Coton

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Posté par hal 03/03/2009 @ 09:14

Tags : coton, textile, economie

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Histoire de la culture du coton

Jusque à la fin du XVIIIe siècle, la culture du coton, présente de façon marginale dans un grand nombre de pays, était surtout l'affaire de l'Asie, tout particulièrement de l'Inde, qui vendait depuis des siècles des filés de coton déjà colorés, très recherchés en Europe.

Dans le sud des États-Unis, le coton a d'abord coexisté avec le tabac, le riz, le sucre ou l'indigo, mais de façon encore marginale. Tout change très brutalement, en quinze ans, à la fin du siècle : la part dans la production mondiale du coton brut des plantations américaines est passée de 5% à 70% entre 1791 et 1805, alors qu'elle est encore proche de zéro en 1782 lors de la création des premières fabriques en Angleterre.

En seulement 60 ans, la quantité de coton importée par l'Angleterre sera multipliée par 50, passant de 11 millions de tonnes en 1785 à 588 millions en 1850.

Après la Bataille de Culloden, entre les jacobites écossais et les troupes anglaises, les premiers perdent 3.000 hommes, soit près de la moitié de leur effectif, plus de 1.000 combattants écossais furent vendus comme esclaves aux planteurs de coton américains, probablement en Georgie, ce qui contribuera à déstabiliser les équilibres dans cette colonie, où à partir de 1750 les abolitionnistes, encore majoritaires, sont dépassés par les esclavagistes, qui obtiennent la légalisation de cette pratique.

C'est aussi l'époque où le coton est arrivé sur les îles de Jamaïque et Saint-Domingue, mais très vite en quantité insuffisante. Une taxe sur les autres cotons d’autres régions, en particulier celui de Saint-Domingue est supprimée en 1766 par les anglais pour stimuler la production, mais les prix encore bas et la concurrence étrangère pèsent .

En Europe, les indiennes de couleur imprimées en coton font fureur et leur production, localisée en Suisse depuis 1690, arrive en 1746 en Alsace et 1750 en France. Dès 1754, la famille de Pourtalès, qui a installé à Nantes une succursale pour écouler ses indiennes vers le Nouveau-Monde, en profite pour lancer aussi la culture du coton à Saint-Domingue, tandis qu'en Louisiane, les quelques colons anglais qui s'installent en 1764 sur les ruines de la guerre entre français et les indiens Nachez, dans le Nachez District, ne cultivent pas encore le coton.

L'histoire des indiennes de coton en Europe en prenant de l'importance, créé une demande pour ces tissus légers et doux, moins chers que la soie et plus faciles à colorer, sous forme de tissus imprimés, ce qui stimule aussi la recherche de l'indigo, de la garance et autres plantes tinctoriales.

Le boom de la consommation en Angleterre, à partir de 1770 puis 1789, va déclencher les premières spéculations immobilières pour planter du coton dans cette région du Nachez District, dans laquelle les terres commencent à être un peu plus élevées que dans le delta du Mississippi, et qui est à cheval sur plusieurs futurs états des USA, mais encore sous domination espagnole, depuis 1764. Les spéculateurs se rendent comptent que les riches planteurs des îles, qui ont annexé en vingt ans tout le sud de Saint-Domingue seront tentés un jour ou l'autre de se replier sur la Louisiane.

On fait venir les meilleures espèces de coton, originaires de Saint-Domingue et de Georgie, déjà sélectionnées avec le temps. Mais c'est en 1793 que la spéculation se déchaine, sur les territoires concernées par le scandale de Yazoo Land pour deux raisons: en 1793 Éli Whitney décuple la productivité en inventant le cotton gin, machine à trier la semence des fibres du coton, et ceci l'année même où la révolte de Saint-Domingue prend toute son ampleur, obligeant la jeune république française à abolir l'esclavage, ce qui provoque les premiers exils de planteurs. Entre cette date et la défaite en 1805 de l'armée française de reconquête de Saint-Domingue, dix mille planteurs de l'île, dont bon nombre de jacobites d'origine irlandaise, émigrent en Louisiane, où la nouvelle culture recherchée est le coton.

En 1797, le planteur et spéculateur immobilier William Blount, gouverneur de ce qui n'est pas encore l'État du Tenessee traverse des difficultés financières et concocte un plan pour inciter les indiens Creek et Cherokee à s'allier aux anglais, afin de s'emparer des terres des espagnols en Floride. Le comté de Bourbon, sur le District de Natchez élargi produit alors 3000 balles de coton à 50 livres chacune.

En 1810, trois ans après la découverte de nouvelles espèces, dont le Petit Gulf, la Louisiane produit 93 millions de tonnes de coton contre seulement 90 tonnes en 1793 et sur le marché aux esclaves de la Nouvelle-Orléans, un esclave coûte 500 dollars contre 200 en 1776 et 100 en 1766.

Dès 1817, plusieurs centaines de réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique, menés par deux ex-généraux de Napoléon Bonaparte, fondent la Vine and Olive Colony, et obtiennent 370 kilomètres carrés du gouvernement américain sur des terres qui deviendront le futur état de l'Alabama. Très vite, ils abandonnent le vin et les olives pour devenir des pionniers de l'histoire de la culture du coton.

En 1789 en Angleterre, Edmond Cartwright invente la machine à peigner et reçoit pour cela une récompense de 10.000 livres du parlement en 1792. Son invention multiplie le potentiel de celles réalisées en 1765 par Heargreaves, la fileuse Spinning-Jenny), puis en 1769 par Watt (machine à vapeur avec condensateur) et en 1768 Arkwright avec la fileuse "waterframe".

Toujours en 1789, mais dans le Rhode Island, l'immigré anglais Samuel Slater s'associe à Moses Brown, qui créé une usine textile à Pawtucket, avec son gendre William Almy, et son neveu Smith Brown. Samuel Slater apporte les technologies développées en 1768 par Arkwright puis quitte la firme Almy, Brown & Slater pour crééer la sienne avec son fils John en 1818.

La dernière machine, qui fonctionne à la vapeur, profite d'un charbon deux fois moins cher grâce aux nouvelles voies de communication construites dans la région de Manchester, dès 1761 avec le canal de Bridgewater, bientôt suivis par d'autres. Sur la seule période de 1789 à 1793, le parlement anglais autorise la création de 53 sociétés par action pour la construction de canaux, qui vont lever en 4 ans près de 5 millions de livres, essentiellement par le biais d'annonces dans les journaux. Entre 1760 et 1830, 6.000 kilomètres de canaux sont creusés en Angleterre.

À partir de 1789, la machine à vapeur de Cartwright décuple la productivité des filés de coton, en seulement dix ans. Cet ingénieur sans fortune emploiera jusqu'à 400 ouvriers, tandis le rival Robert Owen en fait travailler 4.000 rapidement au même moment dans la ville-champignon écossaise de New Lanark.

Les prix des vêtements en coton baissent, même si dans un premier temps celui de la matière première augmente de 50%, face à l'explosion de la demande. Dans le port de Liverpool le prix de la livre de coton (indice cotlook) passe de 30 à 45 dollars entre 1790 et 1800, avant de retomber à 10 cents, mais seulement en 1840, l'offre de coton brut ne s'adaptant que progressivement à la demande.

Dans les plantations nord-américaines, le recours à la main d'œuvre noire est en effet limité par l'interdiction de la traite négrière en 1805, par l'incapacité des planteurs à imaginer une façon de sortir de l'esclavage pour produire plus et surtout par la lenteur dans la mise en place de nouvelles plantations, vers l'Ouest, où il faut défricher dans de nouveaux États encore situés sur la "frontière sauvage".

A partir de 1834, l'Alabama, le Mississipi et la Louisiane cultivent la moitié du coton américain et près de 78% en 1859, si on leur ajoute la Georgie, soit quatre nouveaux états qui ne figuraient pas dans les 13 ayant obtenu l'indépendance en 1784.

Entre temps, la production de la Virginie, qui avait décidé d'abolir la traite dès 1785, diminue, tout comme celles des Carolines, les deux autres anciennes colonies, qui ne pèsent que plus que 10% de la culture du coton américain à la veille de Guerre de Sécession.

Une partie des déplacements d'esclaves s'opéraient par la voie maritime, principalement depuis Norfolk jusqu'à la Nouvelle-Orléans mais la plupart des esclaves étaient forcés à se déplacer à pied. Des routes de migration régulières étaient établies le long d'un réseau d'entrepôts destinés à l'accueil temporaire des esclaves.

Dans un premier temps, le coton évince d'autres cultures sur les terres existantes, et annexe le plus rapidement possible de nouveaux territoires. Mais la croissance des plantation est ensuite un peu moins forte, car d'autres pays producteurs font leur apparition, plus timidement.

Après avoir explosé entre 1790 et 1805, la part de marché américaine du coton brut ne progresse que lentement, et atteint son pic historique, à plus de 90% du coton brut cultivé dans le monde, juste à la veille de la guerre de Sécession. Après la défaite militaire des grandes familles qui régnaient sur les plantations du Sud, les États-Unis seront concurrencés par de nombreux autres pays producteurs, en Afrique et en Asie, où la productivité devient plus forte.

La percée du coton au début du XIXe siècle n'est pas seulement technologique. Les nouveaux industriels de la région de Manchester et du Nord des États-Unis font preuve d'un savoir-faire marketing impressionnant pour l'époque. La consommation de coton par habitant est multipliée par sept en Angleterre entre 1830 et 1860. En 1840, 80% de toutes les machines à vapeur d'Europe tournent en Angleterre.

Après avoir explosé au tournant du siècle, la productivité des usines de coton britannique quadruple encore entre 1830 et 1845. Les gains de productivité sont réinvestis dans des baisses de prix et les capitaux circulent vers d'autres industries, qui embauchent aussi, augmentant la demande solvable.

Le résultat est désastreux pour les cotons indiens, qui sont quasiment rayés de la carte mondiale à partir de 1830, causant d'immenses dégâts chez les planteurs comme les tisserands.

Les États-Unis (comme colonie anglaise puis État indépendant) n'ont accueilli que 5% environ des 11 millions d'esclaves victime de la traite, avec 350.000 à 600 000 personnes, selon les estimations, contre plus de 1,6 million pour les Antilles britanniques, environ 1,7 million pour les Antilles françaises et plus de 4 millions au Brésil.

En 1750, sur 1,5 million d'habitants, l'Amérique du Nord compte 350 000 esclaves noirs. En 4 générations, un siècle plus tard, leurs descendants sont 11 fois plus nombreux : 4 millions d'esclaves noirs, soit dix fois plus qu'à Saint-Domingue, où l’économie sucrière était la plus profitable du monde, et plus du double de la population d'esclaves que le Brésil ait jamais eu dans toute son histoire.

Le travail dans les plantations de canne à sucre, plus dur, plus rentable pour le planteur, était réservé à une minorité de jeunes esclaves, qui mouraient jeunes. L'espérance de vie bien supérieure des esclaves en Amérique du Nord s’expliquait par des cultures généralement moins pénibles plus que par un « meilleur traitement ». Moins rentable que le sucre, le coton s'est cependant plus étendu en raison d'une demande mondiale qui a crû dans des proportions exponentielles, ne laissant au sucre que la partie congrue des terres nord-américaines et le reléguant plus au sud.

Si la culture cotonnière a été dopée par l'explosion de la demande, qui a créé une pénurie de matière première, les États du Sud n'ont pas profité de cette position de force, pour se lancer dans la transformation du coton. À la veille de la guerre de Sécession, les manufactures de coton représentaient un capital de 43 millions de dollars dans les États du Nord, et de 2 millions seulement dans le Tennessee, l'Alabama, la Géorgie et la Caroline du Sud, les états planteurs.

Les filés de coton des usines du Nord sont numéro deux mondiaux dès 1830 et pèsent en 1850 l'équivalent de 288 000 livres sterling par an, plus de la moitié de la production britannique et le double de celle de la France, pays qui compte pourtant alors 35 millions d'habitants contre 22 millions pour les USA.

Dans l'Amérique du XIXe siècle, les mentalités sont différents entre les élites du Nord, protestantes avec beaucoup d'ascendants hollandais et français, qui ont développé journaux (trois fois plus nombreux qu'au Sud), bibliothèques (vingt fois plus qu'au Sud) et écoles (deux fois plus) et l'oligarchie des familles de planteurs du Sud, aux valeurs plus aristocratiques, dont l'immigration, surtout britannique, a commencé plus tard mais s'est achevée plus tôt.

Après la guerre de Sécession, les états du Sud auront du mal à s'industrialiser pour remplacer la rente du coton. Beaucoup d'esclaves affranchis n'ont aucune envie de travailler sous le joug de leurs anciens maîtres. Certains connaîtront le chômage, d'autres travailleront dans les usines de la deuxième révolution industrielle, qui s'affirme quelques années après.

La Caroline du Sud a recouru en 1832 à l'ordonnance de "nullification", pour tenter d'annuler la loi protectionniste tout juste établie par le gouvernement fédéral américain. Afin de protéger leur industrie naissante de l'Europe, les États du Nord avaient obtenu de l'État fédéral qu'il impose des tarifs douaniers exorbitants.

Cette politique pénalisait les États du Sud car elle risquait d'entraîner des rétorsions commerciales de l'Angleterre et donc de couper les planteurs du Sud de leurs grand donneurs d'ordre, les industriels anglais des région de Manchester, et Glasgow.

Les tarifs douaniers favorables au coton brut perdent cependant peu à peu de leur intérêt car d'autres pays se sont mis à cultiver à grande échelle, ce qui pèse sur les prix mondiaux. À partir de 1860, la consommation mondiale de coton ne croît plus aussi vite, les innovations plafonnent et la Bourse américaine n'a plus d'yeux que pour la montée en puissance de trois nouvelles industries : le rail, l'acier et le charbon.

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Histoire des indiennes de coton en Europe

L'histoire des indiennes de coton en Europe reflète l'ouverture aux produits nouveaux venus de l'Orient, d'abord importés au XVIème siècle puis copiés au suivant, d'abord à la main et ensuite grâce aux premiers procédés d'impression sur textile.

Cette mécanisation et le goût du public pour des étoffes légères, gaies et colorées sont les présages de la révolution industrielle qui démarre vers la fin du XVIIIème siècle dans la région de Manchester avec les premiers entrepreneurs du coton britannique.

Cet événement majeur est précédée par une pré-révolution industrielle, en Suisse, puis en Alsace et en France, où les indiennes de coton permettent de créer des réseaux, de tester des technologies et d'accumuler des capitaux.

Naissent ainsi de grandes entreprises comme la Fabrique-Neuve de Cortaillod, DMC et la Manufacture Oberkampf dès le XVIIIème siècle.

La communauté arménienne de Marseille, par ses liens avec l'Orient, est la première à importer des Indienne et à initier des artisans locaux à leur reproduction, avec des peintures colorées.

Leur présence amène Jean-Baptiste Colbert à créer en 1669 le port franc de Marseille où des Arméniens s’installent à sa demande, pour apprendre aux Marseillais à peindre les cotonnades. Dès 1664 Colbert créée la Compagnie des Indes Orientales. De Pondichéry et Calcutta, 8 à 10 vaisseaux chargés de tissus arrivent annuellement à Lorient.

La grande époque du colbertisme s'achève ensuite et dès 1672, Colbert entre en demi-disgrâce. Le commerce des indiennes se développe alors plutôt côté néerlandais et anglais.

L'édit du 26 octobre 1686 prohibe l'entrée en France des toiles de coton, tout comme leur fabrication. Il vise à protéger les tisseurs de soie, laine, lin et chanvre. Mais de nombreux négociants et artisans huguenots, persécutés pour leur religion protestante dès le début des années 1680, s'exilent en Suisse, principalement à Genève puis Neuchâtel.

Les réfugiés huguenots Daniel Vasserot et Antoine Fazy, venus du Queyras, dans les Alpes françaises, créent ainsi à Genève les trois premières usines d'indiennes, entre 1690 et 1710.

Les technologies d'impression sur bois gravé essaiment ensuite vers Neuchâtel, avec d'autres émigrés huguenots, et Glaris puis dans toute la Suisse. Le succès des indienneries suisses créé une dynamique économique suisse avec la création de banques et la multiplication d'ateliers dans l'horlogerie artisanale ou pré-industrielle.

La fabrication d'indiennes gagne l'Alsace en 1746. Samuel Ryhiner créateur d'une indiennerie dès 1716 à Bâle, a épousé une fille de la ville voisine de Mulhouse, qui devient la première capitale européenne du coton, avant Manchester. Mulhouse compte quinze manufactures d'indiennes dès 1768 et contrôle deux-tiers de la production de l'ensemble France-Alsace dès 1786.

Alors que Bâle devient le centre d'expertise des indiennes bleues grâce à l'indigo importé des Antilles, la ville alsacienne voisine d'Haguenau devient la capitale de la garance, qui sert à teindre les indiennes en rouge. La population de l’Alsace progresse de 170% en 82 ans, passant de 257000 habitants en 1697 à 670000 en 1789.

L'Alsace ne fait pas encore partie de la France et les Suisses décident d'aller plus à l'ouest, sur le royaume de France, pour y trouver de nouveaux marchés.

Il faut attendre 1759 pour que des arrêts du Conseil d'État légalisent les indiennes. Ce sont des protestants suisses qui organisent les quatre principales implantations en France, illégalement en 1746 à Marseille, 1754 à Nantes et 1756, près de Bolbec et Rouen en Normandie. Puis légalement, en région parisienne, où en 1760 la toile de Jouy est implantée par des élèves du Bâlois Samuel Ryhiner.

La fabrication d'indiennes est en effet un procédé industriel complexe pour l'époque, qui nécessite une réflexion et une gestion serrée du processus, avec de multiples étapes, dont le lavage à plusieurs reprises des toiles.

La Normandie devient un grand centre de production et la France bientôt un pays de la culture de coton brut, qui s'implante à côté de celle du sucre dans la colonie de Saint-Domingue à partir de 1740, pour approvisionner les fabriques. Moins rentable que le sucre, le coton trouve cependant vite un marché en forte croissance, en particulier lorsque les britanniques vont mécaniser leur industrie textile par une série d'inventions, ce qui dope la demande de coton brut.

Si les historiens s'accordent à dire que la révolution industrielle fut l'oeuvre des premiers entrepreneurs du coton britannique, les fabriques suisses, alsaciennes et françaises ont créé en quelques décennies une habitude de consommation chez une partie de la population en Europe.

Cette demande donne un coup d'accélérateur à l'histoire de la culture du coton, qui gagne les plantations du Nouveau-Monde en 1740. Le terrain est prêt pour cette révolution industrielle, dont l'Europe continentale profitera finalement moins que les britanniques, qui s'imposent sur le marché mondial dès les années 1780 grâce à des innovations techniques.

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Premiers entrepreneurs du coton britannique

Sarehole Mill's blue plaque commemorating Matthew Boulton

Les premiers entrepreneurs du coton britannique sont pour la plupart des inventeurs, à l'origine simples artisans, ingénieurs, utopistes ou religieux, devenus industriels après avoir réussi tant bien que mal à lever quelques fonds. Ils s'endettent, partagent leur capital et réveillent les régions alors pauvres du Nord-Est de l'Angleterre, en tentant d'améliorer les sources d'énergie et de valoriser des voies de communication plus favorables, soumettant à une formidable demande la matière première venue du Nouveau Monde, où les planteurs doivent rapidement défricher la Frontière sauvage nord-américaine.

Les énormes gains de productivité permis par une noria d'innovations sont réinvestis dans des baisses de prix, qui dopent la consommation de coton par habitant, multipliée par sept en Angleterre entre 1810 et 1860. Sur le front de l'exportation, les marchés lointains (Asie, Afrique, Amérique latine) sont rapidement conquis, permettant des économies d'échelle qui rendent le coton anglais imbattable, même dans une Europe encore réticente.

La réussite de cette génération d'entrepreneurs fait du coton le moteur et la principale composante de la première révolution industrielle britannique, entre 1768 et 1830, époque à laquelle le reste du Monde n'est pas encore entré dans cette ère, si l'on fait exception des tout nouveaux mais encore très peu peuplés Etats-Unis d'Amérique.

Après avoir divisé par cinq ses prix de vente en 50 ans seulement, multipliant ses volumes de production par 50 sur la même période, la nouvelle industrie cotonnière représente à elle seule la moitié des exportations britanniques en 1850. Ses profits peuvent alors irriguer l'ère naissante du train, du charbon et de l'acier.

Le textile britannique reste artisanal avant la révolution du coton. Il est dominé par la laine de la riche région de Norwitch, au sud-est, non loin de Londres et face aux Pays-Bas. La technologie progresse peu et la France reste leader mondial de la laine, grâce aux liens avec les drapiers des Flandres. Jusqu'en 1771, c'est toujours le continent qui profite le plus de la croissance de la demande mondiale de textile, tirée par une démographie en plein éveil, même si laine britannique y fait une première percée.

Entre 1701 et 1760, les exportations britanniques de laine doublent, comme celles de l'ensemble de l'Angleterre. Tout au long de cette période, la laine représente le quart des exportations de l'île, contre moins de 10% pour le coton.

Mais sur la période suivante de 60 ans, l'industrie cotonnière fera 26 fois mieux que la laine, en multipliant par 52 ses importations de matière brute, passant de 11 millions de livres en 1785 à 588 millions en 1850. La valeur ajoutée des fabriques permet aux exportations de croître encore plus vite.

La croissance du coton décolle dès 1771 et accélère encore en 1787, au fil des progrès technologiques: sur seulement 37 ans, entre 1771 et 1808, les importations de coton brut de l'Angleterre sont multipliées par douze.

C'est grâce à la contribution de ce nouveau produit, que l'ensemble du XVIIIe siècle voit le total des exportations britanniques multipliées par cinq. .

Les inventeurs restent souvent à la tête des entreprises qu'ils créent, même s'ils doivent souvent partager la direction et le capital avec des entrepreneurs et associés. Les procédés sont régulièrement améliorés par un nouveau venu dans l'industrie.

L'audacieux financement des canaux, sur fonds privés, complète les très nombreux aménagements de rivières opérés depuis un siècle par les pouvoirs publics britanniques. Dès 1830, l'Angleterre est le seul pays européen à bénéficier de 6.000 kilomètres de voies navigables, dont un tiers de rivières aménagées et un tiers de canaux, creusés en 73 ans, entre 1661 et 1834. Ce réseau à forte capillarité complète l'intense cabotage permis par l'insularité.

Le temps fort de la spéculation sur les canaux, appelé « canal mania », de 1789 à 1792, correspond au développement progressif de la machine textile à vapeur la plus puissante de cette époque, par le révérend Edmund Cartwright. Mais plusieurs canaux creusés alors se révèleront finalement inutiles. Dès 1830, la moitié des canaux ne sont plus rentables.

Auparavant, les progrès de la machine à vapeur et les nouveaux débouchés auxquels elle prétend, dans de nombreuses industries, aiguisent aussi la spéculation sur les canaux. L'un d'eux, bien situé, sur le neud fluvial émergent de Birmingham voit son action quadrupler en quelques années.

Le coton eut un rôle primordial à Manchester pour des raisons non seulement économiques, mais aussi intellectuelles et culturelles, selon de nouvelles recherches conduites dans les archives de l'entreprise Mac Connel et Kennedy, qui souligne l'importance des connaissances en sciences mécaniques élémentaires employées.

En cinq ans, la puissance des moteurs fut plus que triplée dans cette entreprise. Une telle augmentation n'était possible que grâce à une connaissance approfondie du fonctionnement des machines à vapeur. Ces premiers entrepreneurs du coton étaient d'autre part bien intégrés dans la vie culturelle de leur ville, à savoir dans les cercles unitariens et sociétés scientifiques de Manchester. Leur savoir leur fournit un capital à la fois culturel et économique.

Dès 1740, les étoffes Anglaises bénéficient d'une avance technologique dans les métiers à filer, le cardage, le tissage et surtout les apprêts utilisant des calendes de cuivre, qui donnaient aux étoffes un lustre et un brillant inconnus sur le continent. En 1749, John Holker, un jacobite compromis dans bataille de Culloden fonde à Darnetal, près de Rouen, une manufacture de velours de coton utilisant le savoir-faire de sa région, Manchester.

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Source : Wikipedia