Cuba

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Posté par marvin 28/02/2009 @ 03:03

Tags : cuba, amérique, international, environnement

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Équipe de Cuba de baseball

Image:Federation cubaine de baseball.png

L'équipe de Cuba de baseball représente la Fédération de Cuba de baseball lors des compétitions internationales, comme le Classique mondiale de baseball, les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de baseball notamment.

En 1965, 1972 et 1982, les Cubains boycottèrent la Coupe du monde pour des raisons politiques.

Lors des Jeux Panaméricains 2007 à Rio de Janeiro, les Cubains remportent un nouveau titre continental en s'imposant 3-1 le 20 juillet en finale face aux États-Unis. Le 18 novembre, les États-Unis prennent leur revanche en s'imposant 6-3 en finale de la Coupe du monde, interrompant la série de neuf titres consécutifs acquis par Cuba depuis 1984.

La sélection cubaine, qui compte 25 titres mondiaux et trois titres olympiques, est devenue vice-championne olympique lors du tournoi de Baseball aux Jeux olympiques d'été de 2008 à Pékin, battue en finale par la Corée du Sud.

Le prochain rendez-vous international de la sélection cubaine est la Classique mondiale de baseball 2009 qui aura lieu du 5 au 23 mars 2009.

En avril 1930, Cuba remporte à La Havane le premier tournoi de baseball international d'Amérique centrale auquel le Mexique, Panama, Guatemala et El Salvador participaient.

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Politique de Cuba

Localisation de l'Amérique du Nord sur Terre

La politique de Cuba se définit constitutionnellement comme étant un état socialiste, guidé par les principes énoncés par José Martí et les idéaux politiques de Marx, Engels et Lenine. La constitution cubaine définit le rôle du Parti communiste de Cuba comme une force directrice pour la société et l'État.

Le pouvoir exécutif relève du gouvernement, formé d'un conseil d'état et d'un conseil des ministres. Le pouvoir législatif relève d'une chambre monocamérale. L'actuel chef de l'état cubain est Raúl Castro — frère de son prédécesseur, Fidel Castro. Il est en titre le président du conseil d'État, le président du conseil des ministres, le second secrétaire du parti communiste et le commandant en chef des forces armées révolutionnaires. L'actuel président de l'assemblée nationale est Ricardo Alarcón.

La politique cubaine est souvent source de polémique notamment au niveau de sa nature démocratique ou dictatoriale, présidentielle ou parlementaire, tolérante ou autoritaire.

Pour les partisans du système politique cubain mis en place depuis 1959, la politique menée à Cuba est un modèle pour « l'Amérique des pauvres » (l'Amérique latine). Selon eux, Cuba est une démocratie car le président est élu par les députés de l'Assemblée nationale qui sont eux-même élus par vote direct de la population. Pour Danielle Mitterrand notamment, Cuba représente une « authentique idée de la liberté ».

Pour d'autres, journalistes ou organisations de défense des droits de l'Homme (comme la fédération internationale des droits de l'homme), Cuba est une dictature, parfois qualifiée de version « tropicale » des anciens régimes du Bloc de l'Est, dirigé par un « dictateur impitoyable » « qui a trahi la démocratie libérale au nom de laquelle il avait rallié des millions de cubains à sa cause ».

L'actuelle constitution cubaine, adoptée par référendum le 15 février 1976 avec 97,7 % de votes positifs, détermine le mode de scrutin et les différents organes de pouvoir.

L'inscription sur les listes électorales est universelle et gratuite pour tous les cubains âgés de 16 ans révolus, et disposant de leurs droits civiques (les personnes souffrant d'une maladie mentale et les condamnés ne peuvent pas voter).

Il existe trois types d'élections au suffrage universel : les élections municipales, les élections provinciales, et les élections législatives. Officiellement, à aucun moment de ces élections le Parti Communiste n'a le droit de désigner des candidats ; le système électoral diffère de pays (comme la France) où les partis politiques investissent des candidats. Les Commissions électorales, nommées par les organes de pouvoir locaux et généraux, ont pour mission de veiller à la bonne marche de ces élections.

Les élections à l'Assemblée municipale ont lieu tous les deux ans et demi dans chacune des 169 communes. Chacune des communes est divisée en 30 à 200 circonscriptions selon le nombre d'habitants; chacune envoie un ou deux délégués à l'Assemblée municipale. Dans chaque circonscription ont lieu des réunions publiques au cours desquelles les citoyens désignent directement leurs candidats. Il est ensuite interdit à ces candidats de mener campagne pour leur propre compte; les Commissions électorales sont chargées d'afficher aux endroits publics leurs biographies.

Ensuite a lieu le scrutin proprement dit, qui se fait au suffrage universel direct à majorité absolue. Traditionnellement, les urnes sont gardées par les enfants des écoles, et le dépouillement est public.

Les élections provinciales et législatives, ayant lieu tous les cinq ans, sont légèrement différentes. Dans chaque commune interviennent les Commissions des candidatures, rassemblant des représentants d'associations de travailleurs (Centrale des Travailleurs de Cuba), d'étudiants, de citoyens, des CDR... Celles-ci sont chargées d'élaborer des listes de candidats pour les élections générales. La liste est ensuite transmise à l'Assemblée Municipale, qui doit valider chacune des candidatures. Si l'un des noms est refusé, la Commission des candidatures doit proposer une autre personne.

Tous les candidats sont ensuite présentés à la population. Ici aussi, il leur est interdit de mener une campagne individuelle ; les candidats rencontrent les citoyens, mais lors de débats communs. Le scrutin est semblable aux élections municipales, au suffrage universel.

A l'issue des élections générales, les 1200 délégués des 14 assemblées provinciales et les 609 députés de l'Assemblée Nationale sont renouvelés.

Selon l'article 69 de la Constitution, l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire est l'organe suprême du pouvoir de l'État, et le seul organe disposant à la fois de pouvoirs législatifs (voter les lois) et constituants (modifier la Constitution). Elle est composée de 609 députés élus pour 5 ans et responsables devant leurs électeurs. Elle se réunit au moins deux fois par an en session ordinaire. Après son renouvellement, l'Assemblée élit son président (actuellement Ricardo Alarcón), son vice-président, et son secrétaire. Aucun des députés n'est payé pour sa fonction; ils continuent à exercer leur vie professionnelle.

L'Assemblée élit parmi ses députés le Conseil d'Etat. Elle désigne également le Conseil des Ministres, dont les membres peuvent être choisis en-dehors de l'Assemblée. Les juges du Tribunal Suprême, le plus haut organe judiciaire, sont aussi élus par les députés.

Le Conseil d’État est l'organe de l’Assemblée nationale qui la représente entre deux sessions. Formé de 31 membres, il représente l'Etat cubain sur le plan national et international. Il est habilité, entre autres, à déterminer la tenue de sessions extraordinaires de l’Assemblée nationale, à fixer la date des élections en vue du renouvellement, et à faire des décrets-lois entre deux sessions de l'Assemblée.

Le Président du Conseil d'État, actuellement Raúl Castro, est également chef de gouvernement.

Le Conseil des Ministres est le gouvernement de Cuba, il est dirigé par le président du Conseil d'Etat. Il est chargé d'organiser l'ensemble de la politique intérieure et extérieure du pays selon les orientations décidées par l'Assemblée Nationale.

Les Assemblées locales sont considérées comme les organes supérieurs du pouvoir de l'Etat dans leur province ou leur commune. Elles s’occupent de diriger les entités liées aux secteur économique, de la production et des services qui sont directement de leur ressort.

Lors des dernières élections générales, le 20 janvier 2008, 8 230 832 citoyens se sont rendus aux urnes soit 96% des électeurs dans un pays où le vote n'est pas obligatoire. Selon les opposants au régime, le président du Comité de Défense de la Révolution (CDR), maison chargée de la surveillance des autres dans chaque pâté de maison, ferait du porte à porte, obligeant les citoyens à se rendre dans le bureau de vote. Le citoyen devrait donc s'y rendre car le Président du CDR pourrait donner un avis négatif sur la personne et de ce fait celle-ci risquerait de perdre son emploi ou de voir son fils interdit de suivre des études supérieures..

Selon les défenseurs de Cuba, ces accusations de pression sur les citoyens sont peu fondées. Ce seraient davantage la situation politique très particulière de l'île, au cœur des enjeux idéologiques, ainsi que la désignation des candidats directement par le peuple, qui expliqueraient cet intérêt des cubains pour la politique et les élections.

43,16% des députés sont des femmes, en augmentation par rapport à la précédente assemblée où elles étaient 35.9%. Près de la moitié sont également délégués aux Assemblées Municipales, et presque la totalité possède niveau universitaire et technique supérieur.

Les élections parlementaires du 20 janvier 2008, ont été suivies par 96% des électeurs avec 5% de bulletins blancs et nuls. Ces élections sont reconnues par l'union interparlementaire (IPU).

Le 1er janvier 1959, Castro, organisateur de la résistance, Che Guevara et leur armée renversent le dictateur Fulgencio Batista qui prend la fuite après avoir dirigé Cuba depuis 1952.

Quand Batista était au pouvoir, Cuba se situait au 22ème rang des 122 pays évalués à l'époque par l'Atlas Ginsburg. Le revenu par tête le plaçait au même niveau que celui de l'Italie, la population était alphabétisée à 80% et les indicateurs sanitaires étaient identiques à ceux des pays industrialisés de l'époque. Les étrangers, notamment des compagnies américaines, possédaient 70% des terres. Après la révolution cubaine, le nouveau gouvernement annonça, le 7 août 1960, l'expropriation et la nationalisation de toutes les entreprises (y compris étrangères) et de toutes les terres (y compris celles des petits paysans cubains).

En 1939, les Cubains détenaient 22 % de la production nationale; en 1952, 55 % et en 1958, 62 %.

Les relations avec les États-Unis se détériorent rapidement. Le 3 janvier 1961, les relations diplomatiques sont rompues. La situation géographique de Cuba, à quelques kilomètres de la Floride en fait un élément stratégique en cette période de Guerre froide. Fidel Castro choisit le camp soviétique et affirme essayer de construire un État socialiste, il ouvre des relations diplomatiques avec l'URSS, celle-ci soutient alors le régime castriste. Une constitution sur le modèle de l'URSS est adoptée, ce qui a contraint le gouvernement à adopter des méthodes d'organisation proches de celles de l'URSS, d'autres organisations furent envisagées.

Les généraux cubains contrôlent les secteur-clés de l'économie cubaine : Gaviota est entre les mains de Luis Pérez Rospide alors que le Groupe d'administration des entreprises (Gaesa) est sous l'influence de Julio Casas Regueiro. Depuis la Révolution, Raul Castro est le ministre des forces armées révolutionnaires (Minfar). Le général Abelardo Colomé Ibarra s'occupe du ministère de l'intérieur (Minint), dont dépendent la police politique (« sécurité de l'État ») ainsi que les troupes spéciales. La politique sécuritaire étant renforcée par l'existence des Comités de défense de la révolution, organisations de masse liée au Parti communiste cubain. L’armée cubaine, appelée Forces Armées Révolutionnaires, est forte de 50 000 hommes.

A plusieurs reprises, l'Organisation des Nations Unies a condamné Cuba pour le non-respect des droits de l'Homme : par exemple en 1996 suite à la répression menée contre les dissidents et le 17 avril 2003 après l’arrestation de 75 opposants, jugés de façon expéditive et arbitraire.

Les camps de travail enfermaient des catholiques (comme le cardinal Jaime Ortega), des témoins de Jéhovah, des homosexuels ainsi que des personnes qualifiées d'« asociales ». Selon un rapport publié le 10 janvier 2005 par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), 294 prisonniers politiques sont encore enfermés à Cuba, contre 327 début 2004. Selon ce rapport, en 2004, au moins 21 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques. Il rappelle également que le gouvernement cubain continue de refuser l’accès aux prisons au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Selon le livre noir du communisme, plus de 100 000 Cubains ont connu depuis 1959 les camps et les prisons en raison de leurs opinions, et de 15 000 à 17 000 personnes ont été fusillées.

Les Cubains sont peu équipés en matériel informatique (3,3 ordinateurs pour 100 habitants, c'est-à-dire l'un des taux les plus faibles du monde) et il n'existe qu'un seul opérateur dans le pays, la société ETEC SA. Le gouvernement donne l'explication suivante au faible nombre d'ordinateurs : l'URSS fournissait à l'île l'essentiel de l'électricité dont elle avait besoin. Après la chute de l'Union Soviétique, Cuba a donc dû faire face à de nombreuses coupures de courant. Fidel Castro a alors décidé de limiter au maximum la vente des appareils à haute consommation électrique, comme les téléviseurs, les micros-onde et les ordinateurs.. Cette interdiction a été levée en mai 2008, mais un ordinateur coute en moyenne 800 dollars, ce qui est hors de portée de la plupart des cubains. De même, le gouvernement peut expliquer la difficulté d'accès à internet par des raisons pratiques. En raison de l'embargo américain auquel est soumise l'île, le seul moyen pour Cuba d'accéder au réseau est de passer par le satellite, une pratique très couteuse.Pour parer à ce problème, Cuba et le Venezuela auraient entrepris en 2006 d'installer un câble sous-marin reliant les deux pays.Les travaux devraient être terminés en 2010, et ainsi permettre un développement important des connexions Internet sur l'île. Avec ce lien, les deux pays déclarent souhaiter « établir un nouvel ordre mondial, multi-polaire, basé sur la viabilité, l'équité et le bien commun, et qu'un tel câble international, protégé par des organisations internationales est crucial. » L'ouverture d'une ligne internet est soumise à l'autorisation des autorités de l'île. L'utilisation d'internet ne doit pas « compromettre la sécurité d'État » ni aller contre « les lois et principes moraux du pays », des motifs suffisamment flous pour couper arbitrairement un accès à internet. Cuba détient le taux d’accès à internet le plus bas d’Amérique latine. Les cybercafés sont surveillés et trop coûteux pour la population. Les clients sont dans l'obligation de décliner leur identité. La recherche de mots-clés jugés « subversifs » par le régime entraine la fermeture du programme. Les dissidents tels que Guillermo Fariñas (qui a reçu le prix Cyberliberté de RSF en 2006) luttent pour la liberté d'expression et d'information sur internet. D'autre part, capter les chaînes étrangères de télévision reste interdit par le gouvernement.

Le parti communiste est le seul légal et seule la presse officielle est autorisée. Dès 1959, les partisans de Batista sont exécutés de façon expéditive. Jesús Yáñez Pelletier, vice-président du Mouvement pour les droits de l'Homme, est assigné à résidence et étroitement surveillé parce qu'il avait manifesté son opposition au rapprochement de Fidel Castro avec le Parti communiste cubain au début des années 1960.Selon les dissidents, les emplois permettant de vivre correctement (principalement le tourisme) sont réservés aux membres du parti de Fidel Castro.

Enfin, 1,7 million de Cubains soit 15 % de la population totale vivent en exil et se concentrent essentiellement à Miami (Floride). Parmi les opposants réfugiés aux États-Unis les plus célèbres, il y a Ileana Ros-Lehtinen, Mario Diaz-Balart, Lincoln Díaz-Balart, Armando Pérez Roura, Nancy Pérez Crespo, Carlos Alberto Montaner, Silvia Iriondo, Frank Hernández Trujillo, Frank Calzón, Mel Martinez, Ricardo Boffil, Joe García, Jaime Suchliki, Angel de Fana, Rafael del Pino, Gloria Estefan, Willy Chirino, Guillermo Alvarez Guedes, José Ignacio Rasco, Cary Roque, Albita Rodríguez, Olga Guillot, Marisela Verena, Cristina Saladrigas, Carlos Franqui, Huber Matos ou Ninoska Pérez.

Certains dissidents sont soutenus par les États-Unis,,.

La fondation France Libertés dirigée par Danielle Mitterrand refuse d'assimiler le régime cubain à une dictature. Pour cette fondation, la situation au niveau de l'éducation, comme de la couverture médicale est remarquable pour cette zone géographique et ne permet pas de présenter Fidel Castro comme un despote indifférent au sort de son peuple.

Au-delà de ces considérations matérielles, pour les partisans du régime, Cuba se rapprocherait d'une « démocratie participative » (par opposition à une démocratie représentative telle que la France ou les États-Unis), et non d'une dictature.. Ainsi, l'article 112 de la Constitution cubaine garantit que "le mandat des délégués des Assemblées locales est révocable à tout moment" par les citoyens, droit inexistant dans de nombreuses démocraties représentatives. L'article 68 précise que, dans tous les organes de l'Etat, "les élus sont dans l'obligation de rendre compte de leurs actes devant leurs électeurs". Selon les défenseurs du régime, le dialogue entre élus et population à tous les niveaux est un fondement de la politique cubaine.

Après son arrivée au pouvoir en juillet 2006, Raúl Castro a invité la population à participer à un vaste débat national sur l'avenir du pays; un million de cubains y auraient participé. Au cours cette discussion où la critique semblait très ouverte, le sociologue cubain Aurelio Alonso, sous-directeur de la revue Casa de las Americas, a dénoncé « un système trop étatisé, trop bureaucratisé, avec un niveau de participation populaire trop limité dans la prise de décisions ». Le chanteur Pablo Milanes, à son tour, a plaidé pour un rajeunissement du Conseil d'Etat : « Il faut passer le témoin aux nouvelles générations pour que celles-ci fassent un autre socialisme. » A la suite de ce débat, la nouvelle équipe de dirigeants a établi un calendrier de réformes "répondant aux attentes des cubains", en particulier concernant les transports, l'alimentation et l'habitat.

Dans son rapport biannuel présenté à Pékin, WWF soutient que seul Cuba possède un niveau de développement humain (en matière d'éducation et de santé) acceptable, combiné à une empreinte écologique soutenable, qui crée les conditions d'un développement durable.

Les États-Unis, dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », ont transformé une partie de la base navale de la baie de Guantánamo en une prison, le camp Delta ,, dans laquelle sont enfermées pour des durées indéterminées et sans aucun jugement des personnes suspectées de terrorisme. Selon Amnesty International, 430 détenus de 35 nationalités dont 17 mineurs se trouvaient dans cette prison à la fin 2006.

Le Camp Iguana Camp Iguana fut construit pour les détenus mineurs. Ceux-ci pouvaient se promener à l'intérieur de l'enceinte du camp et voir la mer à travers une clôture. Ils furent renvoyés chez eux en 2004. Les clôtures furent rendues opaques et renforcées et cette prison est utilisée aujourd'hui pour enfermer et interroger les personnes considérées comme non combattantes.

Les détracteurs de ces prisons les considèrent comme des camps de concentration : par exemple le directeur pénitencier de Guantanamo a demandé la fermeture début 2007.

Dénoncée par des intellectuels, d'anciens responsables,, par des organisations américaines qui pressent le Congrès ou encore par Hugo Chavez, cette ingérence est condamnée chaque année par le gouvernement de Cuba devant l'ONU. Une série de résolutions réaffirment la condamnation de ce blocus par la communauté internationale. Ainsi, en 2003, seuls Israël, les îles Marshall et les USA rejetèrent la résolution 58/7 des Nations-Unies sur la nécessité de mettre fin à l'embargo économique, commercial et financier imposé par les USA envers Cuba. 179 pays l'acceptèrent et 2 s'abstenaient (Maroc et Micronésie).

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Histoire de Cuba

Maison de Diego Velázquez de Cuéllar, Cuba

Cuba, la plus grande des îles des Caraïbes, était tout d'abord habitée par des peuples indigènes, connus sous les noms de Taïnos et Ciboneys. Le 27 octobre 1492, Christophe Colomb aperçu l'île lors de son premier voyage et la revendiqua au nom de l'Espagne. Cuba fit dès lors partie de l'empire colonial espagnol, gouvernée par le gouverneur espagnol de La Havane, même si en 1762 la ville fut brièvement occupée par les Britanniques avant d'être échangée contre la Floride lors de la Guerre de sept ans. Une séries de rébellions, au XIXe siècle manquèrent de renverser le pouvoir colonial espagnol, mais accrurent les tensions entre l'Espagne et les États-Unis. Ce qui déclencha la guerre hispano-américaine et conduisit finalement à l'indépendance de Cuba en 1902.

Le commerce avec les États-Unis domina l'économie cubaine pendant la première moitié du XXe siècle, permettant au gouvernement américain d'assoir son influence politique sur l'île. Ceci continua jusqu'en 1959, lorsque le dictateur Fulgencio Batista fut renversé par les révolutionnaires, dont le principal groupe était conduit par Fidel Castro. Le bannissement des sociétés américaines, opérant à Cuba, conduisit à la rupture, par les États-Unis, des relations avec le gouvernement de Castro. Cette rupture fut renforcée par le soutien apporté par les Soviétiques à Castro et par son anti-américanisme notoire. Cuba vit depuis sous le régime socialiste de Fidel Castro, puis récemment de son frère Raul, jusqu'à aujourd'hui.

Lorsque Christophe Colomb découvre l'île, Cuba est déjà peuplée par 16 000 à 60 000 amérindiens (Las Casas les estimait à 200 000). Ils appartiennent à différentes tribus, mais les Taïnos et les Caraïbes (Karibs) dominent en nombre. Les plus anciens seraient arrivés vers le IIe millénaire av. J.-C., les plus récents, les Tainos seraient arrivés vers l'an 500.

Les Taïnos appartiennent à une culture plus large que celle des Arawaks dont les populations s'étendaient jusqu'en Amérique du Sud.

L'île de Cuba est découverte par Christophe Colomb le 28 octobre 1492, lors de son premier voyage. En découvrant Cuba, Colomb pense découvrir le Japon. Christophe Colomb la baptise Juana (Jeanne) en l'honneur de Jeanne de Castille, la fille des rois catholiques. Son nom actuel vient de « Cubanascan », le nom que lui avaient donné les indigènes. En 1508, Juan de la Cosa fit les relevés cartographiques de l'île, tandis que Sebastián de Ocampo fut le premier Européen à en faire le tour complet confirmant que Cuba était bien une île.

En 1511, débute l’occupation de Cuba par l'empire colonial espagnol. Diego Velázquez de Cuéllar et ses hommes (parmi lesquels Hernan Cortés) se lancent dans la conquête et le pillage du territoire. Ils s’approprient les terres, développent l'élevage, réduisent les Amérindiens en esclavage et s’accaparent leur or. Les premières localités espagnoles, Las Villas, s’établissent près des foyers de populations indiennes et des mines d’or. Des villes voient le jour dont : Baracoa, la première ville de l'île (en 1512), Santiago de Cuba (en 1514) et La Havane (en 1515).

Les réserves d’or cubaines rapidement épuisées, et l’administration locale doit trouver des alternatives économiques. Les plantations de canne à sucre, de tabac et de café deviennent les principales activités économiques de Cuba pendant l'époque coloniale.

Jusqu'en 1664, Cuba dépendait administrativement de la Capitainerie générale de Saint-Domingue, avant qu'une Capitainerie générale autonome ne soit organisée.

Le développement de la culture de canne à sucre, très intensive, contribue au développement de l'esclavage d'origine africaine, car la population indigène a été décimée en quelques années par les massacres, les maladies importées d'Europe — et jusqu'alors inconnues à Cuba —, et les très dures conditions de travail imposées par les Conquistador espagnols.

Les premiers esclaves africains arrivent à Cuba en 1513, deux ans après l'arrivée des espagnols, ou en 1521, selon les sources. Mais leur nombre progresse peu, faute de culture à grande échelle du sucre. L'Espagne ne possédait pas de comptoirs de traite en Afrique, par respect pour le traité de Tordesillas, et concédait ou vendait à des particuliers des licences d'importation, l'Asiento, pour des quantités très variables. En 1763, il n'y avait pas plus de trente-deux mille esclaves dans toute l'île. La culture sucrière, sans être négligeable, était très loin du niveau des colonies françaises comme Saint-Domingue ou anglaises comme la Jamaïque. Après la longue guerre qui dure de 1791 à 1803 contre les esclaves noirs beaucoup de propriétaires blancs de Saint-Domingue fuient à Cuba où ils apportent capitaux et savoir-faire. De 1792 à 1807, on introduit à Cuba plus de sept cent vingt mille esclaves, plus qu'au cours des deux siècles précédents. Les planteurs français vont ensuite grossir le flot des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique.

Lors de la révolte des esclaves menée en 1810 par José Antonio Aponte, le nombre d'esclaves avait déjà fortement augmenté, selon l'historien Guillermo Cespedes del Castillo.

Il faut attendre 1880, pour l’abolition de l’esclavage à Cuba. Les esclaves sont principalement des Yorubas de l'Ouest du Nigéria, (appelés Lucumí à Cuba, ce qui veut dire « Mon ami » en yoruba, et aussi Nago ou Anango), Bantous du Kongo ou Bakongos du Congo et de République démocratique du Congo, Arará, groupe kwa : Fons du Dahomey (actuel Bénin) et Nigéria, Ewes ou Eoué du Ghana et du Togo, Abakuá (ou abakwa, surnommés à Cuba nañigos), Carabalí de Calabar (Sud du Nigéria), Mandingues du Ghana, Efik de Dahomey, Bríkamo, Ejaghams, Ibibios, et autres ethnies du Sénégal, Angola, Libéria... Les esclaves seront convertis au christianisme.

Avec l’importation des esclaves noirs africains, Cuba connaît un essor considérable. En 1762, les Britanniques occupent La Havane pendant neuf mois, l'ouvrent au commerce international, et y importent des milliers d'esclaves, puis rendent Cuba aux Espagnols contre la Floride, à l'issue du traité de Paris, signé en 1763. Les années qui suivent permettent à l’île de se développer. La population s’accroît de manière significative, passant de 273 000 en 1791 à plus d’un million en 1840. En 1825, l’île dénombre 46% de blancs, 18% de non-Européens libres (métis) et 36% d’esclaves, alors qu’aujourd’hui elle est peuplée de 51% de métis, 37% de blancs et de 11% de noirs. Beaucoup de métis sont issus de rapports "extra-conjugaux » entre les maîtres blancs et leurs esclaves noires.

Le 10 octobre 1868, Carlos Manuel de Cespedes (1819-1874), riche propriétaire terrien, libère ses esclaves et fonde une armée, déclenchant la Guerre des Dix Ans. Malgré le soutien des États-Unis - plusieurs bateaux américains débarquent à Cuba avec des armes et des volontaires, dont de nombreux vétérans de la Guerre de Sécession – les Espagnols remportent une victoire sanglante face aux insurgés.

Toutefois, il s’agit tout de même d’une demi-victoire pour le peuple cubain, car il obtient par le pacte de Zanjón (10 février 1878) une certaine autonomie, l’abolition de l’esclavage en 1880 — mise en pratique uniquement en 1886 — et l’égalité des droits entre les Blancs et les Noirs, proclamée en 1893. Le pacte a aussi des répercussions politiques, puisqu’il engendre l’apparition des premiers partis politiques.

Les réformes mises en place à la suite de la Guerre des Dix Ans ne sont pas réalisées, ce qui occasionne un nouveau soulèvement du peuple. José Martí, écrivain et patriote, fonde le Parti révolutionnaire cubain en 1891 avec les futurs généraux, Máximo Gómez et Antonio Maceo. La guerre révolutionnaire d’indépendance devient réalité le 29 janvier 1895. L’Espagne veut mettre fin à cette lutte une bonne fois pour toute et décide d’envoyer 280 000 soldats en renfort aux 21 777 déjà sur place. On compte alors sur l’île un soldat pour six habitants. Deux ans de guerre firent 200 000 victimes soit 1/8 de la population.

La fin de la guerre d’indépendance face à l’Espagne semble imminente au début de l’an 1898.

Le président Américain de l’époque, William McKinley (1897-1901), décide alors d'envoyer à La Havane un navire de guerre, le Maine, afin d’y protéger les intérêts de Washington. Dans la nuit du 15 février 1898, Le Maine explose dans le port de La Havane, et 250 marins meurent sur le coup. Bien que la véritable cause soit toujours inconnue, le gouvernement américain prend prétexte de l'incident et accuse l'Espagne de l'avoir torpillé.

Une intervention militaire en faveur des insurgés, est lancée le 11 avril 1898 par le président William McKinley, contre le gouvernement espagnol. La reddition de l'armée espagnole est rapide. Le traité de Paris (1898) du 10 décembre, met fin au conflit, et marque la fin de l'occupation espagnole. Un gouvernement militaire d'occupation est alors mis en place par les États-Unis jusqu'en 1902.

Le 20 mai 1902, les forces armées des États-Unis évacuent pour l'essentiel le territoire cubain et la République de Cuba est officiellement créée. Pour la première fois de leur histoire, l’indépendance des Cubains est reconnue formellement, mais aux termes de l'amendement Platt, du sénateur américain Hitchcock Platt, les États-Unis conservent des bases navales – Guantánamo et Bahía Honda – et sont garants de la constitution, avec le droit d’intervenir dans les affaires du pays en cas d'effondrement constitutionnel.

Officiellement, les Américains se retirent de l’île, mais leurs investissements y sont considérables, et le commerce de Cuba est largement tourné vers les États-Unis avec des exportations de canne à sucre et des importations industrielles. L'amendement Platt complète ce dispositif jusqu'en 1933. L'influence des États-Unis restera forte jusqu'en 1959.

La démocratie cubaine est encore balbutiante. À la demande des dirigeants cubains, quatre interventions militaires américaines auront lieu en 1906, 1909, 1917 et 1919. Ces interventions répondent à de réelles crises constitutionnelles cubaines.

En 1906, le premier président de Cuba Tomás Estrada Palma souhaitait se représenter bien que la constitution ne prévoyait pas explicitement ce cas. Une vive contestation de l'opposition s'ensuivit.

Le général Mario Garcia Menocal succède à Tomas Palma en 1913.

La monoculture du sucre, bénéficiant de tarifs préférentiels de la part des États-Unis, engendre une prospérité rapide mais aussi une dépendance économique grandissante à l’égard de son client. Une immigration haïtienne se développe, encouragée par des entrepreneurs avides de main d'œuvre encore moins coûteuse.

La Première Guerre mondiale rend inutilisable une part importante des champs de betterave sucrière européens et provoque une flambée des cours du sucre. C'est la « danse des millions » : des fortunes immenses se créent et de nombreux entrepreneurs s’endettent et se lancent dans des investissements considérables.

Avec la fin de la Première Guerre mondiale, la production sucrière européenne reprend, engendrant un effondrement des cours du sucre. Les faillites sont nombreuses à Cuba. Les États Unis sont tentés par un retour à une politique protectionniste.

La situation s'aggrave encore avec la crise de 1929. Un chômage massif fait son apparition. Durant une décennie, Cuba connaît une situation sociale explosive, une situation économique problématique, une situation politique dangereuse. Le banditisme se répand dans les campagnes. Les grèves se multiplient, les manifestations sociales tournent à l'émeute et sont réprimées souvent dans le sang. Durant cette période, les organisations syndicales gagnent une influence considérable.

Durant sa présidence, le général Gerardo Machado, président élu (1925-1929), réprime durement les émeutes. Pour plusieurs d'entre elles, de nombreux cadavres jonchent le sol. Devant la situation qui menace la stabilité de la république cubaine, il demande et obtient du parlement une prolongation exceptionnelle sans élection (1929-1933 de son mandat présidentiel).

Des opposants, notamment au sein des mouvements sociaux, parlent de dictature. Des mouvements clandestins se créent et se lancent dans la lutte armée avec notamment l'assassinat de proches de Gerardo Machado. Les dirigeants anarcho-syndicalistes qui dominent le paysage cubain des mouvements sociaux et se lancent dans la lutte armée ou les émeutes récurrentes sont décimés. Les anarcho-syndicalistes perdent peu à peu leur influence au bénéfice de leurs adversaires acharnés les communistes qui affichent des dispositions respectueuses de la constitution. L'escalade de la violence, sur fond de crise sociale et économique achève de faire s'effondrer le régime. À la suite de plusieurs grèves générales, certaines d’entre elles réprimées dans le sang avec des centaines de morts, Gerardo Machado est contraint à la fuite le 12 août 1933, laissant un vide politique vertigineux.

L’ambassade américaine, conformément à la constitution cubaine et son amendement Platt, nomme un président et choisit Carlos Miguel de Cespedes, fils du « père de la patrie » cubaine.

À partir de 1933, le nouveau président américain Franklin Roosevelt inaugure la « politique de bon voisinage » (Good Neighbor policy) avec l'Amérique latine et s'éloigne de la doctrine Monroe qui prévalait depuis 1823. En décembre 1933, Roosevelt signe la Convention de Montevideo sur les Droits et Devoirs des États, et renonce au droit d'ingérence unilatérale dans les affaires sud-américaines. En 1934, il fait abroger l'amendement Platt qui permettait à Washington d'intervenir dans les affaires intérieures de la République de Cuba. Les États-Unis abandonnent le protectorat sur Cuba issu de la Guerre contre l’Espagne. La même année, les Marines quittent Haïti et le Congrès vote la transition vers l’indépendance des Philippines qui ne sera effective que le 4 juillet 1946. En 1936, c'est le droit d'intervention au Panama qui est aboli, mettant au fin au protectorat américain sur ce pays.

Des rumeurs courent faisant état d'un coup d'état en préparation par les officiers de l'armée cubaine. Au milieu de cette situation très confuse, le 3 septembre 1933 les sous-officiers prennent le pouvoir avec un coup d'état lancé pour des motifs corporatistes (solde, avancement, relations avec les officiers), avec à leur tête deux hommes, Pablo Rodriguez et Fulgencio Batista, sergent autoproclamé colonel. Celui-ci est contacté par les opposants à Gerardo Machado, notamment les organisations syndicales ou étudiantes et négocie avec eux un accord. Il devient l'homme fort du pays, nommé chef des armées et il remet le pouvoir politique à cinq civils, dont Grau San Martín, tout en procédant de temps à autre à des purges au sein de l'armée affermissant ainsi son pouvoir.

De 1933 à 1940, Fulgencio Batista fait et défait une demi-douzaine de présidents cubains. Face aux insurrections éparses, aux émeutes sociales, à la violence dans les campagnes, aux difficultés économiques, Fulgencio Batista utilise la force armée pour rétablir l'ordre, parfois durement, négocie avec les communistes disciplinés qu'il promeut contre les anarcho-syndicalistes qu'il juge trop souvent lancés dans la violence erratique, et utilise son influence en faveur de la multiplication des protections sociales et nationalistes dans le but de restaurer la paix sociale et la solidarité nationale cubaine, allant jusqu'à exercer des pressions contre les responsables politiques qui voudraient s'opposer à cette politique sociale et nationaliste.

L'idéologie du régime est un nationalisme selon le slogan « Cuba aux Cubains ». Un quota d'emploi est réservé aux cubains. De nombreux immigrés notamment espagnols ou haïtiens perdent ainsi soudainement leur emploi, certains d'entre eux après plusieurs décennies de présence à Cuba.

Il suspendit le paiement de la dette du pays. Il abrogea unilatéralement l'amendement Platt le 10 septembre 1933. Son gouvernement ne fut pas reconnu par Washington. Ses relations avec Fulgencio Batista se dégradèrent notamment à l'issue d'insurrections que Fulgencio Batista réprima. Celui-ci fit pression et Grau San Martín démissionna, sans réaction politique majeure du pays. Son gouvernement n'avait duré que quatre mois. Il reste en politique et fonde le Parti Authentique.

Le colonel Carlos Mendieta lui succède. Il négocie avec les États-Unis leur accord pour la révocation de l’amendement Platt promulguée unilatéralement par le gouvernement Grau San Martín. Les États-Unis conservent toutefois leur base navale de la baie de Guantánamo.

Les élections de 1936 portent à la présidence Miguel Mariano Gómez (1936). Celui-ci cherche à restaurer le pouvoir civil face à Fulgencio Batista. Il met son veto à un projet de réforme sociale de celui-ci. Quelques mois plus tard, le congrès estime qu'il s'est opposé au libre fonctionnement du pouvoir législatif et vote sa destitution. Miguel Mariano Gómez proteste et souligne que cette décision revient à abdiquer face à l'influence du pouvoir militaire.

Le vice-président Laredo Brú (1936-1940) lui succède. Il ne s'opposera pas aux visées de Fulgencio Batista qui poursuit le programme de réformes sociales.

En 1938, le PSP, parti communiste cubain, affichant officiellement une renonciation au totalitarisme, à la violence révolutionnaire et à toute inféodation à l'URSS, est légalisé. Les dirigeants communistes avaient déjà pris une influence dominante au sein des organismes sociaux, notamment avec l'aide de Fulgencio Batista dont le PSP louera très officiellement les qualités jusqu'à la prise de pouvoir de Fidel Castro aux derniers jours de 1959, alors que les réseaux communistes liés au KGB, dont quelques dirigeants du PSP triés sur le volet, soutiendront et structureront parallèlement la guérilla de celui-ci.

La politique du général Batista trouve sa consécration avec la nouvelle constitution démocratique sociale et nationaliste de 1940, consacrée par l'élection démocratique de Fulgencio Batista à la présidence.

En 1940, Fulgencio Batista est démocratiquement élu Président de la République de Cuba. Les élections de 1944 verront le retour de Grau San Martín (1944-1948) leader du Parti Authentique. En 1948, Prío Socarras (1948-1952) lui succède.

Ces mandats seront placées sous le signe d'une économie florissante mais aussi d'accusations de corruption, du développement de l'insécurité à cause de bandes rivales d'étudiants armés liées aux deux puissants partis Authentique et Orthodoxe, profitant du statut d'autonomie de l'Université et de l'indulgence apparente du pouvoir politique.

Cuba devient un pays relativement riche, au PIB par habitant comparable à celui de l'Espagne et de l’Italie. L'Ouest de Cuba, et particulièrement la région de La Havane connaissent un niveau de vie qui rappelle celui des États Unis d'Amérique. L'Est de Cuba demeure plus pauvre avec un peuple de paysans souvent illettrés, dont de nombreux immigrés haïtiens.

Le 10 mars 1952, l’ancien président Fulgencio Batista s’empare une nouvelle fois du pouvoir avec l’appui de l’armée. Son coup d’État met fin à la constitution, les partis politiques sont proscrits. Le régime pratique la corruption, la répression des opposants, la torture et le pillage.

En 1958, l'économie cubaine dépend fortement de l'économie américaine. C'est une économie fortement déséquilibrée de pays en voie de développement. Peu industrialisé, Cuba exporte ses matières premières.

Cuba est alors une République bananière, influencée par les intérêts étrangers et commerciaux de plusieurs entreprises comme la United Fruit Company.

Fidel Castro est né en 1926 à proximité de la ville de Santiago de Cuba, dans une famille aisée. Il devient avocat et, en 1953, il est candidat à la Chambre des Représentants pour le Parti Orthodoxe, fait circuler une pétition pour destituer le gouvernement de Batista à cause de l'annulation illégitime du processus électoral.

Le 26 juillet 1953, Castro mène une attaque historique contre une caserne (Moncada Barracks) près de Santiago de Cuba, mais l'attaque échoue et Castro, après un procès en huis clos au cours duquel il se défend seul, est emprisonné jusqu'en 1955, date à laquelle une amnistie est accordée à beaucoup de prisonniers politiques, incluant ceux qui avaient mené l'assaut de 1953.

Les deux frères Fidel et Raul Castro s'exilent au Mexique où ils rencontrent un jeune médecin argentin, Ernesto Che Guevara. Ils lisent beaucoup, et développent leur connaissance du marxisme-léninisme. Fidel Castro organise alors le mouvement du 26 juillet dont le but est de renverser Batista.

En 1956, un groupe d'environ 80 hommes prend la mer à bord du bateau « Granma » pour Cuba et débarque sur la partie orientale de l'île en décembre 1956. La plus grande partie des membres du commando (les barbudos) sont tués, ou faits prisonniers par l'armée régulière cubaine dès leur débarquement.

Castro trouve refuge dans les montagnes de la Sierra Maestra avec le restant du commando, soit entre 12 et 17 membres dont Ernesto Che Guevara. Les barbudos mènent une guérilla contre le pouvoir pendant deux ans. Il peuvent s'appuyer en particulier sur le profond mécontentement des masses paysannes.

Les insurgés prennent La Havane le 1er janvier 1959, Batista choisit la fuite.

Une fois Batista mis en fuite, Manuel Urrutia Lleó devient Président de la République de Cuba, et Fidel Castro, ministre de la Défense, puis Premier ministre à partir du 16 février. Manuel Urrutia doit démissionner en juillet, remplacé à la présidence par Osvaldo Dorticós Torrado.

En avril 1959, Castro se rend aux États-Unis pour assurer qu'il ne choisira pas le communisme : à ce moment-là, il ne se déclare ni communiste ni partisan d’une rupture avec Washington. Il déclare alors : «  Le capitalisme sacrifie l'homme. L'état communiste, par sa conception totalitaire, sacrifie les droits de l'homme. C'est pourquoi nous ne sommes d'accord ni avec l'un ni avec l'autre. Cette révolution n'est pas rouge, mais vert olive », de la couleur des uniformes de la guerilla. Il explique au gouvernement américain qu'il ne désire pas s'orienter vers le communisme, et souhaite garder des relations cordiales avec ses voisins.

Le 6 juin 1958, il écrit pourtant une lettre dans la Sierra Maestra, qui fut publiée par la suite par l’un de ses partisans Carlos Franqui et dans laquelle il explique : « Quand cette guerre sera finie, commencera pour moi une guerre plus importante, plus longue : celle que je vais mener contre les Nord-Américains. Je suis certain que cela sera mon véritable destin ».

Les relations entre les deux pays changent rapidement, lorsque Fidel Castro décide de nationaliser plusieurs grandes firmes américaines sur l'île. Le 4 mars 1960, un cargo français (La Coubre) chargé d'armes belges explose dans le port de la Havane, provoquant 75 morts. Le gouvernement cubain soupçonne alors les États-Unis d'être à l'origine de cette explosion. Le ton monte, et le président américain Eisenhower autorise le 15 mars l'armement d'une troupe d'opposants à Miami et au Guatemala. En juillet, après que le gouvernement américain aie décrété des sanctions économiques contre Cuba, le dirigeant soviétique Khrouchtchev se déclare prêt à défendre l'île contre «  les forces agressives de Washington ».

En réponse à la saisie des entreprises américaines et du rapprochement avec l'URSS, les États-Unis rompent les relations diplomatiques le 3 janvier 1961 et imposent un embargo contre Cuba le 3 février 1962.

L'une des premières grandes réformes du gouvernement concerne l'agriculture et la redistribution des terres. Le 17 mai 1959, les grandes propriétés agricoles (latifundias) de plus de 400 hectares sont démantelées. Une grande partie est redistribuée au profit de cent mille paysans, et la moitié des terres du pays sont nationalisées. Le nouveau gouvernement crée ensuite l'Institut National de la Réforme Agraire (INRA), pour impulser par un système de crédit le regroupement des propriétés en coopératives. A la fin 1960, 41 % des terres sont propriétés des coopératives ou de l'Etat.

Le gouvernement place l 'éducation et la santé publique parmi ses priorités. En juin 1961, « année de l'éducation », l'enseignement devient entièrement nationalisé et gratuit. Des milliers d'instituteurs sont envoyés dans les campagnes pour éradiquer l'analphabétisme, objectif atteint avant la fin de l'année.

Une couverture médicale universelle et gratuite est mise en place; le gouvernement forme de nombreux médecins. Dès 1963, trois cent d'entre eux sont envoyés en Algérie, tout juste indépendante.

Peu après son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement dissout la plupart des organisations et partis politiques du régime précédent, ainsi que les organes de presse.

La Constitution de 1940, qui octroyait théoriquement des droits importants aux citoyens cubains, n'est pas restaurée et Fidel Castro gouverne le pays par décrets, jusqu'à l'entrée en vigueur de la Constitution de 1976, inspirée de celle de l'URSS.

De nouvelles organisations politiques de masse sont formées. La première d'entre elles, la Fédération des femmes cubaines (Federacion de Mujeres cubanas, FMC), naît le 23 aout 1960, présidée par Vilma Espin, femme de Raúl Castro. Suivent l'Union des Pionniers, l'Association nationale des petits agriculteurs (1961), et l'Union des Jeunes Communistes (1962).

La Centrale des Travailleurs Cubains, syndicat né en 1939, place à sa tête des proches de Fidel Castro, à l'occasion de son dixième Congrès en 1959.

Le 28 septembre 1960 voit l'arrivée des Comités de défense de la révolution, éléments centraux de la révolution cubaine. Initialement chargés de détecter les « contre-révolutionnaires », ces petits comités (un pour 100 habitants en moyenne) assument par la suite des fonctions plus variées, tout en assurant le lien entre les masses et les institutions. Les CDR encourageraient la délation : en mars 1961, c'est à partir des listes de « suspects » qu'eut lieu la grande rafle de 100 000 personnes en un week-end.

Selon les opposants au régime, le rôle de ces organisations consiste à encadrer, surveiller et endoctriner la population, tout en diffusant la propagande du gouvernement. Selon les partisans du régime, elles ont au contraire pour but de transformer le peuple cubain en acteur de la révolution, en proposant à toutes les catégories sociales une éducation politique et des plates-formes d'expression. Les associations de masse constitueraient alors selon eux un des fondements de la démocratie participative. Pendant les premières années suivant la révolution castriste, ni le Parti ni l'Etat n'ont encore de forme bien définie ; les organisations permettraient alors de structurer la société, et d'élaborer les nouvelles institutions.

Notamment, la FMC, Fédération des femmes cubaines, jouerait un rôle très important dans la mise en place de l'égalité entre hommes et femmes.

En mai 1961, les principales forces politiques révolutionnaires (Mouvement du 26 juillet, Directoire du 13 mars, Parti Socialiste Populaire) fusionnent pour former les Organisations Révolutionnaires Intégrées (ORI). En mars 1962, le secrétariat des ORI est réorganisé, Fidel et Raúl Castro deviennent respectivement premier et second secrétaires. Un an plus tard, le Parti Uni de la Révolution Socialiste (PURS) est constitué à partir des ORI. Celui-ci devient en 1965 le Parti communiste de Cuba.

Durant la première année de la révolution, Che Guevara est nommé Commandant de la forteresse de la Cabaña, et près de 600 partisans supposés du régime de Batista sont exécutés,,. La plupart des accusés sont des officiels du régime de Batista, policiers ou hommes politiques. Selon le Livre noir du communisme, entre 8000 et 10 000 autres personnes ont suivi dans les années 1960. Dans les années 1960, 30 000 personnes seraient enfermées comme prisonniers politiques. Selon la Cuban American National Foundation, lobby cubano-américain anticastriste, 12 000 personnes auraient été exécutées entre 1959 et 1997 pour des raisons politiques. Pour Rudolph J. Rummel, le chiffre atteint 15 000, auxquels il faut ajouter 7000 morts en prison pour la période 1959-1987. En 1965, Fidel Castro lui-même confesse l'existence de quelque 20 000 dissidents politiques dans les prisons de l'île.

Le caractère légimite des procédures de ces tribunaux révolutionnaires est controversé. Des médias, même américains, soulignent que chaque accusé a droit à une défense équitable, à un avocat et des témoins, et que les procès sont publics. Herbert Matthews, du New York Times, rapporte qu'il ne connaît pas d'exemple d'innocent exécuté et fait remarquer que « lorsque les Batistains tuaient leurs adversaires - généralement après les avoir torturés - à un rythme effrayant, il n'y avait pas eu de protestations américaines ». À l'inverse, selon un procureur qui travaillait avec Guevara pour ces accusations, les procédures étaient illégales car « les faits étaient jugés sans aucune considération pour les principes judiciaires généraux », « les éléments présentés par l'officier investigateur étaient considérés comme des preuves irréfutables », « il y avait des membres de familles de victimes du régime précédent parmi les jurés » et « Che Guevara était aussi président de la cour d'appel ». Selon Le Livre noir du communisme, les détenus politiques seraient interrogés par le Departemento Técnico de Investigaciones qui utiliserait la torture physique (électrochocs) et psychologique (isolement, privation de sommeil et de nourriture, menace sur la famille, simulacres d'exécution). Certains prisonniers auraient été enfermés dans des gavetas, cages d'un mètre de large sur 1,8 mètre de hauteur.

Hubert Matos Mar, ex-commandant de l'armée rebelle, est condamné en octobre 1959 à vingt ans de prison pour conspiration, après avoir dit lors d'un discours public que le processus révolutionnaire était « en train de dévier vers le communisme ». Un système de camps de travail forcé (appelés « camps de travail correctif ») est mis en place en 1960-1961, le premier de ceux-ci est créé à Guanahacabibes afin de rééduquer les responsables des entreprises publiques qui étaient coupables de diverses entorses à l’éthique révolutionnaire.Une police politique, le Departemento Técnico de Investigaciones (Service des enquêtes judiciaires) est formée pour lutter contre les dissidents.

En 1960, plus de 50 000 personnes, appartenant aux classes moyennes et qui avaient soutenu la Révolution, s’enfuient de l'île. Chaînes de télévision, radios et journaux sont repris en main par les partisans de Fidel Castro.

Après la révolution, Cuba devient un état officiellement athée et limite la pratique religieuse. L'Église étant soupçonnée d'avoir soutenu le débarquement de la Baie des Cochons, le gouvernement expulse ou incarcère plusieurs centaines d’ecclésiastiques : de 1959 à 1961, 80 % des prêtres chrétiens professionnels et des ministres des Églises cubaines quittent Cuba pour les États-Unis. Les biens du clergé sont nationalisés. En mai 1961, l'État confisque les bâtiments ecclésiastiques et ferme les collèges religieux. Le nouveau gouvernement tient les pratiquants de la Santeria à l'écart du Parti communiste.

Une nouvelle étape est franchie à la suite d'une attaque de dissidents contre le régime castriste, soutenue par les États-Unis.

De nombreuses personnes pensent, qu'au lieu d'avoir affaibli le régime castriste, cet échec de tentative d'invasion a consolidé le pouvoir en place. Pendant les trente années qui suivent, Castro poursuit le rapprochement vers l'URSS jusqu'à l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

L'organisation des états américains (OEA), sous la pression des États-Unis, suspend l'adhésion de Cuba le 22 janvier 1962 et le gouvernement américain interdit tout commerce avec Cuba le 7 février. L'administration de Kennedy rend illégales le 8 février 1963 les transactions commerciales et financières ainsi que tous déplacements d'Américains à Cuba .

Les tensions entre les deux pays atteignent leur paroxysme lors de la crise des missiles d'octobre 1962.

Il est nécessaire, pour comprendre le sens des événements qui suivent, de les replacer dans le contexte de la guerre froide, et de la bipolarisation du monde. Stratégiquement, il est inconcevable pour les Américains d'admettre la proximité d'un Etat militairement allié à l'Union Soviétique, équipé d'un armement nucléaire. Inversement, c'est une chance pour l'alliance du Pacte de Varsovie de bénéficier d'une position utile, même si une confrontation militaire avec les États-Unis semble exclue.

Selon le général Fabian Escalante, ex-responsable de la sécurité de Fidel Castro, 638 attentats contre le président cubain ont été organisés par la CIA depuis 1959. Le gouvernement cubain accuse également les Etats-Unis d'avoir utilisé le "terrorisme bactériologique" contre la population cubaine, notamment par l'introduction de la peste porcine dans l'île en 1971, puis de la dengue hémorragique en 1981. Luis Posada Carriles, exilé cubain travaillant pour la CIA, organise le 6 octobre 1976, selon ses propres aveux, un attentat qui coûte la vie à 73 personnes.

Après des années d'affrontement entre Cuba et les administrations successives de Johnson, Nixon et Ford, le président américain Jimmy Carter manifeste sa volonté de reprendre le dialogue avec Cuba. Fidel Castro déclare en 2002 : « Celui qui a été capable, en pleine guerre froide, au milieu d’un très profond océan de préjugés, de désinformation et de méfiance de part et d’autre, de tenter d’améliorer les relations entre les deux pays mérite notre respect. » Mais Ronald Reagan, élu président des Etats-Unis en 1980, met une fin rapide à ce rapprochement. La nouvelle "doctrine Reagan" implique la confrontation directe avec les communistes partout dans le monde, notamment en Amérique latine. L'embargo devient plus sévère, et le président américain lance en 1983 le financement de Radio Martí : une station de radio à destination des cubains, qui vise à renforcer la guerre idéologique contre les dirigeants de l'île.

Très vite, une importante communauté cubaine s'établit en Floride. Des raisons économiques ou politiques poussent plusieurs centaines de milliers de Cubains à émigrer vers les États-Unis et d'autres pays. Une exception à l'embargo fut faite par la mise en place le 6 novembre 1965 d'un pont aérien entre les deux pays, permettant aux Cubains qui le souhaitaient de quitter l'île. En 1971, date de la fin du pont aérien, ces « Freedom flights » ont transporté au total 250 000 personnes. Lors de l'exode de Mariel en 1980, plus de 120 000 partent vers la Floride ; parmi eux, de nombreux prisonniers de droit commun sont expulsés par le régime.

Parallèlement à ces faits, il faut noter également les tentatives régulières de départs de citoyens cubains sans autorisation. Ils tentent de rallier l'État de Floride où ils savent bénéficier du soutien de la forte communauté locale d'origine cubaine. La traversée reste très périlleuse, et les victimes sont nombreuses.

En janvier 1966, la Havane accueille la première conférence de la Tricontinentale de solidarité anti-impérialiste. Celle-ci souhaite se placer dans la lignée de la Conférence de Bandung de 1955. Cette conférence marque l'entrée de pays latino-américains dans le mouvement des non-alignés. Par la suite, Cuba joue par la suite un rôle important dans ce mouvement (la Havane accueille son sixième sommet en 1979), malgré ses relations étroites avec l'URSS.

En effet, en 1972, Cuba rejoint le Conseil d'assistance économique mutuelle, marché commun des pays de l'Est. En 1968, Fidel Castro ne condamne pas l’intervention de l’armée soviétique en Tchécoslovaquie pour écraser le Printemps de Prague. Il se rend la même année en URSS pour négocier des accords économiques.

Dès les années 1960, Cuba soutient de façon plus ou moins directe divers mouvements de guerilla communiste en Amérique latine (Venezuela, Guatemala, Bolivie), mais aussi en Afrique, par exemple au Congo en 1965. Le but est d'établir des focos, ou foyers de révolution, partout dans le monde. C'est au cours d'une de ces opérations de guerillas en Bolivie que Che Guevara est exécuté, le 9 octobre 1967.

En 1963, au cours de la Guerre des sables qui oppose l'Algérie et le Maroc, Cuba apporte son soutien militaire aux Algériens.

Le 11 novembre, Neto du MPLA proclame la République populaire d'Angola depuis la capitale, Luanda. Holden Roberto, dirigeant du FNLA, crée alors à son tour la République démocratique d'Angola. La guerre civile angolaise débute.

Mobutu, dirigeant du Zaïre voisin et allié des États-Unis, soutient activement le FNLA. Neto envoie alors ses troupes envahir le Katanga, province du Zaïre. Lorsque l'Afrique du Sud expédie à son tour des soldats en Angola pour soutenir l'Unita, Fidel Castro décide alors, à la demande de Neto et au nom de l'internationalisme, d'envoyer un corps expéditionnaire pour soutenir le MPLA. Cuba envoie en été 1975 des conseillers militaires au MPLA (voir en:Cuba in Angola ou de:Kuba in Angola), puis des unités de l'armée régulière cubaine en novembre. La présence cubaine en Angola prend de l'importance. Il y a jusqu'à 50 000 hommes en permanence, et 300 000 soldats cubains auront été présents sur le terrain en treize ans. L'armée cubaine dispose de son propre état-major et constitue de fait la principale force militaire du MPLA avec des régiments d'artillerie et des blindés engagés, tandis que les forces du MPLA constituent l'infanterie chargée des ratissages, etc. L'URSS se charge du pont aérien, et fournit également des avions MiG-21 avec des pilotes à l'armée cubaine. Le bilan de ce conflit est de 7000 à 11 000 morts parmi les Cubains. L'armée sud-africaine recule, mais le général de l'Unita, Savimbi, refuse de déposer les armes.

Neto meurt en 1979, José Eduardo dos Santos lui succède. La guerre se poursuit jusqu'à la bataille de Cuito Cuanavale en janvier 1988, qui oppose les combattants cubains et angolais du MPLA aux forces de l'Unita et de l'Afrique du Sud. À la suite de ce combat, durant lequel aucune des forces ne parvient à s'imposer, des négociations s'ouvrent. Les Cubains se retirent ensuite d'Angola, en échange du départ des Sud-Africains de la Namibie.

En 1977, Cuba envoie également des milliers de militaires en Ethiopie (alors dirigée par Mengistu Haile Mariam), pour soutenir celle-ci face à la Somalie.

En 1965 sont crées les Unités militaires d'aide à la production (UMAP). Selon le Livre noir du communisme, il s'agit de camps de concentrations où homosexuels et religieux sont contraints au travaux forcés, et doivent y être « rééduqués ». Le livre décrit des conditions de vie très difficiles et des mauvais traitements.

Les UMAP sont supprimées 18 mois plus tard, en 1967, à la suite de pressions internes et internationales. Selon un témoignage recueilli par Ernesto Cardenal, ce serait Fidel Castro lui-même qui aurait décidé de la fermeture des camps, après s'être rendu compte des crimes qui y étaient commis.

L'homophobie persiste alors tout de même dans la société cubaine ; dans les années 70, les homosexuels sont tenus à l'écart dans les métiers de la culture et de l'éducation. Les « actes homosexuels » sont finalement dépénalisés en 1979.

Dès la création du Parti communiste de Cuba en 1965, une Commission, présidée par Blas Roca, est nommée pour préparer un projet de Constitution. Reporté, l'avant-projet n'est finalement publié que le 11 avril 1975.

En décembre 1975 a lieu le premier Congrès du Parti communiste. Fidel Castro y fait un long rapport, qui marque une volonté d'institutionnaliser la révolution dans la prolongation du mouvement de libération nationale de José Martí.

Le Congrès établit alors un calendrier en vue de doter le pays d'une Constitution. L'avant-projet est débattu activement au sein du parti et des organisations de masse; selon Fidel Castro, 6 millions de personnes auraient participé à la discussion. La version finale de la Constitution est adoptée par référendum le 24 février 1976, avec 97,7 % de votes positifs.

Le texte consacre le rôle du Parti communiste comme garant et avant-garde de la Révolution, l'Union des jeunes communistes (Cuba) et les organisations de masses sont partie prenante de « l'édification du socialisme ». Les principes de l'économie socialiste et de l'internationalisme sont institutionnalisés.

Selon la nouvelle Constitution, l'Assemblée nationale du pouvoir populaire est l'organe suprême du pouvoir d'Etat; les autres organes lui sont subordonnés. Ses députés sont élus tous les 5 ans au suffrage universel indirect, par les délégués des Assemblés municipales, eux-même élus directement par la population (depuis 1992, les députés sont aussi élus au suffrage universel direct). Le Parti communiste n'est pas autorisé à désigner des candidats (voir Politique de Cuba).

A la fin du mois d'octobre 1976 ont lieu les élections générales. Fidel Castro est alors élu Président de la République par l'Assemblée nationale.

Dans les années 1980, en raison de la conjoncture internationale, Cuba doit diminuer de moitié les importations en provenance des pays occidentaux. Dans le même temps, l'URSS en pleine perestroïka réduit ses aides en direction de l'île. A l'occasion du troisième congrès du Parti Communiste, en février 1986, Fidel Castro lance le processus de "rectification des tendances négatives". Le but affiché par le gouvernement est de lutter contre les dysfonctionnements de la société, d'impulser une "révolution dans la révolution", et de donner un souffle nouveau à celle-ci. Dans les années qui suivent, de nombreux chefs d'entreprise, responsables locaux, et dirigeants nationaux sont remplacés. De nombreux sujets tels que la bureaucratisation de la société, la corruption ou l'homophobie auraient été évoqués lors des débats qui animèrent le processus.

Les "marchés libres paysans", créés en 1980, sont accusés de permettre un enrichissement démesuré des intermédiaires entre producteurs et acheteurs. Ils sont alors interdits lors du "processus de rectification".

Arnaldo Ochoa Sánchez, ex-commandant du corps expéditionnaire cubain en Angola et héros de la Révolution, est arrêté le 12 juin 1989 avec plusieurs de ses officiers. Accusé de corruption et de trafic de drogue, il est condamné à mort et fusillé le 12 juillet, à la suite d'un procès très médiatisé. De nombreuses personnes ont évoqué la possibilité que ce procès ne soit qu'un coup monté par Fidel Castro, pour se débarrasser d'un général devenu trop encombrant.

A la fin des années 80, Cuba réalise près de 80 % de son commerce extérieur avec le bloc de l'Est. Lorsque survient la chute de l'Union Soviétique, l'île doit donc faire face à une chute brutale des exportations et importations. Le PIB diminue de 35 %, et l'approvisionnement en électricité devient très insuffisant : c'est le début de la période spéciale en temps de paix. Pour faire face à tous ces problèmes et à l'embargo, les dirigeants cubains sont contraints de mettre en place un grand nombre de réformes.

En 1992, l'Assemblée vote une réforme de la Constitution; les députés sont alors élus au suffrage universel direct, et non indirect comme auparavant.

Parallèlement à l'ouverture de Cuba au tourisme, les devises étrangères (notamment le dollar) sont légalisées sur l'île en 1993, afin d'avoir de nouveaux crédits. Cette mesure crée alors des inégalités entre ceux qui ont accès à ces devises (particulièrement les cubains qui travaillent dans le tourisme) et ceux qui n'en possèdent pas. Depuis novembre 2004, la circulation libre du dollar est interdite, le système dit de double monnaie est préféré : le peso national est utilisé par les Cubains, et le peso cubain convertible (CUC, valant approximativement 25 pesos nationaux) est réservé aux transactions avec les touristes.

Les petites entreprises privées reçoivent davantage de marge de manoeuvre, et les "marchés libres paysans" sont de nouveau ouverts en octobre 1994.

La guerre froide est terminée, mais l'administration de George Bush souhaite en finir avec le régime cubain. En 1992, le président américain fait appliquer la loi Torricelli (Cuban Democraty Act) qui renforce l'embargo, en prévoyant notamment des sanctions économiques contre les entreprises de pays tiers qui commerceraient avec Cuba. En 1996, votée sous le mandat du président Bill Clinton, la loi Helms-Burton renforce encore le blocus.

Depuis la fin des années 1990, les relations économiques avec les États-Unis se développent : en 1998, le président américain Bill Clinton déclara que Cuba n’était plus une menace pour les États-Unis et assouplit l’embargo. Les États-Unis autorisent les vols directs vers Cuba ainsi que les vols humanitaires. En mars 2000, le Comité des relations extérieures du Sénat américain autorise la vente de médicaments et de nourriture à Cuba. Depuis 2001, suite à l'allègement de l'embargo, les sociétés américaines peuvent vendre certains produits agroalimentaires et des médicaments à Cuba. La plupart des importations agroalimentaires à Cuba viennent des États-Unis. Le gouvernement américain a autorisé la mise en vente aux États-Unis de deux vaccins élaborés à Cuba, devenu un grand exportateur de médicaments génériques. Washington possède une Section d’intérêts des États-Unis à La Havane. Enfin, les Cubains exilés en Floride envoient sur l'île des Remesas, c'est-à-dire de l'argent sous forme de mandats.

Le 30 octobre 2007, l'Assemblée générale de l'ONU condamne l'embargo pour la seixième fois, par 184 voix contre 4.

Durant la guerre froide, Cuba était isolée en Amérique Latine, où de nombreux pays étaient dirigés par des juntes militaires pro-américaines : Brésil, Argentine, Chili... Les années 90, puis 2000, voient l'arrivée au pouvoir de plusieurs présidents se réclamant de gauche sur le continent, notamment celle d'Hugo Chávez au Venezuela en 1998. Une coopération s'installe alors entre les deux pays, matérialisée en 2001 par la création de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Dans les années suivantes, la Bolivie, le Nicaragua, l'Équateur, la Dominique et le Honduras ont rejoint l'organisation. Le Venezuela est ajourd'hui le premier partenaire commercial de Cuba. Le premier fournit chaque jour près de 100 000 barils de pétrole au second, tandis que plusieurs milliers de médecins cubains opèrent dans les dispensaires du Venezuela.

En 1994, de graves émeutes éclatent dans la capitale. En juillet 1994, plus de 30 000 Cubains (les balseros) émigrent sur des radeaux vers Miami, pour des raisons politiques ou à cause de la crise économique que traverse Cuba. Selon le livre noir du communisme, 7 000 personnes périssent en tentant de fuir l'île pendant l'été, car les hélicoptères de l'armée cubaine auraient jeté des sacs de sable sur les embarcations pour les couler. En 1996, le régime est condamné par les Nations Unies pour violation des droits de l'Homme.

Cinq ans plus tard, en novembre 1999, éclate l'affaire Elián González. Cet enfant de six ans embarque avec sa mère en direction des États-Unis ; sa mère se noie durant la traversée, mais l'enfant dérive jusqu'en Floride. Alors la communauté cubaine exige de garder l'enfant sur le sol américain, alors que le père, soutenu par la Havane, demande son retour à Cuba. Après de nombreuses négociations entre les deux gouvernements, celui-ci obtient le rapatriement d'Elian. Fidel Castro fustige la politique américaine qui obligerait selon lui les émigrants cubain à tenter la traversée, poussés par la difficulté d'obtenir des visas de la part des États-Unis, et par la loi qui permet à tout émigrant posant le pied aux États-Unis d'y rester.

Selon la Constitution cubaine, l'initiative des lois n'est pas réservée à l'Assemblée. Si plus de 10 000 citoyens se rassemblent autour d'un projet, celui-ci peut être soumis à un référendum. C'est en vertu de ce droit que Oswaldo Payá Sardiñas, militant catholique et dissident, dépose le 20 mai 2002 à l'assemblée une pétition rassemblant 11 020 signatures et réclamant de plus grandes libertés d'expression, d'association, et d'entreprise. Ce projet, appuyé par Jimmy Carter, porte le nom de projet Varela. Le même jour, George W. Bush prononce à Miami un discours exigeant des "élections libres à Cuba"; ces propos sont alors jugés très provocateurs par le gouvernement cubain, jugeant que George Bush est « mal placé pour donner des leçons de démocratie ». Fidel Castro riposte en faisant amender la Constitution, pour garantir le caractère "intouchable" du "régime économique, politique et social consacré par la Constitution". Selon les autorités cubaines, des millions de citoyens auraient participé aux manifestations de soutien à cet amendement. Le projet Varela devient alors anticonstitutionnel, et ne peut être soumis à un référendum.

Le 18 mars 2003, 75 opposants sont arrêtés, dont Raúl Rivero (fondateur de l'agence de presse dissidente Cuba Press) et Hector Palacios, l'un des pères du projet Varela. Ils sont sommairement jugés et condamnés à de lourdes peines de prison, allant jusqu'à 25 ans de prison, accusés d'avoir reçu de l'argent de la part du gouvernement américain pour nuire à Cuba. Selon le gouvernement cubain, « ils n’ont pas été condamnés pour des idées mais pour des actions payées par une puissance étrangère qui a maintenu contre ce pays une guerre de 44 ans. » La répression est très critiquée par les organisations de droits de l'Homme comme la Commission interaméricaine des droits de l’homme et même par certains défenseurs américains du régime cubain. Le 17 avril 2003, l’ONU condamne le régime castriste,. Christine Chanet, représentante spéciale pour Cuba du Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a pour sa part dénoncé des "conditions de détention physiques et morales alarmantes", et la Commission a plusieurs fois réclamé la libération des prisonniers.

Peu après, le 11 avril 2003, trois hommes sont jugés puis fusillés pour avoir détourné un ferry, en application de la législation anti-terroriste renforcée en vigueur depuis 2001.

Le 31 juillet 2006, Fidel Castro délègue temporairement ses pouvoirs à son frère Raúl, après avoir été hospitalisé pour une opération de l'intestin. Raúl est officiellement élu Président de la République de Cuba par l'Assemblée Nationale le 24 février 2008.

En mai 2008, le gouvernement autorise la vente d'ordinateurs, de lecteurs DVD et de téléphones cellulaires aux particuliers, bien qu'ils restent très chers pour la plupart des cubains. Les appareils à haute consommation électrique avaient été interdits au début de la période spéciale, pour faire face au manque d'approvisionnement énergétique dans l'île. Les restrictions concernant Internet, en revanche, sont maintenues. Toutefois, un système de câble souterrain serait actuellement en travaux pour permettre à Cuba de se connecter à Internet à travers le Venezuela. Pour l'instant, le seul moyen de contourner l'embargo est de passer par le satellite, une pratique coûteuse.

Le tourisme, permettant à Cuba de recevoir des devises étrangères, reste encouragé. Les cubains ont désormais le droit de se loger dans les hôtels des touristes. Afin de relancer la production agricole, trop faible pour subvenir aux besoins de l'île, des terres en friche sont distribuées aux petits culivateurs.

L'une des réformes les plus importantes concerne l'abandon de l'égalitarisme salarial. Selon l'économiste cubain Pedro Gomez, « il s'agit de faire valoir le principe socialiste de redistribution qui dit : à chacun selon sa capacité, à chacun selon son travail. On établi l'égalitarisme et, grâce à lui, la révolution n'a laissé personne sur le bord du chemin. » Pour faire face au vieillissement de la population cubaine, la retraite passe à 65 ans pour les hommes, 60 ans pour les femmes.

Le traitement de l'information reste tout de même fermement contrôlé. Le politologue cubain Rafael Hernandez, directeur de la revue Themas, constate une évolution dans la participation des citoyens à l'information, mais précise que de grands progrès restent à faire : « Une résolution du bureau politique à l'adresse des organes de presse les invite à recueillir l'opinion des citoyens. Mais si l'on lit les journaux, on se rend compte que cet espace est extrêmement petit. Il y a une inertie mentale. » La liberté d'édition est également limitée. Il y a peu de livres dans les librairies hormis des traités de philosophes ou de militants proches du régime. Certains des bouquinistes de la Place d'Armes à La Havane proposent sur leurs étals des publications étrangères récentes. “ A Cuba, les livres en monnaie nationale sont chers et les meilleurs ne peuvent être achetés qu'en dollars. C'est pourquoi, vendus à 20 % seulement de leur prix en euros, 6 000 ouvrages français se sont vendus comme des petits pains, témoignant d'une faim de livres auxquels les éditeurs ont aussi voulu répondre ”.

En septembre 2008, les ouragans Gustav et Ike dévastent Cuba, peu après le passage du cyclone Paloma. Selon les chiffres fournis par Cuba, sept personnes sont mortes, 500 000 logements ont été détruits, et les pertes s'élèvent à 10 milliards de dollars. Ces catastrophes arrivant en même temps que la crise économique durant laquelle le commerce avec les pays occidentaux diminue fortement, Raúl Castro annonce le début d'une période d'austérité.

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Source : Wikipedia