Evo Morales

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Posté par marvin 02/05/2009 @ 00:07

Tags : evo morales, bolivie, amérique, international

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Evo Morales

Evo Morales et Lula da Silva le 13 janvier 2006

Juan Evo Morales Ayma est un leader syndical et homme politique de Bolivie né le 26 octobre 1959 dans l'altiplano bolivien. Il est né dans une famille Aymara à Orinoca, une ville de mineurs du département d'Oruro en Bolivie. Leader du Mouvement vers le socialisme, il a remporté l'élection présidentielle du 18 décembre 2005. Entré en fonction le 22 janvier 2006, il est le premier président de la République de Bolivie d'origine amérindienne (Aymara).

Issu d'une modeste famille de paysans indiens, il doit rapidement mettre un terme à sa scolarité pour gagner sa vie. Il exerce alors des emplois aussi divers que maçon, boulanger ou bien encore trompettiste, avant d’effectuer son service militaire obligatoire. Il prend finalement le chemin du Chapare, la zone de colonisation des migrants andins dans les basses-terres du département de Cochabamba. Face aux injustices dont lui semblent être victimes les habitants locaux, dont les revenus principaux sont générés par la production de coca, il décide de s'engager dans le combat politique et la lutte syndicale. En 1988, le gouvernement décide sous la pression internationale de détruire les récoltes et de les remplacer par d'autres cultures. La politique d'éradication de la coca, financée pour une grande part par la Drug Enforcement Agency provoquera sa rancœur vis-à-vis des États-Unis. Elle nuirait selon lui aux petits exploitants sous couvert de lutte contre les narcotraficants. Il ne parle ni l'aymara de sa région d'origine, ni le quechua de sa région d'adoption. Ainsi à chaque fois que Felipe Quispe (un rival politique et leader indigéniste) l'a mis au défi de débattre avec lui en public et en aymara, il a refusé. Le cas d'Evo Morales n'est pas un cas particulier, nombre d'indigènes ne parlent pas, ou mal, leur langue traditionnelle à cause en partie de leur urbanisation et de leur déconnexion avec leur communauté. Certains pays d'Amérique latine dont le plus important est le Mexique ne considérent comme indigènes que ceux qui savent parler une langue autochtone l' INEGI ne l'aurait donc pas considéré comme tel. En 2006 lors du dernier recensement, un peu plus de 50% des boliviens s'identifient comme indigènes aymara ou quechua et seul 40% d'entres eux maîtrisent leur langue traditionnelle Voir à ce sujet l'article : Langue/Disparition des langues.

Contrairement à nombre de dirigeants syndicaux dont la rhétorique est la principale arme, Evo Morales est d'un tempérament plus discret et s'est parfois révélé être un piètre orateur.

Apparue pour la première fois lors d'un congrès extraordinaire de la Confédération syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSTUCB) en 1988, la thèse dite de « l'instrument politique » défend la création d'un parti politique qui permettrait la participation des syndicats paysans au jeu électoral. À partir de 1991, elle devient l'une des revendications portée par les représentants des cocaleros, et, en 1994, elle est majoritaire au sein de la CSTUCB.

Pendant l'ensemble de la décennie 1990, les nombreuses divisions persistant au sein des syndicats de planteurs de coca poussent cependant certains cocaleros à opter pour des stratégies d'alliance avec des partis politiques existants tandis que les fractions les plus radicales du mouvement paysan, comme certains kataristes, refusent tout bonnement le jeu électoral classique. Partagés entre la Gauche Unie (Izquierda Unita) et le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) de Jaime Paz Zamora, les syndicats paysans rejoignent aussi progressivement les groupes indigènes émergents tandis que se consolide un nationalisme cimenté par l'opposition à une politique anti-coca vécue comme une ingérence américaine.

L'axe Pachakuti constitue en 1993 une première tentative de candidature autonome, qui obtiendra un élu au parlement bolivien. En 1995, une grande partie du mouvement social se fédère autour de l'Assemblée pour la souveraineté des peuples (ASP). Elle fait campagne lors des élections législatives de 1997 avec la Gauche Unie qui obtient quatre sièges. Evo Morales fait parti des élus.

Il est devenu, au cours de la décennie, une des figures reconnues du mouvement des planteurs de coca. Élu en 1996 à la tête des six fédérations de syndicats paysans de la région du Chapare, son implantation locale se concrétise en 1997 par une confortable élection au Parlement bolivien.

Sa notoriété grandissante lui permet de doter le mouvement social paysan de son « instrument politique » avec la création en 1998 de l'Instrument politique pour la souveraineté des peuples (IPSP). La difficulté administrative de créer un parti le pousse, à l'occasion des élections municipales de 1999, à rejoindre le MAS qui bénéficie déjà d'une personnalité juridique. Autour de ce petit parti ouvrier à la faible audience va progressivement se fédérer une grande partie du mouvement social bolivien.

Morales siège au parlement sous les présidences de Hugo Banzer et Jorge Quiroga, alors que la campagne d'éradication de la culture de la coca s'intensifie avec le Plan Dignidad, lancé en 1998. La région d'origine de Morales, le Chapare, est particulièrement visée. Morales dénonce au Parlement ce qu'il estime être une « militarisation » du conflit. Il affirme en retour le droit des paysans à résister militairement aux troupes boliviennes qui tireraient sur les manifestants.

En janvier 2002, des affrontements opposent durant quatre jours des cultivateurs de coca à des policiers et des militaires dans la région de Cochabamba. Au total, le conflit fera neuf victimes (cinq paysans, trois militaires et un policier). Au regard des propos tenus par Morales, la commission d'éthique du parlement le destitue peu après de son mandat législatif. En mai de la même année, il dépose un recours devant le tribunal constitutionnel pour violation de ses droits : selon lui, la présomption d'innocence, son droit à la défense et son immunité parlementaire aurait été injustement ignorées.

En 2002 il se présente aux élections présidentielles et obtient plus de 20% des voix, ne comptabilisant au premier tour que 2 points de retard sur le candidat élu (le libéral Sánchez de Lozada). Il s'impose alors comme une personnalité capable de fédérer l'opposition sociale et politique bolivienne au gouvernement de Gonzalo Sánchez de Lozada.

Dans le contexte de la guerre du gaz, on le voit à l'origine de diverses révoltes sociales ; on lui attribue avec d'autres groupes syndicaux la chute du gouvernement de Gonzalo Sánchez de Lozada en 2003 et de Carlos Mesa en 2005, notamment sur la question des réserves de gaz naturel (les secondes plus grandes du continent après celles du Venezuela). C'est aussi l'époque où le MAS devient première force politique du pays : en 2004, les municipales attribuent au parti quelques 18% des suffrages.

Evo Morales est proche de Hugo Chávez dans sa vision socialiste de l'Amérique latine, toutefois avec une conception indigéniste plutôt que bolivarienne, et aussi de Fidel Castro. Ses adversaires lui reprochent sa proximité avec Felipe Quispe, un leader indigéniste particulièrement virulent envers les « Blancs », qui ont détenu le pouvoir depuis la colonisation bien que ne représentant que 15% de la population du pays.

Candidat à l'élection présidentielle bolivienne de 2005 du 18 décembre 2005, plusieurs sondages le donnent vainqueur dès le premier tour. Le 19 décembre, il obtient plus de 53% des voix et devient le premier Aymara à accéder à la plus haute fonction de l’État. Il a pu compter sur le soutien d'Álvaro García Linera, sociologue qui a théorisé le mouvement social bolivien, et qui occupe maintenant le poste de vice-président. Symboliquement intronisé par les représentants indigènes sur le site archéologique de Tiwanaku, il prête serment devant le Congrès en présence d’une dizaine de chefs d’États d’Amérique latine comme d’Europe.

Le 21 janvier 2006, lors d'une cérémonie traditionnelle sur les ruines pré-incas de Tiwanaku, Evo Morales est intronisé par des représentants indigènes, principalement aymaras, qui font symboliquement de lui la plus haute autorité indienne du pays. Le 22 janvier 2006, en présence notamment de onze chefs d'États de la région et d'Europe, il prête serment devant le Congrès.

Le lendemain, il nomme son gouvernement composé de seize ministres, issus du MAS et des mouvements indigènes, paysans et syndicaux. Une femme, Alicia Munoz Ale, est nommée ministre de l'intérieur, devenant la première à ce poste en Bolivie. Lors du discours accompagnant les différentes nominations, le nouveau Président a réaffirmé sa volonté de « changer le modèle néolibéral » et de combattre la corruption, exigeant des membres de son gouvernement un « niveau zéro de corruption et de bureaucratie ».

Le 1er mai 2006, Evo Morales a annoncé par décret la nationalisation des hydrocarbures et la renégociation de tous les contrats des entreprises étrangères dans un délai de 180 jours. L'objectif est que 82% des revenus des hydrocarbures soient réservés à l'État. La compagnie nationale Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos (YPFB) devient ainsi la seule instance autorisée à commercialiser les hydrocarbures . A son retour de la visite d'un gisement d'hydrocarbures dans le sud du pays, il a également annoncé de futures nationalisations d'autres ressources naturelles : « Nous avons commencé à nationaliser les hydrocarbures, demain ce seront les mines, les forêts et toutes les ressources naturelles ». La principale ressource du pays reste le gaz naturel, la Bolivie étant la deuxième réserve du continent sud américain après le Venezuela. La Bolivie compte également plus que doubler le prix du gaz, le passant de 2,20 dollars le million de British thermal unit (BTU) début mai 2006 à 5 dollars, ce qui devrait ainsi remplir les caisses de l'État.

Cette initiative affecte au premier chef la société brésilienne Petrobras et a encore fait monter d'un cran la tension avec le gouvernement du Brésil.

Les différentes mobilisations sociales liées à la question de la gestion de l'eau (guerres de l'eau à Cochabamba en 2000 ou à El Alto en 2005) l'ont constituée en enjeu important de la vie politique bolivienne. La mise en place d'un système de gestion public de l'eau dans la capitale La Paz et sa banlieue El Alto figuraient ainsi parmi les propositions défendues par Morales lors de la campagne présidentielle. Un Ministère de l'eau est institué en janvier 2006. En janvier 2007, l'entreprise publique sociale d'eau et d'assainissement (Epsas) se substitue à la compagnie Aguas de Illimani, une filiale du groupe Suez dont le contrat de concession est rompu, moyennant une compensation financière.

Le programme présidentiel de Morales comprenait une réforme constitutionnelle passant par l'élection d'une Assemblée Constituante. Morales s'était aussi engagé à mener une consultation sur le thème de l'autonomie départementale. Bien que cette revendication de décentralisation vis à vis du pouvoir central soit liée historiquement à des mouvements de gauche, elle est aujourd'hui reprise par les départements de l'est, et en particulier de Santa Cruz, qui profitent d'un enrichissement lié en partie à la découverte des hydrocarbures dans la région et s'oppose aux mesures de nationalisation et de réforme agraire promises par Evo Morales. C'est pourquoi celui-ci, ainsi que son parti le MAS, s'engage début juin 2006 en faveur du « Non » au référendum d'autonomie .

Mais la question constitutionnelle est étroitement liée à la question de l'autonomie. Pour faire face aux refus de l'est du pays d'une nouvelle constitution, Morales a fait de cette étape un point de passage obligé pour la satisfaction de leurs revendications autonomistes. En plus de définir un nouveau texte constitutionnel, l'assemblée se voit aussi confier la tâche de fixer le contenu de l'autonomie départementale. Enfin, la constitution devra se pencher sur la question de la redistribution des terres qui cristallise elle aussi de forts antagonismes sociaux.

Lors de la double consultation électorale tenue en juillet 2006, le MAS a obtenu la majorité des sièges de l'Assemblée constituante et le « non » à l'autonomie l'a emporté avec 56.7% des voix au niveau national. Si ces deux scrutins ont globalement renforcé la légitimité électorale du parti au pouvoir et du projet présidentiel, ils ont toutefois inauguré une longue période de turbulence sociale. Le refus de l'autonomie au plan national masquait en effet de fortes disparités régionales qui ont pesé lourdement dans l'équilibre du pays. Les basses terres de l'est bolivien se sont en effet prononcées, assez nettement, en faveur de l'autonomie, venant ainsi confirmer que l'opposition, incapable de se fédérer au niveau national, conservait dans l'est du pays une forte capacité de mobilisation autour de la question autonomiste et du rejet de la politique de l'État central, perçue comme « ando-centrée ».

La majorité acquise par le MAS au sein de la constituante n'était de son côté pas suffisante pour lui assurer la majorité des deux tiers, indispensable pour l'adoption globale du texte qui devait être ultérieurement soumis à référendum. Cette clause sera le premier terrain de discorde avec l'opposition. En août 2006, les élus du MAS tentent d'imposer un nouveau règlement qui permettrait d'adopter le texte à la majorité absolue. L'opposition réagit, au sein de l'assemblée, mais surtout par l'intermédiaire de ses leviers de mobilisation au niveau local, les préfets ou le très influent Comité civique Pro Santa Cruz.

Les mobilisations sociales des deux camps se sont ainsi répondus tout au long des travaux de la constituante. En décembre 2006, le préfet du département de Cochabamba, Manfred Reyes Villa, annonce que son département tiendra un nouveau référendum sur l'autonomie pour appuyer l'opposition. En réponse, les organisations paysannes encerclent la ville en demandant la démission du préfet. Les affrontements entre les deux parties provoqueront le 11 janvier 2007 plusieurs centaines de blessés et un mort dans chaque camp.

En mars 2007, un nouveau conflit éclate dans la ville de Sucre, qui abrite la constituante. Les élus locaux, soutenus par les autonomistes du Comité civique Pro Santa Cru, demandent que la ville soit rétablie en tant que capitale à part entière, au détriment de La Paz. En juillet 2007, une manifestation opposée à ce transfert de compétence réunit un million de personnes à El Alto, ville de la banlieue populaire de La Paz. Face aux blocages sporadiques de l'entrée de l'enceinte de la Constituante par ses opposants, les organisations syndicales paysannes et ouvrières organisent une marche jusqu'à Sucre. Les élus de l'opposition dénoncent cette mobilisation comme une tentative d'intimidation et refusent de siéger.

La constitution est finalement adoptée alors que l'opposition a choisi de boycotter son vote, déclarant considérer le texte illégal. Alors que Morales avait annoncé que le texte constitutionnel serait soumis à référendum le 4 mai 2008, la Cour électorale a refusé de valider sa convocation, arguant de l'illégalité de la procédure : le référendum aurait été voté alors que les députés de l'opposition étaient maintenus à l'extérieur de l'enceinte du parlement par des manifestants. Le préfet de la région de Santa Cruz, Ruben Costas, a maintenu à la même date un référendum portant sur un statut d'autonomie régionale qui a obtenu 85% de vote positif. Déclaré illégal par les autorités nationales et non reconnu par les instances internationales comme l'Organisation des États américains ou l'Union européenne, il a connu un taux d'abstention estimé entre 25% et 35%.

En réponse, Evo Morales a convoqué, avec l'accord du Parlement et de l'opposition, un référendum révocatoire où son poste et ceux des neuf préfets élus seront mis en jeu. Le 10 août 2008, il remporte ce dernier en recueillant 67% des suffrages. .

Le 29 avril 2006, Evo Morales a signé avec Hugo Chavez et Fidel Castro un « Traité commercial des peuples » et déclare qu'« il faut refonder la CAN. Nous avons même pensé au nom de Communauté anti-impérialiste des nations ». Evo Morales marquait sa volonté de se rallier aux deux pays les plus opposés à la ligne politique des États-Unis de la région. L'objectif des trois pays est de promouvoir une alternative à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA ou en espagnol ALCA), au sein d'une Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA).

Le 10 septembre 2008, le président bolivien expulse l'ambassadeur des États-Unis Philip Goldberg qu'il accuse d'alimenter le séparatisme en Bolivie. Le 1er novembre de la même année, il rompt sa collaboration avec la Drug Enforcement Administration l'accusant « d'espionnage politique et de financer des groupes criminels pour qu'ils commettent des attentats contre les autorités, voire contre le président lui-même ». Le département d'État américain a de son côté déclaré que ces accusations étaient « fausses et absurdes ». En réponse à la dénonciation des accords de coopération pour la lutte contre le trafic de drogue, le président Georges W. Bush a annoncé la suspension des avantages commerciaux accordés à la Bolivie dans le cadre de l'(en)Andean Trade Preference Act ; cette décision pourrait affecter plus particulièrement le secteur textile bolivien.

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Guerre du gaz (Bolivie)

La guerre du gaz désigne les conflits et troubles sociaux et politiques survenus en Bolivie après la découverte d'un champ de gaz naturel dans le département de Tarija, dans le Sud-est du pays. Après avoir culminée à l'automne 2003 par le blocage de la capitale administrative La Paz, elle s'est achevée avec la chute du président Gonzalo Sánchez de Lozada le 17 octobre 2003.

Lors de la présidence de Hugo Banzer, en 2000, les compagnies pétrolières privées qui opèrent en Bolivie découvrent un énorme gisement de gaz naturel dans le sous-sol de la région du Gran Chaco, département de Tarija. Il s'agit de la deuxième plus grande réserve d'Amérique du Sud après le Venezuela, avec 54 TCF (Tera cubic feet) certifiées prouvées ou probables.

En 2001, un cancer du poumon contraint le président Banzer à la démission, et son vice-président Jorge Quiroga Ramírez, connu en Bolivie comme « Tuto », lui succède. British Gas, British Petroleum et Repsol YPF s'associent pour former le consortium Pacific LNG afin d'exploiter cette ressource, avec l'objectif de l'exporter vers le Mexique et les États-Unis. Ce sera le président Quiroga qui devra décider du sort de ce projet.

La Bolivie est un pays enclavé. Pour exécuter le projet de Pacific LNG, il faudra donc d'abord tracer un gazoduc vers un port de l'océan Pacifique. L'option techniquement la plus valable est d'exporter à travers le Chili, mais ceci pose de sérieux problèmes politiques suite à d'anciens différents avec ce pays, datant de la guerre du Pacifique en 1879. L'autre option, exporter à travers le Pérou, qui ne pose pas de problèmes politiques, est néanmoins beaucoup plus coûteuse, et les compagnies multinationales ne sont pas prêtes à financer la différence.

Finalement, le président Quiroga reporte la décision, jugeant que cette affaire délicate pourrait compliquer sa carrière politique.

Le 6 août 2002, Gonzalo Sanchez de Lozada prête serment comme président de la République, avec une faible majorité au Congrès construite par des alliances avec la plupart des partis politiques dits « traditionnels », et une très forte opposition populaire dont Evo Morales saura très bien profiter.

Le 12 février 2003, un soulèvement de la police nationale entraîne rapidement une crise de gouvernement très profonde. Tandis que la répression du soulèvement par les forces armées (en pleine place Murillo) fait plusieurs morts et blessés, des grands magasins sont pillés et les sièges des partis politiques membres de la coalition gouvernementale sont incendiés. Le bilan est d'au moins trente morts. Bien que le calme soit revenu le soir du 13 février, ces événements montrent clairement le manque de soutien populaire du président Sanchez de Lozada.

En septembre 2003, une mobilisation des paysans de la région de Warisata, dans le haut plateau de La Paz, bloque les routes d'accès à la ville. Leur action empêche un groupe important de touristes d'arriver en ville et même à l'aéroport. Se justifiant de délivrer ces « otages », le gouvernement envoie, une fois encore, l'armée. Le bilan : trois morts, dont une fillette d'à peine sept ans. Cet épisode marque le début d'une vague de mobilisations qui conduira à la chute du gouvernement.

Pendant le reste du mois de septembre et la première moitié du mois d'octobre, les mobilisations populaires sont de plus en plus massives et violentes. Bien que chaque organisation revendique ses propres intérêts corporatifs, l'opposition à l'exportation du gaz naturel à travers le Chili devient une demande commune.

Dès le 8 octobre, l'association de voisins de la ville d'El Alto (véritable bidonville de près d'un million d'habitants dans la banlieue de La Paz) bloque toutes les entrées de la ville. Aliments, médicaments et carburants ne parviennent plus aux centres d'expédition de La Paz. La ville tient bon jusqu'au vendredi 10 grâce au rationnement, qui provoque encore plus de colère chez les habitants. Contrairement à ce qu'espérait le gouvernement, le blocus ne s'affaiblit pas pendant le week-end. Au lever du soleil du dimanche 12, le gouvernement envoie l'armée pour rompre les barrages et rétablir l'approvisionnement de La Paz en carburant. Cette tentative provoque une réaction violente, et les soldats sont obligés de se défendre, provoquant un massacre. Le combat durera jusqu'au mardi matin.

En effet, tant la violence de la répression militaire, qui emploie de l'armement de guerre, que la résistance du peuple, armé de pierres et de bâtons pour la plupart, se répandent rapidement aux villes de La Paz, Cochabamba, Oruro et même à Sucre. Le fait surprenant est que, à différence des mobilisations précédentes, il n'y a aucun leader identifié. En effet, la résistance est spontanée, les gens se sentent moralement obligés d'y participer, soit par des barricades, principalement pour les classes défavorisées, soit par un soutien logistique et politique, dans lequel les classes moyennes joueront un rôle central.

La ville est paralysée du 12 au 17 octobre. Pas une voiture ne circule, tous les commerces sont fermés, même les petits magasins de quartier n'approvisionnent que leurs clients connus et par la porte arrière. Les bureaux privés et publics, les banques et les services sont fermés. Paysans, ouvriers, petits commerçants et chômeurs descendent dans les rues tous les jours, tandis que les employés de bureau, les commerçants moyens, les professionnels libéraux apportent ce qu'ils peuvent pour alimenter et encourager les combattants. Cette fois, le gouvernement ne compte plus sur l'appui des classes moyennes, et même quelques cadres et entrepreneurs se prononcent pour la démission du président.

Au début du mouvement, les mots d'ordre, ne sont pas clairs. Chaque secteur défend ses propres intérêts, et le sujet du gaz est abordé de différentes façons. Certains souhaitent l'exportation à travers le Pérou, d'autres veulent empêcher n'importe quelle exportation des ressources naturelles. La nationalisation n'est demandée au départ que par une minorité radicale. Cependant, parallèlement à une mobilisation de plus en plus forte des différents acteurs, une demande de plus en plus forte unifie les citoyens : Gonzalo Sanchez de Lozada doit démissionner.

Finalement, le 17 octobre, après plusieurs défaites politiques, y compris la démission de plusieurs membres du cabinet, l'abandon de ses alliés au congrès, et surtout l'accusation de meurtre faite par son propre vice-président, Carlos Mesa, Gonzalo Sanchez de Lozada fuit, via Santa Cruz, la Bolivie vers les États-Unis, en laissant sa lettre de démission. À 18 heures, le congrès réuni d'urgence accepte la démission. Carlos Mesa prête serment comme nouveau président de la République. La Guerre du gaz est finie.

Au moins 70 personnes ont trouvé la mort dans ces manifestations, blocus ou émeutes depuis le début du mois d'octobre 2003. Le chiffre varie selon les sources, les uns le réduisant à 63 officiellement recensés, les autres gonflant ce chiffre à plus de cent, en y ajoutant les noms de personnes décédées ces jours-là à La Paz pour des causes naturelles ou de maladie. Le nombre de blessés dépassait pour sa part le chiffre de 500.

Le résultat de ces révoltes a été, principalement, le référendum convoqué par Carlos Mesa, où un accord massif a été donné à la nationalisation, la nouvelle Loi des Hydrocarbures issue de ce référendum, et le décret de nationalisation du 1er mai 2006 signé par Evo Morales, de loin le grand bénéficiaire de ce virage à 180º de la politique bolivienne.

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Bolivie

Drapeau de la Bolivie

La Bolivie ou État plurinational de Bolivie est un pays d'Amérique du Sud sans accès à la mer entouré par le Brésil, le Paraguay, l'Argentine, le Chili et le Pérou.

Avant la conquête espagnole, les Andes étaient habitées par de nombreuses cultures, dont la plus importante fut certainement la civilisation de Tiahuanaco (aussi écrit tiwanaku). Au XVe siècle, les Incas intégrèrent une partie de l'actuelle Bolivie dans leur empire.

Les Espagnols découvrirent à leur arrivée au XVIe siècle, une très grande quantité d'argent dans les mines de Potosí. La Bolivie fit d'abord partie de la vice-royauté du Pérou avant de passer sous le contrôle de la vice-royauté du Río de la Plata. Avant l'arrivée des Espagnols, les hauteurs de la Bolivie étaient peuplées de polythéistes (religion Inca). Les Espagnols y imposèrent graduellement le catholicisme.

Les luttes pour l'indépendance débutent en 1809, mais l'indépendance n'est acquise qu'en 1825, grâce aux armées de Bolívar, en hommage duquel la Bolivie pris son nom. La Bolivie et le Pérou constituent, sous le nom de Confédération péruano-bolivienne, un seul pays pendant une courte période de temps (1836-1839).

La Bolivie connaît tout au long du XIXe siècle une période d'instabilité politique, marquée par de fréquents coups d'état et l'intervention fréquente de l'armée qui ne totalise alors pas moins des deux tiers des dépenses publiques de l'État central. Dans l'ère des caudillos qui s'étend sur une large partie du XIXe siècle, on distingue traditionnellement la période des caudillos letrados, courant de l'indépendance de 1825 à 1848, de celle des caudillos barbaros (1848 à 1884). Là où les premiers caudillos étaient majoritairement issus de la bourgeoisie créole, parfois instruits à l'école militaire espagnole, à l'image des généraux Sucre et Santa Cruz, les seconds, d'origine plus populaire, ne devaient leur position qu'à leur ascension dans la hiérarchie militaire ; ils sont restés célèbres pour leur cruauté et leur gestion approximative des affaires publiques.

À l'issue des premiers revers de la (guerre du Pacifique (1879-1884) menée contre le Chili, la Bolivie se dote en 1880 d'une 11e constitution depuis son indépendance ; en 1884 a lieu l'élection du président Gregorio Pacheco qui inaugure une nouvelle période politique, caractérisée par l'instauration d'un corps électoral qui reste toutefois restreint. Un parti conservateur et un parti libéral se structurent, en s'appuyant respectivement sur l'oligarchie minière de l'argent et de l'étain qui deviendra au début du XXe siècle la principale source de richesse du pays. Le coup d'État « libéral » de 1899 voient s'imposer durablement cette seconde tendance qui tiendra les rênes du pays jusqu'en 1920. Le soulèvement de 1920, initié par le parti républicain, d'inspiration nationaliste, initie une nouvelle période d'instabilité, renforcée par la crise économique consécutive au krach de 1929 ; elle conduit le président Salamanca à engager son pays dans la très meurtrière guerre du Chaco contre le Paraguay, avec lequel un conflit larvé existait depuis le milieu des années 1920.

La défaite consécutive au conflit du Chaco, ponctue une rétraction constante du territoire bolivien depuis l'indépendance acquise en 1825. La Bolivie perdit ainsi une grande partie de son territoire et son unique accès à la mer dans la (guerre du Pacifique) contre le Chili. En 1903, elle vendit par ailleurs la région d'Acre au Brésil par le traité de Petrópolis.

La fin de la guerre du Chaco marque une reprise en main des militaires. Le colonel Toro initie en 1937 la première nationalisation du pétrole en Amérique latine. La période se caractérise surtout par un renouvellement du paysage politique. Le Mouvement nationaliste révolutionnaire (Movimiento Nacionalista Revolucionario), qui sera amené à jouer un rôle pivot dans la vie politique du pays jusque dans les années 1960, est créé en 1941. Malgré l'opposition de l'armée, il accède au pouvoir en avril 1952 après une nouvelle période d'instabilité politique. Il octroie le suffrage universel, entame sous la pression paysanne une réforme agraire en 1953 et nationalise, moyennant de fortes indemnisations, les mines des trois principaux « barons de l'étain » du pays. Sa politique interventionniste s'infléchit progressivement et s'ouvre largement à l'influence des États-Unis dont l'aide représente en 1958 le tiers du budget national.

En 1964, le coup d'État du général Barrientos ouvre une longue période de dictatures militaires qui ne s'achèvera qu'en 1980. Suivant l'intermède de « gauche » du général Torres (1970-1974), la dictature du général Banzer (1971-1978) est marquée par l'adoption de la « doctrine de sécurité nationale » qui se traduit par l'interdiction institutionnalisée de toute activité politique et syndicale. L'accession au pouvoir du narco-trafiquant Luis García Meza conduit à la rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis et contraint les militaires à soutenir un processus démocratique qui porte, après vingt-deux ans de dictatures quasiment ininterrompues, Hernán Siles Zuazo au pouvoir.

Les différents présidents qui se succèdent à partir de 1985 - Victor Paz Estenssoro, Jaime Paz Zamora, Gonzalo Sánchez de Lozada, l'ancien ministre de l'économie du premier cité, et l'ancien dictateur Banzer- suivront durant une quinzaine d'années une ligne de conduite conforme à l'orthodoxie des institutions financières internationales : lutte contre l'inflation, réduction du déficit budgétaire, réduction du périmètre du secteur nationalisé seront les contre-parties d'un réaménagement de la dette du pays.

En 2000, un gisement de gaz naturel, estimé à 1,58 milliard de mètres cubes, est découvert dans la région de Tarija. Pour construire un gazoduc vers la mer, deux options étaient possibles : soit passer par le Pérou, soit passer par le Chili. Le choix de privilégier la voie chilienne, plus facile du point de vue technique, mais critiquée en raison des ressentiments remontant aux guerres du XIXe siècle, cristallise un mécontentement social latent qui se traduit par un mouvement protestataire d'ampleur national. Son ampleur contraint le président Sánchez de Losada à démissionner en octobre 2003.

L'arrivée au pouvoir du vice-président Carlos Mesa ne stabilise pas une situation sociale explosive. Le 6 juin 2005, suite à de nombreuses manifestations, Carlos Mesa démissionne, laissant sa place au chef du Tribunal Suprême, Eduardo Rodríguez. Cependant le retour au calme est fragile, les mouvements populaires, essentiellement Indiens, continuant de réclamer (entre autres) la renationalisation des réserves de pétrole et de gaz du pays, exploitées par des firmes américaines ou européennes.

Evo Morales remporte l'élection présidentielle de 2005 avec 53,7% des voix. Le 22 janvier 2006, le congrès le nomme officiellement président ; il devient alors le premier président bolivien d'origine amérindienne depuis le XIXe siècle et le mandat d'Andrés de Santa Cruz y Calahumana (1829 - 1839). Des élections législatives normalement prévues pour le 4 décembre 2005 sont reportées au 18 décembre 2005 et remportées par le MAS, le parti présidentiel.

Le 1er mai 2006, Evo Morales a annoncé par décret la nationalisation des hydrocarbures et la renégociation de tous les contrats des entreprises étrangères dans un délai de 180 jours. L'objectif est que 82% des revenus des hydrocarbures soient réservés à l'État. La compagnie nationale Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos (YPFB) devient ainsi la seule instance autorisée à commercialiser les hydrocarbures . Cette initiative affecte au premier chef la société brésilienne Petrobras.

Le 2 juillet 2006, se tiennent simultanément un référendum sur l'autonomie départementale et l'élection des représentants à une Assemblée Constituante. La décentralisation était une des revendications essentielles des protestations exprimées en 2005 par les mouvements de la région de Santa Cruz. À l'inverse, les mouvements d'origine autochtone dénoncent cette volonté autonomiste, qui servirait selon eux la minorité oligarchique du pays.

Le MAS remporte 55 des 70 circonscriptions uninominales avec 50,7% des suffrages exprimés au niveau national lors de l'élection de la Constituante. Si le « non », pour lequel le MAS s'était fortement mobilisé, l'emporte largement au niveau national lors du référendum pour l'autonomie départementale (57,6% des voix), les résultats locaux trahissent la fracture territoriale est-ouest du pays. Les départements de Santa Cruz, Tarija et Pando se prononcèrent en effet largement pour l'autonomie avec respectivement 74, 61 et 58% des voix en faveur du « oui ».

Les travaux de l'Assemblée Constituante, présidée par l'indienne quechua Silvia Lazarte, devaient initialement prendre fin en août 2006 ; émaillés de nombreux incidents, ils ont été prolongés jusqu'à la fin de l'année 2007. Les députés du MAS ont approuvé le texte de la Constituante le 9 décembre 2007 à Oruro, en présence de 164 des 255 constituants. Le Podemos n'a pas souhaité prendre part au vote, estimant que l'assemblée n'avait pas réuni les conditions d'un débat démocratique. Un référendum national concernant cette nouvelle Constitution a été convoqué par le président Morales pour mai 2008 mais la Cour électorale a refusé de valider cette convocation, arguant que cette dernière n'avait pas suivie la voie légale. La nouvelle constitution fut adoptée par voie de référendum le 25 janvier 2009, à 58.7%, selon un sondage de sortie des urnes d'Ipsos Apoyo pour le quotidien La Razón et ATB.

Les réformes économiques et constitutionnelles mises en œuvre par la majorité présidentielle rencontrent de vives résistances au sein des élites économiques créoles du croissant est du pays qui concentre les principales richesses du pays. Ces dernières ont, depuis le début des années 2000, traduit leur opposition au pouvoir central par des revendications autonomistes voire sécessionnistes, portées par un ensemble d'organisations dont le Comité civique de Santa Cruz est l'une des plus actives. Les préfets élus des départements de Santa Cruz, Beni et Pando soutiennent ce mouvement pour une autonomie élargie.

Un référendum portant sur un statut d'autonomie régionale, et déclaré illégal par le pouvoir central, s'est tenu en mai 2008 dans la province dans la Santa Cruz à l'initiative de son préfet, Ruben Costas. En réponse à ce qui peut apparaître comme une remise en cause de sa légitimité électorale, le président Morales a décidé de remettre son mandat en jeu lors d'un référendum qui s'est tenu le 10 août 2008. Morales gagna ce referendum avec 67% des voix, bien que certains médias d'opposition aient laissé entendre de possibles fraudes de la part de membres du MAS. Ces contestations sont surprenantes, car les sondages à la sortie des urnes effectués par des instituts d'enquête privés, pour le compte de ces mêmes journaux, donnaient sensiblement le même résultat (entre 62 et 64%,).

La Bolivie est une république parlementaire. Le président, élu tous les 5 ans, est à la fois le chef d'État et le chef du gouvernement. Il nomme les ministres. Le parlement est formé par deux chambres : le Sénat, composé de 27 sièges, et la Chambre des députés, composée de 130 sièges.

La loi des groupes citoyens et peuples indigènes, promulguée le 6 juillet 2004, a mis fin au monopole des partis politiques pour les principales élections du pays. Elle autorise des groupes de citoyens (Agrupaciones ciudadanas) et les peuples indigènes à présenter des candidats lors des scrutins municipaux, départementaux et nationaux.

Les neufs départements boliviens se sont vus accorder une autonomie accrue avec la loi de décentralisation de 1995. Cette autonomie s'est encore accentuée avec la loi, adoptée sous le gouvernement Meza, instituant l'élection des préfets à la tête du département. Réclamée par les mouvements autonomistes des départements de l'ouest, cette réforme a donné lieu aux premières élections préfectorales le 18 décembre 2005. Le MAS (Movimiento Al Socialismo) n'a obtenu que trois des neuf postes de préfets. L'opposition au pouvoir central s'est, depuis cette élection, manifestée au niveau administratif intermédiaire des départements, générant de vives tensions.

Les villes boliviennes sont dirigées par des maires et des conseils élus pour cinq ans. La dernière élection municipale a eu lieu le 5 décembre 2004.

La Bolivie fait partie de la Communauté andine.

La Bolivie est divisée en 9 départements.

La Bolivie est composée de deux régions géographiques bien distinctes. L'ouest est traversé par deux cordillères d'orientations nord-sud qui bordent un vaste plateau, l'Altiplano, c'est dans cette région que vit la majeure partie des Boliviens. La Cordillère occidentale, aride, abrite quelques sommets majestueux comme le Nevado Sajama qui avec ses 6 542 mètres est le point culminant de la Bolivie. Le haut plateau est bordé au nord-est par la Cordillère royale où l'on peut admirer entre autres le Nevado Illimani et l'Illampu et où s'abrite la ville de La Paz. Les massifs de la Cordillère orientale abritent des vallées humides et possèdent des contreforts recouverts de forêts.

À l'est s'étendent de vastes plaines alluviales qui bénéficient d'un climat tropical. Le nord de ces terres basses appartient au bassin amazonien et est en grande partie recouvert de forêt. Plus au sud, les terres font parties du bassin du Río Paraguay, les terres y sont davantage défrichées.

Parmi les curiosités géographiques du pays, on peut citer le lac Titicaca, située à cheval entre le Pérou et la Bolivie qui est le plus haut lac navigable du monde. Sa vaste étendue permet un microclimat clément sur ses rives qui furent le berceau de la civilisation Tiwanaku ; le Salar de Uyuni, situé à l'ouest du pays, sur le sud de l'Altiplano dans le département de Potosí, est la plus grande étendue de sel au monde. On peut aussi admirer la cordillère Royale qui abrite de majestueux sommets enneigés, le Parc des volcans, où l'on peut observer le Nevado Sajama et les Bañados de Izozog.

Parmi les grandes villes, on peut citer La Paz, en très haute altitude, très marquée par la culture Aymara, Sucre, surnommée le "Paris des Andes" pour ses richesses architecturales, Santa Cruz de la Sierra, la grande ville de l'orient bolivien, Cochabamba, ville carrefour, surnommée parfois le "Vatican des Andes".

On retrouve en Bolivie les paysages montagneux de la Cordillière des Andes, mais aussi des paysages de plateau d'altitude, avec l'Atliplano. Au Sud, la "banquise de sel" offre un paysage lunaire. On y découvre aussi lagunes, volcans et canyons. Dans la région de l'Oriente, au Nord-Est, un paysage de plaines débouche sur la forêt amazonienne, à la frontière avec le Brésil.

Le climat bolivien est subtropical : chaud et humide. Mais ses conditions climatiques sont variées en raison d'altitudes diverses. En haute altitude, comme dans les Andes, le climat est froid, sec et venteux alors qu'en plaine il est humide et plus doux. Les températures moyennes annuelles se situent entre 8°C dans l'Altiplano et 26°C dans les plaines orientales où elles varient peu tout au long de l'année.

Les écarts thermiques peuvent être très importants. Sur l'Altiplano à 4 000 mètres d'altitude et à La Paz notamment, lors de la saison chaude (de novembre à mars) la température atteint facilement 19°C au meilleur de la journée, puis chute au fil des heures, atteignant des valeurs négatives en soirée. Dans les vallées intermédiaires situées en moyenne à 2 500 mètres d'altitude, comme par exemple la vallée de Cochabamba, les températures moyennes sont de 18-19 degrés. C'est ce qui donne la réputation de « printemps éternel » à cette région. Les écarts diurnes-nocturnes sont encore plus grands ici, les températures peuvent être parfois légèrement négatives en hiver et atteignent 27 à 30 degrés au meilleur de la journée (12h-16h). L'été cet écart se réduit à 14 et 30 degrés. Dans la partie orientale le climat est subtropical. La pluviométrie importante engendre une végétation luxuriante. L'été, l'humidité relative est très haute, parfois même étouffante. L'hiver (juin-août) est moins humide mais il est parfois rafraîchi par des vents froids venus de la Patagonie appelés surazos qui font chuter la température à 12 degrés et le froid est plus pénétrant à cause de l'humidité.

La Bolivie a été longtemps l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine. Elle a réalisé de grandes réformes libérales dans les années 1990. Ainsi, le président Gonzalo Sánchez de Lozada (1993-1997) a notamment signé un traité de libre-échange avec le Mexique, et a adhéré au Mercosur en tant que membre associé. En outre, ce président a privatisé la compagnie aérienne, l'entreprise de téléphonie, les chemins de fer, l'entreprise d'électricité, ainsi que l'entreprise de pétrole.

La croissance du PIB a ralenti en 1999, en partie en raison d'une politique budgétaire d'austérité. Ces restrictions freinèrent la mise en œuvre des programmes de lutte contre la pauvreté. Ce ralentissement s'explique aussi en partie par les retombées de la crise asiatique.

Des troubles sociaux, connus sous le nom de guerre de l'eau, éclatèrent en 2000 à Cochabamba en raison de la privatisation de la gestion de l'eau de la ville et en 2005 pour des raisons identiques à El Alto, dans la banlieue de La Paz.

En 2000, la croissance du PIB ne fut pas supérieure à 2,5 %. Le PIB n'a pas progressé en 2001 en raison du ralentissement de l'économie mondiale et de la faiblesse de l'activité nationale. Le déficit public s'élevait à 8,6 % en 2002.

L’économie du pays dépend beaucoup de l’aide apportée par les pays étrangers. En particulier, les États-Unis participent en 2005 à 10 % du PIB de la Bolivie, dans le cadre du programme d’éradication de la coca car bien que la production globale ne soit pas connue officiellement, la Bolivie est considérée comme le troisième fournisseur de feuilles de coca après la Colombie et le Pérou.

La Bolivie possède une importante dette extérieure.

Les importations proviennent principalement du Brésil (40 %), des États-Unis (13,9 %), de la Colombie (8,7 %), du Pérou (6,3 %) et du Japon (4,5 %) (données de 2004). Ses exportations vont principalement vers le Brésil (33,9 %), les États-Unis (12,7 %), la Colombie (11,8 %), le Venezuela (11,6 %), le Pérou (5,1 %) le Japon (4,2 %) (données de 2004).

Les principaux produits exportés sont le gaz naturel, le soja et ses dérivés, le pétrole, le zinc et l'étain. La Bolivie détient derrière le Venezuela les secondes réserves de gaz naturel d'Amérique du Sud (740 milliards de mètres cubes, selon la compagnie pétrolière BP). Durant près de trente ans, l'Argentine était l'acheteur quasi-exclusif du gaz bolivien mais les ventes à destination du Brésil sont en croissance rapide depuis 1999. L'un des problèmes principaux que rencontre le pays pour nouer de nouvelles relations commerciales et exercer une totale souveraineté sur ses exportations d'hydrocarbures tient dans son enclavement, consécutif à la guerre du Pacifique (1879-1884) contre le Chili.

Le 1er mai 2006, la Bolivie a nationalisé l'ensemble de son activité pétrolière, industrie qui sera gérée par la compagnie pétrolière publique YPFB.

Encore inexploitée pour l'instant, le pays recèlerait la moitié des réserves mondiales de lithium, élément privilégié des batteries modernes, notamment dans le désert d'Uyuni.

La population de la Bolivie est évaluée en juillet 2007 à 9 119 152 habitants. Elle est composée à 55% d'Amérindiens (30% Quechua et 25% Aymara), à 30% de métis, et à 15% d'Européens blancs.

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Amérindiens dans la société latino-américaine au XXe siècle

Construction rustique, tel qu'on en trouve dans le village de Sarayaku.

Étudier Les Amérindiens dans la société latino-américaine du XXe siècle, c'est étudier les populations d'origine d'Amérique latine (avant l'arrivée de la colonisation européenne), et leurs interactions, leurs relations avec le reste de la société de l'Amérique latine, au XXe siècle.

On s'aperçoit rapidement que les Amérindiens sont souvent et d'abord exclus géographiquement (campagnes, montagnes) et socialement (situation d'exploités), dominés par la société urbaine et segrégationiste des blancs , qui tenait/tient l'État, et de certains caudillos,et des grands propriétaires terriens qui tenaient/tiennent finalement le pouvoir local. Mais on s'aperçoit également que, malgré des proportions diverses en fonction des pays latino-américains, l'identité indigène se prolongerait (pour certains elle se dissout) dans la population métisse, qui forme la majorité des habitants au Mexique. Ces deux populations, exclues et porteuses de l'identité amérindienne ont en partie migré vers les villes et le modèle capitaliste. Malgré la ségrégation officieuse , il est indiscutable que certain d'entre eux se sont enrichis, et, par le pouvoir de l'argent, ont peu à peu augmenté leur pouvoir décisionnel et politique, reproduisant le comportement des créoles dans leur façon de vivre.

Excepté au Mexique, où s'illustra l'un des pères fondateurs de la Nation, le curé José María Morelos, et où les indigènes de pure souche tels que Benito Juárez et Victoriano Huerta avaient accédé à la présidence ou aux plus hauts grades militaires (Tómas Mejía général de Maximilien) Les métis premiers présidents de la République tels que Vicente Guerrero et une infinité de politiciens et de militaires Diaz et Zapata, les années 1900 à 1940 leur donnent peu de place sauf pour les présidences de Diaz, Huerta et de Cardenas, la révolution de 1910 donnera une plus grande place aux métis qui forment la majorité de la population : officiers, fonctionnaires, etc.

Au Guatemala il faut citer l'exemple de Rafael Carrera.

Mais finalement, la chute du Bloc de l'Est permet un relâchement, et une démocratisation de l'Amérique latine, et finalement, les Amérindiens commencent à s'exprimer, mais non sans répression (guerre du gaz, 2003, 2005) et à prendre le pouvoir politique, tel Évo Morales.

À la fin du XIXe siècle, l'Amérique latine sort d'un siècle agité de décolonisation, de luttes politiques de Caudillos, de luttes contre l'esclavage (abolition brésilienne de 1888), le tout sur une terre amérindienne où la société métisse et créole édifie une société moderne.

Les « Indiens » actuels sont les Amérindiens (ils ne sont pas des latins) descendant des peuples précoloniaux, ils représentent dans certains pays encore une part importante de la population. Mais étudier les amérindiens dans la société latino-américaine inclut une référence à l'interaction entre amérindiens - une minorité donc - et la société, qui est l'ensemble humain ainsi que les institutions légales qu'elle a créées.

Le XIXe siècle voit s'amplifier le mouvement libéral des élites coloniales créoles, avec l'abolition de l'esclavage qui gagne progressivement toute l'Amérique latine et l'affirmation de l'égalité en droit de tous les citoyens. Ce libéralisme, l'anti-esclavagisme, l'industrialisation et la décolonisation ne profitent néanmoins qu'à une classe dominante, majoritairement créole, c'est à dire descendante des colonisateurs.

La société latino-américaine de la fin XIXe peut être décrite comme à forte tension, notamment politique, en raison du monopole du pouvoir détenu par des Caudillos et des oligarchies bourgeoises qui privent le continent de démocratie réelle. Les créoles - hommes d'ascendance européenne nés aux colonies - se révoltent fréquemment contre leurs gouvernements trop peu représentatifs, et s'ils se soulèvent en refus de l'inégalité économique et politique, il faut souligner qu'ils ont au moins la chance d'un statut europèen. Car cette société latino-américaine des années 1900 est aussi caractérisée par son ordre européen, plus par nécessité immédiate que par racisme doctrinaire qui serait une perte d'efficacité d'un point de vue économique, qui mépriserait la "minorité" d'origine africaine et ignorerait la réalité indigène, le pragmatisme fit aussi que toute population exploitable le fut aussi. Les Amérindiens, population de «Natifs Américains» ayant une culture, une histoire et une occupation du territoire qui leur donnent un poids, représentent une masse influente avec laquelle l'Amérique latine du XXe siècle a dû compter.

Il faut toutefois s'interroger sur le poids réel de la population amérindienne dans la société latino-américaine du XXe siècle. Quelle est sa place dans la société, sa dynamique, son influence, ses aspirations et les oppositions qu'elles entraînent ?

Voir #Part des populations indiennes et métisses Au Mexique les indigènes n'aiment pas que l'on les qualifie d'« indio » et en général les gens n'accordent que peu d'importance à leur appartenance ethnique y préférant leur origine géographique, qu'ils nomment la « Patria chica ».

Cette citation traduite de l'anglais, à défaut de donner « la » réalité, en expose assurément une perception. L'on peut diviser les populations indigènes selon leur situation sociale et géographique.

Dans les forêts telles l'Amazonie, les indigènes sont évidemment isolés, vivant encore à un état primitif ou semi-primitif (influencé par la modernité : machettes, marmiton, habits, etc.), se nourrissant de cueillette et de chasse. Ils habitent dans des bâtisses primitives légères et saisonnières, davantage faites pour s'abriter éventuellement des intempéries que pour réellement y vivre, elles n'en marquent pas moins le point central de la vie d'une petite communauté. Ils ne sont juridiquement pas détenteurs de leur territoire. Une autre exclusion géographique concerne le domaine andin, les indiens y vivent à un état plus moderne, sédentaires et vivant d'élevage et de cultures vivrières, ils habitent des bâtisses de briquettes, torchis, tuiles et souvent un simple sol de terre battue. Cela permet une habitation solide, mais précaire, à proximité ou dans village. L'artisanat et le commerce s'y est déjà développé, mais cette population continue à ne pas jouer de rôle décisionnel à plus haute échelle.

Les lois latino-américaines ne les protégeant que très peu, ils sont à la merci des exploitants et sont souvent traités en sous-hommes.

Beaucoup d'indigènes sont tout simplement des travailleurs agricoles travaillant pour de grands propriétaires qui parfois sont aussi des amérindiens, leur mode de vie est voué au travail, les infrastructures pour les loger sont souvent dérisoires, pouvant n'être que de simples tapis ou hamac sous un bâtiment commun les protégeant des intempéries.

Une autre tache communément réservée aux indigènes est l'exploitation des nombreuses mines d'Amérique latine. L'essentiel du problème est que cette exploitation est payée à la production du mineur, se fait sans sécurité et, dans le cas d'effondrement de galerie, les secours sont rarement entrepris par les exploitants : ils doivent être l'effort et la solidarité des mineurs eux-mêmes, qui par là-même, perdent leur temps de travail, qui est leur seule assurance de subsistance.

Continuant l'idée que l'indigène ne peut être qu'un outil de production, ils se voient souvent ghettoïsés dans le milieu ouvrier. Il y a une ségrégation dans l'emploi tertiaire qui rend difficile leur ascension sociale et leur sortie du prolétariat.

Les indigènes servant de domestiques sont là pour servir, et peu de chose de plus. Il arrive également que les enfants travaillent pour aider leur parents sans être pour autant payés, et doivent rester en tout point inférieurs à leur « maître » et reconnaissants. Les conditions sont celles d'exclus, pouvant dormir dehors, et pouvant travailler sans horaires fixes ni jour férié. Ils sont à disposition permanente du maître.

Certains indigènes parviennent pourtant à accéder a des études supérieures, profitent de la réalité métisse des sociétés latines pour se faire finalement accepter. Ils peuvent acquérir un bon niveau de vie mais un niveau de vie qu'ils doivent se construire entièrement et dont l'oligarchie n'aime guère la présence . Ils continuent donc à subir une discrimination à l'emploi , dans la vie courante , qui freine leur ascension sociale. Toutefois, dans certains espaces où ils sont plus fortement représentés, tels la Bolivie, l'Équateur, le Guatemala, les Andes en bref, il s'est opéré une mutation qui aujourd'hui préserve l'indianité comme une des composantes de l'histoire du pays. C'est la raison pour laquelle un Indigène (bien que ne parlant aucune langue autochtone et ayant adopté la mode de vie européen) ex-planteur de coca comme Evo Morales a pu accéder dès le premier tour à la présidence bolivienne, soutenu par un électorat Indigène.

En plus d'une situation sociale propre délicate, exclus géographiquement, les indigènes subissent une exclusion de la part notamment de la population créole et de son héritage d'une culture de ségrégation, chaque période historique ayant développé sa justification, justification perdant en force, mais qui reste en héritage.

Héritage d'un racisme, décrivant les indigènes comme des sous-hommes -cannibales, (au Mexique le président de la République, Antonio López de Santa Anna faillit en 1844 être mangé par des indigènes de la région de Xico, Etat de Veracruz ) idolâtres, sodomites- ne méritant que l'esclavage, puis finalement démystifiés, ils sont posés comme aptes à être civilisé et évangélisé.

Héritage également d'un déterminisme géographique, le posant comme fatalement incivilisable, mou, et inapte à l'édification d'un État.

On en vient enfin à le dire victime de tares, débilités, d'inaptitudes, on le dit inapte aux charges politiques, fatalement mystique et mélancolique : inapte aux responsabilités démocratiques, et l'économie en fait finalement un simple outil de production, un peuple seulement aptes aux taches ouvrières.

Cette série d'héritage idéologique restant ancrée dans certaines populations, plus parce qu'y ayant avantages que par idéologie rationnelle, elles permettent de justifier les inégalités sociales et démocratiques.

Pourtant, il y a tout de même assimilation, notamment par le métissage. Malgré ce rejet géographique, et ce rejet racial comme politique -davantage le fruit de l'occasion, et du désir de privilèges et monopole- il y a échange, et intégration, notamment par le métissage.

Par indigènes, amérindiens, on entend des descendants des précolombiens, de sang indigène,(ce n'est pas les cas au Mexique qui use d'autres critères ) population qui ne représente généralement qu'entre entre 5 et 30%, les indigènes seuls n'ont donc que peu de poids dans la société latino-américaine. Mais leur influence va au delà de leur simple population physique, elle se poursuit dans la population métisse, qui vit souvent dans les mêmes conditions, mais aussi par l'influence de sa culture.

Sous le système des castes, instauré dans les pays d'Amérique latine colonisés et en Espagne, le terme de « mestizo » (métis) était réservé aux enfants résultant d'une union entre un parent européen et un parent amérindien, ou alors de deux parents métis, soit un mélange à 50%. Il existait au moins 64 termes (castizo, cuarterón de indio, cholo, etc.) pour désigner les autres métis selon la proportion de sang européen, amérindien ou noir. Le terme « mestizo » s'est désormais imposé pour tous les métis européens-amérindiens. « Mulâtres » désignant les métis européens-noirs. Nombreux américains, de type hispanique ou latino s'identifient eux-mêmes comme métis, notamment les autoproclamés chicanos.

Ainsi définis, ces métis européens-amérindiens constituent la majorité de la population dans les pays suivants : Chili (90%), Colombie (58%), Équateur (65%), Honduras (90%), Mexique (84%), Nicaragua (69%), Panama (70%), Paraguay (95%), Salvador (94%) et Venezuela (67%).

Dans d'autres pays où ils ne sont pas majoritaires, les métis n'en constituent pas moins une proportion non négligeable de la population : Argentine (8%), Belize (44%), Bolivie (30%), Brésil (approx. 12%), Uruguay (8%) et Pérou (37%). À Cuba on considère qu'il n'y a que des « mulâtres ». Les amérindiens purs et les métis qu'abritaient autrefois la République dominicaine et Porto Rico se sont également fondus parmi les mulâtres.

D'origine indigène et européenne mêlée, elle est un mélange physique et culturel de l'héritage Indigène.

Bien que dénigrée par un ordre blanc hérité du colonialisme, cette population métisse forme une part importante des populations nationales en Amérique latine -Argentine, Brésil et Uruguay exclus-. Cette population métisse dénigrée se ralliant à ses origines amérindiennes s'ajoute au poids des populations amérindiennes et pèse pour sa protection.

Si l'on critique souvent l'européanisation des indigènes, leur exploitation, leur acculturation par l'expansionnisme européen, mais aussi l'apport de mode de vie, d'outils, d'une langue.

On ne peut cependant pas non plus nier l'influence des cultures indigènes sur la société latino-américaine. L'Amérique latine est un métissage de cultures, le métissage physique y aidant. L'exploitation, également, d'indigènes pour aider à la vie courante des créoles a indianisé la langue espagnole, sa cuisine, ses références culturelles. Les blancs eux-mêmes se sont indianisés, les métis sont le fruit du mélange et représentent la masse de la population.

Le métissage – tant culturel que physique – a européanisé les indigènes. Ce fut certes un processus d'acculturation, il n'en reste pas moins que c'est ainsi que les indiens sont entrés dans la société moderne à l'européenne, et, par la force des réussites personnelles, à une augmentation du poids des indigènes dans la vie sociale « officielle », ce qui leur a permis de prendre un poids revendicatif, mais dans la plupart des cas ceux qui ont « réussi » adoptent ou avaient déjà un mode de vie totalement différent du mode de vie traditionnel et ne parlaient même plus une langue indigène, ils ne sont que génétiquement indigènes.

Il en existe surtout trois grands ensembles : l'indigénisme, l'indianisme et le panindianisme.

L'indigénisme – amitié blanche envers le peuple indigène et son passé – a la qualité de prendre la défense du peuple et de la culture amérindienne, mais à le défaut de le faire souvent de manière paternaliste, continuant à considérer l'indien comme un enfant. L'indigénisme est éventuellement concédé par les États, dans la mesure où il se cantonne à rester un alibi et à maintenir l'exploitation.

L'indianisme, c'est la prise de position directe des indigènes aux questions dont ils sont l'objet. C'est la prise de conscience politique, la maturité et l'émergence d'une vie politique indienne, l'expression de sa volonté. Cet indianisme populaire apparaît au XXe siècle, notamment avec la période de démocratisation des années 1980-1990, mais il est en fait beaucoup plus ancien, toute les révoltes amérindiennes étant finalement son expression.

Le panindianisme défend l'idée que le peuple amérindien est un peuple supérieur, ayant été spolié par la force temporaire des blancs. Des prophètes d'une renaissance indienne prédisent la résurrection de la civilisation indienne, modernisée mais supplantant la domination hispanique, mais élogiant également -par exemple- la supériorité de la nation Chibcha sur les autres, cette population étant décrite comme en sommeil, asservie par la force, mais qui inexorablement reprendra en force et fera reconnaître la grandeur de son talent propre (J.C. Hernández).

Même si on ne peut les énumérer, l'ensemble du XXe siècle et de l'Amérique latine est constamment agité par des insurrections locales et sociales.

De plus grande ampleur, et mieux organisé on retiendra Zapata, chef de l'Armée du Sud, un métis petit propriétaire nommé général par le président Francisco Madero et qui demandait une réforme agraire et une restitution des terres collectives des villages dans le minuscule état de Morelos (0,25% du territoire national et en 1910 1,2% de la population du Mexique) sous la présidence d'un mixtèque presque pur Porfirio Díaz. Il est suivi de nombreux villageois qui s'arment et constituent l'armée du Sud demandant l'application du plan d'Ayala. L'apparition du EZLN, au Chiapas en (1994)aux ordrs Sous-commandant Marcos, un intellectuel primé par le président José Lopez Portillo en personne, personnage cagoulé issu de la haute bourgeoisie blanche du nord du pays, n'a rien résolu.

Plus récemment, la guerre du gaz est due à la découverte de grosses ressources de gaz en Bolivie (dont 55 % de la population est d'origine indigène), qui réveillaient les aspirations indigènes, mais également l'intérêt de compagnies étrangères. Les indigènes des terres concernées espérant profiter de l'occasion pour se faire entendre ont été réprimés : 70 à 80 morts. Ce mouvement à repris en mai 2005.

D'autre cas symptomatiques sont la résistance du village de Sarayaku, des Amérindiens luttant contre les compagnies pétrolières en cachant leurs outils de forage, ou encore l'élection récente d'Evo Morales (qui contrairement aux mexicains Juarez, Zapata, Huerta ne parle aucune langue indigène) en décembre 2005 à la présidence de la Bolivie.

Au Mexique des présidents et des caudillos d'origine amérindienne pure on peut citer Benito Juárez et Victoriano Huerta une foule de chefs locaux tels que le cacique Santiago Vidaurri, etc. De nombreux militaires de haut grade furent aussi d'origine indigène, un des plus connus fut le général impérialiste Tómas Mejía, fusillé en même temps que Maximilien.

Un élément important de la condition amérindienne est la conjecture internationale et les aspirations économiques des élites locales. Au XIXe siècle et au tout début du XXe siècle les sociétés britanniques, françaises et espagnoles étaient les investisseurs principaux en Amérique latine, ils assuraient donc les gouvernements locaux selon leurs intérêts. Les gouvernements laissant leurs pays être exploités au profit des nations européennes étaient favorisés. Lorsque les États-Unis ont remplacé ces nations, faisant de l'Amérique latine leur chasse gardée, les intérêts économiques n'ont fait que changer de mains, les intérêts stratégiques sont restés les mêmes : favoriser des élites exploitants les productions locales à leur profit et à celui des États-Unis. Ce n'était pas l'heure de la générosité envers les Amérindiens, leurs aspirations étaient stoppées par la violence des élites locales, et avec l'accord des États-Unis.

Les années 1980 ont vu l'affaiblissement du Bloc de l'Est, les États-Unis sont donc devenus favorables à une démocratisation de la région. Peu à peu, perdant leur soutien extérieur, les dictatures ont dû se faire plus tolérantes, puis ont passé la main à des démocraties timides, toujours sous protection des États-Unis, donc vassalisées. Les États sont devenus démocratiques, mais les gestions restaient guidées par les États-Unis, les pressions populaires poussant à une gestion plus autonome.

Le vrai changement semble s'être fait à partir du 11 septembre 2001. Les États-Unis, tout à leur guerre contre le terrorisme ont moins les moyens de soutenir les États autoritaires ce qui laisse désormais une plus large liberté d'expression dans ces pays. Ainsi, ces pays se démocratisent davantage, mieux : les populations amérindiennes, sentant qu'elles peuvent enfin jouer sur la scène politique, se politisent. Les Amérindiens s'investissent ainsi de plus en plus et depuis peu dans la vie politique de leur pays. Après quelques postes de ministre, l'élection de Evo Morales à la présidence de la Bolivie, en décembre 2005, voit le premier Amérindien atteindre la plus haute fonction de l'État dans ce pays. En Bolivie, 55 % de la population est pleinement d'origine amérindienne, Amérindiens et métis y représentent ensemble 85 %.

La chute de l'Union soviétique à favorisé la démocratisation, les attentats du 11 septembre 2001 ont favorisé une liberté d'expression, permettant une vrai politisation des Amérindiens qui ont peu à peu les moyens d'être écoutés. L'Amérique latine s'« (amér)indianise ».

Mais, par la réalité également du métissage, l'influence indigène grandit du poids d'une population nombreuse pour tout ce qui est Amérique andine , Amérique centrale et Amérique du Nord (Mexique) Population métisse partageant une situation difficile, partageant la fierté de ses origines indiennes et qui tend à se réveiller idéologiquement (indianisme, panindianisme), politiquement, et ainsi que militairement (EZLN) afin de faire entendre sa voie et ses revendications. Le bémol à y ajouter est que ces revendications sont le plus possible réprimées les isolant, avec l'invocation du pouvoir de la majorité pour justifier les volontés gouvernementales (ex: guerre du gaz).

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Source : Wikipedia