Féminisme

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Posté par talos 21/03/2009 @ 13:07

Tags : féminisme, femme, société

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Féminisme

Le symbole astrologique de la planète Vénus, aussi appelé le « miroir de Vénus », devenu symbole du genre associé, fut repris comme emblème des mouvements féministes.

Le féminisme est un ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile. La pensée féministe vise en particulier l'amélioration du statut des femmes dans les sociétés où la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe. Le féminisme travaille à construire de nouveaux rapports sociaux et développe des outils propres à la défense des droits des femmes et de leurs acquis. Ce mouvement est soutenu par diverses théories sociologiques et philosophiques.

Né après l'âge industriel, le féminisme se réclame de mouvements plus anciens ou de combats menés dans d'autres contextes historiques. Il est parfois présenté comme une lutte menée afin d'abolir l'oppression dont les femmes sont victimes au quotidien. Le féminisme est soutenu principalement par les femmes, bien qu'il soit également activement défendu par des hommes. Les féministes cherchent à faire progresser les femmes dans leur contexte social, politique et économique, mais également dans la perception qu'elles ont d'elles-mêmes. Ils défendent l'idée que « le personnel est politique » et font avancer la cause des femmes en les aidant à se structurer comme des personnes autonomes, capables de gérer leur propre corps et, de façon plus générale, toutes les dimensions de leur vie.

Historiquement dans les sociétés pré-modernes, la femme a été généralement exclue de nombreuses sphères qui lui sont aujourd'hui accessibles (politique, économique, militaire , etc.) Dans la cité grecque antique, la femme n'avait pas le droit de vote ; bien que libre, elle n'était pas en droit de se mêler aux affaires économiques de la cité car le droit de vote nécessitait de payer l'impôt.

La femme a été souvent cantonnée à un devoir de femme de ménage où le travail comme moyen de subsistance et de protection du foyer incombait à la responsabilité des hommes (plus ou moins vrai dans les faits ; en effet, il y a l'idéal « patriarcal » et la réalité, le travail des femmes comme moyen de subsistance et de protection du foyer était indispensable à la survie de la famille). Les femmes, traditionnellement responsables de la gouvernance du foyer, de son entretien et de la réception d'invités, restaient cependant à charge de leur époux après avoir été à celle de leurs parents selon l'idéologie patriarcale. En effet, l'idée que les femmes sont entretenues par les hommes de leur famille est un renversement typique de l'invisibilisation de la productivité des opprimé(e)s. Les patriarcats consistent essentiellement en la mise au travail gratuit des femmes au bénéfice des hommes (servage dans l'agriculture, l'artisanat, les professions d'indépendants et libérales...) en plus de l'exploitation domestique (travail ménager dont 80% est assuré par les femmes encore aujourd'hui en France) et prise en charge des personnes invalides de la famille (enfants, vieux, handicapés) cf. Colette Guillaumin sur le concept de rapport de sexage et Christine Delphy à propos de l'économie domestique dans les patriarcats. Comme toute oppression, le patriarcat est un système d'exploitation d'une classe par une autre : individuellement (travail domestique) et collectivement (ségrégation horizontale et verticale du marché du travail, sous emploi féminin...) le dominant est dépendant du travail approprié de l'opprimée.

Dans plusieurs sociétés, la femme dans les mentalités de l'époque ne produisait qu'une descendance (voire une dot). Ce faisant historiquement, les femmes étaient privées bien souvent entre autres du droit de vote, du droit de gestion de leurs revenus et de leurs comptes, du droit de divorce et de l'accès à certains espaces exclusivement réservés aux hommes.

Si un large consensus à ces époques – autant des femmes que des hommes sur ce mode d'organisation sexiste de la société – était établi, son inadéquation avec les mœurs et l'évolution de la société devenait de plus en plus apparente. Certains corpus législatifs des religions abrahamiques le montrent bien par leur évolution : Interdiction proclamée par Jésus de Nazareth de les répudier puis droit de divorce, puis protestantisme et prêtrise accordée aux femmes, etc.

Ainsi, l'apport du féminisme du XXe siècle se manifeste par la réalisation inconditionnelle et universelle des droits des femmes qui, au vu de l'évolution de la société, est devenue l'une de leurs principales attentes.

À cela il est bon de comprendre que l'organisation de la société pré-féministe, largement sexiste, reposait sur un consensus largement établi mais qui, tout au long de l'histoire, s'est vu remettre en question pour aboutir à une abolition progressive au XXe siècle, avec par exemple la Déclaration universelle des droits de l'homme qui ne sera appliquée aux femmes – et imparfaitement encore – que grâce au combat féministe. L'argument biologique, largement exploité, et les différences de sexe sont utilisés pour réduire la femme à la maternité.

Les religions abrahamiques sont perçues par les féministes comme défavorables aux femmes et sont accusées de leur réserver dans la société une place secondaire et un sort peu enviable. En s'attaquant à ces systèmes religieux, les féministes ont pu en pratique contester plus aisément les positions conservatrices de la société en général. Ironiquement, les femmes ont souvent été des personnages clefs dans l'histoire des religions, alors qu'à l'inverse les religions ont parfois participé à l'émancipation de la femme dans la société.

Par contre les femmes laïques ont joué un grand rôle au Tibet par le fait que Padmasambhava - le fondateur du bouddhisme tantrique au Tibet - et son équipe ont fondé la communauté rouge, donc monastique composées de moines et de nonnes, et la communauté blanches formée de laïcs tant hommes et femmes. Les femmes et les hommes de cette communautés blanche pouvaient se marier, et devenir lamas. Parmi les nombreuses femmes dont s'honorent le bouddhisme tibétain, citons Yeshe Tsogyal, Jomo Manmo, Nigouma, Matchik Labrön et Ashi Khandro. Il y a eu aussi des lignées familiales de maîtres à disciple , voire de mère à fille. Les maîtres femmes ont surtout existé au sein de l'école nyingma, et moins dans les écoles sakya et géloug.

Le terme « féminisme », longtemps attribué à tort à Fourier, ne date en réalité que de 1874. Mais c'est au cours de la révolution française que naît le mouvement de revendication sociale et politique qu'il désigne, de nombreuses femmes prenant alors part aux actions et aux débats révolutionnaires, et des hommes et des femmes réclamant l’égalité entre les sexes du statut politique et social.

Malgré les contributions féminines à la rédaction des cahiers de doléances et le rôle que jouent les femmes du peuple parisien - notamment lors des manifestations d’octobre 1789 pour demander du pain et des armes -, les femmes ne se voient pas attribuer de droit particulier dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; et si le nouveau régime leur reconnaît une personnalité civile, elles n'auront pas le droit de vote à cette époque.

Elles n'en continuent pas moins à investir l'espace public, organisées en clubs mixtes ou féminins et en sociétés d’entraide et de bienfaisance, et participent avec passion -à l'instar des hommes- à toutes les luttes politiques de l'époque. Parmi les personnalités féminines notoires des débuts de la Révolution, il faut retenir Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et Théroigne de Méricourt qui appela le peuple à prendre les armes et participant à la prise de la Bastille, ce dont elle sera récompensée par le don d'une épée par l'Assemblée nationale. C’est par des femmes comme Claire Lacombe, Louison Chabry ou Renée Audou que fut organisée la marche sur Versailles qui finit par ramener Louis XVI dans la capitale.

Toutes deux proches des Girondins, elles connurent une fin tragique : Théroigne de Méricourt devenant folle après avoir été fouettée nue par des partisanes de leurs adversaires et Olympe de Gouges, guillotinée. On peut remarquer que si les femmes ont été privées du droit de vote, cela ne les a pas préservé des châtiments réservés aux hommes et nombreuses connurent la prison ou l'échafaud suite à leurs actions publiques ou politiques.

À partir de 1792, l'entrée en guerre de la France conduit certaines à se battre aux frontières tandis qu'en 1793 se développe à Paris un militantisme féminin, porté par des femmes du peuple parisien proches des sans-culottes. Les deux cents femmes du Club des citoyennes républicaines révolutionnaires créé le 10 mai 1793 par Claire Lacombe et Pauline Léon, les « tricoteuses », occupent les tribunes publiques de la Constituante et apostrophent les députés, entendant représenter le peuple souverain. Leurs appels véhéments à la Terreur et à l'égalité, leur participation à la chute des Girondins et les autres manifestations spectaculaires des « enragées » allaient leur valoir une image de furies sanguinaires qui nourrirait longtemps les répulsions du pouvoir masculin. Claire Lacombe propose d’armer les femmes.

Cependant, plus que les excès d'une violence largement partagée à l'époque, ce sont d'abord les réticences des hommes au pouvoir qui excluent ces femmes de la sphère politique. La plupart des députés partagent les conceptions exposées dans l’Émile de Rousseau d'un idéal féminin restreint au rôle de mères et d'épouses, rares étant ceux qui, comme Condorcet, revendiquent le droit de vote des femmes en vertu des droits naturels inhérents au genre humain qui à la même époque inspirent la lutte contre le despotisme et l’esclavage.

En novembre 1793, toute association politique féminine est interdite, mais les femmes vont cependant continuer à jouer un rôle jusqu'à l’insurrection du printemps 95, dont le mot d’ordre est « du pain et la Constitution de 93 », avant que la répression généralisée qui marque la fin de la Révolution ne mette un terme provisoire à cette première prise de parole politique, pour les femmes comme pour les hommes.

En 1792, une femme de lettre britannique, Mary Wollstonecraft fait paraître « Vindication of the Rights of Woman », un ouvrage traduit en français la même année sous le titre de « Défense du droit des femmes ». L'auteur, qui participe aux débats passionnés suscités outre-Manche par la Révolution en France, n'hésite pas à y rapprocher le mariage de la prostitution. Elle oppose et rapproche l'exploitation dont sont victimes les femmes les plus pauvres, contraintes au travail salarié ou à la rémunération de leurs services sexuels, au sort des jeunes femmes de la petite et moyenne bourgeoisie privées de toutes perspectives professionnelles par les préjugés et le défaut d'éducation, et réduites à faire un beau parti.

Esperant que Mary Wollstonecraft sera vite oubliée en France, avant d'être redécouverte par Flora Tristan en 1840.

Sur le plan politique, la constitution de la Monarchie de Juillet privant de ses droits la majorité de la population, leur combat rejoint celui des premiers défenseurs des ouvriers et des prolétaires, mais elles se mobilisent aussi contre le statut civil de la femme, soumise en matière juridique et financière à son mari — « La femme doit obéissance à son mari » affirme le Code civil — et pour le rétablissement du divorce interdit par la Restauration (1816). La Révolution de 1848 est un moment fort qui permet au féminisme de s'exprimer publiquement à travers des associations actives; après l'échec de la révolution sociale, leur participation à ces événements et leurs prises de position vaudront à certaines militantes féministes de partager le sort des proscrits.

Le Second empire permet des avancées dans le domaine de l'éducation des femmes. comme l'obtention du baccalauréat par Julie-Victoire Daubié, l'inscription en faculté de médecine de Madeleine Brès, la création d'écoles professionnelles par Elisa Lemonnier, la prise en charge des enfants en salle d'asile par du personnel formé...

Une cinquantaine d'années plus tard, d'autres mouvements dits des Suffragettes (1865) apparaissent, tout d'abord en Grande-Bretagne puis aux États-Unis. Ces féministes revendiquèrent l'égalité des droits civiques. En 1869, l'État du Wyoming autorise le suffrage féminin, suivi en 1911 de la Californie. En 1920, le 19e amendement est ratifié au niveau fédéral : toutes les Américaines blanches obtiennent le droit de vote (deux ans après les Anglaises).

La première manifestation internationale des femmes a lieu le 8 mars 1911, suite à une proposition de Clara Zetkin. La revendication principale est le droit de vote. Le premier livre historique féministe est écrit par Mathilde Laigle : Le livre des trois vertus de Christine de Pisan et son milieu historique et littéraire, 1912.

À partir des années 1960, aux États-Unis, l'égalité des droits progresse. En 1963, la loi sur l'égalité des salaires (Equal Pay Act) est votée. Le 2 juillet 1964, la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) abolit théoriquement toute forme de discrimination aux États-Unis. Mais c'est à partir des années 1970, avec la contestation sociale née dans l'université de Berkeley en Californie, que les revendications féministes se structurent en véritables mouvements, tels que le Women's Libet le MLF en France, puis prennent de l'expansion.

Désormais les femmes votent dans le monde occidental dont la plupart des parlements ont voté des lois sur le divorce. La légalisation de la contraception et de l'avortement n'est pas effective pour l'ensemble de l'Occident, les situations sont très variables d'un pays, voire d'une région à une autre. L'Eglise catholique, notamment le courant des catholiques intégristes, et le courant fondamentaliste des protestants évangélistes remettent constamment en cause ces droits, lorsqu'ils ne les rendent pas impossible (Italie, Irlande, Pologne..).

Au regard des études qui ont été faites et publiées lors de la Conférence de Pékin, promue par l'ONU en 1995 dans le but de faire le bilan de la condition féminine dans le monde, on a déclaré que ce n'était pas le cas dans de nombreux pays; en occident, la question reste controversée.

On se souviendra en France de la grève des mères, durant laquelle les hommes en soutien des féministes ont gardé les enfants quand les femmes sont parties manifester. Depuis 2003, le mouvement français Ni putes ni soumises a repris le flambeau du MLF. Médiatisées, ces filles, surtout originaires de banlieues, ont fait plus largement connaître des problèmes comme les mariages forcés, les viols, l'excision. L'association de Fadela Amara s'est considérablement développée, comptant une soixantaine de comités et plus de 10 000 bénévoles, mais a subi de nombreux départs suite à l'entrée de Fadela Amara dans le gouvernement Sarkozy.

Contrairement aux commentaires extérieurs aux associations féministes, le féminisme est un mouvement cohérent et qui poursuit les mêmes buts.

Le féminisme analyse la condition féminine dans l'Histoire et dans le monde contemporain en suivant la réflexion initiée par Simone de Beauvoir, l'une des premières féministes qui revendiqua en France l'égalité des droits entre hommes et femmes. Dans Le Deuxième Sexe, elle affirme : « On ne naît pas femme, on le devient » ; c'est la construction des individualités qui impose des rôles différents, selon le genre, aux personnes des deux sexes.

Le féminisme affirme exister depuis toujours afin de lutter contre l'usurpation masculine de l'universalité. Selon cette définition, l'identité humaine n'est pas composée de deux identités, féminine et masculine, mais bien d'un humain unique qui se différencie en homme ou en femme.

Le féminisme international contemporain reste influencé par les réflexions psychanalytiques de Luce Irigaray et Julia Kristeva.

Les analyses plus pragmatiques du féminisme américain, réputé soi-disant plus radical, naissent de la distinction entre le sexe et le genre, rien de nouveau en fait, puisque le féminisme s'oppose aux théories « essentialistes » depuis toujours (cf. la citation célèbre de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » ; la distinction entre « genre biologique » et « genre culturel » n'est pas spécifique aux féministes nord-américaines). Elles posent que l'être humain est universel donc que l'identité sociale du genre féminin ou masculin est la résultante historique de l'oppression d'un sexe sur l'autre.

Selon un autre courant de la pensée féministe, l'approche du problème est essentiellement de nature socio-économique et tient à la répartition des rôles entre les sexes. Selon cette théorie, le désavantage des femmes dans les sociétés tiendrait à ce que sont les hommes qui, historiquement, devaient pourvoir à la nourriture, postulat bien faible car si les hommes chassaient ce sont les femmes qui assuraient cueillettes et cultures en plus des soins du foyers et de l'éducation des enfants. Les femmes, occupées à la reproduction, au maternage et aux travaux domestiques qui entourent ces fonctions, ne se seraient jamais vues reconnaître l'importance, jugée marginale par les hommes, lointain héritage des sociétés de chasseurs de la préhistoire, de ces fonctions et de ce « travail invisible ». Lorsqu'elles entrent massivement sur le marché du travail, au XXe siècle, sans avoir plus le pouvoir d'en négocier équitablement les règles qu'en avaient eu les ouvriers avant elles, elles se trouvent contraintes à subir ce que leur impose un patriarcat , d'où la nécessité de repenser radicalement les fondements de la vie sociale commune aux hommes et aux femmes. La place défavorable des femmes au travers des différents pays et des siècles ne provient que de la volonté des hommes de conserver pour leur comptes les richesses. Le sexisme est le « isme » qui a fait et fait le plus de morts, (mot au masculin pour souligner l'humanité des mortes). Il manque cent millions de femmes en Asie, mortes avant leur naissance ou dans les premiers jours de leur vie. C'est le trait de société le plus universel loin devant l'interdit de l'inceste. Il est beaucoup plus meurtrier que le racisme car complètement intégré dans l'inconscient lorsque ce n'est pas dans les lois.

Voir aussi la Catégorie:Féministe.

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Féminisme radical

Le féminisme radical est un courant du féminisme qui apparaît à la fin des années 1960 et qui voit en l'oppression des femmes au bénéfice des hommes (ou patriarcat) le fondement du système de pouvoir sur lequel les relations humaines dans la société sont organisées.

Le féminisme radical se démarque des mouvements féministes qui visent à l'amélioration de la condition féminine par des aménagements de législation (réformisme) sans mettre en cause le système patriarcal, bien que certaines féministes radicales (Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin) aient précisément centrées leur lutte sur des réformes législatives.

Avec d'autres, ce courant cherche à contester le modèle réformiste en rejetant les rôles sexuels archétypaux et en critiquant l'essentialisme, qui naturalise le rôle social de la femme en en faisant une donnée biologique, propre à sa constitution sexuelle. Il accompagne la libération sexuelle et le mouvement de libération des femmes aux États-Unis, en Angleterre, au Canada et en France.

Le terme « féminisme radical » regroupe néanmoins des militantes ayant des positions variées, voire antagonistes. Ainsi, Monique Wittig, proche du féminisme matérialiste et ex-membre des Gouines rouges, ou Valerie Solanas, auteur de SCUM Manifesto, sont des représentantes du féminisme lesbien, qui vont jusqu'à prôner le séparatisme des sexes; Shulamith Firestone prône l'usage de la technologie moderne (fécondation in vitro, contraception, avortement, etc.) pour libérer la femme des contraintes liées à la maternité; Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin se sont attaquées à la pornographie, qu'elles accusent d'être une « chosification » de la femme et qu'elles ont voulue interdire, suscitant ainsi des débats avec Judith Butler, représentante du mouvement queer et auteur de Trouble dans le genre.

Le terme « militant féministe » est un terme tenu pour péjoratif , souvent associé avec le féminisme radical. Les critiques du féminisme radical en font une forme de communautarisme identitaire. Ce qui est perçu comme tel est en fait une option politique prise par les militants des droits civiques noirs américains quand ils se sont rendu compte que leurs revendications étaient trahies et détournées par leurs comilitants blancs pourtant bien intentionnés. Ils ont fait le choix de la non mixité de la lutte en insistant sur les différences de points de vue (allant jusqu'à une théorisation d'une différence épistémologique dans les perspectives d'analyse sociale) considérant radicalement l'antagonisme de classe qu'il existe entre les individus des deux bords de la lutte. Ce point de vue est particulièrement bien représenté par le Black feminism, qui opère la jonction entre le féminisme radical et la lutte pour les droits civiques.

Le terme remonte au moins à 1969 avec la naissance du FLFQ (Front de libération des femmes du Québec).

Dans la mouvance du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, le féminisme radical poursuit la critique de la domination masculine et des rôles féminins, à travers une critique du patriarcat et une remise en cause des contraintes liées au genre. Ce courant a contribué à renouveler l'analyse de la domination masculine en sociologie, dans le droit et en théorie politique. Il a mis en évidence le caractère sexiste de la société, tout en proposant des moyens d'y lutter. La ségrégation sociale selon les sexes est vue non pas comme un fait de nature mais comme un fait politique puisqu'elle sert une division du travail qui n'a rien de naturaliste. Le féminisme radical rejette ainsi une vision essentialiste de la femme.

L’institution du mariage est souvent vue comme la pérennisation des inégalités (non-rétribution du travail de l’épouse, services sexuels, répartition sexuée des tâches…). Certaines féministes radicales, telles Shulamith Firestone, militaient ainsi en faveur de l'amour libre et de la libre expression sexuelle.

Influencé par le mouvement des droits civiques et notamment par l'influence du Black power, le féminisme radical valorise la solidarité entre femmes et les réunions et groupes non-mixtes. Il peut aller jusqu'au séparatisme, au sein de communautés de femmes parfois lesbiennes issu de la théorisation radicale de Monique Wittig.

Les féministes radicales utilisent le concept marxiste d'oppression, qui signifie que le lien social est organisé de manière centrale par un rapport d’exploitation, c’est à dire d’appropriation de la force de travail du subalterne par le dominant (exploitation au sens capitaliste) voire d’appropriation du subalterne comme unité de productrice de force de travail (esclavage). Néanmoins, les féministes radicales rejettent le privilège donné à la lutte des classes par le marxisme, soulignant l'importance des inégalités de genre, y compris dans la sphère de la production.

Le féminisme radical est souvent antireligieux dans la mesure où il rejette ce qui lui semble être le patriarcat. Par contre, il y existe des groupes de féministes radicales qui prônent le néopaganisme, la sorcellerie, le culte de Diane, Isis et Lilith, etc.

Les féministes radicales ont dénoncées le viol et les agressions sexuelles, mais certaines (en particulier Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin) sont allées plus loin en critiquant la prostitution, la pornographie et des formes de sexualité vues comme dégradantes, telles que le sado-masochisme. Cette dénonciation ne se veut pas puritaine, mais consciente de l'enjeu politique des représentations de la « sexualité » dans un patriarcat.

Selon Catharine MacKinnon (Le Féminisme irréductible), la pornographie est ainsi une représentation de la chosification et de l'humiliation des femmes dont procède la sexualité patriarcale. Avec Andrea Dworkin, elle a proposé les lois sur le harcèlement sexuel, sanctionnant ainsi le contexte de sexualisation auquel sont soumises les femmes pour les contrôler et les briser mentalement.

Le féminisme radical s'est nourri de l'apport de nombreuses intellectuelles. Il a aussi influencé en France le féminisme matérialiste de la revue française Questions féministes, qui est en partie à l'origine du mouvement queer. Au Québec, il a insufflé la revue Amazones d'Hier, Lesbiennes d'Aujourd'hui. Les féministes radicales reprochent généralement aux théoriciennes queer d'avoir repris leur constructivisme social en le vidant de son engagement féministe.

Le féminisme radical est critiqué, avec divers arguments, par Élisabeth Badinter dans Fausse route, par Paul-Edmond Lalancette dans La nécessaire compréhension entre les sexes, par Jean-Philippe Trottier dans Le grand mensonge du féminisme, par Hélène Vecchiali dans Ainsi soit-il. Sans de vrais hommes, point de vraies femmes, par Jean Gabard dans Le féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté...

Des féministes « pro-sexe » ont souvent critiqué l'intolérance présumée de certaines féministes radicales (Isabelle Alonso, Suzanne Képès, Marie-Victoire Louis) en ce qui concernerait la sexualité (« pornographie féministe » , féminité masculine des lesbiennes butches, BDSM…).

Le féminisme radical étant un courant influent mais assez informel, sont citées aussi bien des féministes l'ayant théorisé que de grandes influences ou des féministes qui en sont particulièrement redevables.

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Féminisme musulman

Symbole du féminisme islamique.

Le féminisme islamique ou féminisme musulman est un mouvement féministe musulman, proche de l'islam libéral, qui revendique un féminisme interne à l'islam et vise à une modification des rapports entre hommes et femmes au sein de la religion musulmane. Il est comparable, en ce sens, à d'autres mouvements de théologie féministe, tel que le féminisme chrétien ou le féminisme judaïque, en ce qu'il se fonde sur une étude des textes sacrés pour affirmer l'égalité des genres.

Le féminisme islamique tente de créer un espace entre deux positions critiques, contradictoires en un sens mais complémentaires en un autre, en ce qu'elles oblitèrent la possibilité même d'un tel féminisme: d'un côté, celle des fondamentalistes islamiques qui affirment que le féminisme est une invention occidentale, produit d'une Modernité abhorrée, et de l'autre une position féministe ou/et occidentale qui soutient le caractère prétendument incompatible de l'islam et du féminisme, opinion souvent accompagnée d'une dénégation de l'existence de mouvements féministes spécifiques aux pays musulmans. Selon Valentine Moghadam (2006), sociologue et chef de la section "Egalité des genres et développement" à l'Unesco, ces deux positions extrêmes « orientalisent » ou « exotisent » l'islam davantage qu'elles ne permettent de comprendre l'émergence de ces mouvements réformistes .

Le féminisme islamique est présent dans de nombreux pays, des États-Unis à l'Afrique du Sud, de l'Europe à l'Asie en passant par le Maghreb et le Machrek, et se mobilise contre le patriarcat à partir de références musulmanes . Le Premier Congrès international sur le féminisme musulman a eu lieu à Barcelone du 27 au 29 octobre 2005 .

Le féminisme musulman se fonde sur l' ijtihad, ou interprétation du Coran, pour interroger la place de la femmes dans l'islam et /ou les pays musulmans. Il accorde une place centrale à l'éducation comme élément d'autonomisation des femmes . Selon Valentine Moghadam, le féminisme musulman rejoint le féminisme chrétien et judaïque en s'enracinant dans une perspective religieuse .

Le terme de "féminisme musulman" a été élaboré au début des années 1990 principalement par des femmes iraniennes, laïques et féministes qui s'intéressaient à l'émergence d'un mouvement, depuis les années 1980, qui reformulaient les problématiques féministes à l'intérieur du paradigme islamique. Outre l'Iran, cette expression circulait oralement en Afrique du Sud (Shamima Shaikh), en Égypte, en Turquie, et dans les pays occidentaux .

Ce mouvement converge en Iran autour de la revue Zanan (Femmes), fondée par Shahla Sherkat, qui soulève le débat des relations de genre à l'intérieur de l'islam, et de la compatibilité entre islam et féminisme . Pour de nombreux laïques iraniens, ces deux notions sont incompatibles . La revue Zanan affirmait l'origine sociale et politique des inégalités de genre, et critiquait une large partie du droit musulman comme étant fondé sur une interprétation patriarcale du Coran , soulevant ainsi la question de l'ijtihad et du droit des femmes à réinterpréter le fiqh, la jurisprudence musulmane . En Iran, en Égypte, au Maroc et au Yémen, les féministes musulmanes se sont attaquées au droit musulman de la famille . A l'intérieur de la République islamiste d'Iran, certaines féministes musulmanes se revendiquaient du fondamentalisme, tandis que d'autres rejetaient sans appel cette doctrine .

Ce mouvement s'appuie sur les interrogations soulevées par les intellectuels musulmans concernant les rapports entre l'islam et la démocratie et les droits de l'homme, s'inscrivant ainsi dans un courant de réforme plus large (par exemple, Abdulkarim Soroush, Mohsen Kadivar, Hassan Yousefi–Eshkevari, et d’autres connus sous l’appellation de Nouveaux intellectuels religieux en Iran ; le défunt Mahmoud Taha du Soudan, Hassan Hanafi d’Egypte et l’exilé Zeid Abu Nasr ; Mohammad Arkoun d’Algérie, professeur à la Sorbonne ; Chandra Muzzafar de Malaisie, Fathi Osman, etc. ). Outre le droit à l' ijtihad, le féminisme islamique revendique le droit de participer aux prières et d’officier dans des prières mixte .

Margot Badran affirme que le féminisme islamiste revendique une conception égalitaire de l'oumma, ou communauté des croyants, qui transcende les divisions Orient/Occident, public/privé, séculier/religieux, et rejette l'idée d'un Etat islamiste .

En Egypte, le terme « féminisme » est utilisé, dès les années 1920, par les femmes musulmanes participant aux mouvements de libération de la femme, c'est-à-dire au même moment où le terme émergeait aux États-Unis . Kumari Jayawardena a montré, en 1986, dans son étude des mouvements féministes dans plusieurs pays orientaux, que les féministes égyptiennes n'avaient pas emprunté la notion de féminisme à l'Occident . Elle rejetait ainsi l'affirmation islamiste selon laquelle le féminisme serait une invention occidentale .

Au contraire, la lutte pour l'égalité des droits s'accompagnait, en Egypte, d'anti-colonialisme, luttant aussi bien contre le patriarcat autochtone que contre le colonialisme patriarcal . Du fait de son lien avec le nationalisme, il était alors désigné sous le nom de « féminisme laïc », synonyme, selon Badran, de « féminisme national » (égyptien, syrien, etc.) . Huda Sharawi devient ainsi la présidente du Comité central du Wafd, le parti nationaliste, et fonde en 1923 l'Union féministe égyptienne. La même année, elle se dévoile publiquement, devenant la première femme égyptienne à accomplir ce geste.

En parralèle en Tunisie, Tahar Haddad, diplômé de l'Université Islamique Zitouna écrit bon nombre d'articles portant sur l'instruction de la femme et son émancipation juridique et sociale dans le journal As-Sawab entre 1928 et 1929. Ces écrits sont à l'origine de son ouvrage le plus connu, Notre femme dans la charia et la société (1930). C'est sur la base de ses travaux que se formera le féminisme institutionnel du président tunisien Habib Bourguiba de l'après-indépendance.

Avec l'émergence de l'islam politique dans les années 1970, qui remet en cause la distinction séculier/religieux, les féministes musulmanes sont dénigrées en tant que musulmanes dévoyées, et grossièrement décrites comme « brosses à reluire de l’Occident » ou « brosses à reluire de la laïcité » . Certaines féministes laïques se sont alors jointes à ces attaques, pour dépeindre l'islam comme religion fondamentalement sexiste, cliché persistant jusqu'à aujourd'hui . Néanmoins, les échanges entre féministes islamiques et féministes laïques se font aujourd'hui plus importants .

Néanmoins, le mouvement féministe musulman se développa parfois même à l'intérieur de ces mouvements islamistes eux-mêmes (ainsi en Turquie ). En Afrique du Sud, il émerge à l'issue de la lutte contre l'apartheid . Il apparaît alors que les femmes ont profité d'un accès important à l'éducation, dans tous les domaines, y compris religieux, et alors qu'une population grandissante se retrouve confronté à la Modernité, en particulier en raison de l'urbanisation .

Voir aussi Théologie féministe.

Le mouvement islamiste féministe montre que le Coran introduit l'idée d'égalité fondamentale de l'homme et de la femme à travers la notion d' insan . Il met en relation le principe d'équilibre (tawwazun) avec le principe d'égalité , et montre que « le Coran n’assigne pas à des rôles sociaux spécifiques » mais « met plutôt en avant la notion de mutualité dans les relations conjugales : les époux se doivent mutuellement protection et assistance » .

Il rejette certains hadith misogynes comme apocryphes . Ainsi, la sociologue marocaine Fatima Mernissi et l’universitaire turque en études religieuses Hidayet Tuksal, par ailleurs spécialiste du hadith, ont utilisé les méthodologies classiques d’examen des textes islamiques pour démontrer leur inauthenticité . Tuksal travaille avec le Département des affaires religieuses turc (Dinayet) sur un projet consistant à retirer les hadiths misogynes des collections que cette institution publie et distribue à 76 000 mosquées à travers le monde .

Les féministes musulmanes ont aussi travaillé sur le fiqh, jurisprudence musulmane qui n'a guère été mise à jour depuis son élaboration et sa cristallisation en quatre écoles juridiques. Elles ont ainsi participé à la réforme du droit de la famille au Maroc (Moudawana), plaçant l’homme et la femme à égalité en tant que chefs de famille, éliminant presque toute forme de polygamie, rendant possible le divorce pour la femme aussi bien que pour l’homme, etc .

Dans l'université Al-Azhar du Caire, les femmes musulmanes ont obtenues le même statut que les hommes oulémas, obtenant ainsi l'égalité des genres non seulement dans la sphère publique séculière, mais aussi dans la sphère religieuse . Chercheuse en fiqh comparé et professeur à Al Azhar, Souad Salih mène une campagne pour permettre aux femmes d’être officiellement nommées au poste de mufti en Egypte .

Bien qu'hommes et femmes, lorsqu'ils font le hadj (pélerinage), prient ensemble dans la Grande Mosquée et sont rassemblés dans le mathaf (l’espace de déambulation) au moment de tourner autour de la Kaaba , les femmes sont en général placées derrière les hommes dans les mosquées et ne peuvent faire de sermons. Au milieu des années 1990, la Claremont Mosque, au Cap (Afrique du Sud), laissa les femmes s'asseoir en rangs parallèles aux hommes. La mosquée du Cap devint alors le premier lieu où le sermon introductif fut donné par une femme, la théologienne américaine Amina Wadud .

Certaines féministes musulmanes ont essayé de distinguer plus précisément entre « féminisme islamique », « féminisme musulman » et « femmes islamistes » . A première vue, le terme de « femmes islamistes » n'implique en effet aucune dimension féministe mais bien une allégeance à l'islam politique, tandis que les expressions de « féminisme islamique » et de « féminisme musulman » impliquent une compatibilité entre la religion musulmane et le féminisme, de même qu'il peut y avoir un féminisme judaïque ou chrétien.

Selon Sonia Dayan-Herzbrun, auteure de Femmes et politique au Moyen-Orient (2006), le terme désigne aussi bien « ceux qui s’efforcent d’établir la compatibilité entre l’islam et l’émancipation des femmes » que « ceux qui mettent l’accent sur la spécificité de la domination des femmes musulmanes indépendamment des sociétés dans lesquelles elles se trouvent » — de façon comparable, par exemple, au Black feminism états-unien qui mettait l'accent sur la spécificité de la domination des femmes afro-américaines.

En France, la loi sur les signes religieux à l'école de 2004 a été l'occasion d'un débat opposant partisans et adversaires de la loi, faisant apparaître une ligne de clivage au sein même du mouvement féministe entre ceux et celles qui soutenaient la loi, au nom de l'émancipation de la femme vis-à-vis de la religion, et celles qui ont au contraire critiqué une instrumentalisation du féminisme par la droite, à des fins racistes et xénophobes ,,. Houria Bouteldja, porte-parole du collectif des Indigènes de la République, établissait ainsi une continuité entre la cérémonie du dévoilement à Alger, en 1958, en plein milieu de la guerre d'Algérie, citant Frantz Fanon pour qui « Certaines, dévoilées depuis longtemps, reprennent le voile affirmant ainsi qu’il n’est pas vrai que la femme se libère sur l’invitation de la France et du Général de Gaulle. » . Bouteldja critiquait ainsi notamment l'association Ni putes, ni soumises, qu'elle qualifiait, après Althusser, d'« Appareil idéologique d'Etat » .

Au nom de l'association Pénélopes, Caroline Fourest, au contraire, considère la notion même de « féminisme islamique » d'oxymorique, s'affirmant outrée que l'UNESCO et la Ligue des droits de l'homme ait organisé un colloque à ce sujet (Paris, 2006), et dénonçant la présence, à Barcelone en 2005, de la femme du cheikh Youssouf al-Qaradhaoui, dirigeant du Conseil européen de la fatwa et de la recherche et tenant de positions particulièrement rétrogrades concernant le statut de la femme . La femme de Qaradhaoui s'était pourtant opposée, lors de ce forum à Barcelone, à tout féminisme islamique, affirmant qu'il ne saurait être que laïc (et rejoignant donc paradoxalement les thèses de Fourest) .

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Source : Wikipedia