Diyarbakir

3.3476394849822 (699)
Posté par marvin 11/03/2009 @ 08:14

Tags : diyarbakir, turquie, europe, international

Dernières actualités
A Diyarbakir, le boucher est devenu le médiateur des "vendettas ... - Le Monde
Depuis le massacre de 44 personnes, lundi 4 mai, dans un village kurde proche de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, l'ancien boucher reçoit des centaines d'appels chaque jour : journalistes, députés, élus locaux et chefs de tribus le consultent...
Neuf soldats turcs tués dans l'explosion d'une bombe - Le Point
Neuf soldats turcs ont été tués dans l'explosion d'une bombe dans la province de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. /Photo prise le 29 avril 2009/REUTERS Neuf soldats turcs ont été tués dans l'explosion d'une bombe dans le sud-est du pays,...
Lieber tot als ohne Schulbildung - AFP
Meryem P. werde im Universitätskrankenhaus der südostanatolischen Stadt Diyarbakir behandelt, berichtete die Zeitung "Radikal" am Montag. In einem Brief an seine Lehrerin hatte das Mädchen kurz zuvor seine verzweifelte Lage geschildert....
Turquie: au moins 41 morts dans une fusillade contre une fête de noces - AFP
DIYARBAKIR, Turquie (AFP) — Au moins 41 personnes ont été tuées lundi au cours d'une fusillade contre une fête de noces, dans un village du sud-est de la Turquie à majorité kurde, a annoncé un responsable local. Trois personnes ont été blessées dans...
Grippe porcine: l'OMS avertit d'une possible deuxième vague du ... - France Info
DIYARBAKIR (Turquie), 5 mai 2009 (AFP) - Au moins 41 personnes ont été tuées lundi lors d'une attaque contre une fête de noces dans un village de la province de Mardin, dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, a annoncé un responsable local....
L'archevêque Aram Atesyan « Il ya de l'espoir de nouveau » - Nouvelles d'Arménie
Aram Atesyan, 55 ans , archevêque arménien à Istanbul, est né à Diyarbakir. Il a fait ses études à Jérusalem. Il a été nommé Archevêque depuis 2006 (afin que formellement il devienne le numéro deux du Patriarcat arménien d'Istanbul....
Cinq tués dans un attentat dans le sud-est de la Turquie - L'Express
DIYARBAKIR - Cinq personnes, trois civils et deux membres des milices rurales, ont été tuées samedi dans l'explosion d'une bombe dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, ont annoncé les services de sécurité. L'explosion s'est produite le long...
Tête de Turc - Qobuz.com
Dans la ville de Diyarbakir (sud-est anatolien, à la frontière de l'Irak), Fazil Say a donné une master class pour les quarante élèves de la faculté de musique. « L'un des élèves s'est levé et m'a demandé s'ils avaient une chance de devenir musiciens...
L'Union européenne doit soutenir la revendication des Kurdes d'une ... - Agence Bretagne Presse
Abdullah DEMIRBAS, maire de Surici (arrondissement de Diyarbakir), Mahmut SAKAR Avocat d'Öcalan, Eren KESKIN, avocate des droits de l'homme et de la femme, Sebahat TUNCEL, députée, responsable des relations extérieures du DTP, qui sont repartis en...

Leyla Zana

Leyla Zana

Leyla Zana, née le 3 mai 1961, est une femme politique kurde de Turquie, emprisonnée pour avoir parlé sa langue natale, le kurde, au Parlement turc, et pour avoir affiché des convictions politiques en faveur des revendications kurdes.

Leyla Zana naît à Silvan, près de Diyarbakır. Elle épouse à 14 ans son cousin Mehdi Zana, qui sera élu maire de Diyarbakir en 1977 puis fait prisonnier politique et torturé après le coup d'État militaire du 12 septembre 1980 en Turquie.

Le 20 octobre 1991, revendiquant l'héritage politique de son mari exilé à l'étranger, Leyla Zana est élue au Parlement turc dans la circonscription de Diyarbakır. Elle fait scandale au parlement lors de la cérémonie de prestation de serment car elle prononce : « Vive la paix entre les peuples kurde et turc » en langue kurde après avoir prêté serment et qu'elle porte sur sa tête un bandeau aux couleurs traditionnellement associées aux Kurdes.

Son parti, le Parti de la démocratie (DEP) est interdit et son immunité parlementaire est levée. En décembre 1994, Leyla Zana est arrêtée, en même temps que trois autres députés (Hatip Dicle, Selim Sadak et Orhan Dogan) et accusée de trahison. Les accusations de trahison ne sont pas portées devant le tribunal mais Zana et les trois autres accusés sont condamnés à 15 ans de prison pour « appartenance à un groupe armé » (il s'agit du ).

Pour justifier sa décision, le tribunal s'est appuyé sur des arguments comme la couleur des vêtements portés par Leyla Zana. Ainsi, il est dit «  que l'accusée Leyla Zana a, le 18 octobre 1991, effectivement porté des vêtements et des accessoires jaune, vert et rouge alors qu'elle s'adressait à la population de Cizre ».

Le 30 novembre 1995, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a déclaré que l'emprisonnement des quatre parlementaires était arbitraire, car il contrevenait aux articles 10 et 11 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Le Groupe de travail a instamment demandé au gouvernement turc « de prendre les mesures nécessaires pour remédier à cette situation », ce dont il s'est abstenu.

De son côté, Amnesty International a estimé « que ces parlementaires sont des prisonniers d'opinion, emprisonnés pour avoir exprimé leurs idées de façon pourtant pacifique».

En 1994, Leyla Zana reçoit le prix Rafto et le prix Sakharov décerné par le Parlement européen pour honorer sa "liberté d'esprit". En 1995 elle reçoit le Prix Bruno-Kreisky.

Sa condamnation est alourdie en 1998, à cause d’une de ses lettres publiée dans un journal kurde, où elle exprimait des opinions séparatistes. Elle publie un livre Écrits de prison. Son parti, le Parti de la démocratie (DEP) est également dissout par la Cour constitutionnelle en 2003.

L'Union européenne (UE), à laquelle la Turquie souhaite adhérer, effectue à plusieurs reprises la demande d'une libération de Leyla Zana, sur des bases humanitaires. En 2001, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) critique la façon dont le procès de Zana a eu lieu ; la Turquie n'en accepte pas le jugement mais en 2003 une loi d'harmonisation passée dans le cadre de l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE permet de demander un nouveau procès qui tienne compte de l'avis de la CEDH. Toutefois ce nouveau procès qui prend place en avril 2004 est régulièrement boycotté par les prisonniers et leurs condamnations y sont confirmées. En juin 2004, celles-ci sont finalement annulées par la cour d'appel suprême de Turquie sur avis du procureur, pour un vice de forme lors du premier procès et Zana est libérée ainsi que Hatip Dicle, Selim Sadak et Orhan Dogan.

En janvier 2005, la CEDH condamne le gouvernement turc à verser à chacun des condamnés 9 000 €, déclarant que la Turquie a violé leur droit d'expression.

Le 4 décembre 2008, Zana a été condamnée à 10 ans de prison ferme pour avoir fait des déclarations faisant l'éloge du PKK dans neuf discours lors de rassemblements publics.

En haut



Diyarbakır

Diyarbakır Turkey Provinces locator.gif

Diyarbakır (en kurde Amed, en syriaque ܐܡܝܕ Āmîḏ, en arménien Ամիդ Amid) est une ville du sud-est de la Turquie de 855 389 habitants, préfecture de la province du même nom.

Les Kurdes, constituant la majeure partie de la population de la ville,, la considèrent comme la capitale du Kurdistan turc, dans le sud-est anatolien.

Appelée Amida dans l'Antiquité, ce qui lui vaut son nom de Kara Amid, la « Noire Amida », elle fut la capitale du royaume araméen de Bet-Zamani à partir du XIIIe siècle av. J.-C., puis d'un royaume kurde appelé Cordyène ou Cardyène.

La région devint par la suite une province de l'Empire romain, et Amida fut un centre religieux lié au patriarcat syriaque-orthodoxe d'Antioche. De cette époque, jusqu'au génocide arménien de 1915, la région est fortement peuplée d'Arméniens.

La dynastie kurde des Marwanides dirigea la région de Diyarbakir du XIe au XIIe siècles. Après la bataille de Manzikert, la ville passa sous l'autorité des Turcs Oghouzes.

Elle fut disputée par les Houlagides et les Ayyoubides pendant plus d'un siècle avant d'être prise par les États turkmènes de Kara Koyunlu (le Mouton Noir), puis de Ak Koyunlu (le Mouton Blanc).

Diyarbakır fut intégrée à l'Empire ottoman en 1534. Elle est annexée à l'empire perse Séfévide sous Abbas Ier le Grand, en 1620, avant de repasser sous le contrôle de la Sublime Porte. Elle devint en 1864 le chef-lieu du vilayet de Diyarbekir.

Pendant la Première Guerre mondiale, entre les mois de mai et juin 1915, dans le cadre du génocide arménien, la ville fut vidée de ses populations syriaque et arménienne sous le prétexte qu'elles étaient trop proches du front russe. Elles furent déportées vers les camps d'extermination de Rasalayn puis du désert du Deir ez-Zor.

À la chute de l'Empire ottoman, la ville fut rapidement occupée par les troupes françaises, avant de revenir sous contrôle de la nouvelle République turque.

En 1956, les Etats-Unis installent une base militaire de l'OTAN à Diyarbakir, renommée Pirinçlik Air Base en 1970. Celle-ci abrite des radars anti-missiles, dont le AN/FPS-17 développé par le Laboratoire de Rome dans l'Etat de New-York. La base fut fermée, en même temps que des bases en Allemagne, en septembre 1997.

D'abord sous les effets de l'exode rural, puis en raison de réfugiés internes dûs au conflit kurde, la population de Diyarbakir a explosé, passant de 30 000 dans les années 1930, à 65 000 en 1956, 140 000 en 1970, et 400 000 en 1990. En 1997, sa population totale s'élevait à 1,7 millions d'habitants. Cette rapide augmentation démographique s'est accompagnée de constructions précaires, les gecekondu, bâtis sans permis de construire.

L'importance de la population kurde explique la présence récurrente de manifestations, voire d'émeutes pro-kurdes à Diyarbakir. Le maire actuel, Osman Baydemir, est kurde et membre du Parti de la société démocratique.

En haut



Recep Tayyip Erdoğan

Recep Tayyip Erdoğan en compagnie de l'ancien ministre des affaires étrangères américain Colin Powell et du président des États-Unis George W. Bush, le 10 décembre 2002

Recep Tayyip Erdoğan (né le 26 février 1954 à Istanbul) est le Premier ministre de la Turquie depuis le 11 mars 2003.

Né en 1954 dans un vieux quartier populaire sur la rive européenne d’Istanbul (Kasımpaşa), il est issu d'une famille de la communauté laze, originaire de Rize (nord-est de la Turquie, sur la côte de la mer Noire). Son père était un ancien capitaine du port d'Istanbul.

Très jeune, il doit vendre des simit (petits pains en anneau) pour nourrir sa famille très pauvre. Sa famille l'envoie étudier dans une école religieuse qui forme des imams et les prédicateurs (« imam-hatip »). Ce type de lycée est très prisé en Turquie par les familles traditionalistes, mais il ne destine pas nécessairement à la carrière d’imam.

À 16 ans, Erdoğan remplace l'imam à la mosquée pour réciter des prières, pour les naissances ou pour organiser le rituel des décès.

Erdoğan n'avoue pas à son père son amour du football et cache ses crampons dans un sac de charbon. Son père met 7 ans pour découvrir le secret de son fils.

Puis Recep Tayyip Erdoğan joue avec son coéquipier Yaso Aga dans un club de football et veut passer professionnel, mais son père l'en empêche.

Erdoğan rencontre sa femme Emine dans un meeting politique. Le mariage est célébré 6 mois après leur rencontre, en 1978.

Il a étudié la politique et l'économie à Istanbul et a travaillé en tant qu'employé de l'entreprise de transport de la municipalité d'Istanbul et en tant qu'entrepreneur indépendant. Au milieu des années soixante-dix, il adhère à l'organisation de jeunesse du Parti islamiste du Salut National MSP de Necmettin Erbakan.

Sa carrière politique est interrompue par le putsch militaire du 12 septembre 1980 et l'interdiction de son parti, mais en 1983, il redevient actif politiquement dans le Parti de la Prospérité (Refah Partisi), dont le chef est Necmettin Erbakan (il rompt politiquement avec lui en 1999).

Après un travail méticuleux de terrain, Erdoğan devient en 1994 maire d'Istanbul grâce à une campagne anti-corruption au porte à porte. Il essaie de réorganiser la vie chaotique de cette mégalopole de 12 millions d'habitants. Ses opposants lui concèdent quelques belles réussites : les coupures d'électricité ou d'eau se font rares et les projets d'infrastructures (métro) dépassent le niveau du simple projet. Il s'attaque aussi à la corruption, il est allé jusqu'à piéger des chefs d'entreprise réunis autour d'un projet de construction, en leur lançant « Quelle est ma commission ? » Erdoğan avait pris soin d'inviter des journalistes incognito.

Les milieux laïcistes - particulièrement les militaires - demeurent toutefois très suspicieux quant aux velléités d'islamisation de la municipalité. Quelques établissements publics, dépendant de la ville, ne servent plus d'alcool depuis 1996.

En 1998, il est condamné à une peine de prison, après un discours qualifié d'incitation à la haine incluant un poème du poète nationaliste Ziya Gökalp. De son propre aveu, il vit mal son séjour en prison. À sa sortie, Erdoğan change radicalement de tactique et renonce à affronter les militaires.

En automne 1998, Erdoğan quitte le Parti de la Vertu (FP) - le parti successeur du Refah Partisi - et se prononce en faveur d'une séparation de la religion et de l'État. En Turquie, les imams sont des fonctionnaires affiliés au Directorat des Affaires Religieuses, lui-même dépendant directement du Premier ministre.

Erdoğan fonde en 2001 le Parti de la Justice et du Développement (Adalet ve Kalkınma Partisi ou AKP), qui offre une patrie politique à un large spectre de forces conservatrices. Le noyau dur de l'AKP est constitué par l'aile modérée du Parti de Vertu, interdit la même année. Erdoğan lui-même en prend la présidence. L'AKP sort vainqueur des élections parlementaires de 2002, mais Erdoğan ne peut immédiatement se charger du bureau du Premier Ministre du fait de sa condamnation qui le privait de l'activité politique pendant 5 ans suivant la décision de la cour. À la fin de ce délai, il entre à la Grande assemblée nationale de Turquie comme député de Siirt et devient chef du gouvernement à partir de mars 2003.

Dès le début de son mandat, Erdoğan joue la carte de l'intégration européenne, coupant l'herbe sous les pieds de ses opposants laïcistes. Son gouvernement obtient en décembre 2004 la promesse de l'UE d'entamer des négociations d'adhésion le 3 octobre 2005. Promesse tenue l'année suivante, malgré l'absence de reconnaissance de la République de Chypre.

Il vit aujourd'hui dans une villa d'un quartier modeste d'Ankara, et demeure passionné de football.

Son mandat fut marqué par quelques réformes politiques et économiques ambitieuses.

La mise en œuvre de ces réformes s'est toutefois heurtée aux résistances de l'appareil d'État.

L'AKP domine largement le Parlement (363 députés sur 550), à cinq sièges seulement de la majorité des deux tiers qui lui permet d'amender la Constitution. Depuis 1987 c'est le premier parti à disposer d'une majorité stable et le seul depuis 1945 à n'avoir qu'une autre force politique en face de lui au Parlement. Cela permet au gouvernement Erdoğan de mener sa propre politique sans entrave de l'opposition.

L'arrivée de l'AKP au pouvoir a fait craindre à l'Union européenne, et à beaucoup d'Européens et aussi aux Turcs du CHP, que la laïcité kémaliste pourrait être menacée. Mais la laïcité n'a jamais été vraiment remise en question même si le port du voile dans les universités a été autorisé en février 2008 par le Parlement. Erdoğan estime toutefois qu'il faut introduire en Turquie une plus grande liberté religieuse. Son mandat a aussi été marqué par une loi sur l'adultère, qui devait criminaliser l'infidélité. Ce projet de loi a été vite abandonné sur la pression de l'armée, des médias, et de l'union européenne.

Erdoğan récuse les accusations d'islamisme et se déclare « démocrate conservateur » ou « démocrate musulman » (en référence aux démocrate chrétiens européens), il s'affirme respectueux de la démocratie et de la laïcité et relègue la religion à la sphère privée. Erdoğan est proche des partis chrétiens-démocrates européens. Il a gommé toute référence à l'islam dans ses discours et son programme est pragmatique : économie, vie quotidienne etc.

Cependant, depuis le début de son deuxième mandat, Erdoğan a commencé une véritable chasse aux opposants, s'apparentant au McCarthisme américain: 49 personnes dont des journalistes connus pour leurs prises de position contre le gouvernement de l'AKP et des opposants politiques ont été mis en détention provisoire de plusieurs mois sans aucune charge.Le journaliste Ergün Poyraz, auteur d'un livre critiquant le gouvernement notamment en matière de corruption, preuves à l'appui, est en prison depuis juillet 2007, également sans charges à son égard.

La victoire de l'AKP (Parti de la justice et du développement) est due essentiellement aux protestations contre la corruption et à la banqueroute d'un système financier obsolète. La Turquie a affronté sa plus grave crise financière de son histoire récente en 2000 et en 2001. Mais les turcs ont aussi été véritablement marqués par le tremblement de terre de l'année 1999, qui leur a montré l'étendue de la corruption dans leur pays. Ainsi le gouvernement Erdoğan a promis de faire de la lutte contre la corruption une de ses priorités.

Mais la victoire de l'AKP doit beaucoup à l'exaspération de la classe moyenne, victime de plein fouet du chômage. Mais pour trouver une solution, c'est-à-dire rééquilibrer les comptes (elle est le deuxième plus gros débiteur du FMI après le Brésil, avec 16 milliards de dollars, sa dette extérieure atteint 30% de son PIB et sa dette publique est de 80%), l'AKP suit la politique économique du FMI.

Dans le domaine économique, le gouvernement essuie de vives critiques des milieux d'affaires, notamment celles de la puissante association laïque Tüsyad, qui représente les grandes entreprises turques. Le ministre de l'économie, Ali Babacan affirme que le programme économique du FMI sera mené à son terme, mais en rappelant que certains volets de l'accord seraient repoussés pour mieux combattre l'inflation et la corruption, réformer le système des impôts, et attirer les capitaux étrangers (en particulier européens).

Aujourd'hui la Turquie a la croissance la plus rapide de l'OCDE, et le taux d’inflation a fortement reculé et pourrait revenir à un taux annuel à un seul chiffre en 2005, pour la première fois en trente ans. Un nouveau cadre institutionnel pour les politiques monétaire et budgétaire a été mis en place, idem pour les marchés des produits, du travail et des capitaux, les secteurs d’infrastructure et des aides agricoles.

Le passage d'Erdoğan au pouvoir a aussi été marqué par la libéralisation de l'économie et la diminution du nombre de fonctionnaires. L'AKP a aussi mis de côté les grandes entreprises turques (Sabancı, Koç, Cukurova, Anadolu, Profilo, etc.) qui tiraient jusqu’à présent l’économie du pays. Ce sont les « tigres anatoliens » qui ont pris leur place. Ils sont représentés par les hommes d’affaires et industriels indépendants (Müsiad). Un lobby qui réunit 2000 membres dans 10 000 entreprises. Grâce à leur petite taille, ces petites entreprises ont su s'adapter à la crise économique de 2001, contrairement aux grands groupes qui ont dû entreprendre une restructuration douloureuse.

L’AKP poursuit la politique entreprise par les anciens gouvernements, c’est-à-dire mettre fin au protectionnisme d'état et libéraliser les échanges commerciaux, en abaissant les droits de douane, et en supprimant les quotas sur les importations.

Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis, après quinze ans de lutte pour l'indépendance et 37 000 morts, avait décrété un cessez-le-feu en 1999 avec l'ancien gouvernement. Le cessez-le-feu a été rompu en 2004 et les opérations contre l'État turc ont augmenté depuis, notamment les attentats contre des touristes étrangers.

Le gouvernement Erdoğan a mis fin à quinze ans d'état d'urgence dans le Sud-Est du pays. Il a également autorisé la diffusion de programme en langue kurde à la radio et à la télévision et a aussi permis l'ouverture d'instituts privés d'enseignement du kurde. Des réformes et des actes qui n'ont pas toutes été suivies d'effets.

Les Kurdes réclament également que le gouvernement fasse quelque chose pour sortir la partie kurde de Turquie de la pauvreté et de la morosité économique. Erdogan a affirmé que le gouvernement n'y prévoyait pas d'investissements industriels, et il a au contraire encouragé les hommes d'affaire locaux à prendre l'initiative, en profitant des mesures d'incitation récemment mises en place.

Abdullah Öcalan, le leader de l'organisation séparatiste PKK, à échappé à la peine de mort (il avait vu sa peine commuée en réclusion à perpétuité en 2002, lors de l'abolition de la peine de mort) qu'il attendait et il va être également rejugé sous pression de l'Union européenne qui accuse la Turquie de ne pas lui avoir fait un procès équitable. Le président turc Abdullah Gül a cependant déclaré que même en le jugeant « cent fois, il recevra le même châtiment ».

Le 1er janvier 2009, Erdoğan inaugure la première chaine publique turque en langue kurde et prononce quelques phrases en kurde en direct.

Le Vatican a dénoncé la « christianophobie institutionnelle en Turquie ». Edmond Farhat, nonce apostolique à Ankara, a affirmé que la liberté religieuse n'existe que sur le papier en Turquie. L’Église catholique se plaint notamment de ce qu'aucune reconnaissance juridique ne lui ait été accordée, reconnaissance juridique qu'elle réclame depuis 1970.

L'Église orthodoxe de Constantinople attend toujours la réouverture de sa Faculté de théologie, et les églises se voient retarder sans date les autorisations de faire des réparations indispensables sur leurs églises.

Le commissaire européen chargé de l'élargissement, Olli Rehn a d'ailleurs averti par écrit le gouvernement turc que la liberté religieuse appliquée en Turquie ne répondait pas encore à l'un des critères fixés par l'Union.

Par contre Erdoğan a promis la restauration de la vieille église arménienne d'Aghtamar, qui va être restaurée après un siècle d'abandon par l'état. Le gouvernement a décidé de financer les deux millions de livres turques des travaux (1,2 million d'euros), qui ont débuté au mois de mai 2005.

La diplomatie turque n’a pas changé de cap politique avec la venue d'Erdoğan au pouvoir ; la Turquie est toujours un grand allié d'Israël et des États-Unis, mais elle sert de médiateur avec les Palestiniens et les Syriens. Mais elle a enclenché un rapprochement avec la Grèce et l'Union européenne. Par ailleurs, avec le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, Erdogan est à l'origine de la fondation, en 2005, de l'Alliance des civilisations à l'ONU, un projet visant à contrer le terrorisme par des moyens politiques, économiques et sociaux, et non militaires, à l'inverse de la « guerre contre le terrorisme » menée par George W. Bush. Erdogan a aussi annoncé, en 2007, la construction de trois centrales nucléaires.

Pendant la guerre en Irak, le gouvernement américain a demandé la permission aux autorités turques de pouvoir survoler son territoire, ainsi que le déploiement de 62 000 soldats américains dans le pays. Un grand débat a eu lieu à cette occasion en Turquie. Le gouvernement turc s'est prononcé contre le survol de la Turquie par l'aviation américaine, et contre le déploiement de soldats américains en Turquie. Pour faire pression, les américains ont proposé un chèque de 15 milliards de dollars à la Turquie en dédommagement du coût de la guerre. Le gouvernement a demandé l'avis du Parlement, qui a également refusé.

Bien qu'hostile à la guerre en Irak, Recep Tayyip Erdoğan, avec le soutien de l'armée, à estimé qu'un soutien aux américains était dans l'intérêt à long terme du pays, notamment pour prendre part aux décisions sur l'avenir des zones kurdes irakiennes.

Erdoğan n’a pas changé radicalement la politique de la Turquie vis-à-vis de l'État d'Israël qui reste un allié majeur pour la Turquie. Cela n'a pas empêché Erdoğan de dénoncer la politique jugée trop musclée du gouvernement d'Ariel Sharon.

Au lendemain de l'assassinat du Cheikh Ahmed Yassine (chef spirituel du Hamas), Tayyip Erdoğan n'hésitait pas à qualifier cette opération d'« acte terroriste » puis il dénonce le « terrorisme d'État » pratiqué par Israël dans la Bande de Gaza, avant de rappeler temporairement son ambassadeur à Tel-Aviv et son consul à Jérusalem « pour consultations ».

Lors de l'opération Arc-en-ciel qui a eu lieu dans la ville de Rafah, Erdoğan a dénoncé la « terreur d’État » de l'État israélien. Il déclare d'ailleurs que « les Israéliens traitent les Palestiniens comme ils ont été traités eux-mêmes, il y a cinquante ans ». Mais le partenariat stratégique et notamment militaire entre les deux pays n'est pas menacé.

Les relations israélo-turques se sont toutefois nettement réchauffées depuis. Erdoğan a proposé le 2 mai 2005 lors d'un voyage officiel en Israël et dans les territoires palestiniens de servir de médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Même si Israël s'est aussitôt opposé à la proposition du premier ministre turc par la voix de son ministre des affaires étrangères Silvan Shalom, les tensions ont nettement baissé.

Le 29 janvier 2009, Erdoğan a brutalement quitté un débat au Forum économique mondial à Davos après avoir été interrompu lors de son argumentaire par le modérateur, suite a un plaidoyer du président israélien, Shimon Peres, en faveur de la récente offensive menée par son pays dans la bande de Gaza et qui a fait plus de 1 330 morts palestiniens. Erdoğan a notamment déclaré « Vous avez la psychologie d'un coupable (...) Vous savez très bien tuer les gens. » Le lendemain, le DTP, parti kurde d'opposition, a dénoncé les propos d'Erdoğan. Ainsi Emine Ayna, une députée du parlement turc a affirmé dans un communiqué de presse que « le Premier ministre Erdogan essaye de reconquérir l'opinion publique en Turquie », puis, s'adressant à Erdogan : « votre gouvernement aussi sait bien tuer » en faisait référence à un épisode durant lequel des enfants kurdes ont été tué à Diyarbakir en 2006. Selahattin Demirtaş, député de Diyarbakir, a rappelé au Premier ministre turc, sa responsabilité dans la mort de six personnes au Newroz 2008 (nouvel an kurde) en Turquie. Demirtaş a affirmé qu'à ce jour, le gouvernement turc n'avait fait aucune déclaration officielle sur la situation au Proche Orient et qu'Erdogan avait signé il y a quelques jours un accord avec Israël sur l'achat de huit Herons (drone de fabrication israélienne) destinés à la récolte d'informations dans le Kurdistan turc et que les pilotes de l'aviation israélienne s'entrainait à Konya (ville du centre de la Turquie).

Le gouvernement turc a invité le premier ministre Kóstas Karamanlís à se rendre à Ankara. C'est ainsi la première visite officielle du genre depuis 1959.

L'AKP cherche activement une solution à la question chypriote, bien que l'ancien ministre des affaires étrangères, M. Abdullah Gül reconnaisse que le dossier « n'est pas totalement dans mains ». Les négociations directes actuelles entre les présidents de la république turque de Chypre Nord et la République chypriote laissent entrevoir un accord sur une réunification de l'île.

En haut



Mehdi Zana

Mehdi Zana, né en 1940 à Silvan dans la province de Diyarbakir, est un politicien turc d'origine kurde.

Il épouse en 1975 sa jeune cousine, Leyla Zana, alors âgée de 14 ans. Dirigeant du Parti ouvrier de Turquie, élu maire indépendant de Diyarbakir en 1978, Mehdi Zana occupa ce poste jusqu'au coup d'État militaire du 12 septembre 1980.

Il est arrêté sans aucune charge douze jours après et condamné à trente-six ans de prison par un tribunal militaire pour « atteinte aux sentiments nationaux », il reste onze ans derrière les barreaux, jusqu'en mai 1991,. En 1995, il raconte dans son livre les conditions inhumaines de sa détention et ses geôliers n'hésitant pas à utiliser la torture et la pression psychologique pour obtenir de faux aveux.

Il fit ensuite l’objet de poursuites pénales en raison des déclarations qu’il avait faites lors d’une conférence de presse au Parlement européen en octobre 1992, puis devant la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen en décembre de la même année. Il avait alors relaté sa lutte personnelle pour la reconnaissance des droits des Kurdes en Turquie et condamné les actions des autorités turques dans le Sud-Est du pays, faisant notamment état de la destruction de villages et des violences infligées à la population kurde. Estimant que ses propos tendaient à démontrer qu’il existe en Turquie une nation kurde séparée de la nation turque, la cour de sûreté de l’État d’Ankara le reconnut coupable de propagande séparatiste et le condamna en mai 1994 à quatre ans d’emprisonnement. Cette peine fut ramenée à deux ans lorsque la cour de sûreté de l’État réexamina l’affaire en 1995, et Mehdi Zana, qui avait été arrêté et incarcéré en 1994, fut alors remis en liberté. Il reste cependant privé à vie de ses droits politiques. Dès lors, il décide de ne plus parler qu'en kurde, sa langue maternelle.

Il s'exile ensuite en Suède jusqu'en 2004, date de son retour en Turquie.

En haut



Liste de ponts de Turquie

 Pont du Bosphore

Cette liste de ponts de Turquie a pour vocation de présenter une liste de ponts remarquables de Turquie, tant par leurs caractéristiques dimensionnelles, que par leur intérêt architectural ou historique. Les ponts y sont classés en ordre chronologique de construction.

En haut



Doluca Özel Kav (vin)

Le Doluca Özel Kav est un vin rouge, produits des vignes des régions de Diyarbakir et Elazig en Turquie.

En haut



Art des Saljukides d'Anatolie

L'art des Saljukides d'Anatolie, comme son nom l'indique, a été produit dans cette région entre 1071 et 1304. Il est très proche de l'art Syro-Égyptien contemporain.

Continuant sur leur lancée, les Turcs Saljukides poursuivirent leurs conquêtes jusqu'en Anatolie, où ils s'installèrent, prenant Konya comme capitale. Après la bataille de Mantzikert en 1071, on considère qu'ils constituent un sultanat indépendant de celui de leurs cousins Iraniens ; et même si on retrouve dans l'art une influence Iranienne, les productions anatoliennes sont très différentes. La dynastie perdure jusqu'au début du XIVe siècle, malgré les croisades et les nombreux affrontements entre gouverneurs, mais leur pouvoir semble s'éteindre dès 1243 après les invasions mongoles.

L'architecture se présente comme une synthèse de différents styles. On y trouve ainsi des influences iraniennes (iwans, coupoles, mosaïque de céramique), syriennes(ablaq), arméniennes, anatoliennes (usage exclusif de la pierre, disparition ou rétrécissement de la cour)... Dès le XIIe siècle, on observe une recherche sur la salle sous coupole, et différents essais voient le jour pour tenter de l'intégrer aux bâtiments.

Un édifice important est le complexe de Divrigi, constitué d'une mosquée et d'un hôpital et construit par un architecte syrien pour Ahmad Shah. Son décor, en céramique notamment, est extrêmement riche, au point d'être qualifié de "baroque" par certains spécialistes. On y note la présence d'une aigle bicéphale, symbole de la dynastie.

La période des Saljukides de Rum est également très fertiles en madrasa, qui datent pour la plupart du XIIIe siècle. La plus ancienne est celle de Diyarbakir, où étaient enseignés les quatre rites, et qui était jointe à une école médicale, un asile, et un observatoire. On en trouve également à Konya, Mahdin, Kayseri... À noter l'emploi de triangles turcs, qui apparaissent pour soutenir les coupoles au XIIIe siècle.

La céramique d'Anatolie est alors difficile à distinguer de celle de Syrie et de Jezirah. Les carreaux de revêtement peints sous glaçures sont très utilisés, et le lustre semble aussi avoir été employé. Dans ce monde changeant et composite qu'est le Proche-Orient à cette période, les influences sont nombreuses et variées, et il est très délicat de déterminer ce qui appartient à qui.

Le métal, lui aussi, est fortement influencé par la Syrie et le monde Iranien. Les centres de production se situent dans la région de Diyarbakir et à Konya. On utilise du bronze, mais aussi des matériaux précieux, comme l'argent et l'or. On connaît même une pièce unique en bronze émaillé.

Le bois, quant à lui, est un médium majeur de l'art des Saljukides de Rum. Il est travaillé en petits éléments assemblés à rainures et languettes, qui prennent différentes formes : polygones, étoiles... Il n'est jamais associé à l'ivoire, mais les éléments de bois sont sculptés d'arabesques profondes et finement retravaillées. Généralement, le bois est utilisé pour de grands minbars, mais également pour des porte-Corans et des cénotaphes.

On connaît enfin un manuscrit illustré vraisemblablement du XIIIe, conservé à la bibliothèque du palais de Topkapi. C'est le seul représentant de l'art du livre de cette période, mis à part quelques Corans enluminés. Le texte est celui de Warka et Gulsha, une histoire d'amour écrite vers l'an 1000 par Ayyuki pour le sultan Mahmud de Ghazna. Le style serait très influencé par l'Asie centrale, avec des fonds très colorés.

En haut



Mazlum Doğan

Mazlum Doğan (1955-1982) est l'un des fondateurs du PKK.

Mazlum Doğan est né en 1955 à Dep (Karakoçan en turc), une ville de la province d'Elazig mais celui-ci est originaire de Dersim - Mazger (Mazgirt en turc).

Après obtention d'un diplôme de la haute école des maitres, Mazlum Doğan s'inscrit en 1974 à la faculté d'économie de l'université Hacettepe d'Ankara. Lors de ses études universitaires, il a fait connaissance avec des personnalités politiques.

Par la suite il est arrêté près de la ville d'Urfa. Il est détenu dans la prison de Diyarbakir dans laquelle il se pend le 21 mars 1982 après avoir symboliquement allumé trois allumettes pour protester contre les tortures systématiques de prisonniers kurdes mises en place par l'État turc.

En haut



Source : Wikipedia