Ferrari

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Posté par talos 05/03/2009 @ 13:11

Tags : ferrari, formule 1, sport

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Scuderia Ferrari

La Ferrari 500, vainqueur de 7 courses sur 9 en 1953.

Pilote pour le compte d'Alfa Romeo depuis 1920, Enzo Ferrari prend rapidement conscience de ses propres limites, et se voit progressivement chargé par Alfa de missions qui ont trait au fonctionnement de l'équipe de course. En 1929, il fonde la Scuderia Ferrari, dont l'ambition est à l'origine de faire courir les clients d'Alfa Romeo. Mais rapidement, la Scuderia Ferrari devient le bras armé officiel d'Alfa en compétition.

En 1938, Enzo Ferrari se brouille avec Alfa Romeo qui cherche à prendre le contrôle de la Scuderia Ferrari et retrouve son indépendance. En 1940, il fait construire la 815 Sport (qui par respect d'une clause de non-concurrence avec Alfa ne porte pas le nom Ferrari) puis en 1947, il établit la marque Ferrari. Tout naturellement, la Scuderia Ferrari est réactivée pour engager en compétition les modèles de la marque.

En 1947, le pilote italien Franco Cortese offre à Ferrari sa première victoire en compétition, dans une épreuve de type sport. Puis, en 1948, la Scuderia Ferrari fait ses débuts en Formule 1 (à une période ou rappelons-le, le championnat du monde n'existe pas encore). Après des débuts encourageants, les Ferrari F1 trustent les succès en 1949 (en l'absence notable des surpuissantes Alfa Romeo). La Scuderia s'impose également cette année-là aux 24 heures du Mans.

En 1950, le championnat du monde de Formule 1 est créé, et Ferrari y prend logiquement part. Il convient toutefois de noter que, visiblement peu conscients de la portée historique de l'événement, Enzo Ferrari et ses hommes sont absents du Grand Prix inaugural disputé à Silverstone. Ce jour-là, la Scuderia est engagée en Belgique à Mons dans une épreuve de Formule 2 aux primes d'arrivée plus alléchantes. Ce n'est qu'au GP de Monaco que Ferrari effectue ses débuts officiels en championnat du monde. Ce retard à l'allumage ne change pas grand chose au sort du championnat, tant les Ferrari sont dominées par les Alfa Romeo (de retour après leur année sabbatique de 1949), bien plus puissantes (on parlera d'un écart de 85 chevaux). Ironie de l'histoire, la conception des Alfetta 158, avait été initié avant-guerre par Enzo Ferrari lui-même, lorsque la Scuderia Ferrari était en charge du programme sportif d'Alfa Romeo. Avec comme meilleur résultat sa deuxième place à Monaco, Ascari ne termine que 5e du championnat.

En 1951, si les Alfetta ont progressé, Ferrari, de son côté a réduit l'écart, et seuls 35 chevaux séparent maintenant les voitures des deux équipes. Dès le début de la saison, les Ferrari parviennent à harceler les Alfetta, essentiellement grâce à leur pilote vedette Alberto Ascari. L'inexorable montée en puissance des Ferrari trouve sa consécration à l'occasion du GP de Grande-Bretagne 1951, où José Froilán González offre à la marque au cheval cabré sa toute première victoire en championnat du monde, mettant fin du même coup à près de 5 années d'invincibilité des Alfetta. N'oubliant pas ce que Ferrari doit à Alfa Romeo, Enzo Ferrari aura ces mots restés fameux pour commenter la victoire des siens et la défaite d'Alfa: «c'est comme si j'avais tué ma mère.» En offrant deux nouvelles victoires à Ferrari, Ascari se place en position de force pour conquérir le titre mondial, mais lors de l'ultime manche de la saison en Espagne, un mauvais choix de pneus de la part des hommes de la Scuderia permet à Fangio et Alfa de remporter le championnat.

Fin 1951, le retrait d'Alfa Romeo laisse Ferrari sans adversaire à sa hauteur, et le passage à la réglementation Formule 2 initiée par la Commission Sportive Internationale dans le but de rendre le championnat du monde plus accessible n'y change rien. Avec six victoires consécutives, Alberto Ascari survole le championnat et remporte le titre mondial. C'est également le premier titre mondial de Ferrari (titre « pilote » seulement puisque le championnat des constructeurs de Formule 1 ne sera créé qu'en 1958). Quant au seul GP qui a échappé à Ascari (l'épreuve d'ouverture en Suisse), il a été remporté par Piero Taruffi, l'un de ses équipiers.

Le championnat 1953 débute sur les mêmes bases pour Ferrari avec un Ascari qui vole de succès en succès, mais progressivement, la domination de la Scuderia est menacée par la Maserati du revenant Fangio (lequel avait été absent la saison précédente pour cause de blessure). À Reims, il faut toute l'audace de la jeune recrue britannique Mike Hawthorn pour conserver l'invincibilité du cheval cabré et venir à bout de Fangio. Mais à Monza, en fin de saison, Fangio réussit enfin à faire chuter Ferrari, qui ne parvient donc pas à rééditer son « Grand Chelem » de la saison précédente. Cette défaite est néanmoins sans conséquence pour Ascari, assuré de longue date de remporter son deuxième titre mondial consécutif.

Après deux saisons disputées sous la règlementation Formule 2, la « vraie » Formule 1 reprend ses droits en 1954. Pour tenter de poursuivre sa domination malgré le départ chez Lancia de son pilote emblématique Alberto Ascari, Ferrari se permet le luxe de concevoir deux nouvelles voitures: la 625, et la 554, dite « Squalo. » Pourtant, ni l'une ni l'autre ne se montreront à la hauteur de la concurrence, incarnée en 1954 par Maserati, puis surtout à partir du GP de France, par Mercedes. La 2e place au général de Gonzalez (vainqueur d'une course, tout comme Hawthorn) n'est qu'une maigre consolation pour Ferrari.

La situation empire en 1955. Non seulement les Ferrari sont impuissantes face aux Mercedes (la firme à l'étoile a été renforcée par le jeune espoir britannique Stirling Moss, qui forme avec Fangio un duo quasiment imbattable), mais elles peinent également à suivre le rythme des brillantes Lancia D50 d'Ascari et Castellotti. À cela s'ajoute une situation financière des plus précaires, qui fait craindre pour l'avenir même de la marque. Et la victoire chanceuse de Maurice Trintignant à Monaco (il a profité d'un double abandon des Mercedes, ainsi que du fameux plongeon d'Ascari dans les eaux du port) ne change rien à ce constat.

L'état de Ferrari s'améliore miraculeusement en fin d'année: également au plus mal financièrement, et accablé par la mort d'Ascari, Lancia s'est retiré de la F1, et a grâcieusement (avec un coup de pouce du gouvernement italien) cédé ses Lancia D50 à Ferrari. Avec le retrait annoncé de Mercedes (gavé par 18 mois de suprématie, mais également touché par le drame des 24 heures du Mans), voilà qui pour la Scuderia Ferrari dégage soudainement un horizon jusque là bien sombre.

Quelques mois seulement après avoir été annoncée moribonde, la Scuderia aborde le championnat en position de grande favorite. Non seulement ses deux grands adversaires de la saison précédente se sont retirés, mais elle en a plus récupéré quelques armes: la D50 en provenance de Lancia, et Juan Manuel Fangio en provenance de Mercedes. Pourtant, la combinaison du meilleur pilote du monde dans la meilleure écurie du plateau n'aboutira pas à la domination escomptée. Auteur d'une première partie de championnat parfois brouillonne (notamment à Monaco) et surtout très malchanceux, Fangio sera loin d'être irrésistible. Mais malgré les coups d'éclat de Moss sur Maserati, la lutte pour le titre reste interne à la Scuderia et oppose Fangio à son jeune coéquipier Peter Collins, lequel ira même jusqu'à renoncer volontairement à ses ultimes chances d'être sacré, en offrant spontanément sa voiture à Fangio (victime d'une nouvelle casse mécanique) au cours de l'ultime manche du championnat à Monza.

Même si elle a renoué avec le titre mondial, la Scuderia n'a que moyennement convaincu en 1956, son avance sur Maserati s'étant avérée plus faible que prévue, et les D50 (dont la conception remonte à 1954) commençant à accuser le poids des ans. Et avec le départ de son champion Fangio (qui ne s'est pas du tout entendu avec Enzo Ferrari, lui reprochant même de favoriser les jeunes pilote de l'équipe), justement en direction de Maserati, la conservation du titre s'annonce bien difficile. Ce pronostic se vérifiera tout au long de la saison: malgré leurs efforts, les jeunes pilotes Ferrari (dont les deux grands amis Collins et Hawthorn) sont impuissants face à un Fangio de nouveau au sommet de son art. L'impuissance de Ferrari atteint son comble lors du GP d'Allemagne au Nurburgring, où forts d'une avance de plus de 35 secondes, Collins et Hawthorn se font mystifiés par un Fangio intenable. Avec la fin de saison en trombe de Moss sur sa Vanwall, l'année se termine même sans la moindre victoire pour Ferrari, une première depuis 1950.

Malgré les retraits conjoints de Fangio et de Maserati fin 1957, la Scuderia apparaît en position de faiblesse pour attaquer le championnat 1958. Enfin arrivées à maturité, les Vanwall de Tony Brooks et surtout de Stirling Moss font figures de favorites. Mais bien que souvent en retrait de Moss en termes de performance, Hawthorn va accomplir une saison exemplaire de régularité et remporter in extremis le titre mondial. La victoire a pourtant un goût amer pour Ferrari: en cours d'année, Luigi Musso et Peter Collins (pour lequel Enzo Ferrari n'a jamais caché une affection très paternelle) ont trouvé la mort en course. Quant au nouveau champion du monde Mike Hawthorn, très éprouvé par ces événements, il a décidé de mettre un terme à sa carrière.

Au delà du duel Hawthorn-Moss, la saison 1958 a été marquée par l'émergence d'une solution technique amenée à révolutionner la Formule 1: le positionnement à l'arrière des moteurs. Mais Enzo Ferrari regarde cette évolution avec un certain dédain et livre sur le sujet une formule lapidaire dont il a le secret: « ce n'est pas le chariot qui tire le bœuf ». Pour 1959, sa principale préoccupation est de reconstituer son équipe de pilote, décimée au cours de la saison 1958. Ainsi, il engage Phil Hill (l'un des leaders de Ferrari en Endurance, et d'une aide précieuse pour Hawthorn en fin de saison), le fougueux Français Jean Behra, et surtout le Britannique Peter Brooks, souvent à son avantage les saisons précédentes chez Vanwall. Le trio ainsi constitué a belle allure, mais les Ferrari sont inexorablement dominées par les Cooper-Climax à moteur arrière. Ferrari ne doit qu'au talent de Brooks et à la physionomie particulière des tracés de Reims et de l'AVUS de signer deux victoires et de terminer à une flatteuse deuxième place au championnat du monde, loin de Jack Brabham. L'ambiance interne n'a pas résistée à ces mauvais résultats, comme le prouve le licenciement en cours d'année de Behra, coupable d'avoir giflé son directeur sportif Romolo Tavoni après un abandon à Reims.

Ferrari persistant dans la voie du moteur avant, la saison 1960 est encore plus douloureuse. La seule victoire de la saison, décrochée à Monza par Phil Hill (seule pilote à temps plein de l'équipe) tient d'ailleurs plus de l'anecdote puisque les écuries britanniques avaient décidé de boycotté l'épreuve, en réaction à la volonté de l'organisateur de faire disputer la course sur la version longue du circuit (comprenant l'anneau de vitesse) pour favoriser Ferrari. Tout le reste de la saison n'aura été qu'un long calvaire pour la Scuderia Ferrari, qui consciente de son retard, s'est tout de même décidée en cours de saison à développer une F1 à moteur arrière, pilotée par Richie Ginther.

Le rapport de force entre Ferrari et les écuries britanniques (emmenées par Cooper et Lotus) change brutalement à l'orée de la saison 1961. Le championnat est en effet marqué par changement de la réglementation moteur, la cylindrée maximale autorisée étant portée à 1 500 cm³. Ferrari, qui s'est enfin rallié au principe du moteur arrière, a parfaitement préparé ce tournant réglementaire (dès la fin de la saison précédente, le pilote allemand Wolfgang von Trips, pilotait une Ferrari 1,5 L), tandis que les Britanniques, faisant preuve d'un certain manque de pragmatisme, ont passé tout leur hiver à essayer en vain de convaincre le législateur d'abandonner son projet de réforme. Sur la piste, les résultats sont sans appel, et malgré la résistance héroique de Stirling Moss sur sa Lotus privée du Walker Racing, le championnat se réduit rapidement à un duel entre les deux principaux pilotes Ferrari que sont Phil Hill et Wolfgang von Trips. C'est hélas de la pire des façons que les deux hommes sont départagés, Von Trips étant victime à Monza d'un accident mortel qui offre le titre à Hill.

La Scuderia Ferrari se charge durant l'hiver de dillapider l'avantage pris sur les équipes britanniques en s'embourbant dans une querelle interne. Mécontents de l'ingérance de Madame Ferrari dans la vie de l'équipe, le directeur sportif Romolo Tavoni et surtout le directeur technique Carlo Chiti claquent la porte pour s'en aller fonder leur propre équipe (ATS, qui sera un fiasco). Du fait des remous engendrés par cette scission, le développement des Ferrari 156 est fortement ralenti, ce que la concurrence met à profit pour reprendre l'ascendant, et notamment Lotus, qui a sorti une révolutionnaire F1 monocoque. Totalement submergées, les Ferrari font de la figuration tout au long de l'année, entrainant en fin de saison le départ pour ATS des pilotes Phil Hill et Giancarlo Baghetti. La révolution de palais de l'hiver 1961/1962 aura par contre eu une conséquence de taille, celle de permettre l'arrivée à la direction technique de Mauro Forghieri, qui s'affirmera comme l'un des personnages les plus importants de l'histoire de la Scuderia.

Après avoir manqué la révolution du moteur arrière en 1959, Ferrari est confronté en 1963 à son retard au niveau du châssis, un domaine dans lequel le monocoque (ou le semi-monocoque) remplace les classiques châssis tubulaires. Ce n'est qu'en fin d'année (avec l'apparition de la Ferrari 156 « Aero ») que la Scuderia se met au gout du jour. Les effets se font sentir immédiatement puisque l'ancien pilote motocycliste John Surtees s'impose à Monza, mettant fin à deux années d'insuccès pour les Rouges. Le retour en forme de la Scuderia se confirme en 1964, où Surtees parvient à s'immiscer dans la lutte pour le titre opposant Graham Hill à Jim Clark. En fin d'année, au volant d'une voiture arborant les couleurs bleues et blanches du NART (conséquence d'une brouille entre Ferrari et la fédération italienne au sujet de l'homologation de la 250 LM en catégorie Sport), et au terme d'un scénario à suspense lors du GP du Mexique, Surtees décroche le titre.

Comme trop souvent, Ferrari ne parvient pas à confirmer en 1965 le titre acquis la saison précédente. Embourbée dans ses choix de motorisation (V8 ou Flat 12?), l'équipe rate complètement sa saison et ne remporte pas un seul succès.

1966 est une année charnière pour la Formule 1, qui inaugure un nouveau réglement technique, la cylindrée maximale autorisée passant de 1 500 cm³ à 3 000 cm³. Comme souvent en de telles circonstances, la Scuderia est l'équipe qui apparaît la mieux armée pour faire face à la nouvelle donne. Alors que les écuries britanniques se demandent désespéremment vers quelle motorisation se tourner, Ferrari peu compter sur son expérience en Endurance, où elle aligne un V12 de 3,3 litres qu'il lui sera facile d'adapter à la F1. Le titre mondial lui tend les bras, mais la Scuderia va parvenir à tout gâcher, par la faute de luttes d'influence. Ayant les plus gros doutes sur la capacité de Surtees à revenir au plus haut niveau après un grave accident survenu en Can-Am à la fin de la saison précédente, le directeur sportif Eugenio Dragoni estime qu'il est préférable de miser sur l'autre pilote de l'équipe, Lorenzo Bandini, qui a le bon goût d'être italien, ce qui donnerait une dimension supplémentaire à son sacre éventuel. Rapidement exédé par les manœuvres de Dragoni, Surtees claque la porte après sa victoire au GP de Belgique. Privé de celui qui en plus d'être un des meilleurs pilotes du monde, est un véritable leader sur le plan technique, la Scuderia fait du surplace, tandis que Bandini s'avère un peu limité pour endosser le costume de premier pilote que lui avait tricoté Dragoni. Exception faite du doublé Scarfiotti-Parkes à Monza, la fin de saison vire à la catastrople, et les titres mondiaux reviennent à Jack Brabham et à son écurie Brabham-Repco. Comme pour mieux insister sur le fiasco de la politique de Dragoni, Surtees (qui a rejoint Cooper-Maserati) remporte le dernier GP de la saison.

En 1967, Ferrari ne peut plus compter sur la moindre avance technique, les Britanniques ayant progressivement trouvé leurs marques dans la réglementation 3 litres. L'effort le plus spectaculaire concerne Lotus, qui a fait concevoir par Cosworth et avec le financement de Ford un redoutable moteur V8 qui ne tardera pas à se généraliser dans le peloton. Malgré l'arrivée du prometteur pilote néo-zélandais Chris Amon, les Ferrari s'avèrent rapidement dépassées par les événements. Et la mort atroce de Lorenzo Bandini au GP de Monaco ne fait évidemment rien pour arranger la situation. La Scuderia redresse quelque peu la tête en 1968, où la jeune recrue belge Jacky Ickx, victorieux sous la pluie à Rouen et remarquable de régularité tout au long de l'année parvient à jouer les troubles-fête au championnat. Mais ce n'est qu'un feu de paille, comme le prouve la calamiteuse saison 1969, au cours de laquelle les Rouges n'inscrivent que 7 misérables points, avec il est vrai une seule voiture engagée (pour Amon puis pour P.Rodriguez). L'année est surtout marquée par les grandes manœuvres en coulisses: conscient que la F1 est à un tournant de son histoire avec l'arrivée de puissants commanditaires, y compris extra-sportifs, Enzo Ferrari consent à céder 40 % de Ferrari au groupe FIAT, tout en obtenant que la Scuderia conserve une relative autonomie.

En 1970, la Scuderia, qui a troqué son V12 pour un Flat 12 signe un inattendu retour au premier plan, et Ickx, après un début de saison perturbé par des soucis de fiabilité, s'affirme comme l'homme fort de la deuxième partie de championnat. Au classement général, il échoue finalement sur les talons de Jochen Rindt, sacré à titre posthume. Mais à nouveau, ce retour en forme s'avère n'être qu'un feu de paille magré quelques victoires éparses de Ickx (ainsi que de Mario Andretti) en 1971 et 1972. En 1973, les choses iront de mal en pis, obligeant l'actionnaire FIAT, très discret depuis son apparition au sein de Ferrari, à élever la voix et à s'impliquer dans la gestion de l'équipe.

Pour mettre fin à la longue crise dans laquelle est plongée la Scuderia depuis le titre de Surtees en 1964, la plus spectaculaire des décisions de Giovanni Agnelli est d'imposer à Enzo Ferrari la nomination d'un directeur sportif issu du groupe FIAT, en l'occurrence Luca di Montezemolo. Ce dernier, en concertation bien sur avec Enzo Ferrari, prend à son tour plusieurs décisions: le retour à la direction technique de Mauro Forghieri (placardisé fin 1972 suite à plusieurs échecs mais qui reste le plus brillant cerveau de la Scuderia), le retour de Clay Regazzoni (lui aussi écarté fin 1972) ainsi que l'engagement d'un jeune pilote méconnu du grand public, l'Autrichien Niki Lauda. Si les tifosi saluent avec plaisir les retours de Forghieri et de Regazzoni, l'arrivée de Lauda laisse plutôt perplexe. Malgré deux coups d'éclat en 1973 chez BRM à Monaco et au Nurburgring qui lui ont valu d'être repéré par Enzo Ferrari, il s'agit d'un pilote qui depuis le début de sa carrière n'a pas fait montre d'un brio exceptionnel. C'est pourtant lui qui va offrir à la Scuderia ses plus belles années depuis l'ère Ascari.

Dès 1974, Lauda s'affirme comme le nouvel homme fort de la Formule 1. Avec 9 poles, il est incontestablement le pilote le plus rapide de la saison, mais une série d'abandons (certains imputables à Ferrari, d'autres à des erreurs de sa part) lui font perdre le contact au championnat. Un peu moins brillant mais plus régulier, Regazzoni parvient quant à lui à lutter pour le titre jusqu'à l'ultime manche de la saison, mais doit finalement s'incliner face à Emerson Fittipaldi. En 1975, ayant parfaitement appris de ses erreurs de l'année précédente, et bénéficiant en la 312T d'une arme redoutable, Lauda survole le championnat, et offre à Ferrari son premier titre mondial depuis 1964. Après à peine plus de 2 ans passés à la tête de la Scuderia, Montezemolo peut s'en aller, satisfait du travail accompli.

Bien parti pour réaliser le doublé en 1976, Lauda est stoppé dans son élan par un grave accident au Nurburgring. Malgré son retour précoce à la compétition, il ne peut empêcher son rival James Hunt d'être titré. À la fin de l'année, et malgré le titre mondial des constructeurs qui reste à Maranello, l'ambiance est plus que tendue chez Ferrari. Lauda reproche à Ferrari de ne pas avoir tout fait pour contrer Hunt en son absence. Il est vrai que le forfait de Ferrari au GP de Hollande aura été pour le moins favorable à Hunt. De son côté, Enzo Ferrari reproche implicitement à Lauda d'avoir craqué lors de l'ultime manche du championnat au Japon. En lui proposant de prendre le poste de directeur sportif, il lui signifie d'ailleurs clairement qu'il ne l'imagine pas retrouver son niveau de compétitivité. Relégué en 1977 au rang de second pilote (le leader désigné étant Carlos Reutemann), Lauda se charge bien vite de dissiper les doutes à son sujet. Grâce à sa grande régularité (mais aussi à trois victoires), il remporte un deuxième titre mondial, et s'offre le luxe de claquer la porte de la Scuderia avant le terme de la saison.

La Scuderia Ferrari, qui reste fin 1977 sur trois titres consécutifs des constructeurs est incapable de réaliser la passe de quatre en 1978. Brillantes mais insuffisamment fiables en 1977, les Lotus à effet de sol (pilotées par Andretti et Peterson) son irrésistibles en 1978. Mais avec 4 succès, Carlos Reutemann fait mieux que résister à la tornade noir et or. Quant à son nouvel équipier, le jeune Québécois Gilles Villeneuve, il fera oublier grâce à une belle victoire en fin d'année une saison globalement difficile, mais en grande partie justifiée par son manque d'expérience.

En 1979, Forghieri apporte sa réponse au phénomène wing-car, en sortant une monoplace qui justement, n'est pas une véritable wing-car, la 312T4. Dominatrice dès son apparition au GP d'Afrique du Sud, la troisième manche de la saison, elle permet à Gilles Villeneuve et à Jody Scheckter (qui a remplacé Reutemann) de dominer le championnat, la plus grande régularité du Sud-Africain lui permettant de décrocher le titre mondial.

Vaincu en 1979, Villeneuve pense pouvoir prendre sa revanche en 1980, mais c'est sans compter sur la déroute de la Scuderia, totalement débordée par la concurrence au cours de l'hiver et qui termine le championnat à la dixième place du classement des constructeurs. L'échec de la 312T5 amène rapidement la Scuderia a changer de stratégie et à se lancer dans la voie de la turbocompression, lancée par Renault en 1977. C'est ainsi que sort en 1981 la Ferrari 126C, première Ferrari F1 à moteur turbo. Doté d'un moteur surpuissant, la nouvelle arme de Maranello va pourtant souffrir d'un châssis peu performant. Paradoxalement, c'est sur deux des circuits a priori les moins adaptés aux qualités et aux défauts de sa monture (en l'occurrence Monaco et Jarama) que Villeneuve va décrocher ses deux seules victoires de la saison, à chaque fois au prix de véritables numéros d'équilibristes.

Disposant d'un châssis enfin à la hauteur, et d'un moteur turbo arrivé à maturité, Ferrari aborde la saison 1982 avec le statut de favori (partagé avec Renault), mais malgré la confirmation du potentiel de la 126C2, l'année se résumera à une succession de drames. Aux essais du GP de Belgique, encore sous le coup de l'arrivée controversée du GP de Saint-Marin où il avait été battu par son équipier Didier Pironi, Villeneuve se tue après avoir heurté la March de Jochen Mass qui roulait au ralenti. Puis, aux essais du GP d'Allemagne, c'est au tour de Pironi, alors confortablement en tête du championnat, d'être victime d'un grave accident. Relevé avec les jambes broyées, il ne pilotera plus jamais en Grand Prix. Grâce aux intérims réussis de Patrick Tambay (victorieux en Allemagne) et de Mario Andretti (poleman et troisième en Italie, à l'âge de 42 ans), la Scuderia parvient tout de même à décrocher le titre mondial des constructeurs.

En 1983, René Arnoux rejoint Patrick Tambay. Après un solide début de saison (marquée notamment par une victoire remplie d'émotion à Imola), Tambay rentre dans le rang, tandis qu'Arnoux, brillant tout au long de l'été (5 podiums dont 3 victoires) se place en candidat au titre mondial face à Alain Prost et Nelson Piquet. Mais à Kyalami, un moteur cassé réduit à néant ses ultimes espoirs. 3e et 4e du championnat des pilotes, Arnoux et Tambay offrent à la Scuderia un nouveau titre mondial des constructeurs. Peut-on alors imaginer qu'il faudra attendre le suivant pendant 16 ans?

En 1984, le grand espoir italien Michele Alboreto remplace Tambay, condamné par sa deuxième moitié de saison en demi-teinte. Rapidement, l'Italien se montre à la hauteur de sa réputation naissante en prenant l'ascendant sur Arnoux et en décrochant une belle victoire en Belgique. Mais globalement, les Ferrari sont très loin des McLaren de Prost et Lauda. En 1985, les Ferrari (sans Arnoux, brutalement limogé à l'issue du premier Grand Prix pour des raisons qui restent à ce jour mystérieuses, et remplacé par Stefan Johansson) retrouvent tout leur éclat et Alboreto, auteur de deux victoires, passe même le cap de la mi-saison en tête du championnat devant Prost. Mais brutalement, les Ferrari perdent performance et fiabilité, et Alboreto doit laisser échapper le championnat. L'écurie confirme sa soudaine régression en 1986, où Alboreto (passablement démotivé) et Johansson ne glanent que quelques places d'honneur.

En 1987, l'arrivée conjointe de l'espoir autrichien Gerhard Berger et de l'ingénieur starisé John Barnard relance quelque peu la Scuderia, qui boucle une saison jusqu'alors quelconque par deux victoires consécutives. Les progrès de Ferrari restent malgré tout insuffisants pour concurrencer en 1988 les McLaren-Honda du duo Prost-Senna. C'est au cours de cette période terne que la Scuderia déplore la mort de son fondateur Enzo Ferrari, le 14 août 1988. Comme un hommage, moins d'un mois plus tard, profitant de l'unique faux pas de la saison des McLaren, Berger et Alboreto signent sur le tracé de Monza un doublé retentissant. Malgré quelques jolis coups d'éclat de la nouvelle recrue Nigel Mansell, la saison 1989 confirme la stagnation de l'équipe.

Pour la saison 1990, Ferrari parvient à recruter Alain Prost. L'arrivée du triple champion du monde français coincide avec la sortie de la très réussie Ferrari 641, dernière œuvre de Barnard avant son départ chez Benetton. Auteur d'un début de championnat mitigé marqué néanmoins par une victoire au Brésil sur les terres de son grand rival Senna, Prost survole les GP estivaux, et signe trois victoires consécutives (dont une fameuse sur le circuit de Mexico, après être parti de la 13e place sur la grille, et avoir en sus manqué son départ) qui le placent en tête du classement général. La suite est plus difficile puisque Senna sonne le réveil de McLaren, reprend la main au championnat, et s'assure du titre mondial après avoir volontairement éperonné Prost au départ du GP du Japon.

Les prometteurs essais hivernaux du duo Prost-Alesi (ce dernier ayant remplacé Mansell) laisse augurer une saison 1991 sous le signe de la revanche pour la Scuderia. Mais les premiers Grand Prix douchent rapidement l'optimisme d'avant saison. Pire, le manque de compétitivité des monoplaces rouges ravive les tensions de la fin de saison précédente et entraîne l'équipe dans la tourmente. Au mois de mai, le directeur sportif Cesare Fiorio, de plus en plus critiqué par Prost, se fait limoger. À la veille de l'ultime manche de la saison, c'est au tour de Prost d'être viré, la Scuderia pretextant des déclarations jugées offensantes du pilote français, lequel, victime d'une défaillance de sa direction assistée au GP du Japon, avait indirectement comparé sa voiture à un camion. Quelques semaines plus tard, le Président de Ferrari, Piero Fusaro, est à son tour débarqué par la direction de FIAT, et remplacé par un revenant, Luca di Montezemolo, qui se fixera comme première mission de faire revenir Alain Prost, en vain.

L'arrivée de celui qui avait remis la Scuderia sur les rails fin 1973 est néanmoins trop tardive pour influer sur le sort de la saison 1992, qui sera un véritable désastre. D'une abnégation de tous les instants, Alesi obtiendra quelques places d'honneur dont deux podiums, tandis que l'espoir italien Ivan Capelli sombrera complètement.

Fin 1992, John Barnard revient à la direction technique de Ferrari. Son arrivée s'accompagne de celle d'un autre revenant, Gerhard Berger, depuis 3 ans chez McLaren. Mais le principal recrutement est celui en juin 1993 de Jean Todt, alors directeur de Peugeot Sport, au poste de directeur de la gestion sportive de la Scuderia. D'un strict point de vue sportif, la saison 1993 est à peine meilleure que la saison 1992.

Ce n'est qu'en 1994, avec la première véritable création de Barnard depuis son retour (il était arrivé trop tardivement pour avoir une quelconque influence sur le programme 1993), que les restructurations initiées par Montezemolo puis Todt commencent à faire leur effet. Avec la 412T2, les pilotes Ferrari parviennent à nouveau à viser régulièrement les podiums, tandis que Berger décroche même une victoire au GP d'Allemagne. Il s'agit de la première victoire d'une Ferrari au bout de quasiment 4 années d'insuccès. Le retour en forme de Ferrari se confirme en 1995, avec la victoire de Jean Alesi au Canada, victoire accompagnée de nombreuses prestations de grande qualité de la part des hommes en rouge. Pour accélérer le redressement de la Scuderia, Jean Todt comprend néanmoins qu'il est nécessaire de s'attacher les services du meilleur pilote du plateau, en l'occurrence Michael Schumacher.

Pour sa première saison chez Ferrari, Schumacher n'est pas en mesure de défendre ses titres mondiaux acquis avec Benetton, la faute à une voiture qui manque de performance et de fiabilité. Il parvient tout de même à signer plusieurs coups d'éclat, dont le plus retentissant a lieu sous la pluie de Barcelone, où il décroche sa première victoire en rouge. Au sortir de l'été, il signe également deux victoires très importantes (en Belgique et en Italie) qui permettent de consolider la place de Todt, alors menacé après une série de cuisantes défaites.

Fin 1996 et début 1997, la restructuration de la Scuderia se poursuit. Le directeur technique John Barnard, jugé ingérable par Todt, est remplacé par Ross Brawn, avec lequel Schumacher avait collaboré ô combien efficacement chez Benetton. Peu de temps après, Brawn est rejoint par le concepteur Rory Byrne, également un ancien de chez Benetton.

Lors de la saison 1997, malgré une monoplace inférieure à la Williams, Schumacher parvient à jouer le titre mondial face à Jacques Villeneuve, mettant notamment à profit son habileté sous la pluie (comme à Monaco ou en France). Mais lors de l'ultime manche de la saison, à Jerez, il se rend coupable d'une manœuvre litigieuse sur Villeneuve qui non seulement l'envoie finir sa course dans un bac à sable, mais lui vaut en outre d'être déclassé du championnat par la FIA.

Ferrari nourrit de grandes ambitions pour 1998, avec la première F1 conçue par la tandem Brawn-Byrne (arrivé trop tard pour avoir une réelle influence sur la monoplace de 1997, œuvre de Barnard), mais se heurte aux remarquables McLaren-Mercedes. Victorieux en Argentine, en Angleterre, en Hongrie puis en Italie, Schumacher parvient néanmoins à rester au contact de Mika Hakkinen au championnat. Mais avec deux succès de rang en fin de saison, le Finlandais décroche le titre.

La revanche Hakkinen-Schumacher, tant attendue en 1999, est brutalement interrompue à mi-saison, lorsque l'Allemand se brise la jambe dans un accident au GP de Grande-Bretagne, ce qui lui vaut de rester éloigné plusieurs semaines des circuits. Auteur d'un solide début de saison (dont une victoire au GP d'ouverture à Melbourne), Eddie Irvine, le lieutenant de la Scuderia, prend alors le relais et se replace dans la course au titre grâce à deux victoires consécutives en Autriche puis en Allemagne (où il bénéficie de l'aide de Mika Salo, le remplaçant de Schumacher, qui lui cède la victoire). Au GP de Malaisie, avant dernière manche de la saison, il remporte une quatrième victoire cette fois avec l'aide de Schumacher dont c'était la course de rentrée, ce qui lui permet de reprendre la tête du championnat. Le doublé des Ferrari est pourtant remis en cause dans les heures qui suivent la course: les commissaires techniques jugent illégaux les déflecteurs latéraux des Ferrari et prononcent leur disqualification. Déclaré vainqueur (il avait terminé 3e) Hakkinen se retrouve de fait sacré champion du monde sur le tapis vert. La Scuderia Ferrari fait appel de la sanction, et obtient gain de cause quelques jours plus tard devant le Tribunal d'appel de la FIA. Cette déçision très controversée permet à Irvine de récupérer sa victoire, ainsi que ses points d'avance sur Hakkinen au moment d'aborder le dernier GP de la saison. Mais défait par Hakkinen au Japon, il doit se contenter de la deuxième place finale. Le beau comportement d'ensemble de la Scuderia permet tout de même à cette dernière de remporter le titre mondial des constructeurs, son premier depuis 1983.

Le duel Ferrari-McLaren se poursuit en 2000. Malmené au cours de l'été, Schumacher semble un temps devoir à nouveau s'incliner au championnat. Mais dominateur en fin de saison, il remporte les quatre dernières manches du championnat et devient le premier pilote à être champion du monde au volant d'une Ferrari depuis Jody Scheckter en 1979. Ce premier titre en rouge est le premier d'une longue série pour Schumacher et Ferrari qui vont exercer sur la F1 une domination comme la discipline n'en avait jamais connu.

En 2001, Schumacher signe 9 victoires et est titré dès le GP de Hongrie au mois d'août. La supériorité de Ferrari est encore plus éclatante en 2002, avec 15 victoires en 17 courses, et un titre acquis par Schumacher dès le GP de France début juillet. Mais la manière dont la Scuderia gère sa domination n'est que diversement appréciée. Au GP d'Autriche, elle crée même le scandale en imposant à Rubens Barrichello de céder la victoire à Schumacher, le Brésilien s'exécutant à seulement quelques mètres de la ligne d'arrivée. Durant la deuxième moitié de saison, d'autres fins de course arrangées (cette fois au profit de Barrichello comme en Hongrie, en Italie et surtout à Indianapolis) ne feront rien pour l'image de la Formule 1.

La saison 2003 est marquée par le réveil de la concurrence, en grande partie aidée par l'excellente tenue des pneus Michelin, tandis que Ferrari fait confiance au manufacturier japonais Bridgestone. Auteur d'un début de saison brouillon, Schumacher se reprend au printemps, mais connaît un été difficile, qui permet à la concurrence (notamment Juan Pablo Montoya sur Williams et surtout Kimi Räikkönen sur McLaren) de rester au contact au championnat. De retour au plus haut niveau à partir de Monza, Schumacher doit attendre l'ultime manche de la saison, au Japon, pour s'assurer un quatrième titre mondial consécutif.

La domination de Ferrari reprend de plus belle en 2004, dans des proportions similaires à celles de 2002. McLaren, Renault et Williams signent quelques performances isolées, mais avec 15 victoires sur 18 courses (dont 13 pour le seul Schumacher), les titres mondiaux tombent rapidement dans l'escarcelle de la Scuderia.

La FIA édicte pour la saison 2005 un nouveau règlement et interdit les changements de pneus en course. Seule équipe de pointe à développer les pneus Bridgestone (tandis que Michelin peut compter sur plusieurs grosses écuries), la Scuderia s'attire le courroux de ses adversaires en refusant de signer un accord portant sur la réduction des essais privés. Mais cette position n'évite pas à Ferrari le fiasco: Bridgestone négocie beaucoup moins bien que Michelin la nouvelle donne technique, ce dont souffre Ferrari tout au long de l'année. Jamais en mesure de se mêler à la lutte pour le championnat opposant Räikkönen à Alonso, Schumacher ne décroche qu'une seule victoire, au GP des États-Unis, marqué par le forfait collectif des 14 concurrents équipés de pneus Michelin, suite à des éclatements suspects des pneumatiques français pendant les essais.

En 2006, avec le retour des changements de pneus, Bridgestone et donc Ferrari retrouvent des couleurs. La première partie de saison est toutefois dominée par Alonso et Renault. Il faut attendre la mi-saison pour voir les Ferrari (aidée par les nets progrès de Bridgestone, mais également par l'interdiction faite à Renault d'utiliser son système d'absorbeur de vibrations), de retour au premier plan. Intraitable tout au long de l'été, Schumacher reprend à Alonso la tête du championnat à l'issue du GP de Chine. Mais alors que les titres mondiaux leur tendent les bras, les hommes de la Scuderia chutent dans la dernière ligne droite (casse moteur de Schumacher à Suzuka et ennuis à répétition au Brésil) et échouent de peu derrière Alonso et Renault.

La fin de la saison 2006 marque pour la Scuderia Ferrari la fin du cycle le plus brillant de son histoire. Avec le départ à la retraite de Schumacher, le départ de Ross Brawn et la prise de recul progressive de Jean Todt nommé aux plus hautes fonctions chez Ferrari, un nouvel organigramme est mis en place. Côté pilote, les espoirs de la Scuderia reposeront désormais essentiellement sur Kimi Räikkönen, toujours épaulé par Felipe Massa. Et le Finlandais va signer pôle-position et victoire dès sa première course chez les rouges, une première pour un pilote Ferrari depuis plus de 50 ans ! A noter qu'il est le premier pilote Ferrari depuis Nigel Mansell en 1989, à gagner son premier grand prix disputé pour Ferrari. Par la suite, Felipe Massa va s'affirmer un temps comme l'homme fort de l'écurie, en décrochant 3 pôles-positions consécutives à partir du Grand Prix de Malaisie et deux victoires. Durant 3 courses, il marquera le pas face à la concurrence de McLaren en dépit d'une nouvelle pôle, puis sera battu par Räikkönen au Grand Prix de France. La seconde moitié de la saison sera une véritable course contre la montre pour Raikkonen qui remporte dans la foulée le Grand Prix de Grande-Bretagne revenant ainsi au championnat pilotes. Le titre constructeurs 2007 sera attribué à la Scuderia sur tapis vert, tous les points de l'équipe McLaren étant annulés par la FIA suite a l'affaire d'espionnage opposant Ferrari à McLaren. Le championnat pilotes ne sera pas touché par cette triste affaire et après un doublé en Turquie, une victoire du finlandais en Belgique - sur son circuit fétiche -, et une troisième place au Japon, Kimi Raikkonen se retrouve à 17 points du leader Lewis Hamilton à 2 courses de la fin. Il gagne en Chine alors qu'Hamilton abandonne dans l'entrée des stands. Hamilton, Alonso et Raikkonen pourront donc tous les 3 prétendre au titre pilotes avant le départ du dernier Grand Prix, au Brésil. La Scuderia, au terme d'une course parfaite place ses pilotes aux 2 premières places et s'offre son 76e doublé (le 4e de la saison), Alonso et Hamilon terminant 3e et 7e. Avec cette 6e victoire cette année, Raikkonen devient champion du monde des pilotes dès sa première saison chez Ferrari avec 110 points, soit 1 seul point de plus au championnat que ses 2 adversaires. Massa finit à la 4e place du championnat, avec 94 points.

Cette saison 2008 est celle des extrêmes, sur la plus haute marche du podium ou sans rien à se mettre sous la dent, les courses se suivent et ne se ressemblent pas. On peut également remarquer que les courses sont très ouvertes. En effet, pas moins de sept pilotes : Felipe Massa (6), Lewis Hamilton (5), Kimi Raikkonen (2), Fernando Alonso (2), Robert Kubica (1), Heikki Kovalainen (1), Sebastian Vettel (1), obtiennent une victoire sur cinq monoplaces de marque différente : Ferrari, McLaren, BMW, Renault, Toro Rosso. De nombreuses erreurs tactiques et techniques viennent également entraver la route de Raikkonen et Massa pour le titre pilote. Massa, malgré un début de saison difficile passe très près de la couronne 2008 puisqu'il échoue d’un rien au Brésil, sur la dernière course, dans le dernier virage, et malgré une victoire sur ses terres. Un scénario assez incroyable, car l’espace de quelques secondes, il est champion de monde, avant que le pilote McLaren, Lewis Hamilton ne reprenne la main dans les derniers 500m du dernier tour. Raikkonen, de son coté, débute plutôt bien le championnat mais un gros passage à vide en milieu de saison ainsi que deux erreurs de pilotage en Belgique et à Singapour réduisent à néant ses espoirs de second titre. Il marque tout de même la saison puisqu'il signera pas moins de 10 records du tour en course.

Au final, le bilan est tout de même positif puisque la Scuderia remporte son 16e titre constructeurs. Felipe Massa obtient 6 victoires et Kimi Raikkonen 2, ils finissent respectivement second et 3e (égalité avec Robert Kubica à 75 points) du championnat, mais avec cinq succès et une plus grande régularité, c’est Lewis Hamilton qui devient le plus jeune champion de l'histoire de la F1.

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Ferrari F430

Ferrari F430

La Ferrari F430 est une automobile sportive de luxe construite et commercialisée par Ferrari depuis 2004, remplaçant ainsi la Ferrari 360 Modena. Elle est présentée au Mondial de l'automobile de Paris 2004, et se distingue de sa prédécesseur par son V8 porté à 4,3 L, par un emploi important de l’aluminium, mais surtout par une série d’innovations issues de la F1.

Tout en introduisant un aspect plus dynamique que la Ferrari 360 Modena, la 430 reprend les codes stylistiques de sa devancière ainsi que l'architecture moteur. Ce bolide au gabarit imposant et à la visibilité réduite est toutefois docile grâce aux nombreuses aides à la conduite. Grâce à une distribution variable en continu à l'admission (50°) comme à l'échappement (30°) et au montage d'un double collecteur d'admission bimode, le nouveau moteur de 4,3 L équipant déjà des Maserati (mais construit à la maison mère et revalorisé pour l'occasion) affiche un couple de 370 Nm à 3 500 tr/min, soit un gain de 23 % en puissance et de 25 % en couple, correspondant à la valeur de couple maximum de l'ancien 3,6 L (monté sur la 360). Une touche gravée LC « Launch Control » située sur la console permet de réaliser un départ canon sans se préoccuper de doser l'accélérateur et l'embrayage bidisque (appelé aussi double-embrayage) piloté par un groupe électro-hydraulique capable d'exercer un couple de blocage de 2 500 Nm en seulement 60 millisecondes.

Le grand compte-tours gradué jusqu'à 10 000 tours/minute est proposé, au choix, avec un fond rouge ou jaune. Les disques de frein en céramique sont proposés en option à 11 500 €, jusqu'à leur adoption de série sur toute la gamme Ferrari en 2008. Le manettino permet de régler le degré d'intervention des aides à la conduite, le mode normal étant sport. Il est situé en bas à droite sur le volant.

Tout comme ses prédécesseurs et dans la logique développée par Ferrari, la Ferrari F430 Spider est la déclinaison décapotable de la F430, à capote en toile motorisée. La toile s'impose évidemment face à un toit en dur pour la simple raison qu'il est impossible d'imaginer système articulé ou rotatif dans un roadster à moteur central arrière. Cette dernière s'escamote en 20 secondes.

Le cuir habille l'ensemble de l’habitacle, de pair avec le carbone de la console centrale et des aérateurs latéraux. Un petit détail différencie rapidement le spider : les cadrans sont à fond rouge, alors qu’ils sont jaunes dans la berlinette.

La Ferrari F430 Challenge est la version de course de 490 ch, allégée de 225 kg soit un total de 1 225 kg à vide. Ici la voiture du duo Henri Moser et Philippe Favre.

La Ferrari F430 Scuderia est une version améliorée de la berlinette F430, dans le sens d'une plus grande efficacité sur piste, au détriment du confort. Cette berlinette biplace représente la volonté de Ferrari de démontrer son savoir-faire dans l'implantation de la technologie F1 dans une voiture de production. Développée avec le concours de Michael Schumacher, la 430 Scuderia se positionne ainsi comme une rivale directe de la Porsche 911 GT2.

La 430 Scuderia fut officiellement présentée au Salon automobile de Francfort le mardi 11 septembre 2007. Toute désignée comme la digne successeur de la Ferrari 360 Challenge Stradale, elle aurait dû s'appeler tout naturellement Challenge Stradale. Le choix de Scuderia démontre la volonté de Ferrari à produire une voiture d'autant plus exceptionnelle, à la limite des Formules 1. Le magazine Evo titre même : Formule 1 de route. Une oxymore qui n'en est plus grâce notamment à Jean Todt qui favorisa les échanges technologiques entre "route" et "course" dans les départements Ferrari. Scuderia était par ailleurs l'appellation donnée à une série limitée de l'Alfa 75 en 1990.

Par rapport au moteur V8 de la F430 normale, l'admission s'est vu équipée d'un collecteur et d'un filtre à air en carbone. Le V8 délivre en effet 510 ch à 8 500 tr/min, soit à peine plus de 20 ch par rapport à la F430 classique, et 118,38 ch au litre pour une vitesse maxi atteignant les 320 km/h. Seule la Honda S2000 fait mieux avec 120 ch/litre. Avec 4 308 cm3 de cylindrée, son couple atteint au maximum 470 Nm à 5 250 tr/min, dont 80% sont déjà disponible à 3 000 tr/min. Ce moteur est couplé à une nouvelle boîte robotisée F1 Superfast 2, permettant un fonctionnement encore plus rapide des actionneurs. Celle-ci peut en effet être jusqu'à 2 fois plus rapide que celle de la F430 normale : 60 ms lui suffisent pour passer les rapports soit à peine plus qu'une F1 (30 à 40 ms).

La chasse à la surcharge pondérale fut lancée par Lamborghini et sa Gallardo Superleggera. Ferrari s'y met également et de telles performances sont alors accessibles grâce à un poids de seulement 1 250 kg, soit 100 kg de moins que la version de base, notamment grâce à l'utilisation de carbone dans l'habitacle et de titane sur des éléments de suspension (écrous, ressorts d'amortisseurs), ainsi qu'à la suppression d'habillages et d'insonorisants pour l'habitacle.,. La Scuderia affiche ainsi un rapport poids/puissance de 2 65 kg/ch, devant les 2,68 de la Lamborghini Gallardo Superleggera et les 3,31 de la Porsche 911 GT3 RS.

Sur le plan des liaisons au sol, la 430 Scuderia reçoit également un nouveau système combinant le différentiel électronique E-Diff de la F430 et le contrôle de traction et de stabilité F1-Trac de la Ferrari 599 GTB Fiorano qui lui confère le comportement d'une voiture de course sans en être une. La 430 Scuderia adopte par ailleurs des suspensions plus fermes et un centre de gravité abaissé de 1,5 cm, ainsi que des pneumatiques semi-slick. La répartition des masses reste quant à elle inchangée : 43 à l'avant et 57 à l'arrière. Par ailleurs, l'adoption de freins en carbone-céramique (6 pistons à l'arrière et 4 à l'avant) confère à la Scuderia un redoutable freinage.

Sur le plan de l'aérodynamisme, fort des expériences menées sur le programme FXX, la Scuderia profite de naseaux ourlés mais également d'un léger becquet arrière plus prononcé intégré à la carrosserie pour un meilleur appui sur la route et d'un meilleur écoulement de l'air. Ce dernier fut par ailleurs amélioré par la réduction des contre-pression au niveau des passages de roue. Lorsqu'un piston se déplace, il subit deux pressions qui génèrent deux efforts opposés. Un est exercé par le vérin pneumatique et l'autre est dû à la pression qui s'exerce de l'autre côté du piston. Cette pression va dépendre de la vitesse d'évacuation de l'air vers l'échappement. On parle alors de contre-pression. Ces modifications aérodynamiques et techniques permettent au Cx de régresser de 0,1 à 0,34 contre 0,33 pour la F430 standard, mais l'appui augmente significativement de +10%. Le pilote peut donc désormais compter sur 75 kg d'appui à 150 km/h et 300 kg à 300.

La 430 Scuderia s'offre ainsi au final un 0 à 100 km/h en seulement 3,4 s, soit une amélioration notable de 0,6 s. Le 1 000 m départ-arrêté est effectué en 20,9 s.

Une simple molette sur le volant, le manettino, permet au conducteur de choisir le type de réglage de la voiture selon les circonstances (basse adhérence, sport, race, CT et enfin CST) : la position normale pour Ferrari est le mode Sport. Il permet au conducteur de modifier, en autre, les vitesses et lois de changements de rapport ou les réglages du différentiel. Le réglage des amortisseurs est en revanche indépendant du manettino, conformément au choix de Michael Schumacher.

Le détail le plus apparent lorsque l'on compare une F430 avec la version Scuderia est les deux bandes racing noires qui parcourent la Scuderia du logo de Ferrari jusqu'au becquet arrière, cependant facturées 6 578 €. La Scuderia profite par ailleurs de nombreux inserts de carbone : ainsi les rétroviseurs extérieurs ou l'entourage de la lunette arrière sont tout en carbone. La Ferrari 430 Scuderia s'accorde des jantes de 19 pouces chaussées de Pirelli PZero Corsa spécifiques à ce modèle. Ces éléments permettent ainsi de distinguer la Scuderia dès le premier regard. Les nouveaux échappements, ou plutôt ceux empruntés à la Challenge, le déflecteur imposant ainsi qu'un nouveau dessin de la face avant font leur apparition : les écopes d'air inférieures sont élargies et présentent un dessin moins en rondeurs et plus prononcé, notamment en raison de css naseaux ourlés. Le V8, quant à lui, est sous placé sous la vitre en Lexan de la lunette arrière, de même que sur l'Audi R8.

A l'intérieur, le cuir fait place à l'Alcantara. Quant à la planche de bord, elle profite d'un traitement carbone sur le volant, les panneaux de portes et les coques des sièges baquets. Autre touche de luxe dans l'intérieur de la Scuderia : le volant en peau retournée comme sur la Ferrari Enzo profite de cinq diodes rouges qui s'allument pour annoncer l'approche de la zone rouge du compte-tours. Certains ne changent pas comme le tachymètre toujours à fond jaune. Les sièges baquets, également en carbone, sont fermes mais confortables. Le côté sport est par ailleurs accentué par l'utilisation de harnais en guise de ceintures de sécurité.

L'habitacle est flatteur, cependant la finition est en baisse : ponçage des matériaux, soudures apparentes, etc.

Une série limitée (499 ex.) de la F430 Spider reprenant les modifications apportées à la Scuderia a été présenté le 12 novembre 2008. Cette version, jusque dans sa dénomination 16M, fête le seizième titre de champion du monde des constructeurs de F1 obtenu par Ferrari. Le poids est réduit de 80 kg par rapport au Spider normal, ce qui, avec 510 ch pour 1 340 kg, maintient des performances supérieures à la berlinette de base, avec par exemple une accélération de 0 à 100 km/h en 3,7 s.

Le préparateur automobile allemand Novitec Rosso s'est attaqué, en juin, à la 430 Scuderia. Sur le plan esthétique, rien ou presque (feux de stop plus sombres, jantes exclusives de 20 pouces) n'a changé. En revanche, spécialité des préparateurs, la motorisation de cette Ferrari a été poussée à 717 ch, soit 202 ch de plus que l'originale. Pour cela, Novitec a modifié de nombreux éléments : deux compresseurs, une paire d'échangeurs air/eau, une boîte à air redessinée, huit injecteurs plus gros, des circuits de refroidissement renforcés et un nouveau calculateur.

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Ferrari D50

Ferrari D50 : les anciens réservoirs latéraux sont transformés en carénages

La Ferrari D50, née Lancia D50 puis devenue Ferrari D50/801 est une monoplace de Formule 1 conçue par l'ingénieur italien Vittorio Jano en 1953-1954 pour le compte de la Scuderia Lancia qui l'a engagée en championnat du monde de Formule 1 en 1954 et 1955. À la fin de la saison 1955, Lancia fermant son atelier de course, offre à la Scuderia Ferrari ses châssis D50 qui seront engagés en championnat du monde en 1956 sous la dénomination Ferrari D50 puis en 1957 sous le nom de Ferrari 801.

Les différentes versions du modèle D50 ont pris le départ de 18 Grands Prix comptant pour le championnat du monde (4 sous le nom de Lancia en 1954-1955 puis 14 en 1956-1957 sous le nom de Ferrari). Ces monoplaces ont permis à ses divers pilotes de décrocher 5 victoires, 19 podiums (dont 1 sous le nom de Lancia), 8 pole positions (dont 2 sous le nom de Lancia) et 6 meilleurs tours en course (dont 1 sous le nom de Lancia) en championnat du monde. Juan Manuel Fangio a conquis un titre de champion du monde à son volant en 1956.

Gianni Lancia, fils de Vincenzo Lancia, fondateur éponyme de la marque automobile, ancien pilote d'essais et de course chez FIAT au début du XXe siècle, décide en 1951 de revenir à la compétition, mais désormais plus officiellement. En effet, les Lancia Lambda et Aprilia avaient remporté de nombreux succès dans les épreuves routières avant la Seconde Guerre mondiale mais aux mains de pilotes privés. Gianni Lancia commence par accorder le soutien officiel de sa marque à certains équipages privés engagés dans le Tour de Sicile : quatre Aurelia terminent aux quatre premières places. Après une seconde place aux Mille Miglia en 1951 (Giovanni Bracco et Umberto Maglioli sur Aurelia B20) puis une victoire à la Targa Florio en 1952 (Felice Bonetto sur Aurelia B20), Gianni Lancia décide de passer à la catégorie Sport.

Lancia recrute alors Vittorio Jano qui peut se targuer d'avoir un palmarès d'ingénieur très étoffé : il a contribué aux succès des Alfa Romeo P2, 1750, 2300, 2900 et P3 de l’entre-deux guerres. Jano réalise pour Lancia la barquette D24 animée par un moteur V6 de 3 300 cm3 qui, pilotée notamment par Juan Manuel Fangio, Alberto Ascari ou encore Piero Taruffi, règne en maître en 1953 et 1954 en enlevant les trois premières places de la Carrera Panamericana 1953 (Fangio devant Taruffi et Castellotti) et en s'imposant notamment à la Targa Florio (Taruffi vainqueur en 1954) et aux Mille Miglia (Ascari vainqueur en 1954). Jano et Ettore Zaccone Mina conçoivent également le moteur V6 de la Lancia Aurelia (le premier V6 au monde monté sur un modèle de série) grâce auquel Louis Chiron offre à Lancia sa première victoire au rallye de Monte Carlo en 1954 sur une Aurelia. En 1953, fort de ces succès, Gianni Lancia songe à s'engager en Formule 1.

Cette volonté d'engagement en Formule 1 découle d'une part de la décision de la Commission Sportive Internationale de changer la réglementation type Formule 2 pour revenir à une cylindrée de 2,5 litres et d'autre-part du fait que Lancia tient en la personne de Vittorio Jano un ingénieur de talent capable de produire une monoplace efficace dès ses débuts. Afin de répondre à la nouvelle réglementation de la Formule 1 qui, après deux saisons disputées sous le régime Formule 2 (moteur de 2 litres atmosphérique ou 750 cm3 compressé), revient à une cylindrée plus importante (2,5 litres atmosphérique ou 1,5 litres compressé), Vittorio Jano et Ettore Mina conçoivent la Lancia D50 autour d’un moteur inédit (dénommé Lancia DS50) à 8 cylindres en V de 2 500 cm3 très compact et léger. La D50 est ainsi la première monoplace de Formule 1 engagée en championnat du monde qui emprunte cette architecture moteur. La caractéristique principale de la monoplace est le positionnement très avancé du moteur semi-porteur qui participe à la rigidité du châssis et reçoit des éléments de fixation des suspensions. Cette technique inédite du moteur porteur ne sera reprise en Formule 1 que treize ans plus tard avec le moteur Ford-Cosworth, installé quant à lui en position centrale arrière. Le bloc est également placé en biais, selon un angle de 12° par rapport à l’axe longitudinal de la voiture, afin de positionner l’arbre de transmission à gauche du siège du pilote et non pas sous celui-ci : le pilote est ainsi assis plus bas que sur les autres monoplaces ce qui abaisse d’autant le centre de gravité de l’ensemble machine-pilote.

La seconde caractéristique majeure de la monoplace est la présence de deux paniers latéraux logés de part et d’autre du cockpit entre les roues avant et arrières qui abritent les réservoirs d'essence et d'huile et les radiateurs d’huile. Ce centrage des masses très soigné autour du centre de gravité permettant une diminution de l’inertie polaire rend la D50 parfaitement équilibrée et maniable. Avec 640 kg, la D50 est avantagée par rapport à ses concurrentes directes, la nouvelle Mercedes W196 pesant entre 690 et 720 kg (selon les versions à roues apparentes ou carénées) et la Maserati 250F autour de 650 kg. Les adversaires principaux désignés de Lancia au championnat du monde sont Mercedes qui, pour son retour, a choisi comme Lancia de recourir à des solutions techniques particulièrement innovantes et coûteuses (commande desmodromique des soupapes, injection directe, alliages perfectionnés, carrosserie enveloppante, inclinaison prononcée du moteur pour une meilleure aérodynamique) et Maserati, qui vient de mettre au point la 250F extrapolée de la A6GCM. La Scuderia Ferrari, quant à elle est dans le creux de la vague. Après un règne sans partage avec la Ferrari 500 en 1952 et 1953, Claudio Lampredi tente de multiples combinaisons châssis-moteur à partir de la 553 Squalo engagée à une reprise lors du dernier Grand prix de la saison 1953 et de la 625 F1, vaillante mais manquant de puissance,,. La saison s'annonce plus ouverte que jamais puisque chacun des quatre constructeurs, afin de répondre au nouveau réglement technique concernant la cylindrée, présente une monoplace aux caractéristiques différentes : V8 pour Lancia, 8 cylindres en ligne pour Mercedes, 6 cylindres en ligne pour Maserati et 4 cylindres en ligne pour Ferrari.

La D50 fait ses premiers tours de roues le 20 février 1954 sur l'aéroport de Turin-Caselle mais les essais de mise au point vont s’avérer très longs et coûteux afin de rendre l'ensemble des nouvelles solutions techniques adoptées fiables. Or Lancia a besoin de liquidités pour pallier un souci d’importance : recruter un pilote d’envergure. Début 1954, Gianni Lancia parvient à débaucher les deux pilotes Ferrari, Alberto Ascari et Luigi Villoresi. Ceux-ci vont ronger leur frein pendant presque toute la saison puisqu’ils ne disposent de leur monture que pour disputer l’ultime Grand Prix du championnat. Trois châssis seulement sont finalisés (0001, 0002, et 0003) Ascari réalise la première performance du nouveau modèle en décrochant immédiatement la pole position au Grand prix d’Espagne à Pedralbes tandis que Villoresi se classe cinquième sur la grille. Ascari perd d'entrée le bénéfice de sa pole position mais ne se laisse pas distancer par Harry Schell qui a bondi de sa quatrième place sur la grille. Dès le troisième passage sur la ligne, il signe le meilleur tour en course et repasse en tête alors que Villoresi a déjà abandonné sur problème de freins. Ascari mène l'épreuve pendant encore sept tours avant de renoncer lui aussi, sur panne d’embrayage.

Pour 1955, Vittorio Jano apporte quelques modifications à la D50 originelle, qui devient D50« A », afin de la rendre plus compétitive. La capacité des réservoirs est portée à 200 litres pour limiter les ravitaillements en course, la prise d'air du panier latéral est modifiée, le circuit de lubrification revu, le système de freinage amélioré de même que le tarage des suspensions et un saute-vent inclinable remplace le pare-brise. Les voies avant et arrière sont modifiées de même que l'empattement qui passe de 2 200 mm à 2 286 mm. Eugenio Castellotti rejoint ses compatriotes au sein de l’écurie qui dispose désormais de cinq monoplaces finalisées (châssis 0002, 0003, 0004, 0005, 0006, le premier châssis construit servant de pièces de rechange. Lors du Grand Prix inaugural du championnat du monde, en Argentine, Ascari se qualifie en seconde position et prend le commandement de l'épreuve au onzième tour. Il abandonne au vingt-deuxième passage suite à un spectaculaire tête-à-queue. Aucune des trois monoplaces engagées par Lancia ne reçoit le drapeau à damiers, si les D50 sont très performantes, elles manquent encore de fiabilité.

Ascari remporte son premier Grand Prix sur D50 (châssis 0004) le 27 mars 1955, à Turin, à l’occasion du VII Gran Premio del Valentino où Villoresi complète le succès en terminant sur le podium, derrière la Maserati de Roberto Mieres. Malheureusement pour Lancia, l’épreuve n’est pas inscrite au championnat du monde. Ascari (châssis 0003) et Villoresi (châssis 0004) rééditent la même performance à l’occasion du VIII Gran Premio di Napoli, le 8 mai 1955, en encadrant la Maserati de Luigi Musso, mais là encore l’épreuve ne compte pas pour le championnat du monde.

Quelques semaines plus tard, Lancia engage quatre monoplaces en championnat pour le Grand Prix de Monaco qui se tient le 22 mai. Louis Chiron, le régional de l'étape, épaule les trois compères italiens. Ascari se qualifie en seconde position, Castellotti est quatrième, Villoresi septième tandis que le pilote monégasque ne peut faire mieux que la dix-neuvième place sur la grille. Il réussit toutefois une course honorable en recevant le drapeau à damiers en sixième position juste derrière Villoresi tandis que Castellotti décroche le premier accessit. La fête est toutefois gâchée par l’accident d’Ascari au quatre-vingtième tour. Alors qu’il roulait en seconde position derrière Stirling Moss et que la victoire lui semblait promise, le moteur de la Mercedes Benz du leader étant à l’agonie, l’Italien se fait surprendre à la sortie du tunnel par une traînée d'huile laissée par la W196. En voulant l'éviter, il perd le contrôle de sa monoplace, la roue avant droite s'étant bloquée lors du freinage. La D50 touche le muret par l'arrière et part en tête-à-queue avant de basculer retournée dans le port. Ascari, éjecté de sa monoplace, est rapidement secouru par des plongeurs sous-marins et souffre d'une fracture de la cloison nasale et de contusions au dos,.

Ascari ne reste à l'hôpital qu'une seule journée pour observation puis obtient des médecins l'autorisation de retourner à son domicile milanais par la route. Arrivé chez lui, il reçoit par colis postal une carte de membre honoraire de la Société des Scaphandriers Monégasques ainsi qu'un gilet de sauvetage. Laissé au repos par Lancia suite à son accident, il assiste en simple observateur quatre jours plus tard à une séance d'essais privés sur le circuit de Monza où son dauphin et protégé Eugenio Castelloti peaufine les réglages d'une Ferrari 3000 Sport qu'il doit partager avec lui à l'occasion du Grand Prix Supercortemaggiore de Monza qui a lieu le dimanche. Ascari ne résiste pas à l'envie de l'essayer à son tour. Après avoir tourné pendant un bon bout de temps sur la piste, il s'arrête dans un bar pour se désaltérer en compagnie de quelques amis. Puis, il déclara : « Allons, il est encore de bonne heure, je vais prendre quelques virages avant le déjeuner. » Ce furent ses dernières paroles : dès sa deuxième boucle, il perd le contrôle de la voiture et trouve la mort. Toute l'équipe Lancia est sous le choc suite au décès de son premier pilote : Villoresi annonce qu'il se retire de la saison de Formule 1, Castellotti est désorienté après la mort de son mentor et Gianni Lancia retire temporairement son écurie des Grands Prix. En Belgique Lancia n'est pas présente officiellement mais met à la disposition de Castellotti une D50 qu'il engage à titre privé. Il surmonte sa peine et honore son engagement en décrochant la pole position (il abandonnera peu avant la mi-course au dix-septième tour sur rupture d'une dent de la grande couronne de transmission de son pont arrière),.

L’entreprise Lancia e Cia, qui dépense des sommes conséquentes pour assurer son programme sportif, connaît dans le même temps des difficultés financières telles que son fondateur pense dans un premier temps fermer l'atelier de course. Faute de moyens, les D50 ne sont pas engagées en Grande-Bretagne quand survient le drame des 24 heures du Mans 1955 : la Mercedes de Pierre Levegh, en quittant la piste, provoque la mort de plus de 80 spectateurs et conduit la plupart des gouvernements à interdire les compétitions automobiles en l'attente de l'élaboration d'une nouvelle réglementation concernant la sécurité du public. Cette décision sonne le glas de l'officine de course turinoise qui renonce à s'engager pour le Grand Prix des Pays-Bas, le 19 juin, une semaine seulement après le drame manceau. Lancia e Cia ne parvenant toujours pas à s'extirper de ses problèmes financiers, Gianni Lancia n'a d'autre solution que d'envisager la revente de la société familiale. Filippo Caracciolo, successeur de Gianni Agnelli à la tête FIAT et président de l'Automobile Club d'Italie convainct Carlo Pesenti, fondateur d'Italcementi, (plus important fabricant de ciment de Méditerranée) et actionnaire de FIAT, de racheter Lancia tandis que les avoirs de la Scuderia Lancia sont rachetés par FIAT puis cédés à Ferrari. Le 26 juillet 1955, dans la cour des ateliers Lancia, Via Caraglio à Turin, toutes les monoplaces de compétition (sauf une voire deux, conservées en souvenir par Gianni Lancia) sont cédées à Enzo Ferrari ainsi que tout le stock de pièces détachées, le matériel de course et les camions transporteurs alors même qu'il reste un dernier Grand Prix à disputer. FIAT s'engage pour sa part à soutenir financièrement (cinquante millions de lires par an) l'officine de course Ferrari (Scuderia Ferrari) pendant cinq ans.

Cette cession de l'ensemble du matériel de la Scuderia Lancia et l'assurance d'un soutien financier de FIAT sont du pain béni pour la Scuderia Ferrari dans dans le creux de la vague depuis le début de la saison 1954. Le changement de la réglementation de la cylindrée avait été mal négocié par les ingénieurs du Cheval Cabré après la nette domination de la Ferrari 500 en 1952 et 1953. La 553 Squalo (moteur à 4 cylindres en ligne de 2000 cm3 et 190 chevaux) de Claudio Lampredi engagée à une reprise lors du dernier Grand prix de la saison 1953 puis cinq fois en 1954 n'a qu'une victoire à son palmarès (pour sept abandons), la 625 (4 cylindres en ligne, 2498 cm3 et 250 chevaux) a fait mieux avec 2 victoires et 14 podiums en douze Grands Prix mais son moteur est désormais dépassé en termes de puissance par rapport à la concurrence. Enfin, la 555 Super Squalo (4 cylindres en ligne, 2498 cm3 et 270 chevaux) engagée sur quatre Grands Prix en 1955 n'a à son palmarès que 2 troisièmes places,.

Fin juillet 1955, Enzo Ferrari réceptionne toutes les voitures (châssis 0001 remonté, 0002, 0003, 0005, 0006, 0007, 0008, 0009 et 0010), pièces de rechange, moteurs de l’ex-écurie de course Lancia. L’ingénieur Vittorio Jano, libéré de ses fonctions rejoint également la Scuderia. Des soucis de freins et de pneumatiques (Lancia utilisait des enveloppes Pirelli tandis que Ferrari est en contrat avec la firme belge Englebert) empêchent Luigi Villoresi et Giuseppe Farina de prendre le départ du dernier Grand Prix de la saison 1955 en Italie. Bien qu'ils aient fait tous deux bonne impression lors des séances d'essais Jano annonce, deux heures avant le début de l'épreuve, que les D50 ne s'élanceront en course que s'il pleut : sur le sol onduleux et râpeux de l'anneau de vitesse de Monza, les Englebert non adaptés à leur nouvelle monture montent trop rapidement en température et se dégradent excessivement provoquant même un déchappage sur la monoplace de Farina (Mercedes rencontre également un problème de pneumatiques sur cette piste exigeante obligeant les ingénieurs à installer un avant-bec plongeant sur la monoplace de Karl Kling).

La Lancia-Ferrari D50, qui conservera longtemps l’écusson Lancia sur son museau, est rapidement optimisée au sein de l’officine au « Cheval Cabré » afin de pouvoir débuter le championnat 1956 dans les meilleures conditions de compétitivité. Vittorio Jano pousse le moteur à 265 chevaux par une légère augmentation de la cylindrée (alésage porté de 74 à 76 mm, course réduite de 72 à 68,5 mm) tandis que le châssis est renforcé et reçoit une barre anti-roulis à l'avant pour rendre l’ensemble moteur-châssis plus rigide. À l'arrière, le ressort à lames transversal initialement situé sous le carter de boîte est déplacé au dessus de la boîte-pont et les amortisseurs télescopiques sont remplacés par des Houdaille. Toutefois la modification la plus visible concerne le réservoir de carburant : les deux réservoirs latéraux d’origine sont remplacés par un réservoir unique en porte-à-faux derrière le cockpit et le train arrière. La capacité d’embarquement passe alors de 200 à 190 litres. Les enveloppes des anciens réservoirs sont reconverties en carénages aérodynamiques recouvrant les tuyaux d'échappement réalignés qui débouchent désormais juste à l’avant du train arrière,.

Les D50 (version d'origine ou modifiées en type « A ») se montrent par contre rapidement à leur avantage dès l'entame de la saison 1956 aux mains de Eugenio Castellotti, Luigi Musso et du champion du monde en titre Juan Manuel Fangio libre de tout engagement après le retrait de Mercedes Benz à la suite du drame des 24 heures du Mans 1955. Les trois pilotes occupent ainsi la première ligne du Grand Prix inaugural d'Argentine, Fangio décrochant la pole position devant Castellotti et Musso. Peter Collins dispose d'une Ferrari 555 Super Squalo à moteur à quatre cylindres en ligne tandis qu'Olivier Gendebien pilote une 555 Super Squalo dont le 4 en ligne est remplacé par le V8 DS50 de la D50 : il s'agit, en début de championnat, d'étalonner les performances de la D50 avec les productions propres à la Scuderia Ferrari. Ils ne se qualifient qu'en 9e et 10e position, la « nouvelle » D50 semble donc bien née. Fangio abandonne au vingt-deuxième tour à cause d'une fuite au niveau de la canalisation de la pompe à essence mais récupère la voiture de Musso au trentième tour. Il remonte sur le leader Stirling Moss au rythme de deux secondes au tour jusqu'à l'abandon de l'Anglais sur fuite d'huile et, malgré un tête-à-queue, conduit sa monoplace à la victoire en réalisant de surcroît le meilleur tour en course. Castellotti est contraint à l'abandon peu avant la mi-course sur rupture de boîte de vitesses mais l'essentiel est fait : Ferrari est parvenu à faire gagner la D50 pour sa première course sous ses nouvelles couleurs.

À Monaco, à l'occasion du second Grand Prix de la saison, quatre D50 officielles sont engagées pour Fangio, Musso, Castellotti et Collins. Fangio décroche la pole position et Castellotti l'accompagne en première ligne en ayant réalisé le troisième temps des qualifications. L'Argentin se fait sauter par Stirling Moss dès le lancement de l'épreuve puis part en tête-à-queue. Au vingtième tour, Moss contrôle largement ses poursuivants puisque Collins est à vingt secondes et Fangio à vingt-six. Au quarantième tour, l'Argentin alors quatrième, connaît des problèmes avec sa suspension, tape rudement le muret au bureau de tabac et rentre à son stand pour laisser sa voiture à Castellotti qui avait abandonné au quinzième tour sur panne d'embrayage. Collins est désormais le seul pilote sur D50 en mesure de lutter pour la victoire avec Moss. Mais, alors que cinquante tours ont déjà été parcourus, Scurlati, le directeur de course de Ferrari, constate que Collins n'arrive plus à reprendre du temps au leader. Il décide alors de renvoyer Fangio en piste en espérant qu'il pourra faire mieux que son coéquipier. Fangio récupère ainsi la D50 de Collins (alors troisième) au cinquante-cinquième tour. Dans sa lutte désespérée après Moss, l'Argentin réalise par trois fois le meilleur tour en course et établit le nouveau record de la piste lors de la dernière boucle. Il échoue néanmoins à la deuxième place, Moss conservant la place acquise dès le premier passage sur la ligne pour sept secondes sur la ligne d'arrivée. Castellotti termine l'épreuve en quatrième position sur la monoplace délaissée par Fangio tandis que Collins, amer, regarde ses coéquipiers franchir la ligne d'arrivée,.

Après avoir fait l'impasse aux 500 miles d'Indianapolis, épreuve à laquelle aucune écurie européenne n'a participé, Ferrari se présente au Grand Prix de Belgique 1956 avec cinq D50, dont deux pour les régionaux de l'étape André Pilette et Paul Frère. Les Ferrari dominent les essais, Fangio décrochant sa vingt-et-unième pole position, Collins se qualifiant troisième, Castellotti cinquième et Frère huitième. Seul Pilette ne se montre pas à son avantage en décrochant la quinzième et dernière place sur la grille. Si Fangio abandonne définitivement aux deux-tiers de la course sur panne de transmission, l'honneur des Ferrari est sauf puisque Collins décroche sa première victoire en Formule 1 et, avec 11 points, rejoint Moss en tête du championnat du monde des pilotes. Paul Frère se met particulièrement en valeur pour son Grand Prix national alors qu'il n'était pas initialement engagé. Il se rend en effet dans les Ardennes en tant que journaliste sportif pour couvrir l'événement. Musso s'étant blessé la semaine précédente au Nurburgring, sa D50 lui est proposée afin qu'il puisse écrire un article critique sur le modèle. Frère réalise alors un temps au tour qui convainc les responsables de la Scuderia de l'engager en course. Il remonte régulièrement jusqu'aux avants-postes de l'épreuve pour terminer sur la deuxième marche du podium à moins de deux minutes de son leader ce qui permet à la Scuderia de signer son premier doublé de la saison. Pilette a également réalisé une course honorable puisqu'en s'élançant du fond de la grille il parvient à rejoindre le drapeau à damiers à la porte des points, en sixième position. Ce Grand Prix de Belgique va avoir des conséquences importantes sur les relations entre Fangio et son écurie puisque l'Argentin estime que les ingénieurs italiens ne lui confient pas des voitures aussi performantes que ses coéquipiers. Il tient à assister personnellement au démontage de la transmission qui a causé son abandon : le différentiel a cassé par manque d'huile or aucune fuite d'huile n'a été constatée. Il est vraisemblable qu'une erreur technique sur la Lancia-Ferrari soit donc à l'origine de l'abandon.

Après les déconvenues à Monaco (suspension), aux 1000 km de Buenos-Aires (moteur serré), aux Mille Miglia (fuite d'eau dans l'habitacle), au Daily Express Trophy de Silverstone (rupture d'embrayage), Fangio et son manager Marcello « Giamba » Gambertone exigent qu'un mécanicien soit exclusivement affecté à sa monoplace, ce qui provoque les foudres d'Enzo Ferrari obligé d'accepter la requête de l'Argentin promu par la même chef de file de l'écurie. Au Grand Prix de France disputé à Reims, les Lancia-Ferrari vont une nouvelle fois écraser la concurrence. La D50 de Castellotti reçoit des carénages intégrés à la carrosserie devant les roues avant et au dessus des roues arrières ainsi que de nouvelles prises d'air pour favoriser le refroidissement des pneumatiques mais ces modifications sont vite abandonnées car elles rendent la voiture instable par vent latéral. Aux côtés de Fangio, Castellotti et Collins, Alfonso de Portago fait ses débuts au sein de la Scuderia. La première ligne est entièrement occupée par les machines au Cheval Cabré (Fangio devant Castellotti et Collins) alors que l'Espagnol se qualifie en neuvième position (et abandonnera au tiers de l'épreuve sur panne de boîte de vitesses). Fangio, troisième au premier passage, récupère rapidement le commandement de l'épreuve et mène devant ses lieutenants. Seul Harry Schell, au volant de la Vanwall de Mike Hawthorn qu'il a récupérée au onzième tour, est en mesure de contrer les Ferrari. En effet, au terme d'une superbe remontée, il roule roues dans roues avec les D50 du 28e au 38e tour, occupant même la seconde place derrière Fangio du 31e au 34e tours avant d'abandonner. Au plus fort de sa remontée, Schell reprend 28 secondes en 8 tours sur les trois leaders,. Fangio conserve la tête de l'épreuve jusqu'à la trente-huitième boucle où il doit s'arrêter pour faire réparer une fuite au niveau du manomètre de pression d'essence : il est aspergé d'essence à chaque pression sur la pédale d'accélérateur. Castellotti le remplace en tête de course avant de céder sa place à Collins qui remporte à Reims sa deuxième victoire en championnat du monde et, avec 19 points, est désormais seul en tête du championnat. Castelotti, second à trois dixièmes de seconde de l'Anglais (il a reçu la consigne claire du directeur sportif Sculati de ne pas tenter de doubler son coéquipier) et Fangio quatrième (en signant le meilleur tour en course à 205 km/h de moyenne) prouvent l'évidence supériorité de leur monture sur leurs concurrentes Maserati, Vanwall ou encore Gordini.

En Grande-Bretagne 1956, l'armada Ferrari se renforce d'un cinquième membre qui complète la formation alignée en France, le Belge Olivier Gendebien, qui déclare finalement forfait. Maserati tire son épingle du jeu puisque Stirling Moss décroche la pole position devant Fangio. La BRM de l'ancien (puis futur) pilote Ferrari Mike Hawthorn devance Collins qui s'élancera de l'extérieur de la première ligne. Castellotti pointe en troisième ligne et de Portago en quatrième. Fangio, en difficulté en début de course (il chute en sixième position au neuvième tour), reprend la tête de l'épreuve au soixante-neuvième tour pour signer sa dix-neuvième victoire en Grand Prix. De Portago, second, inscrit ses premiers points en championnat mais doit les partager avec Collins qui avait abandonné au soixante-quatrième tour sur chute de pression d'huile. À deux courses du terme de la saison, la D50 permet à ses pilotes de mener le championnat, Collins, avec 22 points, devançant d'une unité Fangio.

Cinq D50 sont alignées à l'occasion de l'avant-dernier Grand Prix de la saison en Allemagne sur le grand Nurburgring, où elles sont notamment opposées à douze Maserati 250F. Fangio, en pole position devant Collins et Castellotti, ne laisse à Moss que l'extérieur de la première ligne. Musso, qui fait son retour, est en deuxième ligne tandis que de Portago se qualifie en dixième position. Dès le départ, Fangio se porte en tête (place qu'il ne quittera plus) et est suivi par Collins, Moss, Salvadori et Behra. Dès le second tour, Peter Collins, sur les talons de son leader, force Fangio à battre le record du tour détenu par Hermann Lang depuis 1939. Les deux D50 se livrent une rude bataille, tournant en moins de dix minutes au tour et distancent rapidement leurs poursuivants. Au neuvième tour, Collins doit abandonner, sa monoplace ne pouvant plus soutenir le rythme qui lui était imposé : les vibrations ont dessoudé les supports du réservoir provoquant une fuite d'essence. Au dixième tour, l'Argentin bat à nouveau le record du tour (9 min 44 s 9 à 140,3 km/h). Collins, reparti sur la D50 de de Portago abandonne à nouveau au quatorzième passage, sur sortie de piste, imitant ainsi Castellotti au douzième tour. Fangio, faisant fi des abandons de ses coéquipiers et du fait qu'il contrôle parfaitement la course maintient son rythme endiablé et pulvérise le record de la piste en 9 min 41 s 41 au quatorzième tour,. Il réalise ainsi un grand chelem (pole position, toute la course en tête, meilleur tour en course et victoire) et signe sa vingtième victoire en championnat du monde. Cet éclatant succès est pourtant la seule réjouissance de la Scuderia puisque toutes les autres D50 ont abandonné et que les Maserati permettent à leurs pilotes d'engranger les points dévolus aux 2e, 3e, 4e et 5e places finales. Au championnat, Fangio est désormais seul en tête avec 30 points, devant Collins et Jean Behra (sur Maserati) avec 22 points et Stirling Moss (Maserati) qui, malgré ses 19 points, n'a plus aucune chance en championnat.

À Monza, théâtre privilégié de l'ultime Grand Prix qui oppose les pilotes Ferrari et les pilotes Maserati, Fangio a toutes les cartes en main pour être sacré : une simple arrivée dans les points lui suffit pour décrocher le titre. Mathématiquement en mesure de coiffer la couronne, Collins et Behra, qui pointent à 8 longueurs de l'Argentin, ont besoin d'un miracle pour espérer le battre. La première ligne est entièrement Ferrari (Fangio en pole devant Castellotti et Musso), Behra n'est que cinquième et Collins relégué en troisième ligne. Jean Behra abandonne au vingt-troisième tour sur problème de magnéto alors que Fangio ne pointe qu'au quatorzième rang. Le Français, afin de préserver ses chances pour le titre, récupère la monoplace de Maglioli au trente-et-unième tour alors que Fangio vient d'abandonner sur rupture de biellette de direction. Le mécanicien de Fangio ne trouve pas de pièce de rechange et doit prélever une biellette sur la Lancia de de Portago. Pour Collins tout semble désormais possible après l'abandon de son chef de file : alors en troisième position (tandis que Behra n'est que cinquième), il est en mesure de doubler Moss et Musso devant lui et d'établir le meilleur tour en course afin de recueillir 9 points (8 pour la victoire et 1 pour le meilleur tour en course) et devenir champion du monde. Giamba, le manager de Fangio, demande alors au directeur sportif Sculati d'arrêter une D50 pour la confier à l'Argentin : s'en suit une dispute entre les deux hommes, Sculati quittant les stands. Lorsque Peter Collins rentre pour changer ses pneus, Giamba profite de l'absence du directeur sportif pour le mettre au courant de la situation de Fangio contraint à ronger son frein au fond du stand. L'Anglais offre alors volontairement sa D50 à Fangio, renonçant du même coup à ses chances de décrocher le titre mondial. « Je dois adresser un grand merci à Collins en cette dernière manche du championnat du monde des conducteurs. Ferrari, assuré du titre ne nous avait donné aucune consigne, chacun pouvait agir à sa guise. Aussi, quand j'ai cassé la direction de ma D50, j'ai trouvé absolument normal que Musso ne me cède pas sa voiture. Jugez donc de ma joie lorsque, à un arrêt pour changement de roue, Peter, alors troisième, a sauté de sa voiture en disant : À toi Fangio. Peter, qui avait été si déçu d'avoir à me céder sa D50 à Monaco a eu vis-à-vis de moi un geste que je n'oublierai pas. » déclara Fangio à l'issue de l'épreuve, tandis que Collins expliqua : « Normal de lui passer ma Ferrari, Fangio est notre patron à tous, le maître. Ce n'est pas comme spectateur qu'il devait être sacré champion du monde, mais au volant d'une monoplace, en terminant avec les honneurs de la bataille, à la pointe de la bagarre. » En terminant second derrière Moss, Fangio partage les 6 points de la deuxième place avec Collins, points qui lui permettent de remporter le championnat du monde pour la quatrième fois.

Vittorio Jano, satisfait des performances de la D50 décide d'en poursuivre le développement pour disputer la saison 1957. La nouvelle Ferrari D50/801 est ainsi conçue sur la base du châssis modifié de la D50 (à partir des châssis 0001, 0005, 0006, 0007, 0008, 0009 et 0010) mais possède une ligne plus effilée suite à la suppression des traverses avant du châssis et des carénages latéraux reliquats des réservoirs latéraux du temps de Lancia. Un nouveau moteur plus puissant (275 ch à 8 200 tours/minute avec un « moteur carré » : alésage porté à 80 mm et course réduite à 80 mm) est également installé tandis que les suspensions sont à nouveau modifiées : de nouveaux amortisseurs télescopiques à triangles de longueur inégale issus de la 555 Super Squalo remplacent les Houdaille à leviers. Le championnat du monde est plus ouvert que jamais avec la présence des écuries italiennes Ferrari et Maserati mais surtout avec les débuts des équipes anglaises BRM, Vanwall et Cooper. Ces écuries vont progressivement damer le pion des « équipes historiques » en faisant preuve d'audaces techniques (moteur installé en position centrale arrière, moteurs Climax ou Vanwall peu gourmands en carburant) alors que les Italiens restent très conservateurs, la D50/801 et la Maserati 250F datant de 1954.

Fangio a quitté l'écurie, déçu du peu d'attention dont il avait été l'objet chez Ferrari à qui il reprochait de lui avoir confié des monoplaces insuffisamment préparées. Il rejoint Maserati pour laquelle il avait déjà couru en 1952 et 1953 en déclarant : « Je suis particulièrement heureux de courir à nouveau pour le Commendatore Orsi et son fils Omar, deux authentiques gentilhommes dont la courtoisie et la correction ne peuvent se comparer qu'avec l'attitude invariablement correcte des dirigeants de Mercedes et d'Alfa-Romeo. » Le ressentiment est violent à l'encontre de l'écurie qui lui a permis de conquérir son quatrième titre et qui le remplace par Mike Hawthorn.

Lors du Grand Prix automobile inaugural disputé à Buenos Aires, pas moins de six D50/801 sont engagées pour Musso, Collins, Hawthorn, Castellotti, Cesare Perdisa et le régional de l'étape José Froilán González, auteur de la première victoire d'une Ferrari en championnat du monde en 1951. Elles sont opposées à sept Maserati 250F et à une antique Ferrari 500 engagée par la Scuderia Centro Sud et pilotée par le pilote local Alejandro de Tomaso. Vittorio Jano modifie le collecteur d'admission mais revient rapidement à la solution d'origine. Les carburateurs Solex sont remplacés par des Weber qui améliorent la vitesse maximale mais comme ils n'ont aucune influence sur la vitesse moyenne Jano préfère revenir à une solution éprouvée et fait remonter les Solex. Les qualifications voient les Maserati en tête, Castellotti, le meilleur sur 801, ne parvenant à décrocher que la quatrième place sur la grille de départ. La course est un véritable camouflet pour Ferrari puisque les Maserati décrochent les quatre premières places alors que quatre 801 abandonnent sur panne d'embrayage ou de distribution. La meilleure 801 (Gonzales et de Portago) ne pointe qu'à la cinquième place à deux tours du vainqueur, Fangio. Dès l'entame de la saison, les amateurs de Formule 1 comprennent que la Ferrari, évolution d'une monoplace conçue quatre ans plus tôt, montre désormais ses limites face à une Maserati, certes aussi ancienne, mais dont le potentiel de développement n'est pas encore épuisé.

C'est dans une ambiance de deuil que l'écurie Ferrari se présente à Monaco pour disputer le second Grand Prix de la saison. Eugenio Castellotti vient en effet de trouver la mort le 14 mars dans des circonstances similaires à celles de son mentor Ascari : alors qu'il s'entraînait sur l'autodrome de Modène sur un modèle Sport pour préparer les 12 heures de Sebring qu'il devait disputer en équipage avec Perdisa, il tombe en panne d'embrayage et se retrouve au point mort au moment de négocier les S qui suivent la ligne droite, sa voiture heurte les bordures puis une tribune où se trouvaient des spectateurs qui assistaient aux tests privés tandis que le pilote est éjecté et décède sur le coup d'un traumatisme crânien. Cesare Perdisa, fils de l'éditeur de la revue Quattrorotte spécialisée dans le sport automobile et nouveau coéquipier de Castellotti (intégré à la Scuderia après six Grands Prix sur Maserati pour disputer les championnat Sport et Formule 1) est profondément choqué par ce décès. Bien qu'il vienne avec succès d'honorer son engagement au sein de la Scuderia en remportant les 1000 km de Buenos Aires avec Masten Gregory, Castellotti et Musso, il décide de mettre un terme à sa carrière alors qu'il n'a disputé qu'une seule épreuve en Formule 1 au volant de la 801. Puis, le 12 mai, une semaine seulement avant l'épreuve monégasque, Alfonso de Portago, qui venait de terminer cinquième du Grand Prix d'Argentine, se tue lors des Mille Miglia au volant de sa Ferrari 315 S. Ferrari perd donc trois de ses pilotes officiels de 801 dès le début du championnat.

À Monaco, les pilotes rescapés Collins et Hawthorn sont épaulés par le Français Maurice Trintignant (qui a remporté l’épreuve en 1955 sur une Ferrari 625) et Wolfgang von Trips qui prend son premier départ en championnat du monde. Collins se qualifie à la seconde place derrière Fangio tandis qu’Hawthorn n’est que cinquième devant Trintignant. Dès les premiers hectomètres, Moss, sur Vanwall, prend le meilleur sur Fangio qui se fait aussi déborder par la 801 de Collins au deuxième tour. Le tournant de la course a lieu peu avant la fin du quatrième tour lorsque Moss perd l'usage des ses freins à l'amorce de la chicane du bord de mer. Plutôt que de plonger dans le port comme Ascari deux ans plus tôt, il laisse filer sa voiture dans les protections de piste faites de sacs de sable maintenus par des troncs d'arbustes et des feuillards. Collins et Hawthorn ne parviennent pas à éviter ces débris jalonnant la piste et abandonnent alors que Fangio prouve sa supériorité en passant entre les obstacles pour remporter sa vingt-deuxième victoire. Trintignant réussit à terminer dans les points en franchissant le drapeau à damiers en cinquième position, derrière une antique Connaught pilotée par Stuart Lewis-Evans,. Les Maserati de Fangio et de Masten Gregory, troisième, sont encore à l’honneur, au grand dam du Commendatore.

En France, à Rouen, quatre D50/801 sont engagées pour Collins, Hawthorn, Trintignant et Luigi Musso qui fait son retour en championnat du monde de Formule 1. Il décroche la meilleure qualification des 801 avec une place à l'extérieur de la première ligne, précédé par les Maserati de Fangio et Behra. Luigi Musso prend la tête dès le départ mais Fangio ne tarde pas à reprendre son bien : il le passe au troisième tour et, par dix fois, établit le meilleur tour en course. Musso résiste pourtant à l'Argentin et pousse sa D50/801 dans ses derniers retranchements. Il bat le record du tour au soixante-cinquième passage et son retard sur Fangio tombe de vingt-cinq à seize secondes. Alors que la 801 semble enfin en mesure de signer son premier succès de la saison, Musso part en tête-à queue, perd onze secondes sur Fangio et comprend que la course et perdue. Les 801 doivent en effet se contenter des deux marches latérales du podium, Collins terminant troisième, devant Hawthorn, auteur d'une course transparente,.

À Aintree, pour le Grand Prix d'Europe et de Grande-Bretagne, les quatre D50/801 sont confiées au même quatuor de pilotes qu'en France. Hawthorn, pilote britannique, sur un circuit qu'il connaît bien, réalise la meilleure performance des Ferrari en se qualifiant en cinquième position seulement sur la grille. Pour la première fois de la saison, la meilleure Ferrari est dominée par une Vanwall : Stirling Moss est en pole position tandis que Tony Brooks se classe troisième. Si les BRM et les Cooper ne sont pas encore en mesure d'inquiéter Ferrari, la jeune équipe britannique fondée par Anthony Vandervell devient un sérieux rival pour les marques italiennes. Moss conserve la tête de la course jusqu'au vingt-deuxième tour où il s'arrête pour changer ses bougies. Behra, sur Maserati et Hawthorn sur D50/801 pointent alors en tête mais jamais Hawthorn ne parvient à reprendre les dix secondes qui le séparent du Français. Au quarante-neuvième tour, Fangio, huitième sur les talons des Ferrari de Collins et Musso, abandonne moteur cassé puis, vingt boucles plus tard, Behra, toujours leader casse son embrayage et abandonne à son tour. Hawthorn récupère le commandement de l'épreuve mais ne profite de cet incident que pendant quelques centaines de mètres : il doit rentrer aux stands pour changer de pneu après avoir crevé sur les débris d'embrayage semés par la Maserati du Français. Moss passe en tête mais la Ferrari de Musso le suit à moins d'une minute. Un nouveau coup de théâtre se produit peu après lorsque l'Anglais s'arrête sur le bord de la piste pour aider son coéquipier Stuart Lewis-Evans qui croit être tombé en panne d'essence alors que sa tringle d'accélérateur est cassée : Moss perd près de quarante secondes à diagnostiquer la panne et à repartir, sous la menace directe de Luigi Musso qui cravache pour tenter d'offrir à la Scuderia sa première victoire de l'année. Il échoue à vingt-cinq secondes de Moss qui offre à son écurie sa première victoire en championnat du monde, Vanwall devenant l'écurie à suivre au championnat. Ferrari sauve l'honneur en plaçant à nouveau ses monoplaces aux places d'honneur, Hawthorn complétant le podium devant Trintignant-Collins quatrièmes (seul Trintignant inscrit des points, Collins n'ayant parcouru que trois tours sur la monoplace du Français),.

Au Nurburgring, Les D50/801 sont toujours aux mains des mêmes pilotes mais ne se présentent qu'à trois car la monoplace dévolue à Trintignant n'est pas disponible. Elles retrouvent un peu de vigueur puisque, derrière l'intouchable Fangio en pole position, Hawthorn second et Collins quatrième, prennent place en première ligne. Le début de course est très satisfaisant puisque les deux Ferrari prennent le commandement de l'épreuve. Malheureusement Fangio porte sa première estocade et vire en tête dès le troisième tour. Il creuse rapidement l'écart sur ses rivaux car son directeur sportif lui a fait prendre le départ avec le réservoir d'essence à moitié vide, prévoyant que, devant changer ses pneumatiques performants mais fragiles, il ravitaillerait pendant cette opération prévue pour la mi-course. L'Argentin a ainsi plus de trente secondes d'avance sur ses poursuivants lorsqu'il s'arrête et les deux F50/801 se retrouvent en tête, Collins devant Hawthorn puis dans l'ordre inverse au quinzième tour. Fangio est relégué à près de cinquante secondes suite à un arrêt au stand beaucoup plus long que prévu et les D50/801 entrevoient enfin la possibilité de remporter leur première victoire tant attendue lorsqu'elles tombent dans le piège tendu par Marcello « Giamba » Gambertone et le directeur sportif Bertocchi. Giamba demande à Fangio d'effectuer deux tours à un rythme modéré, en faisant la grimace et des signes à l'attention de son stand à chacun de ses passages : il s'agit de faire croire aux Ferrari que sa monture est blessée et qu'il n'est plus en mesure de se battre pour la victoire. Les pilotes Ferrari reçoivent au quinzième tour une indication de leur stand leur demandant de réduire la voilure, la victoire étant désormais assurée. Fangio sort alors le grand jeu et, au dix-septième tour, établi un nouveau record de la piste en 9 min 28 s 5, pulvérisant de près de treize secondes le temps qu'il avait réalisé l'année précédente sur la Lancia-Ferrari D50. Il poursuit sur sa lancée et signe un nouveau record au tour suivant avec une boucle parcourue en 9 min 23 s 4 à 145,7 km/h de moyenne. Les pilotes Ferrari ne sont pas au bout de leur peine car, dans l'avant-dernière boucle, l'Argentin, avec un tour en 9 min 17 s 4 (à 147,3 km/h), est revenu sur leurs talons. Les monoplaces passent devant les stands en trombe et abordent le virage sud. Fangio se rapproche de Collins à le toucher puis le double avec une roue dans l'herbe, le criblant de graviers et lui brisant ses lunettes de protection, puis Hawthorn est avalé quelques centaines de mètres plus loin. Encore une fois, les D50/801 se font coiffer au poteau. Fangio, quant à lui vient de s'assurer de son cinquième titre mondial.

Les Grands Prix de Spa-Francorchamps et de Zandvoort ayant été annulés, une nouvelle épreuve est organisée en Italie à Pescara. Cette épreuve a lieu sur l'atypique circuit triangulaire de Pescara composé de deux grandes lignes droites et d'une longue partie sinueuse, d'un développement total de 25,58 kilomètres (le plus long circuit de l'histoire du championnat du monde de Formule 1). Enzo Ferrari, opposé au principe de circuit routier de Formule 1 depuis la tragédie des Mille Miglia l'année précédente, décide de ne pas engager la Scuderia, d'autant plus que le titre mondial est d'ores et déjà perdu. Luigi Musso reçoit toutefois une D50/801 qu'il engage à titre privé face à une armada de dix Maserati, deux Cooper et trois Vanwall. Pour la seconde fois de la saison, et bien qu'ayant réalisé un honorable troisième temps en qualification, la D50/801 est précédée par une Vanwall (Stirling Moss), la pole position revenant inévitablement à Fangio. Si Musso pointe en tête au premier passage, il est doublé par Moss dans le second tour puis la déroute est totale puisque Musso renonce à la mi-course sur fuite d'huile alors qu'il était second tandis que Moss conduit à nouveau sa Vanwall à la victoire.

À Monza, à domicile, pour la dernière épreuve de la saison, quatre D50/801 sont engagées pour Hawthorn, Collins, Musso et von Trips. Les Ferrari font triste mine, dominées par les Vanwall qui occupent les trois premières places sur la grille de départ, Stuart Lewis-Evans signant sa première pole position. Collins n'est que septième et ses coéquipiers sont relégués en troisième ligne. Peter Collins abandonne sur bris de soupape au deux-tiers de l'épreuve, Musso termine à cinq tours du vainqueur Stirling Moss, Hawthorn est sixième à quatre tours et von Trips, pour son troisième Grand Prix seulement réalise la meilleure performance de l'écurie en terminant sur le podium, derrière la Maserati de Fangio. Les Vanwall ont nettement dominé leurs rivales italiennes en décrochant la pole avec Evans, la victoire avec Moss et le meilleur tour en course avec Tony Brooks.

L'ultime évolution de la D50 n'est ainsi jamais parvenue à égaler le fantastique palmarès de son aînée : face à la supériorité de Fangio sur Maserati et de Moss sur Vanwall, la D50/801 a du se contenter de sept podiums et ne décrocha aucune victoire en championnat. Preuve de l'obsolescence de sa monoplace, la Scuderia Ferrari, qui avait l'habitude de revendre ses châssis inutilisés à des pilotes ou écuries privées en fin de la saison, ne trouva aucun client pour sa D50/801. Les monoplaces ne seront plus jamais engagées en compétition et resteront l'apanage exclusif des écuries officielles Lancia puis Ferrari.

En prévision du nouveau règlement concernant le carburant prévu pour la saison 1958 (la Commission Sportive Internationale avait dans un premier temps voulu imposer un carburant du commerce à la place des mélanges à base de méthanol voire de nitrométhane puis, suite à une levée de boucliers des motoristes, du trouver un compromis avec l'emploi de carburant type aviation), Ferrari profite de la fin de saison, désormais sans enjeu pour ses pilotes de pointe, pour mettre au point la monoplace qui doit remplacer la D50.

Un châssis de Formule 2, multitubulaire avec longerons de gros diamètre, la Dino 156 F2, est conçu par Vittorio Jano (qui s'inspire encore de son modèle D50) pour tester une nouvelle motorisation inédite initiée par l'ingénieur Alfredo Dino Ferrari, fils d'Enzo, décédé en 1956 : un moteur V6 de 1,5 litres. Le potentiel de ce nouveau V6 est rapidement détecté et les ingénieurs de la Scuderia décident donc de remplacer le vieillissant DS50 V8 qui a montré ses limites de fiabilité en 1956 et de compétitivité tout au long de la saison 1957. Jano et Andrea Fraschetti conçoivent le châssis de la Ferrari D246 engagée pour le Championnat du monde de Formule 1 1958 et portent la cylindrée du V6 (baptisé Dino en hommage à son concepteur décédé d'une insuffisance rénale incurable) à 2417 cm3,.

Si la révolution a lieu dans le domaine du moteur, il n'en est pas de même au niveau du châssis où le conservatisme est de rigueur : la nouvelle Dino, petite et esthétiquement sans défaut car tous les éléments visibles assurent une fonction aérodynamique, ressemble encore énormément à la D50/801. Enzo Ferrari n'ayant de cesse de répéter que « les chevaux tirent la charrette et ne la poussent pas », le moteur conserve sa place en position centrale-avant et non à l'arrière comme sur les monoplaces anglaises Vanwall ou Cooper. Cette philosophie est diamétralement opposée à celle des artisans anglais qui démontreront dès 1958 le bien-fondé de leur théorie : Von Trips, Hawthorn, Collins et Musso ne pourront en effet pas empêcher Vanwall de décrocher le premier titre mondial de champion du monde des constructeurs avec 6 victoires. Si Hawthorn sauve l'honneur de la Scuderia en remportant le titre pilote, il s'agit de la fin d'une époque pour les écuries italiennes qui devront désormais compter avec les audaces techniques des « garagistes » britanniques.

Il est très difficile, voire impossible, de recenser précisément les caractéristiques techniques de tous les modèles de D50. Entre 1954 et 1957, toutes les monoplaces ont été entièrement démontées puis remontées, certaines ont subi toutes les évolutions possibles (Lancia D50, D50A, D50/801), d'autres seulement des modifications partielles touchant le châssis ou le moteur à des périodes variables (par exemple, en 1955, des D50 « d'origine » côtoyaient sur les pistes des modèles D50A). En conséquence, les données techniques réunies dans le tableau ci-dessous sont susceptibles de variations d'un châssis à un autre,,,,.

Les D50 ont pris le départ de 18 Grands Prix en quatre saisons de championnat du monde (1 Grand Prix en 1954, 3 en 1955, 7 en 1956 et 7 en 1957). Le règlement sportif de l'époque n'attribuant des points qu'aux cinq premiers de chaque épreuve (avec possibilité de partage en cas de relais sur la même monoplace) et au détenteur du meilleur tour en course, ne sont recensés dans ce tableau que les pilotes ayant inscrits des points en championnat du monde,,,,.

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Source : Wikipedia