Communisme
- Aristophane, premier camarade - Libération
- Le capitalisme est un bébé, comparé au communisme, âgé de plus de 25 siècles. Dès qu'on a voulu organiser la vie politique, les hommes ont élaboré des modèles «communistes». Parfois, sur le mode cocasse. On trouve un projet collectiviste dans...
- Les idées de la colère (3). Badiou et le communisme, l'amour ... - Regards
- Vivre avec une idée, c'est là que commence la vraie politique : le philosophe Alain Badiou fait l'éloge de l'hypothèse communiste dans un livre qui soulève questions et controverses. L'hypothèse communiste reprend là où s'arrêtait De quoi Sarkozy...
- Etre dans le peuple comme des poissons dans l'eau . - Bellaciao
- Le temps et l'expérience nous ont finalement appris que la préoccupation principale de ces partis ne fait plus , et le pouvait-elle ?, de la séduction pour mieux faire aimer le communisme ! Souvent le « Parti-Etat » , appelé ainsi tant les deux...
- Crédits photo : Le Figaro - Le Figaro
- Le PS, qui n'a jamais procédé à un vrai bilan historique de la gauche et du communisme, cède une fois encore à ses vieilles inclinations : il gauchit son discours contre le capitalisme sous la pression de la gauche radicale désormais plus trotskiste...
- L'union continue et continuera. - Bellaciao
- A l'aube des élections européennes, nous constatons que l'union syndicale mais aussi politique, celle défendant les salariés mais aussi l'ensemble de la population pour espérer un changement de cap vers le socialisme et le communisme commence à prendre...
- Chute du communisme: Varsovie irrité par une vidéo commémorative ... - AFP
- Ce film intitulé "1989-2009: 20 ans de liberté" (http://www.youtube.com/watch?v=X87zcC6bntY) a pour ambition de retracer en quelques minutes et images fortes la chute du communisme en Europe. Au centre du clip: l'évolution d'un enfant né en novembre...
- “Le seul pays où le communisme a réussi” connait une chute du PIB ... - Blog Le Monde
- Les Japonais eux-mêmes décrivent parfois leur nation, avec humour, comme “le seul pays communiste qui ait réussi”. Les inégalités de revenus y sont parmi les plus faibles parmi les grands pays industrialises, l'immense majorité du pays se voit dans la...
- POUR LES ABSTENTIONISTES CONVAINCUS - ABSTENTION CONSTRUCTIVE LE 7 ... - Bellaciao
- Dans le principe, sur le fond, elle se justifie complètement d'un point de vue communiste. Elle est très TENTANTE. Elle s'explique idéologiquement. Pas par "ras le bol " mais comme acte politique conscient, décidé. Comme contestation....
- Inde - Au cœur de la “plus grande démocratie du monde” - France Soir
- Pour elle qui rêve d'incarner le miracle de la réussite indienne, le communisme a fait son temps ! « Y en avait marre des communistes », témoigne Rahul, étudiant ingénieur à Calcutta. Il a voté pour la première fois de sa vie et, en aucun cas,...
- Vive La MODERNITE - Bellaciao
- Lutte de classe, révolution, revendication, manifestation, socialisme, communisme, communisme libertaire : des notions dépassées. Heureusement pour toi camarade, compagnon à droite, à gauche, au centre, en haut, en bas, sur le côté, devant,...
Communisme
Au niveau théorique, le communisme est une conception de société sans classe, une organisation sociale sans État, fondée sur la possession commune des moyens de production et qui peut être classée comme une branche du socialisme ou plutôt « comme but » du socialisme.
Au niveau politique, le communisme désigne une variété de mouvements qui affirment chercher à établir à terme une telle société. Parmi les communistes, on trouve une considérable variété d'interprétations, principalement portées par les courants marxistes, mais aussi anarchistes et chrétiens. La première division s'est opérée entre anarchisme et marxisme au sein de la Première Internationale. Néanmoins, les courants communistes qui se sont le plus distingués par leur influence sur l'ordre politique mondial depuis le début du XXe siècle sont d'influence marxiste, directement (Manifeste du Parti communiste) ou indirectement (léninisme). La lutte des classes joue un rôle central dans la théorie marxiste (et également dans d'autres tendances communistes). L'établissement du communisme correspond dans cette théorie à la fin de toute lutte des classes, la division des êtres humains en classes sociales ayant disparu.
Karl Marx, défendant la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier et de l'internationalisme, soutenait que la société ne pouvait d'un coup être transformée depuis le mode de production capitaliste vers le mode de production communiste. Elle nécessitait une période de transition que Marx a parfois décrit comme la période révolutionnaire de dictature du prolétariat. Dans le Manifeste du Parti communiste, il définit le communisme comme « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». La société communiste imaginée par Marx, émergeant d'un capitalisme largement développé, n’a jamais été établie, et demeure théorique.
Au niveau historique, le mot « communisme » est souvent utilisé pour désigner les régimes politiques et économiques gouvernés par des partis se réclamant du communisme. Certains de ces régimes se revendiquaient comme des « dictatures du prolétariat ».
Le terme communisme vient du terme latin « commūnis », ce qui est commun à un groupe, auquel s'adjoint le suffixe « -isme » désignant une doctrine. La commune serait également un des termes définissant le cadre du groupe (de ce qui lui serait commun) dans lequel se définit le communisme (notamment voir les Bêcheux).
Divers usages existent autour du terme « communisme ». Ainsi, il est nécessaire de reprendre l'historique du mot et de séparer les différents courants ainsi que les différents concepts utilisés.
En 1847, Friedrich Engels définit ce mouvement réel dans les « Principes du communisme ». Ainsi, « le communisme est l'enseignement des conditions de la libération du prolétariat. ».
Le communisme est assez souvent assimilé au mouvement marxiste.
On désigne parmi les premiers « marxistes » les Guesdistes comme Jules Guesde et Paul Lafargue qui ne se sont jamais d'ailleurs revendiqués comme marxistes ; contrairement et probablement aux Broussistes et « autres amis de ce genre » dont Marx a dit : « je ne suis pas marxiste. ».
Ce n'est que sa composante principale, voire avec le collectivisme politique et/ou économique.
Dans son sens ancien, le communisme prescrivait la mise en commun de tous les biens. C'est par « collectivisme » qu'on désignait les doctrines de mise en commun des seuls moyens de production.
Quelques années après la répression de la commune de Paris en 1871, et jusqu'en 1917, les marxistes étaient désignés comme « collectivistes » et la majorité des anarchistes comme « communistes », du fait que le premier courant voulait utiliser un État dirigé par les travailleurs et la collectivisation comme outil de transition, au contraire du second qui voulait utiliser directement des moyens libres et autonomes pour atteindre le but recherché.
Les régimes politiques qui étaient en place dans l'Union soviétique et dans le « bloc communiste » sont communément désignés aujourd'hui sous le nom de « régimes communistes ». En URSS, on désigne du nom de « communiste » les membres du parti et seulement eux. La qualification « communiste » de ces régimes est contestée principalement par des communistes ou sympathisants. Des marxistes et des anarchistes, ont analysé dès leur apparition ces pays comme des régimes « capitalistes d'État ». Les trotskystes estiment qu'il s'agit d'une monstrueuse dégénérescence d'un « État ouvrier » issu de la Révolution russe. La majorité des communistes (staliniens) reconnurent longtemps ces régimes comme découlant de leurs idées. Les adversaires du communisme considèrent que la nature autoritaire ou totalitaire de ces régimes découle logiquement de l'idéologie communiste.
Les dirigeants de ces pays les déclaraient « socialistes ». Ce terme fut le plus communément utilisé dans ces pays, où était pratiquée une planification économique. Le « socialisme » fut défini par des théoriciens léninistes comme l'étape préliminaire et nécessaire vers le communisme, la société idéale sans classes ni propriété. Ce régime fut appelé aussi au départ la dictature du prolétariat, terme abandonné vers 1936 pour le « socialisme triomphant » et ensuite, vers les années 1970, le « socialisme développé ».
Une société communiste se définit au plan théorique comme une société sans classes, sans salariat et sans État. L'URSS, ses républiques composites et satellites et tous les pays socialistes n’ont jamais réalisé l'idéal communiste, même selon les théories staliniennes : ils se disaient « en route vers » le communisme.
En URSS, les individus parvenant à maîtriser le système politique chargé de gérer l'appareil de production ont formé spontanément ce que Léon Trotski a appelé la "bureaucratie", et Mikhaïl Voslenski la "nomenklatura". Poursuivant des fins propres (intérêt personnel et/ou intérêt de classe) et non l'intérêt général, ce groupe a utilisé le régime à son profit. Pour prévenir de tels dangers (que les léninistes estiment présents surtout peu de temps après l'instauration de « l'État ouvrier ») il faudrait un contrôle de l'ensemble de la population sur les différents responsables, à tous les niveaux, et leur révocabilité (c'était la revendication des ouvriers et soldats des années 1920 en Russie soviétique : « Tout le pouvoir aux Soviets ! »).
Le passage d'une société non communiste à une société communiste constitue un moment délicat : les moyens divergent selon les tendances existantes au sein du mouvement communiste, néanmoins la période révolutionnaire (avec toutes les conséquences d'une révolution) est une base commune, même si les moyens pour la réaliser ne le sont pas.
Dans la théorie marxiste, le communisme est l'aboutissement ultime de l'évolution des sociétés humaines de la commune primitive à l'esclavagisme, de l'esclavagisme au féodalisme, du féodalisme au capitalisme, du capitalisme au socialisme par la révolution, et du socialisme (qui n'a pas fini de s'affranchir de toutes les traces du capitalisme ni la propriété privée de biens meubles ou immeubles familiaux) au communisme (où il n'y a plus ni propriété privée, ni classes). Celui-ci ne pourrait alors en fin de processus qu'embrasser l'humanité entière.
Des expériences, notamment en Espagne en 1936 dans une période révolutionnaire, dans des collectivités (il existera aux alentours de 3000 collectivités dans toute l'Espagne) aragonaises ou catalanes (et dans d'autres régions), ont effectué des réalisations partiellement communistes (en laissant, et de manières diverses selon la situation de chaque collectivité, aux petits propriétaires, lorsque cela ne gênait en rien les moyens de réaliser la subsistance des collectivités, la liberté de garder leurs biens ou de s'associer ou non aux collectivités).
Par ailleurs, dans les pays à régime dit « marxiste-léniniste » d'inspiration soviétique, l'étape dite « révolutionnaire » a donné naissance à des républiques dites « populaires » ou « démocraties populaires », l'évolution ultérieure, après « liquidation des classes exploiteuses » devant aboutir à des « républiques socialistes » (certains de ces états estimèrent y être parvenus), et finalement à une seule « république communiste » mondiale. Les intitulés officiels de ces États étaient censés refléter l'état d'avancement de leurs sociétés vers l'objectif communiste. Les appellations de courtoisie officielles reflétaient elles aussi la situation de chaque interlocuteur par rapport à cet objectif : quiconque était censé le poursuivre était un « camarade » ; quiconque y consentait passivement était un « citoyen » ; quiconque ne le poursuivait pas était un « monsieur » ou une « madame » (interlocuteurs étrangers issus des pays non-communistes) et quiconque s'y opposait était un « ennemi de classe » ou « du peuple ».
Selon Marx, la Commune de Paris, malgré toutes les imperfections qu'elle comportait, a été l'expérience historique la plus proche du communisme, par la mise en place d'un début de démocratie véritable.
Des anarchistes appelleront les associations de travailleurs à se fédérer de manière autonome. Errico Malatesta développe dans le gradualisme révolutionnaire la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier, afin d'éviter toute avant-garde éclairée, ou de futurs gouvernements « ouvriers ». L'entraide (pour réaliser les moyens à l'émancipation sociale) et la lutte révolutionnaire directe (pour se libérer de l'exploiteur et de ses soutiens) afin de mener à des conditions favorables à la réalisation du communisme. Le communisme est considéré par les anarchistes, selon la situation, comme une économie réalisable aussitôt la révolution entreprise ; des auteurs comme Pierre Kropotkine exposeront des possibilités d'économies communistes, dont la prise au tas, organisée de manière communale.
Le mot communisme désigne une idée mais aussi des mouvements politiques, divers et contradictoires, qui militent pour l'avènement d'une société sans classe sociale, sans salariat, sans propriété privée de moyens de production, sans État et sans capitalisme. L'objectif proclamé est la liberté et l'égalité de l'homme.
On trouve parmi les mouvements politiques qui se revendiquent du communisme aussi bien des anarchistes que des marxistes ou des mouvements de lutte ouvrière.
Les régimes s'étant déclarés « socialistes » ou « en route vers le communisme » : l'Union soviétique, les pays auto-désignés comme "démocraties populaires" d'Europe centrale et orientale, la RDA, la Chine, Cuba, le Cambodge, le Vietnam, l'Afghanistan, l'Angola, la Corée du Nord se revendiquaient du « marxisme-léninisme », courant qualifié par les autres communistes de Stalinisme, y compris après la "déstalinisation" de 1956 (qui n'a concerné ni la Chine de Mao, ni la Corée du nord, ni l'Albanie). Ces États se sont livrés au bâillonnement de l'opposition, pouvant aller jusqu'à l'élimination physique, à un contrôle pratiquement absolu de la société et à la destruction de toute liberté d'expression. Toutefois, à plusieurs reprises, il y a eu dans ces régimes des dirigeants qui tentèrent de réaliser un "socialisme à visage humain" dans le but de s'approcher de l'idéal communiste par la démocratie et en répondant aux aspirations des peuples : ce fut par exemple le cas de d'Imre Nagy en Hongrie, d'Alexandre Dubcek en Tchécoslovaquie ou de Mikhaïl Gorbatchev en URSS. Tous échouèrent, « pris entre l'enclume stalinienne et le marteau capitaliste » selon l'expression de Dubcek en 1989.
Le mouvement politique anticapitaliste naît dans les années 1840. Porté par une classe ouvrière démographiquement croissante et pauvre, il se développe plus tard au sein de l'AIT, dont il est l'un des principaux courants. Au lendemain de la défaite de la Commune de Paris en 1871, c'est la scission entre marxistes et anarchistes autour de la question de la méthode pour éliminer la propriété individuelle caractéristique du capitalisme : les marxistes estiment nécessaire une période de transition avec collectivisation des propriétés, sous le contrôle d'État « socialiste » devant dépérir progressivement ; alors que les anarchistes prônent une abolition directe de la propriété, tout en organisant la fédération économique des moyens de production et de consommation. Le mouvement communiste est donc composé à l'origine de deux branches politiques principales : anarchistes communistes et marxistes.
La famille est, selon certains communistes chrétiens, un groupement ayant des aspects communistes (bien qu'une majorité des communistes refusent la famille comme réalité communiste, du fait entre autres de l'héritage).
Les critiques du communisme visent à la fois les fondements théoriques du communisme et les politiques menées dans les faits par les régimes communistes.
Lors d'un séjours à la Prison Sainte-Pélagie le 10 août 1883, Jules Guesde en réponse à la vision caricaturale de l'économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu envers le socialisme sort trois brochures, le Collectivisme au Collège de France dans lequel il réédite des articles de son journal L'Égalité datant de 1881 et 1882. Ces articles sont regroupés sous le titre ironique de "Leçon à un professeur". Dans son avertissement, il explique pourquoi il ressort ces articles : c'est en effet « à seul fin d'établir que, contre nos conclusions collectivistes ou communistes, il est plus facile de trouver des juges et des géôliers que des argumentations ».
Sur les fondements théoriques, il est reproché au communisme de prôner la « révolution ouverte » ou le « renversement violent » de la société par la révolution et de mettre en place une société fondée sur la contrainte, bien que pour les hommes et femmes de la société, ils existent déjà des contraintes.
Ainsi, Yves Guyot qualifie-t-il le collectivisme de « tyrannique » en 1893 tandis que le communisme en rejetant la propriété privée s'oppose à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. » Max Stirner, un des fondateurs de l'anarcho-individualisme, écrivait ainsi qu'« en abolissant la propriété personnelle, le communisme ne fait que me rejeter plus profondément sous la dépendance d'autrui, autrui s'appelant désormais la généralité ou la communauté ».
Les économistes libéraux Ludwig von Mises et Friedrich Hayek ont également développé une critique du communisme en tant qu'économie planifiée, estimant que une « économie communiste » ne pouvait pas exister, en particulier à cause du rejet du mécanisme des prix et de la loi de l'offre et de la demande. Mises écrivit ainsi dans Socialisme en 1922 : « Du fait de la destruction du système des prix, le paradoxe de la « planification » tient à ce qu'il est impossible d'y faire un plan, faute de calcul économique. Ce que l'on dénomme économie planifiée n'est pas une économie du tout. C'est tout juste un système de tâtonnements dans le noir. » L'économiste hongrois János Kornai poursuivit la critique économique du communisme et de l'économie planifiée, condamnée à être une « économie de la pénurie » selon lui, non à cause de défauts temporaires mais à cause des problèmes fondamentaux de la théorie.
Le communisme est critiqué pour les conséquences humaines, économiques, politiques ou environnementales entrainées par les régimes communistes. Un collectif d'historiens s'est livré à un recensement des victimes des régimes marxistes-léninistes dans Le Livre noir du communisme et Stéphane Courtois qui en dirigea les travaux écrit dans la préface que « e total approche la barre des cent millions de morts. » (chiffre contesté par plusieurs historiens dont une partie des co-auteurs de l'ouvrage). Sont également critiquées les conséquences économiques avec la moindre progression de la prospérité des peuples sous un régime communiste, en particulier à partir de la comparaison entre RDA et RFA ou Corée du Nord et Corée du Sud. Par ailleurs, la remise en cause des libertés fondamentales et le culte de la personnalité des dirigeants ont été soulignés.
Enfin, les conséquences environnementales comme l'assèchement de la mer d'Aral à la suite des décisions prises par le gouvernement soviétique ont pu être soulignées par certains auteurs.
L'originalité de Alexandre Zinoviev est « d'avoir observé la réalité soviétique, d'avoir perçu comment le communiste idéaliste était vaincu par le communisme réel et d'en avoir conclu que la société soviétique excluait tout possibilité de créer le communisme idéal » (in Les confessions d'un homme en trop).
Bien que les phénomènes communalistes selon Alexandre Zinoviev soient visibles dans toutes les sociétés aussi bien communistes et qu'occidentalistes, c'est en Union Soviétiques et probablement dans tous les pays avec un système social communiste (communiste réel) que ces phénomènes suivant les lois sociales et de la nature humaine jaillissent aux quotidiens dans la vie de millions de gens d'une façon extrême et poussée à outrance.
« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » est l'adage de groupes politiques ou encore certains syndicats comme la CGT qui l'ont inclut dans la Charte d'Amiens depuis 1912. Il provient de La critique du programme socialiste allemand de Gotha de 1875, écrite par Karl Marx.
La formule exacte est « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » entre guillemets. D'après cette critique, elle doit-être portée ou pourrait-être portée « dans une phase supérieure de la société communiste. » une fois le communisme achevé. Et, Selon Lénine, dans L'État et la Révolution de 1917, « L'État pourra s'éteindre complètement quand la société aura réalisé le principe ».
En, 1936, Léon Trotsky va s'en servir comme levier contre le constitution soviétique et plus particulièrement contre le premier titre, « dit De la structure sociale en URSS, qui se termine par ces mots : "Le principe du socialisme : De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail, est appliqué en U.R.S.S." ». . Staline aurait, donc, trouvé une solution à la réalisation concrète de l'adage par « De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ». Pour Trotsky, ce système mise en place est La Révolution trahie et « À tous ces égards, l'État soviétique est bien plus prés du capitalisme arriéré que du communisme. ».
En 1882, pour Jules Guesde, « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins » est un « vieux cliché – prétendu communiste ».
Dans un article de son journal L'Égalité, il y écrit que cet adage a été détourné « en vain » par « un de ces pères » (de l'adage) qu'est Louis Blanc. Or, Louis Blanc est le créateur des Ateliers nationaux, bien qu'il prônait pour la créations des ateliers sociaux. Ces idées associatives sous l'égide de l'Église ont été dépassées par les idées de Karl Marx et de Proudhon. C'est de Louis Blanc selon l'article, que l'adage a été repris à leur compte par certains socialistes du Parti ouvrier français. Cependant, aujourd'hui, on pense que ces partisans l'aurait reprise de la Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier allemand datant de 1875, mais d'une façon changée.
La formule collectiviste qu'il faut employer pour Jules Guesde est : « De chacun selon les nécessités de la production, à chacun selon son temps de travail. ». Certains du parti ouvrier de son époque l'opposent donc à leur formule, selon Guesde, "associative" : « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins ».
D'après ce que rapporte Alexandre Zinoviev dans Les confessions d'un homme en trop, cet adage ou une parti de celle-ci, « à chacun selon ces besoins » est souvent discuté à son école de Moscou des années 30. En effet, puisque le communisme (dit le communisme réel par Zinoviev) a été réalisé pleinement dans la vision politique russe, l'étape suivante est d'aller vers « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » ou plutôt vers sa forme soviétique.
Dans les années 1930, des questions d'Alexandre Zinoviev, à 12 ou 13 ans telle que « Fallait-il entendre par là n'importe quel besoin ou bien seulement les besoins minimaux? Comment les besoins seraient-ils définis, qui les fixerait et qui contrôlerait leur satisfaction? » étaient en effet trop déroutantes et gênantes aux adultes dans cette ambiance que le système a construit.
A travers l'histoire de Jules Guesde en 1885 et dans les années 1930 par le témoignage de Alexandre Zinoviev, l'expression qui au départ a été définie selon des valeurs du communisme par Karl Marx peut-être détournée dans sa forme, sa signification et son application.
Communisme primitif
Le communisme primitif est, selon Karl Marx, Friedrich Engels et différentes théories communistes, l'organisation politique de la société humaine primitive.
Dans les doctrines communistes, le droit de propriété n'est pas un droit naturel mais une construction des hommes et de la société à un moment donné. Il existerait donc un état précédant l'institution de la propriété qui serait logiquement un communisme. Par ce raisonnement, on peut soutenir que le communisme a été le mode d'organisation sociale et économique dominant tout le long de la Préhistoire, du moins jusqu'au Néolithique, c'est-à-dire plus de 90% de l'histoire de l'être humain moderne (Homo sapiens). On désigne ce système du nom de communisme primitif. Les anthropologues ont réfuté l'existence de ce communisme primitif. On ne peut citer une seule société connue qui ne possèderait pas une structure minimale de pouvoir et des inégalités plus ou moins marquées dans les rapports sociaux.
Le communisme primitif s'applique globalement à toutes les sociétés dites de chasse et de cueillette, qui ont pu regrouper de quelques dizaines à plusieurs centaines d'individus.
Les rapports sociaux y sont égalitaires. La division du travail y est « naturelle », c'est-à-dire fondée sur les capacités physiques et intellectuelles (les goûts aussi) de chaque individu. Grossièrement, elle se traduit par une division sexuelle des tâches où l'homme chasse le gros gibier et assume les tâches les plus dangereuses, et la femme assure la cueillette et l'éducation des jeunes enfants. Elle se manifeste aussi par une division naturelle entre classes d'âge.
Mais tout cela n'entraîne pas alors une domination des vieux sur les jeunes, et des hommes sur les femmes.
Ces sociétés, par delà toute leur diversité, ont toutes un point en commun : elles sont dominées par les facteurs naturels, par l'environnement. Tout leur effort tend pour l'essentiel à s'affranchir de cette domination afin d'améliorer les conditions de vie et de reproduction de ses membres, depuis la création des premiers outils jusqu'aux inventions de l'élevage et de l'agriculture.
Ces améliorations sont lentes du fait que la nature est vécue comme un être vivant, une force supérieure, qui se donne à l'être humain à la condition que celui-ci la serve correctement. Dans ce contexte toute invention technique, pour pouvoir être adoptée, ne doit jamais être considérée par le groupe comme une transgression de l'ordre naturel.
Avec l'agriculture et l'élevage, ce rapport à la nature s'inverse progressivement et l'idée d'une domination de l'homme sur la nature va aller en se développant pour aboutir, technologiquement parlant, à l'industrie. Mais, dans le même temps, l'inversion de ce rapport va s'accompagner d'un effondrement de l'égalité sociale.
Les inégalités productives agricoles, selon la qualité des sols cultivés, vont progressivement transformer les rapports d'entraide des chasseurs cueilleurs du communisme primitif en rapports de dépendance des premières sociétés divisées en classes sociales. La limitation de superficie des terres cultivables et les inégalités sociales vont aussi amener aux premiers affrontements sociaux entre groupes humains (lutte de classe) et à la guerre.
Critiques du communisme
Les critiques du communisme peuvent être divisées en trois grandes catégories : celles s'attaquant aux principes du communisme (théorie de Karl Marx et Friedrich Engels), celles concernant les partis communistes, celles s'intéressant aux États dits communistes au XXe siècle. Théoriquement distinctes, ces catégories se recoupent souvent. Certains sont cependant d'accord avec les principes marxistes mais pas avec la politique menée par les États dits communistes, tels les trotskistes et les autres communistes anti-staliniens.
Le terme communisme a été utilisé à la fois par des mouvements politiques internationaux, par des systèmes étatiques, par une idéologie, enfin par une réalité sociale et culturelle : il s'agit donc d'un phénomène aux multiples facettes, dont la complexité est souvent négligée par des commentateurs qui tendent à privilégier l'une des dimensions aux dépens des autres.
Cette section est consacrée aux critiques opposées à la doctrine marxiste - soient les écrits fondateurs de Karl Marx et Friedrich Engels - et non aux expérinces politiques se réclamant d'eux après leurs morts respectives en 1883 et 1895.
Marx considérait les droits de l'homme issus de la révolution bourgeoise libérale de 1789 comme comme l'expression politique d'une seule classe sociale : "Vos idées résultent elles-mêmes du régime bourgeois de production et de propriété, comme votre droit n'est que la volonté de votre classe érigée en loi" (Manifeste du Parti communiste, II). Il s'agirait donc de "libertés formelles", bien différentes des ibertés réelles.
Les critiques du courant libéral ont mis en avant la critique marxiste des droits de l'homme afin de tenter de démontrer que le marxisme n'était pas une doctrine humaniste.
De même les libéraux se sont-ils appuyés sur le caractère déterministe de la philosophie historique marxiste (matérialisme historique) qui prévoit que le communisme se réalisera, non par nécessité morale, mais parce qu'il est inévitable compte tenu de la contradiction entre l'évolution des forces productives et le maintien de rapports de production.
A ces critiques, de nouveaux auteurs opposent une vision plus nuancée de Karl Marx. Le juriste espagnol Manuel Atienza (responsable de la revue Doxa) détaille ainsi en 1983 les évolutions de la pensée de Marx sur les droits de l'homme, qui s'inscrit dans la tradition libérale jusqu'en 1843, s'y oppose totalement en 1844 avec La Question juive dans lesquels les droits de l'homme sont considérés comme un élément supplémentaire d'aliénation, accepte certains idées de droit durant jusqu'en 1852 (mais comme moyen non comme fin) avant d'accepter partiellement la notion de droit à partir de 1853. Atienza n'en estime pas moins que Marx n'a jamais eu de vision éthique des droits de l'Homme qui sont toujours chez lui un élément subordonné.
Une critique du marxisme reproche à celui-ci de se soustraire à la critique rationnelle et au débat par avance en discréditant d'emblée la contradiction. En effet pour Marx, les institutions politiques et économiques de son temps sont une superstructure bourgeoise, masque de l'oppression capitaliste, un artifice à propos duquel les défenseurs ne développent pas un discours conduit par la raison mais en réalité par un intérêt de classe. Pour l'anti-marxiste Ludwig Von Mises « C'est ainsi que le marxisme se protège contre toute critique désagréable. Il ne réfute pas l'adversaire, il se contente de le traiter de bourgeois. ».
Le philosophe austro-britannique Karl Popper intègre le marxisme aux croyances irréfutables, dont l'astrologie et la psychanalyse. Le philosophe français Paul Ricœur parle de « philosophie du soupçon ».
Le marxisme a été accusé de dogmatisme menant à un attitude d'intolérance face aux autres courants de pensée du socialisme (associationnisme, réformisme, anarchisme..). En 1894, le leader syndicaliste libertaire français Fernand Pelloutier parle ainsi de "combattre l’intolérance marxiste".
Les marxistes ont cependant reconnu le mérite de courants socialistes antérieurs. Marx a milité pendant huit ans au sein de l'Association internationale des travailleurs avec les autres courants socialistes, écrivant que l'AIT « n’est fille ni d’une secte, ni d’une théorie. Elle est le produit spontané du mouvement prolétaire ».
Historiquement, la critique contre le marxisme s'est d'abord portée, sur le terrain moral, contre les objectifs de la société communiste, objectif du processus marxiste, généralement considéré comme assez proche ou identique à l'objectif final de l'anarchisme, même si les moyens pour y parvenir sont différents. De nombreux objectifs affichés par le "marxisme" dès 1848 - l'athéisme, l'abolition de la famille, l'abolition de la propriété privée, la mise en commun des biens, le système démocratique - étaient considérés comme immoraux au regard des traditions morales en place : morale catholique, morale conservatrice, morale bourgeoise libérale, etc. Karl Marx s'en explique et répond à certaines de ces critiques dans le Manifeste du parti communiste, en 1848.
Ces critiques considèrent généralement l'ensemble de la pensée marxiste comme immoral, voire, pour certaines attitudes extrêmes, l'incarnation du "Mal" ou de "Satan".
Les critiques anthropologiques au communisme ne se placent pas sur le plan de la morale mais de la pratique. Elles jugent l'établissement d'une société communiste difficile voire impossible compte tenu de la nature humaine.
Certains critiques rejoignent de facto les critiques morales traditionnelles mais sur la base d'un raisonnement différent. Elles jugent que l'instinct de propriété, de famille, l'attachement aux traditions et aux patries, les croyances religieuses, sont des éléments consubstantiels de la nature humaine qui ne peuvent être abolis sans renaître spontanément à chaque génération.
D'autres critiques mettent l'accent sur les défauts de l'Homme, également consubstantiels à sa nature, et qui empêcheraient la réalisation du communisme. Le professeur de philosophie Yvon Quiniou (membre de la rédaction de la revue Actuel Marx) décrit en 2008 ce courant de pensée : "On voit en effet réapparaître une ancienne argumentation, mais nourrie désormais de cet échec, selon laquelle le communisme serait irréalisable car contraire à un certain nombre de caractéristiques disons « négatives » de l’être humain définissant une « nature humaine » rétive au vivre-ensemble communiste : égoïsme, poids de l’intérêt, cupidité, ambition, violence, goût du pouvoir, rivalités de toutes sortes.".
La réponse marxiste classique aux critiques anthropologiques remet en cause la notion de "nature humaine", jugeant, comme le rappelle par exemple le professeur de philosophie Yvon Quiniou, qu' "une grande part du « négatif » en l’homme qui paraît faire obstacle à la possibilité du vivre-ensemble communiste, relève précisément de conditions socio-historiques, liées aux sociétés de classes, que le communisme entend et peut abolir."..
Un autre axe de critique majeur, apparu dés le XIXe siècle, porte sur la possibilité d'existence d'une économie communiste. Pour les théoriciens de la rationalité comme pour les penseurs libéraux (Mises et Hayek), l'absence de salaires ou de prix rendent l'offre et la demande inopérantes, et donc inutilisables pour déterminer l'allocation des biens répondant aux demandes des populations. De tels critiques affirment qu'en l'absence de système de prix, les individus s'accapareraient davantage de biens qu'il ne leur en faut, au détriment d'autrui qui peuvent en avoir plus besoin et le manifestent en y mettant un prix plus élevé, et ne tenteront plus de produire au-delà de ce dont ils ont besoin, le surplus leur coutant un effort sans contre-partie, ce qui les mènerait à l'inefficacité. Les tenants du rationalisme estiment que les penseurs communistes ignorent qu'il est nécessaire d'inciter les gens à produire des biens de consommation pour qu'ils deviennent des acteurs sociaux productifs. Au contraire, les théories communistes, postulant un état d'abondance dans lequel chacun doit bénéficier de ce dont il a besoin et contribuer à la mesure de ses possibilités, n'inciteraient nullement les gens à ne pas prendre ce qu'ils veulent plutôt que ce dont ils ont besoin.
Le marxisme de Marx et Engels, marqué par la culture technicienne et industrielle du XIXe siècle, se préoccupe de questions sociales et économique, mais pas de la question écologique, évoquée à l'époque par un nombre retreint de précurseurs. La définition de la nature par Karl Marx - "La nature est le corps non organique de l'homme" (Manuscrit de 1844) - rentre dans un courant de pensée utilitariste, positiviste, issu des Lumières. "Marx participe totalement de l'idéologie biblico-cartésienne de la conquête de la Nature" juge en 1995 l'économiste et théoricien écologiste français Alain Lipietz".
Pour Alain Lipietz, à la différence de la pensée marxiste majoritaire, mais "Comme déjà les versions althusseriennes ou maoïstes du marxisme, l'écologie politique refuse le primat des forces productives, elle les subordonne aux rapports sociaux et à la vision du monde qui les inspire, et juge les rapports humanité-nature, non à l'aune de la maîtrise, mais du respect (de l'être humain, et des générations futures, et même des autres espèces).".
Concrètement, la réalisation politique du marxisme (phases du socialisme puis du communisme) suppose d'"augmenter au plus vite la quantité des forces productives" (comme l'écrit Karl Marx dans le Manifeste du Parti communiste) pour permettre la réalisation du "à chacun selon ses besoins", ce qui peut avoir des répercussions négatives sur l'environnement. A la formule de Marx, Alain Lipietz répond : "Aujourd'hui l'écologie vient nous dire que d'ores et déjà le salariat, dans les pays développés, obtient en moyenne davantage pour ses "besoins" qu'il n'est écologiquement soutenable pour l'écosystème planétaire".
Cependant à partir de la fin du XXe siècle, une pensée conciliant le marxisme et l'écologie a commencé à émerger.
Le marxisme prévoit la prise de l'Etat par le prolétariat au moyen d'une révolution, puis l'établissement d'un régime transitoire dans lequel l'Etat concentre les pouvoirs économiques et établit la dictature du prolétariat. On parle de "première phase du communisme" ou parfois de "phase socialiste". Karl Marx ne l'a jamais décrite avec précision. En 1875, il écrit : "Entre la société capitaliste et la société communiste se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle- ci. A quoi correspond une période de transition politique où l'État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat".
Cette "phase socialiste", qui distingue le marxisme de l'anarchisme ou du socialisme réformiste, a subi plusieurs axes de critiques.
L'idée de révolution a fait l'objet de nombreuses critiques portant sur des considérations morales - la violence est-elle nécessaire en politique ? - ou pratiques - la révolution est-elle possible ? Est-elle la seule voie politique vers le pouvoir ? Quel rapport entretenir avec le système politique démocratique bourgeois ?...
Cette critique n'est pas faite qu'au marxisme.
Lire aussi l'article détaillé dictature du prolétariat.
La question de la démocratie, dans le cadre du développement marxiste de l'histoire marxiste (le matérialisme historique), se pose avec la phase transitoire de dictature du prolétariat qui prévoit la prise du pouvoir du prolétariat. Karl Marx lui-même a très rarement évoqué cette phase, sans aucune précision.
Avant la révolution bolchévique d'octobre 1917, certains penseurs politiques de gauche - anarchistes, socialistes "humanitaires" selon le terme utilisé au XIXe siècle - et de droite - bourgeois libéraux et chrétiens notamment - ont critiqué la doctrine marxiste à travers le fait que celà mènerait à un système autoritaire.
Les anarchistes, qui partagent avec les marxistes l'objectif d'une société communiste, ont concentré leurs attaques sur le caractère autoritaire et étatique de la phase « socialiste ». Le leader anarchiste Bakounine (1814-1876) estimait ainsi que "Ce serait pour le prolétariat un régime de casernes, où la masse uniformisée des travailleurs et travailleuses s’éveillerait, s’endormirait, travaillerait et vivrait au tambour... A l’intérieur, ce sera l’esclavage, à l’extérieur la guerre sans trêve.".
L'écrivain anarchiste Octave Mirbeau (1848-1917) écrit en 1896 à propos du marxisme : "Qu’est-ce donc le collectivisme, sinon une effroyable aggravation de l’État, sinon la mise en tutelle violente et morne de toutes les forces individuelles d’un pays, de toutes ses énergies vivantes, de tout son sol, de tout son outillage, de toute son intellectualité, par un État plus compressif qu’aucun autre, par une discipline d’État plus étouffante et qui n’a d’autre nom dans la langue, que l’esclavage d’État ?".
Raymond Aron lie pareillement économie de marché et démocratie, la première étant une condition de la seconde.
Ces anticommunistes croient que les États communistes sont totalitaires par nature, et que la pratique marxiste accorde un pouvoir total à l'État. Ils considèrent donc que les régimes "communistes" « marxiste-léninistes » sont bien l'application du marxisme, comme le disait la propagande stalinienne.
Un axe de critique central du marxisme concerne les modalités du passage de la phase « socialiste » de la société (dictature du prolétariat à travers le contrôle de l'économie par l'Etat, développement massif de la production pour pouvoir offrir à chacun selon ses besoins) à la phase communiste (dépérissement de l'Etat par abolition des classes sociales et réalisation du "à chacun selon ses besoins"). Cette transition est ainsi décrite par Marx : « ... quand avec le développement multiple des individus, les forces productrices s’accroîtront et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l’étroit horizon du droit bourgeois pourra être complètement dépassé et la société pourra inscrire sur ses drapeaux : « De chacun selon ses capacités, à chacun ses besoins » (« Critique du Programme de Gotha », 1875).
Pour Marx et Engels, le développement de la production et l'abondance sont indispensable au passage à la société communiste : « Ce développement des forces de production (..) est une prémice pratique absolument nécessaire, sans laquelle la privation serait rendue générale, ce qui relancerait la lutte pour les biens nécessaires, et ce qui restaurerait ainsi tout le sale vieux business... ».
Le volet politique des critiques sur la transition concerne la capacité des dirigeants de l'Etat socialiste à le laisser dépérir une fois sa tâche historique achevée. Les critiques du marxisme relèvent deux types d'obstacles au dépérissement de l’Etat : la psychologie des dirigeants et la sociologie des organisations à travers la perpétuation de la bureaucratie.
Un obstacle psychologique au dépérissement de l’Etat a notamment été avancé par certains anarchistes qui jugent cette transition impossible en raison de la psychologie associée au pouvoir. Le leader anarchiste girondin Jean Barrué estime ainsi en 1970 (citant Proudhon et Bakounine) que, systématiquement, "Le culte de la personnalité naîtra à la fois de la démission du peuple acceptant un chef et de l’orgueil insensé des dictateurs." (L'anarchisme aujourd'hui", 1970).
Un obstacle sociologique au dépérissement de l’Etat reposerait sur la tendance naturelle de chaque organisation à chercher son maintien voire l'accroissement de son pouvoir, éventuellement en oubliant sa raison d’être originelle. Dans cette perspective, au sujet de la mise en œuvre d’un socialisme d’inspiration marxiste, l’historien et syndicaliste socialiste modéré français Jacques Julliard objecte ainsi en 1969 : « Je pense ici à des analyse classiques ; celle de Roberto Michels sur les partis politiques par exemple. Nous n’avons pas de solution, pourquoi ? Parce que dans tous les pays, à plus forte raison dans un pays dont la gestion économique, politique et diplomatique est devenue extrêmement complexe, il y a des « risques professionnels du pouvoir », suivant l’expression d’un vieux bolchevik compagnon de Trotsky, qui avait tiré un certain nombre de conclusions de l’expérience trotskyste elle-même, Rakowsky. J’avoue n’avoir jamais découvert le palliatif de cette tendance naturelle du pouvoir à persévérer dans son être et à utiliser les avantages évidents qu’il détient pour se perpétuer. ».
Les opposants au marxisme affirment que ces régimes représentaient bien l'application fidèle de la doctrine de Karl Marx. Ils affirment donc que le léninisme comme le stalinisme est, sinon l'application fidèle de la doctrine marxiste, du moins la conséquence de sa mise en oeuvre. Pour eux, la critique du marxisme se confond donc avec celle des régimes "communistes".
Des objections rejettent la responsabilité de la doctrine de Marx et Engels dans les Etats « communistes ». Historiquement, ces objections émanent notamment de marxistes non léninistes (tels les conseillistes) et de marxistes léninistes non staliniens (tels les trotskistes). Ce point de vue était très minoritaire au sein de la sensibilité marxiste jusqu'à la "déstalinisation" de 1956 et surtout jusqu'à l'émergence des mouvements de mai 1968. Il semble être très majoritaire au sein de la sensibilité marxiste depuis la chute des Etats "communistes" en 1989.
Les défenseurs actuels du marxisme affirment que ces régimes avaient tout ou partie trahi la doctrine de Karl Marx. Cette trahison viendrait selon certains dès Lénine (c'est le point de vue des marxistes non léninistes, notamment des partisans du communisme de conseil), et selon d'autres à partir de Staline. Ils critiquent donc la léninisme et/ou le stalinisme, mais pas la doctrine marxiste elle-même.
Un certain nombre de critiques concernent les mouvements et partis se réclamant du communisme mais non parvenus au pouvoir.
Les mouvements communistes se réclamant du marxisme ont parfois été accusé d'intolérance par les autres courants de pensée du socialisme - anarchisme, associationnisme, socialisme réformiste, etc.
Les mouvements communistes se réclamant du marxisme ont été accusé par certains socialistes d'immobilisme du fait de leur refus du réformisme, d'une part, et de l'échec ou de l'impossibilité de réussir la révolution, d'autre part. C'est vrai notamment les pays francophones marqués par le guesdisme. D'où, par exemple, la volonté de certains socialistes au cours de l'entre-deux-guerres de parvenir à une nouvelle doctrine socialiste, réformiste et pratique. D'où le planisme théorisé par le leader du Parti ouvrier belge Henri de Man (livre Au delà du marxisme, 1926) et le courant néo-socialiste au sein de la SFIO en France, puis sa scission en 1933.
Les partis communistes léninistes - staliniens, mais aussi trotskistes ou maoïstes - ont fait l'objet de nombreuses critiques internes sur leur fonctionnement centralisé (le centralisme démocratique) et autoritaire, à l'image du Parti communiste de l'Union soviétique. C'est particulièrement le cas après la déstalinisation (1956) puis après les mouvements de mai 1968, d'inspiration libertaire.
Les partis communistes dits orthodoxes (staliniens), adhérents au Komintern, ont été critiqués pour leur alignement servile sur la politique de l'URSS et ont été accusés par leurs adversaires d'être des traîtres à l'internationalisme. Par exemple, Édouard Depreux disait du PCF « le Parti communiste n'est pas à gauche, il est à l'est ! »,. Léon Blum dira du PC stalinien qu'il n'est « pas un parti internationaliste, mais bien un parti nationaliste étranger ». Il s'agit de critiquer l'attitude du PCF qui ne défend pas les intérêts des travailleurs du monde entier, mais les intérêts de la politique étrangère de l'URSS.
La critique des régimes "communistes", se réclamant eux-même du communisme et qualifiés de communistes par leurs adversaires, se distingue des critiques du marxisme. Notamment parce qu'une partie des marxistes du XXe siècle et la majorité des personnes se réclamant actuellement du communisme dénient à ces régimes un caractère marxiste ou communiste.
Les régimes "communistes" sont essentiellement l'URSS après la révolution bolchévique d'octobre 1917 et les pays organisés sur le modèle soviétique après la seconde guerre mondiale.
L'idéologie communiste promeut un système social dans lequel la propriété privée est abolie, de même que les classes sociales et l'État. À ce titre, le terme d'État communiste est un oxymore. De nombreux pays ont donné un rôle particulier au parti communiste dans leur constitution ou texte fondamental, en se construisant à l'image du régime soviétique. Le terme souvent utilisé par la propagande de ces régimes était « État socialiste ». Plusieurs pays se disaient socialistes - ou en marche « vers le communisme » - comme l'Union soviétique, la Yougoslavie, le Viêt Nam, Cuba. Le terme d'États communistes a été utilisé par les pays occidentaux pour désigner de tels pays. Ce sont ces pays dans lesquels un Parti unique (qu’il se dise communiste ou non) affichait une adhésion au « marxisme-léninisme » qui sont visés par les critiques ci-dessous.
Jamais ces États n'ont affirmé avoir atteint le stade du communisme, mais certains disaient pouvoir le faire dans le futur. Au milieu des années 1950, Khrouchtchev prévoyait ainsi que le communisme en URSS serait atteint en 1980. Aujourd'hui encore, quelques États continuent de se réclamer du communisme à travers leur doctrine officielle (Cuba, Corée du Nord...).
Pour terminer, certaines écoles du marxisme dès les années 1920 considèrent que les « États communistes » n'ont jamais appliqué le communisme ni le socialisme, et que leur politique a été dictée (principalement ou totalement) par des principes capitalistes et/ou nationalistes. Ces doctrines sont contestées par les opposants au communisme, qui considèrent que certains faits observés dans le monde « communiste » n'ont pas eu d'équivalent dans les pays capitalistes (en particulier en matière de développement économique, de liberté politique et d'environnement), et qu'ils sont révélateurs de "tares" consubstantielles au marxisme en tant que tel.
A la lumière de ces jugements, de nombreux auteurs ont dressé des conclusions variées quant à l'expérience "communiste" et sa défaite finale durant la Guerre Froide.
D'après les anticommunistes, les pays communistes ont été la cause de grands maux et leur effondrement prouverait la faillite de leurs modèles sociaux, politiques et économiques.
Jugeant que les régimes soviétiques relevaient bien du marxisme, nombre de critiques parlent d'un gouffre existant entre le communisme théorique et pratique. Beaucoup d'anticommunistes estiment que la théorie est bonne mais la mise en oeuvre est défaillante. Les socialistes démocratiques comme George Orwell ou Bertrand Russell et les théoriciens anarchistes voient le communisme comme une doctrine dont les objectifs sont nobles dans sa théorie mais qui ne réussit pas les atteindre.
Ceux qui soutiennent les États "communistes" estiment au contraire que ces États amenèrent de nombreux bienfaits à leurs populations et au monde, et que leur chute est un drame causé par les pressions du capitalisme occidental.
D'après la théorie marxiste, il ne peut exister d'"État communiste". La société communiste est une société qui a aboli la propriété privée, les classes sociales et l'État. Aucun pays ne s'est jamais présenté comme un "État communiste" ni affirma avoir atteint le stade du communisme; cependant, de nombreux États pluralistes donnèrent au Parti Communiste un statut constitutionnel particulier et se dirent officiellement « marxistes-léninistes ». Tous ces États disaient avoir pour but d'atteindre le communisme dans un futur relativement proche ; Nikita Khrouchtchev, par exemple, prévoyait que le communisme serait atteint en Union Soviétique vers 1980, soit d'ici un quart de siècle. Le titre d'"État communiste" a été utilisé en Occident pour désigner de tels États. Les États "communistes" qui n'existent plus n'ont jamais atteint la société communiste et aucun de ceux qui subsistent n'en semble proche.
Cependant, les théories de Marx et Engels incluent également une phase transitoire connue comme la dictature du prolétariat. Par la suite, l'État devrait peu à peu disparaître et la dictature du prolétariat serait remplacée par la société communiste. Les États "communistes" se revendiquaient comme appliquant la dictature du prolétariat. S'ils appliquèrent réellement le marxisme, alors cette théorie est critiquable en raison de l'échec assumé des États communistes et non leur effacement au profit de la société communiste quand cette théorie fut réellement testée. Albert Szymanski, après analyse de l'État soviétique, en conclut qu'il s'agissait d'une véritable dictature du prolétariat. "Is the Red Flag Flying? The Political Economy of the Soviet Union Today" (Londres : Zed Press, 1979).
Les marxistes léninistes non staliniens - notamment les trotskistes - estiment que les États communistes n'ont pas, après la mort de Lénine, suivi la voie du marxisme, mais de perversions largement infuencées par le stalinisme.
Leurs adversaires (anticommunistes ou marxistes non léninistes) leur a été opposé que le créateur des institutions répressives que Staline réutilisa ultérieurement était Lénine. Analysant, la Commune de Paris, Lénine en conclut qu'elle avait échoué en raison de son "excessive générosité-elle aurait du exterminer ses ennemis". Le régime léniniste est comptable de l'exécution sommaire de centaines de milliers d'individus, de la création de la Tchéka, d'avoir créé ce qui devint le goulag, et d'une politique de réquisitions alimentaires qui entraînèrent une famine causant de 3 à 10 millions de morts pendant la Révolution russe,,,. Emma Goldman a critiqué Léon Trotsky en raison de son rôle dans la répression de la révolte de Kronstadt et pour avoir ordonné l'incarcération à grande échelle dans des camps ainsi que l'exécution de nombreux opposants, tels que les anarchistes.
Les marxistes opposés aux états "communistes" estiment qu'aucun d'entre eux n'était marxiste, entre autres car aucun n'était démocratique. Alexandre Zinoviev affirme que « L'idée n'est pas marxiste, elle n'a pas même rien à voir avec le marxisme classsique. Loin d'être le fruit de la théorie, elle a surgi dans la vie pratique comme le produit d'un communisme bien réel, rien moins qu'imaginaire », « Les promesses de la collectivisation n'étaient que le masque d'une exploitation féroce ».
Cependant, les antimarxistes affirment que Marx et Engels avaient établi de nombreuses pistes afin de déterminer comment la dictature du prolétariat ou la future société communiste devaient être établies. Ils rejetaient la démocratie libérale, estimant que ce système ne défendait pas les intérêts du prolétariat. On a souvent prétendu que Marx et Engels prenaient en modèle la démocratie directe que revendiquait la Commune de Paris. Ceci est néanmoins contestable et l'on a relevé des entorses aux droits de l'homme jusque dans les quelques mois d'existence que connut la Commune. En effet, au plus 500 personnes ont été exécuté sans procès et la plupart lors de la répression de la semaine sanglante quand plusieurs milliers de communards, hommes, femmes, et enfants, même des personnes qui n'ont pas pris part à la Commune ont été exécuté par les Versaillais sans justice. Par l'argumentations des Droit de l'hommes, les antimarxistes dénoncent ainsi les violences des révolutions sociales du peuple contre l'ordre en place. Violences qui est (et qui même existe déjà pour le prolétairiat), que ni Marx, ni Engels ne nient et qui doit-être ainsi pour Lénine.
Lenin quoted these and other statements by Marx and Engels as support for using the authoritarian principles of vanguard party and democratic centralism during the dictatorship of the proletariat in Communist states. This excluded democracy even in theory outside the ruling Communist party. Lenin's regime also banned fractions within the party. This made the democratic procedures within the party an empty formality. When the Marxists only gained a minority vote in the democratic Russian Constituent Assembly election, 1917, Lenin dissolved the Constituent Assembly after its first session and overturned the election. All the later Communist states became and remained totalitarian as long as the Communists remained in power, justifying this by referring to Lenin's interpretation of Marxism, Marxism-Leninism.
Another argument is that true communism can only develop as a response to the contradictions of bourgeois capitalism; therefore, the failure of those experiments in communism to date can be attributed to the fact they did not emerge in this manner. The Soviet Union is a case in point - Tsarist Russia was quasi-feudal, not capitalist. So it is argued that the failure of Soviet socialism to sustain itself is actually an affirmation of Marxist theory. The historian Orlando Figes has criticized this by pointing out that many different forms of Marxism have been tried in many different societies with varying degree of development. Examples include Lenin's War communism and New Economic Policy, Stalinisme and post-Stalinism in the industrialized Central Eastern European nations and the Soviet Union, profit-sharing and decentralized workers' councils under Tito, extreme self-reliance under Juche, and reforms under Perestroïka et Glasnost. Maoïsme is a broad concept that includes episodes such as self-sufficient communes during the Grand Bond en avant, anti-intellectualism during the Révolution culturelle, and the almost primitivist Khmers rouges.
Plus que tout autres, les régimes dits communistes ont suscité controverses et polémiques violentes entre admirateurs et adversaires. Ceux-ci se sont opposés sur les performances des régimes "communistes" en termes de développement économique, de libertés individuelles, de politique étrangère, de progrès scientifique et de dégradation de l'environnement.
Les défenseurs des régimes communistes arguent souvent que les états communistes ont devancé les pays capitalistes dans certains domaines comme la garantie de l'emploi, les soins médicaux et le logement. Les critiques condamnent les pays communistes en utilisant les mêmes critères, rappelant que sous ces régimes, ces pays sont restés loin derrière les pays industrialisés occidentaux en termes de développement économique et de niveau de vie.
La planification de l'économie a dans certains cas produit des avancées importantes et certains pays communistes ont longtemps affichés des taux de croissance officiels bien plus élevés que les pays industrialisés de l'Ouest. Ainsi, le Produit matériel net de l'URSS a été multiplié par 10 entre 1928 et 1985 et 5 fois pour le PMN par habitant. Cependant, l'URSS a fait face à une crise économique pendant les années 1970 et 1980 qui contribua à son effondrement.
Critiques et défenseurs des régimes communistes utilisent des comparaisons entre des pays particuliers pour montrer la supériorité de l'un des deux modèles sur l'autre, en utilisant pour les uns la comparaison RDA/RFA (ou bien Corée du Sud/Corée du Nord), pour les autres Cuba/Jamaïque.
Les critiques du communisme rappellent que ces pays restèrent moins développés économiquement que les pays industriels occidentaux. À l'inverse, les partisans du communisme rappellent que leurs taux de croissance étaient généralement plus élevés et qu'ils auraient pu rattraper l'Ouest si ces taux avaient continués. D'autres encore rejettent toute comparaison car les pays communistes ont démarré avec un développement moindre.
Les régimes "communistes" ont souvent pratiqué la censure de toute dissidence, appliquant une répression particulièrement dures contre les communistes opposés au régime. Le niveau de censure varie énormément selon le pays et l'époque mais elle a presque toujours existé à un degré plus ou moins fort. La plupart de ces pays recrutaient des réseaux d'informateurs dans la société, volontaires ou forcés pour obtenir des informations et dénoncer les dissidents. Les partis uniques au pouvoir de même que leurs partisans soutiennent souvent ces mesures comme malheureuses mais nécessaires face à la « subversion capitaliste financée par les puissances étrangères ». À l'opposé, leurs adversaires dénoncent une atteinte aux droits fondamentaux de l'individu et affirment que ces assertions sont infondées.
Les interdictions de quitter les pays "communistes" sont également courantes. La plus célèbre est le Mur de Berlin, mais la Corée du Nord continue aussi par exemple à interdire toute émigration vers l'étranger, et les restrictions à Cuba sont régulièrement dénoncées par la communauté cubaine installée aux États-Unis. Néanmoins, seules l'Albanie et la Corée du Nord ont imposés un blocus total sur l'émigration. Une immigration légale était possible ailleurs, quoique souvent rendue volontairement très difficile. Certains pays ont relâché ces mesures à partir des années 1960. Pour les défenseurs des états "communistes", ces restrictions n'étaient pas pires que celles imposées par les pays capitalistes dans le passé. Leurs adversaires disent à l'inverse que, indépendamment des évènements passés, les barrières à l'émigration étaient bien plus fortes dans les pays communistes. L'URSS mis en place un passeport intérieur, limitant la circulation au sein même du pays.
Les plus virulentes des attaques concernent le nombre de victimes de ces régimes. Staline et Mao Tsé-toung sont tenus pour les responsables de la plus grande partie des millions de morts. À ce titre, les critiques se focalisent sur ces deux régimes même si d'autres affirment que par essence, le communisme est responsable de morts injustes.
La plupart des pays "communistes" utilisaient la peine de mort malgré quelques exceptions. L'URSS l'a ainsi officiellement abolie de 1947 à 1950, mais elle était en réalité toujours appliquée. Les critiques du communisme affirment que la plupart des victimes de la peine de mort étaient non des criminels mais des dissidents politiques. Les grandes purges de Moscou organisées entre 1936 et 1938 en sont un exemple.
Le travail forcé a aussi été utilisé à titre de sanction pénale dans certains États communistes ; selon les critiques, ces peines ont davantage frappé (conformément à leur objet légal) les prisonniers politiques que les criminels de droit commun. Les camps de travail forcé (le goulag en URSS, le laogai en Chine) étaient, et sont parfois toujours situés dans des environnements très rudes, comme la Sibérie, où de très nombreux détenus sont morts (la déportation correspondant à une condamnation à mort indirecte). Selon les défenseurs de ces régimes, le nombre de victimes aurait été exagéré, et les camps auraient été nécessaires pour se protéger de menaces intérieures ou extérieures (comme le nazisme dans la Seconde Guerre mondiale), et les capitalistes/anti-communistes auraient été responsables d'autant de morts. D'après les opposants, les camps étaient de toute façon injustifiés.
La place des arts et des sciences dans le monde communiste a aussi été sujette à discussion, ceux-ci étant parfois considérés comme de purs instruments de propagande au service du parti, qui en faisait prévaloir une conception "idéologiquement correcte" (par exemple le réalisme socialiste, la biologie de Lyssenko, etc.), malgré la persistance d'artistes et de savants de très grande qualité dans l'ensemble de ces pays.
Les régimes "communistes" se sont souvent revendiqué de l'anti-impérialisme, ont défendu la décolonisation en Afrique et en Asie, ainsi que les rébellions opposées aux États-Unis en Amérique latine; ils ont aussi déclaré défendre tous les peuples qui seraient soumis à des États capitalistes ou nationalistes, ainsi que leurs propres minorités ethniques. Pour les critiques, ces actions et ces discours seraient hypocrites, l'Union soviétique et la Chine populaire étant elles-mêmes impérialistes ; la première ayant reconquis de force plusieurs nations qui avaient obtenu l'indépendance à la chute du tsar (Russie blanche, Ukraine, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan), puis les États baltes en 1939, avant de créer les États satellites en Europe de l'Est à la suite des Accords de Yalta, sur lesquels elle a exercé une mainmise politique lourde ; la seconde a conquis le Tibet, a envoyé des troupes dans plusieurs pays voisins, et a pratiqué une politique d'assimilation des minorités ethniques ou religieuses.
Les pays communistes ont très souvent mené une politique d'industrialisation rapide et lourde, sans tenir compte des risques sur l'environnement; de graves catastrophes écologiques ont été causées, comme l'assèchement de la mer d'Aral ou l'explosion du réacteur de Tchernobyl. D'une manière moins spectaculaire, les industries lourdes d'Europe centrale (République démocratique allemande, Pologne, Tchécoslovaquie, Pays baltes) ont engendré une pollution chronique du sol et de l'air, nocive pour les forêts, l'agriculture, la santé humaine et le patrimoine culturel. Pour les défenseurs du communisme, les dégradations de l'environnement n'étaient pas pires que celles qui pouvaient être connues dans les pays occidentaux au XIXe siècle ; les opposants considèrent que les industries des pays communistes ont été destructrices sur une bien plus grande échelle, et que certaines des catastrophes qui y ont eu lieu n'ont jamais eu d'équivalent ailleurs.
L'originalité de Alexandre Zinoviev est « d'avoir observé la réalité soviétique, d'avoir perçu comment le communiste idéaliste était vaincu par le communisme réel et d'en avoir conclu que la société soviétique excluait tout possibilité de créer le communisme idéal » (in Les confessions d'un homme en trop).
Bien que les phénomènes communalistes selon Alexandre Zinoviev soient visibles dans toutes les sociétés aussi bien communistes qu'occidentalistes, c'est en Union Soviétiques et probablement dans tous les pays avec un système social communiste (communiste réel) que ces phénomènes suivant les lois sociales et de la nature humaine jaillissent aux quotidiens dans la vie de millions de gens d'une façon extrême et poussée à outrance.
Communisme municipal
Le communisme municipal est un terme mélioratif utilisé en France à l'apogée des Trente Glorieuses dans les années 1950-1960 pour désigner une politique des élus communistes axée sur l'école, la culture et la progression sociale des couches populaires.
Cette politique sociale de proximité s'appuyait sur les équipements collectifs de sorte à réduire les inégalités.
Ces élus souvent issus des couches ouvrières tentaient d'élaborer des projets qui « changeaient le vie » et contribuaient au bien-être des travailleurs.
Les villes ayant abrité ce genre de politique gardent souvent des restes significatifs. Ainsi, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) compte 48 % de logements sociaux, 3 200 employés municipaux, un théâtre et un cinéma municipaux afin d'apporter la cultures dans les milieux populaires. Deux tiers des enfants payent moins de deux euros leurs repas à la cantine.
Avec la main mise du Parti Communiste Français (PCF), ces élus « se présentaient au nom du parti, pas pour la population », selon Julian Mischi, chargé de recherches à l'Inra de Dijon.
Dans les années 1980, « les élus ont pris leur autonomie vis-à-vis de l'appareil en raison de l'effondrement de celui-ci », ajoute le chercheur. Un long déclin s'amorce alors pour le PCF dont les élus ne sont plus « montés en grade dans la cellule » mais restent à un niveau local, la politique étant désormais davantage centrée sur la démocratie participative. Les scores nationaux chutent et le communisme municipal disparaît.

