Fête de la musique

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Posté par seb 28/04/2009 @ 04:07

Tags : fête de la musique, musique, culture

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Fête de la Musique

Un rassemblement lors de la Fête de la Musique à Strasbourg.

La Fête de la Musique a lieu à travers le monde le 21 juin (date qui coïncide le plus souvent avec le premier jour de l’été dans l’hémisphère Nord), principalement le soir et la nuit au lendemain matin. Elle est actuellement célébrée dans une centaine de pays. Divers festivals de musique locaux qui se déroulaient ce jour de solstice participent aujourd’hui à cette fête populaire.

Elle est parfois connue aussi sous le nom anglais World Music Day (Journée Mondiale de la Musique) bien que le nom français soit aussi souvent utilisé dans certains pays anglophones (en même temps que Make Music!, traduction littérale de « Faites de la musique ! ») ou germanophones, ou bien sous des noms traduits littéralement comme Fiesta de la Música (espagnol), Festa della Musica (italien), Święto Muzyki (polonais), Praznic Musike (bosnien) ou encore Dünya Müzik Günü (turc), avec des logos similaires graphiquement à ceux utilisés en France pour les festivités affiliées au programme français.

Elle est d'abord imaginée en 1976 par le musicien américain Joel Cohen qui travaillait alors pour Radio France – France Musique. Cohen proposait pour cette chaîne des « Saturnales de la Musique » pour le 21 juin et le 21 décembre lors des deux solstices. Il voulait que les groupes de musiques jouent le 21 juin au soir, jour de l’été.

Après les élections présidentielles de 1981 cette idée a été adaptée par Maurice Fleuret et mise en place en France par Jack Lang alors ministre de la culture. Sa première édition a lieu le 21 juin 1982 mais elle est officiellement déclarée le 21 juin 1983. C'est l'occasion d'une liesse populaire et la manifestation connaît un succès croissant au cours des décennies suivantes.

Cette fête s'est aujourd’hui (2007) complètement internationalisée : en moins de quinze ans, elle est reprise dans 110 pays sur les cinq continents (dès 1985 en Europe) et les deux hémisphères, avec plus de 340 villes participantes dans le monde.

Le 21 juin a été choisi car il coïncide le plus souvent avec le solstice d’été (donc aussi un des jours les plus longs de l’année, ou la nuit la plus courte pour ceux qui festoient jusqu’à l’aube !). La coïncidence avec l’été symbolise ainsi le sacre de la nature à travers cette journée festive, à l'image des fêtes païennes dédiées à la nature ou aux moissons depuis l’Antiquité (dont les fêtes de la Saint Jean, des fêtes populaires où un grand feu était allumé toute la nuit le soir du 24 juin, date traditionnelle de fin des plus longs jours de l’année, et qui ont existé en France jusque dans les années 1990, où la plupart des feux ont été interdits pour des raisons de sécurité et souvent aussi à cause de la législation destinée à éviter les incendies dans des zones soumises à des restrictions d’eau ou de protection de l’environnement).

Des fêtes similaires existaient également dans les pays nordiques à cette période de l’année où le soleil ne se couche jamais (par exemple les nuits blanches à Saint-Pétersbourg où on célèbre les arts sous toutes leurs formes). Cette idée a été reprise en France plus tard avec la Nuit Blanche fêtée lors du premier week-end d’octobre peu après l’équinoxe où la nuit devient plus longue que le jour.

La Fête de la Musique a pour vocation de promouvoir la musique de deux façons. Sous le slogan homophone à son nom, « Faites de la musique ! », elle encourage les musiciens amateurs à se produire bénévolement dans les rues et espaces publics. Grâce à l’organisation de nombreux concerts gratuits, d’amateurs mais aussi de professionnels, elle permet à un public large d’accéder à des musiques de toutes sortes et origines (musique classique, jazz, rock, world music, musique traditionnelle, etc.) et mêmes celles chantées dans toutes les langues.

La Fête de la Musique est source de certaines nuisances sonores, et l’objet de nombreuses plaintes. Pour y répondre, des lieux de rassemblements ont été mieux délimités par les collectivités locales pour n’autoriser les expressions scéniques extérieures le soir que jusqu’à une heure raisonnable. Toutefois, face à la volonté de certains établissements de monter des installations sonores de forte puissance pour attirer le public, les autorités ont réagi en limitant ou interdisant (selon les préfectures) de tels montages.

L’espace public non destiné initialement à l’expression scénique reste donc réservé aux artistes amateurs ou professionnels qui doivent utiliser des équipements de puissance limitée, et les établissements qui leur propose une scène extérieure ne sont pas autorisés à « monter les décibels » pour la musique qu’ils diffusent à l’intérieur. Quelle que soit l’heure, ils restent soumis à la législation contre les nuisances sonores, et notamment doivent veiller à respecter leur voisinage : ils ne bénéficient donc pas de la même tolérance tolérance données aux amateurs de musique, qui peuvent se produire en revanche plus librement à condition de limiter leurs amplificateurs. Le contrôle des niveaux sonores à l’extérieur et l’intérieur reste en vigueur.

La Fête de la Musique est souvent critiquée en France par le fait que les autorités n’autorisent pas que les amateurs à se produire, mais aussi donnent de larges autorisations pour permettre aux commerces existants de rester ouvert au delà des heures normales, notamment les restaurants et débits de boissons ou des épiceries, qui vendent de l’alcool (souvent de la bière) consommé par les spectateurs directement sur l’espace public et non à l’intérieur de leurs établissements : la Fête de la Musique a pu paraître certaines années dans quelques villes comme une vaste « Fête de la bière » française, où la musique n’avait plus son rôle central, terminée par des débordements violents et des dégradations, ce qui a pu faire fuir les années suivantes certaines catégories de spectateurs (voire aussi de musiciens qui préfèrent l’organisation mieux contrôlée des festivals et cafés-concerts) et a nui à la réputation de la fête voulue pour tous.

Des mesures de sécurité ont été prises localement pour éviter que cette vente d’alcool expose à certains dangers, notamment dans certaines villes l’interdiction de la vente en bouteille ou au verre (seuls les gobelets jetables non dangereux sont autorisés, y compris dès le début de soirée pour la vente en salle dans les établissements habituels). Les vendeurs itinérants d’alcool ne sont plus autorisés s’ils ne disposent pas d’une licence, et aussi car ils vendaient cet alcool souvent en canettes métalliques jugées aussi dangereuses que le verre.

D’autres nuisances proviennent de la fourniture par ces vendeurs itinérants de produits alimentaires à emporter dans des conditions sanitaire inadéquates (qui seraient interdites dans les restaurants) : cette vente n’est pas nécessairement illégale mais ne dispense pas des équipements de conservation ou d’hygiène adaptés, de gestion des déchets ou de protection du public (pare-feux, combustibles, fumées, etc.), ni des contrôles vétérinaires des produits vendus. Les associations critiquent aussi la gestion par les communes de la grande quantité de déchets et emballages (souvent difficilement recyclables) laissée dans l’espace public par cette manifestation.

Enfin, la vente d’alcool auprès d’une population souvent très jeune les expose à divers dangers, notamment en termes de santé publique (prévention de l’alcoolisme) et de sécurité routière et publique (prévention de la violence). Des associations se mobilisent pour organiser les transports et retours et inciter les jeunes à ne pas prendre le volant. À Paris comme dans certaines autres grandes villes, les transports publics (dont le métro) deviennent gratuits le soir et des services supplémentaires gratuits sont organisés en fin de soirée ou dans la nuit (c’est le cas aussi pour d’autres fêtes). La police et la gendarmerie effectuent de sévères contrôles d’alcoolémie autour des principaux lieux de rassemblements, mais aussi patrouillent sur les lieux mêmes pour prévenir ou limiter les débordements, bagarres et dégradations qui peuvent survenir à l’occasion de n’importe quel festivité publique ou rassemblement.

Tous ces risques et dispositifs légaux et de sécurité se retrouvent désormais dans n’importe quelle autre manifestation sur l’espace public, par exemple aussi la Fête nationale (le 14 juillet en France), ou d’autres manifestations identitaires à forte composante musicale (comme les Technoparades, et les Gay Prides et autres « marches » qui ont lieu aussi en juin à la même période, etc.), ou encore les grandes manifestation sportives (comme les différents tours de France ou d’autres pays européens) et commerciales (grandes braderies, fêtes foraines). Mais la Fête de la Musique, par son ampleur et le fait qu’elle attire un public jeune particulièrement exposé aux risques, nécessite la mise en œuvre de moyens bien plus importants que ceux utilisés habituellement pour ce type de manifestation, ce qui nécessite la collaboration de l’ensemble des services de sécurité civile, publics ou privés, et du milieu associatif largement mobilisé ce soir-là, comme ils le resteront durant les nombreux festivals de l’été, dont la Fête de la Musique constitue souvent aujourd’hui le lancement. Cette manifestation permet ainsi de mesurer chaque année l’état de préparation des personnels impliqués le reste de l’année.

Depuis son lancement son succès n’a pas été démenti lors de chaque édition annuelle : ainsi uniquement en France, la Fête de la Musique permet chaque année, selon le Ministère de la Culture, l’organisation dans tout le pays de plus de 18 000 concerts par environ 5 millions de musiciens ou chanteurs amateurs, rassemblant près de 10 millions de spectateurs. Tant en France qu’à l’international, les organisateurs adhèrent à une Charte Internationale des villes organisatrices (plus de 340 dans le monde) qui tient à maintenir la gratuité et le libre accès aux évènements organisés sous son label et la valorisation de l’expression musicale des amateurs.

En France selon l’INSEE, la Fête de la Musique est connue par 97% des français dont un sur dix y a contribué soit que ce soit en tant que musicien ou de chanteur, et 79% en tant que spectateurs au moins une fois depuis plus de 25 ans. Les pratiquants réguliers de musique en France comptent en effet pas moins de 1,7 millions de jeunes français de moins de 15 ans (non compris les 10 millions d’élèves qui suivent les cours de musique à l’école), et plus de 80 000 élèves inscrits dans des cours privés ou publics des écoles de musique.

Et à l’inverse des chiffres de fréquentation des équipements culturels classiques, la fête permet d’attirer plus de spectateurs ruraux que citadins, et moins les cadres que les agriculteurs, artisans ou commerçants, grâce à la gratuité et l’ouverture la plus large possible à tous les styles musicaux qui autrement ne trouvaient pas de place dans les circuits culturels usuels. D’autre part, la fête s’est avérée révélatrice de talents dans des genres musicaux « populaires » alors naissants, comme le rap, le hip-hop ou la techno, les danses de rue, ou encore les musiques des minorités notamment africaines et antillaises qui sortent de leurs quartiers « ghettos » habituels, mais aussi tous les genres des musiques traditionnelles régionales qui s’entrechoquent et se renouvellent dans un joyeux mélange des influences.

La Fête de la Musique a su montrer aussi que des genres musicaux dits morts, voire « ringards » ou sans public, connaissaient toujours un intérêt affirmé par de nombreux artistes amateurs, avec une large participation des jeunes (près de 23% des participants de 15-17 ans à cette fête en France le font ce jour-là sur une scène improvisée, et près de 78% de ceux-ci participent ce jour-là à la fête d’une façon ou d’une autre), et par un public qui y découvre encore chaque année des créations originales et de nouvelles expressions et styles sans cesse renouvelés, montrant par là même que la richesse de la musique est au cœur des préoccupations culturelles et du besoin d’expression de la population toute entière.

Cette réussite en fait aujourd’hui un élément majeur et incontournable de la vie culturelle française, mais bien au-delà c’est devenu un énorme évènement culturel mondial, participant à l’image de la France et de la Francophonie dans le monde, mais aussi à la mixité des cultures et à la paix sociale.

Toutefois la Fête de la Musique n’a pas encore acquis dans le Monde l’ampleur et la régularité qu’elle a acquise en France, car elle dépend largement de la volonté (et des moyens) des organisateurs locaux issus des milieux associatifs (mais souvent aussi sous l’impulsion des réseaux francophones), même si l’évènement est devenu dans certains pays (comme l’Allemagne et les régions francophones de Belgique et de Suisse ou certains pays d’Amérique latine) nettement plus populaire et plus spontané, avec de nombreuses festivités d’initiative locale et privée et un support actif des pouvoirs publics en matière d’organisation et de sécurité.

Une conséquence du succès populaire de la Fête de la Musique sera le renouveau (ou la multiplication) de très nombreux festivals de musique en France durant la période estivale, qui grace à ce succès démontré, ont su trouver davantage de financements publics et privés et un espace de promotion (autant aussi de découverte et de sélection) des meilleurs artistes rompus à l’expression sur scène devant un public diversifié : la fête assure ainsi la publicité et le succès commercial de l’ensemble des festivals d’été. Aussi, dans nombre de petites villes non touristiques, c’est pratiquement le seul évènement culturel d’importance de l’année (souvent même devant la fête nationale qui attire moins de spectateurs et qui peine à y attirer des artistes professionnels ou amateurs dans les bals populaires).

Une autre conséquence de ce succès a été d’étendre plus tard les célébrations nationales populaires à d’autres formes d’art, notamment la Fête du cinéma qui sera organisée aussi en France peu après (dès 1985) et dans la même période de fin juin (peu après le Festival de Cannes) pour ouvrir les salles à un public plus jeune, ou encore les Journées du Patrimoine (dès 1983 en France puis partout en Europe en 1991) pour ouvrir le temps d’un weekend de septembre les monuments et bâtiments conservés ou autres sites exceptionnels habituellement fermés (car affectés à certains services ou institutions) à un plus large public.

En France les collectivités locales, coordonnées par le Ministère de la Culture, apportent leur appui en libérant l’espace public urbain, ainsi que de nombreuses salles, des parcs, stades et hippodromes pour les concerts. De nombreuses associations locales fournissent aussi l’essentiel de la logistique, et les pouvoirs publics mettent à disposition de l’évènement un très imposant dispositif de sécurité à une échelle nationale, en tenant toutefois de délimiter les espaces ouverts aux prestations des amateurs et au public, fermés à la circulation motorisée.

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Musique marocaine

Royaumes andalous dits de taïfas en 1031

Dans cet article, sont principalement abordées et résumées les musiques marocco-marocaines produites par des artistes vivant et concevant leur musique dans le pays ; en effet, pour les artistes américains ou européens d'origine marocaine les données sociologiques, économiques, politiques, médiatiques et artistiques sont très différentes de celles du Maroc. Toutefois, des collaborations actives existent entre des artistes marocco-marocains et des artistes d'Occident ou marocains d'Occident dans de nombreux domaines touchant à la musique (ou à l'art plus globalement).

La musique marocaine est selon René Rémond plurielle et se compose de quatre grands genres musicaux différents et d'une grande variété : la musique gnawa, le chaâbi, la andalouse, et la musique berbère. Chaque groupe musical est lui-même constitué de sous-groupes régionaux et divisée en « moderne » et « traditionnel ».

Au XXe siècle apparaît une musique classique dérivant de la musique arabe produite par des artistes venant principalement d'Égypte ou Liban ; elle est chantée en Arabe classique ou littéraire.

La musique arabo-andalouse, elle même composée de sous groupes suivant les villes andalouses d'origine des réfugiés hispano-andalous installés au Maroc : Fès, Rabat Salé, Tanger Tétouan, Oujda Chefchaouen : elle peut être chanté en arabe littéraire, en darija et parfois en Espagnol.

La musique amazigh (berbère) est elle aussi divisée en 3 grands groupes suivant les diverses régions et langues berbères utilisées : tachelhit (Souss) du Sud Marocain, tarifit(reggada) du Nord Marocain, et le Tamazigh du Centre Marocain.

La chanson marocaine se renforcera avec l’indépendance du pays. Deux grandes tendances se sont d’emblée révélées : l’une adoptant l’arabe classique et l’autre adoptant l’arabe dialectal ; la première reste classique en respectant un style conventionnel alors que la seconde introduit un répertoire plus léger, populaire plus proche du public.

Dans les années 1970, une nouvelle forme de châabi apparaît avec des formations musicales citadines telles que Nass El Ghiwane, Jil Jilala, Lemchaheb, les frères Bouchenak ; elle marque un renouveau dans la musique marocaine.

Le début des années 1980 fait connaître à un large public le phénomène de l'émergence de la world music ; cette musique (dite ethnique) recouvre la musique pop du tiers monde ainsi que la musique pop européenne utilisant les diverses influences de la musique traditionnelle du tiers monde. Ce nouveau phénomène musical (de fusion) fera connaître les rythmes marocains et particulièrement la musique gnawa au monde. De nombreux musiciens et interprètes marocains introduisent également ces sonorités gnawas dans leur répertoire musical.

Enfin il existe une nouvelle génération de jeunes (apparue dans les années 90) , qui compose une musique synthétisant l'esprit marocain aux influences venues du monde entier (blues, rock, métal, reggae etc.). Un des évènements les plus importants de cette scène "underground", est le Boulevard des Jeunes Musiciens qui a lieu tout les ans à Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un même évènement culturel sans équivalent dans aucun autre pays arabe. Cette nouvelle génération chantent en utilisant un mixte de plusieurs langues : darija, français, anglais et parfois l'espagnol.

Le Maroc est le pays du Maghreb qui a été le plus fortement imprégné par la culture arabo-andalouse et, cela, pour de simples et évidentes raisons : la proximité géographique avec l'Espagne, l'intervention de dynasties de l'actuel Maroc en Andalousie, l'installation d'une large majorité d'andalous (de Tolède, Cordoue, Séville,Valence, Grenade…) et de moriscos de 1609 au Maroc, le rôle du mécénat de la dynastie Alaouite envers les musiciens andalous et enfin, l'absence de colonisation séculaire ottomane et une courte colonisation française assurant une continuité artistique.(voir liens externes sur l'histoire de cette musique au Maroc).

Selon l'historien Bernard Luagn, spécialiste de l'Afrique, sur les 8 siècles de présence musulmane en Andalousie 7 ont été étroitement liés au Maroc. Du fait de sa position géographique, le Maroc a toujours été une zone naturelle d'échanges entre l'Europe, l'Afrique et le monde arabo-musulman.

Les andalous non-Chrétiens (musulmans et juifs) commencèrent à quitter l’Andalousie dès le XIe siècle, lors de la prise de Tolède par Alphonse VI, roi de Castille. Le dernier groupe à partir fut les morisques, qui s’étaient, en principe, convertis au christianisme pour éviter d’être expulsés.

Du fait de sa position de capitale (en particulier spirituelle) Fez devint la patrie de nombreux réfugiés musulmans et juifs de Tolède, de Cordoue (qui tomba au XIIe siècle) et de Séville (qui fut prise au XIIIe siècle). Un quartier de Fez est aujourd’hui connu sous le nom de Quartier andalou. Une ville comme Tétouan fut entièrement rebâtie et repeuplée par les réfugiés de Grenade.

De nombreuses communautés marocaines s’identifient encore comme andalouses. Des noms de famille telles que Diaz, Andalouss, Torres, Toledano, Kortobi, Molina, Nigno… résonnent encore d’un tel héritage.

Les orchestres de Fez, Tanger et Tétouan utilisent encore des instruments et de la musique andalouse qui remonte au IXe siècle. Au Maroc, la musique andalouse est encore appelée « ALA » et a depuis longtemps été encouragée et favorisée par les autorités officielles.

En 1800 le Tétouanais al-Hâ'ik sauvegarde le patrimoine poétique et musical de al-Âla. En 1886, Al-Jâm'î publie un ouvrage sur le répertoire pratiqué à Fès : Précis du kunnâsh de al-Hâ'ik.

Le début du XXe siècle verra lui un recueil systématique par des transcriptions musicales ainsi que l'organisation de congrès internationaux (au Caire et à Fès).

Le Maroc sera pionnier dans la proposition de festivals de musique andalouse (tel que Andaloussiyates, Casandalouse) permettant à des artistes (héritiers de ce genre musical varié) d'Espagne, du Maghreb et du Moyen Orient de se rencontrer.

Aujourd'hui , ce genre est pratiqué dans de nombreuses villes du Royaume : Fez, Tanger, Tétouan, Taza, Safi..; il dérive de différents courants ou écoles ayant existé dans l'Espagne andalouse.

Connue sous le nom de moussiqua al-âla, il s'agit d'une musique de cour d'une civilisation raffinée jouée et chantée dans différentes grandes villes du Maroc ou se sont installés des andalous.

L'andalou est une musique savante de référence ; elle correspond à la musique classique d'Occident ; c'est une musique codifiée qui se transmet de maître à élève et demandant le respect d’un ensemble de règles musicales fixées. Il s’agit dans ce cas d'une musique modale, c’est-à-dire organisée sur base d’un ensemble de modes dont chacun impose une échelle, une hiérarchie de notes.

L'orchestre est composé du plusieurs instruments à cordes. Les poèmes sont en arabe littéral ou dialectal. Les membres de l'orchestre sont tous vêtus en tenue officielle marocaine (Fez, djellabas blanches, babouches blanches ou jaunes).

La musique andalouse marocaine est nettement différente de la musique orientale : elle ne comporte pas de quarts de tons (quelques exceptions sont cependant à signaler) ; elle suit généralement le système de la gamme tempérée occidentale, la gamme est souvent exécutée comme une seule succession mélodique, alors qu'en musique orientale, elle est subdivisée en tricordes, tétracordes et pentacordes; sa ligne mélodique est simple et claire, les modulations y sont rares.

Au cours des siècles, des pratiques musicales locales distinctes se développèrent, en se forgeant un une identité culturelle particulière à chaque société. Il existe ainsi, dans des villes du Maghreb telles que Tlemcen et Tunis, des versions distinctes du noubas, qui font partie intégrante de la culture musicale locale. Il s'agit d'une composition musicale construite sur un mode dont elle prend le nom (par exemple Nouba Mâya). Des pièces instrumentales et vocales s’y enchaînent selon un ordre déterminé et selon une progression musicale allant du non mesuré au mesuré. Un prélude libre, laissant une large place à l’improvisation ouvre la suite où se succèdent diverses pièces, notamment des poèmes dont les thèmes sont souvent l’amour, la nature, le vin… La nouba se termine par une phase plus vive, plus rythmée (voir liens externes).

La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles rigoureuses, est une musique non écrite se transmettant oralement de maître à élève. Bien avant la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans s'étaient repliés en Afrique du nord. La tradition musicale arabo-andalouse s'y est développée jusqu'à nos jours, particulièrement dans les villes ayant accueilli les réfugiés espagnols (andalous et morisques). C'est au contact des ensembles de ces villes que l'on peut donc retrouver les mélodies et rythmes de ces musiques, même si la tradition a continué d'évoluer à travers les siècles. Malheureusement une bonne moitié des 24 Noubas, bases du répertoire, a aujourd'hui disparu.

De nos jours le répertoire Al-âla du Maroc ne comprend plus que 11 noubas sur 24 , chacune d’entre elles étant divisée en cinq mouvements (mîzân) joués sur cinq rythmes de base. Chaque nouba est très longue et il est rare qu’on les joue au complet. On se contente souvent de jouer un seul mouvement. Cependant, l’intégralité des noubat marocaines a été enregistrée par la Maison des Cultures du Monde à Paris, en collaboration avec le Ministère de la Culture du Maroc. Soit un total de 73 disques compact répartis en douze coffrets présentant chacun une nouba ou des mîzâns (une durée totale de plus de septante heures de musique). Chaque suite comprend des poèmes chantés. L’orchestre de la musique arabo-andalouse comprend souvent violon, rebab, oud, violoncelle, alto et percussions (les instruments à archet étant souvent présents en plusieurs exemplaires) et un ou plusieurs chanteurs.

Avant leur départ massif du Maroc , les artistes judéo-marocains étaient aussi représentés dans différents styles musicaux du Royaume (Aïta, Chaabi, Gnaoui, Melhoun).

La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique andalouse, en les simplifiant. La Qassida a cependant conservé la division du texte en strophes comme dans le chant andalou : le couplet (ghson : branche ou rameau) peut comprendre de huit à seize vers, un court refrain (harba : lance) offre une alternance qui permet de rompre la monotonie du discours musical du chant Melhoun.

L'origine du Malhoune ou Melhoun ou Malhun en arabe الملحون (littéralement : mis en musique) est une forme musicale savante relativement moderne qui remonte au XIIe siècle, et emprunte ses modes à la musique arabo-andalouse en simplifiant ses modes et se développe sous une forme littéraire ne respectant pas la structure grammaticale classique (le Qasidah). Citadine, elle se développe principalement à l'intérieur des corporations artisanales. Il s'agit d'une poésie chantée en arabe dialectal, à sujet bien religieux que profane, caractérisé par un langage sophistiqué et par une mélodie en style déclamatoire. Le poème écrit en zéjal est enrichie de mélodies populaires, cette création va donner naissance au Melhoun.

La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique andalouse, en les simplifiant. La Qassida a cependant conservé la division du texte en strophes comme dans le chant andalou : le couplet (ghson : branche ou rameau) peut comprendre de huit à seize vers, un court refrain (harba : lance) offre une alternance qui permet de rompre la monotonie du discours musical du chant Melhoun. Beaucoup confondent le melhoun et le wahrani algérien.

A Marrakech sous les Saadiens puis à Meknès sous le roi Alaouite Moulay Ismail (17 ème siècle) , 2 styles venus d'Afrique Sub-saharienne vont enrichir le Melhoun : le style Hamdouchi (voir ci-dessous le paragraphe Hamadcha) et le style Touat.

Le Gharnati est un courant qui vient du patrimoine Andalou/Mauresque. Ce mot signifie Granadien (غرناطى) en arabe et granada en espagnol. À la chute du monde Andalou une importante quantité d' archives (philosophiques, théologiques, scientifiques et culturelles) et d'artistes resteront dans l'actuel Maroc.

A la fin du 19e siècle et début du 20e siècle, des familles algériennes s'installèrent dans certaines régions du Maroc, dont Oujda et Rabat ; Cela a permis le transfert du gharnati vers ces régions du Maroc.

L'instrument principal du gharnati c'est le Oud (guitare Andalouse) mais il y a aussi les fameuses derboukas et bendir. Le chant se partage entre un soliste et les choristes-instrumentistes, la musique se jouant sur la vièle rabab, des violons et altos, des luths et des percussions. Le répertoire de la musique gharnati comprend également quelques pièces plus courtes que les noubat.

Si au Maroc , on appelle gharnati la musique arabo-andalouse pratiquée à Oujda, Rabat et Salé, ce terme désigne à Tlemcen (Algérie) tout le répertoire andalou et savant.

Fondée au XVIe siècle par Sidi Mohamed Ben Aïssa, cette confrérie religieuse se rattache au soufisme. Son centre spirituel (zaouia) principal se trouve à Meknès où son fondateur est enterré. Ils sont une confrérie et se trouvent principalement dans la région Meknès et de Fès.

Dans la hadra, le nom de Dieu, des prières sont invoquées inlassablement jusqu'à prendre le corps puis l’esprit, de cet état découle la transe. Le rythme : il y a trois rythmes : à deux temps, cinq temps et 6/8 ternaire.

La Samâ', "l'audition en arabe" est un art de chants polyphoniques a cappella sacrés, hymnes dédié au culte de Mahomet et à Dieu. Désigne également les séances musicales des confréries soufies. La philosophie soufi, en effet, bien plus que de tolérer la musique, s’en servait pour chercher l’union avec Dieu. Cette mystique musicale va, petit à petit, se ritualiser et devenir séance ou cérémonie sacrée englobant d’autres rites. Le dhikr, par exemple, peut être un point culminant du sama dans la plupart des confréries, point culminant qui, selon les lieux et les croyances, s’appelle parfois aussi hadra (assistance), imara (plénitude) ou halqa (cercle).

La soirée de Samâa (ou Lila) est un rituel. Elle commence par des séances de fumigation par le bois de Santal et la lecture de la Fatiha (première Sourate du Coran) sous le signe de la sérénité et de la purification.

Cette pratique remonte à l’avènement de l’Islam en 622 (A.D.) et le prophète (P.S.) fût reçu lors de son exode de la Mecque à Médine par un chant à sa gloire qui est jusqu’à ce jour chanté dans tous les pays arabo-musulmans (« La lune trône parmi nous » / "Talaâ el badrou aleyna" en arabe).

Le groupe de Samâa se compose généralement de 8 à 40 personnes, qui ont été initiées et formées à ces chants dans des confréries aïssaoua ou hamadcha...

On parle de musique Gnaoui ( masculin singulier) Gnaouiya (féminin singulier) ou tagnaouite ( appellation berbèro-marocaine) . Gnaoua écrit aussi Gnawa est la forme plurielle.

Le premier enregistrement de musique gnawa sur cassette audio sera réalisé en 1975.

Les Gnawa sont , pour uniquement une partie d'entre-eux , des descendants d’anciens esclaves issus de populations originaires d’Afrique Sub-saharienne ( Niger, Sénégal, Mali, Ghana etc.... ).

Le nom GNAWA dériverait du mot GUINEE (ancien Empire du Soudan Occidental) même si une partie seulement de ces populations vient de cette région d'Afrique. Dans le Maghreb le terme " SOUDANI " est utilisé pour désigner toutes les populations d'origine sub-saharienne à la peau noire et par extension " esclave ou descendant d'esclave " quelque soit leur pays d'origine (et donc pas uniquement le Soudan ). Le terme " ABDE ou ABID " signifie clairement " esclave ou descendant d'esclave ou personne à la peau noire ".

Ils se sont ensuite métissés à la population locale et se sont formés en confrérie ( avec un maître et un style vestimentaire particulier) pour créer une musique et un culte original mélangeant des apports africains et arabo-berbères. Ces confréries ancrées dans la culture marocaine expliquent la créativité et la vivacité à l'origine du succès des Gnawas marocains auprès de leurs compatriotes, des touristes et des musiciens venant d'occident.

La danse et le chant gnawa ont un aspect mystico-religieux. Avec leur crakeb (crotales en métal) et leurs percussions , les chanteurs et danseurs peuvent se mettre en transe parfois. Le style est envoûtant, folklorique et superbe.

Au Maroc, le berceau de la musique Gnawa est propre à la Région d'Essaouira où l'on trouve aussi des gnawa berbères et jufs.

Pour des raisons financières, certains Gnawa ( qui ne sont pas tous des maalems c'est dire des maitres de musique et de cérémonie mystique) du Maroc sortiront du rituel afin de présenter leur musique à un public marocain plus large ; s'inspirant de troupes acrobates ( auxquelles les marocains prêtent des pouvoirs) que l'on peut voir, de nos jours encore plus particulièrement place Jemmaa el Fna de Marrakech ou dans les Moussem, ils vont développer et inventer des acrobaties (qui ne font pas partie du rituel) et enrichir leur tenue vestimentaire ( robes brillantes , bonnets avec un long pompon, des gri-gri blancs cousus sur la tenue et le bonnet ou incrustés dans les instruments de musique) afin d'attirer, amuser et distraire le public.En dehors d'Essaouira et avant leur renommée, les gnawa seront longtemps considérés comme des amuseurs publics.

Au Maroc uniquement , la musique Gnaoui est également représentée depuis peu par des groupes de femmes d'Essaouira (appelée Mqadamate féminin de maâlem). Leur musique se fait avec des Darboka, des plateaux en métal et parfois des Crakeb mais sans le Gambri à ce jour. Leur tenue ressemble à celle des hommes et leur danse est de forme conforme à celle du rituel.

Ce genre musical existe, avec des différences, en Tunisie, en Algérie, en Égypte, et peut-être aussi en Libye, avec un nom spécifique au pays (voir Gnaoua). Toutefois, contrairement au Maroc où des informations relativement précises existent, le genre Gnawa des autres pays présentent des zones d'ombre, à des degrés divers, sur les plans historique, culturel, sociétal… : rappelons que les rites gnawa portent par eux-mêmes une part de mystère et que l'accès aux lilas restent privées.

De nombreux groupes et courants musicaux nationaux et internationaux (fusion avec le jazz, le blues, le reaggae, le rap, le chaabi, le raî…) se sont inspirés de ce genre musical marocain pour enrichir leurs œuvres. Ainsi le standard marocain "Allah, Allah Moulana" se retrouvent dans de nombreuses compositions.

Le succès du festival international de la musique Gnawa d'Essaouira jouera un rôle important dans l'expansion de la musique gnawa en dehors du pays et dans la création de fusions diverses et variées qui plairont aux jeunes dans et en dehors du pays.

Les marocains désignent par le terme " Musique Classique " (en arabe : Moussika Classikiya) toutes les formes de chansons exprimées en Arabe littéraire (poétisé, imagé, théâtralisé) sur le modèle des compositions produites par Oum Kelsoum ou Faïrouz entre autres. Toutefois, la musique est marocaine (et non arabo-ottomane tel qu'en Égypte, au Liban ou en Syrie).

Dans cette catégorie, sont placés les artistes marocains de la scène musicale actuelle dont le style musical ne peut être mis dans aucune des catégories présents dans cet article.

Localisation des variantes berbères en Afrique du Nord.

Le Maroc contient un grand nombre d'ethnies berbères différentes, ce qui enrichie considérablement le patrimoine musical du pays.

Inspirée par la beauté du paysage rural et méditerranéen, les chants et danses amazighs sont un spectacle riche en poésie et en couleurs. La musique amazigh est différente selon les trois régions amazighophones (berberophones) du Maroc.

Cette musique est aussi divisée en "moderne" et "traditionnelle". Elle est "inspirée par la beauté saisissante du paysage rural marocain et la résonance du bendir", qui régit la rythmique des chansons, des chants et des danses festives, le soir autour d'un grand feu de bois.

Les hommes et femmes membres de groupes musicaux sont toujours vêtus d'habits traditionnels. L'expression la plus profonde de la culture berbère réside par les chants et la musique qui se transmettent de génération en génération. La rythmique constitue la base fondamentale de cette musique. La danse accompagne toujours les chants. Ainsi, les trois styles de danse et de chants berbères correspondent à différentes zones linguistiques.

La musique de Moyen-Atlas est restée généralement folklorique parce que la langue amazighe (berbère) dans cette région est limitée au milieu rural. Pour cela, les hommes et les femmes membres de groupes musicaux rifains sont généralement vêtus d'habits traditionnels et utilisent du matériel musical folklorique. Cette musique est largement diffusée dans les médias nationaux.

Concept d’origine amazighe qui signifie : a cappella. Généralement, c’est un style dominé par les voix féminines pendant les occasions des noces, et où les femmes chantent la douleur de la séparation entre la fille et sa mère.

La Reggada est une danse traditionnelle née dans les montagnes du Rif (Nador Alhoceima Berkane Temsamane Kebdana Ajdir Zaio Imzouren Aknoul…), au nord-est du Maroc, puis s'est ensuite répandue dans les montagnes voisines, de l'autre côté de la frontière algérienne (Tlemcen, Ghazaouet, Maghnia, Nedroma, Msirda…).

On la danse avec des mouvements d'épaules, un fusil (ou un bâton ornementé), en cognant ses pieds contre le sol au rythme de la musique.

Les guerriers rifains dansaient en signe de victoire sur l'ennemi, d'où l'usage du fusil, les frappes de pieds au sol se font au rythme de la musique et symbolisent l'appartenance à la terre.

Cette musique est fortement rythmée par le bendir, la ghaita ou le zamr (sorte de flûte à deux cornes).

Une ville dans la région de Berkane portant le nom d´Ain-Reggada (la source qui dort, en raison de son caractère capricieux) a donné son nom à cette danse.Un festival annuel (août) est consacré à cette musique à Saïdia.

La musique de Souss est folklorique mais a tendance à se moderniser suite à l'apparition du mouvement culturel amazigh notamment dans la grande ville d'Agadir.

Les marocains désignent sous le même terme Châabi , deux types de musiques populaires différentes mais toutes deux chantées en darija : la Haîta rurale (dérivée du chant bédouin) qui sera reprise et modernisée par des musiciens citadins et un style (dérivé du Melhoun) purement citadin, engagé et chanté par des groupes comme Jil Jilala ou Ness el Ghiwane (voir culture karyaniste).

La Aïta signifiant en français "appel, cri ou complainte" est Chant rural spécifiquement marocain. Il dériverait du Chant Bédoui qui est un chant des tribus arabo-berbères bédouines (ou nomades).

Il est chanté par des groupes mixtes composés d'hommes musiciens et chanteurs et de chanteuses et danseuses. Ces femmes sont appelées des " cheikhates " (au féminin pluriel et Cheikha au féminin singulier).

Les anciennes cheikhates étaient des sortes geishas marocaines ; aujourd'hui, qu'elles peuvent vivre de leur art, elles sont devenues des chanteuses à part entière. Ainsi de nouvelles cheikhates, des petits groupes de quartier et autres chanteurs et chanteuses de charme ont pu proliférer dans toutes les villes du Royaume.

Le chaâbi marocain, dérivant de la haïta ou Aïta, est une musique que l'on retrouve fréquemment dans les mariages. L'exode rural vers les grandes villes du Royaume feront découvrir ce genre musical aux citadins.

Ce style de musique populaire est associé à la fête et s'est surtout développée dans les villes marocaines. L'utilisation du langage populaire et la création de nouveaux rythmes ont fait de ce style un complément essentiel de la danse. De nombreuses tendances sont apparues.

Houcine Slaoui fut parmi les pionniers de ce genre musical avec son célèbre « dakhlou lmarikane » raconte le débarquement des troupes américaines au Maroc en 1942, alors que la 2e guère mondiale faisait rage en Europe ; ce débarquement va bouleversé la vie sociale et économique des marocains, ceci ne va pas échapper au chanteur Houcine Slaoui qui va décrire ce phénomène avec une précision digne d’un sociologue.

Au cours de cette musique chaabi, les femmes marocaines dansent en se déhanchant , en faisant des mouvements de balayage de leur chevelure et en tapant du pied sur le sol ou sur une caisse de résonance métallique (en arabe marocain : Derdigue). Cette danse est spécifiquement marocaine et ne se rencontre dans aucun pays arabo-musulman. Le derdigue serait soit un vestige de l'Espagne arabo-andalouse que l'on retrouve dans le Flamenco soit (comme le balayage des cheveux) issu des cérémonies de transe.

Cette musique issue de la culture karyaniste naît à Casablanca.C'est une musique citadine et engagée.

Le mot Karyane vient du mot carrière, des anciennes carrières Centrales de Casablanca où vont s'installer dans les années 1960 les bidonvilles. Il s'agit d'une culture urbaine, mais pas d'une culture de ghetto, à la différence du hip hop. Elle est le reflet d'une jeunesse post-coloniale désheritée par la monarchie répressive de l'ancien monarque Hassan II.

Suite à des émeutes, des gens se font arrêter, dont un membre de la famille Batma, Laarbi. qui est relaché quelques semaines plus tard. Son frère Simohammed Batma membre du groupe Lemchaheb, déteste le pouvoir en place et chante à tue tête "goulou Ya Hli, chkoun lwassi Alina? Hak Hada Maswiti" (Dites Ô mes frère, Qui est nôtre tuteur ? Tiens, c'est ce que tu mérites) en brandissant un bras d'honneur devant un tableau de Hassan II. Intèrpelation et interogatoire ont suivis.

Laarbi Batma crée au milieu des années 60 le groupe Nass el Ghiwane, inspiré par la musique Gnaoua, le folklore local qu'ils mélangent à un style latino roots reggae, mis au diapason du rock. Ils vont créer un nouveau genre de musique pop où des chants arabes sont scandés et non chantés en solo : le style Ghiwane.

Un style à part entière va naître, issu de la culture karyane, dans lequel s'illustrent des groupes comme Jil Jilala , Larsad, ou encore Nass El Ghiwane et Lemchaheb. Les deux groupes leaders sont menés par les frères Batma.

Aujourd'hui, aprés 40 ans d'existence le ghiwane commence à prendre son essor et est considéré comme une des musiques du monde, même si le genre est resté assez underground au niveau international, contrairement au hip-hop ou encore au reggae.

Des groupes allemand comme dissidenten collaborent avec notamment Lemchaheb en 1984/ 1986 et Jil Jilala.

Elle tend cependant à s'effacer progressivement devant d'autres cultures urbaines, laissant place à un hip hop à l'image d'une Amérique internationalisée.

La Karyane : une culture urbaine, mais bien plus… une histoire de famille. Les Batma.

En marocain cette musique est dite dakka el Marrakchia ; elle est spécifique du Maroc.

D'autres graphies existent : daqqa ou dekka. Ce mot signifie en français « frappe rythmée des mains ».

Les mains maintenues droites applaudissent à plat sur toute leur surface avec les doigts écartés ou joints, produisant ainsi un son fort particulier.

Comme son nom l’indique, la Dakka El Marrakchia est originaire de la ville impériale de Marrackech et est principalement mise en valeur lors de la fête religieuse de Achûra (célébrée le dixième jour du nouvel an musulman). La célébration des mariages peut également être une occasion d’écouter la dakka el Marrackchia où l’ambiance ne manquera pas d’être au rendez-vous.

La troupe est constituée de nombreux percussionnistes qui débutent par des chants évoquant les saints de la ville avec tous les compliments qu’ils méritent. Le caractère ample et majestueux de cette première phase, mené par le chef percussionniste rappelle un peu les danses de l’Ahwâsh.

La seconde phase (ou phase médiane) est simple, modérée et répétitive. Elle est un prélude à la modification du rythme attendu lors de la troisième et dernière phase de cette dakka, appelée Afûs (qui signifie main en berbère).

Durant cette étape finale, les artistes de la dakka s’emballent sous l’effet de la trompette populaire (ou nfîr) et parviennent à accentuer davantage cette ambiance de communion, de divertissement et de mysticisme qui vous charmera sans aucun doute.

Les Sahraouis du Sahara Occidental connaissent une caste de griots mais les circonstances ont énormément évolué, notamment à cause des guerres incessantes depuis 1958 (avec l’Espagne et le Maroc). Beaucoup de musiciens ont alors choisi de s’exprimer sans être membres de cette caste professionnelle, notamment pour répondre à l’urgence d’une expression engagée. La musique se joue sur luth tidinit et tambour t’bal – ce dernier étant joué par les femmes. Le tidinit a tendance à être remplacé par la guitare acoustique ou électrique accompagnée par d’autres instruments. Les femmes pratiquent encore beaucoup de chants sur les rythmes et les structures traditionnels, même si le jeu se fait sur guitare (une évolution comparable à celles des musiques maures et touarègues).

Cette musique et ses poèmes abordent les problèmes de l’homme sahraoui, ses coutumes et traditions. .

La ville d'Oujda du fait de sa proximité géographique et sa similtude de populations avec Oran sera la première ville du Royaume à recevoir le Raï des débuts et deviendra le berceau du Raï marocain. De nombreux échanges séculaires (immigration de travail ou d'études , mariages…) ont eu lieu entre les habitants d'Oujda et des algériens de l'Est (Oran, Tlemcen…).

La diaspora marocaine francophone a aussi importé dans le pays les variantes occidentales les plus abouties et les tubes du RAÏ écoutés en Europe. Moustapha Kazzar mieux connu sous le nom de Cheb Amrou est l'un des chanteurs de raï qui a le plus marqué la mémoire des marocains dans les années 1990. Abandonnant la musique suite à des problèmes de santé, il laisse un beau répertoire de Raï sentimental derrière lui. On peut également citer les frères Bouchnak.

Les artistes marocains confronteront leur art tardivement avec l'Occident contrairement aux Gnawa du Maroc qui avaient, très tôt, pleinement compris l'intérêt de la fusion avec les différentes courants musicaux occidentaux. Faute de leader, Le Raî marocain prend un certain retard sur la scène internationale et il faudra attendre Cheb Rayan ou le jeune franco-marocain chanteur Amine pour voir la variante Raî marocain gagner d'autres publics.

En Occident, Le terme RAÏ est parfois généralisé à des musiques orientales occidentalisées : citons le cas de la chanteuse Egypto-Belge Natacha Atlas, Le groupe Hispano-Marocain ALABINA, la Chanson "Salama ya Salama" de la chanteuse Italo-égyptienne Dalida ou encore les tubes de Chanteurs Turco-allemands ( tel que Tarkane). Avec d'autres courants musicaux arabo-musulmans, le Raï a participé au succès en Occident du métissage musical Orient-Occident.

Des artistes arabo-musulmans se sont appropriés les variantes Raï nées en Europe et l'ont transformé selon les spécificités culturelles et musicales de leur pays, comme cela se passe pour tous les genres musicaux.

Ces dernières années le Raï s'essouffle et certains chanteurs de Raï essaient de le revitaliser en allant vers le Jeel égyptien actuel, très populaire dans tout le Moyen Orient et qui gagne de plus en plus le Maroc.

Le terme Fusion désigne un mélange de musiques marocaines traditionnelles avec des courants musicaux internationaux : Jazz, blues, Reggae, Rap,Ragga, Rock....

Le Reggae fait son entrée au Maroc fin des années 1970 début des années 1980 avec un très fort succès auprès des jeunes des grandes villes du Maroc, en particulier à Casablanca. Depuis cette époque, on peut voir de nombreux jeunes portant des tenues ou bonnets aux couleurs de la Jamaïque ou avec une coiffure Rasta ; le reggae va naturellement entrer dans les compositions actuelles de fusion.

Le Ragga fait aujourd'hui la même percée que le Reggae auprès des jeunes citadins. Le public marocain semble friand des musiques à sonorité "AFRO".

À l'exemple de ses consœurs d'Occident (Pop Star, La nouvelle Star, la Star Académie), Studio 2M crée une nouvelle dynamique dans le champ musical jusqu'à lors relativement sclérosé et sujet à la répétition des styles plutôt qu'à la création. Cette révolution pacifique ne peut qu'être bénéfique sinon vitale à l'expression artistique marocaine en général et en particulier dans ce monde globalisé où les nombreuses productions artistiques arabes et occidentales entrent en concurrence.

Précisons qu'au Maroc, comme dans le reste du monde arabo-musulman, les femmes souhaitant faire carrière dans la musique ont longtemps été perçues comme des femmes aux mœurs légères.De nos jours au Maroc, avec la nouvelle scène marocaine et ce type d'émission, cette perception machiste tend à disparaitre en particulier dans les grandes villes.

Au Maroc, les artistes ont pendant très longtemps accordés beaucoup d'importance à la richesse des textes, ce qui a donné des chansons très longues aujourd'hui indiffusables dans leur intégralité dans les médias (en particulier en Occident) où un titre ne doit pas dépasser les 3 minutes.

La nouvelle génération va bouleverser ce schéma inadapté au monde musical actuel et reprendre parfois des textes en les modernisant. le message, (lorsqu'il existe dans des chansons engagées) est devenu plus important que le texte .

De même qu'en Occident , ces types d'émissions ouvrent le champ d'expression de la jeune génération et bouscule un peu la précédente chantant dans le style classique (en arabe littéraire poétisé et ancien).

Toutefois, les jeunes artistes du pays n'oublie pas l'ancienne génération de " musique marocaine à textes " représentée, entre autres par des artistes comme Abdelhadi Bel Khiyat ou Abdelhoueb Doukkali ; en effet, ces précédents artistes ont permis à la chanson nationale de trouver sa place et de s'affranchir de l'envahissante musique arabo-ottomane des artistes libano-égyptiens (Oum Keltoum, Farid El Atrache, Asmahane, Abdel Halim Hafez…) très largement diffusée dans tout le monde arabo-musulman.

L'Arabic Star Academy de la LBC est une émission regroupant de jeunes talents venant de tout le monde arabe. Elle est suivie par un large public du monde arabo-musulman ; ce programme de la chaine libanaise LBC fait naître de nouvelles vocations dans un monde arabe traditionaliste où les artistes ont généralement du mal à s'exprimer et où leur statut reste, pour une très large majorité d'entre eux, à définir.

Il faut espérer que ces émissions où l'on trouve de véritables talents ne créeront pas des artistes " élus produits de l'année " ou " Kleenex ".

Au Maroc (comme dans de nombreux autres pays) les Instituts Cervantès localisés dans différentes grandes villes du Royaume favorisent les divers échanges culturels entre l'Espagne et le Maroc.

Les histoires du Maroc et de l'Espagne s'étant à plusieurs reprises confondues (de L'Andalousie aux colonisations Espagnoles dans le Nord et le Sud du Pays), il est tout à fait logique que des interpénétrations artistiques aient lieu entre les 2 rives proches de la méditerranée.

Si aujourd'hui le Français après le Darija (arabe marocain), est la seconde langue la plus parlée, la langue espagnole la suit de très près (en particulier dans les anciennes zones occupées par l'Espagne au cours du XXe siècle). D'un point historique, l'Espagnol aurait dû être la seconde langue parlée du pays ; mais pour diverses raisons (économiques, stratégiques, philosophiques et affectives…), les autorités et les élites marocaines choisiront le Français en seconde langue.

Au Maroc,depuis de nombreuses années, divers groupes de musique arabo-andalouse ou de variétés collaborent avec des groupes de Flamenco ; les chants peuvent être en arabe ou en espagnol. Ces groupes participent en particulier aux Festivals annuels "Andaloussiyate" ou "Casandalouse".

De plus en plus de chanteurs marocains créent des titres dans différentes musiques latinas, en particulier sur des rythmes Flamenco ou de Salsa. Par ailleurs,depuis quelques années certaines BO de films marocains comportent des compositions latinas.

Le Maroc, comme de nombreux autres pays, découvrent la musique électronique dans les années 80 à travers les succès mondiaux de Jean Michel Jarre. La chanteuse marocaine Saïda Charaf va collaborer avec cet artiste.

Cette forme musicale avec Platines et/ou Computers se transforment avec de grands noms tel que Sinclair, David Guetta, David Vendetta, Martin Solveig, Laurent Wolf et commence à gagner le Maroc ; Ces artistes s'expriment en particulier, au moment du festival de musique actuelle de Casablanca : " Le Boulevard ".

Ces types de musiques peuvent être réalisées à la maison d'où leur nom de " House Music " grâce à l'existence sur le marché de nombreux logiciels musicaux et le prix de plus en plus abordable des ordinateurs.

Compte tenu des ambitions touristiques des autorités du pays, du nombre croissant de carnavals et le développement de sociétés d'événementiel, il est fort probable que d'ici peu de grands spectacles de musiques électroniques de type TECHNO PARADE feront leur apparition au Maroc sur le modèle des grandes manifestations électroniques organisées aux USA, en Europe ou à Ibiza.

La Tecktonic (à la fois style musical et danse) apparue en Occident dans les années 2000, connaît au Maroc un fort succès ; Ce nouveau genre participe d'une part, à la volonté de nombreux jeunes de faire de la musique électro-pop-rock et d'autre part, à l'installation du courant Rock et musique Electro dans le pays.

Avec le souffle de la démocratisation impulsée par l'arrivée du nouveau monarque, des artistes marocains se sont lancés dans le Heavy Metal et le Hard Rock dans les années 2000.

Le Rock'n Roll (fusion de Blues et Country), apparaît aux USA dans les années 1950 ; des artistes comme Elvis ou Gene Vincent feront fureur auprès de la jeunesse américaine ; Cette musique sera vivement critiquée par les conservateurs américains et sera boycottée par les médias US de l'époque. Elle sera reprise dans les années 1960 en France par des Chanteurs comme Johnny Hallyday, Eddy Mitchell ou Dick Rivers avec le même succès . De France, elle débarque dans les années 1960 au Maroc, principalement auprès de la jeunesse juive et musulmane de Casablanca. Cette musique sera diffusé dans de nombreux bars casablancais munis de Juke Box où les jeunes de l'époque se retrouvent pour danser et chanter .Un groupe casablancais nommé " les Golden Hands " reprendra ce style musical.

Le Rock (des Beatles, Téléphone, Rolling Stones, Pink Floyd, David Bowie, Bruce Springsteen), le Métal (des Trust, AC/DC, ZZ Top, Scorpion, Métallica) et le Punk (des Nina Hagen, The Sex Pistols, Patty Smith) nés en Occident entre les années 1950 à 1970 dégagent une forte énergie vitale et s'adressent donc à la jeunesse du monde entier. Ces musiques de transe ou défoulement occidental, l'aspect vestimentaire et le son de ce type de musique ont bien entendu choqué les conservateurs et les intégristes marocains ( à l'instar de leurs homologues réactionnaires occidentaux) qui ont vu dans cette musique une manifestation satanique. Voyant le danger pour son début de liberté chèrement gagnée, la jeunesse marocaine a manifesté de façon forte son soutien à ces artistes et à ces courants musicaux.

En la qualifiant de musique " sataniste", les conservateurs marocains furent loin de se douter qu'ils lui ont rendu le plus grand service. En effet, ils ont mis un coup de projecteur sur cette musique et de plus, l'histoire de la musique montre clairement que les jeunes générations sont très souvent attirées par les musiques de " rupture du cordon ombilical ", "de libération de l'expression", "de rites de passage à l'âge adulte".

Pour les jeunes marocains, ce type de musique est (comme pour leurs homologues européens des années 70 ) une façon de montrer leur désaccord et leur rejet d'une société figée, pleines de contractions et d'hypocrisies et où la parole d'un jeune n'a que peu de valeurs. Somme toute, ces jeunes dénoncent au Maroc des traits et des travers que l'on rencontre dans la totalité des pays arabo-musulmans.

Ces jeunes artistes connaissent moins de succès que les rappeurs en dépit des débuts prometteurs au Festival "Le Boulevard" de Casablanca de groupes de Rock/métal comme Reborn , Nekros, Overdose, Syncop, Glam Insane , Mystic Moods ; toutefois, leur influence rock sur les autres courants musicaux du pays est incontestable ( solo de guitare électrique , de batteries). Cela est très probablement dû au fait que les artistes marocains de ce genre musical n'ont pas encore trouvé la bonne fusion Rock-Métal-musiques marocaines qui peut " parler " au public marocain.

Précisons qu'à ce jour seul le groupe Haoussa a réussi à donner au style Rock-Punk sa couleur " Maroc ", ce qui explique probablement la raison pour laquelle le public marocain adhère.

En France, le chanteur de Rock franco-algérien Rachid Taha (ancien membre du groupe Carte de Séjour) a créé un Rock maghrébin et, son titre "Rock the Casbah" avec "les Clash " a fait le tour du monde.

Au Maroc, il existe des manifestations musicales de Jazz tel que Jazz in Ryiad, le Festival de Jazz de Casablanca inauguré en 2001 ou le Festival Jazz de Rabat inauguré en 1998. Des sonorités Jazz et Blues sont de plus en plus présents dans certains morceaux ou compositions de fusion, en premier lieu dans les diverses fusions Jazz-Blues-Gnawa.

Les marocains ont découvert le Disco et le Funck dans les années 1980 en particulier suite à des émissions de la radio MEDI-1 présenté par le célèbre présentateur casablancais de l'époque " Foued " et par les discothèques des grandes villes balnéaires. Toutefois, les circonstances sociologiques et médiatiques du Maroc des années 1970-1980 ne permettent pas à des musiciens et artistes marocains de s'emparer de cette musique.

À cette même période, les jeunes marocains résidant en Europe ne juraient que par ces musiques festives : Disco, Funck, Soul, R'nB (Rythm and Blues) : Abba, les Bee Gees, Boney M, James Brown, George Benson, Stevie Wonder, Mickael Jackson et les Jackson Five, Marvin Gaye, Barry White, Kool and the Gang, Imagination, Shalamar, Diana Ross, Donna Summer…

En Occident de nombreux artistes et rappeurs reprendront avec une nouvelle orchestration (Remix, Fusion)les titres les plus connus de ces musiques afro-américaines. Les Remix constituent dans le monde musical international un véritable marché. Ils ont sorti de l'ombre de nombreux artistes.

Depuis peu des artistes marocains chantent avec succès en Darija sur des tubes de musiques Soul-RnB. Ces artistes reprennent une méthode qui a été très utilisée par des artistes français ou européens qui doivent une grande partie de leur succès à des reprises de tubes américains ou de standarts internationaux de Twist, Rock, Disco, Jazz, Bossa Nova, Tango etc. (tel que Claude François, Sylvie Vartan, Françoise Hardy…). Cette méthode a permis aux artistes européens de s'approprier les tubes venus des USA au lieu de les subir et, en fin de compte pour mieux s'en affranchir des années plus tard.

Même si Internet (avec le téléchargement illégal) et la copie illégale (de CD et DVD) mettent en péril la création artistique numérique (musique et films), internet sera aussi un formidable média de diffusion directe des œuvres du créateur vers le public du monde entier. Précisons qu'avant internet, le piratage existait déjà avec les copies de cassettes (audio et vidéo) et tout particulièrement au Maroc ainsi que dans de nombreux pays pauvres d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique Latine.

En Occident, les maisons de disques lutteront contre ce phénomène en proposant : des téléchargements de titres au choix à 1 euro l'unité , des CD et DVD non " piratables ", un arsenal juridique dissuasif et répressif contre le téléchargement illégal et le piratage, et enfin des CD et DVD avec un packaging rare et de qualité.

En Occident, internet sera un magnifique outil de promotion pour les artistes bien installés comme pour les nouveaux artistes entrant ; ainsi un chanteur comme Kamini (comme beaucoup d'autres avant lui) en France fera son entrée sur la scène musicale française grâce à la diffusion gratuite sur internet de son titre " Marly Gomont " ; Grâce à internet de nombreux artistes ont été repérés par des maisons de disque. Aujourd'hui, la quasi totalité des artistes occidentaux ( musiciens, écrivains, peintres, comédiens etc.) ont leur site internet.

S'inspirant de ce qui se fait en Occident , les artistes de la nouvelle scène marocaine (et en premier lieu les artistes de Rap marocain) ont vite compris l'intérêt de ce type de média dans la diffusion et la promotion de leurs créations. Certains jeunes artistes marocains, conscients du faible pouvoir d'achat des marocains, proposeront certains de leurs titres gratuitement sur Internet au public marocain et mondial afin de mieux se faire connaître ; Grâce aux succès de leurs compositions, ces artistes sont réclamés par le public marocain ; ils gagnent leur vie grâce à leur passage incontournable dans les médias, aux droits d'auteurs, aux concerts privés ou publiques et aux produits dérivés qu'ils proposent à leurs fans (pochettes, T Shirt…).

Si l'outil internet est bien exploité par la jeune génération, tous les artistes marocains de la précédente génération ne s'est pas encore vraiment emparée de ce formidable outil promotionnel ; toutefois, des jeunes férus d'informatique d'origine marocaine font indirectement et gratuitement leur publicité dans leur site ou leur blog.

L'OPM a été créé en 1996 par l'initiative de musiciens marocains désireux de doter le Maroc d'une formation symphonique de qualité, à leur tête le Président Fondateur et violon solo Farid Bensaïd.

La place de la musique dans les œuvres cinématographiques est fondamentale : elle permet d'accompagner ou de renforcer le jeu des acteurs et peut au contraire desservir le film et nuire aux jeux des comédiens lorsqu'elle est mal faite ou mal programmée.De plus, elle permet au public de se souvenir, bien des années après la diffusion, de scènes ou des acteurs du film.

À cela il faut ajouter que de nombreuses bandes originales (BO) de films ou de téléfilms ont suivi leur propre chemin dans le champ musical général, faisant ainsi de la promotion pour le film bien des années après sa diffusion.

Le cinéma marocain est souvent récompensé dans les plus grands festivals de films arabes ce qui démontre d'une part que (contrairement à ce que de nombreux marocains pensent) la darija peut également (avec ou sans sous-titrage) s'exporter dans les autres pays arabes (au même titre que le fort accent et la darija des séries et films égyptiens) et d'autre part que l'ouverture démocratique dans un pays est un catalyseur puissant dans les diverses créations artistiques et culturelles. En 2004, 2 films marocains ont été sélectionnés au Festival du film de Cannes : "Derb Moulay Cherif" de Hassan Benjelloun et "À Casablanca les anges ne volent pas" de Mohammed Asli. Inspiré de faits réels, le film de Hassan Benjelloun a été projeté dans le cadre de la section Francophonie, alors que celui de Mohamed Asli a été retenu dans la sélection de la Semaine Internationale de la Critique, la plus ancienne section parallèle du Festival de Cannes .

En dépit du net et récent progrès de la production et de la qualité des oeuvres cinématographiques marocaines (en particulier sous l'impulsion du Festival international du Film de Marrakech et de la collaborations avec des artistes occidentaux), la place de la musique de films reste encore une piste à défricher.

À ce jour, les BO de films, de téléfilms ou de séries marocaines ne sont ni commercialisées ni regroupées sous forme de CD proposés au public, contrairement en Occident où cette pratique commerciale (avec celle des produits dérivés) est, depuis des décennies, monnaie courante. De ce fait, les marocains de la diaspora et les étrangers d'une façon plus générale ont difficilement la possibilité de consommer les productions artistiques du pays faute d'un circuit de distribution adapté et performant.

Il faut également noté que les films euro-marocains (avec des acteurs marocains, euro-marocains et occidentaux ) passent souvent dans les salles ou dans les médias TV en Europe. Ces films sont bien construits sur le plan musical (exemples : "Alfaouine l'enfant des terrasses", "Astérix en Égypte de Chabah", "Iznogood de M Young" , "Ali Baba de Jugnot", "il était une fois dans l'oued de Bensallah"…).

Actuellement les plus importants festivals arabes de films sont ceux de Marrakech, d'Alexandrie et de Dubaï ; le Festival international du Film de Marrakech doit sa réputation internationale à la qualité des membres du jury (composé d'acteurs, réalisateurs et producteurs internationalement connus) et à la qualité de son organisation.

En plus du festival de Marrakech on trouve aussi au Maroc le Festival du film africain de Khouribga, le Festival du film de Tanger, le festival du film documentaire d'Agadir, le Festival national du film et le festival national du film amazigh (berbère).

Pour des raisons financières, certaines productions marocaines (en particulier les téléfilms) ne font malheureusement pas suffisamment appels aux nombreux orchestres, compositeurs et artistes marocains.

Dans ce monde globalisé où les cultures entrent en concurrence et où certaines d'entre elles risquent de disparaître, les autorités culturelles du pays, conscientes du danger, se sont dotées récemment d'une industrie du Film (en omettant de faire la même chose pour la musique , la littérature, la BD, les livres jeunesse etc. En dépit des divers atouts du Maroc, on constate que les autorités culturelles du pays et les ministres de la culture successifs ont jusqu'à présent briller par leur inertie (en terme de projets innovants, ambitieux, commercialement offensifs ainsi qu'en terme de communications ou promotions nationales et internationales). En Europe, les États avaient réagi face à l'hégémonie des films et musiques américaines en mettant en place la notion d'exception culturelle pour trouver le bon équilibre entre productions étrangères et productions nationales ; en effet, un pays qui impose son cinéma ou sa musique impose fatalement et indirectement son mode de vie, sa vision du monde ou sa culture.

La création récente l'école du cinéma de Marrakech et le renouveau de la nouvelle scène marocaine vont très certainement donner à la musique de Film sa véritable place dans les œuvres cinématographiques marocaines dont l'avenir sont d'être diffusées dans des salles du monde arabe et occidental.

Il n'existe pas encore au Maroc, à ce jour, de spectacles musicaux du type Starmania (Québec-France, années 1970), Hair (USA, années 1970), West Side Story (USA, années 1960), Notre Dame de Paris (France, années 2000), le Roi Soleil (France, années 2000)… Dans le monde arabe, aujourd'hui seul le Liban produit des spectacles de ce type.

Ces spectacles liant musiques et danses sont soit des fictions soit des reprises de livres ou de contes et connaissent en Occident un énorme succès.

Au Maroc, les spectacles musicaux existant, sont sous forme de pièces de théâtre musicales.

Si la danse du ventre (dont des textes bibliques font déjà état à l'époque du prophète Moïse et dont les cinéastes égyptiens du 20ème siècle se sont emparés au détriment du reste du monde arabo-musulman), est très connue et appréciée dans le monde entier, les danses et musiques marocaines sont relativement connues dans le monde arabe et peu en Occident.

Les danses du Maroc sont nombreuses et diverses ; Depuis quelques années , la troupe de la danseuse et chorégraphe marocaine Nawal Benabdellah (la Compagnie Nawal) les présente au public du monde arabe avec un très net succès (voir liens externes).

Depuis peu, il existe les Folie's de Marrakech : Cet établissement propose des spectacles dansants et musicaux sur le modèle des "Folies Bergères " de Paris.

Les publics arabes sont souvent agréablement étonnés par la diversité de l'habillement, des danses et des musiques ainsi que du balayage des cheveux et des " derdigues " (frappes des pieds sur le sol ou sur des caisses de résonance) lors des représentations marocaines.

Au Maroc il existe depuis peu des manifestations pour enfants dans certaines grandes villes du Royaume. On trouve aussi des émissions TV et de très rares productions de livres ou BD pour les enfants ; En revanche il n'existe pas encore de productions nationales de disques ou de dessins animés.

La Fédération Marocaine des Cultures Urbaines s'organise pour aider la jeune création artistique à se promouvoir à travers un réseau national s'articulant à travers plusieurs associations sur le territoire marocain. La Fédération propose un site sur la législation culturelle au Maroc afin de mieux accompagner les artistes. Elle est affiliée à la Fédération Française des Cultures Urbaines.

Les marocains nomment " Moussika Charkiya " les musiques venant du moyen orient.

Le vidéoclip est depuis des décennies un outil incontournable dans la promotion d'un chanteur ou d'un groupe. Ces courts métrages (réalisés parfois par des professionnels du cinéma ou par des amateurs du 7e art) sont récompensés dans de nombreux prix musicaux à travers le monde. Au Maroc, des émissions de type Top 50 et des sites Internet se sont spécialisées dans la diffusion de vidéoclips. De plus, de nombreux artistes proposent leurs vidéoclips sur leur site internet.

En 2006, avec le soutien de divers sponsors, fut créé au Maroc par de jeunes étudiants (en communication) visionnaires le Maghrib Music Awards  ; il récompense les différents artistes marocains de la nouvelle scène marocaine (Rap, Rock, Métal, DJ, MC etc.). Les prix sont attribués en fonction du résultat de votes d'internautes.

Les prix, de l'ordre de 9, consacrent : le meilleur album, le meilleur titre, le meilleur vidéoclip , pour les différents styles musicaux ainsi que la révélation de l'année et le coup de cœur du public.

Le foisonnement d'évènements de cette envergure fait grand bien à la diversité culturelle et encourage la multiplicité des talents que le royaume recèle.

Il est fort à parier que bientôt naitra au Maroc un " 2M Music Awards " sur le modèle du " NRJ Music Awards " Français compte tenu de l'implication de cette " TV-Radio-Magazine " dans le champ musical du Maroc.

Lancée en 1982 par le directeur de la musique Maurice Fleuret et popularisée par son ministre Jack Lang, la Fête de la musique se déroule tous les 21 juin dans environ 130 pays et 400 villes sur les cinq continents, dont New York ou Amsterdam pour la première fois.

Au Maroc, certaines grandes localités (tel que Casablanca, Kénitra, El Jadida) organisent cette fête internationale de la musique mais sans pour autant défendre la jeune création artistique.

Depuis plusieurs années, les autorités culturelles réalisent les atouts des spectacles et concerts, le plus souvent gratuits ; en effet, ces manifestations présentent de nombreux avantages et démontrent que tout investissement (même minime) dans les diverses composantes du patrimoine culturel du pays est source de retombées locales, régionales ou nationales significatives.

Intérêts : Faire connaître aux marocains les nombreuses facettes de leur patrimoine musical ainsi que celles venant du monde entier , Faire connaître au monde les différentes musiques et cultures du Maroc. Promouvoir les artistes, techniciens du spectacle et musiciens marocains, Permettre des échanges entre les artistes du monde entier (fusion), Désenclaver et dynamiser culturellement et sociologiquement une localité, Promouvoir une région sur un plan touristico-économique…

Depuis plusieurs décennies, de nombreux instruments de musiques modernes ou classiques venus d'Occident et exotiques venus de différents continents (Océanie, Amérique Latine, Afrique…) sont entrés dans les compositions musicales marocaines et les ont enrichies. Ce phénomène s'est renforcé avec la fusion.

L'avènement de Radios sur Internet ADSL permet au public marocain d'écouter des stations du monde entier.

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Fêtes, coutumes et jours fériés en Suisse

Klausjagen à Küssnacht

Les fêtes, coutumes et jours fériés en Suisse, pays multiculturel, ont des racines variées en raison de sa diversité linguistique et religieuse ainsi que de son organisation territoriale.

On compte des fêtes religieuses, historiques et sociales. La plupart des célébrations ont un cycle annuel selon le rythme des saisons et des travaux agricoles, les fêtes religieuses selon le rythme de l'année liturgique. Au bas Moyen Âge et au début de l'époque moderne, on comptait plus de cent jours fériés en Suisse. Ce nombre s'est considérablement réduit avec la Réforme puis les Lumières catholiques et l'industrialisation. Les rites et fêtes qui accompagnent l'individu dans ses changements de statut social tel que baptême, confirmation et mariage, qui définissaient autrefois le rôle de l'individu dans la communauté, ont maintenant uniquement lieu dans le cercle privé où le public n'est éventuellement admis qu'en spectateur. Au XXe siècle apparaissent les motifs commerciaux, comme la fête des mères.

La plupart des fêtes sont locales ou régionales mais certaines sont célébrées dans toute la Suisse comme la fête nationale suisse, le jeûne qui est fédéral excepté à Genève, ou les principales fêtes religieuses.

Les expositions nationales suisses ont lieu tous les vingt-cinq ans environ. Elles sont le « miroir » de la société suisse à un moment donné. La présentation de produits et marchandises est effectuée avec une mise en scène de la nation dans le but de rassembler et de répondre aux attentes socio-politiques des visiteurs autour de thèmes choisis.

Les fêtes fédérales telles que les fêtes fédérales de tir, de chant, de gymnastique, de lutte et de yodel ont lieu tous les trois ans environ à chaque fois dans un lieu différent.

Les jeux nationaux ont des composantes sportives et traditionnelles. Ils se pratiquent notamment lors de fêtes fédérales ou cantonales et lors de la fête d'Unspunnen. Il s'agit de la lutte suisse, du lancer de la pierre et du Hornuss. La pratique du tir est élevée au rang de sport national. En plus des obligations de tir prévues dans le cadre du service militaire, on trouve donc de nombreuses fêtes de tir lors de fêtes locales liées à des commémorations de batailles, organisées par des sociétés patriotiques, et lors des fêtes cantonales et fédérales.

La musique folklorique jouée lors de fêtes comprend notamment le yodel qui est une technique de chant. Les carnavals ont leurs propres styles musicaux : les cliques et les groupes de Guggenmusik.

Parmi les fêtes mettant en scène le règne animal, on trouve les combats de reines , une coutume alpestre valaisanne, la Poya en Gruyère et le Marché-concours de Saignelégier.

Les jours fériés sont de la compétence des cantons. Ils déterminent eux-même leur propres jours fériés ainsi à côté des principales fêtes communes à tous les cantons certains jours fériés locaux diffèrent selon les cantons, voire entre communes d'un même canton.

Dans l'Antiquité, bien que l'on ignore quelles fêtes publiques et privées étaient célébrées sur le territoire de la Suisse à l'époque romaine (Ier siècle-IVe siècle), les saturnales (17-23 décembre), qui clôturaient les travaux des champs étaient certainement célébrées de même que l'existence d'amphithéâtres (Augusta Raurica et Aventicum par exemple) laisse supposer que des jeux publics et des spectacles avaient lieu. Des fêtes privées comme la première taille de la barbe, l'anniversaire des divinités protectrices des corporations, les vinalia (en l'honneur de Vénus) et floralia (en l'honneur de Flore, la déesse du printemps) par exemple.

Au bas Moyen Âge, la religion était primordiale et se manifestait notamment par la présence de nombreux cultes des saints et pèlerinages. Le peuple se divertissait lors des foires annuelles.

Dès le XVIe siècle apparurent les fêtes des sociétés de tir. En ville, les fêtes des corporations et des confréries contribuaient à l'affirmation du pouvoir local. À la campagne, les veillées offraient aux jeunes gens des occasions de se rencontrer et de courtiser les jeunes filles. Dans les villages, les fêtes étaient souvent organisées par les sociétés de jeunesse.

Au début du XIXe siècle apparaissent des fêtes s'inspirant des célébrations révolutionnaires françaises (Arbres de la liberté, Banquets). On entreprit aussi de sauver d'anciennes coutumes menacées, par exemple en organisant, dans un esprit folkloriste et déjà touristique, les fêtes de bergers d'Unspunnen de 1805 et 1808, avec lancers de pierre, lutte, cor des Alpes, yodel et chansons populaires.

Les fêtes patriotiques apparaissent au XIXe siècle : on célèbre les héros de la Suisse primitive (Guillaume Tell par exemple) et des commémorations de batailles accompagnés de spectacles populaires (Festspiel) qui bâtirent un mythe historique contribuant à l'édification d'une identité nationale moderne. Par exemple le demi-millénaire de la commémoration de la bataille de Sempach, en 1886, fût une grande fête nationale comprenant un énorme spectacle historique. Cette commémoration fût un modèle pour la future première fête nationale du 1er août instituée en 1891.

Au XXe siècle d'autres groupes sociaux se renforcent, comme le mouvement ouvrier, qui instaure la fête du Premier mai après 1889. Durant les années 1920 apparaissent des musiques et des danses venues des États-Unis. La période de crise et de la Deuxième Guerre mondiale qui suivra se place sous le signe de l'Exposition nationale de 1939 avec le souhait d'un ancrage idéologique solide. Des fêtes confessionnelles comme les Journées catholiques (1903-1954) virent le jour. L'essor économique des années 1950 et 1960 permit le développement de fêtes de village et de quartier. À partir des années 1960 apparaissent les grands concerts des festivals en plein air. La Street Parade de Zurich (dès 1992) attire des centaines de milliers de participants.

La fête nationale suisse se réfère à l'acte fondateur de la Confédération de 1291 conclu par les représentants des trois cantons primitifs : Uri, Schwytz, Nidwald, (par la suite rejoint par Obwald). Ce document n'est redécouvert qu'au XVIIIe siècle siècle et la fête du 1er août n'est célébrée que depuis 1891, à l'occasion de la commémoration du 600ème anniversaire du pacte de 1291 qui est alors choisi comme acte fondateur plutôt que le serment de 1307. La date du 1er août est déterminée ainsi car ce pacte qui renouvelle une alliance a été signé au début du mois d'août (date précise inconnue). La fête nationale de 1891 est initialement prévue comme événement unique. C'est sous la pression des suisses de l'étranger que l'on commence, à partir de 1899, à la célébrer annuellement.

Le 1er août chaque commune organise à la tombée de la nuit feu de joie, cortège aux lampions et allocutions. Éventuellement un feu d'artifice. Le feu de joie évoque les signaux utilisés autrefois comme moyen visuel de transmission. Il est également célébré sur la prairie du Grütli, le lieu légendaire où les premiers Confédérés se sont réunis lors de leur conjuration contre les baillis autrichiens et ont prêté le Serment du Grütli.

Le 1er août est un jour férié officiel dans toute la Suisse depuis 1994 seulement. En effet, jusqu'alors c'était un jour ouvrable, seuls quelques cantons (Zurich, Schaffhouse et Tessin) considérèrent cette journée comme fête légale, les autres cantons considérant uniquement un demi-jour férié. Une initiative populaire est lancée en 1991, lors du 700ème anniversaire afin de rendre le 1er août férié dans toute la Suisse. L'initiative est acceptée le 26 septembre 1993 par votation.

Dans les premiers mois de la République helvétique, en 1798, apparut l'idée d'une fête nationale suisse. Cette fête devant illustrer la république et la démocratie elle était à la fois solennelle et patriotique, concours et fête populaire.

Les fêtes fédérales du XIXe siècle comme les fêtes fédérales de tir, les fêtes fédérales de chant et les fêtes fédérales de gymnastique devinrent de véritables fêtes nationales. Tenues à intervalles réguliers et à chaque fois dans un autre lieu, elles étaient à l'image des structures fédérales de la Suisse. Elles étaient essentiellement des manifestations de la bourgeoisie radicale, excluant largement les catholiques conservateurs qui avaient perdu la guerre du Sonderbund ainsi que les ouvriers, les femmes et dans certains cas même les Romands et les Tessinois.

La première fête fédérale de tir eut lieu en 1824 à Aarau. Elle se répéta tous les deux ans environ.

Les premières fêtes de gymnastique et de chant datent de 1832 et 1843. Comme les fêtes de tir, seuls les hommes y participaient, les femmes étaient admises en qualité de spectatrices. Ces fêtes imaginées par la société bourgeoise démocratique se tenaient dans une grande halle servant de cathédrale au culte national. Banquet, discours, chants entonnés par l'assemblée et toasts à la patrie, faisaient partie du programme.

Après 1848, dans un esprit de réconciliation nationale après la guerre du Sonderbund, les fêtes fédérales commencent à intégrer les différentes langues et confessions. Ces grandes manifestations attirent des milliers de personnes et touchent de larges couches de la population, au-delà du cercle restreint et masculin qui seul pouvait y participer activement. Les associations ouvrières appelèrent leurs fêtes « suisses » plutôt que « fédérales » afin de se démarquer des sociétés établies.

Ensuite apparut la fête de la Société fédérale de musique dès 1864, la fête de l'Association fédérale de lutte suisse (Fête fédérale de lutte suisse) de la fête de la Société des pontonniers dès 1894 et celle des joueurs de hornuss dès 1903.

Vers 1900, ces fêtes durent s'adapter à l'évolution de la société. Le côté célébration et l'aspect culte patriotique tend à disparaître au seul profit de l'aspect concours.

Après la Seconde Guerre mondiale, la domination masculine est remise en cause. La participation féminine se fit par étapes, comme pour les droits politiques. Des femmes furent admises en 1910 aux concours de tir mais seulement en 1972 pour la journée suisse de gymnastique féminine et en 1982 pour les fêtes de chant. Cette nouvelle orientation entraîna la fusion des associations masculines et féminines.

Des associations vouées aux traditions populaires ont repris l'idée de fête fédérale : l'Association fédérale des yodleurs dès 1924 avec la Fête fédérale des yodleurs qui a lieu tous les trois ans, la Fédération nationale des Costumes suisses dès 1926 et l'Association suisse des amis de la musique populaire dès 1971. Leurs fêtes constituent de grands rendez-vous de la culture populaire suisse.

Lors de ces fêtes, notamment celle de yodel, se produisent joueurs de cor des Alpes et lanceurs de drapeaux.

Les jeux nationaux sont à la fois sportifs et traditionnels, il s'agit de la lutte suisse, du lancer de la pierre et du « hornuss ».

Ces trois épreuves sont, à l'origine, des joutes existantes au bas Moyen Âge essentiellement populaires dans les régions alpines. De tels jeux étaient organisés, par exemple, lors de dédicaces d'églises, de fêtes de tir ou de montée à l'alpage.

Après un repli dans l'Entlebuch, l'Emmental et la vallée du Hasli aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle la pratique de la lutte suisse et du hornuss se développa de nouveau avec les fêtes d'Unspunnen, en 1805 et 1808, qui ont été créées dans la foulée du mouvement de renouveau patriotique de la République helvétique et de la Médiation dans le but de redonner un rayonnement suprarégional à ces jeux dits de bergers.

La lutte suisse qui se fit connaître dans le milieu des gymnastes figurait avec le lancer de la pierre au programme de la fête fédérale de gymnastique de 1855 à Lausanne.

En 2005, l'Association fédérale de lutte suisse (AFLS) est forte de 5 100 membres et l'Association fédérale de hornuss de 8 000 membres.

La lutte suisse (en allemand : « Ringen und Schwingen »). Dès la réforme, dans l'ancienne Confédération, la lutte était fréquente et on en distinguait deux formes : la première qui apparaît déjà sur des illustrations du XIIIe siècle comporte la saisie de l'adversaire par les habits (typique du Schwingen) et la seconde, attestée depuis 1600 environ, la « lutte à la culotte » est spécifique à la culture des bergers d'alpage.

Les représentants de différentes communautés s'affrontaient lors de rencontres annuelles, le plus souvent sur un alpage. Ces fêtes de lutte alpestres (« Bergschwinget ») avaient souvent lieu en même temps que la fête de l'alpage. Elles se déroulaient notamment dans la vallée du Hasli et dans l'Entlebuch, sur l'alpe de Seewen, l'Axalp, l'Engstlenalp, la Balisalp, au Brünig ainsi que dans la région limitrophe entre les cantons de Fribourg et de Berne donc en partie en Suisse romande.

Le lancer de la pierre. En 1472, lors de la fête de tir de Zurich, on lançait la pierre selon trois catégories de poids (15, 30 et 50 livres). Le lancer de pierre se pratiquait en ville comme à la campagne. La discipline est intégrée aux épreuves de bergers. Des récits de voyage du XVIIIe siècle attestent sa présence en Appenzell, à Glaris et à Schwytz et ces textes expliquent que les pierres pesaient entre 100 et 200 livres, qu'elles étaient lancées avec ou sans élan, d'une main ou des deux, en direction d'un but ou le plus loin possible. Lors des fêtes d'Unspunnen de 1805 et 1808, on utilisa un bloc erratique de 83,5 kg, dont une réplique fut utilisée dès 1905, tant à Unspunnen que lors des fêtes fédérales de lutte suisse.

Le « hornuss ». Le « hornuss » est un jeu de batte qui apparaît peu après 1600. On le trouve d'abord dans l'Emmental. Il s'agissait de lancer un projectile (os, racine) dans une aire délimitée, en le frappant avec une baguette souple, les joueurs du camp adverse devant l'intercepter avec une palette qu'ils tenaient ou jetaient en l'air. Le « hornuss » se rattache à d'anciens jeux guerriers où les palettes servaient de bouclier. Au XXIe siècle, ce sport d'équipe se pratique surtout dans le canton de Berne. Le frappeur utilise une tige flexible nommée fouet pour propulser un palet en matière synthétique de 78 g, le hornuss, posé sur une rampe de lancement, le « bock », en direction du camp adverse qui essaie d'intercepter le « hornuss » au moyen de palettes tenues ou lancées.

Dès le XVe siècle des concours de tir à l'arc, à l'arbalète puis à l'arquebuse se pratiquaient lors de dédicaces d'églises ou de concours régionaux par les abbayes, confréries ayant un caractère religieux. Cette pratique déclina au XVIIIe siècle pour se développer de nouveau à partir de 1817 : le premier règlement militaire de la Confédération renouvela la pratique du tir en l'élevant au rang de sport national et de symbole de l'unité nationale. De nombreuses sociétés de tir se reforment, de nouvelles se constituent et les fêtes de tir renaissent. La première fête fédérale de tir eut lieu à Aarau en 1824. En plus des obligations de tir prévues dans le cadre du service militaire, on trouve donc de nombreuses fêtes de tir lors de fêtes locales liées à des commémorations de batailles et lors des fêtes cantonales et fédérales de tir. Les fêtes de tir sont souvent marquées par la participation de la jeunesse afin de leur inculquer les disciplines de tir.

Quelques fêtes de tir et fêtes de la jeunesse : Les abbayes de Montreux et Nyon, le Knabenschiessen à Zurich, l'Ausschiesset à Thoune, le Stecklitragen à Wil et le Tir du Grütli.

Avec la création de sociétés patriotiques, les fêtes commémoratives de batailles ont participé à la diffusion d'une conscience nationale dans la population à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle ce qui était inexistant auparavant. Sous la République helvétique il y eut plusieurs propositions pour transformer d'anciennes fêtes ou en créer de nouvelles évoquant surtout les victoires. Les mouvements libéraux du début du XIXe siècle ont créé des sociétés nationales telle que la Société de Sempach, fondée en 1821 dans le but d'exalter l'unité de la Suisse et l'amour de la patrie. Cette société célébrait des fêtes commémoratives alternativement sur différents sites de bataille. On trouve de nombreuses chapelles commémoratives des batailles de l'ancienne Confédération.

Le XIXe siècle est une époque de progrès et de mutations sociales rapides et les célébrations de centenaires de l'histoire suisse en furent des contrepoids, tel que le 500e anniversaire de la bataille de Morgarten en 1815, le 400e de la Ligue grise en 1824, le 500e anniversaire de la bataille de Laupen en 1839, le 400e de la bataille de Saint-Jacques-sur-la-Birse en 1844, le 500e de la bataille de Sempach en 1886.

Les « Festspiel » sont des tableaux vivants représentant les événements clés de l'histoire nationale et militaire. Ils connurent leur apogée entre 1886 et 1914. Le premier Festspiel eu lieu à Sempach en 1886 à l'occasion du 500e anniversaire de la bataille puis, en 1891, à l'occasion de la commémoration du 600e anniversaire du pacte de 1291 à Schwytz. Des publications d'écrits et de journaux et dans certains cas l'érection de monuments ou des tirs, tels ceux de Morgarten (dès 1912), de Morat (dès 1930) et de Dornach complètent les éléments anciens et sacrés des commémorations.

Les centenaires de la Réforme (dès 1828/1829 selon les lieux) sont également célébrés puis, vers 1900, plusieurs cantons (Thurgovie, Tessin, Vaud) fêtèrent le premier siècle de leur souveraineté.

La commémoration de la bataille de Sempach (9 juillet 1386) est célébrée dès l'année suivante. En 1387, la ville de Lucerne dédie une chapelle à la mémoire des soldats et une cérémonie avait lieu chaque année lors de cette fête religieuse. Dès 1820, participent également les associations locales. On honore Arnold von Winkelried et on érige une stèle du souvenir en 1864. Dès lors, la cérémonie devient civile et comprend un cortège entre Sempach et le lieu de la bataille. Une épreuve de tir est ajoutée à partir de 1919 (le Tir de Sempach).

La commémoration historique de la bataille de Morat (22 juin 1476). Chaque année entre 1485 et 1798, date de la destruction de la chapelle lors de l'occupation française, s'est déroulée une commémoration solennelle. Un obélisque commémoratif de la bataille est érigé en 1821. Au XXIe siècle, la ville de Morat organise les festivités le 22 juin (la veille si le 22 est un dimanche). Après la couronne déposée le matin au pied du monument, un cortège formé d'écoliers et des autorités civiles parcourt les rues jusqu'à l'église pour une cérémonie. L'après-midi se déroulent tirs à l'arbalète et danses. Le dimanche qui suit a lieu le Tir historique de Morat. À Fribourg se tient le dimanche précédent le 22 juin une messe solennelle en la cathédrale Saint-Nicolas. À Fribourg encore, on a planté un tilleul à l'emplacement où le messager porteur de la nouvelle de la victoire s'est effondré. La course pédestre Morat – Fribourg est une grande classique qui a lieu en automne et reprend le tracé du messager.

Quelques autres commémorations traditionnelles : les pèlerinages de Näfels, de Stoss, de Morgarten, la fête de Dornach, L'Escalade de Genève, la Restauration de Genève, la fête de la Constitution à Neuchâtel, les Landsgemeinde et les Mistralia de Disentis.

Les expositions nationales suisses sont des expositions ayant lieu tous les vingt-cinq ans environ.

Nées sous l'impulsion de comités et associations économiques locales, elles s'inspirent de foires économiques locales et cantonales mais ne correspondent pas à la définition traditionnelle. En effet, la présentation des produits et marchandises est effectuée avec une mise en scène de la nation dans le but de rassembler et de répondre aux attentes socio-politiques des visiteurs autour de thèmes choisis. La présentation des produits et marchandises tend à disparaître au fil des éditions. Les expositions nationales sont ainsi le « miroir » de la société suisse à un moment donné.

Officiellement, la première exposition nationale est celle de Zurich en 1883. Les suivantes eurent lieu en 1896 à Genève, en 1914 à Berne, en 1939 à Zurich, en 1964 à Lausanne et en 2002 à Bienne, Neuchâtel, Yverdon-les-Bains et Morat.

Au XVIe siècle siècle, les cantons réformés instituent des journées de prière et de pénitence hebdomadaires ou mensuelles en raison des épidémies de peste et des disettes (Bâle en 1541, Zurich en 1571, Berne en 1577). Genève avait institué dès 1567 un jour de jeûne et de prière, répété irrégulièrement, au gré de l'actualité locale. Dès 1643, les cantons catholiques instituèrent eux aussi des journées de recueillement et de prière.

La Diète fédérale fixa un jour de jeûne célébré pour la première fois en commun par les cantons catholiques et protestants, ainsi le premier Jeûne fédéral est célébré dans toute la Suisse le 8 septembre 1796. Ensuite pendant la République helvétique, sous l’Acte de médiation et sous la Restauration, le jeûne est maintenu même si catholiques et protestants choisissent des jours différents.

En 1832, sur proposition du canton d'Argovie, le Jeûne fédéral a été décrété « jour d’action de grâces, de pénitence et de prière pour toute la Confédération helvétique » par la Diète fédérale. Il est fixé au troisième dimanche de septembre. Le canton de Genève continue d'observer sa propre date de jeûne, le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre (il est appelé Jeûne genevois).

Une sélection de fêtes et coutumes.

Le Klausjagen de Küssnacht (la chasse à Nicolas) a lieu le soir de la veille de la Saint-Nicolas, le 5 décembre. Un cortège accompagnant Saint Nicolas lors de son passage à travers le village est composé des Geisselklepfer qui font claquer les fouets puis des Iffelträger (porteurs de mitre épiscopales en carton) défilent avec leurs coiffes ajourées et éclairées de l'intérieur par des bougies suivis par Saint-Nicolas et un tintamarre de cloches, grelots et cors. Cette coutume d'origine païenne où les ancêtres essayaient de chasser les mauvais esprits et les démons se christianisa pour lui donner un sens civilisé.

Saint Nicolas à Fribourg. Saint Nicolas est le saint patron de la ville. Chaque premier samedi de décembre se tient un marché et une procession se déroule à travers le centre ville, commençant au Collège St-Michel et terminant à la Cathédrale Saint-Nicolas. Normalement, la procession commence au coucher du soleil vers 17h et se termine à 18h30. À ce moment, le Saint Nicolas descend de son âne et monte sur le balcon de la cathédrale. Traditionnellement, il tient un discours qui contient des passages satiriques sur les événements de la ville de l'année écoulée.

Les Schnabelgeissen d'Ottenbach. Durant la Sträggelenacht les fantômes revêtus de draps blancs et portant un crâne en bois hurlaient et faisaient des claquements sinistres pour faire peur aux habitants. Jusqu'en 1900, une coutume était pratiquée dans tout le district d'Affoltern (Knonau), depuis Ottenbach est le seul endroit où perdure cette croyance très ancienne. Le premier et le deuxième vendredis de décembre, des groupes se déguisent en fantôme avec un long bec en bois et des cornes en imitant les fantômes d'alors.

Le Brunnensingen à Rheinfelden (Chants de fontaines) commémore une épidémie de peste dont on présume qu'elle a été causée par l'eau des fontaines publiques. Douze hommes survivants de cet événement qui eut lieu en 1541 firent devant les fontaines le vœu de protéger les habitants contre ce fléau. Leur confrérie fût placée sous l'invocation de Saint-Sébastien, guérisseur de la peste. Chaque année, le 24 décembre à 23 heures et le 31 décembre à 21 heures, douze membres de la confrérie forment cortège puis en cercle devant chaque fontaine chantent un ancien cantique de Noël.

Les Trychler de la vallée supérieure de l'Aar (Oberhasli) est une des plus anciennes coutumes de la région. Accompagnés de tambours, des groupes de jeunes hommes traversent bruyamment hameaux et villages dès minuit du 25 au 26 décembre et jusqu'au dernier jour ouvrable de l'année en secouant en rythme lent et cadencé de grosses cloches de vaches, les Trycheln. La veille du dernier soir nommé Ubersitz en est l'apogée : tous les groupes de la région convergent vers la localité désignée . L'origine de cette coutume est antérieure à la chrétienté. Avec ce bruit lent et cadencé, les habitants des vallées s'emploient durant les longues nuits hivernales à effrayer les démons.

La Laternenvisitation de Wil (Inspection des lanternes) est une coutume qui tire ses origines d'une ordonnance municipale et protocolaire : au XIXe siècle, il est demandé aux habitants qu'en période troublée, il faut faire brûler une « lumière protégée » (une lanterne) devant chaque maison. Chaque année, le soir de la Saint-Sylvestre, la commission du feu devant s'assurer de l'exécution de l'ordonnance inspecte chaque lanterne de la localité. De nos jours au XXIe siècle, cette inspection se fait toujours mais sans contrainte officielle. C'est devenu un cortège festif avec enfants, lampions et lanternes colorées et musique avec pour seul éclairage les fanaux allumés pour l'occasion.

Les Silvesterkläuse sont une coutume du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, les plus connus, mais aussi de Wald et Stäfa dans le canton de Zurich. Le matin de la Saint-Sylvestre mais aussi le 13 janvier (le jour de l'antique Saint-Sylvestre selon le calendrier julien) les groupes de Silvesterkläuse, masqués et costumés, se rendent dans tous les villages et hameaux.

Les Bärzeli de Hallwil est une fête qui a réapparu à partir de 1949. Elle se tient le 2 janvier et son origine est soit Saint-Berchtold ou alors la légende des Perchten, des démons imaginaires fantastiques et effrayants. Différents personnages forment le cortège.

Les Japonais de Schwytz. Pour l'Épiphanie, la Société des Japonais à Schwytz (qui n'ont de japonais que le nom) organise les jeux de carnaval depuis 1863. Les nouvelles relations diplomatiques entre la Suisse et le Japon furent le thème des premiers jeux qui eurent beaucoup de succès. Depuis, le thème est répété et un spectacle a lieu tous les cinq ans. Les membres de l'association sont vêtus de costumes japonais et jouent une pièce qui commente les événements contemporains. La pièce a lieu tous les cinq ans mais un défilé costumé est organisé tous les 6 janvier.

Saint Sébastien, officier romain, patron des archers et des pestiférés est fêté à Estavayer-le-Lac le dimanche le plus proche du 20 janvier et le 20 janvier à Saint Maurice et à Finhaut en Valais où une épidémie de peste noire eu lieu entre 1632 et 1638. À Finhaut l'on procède à la bénédiction du « pain de Saint-Sébastien ». Le pain est confectionné en pièce montée avec une croix en pain d'épices à son sommet. Après la bénédiction le pain est découpé et distribué à la population puis une procession avec la statue du Saint portée par des soldats, accompagnés par le clergé local et par un détachement d'honneur de l'armée avec bannières et tambours parcourt la localité. À midi, on mange un gâteau de riz, le « riz de Saint-Sébastien ».

Les Schlitteda en Engadine ont lieu le samedi ou le dimanche, à la fin janvier et au début de février. Les filles et les garçons à marier en habits de fête font une excursion organisée en traîneau se rendant de villages en villages, le long des lacs et cours d'eaux selon l'itinéraire prévu. À la halte de midi, on partage la soupe à l'orge, la spécialité de la région, et l'on danse. De retour au point de départ la tradition veut que la jeune fille invite son compagnon chez elle à souper, puis tout le monde termine la soirée en dansant. Cette tradition provient des Knabenschaften, des sociétés de jeunes gens célibataires.

Les Carnavals en Suisse sont attestés dès le Moyen Âge, aux XIVe siècle et XVe siècle. D'origine païenne, le christianisme récupère cette tradition. Le carnaval célèbre la fin de l'hiver. En Suisse, ils se trouvent majoritairement en Suisse alémanique, nommés Fasnacht, et en terres catholiques. les plus connus sont ceux de Bâle, de Lucerne, de Soleure, de Fribourg et celui de Bellinzone. Les Brandons de Payerne est un des plus anciens carnavals de Suisse. Le Carnaval est aussi fêté dans les petits villages. Les traditions sont par ailleurs très différentes en terres catholiques et en terres protestantes, leur durée et leurs dates diffèrent.

D'autre carnavals : Carnaval de Monthey, Carnaval du Jura (Bassecourt), Carnaval de Sion, Carnaval de Lausanne, Carnaval d'Evolène. les Tschäggättä en Valais.

A part la fête religieuse de Pâques, il y a un certain nombre de traditions et jeux profanes mettant en scène les œufs comme symbole de fertilité avec le retour de la belle saison : la course aux œufs ou le lancer des œufs sont pratiqués dans les campagnes, notamment à Bâle-Campagne et à Effingen en Argovie. La course aux œufs oppose deux équipes, l'une jouant l'hiver, devant récolter les œufs et l'autre le printemps devant faire un parcours. L'équipe gagnante est celle qui termine en premier. La fête de l'Eierleset à Effingen est particulière car c'est un cavalier qui symbolise l'hiver. Il doit rendre visite aux auberges des villages avoisinants et sa chevauchée doit être retardée par l'« Eierbueb » qui symbolise le printemps.

Mai-Einsingen à Zurich. Le 30 avril de chaque année, une corporation d'étudiants (la Studentengesangverein) donne un concert à minuit pour saluer l'arrivée du mois de mai. Cette tradition est pratiquée depuis 1879. Après un repas et un cortège à travers la ville, la chorale se réunit au Lindenhof pour chanter à minuit.

La fête des Camélias (festa delle Camelie) à Locarno est une fête des fleurs existant depuis 1923. Elle a lieu pendant cinq jours à la Pentecôte et présente plus de 300 variétés de camélias, fleur orientale qui trouve à Locarno un climat doux et humide propice. On en trouve dans de nombreux parcs publics et privés qui font la réputation de la ville pour cette tradition. Au bord du lac Majeur se trouve le parc des Camélias qui s'étend sur 5'000 m2. Il présente des variétés de Camellia japonica, reticulata et sasanqua. La fête des Camélias est réputée dans le monde entier ,.

La Maggiolata au Malcantone (Tessin) se déroule le 1er mai ou le premier dimanche du mois de mai. Les enfants, parfois costumés, dansent autour d'un arbre de mai décoré pour fêter l'arrivée du printemps.

Le Maibär de Bad Ragaz et Le feuillu dans la champagne genevoise (Cartigny, Confignon, Onex) ont lieu le premier dimanche de mai et le Pfingstsprützlig dans le Fricktal qui a lieu en juin le dimanche de Pentecôte sont trois fêtes très semblables alors qu'elles sont distantes l'une de l'autre. Un cône de verdure porté par des enfants cachés à l'intérieur ou monté sur un chariot est la bête (ours à Bad-Ragaz) et l'eau est présente comme symbole de fertilité et de croissance. À Bad-Ragaz, le cortège traverse la station thermale. À la fin, l'ours est jeté dans la rivière. À Genève, les fontaines sont décorées, un garçon et une fille représentent le roi et la reine. Le compositeur Émile Jaques-Dalcroze a composé un jeu du Feuillu. Dans le Fricktal, le Pfingstsprützlig se déroule encore dans les localités de Sulz et Ganzingen. Un animal de verdure dont le porteur ainsi camouflé est privé de vue, doit asperger les spectateurs avec l'eau de la fontaine.

La Fête des vignerons est une fête traditionnelle qui a lieu cinq fois par siècle à Vevey, la dernière en 1999. Organisée par la Confrérie des Vignerons de Vevey depuis 1797 elle célèbre le raisin, le vin et les travaux des vignerons. À la fin du XVIIIe siècle, la Confrérie des Vignerons qui est alors composée de bourgeois, propriétaires des terres, décida de récompenser les travaux des vignerons-tâcherons méritants. Alors qu'à cette époque, il était plutôt de coutume de réprimander les négligents et paresseux, ils décidèrent de valoriser les efforts entrepris par les vignerons afin d'améliorer des méthodes culturales. Des experts de la Confrérie notèrent, jugèrent et classèrent donc les vignerons-tâcherons. Ainsi allait naître une cérémonie de couronnement des meilleurs tâcherons qui est à l'origine de la fête. En été, une arène est spécialement construite pour l'occasion sur la place du marché où se produisent des milliers de participants dans un spectacle choral et théâtral découpé en quatre saisons que président les divinités païennes, Palès, Bacchus et Cérès.

La fête des vendanges de Neuchâtel et la festa della Vendemmia de Lugano ont lieu fin septembre. Elles se composent de cortèges de chars fleuris avec des scènes de la vie rurale et viticole.

La Castagnata. à Locarno et d'autres localités du Tessin, où la châtaigne (castagna en italien) est cultivée. En automne, on grille les châtaignes en public sur les places ou au bord du lac dans de grands chaudrons puis elles sont distribuées aux passants.

Le Gansabhauet est une fête unique en Suisse qui a lieu à Sursee. D'origine très ancienne, les premières traces écrites remontent à 1821. Cette coutume serait une distraction en relation avec le paiement de la dîme aux monastères de Muri et de Saint-Urban sous l'Ancien Régime le 11 novembre, jour de la Saint-Martin. Chaque année ce jour là, une oie morte est suspendue par la tête à un fil sur une scène devant l'Hôtel-de-Ville. De jeunes garçons portant une longue robe pourpre (dès 1880), un masque en forme de soleil et un bandeau sur les yeux tentent alors, l'un après l'autre, de lui trancher le cou au moyen d'un sabre émoussé. Des biscuits en forme de soleil sont également confectionnés.

Le Zibelemärit (le Marché aux oignons en suisse alémanique bernois) est une fête traditionnelle aux origines incertaines qui se tient chaque année à Berne le quatrième lundi de novembre. On y achète et consomme des spécialités locales à base d'oignon. Le marché ouvre aux alentours de trois ou quatre heures du matin, et se conclut à seize heures par une bataille de confettis puis par des soirées familiales ou amicales. Dans les salles de restaurant, on mange des plats à l'oignon (soupes, gâteaux) et des groupes folkloriques masqués, les Zibelegringe, animent la soirée.

Les processions de la semaine sainte à Mendrisio sont très anciennes, elles remontent aux environs de 1600. La cérémonie du jeudi évoque la montée du Christ au Calvaire avec un spectacle vivant où 200 personnes portant de magnifiques costumes et 50 chevaux interprètent juifs et romains jusqu'à la crucifixion du Christ. La procession du vendredi saint est plus ancienne (XVe siècle). Autour des statues du Christ mort et de la Sainte Vierge, au son d'une musique funèbre, la procession représente la mise au tombeau. Des enfants portent les objets de la Passion : cierges, échelle, éponge, marteau, clous, fouet, etc. La procession a lieu le soir, elle commence et se termine au couvent des moines Servites qui ont joué un rôle important à Mendrisio. La ville est décorée au moyen de transparents peints et éclairés de derrière, parfois vieux de quelques centaines d'années qui représentent des scènes bibliques,.

Procession des Pleureuses à Romont. Le Vendredi-Saint défilent dans le bruit trépidant des crécelles les Pleureuses, vêtues et voilées de noir, suivent la Vierge, représentée par une jeune fille, elle-même précédée d'une grande croix portée par un pénitent en cagoule noire. Cette procession s'est profondément transformée et simplifiée au cours de l'histoire. Ses origines sont une représentation théâtrale le Mystère de la Passion qui existait dès 1456. Représentation de la vie humaine dans ses rapports avec Dieu, ce spectacle fut supprimé en 1755 et remplacé par une procession du Vendredi-Saint. À la suite de l’incendie en 1843 de l'endroit où étaient entreposés les croix et les vêtements des pénitents, la procession s'est encore simplifié et les Pleureuses sont maintenant seules à défiler,.

L'Auffahrtsumritt à Beromünster (la cavalcade de l'Ascension). Cette procession à cheval est attestée depuis 1420, il s'agit alors d'une tournée à cheval du prêtre présentant le Saint Sacrement et accompagné de quelques fidèles. C'est après 1509 que la procession fût élargie en une procession populaire des rogations. Dès l'aube et pour plusieurs heures, 200 cavaliers et 2000 pèlerins à pied escortés de soldats, d'instruments à vent et d'une chorale d'église font un parcours le long des frontières de la commune. Comme une procession de la Fête-Dieu, le cortège fait des haltes pour des prédications ou la lecture d'un texte. La procession retourne dans l'après-midi au point de départ, en ville, accompagnée du son des cloches,.

Fête des pêcheurs à Estavayer-le-Lac (lac de Neuchâtel). Saint-Laurent est le Saint patron de la ville, le dimanche qui suit le 10 août la corporation des pêcheurs organise procession, banquet, messe puis la cérémonie de bénédiction des bateaux et des filets de pêche. Cette coutume existe depuis 1658,.

Le Vogel-Gryff du Petit-Bâle à Bâle. Le quartier du Petit-Bâle sur la rive droite du Rhin est relié à la ville dès 1225 par la construction du pont sur le Rhin. Les trois corporations du Petit-Bâle sont représentées par des emblèmes qui existent depuis le XVIe siècle Wilder Mann (le sauvage), Leu (lion) et Vogel Gryff (Griffon) celui-ci donna son nom à la fête. Le 13, le 20 ou le 27 janvier en fin de matinée, un radeau descend le Rhin avec à bord un équipage formé de deux tambours, deux porte-drapeaux, deux canonniers tirant sans cesse des salves et le Wilde Mann (le sauvage) qui brandit un sapin déraciné. Celui-ci sautille, le regard toujours braqué du côté du Petit-Bâle. En aval du Mittlere Brücke (pont du milieu), il est accueilli par les deux autres personnages. À midi ils dansent sur le pont du côté du Petit-Bâle en faisant attention de ne pas aller ni regarder du côté du Grand-Bâle. Après-midi et le soir, les trois personnages continuent de danser dans les rues du Petit-Bâle. Le but de cette fête est d'entretenir l'amitié et l'appartenance au quartier du Petit-Bâle. ,.

Sechseläuten de Zurich. (Suisse allemand: Sächsilüüte, littéralement sonnailles de six). Cette célébration est une fête des corporations existant dans sa forme actuelle depuis 1904 qui a lieu le troisième lundi d'avril. L'événement principal de la fête est, à 18 heures, la crémation sur un bûcher d'une effigie de l'Hiver nommée le Böögg. Il s'agit d'un bonhomme de neige qui renferme des pétards. À l'origine, un Böögg était un personnage masqué fauteur de trouble terrorisant les enfants durant les périodes de carnaval. Le temps qui sépare la mise à feu du bûcher de l'explosion des pétards situés dans la tête du Böögg est considéré comme une prédiction du temps de l'été qui suivra. Le temps le plus court fut de 5 minutes 07 secondes en 1974, le plus long de 26 minutes et 23 secondes en 2001. La crémation du Böögg clôture le cortège des guildes de la ville (Zünfte) qui se termine sur la place où le Böögg sera brûlé, le Sechseläutenplatz (Place du Sechseläuten). Alors que le Böögg brûle, les cavaliers du cortège galopent autour de celui-ci. Le soir, les différentes corporations se rendent visite mutuellement. Le dimanche précédant le Sechseläuten a lieu un cortège d'enfants (Kinderumzug) en costumes nationaux et historiques. ,.

Diverses fêtes liés aux activités de l'homme et de l'agriculture : le Marché-concours de Saignelégier, créé en 1897, afin de promouvoir la race chevaline régionale des Franches-Montagnes, la fête du blé et du pain d'Echallens ou encore la Poya, ou montée en alpage. Les troupeaux de vaches passent les mois d'été à l'alpage. Les déplacements que sont la montée en alpage au printemps comme la désalpe (ou Rindyà) en automne sont devenus des défilés où l'armailli est fier de parader avec ses bêtes, qui sont décorées pour l'occasion.

La fête d'Unspunnen est une fête qui remonte au XIIIe siècle et fut motivée par la résolution de conflits entre la campagne et la ville. Mais ce n'est pas avant 1805 que cette fête fut officialisée avec la première édition.

Dès 1946 la fête a lieu à un intervalle plus ou moins régulier, généralement entre 8 et 12 ans, à Interlaken et met en avant les traditions suisses avec des concours comme le lancer de la pierre d'Unspunnen et la lutte suisse, qui sont des jeux nationaux, ainsi que le yodel.

Les combats de reines sont des combats entre des vaches de la race d'Hérens. Coutume alpestre locale, ils ont lieu essentiellement en Valais mais aussi en Haute-Savoie et dans la Vallée d'Aoste.

Depuis 1922, des combats populaires sont organisés tout au long de l'année en Valais : les vaches sont amenées sur une aire de combat en plaine ou en montagne. Issues de divers alpages et élevages, les meilleures bêtes couronnées lors des combats se confrontent pour le titre convoité de « Reine cantonale ».

La musique folklorique jouée lors de fêtes traditionnelles comprend notamment le yodel, une technique de chant consistant à passer rapidement de la voix de corps à la voix de tête. Lors de la fête fédérale des yodleurs, les jodleurs peuvent y participer en solo, duo, trio ou club. On y joue également du cor des Alpes. Le ranz des vaches est le chant traditionnel a cappella des armaillis (vachers) dans le canton de Fribourg. Il est habituellement chanté durant la montée des troupeaux à l'alpage et le retour dans les étables à la fin de l'été.

Les carnavals ont leurs propres styles musicaux : les cliques, formation musicale composée de tambours, de fifres et parfois de clairons qui défilent souvent déguisées et les groupes de Guggenmusik qui sont des fanfares composées de cuivres (trompettes, trombones, euphoniums, sousaphones) et de percussions (batteries mobiles, grosses caisses, granits) et parfois de lyres. Certains rajoutent des saxophones. Les musiciens sont déguisés.

De nombreux chœurs et fanfares existent dans les villes et villages et se produisent à l'occasion de différentes fêtes et événements.

Des fêtes nées à la fin du XXe siècle intègrent la musique comme élément principal. C'est le cas de la fête de la Musique qui a lieu autour du solstice d’été et qui voit la participation de certaines localités et les défilés musicaux tels que la Street Parade de Zurich et la Lake Parade des fêtes de Genève.

Les costumes suisses traditionnels sont des vêtements de fête de la population rurale. Ils apparurent au XVIIIe siècle comme expression d'un sentiment d'identité régionale et sociale et sont spécifiques à chaque région. Simplifiés et réduits à des emblèmes au cours du XIXe siècle, ils deviennent des symboles patriotiques. Par exemple lors de cortèges de carnaval, de fêtes et de commémorations, chaque canton est représenté par un couple représentatif. Lors de l'Exposition nationale suisse de Genève, en 1896, un « Village suisse » représentait les habitants en costume traditionnel. La première fête des costumes eut lieu à Zurich, également en 1896.

Les cantons choisissent leur propres jours fériés, jusqu’à huit dans l’année. 21 cantons utilisent intégralement cette possibilité. Légalement, les jours fériés sont assimilés à des dimanches et ont donc les mêmes restrictions que ceux-ci en matière d'ouverture des magasins et des entreprises et de trafic routier.

Les jours fériés varient donc beaucoup d’un canton à l’autre. Seuls Noël, le Nouvel An et le 1er août sont communs à tous, les autres fêtes (Vendredi saint et Lundi de Pâques, Ascension, Lundi de Pentecôte et Fête-Dieu, Assomption et Toussaint, Jeûne fédéral) étant reconnues par les cantons selon leur tradition principalement religieuse (catholique ou protestante). Seule la fête nationale, le 1er août, est ancrée dans la constitution fédérale.

Dans certains cantons (Uri, Obwald, Schaffhouse, Bâle-Campagne, Neuchâtel, Soleure et Appenzell Rhodes-Intérieures) il est interdit de danser le Vendredi saint et le jour de Pâques et même toute la semaine sainte pour ce dernier canton. Cette interdiction existe depuis des siècles. A Zurich l'interdit est partiel. Quand au canton de Lucerne, il a aboli cette pratique ancestrale en 2009.

À côté des jours fériés, il y a également des jours chômés. Ces jours-là, non assimilés à des dimanches, de nombreuses entreprises et administrations sont néanmoins fermées dans le canton concerné.

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Jack Lang

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Jack Lang est un homme politique français, né le 2 septembre 1939, à Mirecourt, dans les Vosges.

Issu d'une famille de Nancy, Jack Lang a été très tôt attiré par la scène théâtrale. C'est du reste dans sa troupe de théâtre qu'il fait connaissance de son épouse Monique Buczynski. Il présida également le festival de théâtre de Nancy de 1963 à 1977.

Ancien élève de Institut d'études politiques de Paris, il est docteur et agrégé de droit public et sciences politiques.

Il est élu le 16 janvier 2008, président de l’Institut mémoires de l'édition contemporaine (IMEC).

Étudiant en droit à Nancy en parallèle de Sciences Po Paris, et passionné de théâtre, Jack Lang crée en 1963 le festival de théâtre universitaire de Nancy, qu'il préside jusqu'en 1977. La première année, il interprète le rôle-titre de Caligula. Mais rapidement, l'évènement dépasse la sphère artistique lorraine, pour acquérir une réputation nationale et mondiale, qui accueille notamment Roland Grünberg, le Bread and Puppet Theatre et Bob Wilson.

Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1961, il obtient le doctorat en droit en 1967 à l'université de Nancy. En 1971, il est nommé maître de conférences à l'université de Nancy par le concours d'agrégation de droit public et sciences politiques, puis professeur de droit international en 1976 et doyen de l'unité d'enseignement et de recherche de sciences juridiques et économiques de l'université de Nancy en 1977. En 1972, il est appelé par le président Georges Pompidou à la direction du théâtre de Chaillot. Écarté en juillet 1974 par le nouveau secrétaire d'État à la culture, Michel Guy, au prix d'un scandale médiatique, Jack Lang s'engage aux côtés de François Mitterrand, le faisant profiter de son carnet d'adresses international. Il entre au Parti socialiste en 1977, et devient secrétaire national à la culture en 1979. Élu en 1977 conseiller municipal du 3e arrondissement de Paris, il milite contre le réaménagement des Halles de Paris.

Il est révélé au grand public en 1981 quand il est nommé ministre de la Culture, poste qu'il occupera pendant dix ans sous tous les gouvernements socialistes des deux septennats de François Mitterrand. C'est à ce poste qu'il institutionnalise en 1982 la Fête de la Musique qui existait auparavant sous forme associative. Cette fête populaire, qui est l'occasion de concerts de rue gratuits et de manifestations culturelles, connut rapidement un grand succès en France au point que de nombreux pays en reprirent l'idée. De même, en 1984 avec les Journées nationales du patrimoine (actuelles journées européennes du patrimoine).

Pendant les années d'alternance (1986-1988 et 1993-1995), il retrouve son poste de professeur de droit à l'Université de Paris X Nanterre. En 1988, Lang revendique un grand ministère « de la Beauté et de l'Intelligence ».

Parallèlement à sa carrière ministérielle, il est conseiller municipal et conseiller de Paris de 1983 à 1989, puis à partir de 1986 il s'implante en Loir-et-Cher et en devient député (réélu en 1988, 1993 et 1997) et maire de Blois de 1989 à 2000, date à laquelle il abandonne son poste de maire à son adjoint, Bernard Valette. Il ambitionne alors ouvertement de se présenter à la mairie de Paris, puissant bastion de la droite, mais les socialistes lui préfèrent finalement le candidat local Bertrand Delanoë.

Candidat lors des primaires du Parti socialiste, il doit finalement se retirer sous les critiques de certains socialistes, le rocardien Manuel Valls et une vingtaine de premiers secrétaires fédéraux ayant mené une campagne interne contre lui sous le thème de « Lang ? Jamais ». Daniel Vaillant renchérit en le traitant de « déshonneur de la gauche ». Lang qualifie alors Lionel Jospin de « loser », lequel s'oppose à l'entrée de Jack Lang au gouvernement en 1997, après la victoire de la gauche aux législatives. D'après Valeurs actuelles, Jospin a toujours été exaspéré par Lang, sa futilité, ses approximations, sa grandiloquence, son côté « paillettes », son amour des « love Parade » et des grands travaux, sa soif de gloire, d'honneurs et d'argent.

En avril 1992, Pierre Bérégovoy lui confie le ministère de l'Éducation nationale en plus de celui de la Culture. Arrivé en pleine période de contestation étudiante et lycéenne, il commence pour « épurer l'atmosphère » par suspendre le projet de réforme universitaire de son prédécesseur, Lionel Jospin. Il assouplit le projet de réforme pédagogique des lycées et proposé de faire appel à des appelés du contingent pour lutter contre la violence à l'école. Il reprend aussi les négociations et réussit à trouver un accord avec le père Max Cloupet, alors secrétaire général de l'enseignement catholique, permettant le règlement d'une partie du contentieux sur le paiement de la contribution de l'État aux dépenses de fonctionnement des écoles privées. Il fait aussi retapisser l'antichambre du bureau du ministre de l'Éducation nationale avec un superbe papier peint signé Alechinsky, mais préfère le magnifique bureau d'André Malraux, place Valois.

En mars 2000, suite au large remaniement ministériel qui voit le retour des « éléphants » du PS au gouvernement, il succède à Claude Allègre comme ministre de l'Éducation nationale. Le Premier ministre Lionel Jospin le nomme pour son côté consensuel et sa popularité auprès des jeunes, en cette période préélectorale, afin de calmer les esprits : « C’est la hantise de tout ministre d’avoir les lycéens dans la rue », raconte-t-il, nommé à deux reprises (1992-1993 ; 2000-2002) pour pacifier le monde éducatif, calmer les syndicats et les représentants des parents d'élèves. Il est d'autant plus disponible, qu'il renonce à solliciter l'investiture socialiste pour les élections municipales de la capitale.

Durant les deux années de son ministère, il fait en sorte de calmer le « mammouth », comme l'appelait son prédécesseur. Il réforme légèrement le baccalauréat et relance le recrutement d'enseignants, en panne depuis 1997. Il créé en novembre 2001 une Commission sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean-Moulin Lyon III, présidée par l'historien Henri Rousso.

Battu aux municipales de 2001 par l'UDF Nicolas Perruchot, en vue des législatives de 2002, il quitte définitivement Blois, et réussit son « parachutage » dans le Pas-de-Calais. Il devient député dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais (Boulogne Nord-Calais ouest), circonscription très populaire, qui compte l'un des taux les plus importants de bénéficiaires du RMI en France.

En 2002, après l'échec de Lionel Jospin, il considère qu'il faut réconcilier les hommes politiques avec les Français en étant d'accord, par exemple, sur le principe d'une émission de télé-réalité où des politiques partageront l'existence de Français moyens. Il est vigoureusement pris à partie par les intermittents du spectacle qui lui reprochent de récupérer leur mouvement.

En 2004, il est nommé porte-parole national de la campagne du PS pour les régionales et les cantonales. À la fin de l'année, il réintègre la direction du Parti socialiste, en étant chargé, avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, du projet socialiste pour 2007. Selon la Sofres, entre 1987 et 2005, sa cote de popularité oscille autour de 45 % d'opinions favorables, avec un taux, au plus bas, de 35 % en 2000. Certains le considèrent comme un possible recours de la gauche à l'élection présidentielle de 2007. À noter qu'il affiche un soutien au PACS et s'est prononcé pour le mariage civil des couples de même sexe.

Porte-parole du PS durant la campagne pour le référendum du traité pour la Constitution européenne, il défend la ligne du « oui » aux côtés de l'équipe dirigeante du parti. Après l'échec du 29 mai et le rejet de ce traité, il annonce, le 31 mai 2005, la création d'un club de réflexion, Inventons demain, est considérée par certain comme un pas vers l'annonce de sa « candidature à la candidature » lors des primaires qui désigneront, en novembre 2006, le candidat socialiste à l'investiture présidentielle. Après avoir longtemps affirmé qu'il souhaitait être candidat à la candidature, il décide finalement de ne pas se présenter aux primaires le 2 octobre 2006.

À l'occasion du 10e anniversaire de la mort de l'ancien Président de la République François Mitterrand, il signe la postface du livre de Stéphane Trano, Mitterrand, une affaire d'amitié, aux éditions de l'Archipel.

Parmi tous les hommes politiques français de la Ve République, Jack Lang détient à ce jour le record de longévité en tant que ministre, avec douze ans d'exercice ministériel, partagés entre les portefeuilles de la Culture et de l'Éducation.

Il est aussi reconnu à l'étranger pour être un grand ami des socialistes brésiliens Lula et Gilberto Gil, des Italiens Walter Veltroni et Romano Prodi, de l'Allemand Otto Schily, etc. Il s'est également rendu chez le président cubain Fidel Castro, ainsi que le vénézuélien Hugo Chávez.

Son amitié avec Laurent Gbagbo lui a été reprochée.

Au printemps 2006, Jack Lang prépare un livre (Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi) pour exposer ses points de vue dans le cadre d'une candidature à la primaire socialiste pour la désignation du candidat du parti à l'élection présidentielle française de 2007. Cette primaire l'aurait opposé à Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. Dans ce livre, Jack Lang déclare que Ségolène Royal n’a : « aucune expérience ni à l’international, ni dans un grand ministère ». « On ne peut pas jouer uniquement de son charme, ne rien dire, et espérer devenir présidente » ». Selon lui, le premier secrétaire François Hollande aurait : « manipulé tout le monde, en faisant travailler sur le projet socialiste alors que Ségolène n’était jamais là ». « Ce couple a privatisé le parti à son profit. C’est un déni de démocratie » ». « Je n'ai jamais entendu qu'une pensée très ringarde là où on aurait au moins pu espérer un discours à la fois tranché et novateur. Tant qu'à jouer les cavaliers seuls, il serait bienvenu d'avoir des choses intéressantes à dire ».

N'ayant que peu d'espace et de chance de remporter cette primaire, il change de stratégie et dit ne soutenir aucun des trois candidats aux primaires du PS, puis il soutient finalement Ségolène Royal qu'il pense être la seule à même de battre Nicolas Sarkozy. À la suite de son ralliement, Jack Lang a renoncé à la publication de son livre d'entretiens devenu obsolète, arguant qu' « on ne peut pas 'obliger à l'assumer alors qu' le réfute et ne 'y reconnaît plus ». L'éditeur l'attaque en justice pour « rupture de contrat et rétention abusive de droits d'auteur ».

Il fait partie de l'équipe restreinte de campagne de la candidate, en qualité de « conseiller spécial ».

À défaut de se présenter à la présidentielle, Jack Lang est réélu député de la sixième circonscription du Pas-de-Calais au deuxième tour des élections législatives de 2007, avec 54,72 % des voix.

Il prend à partir de cette réélection, de la distance avec les instances de son parti, et accepte des charges de la part de la majorité UMP, tout en se défendant de vouloir entrer dans un gouvernement d'ouverture à l'instar des socialistes Bernard Kouchner et Éric Besson. Ainsi il rejoint en son nom propre en juillet 2007, le Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, ce qui lui vaut les critiques de Jean-Marc Ayrault et François Hollande et l'amène à démissionner de son mandat de secrétaire national et de son départ du bureau national le 11 juillet 2007. Selon Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l'Université de Reims, cette nomination permet à Nicolas Sarkozy de déstabiliser le PS, et à Jack Lang, populaire mais sans courant organisé, comme l'a montré son renoncement à être candidat à l'investiture présidentielle du PS en 2006, de sortir de son isolement hors du parti.

Dans le cadre de cette commission, il préconise la suppression du poste de Premier ministre et la limitation à deux du nombre des mandats présidentiels. Un an plus tard, il est le seul parlementaire socialiste à voter la réforme lors du congrès du Parlement français du 21 juillet 2008 réuni en vue de modifier la constitution française dans le sens préconisé par le comité de réflexion. Le vote, qui s'est joué à deux voix près, entraine de nombreuses critiques à son encontre dans le parti socialiste.

En parallèle, il fait des déclarations bienveillantes envers Nicolas Sarkozy, jugeant par exemple « plutôt positive », la politique internationale du gouvernement, tout en étant un virulent critique des actions de son successeur à l'Éducation nationale, Xavier Darcos.

Lors du congrès de Reims du 14 novembre 2008, il prend position en faveur de Martine Aubry, élue premier secrétaire.

Le 25 février 2009, il se rend à Cuba comme « émissaire spécial » de Nicolas Sarkozy pour relancer le dialogue franco-cubain, cette fois sans critique de la direction de son parti.

En mars 2009, il apporte son soutien au projet de Loi Hadopi, bien qu'il ne prenne à aucun moment part aux débats dans l'hémicycle. Son collègue socialiste Christian Paul affirme dans l'hémicycle le 11 Mars 2009 que Jack Lang aurait ensuite reconnu ne pas avoir lu le texte.

Jack Lang est désigné secrétaire national du PS à l'action culturelle en 1973. Il devient ministre de la Culture en 1981. Le Parti socialiste, suivi par les autres partis politiques, désire accentuer la mise en application de démocratisation de la culture, initiée par André Malraux sans qu'il n'ait jamais prononcé ce terme. Cette politique est appuyée par les mouvements associatifs et syndicaux qui prennent conscience de l'importance d'une « cohabitation » socio-politique pour la diffusion de la culture.

Ainsi, au niveau local, les budgets liés à la culture éclatent et deviennent un réel enjeu politique, au même titre que l'économie du pays au profit du Parti socialiste. De la même manière, le budget pour la promotion de la culture passe pour la première fois à 1 % du budget national. Les politiques culturelles, soutenues par le président, François Mitterrand, leur donne un caractère légitime. Les objectifs principaux de la politique de Jack Lang sont à la fois de diminuer la hiérarchisation traditionnelle qui sépare les « arts majeurs » des « arts mineurs » et d'intégrer aux derniers des activités alors non considérées comme faisant parties du domaine culturel.

Ces financements sont attribués après une évaluation du projet. Il désire diffuser les actions culturelles en masse mais au moyen d'une production artistique diversifiée et de qualité.

La loi Lang du 1er août 1981 fixe un prix du livre unique en déclarant lutter ainsi contre la monopolisation du marché par les magasins de grande distribution comme la FNAC ou les hypermarchés.

Jack Lang est également à l'origine du concept de Zénith, salle sécurisée de grande capacité destinée à l'organisation de concerts de « rock » (terme employé à l'époque pour désigner tout ce qui n'est pas du classique ou du jazz). Parallèlement, sous pression de l'économie générale qui se libéralise et malgré deux ans de lutte contre l'américanisation, il accorde à la mode, à la publicité et au design une dimension culturelle. Il diffuse la notion de « démocratie du goût », où chacun choisit la culture qu'il veut et est « créateur » de culture. Des œuvres d'art aux gestes de la vie quotidienne, tout est considéré comme « culture ».

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Source : Wikipedia