DST

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Posté par marvin 19/04/2009 @ 01:13

Tags : dst, ministère de l'intérieur, gouvernement, politique

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Affaire des plombiers

L'affaire des plombiers, affaire des micros ou Watergaffe, est un scandale impliquant la Direction de la surveillance du territoire (DST) et le journal Le Canard enchaîné.

Le soir du 3 décembre 1973, un journaliste et André Escaro, dessinateur et administrateur du journal, passent devant les nouveaux locaux de l'hebdomadaire et y aperçoivent de la lumière. Sur place, ils surprennent deux « plombiers » en pleins travaux... Ceux-ci sont en réalité des agents de la DST occupés à installer des micros dans les bureaux afin, par exemple, d'identifier les personnes communiquant des informations sensibles au Canard enchaîné.

Malgré des preuves irréfutables fournies notamment par le Canard lui-même (les plaques d'immatriculation maladroitement camouflées des véhicules des plombiers prouvent que ceux-ci appartiennent aux services de police), la DST nie les faits. Un procès est ouvert, qui donnera raison à l'administration française. Cette décision sera pourtant très controversée, et l'affaire sera surnommée Watergaffe, en référence au scandale du Watergate qui avait ébranlé les États-Unis quelque temps auparavant.

Depuis cet épisode, l'administration du Canard enchaîné a laissé une plaque commémorative dans ses locaux à l'endroit où les agents avaient percé un mur pour y installer leurs équipements.

L'affaire des plombiers, par son retentissement, a indirectement conduit le Premier ministre, Pierre Messmer et le président de la République, Georges Pompidou, deux mois et demi après les faits, à permuter les ministres de l'Intérieur et de l'Agriculture lors de la formation du troisième gouvernement de Pierre Messmer, le 1er mars 1974 : Raymond Marcellin, jusque-là ministre de l'Intérieur et ayant la tutelle de la DST, a ainsi échangé son poste avec celui de Jacques Chirac, ministre de l'Agriculture et du Développement rural.

L'arrivée de Jacques Chirac au ministère de l'Intérieur a eu un effet non négligeable dans la campagne pour l'élection à la présidence de la République du successeur de Georges Pompidou, décédé le 2 avril 1974. L'affaire des plombiers devenant ainsi, parmi d'autres, l'un des éléments qui ont contribué à la victoire de Valéry Giscard d'Estaing lors de l'élection présidentielle de 1974.

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Direction centrale du Renseignement intérieur

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est le service de renseignements du ministère de l'Intérieur français, au sein de la Direction générale de la police nationale, né de la fusion de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG),. Ce service est opérationnel depuis le 1er juillet 2008. Selon le communiqué du ministère de l'intérieur, « la DCRI se veut un “FBI à la française” en matière de renseignement ».

La fusion fut annoncée le 13 septembre 2007 par le ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. Les textes fondateurs de la DCRI ont été adoptés le 7 avril 2008, la fusion entre les RG et la DST étant effective le mardi 1er juillet 2008.

Bernard Squarcini, directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) en 2008, est nommé à la tête de cette organisation. Il est assisté de deux directeurs centraux adjoints, Maurice Bailly, ancien fonctionnaire des RG, et Patrick Calvar, ancien fonctionnaire de la DST.

Son siège est situé dans l'immeuble des services de renseignement, ultrasécurisé, inauguré en mai 2007, au 84, rue de Villiers, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Elle serait composée d'environ 3 300 fonctionnaires, soit la totalité des effectifs de la DST et la majorité de ceux de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG), dont près de 2 500 policiers dits actifs et habilités Secret défense et 164 commissaires de police (soit 10 % de l'effectif de ces derniers). Ces policiers et commissaires habilités sont implantés au siège de la direction et par zone dans chaque département,.

La sous-direction des « Courses et jeux » de la DCRG (environ 120 hommes) a été transférée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) sous la forme d'un Service central des courses et des jeux (SCCJ). Quant à la Préfecture de police de Paris, elle conserve ses propres agents des RG mais le service se voit rebaptisé Direction du renseignement de la préfecture de police (DR-PP) (680 hommes et plus de 700 à terme).

Les effectifs ex-RG non rattachés à la DCRI, encore trop peu nombreux (la DCRI étant au contraire en sur-effectif notable à sa création), sont rattachés à la SDIG (Sous direction de l'information générale) de la DCSP (Direction centrale de la sécurité publique) et à ses implantations départementales, qui regrouperait 680 policiers (sur 950 prévus) -dont 80 au niveau de l'administration centrale- et 450 administratifs chargés du milieu ouvert jusqu'ici à la charge des DDRG (Directions départementales des RG). Pour atteindre en partie les niveaux d'effectifs requis en SDIG, les fonctionnaires des BIVP (Brigades d'information de voie publique) des grandes agglomérations pourraient rejoindre ses rangs, tandis que des postes disparaîtront au contraire à la DCRI sans doute au fil des départs en retraite, le nombre de commissaires devant par exemple se limiter à 152.

La DCRI serait dotée d'un fichier nommé Cristina (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et des intérêts nationaux), classé « secret défense », qui, outre des données personnelles sur les personnes fichées, engloberait leurs proches et leurs relations. En vertu de dispositions de la loi informatique et libertés concernant les fichiers de sécurité nationale, il n'est pas soumis au contrôle de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Il est né le 1er juillet 2008 de la fusion d'une partie du fichier des Renseignements généraux, et de celui de la DST.

À l'exception de l'analyse des mouvements sociaux, les missions de la DCRI sont considérées comme relevant du « Secret Défense ».

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Affaire Clearstream 2

L’affaire Clearstream 2 (ou affaire EADS-Clearstream ou affaire du corbeau des frégates de Taïwan) est une affaire française apparue en 2004. Un petit groupe de politiciens et d'industriels tenta de manipuler la justice afin d'évincer des concurrents, en voulant faire croire à l'implication de ceux-ci dans le scandale des frégates de Taïwan. À l'heure actuelle (décembre 2007), l'enquête chargée d'identifier les membres de ce groupe, confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, est encore en cours.

Cette affaire prend place dans les conflits brutaux qui agitent l’industrie française de l’armement depuis la fusion Airbus-Matra-Dassault au sein d’EADS et les luttes d’influence des géants de l’électronique militaire Thales (Ex-Thomson-CSF) et Alcatel avant leur possible fusion. Ainsi, dans le groupe EADS, se déchireraient deux clans issus de l’ancien groupe Matra : d’une part celui d’EADS proprement dit, animé par Philippe Camus et Jean-Louis Gergorin ; d’autre part, celui d’Airbus, dirigé par Noël Forgeard et Philippe Delmas.

Une seconde toile de fond est la rivalité politique entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Dès les débuts de l'affaire, Nicolas Sarkozy y aurait vu une tentative grave de déstabilisation à quelques mois de l'élection présidentielle de 2007.

Depuis juin 2001, le juge Renaud Van Ruymbeke enquête sur l’affaire des frégates de Taïwan. Au printemps 2004, il reçoit plusieurs lettres anonymes et CD-ROMs prétendant révéler l'existence d'un réseau international d’influences et de malversations, ainsi que celle de 895 comptes bancaires occultes qui, ouverts par de nombreuses personnalités du monde des affaires (dont Alain Gomez, Pierre Martinez, Philippe Delmas) ou de la politique (dont Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius), auraient fait transiter l'argent des frégates. Il est rapidement apparu qu’il s’agissait d’une tentative de manipulation visant le juge Van Ruymbeke et dont le scénario s’inspirait des thèmes développés dans le livre Révélation$ de Denis Robert. En particulier, les listes de comptes occultes envoyés par le corbeau auraient été trafiquées afin d’impliquer des personnalités étrangères à l’affaire des frégates de Taïwan. Une enquête sur la réalisation de ces faux fut alors confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.

Depuis juin 2001, les juges Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé enquêtent sur l’affaire des frégates de Taiwan. Parallèlement, en 2001 et 2002, le journaliste Denis Robert, publie deux livres (Révélation$ en 2001 et La Boîte noire en 2002) sur Clearstream, accusant cette société luxembourgeoise de dissimuler des opérations financières illégales, lançant ainsi l’affaire Clearstream 1.

Selon le corbeau, un « comité » international composé de Français, d’oligarques russes et des narcotrafiquants serait à l’œuvre pour contrôler de grandes entreprises et blanchir des quantités considérables d’argent sale par le biais des comptes occultes de Clearstream. Le corbeau cite pêle-mêle l’oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, patron du géant pétrolier Ioukos et de la banque Menatep (aujourd’hui emprisonné en Sibérie) et le milliardaire Marc Rich. Il affirme qu’il existe des liens financiers entre des familles colombiennes, des parrains russes, est-allemands et ouzbeks, tout cela au sein d’une vaste confrérie internationale du crime et du blanchiment d'argent. Ce comité serait responsable de la mort de Jean-Luc Lagardère, l’ancien patron de Matra, aujourd’hui fusionné dans EADS.

Le corbeau prétend dénoncer des comptes occultes établis chez Clearstream pour plusieurs personnalités du monde des affaires ou de la politique, dont Philippe Delmas, vice-président du géant européen de l’aéronautique EADS, et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie, mais aussi Alain Gomez, ancien président de Thomson-CSF (devenu Thales), Pierre Martinez, ancien responsable de la sécurité de Thomson-CSF, Andrew Wang, l’intermédiaire sino-américain impliqué dans le scandale des frégates de Taïwan, ainsi que Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, etc. C’est ainsi que le corbeau a fait croire qu’Alain Gomez possédait le compte 83656 à la Cititrust (Bogota), alors que le véritable titulaire se dénommait en réalité Hugo Caceres Gomez. De même, le compte E 3521, ouvert à la Reserved Mailbox Account, censé appartenir à Pierre Martinez, a comme titulaire une société madrilène dénommée Martinez Gil y Asociados.

Les lettres s’inspirent beaucoup des accusations portées sur la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, et témoignent d’une connaissance certaine du dossier Clearstream et de l’affaire des frégates de Taiwan. « Certains numéros de comptes comme ceux de la BNP sont authentiques. » écrit Libération. Dès lors, des commissions rogatoires internationales sont adressées en Suisse, au Luxembourg et en Italie.

Fin 2004, le juge Van Ruymbeke comprend qu’il s’agit d’une manipulation : « Les noms de personnalités ont été rajoutés aux listes de Clearstream. Parfois grossièrement. L’enquête préliminaire ouverte sur les autres comptes est classée sans suite en mai 2005. » Une enquête sur la réalisation de ces faux est alors confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.

Le parquet de Paris demande une enquête préliminaire sur la chambre de compensation Clearstream et envoie un substitut à Luxembourg. Le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, demande une enquête au directeur de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, dont un des adjoints, Jean-Jacques Martini, est cité dans la liste du corbeau.

En janvier, l’enquête concernant le compte de Nicolas Sarkozy, accusé de détenir un compte à la Banca popolare di Sondrio, un bourg italien situé au centre des Alpes, sous le nom de « Stéphane Bocsa » et « Paul de Nagy », est fermée. La Banca popolare di Sondrio a en effet répondu à la commission rogatoire du juge Van Ruymbeke réclamant l’identité du titulaire du compte. L’établissement italien a indiqué que le numéro correspondait à un compte de banque ouvert par la société Clearstream, et était utilisé par de très nombreux clients. La Banca popolare réclamait au magistrat français une nouvelle demande désignant la personne visée, mais puisque l’enquête prouvait par ailleurs que les listes avaient été trafiqués, le juge Van Ruymbeke a fermé le dossier, innocentant ainsi Sarkozy.

L’attention des magistrats se porte sur un informaticien d’EADS, Imad Lahoud. Il aurait été recruté chez EADS par Jean-Louis Gergorin, sur recommandation du général Philippe Rondot, vétéran des services de renseignements français. Début 2003, Imad Lahoud a collaboré avec la DGSE pour identifier les réseaux financiers d’al Qaïda. À cette occasion, il s’est informé sur le fonctionnement des comptes de Clearstream et a rencontré Denis Robert.

Nota bene : Les protagonistes de cette affaire sont présumés innocents et nient toute implication.

En présence de Jean-Louis Gergorin, Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères demande le 9 janvier 2004 une première enquête au général Philippe Rondot, proche conseiller de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, pour vérifier l’existence des comptes bancaires attribués à des personnalités, dont Nicolas Sarkozy. La compétence de Dominique de Villepin à demander une enquête à un officier supérieur est discutée. Fin juin 2004, il informe le premier Ministre Jean-Pierre Raffarin que l’hebdomadaire Le Point va publier des informations mettant en cause un ministre important du gouvernement. Il lui est demandé de mener des investigations. Ministre de l’Intérieur, il demande une deuxième enquête à Pierre de Bousquet de Florian, directeur de la DST, sans l’informer de l’enquête préliminaire de Philippe Rondot et surtout des forts doutes de ce dernier.

En juin 2006, Dominique de Villepin a porté plainte contre plusieurs ouvrages documentant son instrumentalisation de l’affaire : Denis Robert pour Clearstream, l'enquête (Les Arènes), Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner pour Règlements de compte pour l'Elysée, (Ohéditions) et Airy Routier pour Le complot des paranos (Albin Michel). En octobre 2006, le procureur de la République de Paris n’a pas requis la mise en examen du Premier ministre ou son audition comme témoin assisté mais son audition comme simple témoin .

Les 4, 5 et 6 juillet 2007, Dominique de Villepin est mis en cause par Philippe Rondot et Imad Lahoud. En particulier, des notes retrouvées sur l'ordinateur du général Rondot indiqueraient qu'il aurait donné instruction à Jean-Louis Gergorin « de « balancer » Nicolas Sarkozy ». Son domicile et ses bureaux sont perquisitionnés. Au cours d'auditions ayant eu lieu en juillet 2007, et à la suite de la reconstitution de ces notes ayant transité sur l'ordinateur du général Rondot, J-L Gergorin dévoile n'avoir agi que sur ordre de Dominique de Villepin, se réclamant lui-même d'instructions du Président de la République. Il en résulte alors un recentrage de l'enquête autour de l'ex-premier ministre, passé depuis peu du statut de membre du gouvernement à celui de simple citoyen avec la formation d'un nouveau gouvernement consécutif à l'élection de Nicolas Sarkozy constitué partie civile dans ce dossier, et aboutissant dans des délais extrêmement rapides à la mise en examen de l'ancien premier ministre sous pas moins de quatre chefs d'accusation différents.

En effet, le 27 Juillet 2007, Dominique de Villepin est mis en examen pour complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux. Il lui est depuis cette mise en examen interdit de rencontrer les principaux protagonistes de l'affaire (source judiciaire). Comprenant entre autre l'ancien président Jacques Chirac. Mi novembre 2008, Dominique de Villepin est renvoyé en correctionnelle.

L'actuel Président de la République est le plus fréquemment présenté en victime de l’affaire, mais parfois aussi comme ayant, à l'époque, favorisé sa propre victimisation afin de mettre en difficulté ses adversaires politiques. Selon Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement du ministre de la Défense, et Stéphane Denis, du Figaro, il aurait été informé de l’enquête en cours dès l’été 2004, alors qu'il occupait le poste de ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Le contrôle de la DST aurait d'ailleurs été une de ses motivations pour son retour au Ministère de l’Intérieur, qu'il avait quitté en mars 2004. Aussi, quand il y revint effectivement en juin 2005, une de ses premières demandes fut de réclamer le rapport de la DST sur cette affaire.

Ministre de la Défense des gouvernements Raffarin et Villepin, elle aurait été informée dès la fin de l’année 2003, par son CROS le général Philippe Rondot de l’existence d’un listing comprenant des hauts responsables et des hommes politiques, dont Nicolas Sarkozy, ayant des comptes occultes chez Clearstream. De fait, elle demande au général Rondot d’enquêter. Devant les juges, en mars 2004 et en juillet 2007, le général Rondot affirme que, dès mai 2004, il avait la conviction que ce listing était trafiqué et aurait fait part de sa conviction à Michèle Alliot-Marie. À cette période, toutefois, il doute que la ministre ait prévenu Nicolas Sarkozy. Selon cette dernière, elle n’aurait été informée qu’au début de l’été 2004.

Alors président de la République, Jacques Chirac a donné des « instructions » dans cette affaire. Elles sembleraient ne pas porter uniquement sur « la protection des marchés internationaux et la lutte contre les réseaux mafieux », ainsi que l’affirmait l’Élysée le 28 avril 2006. Il demande à Philippe Rondot de lui rendre compte directement ainsi qu’à Dominique de Villepin, au grand dam de Michèle Alliot-Marie.

Le 22 juin 2007, le bureau de l'ancien chef de l'Etat fait savoir dans un communiqué, en invoquant la Constitution, que ce dernier ne peut répondre favorablement à la démarche des Juges d'Huy et Pons qui ont souhaité l'entendre comme témoin dans le cadre de l'instruction. Il rappelle en outre le communiqué diffusé du 28 avril 2006 par l'Elysée, dans lequel le président démentait « catégoriquement avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques dont le nom avait pu être mentionné ».

Le 4 juillet 2007, l’expertise judiciaire retrouva des notes du général Rondot sur l'ordinateur de ce dernier. Celles-ci indiqueraient que « Jean-Louis Gergorin aurait, fin avril 2004, reçu instruction de Dominique de Villepin, elle-même formulée par le président de la République , de « balancer » Nicolas Sarkozy ». Ces nouveaux documents accréditeraient l'idée que Nicolas Sarkozy était la cible d’une manipulation dans laquelle Dominique de Villepin et Jacques Chirac auraient tenu un rôle. Lors d'interrogatoires ayant eu lieu en juillet 2007, J-L Gergorin aurait confirmé cette version des faits, tout en soulignant que lui-même et Dominique de Villepin tenaient alors les listings pour vrais.

Général de division à la retraite depuis décembre 2005, il est un « vétéran » du renseignement français. Après avoir reçu un listing Clearstream des mains de Jean-Louis Gergorin, il a enquêté sur ordre du ministère de la défense, tout en rendant compte à Dominique de Villepin. Selon Le Monde du 29 avril 2006, il a déclaré aux juges que Dominique de Villepin lui aurait confié le listing mentionnant le nom de Nicolas Sarkozy fin 2003 et lui aurait demandé d’enquêter sur lui et ses prétendus comptes occultes chez Clearstream. Selon le général Rondot, son rapport qui ferait état d’une liste de bénéficiaires de comptes chez Clearsteam serait « bidon ».

Des notes compromettantes pour Dominique de Villepin ont été retrouvées sur son disque dur après avoir été effacées. Le général Rondot a confirmé l'existence de ces notes et qu'elles avaient été effacées à la demande de Dominique de Villepin. Stéphane Queroy, qui est à la fois la nièce et l'assistante du général Rondot, a confirmé le 4 juillet 2007 devant les enquêteurs le contenu de ces notes qu'elle a tapée et que ces notes avaient été effacées à la demande de Dominique de Villepin.

Directeur de la DST depuis septembre 2002, il aurait reçu la demande de Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, d’enquêter sur l’affaire Clearstream 2 le 5 juillet 2004. Le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud fut chargé de superviser une cellule d’enquête aujourd’hui dispersée. Dominique de Villepin lui aurait dissimulé l’existence des investigations du général Rondot et des doutes de ce dernier. Nicolas Sarkozy, redevenu ministre de l’Intérieur lui reprocherait d’avoir enquêté sur ses prétendus comptes occultes et d’avoir conclu à une manipulation sans jamais l’en informer. Selon le directeur de la DST, il s’agissait d’un simple « recueil de renseignements ». Pierre de Bousquet a appris à l’automne 2004 par Philippe Rondot que ce dernier avait entrepris des vérifications sur des hauts fonctionnaires de la défense cités dans les listings Clearstream, mais il semble avoir ignoré tout le reste. Dans ses notes saisies par les juges, M. Rondot avait écrit, à la date du 27 juillet 2004, avoir lui-même suggéré de « travailler avec P. de Bousquet ». Il ajoutait : « Pour D de V, qui est d’accord, « il manque d’imagination ». » La proposition n’aurait donc été suivie d’effet qu’avec plusieurs mois de retard, et très partiellement. À la DST, on assure n’avoir mesuré l’ampleur des investigations du général qu’à la lecture de la presse en avril-mai 2006. Le 10 juillet 2004, la DST obtient le document publié par le Point. Très vite, la falsification apparaît. Peu après, M. de Bousquet prévient Claude Guéant, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, de la présence du nom du ministre dans le listing.

Réputé pour sa grande rigueur et son respect des procédures, le juge Renaud Van Ruymbeke, se serait laissé entraîner dès avril 2004 par Jean-Louis Gergorin dans un arrangement non prévu par le code de procédure pénale : un rendez-vous secret non acté avec le vice-président d’EADS Jean-Louis Gergorin chez son avocat Thibault de Montbrial. Le « corbeau » serait donc connu depuis toujours du magistrat qui aurait voulu protéger la vie de son témoin dans un dossier qui a connu une épidémie de morts subites (Voir Affaire des frégates de Taiwan). Le garde des Sceaux Pascal Clément a demandé une enquête administrative. Renaud Van Ruymbeke postulait ce mois-ci pour une fonction de président de chambre à la cour d'appel de Paris. Le CSM, présidé par le président Jacques Chirac impliqué dans l’affaire, a suspendu sa décision.

Henri Pons et Jean-Marie d'Huy sont les magistrats instructeurs de l’affaire.

Début mai 2006, Le Monde apparaît comme le détonateur de cette affaire d’État en publiant la déposition du général Philippe Rondot auprès des magistrats Henri Pons et Jean-Marie d'Huy. La déposition au format pdf sera massivement diffusée sur les sites Web, les forums et les e-mails d’Internet. Le 11 mai 2006, il publie des extraits des notes privées du général Rondot saisies à ses domiciles montrant à nouveau son accès au dossier d’instruction. Ce même jour, suite à la demande du général Rondot, le garde des Sceaux demande au parquet de Paris d’ouvrir une information judiciaire pour « violation du secret de l’instruction ».

Le 17 septembre 2004, Le Parisien cite nommément Nicolas Sarkozy dans un article intitulé Le juge enquête sur quatre ministres.

Le 26 mars 2008, Le Canard enchaîné publie une note d'Yves Bertrand (ancien patron des RG) indiquant qu'il aurait eu une réunion avec Nicolas Sarkozy et Claude Guéant à l'automne 2004, et le 28 février 2005. Dans cette note, Mr Bertrand indique que « M. Sarkozy m'avait en terme très vif, reproché d'avoir été l'un des investigateurs, avec Philipe Massoni, de l'affaire Clearstream » . Mr Sarkozy avait élargi ses accusations à certains membres de l'entourage du Président de la république, qu'il soupçonne de complot contre lui » . Interrogé par Le Canard enchaîné avant la publication de l'article, Mr Guéant avait non seulement confirmé les propos, mais aussi ajouté « Je n'ai pas changé d'avis. » .

Grand reporter chargé des affaires judiciaires, Michel Deléan a suivi le dossier Clearstream pour le Journal du Dimanche (JDD). Il a notamment recueilli l'unique interview du général Rondot en mai 2006. Le JDD et Michel Deléan ont, en mars 2008, gagné le procès en diffamation que leur avait intenté la société Salamandre après la publication d’un article intitulé "Du rififi chez les barbouzes", en juin 2007.

A la date de l'article, il semble que Imad Lahoud ai modifié le listing, mais ni lui, ni Jean-Louis Gergorin, ni même Dominique de Villepin connaissaient toutes les personnes qui ont été mis sur le listing. Donc il devrait être utile d'interroger toute personne qui aurait des informations. Mr Bertrand en tant qu'ancien patron des RG, connait par contre toutes ces personnes. De plus, sa plus proche collaboratrice Mme Brigitte Henri a beaucoup travaillé avec Mr Imad Lahoud.

Suite à cet article, les juges d'Huy et Pons ont décidé le 15 mai qu'il n'était pas nécessaire d'interroger Mr Guéant sur cette affaire car cela « n'apparait nullement utile à la manifestation de la vérité » .

Il est le directeur de cabinet de la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie.

Ancien directeur adjoint et directeur de cabinet du premier ministre Jacques Chirac (1986-1988), il est le père d’Anne-Gabrielle Heilbronner-Lahoud, conseillère de Philippe Douste-Blazy, et le beau-père d’Imad Lahoud, directeur scientifique à EADS. Son domicile a été perquisitionné le 12 mai 2006.

Conseillère de Philippe Douste-Blazy et ancien directeur de cabinet d’Éric Woerth, elle est la fille de François Heilbronner et l’épouse d’Imad Lahoud.

Philippe Delmas, proche de Noël Forgeard, fut la première victime du corbeau et fut mis en garde à vue en mai 2004. Alpiniste de sang froid, il impressionna fortement la brigade financière en s’endormant profondément au dépôt entre deux interrogatoires de sa garde à vue.

Ami et parent du général Philippe Rondot, Stéphane Denis est au courant de l’enquête diligenté par Dominique de Villepin en janvier 2004. En mai 2006, il affirme dans Le Point que Nicolas Sarkozy aurait été mis au courant dès septembre 2004, à deux reprises (septembre 2004 et mai 2005) de l’enquête déclenchée par le général Philippe Rondot au sujet de comptes supposés détenus chez Clearstream. Sarkozy dément.. Pourtant, selon Le Monde : « dès le 12 novembre 2004, Stéphane Denis, dans La Lettre de M. Rastignac, la chronique qu’il tient dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles, relaté cet épisode ».

Pierre Sellier est le PDG de la société de conseil en stratégie Salamandre et un spécialiste du jeu de Go.

Pierre Sellier a été entendu par la Division nationale des investigations financières (DNIF) le 30 octobre 2006 au sujet d'une note saisie au domicile du général Philippe Rondot et intitulée "Synthèse des entretiens première quinzaine de mai 2005 - Résumé de verbatim IMALA", raccourci d'Imad Lahoud.

Pierre Sellier, qui a rencontré Imad Lahoud dans le cadre des missions de stratégie que Salamandre conduit pour EADS, la filiale aéronautique et défense du groupe Lagardère, a remis ce verbatim à Jean-François Clair, directeur adjoint de la DST en juin 2005, en présence de Michel Laccarrière, ancien directeur du renseignement de la DGSE de 1989 à 2000 et membre du conseil de supervision de Salamandre.

Dans ce "verbatim", Pierre Sellier consigne qu'« IMALA », qu’il présente comme un « mythomane », « lui a dit avoir manipulé Denis Robert », qu'« IMALA se dit couvert par Alain Juillet, haut responsable de l'intelligence économique auprès du gouvernement, dont il se réclame », qu'il « répète que Michèle Alliot-Marie l'a protégé » et qu'enfin le "cabinet de Villepin" le "soutiendrait".

Pierre Sellier a également été interrogé par la DNIF au sujet d’ une note de la DST confectionnée le 1er septembre 2004, plusieurs mois avant la remise du « verbatim IMALA », et détaillant notamment à propos de l’affaire Clearstream : « Interrogé sur les sociétés privées de conseil, la source en cite deux (…) et parmi celles de haut niveau pouvant mener une telle manipulation : spontanément la source n’en voit qu’une : Salamandre ».

En juin 2007, Salamandre a intenté un procès en diffamation au JDD, que le journal a gagné. En janvier 2008, Yves Bertrand, patron de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG) de 1995 à 2005, fera irruption dans l’affaire Clearstream suite à l’exploitation par la DNIF du compte-rendu d'un supposé verbatim retrouvé lors d'une perquisition efféctuée dans les locaux de Hervé Séveno, un ancien dirigeant de la société I2F.

Le directeur de AB Associates, Alain Bauer a été entendu par les policiers en charge des investigations sur l'affaire Clearstream.

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Direction centrale des Renseignements généraux

La direction centrale des Renseignements généraux (DCRG), souvent appelée Renseignements généraux (RG ou RGx), était un service de renseignement français dépendant de la direction générale de la police nationale (DGPN). Créés en 1911 sous cette appellation, les RG ont eu pour principal objectif à travers l'histoire de renseigner le gouvernement sur tout mouvement pouvant porter atteinte à l'État.

De par sa nature du secret et de la surveillance, les RG ont été accusés à plusieurs reprises d'être une police politique et ont été au centre de plusieurs affaires.

Dans un but de rationalisation, les RG et la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont été fusionnés au 1er juillet 2008, pour devenir la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), et former à ce titre le plus important service de renseignement intérieur français. Une partie de ses prérogatives a par ailleurs été confiée à la nouvelle sous-direction de l'information générale (SDIG), créée au sein de la direction centrale de la sécurité publique (DCSP), la branche « courses et jeux » des RG étant, quant à elle, transférée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Les Renseignements généraux sont directement issus de toute une cohorte de commissaires spéciaux chargés sous l'Ancien régime de surveiller l'opinion.

Peu après la création en 1907 des Brigades du Tigre - qui devinrent la Police judiciaire - est créée par Célestin Hennion une Brigade des Renseignements généraux. La création d'un tel service s'inscrit dans un climat politique tendu, où la Troisième République fait l'objet de virulentes critiques de divers courants d'oppositions : des royalistes, bonapartistes, des boulangistes, des anarchistes, ou encore divers courants révolutionnaires socialistes.

À l'arrivée du Front populaire, ce dernier veut centraliser encore davantage les services de renseignement français, et crée à ce titre en 1937 la Direction des services de renseignements généraux et de la police administrative, qui devient l'année suivante l'Inspection générale des services de renseignements généraux et de la police administrative. Mais un manque de financement met à mal les ambitions de ce nouveau service de renseignement.

L'instauration du Régime de Vichy, durant la Seconde Guerre mondiale, voit la réorganisation de la police, et la création, à partir des services des RG, des Brigades spéciales (BS), chargées de collaborer avec les diverses polices nazies (Abwehr, Gestapo, Kripo, Sipo, SD, GFP). Les Brigades spéciales sont spécialisées dans la traque aux « ennemis intérieurs », aux dissidents, aux prisonniers évadés, aux Juifs, et plus tard, aux réfractaires au Service du travail obligatoire (STO).

La fin de la Seconde Guerre mondiale voit la conservation du service de renseignement de la « vie politique, économique et sociale » du pays -avec la surveillance, entre autres, des hippodromes et des établissements de jeux, lieux par excellence où transite beaucoup d'argent.

Les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale sont très tendues, avec le début de la Guerre froide, les conflits coloniaux, et surtout les violences issues de la Guerre d'Algérie - mais aussi, divers mouvements sociaux : ainsi, ceux de Mai 68.

Le service des RG a fusionné avec la Direction de la surveillance du territoire (DST) le 1er juillet 2008 pour devenir la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Environ 80 % du personnel a été affecté à ce nouveau service, la branche « courses et jeux » de la DCRG étant transférée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) au sein d'un Service central des courses et jeux (SCCJ). Quant à la Préfecture de police de Paris, sa direction des Renseignements généraux (RGPP), historiquement très particulariste, est demeurée autonome par rapport à cette nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur et s'est vue rebaptiser Direction du Renseignement de la Préfecture de Police (DR-PP).

Il existait une huitième section "Enquêtes et habilitations", située rue aux Ours, Paris 3ème.

Les membres des RG étaient assujettis au régime général des fonctionnaires. Ils ne bénéficiaient pas des garanties offertes aux agents de la direction de la surveillance du territoire couverts par le secret défense (l'anonymat notamment), ce qui n'empêchait pas certains d'être néanmoins habilités, les dossiers étant parfois classés.

Bien que tous les fonctionnaires de la police nationale aient eu une qualification judiciaire (APJ ou OPJ), les agents travaillant aux Renseignements généraux perdaient leur habilitation tant qu'ils exercaient dans cette direction, à l'exception de ceux appartenant à la sous-direction des jeux et casinos.

Les dossiers des poursuites contre des nationalistes corses, comme celui de l'affaire du préfet Érignac et des poursuites contre Yvan Colonna, et contre des nationalistes bretons dans l'affaire de Plévin, amenèrent régulièrement des critiques contre le travail de la Direction centrale des renseignements généraux.

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Direction de la surveillance du territoire

La Direction de la surveillance du territoire (DST) était un service de renseignements du ministère de l'Intérieur, au sein de la direction générale de la police nationale, chargé historiquement du contre-espionnage en France. Cette dernière compétence n’était plus la seule qui était confiée à la DST ; depuis la disparition du bloc soviétique, s’y ajoutaient la lutte anti-terroriste, la lutte contre la prolifération (matériels sensibles ou militaires) et la protection du patrimoine économique et scientifique français. Cette dernière spécialité relève de l’intelligence économique. Elle était membre de la communauté française de renseignement. Elle constituait sans doute la structure la moins visible et l'une des plus discrètes de la police nationale. C'est que la mission de contre-espionnage civil et militaire qui lui était dévolue ne concerne pas le grand public et requiert une confidentialité particulière. L'identité des personnels ainsi que la nature des opérations auxquelles ils participaient relèvent d'ailleurs du secret-Défense et du confidentiel Défense.

Le 1er juillet 2008, la DST a fusionné avec la Direction centrale des Renseignements généraux au sein d'une nouvelle direction qui a pris le nom de : Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

La Surveillance du Territoire (ST) est un service de police qui fut créé en 1934 par le gouvernement de Gaston Doumergue et renforcé en 1937 par le Front populaire. Il a permis l'arrestation de nombreux espions allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs de ses membres rejoindront d'ailleurs la Résistance...

La DST succède à la ST par une ordonnance du 16 novembre 1944, signée du général de Gaulle et relative à l'organisation du ministère de l'Intérieur, que vint compléter un arrêté du 22 novembre 1944. Elle est confiée à Roger Wybot, qui avait dirigé à Londres, à partir de décembre 1941, la section de contre-espionnage du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA).

Le Général de Gaulle établit la DST cette même année, fixant ses attributions et ses structures internes. Selon Phillipe Bernert, la création de la direction marquait une petite révolution car, pour la première fois en France, le contre-espionnage échappait au contrôle de l'armée. Roger Wybot prit soin de lui assurer une indépendance totale et mit l'accent sur l'exploitation du renseignement qu'il confia à un service de documentation créé à son initiative.

La tâche dévolue aux "documentalistes" de ce service nouveau et interne à la DST consistait principalement à exploiter les informations transmises par les agents de terrain et à mettre à jour un fichier nominatif. Il leur revenait en outre d'identifier par recoupement les résidents étrangers suspectés de se livrer à des activités d'espionnage et de terrorisme ainsi que, en cas d'arrestation d'un suspect, de préparer les schémas d'interrogatoires.

Les succès majeurs de la DST furent l'exploitation de Farewell (cf. infra) et l'arrestation du terroriste international Ilich Ramírez Sánchez dit Carlos.

Les liens traditionnels que la France entretient avec l'Afrique, le Proche-Orient et le Moyen-Orient avaient contribué à faire de la DST l'un des services de renseignements occidentaux les plus performants en matière de contre-terrorisme islamiste radical.

La DST assurait des missions se rapportant à la défense, dirigées sur la recherche, la prévention et la lutte contre toutes les activités inspirées ou soutenues par des puissances étrangères et de nature à menacer la sécurité et la souveraineté du pays et de son patrimoine à tous les niveaux. Elle est organisée en services centraux (de compétence nationale) et en services territoriaux. Elle entretenait également des antennes dans certains pays étrangers.

La DST avait en charge la police des communications radio (PCR), c'est-à-dire la recherche d'émetteurs clandestins grâce à des stations d'écoute. Un plan national des fréquences est programmé sur un ordinateur, et toute émission non répertoriée provoque ainsi un état d'alerte. Il est alors procédé à l'enregistrement du contenu de l'émission puis à sa localisation.

La DST de par ses attributions était chargée de protéger les entreprises françaises contre l'espionnage économique, scientifique et industriel. Ces cas d'espionnage se sont considérablement développés au cours des dernières années, ils constituent désormais 60% des cas détectés, contre 40% pour l'espionnage politique, diplomatique et de défense.

Un nombre important d'entreprises françaises font l'objet d'espionnage de la part de puissances étrangères.

Le siège de la DST se trouvait au 84, rue de Villiers à Levallois-Perret (depuis le départ en 2007 du 7 rue Nélaton à Paris, siège historique de la DST). L'organisation exacte de la Direction ainsi que l'identité des agents qui y travaillent étaient couverts par le secret défense (avis du Conseil d'État du 19 juillet et du 29 août 1974). Ses effectifs étaient de 1419 fonctionnaires au 1er Janvier 2000. Mais depuis le 11 septembre 2001, ses effectifs et ses moyens spéciaux et techniques dans la lutte anti-terroriste avaient augmenté de façon significative. Avant sa fusion en 2008 avec la DCRG au sein de la nouvelle DCRI, les effectifs de la DST étaient ainsi semble t-il compris entre 1800 et 2000 fonctionnaires, personnels administratifs inclus.

La DST dépendait du Premier ministre, via le ministre de l'Intérieur, mais aussi de la Direction générale de la police nationale (DGPN).

Parmi les autres services centraux, on trouvait un service de documentation et d'exploitation qui assurait la centralisation de tous les renseignements recueillis par les fonctionnaires du service et qui bénéficiait de sections spécialisées en province. Le but de ce service était d'assurer un contrôle total des documents liés aux informateurs et aux agents (simples ou doubles), depuis leur recrutement jusqu'à la cessation de leurs rapports avec le service.

En ce qui concerne les activités dans le domaine de l'informatique, la DST a aussi créé un département des systèmes informatiques en 1986.

Le 27 juin 1975, la division Moyen-Orient de la DST s'est vu attribuer des moyens humains et matériels supplémentaires afin de lui permettre de s'impliquer plus sérieusement dans les affaires de terrorisme. Elle disposait ainsi de moyens plus importants que les autres divisions de la DST : voitures rapides, matériel de photographie très sophistiqué pour l'époque, et des moyens permettant de réaliser des écoutes téléphoniques, des récepteurs et émetteurs pour marquer et suivre des véhicules ou des personnes. Ces techniques étaient à l'avant-garde de nombre de services de contre-espionnage en Europe et dans le monde à cette époque.

La DST bénéficiait d'un groupe d'opérateurs du RAID. Les fonctionnaires de ce corps d'élite de la police nationale assistaient les enquêteurs de la DST pour les interpellations et leurs protections depuis 1987. Ainsi, dans Paris et en Île-de-France, le RAID entretenait une astreinte pour la DST de 8 à 24 opérateurs du groupement d'intervention, pour sécuriser les lieux et procéder à l'effraction et à l'interpellation des individus incriminés.

Pour les directions régionales en province, la DST était aidée et soutenue par les groupes d'intervention de la police nationale (GIPN) et par les BREC (devenues BRI) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) décentralisées au niveau des Services Régionaux de Police Judiciaire (SRPJ) pour les mêmes tâches de sécurité et de protection que le groupement d'intervention RAID.

Le 3 décembre 1973, des agents de la DST, déguisés en plombiers, ont été surpris en train d'installer un micro espion dans les bureaux du journal Le Canard enchaîné. Ce scandale entraîna la démission du ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin.

Qui était Farewell ? On présente généralement Vladimir Ippolitovitch Vetrov comme un étudiant doué, fréquentant assidûment les salles de sport et en outre père de famille attentionné. Toutes ces qualités le firent remarquer par les sergents recruteurs du KGB qui écumaient régulièrement les campus moscovites à la recherche de nouveaux talents. Ayant intégré les rangs de la principale centrale d'espionnage soviétique, sa carrière le vit tout d'abord opérer en France où il se montra à son avantage. Il séjourna ensuite au Canada avant de se voir attribuer un poste d'analyste à Moscou, affectation qu'il ressentit comme un désaveu. Il en conçut une certaine rancœur qui déborda tant dans sa vie professionnelle que dans sa vie personnelle : naguère officier de renseignement émérite, il finit par douter de tout, y compris de lui-même. La suite fut ainsi résumée par Serguei Kostine : Vladimir Ippolitovitch Vetrov se décide à faire le saut : au printemps 1980, il contacte le contre-espionnage français, la DST. L'aventure commence. Vetrov devint Farewell. Il semble que, dès le départ, le Soviétique entendait agir dans la durée, il se préoccupait donc en priorité de sa sécurité personnelle et tenant les services occidentaux d'espionnage extérieur comme tous pénétrés par le KGB, il les évita soigneusement. Ayant en outre résidé dans la capitale française, il connaissait bien les méthodes de la DST. Enfin Vetrov avait été en relation avec un Français répondant au nom de Jacques Prévost qui assurait le suivi des contrats signés par Thomson-CSF en Union soviétique notamment dans le domaine des télécommunications. Contredisant les propos tenus par Marcel Chalet, la DST s'avéra tétanisée par la crainte des opérations de manipulation dans la mise en œuvre desquelles les Soviétiques étaient passés maîtres. Cependant, et sur l'insistance de l'officier du KGB, le service français demanda à un cadre commercial d'une grande entreprise d'accepter de jouer au cheval de Troie. Ce que livra Vladimir Ippolitovitch Vetrov à l'espion de rencontre acheva de convaincre les fins limiers du contre-espionnage : c'était des informations de tout premier ordre. Au point, quelques mois plus tard , d'avoir inspiré à Ronald Reagan ce jugement aussi dithyrambique que lapidaire : « c'est l'une des plus grandes affaires d'espionnage du XXe siècle ».

Effectivement le bilan apparaît exceptionnel : selon Marcel Chalet, Vladimir Ippolitovitch Vetrov dit Farewell a remis exactement 2997 pages de documents émanant pour la plupart du KGB, la majeure partie de ses documents est frappée du cachet indiquant le niveau de classification maximal, Farewell a aussi donné à la DST la liste d'environ 250 noms de membres de ligne X du KGB, c'est-à-dire les officiers de renseignement chargés de recueillir les renseignements scientifiques et techniques à travers le monde, et de 170 agents du KGB appartenant à d'autres directions du KGB et du GRU. Le 5 avril 1983, la France demanda à 47 Soviétiques de quitter le territoire, sur ce total 40 étaient investis de fonctions diplomatiques, deux exerçaient le métier de journaliste et cinq officiaient dans différents organismes commerciaux.

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Philippe Rondot

Philippe Rondot, né le 5 octobre 1936 à Nancy, est un général de division français. À la retraite depuis janvier 2005, il est un « vétéran » du renseignement français. Il a travaillé à la fois pour la DST et à la DGSE, deux services traditionnellement rivaux, et fut le conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) de différents ministres de la Défense de droite ou de gauche (Alain Richard, Pierre Joxe et Michèle Alliot-Marie). Spécialiste du monde arabe, il est également l'auteur de plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient , il fut aussi membre de l'IFRI et l'auteur de plusieurs articles dans le journal Le Monde.

Philippe Rondot fut un des témoins-clés de l'affaire Clearstream 2, qui portait sur la falsification de listings de la compagnie de clearing bancaire Clearstream. Il fut l'un des témoins entendus par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans l'affaire Clearstream 2.

Ses carnets personnels furent saisis lors d'une perquisition à son domicile. Leur contenu divulgué par la presse mit en position difficile le Premier ministre Dominique de Villepin. Ces notes, dans lesquelles il a tout consigné, sont partiellement classées secret défense, et sont aujourd'hui déclassifiées. Le général Rondot, responsable des services secrets français, avait pour habitude de relater de son écriture manuscrite ses actions et ses conversations dans des petits carnets. Il codifiait également les personnes concernés ne les citant pas directement : ainsi le Premier ministre est abrégé en PM, le président de la République en PR, Imad Lahoud en Mahdi, etc. Selon Libération du 13 juillet 2007, la pratique des carnets à spirale du général Rondot témoigne d'une « graphomanie incongrue »..

Les investigations judiciaires sur le PDA HP iPAQ de l'ex-agent secret des renseignements ont également permis de mettre la main sur de nouvelles notes sur l'affaire Clearstream 2. Cet assistant personnel, saisi lors d'une précédente perquisition, révèle que certaines notes compromettantes pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont été effacés de la mémoire flash du PDA. D'après le magazine Paris-Match le général Philippe Rondot a déclaré aux juges que l'effacement de ces notes émanait d'une consigne de l'ancien premier ministre Dominique de Villepin.

Stéphanie Queroy, qui est à la fois la nièce et l'assistante du général Rondot, a confirmé le 4 juillet 2007 devant les enquêteurs le contenu de ces notes qu'elle a tapée et que ces notes avaient été effacées à la demande de Dominique de Villepin.

La saisie de ces notes a révélé d'autres affaires sans rapport avec ces faux listings, notamment des documents des services secrets français faisant état de l'existence d'un compte bancaire détenu par Jacques Chirac au Japon, crédité de 300 millions de francs (près de 46 millions d'euros). Cette divulgation relança l'affaire des comptes japonais de Jacques Chirac à la Tokyo Sowa Bank. Les juges d'Huy et Pons ne sont toutefois saisis que de l'affaire des faux listings.

Selon Le Canard enchaîné du 23 mai 2007, des documents nouveaux saisis chez le général Rondot, versés récemment au dossier, accréditeraient l'existence du compte bancaire en question. Il s'agit d'une chemise intitulée « affaire japonaise », de deux autres appelées « PR1 » et « PR2 » (pour « président de la République »), contenant des messages de la DGSE et de relevés bancaires japonais. Des notes évoquent « à tort ou à raison » l'ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, ami personnel de Jacques Chirac. Le parquet de Paris aurait tenu une réunion lundi 21 mai 2007 pour examiner les conséquences possibles de ces éléments nouveaux.

Lors d'une première audition comme simple témoin le 28 mars 2006, Philippe Rondot a indiqué aux juges avoir été chargé en janvier 2004 par Dominique de Villepin, alors ministre des affaires étrangères, d'enquêter sur des noms et des numéros de comptes qui figuraient sur des listings de Clearstream. Le général citait le nom de Jacques Chirac comme celui qui aurait donné des « instructions » à Dominique de Villepin sur les vérifications à effectuer.

Le général Rondot fut de nouveau entendu comme témoin assisté par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans le cadre de l'affaire Clearstream 2 le 22 mai 2007, le 11 juin et le 26 juin 2007.

Au cours de l'interrogatoire du 22 mai 2006, l'officier a été questionné sur la réunion du 9 janvier 2004 dans le bureau de Dominique de Villepin, alors ministre des affaires étrangères, au cours de laquelle ce dernier l'avait chargé d'une enquête secrète de « vérification » sur les listings truqués de Clearstream. Les magistrats cherchent à connaître le rôle de Dominique de Villepin dans cette affaire.

Le général Rondot a également été interrogé sur l'affaire du compte japonais de Jacques Chirac (présumé) évoquée dans ses notes, dont plusieurs ont été récemment jointes au dossier.

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Source : Wikipedia