Cubisme

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Posté par woody 08/04/2009 @ 04:13

Tags : cubisme, mouvements artistiques, arts plastiques, culture

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Cubisme

Juan Gris, 1919

Le cubisme est un mouvement artistique qui s'est développé de 1907 à 1914 à l'initiative des peintres Georges Braque et Pablo Picasso. Après la Première Guerre mondiale, le mouvement s'essouffle, avant de s'éteindre vers les années 1920.

Le terme cubisme provient d'une réflexion d'Henri Matisse, relayée par le critique d'art Louis Vauxcelles, qui, pour décrire un tableau de Braque, parla de « petits cubes ».

Le Cubisme veut aussi se justifier et se rattacher à Cézanne par la recherche d'une solidité et d'une densité en réaction aux recherches des effets lumineux et atmosphériques des Impressionnistes qui, du moins dans un certain nombre de paysages, tendent à noyer et éthérer les volumes dans des papillotements de couleurs. Mais là encore, c'est sans doute aller au-delà de ce que prônait Cézanne.

C'est donc vraisemblablement sur un malentendu qu'à partir de 1907 et les Demoiselles d'Avignon ou Bordel d'Avignon (considérées généralement comme le premier tableau cubiste) Picasso et Braque appliqueront leurs théories, non seulement aux paysages mais aussi aux natures mortes et à la figure humaine.

A partir de 1910, avec ce que l'on nommera le cubisme analytique, ces deux peintres vont affirmer une rupture avec la vision classique déjà entamée depuis quatre ans. Ils abandonnent l'unicité de point de vue du motif pour en introduire de multiples sous des angles divers, juxtaposés ou enchevêtrés dans une même œuvre. Ils s'affranchissent de la perspective pour donner une importance prépondérante aux plans dans l'éclatement des volumes.

Grand admirateur de Cézanne, auquel il rêva de consacrer une longue étude qui ne vit jamais le jour, le poète Guillaume Apollinaire fut le défenseur des peintres cubistes aux premiers jours. C'est lui qui leur inspira ou qui décela ou, plus vraisemblablement, qui imagina dans l'analyse de leurs œuvres, avec un certain lyrisme, une dimension métaphysique.

En 1908, il rédige la préface du catalogue d'une exposition dans laquelle il énonce les trois vertus plastiques, reprise en introduction des Peintres cubistes. L'idéologie cubiste est entièrement contenue dans ce livre.

Cependant, les œuvres d'Apollinaire ont-elles un rapport direct avec le cubisme ? On peut retrouver à travers ses écrits l'influence du mouvement. Par exemple, ses Calligrammes laissent entrevoir une analyse poussée des caractéristiques du cubisme, les formes et les lettres, leur grandeur et leur placement au sein même de la page. L'aspect pictural est mis en avant, sans pour autant retirer de l'intérêt au contenu. Notons tout de même que tout est relatif selon la vision du lecteur. Qu'il décide de ce qu'il veut voir, et donner sa propre signification.

La démarche du précubisme s'attache à la représentation en volume de l'objet, à la manière de Cézanne ou des masques africains ; la perspective traditionnelle est souvent malmenée. La phase cézanienne concerne essentiellement Pablo Picasso (Réservoir à Horta 1909) et George Braque. André Derain et Fernand Léger mênent alors des recherches parallèles.

Lors de cette deuxième phase, l'objet est déconstruit et toutes ses facettes sont représentées en fragments, sans aucun égard pour la perspective. Cette période de recherche se caractérise par un chromatisme très peu saturé (gris, brun, vert, bleu terne). En revanche, la lumière occupe une place très importante et elle se répartit de manière différente sur chaque fragment. Le cubisme analytique concerne essentiellement Pablo Picasso, (Le joueur de guitare 1910) et Braque, qui coopèrent et rivalisent d'inventivité pour toujours pousser plus loin la démarche. Leurs toiles tendent à la stylisation abstraite.

Cette période est caractérisée par le retour de la couleur et par l'utilisation de la technique du collage (papiers, objets). Le peintre sélectionne les facettes les plus pertinentes de l'objet déconstruit (contrairement à la deuxième phase, où il n'y a pas de sélection). Des éléments de la réalité sont réintroduits, notamment par le collage de papiers ou donnant des indications de matière à l'objet reprèsenté (faux bois ou toile cirée). Cf. Pablo Picasso, Guitare et bouteille de Bass, 1913. Braque et surtout Juan Gris donneront à ce style une rigueur et une sérénité classique.

Le nom est donné par Guillaume Apollinaire à propos des deux principaux représentants de cette forme de cubisme: Robert Delaunay et sa femme Sonia Delaunay. La couleur se détache de toute forme et permet la création, dans leurs œuvres, de cercles concentriques colorés, donnant rythme et vitesse au tableau.

L'un des pays où le cubisme s'est particulièrement répandu est la Tchécoslovaquie. Les artistes tchécoslovaques, pour des raisons nationalistes, tentent d'échapper au Sezessionsstil viennois et au Jugendstil allemand et regardent obstinément du côté de la « Mecque » artistique qu'est Paris à cette époque. Si Alfons Mucha fait encore partie de la « vieille garde » de l'Art nouveau, d'autres comme František Kupka, Josef Čapek, Antonín Procházka, Emil Filla, Toyen ou Bohumil Kubišta au nom prédestiné adoptent sans attendre et avec enthousiasme les concepts cubistes.

S'affranchissant rapidement de leur modèle parisien, les artistes portugais inventent un cubisme très particulier, l'E^3, où le « cube » comme élément de base de la déconstruction serait remplacé par le « cylindre » et le cubisme triangulaire où c'est le « prisme » ou le « tétraèdre » qui joue le rôle d'élément de base.

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Cubisme analytique

Pour engendrer des œuvres autonomes, Braque et Picasso opèrent durant le cubisme analytique, la fusion tant recherchée par Cézanne de l'espace et de l'objet. Élargissant la fragmentation à la totalité de la composition, puis délaissant la question des volumes pour celles de plans, les artistes détruisent la notion d'espace contenant, régie par le point de vue unique. Dans cette logique, Picasso procède à l'éclatement de l'homogénéité de la forme en 1910 (Le Guitariste). Désormais, les pionniers représentent l'essence de l'objet plus conciliable avec la platitude de l'espace.

Or, cette abolition de l'espace classique pose un problème de lisibilité des toiles. Le motif n'est plus identifiable, la composition souffre d'un certain flottement spatial : le cubisme sombre dans l'abstraction.

Attaché au réalisme, Braque introduit un clou illusionniste dans Broc et violon (1909), afin d'ancrer la composition dans l'espace. Picasso étend cette technique à d'autres objets (clefs, embrase de rideau…) qui acquièrent la valeur de signes en permettant l'identification des toiles (La table de toilette, 1910). Insatisfaits, Braque et Picasso insèrent régulièrement entre 1910 et 1911, des lettres, parfois peintes au pochoir. En 1911, Picasso intègre une structure pyramidale qui met un terme au flottement spatial, puis tente de réintroduire la couleur avec du Ripolin (peinture de bâtiment). Ces innovations révèlent aux artistes la capacité de l'espace cubiste à intégrer des éléments étrangers. Fort de cette découverte, Picasso en 1912, introduit un morceau de toile cirée dans la Nature morte à la chaise cannée et invente le collage.

Désormais, l'illusion picturale est détruite, Braque à son tour, invente le papier collé, par lequel l'espace, l'objet et la couleur deviennent autonomes. Autonomie qui permet la réintroduction de cette dernière. Parallèlement dans les assemblages et constructions ; l'objet existe désormais pleinement en trois dimensions, et selon le souhait de Braque, est à la portée du spectateur sorti de la surface plane. C'est le début du cubisme synthétique.

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Cubisme synthétique

Les dernières inventions du cubisme analytique projettent le mouvement dans son ère la plus ludique. Si la période analytique avait sacrifié l’unité de l’objet en le logeant dans un espace révélant son essence, la phase du cubisme synthétique trouve un moyen de le restaurer sans renoncer aux innovations spatiales. Suite à l’invasion spatiale de signes (Journal, porte-allumettes, pipe et verre, 1911, Picasso), les peintres ont alors l’idée de représenter les objets à travers leurs traits essentiels, ou de façon synthétique.

Cette nouvelle figuration, qui autorise une liberté figurative jamais atteinte, est de plus égayée par le retour de couleurs vives. L’espace de la perspective a désormais disparu au profit d’un espace conceptuel. Braque et Picasso, quant à eux, vont cependant procéder différemment.

Braque ayant rendu les formes et la couleur autonomes dans les papiers collés, va jusqu’en 1913 traduire en peinture ces bouleversements spatiaux tout en conservant un espace plat jusqu’en 1913. Désormais, l’objet n’est plus présenté dans l’ordre, il s’adresse à l’esprit pour être reconstitué. Les papiers sont remplacés par des plans verticaux et horizontaux, la technique du faux bois pratiquée en 1912, est affinée de façon à créer un espace sans relief où l’objet synthétisé semble avancer vers le spectateur (Le Violon (Valse), 1913).

Après avoir expérimenté dans les assemblages et construction, la capacité des objets cubistes à évoluer dans l’espace réel de son atelier, Picasso traduit cette expérience au niveau pictural en logeant des figures synthétiques cubistes dans un espace classique (Femme en chemise dans un fauteuil, 1913). Cette pratique donne lieu à de nouvelles générations de papiers collés, où il confronte espace perspectif et cubiste avec divers objets (journaux, paquets de cigarettes…) et de constructions où se côtoient objets réels et cubistes (Le verre d’absinthe, 1914). Aboutissant à la conclusion que l’espace cubiste contient l’espace perspectif, Picasso impose le cubisme comme l’évolution logique de la peinture. Reflet du changement des mentalités, le cubisme incarne La Théorie de la relativité d’Einstein (1905), qui remettait en cause l’unicité de l’espace euclidien. Il redonne ainsi à la peinture une fonction propre, mise à mal depuis l’apparition de la photographie : anciennement miroir du réel, elle est désormais un espace propice à la réflexion.

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Cubisme tchécoslovaque

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Le cubisme tchécoslovaque est un mouvement d'avant-garde artistique, très actif en Tchécoslovaquie et surtout dans sa capitale, Prague, entre 1910 et le milieu des années 1920.

Il nait de l'émulation de Pablo Picasso et Georges Braque auprès d'une communauté artistique tchèque très présente dans le Paris de la Belle Époque. Alfons Mucha est le représentant le plus célèbre de cette communauté. František Kupka est l'un des fondateurs de l'abstraction artistique (plutôt que cubiste stricto sensu). Otto Gutfreund est crédité de la création de la première sculpture cubiste Úzkost créée en 1911 et exposée à Paris en 1912.

Les représentants les plus illustres du cubisme tchécoslovaque sont réunis au sein du Cercle artistique Mánes, mentionnons les architectes Josef Gočár, Josef Chochol et Pavel Janák, les peintres Emil Filla, Antonín Procházka, et Josef Čapek, le sculpteur Otto Gutfreund.

Après la Première Guerre mondiale, ce mouvement évolue vers le rondocubisme, un « maniérisme » du cubisme en quelque sorte. Correspondant au cubofuturisme russe, il lie aux formes cubistes pures que sont les prismes et les cubes, des formes géométriques plus douces : cylindres et sphères.

Cette indéniable émulation francophile du cubisme parisien est aussi un rejet de l'avant-garde viennoise. Prague, à la fin du XIXe siècle, est une capitale provinciale de l'empire austro-hongrois et l'attraction de sa capitale devrait se faire sentir. Dans cette ville divisée ethniquement entre les Tchèques et une large minorité allemande qui tient le haut du pavé, l'art est un moyen pacifique pour exprimer des divergences politiques. Les communautés s'opposent alors sur le terrain musical et architectural, les Tchèques érigeant un splendide théâtre national tchèque néorenaissance, les Allemands répondant avec un Staatsoper néobaroque.

En ces débuts du XXe siècle, les nouvelles constructions entreprises en Bohême et en Slovaquie oscillent entre la Sécession viennoise, ce qui marque une allégeance envers le pouvoir impérial ou une appartenance à la minorité allemande ; ou, à l'opposé, l'Art nouveau et le cubisme qui permettent l'expression d'une résistance culturelle éclairée, sans verser dans l'expression rétrograde d'un folklore passéiste et panslave.

Notons le rôle pionnier joué par Vincenc Kramář (1877 - 1960) qui, dès 1910, est l'un des premiers collectionneurs des l'œuvres cubistes de Pablo Picasso et de Georges Braque, achetées auprès des marchands d'art Ambroise Vollard et Daniel-Henry Kahnweiler. Sa collection, lèguée en 1960, peu avant sa mort, constitue aujourd'hui le noyau des collections d'art moderne de la Galerie nationale à Prague et a eu une influence profonde sur le développement du cubisme en Tchécoslovaquie. Il devient, de 1919 à 1939, directeur de la Galerie nationale (alors encore une association artistique parapublique) et poursuit, plus officiellement, son œuvre prosélite en faveur de l'art moderne.

La maison À la Vierge noire, édifié en 1912 par Josef Gočár, peut revendiquer le titre de première construction cubiste. Destinée à abriter les grands magasins de Frantisek Josef Hechs, cette bâtisse héberge aujourd'hui le musée du cubisme tchèque, annexe de la Galerie nationale, ainsi qu’un café qui a retrouvé sa décoration cubiste initiale.

Un réverbère cubiste, dessiné par l’architecte Vlastislav Hofman, édifié en 1913, se trouve à proximité des jardins franciscains et témoigne de ce qui est peut-être le premier -sinon le seul - exemple de mobilier urbain cubiste.

La Maison Diamant, construite en 1912 selon le projet d'Emil Králíček et sous la direction de M. Blecha, dont les façades représentent les facettes d’un diamant. Elle est située à l’angle des rues Spalená et Lazarská.

De nombreuses maisons du quartier de Vyšehrad ont été édifiées selon les plans de Josef Chochol. Elles appartiennent au style cubiste.

À Hradčany, les maisons Hofman et Stach, maisons mitoyennes à trois façades et œuvres de Josef Gočár, situées dans le quartier du Château de Prague.

Le rondocubisme tente d’intégrer dans l’architecture des caractéristiques typiquement slaves. On emploie les couleurs nationales : le rouge et le blanc. On utilise des formes massives, cylindriques, rondes, tronquées, proche des rondins de bois.

Le siège de la Légiobanka dans la rue Na Poříčí, édifiée entre 1921 et 1923, est un monument classé par l’Unesco en tant que représentation unique du rondocubisme. Sa façade est décorée par Otto Gutfreund et J. Štursa. Le vitrail du hall, ainsi que les cartons ayant servi à la décoration picturales sont l’œuvre de F. Kysela.

Le palais Adria, édifié en 1925, par Pavel Janák et un Allemand de Prague Joseph Zasche, sur la Jungamanovo naměstí. Il fut conçu pour la maison d'assurances Riunione Adriatica di Sicurta. Le décor sculpté est dû à Jan Šturda et Karel Dvořák. En 1926, lors d'une conférence à Prague, Le Corbusier voit dans le palais Adria "une construction massive de caractère assyrien".

L'immeuble rondocubiste de la rue Kamenická, œuvre de Novotný, dans le quartier Holešovice.

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Source : Wikipedia