Croatie

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Posté par rachel 02/03/2009 @ 18:09

Tags : croatie, europe, international, environnement

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Croatie

Armoiries de la Croatie

La Croatie ( en croate : Hrvatska) ou République de Croatie (en croate : Republika Hrvatska listen) est un État d'Europe du Sud qui s'étend de l'extrémité orientale des Alpes, sur ses confins au nord-ouest et des plaines pannoniennes au nord-est, jusqu'au littoral de la mer Adriatique au sud, en passant par le massif montagneux des Alpes Dinariques au centre. Elle est entourée par la Slovénie, la Hongrie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro. Sa capitale est Zagreb. La Croatie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne et est membre de l'OTAN.

Les principales villes de Croatie sont Zagreb, Split, Dubrovnik, Rijeka, Osijek, Zadar, Slavonski Brod, Pula, Šibenik et Varaždin.

La Croatie fut, tout au long de son histoire, au carrefour de quatre grands espaces culturels, ce qui confère une richesse à son patrimoine, tant architectural qu'artistique. Outre le caractère slave de ses habitants qui remonte à la fin du VIe siècle, la Croatie a subi les influences vénitiennes sur la côte dalmate d'une part, et les influences austro-hongroises dans les plaines du nord de Slavonie et dans le bassin du Danube d'autre part. Cet héritage vient se superposer à celui préroman – romain et byzantin – plus diffus mais auquel elle doit sa tradition chrétienne. Le voisinage immédiat de l'Empire ottoman, du XVe au XIXe siècle, dont l'expansion s'est arrêtée en terre croate, a également eu son importance puisque la Croatie en a hérité ses frontières actuelles en forme de « fer à cheval ».

La Croatie contemporaine est également l'héritière du Royaume croate médiéval, d'abord indépendant puis associé en 1102 à la couronne hongroise et en 1527 intégré aux terres des Habsbourg, devenues l'Autriche-Hongrie de 1867 à 1918. Au début du XVe siècle, la province côtière de Dalmatie devint vénitienne pour quatre siècles, puis française de 1809 à 1814, au sein des Provinces illyriennes qui mirent fin à la république de Raguse. Les Croates aspirèrent à la formation d'un Royaume de Croatie-Slavonie-Dalmatie, dans le cadre de la monarchie austro-hongroise, mais l'accord austro-hongrois de 1867 laissa le Royaume de Dalmatie à l'Autriche, tandis que le Royaume de Croatie-Slavonie demeurèrent en Hongrie.

Si les Croates ont toujours lutté, depuis la fin du XIe siècle, pour conserver leur autonomie, le sentiment pan-slave et yougo-slave s'y développa à partir des années 1830. Le XIXe siècle vit, pour la première fois, la Croatie unie à ses voisins slaves. De 1918 à 1941, ce fut sous la forme d'un royaume centralisé sous le sceptre d'une dynastie serbe, au sein du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, qui fut renommé Royaume de Yougoslavie le 6 janvier 1929 (Yougoslavie signifiant Pays des Slaves du Sud). En 1941, après l'invasion de la Yougoslavie par les armées du IIIe Reich, l'État indépendant de Croatie – État fasciste satellite de l'Allemagne nazie – fut mis en place par cette dernière. Par rapport à la Croatie actuelle, cet État fut amputé d'une partie de la Dalmatie et de l'Istrie (annexées par l'Italie), mais engloba la quasi-totalité de la Bosnie-Herzégovine. Parallèlement, un Conseil antifasciste de la guerre de Libération de Croatie (ZAVNOH) rassembla la résistance croate au sein des partisans (Yougoslavie) de Josip Broz Tito. En 1945, la Croatie fut libérée comme le reste de la Yougoslavie par les partisans communistes. Dès novembre 1943, les partisans annoncèrent leur projet de mettre en place une nouvelle Yougoslavie qui serait fédérale. La République socialiste de Croatie devint un État fédéré au sein de la République fédérale populaire de Yougoslavie (de 1945 à 1963), puis de la République fédérale socialiste de Yougoslavie (de 1963 à 1990), toutes deux composées de six républiques.

Le 25 juin 1991, à la suite des premières élections multipartites de Croatie en 1990, la Croatie, comme la Slovénie, déclara son indépendance. Le gouvernement fédéral Yougoslave ne reconnut pas cette déclaration et, au nom de la préservation de l'État fédéral et de la minorité Serbe de Croatie, mena une guerre avec l'armée Yougoslave (4ème armée européenne) et des groupes paramilitaires serbes. La Croatie fut reconnue internationalement le 15 janvier 1992. La nouvelle armée croate mena des opérations contre les forces de la République serbe de Krajina soutenues par l'Armée populaire yougoslave (JNA), notamment en 1995, les opération éclair en Slavonie Occidentale et opération Tempête) pour reconquérir la République serbe de Krajina. Ces opérations entrainèrent l'exode de 150 000 Serbes, principalement vers la Bosnie-Herzégovine et la Serbie. La Slavonie orientale et la Syrmie occidentale furent rendues pacifiquement à la souveraineté croate, en 1998.

L'élection du modéré Stjepan Mesić, en 2000, à la suite du décès de Franjo Tuđman qui avait dirigé le pays au cours des dix années précédentes, a constitué un tournant politique et économique majeur. Le pays s'est démocratisé et ouvert sur l'Europe, les auteurs d'exactions pendant les conflits militaires ont été poursuivis, il a mené une politique de privatisations et s'est ouvert aux investissements étrangers. Cela s'est fait, toutefois, avec de fortes résistances internes du fait de la présence de nationalistes extrémistes dans certaines structures de l'appareil d'État (défense) et dans certaines régions (Split). La Croatie s'est officiellement déclarée candidate, le 21 février 2003, à l'adhésion à l'Union européenne et le statut d'État candidat lui a été reconnu officiellement le 17 juin 2004. L'ouverture des négociations d'adhésion avait, toutefois, été retardée jusqu'au 3 octobre 2005 du fait de la coopération jugée insuffisante de la Croatie, avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), en ce qui concerne l'arrestation de l'ancien général Ante Gotovina finalement arrêté en décembre 2005. Le pays s'est aussi porté candidat à l'adhésion à l'OTAN.

Le président de la République de Croatie (Predsjednik) est le chef de l'État ; il est également le chef des armées et il a le devoir de désigner le président du gouvernement (le « premier ministre ») avec l'accord du Parlement. Il a également une certaine influence sur la politique étrangère. Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable.

Le parlement croate unicaméral ou Sabor est composé d'un maximum de 160 représentants élus au suffrage universel pour une durée de 4 ans. Les sessions plénières se déroulent du 15 janvier au 15 juillet et du 15 septembre au 15 décembre.

Le gouvernement croate (Vlada) est dirigé par le président du gouvernement (habituellement qualifié de « premier ministre » dans les médias anglo-saxons et francophones), qui a deux vice-présidents et treize ministres chargés de divers secteurs d'activité. Le pouvoir exécutif a la charge de proposer des lois et un budget, de veiller à l'application des lois et de guider la politique intérieure et étrangère de la République.

Après l'arrivée au pouvoir de Stjepan Mesić, la victoire en novembre 2003 des conservateurs du HDZ et la nomination de Ivo Sanader à la tête du gouvernement marque une seconde alternance. Aux élections présidentielles du 16 janvier 2005, Stjepan Mesić a été réélu au second tour pour un second mandat présidentiel face à Jadranka Kosor avec plus de 60 % des suffrages.

La Croatie a obtenu, le 17 juin 2004, le statut de candidat à l'Union européenne et le Conseil de l'Union européenne a reconnu, le 3 octobre 2005, qu'elle remplissait l'ensemble des conditions pour lancer les négociations d'adhésion. Ceci n'a été possible qu'après que le gouvernement croate a accepté de mieux coopérer avec le TPIY. La Croatie est également membre de l'OTAN. Elle a par ailleurs obtenu au Sommet de Ouagadougou en novembre 2004 le statut d'observateur au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, malgré le faible nombre de personnes parlant le français.

La Croatie a une forme particulière qui ressemble à un croissant ou un fer à cheval, ce qui explique qu'elle ait des frontières avec de nombreux pays : la Slovénie, la Hongrie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, et une frontière maritime avec l'Italie dans la mer Adriatique. Les Croates considèrent souvent également l'Autriche comme un pays limitrophe même si, en réalité, la Slovénie les en sépare, en faisant en fait un pays voisin. Son territoire continental est divisé en deux parties non contiguës par le port de Neum en Bosnie-Herzégovine.

Il y a plusieurs climats en Croatie. La partie nord-est du pays est de climat continental alors que le climat du littoral est de type méditerranéen, et que celui de la partie centrale et sud est montagneux.

Le pays contient huit parcs nationaux : trois en zone montagneuse (Paklenica, Plitvice, Risnjak) et cinq en zone côtière (Brijuni (Brioni), Mljet, Kornati, Krka, Velebit) représentant une superficie de 79 320 hectares, soit 7,5 % du pays avec comme projet de doubler l'étendue des espaces protégés dans le cadre de parcs nationaux ou d'autres régimes de protection de l'environnement.

La côte croate est très découpée si bien que la Croatie compte 698 îles, 389 îlots et 78 récifs. 47 îles sont habitées (voir l'article liste des îles de Croatie).

Parmi les lacs de Croatie, Omladinsko jezero et les lacs de Plitvice sont remarquables.

Le sommet le plus élevé en Croatie est le pic de Dinara, culminant à 1 830 mètres d'altitude.

La Croatie est une république unitaire. L'organisation territoriale du pays comprend deux niveaux. Le premier est constitué par 21 comitats (Županija), le second par les collectivités territoriales ou municipalités (423 municipalités ou communes et 123 villes).

Aux termes de l'article 4 de la Constitution, l'exercice des pouvoirs de l'État se trouve limité par l'autonomie accordée aux collectivités territoriales et régionales, définie au titre VI de la Constitution. En outre, à chaque niveau d'organisation territorial (municipalité, villes, Županije) correspond un transfert de compétence de l'État vers le type de collectivité considérée, régi par la Loi sur l'autonomie locale du 10 avril 2001.

Membre du Conseil de l'Europe, la Croatie est aussi signataire depuis 1997 de la Charte européenne de l'autonomie locale (cf. texte en croate 1997, JO n°14/95) laquelle vise à garantir l'autonomie des collectivités territoriales.

Les citoyens peuvent également prendre une part active dans les affaires de la collectivité locale par le biais de référendums locaux.

Le comitat ou Županija est caractérisée par un territoire qui se veut le reflet d'une unité géographique, historique, économique, défini dans l'intention de favoriser le développement coordonné de la région dans son ensemble. La capitale, Zagreb, constitue à elle seule une zupanija.

De manière analogue au rôle remplit par le conseil municipal à l'échelon inférieur, l'assemblée régionale (Zupanijska skupstina), élue pour quatre ans, constitue l'assemblée représentative de la zupanija et règle par ses délibérations les affaires de celle-ci. L'assemblée régionale, composée d'un nombre impair de membre, compte de 31 à 51 membres. Son président, élu parmi les conseillers régionaux, est secondé par deux vice-présidents. Au moins une fois par trimestre, le président (predsjednik Zupanijske skupstine) convoque les sessions de l'Assemblée régionale, qu'il préside et représente. Ses autres prérogatives sont fixées par l'Assemblée régionale.

Les municipalités ou communes, au nombre de 423, comprennent généralement plusieurs localités habitées, dont le nombre sur l'ensemble du territoire croate s'élève à quelque 6700. Elles comptent au maximum 30 000 habitants. Le statut de ville est attribué aux chefs-lieux des zupanije, aux agglomérations de plus de 10 000 habitants et, à titre exceptionnel, aux cités qui peuvent y prétendre pour des raisons historiques, économiques, urbanistiques, etc. De statut comparable, les communes et les villes sont des municipalités.

Son président, élu parmi les conseillers municipaux, est secondé par deux vice-présidents. Au moins une fois par trimestre, le président (predsjednik opcinskog vijeca / predsjednik gradskog vijeca) convoque les sessions du conseil municipal, qu'il préside et représente. Les autres prérogatives du président sont fixées par le conseil municipal.

Le processus de transition d'un système d'économie planifiée vers une économie de marché a commencé à la fin des années 1980, mais la désindustrialisation et les dommages dus à la guerre d'indépendance ont ralenti cette mutation. Les privatisations commencées pendant la guerre d'indépendance ont été entachées de scandales politico-financiers.

Le pays s'est engagé dans un vaste programme de reconstruction mené par le gouvernement : depuis 1996, la moitié du parc immobilier détruit a été rebâti quasiment sans aide internationale, tandis que la croissance du PIB a atteint une moyenne de 6%, et l'inflation annuelle moyenne sur cinq ans demeure inférieure à 4 %. Depuis la fin de la guerre, le pays connaît une croissance économique assez rapide.

La situation macro-économique de la Croatie est plutôt bonne, avec une inflation contenue (estimation 2005 : 3,3 %) et une croissance assez soutenue (2005 : 4 %). Le déficit public, bien qu'important est en décroissance (2004 : 4,2 %, 2005 : 3,7 %, prévision 2006 : 3,3 %, objectif 2007 : 3 %). Le niveau de la dette externe est élevé (85 % du PNB) soit 35 milliards de $ 7700 $ par habitant, même si l'endettement public est plus modéré (65 % du PNB). La Croatie a conclu en août 2004 un accord avec le FMI, lui accordant un prêt de 140 millions d'euros, sous réserve d'une réduction sensible du déficit budgétaire consolidé et d'une stabilisation de l'endettement externe. Il devrait être prolongé.

Les échanges extérieurs sont fortement déséquilibrés, le taux de couverture des importations n'étant que de 43 %. Les revenus générés par l'industrie du tourisme (17 % du PIB) compensent en partie de déficit de la balance commerciale. La balance des paiements croates est caractéristique de celle d'un pays en transition. La balance commerciale est très déficitaire mais le déficit des paiements courants n'est que de 5 % grâce à l'importance des revenus touristiques (officiellement le tourisme représente 25 % du PIB). Le PIB par habitant (2004) est de l'ordre de 6 500 euro par habitant et de 11 200 $ (soit 41,6% de la moyenne de l'Union européenne) en termes de parité de pouvoir d'achat par habitant.

La Croatie a une économie principalement basée sur les services, et un peu sur l'industrie légère. Le problème économique principal est un chômage structurel important. La poursuite des réformes structurelles est programmée. La BERD, la BEI et la Banque mondiale jouent un rôle essentiel dans le financement des projets et des entreprises.

La population de la Croatie est stable depuis la dernière décennie. Le taux de natalité est stable (moins de 1 %), la transition démographique a été atteinte il y a environ cinquante ans. L'espérance de vie moyenne est d'environ 75 ans, et le taux d'alphabétisation est de 98,5 %, ce qui est assez élevé.

La Croatie est habitée principalement par les Croates (89,6 %). Il y a également une vingtaine de minorités, dont la plus grande sont les Serbes (4,5 %), tandis que les autres ont moins de 0,5 % chacune.

La religion principale est le catholicisme (87,8 %). Il y a aussi des minorités chrétiennes orthodoxes (4,4 %) et musulmanes sunnites (1,3 %). Toutes les autres religions ensemble couvrent moins de 1 % de la population.

La langue officielle - et la plus courante - est le croate, une langue slave, qui utilise l'alphabet latin étendu par quelques signes diacritiques. Moins de 5 % de la population utilise une autre langue comme langue maternelle. L'italien est langue officielle dans la région de l'Istrie, notamment dans les villes de Pola/Pula, Rovigno/Rovinj, Umago/Umag.

La langue officielle de la Croatie est le croate qui est une langue du groupe méridional des langues slaves, de la famille des langues indo-européennes. Même si les linguistes utilisent le terme de serbo-croate pour définir la langue parlée en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie et au Monténégro, officiellement le serbo-croate n'existe plus, chaque pays nommant sa langue croate, bosnien, serbe ou monténégrin. Il n'y a pas d'isoglosse entre ces langues (les locuteurs se comprennent spontanément, sans traducteur), leur définition est historique et politique. Par contre il y a des différences partielles de lexique (certains mots, certaines conjugaisons ou déclinaisons varient) et une différence d'alphabet : il est latin en Croatie et dans la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, et aussi cyrillique en Serbie, au Monténégro et dans la République serbe de Bosnie. Cependant, la présence de l'Anglais est plus importante que celle l'Allemand notamment grâce au tourisme très important dans ce pays. La quasi totalité des jeunes et une grande majorité des adultes parlent la langue anglaise, tandis que les personnes agées pratiquent plus l'Italien comme langue étrangère.

Le tourisme est une source de revenus importante (officiellement le tourisme représente 25 % du PIB), grâce à la beauté du pays et des diverses activités culturelles et de loisirs. La Croatie, qui ne compte que 4,6 millions d'habitants, accueille chaque année 10 millions de touristes.

Historiquement comme quantitativement, la Croatie est l'un des premiers pays naturistes d'Europe, la première plage naturiste a ouvert sur l'île de Rab en 1934.

Voir aussi le Photo-guide naturaliste sous-marin de la Dalmatie (Croatie).

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Guerre de Croatie

Le château d'eau de Vukovar

La guerre de Croatie, ou guerre d'indépendance croate, s'est déroulée entre août 1991 et novembre 1995, à l'issue de l'effondrement de la fédération yougoslave et a opposé la République de Croatie nouvellement indépendante à l'Armée populaire yougoslave et à une partie des Serbes de Croatie.

Après la mort de Tito en 1980, l'effondrement du communisme en Europe de l'Est en 1989, puis la dislocation de l'Union soviétique en 1991, les tensions nationalistes, longtemps contenues et canalisées par le pouvoir central de la Yougoslavie, s'accroissent dans les différentes républiques fédérées. Par ailleurs, la Croatie et la Slovénie ont une économie plus développée que les autres républiques, et répugnent à partager leurs richesses dans un cadre fédéral. Tandis qu'en Serbie, Slobodan Milosevic accède au pouvoir en septembre 1987 en jouant sur les sentiments nationalistes tout en restant communiste, l'indépendantiste Milan Kučan remporte les élections libres en Slovénie l'année suivante.

En Croatie, c'est le leader du parti nationaliste HDZ, Franjo Tuđman, qui est élu en avril 1990. Les idées du nouveau pouvoir croate inquiètent une partie de la minorité Serbe manipulée par Belgrade. Le nationalisme de Tudjman, supprime l'étoile rouge du drapeau croate et adopte le traditionnel drapeau à damier, qui, selon les Serbes, renvoit aux Oustachis pro-nazis de la Seconde guerre mondiale (en réalité, le damier croate existe depuis le Moyen Âge et était le symbole de la république socialiste de Croatie). Certains éléments du pouvoir croate envisagent une extension de la Croatie vers l'Herzégovine (partie de la Bosnie-Herzégovine peuplée par une minorité croate), alors que son gouvernement sera un des premiers à reconnaitre l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine en avril 1992. Les éléments pro-communistes, dont une forte proportion de Serbes, sont purgés de l'administration de la république par le nouveau gouvernement. L'Armée Fédérale ayant, en mai 1990, volé les armes de sa Défense Territoriale, le gouvernement croate arme clandestinement un embryon d'armée, à partir des pays ayant accepté de lui vendre des armes dont la Hongrie, désormais une alliée.

Les Serbes rebelles de la Krajina, en Croatie, manipulés par le régime de Belgrade, se sentent lésés et persécutés. Contrairement aux Serbes de Zagreb, qui demandent des négociations et un compromis, les Serbes de la Krajina prennent la voie des armes. La République serbe de Krajina, dont la capitale est Knin, est unilatéralement proclamée le 28 février 1991 par le nationaliste serbe Milan Babić, et finit par s'étendre sur près d'un quart du territoire croate. Les premiers coups de feu sont tirés au printemps 1991. Les autorités serbes de Belgrade ont armé et organisé les séparatistes avec la complicité de l'Etat-Major de l'armée fédérale qui prend de plus en plus ouvertement leur parti, ayant empêché une intervention de la police croate dès août 1990, par l'emploi des forces aériennes.

Le 19 mai 1991, le référendum sur l'indépendance qui suit les élections est remporté à plus de 90%, mais a été boycotté par la minorité serbe de Croatie.

Le 25 juin 1991, la Slovénie et la Croatie déclarent leurs indépendances. Ces indépendances se réalisent sans conditions préalables, et Belgrade perd du même coup une grande partie des droits de douanes, qui représentent une part majoritaire du budget fédéral. Parallèlement, L'Allemagne et l' Autriche apportent leurs soutiens diplomatique et financier à la Slovénie et à la Croatie. Du 26 juin au 7 juillet, l'armée fédérale yougoslave (la JNA), majoritairement composée de Serbes et Monténégrins, intervient en Slovénie, puis se retire rapidement après l'encerclement de ses unités dispersées.

En Croatie, les combats entre les forces croates et la JNA, assimilée à des forces serbes, commencent en août 1991. Les Croates prennent d'assaut les casernes de la JNA sur le territoire croate, cependant celle-ci progresse à partir de ses bases de Serbie et de Bosnie. Les bombardements frappent des villes comme Dubrovnik, Zadar, Osijek, et même la capitale Zagreb est atteinte. En octobre 1991, le président croate Franjo Tudjman appelle à la mobilisation générale pour "lutter contre le projet de Grande Serbie".

La ville de Vukovar, près de la frontière avec la Serbie, assiégée par les Serbes d'août à novembre 1991, est particulièrement touchée par les combats. Des milices de nationalistes serbes venant de Belgrade, organisées par l'ultranationaliste Vojislav Seselj, participent à l'assaut de la ville. La plupart des habitants croates sont expulsés par les Serbes, qui ont fini par prendre le contrôle d'une ville presque entièrement détruite par les bombardements. Certains bilans font état de plus de 10 000 morts.

Les principaux combats cessent après la signature d'un cessez-le-feu en janvier 1992. Les Casques bleus belges s'interposent entre les deux forces belligérantes. La Krajina et la Slavonie orientale frontalière de la Serbie, restent aux mains des forces serbes. Jusqu'en 1995, le conflit se résume à quelques affrontements localisés, principalement destinés à dégager la menace de l'artillerie serbe autour de certaines villes croates. Ainsi, pendant le siège de Dubrovnik, entre octobre 1991 et mai 1992, plus de deux maisons sur trois ont été touchées par des explosions dans la vieille ville, ce qui fera l'objet d'un programme de restauration de l'UNESCO.

Ce répit permet à la Croatie de porter ses efforts sur la formation d'une armée plus puissante. La République de Croatie est officiellement reconnue comme un membre de l'ONU en mai 1992. Les combats de la guerre d'indépendance croate ont causé entre 10 000 et 25 000 morts selon les sources. Plus d'un demi million d'habitants de la Croatie, Serbes ou Croates, ont été déplacés à l'issue de ce conflit. Cette accalmie permit aussi à la Croatie de lancer le début d'opérations de nettoyage ethnique. À la mi-août 1992, 10 villes et 183 localités de Slavonie occidentale avaient été complètement nettoyées sur le plan ethnique de leur population d'origine serbe et 87 autres localités avaient été partiellement nettoyées. Les autorités croates ne se contentèrent pas de faire partir la population serbe mais allèrent jusqu'à effacer, autant que possible, toute trace de leur présence et de leur culture dans cette région pendant des siècles. Les églises et les autres bâtiments orthodoxes serbes furent endommagés ou détruits.

Entre 1992 et 1995, la guerre et l'attention de la communauté internationale se sont déplacés en Bosnie-Herzégovine. La minorité croate est partie prenante des combats, d'abord, entre 1992 et 1993 contre les Serbes de Bosnie qu'elle combat alors en tant qu'allié des Bosniaques (92-93), puis, entre 1993 et 1994 contre les Bosniaques qu'elle combat à Mostar, puis alliée à eux contre les Serbes de Bosnie, avec la médiation des États-Unis en 1994, sous la forme d'une Fédération croato-musulmane. Franjo Tudjman soutient évidemment les Croates d'Herzégovine.

En juillet 1995, le massacre de Srebrenica commis par Ratko Mladić en Bosnie décide les puissances de l'OTAN, en premier lieu les États-Unis, à agir en vue d'une défaite militaire de la République serbe de Bosnie (Serbes de Bosnie). Ils apportent un soutien logistique à l'armée croate, qui reconquiert, la République serbe de Krajina en août lors d'une attaque éclair, l'Opération Tempête. Le soutien par les Croates et les puissances de l'OTAN de la Fédération croato-musulmane permet à celle-ci de reconquérir en même temps une partie de la Bosnie. Cependant, l'offensive croate contre la République serbe de Krajina a contraint entre 150 000 à 200 000 Serbes à l'exil. Ante Gotovina, responsable d'une partie de l'opération, a été transféré en 2005 devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Il est accusé de crimes contre l'humanité, dont des meurtres de civils commis sous son autorité.

En novembre 1995, les présidents de Croatie, Franjo Tudjman, de Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegovic, et de Serbie, Slobodan Milosevic, signent les accords de Dayton, qui mettent fin aux conflits en Bosnie et en Croatie. Cette dernière retrouve ses frontières d'avant la guerre.

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Équipe de Croatie de handball masculin

Morska vila Ban Jelacic Handball 2009.ogv

L'équipe de Croatie de handball représente la Fédération de Croatie de handball lors des compétitions internationales de handball, notamment aux tournois olympiques et aux championnats du monde.

Formée au début des années 1990, l'équipe de Croatie se place 3e au Championnat d'Europe 1994, second au Championnat du monde 1995 puis gagne l'or aux Jeux olympiques d'été de 1996.

Après une période sans bons résultats, l'équipe de Croatie fait son comeback en remportant le Championnat du monde de 2003 avec une nouvelle génération menée par Ivano Balić. En 2004 la sélection croate se place 4e au Championnat d'Europe puis gagne une seconde médaille d'or olympique aux Jeux olympiques d'été de 2004. L'année suivante, elle se place 2e du Championnat du monde de 2005 en perdant en finale contre l'Espagne.

Au Championnat du monde de 2007, la Croatie arrive invaincu en quart de finale mais perd contre la France et termine finalement à la 5e place.

Aux Championnat d'Europe de handball de 2008, la Croatie termine 2e, perdant en finale contre le Danemark, éliminant la France en demi finale. Plus tard la même année, cette dernière prend sa revanche lors des Jeux olympiques d'été de Pékin en éliminant la Croatie sur le score de 25 à 23 lors de la demi-finale. La sélection croate termine finalement à la quatrième place, battue pour le bronze par l'Espagne.

Aux Championnat du monde de handball de 2009, la Croatie joue à domicile. Lors du championnat, après chaque victoire ainsi que lors de la finale l'équipe et son public ont chanté Morska Vila (« la féérie de la mer »), une chanson du groupe Daleka Obala. La Croatie perd en finale contre la France 24 à 19 et fini 2e.

A noter également l'absence de Mirza Džomba qui a pris sa retraite internationale.

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Source : Wikipedia