Fadela Amara

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Posté par rachel 15/04/2009 @ 21:15

Tags : fadela amara, ministère du logement et de la ville, gouvernement, politique

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Fadela Amara

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Fadela Amara, née le 25 avril 1964 portant le nom de Fatiha Amara, est une femme politique française. Elle était la présidente de l'association « Ni putes ni soumises » jusqu'au 19 juin 2007, date à laquelle elle devient secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville dans le gouvernement de François Fillon.

Elle naquit le 25 avril 1964 à Clermont-Ferrand au sein d'une famille nombreuse algérienne de Kabylie, dont les parents étaient des sympathisants du FLN. Elle a quatre sœurs et six frères. Son père était un ouvrier en bâtiment la semaine qui travaillait sur les marchés le week-end. Sa mère était femme au foyer.

Se destinant à des études de lettres, elle est finalement orientée vers un CAP de comptabilité. En 1978, à l'âge de 14 ans, Fadela Amara assiste au drame qui va changer sa vie. Son frère Malik est renversé par une voiture. Il décède quelques heures plus tard. Elle dit avoir été bouleversée par l'attitude et les propos « injurieux » des policiers, qui auraient défendu le chauffard sur les lieux même de l'accident.

Elle participe ainsi à la première marche civique à Clermont-Ferrand pour l’inscription des jeunes sur les listes électorales. Dès 16 ans, quand la mairie de Clermont-Ferrand décide de raser entièrement son quartier, elle décide de faire du porte-à-porte pour en obtenir la réhabilitation.

Elle participe en 1983 à la marche des beurs et milite à SOS Racisme à partir de 1986. Elle est élue en 2000 présidente de la Fédération nationale des maisons des potes (FNMP).

En 1989, elle met en place la première maison des potes et crée ensuite la « Commission femmes » dont le principal objectif était de faire un état des lieux sur les femmes des quartiers défavorisés et d'entendre les demandes formulées par la population vivant dans ces quartiers.

En 2002, elle organise des états généraux à la Sorbonne qui ont réuni plus de 250 femmes et elle a rédigé une pétition qui compte près de 20 000 signataires, et dont la synthèse deviendra le « Manifeste de revendication des femmes des quartiers » adressé à tous les candidats républicains à l’élection présidentielle de 2002.

Elles furent peu soutenues au début sur ces questions et ces thématiques de la condition des femmes, des mères, des mamans et des filles des quartiers et en France, de la ghettoïsation, des discriminations et de la place de cette jeunesse des quartiers. Il s'avéra que l'actualité terrible dans un avenir proche leur donnera raison.

Le 4 octobre 2002, Sohane, 17 ans, meurt brulée vive dans un local à poubelle de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. Son ex petit ami n'a pas toléré que Sohane résiste à ses tentatives de reconquêtes, il organise une sorte d'expédition punitive avec complice et témoins. C'est l'Affaire Sohane Benziane. Une marche est alors organisé,« La marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité », autour d'un slogan provocateur : "Ni putes ni soumises". Cette marche, partie de Vitry-sur-Seine en hommage à Sohane, qui s'achèvera à Paris le 8 mars 2003 dans une manifestation de 20 000 personnes, exigeait la fin de la loi du silence et la liberté de parole de toutes les femmes et filles de la République.

Fadela Amara deviendra la présidente de ce mouvement, ayant adopté le nom de "Ni putes ni soumises" (NPNS), qui lutte pour l’émancipation des filles et des garçons, l’égalité des sexes, la laïcité et la mixité dans les quartiers .

Elle est par ailleurs signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

En août 2004, Fadela Amara a été nommée membre de la Commission consultative des Droits de l’Homme.

En 2005, elle est faite docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles et en 2006, elle reçoit un Honorary Degree for French civil rights campaigner de la Manchester Metropolitan University.

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Le 19 juin 2007, elle est nommée secrétaire d'État chargée de la politique de la ville dans le Gouvernement Fillon II sous la tutelle de la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin. Son entrée et sa participation dans un gouvernement de droite provoque une certaine controverse, à droite comme à gauche, étant donné son engagement politique précédent avec le parti socialiste et son appartenance à des organisations populaires ayant des affinités politiques à "gauche".

Le 9 octobre 2007, elle provoque une polémique parmi les parlementaires de l'UMP en se déclarant contre l'utilisation de test ADN pour identifier les enfants d'immigrés dans le cadre d'un regroupement familial en France en employant le terme « dégueulasse » pour ce qu'elle juge être une « instrumentalisation de l'immigration ». Le ton monte avec les députés UMP qui multiplient les réponses vindicatives par voie médiatique ; Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, estime les propos de la secrétaire d'État « injurieux » pour les députés de la majorité. Cette altercation sera néanmoins atténuée grâce à un repas organisé par Patrick Devedjian, afin « d'apprendre à se connaître ».

Fin novembre 2007, son directeur de cabinet, Yannick Prost , le conseiller spécial Pierre-Alain Steinfeld et une conseillère stagiaire "démissionnent". Le Canard enchaîné évoque des désaccords au sujet de la nature du futur plan Espoir Banlieues qu'elle doit présenter le 22 janvier 2008.

En janvier 2008, elle déclare qu'elle ne votera pas pour Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle. Fadela Amara, toutefois précisera qu'elle votera « pour ceux qui sont capables de faire des réformes » et que Nicolas Sarkozy était « en train de les faire ». Clin d'oeil? ou pied de nez? à une opposition qui semble avoir du mal à se définir ou à se retrouver.

En même temps, elle présente son plan Espoir Banlieues «Une nouvelle politique en faveur des banlieues» présentée par le président Sarkozy et présente son plan « Espoir Banlieues - Une dynamique pour la France » le 22 janvier 2008 à Vaulx-en-Velin.

Le 15 janvier 2009, suite au mini-remaniement, son secrétariat d'État est placé sous la tutelle du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, Brice Hortefeux. Ainsi, elle n'est plus sous la tutelle du Ministre du Logement Christine Boutin, avec qui les relations n'étaient pas bonnes.

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Solidarité gouvernementale (France)

La solidarité gouvernementale, dite aussi solidarité ministérielle, est un comportement politique observable dans certains régimes parlementaires. Cette convention contraint les ministres à ne pas agir les uns contre les autres mais ne va pas jusqu'à les obliger à s'aider mutuellement. Elle se caractérise par la démission ou le renvoi du ministre qui n'est plus en accord avec la politique gouvernementale.

La solidarité gouvernementale est assurée par plusieurs éléments distincts. L'élément le plus symbolique est le principe de responsabilité solidaire selon lequel les ministres sont collectivement responsables. Ce principe a pour corollaire que le gouvernement peut être renversé par le Parlement au moyen d'une motion de censure ou du refus d'une question de confiance.

Ainsi, pour éviter un tel renversement collectif, le Premier ministre est tenu de s'informer de ce que font tous ses ministres, en cas de désaccord avec l'un d'entre eux, il l'obligera à changer son projet de loi ou son décret litigieux ou à quitter le gouvernement. Toujours pour éviter que le gouvernement ne tombe collectivement, chaque ministre est incité à s'intéresser à ce que font tous les autres ministres. Le conseil des ministres est le lieu privilégié de cette information. Une fois informé de tout ce qui se fait, il peut décider de rester dans le gouvernement. En cas de désaccord avec un point de la politique gouvernementale, soit il tait ce désaccord et accepte implicitement ce qui est fait, soit il s'en va ; ce que Jean-Pierre Chevènement résumait par : "un ministre ça ferme sa gueule, si ça veut l'ouvrir, ça démissionne".

La solidarité gouvernementale est régulièrement attaquée parce que chaque ministre a plus intérêt à faire sa propre promotion que celle de l'équipe gouvernementale. Dans le gouvernement Fillon, Fadela Amara ou Rama Yade ont ainsi eu des réactions qui ont été de véritables atteintes à la solidarité gouvernementale. Pourtant, elles n'ont pas eu ni à retirer leurs déclarations, ni à partir du gouvernement. C'est la preuve que la solidarité gouvernementale s'applique avec une souplesse certaine.

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Mohammed Abdi

Mohammed Abdi est un militant associatif et socialiste, cofondateur et ancien secrétaire général de l'association Ni putes ni soumises. Il est également membre du think tank du Cercle de l'Oratoire et du comité éditorial du Meilleur des mondes. Il est directeur de la rédaction du mensuel Le Pote à Pote, fondé en 1989. En 2008, il est l'objet d'une condamnation pour escroquerie.

Né dans le nord Est du Maroc, près d'Oujda (à la frontière algéro-marocaine), Mohammed Abdi a souffert de vivre dans une famille polygame. Son père, autoritaire et patriarcal, répudiera sa mère alors que Mohammed devra apprendre à vivre avec 16 demi-frères et sœurs. Il vit, dès lors, entouré des femmes de son père, dans un harem d'un autre temps. « C'était un no man's land familial et sentimental sans aucune règle logique établie. La hiérarchie s'établissait selon les individus et le bon vouloir de celui qui se vivait comme un seigneur dominateur sur sa tribu ! Toutes ces femmes qui travaillaient chez mon père, en me prenant sous leur coupe affective m'ont vraiment sauvé la vie », confie-t-il dans son ouvrage co-écrit avec Fadela Amara (La Racaille de la République). Il quitte sa famille pour suivre des études au collège d'Oujda où en révolte avec ce qui l'entoure, il devient un membre actif de la Chabiba Ittihadia. Après avoir obtenu son bac, il quitte le Maroc pour faire des études à l'université de Clermont-Ferrand.

Membre du Parti socialiste depuis 1984, il est depuis le lancement de la campagne de Ségolène Royal l'un de ses conseillers sur les questions touchant l'Islam et la politique étrangère, notamment sur les affaires touchant les pays musulmans. Il est, en outre, à l'origine d'une note condamnant tout programme nucléaire - militaire comme civil - que la candidate socialiste avait exposé durant les débats de la primaire présidentielle au sein du PS à l'automne 2006. En effet, il est membre du comité éditorial de la revue d'obédience néo-conservatrice Le Meilleur des mondes avec aux côtés d'André Glucksmann et Pierre-André Taguieff, dirigée chez Denoël par Michel Taubmann..

Soutien de Ségolène Royal, il est depuis 2003 l'un des plus proches conseillers de Fadela Amara après sa nomination comme Secrétaire d'État chargée de la politique de la ville dans le gouvernement Fillon II. Le lundi 16 juillet 2007, pour justifier l'adhésion de son amie Fadela Amara au gouvernement de François Fillon, il a pris la défense de Christine Boutin, connue par ses positions anti-féministe et anti-avortement, dans l'émission « Du grain à moudre » sur France Culture, tout en qualifiant l'opposition à Amara au sein de NPNS d'« alliés objectifs des islamo-gauchistes » et en affichant un net revirement à droite.

Le 14 novembre 2007, la presse publie un rapport qui date du 17 octobre 2007, Mohammed Abdi est définitivement condamné à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour escroquerie à la formation professionnelle entre 1994 et 1997. Sa condamnation du 17 mai 2006 confirmée, après un rejet de son ultime recours devant la Cour de Cassation. La peine de prison est assortie d'une mise à l'épreuve de 3 ans avec obligation de rembourser le préjudice.

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Féminisme

Le symbole astrologique de la planète Vénus, aussi appelé le « miroir de Vénus », devenu symbole du genre associé, fut repris comme emblème des mouvements féministes.

Le féminisme est un ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile. La pensée féministe vise en particulier l'amélioration du statut des femmes dans les sociétés où la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe. Le féminisme travaille à construire de nouveaux rapports sociaux et développe des outils propres à la défense des droits des femmes et de leurs acquis. Ce mouvement est soutenu par diverses théories sociologiques et philosophiques.

Né après l'âge industriel, le féminisme se réclame de mouvements plus anciens ou de combats menés dans d'autres contextes historiques. Il est parfois présenté comme une lutte menée afin d'abolir l'oppression dont les femmes sont victimes au quotidien. Le féminisme est soutenu principalement par les femmes, bien qu'il soit également activement défendu par des hommes. Les féministes cherchent à faire progresser les femmes dans leur contexte social, politique et économique, mais également dans la perception qu'elles ont d'elles-mêmes. Ils défendent l'idée que « le personnel est politique » et font avancer la cause des femmes en les aidant à se structurer comme des personnes autonomes, capables de gérer leur propre corps et, de façon plus générale, toutes les dimensions de leur vie.

Historiquement dans les sociétés pré-modernes, la femme a été généralement exclue de nombreuses sphères qui lui sont aujourd'hui accessibles (politique, économique, militaire , etc.) Dans la cité grecque antique, la femme n'avait pas le droit de vote ; bien que libre, elle n'était pas en droit de se mêler aux affaires économiques de la cité car le droit de vote nécessitait de payer l'impôt.

La femme a été souvent cantonnée à un devoir de femme de ménage où le travail comme moyen de subsistance et de protection du foyer incombait à la responsabilité des hommes (plus ou moins vrai dans les faits ; en effet, il y a l'idéal « patriarcal » et la réalité, le travail des femmes comme moyen de subsistance et de protection du foyer était indispensable à la survie de la famille). Les femmes, traditionnellement responsables de la gouvernance du foyer, de son entretien et de la réception d'invités, restaient cependant à charge de leur époux après avoir été à celle de leurs parents selon l'idéologie patriarcale. En effet, l'idée que les femmes sont entretenues par les hommes de leur famille est un renversement typique de l'invisibilisation de la productivité des opprimé(e)s. Les patriarcats consistent essentiellement en la mise au travail gratuit des femmes au bénéfice des hommes (servage dans l'agriculture, l'artisanat, les professions d'indépendants et libérales...) en plus de l'exploitation domestique (travail ménager dont 80% est assuré par les femmes encore aujourd'hui en France) et prise en charge des personnes invalides de la famille (enfants, vieux, handicapés) cf. Colette Guillaumin sur le concept de rapport de sexage et Christine Delphy à propos de l'économie domestique dans les patriarcats. Comme toute oppression, le patriarcat est un système d'exploitation d'une classe par une autre : individuellement (travail domestique) et collectivement (ségrégation horizontale et verticale du marché du travail, sous emploi féminin...) le dominant est dépendant du travail approprié de l'opprimée.

Dans plusieurs sociétés, la femme dans les mentalités de l'époque ne produisait qu'une descendance (voire une dot). Ce faisant historiquement, les femmes étaient privées bien souvent entre autres du droit de vote, du droit de gestion de leurs revenus et de leurs comptes, du droit de divorce et de l'accès à certains espaces exclusivement réservés aux hommes.

Si un large consensus à ces époques – autant des femmes que des hommes sur ce mode d'organisation sexiste de la société – était établi, son inadéquation avec les mœurs et l'évolution de la société devenait de plus en plus apparente. Certains corpus législatifs des religions abrahamiques le montrent bien par leur évolution : Interdiction proclamée par Jésus de Nazareth de les répudier puis droit de divorce, puis protestantisme et prêtrise accordée aux femmes, etc.

Ainsi, l'apport du féminisme du XXe siècle se manifeste par la réalisation inconditionnelle et universelle des droits des femmes qui, au vu de l'évolution de la société, est devenue l'une de leurs principales attentes.

À cela il est bon de comprendre que l'organisation de la société pré-féministe, largement sexiste, reposait sur un consensus largement établi mais qui, tout au long de l'histoire, s'est vu remettre en question pour aboutir à une abolition progressive au XXe siècle, avec par exemple la Déclaration universelle des droits de l'homme qui ne sera appliquée aux femmes – et imparfaitement encore – que grâce au combat féministe. L'argument biologique, largement exploité, et les différences de sexe sont utilisés pour réduire la femme à la maternité.

Les religions abrahamiques sont perçues par les féministes comme défavorables aux femmes et sont accusées de leur réserver dans la société une place secondaire et un sort peu enviable. En s'attaquant à ces systèmes religieux, les féministes ont pu en pratique contester plus aisément les positions conservatrices de la société en général. Ironiquement, les femmes ont souvent été des personnages clefs dans l'histoire des religions, alors qu'à l'inverse les religions ont parfois participé à l'émancipation de la femme dans la société.

Par contre les femmes laïques ont joué un grand rôle au Tibet par le fait que Padmasambhava - le fondateur du bouddhisme tantrique au Tibet - et son équipe ont fondé la communauté rouge, donc monastique composées de moines et de nonnes, et la communauté blanches formée de laïcs tant hommes et femmes. Les femmes et les hommes de cette communautés blanche pouvaient se marier, et devenir lamas. Parmi les nombreuses femmes dont s'honorent le bouddhisme tibétain, citons Yeshe Tsogyal, Jomo Manmo, Nigouma, Matchik Labrön et Ashi Khandro. Il y a eu aussi des lignées familiales de maîtres à disciple , voire de mère à fille. Les maîtres femmes ont surtout existé au sein de l'école nyingma, et moins dans les écoles sakya et géloug.

Le terme « féminisme », longtemps attribué à tort à Fourier, ne date en réalité que de 1874. Mais c'est au cours de la révolution française que naît le mouvement de revendication sociale et politique qu'il désigne, de nombreuses femmes prenant alors part aux actions et aux débats révolutionnaires, et des hommes et des femmes réclamant l’égalité entre les sexes du statut politique et social.

Malgré les contributions féminines à la rédaction des cahiers de doléances et le rôle que jouent les femmes du peuple parisien - notamment lors des manifestations d’octobre 1789 pour demander du pain et des armes -, les femmes ne se voient pas attribuer de droit particulier dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; et si le nouveau régime leur reconnaît une personnalité civile, elles n'auront pas le droit de vote à cette époque.

Elles n'en continuent pas moins à investir l'espace public, organisées en clubs mixtes ou féminins et en sociétés d’entraide et de bienfaisance, et participent avec passion -à l'instar des hommes- à toutes les luttes politiques de l'époque. Parmi les personnalités féminines notoires des débuts de la Révolution, il faut retenir Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et Théroigne de Méricourt qui appela le peuple à prendre les armes et participant à la prise de la Bastille, ce dont elle sera récompensée par le don d'une épée par l'Assemblée nationale. C’est par des femmes comme Claire Lacombe, Louison Chabry ou Renée Audou que fut organisée la marche sur Versailles qui finit par ramener Louis XVI dans la capitale.

Toutes deux proches des Girondins, elles connurent une fin tragique : Théroigne de Méricourt devenant folle après avoir été fouettée nue par des partisanes de leurs adversaires et Olympe de Gouges, guillotinée. On peut remarquer que si les femmes ont été privées du droit de vote, cela ne les a pas préservé des châtiments réservés aux hommes et nombreuses connurent la prison ou l'échafaud suite à leurs actions publiques ou politiques.

À partir de 1792, l'entrée en guerre de la France conduit certaines à se battre aux frontières tandis qu'en 1793 se développe à Paris un militantisme féminin, porté par des femmes du peuple parisien proches des sans-culottes. Les deux cents femmes du Club des citoyennes républicaines révolutionnaires créé le 10 mai 1793 par Claire Lacombe et Pauline Léon, les « tricoteuses », occupent les tribunes publiques de la Constituante et apostrophent les députés, entendant représenter le peuple souverain. Leurs appels véhéments à la Terreur et à l'égalité, leur participation à la chute des Girondins et les autres manifestations spectaculaires des « enragées » allaient leur valoir une image de furies sanguinaires qui nourrirait longtemps les répulsions du pouvoir masculin. Claire Lacombe propose d’armer les femmes.

Cependant, plus que les excès d'une violence largement partagée à l'époque, ce sont d'abord les réticences des hommes au pouvoir qui excluent ces femmes de la sphère politique. La plupart des députés partagent les conceptions exposées dans l’Émile de Rousseau d'un idéal féminin restreint au rôle de mères et d'épouses, rares étant ceux qui, comme Condorcet, revendiquent le droit de vote des femmes en vertu des droits naturels inhérents au genre humain qui à la même époque inspirent la lutte contre le despotisme et l’esclavage.

En novembre 1793, toute association politique féminine est interdite, mais les femmes vont cependant continuer à jouer un rôle jusqu'à l’insurrection du printemps 95, dont le mot d’ordre est « du pain et la Constitution de 93 », avant que la répression généralisée qui marque la fin de la Révolution ne mette un terme provisoire à cette première prise de parole politique, pour les femmes comme pour les hommes.

En 1792, une femme de lettre britannique, Mary Wollstonecraft fait paraître « Vindication of the Rights of Woman », un ouvrage traduit en français la même année sous le titre de « Défense du droit des femmes ». L'auteur, qui participe aux débats passionnés suscités outre-Manche par la Révolution en France, n'hésite pas à y rapprocher le mariage de la prostitution. Elle oppose et rapproche l'exploitation dont sont victimes les femmes les plus pauvres, contraintes au travail salarié ou à la rémunération de leurs services sexuels, au sort des jeunes femmes de la petite et moyenne bourgeoisie privées de toutes perspectives professionnelles par les préjugés et le défaut d'éducation, et réduites à faire un beau parti.

Mary Wollstonecraft sera vite oubliée en France, avant d'être redécouverte par Flora Tristan en 1840.

Sur le plan politique, la constitution de la Monarchie de Juillet privant de ses droits la majorité de la population, leur combat rejoint celui des premiers défenseurs des ouvriers et des prolétaires, mais elles se mobilisent aussi contre le statut civil de la femme, soumise en matière juridique et financière à son mari — « La femme doit obéissance à son mari » affirme le Code civil — et pour le rétablissement du divorce interdit par la Restauration (1816). La Révolution de 1848 est un moment fort qui permet au féminisme de s'exprimer publiquement à travers des associations actives; après l'échec de la révolution sociale, leur participation à ces événements et leurs prises de position vaudront à certaines militantes féministes de partager le sort des proscrits.

Le Second empire permet des avancées dans le domaine de l'éducation des femmes. comme l'obtention du baccalauréat par Julie-Victoire Daubié, l'inscription en faculté de médecine de Madeleine Brès, la création d'écoles professionnelles par Elisa Lemonnier, la prise en charge des enfants en salle d'asile par du personnel formé...

Une cinquantaine d'années plus tard, d'autres mouvements dits des Suffragettes (1865) apparaissent, tout d'abord en Grande-Bretagne puis aux États-Unis. Ces féministes revendiquèrent l'égalité des droits civiques. En 1869, l'État du Wyoming autorise le suffrage féminin, suivi en 1911 de la Californie. En 1920, le 19e amendement est ratifié au niveau fédéral : toutes les Américaines blanches obtiennent le droit de vote (deux ans après les Anglaises).

La première manifestation internationale des femmes a lieu le 8 mars 1911, suite à une proposition de Clara Zetkin. La revendication principale est le droit de vote. Le premier livre historique féministe est écrit par Mathilde Laigle : Le livre des trois vertus de Christine de Pisan et son milieu historique et littéraire, 1912.

À partir des années 1960, aux États-Unis, l'égalité des droits progresse. En 1963, la loi sur l'égalité des salaires (Equal Pay Act) est votée. Le 2 juillet 1964, la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) abolit théoriquement toute forme de discrimination aux États-Unis. Mais c'est à partir des années 1970, avec la contestation sociale née dans l'université de Berkeley en Californie, que les revendications féministes se structurent en véritables mouvements, tels que le Women's Libet le MLF en France, puis prennent de l'expansion.

Désormais les femmes votent dans le monde occidental dont la plupart des parlements ont voté des lois sur le divorce. La légalisation de la contraception et de l'avortement n'est pas effective pour l'ensemble de l'Occident, les situations sont très variables d'un pays, voire d'une région à une autre. L'Eglise catholique, notamment le courant des catholiques intégristes, et le courant fondamentaliste des protestants évangélistes remettent constamment en cause ces droits, lorsqu'ils ne les rendent pas impossible (Italie, Irlande, Pologne..).

Au regard des études qui ont été faites et publiées lors de la Conférence de Pékin, promue par l'ONU en 1995 dans le but de faire le bilan de la condition féminine dans le monde, on a déclaré que ce n'était pas le cas dans de nombreux pays; en occident, la question reste controversée.

On se souviendra en France de la grève des mères, durant laquelle les hommes en soutien des féministes ont gardé les enfants quand les femmes sont parties manifester. Depuis 2003, le mouvement français Ni putes ni soumises a repris le flambeau du MLF. Médiatisées, ces filles, surtout originaires de banlieues, ont fait plus largement connaître des problèmes comme les mariages forcés, les viols, l'excision. L'association de Fadela Amara s'est considérablement développée, comptant une soixantaine de comités et plus de 10 000 bénévoles, mais a subi de nombreux départs suite à l'entrée de Fadela Amara dans le gouvernement Sarkozy.

Contrairement aux commentaires extérieurs aux associations féministes, le féminisme est un mouvement cohérent et qui poursuit les mêmes buts.

Le féminisme analyse la condition féminine dans l'Histoire et dans le monde contemporain en suivant la réflexion initiée par Simone de Beauvoir, l'une des premières féministes qui revendiqua en France l'égalité des droits entre hommes et femmes. Dans Le Deuxième Sexe, elle affirme : « On ne naît pas femme, on le devient » ; c'est la construction des individualités qui impose des rôles différents, selon le genre, aux personnes des deux sexes.

Le féminisme affirme exister depuis toujours afin de lutter contre l'usurpation masculine de l'universalité. Selon cette définition, l'identité humaine n'est pas composée de deux identités, féminine et masculine, mais bien d'un humain unique qui se différencie en homme ou en femme.

Le féminisme international contemporain reste influencé par les réflexions psychanalytiques de Luce Irigaray et Julia Kristeva.

Les analyses plus pragmatiques du féminisme américain, réputé soi-disant plus radical, naissent de la distinction entre le sexe et le genre, rien de nouveau en fait, puisque le féminisme s'oppose aux théories « essentialistes » depuis toujours (cf. la citation célèbre de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » ; la distinction entre « genre biologique » et « genre culturel » n'est pas spécifique aux féministes nord-américaines). Elles posent que l'être humain est universel donc que l'identité sociale du genre féminin ou masculin est la résultante historique de l'oppression d'un sexe sur l'autre.

Selon un autre courant de la pensée féministe, l'approche du problème est essentiellement de nature socio-économique et tient à la répartition des rôles entre les sexes. Selon cette théorie, le désavantage des femmes dans les sociétés tiendrait à ce que sont les hommes qui, historiquement, devaient pourvoir à la nourriture, postulat bien faible car si les hommes chassaient ce sont les femmes qui assuraient cueillettes et cultures en plus des soins du foyers et de l'éducation des enfants. Les femmes, occupées à la reproduction, au maternage et aux travaux domestiques qui entourent ces fonctions, ne se seraient jamais vues reconnaître l'importance, jugée marginale par les hommes, lointain héritage des sociétés de chasseurs de la préhistoire, de ces fonctions et de ce « travail invisible ». Lorsqu'elles entrent massivement sur le marché du travail, au XXe siècle, sans avoir plus le pouvoir d'en négocier équitablement les règles qu'en avaient eu les ouvriers avant elles, elles se trouvent contraintes à subir ce que leur impose un patriarcat , d'où la nécessité de repenser radicalement les fondements de la vie sociale commune aux hommes et aux femmes. La place défavorable des femmes au travers des différents pays et des siècles ne provient que de la volonté des hommes de conserver pour leur comptes les richesses. Le sexisme est le « isme » qui a fait et fait le plus de morts, (mot au masculin pour souligner l'humanité des mortes). Il manque cent millions de femmes en Asie, mortes avant leur naissance ou dans les premiers jours de leur vie. C'est le trait de société le plus universel loin devant l'interdit de l'inceste. Il est beaucoup plus meurtrier que le racisme car complètement intégré dans l'inconscient lorsque ce n'est pas dans les lois.

Voir aussi la Catégorie:Féministe.

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Ni putes ni soumises

Ni Putes Ni Soumises est un mouvement féministe français, fondé officiellement en 2003, qui a acquis en quelques mois une audience importante auprès de l'opinion publique, des médias et des mouvements politiques.

Du 1er février au 8 mars 2003 : Fadela Amara et son équipe organisent la Marche des femmes des quartiers pour l'égalité et contre les ghettos. Le 14 avril 2003, après les succès retentissant de l'appel Ni Putes Ni Soumises et de la Marche des femmes des quartiers pour l'égalité et contre les ghettos, le Mouvement Ni Putes Ni Soumises (NPNS) se constitue en association loi 1901, afin d'entreprendre des actions concrètes. C'est un mouvement mixte, populaire et féministe. La présidente du mouvement est Fadela Amara, le secrétaire général Mohammed Abdi.

En 2005 début de la coopération avec une association qui elle aussi mène une action au Maroc : le comité de soutien scolaire au jeunes filles en milieu rural.

En 2006 La Maison de la Mixité est inaugurée en présence du Président de la République Jacques Chirac, du maire de Paris Bertrand Delanoé et de François Hollande. Ce pôle d'activité et d'accueil se situe dans le 20e arrondissement de Paris et fait 500m² environ.

Depuis le début de l’année 2007, Ni putes ni soumises est doté du statut consultatif auprès de l’ONU.

Le 19 juin 2007, Fadela Amara est nommée secrétaire d'État chargée de la politique de la ville dans le gouvernement conservateur de François Fillon, et démissionne de son poste de présidente de NPNS. Mohammed Abdi la suit au gouvernement en tant que conseiller spécial. Pour assumer ses responsabilités Mohammed Abdi décide de rester secrétaire général du mouvement ju'squ'a la publication du rapport de la Cour des Comptes. En novembre 2007, alors que La Cour des comptes salue la gestion de l'association Ni Putes Ni soumises Mohammed Abdi démissionne de son poste.

En juin 2007, le Conseil National élit Sihem Habchi au poste de Présidente du Mouvement (elle était auparavant vice-Présidente), et Bouchera Azzouz est nommée Secrétaire Générale en novembre 2007. Le Congrès de novembre 2008 confirme Sihem Habchi et Bouchera Azzouz à leurs postes respectifs.

Le financement de l'association provient essentiellement de subventions publiques. Le budget prévisionnel en 2005 était de 500 000 €. En 2004, la Mairie de Paris a accordé à l'association une subvention de 30 000 €. La Cour des Comptes accorde un satisfecit à l'association Ni Putes Ni Soumises (NPNS) pour ses comptes et sa gestion sur la période 2003-2006. Ce rapport met en avant la bonne gestion de l'association lorsque Mohammed Abdi en était le secrétaire général et Fadela Amara la présidente.

Ces deux cas extrêmes et spectaculaires ont servi de symboles aux membres de Ni putes ni soumises lors de leur Marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l'égalité (marche en fait mixte) à travers la France à partir du 1er février 2003, qui les a portées dans 23 villes pour aboutir à une manifestation forte à Paris le 8 mars 2003 avec 30000 personnes (selon NPNS).

Créé officiellement après cette marche, le mouvement était auparavant mené par la Fédération nationale des Maisons des Potes, association proche de SOS Racisme, où dès 2001 s'était mis en place un travail sur les violences faites aux jeunes femmes.

Des représentantes de Ni putes ni soumises ont été reçues par le Premier ministre français conservateur Jean-Pierre Raffarin après leur Marche. Leur message a été également incorporé aux célébrations officielles du 14 juillet 2003 à Paris, quand quatorze affiches géantes, chacune d'une femme habillée comme Marianne, le symbole de la République française, ont été accrochées sur les colonnes du palais-Bourbon, le siège de l'Assemblée nationale française.

Le mouvement Ni Putes Ni Soumises compte aujourd'hui des comités dans plusieurs pays européens (Belgique, Espagne, France, Suède et Suisse). Depuis 2007, Ni Putes Ni Soumises est membre consultatif du conseil économique et social de l'ONU. Le Guide du Respect, diffusé en France à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, et qui aborde les questions de traditions qui enferment, de sexualité et de violences, a été adapté pour la Belgique francophone où il sera prochainement diffusé.

La médiatisation intense dont a bénéficié l'association n'a pas été sans provoquer quelques remous et de nombreuses critiques.

En effet, il a été entre autres choses reproché à NPNS de contribuer, à son tour, à renforcer la discrimination dont sont victimes les habitants des quartiers dits "sensibles". En choisissant de s'attaquer au sexisme dans un cadre social, religieux, culturel et même ethnique finalement très défini, en se focalisant sur un machisme de banlieue présenté comme particulier, le mouvement aurait ainsi participé à la ségrégation ambiante. Leur slogan accrocheur, voire provocateur, a donné lieu à controverse, notamment de la part de jeunes hommes vivant dans ces zones urbaines, qui ont craint une assimilation supplémentaire entre "obscurantisme" et, pris pêle-même, islam et immigration. Cette inquiétude n'a pas été atténuée par le fait que le mouvement fondait sa légitimité sur l'expérience de jeunes femmes de banlieue ayant tenu à dénoncer ce qu'elles y vivaient.

Le 19 juin 2007, Fadela Amara est nommée secrétaire d'État chargée de la politique de la ville dans le Gouvernement Fillon II, gouvernement de droite, auprès de la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin. Cette nomination va une fois de plus susciter le trouble autour de l'association et sa présidente : cette fois-ci, ce sont les militants féministes qui vont invoquer la difficulté à faire passer un message favorable à l'égalité entre les sexes et la mixité quand la porte-drapeau la plus connue de ces idéaux appartient à un gouvernement qui n'hésite pas à stigmatiser l'immigration. Lors de l'Université d'automne du mouvement, 25 comités locaux annoncent leur départ du mouvement ou leur dissolution.. On apprendra plus tard que le nombre de 25 comités a été exagéré et que le mouvement de contestation ne représente que 22 personnes, dont la grande majorité s'était par ailleurs éloigné de l'association depuis longtemps. .

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Empreinte génétique

Schéma d'un fragment d'ADN

L'empreinte génétique repose sur le fait suivant : bien que deux humains ont une large majorité de leur ADN identique, un certain ensemble de séquences dans l'ADN restent spécifiques à chaque individu. Ce sont ces séquences que l'analyse d'empreinte génétique se propose d'étudier. En effet si un échantillon de cellules présente la même empreinte génétique qu'un individu, on peut affirmer que ces cellules proviennent de cet individu, ou de son éventuel jumeau monozygote.

Dans son acception initiale, l'expression empreinte génétique, de l'anglais Genetic fingerprint, est formée par analogie avec les empreintes digitales, utilisées dans le cadre de l'identification des criminels, et qui sont propres à chaque individu. Dans une acception plus large et prêtant à confusion, une empreinte génétique désigne pour certains le résultat de toute analyse ADN, qui prend la forme de bandes d'électrophorèse sur gel d'agarose.

Les empreintes génétiques sont utilisées en médecine légale pour identifier ou innocenter des suspects grâce à leur sang, leur salive, leurs poils ou leur sperme. Elles permettent également d'identifier des restes humains, de faire des test de paternité, d'organiser le don d'organe, d'étudier des populations d'animaux sauvages ou même de générer des hypothèses sur la diaspora humaine lors de la préhistoire.

Bien sur, en raison du caractère sensible de cette information, les tests sont soumis à des contraintes légales, par exemple, en France, le Comité consultatif national d'éthique a indiqué: « En matière civile et familiale, l'indisponibilité de l'identité civile et de la filiation, dont l'établissement ne requiert pas de preuve biologique en dehors d'un procès, la sécurité du lien parental dans l'intérêt primordial de l'enfant, l'équilibre et la paix des familles, justifient que la preuve biologique ne puisse être rapportée que sous le contrôle du juge, dans le cadre d'une action en justice relative à la filiation et juridiquement recevable ».

L'ADN est constitué de séquences de 4 nucléotides A,C,T,G.

Il faut rappeler que les gènes permettent la fabrication des protéines. Mais il existe sur l'ADN des portions qui ne codent aucune protéine. Ce sont certaines d'entre elles appelées microsatellites et minisatellites, qui sont spécifiques à chaque individu et constituent sa signature génétique.

Ces régions de l’ADN sont très polymorphes : en effet, le nombre de répétitions est variable pour chaque individu. Parce que les gens n’ont pas le même nombre de répétions, ces régions de l’ADN permettent d'identifier les individus.

La région des chromosomes où se situent ces séquences ( leurs locus) doivent être repérées, puis amplifiés par PCR: il s'agit de fabriquer de nombreuses copies de cet ADN pour que celui-ci soit « visible » à la fin de l'analyse. Les fragments d'ADN obtenus sont séparés et identifiés par électrophorèse. Ceci permet de connaître leur longueur et donc d'en déduire le nombre de répétitions.

Les 2 méthodes de séparations les plus communes sont l’électrophorèse capillaire et électrophorèse sur gel.

La grande force des systèmes basés sur les microsatellites est la fiabilité statistique de l’identification.

Le polymorphisme de chaque microsatellite est par lui-même très variable. Une version d'un même locus (ou allèle) peut avoir une fréquence comprise entre 5 et 20 % des individus. Un seul locus ne permet donc pas de désigner un individu précis . Il faut utiliser plusieurs loci.

En France et aux États-unis, on utilise couramment 13 loci (régions de séquence répétée) pour une identification. Et comme chaque locus est composé d’une certaine séquence de répétition (microsatellite) et que le nombre de répétition est parfaitement indépendant des répétitions sur les autres loci, les règles de statistiques peuvent être appliqués.

Par exemple, pour trois loci A, B et C, indépendants, et pour lesquels il existe plusieurs versions ( A1,A2,A3, et B1, B2,...) , on peut dire que Probabilité (A1,B2, C1)=Probabilité (A1) x Probabilité (B2,) x Probabilité (c1). Ainsi pour 13 loci, la probabilité d’avoir deux séquences identiques pour 2 individus différents non apparentés est estimée à 1 chance sur 1018 , ce qui est quasiment négligeable (trés proche de zéro). Par conséquent, plus le nombre de microsatellites analysés est important, plus l’identification est fiable. Toutefois, dans le cas général, si on ne sait pas si les 2 individus sont apparentés, la probabilité monte à 1 chance sur 3x1012 (parce que 0,2% de la population mondiale est constituée de jumeaux monozygotes).

Enfin, dans le cadre d'une enquête judiciaire, si l'ADN d'un suspect correspond à l'ADN prélevé sur les lieux ou l'arme du crime, la probabilité théorique que ce ne soit pas son ADN est de 1 chance sur 1000 (1 chance sur 500 que le suspect ait un jumeau puis 1 chance sur 2 que ce soit l'ADN du jumeau (mais avec le fichage de toute la population dès la naissance dans l'état civil, l'existence d'un jumeau est normalement connue des services de police) . Néanmoins, la présence de l'ADN sur une preuve liée au crime ne peut démontrer que le fait que le suspect ait été en contact avec la preuve en question, et non pas la date de ce contact: un foulard utilisé pour étrangler quelqu'un par exemple, peut contenir les empreintes de quelqu'un qui l'aurait touché il y a plusieurs semaines .

Selon les pays différents, différents systèmes d’identification ADN base sur la répétition des microsatellites sont utilisés. En Amérique du Nord (USA, Canada), la norme CODIS est la plus utilisée, alors qu’en Angleterre, c’est le SGM+.En France, les empreintes génétiques sont rassemblées dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), destiné à l'origine à recueillir les empreintes des personnes condamnées pour infractions à caractère sexuel, mais dont l'usage s'est rapidement étendu à toutes sortes de délit, contenant en 2008 plus de 700 000 profils (soit près de 1% de la population française) .

Mais de toute manière, plusieurs zones de microsatellites sont communes aux différentes normes utilisées, ce qui permet la compatibilité entre elles.

Il faut d'abord pratiquer l'extraction de l'ADN de l'échantillon de cellules. Il faut ensuite cibler et analyser les séquences répétées. La méthode par PCR est la plus utilisée.

Avec l’invention de la réaction en chaîne par polymérase (appelée PCR en anglais), les tests ADN ont fait un bond en avant dans la précision et les possibilités d’analyse à partir d’un tout petit échantillon de départ.

La réaction en chaîne par polymérase permet de multiplier des séquences spécifiques d’ADN en jouant sur les propriétés d’hybridation et de deshybridation des brins complémentaires d’ADN en fonction de la température. Ces éléments permettent de contrôler l’activité enzymatique grâce à des transitions de température (assurées par un thermocycleur) répétées de manière cyclique (cf. réaction en chaîne).

L’un des principaux reproches fait à la méthode RFLP était la grande quantité et la qualité de l’échantillon d’ADN nécessaire. Le développement de méthodes d’amplification permet l’analyse d’échantillons plus petits ou dégradés.

Des méthodes comme le HLA-DQ alpha reverse sont devenues très populaire par leur facilité et la rapidité d’obtention des résultats, bien qu’elles soient moins précises que le RFLP. Par exemple, elles étaient inappropriées pour identifier différents ADN mélangés dans l’échantillon de départ comme pour ceux des fluides vaginaux des victimes de viols.

La RFLP était une méthode longue et laborieuse (1 semaine) qui nécessite une grande quantité d'ADN de bonne qualité pour être utilisée. Elle a été supplantée par la méthode PCR.

L’analyse RFLP (restriction fragment length polymorphism : analyse du polymorphisme de longueur des fragments de restriction) est une des toutes premières techniques d’analyse ADN. Elle a été depuis complètement remplacée par des techniques plus récentes comme le Séquençage de l'ADN.

L’analyse RFLP utilise une enzyme de restriction pour découper l'ADN en fragments qui sont ensuite séparés en bandes par électrophorèse en gel d'agarose.

Ensuite, les bandes d'ADN sont transférées du gel d’électrophorèse sur une membrane nylon par une technique appelée Southern blot.

La membrane nylon recouverte des bandes de fragment d’ADN subit une irradiation qui fixe des séquences ADN spécifiques sur la membrane. l’ADN non fixé par les radiations est éliminé en lavant la membrane.

La membrane nylon avec les séquences d’ADN irradiés est alors placée sur un film sensible aux rayons X. Ce film est alors développé pour obtenir une image des bandes. L’image obtenue est appelé carte génétique ou "carte de restriction" d'une molécule d'ADN.

En faisant plusieurs analyses sur différents morphismes, on arrive à un niveau de discrimination exploitable.

L'inconvénient principal de la méthode RFLP est que les tailles exactes des bandes sont inconnues et la comparaison à une échelle de poids moléculaire est purement qualitative.

Beaucoup de laboratoires ont développé des modèles décrivant ce qu'ils considéraient comme carte de restriction de référence, mais ils n'ont pas été standardisés et la prise des empreintes par RFLP a subi des attaques judiciaires (USA :Partie Civile vs. Castro 545 N.Y.S. 2e. 985 (Sup. Ct. 1989)).

Une autre technique, AmFLP ou amplified fragment-length polymorphism a été utilisée au début des années 1990. Cette technique est plus rapide que l’analyse RFLP et utilise la technique de la réaction en chaîne par polymérase pour répliquer les échantillons d’ADN.

On distingue les différentes allèles par le polymorphisme des Répétition en Tandem Polymorphe (variable number tandem repeat -VNTR- en anglais) séparées par électrophorèse sur gel polyacrylamide utilisant une échelle de mesure d’allèles (par opposition aux échelles de poids moléculaires).

Les bandes de migrations peuvent être visualisées en colorant le gel à l’argent. L’un des fragments ADN les plus utilisés pour l’analyse AmpFLP est le locus D1S80. Comme toutes méthodes basées sur la réaction en chaîne par polymérase, les ADN sévèrement dégradés ou en très petites quantités, peuvent produire des allèles marginaux répliqués en quantité insuffisante qui peuvent causer des erreurs. Par exemple, on pourrait conclure à tort à un ADN homozygote alors qu’il serait hétérozygote. De plus, comme l’analyse est réalisée sur gel, les Répétitions en Tandem Polymorphe de grands numéros peuvent s’accumuler en haut du gel rendant l’interprétation difficile.

À cause de son coût relativement modeste et de sa facilité de mise en place et d’exploitation, l’analyse AmFLP reste répandue dans les laboratoires ayant peu de moyens ou peu d’exigences.

L'analyse de l'ADN mitochondrial (ADNmt) ne permet pas d'identifier à 100% un individu, mais permet d'exclure une hypothèse, car cet ADN ne présente pas assez de variabilité dans les populations. En clair, comme plusieurs personnes peuvent présenter un même ADNmt, on ne pourra pas déterminer à laquelle de ces personnes appartient un échantillon d'ADNmt. On a environ 1 chance sur 2000 que deux personnes non apparentées présentent le même ADNmt.

Les médecins légistes étudient les sites HV1 et HV2 de l’ADNmt. Ce sont des séquences hypervariables (HV) dont les différentes versions sont nombreuses et avec des fréquences relativement faibles (quelques % de la population générale). Par conséquent ces marqueurs ne peuvent pas déterminer si un échantillon provient d'une unique personne. On pourra toujours proposer une probabilité que l'échantillon provienne d'un individu précis, mais cela ne constitue pas une preuve certaine. En revanche, si on obtient 2 ADNmt différents on peut être sûr qu'il ne s'agit pas de la même personne.

Pour des échantillons fortement dégradés ou sur un cheveu sans bulbe, il est parfois impossible d'obtenir un profil complet de tous les microsatellites. Dans ce cas, on peut utiliser ADN mitochondrial car il y en a de nombreuses copies dans une cellule, tandis qu'il y a rarement plus de 1 ou 2 copies de l'ADN nucléaire.

Les médecins légistes amplifient les sites HV1 et HV2 de l’ADNmt; ils séquencent ensuite chaque région et comparent chaque nucléotide. On considère généralement que l’ADN mt testé n’est pas similaire à celui de référence lorsqu' une différence de plus de deux nucléotides est constatée.

Comme l’ADN mt est transmis uniquement par la mère, cette référence est l’ADN mt d'une des personnes de la lignée maternelle.

L’analyste doit faire preuve d’un peu de discernement car l’hétéroroplasmie et des différences poly-C peut brouiller des comparaisons de séquences.

ADN mt est utile dans la détermination d'identités peu claires, comme ceux de disparus si un parent maternellement lié peut être retrouvé.

L’analyse de l’ADN mt a été utilisé pour prouver l’imposture d’ Anna Anderson qui se prétendait être la princesse russe Anastasia Romanova.

Il existe sur le Chromosome Y des régions hypervariables, nommées STRY.

Le chromosome Y n'est présent que chez les individus de sexe masculin. Il ne poura être effectué sur une femme.

Le chromosome Y est transmis par le père, et l’analyse de ce chromosome permet de faire les tests de paternité, lorsque le père n'est plus vivant. Par exemple, on a pu éclaircir la controverse sur Sally Hemings en déterminant que Thomas Jefferson aurait bien eu un fils avec cette esclave.

À l'origine, cette méthode d'identification fut développée à des fins médicales pour détecter les maladies d'origine génétique. Elle fut élargie à l'identification d'individus en 1985. Les empreintes génétiques furent pour la première fois utilisées dans le cadre d'une enquête criminelle au Royaume-Uni en 1987.

Les empreintes génétiques constituent une preuve dont les implications en matière d'enquêtes criminelles et d'expertises légistes sont nombreuses. Elles peuvent ainsi confirmer la culpabilité d'un individu suspecté d'avoir commis un crime, si son empreinte génétique correspond à celle obtenue à partir de traces laissées sur les lieux du crime (cheveux, sang, salive, sperme en cas de viol). À l'inverse, elles permettent également d'innocenter un suspect.

Généralement, les tribunaux reconnaissent la fiabilité des empreintes génétiques et acceptent les résultats de ces tests comme preuves lors des procès. Toutefois, des critiques se sont élevées quant à leur utilisation pour les enquêtes et les expertises légistes.

A l'origine restreinte principalement aux crimes tels que les homicides ou les viols, les tests ADN se sont multipliés. En France, ils alimentent le FNAEG, qui recensait en 2008 plus de 700 000 personnes, soit 1% de la population. Aux Etats-Unis, certaines polices (telle celle du Comté de Montgomery (Maryland)) veulent l'étendre à toutes les affaires de vol ou cambriolage .

Au début des tests ADN comme preuves légales, les avocats argumentaient que compte tenu que la probabilité d’avoir la même carte génétique, était de 1 sur 5 millions, sur une population de 60 millions, il y avait statistiquement 12 personnes ayant les mêmes résultats aux tests ADN. Ils considéraient donc que la probabilité n’était pas de 1 pour 5 millions mais 1 sur 12. Cet argument ne peut être retenu à moins que le suspect ait été tiré au hasard dans la population. Or généralement, le suspect a été appréhendé pour d’autres raisons que l’empreinte génétique.

Quand les analyses RFLP furent mises au point, le risque théorique tomba à 1 sur 100 milliards. Néanmoins, le taux d’erreur de manipulation est sûrement supérieur au risque théorique car souvent les procédures actuelles ne reflètent pas la manière dont est calculée la probabilité de coïncidence.

À cause de cela, des plafonds de probabilité arbitraires, supérieurs à ceux calculés, ont été mis sur les analyses RFLP. Aujourd’hui, les analyses RFLP sont largement inutilisées à cause de ces difficultés d’interprétations.

Les analyses STR ne souffrent pas de la subjectivité des laborantins, et permettent une bien meilleure précision de distinction d’individu (de l’ordre de 1 sur 1029 avec une empreinte complète).

De toute manière, les analyse ADN doivent être prises en compte dans le cadre d’un contexte surtout si d’autres éléments le rendent moins fiables. Ainsi, les contaminations d’échantillon par d’autres preuves (transfert secondaire) est une source d’erreur souvent évoquée par les avocats de la défense.

On peut voir la pertinence des analyses ADN comme preuves légales à la lumière d’affaires récentes où les criminels ont laissé des échantillons de « faux » ADN sur les scènes de crimes. Dans une affaire, un coupable a même dissimulé le faux ADN dans son propre corps : en 1992, le docteur John Schneeberger au Canada a violé une de ses patientes en la droguant auparavant. La Police a fait une prise de sang à Schneeberger et l’a comparé à l’ADN trouvé sur la scène du crime. À 3 reprises sans jamais constater une concordance entre les 2 ADN (celui du sperme et celui du sang).

Il s’avère que le docteur s’était chirurgicalement implanté dans le bras un drain Penrose rempli d’un mélange d’anticoagulants et du sang de quelqu’un d’autre.

Dans les années 1920, Anna Anderson déclarait qu’elle était la grande-duchesse Anatasia Romanova de Russie. Dans les années 1980, ses cendres de crémation ont été testées et montrent qu’elle n’avait aucun lien de parenté avec les membres restants de la lignée des Romanov.

La technique des empreintes génétiques mise au point par Alec Jeffreys a été utilisée pour la première fois en 1986 dans une affaire jugée par un Tribunal de Pennsylvanie.

En 1987, le boulanger anglais Colin Pitchfork fut le premier criminel confondu par une analyse ADN, à Leicester, la ville où furent mises au point les techniques d’analyse ADN.

Le 6 novembre 1987, en Floride, le violeur Tommie Lee Andrews a été la première personne aux États-Unis à être condamnée à 22 ans de prison par une analyse ADN, pour le viol d’une femme au cours d’un cambriolage.

En 1989, à Chicago, Gary Dotson a été le premier suspect innocenté par un test ADN.

En 1994, O. J. Simpson fut acquitté alors que l’accusation était persuadée avoir présenté un dossier solide et attendait une condamnation. Notamment, les expertises ADN furent durement critiquées par la défense qui dénonça les procédures désordonnées ayant contaminé les échantillons.

En 1994, des tests ADN sur des poils de chat permirent de condamner un homme pour le meurtre de sa femme. Ce fut une première dans l’histoire de la médecine légale, de l’utilisation d’un ADN non humain pour identifier un criminel.

En 1998, le docteur Richards J Schmidt a été déclaré coupable de tentative de meurtre quand il fut montré un lien entre l’ADN de la souche virale VIH qu’il a été accusé d’avoir inoculé à sa compagne et celle d’un de ses patients atteint du Sida. Ce fut la premier fois qu’un ADN viral a été utilisé comme pièce à conviction.

En juin 2005, avec une analyse ADN, Dennis Halstead, John Kogut et John Restivo ont gagné leur révision de procès suite à leur condamnation pour meurtre. Les trois hommes avaient déjà effectué dix-huit ans sur les trente ans de peine de prison.

Le procès Robert Pickton est remarquable car dans ce cas les analyses ADN ont été utilisées principalement pour identifier "les victimes" et dans de nombreux cas pour prouver leur existence.

Earl Washington est libéré le 12 février 2001 après neuf années passées dans le couloir de la mort : il avait avoué en 1982 le viol et le meurtre d'une jeune femme et avait été condamné à la peine capitale bien qu'aucune preuve matérielle n'ait pu être retenue contre lui.

En décembre 2005, Robert Clark a été innocenté pour une agression sur une femme en 1981 à Atlanta après 24 ans de détention, parce qu’il avait mangé une pomme verte. M. Clark est la 164e personne aux États-Unis, la 5e dans l’ État de Géorgie à être libéré après condamnation par un test ADN.

En 2007, en France, où une loi de bioéthique encadre les tests ADN, une polémique est soulevée lorsqu'un député d'utiliser les tests ADN pour prouver la filiation des étrangers souhaitant immigrer légalement dans le cadre du regroupement familial et de prouver par un test biologique, plutôt que par des documents parfois inexistants ou douteux.

Des parlementaires et intellectuels se sont opposés à cet amendement proposé par le député Thierry Mariani.

Une pétition lancée par l'hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo et l'association SOS Racisme a rassemblé des dizaines de milliers de signatures, tandis que le chanteur Romeo Praly soutenait la pétition en mettant en musique un texte d'SOS-Racisme, du nom de "Touche pas à mon ADN". Au sein du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et Fadela Amara, la Secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville, se sont opposés à cette loi ; Fadela Amara a déclaré, « y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse ! ». Le philosophe et essayiste Pascal Bruckner l'a soutenue dans un plaidoyer condamnant cet amendement.

Les tests ADN sont utilisés dans onze pays européens, dont l’Allemagne, l’Italie, et le Royaume-Uni.

La proposition de loi fut remaniée pour n'autoriser les tests de filiation qu'à partir de l'ADN de la mère et ainsi éviter les révélations inadéquates d'adultères, et uniquement dans certains pays où l'état civil est défaillant.

Les dispositions qui prévoient les tests ADN mentionnés à l'article L.111-6 du CESEDA lorsque le décret d'application des conditions, mentionné au même article, sera paru, sont autorisées par l'article 226-28 du code pénal.

Depuis novembre 2007 plusieurs sociétés en Islande et aux USA ont mis en ligne des bases de données génétiques : moyennant une somme d'environ mille dollars, chacun peut faire dresser son profil génétique (par la méthode des SNP Single Nucletoid Polymorphism) et comparer aux données de la base pour estimer son risque de développer une maladie génétique, reconstituer ses origines familiales probables, etc. D'autres sociétés encore offrent des tests génétiques moins chers (100 dollars environ) qui permettent de choisir le méthode d'amaigrissement ou la crème anti-vieillissement la mieux adaptée à son génotype, prétentions qui n'ont, évidemment, aucune base scientifique.

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Source : Wikipedia