Croissance

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Posté par marvin 04/04/2009 @ 02:09

Tags : croissance, statistiques, economie

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Croissance économique

Croissance des principaux pays sur les périodes 1990-1998 et 2000-2006

La croissance économique désigne l'augmentation de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée, en particulier sur une période longue. En pratique, l'indicateur utilisé pour la mesurer est le produit intérieur brut ou PIB. Il est mesuré « en volume » ou « à prix constants » pour corriger les effets de l'inflation. Le taux de croissance, lui, est le taux de variation du PIB. On utilise la croissance du PIB par habitant comme indication de l'amélioration du niveau de vie.

La croissance est un processus fondamental des économies contemporaines, lié à la révolution industrielle et à la notion de progrès. Elle transforme la vie des individus en leur procurant davantage de biens et services. À long terme, le niveau de vie des individus (distinct de la qualité de vie) dépend uniquement de cette croissance. De même, l'enrichissement qui résulte de la croissance économique peut permettre de faire reculer la misère matérielle.

Si, dans le langage courant, on emploie souvent le terme de « croissance  » dans le cadre d'évolutions à court terme, les économistes l'utilisent conventionnellement pour décrire une augmentation de la production sur le long terme. Selon la définition de François Perroux, la croissance économique correspond à « l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels. » À court terme, les économistes utilisent plutôt le terme d'« expansion », qui s'oppose à « récession », et qui indique une phase de croissance dans un cycle économique. La croissance potentielle estime l'écart entre la croissance mesurée et celle qui serait obtenue avec une pleine utilisation de tous les facteurs de production ; cet écart est minimal au plus fort d'une expansion.

Au sens strict, la croissance décrit un processus d'accroissement de la seule production économique. Elle ne renvoie donc pas directement à l'ensemble des mutations économiques et sociales propres à une économie en développement. Ces transformations au sens large sont, conventionnellement, désignées par le terme de développement économique. Selon François Perroux, « le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d'une population qui la rend apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global. » Le terme de « croissance » s'applique alors plus particulièrement aux économies déjà développés.

La croissance économique est généralement mesurée par l'utilisation d'indicateurs économiques dont le plus courant est le Produit intérieur brut. Il offre une certaine mesure quantitative du volume de la production. Afin d'effectuer des comparaisons internationales, on utilise également la parité de pouvoir d'achat, qui permet d'exprimer le pouvoir d'achat dans une monnaie de référence. Pour comparer la situation d'un pays à des époques différentes on peut également raisonner à monnaie constante.

Dans son acception classique, le développement économique ne se résume pas à la seule croissance économique et des indicateurs ont été proposés pour mesurer plus finement celui-ci, comme l'indice de développement humain.

Les historiens s’accordent généralement sur le fait que le niveau de vie des êtres humains sur l’ensemble du globe n’a que peu évolué depuis l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle (entre l'an 0 et l'an 1000 l'économie mondiale aurait même décliné), mis à part une embellie en Europe occidentale entre le Xe et XIIIe siècles, annulée par les épidémies et les famines des XIVe et XVe siècles. La croissance économique est donc un phénomène récent. Jusqu'aux années 1970, c'était aussi un phénomène géographiquement limité, qui concernait surtout les pays occidentaux et le Japon.

Le phénomène s'est ensuite progressivement étendu ; la phase de développement économique depuis la montée en puissance de l'économie de marché au XIXe siècle n'a aucun précédent historique. Après le XVIe siècle, lorsque différentes parties du monde entament très lentement et à tâtons des relations commerciales, on constate des périodes de croissance économique, mais éphémères et marginales. Les écarts entre conditions de vie au XVIIIe siècle étaient réduits, pour certains auteurs comme Paul Bairoch, l'Inde possédait même un niveau de vie supérieur à l'Europe. On estime que la croissance globale de l'économie entre 1500 et 1820 n'est que d'un trentième de ce qu'elle a été depuis (de 247 milliards de dollars internationaux en 1500 à 695 en 1820, puis 33 725 en 1998).Les revenus en Europe ont été multipliés par 20 depuis 1820. L'Asie accélère aussi son rythme de croissance depuis un demi-siècle : le niveau de vie en Chine a été multiplié par six et celui du Japon par huit.

Cependant, au XIXe siècle le développement économique fut apparemment dans les faits assez paradoxal, entraînant des bouleversements sociaux avec l'exode rural par exemple.

Il faut dire ici que le niveau de vie et le développement n'ont commencé à être étudiés rigoureusement qu'au XIXe siècle, si bien qu'il est difficile, faute de données, de faire une comparaison entre le XVIIIe et le XIXe siècle.

En 1913, le PIB/h français était de 3 485 dollars internationaux (base 1990). En 1998, il était de 19 558 $. Le taux de croissance moyen du PIB/h était donc de 2,0% sur cette période. S'il avait été de 1,0%, le niveau de vie aurait été de 8 200 $ en 1998, soit un peu moins que le niveau de vie réel de l'Uruguay (8 314 $).

On peut distinguer plusieurs types de déterminants à la croissance : richesses naturelles, environnement extérieur, population, innovation, investissement, connaissance, cohérence du développement. Les principales conclusions des travaux de Xavier Sala-i-Martin, économiste espagnol spécialiste de la croissance, confirment qu'il n'y a pas qu'un seul déterminant simple de la croissance économique.

Sur une plus longue période, l'expérience historique, notamment celle du XVIIIe siècle, suggère que l'extension des libertés économiques (liberté d'entreprendre, liberté de circulation des idées, des personnes et des biens) est une condition de la croissance. Au XXe siècle, il existe plusieurs cas où une population partageant les mêmes antécédents historiques, la même langue et les mêmes normes culturelles a été divisée entre deux systèmes, l'un étant une économie de marché et l'autre une économie planifiée : les deux Allemagne, les deux Corée, la République populaire de Chine et Taïwan. Dans chaque cas, les zones ayant pratiqué l'économie de marché ont obtenu une croissance nettement supérieure sur le long terme. L'effondrement de l'URSS témoigne également des meilleurs résultats des économies de marché par rapports aux économies de type collectiviste.

Sur le très long terme, Angus Maddison identifie trois processus interdépendants qui ont permis l'augmentation conjointe de la population et du revenu : la conquête ou la colonisation d'espaces fertiles et relativement peu peuplés, le commerce international et les mouvements de capitaux, l'innovation technologique et institutionnelle.

Les théories explicatives de la croissance sont relativement récentes dans l'histoire de la pensée économique. Ces théories ont conduit à mettre en avant le rôle primordial du progrès technique dans la croissance. Sur le long terme, seul le progrès technique est capable de rendre plus productive une économie (et donc de lui permettre de produire plus, c'est-à-dire d'avoir de la croissance). Toutefois, ces théories expliquent encore mal d'où provient ce progrès, et en particulier en quoi il est lié aux fonctionnement de l'économie.

La plupart des économistes de l'école classique, écrivant pourtant au commencement de la révolution industrielle, pensaient qu'aucune croissance ne pouvait être durable, car toute production devait, selon eux, inexorablement converger vers un état stationnaire. C'est ainsi le cas de David Ricardo pour qui l'état stationnaire était le produit des rendements décroissants des terres cultivables, ou encore pour Thomas Malthus qui le liait à son « principe de population ».

Nikolai Kondratiev est un des premiers économistes à montrer l'existence de cycles longs de 50 ans, et Joseph Schumpeter développe la première théorie de la croissance sur une longue période. Il considère que l'innovation portée par les entrepreneurs constitue la force motrice de la croissance. Il étudie en particulier le rôle de l'entrepreneur dans Théorie de l'évolution économique en 1913.

Après la seconde guerre mondiale, les économistes Harrod et Domar, influencés par Keynes, vont chercher à comprendre les conditions dans lesquelles une phase d'expansion peut être durable. Ainsi, s'il ne propose pas à proprement parler une théorie de la croissance (expliquant son origine sur une longue période), le modèle de Harrod-Domar permet, néanmoins, de faire ressortir le caractère fortement instable de tout processus d'expansion. En particulier, il montre que pour qu'une croissance soit équilibrée (c'est-à-dire que l'offre de production augmente ni moins (sous-production) ni plus (surproduction) que la demande), il faut qu'elle respecte un taux précis, fonction de l'épargne et du coefficient de capital (quantité de capital utilisée pour produire une unité) de l'économie. Or, il n'y a aucune raison que la croissance, qui dépend de décisions individuelles (en particulier des projets d'investissement des entrepreneurs), respecte ce taux. De plus, si la croissance est inférieure à ce taux, elle va avoir tendance non pas à le rejoindre, mais à s'en éloigner davantage, diminuant progressivement (en raison du multiplicateur d'investissement). La croissance est donc, selon une expression d'Harrod, toujours « sur le fil du rasoir ». Ce modèle, construit après guerre et marqué par le pessimisme engendré par la crise de 1929, a toutefois été fortement critiqué. Il suppose, en effet, que ni le taux d'épargne, ni le coefficient de capital ne sont variables à court terme,ce qui n'est pas prouvé.

Robert Solow a été le premier à proposer un modèle formel de la croissance. D'inspiration néoclassique, ce modèle se fonde sur une fonction de production à deux facteurs : le travail et le capital. La production résulte donc exclusivement de la mise en combinaison d'une certaine quantité de capital (moyens de production) et de travail (main d'œuvre).

Autrement dit, pour Solow, sur le long terme, la croissance provient du progrès technologique. Toutefois, ce progrès technologique est exogène au modèle, c'est-à-dire qu'il ne l'explique pas mais le considère comme donné (telle une « manne tombée du ciel »).

Les théories récentes cherchent précisément à rendre ce facteur endogène -c'est-à-dire à construire des modèles qui expliquent son apparition. Ces modèles ont été développés à partir de la fin des années 1970 notamment par Paul Romer et Robert Barro. Ils se fondent sur l'hypothèse que la croissance génère par elle-même le progrès technique. Ainsi, il n'y a plus de fatalité des rendements décroissants : la croissance engendre un progrès technique qui permet que ces rendements demeurent constants. La croissance, si elle génère du progrès technique, n'a donc plus de limite. À travers le progrès technique, la croissance constitue un processus qui s'auto-entretient.

Ces modèles expliquent que la croissance engendre du progrès technique par trois grands mécanismes. Premièrement, le learning by doing : plus on produit, plus on apprend à produire de manière efficace. En produisant, on acquiert en particulier de l'expérience, qui accroît la productivité. Deuxièmement, la croissance favorise l'accumulation du capital humain, c'est à dire les compétences possédées par la main d'œuvre et dont dépend sa productivité. En effet, plus la croissance est forte, plus il est possible d'accroître le niveau d'instruction de la main-d'œuvre, en investissant notamment dans le système éducatif. D’une manière générale, la hausse du niveau d'éducation de la population – par des moyens publics ou privés – est bénéfique. Troisièmement, la croissance permet de financer des infrastructures (publiques ou privées) qui la stimulent. La création de réseaux de communication efficaces favorisent, par exemple, l'activité productive.

« La principale conclusions est qu'alors même qu' donnent un poids important aux mécanismes de marché, elles en indiquent nettement les limites. Ainsi il y a souvent nécessité de créer des arrangements en dehors du marché concurrentiel, ce qui peut impliquer une intervention active de l'État dans la sphère économique » . En particulier ce « retour de l'État » se traduit par le fait qu'il est investi d'un triple rôle : encourager les innovations en créant un cadre apte à coordonner les externalités qui découlent de toute innovation (par exemple grâce à la protection qu'offre aux innovateurs les brevets) ; susciter celles-ci en investissant dans la recherche (notamment fondamentale) et les infrastructures dont les externalités dépassent le profit que peuvent en attendre les acteurs privés ; améliorer le capital humain en investissant dans le système éducatif. D'une manière générale, c'est le rôle des politiques structurelles de l'État, en particulier les investissements dans le capital public, qui est ainsi souligné.

Ces modèles sont toutefois très frustres en ce qu'ils n'expliquent pas les mécanismes précis qui font que la croissance économique stimule le progrès technique. En particulier, chacun des modèles de ces théories ne s'attache qu'à un seul mécanisme liant progrès technique et croissance. Comme le notent Gallec et Ralle, « Le modèle général recouvrant l'ensemble des formes du progrès technique est sans doute trop complexe pour être élaboré, ce qui limite la portée des résultats obtenus puisque les interactions entre plusieurs formes existantes sont ignorées ».

Les tenants de la décroissance considèrent la croissance infinie comme une impossibilité physique et expriment a minima de sévères réserves sur la possibilité de poursuivre le modèle actuel de croissance, en raison de la nature finie des ressources naturelles. Rien n'indique selon eux que l'on puisse y substituer d'autres ressources, ni que les ressources renouvelables puissent rendre les mêmes services. De même, ils soulignent les éventuelles dégradations de l'environnement qui pourraient remettre en cause la croissance future. Pour les critiques de la croissance, la promesse de « développement économique pour tous » n'est donc qu'une promesse qui ne repose sur rien de tangible. Néanmoins, il s'agit d'une conception matérialiste de la croissance qui occulte le fait que la croissance ne concerne pas que des biens physiques mais aussi des services qui sont immatériels.

Une partie de la croissance économique est permise par l'exploitation des ressources naturelles : il convient donc de les gérer au mieux (par exemple par le recyclage), d'optimiser le potentiel d'extractions et de ressources. L'efficacité du système capitaliste est alors parfois remise en cause. Néanmoins, Karl Marx soulignait déjà dans Le Capital « l’acharnement fanatique des capitalistes à économiser les moyens de production », faisant tout pour que « rien ne se perde ni ne soit gaspillé ». Les économistes libéraux soutiennent que le libre marché permet la meilleure affectation des ressources et leur gestion la plus efficace. Pour l'économiste Pascal Salin, des problèmes d'efficacité et de gestion liés à l'exploitation des ressources pourraient être résolus par la privatisation de ces ressources. En effet, un propriétaire, responsable d'une ressource naturelle, va l'évaluer et la gérer de façon à maximiser sa richesse et va donc l'entretenir. Pascal Salin prend comme exemple le problème de déforestation des forêts amazoniennes et écrit que « si des entreprises privées, véritablement capitalistes, pouvaient se porter acquéreurs de droits de propriété intégraux sur les forêts tropicales elles seraient incitées à développer les plantations car la valeur de leurs terrains dépendrait de la valeur des arbres susceptibles d'y être coupés dans le futur ». Pascal Salin insiste également sur le progrès technique et sur les « capacités d'inventivité de l'esprit humain ».

Contestant la vision optimiste d'un progrès technique capable de répondre aux problèmes et questions qu'il a lui-même engendrés, des penseurs et économistes voient une autre logique à l'œuvre dans l'idéal de croissance, qui obère la saine gestion des ressources de la planète. Ainsi pour Jacques Ellul, contempteur moderne de ce qu'il a appelé le système technicien, pour une entreprise capitaliste, seul compte le profit indépendamment des effets positifs ou négatifs de son activité.

La croissance mondiale depuis la fin du XVIIIe siècle a été possible grâce au charbon puis au pétrole, qui sont des ressources naturelles non renouvelables. D’autres sources d’énergie sont venus compléter les besoins croissants en énergie comme l'énergie nucléaire qui elle aussi repose sur une ressource, abondante selon l'AIEA, mais non renouvelable, l'uranium.

La production économique engendre dans certains cas des perturbations dans les équilibres écologiques. Augmenter la production de biens matériels ou le transport (pour répondre à l’accroissement démographique par exemple) peut aggraver ces perturbations.

Le réchauffement climatique amène l'ensemble des économies du monde à prendre en compte leurs émissions de gaz à effet de serre et à rechercher au maximum une « croissance propre » (la communauté internationale envisage la mise en place de contraintes collectives, comme le protocole de Kyoto).

Certaines études montrent les conséquences de la croissance économique mesurée par le produit intérieur brut sur l'évolution du capital naturel.

Les critiques de la croissance insistent enfin sur les déséquilibres qui peuvent naître de la croissance : bouleversements sociologiques, politiques et écologiques.

Ainsi, les exodes ruraux ou les nouveaux moyens de transport ont entrainé un exode rural et des transformations urbanistiques majeures, qui changent durablement les rapports sociaux. De plus, certains critiques considèrent que la croissance bénéficie surtout à une minorité qui tire profit de cette augmentation de productivité, alors que la majorité subit ces transformations de façon souvent traumatique (car les impacts sur l'environnement socio-familial peuvent être dramatiques dans certains cas), et ne retire aucun bénéfice ni en niveau de vie, encore moins en qualité de vie, de la croissance économique.

Pour ses partisans, la croissance économique permet la diminution des inégalités de revenu. La diminution rapide de la pauvreté dans le monde à la fin du XXe siècle est largement due à la croissance économique, selon la Banque mondiale. C'est dans les régions où la croissance a été la plus faible, en particulier en Afrique sub-saharienne, que la pauvreté a le moins diminué et qu'elle risque d'augmenter à l'avenir Les enquêtes d'opinion sur la qualité de vie montrent que celle-ci augmente de concert avec le revenu par habitant, du moins jusqu'à un seuil de 15 000 dollars par an.

Toutes les prédictions de bornes absolues au développement depuis Malthus se sont révélées fausses, en raison de la capacité de l'homme à trouver de nouveaux usages aux ressources : le travail humain a été remplacé par le travail animal, puis mécanique, avec le développement progressif d'énergies nouvelles : bois, charbon, électricité, pétrole. Ainsi, l'économiste Julian Simon affirme dans The Improving State of the World que les conditions matérielles de l'humanité s'améliorent rapidement.

Le fait que la croissance économique se définit comme une augmentation de la production sur le long terme, et qu'elle puisse avoir des effets négatifs sur l'environnement, crée les préoccupations du développement durable. Celui-ci comporte trois piliers : l'environnement, le social, et l'économique.

Si l'on revient sur la structure de la croissance économique, il faut rappeler qu'elle provient d'une augmentation de la production qui dépend pour partie de l'augmentation des facteurs de production, et pour partie du progrès technique.

Certains auteurs soulignent que la croissance économique mesurée par le PIB tend à détruire le stock de ressources naturelles.

De nombreux critiques de l'économie de marché affirment que l'environnement est mal pris en compte dans les modèles économiques actuels, sauf peut-être à travers le progrès technique dans le modèle de Solow (d'inspiration néoclassique avec deux facteurs de production capital et travail), dans la mesure où celui-ci tient compte des contraintes environnementales, ce qui n'est pas toujours le cas. Lorsque le progrès technique ignore les contraintes environnementales, la croissance issue d'une meilleure productivité peut avoir des effets négatifs sur l'environnement, ce que dénonçait déjà le philosophe Hans Jonas dans Le principe responsabilité dès 1979.

L'un des secteurs où ces déséquilibres apparaissent le mieux est celui de l'agriculture, où le modèle productiviste de l'agriculture intensive pratiquée depuis la Seconde Guerre mondiale a généré des impacts environnementaux négatifs (avec les pesticides notamment).

Certains économistes contemporains, comme Paul Romer, intègrent dans leurs réflexions la limitation des ressources naturelles, et le fait que le progrès technologique et la connaissance peuvent générer une nouvelle croissance.

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Croissance exponentielle

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En mathématique, en économie et en biologie, on parle d'un phénomène à croissance exponentielle (ou géométrique) lorsque la croissance en valeur absolue de la population est proportionnelle à la population existante, c'est-à-dire lorsque le taux de croissance est constant.

On démontre en mathématiques qu'une croissance exponentielle conduit la taille de la population à croître de plus en plus vite vers  ; on parle de ce fait parfois d'explosion exponentielle.

Cette évolution théorique ne résiste donc pas à l'expérience : aucun phénomène ne peut croître indéfiniment car sa croissance est limitée par le milieu dans lequel se trouve la population. Le premier à avoir soulevé un tel problème fut le pasteur Thomas Malthus (1766 - 1834), bien que ses prévisions sur la croissance de la population humaine ne se soient pas réalisées.

De nos jours, on admet volontiers que le développement bactérien d'une culture biologique peut être modélisé sous forme exponentielle pour le début du développement mais que les contraintes du milieu (nutriment, volume disponible) rendent préférable, par la suite, le choix d'un modèle de Verhulst (1838).

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Halte à la croissance ?

Halte à la croissance ?, sous-titré Rapport sur les limites de la croissance, est un rapport demandé à une équipe du Massachusetts Institute of Technology par le Club de Rome en 1970. C’est la première étude importante soulignant les dangers écologiques de la croissance économique et démographique que connaît alors le monde. Par sa principale proposition, la croissance zéro, il a suscité de nombreuses controverses.

Ces deux ouvrages n'ont pas été traduits en français.

A l'époque du rapport la croissance démographique s’accélèrerait d’une année sur l’autre. Au XVIIe siècle, la population mondiale était de 500 millions d’âmes et croissait de 0,3 % par an, soit un doublement tous les 250 ans. Mais au début des années 1970, elle a atteint 3,6 milliards d’habitants et double tous les 32 ans. On peut donc s’attendre à avoir une population de plus de 12 milliards d’individus au milieu du XXIe siècle.

Mais la croissance économique mondiale est encore plus rapide que la croissance démographique. La production industrielle a cru d’environ 7 % par an au cours des années 1960, ce qui correspondait à un doublement tous les 10 ans. Cette croissance est par ailleurs très inéquitablement répartie et se concentre dans les pays développés, accroissant ainsi les disparités de développement : « les riches s’enrichissent et les pauvres font des enfants ».

Mais cette croissance n’est pas sans risques. Au plan démographique, les ressources alimentaires sont limitées. Si la loi des rendements décroissants s'applique, la mise en culture de nouvelles terres sera non seulement plus coûteuse mais aussi moins profitable au fur et à mesure que les besoins alimentaires s’accroîtront. L’accroissement des rendements agricoles ne fera que retarder la disette qui s’annonce, à laquelle risque de s’ajouter les problèmes d’approvisionnement en eau potable.

Au plan économique, les ressources énergétiques telles que le pétrole ou le gaz ne seraient pas suffisantes pour assurer la pérennité d’une croissance exponentielle. Ici encore, les progrès scientifiques ne sont susceptibles que de retarder l’échéance de la pénurie. On peut à l’avance prévoir que la croissance sera dans le siècle à venir handicapée par le prix prohibitif des prix des ressources naturelles. De plus la croissance est à l'origine d’une très forte pollution qui avec elle connaît une croissance exponentielle ; or il est évident que la planète ne peut absorber une quantité illimitée de pollution.

On peut d’abord décrire le monde comme un ensemble global dont les parties sont interdépendantes. La croissance économique est stimulée par la croissance démographique mais elle peut par exemple provoquer en même temps la pollution qui elle-même sera cause de recul démographique. Par le jeu de ces interactions, une consommation excessive des ressources naturelles peut entraîner une crise économique durable. Ainsi la croissance économique s’arrêtera faute de matières premières, la population diminuera faute de nourriture.

Cela conduisait les auteurs à prévoir pour l’avenir plusieurs scénarios : pénurie de matières premières ou hausse insupportable de la pollution. L’un de ces deux scénarios provoquera la fin de la croissance au plus tard durant le XXIe siècle. Le progrès technique ne fera que différer l’effondrement inéluctable de l’écosystème mondial qui ne peut supporter cette croissance exponentielle.

Selon cette thèse, du moins telle qu'elle est interprétée — plus ou moins fidèlement — à partir du rapport Meadows, il faudrait mettre fin à la croissance si l'on veut sauver le système mondial d’un effondrement prochain et stabiliser à la fois l’activité économique et la croissance démographique. Plus on retardera la prise de cette décision, plus elle deviendra difficile à mettre en place.

Au plan démographique, il faudrait prendre des mesures draconiennes telle que la limitation de deux enfants par couple. Au plan économique, il faut taxer l’industrie afin d’en stopper la croissance et réorienter les ressources ainsi prélevées vers l’agriculture, les services et surtout la lutte contre la pollution.

Pour que cette économie sans croissance puisse être acceptée il faudrait répartir les richesses afin de garantir la satisfaction des besoins humains principaux. L’objectif est donc « un affranchissement de la faim et du dénuement qui reste, aujourd’hui encore, le privilège de si peu d’hommes sur la terre ».

Finalement, l’absence de croissance ne signifierait pas l’absence de progrès. La diffusion de l’éducation, de la culture... mais aussi le progrès social pourraient se faire sans entraves. Il est essentiel aussi de continuer à valoriser le progrès technique susceptible d’aider dans la lutte contre la pollution, d’apporter la santé aux habitants, d’accroître la longévité des produits industriels. Même la hausse de la productivité resterait souhaitable, à condition qu’elle serve, non à accroître la production, mais à réduire le temps de travail.

Le « Rapport Meadows » a été critiqué par plusieurs économistes, qui ont reproché à ses auteurs d'avoir négligé les bases de la théorie économique. Parmi les examens les plus sévères figure In Defence of Economic Growth de Wilfred Beckerman (1974). Dans Economic Growth and Stability (1974), Gottfried Haberler recense des critiques plus anciennes faites par des experts, et décrit l'effet de ces critiques comme « dévastatrices ».

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Taux de croissance

Le taux de croissance est généralement mesuré annuellement (en glissement annuel) ou trimestriellement (d'un trimestre au suivant).

Le calcul de taux de croissance ne se limite bien sûr pas au PIB, et le taux de croissance de toute autre variable se calcule de la même manière.

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Croissance potentielle

La croissance potentielle (ou taux de croissance potentielle) est une notion de macroéconomie désignant la croissance économique liée aux facteurs fondamentaux d’une économie, et égale en moyenne à la croissance effective.

Elle est calculée comme une estimation statistique des valeurs structurelles de l’économie : les niveaux des facteurs de production (stock de capital, quantité de travail fournie estimée à partir de la population active, du taux d'emploi et de la durée du travail) et de la « productivité globale des facteurs » (PGF). Ces valeurs sont estimées à partir des tendances passées ou sur la base de modélisations économiques.

En raison des cycles économiques, il existe toujours un écart entre la croissance potentielle et celle effectivement réalisée ; la différence entre les deux constitue l’écart de production, également appelé décalage conjoncturel ((en) output gap).

Sur le moyen et long terme, la croissance est en moyenne égale à la croissance potentielle.

Pour l’économie française, le taux de croissance potentielle annuel prévu pour la période 2008–2015 est égal à 2,1 %.

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Source : Wikipedia