Comptabilité

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Posté par woody 06/04/2009 @ 04:07

Tags : comptabilité, economie

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Comptabilité

Portrait de Luca Pacioli, attribué à Jacopo de' Barbari.

La comptabilité est un outil d'évaluation recensant et communiquant des informations sur l'activité économique d'une entité économique (entreprise, collectivité, association, État, administration publique, etc.). Ces informations sont généralement exprimées en unités monétaires. Elle effectue des opérations de saisie des informations brutes, de classement et de synthèse de ces informations. Ces synthèses décrivent la situation financière de l'entité, sa création de valeur (flux de fond) et ses flux de trésorerie.

La comptabilité cherche à donner l'image de la situation économique des pays par l'agrégation des informations fournies par la comptabilité générale et autres informations institutionnelles.

Les informations comptables aident les dirigeants de l'entité, les propriétaires du capital social et les autres personnes intéressées à prendre des décisions de management, notamment sur l'affectation des ressources de l'entité et de ses résultats. Dans la plupart des entités et, notamment dans les entreprises commerciales, la tenue d'une comptabilité est une obligation légale pour des raisons juridiques, sociales ou fiscales. Les comptes des entreprises ne reflètent pas forcément leur véritable état de santé, en raison de la possibilité d'opérer une certaine comptabilité créative et des opérations complexes hors-bilan.

L'enfance de la comptabilité remonte à celle de l'humanité : les Sumériens et Assyriens nous ont laissé de nombreuses tablettes d'inventaires (terres, bétails, hommes). La Bible mentionne l'usage de la comptabilité simple dans l’Évangile selon Matthieu (parabole des talents).

Luca Pacioli (1445 - 1517) est crédité comme l'auteur du premier livre publié sur la comptabilité. Son Summa de arithmetica, geometrica, proportioni et proportionalita (Venise 1494), est une synthèse des connaissances mathématiques de son temps dont le livre XI, particularis de computus et scripturis décrit la méthode de tenue de compte des marchands vénitiens de son temps, la comptabilité en partie double. Luca Pacioli n'a fait que codifier plutôt que d'inventer ce système mais il est largement considéré comme le « père de la comptabilité ». Sa description comprend la plupart des éléments du cycle comptable tel que nous le connaissons aujourd'hui ainsi qu'une recommandation précieuse de ne pas aller se coucher avant que les débits n'égalent les crédits ! Ses journaux comportent des comptes pour les actifs (immobilisations, avoirs et inventaires), pour les dettes, pour le capital, pour les dépenses et les recettes ; toutes les catégories nécessaires à un bilan et un compte de résultat. Il présente les écritures nécessaires à une clôture des comptes de fin d'année et n'oublie pas les sujets relatifs comme l'éthique comptable et les centres de coût.

Le premier livre publié en anglais sur le sujet, A Profitable Treatyce called the Instrument or Boke to learn to knowe the good order of the kepyng of the famouse reconynge, called in Latin, Dare and Habere, and, in English, Debitor and Creditor, l'est en 1543 par John Gouge ou Gough à Londres.

Il est important pour un investisseur de pouvoir comparer la situation et les résultats des entreprises nationales dont il souhaite acquérir des titres (actions ou obligations) et de pouvoir les comparer avec ceux des autres entreprises du même secteur, quel que soit le pays où il souhaite investir. Inversement, chaque État souhaite disposer d'informations établies selon des méthodes homogènes pour analyser l'apport des entreprises opérant dans le pays, quelle que soit leur nationalité, notamment pour déterminer l'assiette des impôts.

En France, c'est en 1947 qu'est apparue la première norme comptable sous le nom de « plan comptable général » (PCG). La dernière révision d'ensemble de cette norme date de 1999. À l'origine, le PCG s'appliquait aussi bien à la comptabilité générale qu'à la comptabilité analytique. Depuis 1999, son champ d'application a été limité à la seule comptabilité générale. La comptabilité se doit de suivre quelques grands principes ou conventions. Le non-respect de ces principes ou conventions a conduit à des scandales boursiers ou à des faillites prononcées à l'encontre d'entreprises de taille internationale (Enron, Parmalat, Worldcom, Vivendi, etc). Les normes comptables des États-Unis (Financial Accounting Standards - FAS) ont une importance internationale en raison de l'influence économique et financière de ce pays.

À l'international, elles sont devenues nécessaires en raison de la mondialisation des marchés financiers. Les comparaisons internationales des comptes des entreprises dont les titres sont traités sur les marchés financiers mondiaux, exigent que ces comptes soient établis selon des règles identiques. C'est pourquoi l'International Accounting Standards Board établit des "normes de publication de l'information financière" appelées International Financial Reporting Standards (IFRS), anciennement dénommées International Accounting Standards (IAS) et dont l'application est conseillée aux entreprises du monde entier. Un règlement européen datant de 2002 a rendu ces normes obligatoires pour les sociétés cotées établies dans l'Union européenne. Aux États-Unis, les autorités boursières (SEC) s'orientent vers une reconnaissance des IFRS en autorisant les sociétés étrangères appliquant ces normes, à être cotées sur les Bourses américaines.

Il existe deux méthodes de comptabilisation : la comptabilité simple et la comptabilité en partie double. Dans tous les cas, on passe des écritures datées, chiffrées (montant), allouées à un compte, explicitées par un libellé et correspondantes à un document répertorié qui doit toujours en retour pouvoir justifier une écriture comptable (une facture, un relevé de compte bancaire, une feuille d'impôt à payer, etc). Une écriture comptable ainsi justifiée peut alors être opposable à des tiers (État, actionnaires, organisme sociaux, justice, etc).

Elle est basée sur la distinction des recettes et des dépenses et la détermination d'un solde entre le total des dépenses et le total des recettes telles qu'elles apparaissent dans le journal de banque et le journal de caisse.

Ce type de comptabilité dit « de caisse » ne permet pas de faire apparaître les variations de stock (et, plus généralement, du patrimoine), de sorte qu'elle peut laisser penser que tout va bien alors qu'on est en train de vendre les "bijoux de famille" (et inversement, faire croire que la situation est difficile, alors que c'est simplement le stock qui grossit). Elle ne convient donc que pour gérer un stock dont la valeur est stable ou relativement faible, c'est-à-dire pour des particuliers ou de toutes petites entreprises dont les événements économiques sont très simples (par exemple : un cafetier qui encaisse au comptoir les consommations et rend la monnaie).

C'est pourtant avec cette technique que l'État français a fonctionné jusqu'en 2001. Cependant, pour ce faire, il avait adopté une variante un peu plus élaborée. En effet la comptabilité de caisse peut être perfectionnée par l'usage du plan comptable, permettant de déterminer des sous-totaux et des soldes par catégorie. Le solde général peut alors être subdivisé entre le solde des comptes de bilan et celui des comptes de résultats.

La comptabilité en partie double est une technique qui fonctionne sur la correspondance entre des ressources et leur emploi, entre une origine et une destination. Elle est basée sur l'idée que chaque chose peut être interprétée comme un nombre correspondant au prix d'achat ou de vente et sur le fait que chaque opération comptable est un enregistrement réciproque et simultané de deux évènements : un débit (étymologiquement « ce qui est dû (par l'unité comptable) », soit ce qu'elle possède) et un crédit (étymologiquement « ce qui a été confié, prêté par l'unité comptable », soit ce qui est lui est dû, le crédit qu'elle a accordé).

Le non-comptable comprend le plus souvent le sens de « débit » et « crédit » à partir de son relevé de compte bancaire où ces termes, tirés de la comptabilité de la banque, représentent le point de vue du banquier : pour lui, un compte créditeur veut dire que la banque doit de l'argent à son client créditeur, et vice-versa. Il faut donc inverser la logique « relevé bancaire » et revenir au sens étymologique pour comprendre ce qu'est le crédit et le débit (ou, alternativement, leur substituer les mots « actif » et « passif »).

Au niveau des comptes de bilan, le débit représente une richesse financière ou une possession de l'entreprise tandis que le crédit représente une dette de l'entreprise, la diminution de son patrimoine ou de sa trésorerie. La somme des débits est égale à la somme des crédits, les comptes de capitaux, au crédit, représentant ce que l'entreprise doit à ses actionnaires.

Au niveau du compte de résultat, le débit représente une dépense (achats, impôts) tandis que le crédit représente un gain (ventes, produits financiers). Le sens de « débit » et « crédit » ne doit être, ici, compris qu'en relation avec une écriture symétrique au bilan : acheter un bien, c'est créer une dette envers un fournisseur (enregistrée au crédit), la charge comptable sera donc au débit. À contrario, vendre un service, c'est constater que le client doit de l'argent et cet avoir (un débit comme on l'a vu) a pour pendant un produit comptable passé en crédit.

L'époque où les comptables utilisaient encore des « livres » et des « journaux » sur support papier est révolue. Les avancées en informatique ont permis des gains de productivité phénoménaux en la matière. Aucune entreprise ne peut aujourd'hui se passer d'un progiciel comptable qui automatise la saisie des opérations comptables et permet d'établir rapidement les états comptables les plus courants : le bilan, le compte de résultat, un tableau des flux de trésorerie.

Fréquemment on y associe un reporting plus ou moins élaboré en fonction des besoins de l'entreprise pour synthétiser les données de la comptabilité analytique. Ce progiciel couvre parfois des besoins de gestion plus étendus, tels que le suivi des investissements, les tableaux d'emprunts, l'analyse financière, la gestion prévisionnelle, l'analyse des écarts entre prévisions et réalisations, etc.

Plus ce logiciel comporte de fonctions, plus il se rapproche de la définition d'un PGI (progiciel de gestion intégré).

Plus récemment, à l'heure de l'Internet et du travail collaboratif en réseau (Groupware), apparaissent les applications de comptabilité en ligne de type ASP (Application Services Provider) qui permettent de partager sur le web en temps réel le travail du comptable d'entreprise, de l'expert comptable réviseur et des auditeurs commissaires aux comptes.

Les informations financières produites par la comptabilité d'une entreprise sont utilisées par nombre d'acteurs économiques : les propriétaires de l'entreprise au premier plan, l'État, les banques et autres prêteurs, mais aussi les clients et les employés qui peuvent désirer se faire une opinion sur la continuité et la solidité économique de leur partenaire et employeur. Il leur est nécessaire d'avoir une image aussi exacte que possible des comptes, c'est l'objet de l'audit comptable et financier, mené par les commissaires aux comptes, que de certifier la véracité des informations comptables et financières publiées.

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Master comptabilité contrôle audit

En France, le Master professionnel mention ou spécialité "Comptabilité Contrôle Audit" (CCA) remplace, depuis la réforme LMD, la Maîtrise des Sciences et Techniques Comptables et Financières (MSTCF) et est prolongé d’une préparation au Diplôme supérieur de comptabilité et de gestion (DSCG). En règle générale, l'enseignement s'y déroule dans un Institut d'administration des entreprises (IAE).

Le Master Comptabilité Contrôle Audit (CCA) est un diplôme de troisième cycle universitaire (bac+5) se préparant en deux années. Il s'agit du diplôme de référence dans la formation universitaire à l'expertise comptable et au commissariat aux comptes, il est réalisé en étroite collaboration avec ces milieux professionnels.

Le Master CCA dispense une formation aussi bien généraliste (culture générale en sciences de gestion) que poussée dans les différents domaines de la finance d'entreprise et juridique. Elle se finalise par un stage long de fin d'étude.

La formation au Master CCA a pour objectif général l’acquisition des savoirs théoriques et méthodologiques nécessaires pour occuper un emploi de cadre opérationnel dans les métiers de l’expertise comptable, du commissariat aux comptes, de la finance d'entreprise, du conseil, de la gestion comptable et financière, du reporting et contrôle financier des groupes, du contrôle de gestion, de l’audit financier légal et de l’audit interne des organisations.

Par ailleurs, des débouchés existent également dans le domaine bancaire (secteur "entreprise" des établissements financiers) et dans la fonction publique au travers de l'administration fiscale ou encore de l'enseignement (le programme du Master CCA est proche du programme de l’Agrégation d'économie et de gestion spécialité économie et gestion comptable).

Le Master CCA possède également l'avantage de donner à son titulaire l'équivalence complète du Diplôme de comptabilité et de gestion (DCG) ainsi que l'équivalence de 5 des 7 épreuves du DSCG (UE n°2, 3, 5, 6 et 7), ce dernier diplôme étant nécessaire dans la formation du futur expert-comptable.

Ainsi le titulaire du Master CCA a la possibilité de devenir immédiatement expert-comptable stagiaire, en effet il est possible de débuter le stage d'expertise comptable à partir de la validation de 4 épreuves du DSCG.

Remarque : aucune formation ne dispense des deux dernières épreuves (UE n°1 et 4) du DSCG.

L'accès au Master CCA est conditionné par l'obtention d'une licence mention économie ou gestion, licence accessible après réussite au score IEA-message (SIM)UNIQ4a0a43504467b877-nowiki-0000000E-QINU3UNIQ4a0a43504467b877-nowiki-0000000F-QINU qui remplace depuis 2009 l'ancien test MesSaGe.

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Comptabilité générationnelle

La comptabilité générationnelle est une méthode de comptabilité française développée dans les années 1990 qui vise à prendre en compte les différences de traitement entre générations. La comptabilité générationnelle repose sur plusieurs hypothèses d'évolution de la population, de l'économie et de la politique fiscale nationale , et s'attache à décrire la répartition des paiements et transferts entre l'État et une classe d'âge donnée.

L'enjeu principal de ce modèle est de prédire l'évolution du poids des dépenses publiques sur les générations futures supposées assurer la solvabilité de l'État au travers de sa contrainte budgétaire intertemporelle. On verra que si la méthode a une forte vocation prédictive, la pertinence de ses résultats est sujette à caution en raison d'une importante sensibilité aux hypothèses et conventions adoptées. Elle présente cependant l'avantage de fournir un nouvel outil d'analyse de l'impact des différentes politiques fiscales, en en mesurant plus facilement les effets à long terme. Outre son cadre comptable, cette méthode a le mérite de rassembler dans une analyse commune des relations entre générations les conclusions apportées par des disciplines aujourd'hui en pleine expansion telles que la sociologie ou la philosophie politique.

Le terme de droite traduit le fait qu'un certain nombre de dépenses publiques ne peuvent être identifiées comme bénéficiant à une catégorie particulière de la population (investissement de défense par exemple). On dit qu'elles ne font pas l'objet d'une "ventilation" c'est-à-dire d'une répartition du montant de la dépense en fonction du profil de la population bénéficiaire.

L'évolution temporelle du montant des dépenses publiques non ventilées nécessite d'être explicitée pour pouvoir en évaluer la somme actualisée. On suppose pour cela que l'évolution des dépenses publiques dépend de la croissance de la population et de la productivité selon la loi suivante (donnant le taux de croissance des dépenses par tête) : Où g est le taux de croissance de la productivité supposé constant.

La convention adoptée en ce qui concerne l'estimation de la richesse nette de l'État est de ne considérer qu'une partie de l'actif présent au bilan comptable de l'État correspondant à l'opposé de la dette financière totale. On exclut ainsi une partie des actifs de l'État du calcul de la richesse nette instantanée en considérant que ces actifs ne pourraient être instantanément convertis en valeur monétaire (actifs physiques par exemple) et ainsi utilisés par l'État comme une liquidité potentielle. L'hypothèse ainsi formulée est que cette partie des actifs de l'État est considérée comme un investissement à l'intention unique des générations futures.

L'hypothèse d'égale contribution de toutes les générations futures n'est bien sûr qu'utile dans la mesure où elle permet de calculer le poids des paiements nets supporté par la génération à naître mais ne vise pas à traduire un fait réel.

Le déséquilibre apparaît donc pour α > 1 ou β > 0.

L'étape de mise en œuvre est sans doute celle qui requiert le plus de soins étant donnée la susceptibilité des indicateurs aux données utilisées. Le modèle de la comptabilité générationnelle nécessite en effet de ventiler la part la plus grande possible des transferts et paiements effectués par l'État au cours d'une année. Dans cette optique, l'enjeu est d'analyser l'ensemble des dépenses (resp. recettes) publiques (à partir du bilan comptable de l'État par exemple) afin d'être en mesure d'en caractériser le plus précisément possible les populations bénéficiaires (resp. contributrices).

À titre d'exemple, on retient pour la France six grandes catégories de taxes et d'impôts (cotisations sociales sur revenu d'activité, impôt sur le bénéfice des sociétés, IR, autres impôts sur le revenu et le patrimoine, TVA, TIPP) et six catégories de transferts (prestations retraites, indemnités chômage, prestations familiales, santé, éducation, revenus sociaux). Le compte des administrations publiques permet d'inventorier de manière exhaustive les transferts et paiements effectués par l'État auxquels il est possible de faire correspondre un profil de ventilation le plus précis possible (voir la figure suivante).

On présente ici (voir figures suivantes) le résultat de la mise en œuvre de la méthode de la comptabilité générationnelle effectuée par C. Bonnet (voir bibliographie) pour la France à comparer dans la mesure du possible avec les résultats présentés par L.J. Kotlikoff (voir bibliographie) pour les États-Unis.

En ce qui concerne la France, une interprétation succincte du compte central est possible connaissant les caractéristiques principales du marché du travail et de la politique fiscale en vigueur : Les générations dont l'âge en 1996 avoisine 60 ans connaissent le plus fort taux de transferts de la part de l'État. En effet, à l'âge moyen de départ à la retraite, le taux d'imposition moyen connaît une forte baisse tandis que le montant des prestations de retraite et des transferts de santé augmente.

A l'inverse, le profil des paiements passe par un pic pour les générations âgées de 25-29 ans pour qui le montant des dépenses d'éducation s'annule progressivement tandis que leur taux de cotisations croît. La contribution des transferts qu'ils seront susceptibles de recevoir après 60 ans est fortement atténuée par le phénomène d'actualisation.

Malgré ce défaut de lisibilité, la différence entre le poids des contributions publiques supporté par la dernière génération née et le poids que devrait supporter la génération à naître pour équilibrer la contrainte budgétaire intertemporelle est très importante. Elle est ici évaluée à 973 000 francs (environ 149 000 euros), estimation dont on verra qu'elle est susceptible de corrections parfois significatives en fonction des hypothèses retenues.

Delta, n°2001-07.

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Source : Wikipedia