Coupe du Monde de Handball

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Posté par woody 02/04/2009 @ 03:10

Tags : coupe du monde de handball, handball, sport

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Sfax

Hôtel de ville de Sfax

Sfax (صفاقس), deuxième ville et centre économique de Tunisie, est une ville portuaire de l'est du pays située à environ 270 kilomètres de Tunis. Riche de ses industries et de son port, la ville joue un rôle économique de premier plan avec l'exportation de l'huile d'olive et du poisson frais ou congelé. Sfax est une cité d'affaires et attire peu les touristes. Cela n'exclut pas la présence de certains sites intéressants, tels que la médina et Thyna, malgré la présence des usines de traitement du phosphate.

Sfax compte 265 131 habitants en 2004 — pour une agglomération, le Grand Sfax, d'environ 500 000 habitants — et se présente comme une agglomération très étendue (sur 220 km² soit autant que l'agglomération de Tunis qui compte quatre fois plus d'habitants), plate et comprise dans un tissu urbain structuré par des axes de communication en toile d'araignée. Elle est bordée à l'est par la mer Méditerranée et l'amorce du golfe de Gabès.

Sfax est certainement la transformation de l'ancien nom de la ville qui porta le nom du roi numide Syphax.

Sfax, ancienne Syphax berbère et par la suite Taparura romaine, est rebâtie par les Aghlabides au IXe siècle à partir des matériaux de l'antique ville romaine située à environ trois kilomètres. Ils construisent les remparts qui donnent à la médina sa configuration actuelle. La cité doit résister aux Hilaliens venus d'Égypte en 1057 et, de 1095 à 1099, elle constitue un petit émirat indépendant.

Elle passe, comme la plupart des villes côtières, sous la domination du prince normand Roger de Sicile en 1148 avant d'être réintégrée à la sphère musulmane par les Almohades d'Abd al-Mumin en 1159.

Sfax connaît la révolte d'Ali Ben Ghdahem en 1864 s'opposant au bey de Tunis, pendant laquelle a eu lieu un pogrom, et celle de 1881 pour refuser le protectorat français. Les troupes françaises sont obligées de la bombarder pour en venir à bout.

Elle est également bombardée par les Alliés pendant la campagne de Tunisie (Seconde Guerre mondiale) alors qu'elle est occupée par les puissances de l'Axe en 1942-1943. Sfax est la ville où s'illustrent deux grands militants de l'indépendance nationale assassinés par l'organisation terroriste coloniale La Main rouge : le syndicaliste Farhat Hached (natif de l'archipel des Kerkennah) qui est abattu le 5 décembre 1952 et le responsable destourien Hédi Chaker qui est tué le 13 septembre 1953.

Le noyau central de l'agglomération est formé d'une médina cernée de remparts (rbat) et d'une ville moderne, née sous le protectorat français en Tunisie, et incluant l'hôtel de ville et la gare. Les quartiers de bureaux sont prolongés par un vaste ensemble portuaire actif depuis 1897 (port de commerce, de pêche et de passagers). En 1984 est entreprise une vaste opération de rénovation d'une partie de la ville moderne avec l'aménagement du quartier de Sfax El Jadida (nouvelle Sfax). Il s'agit auparavant d'un espace en friche de cimetières désaffectés.

Par ailleurs, la médina est devenue un espace où l'on habite de moins en moins et qui se spécialise dans la production économique (on parle alors de « soukalisation »). Les habitants l'ont quittée à la recherche de logements plus grands. Ainsi, cet espace ne compte plus que 3812 habitants en 1998 contre 10 668 en 1956. Jusqu'aux années 1970, l'agglomération dépasse à peine la ville de Sfax avec les noyaux urbains de Sakiet Ezzit et de Sakiet Eddaïer qui sont alors de petites villes constituées autour d'activités de transformation agricole (trituration des olives et huileries).

Le quartier de Picville doit lui son nom à Paul Pic, habitant de Sfax depuis 1868, qui planta un vignoble d'une superficie de 34 hectares en 1892 dans la zone du contrôle civil de Sfax. Il fut par ailleurs président de la Chambre mixte de commerce et d'agriculture du sud de la Tunisie en 1897. Ce quartier est situé à l'ouest de la médina et s'étend jusqu'à un jardin public. Dès le début de son urbanisation, on y construit de petits immeubles d'un ou deux étages avec terrasses, souvent attenants les uns aux autres, le long des voies de circulation qui quadrillent le quartier.

Sfax est une agglomération très étalée de 22 000 hectares (espace urbain sur un total de 55 000 hectares qui tient compte d'espaces agricoles interstitiels) comprenant 500 000 habitants dont 55 % pour la municipalité-centre et 45 % pour les municipalité de banlieue. Son organisation est radio-concentrique avec une municipalité-centre en demi-cercle sur la mer et une distribution des 6 municipalités de banlieue selon des axes radiaux (13) avec du nord au sud : Sakiet Eddaïer, Sakiet Ezzit, El Aïn, Gremda, Chihia et Thyna.

Ces banlieues ont prospéré le long des axes routiers, dépassant facilement une première couronne située à 4 kilomètres du centre (une route tangentielle sert de limite à cette première couronne : la rocade du kilomètre 4) mitant un espace agricole et d'agrément constitué de vergers (jnen). Cette urbanisation s'est faite avec une prédominance d'« habitat spontané » devant l'insuffisance des aménagements de l'État principalement en lotissements résidentiels destinés aux classes populaires. La forte croissance urbaine a reposé sur les banlieues qui ont surtout développé la fonction résidentielle, que ce soient les zones d'« habitat spontané » qui ont pris une ampleur à la mesure du sous-investissement public ou les lotissements des classes moyennes et supérieures au sud (Gremda, Chihia et Thyna). La décision de la délimitation d'un périmètre d'intervention foncière de l'État il y a quelques années sur la commune de Sakiet Ezzit, une première, témoigne du décalage entre la demande foncière de la population et la réponse étatique tardive sinon insuffisante. Il en résulte un grand étalement qui accroît le problème des déplacements dans une agglomération où les moyens de transport publics sont limités (une seule ligne ferroviaire de banlieue entre Sakiet Ezzit et Sfax) et les distances grandes entre les lieux de résidence périphériques et l'emploi central (40 % de l'emploi pour 4,4 % des logements).

Le Musée archéologique de Sfax comprend une collection de pièces archéologiques antiques découvertes dans la ville et sur des sites proches. Il est situé dans le bâtiment de la municipalité. Quant au Musée Dar Jellouli, localisé dans un palais de style andalou qui constituait avant l'indépendance une demeure du caïd local, il abrite le musée régional des arts et traditions populaires.

La ville possédait un théâtre municipal entre 1903 et 1942. Bâtisse édifiée selon une architecture néo-mauresque, en cohérence avec le siège de la municipalité et le palais Ramdane, elle a été détruite lors des bombardements que Sfax a connu lors de la campagne de Tunisie qui visaient pourtant le port de commerce bien plus au sud de la ville.

Sfax concentre les principales institutions éducatives du sud du Sahel : l'Université de Sfax est ainsi l'un des principaux centres d'enseignement universitaire du pays avec ses facultés de médecine, de gestion et de sciences. Parmi les lycées les plus connus de la cité figure le Lycée pilote de Sfax. En 2007, le Collège pilote de Sfax a ouvert ses portes.

On compte aussi une bibliothèque au centre-ville ainsi qu'un espace culturel français situé près de la gare.

Sfax est le premier port de commerce de Tunisie en termes de trafic (2000) et le second en termes de valeur. Le port possède deux particularités : c'est l'un des rares endroits de la Méditerranée où l'amplitude des marées dépasse 1,50 et 2 mètres aux équinoxes et, abrité des vents du large par les îles Kerkennah et les hauts fonds du golfe de Gabès atténuant les effets des vagues, aucune jetée ou digue n'y est nécessaire. Malgré l'important commerce maritime avec les Kerkennah et le reste du pays, le port est réduit jusqu'en 1886 à un simple appontement de bois de 50 mètres de long. Un port artificiel est creusé dans les sables et ouvert au trafic en 1891. Mais l'exploitation des phosphates le rend vite insuffisant et un nouveau port est creusé. Comme à Tunis, les produits du dragage servent à gagner du terrain sur la mer. Comme tous les grands ports tunisiens, Sfax a souffert durant la campagne de Tunisie : l'Afrika Korps fait sauter une partie des quais avant de se replier le 11 avril 1943. La pêche occupe aussi une place de choix dans l'économie régionale avec une flotte d'environ 300 chalutiers-crevettiers, 50 thoniers senneurs, 1 500 barques à moteur et 2 000 barques à voile. La ville produit environ 25 000 tonnes de poissons par an, soit le tiers de la production nationale. Une bonne partie de cette pêche est exportée à l'étranger (10 000 tonnes environ) soit 70 % de l'exportation tunisienne des produits de la mer.

Les régions environnantes sont pour leur part axées sur l'agriculture qui constitue leur principale ressource : avec six millions de pieds d'oliviers et près de cinq millions d'amandiers, le gouvernorat de Sfax se place ainsi au premier rang des régions productrices d'huile d'olive (38,5 % avec plus de 200 000 tonnes) et d'amandes. L'élevage représente un secteur tout aussi important de l'économie régionale. Avec 340 000 ovins, 50 000 caprins et près de 30 000 bovins, la région occupe aussi une place de choix dans ce domaine. Une industrie laitière a pris pied dans le sillage de cet élevage intensif et l'on totalise 75 000 tonnes de lait par an.

Le secteur industriel est en plein développement et les statistiques avancent le chiffre de 4 000 entreprises. Pour ce qui est du secteur touristique, on y dénombre une vingtaine d'hôtels de divers standings. La ville devrait connaître prochainement un renouveau dans ce domaine avec l'achèvement des travaux du projet Taparura lancé le 6 avril 2006 et destiné à réconcilier la ville avec son littoral.

L'aéroport international de Sfax-Thyna, mis en exploitation en 1980, est situé à 6 kilomètres au sud-ouest de Sfax. D'une capacité de 500 000 passagers par an, l'actuelle aérogare s'étend sur 8 000 m².

La ville de Sfax est considérée comme l'un des pôles sportifs les plus importants du pays avec environ 40 clubs sportifs. Elle compte ainsi quelques 7 200 sportifs pratiquants. Les spécialités pratiquées sont le football, le volley-ball, le handball, le basket-ball, le judo, le tennis, le rugby, l'athlétisme, la boxe, l'haltérophilie, la pétanque et la natation. En termes d'infrastructures, la cité abrite le stade Taïeb Mehiri, bâti en 1938, mais aussi le stade du 2 mars et le stade Siccaldi de même que la salle de sport du 7 novembre.

Le Club sportif sfaxien (CSS) est l'une des plus prestigieuses équipes sportives de Tunisie. En 2006, elle atteint la finale de la Ligue des Champions d'Afrique contre Al Ahly (Égypte). D'autres clubs sportifs ont existé avant le CSS comme l'équipe des chemins de fer de Sfax (Sfax railways sports), qui remporte son premier titre de championnat de Tunisie de football en 1934, ou encore le Stade sportif sfaxien (équipe de l'usine SIAPE).

En 2004, la ville de Sfax accueille des matchs de football de la Coupe d'Afrique des nations, qui est organisée par la Tunisie, comme le match de quart de finale Algérie-Maroc. En janvier 2005, Sfax accueille quelques matchs du premier tour de la Coupe du monde de handball notamment le choc du premier tour entre l'Espagne et la Croatie.

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Thierry Omeyer

Thierry Omeyer en 2006

Thierry Omeyer est un joueur français de handball, né à Mulhouse le 2 novembre 1976. Il évolue au poste de gardien de but en équipe de France et dans le club allemand de Kiel, l'un des meilleurs clubs européens. Son frère jumeau, Christian, est aussi handballeur professionnel à Sélestat, où il joue au poste d'arrière gauche.

Thierry Omeyer est né le 2 novembre 1976 à Mulhouse. Il débute le handball à 9 ans au club de Cernay en Alsace, où il passera par tous les échelons d'une carrière de handball : comité départemental, Ligue, Pôle, Centre de formation pour ensuite partir en 1994 au centre de formation du club de l'élite Séléstat. Il se fera connaître petit à petit pour ses pourcentages d'arrêt par match, atteignant plus de 50 %.

En 2000, Montpellier décide de l'engager. Omeyer n'est pas encore conscient qu'il va connaître ses plus belles heures de handball. Dès 2001, il remporte avec l'équipe de France le Championnat du monde 2001 en France.

L'année suivante, Omeyer est le premier gardien du MHB. Il remporte ses premiers trophées (Championnat de France et Coupe de France). En 2003 il remporte ces mêmes trophées, auxquels il ajoute la victoire en Ligue des champions avec la génération Karabatic, Dinart, Martini, etc... De 2004 à 2006, il remportera à chaque fois le doublé Coupe-championnat et quelques beaux matches en Ligue des Champions.

Au début de la saison 2006-2007, Omeyer, désireux d’évoluer dans un championnat plus relevé, décide de quitter Montpellier pour rejoindre Kiel, club où il prend la place de Henning Fritz. Durant cette même saison 2006-2007, sa quête de consécration mondiale échoue face aux Allemands et un Henning Fritz remonté qui obtient le titre de meilleur gardien du tournoi.

Toutefois, Thierry Omeyer reste le gardien incontesté de Kiel en raison des différentes blessures de Henning et de son départ annoncé pour SG Kronau/Östringen.

Le 22 août 2008, il permet à l'équipe de France d'accéder pour la première fois de son histoire à la finale des JO de Pékin en réalisant un match énorme face à la Croatie. La France jouera la finale contre l'Islande.

Le 24 août 2008, grâce notamment à sa prestation exceptionnelle dans les buts (19 arrêts sur 39 tirs islandais ! ), la France bat l'Islande 28 à 23 en finale des Jeux olympiques de Pékin. Il est élu meilleur gardien du tournoi, qu'il termine avec le meilleur pourcentage d'arrêts de la compétition (41%), à égalité avec l'Allemand Johannes Bitter.

Le 1 février 2009, L'équipe de France remporte la coupe du monde de handball et rentre dans l'histoire en faisant le doublé titre olympique, puis mondial. Décisif en finale face à la Croatie (24-19), Thierry Omeyer réalise 10 arrêts (34%).

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Handball

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Le handball (parfois simplifié en hand) est un sport collectif où deux équipes de 7 joueurs s'affrontent avec un ballon sur un terrain rectangulaire (dimensions : 20 mètres par 40 mètres) séparé en deux camps.Le nom est un emprunt de l'allemand (1912) : die Hand (la main) et der Ball (la balle, mot prononcé comme en français).

Les premières traces de jeux similaires au handball remontent à la France médiévale ainsi que chez les Inuits du Groënland à la même époque. Le jeu moderne prend ses sources au XIXème siècle, au Danemark, sous le nom de « haandbold » ou encore en Tchécoslovaquie sous le nom de « hazena ».

Dans les années 1900, un Irlandais du nom de Casey introduisit un jeu semblable au handball aux États-Unis. Il provoque un tel engouement qu'une compétition aurait même vu le jour en 1919 à Los Angeles.

Cependant, on considère que le handball est un sport de conception danoise. Le Danois Holger Nielsen créa les règles du handball moderne (håndbold) en 1898. En 1919, le professeur allemand, Carl Schellenz, de l'École Normale Germanique d'Éducation Physique de Leipzig, propose une adaptation du Torball (sorte de « balle au but » pratiqué par les femmes allemandes). Il créa alors le handball à onze.

La Fédération internationale de handball voit le jour en 1928. Le jeu se pratique alors en extérieur, à onze contre onze. Le handball est sport de démonstration aux Jeux de Berlin en 1936. En 1938, deux championnats du monde sont organisés en Allemagne, et remportés par l'Allemagne : un championnat à onze et un autre à sept, avec quatre équipes européennes (Allemagne, Autriche, Danemark, Suède).

La refondation de la Fédération internationale a lieu en 1946.

Le handball est très peu pratiqué avant la Seconde Guerre mondiale en France, mais en septembre 1941 on assiste à la mise en place, avec l'aide du régime de Vichy, d'une fédération française autonome. De plus, le handball fait son entrée dans les programmes du sport scolaire. La fédération est interdite et dissoute fin 1944 au titre de l'Ordonnance d'Alger du 2 octobre 1943 (Statut des groupements sportifs et de jeunesse, J.O de la République française du 7 octobre 1943); elle ne pourra renaître, après plusieurs enquêtes administratives et financières, qu'en juillet 1952.

Dans les années 1950, Le handball à onze est progressivement abandonné au profit du handball à sept. Ce sport jadis pratiqué en extérieur trouve refuge dans des gymnases. Le dernier championnat du monde à 11 a lieu en 1966. Le handball est admis au programme olympique masculin en 1972 et les femmes entrent en 1976.

Le handball fut longtemps considéré comme un sport de complément, pratiqué l'hiver au chaud dans les gymnases, puis bien vite se lia, grâce notamment aux substrats actifs du milieu scolaire, autour du handball une véritable progression jusqu'au niveau actuel. Le handball doit donc beaucoup aux milieux scolaires et universitaires et tient aujourd'hui encore une place importante dans les programmes scolaires, notamment en France.

Une rencontre oppose deux équipes et se déroule généralement en deux mi-temps de 30 minutes chacune, séparées par une pause à la mi-temps de 10 minutes. Le jeu se pratique avec un ballon de 58 à 60 cm de circonférence et d'un poids compris entre 425 et 475 grammes pour les hommes (taille 3) et de 54 à 56 cm de circonférence pour un poids de 325 à 400 grammes pour les femmes (taille 2).

Chaque équipe se compose de sept joueurs sur le terrain et de remplaçants (de joueurs de champ ou du gardien) généralement au nombre de cinq. Les joueurs sur le terrain sont : un gardien de but et six joueurs de champ, répartis la plupart du temps en deux ailiers (droit et gauche), deux arrières (droit et gauche), un demi-centre (ou arrière-central) et un pivot. Dans certains dispositifs tactiques, on peut notamment évoluer avec deux pivots. Les deux pivots ne sont que provisoires. Généralement, le deuxième pivot est un ailier (ou un arrière) qui rentre dans le « mur » défensif pour déstabiliser la défense. Le nombre de remplacements est illimité.

L'aire de jeu est un rectangle de 40 mètres de long sur 20 mètres de large comprenant une surface de jeu et deux surfaces de but . Les grands côtés sont appelés lignes de touche ; les petits, lignes de but (entre les montants) ou lignes de sortie de but (de part et d'autre des montants).

Une zone de sécurité devrait entourer l'aire de jeu. Sa largeur est au moins de 1 mètre le long de la ligne de touche et de 2 mètres derrière la ligne de sortie de but.

Il n'est pas autorisé de modifier les caractéristiques de l'aire de jeu pendant le match de sorte à avantager une seule équipe.

Le but est placé au milieu de chaque ligne de sortie de but. Les buts doivent être solidement fixés au sol ou aux murs derrière eux. Ils ont une hauteur interne de 2 mètres et une largeur de 3 mètres.

Les montants du but sont reliés à une traverse. Leur arête postérieure est alignée sur le côté postérieur de la ligne de but. Les montants et la traverse doivent présenter une section carrée de 8 cm. Ils doivent être peints sur les trois faces visibles du côté de l'aire de jeu en deux couleurs contractantes (généralement rouge et blanc), se détachant nettement de l'arrière-plan.

Le but doit être muni à l'arrière d'un filet suspendu de telle sorte que le ballon qui entre dans le but ne puisse rebondir ou ressortir immédiatement.

La ligne de but est tracée entre les poteaux d'un but ; elle fait 3 mètres de long. La ligne extérieure (ligne arrière ou ligne de sortie de but) prolonge la ligne de but au fond du terrain, de façon à ce que le but se situe au milieu de la ligne ; les deux lignes extérieures délimitent le terrain en longueur (40 mètres). Les lignes latérales (lignes de touche) délimitent la largeur du terrain (20 mètres). La ligne médiane relie les milieux des lignes de touche. Ces lignes sont continues.

Devant chaque but se trouve la surface de but. Elle est délimitée par la ligne de surface de but (ligne des six mètres), tracée de la façon suivante : une ligne de 3 mètres de long, parallèle à la ligne de but et éloignée de 6 mètres du but, et deux quarts de cercle de 6 mètres de rayon chacun qui relient la ligne de 3 mètres de long à la ligne extérieure. La ligne est continue.

La ligne de limitation du gardien de but (ligne des quatre mètres) est une ligne de 15 cm de long tracée parallèlement devant le but, à une distance de 4 mètres. Le gardien peut avancer jusqu'à cette ligne pour se défendre d'un penalty, tiré pour l'occasion depuis la ligne de tir (ligne des sept mètres) : une ligne de 1 mètre de long parallèle à la ligne de but, placée à 7 mètres du but.

La ligne de jet franc (ligne des neuf mètres) est une ligne discontinue, tracée à 3 mètres de la ligne de surface de but, et donc à 9 mètres du but. Les traits de la ligne de jet franc, ainsi que les intervalles, mesurent 15 cm.

La ligne de changement (une partie de la ligne de touche) de chaque équipe s'étend de la ligne médiane à une distance de 4,5 mètres de celle-ci. L'extrémité de cette ligne de changement est marquée par une ligne parallèle à la ligne médiane. Cette ligne se prolonge de 15 cm sur l'aire de jeu et de 15 cm hors de l'aire de jeu (donc seuls ces 30 cm de part et d'autre de la ligne sont visibles).

Toutes les lignes tracées sur l'aire de jeu font partie intégrante de la surface qu'elles délimitent. Les lignes de but doivent présenter une largeur de 8 cm entre les montants du but, alors que toutes les autres lignes ont une largeur de 5 cm.

Les lignes séparant deux zones adjacentes peuvent être remplacées par une différence de couleur entre les zones adjacentes du sol.

L'équipe gagnante est celle qui comptabilise le plus de points à la fin du temps réglementaire.

L'attaquant a donc le droit de sauter au-dessus de la surface de but et effectuer son tir avant de retoucher le sol, afin d'être plus près du but.

Les matchs sont dirigés par deux arbitres (à partir du niveau régional) aidés par un chronométreur et un secrétaire. Ces derniers forment la « table de marque ».

Les joueurs de champ ne peuvent jouer le ballon (dont la taille varie selon les différentes catégories d'âges et de sexes) qu'avec les mains (en réalité, ils peuvent très bien user de la tête, des fesses, du coude...). Est considéré comme faute tout ballon touchant une partie du corps inférieure aux genoux (mais de nouveaux règlements tendent à ne compter pour faute qu'un contact volontaire de cette dernière partie). Seul le gardien a la possibilité de détourner le ballon du pied (sauf à l'extérieur de sa zone, où il est considéré comme un joueur de champ), mais certainement pas de jouer le ballon au pied. Il est interdit à un de ses équipiers de passer la balle au gardien lorsqu'il est dans sa zone, sous peine de jet franc pour l'adversaire.

Les joueurs peuvent dribbler avec le ballon, et faire au maximum trois pas ballon en main. La saisie du ballon par les deux mains à la fois stoppe le dribble (et du coup, impose un tir ou une passe).

Avertissements (carton jaune) : destiné à cadrer le match, il vient sanctionner les premières fautes virulentes de défense. En cas de répétition de ces mêmes fautes par le même joueur ou n'importe quel joueur de la même équipe, le fautif recevra une exclusion temporaire de 2 minutes. Un joueur ne devrait pas recevoir plus d'un carton jaune et chaque équipe ne devrait en recevoir que 3 (Dans les règles, il n'est pas exclu de mettre plus de 3 cartons jaunes mais les arbitres s'accordent pour ne mettre que 3 cartons jaunes par équipe). Le carton jaune peut être adressé « au banc » pour calmer un officiel, il est important dans ce cas de « renverser » le sens du ballon si l'équipe sanctionnée est en possession de la balle, sauf si le ballon est « mort » (jet non exécuté, ou remise au centre par exemple).

Exclusion temporaire (2 minutes) : elle sanctionne les attitudes et gestes anti-sportifs et les défenses virulentes ne portant pas atteinte à l'intégrité physique. Le fautif sort pour deux minutes, laissant son équipe jouer à un de moins pendant cette période. Si un joueur est exclu trois fois durant la partie, il est définitivement exclu : il lui sera immédiatement signifié une disqualification avec exclusion au préalable (équivalent du carton rouge). Il ne prendra plus part au match, devra quitter le terrain (règlementairement il doit se rendre aux vestiaires) mais ne sera pas, en règle générale, suspendu pour les échéances suivantes. L'équipe joue à un de moins pendant 2 minutes. De la même manière que pour un carton jaune, on peut adresser 2 minutes au banc, le responsable choisira alors un joueur à sortir deux minutes (sanction non nominative ne concernant alors que le nombre même).

Disqualification directe (carton rouge) : elle vient sanctionner un joueur ayant reçu 3 exclusions de 2 minutes, ainsi qu'un acte antisportif grossier ou une faute présentant un risque pour l'intégrité physique du joueur. Elle représente une exclusion définitive du joueur, remplaçable deux minutes après son exclusion, sera sanctionnée d'un rapport et pourra occasionner une suspension.

L'expulsion (à ne pas confondre avec l'exclusion) : elle punit la « voie de fait », coup volontaire particulièrement violent qui résulte d'une action réflexe portée envers toute personne de l'environnement (joueur, arbitre, spectateur...) ou crachat. Le joueur expulsé ne peut pas être remplacé et doit immédiatement quitter l'aire de jeu et la zone de changement. L'équipe jouera le reste du match avec un joueur de moins. Après avoir quitté l'aire de jeu, le joueur n'est pas autorisé à avoir de contact avec son équipe.

Chaque équipe peut bénéficier d'un temps mort par mi-temps. Celui-ci dure 1 minute. L'obtention de cette coupure de jeu nécessite d'être en possession de la balle et de déposer son carton vert à la table de marque qui klaxonne pour en signifier l'attribution.

Les rencontres sont encadrées par une paire d'arbitres. Ce binôme possède individuellement les mêmes tâches, qui s'inversent à chaque attaque. Dans la pratique, l'arbitre du côté de l'équipe attaquante se positionne en retrait des joueurs et de manière excentrée ; son homologue se place alors généralement du côté opposé, au niveau de la ligne de sortie de but. De par sa position, ce dernier dispose souvent du meilleur placement pour surveiller les empiètements sur la zone.

Mis à part la tentative isolée en 1936, le handball moderne fait son entrée au programme olympique en 1972, à l'occasion des Jeux de Munich. La Yougoslavie s'impose chez les hommes tandis que la Russie remporte l'or chez les femmes. Ces deux nations dominent dès lors les palmarès internationaux. Avant cette date, les championnats du monde constituaient le seul rendez-vous planétaire, voyant s'imposer à l'époque des nations comme l'Allemagne, la Tchécoslovaquie, la Suède et la Roumanie. Avec la professionnalisation de certains championnats nationaux en Europe occidentale et l'éclatement de la Russie et de la Yougoslavie, la France (championne olympique en 2008, triple championne du monde en 1995, 2001, 2009 et championne d'Europe en 2006) ou plus récemment l'Espagne (championne du monde en 2005) ont également pu décrocher quelques titres majeurs. Lors des championnats du monde masculins de 2007, l'Allemagne, qui jouait sur ses terres, a été sacrée championne du monde face à la Pologne grâce à une victoire 29 à 24.

Le handball international est dominé par les pays européens, chez les hommes comme chez les femmes. Seule exception notable, la Corée du Sud, dont l'équipe féminine fut double championne olympique en 1988 et 1992 et trois autres fois finaliste, et championne du monde en 1995. La Tunisie, l'Égypte et l'Algerie chez les hommes, et l'Angola chez les femmes font partie des nations non-européennes qui se qualifient régulièrement pour les phases finales des grands tournois internationaux.

Au niveau des clubs, l'épreuve reine est la Ligue des champions, anciennement Coupe d'Europe des clubs champions, qui met aux prises les meilleurs clubs européens depuis 1956 pour les hommes et 1960 pour les femmes. Les autres continents se sont dotés de compétitions similaires, à l'image de la Ligue des champions africains qui fut créée en 1979.

Les trois principaux championnats masculins se disputent en Allemagne, en Espagne et en France, où les joueurs évoluent avec un statut professionnel. En Allemagne les équipes de Kiel (14 fois champion d'Allemagne), Gummersbach, Flensburg et Hambourg dominent le championnat. En France, Montpellier écrase la concurrence depuis 1995 (10 fois champion de France). Ivry (champion de France 2007), Chambéry et Créteil entre autres se disputent les accessits. En Espagne, le FC Barcelone, Ciudad Real, Pampelune et León se partagent les titres. Lieu d'origine du sport, grâce à ses infrastructures, ses salles, son public et ses capacités financières, le championnat d'Allemagne est le plus puissant, devant celui d'Espagne puis de France. Malheureusement, le handball n'est pas assez populaire au niveau mondial, les salaires des joueurs professionnels sont donc dérisoires comparés à d'autres sports.

Outre ces trois épreuves majeures, il existe des compétitions à élimination directe dans ces pays : Coupe d'Allemagne, Coupe d'Espagne et Coupe de France. La Russie, les pays nordiques et ceux de l'ancienne Yougoslavie proposent également des compétitions de haut niveau.

Les principaux championnat féminins sont ceux du Danemark, de la France et de l'Espagne. Les principales équipes qui sont en compétition pour la première place dans le championnat français sont Metz, Dijon, Le Havre, Besançon.

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Coupe du monde des clubs de handball

Le Super Globe est une compétition organisée tous les cinq ans par la Fédération internationale de handball (IHF), mettant aux prises les meilleures équipes des cinq continents. Elle est parfois appelée « Coupe du monde des clubs ».

La première édition a regroupé huit participants et débouché sur une finale 100% européenne, remportée par les Espagnols de Santander devant les Norvégiens de Drammen HK.

La deuxième édition, organisée sous forme de mini-championnat entre cinq équipes, s’est achevée sur la victoire surprise de l’hôte de la compétition, le Al Sadd Doha, champion d’Asie, devant le SC Magdebourg.

Organisée sous forme de mini-championnat entre cinq équipes, la compétition s’est achevée sur la victoire attendue du champion d’Europe espagnol, le BM Ciudad Real. Le club hôte Al-Ahly (le National) fêtait à cette occasion son centenaire.

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Ivica Kostelić

Ivica Kostelic Schladming 2008.jpg

Ivica Kostelić, né le 23 novembre 1979 à Zagreb, est un skieur alpin croate s'illustrant dans les épreuves de slalom, combiné et géant. Au cours de sa carrière, il a notamment remporté une médaille d'argent en combiné aux jeux Olympiques de 2006 de Turin, un titre de champion du monde en slalom en 2003 et un globe de cristal en slalom en 2002. Il compte neuf victoires en coupe du monde et 28 podiums au total. Il est par ailleurs le grand frère de la skieuse alpine Janica Kostelić.

Ivica Kostelic naît en 1979 à Zagreb, il a une sœur Janica et un demi-frère Hrvojka né d'un premier mariage de son père. Sa mère s'appelle Marica (ancienne handballeuse de bon niveau). Son père Ante Kostelic joue un rôle essentiel dans sa carrière sportive puisqu'il est son entraîneur ainsi que de sa petite sœur Janica Kostelic (née en 1982, également grande championne de ski alpin), son père est un ancien handballeur ayant évolué dans le championnat de handball à Montpellier La Paillade Sport Club entre autres, ses méthodes d'entraînements ont souvent été qualifiés d'« ambiance commando » par les observateurs. Il détient un rôle prépondérant dans la réussite de ces deux enfants en sport de haut niveau.

Ivica dispute sa première course « FIS Race » le 16 décembre 1994 à Zermatt à 15 ans seulement. Très précoce, il prend part l'année suivante le 12 décembre 1995 à sa première course de Coupe d'Europe (anti-chambre de la Coupe du monde) à Obereggen, il participe alors à toutes les épreuves (descente, slalom, géant et super G). Il dispute ses premiers Championnats du monde juniors de ski alpin en 1997 à Schladming dans les quatre épreuves (10e en slalom, 14e en descente, 16e en super G et 22e en slalom géant) à 17 ans. Lors de la saison 1998, il participe à sa première course de Coupe du monde lors du slalom géant inaugural de la saion à Sölden suivi des étapes en slalom et géant à Park City et Aspen sans qu'il puisse marquer de points. Il termina la saison en disputant les championnats du monde 1999 de Vail dans l'épreuve du super G où il prend la 32e place (seul Croate à disputer la course). Dans le même temps, sa sœur remporte sa première épreuve de Coupe du monde dans le combiné de Sankt Anton.

Lors de la saison 2000, il participe de nouveau aux étapes en Coupe du monde de Vail-Beaver Creek en slalom, géant et super G mais se blesse grièvement au genou en décembre 1999 qui l'oblige à s'éloigner de la compétition pour toute la saison. Il revient lors de la saison 2001 et retrouve la Coupe du monde à Park City, il y inscrit ses premiers points lors du slalom de Sestrières avec une 21e place mais se blesse de nouveau au genou en janvier 2001 qui l'éloigne de la compétition. Ces deux blessures au genou retarde son éclosion au plus haut niveau.

De nouveau de retour pour la saison 2002, il surprend tout le monde lors de sa deuxième course de Coupe du monde à Aspen en remportant avec le dossard 64 sa première victoire le 25 novembre 2001 devant Giorgio Rocca et Mario Matt, il bat alors le record du vainqueur avec le dossard le plus élevé en slalom (détenu auparavant par Matt avec le dossard 47 en 2000 à Kitzbühel), le lendemain il prend la 5e place du second slalom d'Aspen, il renoue un podium lors des slaloms de Kranjska Gora (3e) et d'Adelboden (2e) avant de remporter la slalom de Wengen. Il réalise deux autres performances avant les Jeux olympiques d'hiver de 2002 de Salt Lake City avec une 6e place à Kitzbühel et une 3e place à Schladming. Aux JO, il prend part aux épreuves de géant et de slalom. En géant, il prend la 9e place et meilleur croate (7e de la première manche) d'une course remportée par Stephan Eberharter, il s'agit alors de sa meilleure performance en géant dans sa carrière. En revanche en slalom, il a l'étiquette de favori en raison de son début de saison où il arrive en position de leader du classement du slalom, il réalise le 4e temps de la première manche derrière Jean-Pierre Vidal, Bode Miller et Benjamin Raich mais chute dans la seconde manche tandis que sa sœur remporte trois titres olympiques et une médaille d'argent (devenant la première championne olympique croate). Il termine sa saison avec une nouvelle victoire en slalom à Altenmarkt et remporte son premier petit globe de cristal en slalom (premier croate à réaliser cette performance), il finit 7e au général. Il est élu sportif croate de l'année par le quotidien Sportaš godine (titre prestigieux attribué par les journalistes du pays) succédant au joueur de tennis Goran Ivanisevic.

Lors de la saison 2003, il attend l'étape de Sestrières pour renouer avec la victoire en slalom suivi de deux autres succès à Kranjska Gora et Bormio puis de belles performances à Wengen (3e), Kitzbühel (4e) et Schladming (4e). Aligné dans les épreuves de géant et de slalom aux Championnats du monde 2003 de Saint-Moritz, il abandonne tout d'abord en géant. En slalom, il est parmi les favoris, il confirme ce statut en première manche avec le meilleur temps devant Raich et Manfred Pranger, en seconde manche il gère son avance et remporte son premier titre de champion du monde (et premier croate à le devenir) devant Silvan Zurbriggen (auteur d'une grande remontée en seconde manche puisque parti en 25e position) et Rocca. À l'issue de cette course, Ivica déclare que « C'est l'un des plus beaux jours de ma vie», après s'être jeté dans les bras de sa sœur qui l'attendait dans l'aire d'arrivée. Ce succès accompagne les deux titres de championne du monde de Janica en slalom et combiné, jamais la Croatie ne fut si triomphante en ski alpin. Lors de leurs retours au pays, ils sont acclamés par les Croates et les quotidiens nationaux n'hésitent pas à les mettre à la une en lieu et place des évènements en Irak avec des titres tels que « Ivica roi du slalom » (quotidien Vjesnik) ou « Le frère et la sœur au somment du monde », ils sont tous deux félicités par le Premier ministre croate Ivica Racan (« Nous sommes plus qu'heureux que vous ayez imité le succès de votre soeur, en décrochant une médaille d'or en Championnat du monde ») et le président Stipe Mesic. En bagarre avec Kalle Palander, il perd pour huit points le globe de cristal du slalom et termine second du slalom et 7e du général. Il est de nouveau élu sportif croate de l'année par le quotidien Sportaš godine se succédant à lui-même.

Lors de la saison 2004, il remporte le slalom de Madonna di Campiglio et fait un podium à Chamonix (3e) avant d'être victime d'une rupture des ligaments croisés à Schladming qui interrompt sa saison. Il effectue son retour lors de la saison 2005, après sept abandons en slalom et géant en coupe du monde, il prend la 7e place du slalom de Flachau puis renoue un podium au slalom de Wengen (2e) et de Kitzbühel (3e), il termine l'année à la 7e place du classement du slalom. Entre temps, il participe aux Championnats du monde 2005 de Bormio où il abandonne en première manche son titre acquis deux ans auparavant.

Lors de la saison 2006, il élargit son répertoire d'épreuves en participant à quelques super G, combiné et descente (bien qu'il ne marque aucun point en super G et descente au cours de cette année) en plus du slalom, il met en revanche de côté le géant. Il fait trois top 10 avant de se présenter aux Jeux olympiques de 2006 (7e du slalom de Beaver Creek, 9e du combiné de Val d'Isère et 7e du slalom de Madonna di Campiglio). Aux JO de Turin, il réalise le 7e temps de la descente du combiné puis le 4e du slalom lui permettant d'acquérir sa première médaille olympique : l'argent derrière Ted Ligety et devant Rainer Schönfelder. Il devient le premier Croate à remporter une médaille olympique chez les hommes. Il participe également au super G où il prend la 31e place et au slalom avec une 6e place à 30 centièmes du podium. Il termine sa saison par une 4e au slalom d'Aare. Malgré quelques bonnes performances, son début de saison ratée le fait terminer à la 15e place du classement du slalom et 40e au général.

Lors de la saison 2007, il reproduit quasiment son planning de l'année précédente à savoir l'abandon du géant pour s'aligner en combiné et en descente. Il remporte son premier combiné de sa carrière (super combiné de Reiteralm composé d'un super G (où il fut 7e) et d'une manche de slalom) devant Romed Baumann et Pierrick Bourgeat. La semaine suivante, il monte sur le podium du slalom d'Alta Badia. En janvier, il termine 4e du super combiné de Wengen et 7e du slalom de Kitzbühel. Hormis une 3e place décrochée dans le classement du combiné, Ivica marque le pas en slalom (16e au classement) et n'a marqué aucun point en descente, terminant à la 25e place au général. Il prend entre-temps part aux Championnats du monde 2007 d'Åre, il termine 12e du combiné, est disqualifié en première manche du géant et abandonne en seconde manche du slalom.

Lors de la saison 2008, Ivica décide de prendre part à toutes les épreuves, il réalise un premier top 10 à Bad Kleinkirchheim avec une 7e place en slalom fin décembre 2007. En janvier 2008, il enchaîne de belles performances en se classant six fois dans un top 10 (quatre slaloms et deux combinés) dont deux podiums lors des deux combinés à Kitzbühel et Chamonix. En février, il fait deux podiums en slalom à Garmisch-Partenkirchen (3e) et à Zagreb chez lui où il doit se contenter de la seconde place derrière Mario Matt, il refait un podium en slalom en mars à Kransjka Gora et atteint même une 8e place en super G lors des finales de Bormio. Second du classement du combiné derrière Bode Miller, il a marqué des points dans les cinq disciplines lui permettant d'atteindre son meilleur classement au général avec une 6e place finale.

Pour la saison 2009, il renoue l'exercice de la polyvalence qui lui avait réussi l'année précédente, il fait un top 10 en géant à Beaver Creek (8e) puis un podium (2e derrière Daniel Albrecht) et enfin une victoire en slalom à Alta Badia devant Jean-Baptiste Grange. En janvier 2009, il refait un podium chez lui à Zagreb, deuxième toujours derrière Grange et marque des points en géant, descente avant de terminer le mois par trois top 10 avec une 7e place en slalom et une 2e en combiné à Kitzbühel et une 3e place au slalom de Schladming, permettant de le présenter comme l'un des favoris en tant que leader du classement général pour les Championnats du monde de 2009 de Val d'Isère. Pour la première épreuve de ces mondiaux le super G, il doit en revanche renoncer au départ en raison de douleurs persistantes au dos.

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Tunisie

Drapeau de la Tunisie

La Tunisie (تونس) est un pays d’Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Elle est bordée au nord et à l’est par la mer Méditerranée. Sa frontière ouest s’ouvre sur l’Algérie (965 km) et sa frontière sud-est sur la Libye (459 km). Son nom est dérivé de celui de sa capitale, Tunis, située dans le nord-est du pays.

Près de 40 % de la superficie du territoire est occupée par le désert du Sahara, le reste étant constitué de terres fertiles, berceau de la civilisation carthaginoise qui atteignit son apogée au IIIe siècle av. J.-C., avant de devenir le « grenier à blé » de l’Empire romain.

Longtemps appelée Régence de Tunis, notamment sous la domination ottomane, la Tunisie passe sous protectorat français en 1881. Avec l’avènement de l’indépendance, le 20 mars 1956, le pays prend l’appellation officielle de Royaume de Tunisie à la fin du règne de Lamine Bey qui, cependant, ne porta jamais le titre de roi. Avec la proclamation de la république, le 25 juillet 1957, c’est le leader nationaliste Habib Bourguiba qui devient le premier président de la République tunisienne et modernise le pays. Toutefois, au terme de trente ans à la tête du pays dont la fin est marquée par le clientélisme et la montée de l’islamisme, le premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali finit par le déposer mais poursuit dès lors les principaux objectifs du « bourguibisme » tout en libéralisant l’économie.

Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.

La Tunisie est le pays le plus au nord du continent africain. Il est séparé de l’Europe par 140 kilomètres au niveau du détroit de Sicile et rattaché au Maghreb dont il est le plus petit État. Disposant d’une superficie de 163 610 km2, le pays est limité à l’ouest par l’Algérie (965 km de frontière commune), au sud-est par la Libye (459 km) et au nord et à l’est par la mer Méditerranée (1 298 km de côtes).

Les terres cultivées représentent 4,9 millions d’hectares dont 1,6 consacré à la culture des céréales, 1,6 consacré à la culture de l’olivier et 400 000 hectares consacrés aux cultures irriguées. Le désert occupe une superficie comprise entre 33 % et 40 % du territoire selon qu’on le définisse d’après l’aridité ou selon des caractéristiques paysagères.

La Tunisie possède un relief contrasté entre une partie septentrionale et occidentale montagneuse située dans l’extension du massif montagneux de l’Atlas — son point culminant est le Djebel Chambi (1 544 mètres) — et coupée par la plaine de la Medjerda (seul cours d’eau alimenté de façon continue), une partie orientale plane s’étendant entre Hammamet et Ben Gardane et une partie méridionale désertique divisée entre une succession de chotts (Chott el-Gharsa, Chott el-Jérid et Chott el-Fejaj), des plateaux rocheux et les dunes du Grand Erg Oriental. Le littoral parsemé de tombolos et de lagunes s’étend sur 1 298 kilomètres dont 575 de plages sablonneuses. Quelques îles dont les Kerkennah et Djerba parsèment le littoral.

Le climat de la Tunisie se divise en sept zones bioclimatiques, la grande différence entre le nord et le reste du pays étant due à la chaîne de la dorsale tunisienne qui sépare les zones soumises au climat méditerranéen de celles soumises au climat aride engendré par le Sahara. En raison de sa situation géographique, le climat tunisien est influencé par divers types de vents : la côte nord est exposée aux vents marins soufflant depuis le sud de la France, ce qui provoque une baisse significative des températures et une hausse des précipitations, et le sud du pays aux vents chauds et secs tels le sirocco soufflant sur les grandes étendues désertiques et les plaines. Le pays bénéficie également d’un taux d’ensoleillement important (dépassant 3 000 heures par an). Les températures varient en raison de la latitude, de l’altitude et de la proximité ou de l’éloignement de la mer Méditerranée. S’il peut faire quelques degrés au-dessous de 0°C en hiver dans les montagnes de Kroumirie, la température grimpe parfois en été aux environs de 50 °C dans les régions désertiques. La pluviométrie annuelle varie également selon les régions : d’environ 1 000 millimètres au nord à environ 380 mm au centre et moins de 300 mm au sud.

La flore varie beaucoup en fonction des régions : celle des régions côtières est semblable à celle de l’Europe méridionale et comprend prairies, garrigue, maquis et forêts de chênes-liège. Plus au sud, la végétation est de type steppique avec une dominance de l’alfa. Dans les régions arides de l’extrême sud, les oasis sont plantées de palmiers-dattiers.

Huit aires naturelles ont été érigées en parcs nationaux. Le parc national de l'Ichkeul, qui s’étend sur 12 600 hectares, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Il existe également seize réserves naturelles qui ont pour but d’être un habitat pour des espèces ayant une valeur écologique et économique et en tant qu’écosystèmes vulnérables.

Selon une étude du programme méditerranéen du WWF, la région côtière du nord-ouest figure parmi les treize sites de la Méditerranée qui se distinguent par leur richesse naturelle, leur biodiversité et leurs espèces végétales et animales uniques.

L’espace tunisien apparaît inégalement peuplé et développé sur le plan socio-économique selon un gradient intérieur-littoral (ouest-est). Les treize gouvernorats côtiers totalisent 65,3 % de la population totale avec une forte densité de population (140 habitants par km²). L’économie y est diversifiée et c’est l’activité industrielle qui se démarque le plus avec la concentration de 85 % des établissements industriels du pays et même de 87,5 % de l’emploi dans ce secteur économique.

Aux côtés des gouverneurs se trouvent les Conseils régionaux qui sont chargés d’examiner « toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels ». Ils donnent ainsi leur avis sur les programmes et projets que l’État envisage de réaliser dans leur gouvernorat respectif, arrêtent le budget des gouvernorats et les impôts perçus au profit de la collectivité publique et établissent des relations de coopération avec des instances étrangères de niveau régional (après approbation du ministre de l’intérieur).

Les premières traces de présence humaine en Tunisie datent du Paléolithique. C’est à 20 kilomètres à l’est de Gafsa, dans l’oasis d’El Guettar, que se rassemble une petite population nomade de chasseurs-cueilleurs moustériens. Michel Gruet, l’archéologue qui découvre le site, relève qu’ils consomment des dattes dont il retrouve le pollen aux alentours de la source aujourd’hui asséchée.

À une culture ibéromaurusienne, répartie sur le littoral et relativement minime en Tunisie, succède la période du Capsien, nom créé par Jacques de Morgan et issu du latin Capsa, qui a lui-même donné le nom de l’actuelle Gafsa. Morgan définit le Capsien comme étant une culture allant du Paléolithique supérieur au Néolithique, couvrant ainsi une période qui s’étend du VIIIe au Ve millénaires av. J.-C.. D’un point de vue ethnologique et archéologique, le Capsien prend une importance plus grande puisque des ossements et des traces d’activité humaine remontant à plus de 15 000 ans sont découverts dans la région. Outre la fabrication d’outils en pierre et en silex, les Capsiens produisaient, à partir d’ossements, divers outils dont des aiguilles pour coudre des vêtements à partir de peaux d’animaux.

Au Néolithique (4500 à 2500 av. J.-C. environ), arrivé tardivement dans cette région, la présence humaine est conditionnée par la formation du désert saharien, qui acquiert son climat actuel. De même, c’est à cette époque que le peuplement de la Tunisie s’enrichit par l’apport des Berbères, issus semble-t-il de la migration vers le nord de populations libyques (ancien terme grec désignant les populations africaines en général). Le Néolithique voit également le contact s’établir entre les Phéniciens de Tyr, les futurs Carthaginois qui fondent la civilisation punique, et les peuples autochtones de l’actuelle Tunisie, dont les Berbères sont désormais devenus la composante essentielle. On observe le passage de la Préhistoire à l’Histoire principalement dans l’apport des populations phéniciennes, même si le mode de vie néolithique continue un temps à exister aux côtés de celui des nouveaux arrivants. Cet apport est nuancé, notamment à Carthage (centre de la civilisation punique en Occident), par la coexistence de différentes populations minoritaires mais dynamiques comme les Berbères, les Grecs, les Italiens ou les Ibères d’Espagne. Les nombreux mariages mixtes contribuent à l’établissement de la civilisation punique.

L’entrée de la Tunisie dans l’histoire se fait par l’expansion d’une cité issue d’une colonisation proche-orientale. La Tunisie accueille progressivement une série de comptoirs phéniciens comme bien d’autres régions méditerranéennes. Le premier comptoir selon la tradition est celui d’Utique, qui date de 1101 av. J.-C. En 814 av. J.-C., des colons phéniciens venus de Tyr fondent la ville de Carthage. D’après la légende, c’est la reine Élyssa (Didon pour les Romains), sœur du roi de Tyr Pygmalion, qui est à l’origine de la cité.

Ouverte sur la mer, Carthage est également ouverte structurellement sur l’extérieur. Un siècle et demi après la fondation de la ville, les Carthaginois ou Puniques étendent leur emprise sur le bassin occidental de la mer Méditerranée. Cette présence prend diverses formes, y compris celle de la colonisation, mais reste d’abord commerciale (comptoirs de commerce, signature de traités, etc.). La mutation vers un empire plus terrestre se heurte aux Grecs de Sicile puis à la puissance montante de Rome et de ses alliés massaliotes, campaniens ou italiotes. Le cœur carthaginois qu’est la Tunisie, à la veille des guerres puniques, possède une capacité de production agricole supérieure à celle de Rome et de ses alliés réunis, et son exploitation fait l’admiration des Romains.

La lutte entre Rome et Carthage prend de l’ampleur avec l’essor des deux cités : ce sont les trois guerres puniques, qui faillirent voir la prise de Rome mais se conclurent par la destruction de Carthage, en 146 av. J.-C., après un siège de trois ans. À l’issue de la Troisième Guerre punique, Rome s’installe sur les décombres de la ville. La fin des guerres puniques marque l’établissement de la province romaine d’Afrique dont Utique devient la première capitale, même si le site de Carthage s’impose à nouveau par ses avantages et redevient capitale en 14,. En 44 av. J.-C., Jules César décide d’y fonder une colonie romaine, la Colonia Julia Carthago, mais il faudra attendre quelques décennies pour qu’Auguste lance les travaux de la cité.

La région connaît alors une période de prospérité où l’Afrique devient pour Rome un fournisseur essentiel de productions agricoles, comme le blé et l’huile d'olive, grâce aux plantations d’oliviers chères aux Carthaginois. La province se couvre d’un dense réseau de cités romanisées dont les vestiges encore visibles à l’heure actuelle demeurent impressionnants : il suffit de mentionner les sites de Dougga (antique Thugga), Sbeïtla (Sufetula), Bulla Regia, El Jem (Thysdrus) ou Thuburbo Majus. Partie intégrante de la République puis de l’Empire avec la Numidie, la Tunisie devient pendant six siècles le siège d’une civilisation romano-africaine d’une exceptionnelle richesse, fidèle à sa vocation de « carrefour du monde antique ». La Tunisie est alors le creuset de l’art de la mosaïque, qui s’y distingue par son originalité et ses innovations. Concurrents des dieux romains, des dieux indigènes apparaissent sur des frises d’époque impériale, et le culte de certaines divinités, Saturne et Caelestis, s’inscrit dans la continuité du culte voué par les Puniques à Ba'al Hammon et à sa parèdre Tanit. Le « carrefour du monde antique » voit aussi l’installation précoce de communautés juives et, dans le sillage de celles-ci, des premières communautés chrétiennes.

L’apogée du IIe et du début du IIIe siècles ne va toutefois pas sans heurts, la province connaissant de graves crises au IIIe siècle av. J.-C. : les provinces sont pillées et subissent les affrontements entre usurpateurs au début du IVe siècle. Au cours de ce premier siècle de christianisme officiel, devenu religion d'État en 313, la province recouvre une prospérité que révèlent les vestiges archéologiques, provenant tant de constructions publiques que d’habitations privées.

Dans un espace ouvert sur l’extérieur comme l’est alors la province d’Afrique, le christianisme se développe de façon précoce grâce aux colons, commerçants et soldats, et la région devient l’un des foyers essentiels de la diffusion de la nouvelle foi, même si les affrontements religieux y sont violents avec les païens. Dès le IIe siècle, la province applique aussi les sanctions impériales, les premiers martyrs étant attestés dès le 17 juillet 180 : ceux qui refusent de se rallier au culte officiel sont torturés, relégués sur des îles, décapités, livrés aux bêtes féroces, brûlés voire crucifiés. À la fin du Ier siècle, la nouvelle religion progresse dans la province car, malgré une situation difficile, la nouvelle foi s’implante plus vite qu’en Europe, notamment en raison du rôle social joué par l’Église d’Afrique, qui apparaît dans la seconde moitié du IIIe siècle, et du fait de la très forte densité urbaine. C’est à partir d’environ 400 que, sous l’action dynamique d’Augustin d'Hippone et l’impulsion de quelques évêques, les grands propriétaires terriens et l’aristocratie citadine se rallient au christianisme, où ils voient leur intérêt, l’Église intégrant alors les diverses couches sociales.

Rapidement, la province d’Afrique est considérée comme un phare du christianisme latin occidental. Cette expansion rencontre toutefois des obstacles, en particulier lors du schisme donatiste qui est condamné de façon définitive au concile de Carthage. Ce dernier accuse les schismatiques d’avoir coupé les liens entre l’Église catholique africaine et les Églises orientales originelles. En dépit de cette lutte religieuse, la conjoncture économique, sociale et culturelle est relativement favorable au moment du triomphe du christianisme, comme en témoignent les nombreux vestiges, notamment de basiliques à Carthage et de nombreuses églises aménagées dans d’anciens temples païens (comme à Sbeïtla) ou même certaines églises rurales découvertes récemment.

Le 19 octobre 439, après s’être rendus maîtres d’Hippone, les Vandales et les Alains entrent dans Carthage, où ils installent leur royaume pour près d’un siècle. Les Vandales sont adeptes de l’arianisme, déclarée hérésie chrétienne au concile de Nicée, ce qui ne facilite pas les relations entre eux et les notables locaux majoritairement catholiques. Or les Vandales exigent de la population une totale allégeance à leur pouvoir et à leur foi. En conséquence, dès lors qu’ils tentent de s’opposer aux Vandales, les chrétiens sont persécutés : de nombreux hommes d’Église sont martyrisés, emprisonnés ou exilés dans des camps au sud de Gafsa. Dans le domaine économique, les Vandales appliquent à l’Église la politique de confiscation dont doivent pâtir les grands propriétaires. Cependant, la culture latine reste largement préservée et le christianisme prospère tant qu’il ne s’oppose pas au souverain en place. Dans ce contexte, le territoire, enserré par des principautés berbères, est attaqué par les tribus de nomades chameliers : la défaite, en décembre 533 à la bataille de Tricaméron, confirme l’anéantissement de la puissance militaire vandale. Carthage est prise facilement par les Byzantins dirigés par le général Bélisaire, envoyé par Justinien, le roi vandale Gélimer se rendant en 534. Malgré la résistance des Berbères, les Byzantins rétablissent l’esclavage et instituent de lourds impôts. Par ailleurs, l’administration romaine est restaurée.

L’Église d’Afrique est mise au pas et Justinien fait alors de Carthage le siège de son diocèse d’Afrique. À la fin du VIe siècle, la région est placée sous l’autorité d’un exarque cumulant les pouvoirs civil et militaire, et disposant d’une large autonomie vis-à-vis de l’empereur. Prétendant imposer le christianisme d’État, les Byzantins pourchassent le paganisme, le judaïsme et les hérésies chrétiennes. Pourtant, à la suite de la crise monothéliste, les empereurs byzantins, opposés à l’Église locale, se détournent de la cité. Or, avec une Afrique byzantine entraînée dans le marasme, un état d’esprit insurrectionnel secoue des confédérations de tribus sédentarisées et constituées en principautés. Ces tribus berbères sont d’autant plus hostiles à l’Empire byzantin qu’elles ont conscience de leur propre force. Avant même sa prise par les Arabes en 698, la capitale et dans une certaine mesure la province d’Afrique se sont vidées de leurs habitants byzantins. Dès le début du VIIe siècle, l’archéologie témoigne en effet d’un repli.

La première expédition arabe sur la Tunisie est lancée en 647. En 661, une deuxième offensive se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafi Al Fihri, est décisive : ce dernier fonde la ville de Kairouan au cours de la même année et cette ville devient la base des expéditions contre le nord et l’ouest du Maghreb. L’invasion complète manque d’échouer avec la mort d’Ibn Nafi en 683. Envoyé en 693 avec une puissante armée arabe, le général ghassanide Hassan Ibn Numan réussit à vaincre l’exarque et à prendre Carthage en 695. Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena. Les Byzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en 696 pendant que la Kahena remporte une bataille contre les Arabes en 697. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en 698 et par vaincre et tuer la Kahena.

Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir résisté, les Berbères se convertissent à la religion de leurs vainqueurs, principalement à travers leur recrutement dans les rangs de l’armée victorieuse. Des centres de formation religieuse s’organisent alors, comme à Kairouan, au sein des nouveaux ribats. On ne saurait toutefois estimer l’ampleur de ce mouvement d’adhésion à l’islam. D’ailleurs, refusant l’assimilation, nombreux sont ceux qui rejettent la religion dominante et adhèrent au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction de race ni de classe. La région reste une province omeyyade jusqu’en 750, quand la lutte entre Omeyyades et Abbassides voit ces derniers l’emporter. De 767 à 776, les kharidjites berbères sous le commandement d’Abou Qurra s’emparent de tout le territoire, mais ils se retirent finalement dans leur royaume de Tlemcen, après avoir tué Omar ibn Hafs, surnommé Hezarmerd, dirigeant de la Tunisie à cette époque.

En 800, le calife abbasside Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire. Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa Grande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée. À la fin du règne de Ziadet Allah Ier (817-838), Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 909.

Appuyée par les tribus Kutama qui forment une armée fanatisée, l’action du prosélyte ismaélien Abu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909). En décembre 909, Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides, qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique sub-saharienne. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile en 948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en 972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah confie à Bologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie des Zirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide, ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison. Les Hilaliens suivis des Banu Sulaym — dont le nombre total est estimé à 50 000 guerriers et 200 000 bédouins — se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en 1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de la Medjerda restant la seule route fréquentée par les marchands. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par les Normands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions de piraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime.

Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié du VIIe siècle, la langue arabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères sont plus ou moins influencés par l’arabisation, à commencer par ceux de l’Ifriqiya orientale.

À partir du premier tiers du XIIe siècle, la Tunisie est régulièrement attaquée par les Normands de Sicile et du sud de l’Italie, basés dans le royaume normano-sicilien. Cependant, l’ensemble du territoire d’Ifriqiya finit par être occupé par l’armée du sultan almohade Abd al-Mumin lors de son expédition depuis le nord du Maroc en 1159. L’économie devient florissante et des relations commerciales s’établissent avec les principales villes du pourtour méditerranéen (Pise, Gênes, Marseille, Venise et certaines villes d’Espagne). L’essor touche également le domaine culturel avec les œuvres du grand historien et père de la sociologie Ibn Khaldoun ; le siècle almohade est considéré comme l’« âge d’or » du Maghreb. De grandes villes se développent et les plus belles mosquées sont érigées à cette époque. Les Almohades confient la Tunisie à Abû Muhammad `Abd al-Wâhid ben Abî Hafs mais son fils Abû Zakariyâ Yahyâ se sépare d’eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie berbère des Hafsides. Elle acquiert son indépendance dès 1236 et dirige la Tunisie jusqu’en 1574, ce qui en fait la première dynastie tunisienne par sa durée. Elle établit la capitale du pays à Tunis, et la ville se développe grâce au commerce avec les Vénitiens, les Génois, les Aragonais et les Siciliens.

Les Hafsides de Tunis s’essoufflent et perdent peu à peu, après la bataille de Kairouan en 1348, le contrôle de leurs territoires au profit des Mérinides d’Abu Inan Faris, alors que, frappée de plein fouet par la peste de 1384, l’Ifriqiya continue de subir une désertification démographique amorcée par les invasions hilaliennes. C’est alors que commencent à arriver les Maures musulmans et juifs andalous fuyant la déchéance du royaume de Grenade en 1492 et occasionnant des problèmes d’assimilation. En une dizaine d’années, les souverains espagnols Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille prennent les cités de Mers el-Kébir, Oran, Bougie, Tripoli et l’îlot situé en face d’Alger. Pour s’en libérer, les autorités de la cité sollicitent l’aide de deux corsaires renommés, d’origine grecque : les frères Arudj et Khayr ad-Din Barbaros ou Barberousse.

La Tunisie offrant un environnement favorable, les frères Barberousse s’y illustrent : Arudj reçoit en effet du souverain hafside aux abois l’autorisation d’utiliser le port de La Goulette puis l’île de Djerba comme base. Après la mort d’Arudj, son frère Khayr ad-Din se place dans la vassalité du sultan d’Istanbul. Nommé grand amiral de l’Empire ottoman, il s’empare de Tunis en 1534 mais doit se retirer après la prise de la ville par l’armada que Charles Quint mène en 1535,. En 1560, Dragut parvient à Djerba et, en 1574, Tunis est reprise par les Ottomans, qui font de la Tunisie une province de l’empire en 1575. Pourtant, malgré leurs victoires, les Ottomans ne s’implantent guère en Tunisie. Au cours du XVIIe siècle, leur rôle ne cesse de décroître au profit des dirigeants locaux qui s’émancipent progressivement de la tutelle du sultan d’Istanbul alors que seuls 4 000 janissaires sont en poste à Tunis. Au bout de quelques années d’administration turque, plus précisément en 1590, ces janissaires s’insurgent, plaçant à la tête de l’État un dey et, sous ses ordres, un bey chargé du contrôle du territoire et de la collecte des impôts. Ce dernier ne tarde pas à devenir le personnage essentiel de la régence aux côtés du pacha, qui reste confiné dans le rôle honorifique de représentant du sultan ottoman, au point qu’une dynastie beylicale finit par être fondée par Mourad Bey en 1612. Le 15 juillet 1705, Hussein I Bey fonde la dynastie des Husseinites. Quoique toujours officiellement province de l’Empire ottoman, la Tunisie acquiert une grande autonomie au XIXe siècle, notamment avec Ahmed I Bey, régnant de 1837 à 1855, qui enclenche un processus de modernisation. À cette époque, le pays vit de profondes réformes, comme l’abolition de l’esclavage et l’adoption en 1861 d’une constitution,, et manque même de devenir une république indépendante.

Il est difficile de mesurer l’importance des influences turques qui demeurent en Tunisie. Quelques monuments affichent leur filiation ottomane. Dans un autre domaine, l’art des tapis, qui existait pour certains avant l’arrivée des Ottomans, voit les productions de Kairouan présenter au XVIIIe siècle des motifs purement anatoliens. Malgré ces influences perceptibles dans l’aspect des objets manufacturés, l’empreinte de l’Italie voisine se fait de plus en plus manifeste au cours du XVIIIe siècle, tant dans l’architecture que dans la décoration, marquant ainsi une ouverture du pays à l’Europe.

Toutefois, en raison de la politique ruineuse des beys, de la hausse des impôts et d’interférences étrangères dans l’économie, le pays connaît peu à peu de graves difficultés financières. Tous ces facteurs contraignent le gouvernement à déclarer la banqueroute en 1869 et à créer une commission financière internationale anglo-franco-italienne. La régence apparaît vite comme un enjeu stratégique de première importance de par la situation géographique du pays, à la charnière des bassins occidental et oriental de la Méditerranée. La Tunisie fait donc l’objet des convoitises rivales de la France et de l’Italie. Les consuls français et italien tentent de profiter des difficultés financières du bey, la France comptant sur la neutralité de l’Angleterre (peu désireuse de voir l’Italie prendre le contrôle de la route du canal de Suez) et bénéficiant des calculs de Bismarck, qui souhaite la détourner de la question de l’Alsace-Lorraine.

Les incursions de « pillards » khroumirs en territoire algérien fournissent un prétexte à Jules Ferry pour souligner la nécessité de s’emparer de la Tunisie. En avril 1881, les troupes françaises y pénètrent sans résistance majeure et parviennent à occuper Tunis en trois semaines, sans combattre. Le 12 mai 1881, le protectorat est officialisé lorsque Sadok Bey signe forcé, sous peine de mort, le traité du Bardo au palais de Ksar Saïd. Ce qui n’empêche pas, quelques mois plus tard, les troupes françaises de faire face à des révoltes rapidement étouffées dans les régions de Kairouan et Sfax. Le régime du protectorat est renforcé par les conventions de la Marsa du 8 juin 1883 qui accordent à la France le droit d’intervenir dans la politique étrangère, la défense et les affaires internes de la Tunisie,. La France représente dès lors la Tunisie sur la scène internationale, et ne tarde pas à abuser de ses droits et prérogatives de protecteur pour exploiter le pays comme une colonie, en contraignant le bey à abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au résident général. Néanmoins, des progrès économiques ont lieu, notamment via les banques et les compagnies. La colonisation permet l’expansion des cultures de céréales et de la production d’huile d’olive ainsi que l’exploitation des mines de phosphates et de fer. Un important port militaire est aménagé à Bizerte. De plus, dans le domaine de l’éducation, les Français établissent un système bilingue arabe et français qui donne l’opportunité à l’élite tunisienne de se former dans les deux langues.

La lutte contre l’occupation française commence dès le début du XXe siècle avec le mouvement réformiste et intellectuel des Jeunes Tunisiens fondé en 1907 par Béchir Sfar, Ali Bach Hamba et Abdeljelil Zaouche. Ce courant nationaliste se manifeste par l’affaire du Djellaz en 1911 et le boycott des tramways tunisois en 1912. De 1914 à 1921, le pays vit en état d’urgence et la presse anticolonialiste est interdite. Malgré tout, le mouvement national ne cesse pas d’exister. Dès la fin de la Première Guerre mondiale, une nouvelle génération organisée autour d’Abdelaziz Thâalbi prépare la naissance du parti du Destour. Entré en conflit avec le régime du protectorat, le parti expose, dès la proclamation officielle de sa création le 4 juin 1920, un programme en huit points. Après avoir fustigé le régime du protectorat dans des journaux comme La Voix du Tunisien et L’Étendard tunisien, l’avocat Habib Bourguiba fonde en 1932, avec Tahar Sfar, Mahmoud Materi et Bahri Guiga, le journal L'Action Tunisienne, qui, outre l’indépendance, prône la laïcité. Cette position originale conduit le 2 mars 1934, lors du congrès de Ksar Hellal, à la scission du parti en deux branches, l’une islamisante qui conserve le nom Destour, et l’autre moderniste et laïque, le Néo-Destour, une formation politique moderne, structurée sur les modèles des partis socialistes et communistes européens, et déterminée à conquérir le pouvoir pour transformer la société. Après l’échec des négociations engagées par le gouvernement Blum, des incidents sanglants éclatent en 1937 et les émeutes d’avril 1938 sont sévèrement réprimées.

Cette répression conduit à la clandestinité du Néo-Destour, qui incite les nouveaux dirigeants à ne pas exclure l’éventualité d’une lutte plus active,. En 1940, le régime de Vichy livre Bourguiba à l’Italie, à la demande de Benito Mussolini, qui espère l’utiliser pour affaiblir la Résistance française en Afrique du Nord. Cependant Bourguiba ne désire pas cautionner les régimes fascistes et lance le 8 août 1942 un appel pour le soutien aux troupes alliées. Pendant ce temps, la Tunisie est le théâtre d’importantes opérations militaires connues sous le nom de campagne de Tunisie Après plusieurs mois de combats et une contre-offensive blindée allemande dans la région de Kasserine et Sbeïtla au début de l’année 1943, les troupes du Troisième Reich sont contraintes de capituler le 11 mai dans le cap Bon, quatre jours après l’arrivée des forces alliées à Tunis. Après la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants nationalistes inscrivent la résistance armée dans la stratégie de libération nationale. Des pourparlers sont menés après la guerre avec le gouvernement français, si bien que Robert Schuman évoque en 1950 l’indépendance de la Tunisie en plusieurs étapes. Mais des troubles nationalistes en 1951 précipitent leur échec.

Avec l’arrivée du nouveau résident général, Jean de Hauteclocque, le 13 janvier 1952, et l’arrestation, le 18 janvier, de 150 destouriens dont Bourguiba, débutent la révolte armée, la répression militaire française et un durcissement des positions de chaque camp. De plus, avec l’assassinat du syndicaliste Farhat Hached par l’organisation colonialiste extrémiste La Main rouge, le 5 décembre, se déclenchent manifestations, émeutes, grèves, tentatives de sabotage et jets de bombes artisanales. Le développement de la répression, accompagnée de l’apparition du contre-terrorisme, incite les nationalistes à prendre plus spécifiquement pour cibles les colons, les fermes, les entreprises françaises et les structures gouvernementales. C’est pourquoi les années 1953 et 1954 sont marquées par la multiplication des attaques contre le système colonial. En réponse, près de 70 000 soldats français sont mobilisés pour arrêter les guérillas des groupes tunisiens dans les campagnes. Cette situation difficile est apaisée par la reconnaissance de l’autonomie interne de la Tunisie, concédée par Pierre Mendès France le 31 juillet 1954,. C’est finalement le 3 juin 1955 que les conventions franco-tunisiennes sont signées entre le premier ministre tunisien Tahar Ben Ammar et son homologue français Edgar Faure. En dépit de l’opposition de Salah Ben Youssef, qui sera exclu du parti, les conventions sont approuvées par le congrès du Néo-Destour tenu à Sfax le 15 novembre de la même année. Après de nouvelles négociations, la France finit par reconnaître « solennellement l’indépendance de la Tunisie » le 20 mars 1956, tout en conservant la base militaire de Bizerte.

Le 25 mars, l’Assemblée nationale constituante est élue : le Néo-Destour en remporte tous les sièges et Bourguiba est porté à sa tête le 8 avril,. Le 11 avril, il devient le premier ministre de Lamine Bey. Le Code du statut personnel, à tendance progressiste, est proclamé le 13 août et, le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie, la Tunisie devenant une république dont Bourguiba est élu président le 8 novembre 1959.

Le 8 février 1958, en pleine guerre d'Algérie, des avions de l’armée française franchissent la frontière algéro-tunisienne et bombardent le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef. En 1961, dans un contexte d’achèvement prévisible de la guerre, la Tunisie revendique la rétrocession de la base de Bizerte : la crise qui suit fait près d’un millier de morts, essentiellement tunisiens, et la France finit, le 15 octobre 1963, par rétrocéder la base à l’État tunisien.

Avec l’assassinat de Salah Ben Youssef, principal opposant de Bourguiba depuis 1955, à Francfort et l’interdiction du Parti communiste (PCT) le 8 janvier 1963, la République tunisienne devient un régime de parti unique dirigé par le Néo-Destour. En mars 1963, Ahmed Ben Salah entame une politique « socialiste » d’étatisation pratiquement totale de l’économie. Des émeutes contre la collectivisation des terres dans le Sahel tunisien le 26 janvier 1969 poussent au limogeage de Ben Salah le 8 septembre avec la fin de l’expérience socialiste. Avec une économie affaiblie par la fin du socialisme et un panarabisme défendu par Mouammar Kadhafi, un projet politique qui unifierait la Tunisie et la Libye sous le nom de République arabe islamique est lancé en 1974 mais échoue très rapidement en raison des tensions tant nationales qu’internationales. Après la condamnation à une lourde peine de prison de Ben Salah, rendu responsable de l’échec de la politique des coopératives, viennent l’épuration de l’aile libérale du PSD animée par Ahmed Mestiri puis la proclamation de Bourguiba comme président à vie en 1975. C’est dans ces conditions, marquées par un léger desserrement de l’étau du PSD sous le gouvernement d’Hédi Nouira, que l’UGTT gagne en autonomie tandis que naît en 1977 la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Le coup de force du « Jeudi noir » contre l’UGTT en janvier 1978 puis l’attaque contre la ville minière de Gafsa, en janvier 1980, ne suffisent pas à museler la société civile émergente.

Dès le début des années 1980, le pays traverse une crise politique et sociale où se conjuguent le développement du clientélisme et de la corruption, la paralysie de l’État devant la dégradation de la santé de Bourguiba, les luttes de succession et le durcissement du régime. En 1981, la restauration partielle du pluralisme politique, avec la levée de l’interdiction frappant le Parti communiste, suscite des espoirs qui seront déçus par la falsification des résultats aux élections législatives de novembre. Par la suite, la répression sanglante des « émeutes du pain » de décembre 1983, la nouvelle déstabilisation de l’UGTT et l’arrestation de son dirigeant Habib Achour contribuent à accélérer la chute du président vieillissant. La situation favorise la montée de l’islamisme et le long règne de Bourguiba s’achève dans une lutte contre l’islamisme menée par Zine el-Abidine Ben Ali, nommé ministre de l’intérieur puis premier ministre en octobre 1987.

Le 7 novembre 1987, Ben Ali dépose le président pour sénilité, action accueillie favorablement par une large fraction du monde politique. Élu le 2 avril 1989 avec 99,27 % des voix, le nouveau président réussit à relancer l’économie alors que, sur le plan de la sécurité, le régime s’enorgueillit d’avoir épargné au pays les convulsions islamistes qui ensanglantent l’Algérie voisine, grâce à la neutralisation du parti Ennahda au prix de l’arrestation de dizaines de milliers de militants et de multiples procès au début des années 1990. Les opposants laïques signent quant à eux le Pacte national en 1988, plate-forme destinée à la démocratisation du régime. Pourtant, l’opposition et de nombreuses ONG de défense des droits de l'homme accusent peu à peu le régime d’attenter aux libertés publiques en étendant la répression au-delà du mouvement islamiste. En 1994, le président Ben Ali est réélu avec 99,91 % des voix, et signe l’année suivante un accord de libre-échange avec l’Union européenne. Les élections du 24 novembre 1999, bien qu’elles soient les premières présidentielles à être pluralistes avec trois candidats, voient le président Ben Ali réélu avec un score comparable aux scrutins précédents,. La réforme de la constitution approuvée par référendum le 26 mai 2002 accroît encore les pouvoirs du président, repousse l’âge limite des candidats, supprime la limite des trois mandats réintroduite en 1988 et permet au président de briguer de nouveaux mandats au-delà de l’échéance de 2004 tout en bénéficiant d’une immunité judiciaire à vie. Le 11 avril 2002, un attentat au camion piégé vise la synagogue de la Ghriba et provoque la mort de 19 personnes dont 14 touristes allemands.

Le président de la République tunisienne est élu tous les cinq ans au suffrage universel et il peut se présenter aux élections autant de fois qu’il veut pour autant qu’il ait moins de 75 ans. Zine el-Abidine Ben Ali, l’actuel détenteur du poste, est élu le 24 octobre 2004 pour un quatrième mandat. La Tunisie ne connaît que deux présidents au cours de son histoire moderne : Habib Bourguiba (25 juillet 1957-7 novembre 1987), avec comme premiers ministres Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et Zine el-Abidine Ben Ali, puis Ben Ali (depuis le 7 novembre 1987) avec comme premiers ministres Hédi Baccouche, Hamed Karoui et Mohamed Ghannouchi. Le pouvoir législatif, bicaméral depuis 2002, est exercé par la Chambre des députés, composée de 189 députés (dont 37 de l’opposition) élus au suffrage universel, et par la Chambre des conseillers (qui tient sa séance inaugurale le 16 août 2005) qui comprend 112 membres.

La constitution actuelle est celle qui est proclamée le 1er juin 1959, trois ans après l’indépendance. Elle a subi plusieurs amendements dont celui du 12 juillet 1988 pour limiter le nombre de mandats présidentiels à trois (après que Bourguiba eut été proclamé président à vie) et celui du 1er juin 2002 suite au référendum tenu le 26 mai de la même année, permettant notamment la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, l’allongement de l’âge limite pour déposer une candidature à la présidence, l’instauration d’une immunité judiciaire pour le président (durant et après l’exercice de ses fonctions) et l’instauration d’un parlement bicaméral.

Le RCD, parti au pouvoir, fut durant 25 ans le seul parti politique légal — alors qu’il portait le nom de PSD — et domine toujours la vie politique avec plus de deux millions d’adhérents revendiqués. La scène politique du pays compte actuellement six partis politiques d’opposition légaux, un minimum de 20 % des 189 sièges de la Chambre des députés leur étant garanti par la loi.

Le manque de transparence politique, la faible liberté d'expression et la censure (notamment de la presse et de nombreux sites web) font qu’une situation politique précise de la Tunisie est difficile à déterminer. De nombreuses ONG internationales pointent du doigt les atteintes aux droits de l’homme en Tunisie notamment en ce qui concerne les atteintes à la liberté d’expression, les prisonniers politiques et d’opinion, l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, la torture et la situation dans les prisons tunisiennes, ainsi que le harcèlement de toute dissidence politique. De leur côté, les autorités tunisiennes font valoir que leurs efforts en termes de droits de l’homme ont été officiellement reconnus par des instances internationales comme le Conseil des droits de l'homme des Nations unies dont les membres ont souligné, avec quelques réserves pour certains, les progrès accomplis par le pays en la matière.

Le premier président, Habib Bourguiba, choisit le non-alignement durant la guerre froide tout en ayant des relations étroites avec l’Europe et les États-Unis. Son successeur, Zine el-Abidine Ben Ali, maintient la tradition tunisienne de bonnes relations avec l’Occident tout en jouant un rôle actif dans les instances régionales arabes et africaines : le pays accueille, en mai 2004, la 16e session ordinaire du sommet de la Ligue arabe (dont la Tunisie est membre depuis 1958) et envoie régulièrement de l’aide humanitaire aux Palestiniens et aux États arabo-musulmans en crise comme le Liban, en 2006, ou l’Indonésie après le tsunami du 26 décembre 2004. Le pays est également un membre fondateur de l’OUA, dont elle assure la présidence en 1994-1995, avant de participer à la fondation de l’Union africaine en juillet 2002. La Tunisie a également soutenu le développement de l’Union du Maghreb arabe qui inclut l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Libye. Toutefois, ses progrès restent limités en raison de tensions entre l’Algérie et le Maroc à propos du Sahara occidental. En février 2001, la Tunisie adhère à la Communauté des États sahélo-sahariens et accueille le siège de la Banque africaine de développement en 2003. Le pays est depuis longtemps une voix modératrice sur la question du Proche-Orient : Bourguiba est ainsi le premier dirigeant arabe à appeler à la reconnaissance d’Israël par les pays arabes dans un discours prononcé à Jéricho le 3 mars 1965. Le pays abrite le quartier général de la Ligue arabe de 1979 à 1990 ainsi que celui de l’OLP de 1982 à 1993 (jusqu’à ce que son comité exécutif s’installe dans les Territoires occupés bien que son département politique reste à Tunis). Le pays joue également un rôle modérateur dans les négociations de paix au Proche-Orient : la Tunisie est le premier pays arabe à recevoir une délégation israélienne en 1993, dans le cadre du processus de paix, et maintient une représentation en Israël jusqu’au début de la seconde Intifada en 2000.

Coincée entre l’Algérie et la Libye, la Tunisie a toujours cherché à maintenir de bonnes relations avec ses voisins malgré des tensions occasionnelles. La Tunisie et l’Algérie ont résolu un long litige frontalier en 1993 et ont coopéré dans la construction du gazoduc transméditerranéen menant vers l’Italie. La Tunisie a par ailleurs récemment signé un accord avec l’Algérie pour démarquer la frontière maritime entre les deux pays. Vis-à-vis de son autre voisin, les relations sont plus difficiles à partir de l’annulation par la Tunisie d’un accord visant à la formation d’une union tuniso-libyenne en 1974. Les relations diplomatiques sont rompues entre 1976 et 1977 puis se détériorent à nouveau en 1980 lorsque des rebelles appuyés par la Libye tentent de prendre la ville de Gafsa. En 1982, la Cour internationale de justice tranche le différend relatif à la partition du plateau continental frontalier (riche en pétrole) en faveur de la Libye. L’expulsion par la Libye de nombreux travailleurs tunisiens en 1985 et les menaces militaires américaines conduisent la Tunisie à restreindre leurs relations qui sont à nouveau normalisées dès 1987. Tout en soutenant les sanctions de l’ONU imposées à la Libye, à la suite de bombardements aériens américains, la Tunisie prend soin de maintenir de bonnes relations avec son voisin. Elle soutient ainsi la levée de ces sanctions en 2003, la Libye redevenant ainsi l’un de ses partenaires commerciaux majeurs. Néanmoins, les deux pays ont encore un contentieux maritime sur leur frontière commune.

La Tunisie revendique également sa dimension méditerranéenne. Elle participe ainsi au Forum méditerranéen, dont elle organise l’édition 2005, et devient le premier pays du bassin méditerranéen à signer, le 17 juillet 1995, un accord d’association avec l’Union européenne dans le but de renforcer son ancrage à l’Europe. Avec son plus proche voisin européen, Malte, la Tunisie discute actuellement de l’exploitation pétrolière du plateau continental qui se trouve entre les deux pays.

L’action politique de la Tunisie dépasse pourtant les frontières régionales. Lors d’un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies en 1999, le président Ben Ali appelle à la création d’un Fonds mondial de solidarité (en s’inspirant du Fonds de solidarité nationale) visant à contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les zones les plus déshéritées dans le monde. L’Assemblée générale adopte à l’unanimité, le 20 décembre 2002, une résolution portant création de ce fonds et instaurant les modalités pratiques requises pour sa mise en place.

Le droit tunisien reste largement inspiré par le droit français, tant dans son contenu que dans ses grandes divisions (public et privé) et ses structures.

Le système juridictionnel est précisé par la loi portant sur l’organisation judiciaire de 1967, les règles de compétence (attribution, compétence territoriale et compétence d’exception) étant établies dans d’autres textes dont le Code de procédure pénale du 24 juillet 1968. Le système judiciaire est composé de deux grands ensembles : les juridictions civiles (ordinaire, pénale et spéciale) placées sous le contrôle du ministère de la justice et les juridictions spéciales : Conseil de Prud’hommes, Tribunal immobilier, Conseil d’État (Tribunal administratif et Cour des comptes), Haute Cour (destinée à juger le crime de trahison commis par un membre du gouvernement) et Tribunal militaire (qui n’est pas une juridiction d’exception selon les autorités tunisiennes). Le domaine de compétence de ce dernier s’étend principalement aux atteintes à la sécurité nationale et à la sûreté intérieure de l’État.

En 2007, le produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie atteint 34,540 milliards de dollars soit une hausse de 6,3 % par rapport à 2006. En 1960, celui-ci ne se montait qu’à 847 millions de dollars, passant à 1,581 milliard en 1970, 8,634 millards en 1980, 12,875 milliards en 1990 et 21,254 milliards en 1999. Quant à la population active, elle atteint 3,593 millions de personnes mais la population active occupée totalise 3,085 millions de personnes, dont près de 30 % de femmes, ce qui représente tout de même plus du double du niveau de 1980.

À la proclamation de l’indépendance en 1956, le pays ne dispose pas des atouts de ses voisins maghrébins : terres agricoles moins productives, infrastructure portuaire moins développée, marché intérieur étriqué, épargne faible et écornée par l’émigration des populations d’origine européenne et relations avec les milieux d’affaires français réduits, chômage élevé et équipement industriel embryonnaire. La priorité établie par le nouveau président Habib Bourguiba est alors de libérer l’économie nationale du contrôle français qui avait favorisé l’agriculture et l’extraction minérale, mais avait, en grande partie, négligé l’industrie,, la Tunisie étant alors le pays le moins industrialisé du Maghreb.

Dans ce contexte, l’importance croissante de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dans les choix économiques par l’action de son secrétaire général, Ahmed Ben Salah, mène le pays vers l’adoption de mesures collectivistes dans l’économie. L’expérience coopérative dure jusqu’en septembre 1969 lorsque Bourguiba suspend Ben Salah de ses fonctions suite à la parution d’un rapport confidentiel de la Banque mondiale sur le déficit des entreprises publiques et aux pressions de l’aile pragmatique du parti. Avec l’arrivée d’Hédi Nouira, pragmatique gouverneur de la Banque centrale hostile au collectivisme, au ministère de l’économie puis au premier ministère, la Tunisie se réoriente vers l’économie de marché et la propriété privée. Durant la décennie des années 1970, la Tunisie connaît une expansion du secteur privé et un développement rapide de l’emploi manufacturier. Cette timide ouverture permet la création de nouveaux emplois et, par conséquent, le développement d’une meilleure mobilité sociale de la jeunesse nouvellement instruite et la croissance d’une classe moyenne.

En 1986, la Tunisie connaît toutefois sa première année de croissance négative depuis son indépendance. Les agitations sociales augmentent de façon dramatique pendant cette période et l’UGTT, qui critique ouvertement la politique économique adoptée par le gouvernement, organise des grèves et des manifestations contre l’augmentation du chômage et la politique salariale,. Le gouvernement se met alors d’accord avec le Fonds monétaire international sur la mise en place d’un programme de reprise économique sur 18 mois. L’objectif principal du plan est d’accroître l’efficacité et de promouvoir les mécanismes du marché. En même temps, il est conçu pour surmonter les conséquences sociales et politiques de ses mesures. Les dépenses publiques sont concentrées aux secteurs de la santé, de l’éducation, du logement et des services. Le gouvernement ne lance cependant pas de véritables programmes avant 1987. La privatisation se traduit dans un premier temps par la vente de petites et moyennes entreprises avec un bon historique bancaire à des acheteurs tunisiens présélectionnés. Depuis le lancement du nouveau programme de privatisation en 1987, le gouvernement a totalement ou partiellement privatisé 203 entreprises, dont de grands établissements publics tel Tunisie Télécom, pour une recette globale de 5 557 millions de dinars. De plus, la non préparation de plusieurs secteurs à l’ouverture a conduit au maintien d’un niveau de chômage élevé et variant selon les sources de 13 % à 20 %. Pourtant, le chômage ne touche pas que les populations les plus vulnérables : le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur est ainsi en augmentation depuis plusieurs années. Alors qu’il était de 4 % en 1997 et de 0,7 % en 1984, il atteint 20 % contre une moyenne nationale de 14 %, voire près de 60 % dans certaines filières selon une enquête de la Banque mondiale.

En 1959, le pays prend ses premiers contacts avec la Communauté économique européenne. En juillet 1966, le président Bourguiba effectue une tournée en Europe et aboutit au lancement de négociations qui conduisent à la signature d’un premier accord commercial le 28 juillet 1969 à Tunis. Un accord d’association est finalement signé avec l’Union européenne le 17 juillet 1995 et entre en vigueur le 1er mars 1998 pour engendrer dès 1996 le démantèlement progressif des barrières douanières jusqu’au 1er janvier 2008.

Depuis l’indépendance de la Tunisie, l’agriculture a enregistré des taux de croissance importants et a permis au pays d’atteindre un niveau de sécurité alimentaire suffisant. En dépit du développement des autres secteurs de l’économie nationale, l’agriculture conserve une importance sociale et économique : elle assure environ 12,3 % du PIB et emploie 16,3 % de la main-d’œuvre en 2006. Les principales productions agricoles sont les céréales (blé et orge), les olives (4e producteur mondial et 2e exportateur mondial), les dattes, les agrumes et les produits de la mer. La gestion de l’agriculture appartient encore à des organismes d’État tels les offices des céréales, de la pêche ou de l’huile mais le secteur agricole est de plus en plus pris en charge par des groupes privés souvent présents dans l’industrie agroalimentaire tel le groupe Poulina qui est le premier groupe privé du pays.

En matière industrielle, la Tunisie est le premier exportateur d’Afrique en valeur absolue : elle est ainsi passée devant l’Afrique du Sud en 1999. Les secteurs du textile et de l’agroalimentaire représentent 50 % de la production et 60 % de l’emploi de l’industrie manufacturière. Mais, après avoir cru à un rythme annuel de 2,1 % (entre 2000 et 2005), l’industrie tunisienne fait aujourd’hui face à la concurrence étrangère. Toutefois, les exportations de produits mécaniques et électriques se sont multipliées par cinq entre 1995 et 2005. Quatrième fournisseur de l’Union européenne en produits textiles, elle était jusqu’en 2002 le premier fournisseur de la France avant d’être surclassée par la Chine en 2003. Les ressources naturelles de la Tunisie restent quant à elles modestes, ce qui contraint le pays à importer du pétrole.

Dans le secteur des services, le développement du tourisme remonte aux années 1960 grâce à l’action conjuguée de l’État et de groupes privés. Le secteur touristique représente 6,5 % du PIB et fournit 340 000 emplois dont 85 000 emplois directs, soit 11,5 % de la population active occupée avec une forte part d’emploi saisonnier. Outre le tourisme balnéaire majoritaire, le tourisme saharien (Douz et Tozeur attirant chaque année plus de 250 000 touristes durant toute l’année) est en fort développement. Plus récemment, le tourisme vert, la thalassothérapie et le tourisme médical sont apparus et croissent très rapidement. Le secteur du commerce et de la distribution, qui emploie plus de 500 000 personnes et participe à 10,7 % du PIB national, se divise en deux catégories. Ainsi, le secteur se caractérise encore par la prédominance du commerce traditionnel avec 88 % (2006) du chiffre d’affaires, l’essentiel des transactions commerciales étant réalisé par de petits commerçants. La distribution moderne, qui compte pour 12 % du chiffre d’affaires global et regroupe des enseignes nationales et internationales, n’est apparue que lorsque le marché s’est libéralisé en 1999.

En matière de transport, la Tunisie compte aujourd’hui sept ports de commerce (Radès, Sfax, Bizerte, Gabès, Sousse, Zarzis et La Goulette) tandis qu’un port en eaux profondes va être réalisé à Enfida. Placés sous la gestion de l’Office de la marine marchande et des ports, ils assurent à eux seuls 96 % du commerce extérieur tunisien. Avec ses 550 000 passagers et ses 415 000 croisiéristes enregistrés en 2004, le port de La Goulette est l’une des destinations les plus appréciées dans l’ouest du bassin méditerranéen. La Compagnie tunisienne de navigation, société publique, est le principal armateur du pays et assure des lignes régulières reliant les deux rives de la mer Méditerranée (vers Marseille, Gênes, Livourne et Barcelone).

Le pays compte par ailleurs trente aéroports dont sept aéroports internationaux (Tunis-Carthage, Monastir-Habib Bourguiba, Djerba-Zarzis, Tozeur-Nefta, Sfax-Thyna, Tabarka-7 novembre et Gafsa-Ksar). En 2005, 39,2 % du trafic s’effectue par l’aéroport international de Tunis-Carthage. Par ailleurs, un nouvel aéroport situé à Enfida (à cent kilomètres au sud de Tunis) devrait être opérationnel à la fin 2009 ou, plus probablement, début 2010 avec une capacité de cinq millions de passagers par an.

Le transport ferroviaire assure plus du tiers des déplacements nationaux à travers un réseau national de 2 153 kilomètres de voies ferrées. Le réseau est exploité par la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) ainsi que par la Société des transports de Tunis spécialisée dans le transport urbain dans la région de Tunis. Le réseau routier s’étend pour sa part sur 19 300 kilomètres dont 12 655 kilomètres de routes goudronnées ainsi que de trois autoroutes reliant Tunis à Sfax au sud, Bizerte au nord et Oued Zarga à l’ouest. Le secteur du transport routier domine les transports terrestres de voyageurs et de marchandises. Il est néanmoins contrôlé par les sociétés étrangères à cause du petit nombre d’entreprises tunisiennes.

Les infrastructures de télécommunications sont largement développées : le réseau téléphonique compte environ sept millions d’abonnés en 2006 dont six millions d’abonnés mobiles et environ 12,5 % de la population a accès à Internet en février 2007. L’opérateur public, Tunisie Télécom, reste le seul fournisseur de la téléphonie fixe alors que deux opérateurs se partagent à ce jour le marché de la téléphonie mobile : Tunisie Télécom et Orascom Telecom et sa marque Tunisiana. L’Agence tunisienne d'Internet gère le réseau web au plan national qui compte douze fournisseurs d’accès (sept publics et cinq privés). Par ailleurs, 281 publinets (accès publics à Internet) sont répartis sur l’ensemble du territoire.

Toutefois, de nombreuses civilisations ont envahi le pays puis ont été assimilées à des degrés divers : Phéniciens, Romains, Vandales venant d’Allemagne, Ottomans et enfin Français. De plus, beaucoup de Maures et de Juifs arrivèrent d’Andalousie à la fin du XVe siècle.

Les premiers Arabes orientaux, venus à partir du VIIe siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à l’islamisation de la majeure partie de l’Ifriqiya. À cette occasion se créent quelques villes nouvelles dont Kairouan et Mahdia. C’est à partir du XIe siècle, avec l’arrivée des tribus hilaliennes chassées d’Égypte, que l’arabisation linguistique et culturelle devient déterminante. Certains groupes, descendants des Berbères, ont cependant su conserver leur langue et leurs coutumes, souvent en raison de leur enclavement géographique. En effet, de nos jours, ils habitent souvent les régions de montagnes (Matmata, Tataouine, Gafsa ou Sbeïtla). Toutefois, les berbèrophones, qui représentent une minorité ethnique au Maroc et en Algérie, restent peu nombreux en Tunisie.

Presque la totalité des Tunisiens (98 % de la population) est de confession musulmane sunnite de rite malékite. De la forte population juive qui a existé durant 2 000 ans, au sud de Djerba, il n’en reste plus aujourd’hui qu’une infime partie, vivant principalement dans la région de Tunis, car la majorité des Juifs tunisiens ont en effet émigré vers Israël ou la France. Il existe également une petite population chrétienne. Les quelques tribus nomades, minoritaires, sont pour la plupart intégrées et sédentarisées.

La Tunisie a dépassé le cap des 10 millions d’habitants en 2005, ce qui correspond à un triplement de sa population depuis 1956 (3 448 000 habitants) et à un doublement depuis le début des années 1970. Néanmoins, la croissance démographique ralentit, le pays accélérant sa transition démographique dans les années 1990. L’indice de fécondité recule graduellement : le nombre d’enfants par femme est passé de près de 6 dans les années 1960 à 3,4 en 1994 et serait de deux en 2006 (niveau le plus faible du monde arabe). Ainsi, l’accroissement annuel est réduit à 1,08. Mais la Tunisie est aussi un pays qui connaît un taux important d’émigration : le nombre de Tunisiens résidant à l’étranger est évalué à 885 000 personnes. 83 % d’entre eux résident en Europe dont 511 000 en France.

La culture de la Tunisie se diversifie par un héritage de quelques 3 000 ans d’histoire et une position géographique en plein bassin méditerranéen, berceau des civilisations les plus prestigieuses et des principales religions monothéistes. La Tunisie a en effet été un carrefour de civilisations et sa culture reflète les traces des cultures punique, arabe, turque, africaine, européenne et musulmane ainsi que l’influence des dynasties successives qui ont régné sur le pays.

L’islam est la religion principale et officielle de la Tunisie avec un taux qui avoisine les 98 % de la population. 85 % des musulmans tunisiens sont sunnites de rite malékite, le reste étant hanafite et ibadites. Le christianisme et le judaïsme sont très minoritaires en Tunisie mais le pays se caractérise par sa tolérance et son ouverture aux autres cultures qui ont fait son identité.

La constitution tunisienne prévoit ainsi l’exercice libre de la foi tant qu’elle ne porte pas atteinte à l’ordre public. Le gouvernement respecte généralement ce droit. Cependant, il ne permet pas l’établissement de partis politiques basés sur la religion, interdit le prosélytisme, la polygamie, et limite le port du hijab (notamment dans les administrations et les écoles publiques). Les fêtes religieuses musulmanes (Aïd el-Kebir, Aïd el-Fitr, Mawlid, etc.) sont considérées comme des jours fériés.

Les Tunisiens conservent par ailleurs quelques croyances d’origine païenne comme le mauvais œil. Par ailleurs, le pays est parsemé de petites constructions blanches appelées marabouts. Ce sont les tombeaux de sages qui sont censés avoir un certain privilège dans l’au-delà leur permettant d’être un lien entre l’homme et Dieu. Aujourd’hui, il existe encore des Tunisiens qui continuent à les prier et à leur demander d’intercéder pour eux auprès d’Allah et de faire accepter leur demande. Ces pratiques sont toutefois dénoncées par le sunnisme comme forme d’association religieuse.

La Tunisie est l’État du Maghreb le plus homogène sur le plan linguistique car la quasi-totalité de la population parle l’arabe tunisien et maîtrise l’arabe littéral qui est la langue officielle du pays. L’arabe tunisien est en fait un dialecte dérivé de l’arabe littéral — ou plus exactement un ensemble de dialectes pour lesquels il n’existe aucun organisme officiel de normalisation — qui est surtout parlé dans le cadre d’un dialogue quotidien au sein de la famille.

Durant le protectorat français en Tunisie, le français s’impose à travers les institutions, particulièrement l’éducation, qui deviennent un fort vecteur de diffusion. À partir de l’indépendance, le pays s’arabise peu à peu même si l’administration, la justice et l’enseignement restent longtemps bilingues alors que la connaissance des langues européennes est renforcée par l’exposition de la Tunisie à ce continent par l’intermédiaire de la télévision et du tourisme.

Les années 1990 marquent un tournant avec l’arabisation des cours de sciences jusqu’à la fin du collège, avec toutes les difficultés occasionnées par ce type de processus, afin de faciliter l’accès aux études supérieures et ce dans un contexte de réhabilitation du référent arabo-islamique dans l’espace public. En octobre 1999, les établissements commerciaux se voient contraints d’accorder deux fois plus de place aux caractères arabes qu’aux caractères latins. Dans le même temps, l’administration se voit contrainte de communiquer exclusivement en arabe mais seuls les ministères de la défense et de la justice et le parlement sont totalement arabisés. Dans ce contexte, l’usage du français semble régresser malgré le nombre accru de diplômés du système d’enseignement, ce qui conduit au fait qu’une bonne pratique du français demeure un marqueur social important. Puisqu’elle reste largement pratiquée dans les milieux d’affaires, l’univers médical et le monde culturel, on peut même considérer qu’elle s’est embourgeoisée.

Le paysage audiovisuel tunisien se compose de deux chaînes de télévision publiques (Tunisie 7 et Tunisie 21) ainsi que de quelques chaînes de télévision privées (Hannibal TV et son groupe ainsi que Nessma) nées du processus d’ouverture au secteur privé initié en 2003. Il existe également quatre stations de radio nationales (Radio Tunis, Radio Tunisie Culture, Radio Jeunes et RTCI) et cinq régionales de même que trois radios privées (Mosaïque FM, Jawhara FM et Zitouna FM).

La presse écrite compte en 2007 quelques 245 quotidiens et revues en grande partie (90 %) détenus par des groupes privés et des indépendants. La liberté de la presse est garantie par la constitution même si la quasi-totalité des journaux suit la ligne gouvernementale et rapporte sans approche critique les activités du président de la République, du gouvernement et du Rassemblement constitutionnel démocratique (parti au pouvoir) au travers des dépêches de l’agence Tunis Afrique Presse.

L’éducation préscolaire non obligatoire, qui s’adresse aux enfants de 3 à 6 ans, est dispensée dans les jardins d’enfants. L’enseignement de base est obligatoire et gratuit, de 6 à 16 ans, et se répartit sur deux cycles : le premier cycle, d’une durée de six ans, est dispensé à l’école primaire alors que le deuxième cycle, d’une durée de trois ans, se déroule au collège,.

Ce parcours est sanctionné par le diplôme de fin d’études de l’enseignement de base permettant aux diplômés d’accéder à l’enseignement secondaire (toujours gratuit) dispensé au lycée durant quatre ans à partir de la réforme de 1995. Il comprend un tronc commun d’une année (trois jusqu’en 1991) au terme duquel les élèves sont orientés vers un deuxième cycle de trois ans comprenant cinq filières (lettres, sciences, techniques, sciences de l'informatique et économie-gestion) et sanctionné par le baccalauréat permettant l’accès à l’enseignement supérieur qui compte douze universités — cinq à Tunis, une à Sousse, une à Sfax, une à Kairouan, une à Gabès, une à Gafsa, une à Monastir et une à Jendouba — mais aussi 178 autres établissements dont 24 instituts supérieurs d’études technologiques (ISET) et six instituts supérieurs de formation des maîtres (ISFM).

La formation professionnelle est assurée par un ensemble d’opérateurs publics parmi lesquels figure l’Agence tunisienne de la formation professionnelle qui assure une tutelle pédagogique de l’ensemble des opérateurs publics et privés. Les diplômes délivrés après une formation initiale sont de trois niveaux : le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) qui sanctionne un cycle de formation d’une durée minimale d’une année après l’enseignement de base, le brevet de technicien professionnel (BTP) qui sanctionne un cycle de formation d’une durée minimale d’une année après la fin du premier cycle de l’enseignement secondaire ou après l’obtention du CAP et le brevet de technicien supérieur qui sanctionne un cycle de formation d’une durée minimale de deux années après le baccalauréat ou après l’obtention du BTP.

En 2001, 19,9 % du budget national est consacré à l’éducation nationale. En 2005, le taux d’alphabétisation est de 76,2 % et le taux de scolarisation des enfants de 12 à 17 ans, égal pour les garçons et les filles, est de 66 %. L’accès à l’enseignement supérieur concerne 27 % de la classe d’âge concernée.

Les productions tunisiennes restent rares et confidentielles même si certaines rencontrent un certain succès hors de Tunisie. Parmi les plus connues, on peut citer Un été à La Goulette (1996) et Halfaouine, l’enfant des terrasses (1990) de Férid Boughedir. Ce dernier, sans doute le plus grand succès du cinéma tunisien, met en scène un enfant dans le Tunis des années 1960. Nouri Bouzid porte quant à lui sur la réalité tunisienne un regard sans complaisance. Dans L’Homme de cendres (1986), il traite de la pédophilie, de la prostitution et des relations entre les communautés musulmane et juive. Dans Bezness (1991), c’est le tourisme sexuel qui se trouve dans sa ligne de mire. Dans Les Ambassadeurs (1975), Naceur Ktari met en scène des émigrés maghrébins en France qui y sont confrontés au racisme. Les Silences du palais (1994) de Moufida Tlatli a quant à lui été primé par plusieurs jurys internationaux. Premier film arabe réalisé par une femme, on y découvre la vie dans une maison aristocratique de Tunis à travers les yeux d’une jeune fille. En 2007, le paysage cinématographique tunisien voit la sortie de plusieurs films recevant un certain succès auprès du public tel que Making off de Bouzid ou VHS Kahloucha de Nejib Belkadhi.

La musique tunisienne est le résultat d’un métissage culturel. Principalement influencée par les cultures arabo-andalouse, arabe et occidentale, elle est relativement diversifiée. Son courant musical classique et le plus réputé est le malouf. Toutefois, les chants traditionnels continuent de rencontrer un certain succès. Côté instruments, les régions urbaines et rurales se différencient quelque peu. En milieu urbain, ce sont les instruments à cordes (rebec, oud et qanûn) et les percussions (darbouka) qui dominent alors que, en milieu rural, le chant bédouin, en plus des percussions, est accompagné d’instruments à vent comme le mezoued et la gasba.

Parmi les grands chanteurs et chanteuses tunisiens, on peut citer Saliha, Khemaïs Tarnane, Ali Riahi, Hédi Jouini, Latifa Arfaoui, Mohamed Jamoussi, Cheikh El Afrit ou encore Dhikra Mohamed. Chez les musiciens, on peut également citer Anouar Brahem, Lotfi Bouchnak, Salah El Mahdi, Ridha Kalaï, Ali Sriti ou encore Youssef Slama. Dans le même temps, une majorité de la population est attirée par des musiques d’origine arabe (égyptienne, libanaise ou encore syrienne). La musique occidentale actuelle remporte également un succès important avec l’émergence de nombreux groupes et de festivals de rock, de hip-hop, de reggae et de jazz.

Le théâtre tunisien s’est surtout développé entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle durant le protectorat français. Fondé à cette époque, le Théâtre municipal de Tunis a accueilli en plus d’un siècle d’existence de grands noms de la scène tunisienne et internationale. Le 7 novembre 1962, Habib Bourguiba consacre son discours au théâtre qu’il considère comme « un puissant moyen de diffusion de la culture ainsi qu’un moyen d’éducation populaire des plus efficaces ». Toutefois, le théâtre tunisien n’a jamais connu un réel développement. En 1970, sous l’impulsion de l’acteur Aly Ben Ayed, Caligula d’Albert Camus est traduit en arabe et les œuvres d’Habib Boularès, comme Mourad III ou Le Temps du Bouraq, maintiennent le ton de la violence sanglante. Même si, de plus en plus, les spectacles dits de boulevard sont restreints au profit d’un genre de spectacle plus sophistiqué, Moncef Souissi et Ezzeddine Madani ont créé un théâtre d’expression populaire et moqueur en tunisien. Le courant dit du Nouveau Théâtre de Tunis a également repris le fil de la dérision.

Nommé en 1988 à la tête du Théâtre national tunisien (TNT), Mohamed Driss lui offre une nouvelle salle, Quatrième art, en 1996 et l’ouvre aux spectacles de ballet, de cirque et de chant. Quant à El Teatro, le premier théâtre privé de Tunisie, il offre des représentations théâtrales, des spectacles de danse, des concerts de jazz, des galas de musique arabe, des expositions d’art et des récitals de poésie.

La naissance d’une peinture tunisienne contemporaine est fortement liée à l’École de Tunis mise en place par un groupe d’artistes de Tunisie unis par la volonté d’incorporer des thèmes proprement tunisiens et rejetant l’influence orientaliste de la peinture coloniale. Après la peinture expressionniste d’Amara Debbache, Jellal Ben Abdallah et Ali Ben Salem se font reconnaître, l’un pour ses miniatures de style byzantin, l’autre pour son rattachement à l’impressionnisme. La vie quotidienne devient par ailleurs l’inspiration de Zoubeir Turki et d’Abdelaziz Gorgi. L’abstraction saisit également l’imagination des peintres comme Edgar Naccache, Nello Lévy et Hédi Turki. Après l’indépendance en 1956, le mouvement pictural tunisien entre dans une dynamique d’édification nationale, des artistes se mettant au service de l’État. Des artistes ont ainsi pu accéder à une reconnaissance internationale tels que Hatem El Mekki, peintre abstrait, dont la facture rappelle celle d’Alberto Giacometti. La jeune peinture emboîte davantage le pas à ce qui se passe ailleurs dans le monde : Sadok Gmech puise son inspiration dans le patrimoine national alors que Moncef Ben Amor se tourne vers le fantastique. Dans un autre registre, Youssef Rekik réutilise la technique de la peinture sur verre et Nja Mahdaoui retrouve la calligraphie dans sa dimension mystique.

La littérature tunisienne existe sous deux formes : en langue arabe et en langue française. La littérature arabophone remonte au VIIe siècle avec l’arrivée de la civilisation arabe dans la région. Elle est plus importante en volume comme en valeur que la littérature en langue française qui suit l’implantation du protectorat en 1881. Malgré la longue histoire de la littérature tunisienne, la production nationale reste pourtant maigre : la bibliographie nationale a recensé 1 249 livres non scolaires publiés en 2002 dont 885 titres en arabe. Parmi les grands auteurs tunisiens, on peut citer Abou el Kacem Chebbi, Moncef Ghachem et Mahmoud Messaadi.

La Tunisie est réputée pour ses nombreux produits artisanaux dont les diverses régions du pays font leur spécificité. La poterie tunisienne est principalement issue de Guellala, ville à l’origine de la création d’autres centres potiers sur le littoral tunisien, notamment à Tunis, Nabeul, Moknine, etc. Mais si la poterie poreuse s’identifie à Guellala, celle émaillée (jaune, verte ou brune) est la marque de fabrique de Nabeul. La ferronnerie remonte pour sa part à l’époque andalouse lorsque l’on décorait les portes cloutées, ornement devenu caractéristique du fer forgé tunisien. Bleues par tradition, destinées à embellir les maisons et à préserver l’intimité des habitants, ces grilles rappellent les moucharabiehs de la tradition arabo-andalouse, panneaux de bois sculpté qui permettaient aux femmes de regarder dans la rue sans être vues. La ville de Kairouan constitue quant à elle le centre national de production de tapis. La Tunisie possède enfin une riche tradition de mosaïques remontant à la période antique.

Le costume traditionnel est la tenue par excellence des mariages et autres cérémonies. Au niveau national, c’est la jebba qui s’est imposée comme habit traditionnel. Les babouches masculines sont en général de la couleur naturelle du cuir, celles des femmes étant dans leur majorité brodées de fils de soie, de coton, d’or et d’argent avec des motifs floraux ou des croissants.

Importé par les Andalous au XVIe siècle, le jasmin est devenu la fleur emblématique de la Tunisie. Dès la tombée de la nuit, les vendeurs confectionnent de petits bouquets et les vendent aux passants dans la rue ou aux automobilistes arrêtés aux carrefours. Par ailleurs, le jasmin fait l’objet d’un langage spécifique. Ainsi, un homme qui en porte à l’oreille gauche indique qu’il est célibataire. Par ailleurs, offrir du jasmin blanc est une preuve d’amour alors qu’offrir du jasmin d'hiver, sans odeur, est signe d’insolence.

La cuisine tunisienne est essentiellement basée sur les légumes, la viande de mouton et de bœuf (et dans certaines régions celle du chameau), le poisson — surtout le long des côtes — et les pâtes.

Le plat le plus consommé reste sans doute les pâtes et en particulier les spaghettis et macaronis servis généralement avec de la sauce tomate et de l’harissa, même si le plat traditionnel reste le couscous. Le pain italien (pain blanc avec beaucoup de mie) est également un aliment apprécié de beaucoup de Tunisiens. Le sandwich au thon constitué d’une demi-baguette remplie de miettes de thon, d’harissa avec parfois des olives vertes, des câpres et des rondelles d’œufs durs, est vendus dans toutes les échoppes d’alimentation. Un autre plat fort réputé est le brik à l’œuf ou avec des garnitures à base de viande et de fromage.

La cuisine tunisienne se différencie quelque peu de ses voisines maghrébines. Le tajine tunisien, contrairement à la version marocaine, consiste en une sorte de terrine à base d’œuf, de viande, de pommes de terre et de persil. Le couscous, lui, se caractérise par une combinaison entre les légumes (pommes de terre, céleri, tomate, carottes, courge, etc.), la viande (surtout celle de l’agneau) ou le poisson et la semoule.

Le sport en Tunisie est marqué par la domination du football, tant en termes de couverture médiatique qu’en termes de succès populaire avec 27 733 licenciés contre 13 992 pour le taekwondo. Toutefois, des sports comme le volley-ball ou le handball figurent également parmi les sports les plus représentés même si des sports moins connus sont plus pratiqués par les Tunisiens, notamment les arts martiaux (taekwondo, judo et karaté), l’athlétisme voire le tennis. D’autres grands sports comme le cyclisme sont en revanche moins représentés, faute d’infrastructures, d’équipement et d’intérêt médiatique suffisant.

L’Espérance sportive de Tunis est le club de football le plus titré du championnat national avec vingt titres à son actif. Le Club athlétique bizertin devient en 1988 le premier club tunisien à avoir remporter un trophée continental : la Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe. Le Club africain est le premier club tunisien à avoir remporté la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1992. L’Étoile sportive du Sahel est le premier club tunisien à remporter la Ligue des Champions de la CAF dans sa nouvelle édition le 9 novembre 2007. Le Club sportif sfaxien a aussi remporté des manifestations continentales et régionales ; il est le premier club à remporter deux fois de suite la coupe de la CAF en 2007 et 2008.

Le derby de la capitale entre le Club africain et l’Espérance sportive de Tunis reste l’évenement footballistique phare de l’année en rassemblant à deux reprises par saison plus de 60 000 spectateurs et donnant lieu à un show (dakhla en tunisien) de la part des supporters des deux équipes. Le grand classique du championnat entre l’Espérance sportive de Tunis et l’Étoile sportive du Sahel retient également l’attention populaire et cristallise autour de lui la rivalité historique qui oppose les deux clubs.

L’année sportive tunisienne est rythmée par les grandes compétitions que sont les championnats (football, handball, volley-ball et basket-ball) et les coupes (football, handball, volley-ball et basket-ball) des sports les plus populaires. En cyclisme, discipline moins suivie, sont organisés les championnats de Tunisie de cyclisme et, de façon irrégulière, le Tour de Tunisie. Mais le pays organise également des compétitions internationales. Ainsi, la première édition de la Coupe du monde de football des moins de 20 ans s’y tient en 1977 tout comme les phases finales des coupes d'Afrique des nations de football en 1965, 1994 et 2004, dernière édition remportée par la sélection nationale. Plus récemment, le championnat du monde de handball masculin 2005 s’est également tenu en Tunisie.

En mai 2007, le pays compte 1 673 clubs sportifs dont les principaux sont actifs dans le football (250) et le taekwondo (206). Viennent ensuite le karaté et ses dérivés (166), l’handisport (140), le handball (85), l’athlétisme (80), le judo (66), le kung fu (60), le kick boxing (59), le basket-ball (48), la pétanque (47), le tennis de table (45), le volley-ball (40), la boxe (37), la natation (31) et le tennis (30).

Parmi les sportifs les plus connus, Mohammed Gammoudi s’illustre en athlétisme, ce qui lui permet de remporter quatre médailles aux Jeux olympiques, ce qui en fait le sportif tunisien le plus médaillé de l’histoire du pays. La Tunisie a également vu émerger des champions dans des sports individuels tels que Anis Lounifi (champion du monde de judo) ou encore Oussama Mellouli (champion du monde de natation). En ce qui concerne les sports collectifs, les équipes nationales ont remporté une coupe d'Afrique des nations de football, sept championnats d’Afrique de handball masculin, huit championnats d’Afrique de volley-ball masculin ou encore la compétition de basket-ball des Jeux panafricains de 1973.

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Équipe d'Irlande de rugby à XV

logo du 15 de Trèfle

L'équipe d’Irlande de rugby à XV, surnommée le XV du Trèfle, rassemble les meilleurs joueurs professionnels de la République d’Irlande et de l’Irlande du Nord dans les compétitions internationales majeures de rugby à XV, la Coupe du monde de rugby à XV et le Tournoi des six nations (appelé Tournoi dans la suite de l’article).

L’équipe nationale de rugby d’Irlande représente à la fois la République d’Irlande et l’Irlande du Nord avec une implantation forte uniquement dans certains secteurs géographiques. Cette situation est unique au sein des équipes de rugby internationales car l’équipe d’Irlande est la seule à réunir deux entités politiques différentes, l’Irlande s’étant retrouvée divisée le 6 décembre 1922 (reconnaissance officielle par le Royaume-Uni de l’indépendance de l’État libre d’Irlande). L’Irlande participe au Tournoi des six nations. Son palmarès dans cette compétition est de dix victoires, huit victoires partagées et deux Grands Chelems en 1948 et 2009. L’Irlande participe également à la Coupe du Monde depuis sa création mais elle n’a jamais dépassé le stade des quarts de finales.

L’Irlande a réussi le passage de l’amateurisme au professionnalisme depuis 1995. Elle a obtenu de bons résultats alors que le pays ne compte que six millions d’habitants et que ce sport est en concurrence avec les sports gaéliques (hurling, camogie, football gaélique, handball gaélique et rounders) et le football.

La sélection irlandaise peut s’appuyer sur le potentiel des quatre provinces du pays : le Munster, le Leinster, l’Ulster, le Connacht.

Les Irlandais jouent en vert et blanc avec un trèfle sur le cœur. Le XV du Trèfle évolue à domicile au stade de Lansdowne Road (Dublin) depuis 1878. L’I.R.F.U. a la charge de gérer l’équipe d’Irlande de rugby à XV depuis 1874. Elle possède le stade de Lansdowne Road. En 2007 et notamment pour leur premier match du Tournoi des six nations contre l’Angleterre, les Irlandais évoluent dans le stade consacré d’habitude aux sports gaéliques, Croke Park, en raison de la rénovation de Lansdowne Road.

Aujourd’hui, l’équipe d’Irlande est considérée comme l’une des meilleures sélections nationales au monde. Au 23 mars 2009, elle est quatrième au classement des équipes nationales de rugby.

Tout commence avec le caid, un sport joué en Irlande, et qui possède de fortes similitudes avec le rugby. Cette discipline est pratiquée dans un espace défini, avec un nombre déterminé de joueurs. En 1854 dans la ville de Cork, Peter Shorten fonde un club. En 1867, le Trinity Second XV dispute plusieurs matchs contre le Saint Columba's College et le Hume High Street, deux écoles du Leinster, et aussi contre la Royal School de Dungannon, école du nord du pays. Suivant l'adoption d'une série de nouvelles règles en 1868, le rugby football commence à se répandre dans toute l'Irlande.

En 1874, l'Union du Football Irlandais (reconstitué en Irish Rugby Football Union, après l'unification avec l'Union d'Irlande du Nord) est formée. L'Irlande perd son premier test match contre l'Angleterre le 15 février 1875, sur le score de 7-0 (voir Angleterre-Irlande en rugby à XV). Les deux équipes ont fait jouer vingt joueurs dans ce match, Robert Walkington est l'un d'eux.

Le 13 décembre 1875, l'Irlande reçoit l'Angleterre au Leinster Cricket Club de Rathmines dans la banlieue de Dublin et elle perd 4-0. Lansdowne Road est alors inutilisable. Les équipes se rencontrent une fois par an, le match suivant a lieu 5 février 1877 pour une troisième victoire anglaise consécutive sur le score de 8-0. Deux semaines plus tard au stade Ormeau à Belfast, l'Irlande reçoit l'Écosse et s'incline 20-0 (voir Écosse-Irlande en rugby à XV). Le 11 mars 1878, l'Angleterre se déplace en Irlande pour le premier match joué à Lansdowne Road.

Après des débuts difficiles (dix défaites en dix rencontres et pas de point inscrit avant la huitième rencontre), en 1881, les Irlandais obtiennent leur première victoire à domicile. Ils battent les Écossais au stade Ormeau, à Belfast. Les confrontations contre le pays de Galles débutent un peu plus tard sur le plan international avec un match disputé le 28 janvier 1882 à Lansdowne Road. Les Gallois l'emportent 8-0. Le 6 février, une semaine plus tard, l'Irlande réussit le premier résultat positif contre les Anglais avec un match nul 2 partout.

En 1882-1883, les Irlandais disputent le premier Tournoi. Ce n'est qu'en 1884 que les quatre équipes se rencontrent toutes pendant la même saison, en effet il manque le match Irlande-pays de Galles à l'édition de 1883 pour que le Tournoi soit disputé complètement. Lors d'un match face au pays de Galles, en 1884 à Cardiff, deux joueurs irlandais ne sont pas en état de disputer la rencontre ; l'équipe irlandaise est contrainte «d'emprunter» deux joueurs gallois. Les éditions de 1885, 1887 et 1889 ne sont pas complétées, à la suite de disputes entre fédérations.

Les Anglais sont exclus des éditions de 1888 et 1889 du Tournoi en raison de leur refus de rejoindre l'International Rugby Board,.

La première victoire irlandaise à Lansdowne Road est la première victoire de l'Irlande sur l'Angleterre le 5 février 1887 sur le score de 6-0. C'est seulement la deuxième victoire en vingt-cinq rencontres. Robert Warren est le capitaine de l'équipe, Robert Montgomery et CR Tillie inscrivent deux essais transformés par Daniel Rambaut. John Macauley fait partie de l'équipe. Le 3 mars 1888, l'Irlande enregistre sa première victoire contre le Pays de Galles : elle marque un essai, une pénalité et un drop contre rien pour les Gallois.

Le 1er décembre 1888 l'Irlande joue contre les Māori de Nouvelle-Zélande, le premier adversaire non britannique.

En 1894, l'Irlande suit le modèle gallois en utilisant sept arrières au lieu de six. Les Gallois ont une équipe impressionnante et un nouveau système de jeu qui change la face de ce jeu. Le système à « quatre trois-quarts » mis en place depuis 1890 porte ses fruits. Le système à « six arrières/neuf avants » n'est plus de taille contre le système gallois, et avoir quatre trois-quarts devient une norme au niveau des équipes nationales comme des clubs.

En 1894, l'Irlande bat successivement l'Angleterre 7-5, l'Écosse 5-0 et le pays de Galles 3-0, et elle remporte son premier tournoi avec à la clé une Triple Couronne, c'est-à-dire une victoire sur l'Angleterre, l'Écosse, le pays de Galles. C'est seulement la deuxième victoire irlandaise sur l'Écosse en dix-huit rencontres et la deuxième victoire irlandaise sur l'Angleterre en dix-huit rencontres.

Dans les années 1890, le rugby est essentiellement un jeu pour la classe moyenne protestante. Le seul catholique de l'équipe de 1894 d'Edmund Forrest est Tom Crean. Dix huit joueurs ont disputé les trois matchs qui ont permis à l'Irlande de remporter la première Triple Couronne : treize viennent de trois clubs de Dublin, Wanderers, Dublin University et Bective Rangers, et les cinq derniers de l'Ulster.

Si en 1895, l'Irlande ne confirme pas et subit trois défaites, elle remporte en 1896 le Tournoi avec deux victoires et un nul. Le joueur gallois Arthur Gould est au cœur d'un scandale, ce qui conduit au boycott du pays de Galles. Les Tournois 1897 et 1898 ne sont pas complets. Et en 1899, l'Irlande réussit une nouvelle Triple Couronne.

En 1900, les quatre nations de l'Union qui disputent le Tournoi britannique de rugby à XV, ont gagné au moins une fois le titre. La popularité du rugby s'accroît en même temps que le nombre de licenciés et de spectateurs.

Le pays de Galles et l'Écosse dominent la décennie 1900. Cependant, en 1905, les Irlandais gagnent leurs deux premières rencontres. Ils perdent le match décisif contre les Gallois. En 1905, l'intérêt que suscite la visite de la première équipe des All Blacks à Dublin est tel que la IRFU fait le plein pour la première fois. La Nouvelle-Zélande s'impose 15 à 0 devant 12 000 personnes. Le Tournoi britannique de rugby à XV 1906 voit la victoire partagée de l'Irlande avec le pays de Galles. Le 24 novembre 1906, les Sud-africains affrontent l'Irlande à Belfast, dans le stade Ravenhill, et ce sont les Springboks qui s'imposent difficilement 15-12. Le 20 mars 1909, l'Irlande affronte pour la première fois la France et l'emporte 19 à 8. Les nations britanniques ont pris le dessus sur l'Irlande qui peine. Les premiers pas de la France donnent un peu de répit à l'Irlande.

Le Tournoi des cinq nations 1910 a été remporté par l'Angleterre. La France intègre le Tournoi. En 1911, l'Irlande gagne trois matchs et concède une défaite contre le vainqueur du Tournoi, les Gallois. L'Irlande gagne trois matchs en Tournoi des cinq nations 1912, et remporte le Tournoi pour la cinquième fois en moins de vingt ans.

Le 30 novembre 1912, les Sud-africains affrontent l'Irlande pour la première fois à Lansdowne Road. L'Irlande, avec sept nouveaux joueurs, est submergée et encaisse dix essais pour un résultat final de 38 à 0, sa plus large défaite en ce début de siècle.

Pour le Tournoi 1920, les Irlandais ne brillent pas et concèdent des défaites à Dublin contre l'Angleterre 14-11, en Écosse 19-0, à Cardiff contre le pays de Galles 28-4. Le 3 avril les Bleus se présentent à Dublin avec deux défaites face aux Gallois et aux Écossais. Ils battent pourtant les Irlandais 15-7. C'est la première victoire tricolore en déplacement. C'est également ce jour-là qu'est envisagé l'admission de la France à l'International Board. L'Angleterre, l'Écosse et le pays de Galles donnent leur accord de principe. Mr Warren, président de l'Irish Rugby Union et secrétaire de l'International Board, promet son appui. Mais cela n'aboutit pas. le Tournoi 1921 ne réussit pas non plus au XV du Trèfle qui est battu à domicile par les Anglais 15-0, le 12 février, par les Gallois, par 6 à 0, le 12 mars, puis par les Français du capitaine René Crabos le 9 avril 1921, à Colombes, 20-10.

L'Irlande obtient de médiocres résultats dans le Tournoi 1922 : elle concède des défaites 12-3 à Dublin contre l'Angleterre le 11 février, 6-3 en Écosse le 25 février, 11-5 au pays de Galles le 11 mars. Le match Irlande-France, le 8 avril, est marqué par un engagement déplacé. Les Irlandais veulent impérativement éviter la cuillère de bois, et les Français veulent terminer sur une note positive après deux nuls et une défaite dans ce Tournoi. La partie est violente, et c'est l'Irlande qui l'emporte 8-3. Les Irlandais, qui ont les premiers durci leur jeu, se plaignent du comportement français.Les choses ne s'améliorent pas entre Français et Irlandais lors du Tournoi 1924. Le troisième ligne Collopy plaque Crabos, et brise la jambe et la carrière du centre français. Géo André, ancien international français devenu au chroniqueur au Miroir des sports écrit à ce propos : « Le fair-play tend à disparaître de nos terrains, car il est malheureux d'écrire que c'est au milieu d'un jeu impitoyable que René Crabos a eu la jambe brisée». Le 1er novembre, les All Blacks se présentent à Lansdowne Road pour leur premier match de leur tournée d'hiver. Après une domination des avants irlandais, la mêlée néo-zélandaise impose sa force. Les Irlandais perdent la rencontre 6-0.

Les choses se calment pendant le Tournoi 1925. Le 1er janvier, les Irlandais s'imposent à Colombes 9-3. Yves du Manoir fait ses débuts internationaux à l'occasion. L'équipe d'Irlande remporte le Tournoi des cinq nations 1926, à égalité avec l'équipe d'Écosse, en gagnant trois rencontres et en perdant contre l'équipe du pays de Galles 11-8 lors du dernier match. Vingt-deux joueurs contribuent au succès de 1926. William Ernie Crawford en est le capitaine, Denis Cussen, George Stephenson, les frères Frank et Tom Hewitt, Eugene Davy, Mark Sugden et Jammie Clinch font également partie de l'équipe. L'Irlande remporte également le Tournoi en 1927.

Après une interruption due à la Seconde Guerre mondiale, le Tournoi reprend en 1947 avec la participation de cinq nations car la France est admise à participer après le Tournoi de 1939. Les Irlandais perdent le premier match contre la France à Dublin 12-8, ils gagnent l'Angleterre 22-0. La victoire de l'équipe d'Irlande à Lansdowne Road est la plus large victoire de l'Irlande sur l'Angleterre sur un score de 22-0 jusqu'à 2007 et la victoire 43-13 du XV du Trèfle à Croke Park. Con Murphy est le capitaine du match contre les Anglais ; c'est le seul joueur irlandais à être capé avant et après la Seconde Guerre mondiale. Les Irlandais s'imposent en Écosse 3-0 et ils perdent la dernière rencontre contre le pays de Galles 6-0. Le 6 décembre 1947, ils reçoivent l'Australie et s'inclinent 16-3.

L'Irlande remporte son premier Grand Chelem en 1948 sous la conduite de son capitaine Karl Mullen.Elle gagne la France à Paris, l'Angleterre à Twickenham, l'Écosse 6-0 à Lansdowne Road avec deux essais inscrits par Jack Kyle et Barney Mullan. Ils gagnent enfin le pays de Galles 6-3 à Ravenhill. En 1949, l'Irlande remporte la Triple couronne, en utilisant dix-neuf joueurs. En 1951, l'Irlande remporte le Tournoi avec trois victoires et un match nul face aux Gallois, à Cardiff. L'année suivante, l'Irlande effectue, pour la deuxième fois en cinquante ans, une tournée à l'étranger. Elle affronte et bat l'Argentine. Le 27 février 1954, les Irlandais affrontent les Écossais au stade Ravenhill, à Belfast. Le capitaine irlandais Jim McCarthy déclare au président de l'I.R.F.U., Sarsfield Hogan, que onze joueurs, issus de la République d'Irlande refusent de chanter le God save the Queen à côté de l'équipe d'Écosse. Il est convenu qu'un hymne abrégé, connu dans l'Ulster sous le nom de Le salut, soit joué à la place. L'Irlande bat l'Écosse 6 à 0, et décide de ne plus revenir jouer dans le nord du pays. Il faut attendre 2007 pour la revoir. Le XV du Trèfle conclut la décennie en s'imposant face aux Australiens 9 à 6 à Dublin. C'est également la première fois qu'une nation majeure de l'hémisphère sud est battue par les Irlandais.

L'Irlande ne remporte pas le Tournoi mais obtient quelques résultats de prestiges : victoires sur les Anglais en 1961 et 1964, et les Écossais en 1963. Elle fait match nul contre les Gallois et les Anglais à Lansdowne Road, fin 1964. En 1965, le XV du Trèfle fait match nul contre la France avant de battre l'Angleterre et l'Écosse. Mais la Triple Couronne lui échappe face au Pays de Galles, à Cardiff. Le 10 avril, l'Irlande enregistre sa première victoire contre l'Afrique du Sud : le match a lieu à Lansdowne Road, et le score est de six partout lorsque Tom Kiernan réussit une pénalité à l'ultime minute, arrachant ainsi la victoire. En 1967, l'Irlande bat l'Australie, à Dublin, et récidive en mai face aux mêmes Wallabies, à Sydney, devenant ainsi la première nation de l'hémisphère nord à remporter un match dans l'hémisphère sud. Le 26 octobre 1968, les Irlandais battent pour la quatrième fois consécutive les Australiens : 16-3 à Lansdowne Road. En 1969, les Irlandais gagnent 17 à 9 contre les Français à Lansdowne Road, dans le Tournoi des cinq nations ; il s'agit de la première victoire contre les Bleus depuis onze ans. Ils sont invaincus jusqu'à leur dernier match face aux Gallois, qui l'emportent. Pour la troisième fois, les Gallois privent les Irlandais de victoire dans le Tournoi. À l'automne, l'Irish Rugby Football Club Union décide de nommer Ronnie Dawson à la tête de la sélection nationale. Dawson devient le premier sélectionneur du XV du Trèfle.

Le Tournoi des cinq nations 1972 n'est pas achevé à cause des troubles en Irlande du Nord. Après le Bloody Sunday, un mouvement de foule met le feu à l'ambassade britannique de Dublin et des lettres de menace sont adressées aux joueurs. Les Écossais et les Gallois refusent de se déplacer en Irlande. Le Tournoi de 1972 n'est donc pas attribué. Des faits analogues se reproduisent l'année suivante mais cela n'empêche le déroulement de la compétition. L'Angleterre accepte de venir jouer à Dublin. Victoire des Irlandais 18-9 à Lansdowne Road. Lors du repas d'après-match, le capitaine anglais John Pullin déclare : «nous n'avons pas été très bons mais au moins nous nous sommes déplacés». Le Tournoi des cinq nations 1973 voit toutes les équipes gagner à domicile : résultat unique dans les annales, et par conséquent, elles gagnent toutes le Tournoi. Quelques semaines avant le Tournoi, les Irlandais affrontent les All Blacks. Ce match, qui a lieu le 20 janvier, se solde par un score de parité, 10 partout ; l'ultime transformation irlandaise, en toute fin de match, est détournée par le vent.

Le Tournoi 1974 est très serré et les Irlandais, exempts lors de la dernière journée, voient les Gallois auteurs de deux nuls et une victoire lors de leurs trois premières sorties, laisser échapper le Tournoi en perdant 16-12 contre les Anglais à Twickenham. Avec deux victoires, un nul et une défaite face à la France, l'Irlande l'emporte seule, alors que l'Angleterre, dernière, ne compte qu'une défaite de plus. De 1975 à 1977, la sélection nationale est dirigée par Roby Meates.

Les Irlandais connaissent une autre période favorable pendant la première moitié des années 1980 avec trois victoires en 1982, et une défaite face à la France, à Paris, qui les prive de Grand Chelem. Ils remportent également la Triple couronne, la première depuis trente trois ans. Le XV du Trèfle remporte le Tournoi en 1983, à égalité avec la France. En 1985, l'Irlande remporte à nouveau le Tournoi et le Triple couronne, sous la houlette du sélectionneur Mick Doyle. Le match nul face à la France prive l'Irlande du Grand Chelem. L'équipe irlandaise a gagné 13-10 à l'arrachée face aux anglais à Lansdowne Road ; Michael Kiernan réussit un drop à la dernière seconde dans ce dernier mach. Ces victoires sont toutes acquises sous le capitanat de Ciaran Fitzgerald.

Quatre autres joueurs irlandais ont aussi remporté trois fois le Tournoi : Phil Orr, Donal Lenihan, Moss Keane et Hugo MacNeill. Le record de victoires appartient à Fergus Slattery avec quatre succès en 1973, 1974, 1982 et 1983.

En 1986, l'Irlande perd tous ses matchs dans le Tournoi, mais bat la Roumanie en novembre : 60-0, et dix essais. C'est, à cette époque, la plus large victoire dans une rencontre internationale. L'année suivante est celle de la première Coupe du Monde de rugby. Elle se tient en Nouvelle-Zélande, et voit les Irlandais battre les Canadiens et les Tongiens, ce qui leur permet d'accéder aux quarts de finales où ils perdent par 35-15 contre les Australiens.

La Coupe du Monde 1991 se tient en Angleterre, en Irlande et en France du 3 octobre au 2 novembre 1991. Lors de la première phase, l'Irlande a comme adversaire l'Écosse, le Japon et le Zimbabwe. Après deux victoires faciles sur le Japon et le Zimbabwe, l'Irlande est battue par l'Écosse à Murrayfield. En quart de finale, les Australiens ne sont jamais capables de distancer les Irlandais, le XV du Trèfle mène au score 18-15 en fin de match et quasiment lors de la dernière action, Michael Lynagh inscrit un essai en coin pour briser les cœurs irlandais et envoyer les siens affronter les champions en titres, la Nouvelle-Zélande.

En 1995, la troisième Coupe du monde se tient en Afrique du Sud. Le XV du Trèfle tombe dans la poule avec la Nouvelle-Zélande, le pays de Galles et le Japon. L'Irlande est battue par les All Blacks mais remporte le match contre le Japon, et celui contre le pays de Galles de justesse, 24-23. En quart de finale, l'Irlande affronte les Bleus qui les battent 36-12.

La quatrième Coupe du monde est organisée en 1999 par le pays de Galles. Les matchs de poules sont répartis entre l'Angleterre, la France, l'Irlande et le pays de Galles. L'Irlande joue en poule contre l'Australie, la Roumanie et les États-Unis. Battus par les Wallabies, mais vainqueurs des deux autres équipes, les Irlandais doivent disputer un match de barrage contre les Argentins. Ces derniers l'emportent 28-24 et privent les Irlandais d'une quatrième présence consécutive en quart de finale de Coupe du monde.

Dans le Tournoi, l'Irlande réussit sa meilleure performance en 1987, en terminant à la deuxième place. Pour le reste, ce sont la France et l'Angleterre qui se disputent le trophée. Seuls l'Écosse et le pays de Galles parviennent à tirer leurs épingles du jeu. L'Irlande enregistre ses plus mauvaises performances en finissant dernière à six reprises.

Malgré le mauvais bilan sportif des dernières années, le rugby irlandais s'améliore rapidement, avec l'avènement du professionnalisme. L'I.R.F.U. décide de convertir les quatre provinces en clubs, et de les doter d'une puissance financière leur permettant de retenir les meilleurs joueurs en Irlande. Les clubs tissent des liens très forts avec les clubs amateurs et les écoles de rugby. La proximité géographique de la plupart des joueurs de la sélection nationale aide à cimenter d'excellentes relations avec les joueurs.

Le nouveau format du Tournoi, avec l'arrivée de l'Italie en 2000, correspond à la résurgence du XV du Trèfle. L'Irlande finit troisième de la première édition du Tournoi des VI Nations, en remportant trois matchs, et l'emportant de justesse face aux Bleus à Paris. En 2001, l'Irlande finit deuxième ; elle l'emporte chez elle face aux anglais et aux français. Mais le Tournoi est marqué par une épidémie de fièvre aphteuse qui contraint à décaler les matchs contre l'Écosse et l'Angleterre en octobre. Malgré d'excellents résultats qui ont vu l'Irlande passer de la quatrième place du Tournoi, en 1999, à la deuxième en 2001, Warren Gatland est démis de ses fonctions à l'automne, et c'est son adjoint Eddie O'Sullivan qui prend les rênes de la sélection irlandaise. Le 8 mars 2003, l'Irlande l'emporte par 15 à 12 face à la France. Anglais et Irlandais sont au coude-à-coude, mais l'Angleterre l'emporte 42-6 à Lansdowne Road, et signe son douzième Grand Chelem. Cette défaite met un terme à une série de dix matchs sans défaite des irlandais.

Lors de la Coupe du monde de rugby 2003, l'équipe d'Eddie O'Sullivan doit affronter, en matchs de poule, l'Australie, l'Argentine, la Roumanie et la Namibie. Après deux victoires faciles contre la Namibie et la Roumanie, l'Irlande bat d'un point les Pumas, puis est battue d'un point par les Wallabies. À noter que l'Australie, pays organisateur, remporte tous ses matchs et signe un carton contre la Namibie : victoire 142 à 0. Le XV du Trèfle est défait contre la France en quart de finale.

L'Irlande obtient encore la deuxième place lors du Tournoi 2004, perdant le Grand Chelem contre la France cette fois. Néanmoins, elle l'emporte face au XV de la Rose, devenant ainsi la première nation à battre les champions du monde 2003. Finissant à la deuxième place, l'Irlande obtient la Triple Couronne. L'Irlande a des ambitions pour le Tournoi 2005. En gagnant ses trois premiers matchs, les irlandais rêvent au Grand Chelem, le premier depuis 1948. Mais l'équipe d'Eddie O'Sullivan glisse à la 3e place avec des défaites contre la France à domicile, et le pays de Galles au Millennium Stadium à Cardiff. En 2006, un mauvais début de match contre la France coûte à Eddie O'Sullivan son premier Tournoi et son premier Grand Chelem ; cependant, les irlandais ont montré un rugby offensif : deux larges victoires face aux Gallois et aux Écossais, et sur le fil face aux Anglais. L'Irlande finit deuxième et remporte sa deuxième Triple Couronne en trois ans, et ce la première année où une assiette d'argent, connue sous le nom de Trophée de la Triple Couronne, vient récompenser cette performance.

Lors de la traditionnelle tournée d'été dans l'hémisphère sud, les irlandais affrontent par deux fois les All Blacks, et se présentent à Perth, face aux Wallabies, totalement éreintés. Ces derniers les battent sévèrement. Pour la tournée d'automne, l'Irlande reçoit à Lansdowne Road respectivement Afrique du Sud, l'Australie et l'équipe des Îles du Pacifique. Suf-africains et australiens, en repérage pour la Coupe du monde 2007, se déplacent avec des effectifs expérimentaux. Les Springboks sont battus 32-15. Face aux Wallabies, le public s'attend à un duel entre les lignes arrières ; mais le mauvais temps ne le permet pas, et le XV du Trèfle l'emporte 21-6. Contre les Îles du Pacifique, les irlandais gagnent 61-17, et Paddy Wallace s'illustre en inscrivant 26 points. L'Irlande clôt l'année 2006 en atteignant la troisième place du classement IRB.

L'année 2007 débute avec l'annonce de la reconstruction de Lansdowne Road. Pendant la durée des travaux, les matchs à domicile de la sélection irlandaise se tiennent à Ravenhill, après cinquante-trois ans d'absence. Mais tous les matchs des prochaines éditions du Tournoi se tiennent à Croke Park, siège des sports gaéliques. L'Association des sports gaéliques accepte d'assouplir ses règles en ce qui concerne l'organisation des matchs. Les deux premiers matchs voient l'Irlande affronter la France qui l'emporte 17-20 et, l'Angleterre qui est battue 43-13. L'Irlande obtient donc encore la deuxième place lors du Tournoi 2007, et décroche une nouvelle fois la Triple Couronne. Brian O'Driscoll, Ronan O'Gara, Girvan Dempsey, Peter Stringer et les avants Malcolm O'Kelly, Paul O'Connell, font partie de cette équipe qui a réalisé trois Triples Couronnes en quatre années. Cependant, elle n'a pas gagné le Tournoi. Durant le mois de mars, l'I.R.F.U. crée la « Sélection des Hautes Performances » afin de favoriser l'éclosion internationale des joueurs les plus prometteurs, grâce notamment aux infrastructures dont disposent l'équipe première. Le but est de faciliter la transition entre les anciens et les nouveaux joueurs de la sélection nationale.

L'Irlande entame la Coupe du monde de rugby 2007 avec des ambitions. Elle occupe l'une des six premières places du classement mondial. Le 9 septembre 2007, les Irlandais battent la Namibie 32-17, sans convaincre. Ils battent par la suite la Géorgie 14-10, avant de perdre leurs illusions contre la France et l'Argentine pour finir 3e de la poule D et éliminés. Eddie O'Sullivan reste à la tête de la sélection durant le tournoi de six nations, mais après la 4e place obtenue, il démissionne.

Le 7 mai 2008, Declan Kidney, alors entraîneur du Munster, est nommé à la tête du XV d'Irlande. Finissant la saison avec sa province, c'est Michael Bradley, l'entraîneur du Connacht qui assurera l'intérim jusqu'à sa prise de fonction durant l'été 2008.

Le 21 mars 2009, elle obtient son deuxieme grand chelem, 61 ans aprés celui de 1948 en battant les gallois, chez eux aux Millennium Stadium à Cardiff par une courte victoire, 17 à 15 acquise dans les derniers instants de la rencontre.

Les Irlandais jouent en vert et blanc avec le trèfle de l'IRFU sur le cœur. Le maillot est actuellement fabriqué par la société Canterbury of New Zealand et O2 apparaît comme sponsor maillot.

L'équipe d'Irlande réussit à rassembler les nationalistes et les unionistes, tout comme dans d'autres sports comme le football. Comme les joueurs sont issus des quatre coins du pays, une controverse est latente sur le drapeau et l'hymne. Quand le XV du Trèfle recevait à Belfast, le God Save the Queen, l'hymne anglais, qui était joué, et à Dublin, c'était l' Amhrán na bhFiann, l'hymne de la République d'Irlande. Cependant, aucun hymne n'était joué à l'extérieur. En avril 1995, un hymne est spécialement créé : l' Ireland's Call. Sa composition fait suite à de nombreuses plaintes de joueurs et de supporters de l'Irlande du Nord, mécontents que l' Amhrán na bhFiann soit joué. Pour les matchs à Dublin, l' Amhrán na bhFiann et l' Ireland's Call sont joués. Cela a pour conséquence que les joueurs et les supporters issus de l'Irlande du Nord se plaignent. Lorsque le XV du Trèfle se déplace en Italie, dans le cadre des matchs préparatoires à la Coupe du Monde 2007, l' Ireland's Call et le God Save the Queen doivent être joués, mais l’ I.R.F.U. notifie son refus, arguant que la sélection joue hors d'Irlande.

De même, la question du drapeau est un sujet sensible. Le drapeau officiel de la République d'Irlande est l'Irish Tricolour, déployé pour les matchs à Belfast. Un drapeau avec les symboles des quatre provinces est déployé à côté de l'Irish Tricolour pour les matchs se tenant à Dublin. Pour certains matchs, le drapeau de l'I.R.F.U. est déployé sur la pelouse, durant les cérémonies d'avant match. Dans la foule, il est possible de voir des supporters arborer les couleurs de la République d'Irlande ou de l'Irlande du Nord.

Le shamrock, une marque déposée symbole de l'Irlande, est un trèfle blanc à trois feuilles, appelé parfois trifolium repens. Le shamrock est souvent le badge, l'emblème d'équipes sportives, d'organisations étatiques originaires d'Irlande : l'IRFU, le Shamrock Rovers, Aer Lingus, l'University College Dublin, l'Université de Notre Dame l'utilisent comme symbole identitaire. Selon l'Oxford English Dictionary, le trèfle à trois feuilles représente la Sainte Trinité, il a été utilisé par Saint Patrick pour expliquer la Sainte Trinité aux Irlandais ne connaissant pas le catholicisme. C'est pour cela que le trèfle à trois feuilles est associé à la fête nationale irlandaise : la fête de St Patrick.

Lansdowne Road est le stade où se tient habituellement toutes les rencontres du XV du Trèfle et de l'Équipe d'Irlande de football. Il accueille également de manière ponctuelle le Leinster Rugby, principalement lors de rencontres de Coupe d'Europe. Le premier match joué dans cette enceinte a lieu le 11 mars 1878, et voit l'Irlande affronter l'Angleterre. Néanmoins, il faut attendre la fin des années cinquante avant que les joueurs irlandais ne se fixent définitivement dans ce stade.

Le tout premier match à domicile des Irlandais a lieu le 13 décembre 1875 au Leinster Cricket Club de Rathmines ; ils y affrontent les Anglais. Belfast abrite plusieurs matchs dans ses deux stades : Ormeau, et surtout Ravenhill. Rapidement, Ravenhill devient le stade de Belfast où les Irlandais affrontent leurs adversaires. Qu'il s'agisse de match officiel ou de rencontre amicale, le XV du Trèfle reçoit alternativement à Ravenhill ou à Lansdowne Road. Néanmoins, à cause de problèmes politiques, la sélection irlandaise joue le 27 février 1954 son dernier match à Ravenhill, et n'y revient que cinquante-trois ans plus tard. Dès lors, l'Irlande va jouer à Lansdowne Road.

Construit en 1872, le stade se situe dans le quartier de Ballsbridge, à Dublin. D'une capacité de 50 500 spectateurs, il accueille 48 000 inconditionnels lors des matchs de rugby de l'Irlande et seulement 36 000 pour les matchs de football pour respecter les règles de la FIFA qui obligent de n'avoir que des places assises. Le stade ne contient que deux tribunes couvertes et possède encore des sièges en bois. Il possède également la particularité d'avoir une ligne de chemin de fer passant sous la tribune présidentielle, la gare de Lansdowne Road se trouve un peu plus loin.

Il est prévu que le stade soit rasé à partir de 2007 pour laisser la place à un nouveau stade ultramoderme d'une capacité de 55 000 spectateurs. Pendant la reconstruction, les rencontres des deux sélections de football et de rugby se déroulent, et ce pour la première fois de l'histoire, dans le temple des sports gaéliques de Croke Park, avec une capacité de 82 500 spectateurs c'est le plus grand stade de l'île d'Irlande. Le 24 février 2007, dans le cadre du Tournoi, le match Irlande-Angleterre s'est conclu par une nette victoire de l'équipe d'Irlande 43-13, véritable symbole pour le peuple Irlandais, car ce stade fût le cadre du Bloody Sunday (1920). Le chant des hymnes irlandais ce jour là reste une des pages les plus émouvantes de l'histoire du sport Irlandais.

Le tableau suivant dresse le bilan des matchs contre tous les adversaires de l'équipe d'Irlande, il est mis à jour au 7 janvier 2008.

L'équipe d'Irlande présente un bilan négatif par rapport à toutes les autres équipes majeures du rugby à XV : Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Angleterre, pays de Galles, France, Écosse.

La plus large victoire de l'Irlande est acquise sur le score de 83 à 3 contre l'équipe de États-Unis, le 10 juin 2000. Sa plus large défaite est concédée sur le score de 6 à 59 contre la Nouvelle-Zélande le 6 juin 2000.

Le tableau suivant récapitule les performances des Irlandais en coupe du monde. Les Irlandais n'y ont pas brillé. L'Irlande est la seule équipe du tournoi des cinq nations à n'avoir jamais atteint le stade des demi finales de la coupe du monde, contrairement à la France, l'Angleterre, l'Écosse et le pays de Galles.

Performances de l'Irlande en Coupe du monde.

La liste suivante dresse le bilan des records de sélections pour l'équipe d'Irlande de rugby à XV, il est mis à jour au 25 mars 2008. La liste met en valeur les joueurs des 25 dernières années, il faut noter qu'un classement par nombre de sélections ne dépend pas que de la qualité du joueur mais aussi du nombre de rencontres internationales. La naissance de la coupe du monde en 1987, la périodicité désormais bi annuelle des tournées influent sur ce classement et doivent donc être rappelés.

Brian O'Driscoll est le joueur qui a marqué le plus grand nombre d'essais avec l'Irlande. Son record peut être nettement amélioré, il n'a que 29 ans en 2008 même s'il compte déjà 93 sélections. Denis Hickie, 29 essais en 62 sélections, a stoppé sa carrière en 2007.

Le record de points marqués est détenu par Ronan O'Gara avec 919 points. Ronan O'Gara bute régulièrement en équipe nationale depuis 2000. Il a partagé cette responsabilité et le poste de titulaire à l'ouverture avec David Humphreys. La liste met en valeur les joueurs des vingt cinq dernières années, le nombre de rencontres internationales par saison a augmenté et l'Irlande est plus compétitive sur la scène internationale depuis 2000.

La liste suivante indique les joueurs retenus pour participer à la coupe du monde 2007.

L'équipe d'Irlande a compté de nombreux joueurs internationaux. Il n’est pas possible de les citer tous ici, on se reportera à Catégorie:Joueur irlandais de rugby à XV pour en avoir une liste plus complète.

La liste suivante est limitée à des joueurs qui ont au moins 60 sélections en équipe d'Irlande, plus quelques personnalités marquantes (capitaines du XV du Trèfle, membres du Temple international de la renommée du rugby, joueurs comptant moins de sélections mais ayant évolué à une époque où il y avait moins de matchs internationaux).

Parmi ces joueurs emblématiques, le tableau suivant distingue quelques joueurs qui possèdent le meilleur palmarès en termes de nombre de sélections et de titres remportés avec l'équipe d'Irlande. Par leur activité, ils couvrent la période 1947-2007.

Ronnie Dawson devient, en 1969, le premier sélectionneur de l'équipe d'Irlande. C'est un ancien joueur de l'équipe nationale d'Irlande et de celle des Lions britanniques et irlandais. Il jouait au poste de talonneur. Il connaît 27 sélections avec l'Irlande, et en est le capitaine à onze reprises. Il a participé à la tournée des Lions en 1959 en Australasie, jouant six test matchs et étant le capitaine. Il est l'entraîneur des Lions britanniques et irlandais en 1968 en tournée en Afrique du Sud.

Warren Gatland est le sélectionneur pour la période de 1998 à 2001. Il est nommé en remplacement de Brian Ashton, mais au bout de trois ans, il est démis.

Eddie O'Sullivan , adjoint de Gatland de 1999 à 2001, devient sélectionneur après le renvoi de ce dernier. Connu pour son style décontracté, O'Sullivan présente un bilan de trois triples couronnes et une Coupe du monde de rugby 2003 honorable. L'Irlande entame la Coupe du monde de rugby 2007 avec des ambitions. Malgré l'élimination prématurée, la confiance est toutefois maintenue à Eddie O'Sullivan, mais il ne résiste pas à la 4e place obtenue lors du tournoi des six nations suivant.

Le rugby à XV est un sport populaire qui fait partie de la culture nationale de l'Irlande et qui est pratiqué par environ 14 500 joueurs licenciés adultes. Il y a actuellement environ 86 500 joueurs de rugby à XV en Irlande. Le rugby est un des principaux sports en Irlande. Il est néanmoins devancé largement par les sports gaéliques et par le football. Contrairement aux Anglais ou aux Gallois, jamais le rugby à XIII n'a pu s'implanter et concurrencer le rugby à XV. Le rugby à XV a une très forte tradition universitaire. À ce titre la plus célèbre école de rugby d'Irlande est celle de Blackrock College à Dublin.

La particularité du rugby est que ses compétitions et son équipe nationale sont transnationales, comprenant des clubs et donc des joueurs d'Irlande et d'Irlande du Nord.

Le championnat d'Irlande se joue entre les clubs, mais la principale compétition est la Celtic League, composée d'équipes représentant les provinces d'Irlande, des franchises écossaises et galloises.

Les stars actuelles du rugby irlandais sont les titulaires des lignes arrières : la charnière Peter Stringer-Ronan O'Gara, les centres Brian O'Driscoll et Gordon d'Arcy, les ailiers Denis Hickie et Shane Horgan et l'arrière Girvan Dempsey. Le paquet d'avants est également de très haut niveau et l'Irlande aurait pu prétendre aller très loin lors de la Coupe du Monde.

Les droits de retransmission en Irlande des matchs du XV irlandais sont détenus par la BBC qui possède l'exclusivité pour les matchs du tournoi des six nations et les autres rencontres : les matchs de rugby disputés par l'Irlande lors du Tournoi des Six Nations et de la phase finale de la Coupe du monde trouvent un écho particulier auprès de la population irlandaise et justifient donc la retransmission sur le service public,.

Les droits de télévision, le sponsoring et la vente de billets d'entrée aux matchs du Tournoi sont des sources de revenus importantes pour les fédérations de rugby.

Plusieurs grands groupes industriels sponsorisent le rugby à XV et, en particulier, le Tournoi des six nations. Pour ces groupes, le rugby représente l'esprit d'équipe, la convivialité, la puissance. Autant de valeurs auxquels ils souscrivent et souhaitent être associés. Les sponsors bénéficient d'une excellente visibilité pendant la retransmission des matchs du Tournoi des six nations, la présence d'une marque sur les panneaux publicitaires qui entourent le terrain représente environ 1,6 million d'euros d'équivalent publicitaire.

L'Irish Rugby Football Union a profité des bons résultats des années 2000. Les supporters ont cependant toujours répondu présents et la vente de billets représente plus de 50 % des recettes.

Les bons résultats ont permis aussi à la fédération d’augmenter les recettes par les sponsors et la vente de maillots. Une autre source de revenus viendra par l'augmentation de la capacité de Lansdowne Road.

Le public se déplace de loin et en masse. Aussi, les hôtels, les transports, les commerces profitent directement de l'organisation des matchs.

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Source : Wikipedia