Danemark

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Posté par hal 24/02/2009 @ 17:53

Tags : danemark, europe, international, environnement

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Danemark

Drapeau du Danemark

Le Danemark (en danois : Danmark), officiellement le Royaume de Danemark ou le Royaume du Danemark (en danois : Kongeriget Danmark), est un pays d'Europe du Nord, et le plus petit des pays scandinaves (si l'on fait abstraction de ses deux régions autonomes, le Groënland et les îles Féroé). Il est membre de l'Union européenne depuis 1973.

Le Jutland et les îles danoises sont peuplées depuis plusieurs milliers d’années. L’unité du Danemark fut réalisée par Harald « à la dent bleue » (Harald Blåtand) vers 980. Jusqu’au XIe siècle, les Danois participaient aux expéditions vikings, colonisant, commerçant et pillant partout en Europe.

Le Danemark a longtemps tenu un rôle majeur en Europe du Nord. Le royaume contrôla, à un moment ou à un autre, l’Angleterre, la Suède, la Norvège, la mer Baltique et des territoires en Allemagne. La partie sud de la Suède moderne, appelée Scanie (Skåne), était une partie intégrante du Danemark jusqu'au traité de Roskilde en 1658. La concrétisation de cette puissance s'est traduite par l'Union scandinave scellée à Kalmar en 1397 qui réunit sous l'autorité de la reine Marguerite, le Danemark, la Suède et la Norvège. Si la Suède chercha rapidement à recouvrer son indépendance grâce à Gustave Vasa en 1523, notamment en mettant à profit le conflit entre la noblesse danoise et le roi Christian II, l’union avec la Norvège n'a été dissoute qu'en 1814 après la chute de Napoléon avec qui Frédéric VI avait choisi de s’allier.

Le mouvement nationaliste et libéral du Danemark est devenu puissant au XIXe siècle et, suite aux révolutions européennes de 1848, le Danemark est devenu une monarchie constitutionnelle en 1849.

Resté neutre pendant la Première Guerre mondiale, le Danemark a récupéré une grande partie du Schleswig-Holstein qu’il avait dû abandonner en 1864 à la Prusse et l'Autriche suite à la guerre des Duchés.

Le 9 avril 1940, l’Allemagne a envahi le Danemark, lui proposant en vain le protectorat, et le pays fut occupé pendant toute la Seconde Guerre mondiale, malgré les efforts de quelques résistants danois. Après la guerre, le Danemark renonça à sa neutralité et, suite à l’échec de l’instauration d’une union de défense scandinave, rejoignit l’OTAN. Son entrée au sein de l’Union européenne date de 1973.

Bordé par la mer Baltique et la mer du Nord, le Danemark est situé au nord de l’Allemagne, au sud-ouest de la Suède et au sud de la Norvège. Le Danemark est constitué d’une péninsule, le Jutland (Jylland) et de 443 îles, dont 72 sont habitées. Les plus importantes sont l'île de Fionie (Fyn) et le Seeland (Sjælland). L’île de Bornholm est située à l’est du reste du pays dans la mer Baltique. Beaucoup d’îles sont reliées par des ponts ; le pont d'Øresund relie le Seeland avec la région de Scanie en Suède.

Le pays est relativement plat (les points les plus élevés sont Møllehøj, Yding Skovhøj et Ejer Bavnehøj, qui sont à 170,86; 170,77; et 170,35 mètres d’altitude). Le climat est tempéré avec des étés doux et des hivers frais. Les plus grandes villes sont Copenhague (sur l’île de Seeland), Aarhus (dans le Jutland), et Odense sur l'île de Fionie.

Depuis le 1er janvier 2007, et suite à une décision gouvernementale de juillet 2004, les 13 amter sont remplacés par 5 régions et les 270 communes sont regroupées en 98 structures de 20 000 habitants avec des responsabilités proches de celles des anciens amter.

Le Groenland et les îles Féroé sont deux régions autonomes rattachées au Danemark.

En 1848, le Danemark est devenu une monarchie constitutionnelle avec la ratification d’une nouvelle constitution. Le monarque est formellement le chef d'État, mais c’est une position plutôt symbolique. Le pouvoir exécutif est tenu par les ministres du cabinet ; le ministre d'État est le « premier d'entre ses pairs » (primus inter pares). Le pouvoir législatif est exercé par le parlement, connu en danois comme les Folketing qui comprend 179 membres (dont 175 représentent le Danemark métropolitain). Les tribunaux du Danemark sont indépendants du pouvoir législatif et exécutif (séparation des pouvoirs du type de Montesquieu). Les élections sont organisées tous les quatre ans, mais le ministre d'État peut décider d’appeler les électeurs aux urnes plus tôt, ce qui est presque systématique, le parti au pouvoir cherchant à profiter d'un moment favorable à sa reconduction. Tous les partis qui obtiennent au moins 2% des voix sont représentés au Folketing.

Depuis 1972, la reine du Danemark est Margrethe II de Danemark.

Entre 2001 et 2005, le pays a été gouverné par Anders Fogh Rasmussen du parti Venstre (libéral) en coalition avec le parti conservateur et avec l’appui du parti populiste d’extrême droite. Sa politique repose sur le soutien aux États-Unis dans la guerre en Irak (530 soldats danois), l’arrêt de la hausse des impôts, une réduction de l’immigration par des conditions d’entrée draconiennes et le maintien des acquis sociaux de l'État-providence. Il a été reconduit en 2005 malgré une légère diminution en voix.

La politique extérieure du Danemark a, depuis la fin du XIXe siècle, consisté essentiellement en l'affirmation de sa neutralité, politique qui a permis aux Danois d'échapper à la Première Guerre mondiale. Mais l'invasion du pays par l'Allemagne nazie en 1940 a montré les limites de la neutralité et le pays a, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, adopté pour sa politique extérieure une orientation très atlantiste.

Le gouvernement et le parlement sont par ailleurs en dialogue permanent avec les autres pays scandinaves dans le cadre du Conseil nordique.

Les principaux partis politiques danois, ainsi que leur score aux dernières élections nationales (parlementaires), sont listés dans le tableau ci-dessous. Au Danemark, chaque parti est désigné par une lettre de l'alphabet. Le gouvernement actuel (Anders Fogh Rasmussen III) est composé des partis libéral (V) et conservateur (C) avec 19 ministres: 12 pour V et 7 pour C). C'est un gouvernement minoritaire qui a le soutien de O (extrême-droite) et Y (centre-droit).

Seuls les partis ayant participé au scrutin du 13 novembre 2007 sont listés ci-dessus. Il existe une multitude de partis minoritaires non représentés au Folketing (dont Centrum-Demokraterne, Minoritetspartiet). Le mouvement contre l’Union européenne et le mouvement de juin (une scission du précédent) sont représentés au Parlement européen et ne se présentent que lors des élections européennes. Au Groenland et aux îles Féroé, des partis locaux sont représentés au Folketing.

Le taux de participation aux élections du 13 novembre 2007 était de 86,6% (contre 84,4% en 2005).

Le Danemark a une économie de marché moderne. Le niveau de vie est élevé, la couronne danoise (krone) étant stable car liée à l’euro (1 € = 7,42 DKK). L’économie dépend du commerce extérieur et le pays exporte principalement des produits alimentaires (porc, poisson, céréales) et des produits manufacturés grâce à une industrie spécialisée dynamique. Plusieurs entreprises danoises ont ainsi acquis une notoriété mondiale sur des niches spécialisées en forte croissance (bière, chaînes haute fidélité, fenêtres de toit, éoliennes, composants pour le chauffage et la climatisation, transport maritime, jouets, etc.).

Très dépendant du commerce extérieur en raison de la taille de son propre marché, le pays tire une partie importante de sa croissance de ses exportations (32% de son PIB), concentrées sur certains produits, notamment produits pharmaceutiques, biens d’équipements industriels, mais aussi pétrole et gaz naturel. Dépourvu de ressources énergétiques hydrauliques et nucléaires, le pays s'est résolument tourné vers l'éolien en mettant en place un parc considérable d'éoliennes terrestres et en pleine mer, qui répond à 20 % des besoins électriques du pays. Le différentiel des besoins provient de centrales thermiques et d'importations principalement de Suède.

Le Danemark ne participe pas à l’euro car les Danois ont rejeté cette proposition par un référendum en septembre 2000. Avec le Royaume-Uni, c’est le seul État de l’Union européenne à avoir signé avec les autres États membres une clause d’opting-out en matière de monnaie unique, ce qui lui permettra, le cas échéant, de rester indéfiniment en dehors de la zone euro. Un nouveau référendum sur l'adhésion du Danemark à la zone euro aurait pu se tenir au deuxième semestre 2008, mais l'idée a été repoussée.

Le fonctionnement du marché du travail se caractérise par un système de Flexicurité (facilité de licenciement conjuguée à d'importantes indemnités de licenciement).

La majorité de la population est d’origine scandinave et le danois est parlé partout au Danemark.

Il y a des groupes d’Inuits et de Féroëns issus des territoires autonomes du Groenland et des îles Féroé.

Près de la frontière allemande, dans l'ancien amt du Jutland-du-Sud - un des anciens départements danois, correspondant pour les Allemands au Schleswig Septentrional et aujourd'hui intégré dans la région du Danemark-du-Sud (Syddanmark) - se trouve la seule minorité officielle de Danemark : la minorité allemande, dénommée Groupe ethnique allemand, qui comprend 25 000 personnes environ, soit près de 10% de la population de l'ancien amt.

En outre, les immigrants étrangers forment 8,9% de la population d’après les statistiques officielles en 2007.

Hans Christian Andersen, un écrivain surtout célèbre pour ses contes, comme Les Habits neufs de l'empereur et Le vilain petit canard. D’autres Danois très célèbres sont le philosophe existentialiste Søren Kierkegaard, le physicien Niels Bohr, les écrivains Karen Blixen et Hans Scherfig, l’astronome Tycho Brahe et les cinéastes Carl Dreyer et Lars von Trier.

Dans le domaine de la peinture, le Danemark a également une place prépondérante en Scandinavie, grâce, d'une part à la richesse de certains de ses musées (musées d'art moderne LOUISIANA près de Copenhague, et d'Aalborg) et à plusieurs écoles qui permirent à la peinture danoise de rayonner à l'étranger (école de Skagen, mouvement CoBrA).

Christiania, la « Commune libre » de Copenhague (Danemark), auto-gestionnaire et fondée en septembre 1971 sur le terrain de la caserne de Baadsmandsstraede par un groupe de squatters, de chômeurs et de hippies, est une des rares expériences libertaires historiques toujours en activité au Nord de l'Europe.

83,0% (2006) de la population appartient à l’Église du Peuple Danois, une église luthérienne (Lutheran). Le reste de la population appartient pour sa plus grande part aux autres églises chrétiennes, ou sont musulmans.

Le Danemark est divisé en 10 évêchés (Aalborg, Viborg, Århus, Ribe, Haderslev, Odense, Maribo, Roskilde, Helsingør et Copenhague). Chaque évêché possède une cathédrale et est dirigé par un évêque. Les évêchés sont divisés en paroisses, dirigées par des pasteurs. Les paroisses sont au nombre de 2300. Dans la Constitution il est écrit que "l'Église évangélique luthérienne est l'Église du peuple danois" et qu'elle est soutenue par l'État.

Le ministre de l'Église est responsable des églises et des pasteurs. Mais chaque église dispose d'une gestion autonome. Tous les quatre ans, les membres de l'Église choisissent un "conseil de congrégation" (menighedsråd) pour leurs églises locales. Ces conseils désignent les pasteurs, mais ces derniers reçoivent leur salaire de l'État.

Les membres de l'Église danoise payent l'impôt de l'Église. Cet impôt couvre une partie des dépenses de l'Église. Il est levé en même temps que l'impôt d'État. On ne doit toutefois pas s'en acquitter si l'on n'est pas membre de l'Église danoise, ou que l'on s'en est retiré.

Depuis 1947, les femmes peuvent être pasteurs au Danemark. Cela a conduit à une forte augmentation du nombre de femmes dans les études de théologies et qui sont par la suite devenues pasteurs. Le plus haut poste dans la hiérarchie de l'Église est l'évêché. Plusieurs femmes y ont accédé ces dernières années.

Le rôle des pasteurs est avant tout de mener les actions de l'église, comme le baptême, la confirmation, le mariage, l'enterrement ou la messe. Cette dernière se tient tous les dimanches midi. On y chante des psaumes et écoute le prêche du pasteur concernant le texte de la Bible choisi. Il y a aussi des messes particulières à Noël, à Pâques ou à la Pentecôte. En outre, les pasteurs ont souvent un rôle social. Ils parlent avec les gens qui ont des problèmes, visitent les personnes âgées ou les malades de leur paroisse.

L'église catholique romaine, quant à elle, regroupe 0,7% environ des Danois, soit plus de 35 000 personnes. Un seul diocèse catholique existe au Danemark, dont l'évêché se trouve à Copenhague. Son évêque est Mgr Czeslaw Bozon.

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Équipe du Danemark de handball féminin

L'équipe du Danemark de handball féminin représente la Fédération du Danemark de handball lors des compétitions internationales, notamment aux tournois olympiques et aux championnats du monde.

Cette sélection est qualifiée pour le Championnat d'Europe de handball féminin 2006.

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Histoire du Danemark pendant la Seconde Guerre mondiale

Quartier général de la Schalburgkorps, une unité SS danoise, après 1943. Le bâtiment occupé est la loge Franc-maçonne située à Blegdamsvej, Copenhague.

L'occupation du Danemark par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale a commencé le 9 avril 1940 par l'opération Weserübung et prit fin le 5 mai 1945 lorsque les forces Allemandes se retirèrent suite à leur défaite face aux Alliés. Contrairement à la situation des autres pays sous occupation allemande, la plupart des institutions danoises ont continué à fonctionner plus ou moins normalement jusqu'en 1943. Le gouvernement danois resta dans le pays, maintenant une relation trouble entre régime démocratique et système totalitaire, jusqu'à ce que les autorités allemandes dissolvent le gouvernement à la suite d'une série de grèves et de sabotages.

L'occupation du Danemark n'a jamais été un objectif important pour le gouvernement allemand. Le Danemark et l'Allemagne nazi signent d'ailleurs un pacte de non-agression le 31 mai 1939 à Berlin. La décision d'occuper leur petit voisin nordique fut prise par la suite pour faciliter l'invasion de la stratégiquement plus importante Norvège; et aussi comme moyen de contrer une probable campagne britannique en Norvège. Les stratèges militaires allemands pensaient qu'une base dans le nord du Jütland, et surtout l'aéroport d'Ålborg, seraient essentiels à une invasion de la Norvège, et commencèrent à planifier une occupation partielle du Danemark, mais jusqu'en février 1940, la décision d'occuper le pays n'avait pas encore été prise. La question fut finalement réglée quand Hitler, personnellement, raya les mots die Nordspitze Jütlands (L'extrême nord du Jütland) et les remplaça par Dä, une abréviation allemande pour Danemark.

Bien que le territoire danois du Jütland du sud était habité par une minorité allemande importante, et que la province fut restituée à la suite du plébiscite dans le cadre du Traité de Versailles, l'Allemagne ne semblait pas pressée de la récupérer. À beaucoup plus long terme certains nazis espéraient vaguement incorporer le Danemark dans une grande « Union nordique », mais il n'y avait pas de plan concret pour la réaliser.

À 4h15 du matin le 9 avril 1940 (heure danoise), les forces allemandes franchirent la frontière du Danemark, neutre, en violation directe du traité germano-danois de non-agression signé l'année précédente. Dans une action coordonnée, les vaisseaux allemands débarquèrent aux docks de Copenhague. Malgré leur infériorité numérique et un équipement pauvre, des soldats danois ont combattu dans plusieurs parties du pays, et particulièrement les Gardes royaux de Copenhague, les unités dans le Jütland du sud, et la garnison de Odense.

16 soldats danois moururent en défendant le Danemark, mais après seulement deux heures de résistance militaire le gouvernement danois capitula pensant que la résistance était inutile et espérant négocier un accord avantageux avec l'Allemagne. Le territoire plat du Jütland, frontalier de l'Allemagne, était une zone parfaite pour les opérations de l'armée allemande, et l'attaque surprise de Copenhague avait rendu toute tentative de défendre la Zélande impossible. Les Allemands furent aussi rapides pour prendre le contrôle du pont sur le Petit Belt, et ainsi pour donner l'accès à l'île de Fionie. L'armée allemande était technologiquement sophistiquée et nombreuse ; l'armée danoise, en comparaison, minuscule, et utilisant un équipement obsolète, résultant en partie d'une politique d'avant-guerre visant à éviter toute confrontation avec l'Allemagne. Même une résistance farouche n'aurait pas duré bien longtemps. Pensant qu'une quelconque résistance aurait comme seul effet d'alourdir les pertes danoises, le cabinet danois décida finalement de plier "en protestant" sous la pression allemande. À cause de la rapide tournure des évènements, le gouvernement danois n'eut pas le temps de déclarer officiellement la guerre contre l'Allemagne.

L'occupation fut menée si rapidement que la plupart des Danois se levèrent sans réaliser que leur pays avait été occupé. Pour le reste du monde ces évènements semblèrent troublants, presque comme si le gouvernement social-démocrate avait pris le parti de l'Allemagne. Néanmoins, les Danois étaient généralement probritanniques et conservèrent une hostilité envers les Allemands, rendant l'invasion allemande largement impopulaire. Le peuple, néanmoins, était divisé sur la meilleure attitude à prendre face à l'Allemagne.

Tous ces facteurs ont contribué à apporter au Danemark une relation privilégiée avec l'Allemagne nazie. Le gouvernement resta intact et le parlement continua de fonctionner plus ou moins comme auparavant. Ils purent, en gros, garder le contrôle de la politique intérieure. La police et le système judiciaire restèrent aux mains des Danois et contrairement à la plupart des pays occupés, le roi Christian X resta dans le pays comme chef d'État. Le Troisième Reich était formellement représenté par un ministre plénipotentiaire (Reichsbevollmächtigter), c'est-à-dire un diplomate accrédité auprès du souverain, un poste décerné en novembre 1942 à l'avocat et général SS Werner Best.

D'une façon générale, l'opinion publique danoise soutint le nouveau gouvernement, particulièrement après la défaite de la France en juin 1940.

Le sentiment général était que l'occupation allemande était une triste réalité et que cela devait être affronté de la façon la plus réaliste possible, au vu de la situation internationale. La classe politique réalisèrent qu'ils auraient à travailler dur pour maintenir la position privilégiée du Danemark en présentant un front uni aux autorités allemandes, donc tous les principaux partis démocratiques se sont unis pour former un nouveau gouvernement. Le parlement et le gouvernement acceptèrent de travailler ensemble. Avec une suppression, de fait, de toute opposition, la situation n'était pas sans évoquer un régime de parti unique, mais on peut considérer que le gouvernement était représentatif.

Erik Scavenius a été premier ministre pendant la plus grande partie de la guerre en tant que chef du cabinet de coalition regroupant tous les principaux partis politiques (exception faite des minuscules partis communiste et nazi). Scavenius était un diplomate, pas un élu, et avait une approche élitiste du gouvernement. Il craignait qu'une opinion publique émotive put mettre en danger sa tentative de compromis entre la souveraineté danoise et la réalité de l'occupation allemande. Scavenius pensait fermement qu'il était le plus fervent défenseur du Danemark. Après la guerre sa position a été très critiquée, particulièrement de la part des membres de la résistance qui pensaient qu'il avait entravé la cause de la résistance et menacé l'honneur national danois. Lui, pensait que ces critiques étaient vaines, et que leurs auteurs, en utilisant l'émotion populaire, pensaient surtout à se donner une belle image pour assurer leurs propres carrières.

Les autorités danoises se montrèrent très coopératives pour obtenir des concessions importantes pour leur pays. Ils refusèrent constamment d'entrer dans une union douanière et une union monétaire avec l'Allemagne. Les Danois se souciaient à la fois des retombées économiques négatives et des retombés politiques. Les officiels allemands ne voulaient pas compromettre leur relation privilégiée avec le Danemark en utilisant la contrainte comme ils le faisaient dans les autres pays occupés. Le gouvernement parvint également à différer les négociations concernant le retour de la province du Slesvig du nord vers l'Allemagne, ils supprimèrent les défilés militaires en rangs serrés qui auraient pu favoriser l'agitation de la part des nationalistes allemands ou des nazis danois. Ils maintinrent le parti national-socialiste en dehors de leur gouvernement, et organisèrent au milieu de la guerre des élections pratiquement libres dont le résultat fut défavorable aux nazis. Les militaires danois eurent aussi accès à des informations confidentielles allemandes et les livrèrent aux alliés. Les conséquences économiques néfastes de l'occupation furent atténués par la coopération germano-danoise. L'influx d'investissement allemand dans l'industrie, l'agriculture et surtout la défense et le maintien des troupes causèrent une inflation sérieuse la première année de la guerre. Le gouvernement danois put renégocier le taux de change fixé arbitrairement entre le Reichsmark et la couronne danoise, pour résoudre ce problème. Le succès le plus souvent mentionné vis à vis de la politique danoise vis-à-vis de l'Allemagne est la protection de la minorité juive du Danemark.

Durant les cinq années d'occupation, le gouvernement a systématiquement refusé les exigences allemandes concernant les juifs. Aucune loi spéciale ne fut décrétée et les juifs bénéficièrent strictement des mêms droits civils que le reste de la population danoise. Cette position exaspéra de plus en plus les autorités allemandes qui en conclurent cependant qu'une quelconque tentative de déporter ou de maltraiter les Juifs serait "politiquement inacceptable". À un plus haut niveau, le Dr. Werner Best qui représentait les autorités d'occupation à partir de novembre 1942 se prononça contre toute action contre les Juifs au Danemark pour ne pas perturber les relations entre les deux gouvernements.

Le roi Christian X resta au Danemark durant toute la guerre. Ce fut un symbole de courage très apprécié par ses sujets. La légende selon laquelle il aurait déclaré qu'il porterait une étoile de David si les Juifs étaient forcés d'en porter n'est pas étayée par des preuves historiques.

Un parti national-socialiste danois (DNSAP) avait été créé en 1930. Aux élections de 1939, il avait été crédité de 1,8 % des voix. Le 29 juin, quelques jours après l'invasion de l'URSS par les Allemands, ces nazis danois créent un corps de volontaires pour aller combattre l'Union soviétique dans le cadre de la Waffen-SS .

La loi danoise autorise les citoyens danois à s'engager dans une armée étrangère, mais le recrutement actif sur le sol danois est interdit. Les SS outrepassent cette loi pour recruter dans les rangs des nazis danois et de la minorité allemande.

En 1941, 6 000 hommes parmi lesquels 1 500 appartiennent à la minorité allemande du Danemark sont enrôlés dans ce corps franc.

Le 25 novembre, les Allemands "invitent" le gouvernement danois à se joindre au Pacte anti-Komintern. Le ministre des affaires étrangères Scavenius prend contact avec l'ambassadeur d'Allemagne Renthe-Finck pour lui signaler que le Danemark devrait signer le pacte, mais que le cabinet ministériel n'est pas favorable à cette signature qui serait en contradiction avec la neutralité danoise. Les Allemands menacent alors de mettre fin à l'"occupation pacifique" et d'instaurer un "état de guerre", un gouvernement nazi et un démembrement territorial. Le 23 novembre, Stauning réunit son cabinet, Scavenius, et trois autres ministres sont partisans du compromis alors que 7 ministres s'y opposent, mais finalement 3 autres ministres se rallient au point de vue de Stauning. Scavenius est alors chargé d'aller signer le pacte à Berlin, avec des restrictions pour que le Danemark ne soit pas engagé dans une guerre contre l'URSS.

À la surprise de beaucoup, Scavenius accepte ces instructions sans hésitation .

En 1942, Adolf Hitler transmit un long télégraphe d'anniversaire au roi. Le roi répondit par un simple Meinen besten Dank. Chr. Rex (C'est-à-dire:Merci beaucoup - Roi Christian) rendant le Führer fou de rage. Les relations entre le Danemark et l'Allemagne en furent sérieusement perturbées. Hitler rappela immédiatement son ambassadeur et expulsa l'ambassadeur danois d'Allemagne.

Au fil des ans, la population devint de plus en plus hostile aux Allemands. Les soldats allemands stationnés au Danemark avaient trouvé l'ensemble de la population froide et réservée au commencement de l'occupation, mais les relations étaient devenues plus cordiales avec ce qui semblait être la bonne volonté du gouvernement pour coopérer avec les occupants: Le gouvernement avait essayé de décourager le sabotage et la résistance violente à l'occupation, mais à l'automne 1942, les actes violents de résistance augmentèrent à un point tel que l'Allemagne déclara pour la première fois le Danemark "territoire ennemi". Après les batailles de Stalingrad et d'El-Alamein les faits de résistance (violents et symboliques), connurent une croissance exponentielle. En mars 1943 les Allemands autorisèrent la tenue d'élections qui donnèrent de bons scores aux partis anti-nazis. Cette élection, le mécontentement, et un sentiment d'optimisme croissant que l'Allemagne serait vaincue conduisirent à des grèves générales et à un mouvement de désobéissance civile pendant l'été 1943.

Estimant que le gouvernement danois refuse de régler la situation de façon satisfaisante, les Allemands dissolvent le gouvernement danois le 29 août 1943 et décrètent la loi martiale.

En 1941, pour faire baisser la pression allemande, le gouvernement danois avait cédé six torpilleurs aux Allemands ; une action qui avait incité le roi Christian X à mettre le drapeau danois en berne à mi-mât à la batterie de Sixtus du port de Copenhague, comme on avait l'habitude de la faire à la mort du roi . Cette fois ci, en 1943, la marine résista. Devançant l'avance des troupes allemandes, le matin du 29 août 1943, sur ordre du gouvernement, la flotte danoise qui mouillait à Copenhague fut envoyée par le fond. Sur cinquante deux navires de la marine danoise, deux, qui étaient au Groenland, furent coulés précipitamment, quatre s'échappèrent en Suède, pays neutre, et quatorze furent capturés intacts par les Allemands.

Après la chute du gouvernement, le Danemark fut complètement soumis aux occupants nazis. Les sabotages se développèrent considérablement en quantité et en qualité. Ils ne causèrent généralement pas de sérieux tracas aux Allemands. Le 6 juin 1944, jour J du débarquement en Normandie, le réseau ferroviaire danois fut perturbé pendant plusieurs jours, en vue de retarder l'arrivée de renforts vers le lieu de débarquement. Un gouvernement clandestin fut formé et une presse illégale se développa.

Après la destitution du gouvernement danois, le 29 août 1943, les Allemands avaient prévu de rafler et de déporter les quelque 8 000 juifs résidant au Danemark. Le 28 septembre, Georg Ferdinand Duckwitz, diplomate allemand, dévoila officieusement les projets nazis à Hans Hedtoft, président du parti social-démocrate qui transmit aussitôt l'information à la Résistance danoise et à des représentants de la communauté juive. L'information fut diffusée lors des offices de la fête juive de Rosh Hashanah, le 29 septembre.

D'un autre coté, lorsque des fonctionnaires danois furent également informés de l'imminence de la rafle, sans concertation mutuelle, ils firent en sorte de prévenir les juifs et de les cacher. Ainsi, les Juifs danois étaient déjà cachés plusieurs jours ou plusieurs semaines avant l'exfiltration vers la Suède qui accordait l'asile. Le transport s'effectua par voie de mer. Une quinzaine de kilomètres séparent l'ile de Seeland, où se situe Copenhague, de la Suède. Toutes sortes d'embarcations furent utilisées, depuis les gros bateaux de pêche de 20 tonnes jusqu'aux bateaux utilisés pour les compétitions d'aviron. Certains réfugiés prirent place également sur des ferries qui assuraient le service de frêt entre les deux pays. Certains pêcheurs participant à l'opération acceptèrent de l'argent, d'autres le firent à titre gracieux. La police du port et la police civile facilitèrent l'opération.

En fin de compte seulement 450 juifs, soit environ 7% du total de la population juive fut prise par les Allemands et déportés, pour la plupart au camp de concentration de Theresienstadt qui n'était pas un camp d'extermination. Le gouvernement danois put leur envoyer des colis et les faire visiter par la Croix-Rouge. 51 Juifs danois laissèrent quand même leur vie à Theresienstadt.

Le Danemark a connu pendant la guerre des problèmes économiques extrêmement sérieux. L'économie danoise fut touchée de plein fouet par le coût croissant d'importations de matières premières comme le charbon et le pétrole. Les effets du blocus contre l'Allemagne furent négatifs pour le Danemark. Le pays n'ayant pratiquement aucune ressource naturelle, il est particulièrement vulnérable aux chocs et pénuries. Le gouvernement avait anticipé la possibilité de manques de charbon et de pétrole et en avait stocké avant guerre. Cette anticipation combinée avec le rationnement, évita le pire. Le Danemark eut également à souffrir des perturbations du réseau de commerce européen, mais toutes choses considérées, le Danemark s'en sortit assez bien comparé à d'autres pays pendant la guerre.

La prospérité toucha même certains secteurs et après la guerre, des investigations furent entreprises pour trouver et punir les collaborateurs, mais les conséquences et la portée de ces procès furent moins poussées que dans beaucoup d'autres pays, en grande partie à cause du consensus qui avait existé vis-à-vis d'une coopération réaliste avec l'Allemagne. Phil Giltner a établi que l'Allemagne accumula une "dette" d'approximativement 6,9 milliards de couronnes au Danemark . Ceci signifie qu'ils avaient pris bien plus à l'économie danoise qu'ils n'avaient apporté. Cette dette allemande signifie également que l'occupation danoise a été bénéfique à l'effort de guerre allemand.

Le Danemark fut libéré du joug allemand en mai 1945 par le général Bernard Montgomery, bien que l'île la plus à l'est Bornholm restât occupée par les forces soviétiques pour encore un an.

Bien que le Danemark fût moins touché que d'autres régions de l'Europe , la population a connu des difficultés, en particulier après que les Allemands eurent pris en charge l’administration du pays en 1943. Les Alliés effectuèrent quelques opérations de bombardement sur des cibles choisies, mais rien de comparable à ce qu'a subi, par exemple, la Norvège voisine ou les Pays-Bas. L'île de Bornholm fut spécialement endommagée par le bombardement soviétique qui visait la garnison allemande stationnée sur l'île.

Un peu plus de 850 membres des divers mouvements de résistance danois furent tués pendant la guerre. Approximativement 900 civils danois ont été tués pour des raisons diverses, soit pris dans des raids aériens, victimes de perturbations civiles, ou de représailles. 39 soldats danois ont été tués ou blessés pendant l'invasion, et 4 ont été tués le 29 août 1943 lors de la dissolution du gouvernement danois par les Allemands. Environ 360 Danois sont morts dans des camps de concentration. Le groupe le plus touché a été celui des marins danois qui ont continué à opérer tout au long de la guerre, la plupart victimes de sous-marins: 1 850 marins sont morts. Un peu plus de 100 soldats sont morts en tant que combattants des forces alliées.

Après la guerre 40 000 personnes furent arrêtées, soupçonnées de collaboration. 13 500 furent punis d'une manière ou d'une autre. 78 reçurent la peine de mort, bien que seulement 46 furent exécutés. La plupart des épurés reçurent des peines de prison de moins de 4 ans. On a beaucoup critiqué le fait de s'en prendre à de petites gens de façon exagérée, alors que beaucoup de politiciens et beaucoup de dirigeants d'entreprises n'étaient pas inquiétés.

Bien que quelques membres de la résistance essayassent d'organiser de nouveaux partis politiques après la guerre pour remodeler le paysage politique danois, ils n'y parvinrent pas. Le seul impact fort que la résistance a eu sur les élections en octobre 1945 fut que les communistes, largement crédités pour une grande partie du travail de résistance, réalisèrent le bon score de 12,5% des suffrages.

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Histoire du Danemark

Localisation de l'Europe sur Terre

Les plus anciennes traces de vie humaine au Danemark remontent à environ -12500. Les communautés d'agriculteurs ne se forment que vers -3900. Il faut attendre les siècles précédents la naissance de Jésus-Christ pour voir apparaître les premières communautés rurales et environ 400 à 750 après Jésus-Christ pour voir se constituer les premières villes. La plus ancienne ville du Danemark est Ribe (sud du Jutland).

L’Âge du Bronze danois se situe entre -1400 et -450.

Pendant l'âge du fer (500 avant J.-C. - 1 ap. J.-C.), le climat du Danemark et de la Scandinavie méridionale est devenu plus frais et plus humide, limitant l'agriculture et forçant les groupes indigènes à émigrer au sud en Germanie. À cette époque, les habitants ont commencé à extraire le fer des marais de tourbe. L'évidence de l'immigration celtique date de cette période au Danemark et à beaucoup d'endroits de l'Europe du nord-ouest, et se reflète dans certains des noms de lieu plus anciens.

Les provinces romaines, dont les frontières sont proches du Danemark, ont entretenu des relations commerciales avec les peuples danois, attestées par des trouvailles de pièces de monnaie romaines dans le pays. Vers l'an 200 la première inscription runique est apparue. L'épuisement de la terre cultivée au Danemark semble avoir contribué aux migrations croissantes en Europe nordique et aux conflits des tribus Teutonnes avec les établissements romains en Gaule.

La culture matérielle d'Europe du Nord au cours des migrations de masse des Ve-VIIe siècles est désignée sous le nom de l'âge du fer germanique. Parmi les restes les mieux connus de la période, il convient de citer les « hommes des tourbières », qui semblent être les corps préservés de deux hommes étranglés, peut-être au cours d'un sacrifice communautaire.

Les incursions au Danemark depuis le Nord ont augmenté au Ve siècle. Une des plus largement dominantes était une tribu appelée les Danois depuis la région méridionale de la Suède, la Scanie (ou Skåne) aux alentours de l'an 500. Le nom de la tribu a été appliqué à tout le Jutland par les Germains vivant au Sud.

L'union centralisée se fait vers 700. Harald Hildetand (Dent de Combat) qui règne de 705 à 735 crée le premier rassemblement régional de clans Danois organisés en royaume. De 735 à 756 c’est Sigurd Ier Ring qui règne. De 756 à 794 le roi porte le nom de Ragnar Ladbrog. En 794 Siegfried II devient roi, et en 800 il est allié des Saxons restés hostiles à Charlemagne, il disparaît en 803. Son fils Godfried, lui succède. En 808, il entame la construction d'une ligne de fortification sur sa frontière méridionale, pour protéger le pays des incursions des Francs. À sa mort en 810, Hemming lui succède et signe en 811 un traité avec l'empire carolingien qui garantit ses frontières. En Juin 826, Harald 1er se fait baptiser à Ingelheim, puis il part reconquérir son royaume contre les fils de Godfried. Entre 826 et 829 une partie du pays est évangélisé à son instigation par le moine Anschaire. En 863 Harald 1er meurt, en 878 le roi Guthrum se fait baptiser, le roi Alfred le Grand lui sert de parrain.

L'affaiblissement des Francs augmente la stabilité de la monarchie qui réussit à se défendre des invasions venues du Sud. L'union est achevée sous le règne de Harald Ier de Danemark "à la dent bleue", mort vers 987. Les pierres runiques comme la Grosse pierre de Jelling sur lesquelles apparaît pour la première fois le nom "Danemark" sont souvent considérées comme l'acte de naissance du Danemark.

Entre 800 et 1100, la puissante monarchie est consolidée. De nombreuses expéditions vikings sont organisées. Elles mènent à la conquête de la Normandie en 911, de l'Angleterre au XIe siècle ainsi qu'à des voyages jusqu'en Irlande, en France ou même en Russie.

Ils secoururent les Saxons contre Charlemagne, mais furent enfin obligés d'implorer la paix en 803. Leurs fréquentes incursions désolèrent l'empire carolingien, l'Allemagne, l'Espagne et surtout la Grande-Bretagne pendant un siècle. Deux fois ils conquirent presque toute l'Angleterre : la 1re en 878, au temps d'Alfred le Grand, qui bientôt reprit sur eux une partie du pays; la seconde en 1015, à la mort d'Edmond II d'Angleterre, et sous Knut Ier le Grand; mais leur domination en Angleterre ne dura que jusqu'en 1042.

Le Christianisme arrive au Danemark à l'époque Viking. Il est introduit vers 826, par Saint Anschaire. Harald Ier se fait baptiser vers 965. Le Danemark est doté d'un clergé qui répand la foi. L'Eglise ne cesse d'étendre son influence durant des siècles. La société agricole de 700 000 personnes devient une société aux normes féodales : un clergé puissant, une noblesse séculière de grands propriétaires terriens qui constitue le noyau de la défense du royaume, une bourgeoisie qui grandit en même temps que les villes et une paysannerie très nombreuse.

La dynastie skioldungienne s'éteignit en Danemark en 1047 et fut remplacée par les Esthrithides; sous ceux-ci, le Danemark devint un instant fief de l'Allemagne (1153-1162). Redevenu indépendant, il acquit l'île de Rügen (1168), la Slavonie, le Mecklembourg (1184-1188), la Pomérélie (1210), que toutefois il perdit bientôt, l'Estonie (1239) que Valdemar vendit en 1347 à l'Ordre teutonique.

Vers 1350, la Peste Noire inflige au Danemark une grande perte de population, entraînant du même coup des bouleversements économiques et sociaux. Les Esthrithides s'étant éteints en 1375, la succession devint litigieuse jusqu'à ce que la tutrice du Danemark, Marguerite Ire de Danemark, fille de Valdemar IV de Danemark, eût donné la couronne à Éric de Poméranie (1396). Elle l'avait déjà fait roi de Norvège en 1389; elle le fit couronner roi de Suède en 1397, par l'Union de Kalmar, qui fondait les trois États en un seul, unissant le Danemark à la Suède et à la Norvège.

En 1448, après la mort de Christophe de Bavière, Christian Ier de Danemark, de la maison d'Oldenbourg, fut élu roi par les Danois : il réunit le Holstein à ses États qui comprenaient l'archipel danois, le Jutland et le Sleswig (1460).

Mais cette union n'exista guère que nominalement : après avoir été plusieurs fois rompue de fait, notamment en 1448, elle le fut enfin pour toujours en 1523, à la suite de la révolte de Gustave Ier Vasa contre Christian II de Danemark. La Norvège resta néanmoins unie au Danemark, qui conserva de plus en Suède 5 provinces maritimes de la Gothie jusqu'en 1814. Les possessions en Mer du Nord, initialement norvégiennes (Groenland, iles Féroé) sont encore danoises, exception faite de l'Islande qui acquit son indépendance en 1944.

La Réforme, qui est originaire d'Allemagne et des idées de Martin Luther, a un fort impact sur le Danemark. L'Église nationale est aujourd'hui encore luthérienne. Au Danemark, le protestantisme ne s'étend toutefois pas grâce à l'enthousiasme populaire pour la réforme de l'Église, sauf dans les villes, mais à l'enthousiasme d'un prince pour l'accroissement de ses richesses par la sécularisation des domaines de l'église.

La Réforme est imposée au Danemark en 1536 à la suite d'une guerre civile de trois ans. En 1533, à la mort de Frédéric Ier, un conseil de régence composé d'évêques prend le contrôle du pays et refuse de reconnaître l'élection de Christian III, déjà converti au luthéranisme. Christian III sort vainqueur, avec l'aide armée de la noblesse et des mercenaires allemands, de la guerre des comtes, obligeant le clergé, la paysannerie et la bourgeoisie à le reconnaître pour roi. Les biens de l'Église sont alors saisis, ce qui augmente considérablement les revenus du nouveau souverain. L'Église danoise devient une église princière luthérienne et les prêtres sont contraints de prêter allégeance à cette nouvelle église.

Si Christian III ne participe pas à la Ligue de Smalkade en guerre contre Charles Quint, le Danemark est, en général, du côté des Protestants lors des guerres de religion des XVI et XVIIe siècles. Il fait rapidement partie du cœur du luthéranisme en Europe et le pays connaît, au XVIIe siècle, une période de stricte orthodoxie luthérienne. L'Eglise devient un instrument de la monarchie renforcée pour discipliner idéologiquement et moralement les populations. L'enseignement des doctrines de Calvin ou de Zwingli sont alors strictement interdites.

Le Danemark s'enrichit durant le XVIe siècle, en grande partie grâce à l'accroissement du trafic maritime dans l'Øresund. Le pays contrôlant les deux côtes du détroit, une taxe de passage peut y être prélevée. Le commerce de céréales entre la Pologne et les Pays-Bas augmente énormément à cette période et les souverains danois n'hésitent pas à le taxer.

L'économie danoise bénéficie également de la Guerre de Quatre-Vingts Ans aux Pays-Bas, au cours de laquelle un grand nombre de réfugiés du pays qui est alors le plus avancé d'Europe s'établissent au Danemark, contribuant à son développement. Cette immigration aide à moderniser de nombreux aspects de la société et à établir des liens commerciaux avec les Pays-Bas.

La rivalité avec la Suède marque toute l'histoire moderne du Danemark. Chacun revendique l'hégémonie sur la Mer Baltique (six guerres en ont résulté: 1563/1570; 1611/1613; 1643/1645; 1657/1660; 1675/1679; 1709/1720).

La guerre de Kalmar oppose la Suède au Danemark. Les détroits reliant la mer Baltique à la mer du Nord étant contrôlés par le Danemark, la Suède cherche depuis plusieurs années à mettre sur pied une nouvelle voie commerciale qui passerait par la Laponie peu peuplée et le Nord de la Norvège, territoires appartenant eux-aussi au Danemark.

En 1607, Charles IX s'était proclamé roi des Lapons et du Norrland et avait commencé à collecter des taxes dans ces régions. Les péages dans les détroits étant la principale source de revenu du royaume de Danemark-Norvège, le roi Christian IV s'est rapidement opposé à la volonté suédoise de créer une nouvelle route commerciale et a protesté vivement.

En 1611, en réponse aux prétentions suédoises sur le nord de la Norvège, le Danemark attaque la Suède et une armée de 6'000 hommes met le siège devant la ville de Kalmar et prend la ville. Les troupes norvégiennes stationnées à la frontière ont elles reçu l'ordre de ne pas attaquer.

Le 20 octobre, Charles IX meurt et son fils Gustave Adolphe lui succède. Il demande immédiatement au Danemark de conclure un traité de paix, mais Christian IV voit alors une opportunité de remporter une plus grande victoire et fortifie ses armées dans le sud de la Suède.

Les Pays-Bas et l'Angleterre, également impliquées dans le commerce en mer Baltique, font cependant pression sur le Danemark pour qu'il signe la paix. Les Danois, bien que bien équipés et forts, manquent d'argent et sont amenés à signé le traité de Knäred le 20 janvier 1613.

Le Danemark obtient alors le contrôle sur la Laponie suédoise et la Suède est contrainte de payer une forte rançon pour les deux forteresses que les Danois occupent. La Suède obtient en revanche le droit d'être exempté du péage sur le Sound. L'Angleterre et les Pays-Bas obtiennent les mêmes droits.

Le Danemark est alors un royaume relativement puissant. La politique européenne du XVIe siècle tourne largement autour de la querelle entre les forces catholiques et protestantes. Il est donc inévitable que le Danemark - un royaume luthérien fort et unifié - soit entraîné dans la guerre lorsque celle-ci intervient. Le Danemark a ainsi été tiré dans la Guerre de Trente Ans entre 1625 et 1629 pour sauver la cause protestante, mais cette intervention militaire de Christian IV est un fiasco pour le Danemark. Pire encore, la Suède intervient ensuite avec un grand succès dans la guerre.

Christian IV est toutefois considéré comme l'un des grands rois du Danemark. En plus d'avoir régné extrêmement longtemps - de 1588 à 1648 - il est connu comme l'architecte du royaume en raison des nombreux projets de construction qu'il a entrepris. Nombreux sont les grands édifices danois construits durant son règne.

La guerre de Torstenson, qui oppose le Danemark à la Suède entre 1645 et 1648 se conclut par une défaite danoise. Plusieurs provinces norvégiennes doivent alors être cédées à la Suède (le Jemtland, l'Herjedalen et Idre & Särna), ainsi que deux îles de la Baltique (Gotland, Ösel).

Après la mort de Christian IV, le Danemark s'engage dans une guerre encore plus désastreuse, toujours contre la Suède. Un hiver anormalement froid permet aux troupes suédoises de traverser le détroit sur la glace et d'attaquer Copenhague directement. Le Danemark doit céder ses provinces les plus riches lors du traité de Roskilde, en 1658: la Scanie, le Halland et le Blekinge. Sa superficie est réduite d'un tiers et sa population passe de 800 000 à 600 000 habitants.

La crise politique interne due aux dommages des guerres transforma le régime en 1660/1661. En 1665, une insurrection du peuple contre les nobles donna à la royauté le pouvoir absolu : elle en usa pour le bien du pays, améliora la législation, abolit le servage et proclama l'égalité de tous devant la loi. La monarchie élective dominée par la noblesse devint une monarchie héréditaire au pouvoir absolu, selon la Loi Royale de 1665, jusqu'en 1848 et la rédaction d'une constitution démocratique en 1849. Cette loi fut complétée en 1683 par un code commun à tout le royaume, le Code Danois de Christian V de Danemark. L'État devint un état de grands commis bien organisé sous la domination de son seul roi tout puissant, père de tous ses sujets.

Allié de Napoléon Ier, le Danemark fut cruellement traité par l'Angleterre et vit bombarder Copenhague (1807) ; en 1814, il perdit la Norvège. qui fut réunie à la Suède. En 1816, la Prusse lui céda le duché de Lauenbourg. En 1831, Frédéric VI de Danemark accorda à ses peuples des assemblées d'États provinciaux; en 1849, Frédéric VII de Danemark leur donna une constitution parlementaire : la diète se compose de 2 assemblées, le Folketing (Chambre du peuple) et Landsthing (Chambre des grands propriétaires).

Le règlement de la future succession au trône donna lieu en 1848 à une grande agitation, le Sleswig, le Holstein et le Lauenbourg ayant tenté à cette occasion de se séparer du Danemark, avec l'appui de la Prusse : après une guerre de 3 ans, dans laquelle la Prusse eut le dessous, le traité de Londres du 8 mai 1852 termina le différend en assurant la succession, après l'extinction de la maison d'Oldenbourg, au prince Christian de Sonderbourg-Gtucksbourg. Toutefois, à la mort de Frédéric VIII de Danemark (1863), l'Allemagne réclama l'indépendance du Holstein et du Sleswig, ce qui donna lieu à une nouvelle guerre, désastreuse pour le Danemark : le 30 octobre 1864, une paix fut signée, par laquelle le Danemark céda à l'Autriche et à la Prusse, qui s'étaient chargées de l'exécution fédérale, les duchés de Sleswig, de Holstein et de Lauenbourg.

Durant les premières décennies du XXe siècle, le nouveau Parti radical et le plus ancien Parti libéral se partagent le pouvoir. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1915 et quelques unes des colonies danoises sont vendues aux États-Unis. Durant cette période, le Danemark inaugure d'importantes réformes sociales et du marché du travail, jetant les bases de l'état-providence actuel.

Le Danemark reste neutre durant la Première Guerre mondiale, bien que le conflit affecte considérablement le pays. Le commerce a notamment été dérangé par le conflit et l'instabilité financière qui a suivi en Europe. Après la défaite allemande, le Traité de Versailles prévoit un plébiscite au Schleswig. A la suite de celui-ci, le Nord du Schleswig décide de rejoindre le Danemark.

Le roi et certaines parties de l'opposition sont mécontents du fait que le premier-ministre Carl Theodor Zahle n'a pas profité de la défaite allemande pour récupérer une plus grande partie de la province, perdue lors de la Guerre des Duchés. Le roi et l'opposition veulent notamment récupérer la ville de Flensburg, alors que le gouvernement n'exige que les territoires où les Danois sont majoritaires. Pensant avoir le soutien de la population, le roi démet le gouvernement de Zahle suscitant la Crise de Pâques 1920. A la suite de cette crise, le roi promet de ne plus jamais intervenir dans les affaires politiques. Bien que la Constitution danoise n'ait pas été amendée, les rois danois ont tenu cette promesse depuis lors.

Aux élections de 1924, les Sociaux-démocrates conduits par le charismatique Thorvald Stauning deviennent le premier parti du Danemark, et le restent jusqu'en 2001. Après avoir dû quitter le pouvoir en 1926, les Sociaux-démocrates y reviennent en 1929. Stauning accepte alors de travailler avec certains partis "bourgeois", formant une coalition avec le Parti radical, pour dégager un consensus qui permet de mettre fin à la Grande dépression des années 1930.

Le 30 janvier 1933 en effet, la coalition gouvernementale et le Parti libéral, alors dans l'opposition, signent l'Accord de Kanslergade. Cet accord prévoit une extension des droits des travailleurs et des subsides étatiques aux agriculteurs. Il jette les bases d'un État-providence. Lors des élections législatives qui suivent, en 1935, les Sociaux-démocrates obtiennent le score le plus élevé jamais obtenu par un parti politique au Danemark: 46% des voix.

En dépit d'une déclaration de neutralité au début de la Seconde Guerre mondiale et de la conclusion d'un traité de non agression avec l'Allemagne nazie le 31 mai 1939 à Berlin, le Danemark est envahi par les Nazis le 9 avril 1940, au cours de l'opération Weserübung. Contrairement à la plupart des gouvernements des pays envahis par les Nazis, le roi Christian X de Danemark et son gouvernement donnent l'ordre à l'armée de ne pas opposer de résistance et choisissent de rester dans le pays sous l'occupation qui se prolonge jusqu'en mai 1945.

La spécificité de l'occupation du Danemark réside dans les conditions de l'occupation, très douces, si l'on excepte l'interdiction immédiate du Parti communiste. La nouvelle coalition gouvernementale, toujours sous la direction du premier-ministre Thorvald Stauning, essaye de pratiquer le compromis pour protéger la population. Le Parlement (Folketing) est autorisé à maintenir ses sessions, la police reste sous contrôle danois et les autorités allemandes se maintiennent à l'écart de la population. Cependant, au cours du temps, les exigences allemands deviennent inacceptables pour le gouvernement qui démissionne en 1943. Dès lors, les Nazis prennent complètement en charge le pouvoir.

On voit apparaître une résistance armée contre les forces d'occupation. Vers la fin de la guerre, les Nazis ont de plus en plus de mal à contrôler le pays, mais celui-ci doit attendre pour être libéré l'arrivée des Alliés.

L'exfiltration de la plupart des juifs danois vers la Suède est un évènement tout à fait remarquable de cette période. Elle se produit en 1943, lorsque les premières menaces de déportation se firent jour.

Après la guerre, en raison de la menace de l'URSS et des leçons de la Seconde guerre mondiale, le pays abandonne sa politique de neutralité. Le Danemark devient membre fondateur de l'Organisation des Nations unies et de l'OTAN, même s'il a tout d'abord essayé de former une alliance indépendante avec la Norvège et la Suède.

En 1948, les Îles Féroé obtiennent un statut d'autonomie. En 1953, d'autres réformes politiques sont effectuées avec l'adoption d'une nouvelle constitution: le Landsting, la chambre haute du parlement, est supprimé, le statut de colonie du Groenland est aboli et les femmes obtiennent le droit de monter sur le trône.

En 1972, les Danois acceptent par référendum de rejoindre la Communauté européenne et le Danemark en devient membre le 1er janvier 1973. Depuis lors, le Danemark est un membre hésitant de l'Europe, rejetant de nombreuses propositions et refusant notamment par référendum le traité de Maastricht le 2 juin 1992 (50,7% de votes négatifs) et l'Euro le 28 septembre 2000 (53,2% de votes négatifs).

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Source : Wikipedia