marley (I Threes) et des musiciens de Peter Tosh (Sly and Robbie).

Ses disques solo lorgnent d'abord vers le jazz et les rythmes afro-cubains, c'est le fameux Gainsbourg Percussions avec des rimes audacieuses hachées menu. Il cultive son aura d'artiste culte en participant à de nombreux films. Malheureusement pour lui, s'il est considéré comme un acteur de talent, il ne tourne pratiquement que dans des films de peu d'ampleur.

En 1976 il se lance pour la première fois dans la réalisation cinématographique. Son film Je t'aime moi non plus obtient très vite une réputation sulfureuse avec un scénario audacieux touchant aux tabous de l'homosexualité et de l'érotisme. Il réalise trois autres films, Équateur en 1983, Charlotte for Ever en 1986 et enfin Stan the Flasher en 1990. Ses films ont peu de succès, les sujets abordés étant toujours provocateurs, que ce soit l'inceste (Charlotte for Ever), la pédophilie, l'exhibitionnisme (Stan the Flasher) ou l'homosexualité…

Il compose des tubes comme L'Ami Caouette mais surtout le fameux et sombre album L'Homme à tête de chou avec ses sulfureuses Variations sur Marilou. En 1979, il rejoint le groupe rock Bijou sur scène et verse une larme : le jeune public rock lui fait une ovation.

Son nouvel album enregistré à Kingston devient disque de platine en quelques mois. La Marseillaise reggae choque le journaliste du Figaro Michel Droit qui écrit un article assassin, à la limite de l'antisémitisme. Serge Gainsbourg lui répondra par voie de presse dans un article intitulé On n'a pas le con d'être aussi Droit. La salle de concert de Strasbourg où il doit se produire est investie par des militaires parachutistes qui désapprouvent sa version de la Marseillaise, mais Gainsbourg ne se démonte pas et prend les paras au dépourvu en chantant a cappella la version originale de l'hymne français, et poursuit une tournée triomphale, accompagné de Sly and Robbie et des choristes de Bob Marley : les I Threes.

Les boîtes de nuit, les beuveries, le noctambulisme, la décrépitude physique… De plus en plus, « Gainsbarre » succédera à Gainsbourg avec quelques apparitions télévisées plus ou moins alcoolisées. Il forge ainsi sa légende de poète maudit mal rasé et ivre qui lui vaut tantôt l'admiration, tantôt le dégoût. Au bout de dix ans, Jane Birkin n'en peut plus et le quitte.

Et ouais c'est moi Gainsbarre On me trouve au hasard Des night-clubs et des bars Américains c'est bonnard ...Il est reggae hilare Le coeur percé de part en part.

Il rencontre une nouvelle égérie, Bambou, pour laquelle, manie gainsbourgienne, il ne peut s'empêcher de composer. Il lui fait chanter quelques titres qui ne rencontrent pas les faveurs du public (Made in China, 1989).

Son œuvre intégrale sort en coffret CD avec de nombreux introuvables que les collectionneurs s'arrachent à prix d'or ; toutefois, les chansons écrites pour ses interprètes ne sont pas incluses. Il part ensuite pour New York où il enregistre ses deux derniers albums, Love on the Beat et You're Under Arrest. Après le reggae, il se frotte au hip-hop et au funk. Il se produit de longues semaines en concert au Casino de Paris.

Gainsbourg s'éteint en 1991 à la suite d'une cinquième crise cardiaque (un comble pour celui qui suivait affligé les enterrements de ses cardiologues successifs).

Il est enterré avec ses parents au cimetière du Montparnasse (1re section) à Paris où sa tombe est l'une des plus visitées avec celles de Jean-Paul Sartre — Simone de Beauvoir et de Charles Baudelaire qu'il mit en musique (Baudelaire, Le serpent qui danse, Album nº 4, 1962). Depuis 1991, sa tombe déborde constamment de plantes et objets divers (photos, choux - pour L'Homme à la tête de..., petits mots, tickets de métro recouverts d'un message - ce qu'on retrouve sur d'autres tombes du cimetière mais qui pour l'auteur du Poinçonneur des Lilas a une saveur particulière). La tombe porte le nom de Serge Gainsbourg et de ses parents, Olga (1894-1985) et Joseph (1896-1971) Ginsburg.

Lors de son enterrement, le 7 mars 1991, vinrent notamment parmi la foule, outre sa famille, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Françoise Hardy, Patrice Chéreau, Renaud, Johnny Hallyday, les ministres Jack Lang et Catherine Tasca, et les brigades de cuisiniers et serveurs du restaurant Marc Meneau, où il avait passé ses derniers jours. Catherine Deneuve lut sur la tombe le texte de la chanson Fuir le bonheur de peur qu’il se sauve .

On peut dire, en 2006, que Gainsbourg demeure une présence influente et importante de la chanson française. De nombreux chanteurs de la « nouvelle scène française » le citent en référence ainsi que certains rappeurs comme Stomy Bugsy, MC Solaar ou la Scred Connexion.

Serge Gainsbourg est le père de l'actrice Charlotte Gainsbourg, issue de son union avec la comédienne et chanteuse Jane Birkin. Il a interprété, avec sa fille, le morceau Lemon Incest dans l'album Love on the beat en 1984. Il a également écrit et composé pour elle l'album Charlotte for Ever en 1986.

Il est également le père d'un garçon, Lucien dit Lulu Gainsbourg, né en 1986 de son union avec Bambou. Il a deux autres enfants, Natacha, née le 8 août 1964 et Paul, né au printemps 1968, nés d'un précédent mariage avec Françoise Pancrazzi, dite Béatrice, dite « la princesse Galitzine » avec laquelle il vécut un peu moins d'une décennie dans les années 1960.

Le 7 mars 2003 la première rue Serge Gainsbourg est inaugurée à Clermont-Ferrand en présence de Jane Birkin. La rue jouxte la Coopérative de Mai, la grande salle de musique de la ville qui fêtait ce soir là ses trois ans d'existence. Il existe également une rue Serge Gainsbourg à Toulouse.

La musique de Gainsbourg sera par la suite fréquemment échantillonnée et réutilisée par des artistes aussi bien français (ex : MC Solaar pour Nouveau Western) qu'internationaux (par exemple, Massive Attack dans Karmacoma (Portishead experience) ou Jennifer Charles d’Elysian Fields, qui reprend Les Amours perdues, sur un album de reprises de Gainsbourg par des groupes de l'avant-garde new-yorkaise, sous l'égide du jazzman John Zorn). Mick Harvey, le guitariste de Nick Cave, a enregistré deux albums de reprise, Intoxicated Man (1995) et Pink Elephants (1997). L'album Monsieur Gainsbourg Revisited sorti en mars 2006, regroupe 14 adaptations anglaises réalisées par Boris Bergman et interprétées notamment par Franz Ferdinand, Portishead, Placebo, Jarvis Cocker, Kid Loco, Gonzales, Feist, Tricky...

Serge Gainsbourg imprime en outre durablement sa marque grâce à ses textes. Dans un style poétique, il n'hésite pas à produire des rimes complexes (Comment te dire adieu ?). Friand de jeux de mots, il s'appuie fréquemment sur le double sens. Les allusions érotiques sont de plus en plus fréquentes au fur et à mesure de sa carrière. Certaines de ses chansons marquent les mémoires par leur caractère provocateur, ainsi les allusions appuyées à la fellation dans Les Sucettes, qui provoquent l'émoi dans la bouche d'une France Gall d'à peine 18 ans. Elle dira n'avoir compris le double sens du texte que des années plus tard. Puis c'est Jane Birkin feignant l'orgasme dans Je t'aime, moi non plus, tube planétaire. Gainsbourg flirte avec le tabou de l'inceste en compagnie de sa fille, la frêle Charlotte Gainsbourg : dans les années 1980, elle accompagne son père dans le duo Lemon Incest, titre évocateur qui suscitera une levée de boucliers. Gainsbarre atteindra les sommets de la provocation érotique avec le tube Love on the Beat : véritable poème pornographique, dit par lui-même d'une voix monocorde et cassée. Le fond sonore est constitué des cris orgasmiques de Bambou, enregistrés à l'insu de la chanteuse. L'orchestration baigne dans un funk froid et les chœurs scandent le titre de la chanson de leurs voix androgynes et mouvantes.

Il choisit des sources d'inspiration inattendues et les développe à sa manière : textes d'Alphonse Allais pour l'Ami Caouette, de Verlaine pour Je suis venu te dire que je m'en vais; musiques de Chopin pour Lemon incest et bien entendu de Rouget de Lisle pour Aux armes, et coetera. En dépit de cela, il ne cessera de répéter au fil des interviews qu'il considère la chanson comme un genre mineur, puisque ne demandant pas d'initiation, à la différence de la peinture, irritant Guy Béart à ce sujet dans l'émission Apostrophes du 26 décembre 1986.

En haut



Source : Wikipedia