François Fillon

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Posté par seb 25/02/2009 @ 18:00

Tags : françois fillon, premier ministre, gouvernement, politique

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Gouvernement François Fillon (2)

Le deuxième gouvernement François Fillon est le 34e gouvernement de la Ve République française. Le 18 juin 2007, conformément à la « tradition républicaine » des lendemains d'élections législatives, le Premier ministre François Fillon a remis la démission de son gouvernement au président de la République Nicolas Sarkozy. Ce dernier l’a à nouveau nommé premier ministre et la composition du gouvernement fut officialisée le lendemain. C’est le gouvernement encore en fonction aujourd’hui, avec cependant divers remaniements.

La composition du gouvernement fut annoncée le 19 juin 2007. Elle fut modifiée le 7 juillet 2007, le 22 octobre 2007, le 18 mars 2008 (suite aux élections municipales), le 5 décembre 2008 et les 12, 15 et 21 janvier 2009. La liste suivante est présentée par ordre protocolaire. Si la mention de la date est absente, le membre du gouvernement est présent depuis le début.

Au total, sur les 39 membres du gouvernement Fillon 2, seulement 14 sont des femmes (soit environ 36% contre 64% d'hommes). Bien qu'une forte évolution de la parité soit visible en 50 ans, les femmes restent encore très minoritaires, notamment dans ces hauts postes de l'État. Toutefois, si l'on considère l'ensemble de ses membres, le premier gouvernement d'Alain Juppé, qui gouverna du 17 mai au 7 novembre 1995, comportait 12 femmes (3 ministres et 8 secrétaires d'État) pour 42 membres.

Aujourd'hui, trois ministères régaliens sont occupés par une femme, dont deux pour la première fois : le ministère de la Justice, le ministère de l'Intérieur (première fois) et le ministère de l'Économie (première fois).

De même au niveau des minorités visibles, le gouvernement compte trois personnes d'origine nord-africaine et une Afro-Européenne, soit un peu plus de 10 % de ses membres.

Le Gouvernement a initié la mise en place des réformes promises par le président Sarkozy pendant la campagne présidentielle. Le président s’implique fortement dans la politique du Gouvernement et de multiples chantiers sont ouverts simultanément. Le Premier ministre place les réformes, en particulier la réforme de l'État, comme des priorités. Toutefois, en février 2008, le bilan des réformes conduites par le chef de l'État et son gouvernement est, selon La Tribune, mince. La Commission des finances de l'Assemblée nationale a noté que la « création de nouvelles taxes » s’est accélérée depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.

L'engagement de la France de ramener le déficit public à 0 % du PIB en 2010, va être rompu. En décembre 2008, le ministre du budget Éric Woerth annonce un retour à l'équilibre pour 2014.

Le montant projeté des mesures du « paquet fiscal » se monte à plus de 10 milliards d'euros pour l'année 2008 et 13 milliards d'euros par an à partir de 2009.

La loi de modernisation de l’économie (loi LME) a été présentée le 28 avril 2008 par la ministre de l'Économie Christine Lagarde et promulguée le 4 août 2008. Son coût est faible (estimé à 300 millions d'euros selon la ministre), la loi modernisant des règlementations en faveur de l'activité économique (délais de paiement, passage facilité des seuils de taille pour les entreprises, libéralisation du secteur de la grande distribution).

La Loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 portant modernisation du marché du travail a notamment abrogé le contrat nouvelles embauches (CNE) créé par une ordonnance de 2002 du gouvernement Villepin.

Le gouvernement met en place le Revenu de solidarité active (RSA). Après une phase d'expérimentation, il doit devenir effectif le 1er juillet 2009.

L'aggravation de la crise financière à partir du 15 septembre 2008, au cours de la Présidence française de l'Union européenne, a conduit le gouvernement et le Président à mener des discussions au niveau européen.

La crise financière provoquera un ralentissement économique, et le 4 décembre 2008 le président de la République a annoncé un plan de relance de 26 milliards d'euros dans l'espoir de limiter les impacts de la crise. Le plan de relance doit être mis en œuvre par le nouveau ministère de la relance créé le 5 décembre 2008 pour deux ans, avec Patrick Devedjian comme ministre.

La loi sur l'autonomie des universités, présentée par la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, a été votée par le Parlement le 10 août 2007. Cette loi avait obtenu alors l'accord de l'UNEF en juin-juillet 2007 ainsi que des autres organisations étudiantes représentatives dont l'UNI.

Les règles du système de la carte scolaire sont assouplies à la rentrée 2008.

La « loi sur la récidive » du 10 août 2007 comporte trois mesures principales : instauration de peines minimales en cas de récidive (« peines plancher »), possibilité d'exclure l'excuse de minorité pour les récidivistes de plus de 16 ans, injonction de soins notamment pour les délinquants sexuels.

À partir d’octobre 2007, la Garde des Sceaux Rachida Dati conduit une réforme de la carte judiciaire. En février 2008, la réforme est publiée dans le Journal officiel, signe de son adoption ; au 1er janvier 2011, 178 tribunaux d'instance et 23 tribunaux de grande instance auront été supprimés. Parallèlement, 7 tribunaux d'instance et 7 juridictions de proximité seront créés.

Contrairement à ce qu'avait annoncé les politiques et les médias aucune loi n'a été votée sur le service minimum ; cependant, une loi a été votée pour étendre le champ d'application du mécanisme de l'alarme sociale expérimenté à la SNCF et la RATP depuis 2003 et qui avait permis de diminuer de 80% le nombre de grèves. C'est une réforme souvent jugée « minimale », alors que le gouvernement bénéficiait d'un large soutien de l'opinion. Elle est entrée en vigueur en 2008.

En octobre et novembre 2007, le gouvernement a engagé la réforme des régimes spéciaux de retraite. Cette réforme est critiquée car elle n'aurait pas permis d'économies réelles pour l'État.

La loi de maîtrise de l'immigration est adoptée le 23 octobre 2007.

Nicolas Sarkozy a participé avec Angela Merkel à relancer le processus de validation du Traité de Lisbonne. Initialement opposé à l'adhésion de la Turquie, il a accepté l'ouverture de trois nouveaux chapitres de négociations.

Un projet de loi sur la procédure législative ed des droits du parlement a été en discussion en janvier 2009.

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Gouvernement François Fillon (1)

Le premier gouvernement François Fillon, premier gouvernement du président Nicolas Sarkozy, mis en place le 18 mai 2007, a été remplacé le 18 juin 2007 par le second gouvernement Fillon.

Le gouvernement nommé le 18 mai 2007 comporte quinze ministres, quatre secrétaires d'État et un haut-commissaire.

Ouverture au centre et à gauche Nicolas Sarkozy a, durant sa campagne, annoncé sa volonté d'inscrire son gouvernement dans une démarche d' « ouverture » vers d'autres partis, notamment ceux du centre ou de la gauche. Il compte un ministre, deux secrétaires d'État et un Haut-Commissaire issus de la gauche ou marqué à gauche (respectivement Bernard Kouchner, Éric Besson, Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch), ainsi qu'un ministre issu du centre (Hervé Morin). Un tiers des ministres de ce gouvernement sont cependant d'anciens membres du gouvernement de Dominique de Villepin et deux tiers sont d'anciens membres des gouvernements du second mandat de Jacques Chirac.

Parité hommes femmes Le gouvernement comporte sept femmes sur quinze ministres. Les quatre secrétaires d'État et le haut-commissaire sont des hommes. La part de femmes membres du gouvernement est de 37 %.

Par un communiqué de l'Élysée, la composition du gouvernement a été annoncée le 18 mai 2007 à 9 heures 40 par le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant.

Le 18 juin 2007, conformément à la tradition républicaine des lendemains d'élection législatives, le premier ministre François Fillon remet au président de la République Nicolas Sarkozy la démission de son gouvernement. Ce dernier le charge de recréer un gouvernement dont il sera à la tête.

La décision de Nicolas Sarkozy, président de la République, de nommer François Fillon premier ministre a été annoncée le jeudi 17 mai 2007 (communiqué de l'Élysée publié à 9 h 50).

Le gouvernement François Fillon, premier gouvernement du président Nicolas Sarkozy, a été annoncé le vendredi 18 mai 2007 à 9 h 40, par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Le président de la République, sur proposition du Premier ministre, par le décret du 18 mai 2007 relatif à la composition du gouvernement a fixé les compétences des ministères et a désigné les nouveaux ministres.

La passation des pouvoirs entre Dominique de Villepin, ayant démissionné de son poste de premier ministre, et François Fillon a eu lieu jeudi 17 mai à 11 heures.

Le 18 juin 2007, lendemain du second tour des élections législatives et conformément à l'usage constant sous la Cinquième République, François Fillon présente la démission du gouvernement au président de la République, qui l'appelle immédiatement à former un nouveau gouvernement. L’UMP conserve la majorité absolue à l’Assemblée nationale française. Alain Juppé, numéro deux du Gouvernement, annonce sa démission suite à sa défaite aux élections législatives.

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François Fillon

François Fillon à l'Assemblée nationale, le 18 décembre 2007.(c) Benjamin Lemaire - Virtuo

François Fillon, né le 4 mars 1954 au Mans, est un homme politique français. Il est Premier ministre depuis le début du quinquennat présidentiel de Nicolas Sarkozy, le 17 mai 2007.

Membre du RPR puis de l’UMP, François Fillon occupa diverses fonctions politiques depuis 1981 : député, ministre, président de Conseil général et sénateur.

Pendant le second mandat présidentiel de Jacques Chirac, il est ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité entre 2002 et 2004 et mène des réformes sur la durée du travail et sur les retraites (Loi Fillon sur les retraites en 2003) ; ministre de l’Éducation nationale entre 2004 et 2005, il fait voter la Loi Fillon pour l’éducation. Après 2005, rejeté du Gouvernement Villepin, il participe à la préparation du programme de Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2007, puis joue le rôle de conseiller et de partenaire du candidat, l’amenant à son rôle de Premier ministre.

Né le 4 mars 1954 au Mans, dans la Sarthe, François Fillon est le fils de l'historienne basque Anne Soulet et de Michel Fillon, notaire originaire de Vendée (les Essarts) et des Deux-Sèvres (Secondigny). Aîné de quatre enfants, François Fillon grandit, avec ses trois frères, Pierre, Arnaud et Dominique, dans la petite ville de Cérans-Foulletourte, dans la Sarthe, où il fréquente l'école communale. Il étudie ensuite au collège privé de Saint-Michel-des-Perrais à Parigné-le-Pôlin d'où il est exclu provisoirement pour avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours. Il est inscrit ensuite au lycée Notre-Dame de Sainte-Croix au Mans d’où il est exclu pendant quelques jours pour indiscipline (pour avoir mené un rassemblement d'élèves demandant la démission d'une professeur d'anglais qu'il jugeait incompétente) avant d'être réintégré. Attiré par l'action, passionné de randonnée en montagne et d’alpinisme, il s'engage chez les scouts et à l'âge de 17 ans, demande et obtient la direction d'une équipe.

Il obtient en 1972 un baccalauréat de philosophie. Il envisage à l'époque de devenir journaliste et effectue pendant deux ans des stages d'été à l’AFP. Son premier stage de trois mois est effectué auprès de l'agence AFP d’Espagne où entre autres il rédige une note biographique du général Franco et une note consacrée au déraillement en juillet 1972 du train El Cuervo qui fit 76 morts ; il interview Danielle Darrieux à Madrid, et couvre les courses de tauromachie. En 1973, il effectue un nouveau stage d’été à l’agence AFP de Bruxelles.

Il poursuit des études supérieures à l’Université du Maine au Mans, où il est l'élève de Christian Philip. Il y obtient une maîtrise de droit public en 1976. L'année suivante il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) en droit public de l’Université René-Descartes de Paris et un DEA en sciences politiques à Sciences Po Paris.

En 1974, admirateur du général de Gaulle, qui représente pour lui le symbole d'une France forte et indépendante, il commençait à affirmer ses convictions politiques. Ses parents sont d'ailleurs d'anciens militants de l'UDR. En 1976, il entre dans la vie politique comme assistant parlementaire de Joël Le Theule, député de la Sarthe. Il dirige la campagne électorale de ce dernier avec succès lors des élections législatives de 1978. En 1977, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) fondé par Jacques Chirac.

En 1979, il effectue son service militaire. Il se marie le 28 juin 1980 avec la galloise Penelope Kathryn Clarke. Ils ont cinq enfants : Marie (1982), Charles (1984), Antoine (1985), Édouard (1989) et Arnaud (2001).

Le 14 décembre 1980, François Fillon est témoin du décès de Joël Le Theule. Celui-ci, victime d'un malaise cardiaque avait demandé à Fillon, son collaborateur le plus proche, de le conduire à l'hôpital. Arrivé aux urgences, Le Theule est descendu du véhicule automobile et perd connaissance quasiment dans les bras de François Fillon, rendant son dernier souffle. Les médecins tentent pendant trois heures de réanimer Joël Le Theule à la demande insistante de François Fillon qui perd alors son mentor en politique.

Le 17 avril 1981, en plein week-end de Pâques, Arnaud Fillon, 18 ans, le plus jeune des frères de François Fillon, se tue en accident de voiture. L’évènement qui survient moins de six mois après la mort de Le Theule, est traumatisant pour François Fillon, lequel dira ne plus se souvenir de rien de ce jour-là.

Passionné par la course automobile, François Fillon participe, en 2003, aux 24 heures du Mans Classic avec Henri Pescarolo, sur Ferrari 250 GTO. Il est même membre du comité de direction des 24 heures du Mans et de l'Automobile Club de l'Ouest.

Lecteur de Chateaubriand, il apprécie, par ailleurs, la course à pied, le cyclisme, la tauromachie et l'alpinisme.

C'est sous la pression des amis de Joël Le Theule et en vertu des préférences affirmées par ce dernier que François Fillon va progressivement reprendre les mandats de son ancien mentor. Il est d'abord élu conseiller général de la Sarthe, dans le canton de Sablé-sur-Sarthe en février 1981 avec 76 % des voix.

En juin 1981, il est élu député de la 4e circonscription de la Sarthe dès le premier tour avec 50,14 % des voix et reprend le siège de député de Joël Le Theule. À 27 ans, il est alors le benjamin de l'Assemblée nationale. François Fillon se rapproche de Philippe Seguin, autre jeune député de droite élu en pleine vague socialiste. Ils font alors partis du « Cercle », une association de jeunes députés libéraux ou partisans d'un « gaullisme social » prônant la rénovation de la vie politique et dans laquelle on retrouve également François d'Aubert, Charles Millon et Michel Noir. Philippe Seguin devient son nouveau mentor en politique d'autant plus que les relations de François Fillon avec Jacques Chirac, président du RPR, sont médiocres.

François Fillon devient alors un expert des questions relatives à la défense nationale au sein de l’Assemblée nationale, et dès cette époque se fait le partisan d'une armée de métier, aborde le problème du vieillissement des Mirage IV, les avantages de la bombe à neutrons,…

Lors des élections municipales de 1983, François Fillon est élu maire de Sablé-sur-Sarthe dès le premier tour, avec 68,05 % des voix. Il dirige la liste RPR dans la Sarthe lors de des élections législatives au scrutin proportionnel du 16 mars 1986 et est ainsi réélu député. En juin 1988, il est réélu député dès le premier tour alors que, un mois plus tôt, lors de l'élection présidentielle, sa circonscription avait voté François Mitterrand à 58 %. Il fait alors partie de l'aventure des rénovateurs de la droite au côté de Philippe Seguin, Michel Noir, Charles Millon, Philippe de Villiers, Bernard Bosson, Michel Barnier, Alain Carignon, François Bayrou, Étienne Pinte et Dominique Baudis.

En 1990, l'aventure sans lendemain des rénovateurs lui coûte sa place au bureau national du RPR. Lors du congrès du mouvement gaulliste durant l’hiver 1990, il suit Philippe Seguin dans son alliance avec Charles Pasqua visant à contester la présidence du RPR à Jacques Chirac et le secrétariat général à Alain Juppé. Quand Pasqua fonde l'association Demain la France, Fillon fait partie du comité d'orientation. Le but de l'alliance est alors de rénover le gaullisme. Lors du congrès du RPR, la liste Pasqua-Seguin remporte 30 % des suffrages contre 70 % à la liste Chirac-Juppé. L’échec est relatif car personne ne pensait que la liste de Jacques Chirac serait battue, et le score réalisé par la liste Pasqua-Seguin dépasse les attentes de leurs promoteurs.

En avril 1992, âgé de 38 ans, François Fillon est élu président du conseil général de la Sarthe par 16 voix contre 14 à Roland du Luart. Il succède alors à Michel d'Aillières qui fut président du département pendant 18 ans. Il est alors l'un des plus jeunes présidents de conseil général de France et se retrouve à gérer 750 personnes et un budget de 2 milliards de francs.

Durant l’été 1992, il mène campagne au côté de Philippe Seguin contre la ratification du traité de Maastricht. À l'Assemblée nationale, il déclare vouloir « l’Europe mais debout ». Il dénonce notamment l’établissement d'une monnaie unique avant l’attribution d'institutions politiques à l’Europe ainsi que l'absence de politique économique et sociale. La victoire étriquée du « oui » au référendum sur le traité de Maastricht (51,05 %) sonne comme une demi-victoire pour François Fillon et Philippe Seguin.

Lors des élections législatives de 1993, il est réélu dès le 1er tour avec 58,58 % des voix. C'est grâce à Philippe Séguin que Fillon entre au gouvernement Édouard Balladur où il devient ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il plaide à cette fonction en faveur de l'autonomie des universités et souhaite séparer la formation des professeurs des écoles de celle des professeurs du secondaire. Finalement, sa loi sur les universités est censurée par le Conseil constitutionnel et sa réforme de la filière technologique est retirée.

En 1995, contrairement à Seguin qui choisit de soutenir Jacques Chirac, Fillon prend position en faveur d’Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle. En dépit de l'échec de Balladur et de la victoire de Chirac, il est avec Michel Barnier et François Bayrou l'un des rares balladuriens dans le premier gouvernement d'Alain Juppé en 1995 sous la présidence de Jacques Chirac. François Fillon devient le nouveau ministre des Technologies de l'information et de la Poste puis en novembre 1995, ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace. Il est alors chargé de la modernisation de France Télécom, notamment de la gestion de la fin de son monopole et de la transformation du statut de cette entreprise publique. Bien que conspué par la gauche, il fait voter la fin du monopole de France Télécom et le principe d'ouverture de son capital. Celui-ci sera d'ailleurs réalisé par son successeur socialiste après la dissolution par Jacques Chirac de l'assemblée nationale en juin 1997.

François Fillon est réélu député en juin 1997 au deuxième tour, face à Stéphane Le Foll, avec 52,7 % des suffrages exprimés.

Philippe Séguin décide alors de s’emparer de la présidence du RPR et se rapproche de Nicolas Sarkozy pour contrer Alain Juppé. En juillet 1997, Seguin est élu président du RPR avec 78 % des voix et Sarkozy devient secrétaire général. François Fillon fait partie de la garde rapprochée de Seguin et devient secrétaire national du RPR, chargé des fédérations puis porte-parole de la commission exécutive. En 1998, Fillon est réélu président du conseil régional des Pays de la Loire. Il met alors tout son poids politique pour empêcher les alliances entre certains élus de droite avec le Front National dans les régions ou aucune majorité claire ne s’est dégagée.

En 1999, quand Seguin démissionne soudainement de la présidence du RPR peu de temps avant les élections européennes, Fillon soutient et seconde Nicolas Sarkozy, président par intérim, au côté de Roger Karoutchi, un autre séguiniste. L'échec de la liste RPR/DL aux élections européennes, arrivée derrière celle menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, conduit le RPR à se réorganiser. Les 50 000 militants du mouvement gaulliste sont alors appelés pour la première fois à élire leur président. Bien qu'ayant d'abord apporté son soutien à Nicolas Sarkozy encore hésitant sur l’idée de concourir au poste, François Fillon décide finalement de se présenter à la présidence du parti. Sarkozy renonce finalement et Fillon se retrouve alors face à Jean-Paul Delevoye, Michèle Alliot-Marie et Patrick Devedjian. En réalisant le score honorable de 25 % des suffrages exprimés, Fillon est éliminé du second tour. Il apporte son soutien à Alliot-Marie qui est élue présidente du RPR. Il reste conseiller politique du RPR jusqu'en mars 2001.

À partir de 2000, grâce à Jérôme Monod, Fillon se rapproche de Jacques Chirac avec qui les rapports avaient toujours été froids et tendus comme ceux que Chirac avait entretenu avec Joël Le Theule. Sur le plan local, pour cause de cumul des mandats, Fillon ne se représente pas aux élections municipales à Sablé en mars 2001. Il laisse à son successeur UMP, Pierre Touchard, une ville où le taux de chômage est inférieur à 4 %, des quartiers rénovés, plus de 40 % de logements sociaux, une gare TGV reliant la petite ville à Paris et une centaine d'entreprises spécialisées principalement dans l’agro-alimentaire, l’électronique, la métallurgie et la transformation de plastique. Il garde un ancrage local en devenant président de la communauté de communes de Sablé.

Au niveau national, au côté de Philippe Douste-Blazy, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, Fillon participe à la mise au point du programme électoral du président de la République pour la campagne présidentielle de 2002. Pour la première fois, le député de la Sarthe lui apporte son soutien politique dès le premier tour d’une campagne présidentielle. Contre l’avis d’Alliot-Marie, du président de Démocratie Libérale Alain Madelin, et du président de l’UDF François Bayrou, Fillon se fait alors le chantre auprès de Jacques Chirac d'un grand parti unique présidentiel dont les prémices sont Alternance 2002 puis l’Union En Mouvement (UEM). Il rédige le discours de politique générale de Jacques Chirac pour la première convention de l’UEM dans lequel il prône la modernisation sociale de la France et la rupture. De septembre 2001 à mai 2002, Fillon effectue 76 déplacements en tant qu’animateur de la campagne de Jacques Chirac et s’appuie sur France.9 (France Point 9), un club de réflexion rassemblant le courant républicain (ex-séguiniste) travaillant sur des thèmes comme la bonne gouvernance et l’avenir de la France.

Au début de l'année 2002, François Fillon devient l'un des premiers ministrables au côté de Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy. Après le premier tour de l'élection présidentielle et la qualification de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002, l'UEM est transformé en Union pour la majorité présidentielle (UMP).

La réélection de Jacques Chirac acquise le 8 mai 2002, c'est Jean-Pierre Raffarin qui est nommé premier ministre. Après avoir été proposé pour le poste de ministre des finances au sein du deuxième gouvernement Raffarin, c'est finalement celui des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité qui échoit à François Fillon sur recommandation notamment de Nicole Notat, ancienne patronne de la CFDT et de Jérôme Monod. Bien que déçu, il relève le défi qui consiste à assouplir la loi sur les 35 heures, revenir partiellement sur la loi de modernisation sociale de 2002 et à réformer les retraites dont le régime général est déficitaire. Il devient également le numéro 3 du gouvernement Raffarin juste derrière Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur. Il est par contre obligé de laisser sa place de président de conseil régional à Jean-Luc Harousseau, son premier vice-président. Il est également réélu député (dorénavant UMP) en juin 2002, dès le premier tour avec 55,21 % des voix avant de laisser son siège à son suppléant de 34 ans, Marc Joulaud.

Il mène alors la principale réforme de ce gouvernement : celle des retraites, par la loi Fillon (ou réforme Fillon), qu'il conduit jusqu'au bout, malgré le mécontentement d'une partie du peuple français. Il conduit également un assouplissement des 35 heures (en modifiant le calcul des heures supplémentaires). Selon La Tribune, il gagne des « galons d'homme d'écoute et de dialogue, une bonne connaissance des dossiers et l'estime des organisations syndicales ».

Il mène également de front plusieurs réformes comme celles concernant les contrats jeune en entreprises pour les 16-22 ans sans qualification (en procédant à l'exonération des charges sociales pendant deux ans) ou l’harmonisation des 6 SMIC existants (dont le niveau est relevé pour 2/3 des bénéficiaires). Ces réformes passent sans encombres et la presse parle de la « méthode Fillon ». Le dialogue avec les leaders syndicaux se passe bien, notamment avec François Chérèque (CFDT) mais aussi Bernard Thibault (CGT) bien que les marges de manœuvre de ce dernier soient plus étroites. De nouveau potentiel premier ministrable, François Fillon passe, du point de vue notamment méthodologique et pour sa discrétion, pour l’anti-Sarkozy au sein du gouvernement, représentant la fibre sociale face à la fibre libérale.

Les grandes réformes sur les retraites de François Fillon ont lieu en 2003. Il passe deux ans à étudier les systèmes étrangers, notamment en compagnie de François Chérèque et de plusieurs responsables syndicaux, et multiplie les rencontres avec les associations et les experts concernés. Sa méthode est qualifiée de trop lente et trop timorée par ses adversaires au sein de l’UMP. Parallèlement, il annonce plusieurs initiatives comme le contrat initiative emploi, la création du Revenu minimum d'activité (RMA), le contrat d'insertion dans la vie sociale et un train de mesures pour favoriser l'emploi des plus de 45 ans.

En 2003, il annonce la Loi Fillon pour réformer les retraites, consistant à repousser l’âge de départ à la retraite, augmenter les cotisations et favoriser l'épargne individuelle. Comme attendu, elles sont mal acceptées par les fonctionnaires qui manifestent en masse le 13 mai 2003. Fillon reprend les négociations. Partisan d'une ligne sans concession, il doit à contrecœur lâcher du lest sur la gestion des longues carrières à l’initiative de Jean-Pierre Raffarin afin de parvenir à un accord avec 5 des 8 syndicats, dont la CFDT, le 15 mai. La CGT et FO, majoritaires dans la fonction publique et hostiles à l’accord tentent des actions pour contrer l'harmonisation entre le secteur public et le secteur privé. Le 25 mai, une manifestation de grande envergure, composée notamment d'enseignants et de cheminots défile à Paris. Le soir même, Fillon déclare à la télévision qu’il ne rouvrira pas les discussions. La réforme reste incomplète cependant à son grand dam car l'inégalité demeure avec les régimes spéciaux de retraite mais son projet de loi est adopté le 24 juillet 2003 par le Parlement après avoir fait l’objet du deuxième plus long débat parlementaire (19 jours, 155 h. de discussions) après celui sur la presse en 1983. Dorénavant, pour bénéficier d'une retraite à taux plein, la loi prévoit l'allongement à 40 années d'activités pour tout le monde en 2008, 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020.

La crise de la canicule européenne de 2003 occulte le succès de sa réforme. Il prend en charge le problème dès le 12 août avec Hubert Falco, son secrétaire d'état aux personnes âgées, et est le premier membre du gouvernement à reconnaitre les dysfonctionnements de l’État, ce qui lui attire de sévères critiques de Jean-Pierre Raffarin à la recherche d'un bouc émissaire. Les médias finalement ne s'en prennent pas à Fillon mais à Raffarin lui-même et au ministre de la santé, Jean-François Mattéi. Il apporte un soutien réservé au projet du premier ministre consistant à rendre travaillé un jour férié et les difficultés de communication s'enchaînent alors avec Jean-Pierre Raffarin. Celui-ci voit d'ailleurs en Fillon un concurrent ambitieux qui cherche à reprendre son poste d'autant plus que le président Chirac pousse Fillon à répondre aux « provocations » de Nicolas Sarkozy.

Alors que Nicolas Sarkozy propose d'instituer la discrimination positive, Fillon s'y oppose en déclarant qu'elle est « techniquement, juridiquement et politiquement inconcevable ». Il se déclare aussi choqué de la précocité avec laquelle, moins de deux ans après une élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il était intéressé à reprendre le poste. En marge d'un conseil des ministres le 10 décembre 2003, les deux hommes ont une discussion houleuse. Catherine Kelly écrit que, pour Sarkozy, Fillon est un « fayot »; pour Fillon, Sarkozy est un « facho ». Cependant, Fillon déclare plus tard avoir été instrumentalisé par Jacques Chirac et que ce dernier les avait monté l'un contre l'autre. Il déclare s'en rendre compte à la fin de l'année 2003 quand il découvre que son train de réformes est gelé et que, notamment, sa réforme de l'ANPE et de l'UNEDIC, qu'il estime fondamentale, est refusée par le président de la République. Il refuse alors de poursuivre l’acharnement contre Nicolas Sarkozy quand celui-ci se présente pour succéder à Alain Juppé à la présidence de l'UMP. Son revirement est quasi-officiel quand il récuse le « tout sauf Sarkozy » dans une interview au journal Le Parisien le 12 février 2004 et en reconnaissant la légitimité de ce dernier à être candidat à l'élection présidentielle. Ce rapprochement avec Sarkozy que Fillon justifie par la nécessité de conclure des alliances pour progresser, lui vaut alors l'hostilité des chiraquiens en général et de Jean-Pierre Raffarin, potentiel candidat à la présidence de l'UMP, et de Jérôme Monod en particulier. Fillon impose néanmoins ses conditions à Nicolas Sarkozy pour officialiser cette alliance et relance son association France.9. Il exige du candidat à la présidence de l'UMP que ce dernier accepte en son sein l'existence de différences mouvances politiques. Au final, Fillon est intégré dans la nouvelle équipe dirigeante proposée par Nicolas Sarkozy pour prendre en charge le projet de réforme des statuts de l’UMP et il participe à leur premier meeting commun à Bourges le 7 octobre 2004. Le 28 novembre 2004, Nicolas Sarkozy est élu président de l'UMP par 85,1 % des militants et François Fillon devient conseiller politique de l’UMP. Désormais, il est ignoré par Jean-Pierre Raffarin lors de ses interventions publiques. La discorde entre les deux hommes ne faiblira pas alors que Jacques Chirac se montre plus conciliant du fait de la fidélité réaffirmée de Fillon envers ce dernier.

C'est aussi durant l'année 2004 que François Fillon connaît son premier échec électoral en 23 ans de carrière. Le ministre des Affaires sociales est la tête de liste UMP en Pays de Loire lors des élections régionales de mars 2004. La région, qui fut dirigée par le gaulliste Olivier Guichard durant 18 ans, est un bastion historique de la droite, comprenant notamment la Vendée de Philippe de Villiers. François Fillon qui avait dû céder la présidence de la région à un fidèle en 2002 était resté néanmoins très présent. En 2003, il avait lancé le pôle santé Sarthe et Loire à Bailleul pour favoriser la venue de spécialistes de toutes disciplines pour que les habitants soient mieux pris en charge sur le plan médical.

Dans un contexte général maussade pour la droite, la région Pays de Loire est ainsi considérée comme imprenable par la gauche d'autant plus que Fillon noue adroitement ses alliances avec Philippe de Villiers (MPF) en Vendée, avec Jean Arthuis (UDF) en Mayenne et Roselyne Bachelot en Maine-et-Loire.

Au soir du 1er tour le 21 mars 2004, la liste conduite par François Fillon arrive en ballotage favorable face à la liste de gauche conduite par Jacques Auxiette alors qu'au plan national, le résultat ressemble à une déroute pour la droite y compris dans ses bastions autrefois traditionnels comme l’Île-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ou la région Auvergne. Seules l’Alsace et les Pays de Loire semblent assurés de rester à droite alors que la Lorraine, la Basse-Normandie et la région Champagne-Ardenne semblent difficilement pouvoir être sauvées. Les sondages et les calculs restent tellement favorables à Fillon que son adversaire socialiste, Jacques Auxiette, reconnait ne pas croire au basculement à gauche de la région.

Pourtant, le 28 mars 2004, contre toute attente, la région Pays de la Loire bascule à gauche par 53,27 % des voix contre 47,63 %. Le choc est d'autant plus rude pour François Fillon que c'est son département, la Sarthe, qui provoque son échec (la Vendée, la Mayenne et le Maine et Loire ont voté majoritairement pour sa liste alors que dans la Sarthe il ne recueille que 46,30% des suffrages). Pire, pour lui, les résultats des élections cantonales dans le département de la Sarthe sont aussi favorables à la gauche (même si le département conserve sa majorité de droite). Enfin, affront final, sa propre circonscription vote pour son adversaire socialiste.

Le 28 mars au soir, sur la chaîne de télévision TF1, il annonce lui-même sa défaite alors que les résultats ne sont pas définitifs. Les mots qu'il prononce sont très forts. il parle de « 21 avril à l'envers », formule qui lui est ensuite reprochée par Jacques Chirac et les chiraquiens, et précise également que l'« on ne peut pas réformer sans avoir le soutien du peuple ». Lors d'une conférence de presse dans la soirée, commentant les résultats nationaux, il dit espérer que « le président de la république en tirera les enseignements ». Au niveau national, seules l’Alsace et la Corse restent à droite.

Cette défaite marque un coup d'arrêt aux ambitions politiques de François Fillon et le retire de la liste des premiers ministrables. Cependant, selon son analyse, le « 21 avril à l'envers » n'est pas un rejet de la politique sociale du gouvernement mais une impatience face aux changements trop lents à se mettre en place. Mais ce constat n'est pas celui de Jacques Chirac.

Le 1er avril 2004, François Fillon fait partie du gouvernement remanié de Jean-Pierre Raffarin. Alors que Nicolas Sarkozy est nommé aux Finances, François Fillon est nommé ministre de l’Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il se déclare déçu par ce transfert car il espérait, depuis toujours, le portefeuille de la Défense. Encore numéro 3 du gouvernement, il en sera le numéro 2 après le départ de Nicolas Sarkozy en novembre 2004.

Par ailleurs, le 26 septembre 2004, il est élu au Sénat mais laisse son siège à son suppléant Jean-Pierre Chauveau.

Obéissant aux souhaits présidentiels, Fillon met un terme à certains dossiers chauds dont il hérite comme la réforme de la recherche en cédant aux revendications des syndicats.

Il décide d'orienter son action autour de 3 priorités : l'apprentissage des fondamentaux en primaire, la lutte contre l'échec scolaire et la réussite des élèves en zones défavorisées. Il lui revient aussi de rédiger une énième et dernière version de la circulaire sur les signes religieux à l'école. Sa prudence voire sa transparence lui est encore reproché alors que le premier ministre le considère comme « le maillon faible du gouvernement ».

À la rentrée scolaire de 2004, il peut néanmoins se féliciter du respect de la circulaire sur le voile islamique et du succès rencontré par son projet d'acquisition d'ordinateurs à un euro par jour par les étudiants.

Son grand projet pour l'école est présenté le 18 novembre 2004. Il déclenche une vague de mécontentement social. Ce projet prévoit l'enseignement d'une langue vivante dès le CE2, un nouveau baccalauréat combinant contrôle continu et un nombre d'épreuves finales ramenées de 12 à 6, la suppression des travaux personnels encadrés, un brevet obligatoire pour les classes de troisième et la réhabilitation du redoublement. C'est la refonte du bac qui cristallise les mécontentements. Le texte est très vite édulcoré sous la pression de l’Élysée et le projet de la Loi Fillon est présenté le 12 janvier 2005. Il est critiqué par le conseil supérieur de l'éducation, et les manifestations se multiplient contre la réforme du bac à laquelle s'agglutinent d'autres revendications comme celles sur le pouvoir d'achat. Les lycéens se joignent aux professeurs alors que de nombreux amendements sont entérinés. Celui-ci est seul en première ligne et le seul soutien qu'il reçoit publiquement est celui de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, avant que Jacques Chirac ne le soutienne concrètement. Ce dernier conseille néanmoins à son ministre de lâcher du lest. Le 10 février 2004, plus de 100 000 lycéens défilent dans les rues contre la réforme du bac. Le soir même, Fillon annonce la suspension de celle-ci pour sauver le reste de son projet. Pourtant, les manifestations continuent en exigeant le retrait total de toute la réforme Fillon. La loi est finalement votée, puis Fillon annonce qu’il ne rouvrira pas le débat. En avril, face aux casseurs et aux blocages de lycées de plus en plus nombreux, il envoie les CRS dans les établissements scolaires et déclare « À chaque blocage de lycée, il y aura déblocage ». Le mouvement perd rapidement alors en intensité, assurant la réussite de François Fillon. Le 22 avril 2005, le conseil constitutionnel censure deux articles clés de sa loi pour des problèmes de forme, celui définissant les missions de l'école et celui approuvant les orientations et objectifs. Les deux articles sont par la suite entérinés sous forme de décrets.

Une fois l'épreuve de sa réforme passée, François Fillon participe à la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen qu'il approuve parce que, selon lui, il vient combler les lacunes du Traité de Maastricht. Cependant, le 29 mai 2005, le « non » l'emporte par 54,67 % des suffrages. La Sarthe de François Fillon a également voté « non » à 57 %.

Après le « non », Jean-Pierre Raffarin démissionne de son poste de Premier ministre le 30 mai. Le chef de l’État procède à de nombreuses consultations mais n'invite pas Fillon, autrefois premier ministrable. Le chef de l'état opte pour Dominique de Villepin pour succéder à Raffarin et demande à Sarkozy de revenir au gouvernement tout en restant président de l'UMP.

Il prévient dès lors qu'il va « s'investir à fond dans l'UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007 » et qu'en le refusant dans le nouveau gouvernement, on a fait de lui « un directeur de campagne avant l'heure ».

Les propos de Fillon font mouche dans la classe politique peu habituée à ces emportements de quelqu'un perçu comme « gentil », pondéré voire en retrait. C’est le discours de la rupture définitive avec Jacques Chirac. Une entrevue houleuse a lieu avec Dominique de Villepin. Fillon conteste plus la forme que le fond de son éviction. Il se sent injustement puni, bouc émissaire des manifestations massives contre ses réformes des retraite et de l’école mais aussi pour son rapprochement politique avec Nicolas Sarkozy.

Il retourne alors sur ses terres à Sablé et se fait élire de nouveau sénateur le 18 septembre 2005. Conseiller politique du président de l’UMP, il se réfugie aussi un temps dans l’écriture et publie ses réflexions et ses idées dans un ouvrage intitulé La France peut supporter la vérité à l'automne 2006. La phrase « La France peut supporter la vérité » (reprise de Pierre Mendès France) devient son mot d’ordre et sa ligne politique : « dire la vérité aux Français ». En avril 2006, il dit « Plus il y a d'impôts moins il y a d'emplois. » Il est souvent qualifié de « gaulliste social ».

Parallèlement, il participe durant 2 ans à la mise au point du programme de l’UMP en vue de l'élection présidentielle de 2007, participant à de nombreuses conventions thématiques. Au côté notamment d’Emmanuelle Mignon, il va travailler sur le programme de l’UMP qui sera présenté lors de l'élection présidentielle. Sur les deux cents propositions émises par les groupes de réflexion qu’il coordonne, trente d'entre elles sont retenues et constituent la colonne vertébrale du projet de l’UMP. Bien qu’il n'apparaisse pas dans l’organigramme officiel de campagne de Nicolas Sarkozy, Fillon devient l’un de ses collaborateurs principaux au côté de Claude Guéant le directeur de la campagne présidentielle et de David Martinon, le chef de cabinet du candidat à la présidence de la république française.

Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la république avec 53,06 % des suffrages. François Fillon est parmi les proches et intimes du nouveau président qui célèbrent le soir-même la victoire par un diner au Fouquet's. Il est plus tard encore également présent sur la scène dressée place de la concorde devant 30 000 personnes venues célébrées la victoire.

Le 17 mai 2007, un communiqué de l’Elysée où vient d'emménager le nouveau président, annonce la nomination de François Fillon au poste de Premier ministre. À 53 ans, il est le 19e premier ministre de la Ve République. Le sondage réalisé par l'institut CSA-Cisco indique que 54 % des Français sont satisfaits de ce choix.

Pour la formation du gouvernement, il pousse les nominations de Roselyne Bachelot, de Laurent Wauquiez et de Roger Karoutchi. Le premier gouvernement Fillon est resserré (seulement 15 ministres et marqué par le respect de la parité au niveau des ministres (8 hommes et 7 femmes) – mais pas au niveau des secrétaires d'État. Enfin, ce premier gouvernement est marqué par une ouverture politique vers des personnalités venues du centre (Hervé Morin, alors membre de l'UDF), du socialistes (Bernard Kouchner et Eric Besson sont deux ex-membres du PS, l'un exclu après l'élection, l'autre pendant la campagne), de la gauche (Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch sont historiquement « de gauche »), et de la société civile (Christine Lagarde,…). Cette ouverture envers des individualités de l'opposition n'est d'ailleurs pas une première, puisque Michel Rocard, en 1988, avait tenté une opération similaire, mais uniquement avec des centristes. Le second gouvernement Fillon confirme ra ces choix mais avec une équipe élargie.

À peine 48 heures après sa nomination, François Fillon revient à Sablé où il se recueille devant la tombe de Joël Le Theule, à qui il rend hommage avant de lancer la campagne des élections législatives.

Il est élu député dès le premier tour de la 4e circonscription de la Sarthe le 10 juin 2007 avec 53,40 % des voix. Il s'implique à fond dans la campagne distribuant au passage ses coups de griffe sur un ton polémique et ironique qui lui était inconnu. Ainsi, quand il évoque le style présidentiel de Jacques Chirac, il parle de celui qui ne s’exprimait que le 14 juillet. Ses mots sont plus rudes pour la gauche quand il déclare « du parti de la rose, ne reste que les épines, les luttes de clans, les règlements de compte et les couteaux tirés. Pour prétendre rassembler un pays, encore faut-il rassembler son parti ». Cependant, ses déclarations, entre les deux tours de l'élection, qui suivent celles de Jean-Louis Borloo sur l'ouverture du chantier de la TVA sociale, voire de l’augmentation de la TVA de 5 points afin de financer la protection sociale, coûtent quelques sièges de députés à l'UMP, qui obtient néanmoins 320 des 577 sièges.

Les premiers jours de François Fillon sont difficiles en raison de « l'omniprésence » médiatique du président de la république. Les premières mesures du Gouvernement semblent indiquer une diminution du rôle même de Premier ministre, Nicolas Sarkozy semblant vouloir prendre en main directement les dossiers avec les ministres. Pourtant cette discrétion de Fillon est conforme à chacune de ses entrées en fonction. Par ailleurs, il est partisan de la présidentialisation de la Ve république et évoquait déjà en 2000, dans le cadre d’une large réforme constitutionnelle, la suppression du poste de premier ministre. La presse pose la question du rôle de François Fillon (« qui gouverne ? »). Ses déplacements à Bruxelles au sommet du Parti populaire européen passent inaperçues dans les médias tout comme ses rencontres avec José Manuel Durão Barroso, Hans-Gert Pöttering et Jean-Claude Juncker alors que Nicolas Sarkozy monte en première ligne sur les dossiers brûlant comme celui de la restructuration d’Airbus ou la relance de la réforme constitutionnelle européenne. Fillon doit aussi supporter les déclarations intempestives des conseillers de l’Élysée comme Henri Guaino ou Claude Guéant qui n'hésitent pas à contredire des ministres. Ainsi, la veille du discours de politique générale du premier ministre à l'Assemblée nationale le 3 juillet 2007, Claude Guéant dévoile dans une interview à La Tribune des pans entiers de la déclaration que François Fillon doit effectuer. Dans ce discours, Fillon annonce notamment sa volonté de moderniser les institutions et se porte garant de la rupture sarkozienne. Il obtient la confiance de 321 députés contre 224.

Plusieurs différends surgissent durant l'été 2007 entre François Fillon et l'équipe élyséenne. Il est ainsi désavoué quand il envisage l'extension du service minimum à tous les services publics, y compris l'éducation nationale. Il renâcle publiquement quand il est qualifié de « collaborateur » par Nicolas Sarkozy lors d'un déjeuner de celui-ci avec la presse quotidienne régionale le 21 août 2007. Enfin, il contrarie le président en annonçant que la réforme des régimes spéciaux est prête et n'attend plus que le feu vert de l’Élysée. La pacification des relations toujours franches entre les deux hommes reprend cependant rapidement. Le 21 septembre 2007, il déclare que la France est en « état de faillite » ; Henri Guaino estimera le terme inadapté. Le 15 janvier 2008, il fait au cours de sa séance de vœux aux journalistes une allusion à la précédente conférence de presse de Nicolas Sarkozy et déclare qu’il répondra aux questions qu'il va « se poser -même ».

François Fillon a été décoré de la Grand croix de l'ordre national du mérite par Nicolas Sarkozy, le 21 novembre 2007, respectant la tradition inaugurée par VGE. Le début de l’année 2008 est surtout pour lui une période de relatif état de grâce dans l’opinion, alors qu’il dépasse pour la première fois largement Nicolas Sarkozy dans les sondages de popularité, et notamment parmi un électorat traditionnel de l’UMP plus ou moins choqué par le deuxième remariage du Président. Cette situation, sans précédent dans la Ve République en début de mandat d'un Président suscite des analyses politiques diverses, y compris hors de France. En mai 2008, cette « avance » demeure.

Au printemps 2008, les relations entre Sarkozy et Fillon semblent à nouveau se tendre. La constitution par l'Élysée d'un groupe des sept ministres chargés de relayer la parole présidentielle est ainsi analysé par la presse comme la volonté par le président de créer un « Conseil des ministres bis » en absence du Premier ministre.

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Source : Wikipedia