Claude Guéant

3.3737541528459 (2408)
Posté par seb 04/04/2009 @ 07:07

Tags : claude guéant, présidence de la république, gouvernement, politique

Dernières actualités
LE DISCOURS SECURITAIRE DE NICOLAS SARKOZY - nouvelobs.com
En outre c'est la première fois que le second personnage de l'Etat, Claude Guéant, est un policier (ancien directeur général de la police nationale, ndlr). la Politique c'est désormais de faire peur. Electoralement parlant la droite utilise cette...
Dieudonné et la menace d'interdiction, beaucoup de bruit pour rien - Le Monde
Et oubliées les menaces d'interdiction lancées le 3 mai par Claude Guéant. Ce jour-là, le secrétaire général de l'Elysée avait indiqué sur Radio J que “les pouvoirs publics sont en train de voir si ces initiatives tombent sous le coup de la loi”....
Guéant et l'amiral Guillaud taclent Morin - LalettreA.fr (Abonnement)
Or, il semble qu'à l'Elysée, Claude Guéant et l'amiral Edouard Guillaud (EMP) n'en aient pas tenu compte le jour où ils ont choisi de promouvoir Stéphane Abrial. Hervé Morin a bien essayé de bloquer cette nomination avant qu'elle ne devienne officielle...
Dieudonné soutenu par le terroriste Carlos - Gala
D'ailleurs pour celui qui fut dans une autre vie un comique (un vrai, avec des blagues et du talent), le lobby sioniste est partout et M. Claude Guéant en «est l'écho en bon petit soldat». Le candidat se targue de ne pas être antisémite....
Dieudonné remercie Guéant - France Soir
Interrogé sur les propos du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui avait annoncé que les pouvoirs publics étudiaient la possibilité d'interdire ces listes, Dieudonné a remercié son « attaché de presse ». « Nous devons remercier Claude...
Dieudonné provoque encore - Le Parisien
Il est destiné, selon lui, à «informer nos concitoyens de l'ensemble des abus constatés et poursuivra en justice tous ceux qui, à l'image de Claude Guéant (ndlr. secrétaire général de l'Elysée) ou de Paul Amar (ndlr. journaliste à France 5),...
"Deux fers au feu" en alliance avec Kadhafi ? - Africa Intelligence
Pas de schizophrénie à l'Elysée : la cellule diplomatique (Bruno Joubert pour l'Afrique) "gère" Ping tandis que le secrétaire général, Claude Guéant, travaille en stéréo avec le colonel Kadhafi. Qui dit mieux ? Quelques tranches de vie en coulisses…...
Madagascar : L'ancien président malgache accuse la France d'être l ... - Casafree.com
La semaine dernière, la Lettre de l'océan Indien, une revue bi-mensuel en langue française, a révélé que le secrétaire général de la présidence française Claude Guéant a demandé à Saleh Bashir, chef de cabinet du président libyen Muammar Kaddafi,...
L'antisionisme comme "fond de commerce" (X.Bertrand) - France Info
La liste présentée par Dieudonné aux élections européennes a été validée hier, malgré les déclarations du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui voulait la faire interdire. Le chef de file de l'UMP condamne néanmoins cette liste : "ce qui...
Européennes : la campagne officielle lancée - Les Échos
Même celle de la très polémique liste « antisioniste » de Dieudonné n'a donc pas été rejetée en dépit de la déclaration du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui avait indiqué examiner les possibilités de l'interdire il ya quelques jours....

Claude Guéant

Claude Guéant est un haut fonctionnaire français, né le 17 janvier 1945 à Vimy dans le Pas-de-Calais. Depuis le 16 mai 2007, il est le secrétaire général de l'Élysée.

Après des études à la faculté de droit à Paris et à l'Institut d'études politiques de Paris, il entre à l'École nationale d'administration (promotion Thomas More (1971). À sa sortie, il devient directeur de cabinet du préfet du Finistère, puis secrétaire général pour les affaires économiques de la Guadeloupe (1974), avant d'être nommé conseiller technique au cabinet de Christian Bonnet, ministre de l'Intérieur (1977-1981).

Nommé sous-préfet hors classe, il travaille auprès du préfet de la région Centre, puis est secrétaire général de la préfecture de l´Hérault, puis des Hauts-de-Seine, avant d'être nommé préfet des Hautes-Alpes en 1991.

Charles Pasqua l'appelle à ses côtés au ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, comme directeur-adjoint de cabinet, puis le nomme directeur général de la police nationale en 1994.

Il est ensuite nommé préfet de la région Franche-Comté et du Doubs en 1998, et préfet de la région Bretagne, de la zone de défense Ouest, et d'Ille-et-Vilaine en 2000.

Il devient le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, de 2002 à 2004 puis de juin 2005 à mars 2007 au ministère de l'Intérieur et en 2004 au ministère des Finances. Il est, lors de la présidentielle en 2007, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy.

Une fois élu, ce dernier le nomme, le 16 mai 2007, secrétaire général de l'Élysée. Le pouvoir important qu'il a auprès du président de la République, lui vaut les surnoms de « cardinal, Premier ministre bis, vice-président » ou « vice-roi ».

Claude Guéant est chevalier de la Légion d'honneur. Il est veuf depuis octobre 2008 et père de deux enfants, dont l'un, François, avocat fiscaliste, suppléant du député de la 4e circonscription du Morbihan, Loïc Bouvard depuis juin 2007, président des Jeunes Actifs de l'UMP et membre du cabinet de la ministre de la Justice, en tant que chargé de mission pour les victimes à partir de juillet 2007, puis de celui du secrétaire d’État à l’intérieur et aux collectivités territoriales depuis mars 2008.

En haut



Union pour un mouvement populaire

logo de l'Union pour un mouvement populaire

L'Union pour un mouvement populaire (UMP) est un parti politique français de droite nommé à sa création Union pour la majorité présidentielle, en vue de soutenir la candidature du président Jacques Chirac à sa propre succession en 2002. Il est membre du Parti populaire européen, ainsi que de l'Union démocratique internationale, association des partis de centre-droit à l'échelle mondiale.

Regroupant le RPR et Démocratie libérale, l'UMP est rejoint à sa création par deux tiers des députés de l'Union pour la démocratie française (UDF). Ce parti cherche donc à être un rassemblement de tendances gaullistes, libérales et démocrates chrétiennes (ou des tendances bonapartistes et orléanistes, suivant la classification de René Rémond) de la droite française.

L'UMP est le premier parti politique de France en nombre d'adhérents revendiqués (277 141 au 31/12/2008 selon le site du parti).

Issue d'Alternative 2002 (mouvement de soutien à Jacques Chirac ambitionnant de rassembler l'ensemble des forces de droite et du centre) l'UMP est créée le 23 avril 2002 suite au premier tour de l'élection présidentielle et en vue des législatives de la même année, afin d'« unir les forces politiques de droite ». Elle se nomme d'abord Union pour la majorité présidentielle en signe de soutien au président. Une fois les élections passées, ce nom perd sa raison d'être.

Un débat interne eut lieu afin de nommer ce nouveau parti. Alain Juppé, proposa de nommer ce parti "La Maison Bleue", d'autres étaient partisans (les libéraux pour l'essentiel) d'une référence au Parti populaire européen et au Parti populaire espagnol, souvent cité en exemple, et proposèrent de nommer le parti "Union populaire".

Il a été choisi de conserver le sigle alors déjà bien connu des Français, mais de changer la dénomination en "Union pour un mouvement populaire", lors de son congrès fondateur le 17 novembre 2002 au Bourget. Lors de ce même congrès, Alain Juppé devient le premier président du mouvement et Philippe Douste-Blazy son premier secrétaire général. Le RPR et DL sont dissous à l'interieur de l'UMP. Seuls deux partis fondateurs substistent en tant que tel : le Forum des républicains sociaux (présidé par Christine Boutin) et le Parti Radical (Jean-Louis Borloo et André Rossinot).

Intronisé par Jacques Chirac, Alain Juppé devient le premier président de l'UMP. Refusant d'entrer au gouvernement, le parti lui permet de tenir une lutte à distance avec son principal rival à l'intérieur de sa famille politique, Nicolas Sarkozy. Les années 2003-2004 constituent l'apogée du combat féroce mené entre chiraquiens et sarkozystes. L'UMP en devient un de ses principaux théâtres.

En 2004, ont lieu les premières élections depuis 2002, ce qui constitue un véritable test pour le gouvernement Raffarin et le parti. Lors des régionales, cantonales et européennes, les résultats sont désastreux, la politique gouvernementale étant sévèrement sanctionnée. De plus, Alain Juppé est rattrapé par la justice. Le 16 juillet 2004, il rend sa démission, suite à sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Conformément aux statuts, en tant que vice-président, Jean-Claude Gaudin assure l'intérim à la tête du parti, en attendant l'élection d'un nouveau président par les adhérents.

Le 28 novembre 2004, au Bourget, Nicolas Sarkozy devient le deuxième président de l'UMP, élu par 85,1 % des membres du parti. Le nouveau secrétaire général est Pierre Méhaignerie.

Lui permettant de rivaliser à distance avec Jacques Chirac, le nouveau président de l'UMP n'a plus qu'un seul objectif en tête, à savoir l'élection présidentielle de 2007. Malgré l'échec du référendum constitutionnel de 2005, l'UMP bat tous les records d'affluence et d'adhésion. Le mouvement entreprend alors un vaste chantier de modernisation et de réflexion interne par l'organisation d'une vingtaine de conventions thématiques entre 2005 et 2006, afin d'élaborer le programme présidentiel et législatif de Nicolas Sarkozy et de l'UMP pour les échéances de 2007. Le parti abandonne alors toute référence gaulliste.

Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy est investi candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007. Le 6 mai 2007, il est élu président de la République. Quelques jours plus tard, il démissionne de la présidence du parti. Jean-Claude Gaudin, pour la deuxième fois, assure l'intérim jusqu'à la tenue d'un nouveau congrès à l'automne.

À partir de ce moment, se pose la délicate question de la succession de Nicolas Sarkozy à la tête du mouvement. La bataille est lancée entre Patrick Devedjian, proche du président de la République, et Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre développant une image consensuelle. À la sortie d'une réunion du bureau politique, le 25 juin 2007, Jean-Claude Gaudin affirme que "nous considérons que, moralement, le président (de l'UMP) reste Nicolas Sarkozy et, par conséquent, nous pensons qu'il n'est pas utile d'élire à nouveau un triumvirat (président, vice-président et secrétaire général) comme les statuts l'exigent".

Réuni le 7 juillet 2007, le conseil national de l'UMP adopte à 72 % la réforme des statuts du mouvement instituant une direction collégiale jusqu'en 2012 qui s'appuie sur un "pôle législatif" - le bureau du conseil national, animé par trois vice-présidents, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie - et sur un "pôle exécutif", le secrétariat général, dirigé par Patrick Devedjian assisté de Philippe Cochet et de Dominique Paillé.

Suite aux élections municipales et cantonales de 2008, Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet sont nommés secrétaires généraux adjoints. Christian Estrosi les rejoint quelques semaines plus tard.

Le 5 décembre 2008, Patrick Devedjian est nommé ministre de la Relance économique. Il démissionne aussitôt de son poste de secrétaire général, l'intérim étant tout d'abord assuré par les trois secrétaires généraux adjoints, puis confié au seul Xavier Bertrand jusqu'au 24 janvier 2009, date à laquelle le Conseil national désignera les nouvelles instances dirigeantes.

Le 21 avril 2002, le candidat Jacques Chirac du RPR fusionné dans l'UMP deux jours plus tard, arrive en tête à l'élection présidentielle avec 19,88% des suffrages exprimés devant Jean-Marie Le Pen. Ainsi Lionel Jospin (candidat du PS) se retrouve — contre toute attente — éliminé, et le second tour permet à Jacques Chirac d'être réélu avec 82,06% des suffrages exprimés (notamment grâce aux votes de l'électorat de Gauche, espérant ainsi faire barrage à Le Pen). Les élections législatives de juin 2002 seront une seconde victoire sur la gauche pour le nouveau parti avec 365 sièges contre 141 pour le PS.

Pour son premier véritable test électoral depuis ses écrasantes victoires de 2002, l'UMP subit une lourde défaite aux élections régionales et cantonales de mars 2004, perdant 20 régions sur 22, et une contre-performance en Outre-mer, depuis longtemps dirigé par une majorité de droite. Néanmoins, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française, la liste UMP a obtenu la majorité relative des voix, devançant du double la liste suivante. Au final, les deux seules régions restant à droite sont l'Alsace et la Corse.

Le deuxième grand test électoral de l'UMP, les européennes de 2004, n'est guère brillant pour l'UMP ; en effet ce parti qui doit réunir l'ensemble de la droite n'obtient que 17% des voix alors que le PS en remporte pas loin du double avec 29%, et que l'UDF (constitué de ceux de ses membres qui ont refusé de rejoindre l'UMP à sa création) atteint les 12%.

Le référendum de mai 2005 marque aussi une défaite pour l'UMP, mais celle-ci dépasse le clivage habituel. La victoire revient majoritairement à la gauche antilibérale (réunissant le PCF, la LCR, l'aile Gauche du PS, la Confédération Paysanne, les Alternatifs, l'aile Gauche des Verts) et à la droite extrême et/ou souverainiste (FN, MPF, dissidents UMP) qui ont ainsi gagné en force et en popularité au détriment des partis qui avaient jusque-là plus ou moins le vent en poupe (UMP, UDF et PS). On assiste depuis simultanément au déchirement du PS avec l'écartement de Laurent Fabius, et à une nouvelle guerre de personnes et de programme entre Dominique de Villepin, devenu Premier ministre et Nicolas Sarkozy qui réintègre le gouvernement comme ministre de l'Intérieur et ministre d'état.

L'UMP présente Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle. Il accède au second tour de la présidentielle le 22 avril 2007, avec un score de 31,18% (11 448 663 voix), face à Ségolène Royal, candidate du PS (25,87 % soit 9 500 112 voix). Le 6 mai 2007 à 20h00, le candidat UMP Nicolas Sarkozy devient le 6e Président de la Vème République, avec 53,06% des voix, contre 46,94% pour sa rivale Ségolène Royal, candidate portée par le PS. Il entre officiellement en fonction le 16 mai 2007, lors de la passation de pouvoir entre Jacques Chirac, président sortant, et lui. Par souci d'impartialité, Nicolas Sarkozy a démissionné de la présidence de l'UMP deux jours plus tôt, le 14 mai 2007.

Les élections législatives ont dès lors lieu sur le thème de donner au président les moyens de gouverner. Dès le premier tour de scrutin, l'UMP réalise des scores très importants, près de 100 députés de droite étant élu le 10 juin 2007 contre 1 de gauche (PS). Au second tour, l'UMP l'emporte largement mais la "vague bleue" attendue n'a pas eu lieu, sûrement à cause du lancement maladroit du sujet sur la TVA sociale. À elle seule, l'UMP obtient tout de même 313 sièges sur 577, soit la majorité absolue. Depuis 1978, c'est la première fois qu'une majorité se succède à elle-même.

Si à l'échelle nationale les listes apparentées à la « majorité présidentielle » sont arrivées en tête en nombre de voix et en nombre de siège, l'UMP et la droite en général ont perdu un certain nombre de villes importantes. Si après les élections municipales de 2001 elle contrôlait 21 villes de plus de 100 000 habitants sur 39, la droite en a alors perdu 10 et n'en a gagné aucune (à part Mulhouse, dont le maire sortant, Jean-Marie Bockel, ancien membre du PS, est désormais membre du gouvernement depuis 2007).

Pour les cantonales, la gauche qui contrôlait déjà une majorité de département depuis 2004, en remporte 8 de plus sur la droite qui n'en reprend que deux à l'opposition.

Pour les élections législatives de 2007, le programme de l'UMP est disponible sur internet .

Dans sa Charte des valeurs, l'UMP se donne pour but de donner à la politique française un « souffle nouveau » et d'enrayer « la montée méfiance à l’égard de la politique ». Ses mots d'ordre  : « écouter les citoyens, agir avec eux et pour eux ».

La doctrine de l'UMP déclare qu'il faut laisser libre cours au « destin individuel de la personne » qui dépasse le « déterminisme social ». L'UMP «  les systèmes qui étouffent la liberté (économique) en cherchant à tout encadrer », ce qui peut être compris comme une attaque directe envers les politiques de gauche. Le travail, le mérite et l'innovation doivent être encouragés, afin de mener la France vers la reprise de la croissance et la baisse du chômage. Cette « liberté » ne doit cependant pas être comprise comme un égoïsme : « La liberté ouvre la voie à la générosité ». Pour faire respecter cette "liberté", un respect strict de la loi est nécessaire : « L’autorité de l’État et la justice doivent assurer que chacun réponde de ses actes ».

L'UMP se déclare très attaché à la solidarité : « l’État est là pour que soit garantie la protection sociale à laquelle les Français sont légitimement attachés ». Néanmoins, la solidarité se doit de « respecter l’individu » et « ne (…) pas se transformer en assistanat ». Elle se limite essentiellement aux domaines des services publics, de l'égalité entre les territoires, du soutien des familles et de l'école de la République, laquelle doit « permettre à ceux que leurs mérites distinguent, d’exercer les responsabilités les plus élevées ».

Enfin, l'UMP affirme sa fierté pour la nation française, tout en définissant son horizon dans la construction européenne, synonyme de « paix » mais aussi d'« élargissement perspectives ». L'Europe ne doit pas se réduire à la seule coopération économique : Elle doit « permettre d'avoir plus de poids » dans le contexte de la mondialisation, tout en faisant en sorte que « chaque pays conserve son identité ».

Ils sont nommés par le bureau politique sur proposition du Président de l'Union. "Ils sont responsables de l’activité et de la réflexion de l’Union" (article 22 des statuts) dans leurs domaines respectifs. Ils doivent rendre compte de leurs travaux auprès du Comité d'Orientations, du Bureau Politique et une fois par an au moins devant le Conseil National.

Son but est d'assurer la direction de l'Union entre les sessions du conseil national. Le président ou un quart de ses membres peuvent le réunir et définir de l'ordre du jour. Les décisions sont prises à la majorité qualifiée (50% + 1 voix), à condition qu'il y ait au moins la moitié des membres présents.

Membres élus par le conseil national du 27 janvier 2009 : Marie-Dominique Aeschlimann ; Camille Bedin ; Natacha Bouchart ; Claude Greff ; Françoise Grossetête ; Nicole Guedj ; Jacqueline Irles ; Agnès Le Brun ; Bérengère Poletti ; Catherine Procaccia ; Catherine Troendle ; Brigitte Barèges ; Joëlle Garriaud-Maylam ; Françoise de Panafieu ; Michèle Tabarot ; Hervé de Charette ; Bernard Deflesselles ; Jean-Paul Fournier ; Louis Giscard d'Estaing ; Philippe Goujon ; Michel Herbillon ; Hervé Mariton ; Albéric de Montgolfier ; Renaud Muselier ; Patrick Ollier ; Didier Robert ; André Rossinot ; Philippe Briand ; Alain Lambert ; Antoine Rufenacht.

La Commission nationale des recours est formée de neuf membres, élus par le Conseil national. Toute personne dont la demande d’adhésion est repoussée peut faire appel devant la Commission. La décision de la Commission n’est ensuite susceptible d’aucun recours. Les personnes à l’encontre desquelles des décisions disciplinaires sont prises peuvent également formuler un recours devant la Commission, qui veille à ce que les droits de la défense soient garantis dans l’exercice du pouvoir disciplinaire. Quand un comité décide de prendre une sanction contre un de ses membres détenteur d’un mandat électif, exécutif ou parlementaire, il ne peut la rendre publique qu’après décision du Bureau Politique. Dans tous les autres cas, la Commission nationale des recours statue en dernier ressort.

Avant le Congrès, le Conseil National élit en son sein une Commission d’organisation et de contrôle des opérations électorales composée de sept membres titulaires et de deux suppléants. Elle a autorité pour préparer et organiser les opérations de vote nationales et territoriales et s’assurer de leur régularité. Elle est également chargée de s’assurer de la validité des candidatures et de veiller à l’égalité des candidats dans le déroulement des opérations de propagande et des opérations de vote.

Cette Commission est élue par le Conseil National sur proposition du Bureau Politique. Elle rend un avis sur les propositions de modification des statuts ou du Règlement Intérieur qui lui sont soumises par le Bureau Politique ou le Conseil National.

Elle comprend les anciens présidents et secrétaires généraux de l'Union ainsi que les présidents des anciens partis représentés dans l'Union et 8 personnes choisies pour leur ancienneté par les groupes parlementaires. "Elle examine tous les cas où un élu de l’Union est mis en cause dans son honneur et son intégrité." (article 35) Cette commission se réunit sur demande du bureau politique et peut à sa demande ou à celle de l'élu concerné, l'entendre.

La Commission nationale d’investiture est désignée statutairement par le Bureau Politique avant chaque scrutin national. Pour les élections législatives, sénatoriales, régionales, européennes et municipales (villes de plus de 30 000 habitants), la Commission nationale d’investiture a autorité pour préparer les investitures. Elle auditionne les responsables politiques départementaux, rend compte devant le Bureau Politique et saisit pour avis consultatif les comités départementaux concernés par l’élection considérée. Ses propositions définitives sont enfin soumises au vote du Conseil national, véritable parlement de l’UMP et seule instance compétente pour accorder formellement et en dernière instance les investitures. Pour les élections aux municipales et cantonnales ce sont les comités départementaux qui les investissent.

Au 5 janvier 2007, 335 000 adhérents étaient à jour de leur cotisation 2006, d'après les propres chiffres de l'UMP. L'UMP aurait enregistré plus de 200 000 adhésions depuis que Nicolas Sarkozy en était devenu le Président. le 31/12/2007 l'UMP compte plus de 370 000 militants.L'UMP revendique 256 000 adhérents au 7 novembre 2008.

L'UMP a une antenne pour les jeunes de 16 à 29 ans, les Jeunes Populaires/Jeunes UMP dont les vingt membres du Bureau national sont élus par des grands électeurs (conseillers nationaux Jeunes Populaires, représentant 10 % des adhérents jeunes). Ces vingt délégués nationaux forment le Bureau national des Jeunes Pop'. Les délégués nationaux sont thématiques ou sont nommés par zone régionale. Les Jeunes populaires revendiquent plus de 40000 adherents .

Les Jeunes Actifs sont une autre antenne de l'UMP pour laquelle l'appartenance n'est pas liée à une tranche d'âge spécifique, mais plutôt au fait d'exercer une activité professionnelle. Ils sont apparus dans le courant de l'année 2005, leur président est François Guéant (fils du Directeur de cabinet puis Directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant aujourd'hui Secrétaire général de la présidence de la République française).

L'UMP compte dans ses rangs plusieurs figures politiques qui ont occupé les plus hautes fonctions de la République, sous l'étiquette de l'UMP ou des partis qui l'ont précédé.

La création de l'UMP s'est voulue être le grand rassemblement des forces politiques de la droite et du centre. Afin de permettre aux différentes familles qui la composent de s'exprimer en son sein, les statuts de l'UMP prévoient la possibilité de créer des courants internes appelés « mouvements ». L'un des buts de ces mouvements était de favoriser l'émergence d'un débat interne riche et d'éviter que l'UMP, à l'instar du RPR de Jacques Chirac, ne se transforme en un parti avant tout organisé pour favoriser la victoire politique de son leader.

Cette création n'aura cependant jamais lieu. Dans un premier temps, Alain Juppé a été contraint de la repousser, Jacques Chirac, entre autres, y voyant un risque de recréer au sein de l'UMP une « guerre des chefs » telle que l'UDF l'a connue pendant plus de 30 ans entre libéraux et démocrates chrétiens et les multiples chapelles qui naquirent au sein de ces deux familles. De plus, les courants qui se dessinaient à l'époque reprenaient presque à l'identique les contours des anciens partis, ce qui aurait pu donner un argument à ceux qui dénonçaient (notamment au sein de l'UDF demeurée indépendante) le caractère artificiel de la nouvelle formation. Ce report devint très rapidement définitif, la peur des chiraquiens se fondant rapidement sur les conséquences que pourrait avoir la création d'un courant sarkozyste à vocation majoritaire. Lors de son élection à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy prit l'engagement de favoriser l'émergence de ces courants, bien des militants s'estimant quelque peu « floués » par rapport aux engagements qui avaient prévalu lors de la création de l'UMP. Mais devant le nombre de ralliements très important autour de son nom (devenant très largement majoritaire, il n'avait plus lui-même l'utilité de rassembler ses partisans au sein d'un courant, qui serait au contraire devenu exclusif pour les autres) et la difficulté pour certaines familles, comme celles des centristes ou des gaullistes, à se structurer sans démontrer par là même une déliquescence certaine, ce projet ne sera pas concrétisé.

Aujourd'hui, l'expression des différentes tendances internes à l'UMP n'en existe pas moins. Elle se traduit à travers plusieurs clubs, associations, voire partis politiques associés, qui regroupent des élus et/ou des militants. À l'exception des partis associés (Parti radical, FRS et CNI), ces différentes structures n'ont cependant aucune reconnaissance en termes de démocratie interne, bien que l'UMP les subventionne pour la plupart. Il est également à noter que certaines grandes familles comme les néo-gaullistes (« chiraco-villepinistes ») ne s'appuient sur aucune structure formelle, mais n'en ont pas moins une très forte influence grâce à leurs leaders.

Souvent désignés sous le nom de « Sarkozistes », héritiers eux-mêmes des « Balladuriens », ils sont issus du RPR (Nicolas Sarkozy) ou de DL qui se réclament des mêmes valeurs que les libéraux « réformateurs », mais y ajoutent un préalable plus pragmatique dans la pratique du pouvoir, le concept de libéralisme étant estimé rejeté par les Français car mal-compris par ceux-ci. On retrouve aussi dans cette famille quelques caractéristiques des familles gaullistes, avec notamment, un attachement relatif au dirigisme économique et au jacobinisme politique. Cette famille ne rejette pas non plus certaines valeurs traditionnelles (ex. attachement à la famille, à une structuration sociale forte de la société). Cette famille a tendance à devenir très composite du fait des nombreux ralliements à la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007, mais constitue aujourd'hui le noyau central de l'UMP autour du président de la République. Elle pourrait être rangée, sur un échiquier politique européen, dans le camp des conservateurs plus que dans celui des libéraux.

Celle-ci a longtemps constitué, depuis la création de la Cinquième République en 1958, la base de la droite française, à travers notamment le RPR. Mais elle est elle-même divisées en plusieurs tendances.

Également appelés « chiraco-villepinistes », ils sont issus du RPR (Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Alain Juppé, Jean-Louis Debré) qui se placent dans l'héritage du Général de Gaulle, mais en ont surtout retenu la pratique pragmatique du pouvoir (qui peut les amener à défendre tantôt des solutions d'inspiration libérale, modérée, sociale ou dirigiste), plus que son corpus idéologique. Les néo-gaullistes ont donc un positionnement très mobile sur l'échiquier politique traditionnel (cf. thèmes de campagne de Jacques Chirac aux différentes élections présidentielles) tout en rejetant une approche transpartisane du gaullisme dont ils ont été les artisans de son ancrage définitif à droite, à la suite de Georges Pompidou. Malgré les postes clés qu'elle contrôle dans les institutions républicaines, et le soutien que lui apportent les autres familles d'inspiration gaulliste, cette famille apparaît en forte perte de vitesse au sein du parti depuis qu'Alain Juppé a été contraint d'en quitter la présidence. Les difficultés qu'a rencontré Dominique de Villepin en tant que Premier ministre a condamné les chances de cette famille à voir désigner l'un de ses membres comme candidat de l'UMP à la dernière élection présidentielle et a induit une perte d'influence de ce courant.

Issus du RPR (Jean-Louis Debré, Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie (via son mouvement Le Chêne), Jean-François Copé, soutiens indéfectibles de Jacques Chirac, rejetant le libéralisme comme solution globale, ils sont les héritiers de la tradition bonapartiste. Ils se réclament à la fois de la pratique du pouvoir du Général de Gaulle (pouvoir exécutif fort, dirigiste et pragmatisme transpartisan) et de son corpus idéologique propre, lié à la fameuse formule "une certaine idée de la France". Ils sont généralement difficiles à différencier des « néo-gaullistes ».

Issus du RPR au sein duquel ils étaient souvent regroupés sous le qualificatif de « séguinistes » (Philippe Séguin qui n'est pas membre de l'UMP et s'est retiré de la vie politique en 2002, François Fillon, Roger Karoutchi, défendent une forme de démocratie sociale sous une forme de réformisme social-démocrate sans toutefois remettre en cause le capitalisme. Ils sont présents surtout dans le club France.9 de François Fillon ou en partie dans le Club Nouveau siècle. À l'origine hostile à une Europe supranationale et trop libérale, cette famille s'étant, derrière Philippe Séguin, à l'origine opposée au Traité de Maastricht, elle a évolué sur cette question puisque la plupart de ses représentants ont fait campagne pour le « oui » lors du référendum du 9 mai 2005 sur le Traité instituant une constitution pour l'Europe.

Issue du RPR (Bernard Reygrobellet, Yves Guéna, Alain Terrenoire, Jean Peyrelevade, Alain Marleix) au sein duquel ils étaient très minoritaires, cette famille regroupe au sein du Club Nouveau siècle les gaullistes notamment issus de l'UJP (Union des jeunes pour le progrès) et du MSP (Mouvement solidarité participation) qui ne se reconnaissent pas en premier lieu dans les valeurs de droite, mais plutôt dans celle de la social-démocratie et qui rejettent en partie le capitalisme. Historiquement issus de l'Union démocratique du travail qui a soutenu le retour au pouvoir du général de Gaulle tout en rejetant les thèses marxistes et léninistes estimées être à la base du socialisme français et de ses alliés politiques (PCF, Les Verts, etc.).

Ils sont issus du RPR, du RPF de Charles Pasqua ou du MPF, notamment regroupés au sein de Debout la République (Nicolas Dupont-Aignan), mouvement autrefois associé à l'UMP, aujourd'hui indépendant, mais aussi du RPF, dont plusieurs membres se sont présentés aux élections sous l'étiquette UMP. Ils se réclament pour une très grande majorité de l'héritage gaulliste dont ils retiennent essentiellement les prises de positions nationalistes et en faveur d'une « Europe des Nations ». Ce sont des euro sceptiques. Cette famille est souvent considérée comme proche de mouvements externes classés à la droite de l'UMP, comme le MPF de Philippe de Villiers, et constitue la famille qui exprime le plus son attachement à prendre en compte les aspirations des électeurs de l'extrême droite (FN, MNR), tout en affirmant vouloir indéfectiblement rester dans la famille de la droite républicaine. Cette famille compte peu de membres, mais son positionnement à sa marge lui donne une influence plus grande que son poids réel au sein du parti en ce qu'elle tient un discours susceptible d'attirer les suffrages d'électeurs souverainistes et nationalistes non membres de l'UMP. Suite à la désignation de Nicolas Sarkozy comme candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan a quitté le parti pour maintenir la sienne, sans parvenir à rassembler les 500 signatures d'élus nécessaires à son officialisation.

Celle-ci est essentiellement issus de Démocratie libérale, et avant cela du Parti républicain au sein de l'Union pour la démocratie française et encore auparavant des Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing. Une partie provient également du RPR, pour la plupart d'anciens « balladuriens ». Là encore il existe plusieurs tendances.

Issus de DL (Hervé Novelli), du RPR (Patrick Devedjian) ou de l'UDF (Pierre Méhaignerie), ils sont notamment regroupés au sein du club Les Réformateurs, de La Droite libre présidé par Rachid Kaci et des Cercles libéraux présidés par Alain Madelin. Cette famille trouve dans le libéralisme politique et économique une solution globale pour la société française. La liberté est donc leur valeur fondamentale et doit prévaloir à tous les niveaux qu'il s'agisse du développement économique, sur lequel ils mettent le plus l'accent, du champ d'intervention de l'État ou des questions sociétales (liberté individuelle). Ils rejettent l'égalitarisme, le dirigisme et encouragent les mouvements de mondialisation et de libéralisation de l'économie qu'ils estiment positifs. Cette famille est l'une des plus dynamiques au sein de l'UMP et a compté de nombreux ralliements aussi bien au niveau des adhérents que des élus. Elle est aussi la famille qui a su le mieux promouvoir ses idées en interne et constitue un soutien important de Nicolas Sarkozy qui, cependant, apparaît un peu moins libéral qu'il ne l'a été. On peut notamment citer David Martinon, ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, ou encore Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet et l'une de ses « plumes ».

Tendance minoritaire, mais efficace dans son lobbying interne, issue de DL, du RPR et de l'UDF, ils se réclament du libéralisme dont ils retiennent surtout l'approche sociétale qui préconise de laisser à chaque individu la liberté de mener sa vie comme il le souhaite pour peu que cela ne nuise pas à la société dans son ensemble. Ainsi, on retrouve dans cette famille Jean-Luc Roméro, élu RPR, puis UMP, secrétaire national du Parti radical, président du parti politique Aujourd'hui, Autrement (indépendant de l'UMP), président de l'association Élus locaux contre le sida et affirme depuis un outing (révélation non souhaitée de l'homosexualité d'une personne par une autre - à différencier du coming out qui implique une action volontaire) son homosexualité . Cette famille se compose également de Gay Lib (Stéphane Dassé, président, Emmanuel Blanc, président-délégué, Emmanuelle Revolon, vice-présidente), organisation née au sein de DL qui constitue aujourd'hui le club de l'UMP s'adressant aux homosexuels et qui entend en défendre les droits au sein de la société.

Celle-ci est essentiellement issue de l'UDF et en son sein de Force démocrate (et de tous les partis qui l'ont précédé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, du MRP au Centre des démocrates sociaux). Il s'agit de l'une des idéologies dominantes au sein des droites européennes, et incarne aussi la famille la plus européiste au sein de l'UMP. Elle comprend deux tendances principales.

Ils sont pour la plupart issus de l'UDF (Philippe Douste-Blazy, Hervé de Charette) et sont notamment regroupés au sein des clubs Démocrate et Populaire et Convention démocrate. Ils se placent dans la tradition orléaniste de la droite française et dans celle de l'ancien MRP, parti politique pivot de la IVe République. Le fondement de leurs valeurs se situe dans le christianisme, mais la référence à ce dernier est très modérée et peu affichée. Idéologiquement ils sont très européens, plutôt fédéralistes (au niveau européen, mais aussi dans leur approche très « décentralisatrice » de l'organisation de l'État français) et revendiquent un libéralisme social, plutôt que d'opposer l'un et l'autre. On peut également classer dans cette famille la branche libérale-giscardienne incarnée par Jean-Pierre Raffarin et le PPDF. En raison de l'existence de l'UDF en externe, et du dynamisme très fort des libéraux, mais aussi de l'échec relatif de Philippe Douste-Blazy à se faire accepter comme son chef de file crédible, cette famille apparait en proie à une forte démobilisation qui a conduit bon nombre de ses membres à rejoindre d'autres courants voir même pour certains à rejoindre à terme le Nouveau centre qui tend à incarner le pôle centriste de la majorité présidentielle.

Ils sont issus entre autres de l'UDF (Christine Boutin) et rassemblés au sein du Forum des républicains sociaux, parti politique associé à l'UMP. Proches des démocrates chrétiens historiquement, ils en constituent une tendance plus radicale dans son attachement aux valeurs catholiques, et qui rejette le libéralisme d'un point de vue sociétal et économique. Ils se caractérisent notamment par des prises de positions très sociales (ex. revenu universel) dans une démarche humaine avec les catégories de populations qu'ils estiment négligées ou rejetées par la société (ex. détenus, sans abris…), souhaitant ainsi être les tenants d'une droite "plus humaine". Le FRS, minoritaire au sein de l'UMP, comprend 8 300 adhérents et compte 40 000 sympathisants .

Ils sont rassemblés au sein du Centre National des Indépendants et Paysans (CNIP), famille très minoritaire malgré un rôle historique important sous la IVe République, qui regroupe les indépendants qui n'ont pas soutenu Valéry Giscard d'Estaing à la fin des années 1960 lorsque celui-ci a créé les Républicains Indépendants (partisans d'un soutien au Général de Gaulle), futur Parti Républicain au sein de l'UDF, devenu DL en 1998. Le CNIP a connu des positionnements politiques très à droite, puis s'est positionné en allié de la droite républicaine à la fin des années 1980 après avoir tenté de devenir une « passerelle » entre les partis de droite classique (RPR, UDF) et le Front national. Aujourd'hui, le CNIP se veut constituer l'aile droite de l'UMP tout en rappelant son attachement à la République et à ses valeurs comme en témoigne la "Charte du CNIP" adoptée lors du conseil national du 18 novembre 2000. Il revendique 4500 adhérents. Jean Michel Jardy, son vice président, candidat à la présidentielle de 2007, a ensuite apporté son soutien à Nicolas Sarkozy. Plusieurs parlementaires se réclament toujours de lui : Philippe Dominati, Christian Vanneste, Édouard Leveau et Jérôme Rivière. Le 7 juin 2008, le CNIP, réuni en conseil national, a décidé de reprendre son indépendance vis-à-vis de l'UMP Communiqué du CNI.

Il existe au sein de l'UMP un certain nombre de mouvements tendant à défendre des valeurs généralement associées à la « gauche » et met l'accent sur la justice sociale et la solidarité, tout en ne remettant pas en cause le capitalisme et l'économie de marché. Il s'agit essentiellement des radicaux et, depuis plus récemment, des sociaux-libéraux.

Ils sont regroupés au sein du Parti radical, parti associé à l'UMP, (André Rossinot, François Loos, Jean-Louis Borloo), qui constitue la plus ancienne famille politique française qui a été au fondement de la IIIe République. Aujourd'hui, les radicaux valoisiens, trouvent leur originalité dans une ligne politique plus sociale que la majorité de l'UMP marquée par un fort attachement à la République et à ses valeurs fondamentales comme la laïcité. En 2005, le Parti radical a connu plusieurs ralliements d'anciens centristes (Renaud Dutreil) et gaullistes (Serge Lepeltier) qui y cherchent semble-t-il un espace d'expression moins libéral et moins sarkozyste qu'au sein de l'UMP.

Ils sont issus pour la plupart du Parti socialiste (Eric Besson, Jean-Marie Bockel, Patrick Rajoelina). Ce courant a émergé à l'occasion de la campagne présidentielle de 2007 et semble devoir se structurer en marge du parti plutôt qu'en son sein. Il s'est notamment constitué grâce au club La Diagonale, qui regroupe des personnalités et militants de gauche soutenant Nicolas Sarkozy. M. Bockel a en outre fondé son propre parti politique, Gauche moderne, qui se revendique du social-libéralisme et se veut un allié loyal de l'UMP. La création d'un "Pôle de gauche" au côté de l'UMP a été annoncé par François Fillon entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007.

Ils sont issus principalement de Génération écologie et de l'UDF et sont regroupés au sein d'Écologie bleue.

Écologie bleue, présidée à l'origine par Patrice Hernu, constitue l'une des cinq composantes fondatrices de l'UMP. Cette structure a été marginalisée par la création du Conseil de développement durable de l'UMP, sous l'égide de Nathalie Kosciusko-Morizet à laquelle Patrice Hernu s'est opposé. Cette famille politique très minoritaire, mais à l'influence non négligeable, défend avant tout un développement durable de la société et les valeurs du mouvement écologiste. Ils rejettent fortement le positionnement à gauche des Verts et se réclament volontiers d'un écologisme non idéologique, réaliste, très orienté vers les priorités du climat, de l'énergie et de la biodiversité.

Ce courant rejette le principe d'autonomie des mouvements écologistes et considère que les grands partis doivent désormais être les premiers à porter cette exigence. Leur rapprochement avec Corinne Lepage, également ancienne de Génération Écologie, ancienne ministre de l'Environnement du gouvernement d'Alain Juppé et avocate spécialisée dans les questions d'environnement, n'a jamais pu aboutir.

Écologie Bleue s'est en grande partie transmuée en un réseau, sympathisant de l'UMP, mais extérieur, "France Bleue" que préside Patrice Hernu.

À l'extérieur de l'UMP également, Génération écologie-Les Bleus, après avoir noué un partenariat avec DL en 2000, a entamé une démarche d'association à l'UMP en 2002 qui n'a pu se concrétiser formellement. Elle a pris ses distances suite aux élections régionales et cantonales de 2004 dans l'espoir de lancer la candidature de France Gamerre à l’élection présidentielle. Depuis, Génération écologie se défend de tout lien avec l'UMP, et l'organisation Les Bleus, à laquelle elle fait néanmoins toujours référence, semble sans réelle activité. Actuellement, Génération écologie est présidée par France Gamerre, par ailleurs adjointe de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et président-délégué de l'UMP. Plusieurs cadres de ce parti sont également élus municipaux aux côtés de maires UMP comme Philippe Dufetelle, auprès de Philippe Douste-Blazy ou Monique Baccelli, tous deux vice-présidents de GE.

L'article 3 des statuts de l'UMP évoque des "personnes morales associées", c'est-à-dire "les associations loi 1901, disposant ou non de la qualité de parti politique, ayant régulièrement demandé leur association à l’Union et dont celle-ci a été approuvée par le Conseil National de l’Union.". Ces "personnes morales associées" "sont représentées au Conseil National de l’Union et dans les instances départementales de l’Union dans des conditions fixées par le Bureau politique." .

Les partis associés le sont selon les statuts de l'UMP. En adhérant à ces partis autonomes, on adhère en même temps à l'UMP et participe donc de plein droit à la vie démocratique interne de l'Union.

À l'occasion des élections législatives de juin 2007, l'UMP n'a pas présenté de candidats contre plusieurs candidats d'autres partis ou associations politiques pourtant concurrents, qui siègent d'ailleurs parmi les non-inscrits : le Mouvement pour la France (Véronique Besse dans la quatrième circonscription de la Vendée) et Debout la République (Nicolas Dupont-Aignan dans la huitième circonscription de l'Essonne).

En 2005, l'UMP a par deux fois recours à des méthodes publicitaires sur Internet jusqu'alors inusitées en politique.

En septembre 2005, de nombreux internautes français reçoivent un courrier électronique les invitant à rejoindre Nicolas Sarkozy autour du programme de l'UMP pour l’élection présidentielle de 2007 et à faire une donation à l'UMP . L'action se veut justifiée légalement par une inscription au programme publicitaire Maximiles.

L'UMP possède ETC, une entreprise spécialisée dans l'audiovisuel qui filme Nicolas Sarkozy pour revendre les reportages aux chaînes françaises.

En haut



François Fillon

François Fillon à l'Assemblée nationale, le 18 décembre 2007.(c) Benjamin Lemaire - Virtuo

François Fillon, né le 4 mars 1954 au Mans, est un homme politique français. Il est Premier ministre depuis le début du quinquennat présidentiel de Nicolas Sarkozy, le 17 mai 2007.

Membre du RPR puis de l’UMP, François Fillon occupa diverses fonctions politiques depuis 1981 : député, ministre, président de Conseil général et sénateur.

Pendant le second mandat présidentiel de Jacques Chirac, il est ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité entre 2002 et 2004 et mène des réformes sur la durée du travail et sur les retraites (Loi Fillon sur les retraites en 2003) ; ministre de l’Éducation nationale entre 2004 et 2005, il fait voter la Loi Fillon pour l’éducation. Après 2005, rejeté du Gouvernement Villepin, il participe à la préparation du programme de Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2007, puis joue le rôle de conseiller et de partenaire du candidat, l’amenant à son rôle de Premier ministre.

Né le 4 mars 1954 au Mans, dans la Sarthe, François Fillon est le fils de l'historienne basque Anne Soulet et de Michel Fillon, notaire originaire de Vendée (les Essarts) et des Deux-Sèvres (Secondigny). Aîné de quatre enfants, François Fillon grandit, avec ses trois frères, Pierre, Arnaud et Dominique, dans la petite ville de Cérans-Foulletourte, dans la Sarthe, où il fréquente l'école communale. Il étudie ensuite au collège privé de Saint-Michel-des-Perrais à Parigné-le-Pôlin d'où il est exclu provisoirement pour avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours. Il est inscrit ensuite au lycée Notre-Dame de Sainte-Croix au Mans d’où il est exclu pendant quelques jours pour indiscipline (pour avoir mené un rassemblement d'élèves demandant la démission d'une professeur d'anglais qu'il jugeait incompétente) avant d'être réintégré. Attiré par l'action, passionné de randonnée en montagne et d’alpinisme, il s'engage chez les scouts et à l'âge de 17 ans, demande et obtient la direction d'une équipe.

Il obtient en 1972 un baccalauréat de philosophie. Il envisage à l'époque de devenir journaliste et effectue pendant deux ans des stages d'été à l’AFP. Son premier stage de trois mois est effectué auprès de l'agence AFP d’Espagne où entre autres il rédige une note biographique du général Franco et une note consacrée au déraillement en juillet 1972 du train El Cuervo qui fit 76 morts ; il interview Danielle Darrieux à Madrid, et couvre les courses de tauromachie. En 1973, il effectue un nouveau stage d’été à l’agence AFP de Bruxelles.

Il poursuit des études supérieures à l’Université du Maine au Mans, où il est l'élève de Christian Philip. Il y obtient une maîtrise de droit public en 1976. L'année suivante il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) en droit public de l’Université René-Descartes de Paris et un DEA en sciences politiques à Sciences Po Paris.

En 1974, admirateur du général de Gaulle, qui représente pour lui le symbole d'une France forte et indépendante, il commença à affirmer ses convictions politiques. Ses parents sont d'ailleurs d'anciens militants de l'UDR. En 1976, il entre dans la vie politique comme assistant parlementaire de Joël Le Theule, député de la Sarthe. Il dirige la campagne électorale de ce dernier avec succès lors des élections législatives de 1978. En 1977, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) fondé par Jacques Chirac.

En 1979, il effectue son service militaire. Il se marie le 28 juin 1980 avec la Galloise Penelope Kathryn Clarke. Ils ont cinq enfants : Marie (1982), Charles (1984), Antoine (1985), Édouard (1989) et Arnaud (2001).

Le 14 décembre 1980, François Fillon est témoin du décès de Joël Le Theule. Celui-ci, victime d'un malaise cardiaque avait demandé à Fillon, son collaborateur le plus proche, de le conduire à l'hôpital. Arrivé aux urgences, Le Theule est descendu du véhicule automobile et perd connaissance quasiment dans les bras de François Fillon, rendant son dernier souffle. Les médecins tentent pendant trois heures de réanimer Joël Le Theule à la demande insistante de François Fillon qui perd alors son mentor en politique.

Le 17 avril 1981, en plein week-end de Pâques, Arnaud Fillon, 18 ans, le plus jeune des frères de François Fillon, se tue en accident de voiture. L’évènement qui survient moins de six mois après la mort de Le Theule, est traumatisant pour François Fillon, lequel dira ne plus se souvenir de rien de ce jour-là.

Passionné par la course automobile, François Fillon participe, en 2003, aux 24 heures du Mans Classic avec Henri Pescarolo, sur Ferrari 250 GTO. Il est même membre du comité de direction des 24 heures du Mans et de l'Automobile Club de l'Ouest.

Lecteur de Chateaubriand, il apprécie, par ailleurs, la course à pied, le cyclisme, la tauromachie et l'alpinisme.

C'est sous la pression des amis de Joël Le Theule et en vertu des préférences affirmées par ce dernier que François Fillon va progressivement reprendre les mandats de son ancien mentor. Il est d'abord élu conseiller général de la Sarthe, dans le canton de Sablé-sur-Sarthe en février 1981 avec 76 % des voix.

En juin 1981, il est élu député de la 4e circonscription de la Sarthe dès le premier tour avec 50,14 % des voix et reprend le siège de député de Joël Le Theule. À 27 ans, il est alors le benjamin de l'Assemblée nationale. François Fillon se rapproche de Philippe Seguin, autre jeune député de droite élu en pleine vague socialiste. Ils font alors partis du « Cercle », une association de jeunes députés libéraux ou partisans d'un « gaullisme social » prônant la rénovation de la vie politique et dans laquelle on retrouve également François d'Aubert, Charles Millon et Michel Noir. Philippe Seguin devient son nouveau mentor en politique d'autant plus que les relations de François Fillon avec Jacques Chirac, président du RPR, sont médiocres.

François Fillon devient alors un expert des questions relatives à la défense nationale au sein de l’Assemblée nationale, et dès cette époque se fait le partisan d'une armée de métier, aborde le problème du vieillissement des Mirage IV, les avantages de la bombe à neutrons,…

Lors des élections municipales de 1983, François Fillon est élu maire de Sablé-sur-Sarthe dès le premier tour, avec 68,05 % des voix. Il dirige la liste RPR dans la Sarthe lors de des élections législatives au scrutin proportionnel du 16 mars 1986 et est ainsi réélu député. En juin 1988, il est réélu député dès le premier tour alors que, un mois plus tôt, lors de l'élection présidentielle, sa circonscription avait voté François Mitterrand à 58 %. Il fait alors partie de l'aventure des rénovateurs de la droite au côté de Philippe Seguin, Michel Noir, Charles Millon, Philippe de Villiers, Bernard Bosson, Michel Barnier, Alain Carignon, François Bayrou, Étienne Pinte et Dominique Baudis.

En 1990, l'aventure sans lendemain des rénovateurs lui coûte sa place au bureau national du RPR. Lors du congrès du mouvement gaulliste durant l’hiver 1990, il suit Philippe Seguin dans son alliance avec Charles Pasqua visant à contester la présidence du RPR à Jacques Chirac et le secrétariat général à Alain Juppé. Quand Pasqua fonde l'association Demain la France, Fillon fait partie du comité d'orientation. Le but de l'alliance est alors de rénover le gaullisme. Lors du congrès du RPR, la liste Pasqua-Seguin remporte 30 % des suffrages contre 70 % à la liste Chirac-Juppé. L’échec est relatif car personne ne pensait que la liste de Jacques Chirac serait battue, et le score réalisé par la liste Pasqua-Seguin dépasse les attentes de leurs promoteurs.

En avril 1992, âgé de 38 ans, François Fillon est élu président du conseil général de la Sarthe par 16 voix contre 14 à Roland du Luart. Il succède alors à Michel d'Aillières qui fut président du département pendant 18 ans. Il est alors l'un des plus jeunes présidents de conseil général de France et se retrouve à gérer 750 personnes et un budget de 2 milliards de francs.

Durant l’été 1992, il mène campagne au côté de Philippe Seguin contre la ratification du traité de Maastricht. À l'Assemblée nationale, il déclare vouloir « l’Europe mais debout ». Il dénonce notamment l’établissement d'une monnaie unique avant l’attribution d'institutions politiques à l’Europe ainsi que l'absence de politique économique et sociale. La victoire étriquée du « oui » au référendum sur le traité de Maastricht (51,05 %) sonne comme une demi-victoire pour François Fillon et Philippe Seguin.

Lors des élections législatives de 1993, il est réélu dès le 1er tour avec 58,58 % des voix. C'est grâce à Philippe Séguin que Fillon entre au gouvernement Édouard Balladur où il devient ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il plaide à cette fonction en faveur de l'autonomie des universités et souhaite séparer la formation des professeurs des écoles de celle des professeurs du secondaire. Finalement, sa loi sur les universités est censurée par le Conseil constitutionnel et sa réforme de la filière technologique est retirée.

En 1995, contrairement à Seguin qui choisit de soutenir Jacques Chirac, Fillon prend position en faveur d’Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle. En dépit de l'échec de Balladur et de la victoire de Chirac, il est avec Michel Barnier et François Bayrou l'un des rares balladuriens dans le premier gouvernement d'Alain Juppé en 1995 sous la présidence de Jacques Chirac. François Fillon devient le nouveau ministre des Technologies de l'information et de la Poste puis en novembre 1995, ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace. Il est alors chargé de la modernisation de France Télécom, notamment de la gestion de la fin de son monopole et de la transformation du statut de cette entreprise publique. Bien que conspué par la gauche, il fait voter la fin du monopole de France Télécom et le principe d'ouverture de son capital. Celui-ci sera d'ailleurs réalisé par son successeur socialiste après la dissolution par Jacques Chirac de l'assemblée nationale en juin 1997.

François Fillon est réélu député en juin 1997 au deuxième tour, face à Stéphane Le Foll, avec 52,7 % des suffrages exprimés.

Philippe Séguin décide alors de s’emparer de la présidence du RPR et se rapproche de Nicolas Sarkozy pour contrer Alain Juppé. En juillet 1997, Seguin est élu président du RPR avec 78 % des voix et Sarkozy devient secrétaire général. François Fillon fait partie de la garde rapprochée de Seguin et devient secrétaire national du RPR, chargé des fédérations puis porte-parole de la commission exécutive. En 1998, Fillon est réélu président du conseil régional des Pays de la Loire. Il met alors tout son poids politique pour empêcher les alliances entre certains élus de droite avec le Front National dans les régions ou aucune majorité claire ne s’est dégagée.

En 1999, quand Seguin démissionne soudainement de la présidence du RPR peu de temps avant les élections européennes, Fillon soutient et seconde Nicolas Sarkozy, président par intérim, au côté de Roger Karoutchi, un autre séguiniste. L'échec de la liste RPR/DL aux élections européennes, arrivée derrière celle menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, conduit le RPR à se réorganiser. Les 50 000 militants du mouvement gaulliste sont alors appelés pour la première fois à élire leur président. Bien qu'ayant d'abord apporté son soutien à Nicolas Sarkozy encore hésitant sur l’idée de concourir au poste, François Fillon décide finalement de se présenter à la présidence du parti. Sarkozy renonce finalement et Fillon se retrouve alors face à Jean-Paul Delevoye, Michèle Alliot-Marie et Patrick Devedjian. En réalisant le score honorable de 25 % des suffrages exprimés, Fillon est éliminé du second tour. Il apporte son soutien à Alliot-Marie qui est élue présidente du RPR. Il reste conseiller politique du RPR jusqu'en mars 2001.

À partir de 2000, grâce à Jérôme Monod, Fillon se rapproche de Jacques Chirac avec qui les rapports avaient toujours été froids et tendus comme ceux que Chirac avait entretenu avec Joël Le Theule. Sur le plan local, pour cause de cumul des mandats, Fillon ne se représente pas aux élections municipales à Sablé en mars 2001. Il laisse à son successeur UMP, Pierre Touchard, une ville où le taux de chômage est inférieur à 4 %, des quartiers rénovés, plus de 40 % de logements sociaux, une gare TGV reliant la petite ville à Paris et une centaine d'entreprises spécialisées principalement dans l’agro-alimentaire, l’électronique, la métallurgie et la transformation de plastique. Il garde un ancrage local en devenant président de la communauté de communes de Sablé.

Au niveau national, au côté de Philippe Douste-Blazy, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, Fillon participe à la mise au point du programme électoral du président de la République pour la campagne présidentielle de 2002. Pour la première fois, le député de la Sarthe lui apporte son soutien politique dès le premier tour d’une campagne présidentielle. Contre l’avis d’Alliot-Marie, du président de Démocratie Libérale Alain Madelin, et du président de l’UDF François Bayrou, Fillon se fait alors le chantre auprès de Jacques Chirac d'un grand parti unique présidentiel dont les prémices sont Alternance 2002 puis l’Union En Mouvement (UEM). Il rédige le discours de politique générale de Jacques Chirac pour la première convention de l’UEM dans lequel il prône la modernisation sociale de la France et la rupture. De septembre 2001 à mai 2002, Fillon effectue 76 déplacements en tant qu’animateur de la campagne de Jacques Chirac et s’appuie sur France.9 (France Point 9), un club de réflexion rassemblant le courant républicain (ex-séguiniste) travaillant sur des thèmes comme la bonne gouvernance et l’avenir de la France.

Au début de l'année 2002, François Fillon devient l'un des premiers ministrables au côté de Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy. Après le premier tour de l'élection présidentielle et la qualification de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002, l'UEM est transformé en Union pour la majorité présidentielle (UMP).

La réélection de Jacques Chirac acquise le 8 mai 2002, c'est Jean-Pierre Raffarin qui est nommé premier ministre. Après avoir été proposé pour le poste de ministre des finances au sein du deuxième gouvernement Raffarin, c'est finalement celui des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité qui échoit à François Fillon sur recommandation notamment de Nicole Notat, ancienne patronne de la CFDT et de Jérôme Monod. Bien que déçu, il relève le défi qui consiste à assouplir la loi sur les 35 heures, revenir partiellement sur la loi de modernisation sociale de 2002 et à réformer les retraites dont le régime général est déficitaire. Il devient également le numéro 3 du gouvernement Raffarin juste derrière Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur. Il est par contre obligé de laisser sa place de président de conseil régional à Jean-Luc Harousseau, son premier vice-président. Il est également réélu député (dorénavant UMP) en juin 2002, dès le premier tour avec 55,21 % des voix avant de laisser son siège à son suppléant de 34 ans, Marc Joulaud.

Il mène alors la principale réforme de ce gouvernement : celle des retraites, par la loi Fillon (ou réforme Fillon), qu'il conduit jusqu'au bout, malgré le mécontentement d'une partie du peuple français. Il conduit également un assouplissement des 35 heures (en modifiant le calcul des heures supplémentaires). Selon La Tribune, il gagne des « galons d'homme d'écoute et de dialogue, une bonne connaissance des dossiers et l'estime des organisations syndicales ».

Il mène également de front plusieurs réformes comme celles concernant les contrats jeune en entreprises pour les 16-22 ans sans qualification (en procédant à l'exonération des charges sociales pendant deux ans) ou l’harmonisation des 6 SMIC existants (dont le niveau est relevé pour 2/3 des bénéficiaires). Ces réformes passent sans encombres et la presse parle de la « méthode Fillon ». Le dialogue avec les leaders syndicaux se passe bien, notamment avec François Chérèque (CFDT) mais aussi Bernard Thibault (CGT) bien que les marges de manœuvre de ce dernier soient plus étroites. De nouveau potentiel premier ministrable, François Fillon passe, du point de vue notamment méthodologique et pour sa discrétion, pour l’anti-Sarkozy au sein du gouvernement, représentant la fibre sociale face à la fibre libérale.

Les grandes réformes sur les retraites de François Fillon ont lieu en 2003. Il passe deux ans à étudier les systèmes étrangers, notamment en compagnie de François Chérèque et de plusieurs responsables syndicaux, et multiplie les rencontres avec les associations et les experts concernés. Sa méthode est qualifiée de trop lente et trop timorée par ses adversaires au sein de l’UMP. Parallèlement, il annonce plusieurs initiatives comme le contrat initiative emploi, la création du Revenu minimum d'activité (RMA), le contrat d'insertion dans la vie sociale et un train de mesures pour favoriser l'emploi des plus de 45 ans.

En 2003, il annonce la Loi Fillon pour réformer les retraites, consistant à repousser l’âge de départ à la retraite, augmenter les cotisations et favoriser l'épargne individuelle. Comme attendu, elles sont mal acceptées par les fonctionnaires qui manifestent en masse le 13 mai 2003. Fillon reprend les négociations. Partisan d'une ligne sans concession, il doit à contrecœur lâcher du lest sur la gestion des longues carrières à l’initiative de Jean-Pierre Raffarin afin de parvenir à un accord avec 5 des 8 syndicats, dont la CFDT, le 15 mai. La CGT et FO, majoritaires dans la fonction publique et hostiles à l’accord tentent des actions pour contrer l'harmonisation entre le secteur public et le secteur privé. Le 25 mai, une manifestation de grande envergure, composée notamment d'enseignants et de cheminots défile à Paris. Le soir même, Fillon déclare à la télévision qu’il ne rouvrira pas les discussions. La réforme reste incomplète cependant à son grand dam car l'inégalité demeure avec les régimes spéciaux de retraite mais son projet de loi est adopté le 24 juillet 2003 par le Parlement après avoir fait l’objet du deuxième plus long débat parlementaire (19 jours, 155 h. de discussions) après celui sur la presse en 1983. Dorénavant, pour bénéficier d'une retraite à taux plein, la loi prévoit l'allongement à 40 années d'activités pour tout le monde en 2008, 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020.

La crise de la canicule européenne de 2003 occulte le succès de sa réforme. Il prend en charge le problème dès le 12 août avec Hubert Falco, son secrétaire d'état aux personnes âgées, et est le premier membre du gouvernement à reconnaitre les dysfonctionnements de l’État, ce qui lui attire de sévères critiques de Jean-Pierre Raffarin à la recherche d'un bouc émissaire. Les médias finalement ne s'en prennent pas à Fillon mais à Raffarin lui-même et au ministre de la santé, Jean-François Mattéi. Il apporte un soutien réservé au projet du premier ministre consistant à rendre travaillé un jour férié et les difficultés de communication s'enchaînent alors avec Jean-Pierre Raffarin. Celui-ci voit d'ailleurs en Fillon un concurrent ambitieux qui cherche à reprendre son poste d'autant plus que le président Chirac pousse Fillon à répondre aux « provocations » de Nicolas Sarkozy.

Alors que Nicolas Sarkozy propose d'instituer la discrimination positive, Fillon s'y oppose en déclarant qu'elle est « techniquement, juridiquement et politiquement inconcevable ». Il se déclare aussi choqué de la précocité avec laquelle, moins de deux ans après une élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il était intéressé à reprendre le poste. En marge d'un conseil des ministres le 10 décembre 2003, les deux hommes ont une discussion houleuse. Catherine Kelly écrit que, pour Sarkozy, Fillon est un « fayot »; pour Fillon, Sarkozy est un « facho ». Cependant, Fillon déclare plus tard avoir été instrumentalisé par Jacques Chirac et que ce dernier les avait monté l'un contre l'autre. Il déclare s'en rendre compte à la fin de l'année 2003 quand il découvre que son train de réformes est gelé et que, notamment, sa réforme de l'ANPE et de l'UNEDIC, qu'il estime fondamentale, est refusée par le président de la République. Il refuse alors de poursuivre l’acharnement contre Nicolas Sarkozy quand celui-ci se présente pour succéder à Alain Juppé à la présidence de l'UMP. Son revirement est quasi-officiel quand il récuse le « tout sauf Sarkozy » dans une interview au journal Le Parisien le 12 février 2004 et en reconnaissant la légitimité de ce dernier à être candidat à l'élection présidentielle. Ce rapprochement avec Sarkozy que Fillon justifie par la nécessité de conclure des alliances pour progresser, lui vaut alors l'hostilité des chiraquiens en général et de Jean-Pierre Raffarin, potentiel candidat à la présidence de l'UMP, et de Jérôme Monod en particulier. Fillon impose néanmoins ses conditions à Nicolas Sarkozy pour officialiser cette alliance et relance son association France.9. Il exige du candidat à la présidence de l'UMP que ce dernier accepte en son sein l'existence de différences mouvances politiques. Au final, Fillon est intégré dans la nouvelle équipe dirigeante proposée par Nicolas Sarkozy pour prendre en charge le projet de réforme des statuts de l’UMP et il participe à leur premier meeting commun à Bourges le 7 octobre 2004. Le 28 novembre 2004, Nicolas Sarkozy est élu président de l'UMP par 85,1 % des militants et François Fillon devient conseiller politique de l’UMP. Désormais, il est ignoré par Jean-Pierre Raffarin lors de ses interventions publiques. La discorde entre les deux hommes ne faiblira pas alors que Jacques Chirac se montre plus conciliant du fait de la fidélité réaffirmée de Fillon envers ce dernier.

C'est aussi durant l'année 2004 que François Fillon connaît son premier échec électoral en 23 ans de carrière. Le ministre des Affaires sociales est la tête de liste UMP en Pays de Loire lors des élections régionales de mars 2004. La région, qui fut dirigée par le gaulliste Olivier Guichard durant 18 ans, est un bastion historique de la droite, comprenant notamment la Vendée de Philippe de Villiers. François Fillon qui avait dû céder la présidence de la région à un fidèle en 2002 était resté néanmoins très présent. En 2003, il avait lancé le pôle santé Sarthe et Loire à Bailleul pour favoriser la venue de spécialistes de toutes disciplines pour que les habitants soient mieux pris en charge sur le plan médical.

Dans un contexte général maussade pour la droite, la région Pays de Loire est ainsi considérée comme imprenable par la gauche d'autant plus que Fillon noue adroitement ses alliances avec Philippe de Villiers (MPF) en Vendée, avec Jean Arthuis (UDF) en Mayenne et Roselyne Bachelot en Maine-et-Loire.

Au soir du 1er tour le 21 mars 2004, la liste conduite par François Fillon arrive en ballotage favorable face à la liste de gauche conduite par Jacques Auxiette alors qu'au plan national, le résultat ressemble à une déroute pour la droite y compris dans ses bastions autrefois traditionnels comme l’Île-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ou la région Auvergne. Seules l’Alsace et les Pays de Loire semblent assurés de rester à droite alors que la Lorraine, la Basse-Normandie et la région Champagne-Ardenne semblent difficilement pouvoir être sauvées. Les sondages et les calculs restent tellement favorables à Fillon que son adversaire socialiste, Jacques Auxiette, reconnait ne pas croire au basculement à gauche de la région.

Pourtant, le 28 mars 2004, contre toute attente, la région Pays de la Loire bascule à gauche par 53,27 % des voix contre 47,63 %. Le choc est d'autant plus rude pour François Fillon que c'est son département, la Sarthe, qui provoque son échec (la Vendée, la Mayenne et le Maine et Loire ont voté majoritairement pour sa liste alors que dans la Sarthe il ne recueille que 46,30% des suffrages). Pire, pour lui, les résultats des élections cantonales dans le département de la Sarthe sont aussi favorables à la gauche (même si le département conserve sa majorité de droite). Enfin, affront final, sa propre circonscription vote pour son adversaire socialiste.

Le 28 mars au soir, sur la chaîne de télévision TF1, il annonce lui-même sa défaite alors que les résultats ne sont pas définitifs. Les mots qu'il prononce sont très forts. il parle de « 21 avril à l'envers », formule qui lui est ensuite reprochée par Jacques Chirac et les chiraquiens, et précise également que l'« on ne peut pas réformer sans avoir le soutien du peuple ». Lors d'une conférence de presse dans la soirée, commentant les résultats nationaux, il dit espérer que « le président de la république en tirera les enseignements ». Au niveau national, seules l’Alsace et la Corse restent à droite.

Cette défaite marque un coup d'arrêt aux ambitions politiques de François Fillon et le retire de la liste des premiers ministrables. Cependant, selon son analyse, le « 21 avril à l'envers » n'est pas un rejet de la politique sociale du gouvernement mais une impatience face aux changements trop lents à se mettre en place. Mais ce constat n'est pas celui de Jacques Chirac.

Le 1er avril 2004, François Fillon fait partie du gouvernement remanié de Jean-Pierre Raffarin. Alors que Nicolas Sarkozy est nommé aux Finances, François Fillon est nommé ministre de l’Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il se déclare déçu par ce transfert car il espérait, depuis toujours, le portefeuille de la Défense. Encore numéro 3 du gouvernement, il en sera le numéro 2 après le départ de Nicolas Sarkozy en novembre 2004.

Par ailleurs, le 26 septembre 2004, il est élu au Sénat mais laisse son siège à son suppléant Jean-Pierre Chauveau.

Obéissant aux souhaits présidentiels, Fillon met un terme à certains dossiers chauds dont il hérite comme la réforme de la recherche en cédant aux revendications des syndicats.

Il décide d'orienter son action autour de 3 priorités : l'apprentissage des fondamentaux en primaire, la lutte contre l'échec scolaire et la réussite des élèves en zones défavorisées. Il lui revient aussi de rédiger une énième et dernière version de la circulaire sur les signes religieux à l'école. Sa prudence voire sa transparence lui est encore reproché alors que le premier ministre le considère comme « le maillon faible du gouvernement ».

À la rentrée scolaire de 2004, il peut néanmoins se féliciter du respect de la circulaire sur le voile islamique et du succès rencontré par son projet d'acquisition d'ordinateurs à un euro par jour par les étudiants.

Son grand projet pour l'école est présenté le 18 novembre 2004. Il déclenche une vague de mécontentement social. Ce projet prévoit l'enseignement d'une langue vivante dès le CE2, un nouveau baccalauréat combinant contrôle continu et un nombre d'épreuves finales ramenées de 12 à 6, la suppression des travaux personnels encadrés, un brevet obligatoire pour les classes de troisième et la réhabilitation du redoublement. C'est la refonte du bac qui cristallise les mécontentements. Le texte est très vite édulcoré sous la pression de l’Élysée et le projet de la Loi Fillon est présenté le 12 janvier 2005. Il est critiqué par le conseil supérieur de l'éducation, et les manifestations se multiplient contre la réforme du bac à laquelle s'agglutinent d'autres revendications comme celles sur le pouvoir d'achat. Les lycéens se joignent aux professeurs alors que de nombreux amendements sont entérinés. Celui-ci est seul en première ligne et le seul soutien qu'il reçoit publiquement est celui de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, avant que Jacques Chirac ne le soutienne concrètement. Ce dernier conseille néanmoins à son ministre de lâcher du lest. Le 10 février 2004, plus de 100 000 lycéens défilent dans les rues contre la réforme du bac. Le soir même, Fillon annonce la suspension de celle-ci pour sauver le reste de son projet. Pourtant, les manifestations continuent en exigeant le retrait total de toute la réforme Fillon. La loi est finalement votée, puis Fillon annonce qu’il ne rouvrira pas le débat. En avril, face aux casseurs et aux blocages de lycées de plus en plus nombreux, il envoie les CRS dans les établissements scolaires et déclare « À chaque blocage de lycée, il y aura déblocage ». Le mouvement perd rapidement alors en intensité, assurant la réussite de François Fillon. Le 22 avril 2005, le conseil constitutionnel censure deux articles clés de sa loi pour des problèmes de forme, celui définissant les missions de l'école et celui approuvant les orientations et objectifs. Les deux articles sont par la suite entérinés sous forme de décrets.

Une fois l'épreuve de sa réforme passée, François Fillon participe à la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen qu'il approuve parce que, selon lui, il vient combler les lacunes du Traité de Maastricht. Cependant, le 29 mai 2005, le « non » l'emporte par 54,67 % des suffrages. La Sarthe de François Fillon a également voté « non » à 57 %.

Après le « non », Jean-Pierre Raffarin démissionne de son poste de Premier ministre le 30 mai. Le chef de l’État procède à de nombreuses consultations mais n'invite pas Fillon, autrefois premier ministrable. Le chef de l'état opte pour Dominique de Villepin pour succéder à Raffarin et demande à Sarkozy de revenir au gouvernement tout en restant président de l'UMP.

Il prévient dès lors qu'il va « s'investir à fond dans l'UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007 » et qu'en le refusant dans le nouveau gouvernement, on a fait de lui « un directeur de campagne avant l'heure ».

Les propos de Fillon font mouche dans la classe politique peu habituée à ces emportements de quelqu'un perçu comme « gentil », pondéré voire en retrait. C’est le discours de la rupture définitive avec Jacques Chirac. Une entrevue houleuse a lieu avec Dominique de Villepin. Fillon conteste plus la forme que le fond de son éviction. Il se sent injustement puni, bouc émissaire des manifestations massives contre ses réformes des retraite et de l’école mais aussi pour son rapprochement politique avec Nicolas Sarkozy.

Il retourne alors sur ses terres à Sablé et se fait élire de nouveau sénateur le 18 septembre 2005. Conseiller politique du président de l’UMP, il se réfugie aussi un temps dans l’écriture et publie ses réflexions et ses idées dans un ouvrage intitulé La France peut supporter la vérité à l'automne 2006. La phrase « La France peut supporter la vérité » (reprise de Pierre Mendès France) devient son mot d’ordre et sa ligne politique : « dire la vérité aux Français ». En avril 2006, il dit « Plus il y a d'impôts moins il y a d'emplois. » Il est souvent qualifié de « gaulliste social ».

Parallèlement, il participe durant 2 ans à la mise au point du programme de l’UMP en vue de l'élection présidentielle de 2007, participant à de nombreuses conventions thématiques. Au côté notamment d’Emmanuelle Mignon, il va travailler sur le programme de l’UMP qui sera présenté lors de l'élection présidentielle. Sur les deux cents propositions émises par les groupes de réflexion qu’il coordonne, trente d'entre elles sont retenues et constituent la colonne vertébrale du projet de l’UMP. Bien qu’il n'apparaisse pas dans l’organigramme officiel de campagne de Nicolas Sarkozy, Fillon devient l’un de ses collaborateurs principaux au côté de Claude Guéant le directeur de la campagne présidentielle et de David Martinon, le chef de cabinet du candidat à la présidence de la république française.

Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la république avec 53,06 % des suffrages. François Fillon est parmi les proches et intimes du nouveau président qui célèbrent le soir-même la victoire par un diner au Fouquet's. Il est plus tard encore également présent sur la scène dressée place de la concorde devant 30 000 personnes venues célébrées la victoire.

Le 17 mai 2007, un communiqué de l’Elysée où vient d'emménager le nouveau président, annonce la nomination de François Fillon au poste de Premier ministre. À 53 ans, il est le 19e premier ministre de la Ve République. Le sondage réalisé par l'institut CSA-Cisco indique que 54 % des Français sont satisfaits de ce choix.

Pour la formation du gouvernement, il pousse les nominations de Roselyne Bachelot, de Laurent Wauquiez et de Roger Karoutchi. Le premier gouvernement Fillon est resserré (seulement 15 ministres et marqué par le respect de la parité au niveau des ministres (8 hommes et 7 femmes) – mais pas au niveau des secrétaires d'État. Enfin, ce premier gouvernement est marqué par une ouverture politique vers des personnalités venues du centre (Hervé Morin, alors membre de l'UDF), du socialistes (Bernard Kouchner et Eric Besson sont deux ex-membres du PS, l'un exclu après l'élection, l'autre pendant la campagne), de la gauche (Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch sont historiquement « de gauche »), et de la société civile (Christine Lagarde,…). Cette ouverture envers des individualités de l'opposition n'est d'ailleurs pas une première, puisque Michel Rocard, en 1988, avait tenté une opération similaire, mais uniquement avec des centristes. Le second gouvernement Fillon confirme ra ces choix mais avec une équipe élargie.

À peine 48 heures après sa nomination, François Fillon revient à Sablé où il se recueille devant la tombe de Joël Le Theule, à qui il rend hommage avant de lancer la campagne des élections législatives.

Il est élu député dès le premier tour de la 4e circonscription de la Sarthe le 10 juin 2007 avec 53,40 % des voix. Il s'implique à fond dans la campagne distribuant au passage ses coups de griffe sur un ton polémique et ironique qui lui était inconnu. Ainsi, quand il évoque le style présidentiel de Jacques Chirac, il parle de celui qui ne s’exprimait que le 14 juillet. Ses mots sont plus rudes pour la gauche quand il déclare « du parti de la rose, ne reste que les épines, les luttes de clans, les règlements de compte et les couteaux tirés. Pour prétendre rassembler un pays, encore faut-il rassembler son parti ». Cependant, ses déclarations, entre les deux tours de l'élection, qui suivent celles de Jean-Louis Borloo sur l'ouverture du chantier de la TVA sociale, voire de l’augmentation de la TVA de 5 points afin de financer la protection sociale, coûtent quelques sièges de députés à l'UMP, qui obtient néanmoins 320 des 577 sièges.

Les premiers jours de François Fillon sont difficiles en raison de « l'omniprésence » médiatique du président de la république. Les premières mesures du Gouvernement semblent indiquer une diminution du rôle même de Premier ministre, Nicolas Sarkozy semblant vouloir prendre en main directement les dossiers avec les ministres. Pourtant cette discrétion de Fillon est conforme à chacune de ses entrées en fonction. Par ailleurs, il est partisan de la présidentialisation de la Ve république et évoquait déjà en 2000, dans le cadre d’une large réforme constitutionnelle, la suppression du poste de premier ministre. La presse pose la question du rôle de François Fillon (« qui gouverne ? »). Ses déplacements à Bruxelles au sommet du Parti populaire européen passent inaperçues dans les médias tout comme ses rencontres avec José Manuel Durão Barroso, Hans-Gert Pöttering et Jean-Claude Juncker alors que Nicolas Sarkozy monte en première ligne sur les dossiers brûlant comme celui de la restructuration d’Airbus ou la relance de la réforme constitutionnelle européenne. Fillon doit aussi supporter les déclarations intempestives des conseillers de l’Élysée comme Henri Guaino ou Claude Guéant qui n'hésitent pas à contredire des ministres. Ainsi, la veille du discours de politique générale du premier ministre à l'Assemblée nationale le 3 juillet 2007, Claude Guéant dévoile dans une interview à La Tribune des pans entiers de la déclaration que François Fillon doit effectuer. Dans ce discours, Fillon annonce notamment sa volonté de moderniser les institutions et se porte garant de la rupture sarkozienne. Il obtient la confiance de 321 députés contre 224.

Plusieurs différends surgissent durant l'été 2007 entre François Fillon et l'équipe élyséenne. Il est ainsi désavoué quand il envisage l'extension du service minimum à tous les services publics, y compris l'éducation nationale. Il renâcle publiquement quand il est qualifié de « collaborateur » par Nicolas Sarkozy lors d'un déjeuner de celui-ci avec la presse quotidienne régionale le 21 août 2007. Enfin, il contrarie le président en annonçant que la réforme des régimes spéciaux est prête et n'attend plus que le feu vert de l’Élysée. La pacification des relations toujours franches entre les deux hommes reprend cependant rapidement. Le 21 septembre 2007, il déclare que la France est en « état de faillite » ; Henri Guaino estimera le terme inadapté. Le 15 janvier 2008, il fait au cours de sa séance de vœux aux journalistes une allusion à la précédente conférence de presse de Nicolas Sarkozy et déclare qu’il répondra aux questions qu'il va « se poser -même ».

François Fillon a été décoré de la Grand croix de l'ordre national du mérite par Nicolas Sarkozy, le 21 novembre 2007, respectant la tradition inaugurée par VGE. Le début de l’année 2008 est surtout pour lui une période de relatif état de grâce dans l’opinion, alors qu’il dépasse pour la première fois largement Nicolas Sarkozy dans les sondages de popularité, et notamment parmi un électorat traditionnel de l’UMP plus ou moins choqué par le deuxième remariage du Président. Cette situation, sans précédent dans la Ve République en début de mandat d'un Président suscite des analyses politiques diverses, y compris hors de France. En mai 2008, cette « avance » demeure.

Au printemps 2008, les relations entre Sarkozy et Fillon semblent à nouveau se tendre. La constitution par l'Élysée d'un groupe des sept ministres chargés de relayer la parole présidentielle est ainsi analysé par la presse comme la volonté par le président de créer un « Conseil des ministres bis » en absence du Premier ministre.

En haut



Affaire Clearstream 2

L’affaire Clearstream 2 (ou affaire EADS-Clearstream ou affaire du corbeau des frégates de Taïwan) est une affaire française apparue en 2004. Un petit groupe de politiciens et d'industriels tenta de manipuler la justice afin d'évincer des concurrents, en voulant faire croire à l'implication de ceux-ci dans le scandale des frégates de Taïwan. À l'heure actuelle (décembre 2007), l'enquête chargée d'identifier les membres de ce groupe, confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, est encore en cours.

Cette affaire prend place dans les conflits brutaux qui agitent l’industrie française de l’armement depuis la fusion Airbus-Matra-Dassault au sein d’EADS et les luttes d’influence des géants de l’électronique militaire Thales (Ex-Thomson-CSF) et Alcatel avant leur possible fusion. Ainsi, dans le groupe EADS, se déchireraient deux clans issus de l’ancien groupe Matra : d’une part celui d’EADS proprement dit, animé par Philippe Camus et Jean-Louis Gergorin ; d’autre part, celui d’Airbus, dirigé par Noël Forgeard et Philippe Delmas.

Une seconde toile de fond est la rivalité politique entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Dès les débuts de l'affaire, Nicolas Sarkozy y aurait vu une tentative grave de déstabilisation à quelques mois de l'élection présidentielle de 2007.

Depuis juin 2001, le juge Renaud Van Ruymbeke enquête sur l’affaire des frégates de Taïwan. Au printemps 2004, il reçoit plusieurs lettres anonymes et CD-ROMs prétendant révéler l'existence d'un réseau international d’influences et de malversations, ainsi que celle de 895 comptes bancaires occultes qui, ouverts par de nombreuses personnalités du monde des affaires (dont Alain Gomez, Pierre Martinez, Philippe Delmas) ou de la politique (dont Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius), auraient fait transiter l'argent des frégates. Il est rapidement apparu qu’il s’agissait d’une tentative de manipulation visant le juge Van Ruymbeke et dont le scénario s’inspirait des thèmes développés dans le livre Révélation$ de Denis Robert. En particulier, les listes de comptes occultes envoyés par le corbeau auraient été trafiquées afin d’impliquer des personnalités étrangères à l’affaire des frégates de Taïwan. Une enquête sur la réalisation de ces faux fut alors confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.

Depuis juin 2001, les juges Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé enquêtent sur l’affaire des frégates de Taiwan. Parallèlement, en 2001 et 2002, le journaliste Denis Robert, publie deux livres (Révélation$ en 2001 et La Boîte noire en 2002) sur Clearstream, accusant cette société luxembourgeoise de dissimuler des opérations financières illégales, lançant ainsi l’affaire Clearstream 1.

Selon le corbeau, un « comité » international composé de Français, d’oligarques russes et des narcotrafiquants serait à l’œuvre pour contrôler de grandes entreprises et blanchir des quantités considérables d’argent sale par le biais des comptes occultes de Clearstream. Le corbeau cite pêle-mêle l’oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, patron du géant pétrolier Ioukos et de la banque Menatep (aujourd’hui emprisonné en Sibérie) et le milliardaire Marc Rich. Il affirme qu’il existe des liens financiers entre des familles colombiennes, des parrains russes, est-allemands et ouzbeks, tout cela au sein d’une vaste confrérie internationale du crime et du blanchiment d'argent. Ce comité serait responsable de la mort de Jean-Luc Lagardère, l’ancien patron de Matra, aujourd’hui fusionné dans EADS.

Le corbeau prétend dénoncer des comptes occultes établis chez Clearstream pour plusieurs personnalités du monde des affaires ou de la politique, dont Philippe Delmas, vice-président du géant européen de l’aéronautique EADS, et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie, mais aussi Alain Gomez, ancien président de Thomson-CSF (devenu Thales), Pierre Martinez, ancien responsable de la sécurité de Thomson-CSF, Andrew Wang, l’intermédiaire sino-américain impliqué dans le scandale des frégates de Taïwan, ainsi que Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, etc. C’est ainsi que le corbeau a fait croire qu’Alain Gomez possédait le compte 83656 à la Cititrust (Bogota), alors que le véritable titulaire se dénommait en réalité Hugo Caceres Gomez. De même, le compte E 3521, ouvert à la Reserved Mailbox Account, censé appartenir à Pierre Martinez, a comme titulaire une société madrilène dénommée Martinez Gil y Asociados.

Les lettres s’inspirent beaucoup des accusations portées sur la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, et témoignent d’une connaissance certaine du dossier Clearstream et de l’affaire des frégates de Taiwan. « Certains numéros de comptes comme ceux de la BNP sont authentiques. » écrit Libération. Dès lors, des commissions rogatoires internationales sont adressées en Suisse, au Luxembourg et en Italie.

Fin 2004, le juge Van Ruymbeke comprend qu’il s’agit d’une manipulation : « Les noms de personnalités ont été rajoutés aux listes de Clearstream. Parfois grossièrement. L’enquête préliminaire ouverte sur les autres comptes est classée sans suite en mai 2005. » Une enquête sur la réalisation de ces faux est alors confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.

Le parquet de Paris demande une enquête préliminaire sur la chambre de compensation Clearstream et envoie un substitut à Luxembourg. Le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, demande une enquête au directeur de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, dont un des adjoints, Jean-Jacques Martini, est cité dans la liste du corbeau.

En janvier, l’enquête concernant le compte de Nicolas Sarkozy, accusé de détenir un compte à la Banca popolare di Sondrio, un bourg italien situé au centre des Alpes, sous le nom de « Stéphane Bocsa » et « Paul de Nagy », est fermée. La Banca popolare di Sondrio a en effet répondu à la commission rogatoire du juge Van Ruymbeke réclamant l’identité du titulaire du compte. L’établissement italien a indiqué que le numéro correspondait à un compte de banque ouvert par la société Clearstream, et était utilisé par de très nombreux clients. La Banca popolare réclamait au magistrat français une nouvelle demande désignant la personne visée, mais puisque l’enquête prouvait par ailleurs que les listes avaient été trafiqués, le juge Van Ruymbeke a fermé le dossier, innocentant ainsi Sarkozy.

L’attention des magistrats se porte sur un informaticien d’EADS, Imad Lahoud. Il aurait été recruté chez EADS par Jean-Louis Gergorin, sur recommandation du général Philippe Rondot, vétéran des services de renseignements français. Début 2003, Imad Lahoud a collaboré avec la DGSE pour identifier les réseaux financiers d’al Qaïda. À cette occasion, il s’est informé sur le fonctionnement des comptes de Clearstream et a rencontré Denis Robert.

Nota bene : Les protagonistes de cette affaire sont présumés innocents et nient toute implication.

En présence de Jean-Louis Gergorin, Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères demande le 9 janvier 2004 une première enquête au général Philippe Rondot, proche conseiller de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, pour vérifier l’existence des comptes bancaires attribués à des personnalités, dont Nicolas Sarkozy. La compétence de Dominique de Villepin à demander une enquête à un officier supérieur est discutée. Fin juin 2004, il informe le premier Ministre Jean-Pierre Raffarin que l’hebdomadaire Le Point va publier des informations mettant en cause un ministre important du gouvernement. Il lui est demandé de mener des investigations. Ministre de l’Intérieur, il demande une deuxième enquête à Pierre de Bousquet de Florian, directeur de la DST, sans l’informer de l’enquête préliminaire de Philippe Rondot et surtout des forts doutes de ce dernier.

En juin 2006, Dominique de Villepin a porté plainte contre plusieurs ouvrages documentant son instrumentalisation de l’affaire : Denis Robert pour Clearstream, l'enquête (Les Arènes), Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner pour Règlements de compte pour l'Elysée, (Ohéditions) et Airy Routier pour Le complot des paranos (Albin Michel). En octobre 2006, le procureur de la République de Paris n’a pas requis la mise en examen du Premier ministre ou son audition comme témoin assisté mais son audition comme simple témoin .

Les 4, 5 et 6 juillet 2007, Dominique de Villepin est mis en cause par Philippe Rondot et Imad Lahoud. En particulier, des notes retrouvées sur l'ordinateur du général Rondot indiqueraient qu'il aurait donné instruction à Jean-Louis Gergorin « de « balancer » Nicolas Sarkozy ». Son domicile et ses bureaux sont perquisitionnés. Au cours d'auditions ayant eu lieu en juillet 2007, et à la suite de la reconstitution de ces notes ayant transité sur l'ordinateur du général Rondot, J-L Gergorin dévoile n'avoir agi que sur ordre de Dominique de Villepin, se réclamant lui-même d'instructions du Président de la République. Il en résulte alors un recentrage de l'enquête autour de l'ex-premier ministre, passé depuis peu du statut de membre du gouvernement à celui de simple citoyen avec la formation d'un nouveau gouvernement consécutif à l'élection de Nicolas Sarkozy constitué partie civile dans ce dossier, et aboutissant dans des délais extrêmement rapides à la mise en examen de l'ancien premier ministre sous pas moins de quatre chefs d'accusation différents.

En effet, le 27 Juillet 2007, Dominique de Villepin est mis en examen pour complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux. Il lui est depuis cette mise en examen interdit de rencontrer les principaux protagonistes de l'affaire (source judiciaire). Comprenant entre autre l'ancien président Jacques Chirac. Mi novembre 2008, Dominique de Villepin est renvoyé en correctionnelle.

L'actuel Président de la République est le plus fréquemment présenté en victime de l’affaire, mais parfois aussi comme ayant, à l'époque, favorisé sa propre victimisation afin de mettre en difficulté ses adversaires politiques. Selon Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement du ministre de la Défense, et Stéphane Denis, du Figaro, il aurait été informé de l’enquête en cours dès l’été 2004, alors qu'il occupait le poste de ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Le contrôle de la DST aurait d'ailleurs été une de ses motivations pour son retour au Ministère de l’Intérieur, qu'il avait quitté en mars 2004. Aussi, quand il y revint effectivement en juin 2005, une de ses premières demandes fut de réclamer le rapport de la DST sur cette affaire.

Ministre de la Défense des gouvernements Raffarin et Villepin, elle aurait été informée dès la fin de l’année 2003, par son CROS le général Philippe Rondot de l’existence d’un listing comprenant des hauts responsables et des hommes politiques, dont Nicolas Sarkozy, ayant des comptes occultes chez Clearstream. De fait, elle demande au général Rondot d’enquêter. Devant les juges, en mars 2004 et en juillet 2007, le général Rondot affirme que, dès mai 2004, il avait la conviction que ce listing était trafiqué et aurait fait part de sa conviction à Michèle Alliot-Marie. À cette période, toutefois, il doute que la ministre ait prévenu Nicolas Sarkozy. Selon cette dernière, elle n’aurait été informée qu’au début de l’été 2004.

Alors président de la République, Jacques Chirac a donné des « instructions » dans cette affaire. Elles sembleraient ne pas porter uniquement sur « la protection des marchés internationaux et la lutte contre les réseaux mafieux », ainsi que l’affirmait l’Élysée le 28 avril 2006. Il demande à Philippe Rondot de lui rendre compte directement ainsi qu’à Dominique de Villepin, au grand dam de Michèle Alliot-Marie.

Le 22 juin 2007, le bureau de l'ancien chef de l'Etat fait savoir dans un communiqué, en invoquant la Constitution, que ce dernier ne peut répondre favorablement à la démarche des Juges d'Huy et Pons qui ont souhaité l'entendre comme témoin dans le cadre de l'instruction. Il rappelle en outre le communiqué diffusé du 28 avril 2006 par l'Elysée, dans lequel le président démentait « catégoriquement avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques dont le nom avait pu être mentionné ».

Le 4 juillet 2007, l’expertise judiciaire retrouva des notes du général Rondot sur l'ordinateur de ce dernier. Celles-ci indiqueraient que « Jean-Louis Gergorin aurait, fin avril 2004, reçu instruction de Dominique de Villepin, elle-même formulée par le président de la République , de « balancer » Nicolas Sarkozy ». Ces nouveaux documents accréditeraient l'idée que Nicolas Sarkozy était la cible d’une manipulation dans laquelle Dominique de Villepin et Jacques Chirac auraient tenu un rôle. Lors d'interrogatoires ayant eu lieu en juillet 2007, J-L Gergorin aurait confirmé cette version des faits, tout en soulignant que lui-même et Dominique de Villepin tenaient alors les listings pour vrais.

Général de division à la retraite depuis décembre 2005, il est un « vétéran » du renseignement français. Après avoir reçu un listing Clearstream des mains de Jean-Louis Gergorin, il a enquêté sur ordre du ministère de la défense, tout en rendant compte à Dominique de Villepin. Selon Le Monde du 29 avril 2006, il a déclaré aux juges que Dominique de Villepin lui aurait confié le listing mentionnant le nom de Nicolas Sarkozy fin 2003 et lui aurait demandé d’enquêter sur lui et ses prétendus comptes occultes chez Clearstream. Selon le général Rondot, son rapport qui ferait état d’une liste de bénéficiaires de comptes chez Clearsteam serait « bidon ».

Des notes compromettantes pour Dominique de Villepin ont été retrouvées sur son disque dur après avoir été effacées. Le général Rondot a confirmé l'existence de ces notes et qu'elles avaient été effacées à la demande de Dominique de Villepin. Stéphane Queroy, qui est à la fois la nièce et l'assistante du général Rondot, a confirmé le 4 juillet 2007 devant les enquêteurs le contenu de ces notes qu'elle a tapée et que ces notes avaient été effacées à la demande de Dominique de Villepin.

Directeur de la DST depuis septembre 2002, il aurait reçu la demande de Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, d’enquêter sur l’affaire Clearstream 2 le 5 juillet 2004. Le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud fut chargé de superviser une cellule d’enquête aujourd’hui dispersée. Dominique de Villepin lui aurait dissimulé l’existence des investigations du général Rondot et des doutes de ce dernier. Nicolas Sarkozy, redevenu ministre de l’Intérieur lui reprocherait d’avoir enquêté sur ses prétendus comptes occultes et d’avoir conclu à une manipulation sans jamais l’en informer. Selon le directeur de la DST, il s’agissait d’un simple « recueil de renseignements ». Pierre de Bousquet a appris à l’automne 2004 par Philippe Rondot que ce dernier avait entrepris des vérifications sur des hauts fonctionnaires de la défense cités dans les listings Clearstream, mais il semble avoir ignoré tout le reste. Dans ses notes saisies par les juges, M. Rondot avait écrit, à la date du 27 juillet 2004, avoir lui-même suggéré de « travailler avec P. de Bousquet ». Il ajoutait : « Pour D de V, qui est d’accord, « il manque d’imagination ». » La proposition n’aurait donc été suivie d’effet qu’avec plusieurs mois de retard, et très partiellement. À la DST, on assure n’avoir mesuré l’ampleur des investigations du général qu’à la lecture de la presse en avril-mai 2006. Le 10 juillet 2004, la DST obtient le document publié par le Point. Très vite, la falsification apparaît. Peu après, M. de Bousquet prévient Claude Guéant, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, de la présence du nom du ministre dans le listing.

Réputé pour sa grande rigueur et son respect des procédures, le juge Renaud Van Ruymbeke, se serait laissé entraîner dès avril 2004 par Jean-Louis Gergorin dans un arrangement non prévu par le code de procédure pénale : un rendez-vous secret non acté avec le vice-président d’EADS Jean-Louis Gergorin chez son avocat Thibault de Montbrial. Le « corbeau » serait donc connu depuis toujours du magistrat qui aurait voulu protéger la vie de son témoin dans un dossier qui a connu une épidémie de morts subites (Voir Affaire des frégates de Taiwan). Le garde des Sceaux Pascal Clément a demandé une enquête administrative. Renaud Van Ruymbeke postulait ce mois-ci pour une fonction de président de chambre à la cour d'appel de Paris. Le CSM, présidé par le président Jacques Chirac impliqué dans l’affaire, a suspendu sa décision.

Henri Pons et Jean-Marie d'Huy sont les magistrats instructeurs de l’affaire.

Début mai 2006, Le Monde apparaît comme le détonateur de cette affaire d’État en publiant la déposition du général Philippe Rondot auprès des magistrats Henri Pons et Jean-Marie d'Huy. La déposition au format pdf sera massivement diffusée sur les sites Web, les forums et les e-mails d’Internet. Le 11 mai 2006, il publie des extraits des notes privées du général Rondot saisies à ses domiciles montrant à nouveau son accès au dossier d’instruction. Ce même jour, suite à la demande du général Rondot, le garde des Sceaux demande au parquet de Paris d’ouvrir une information judiciaire pour « violation du secret de l’instruction ».

Le 17 septembre 2004, Le Parisien cite nommément Nicolas Sarkozy dans un article intitulé Le juge enquête sur quatre ministres.

Le 26 mars 2008, Le Canard enchaîné publie une note d'Yves Bertrand (ancien patron des RG) indiquant qu'il aurait eu une réunion avec Nicolas Sarkozy et Claude Guéant à l'automne 2004, et le 28 février 2005. Dans cette note, Mr Bertrand indique que « M. Sarkozy m'avait en terme très vif, reproché d'avoir été l'un des investigateurs, avec Philipe Massoni, de l'affaire Clearstream » . Mr Sarkozy avait élargi ses accusations à certains membres de l'entourage du Président de la république, qu'il soupçonne de complot contre lui » . Interrogé par Le Canard enchaîné avant la publication de l'article, Mr Guéant avait non seulement confirmé les propos, mais aussi ajouté « Je n'ai pas changé d'avis. » .

Grand reporter chargé des affaires judiciaires, Michel Deléan a suivi le dossier Clearstream pour le Journal du Dimanche (JDD). Il a notamment recueilli l'unique interview du général Rondot en mai 2006. Le JDD et Michel Deléan ont, en mars 2008, gagné le procès en diffamation que leur avait intenté la société Salamandre après la publication d’un article intitulé "Du rififi chez les barbouzes", en juin 2007.

A la date de l'article, il semble que Imad Lahoud ai modifié le listing, mais ni lui, ni Jean-Louis Gergorin, ni même Dominique de Villepin connaissaient toutes les personnes qui ont été mis sur le listing. Donc il devrait être utile d'interroger toute personne qui aurait des informations. Mr Bertrand en tant qu'ancien patron des RG, connait par contre toutes ces personnes. De plus, sa plus proche collaboratrice Mme Brigitte Henri a beaucoup travaillé avec Mr Imad Lahoud.

Suite à cet article, les juges d'Huy et Pons ont décidé le 15 mai qu'il n'était pas nécessaire d'interroger Mr Guéant sur cette affaire car cela « n'apparait nullement utile à la manifestation de la vérité » .

Il est le directeur de cabinet de la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie.

Ancien directeur adjoint et directeur de cabinet du premier ministre Jacques Chirac (1986-1988), il est le père d’Anne-Gabrielle Heilbronner-Lahoud, conseillère de Philippe Douste-Blazy, et le beau-père d’Imad Lahoud, directeur scientifique à EADS. Son domicile a été perquisitionné le 12 mai 2006.

Conseillère de Philippe Douste-Blazy et ancien directeur de cabinet d’Éric Woerth, elle est la fille de François Heilbronner et l’épouse d’Imad Lahoud.

Philippe Delmas, proche de Noël Forgeard, fut la première victime du corbeau et fut mis en garde à vue en mai 2004. Alpiniste de sang froid, il impressionna fortement la brigade financière en s’endormant profondément au dépôt entre deux interrogatoires de sa garde à vue.

Ami et parent du général Philippe Rondot, Stéphane Denis est au courant de l’enquête diligenté par Dominique de Villepin en janvier 2004. En mai 2006, il affirme dans Le Point que Nicolas Sarkozy aurait été mis au courant dès septembre 2004, à deux reprises (septembre 2004 et mai 2005) de l’enquête déclenchée par le général Philippe Rondot au sujet de comptes supposés détenus chez Clearstream. Sarkozy dément.. Pourtant, selon Le Monde : « dès le 12 novembre 2004, Stéphane Denis, dans La Lettre de M. Rastignac, la chronique qu’il tient dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles, relaté cet épisode ».

Pierre Sellier est le PDG de la société de conseil en stratégie Salamandre et un spécialiste du jeu de Go.

Pierre Sellier a été entendu par la Division nationale des investigations financières (DNIF) le 30 octobre 2006 au sujet d'une note saisie au domicile du général Philippe Rondot et intitulée "Synthèse des entretiens première quinzaine de mai 2005 - Résumé de verbatim IMALA", raccourci d'Imad Lahoud.

Pierre Sellier, qui a rencontré Imad Lahoud dans le cadre des missions de stratégie que Salamandre conduit pour EADS, la filiale aéronautique et défense du groupe Lagardère, a remis ce verbatim à Jean-François Clair, directeur adjoint de la DST en juin 2005, en présence de Michel Laccarrière, ancien directeur du renseignement de la DGSE de 1989 à 2000 et membre du conseil de supervision de Salamandre.

Dans ce "verbatim", Pierre Sellier consigne qu'« IMALA », qu’il présente comme un « mythomane », « lui a dit avoir manipulé Denis Robert », qu'« IMALA se dit couvert par Alain Juillet, haut responsable de l'intelligence économique auprès du gouvernement, dont il se réclame », qu'il « répète que Michèle Alliot-Marie l'a protégé » et qu'enfin le "cabinet de Villepin" le "soutiendrait".

Pierre Sellier a également été interrogé par la DNIF au sujet d’ une note de la DST confectionnée le 1er septembre 2004, plusieurs mois avant la remise du « verbatim IMALA », et détaillant notamment à propos de l’affaire Clearstream : « Interrogé sur les sociétés privées de conseil, la source en cite deux (…) et parmi celles de haut niveau pouvant mener une telle manipulation : spontanément la source n’en voit qu’une : Salamandre ».

En juin 2007, Salamandre a intenté un procès en diffamation au JDD, que le journal a gagné. En janvier 2008, Yves Bertrand, patron de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG) de 1995 à 2005, fera irruption dans l’affaire Clearstream suite à l’exploitation par la DNIF du compte-rendu d'un supposé verbatim retrouvé lors d'une perquisition efféctuée dans les locaux de Hervé Séveno, un ancien dirigeant de la société I2F.

Le directeur de AB Associates, Alain Bauer a été entendu par les policiers en charge des investigations sur l'affaire Clearstream.

En haut



Secrétaire général de la présidence de la République française

Traditionnellement en tête de la liste protocolaire fournie par l'Élysée, le secrétaire général de l'Élysée ou secrétaire général de la présidence est le principal collaborateur du chef de l'État et le supérieur hiérarchique des conseillers techniques et chargés de mission qui constituent le secrétariat général de la présidence.

Son rôle est à rapprocher de celui d'un directeur de cabinet de ministre, alors que le poste de directeur de cabinet du président tient plutôt de celui d'un chef de cabinet de ministre, bien que le président ait aussi un chef de cabinet. Depuis une trentaine d'années, les services de la présidence de la République ont subi une forte inflation, à la mesure du poids politique que joue le président de par la Constitution de la Ve République.

Le secrétaire général dispose donc d'une forme de "cabinet parallèle", que l'on peut rapprocher d'un "shadow cabinet" en cas de cohabitation, ou d'une trentaine de conseillers techniques ou chargés de mission (les premiers ont rang sur les seconds) qui suivent chacun les dossiers d'un ou plusieurs ministères, selon leur importance (ex. : conseiller technique chargé de l'éducation). Ces collaborateurs dépendent donc du secrétaire général et n'ont habituellement pas un accès direct au chef de l'État.

Ce cabinet parallèle a l'avantage sur le gouvernement de ne pas avoir un temps de parole limité, ce qui lui permet de communiquer sans être contredit par l'opposition.

Le secrétaire général intervient plus particulièrement dans les domaines d'intervention privilégiés du président de la République, tels que la défense et les relations internationales. Ainsi quatre secrétaires généraux de la présidence sont-ils devenus par la suite ministres des affaires étrangères : Michel Jobert, Jean François-Poncet, Hubert Védrine et Dominique de Villepin.

Le secrétaire général de la présidence est aussi chargé de l'annonce de la composition du gouvernement.

Le secrétaire général le plus jeune et ayant exercé le plus longuement est Jean-Louis Bianco (neuf ans), sous la présidence de François Mitterrand.

Il existe par ailleurs des conseillers (non techniques) ou chargés de mission qui dépendent directement du président (leur titre le mentionne par l'adverbe « auprès de » ou « spécial »). Ils sont en très petit nombre et n'ont donc pas de rapport de hiérarchie avec le secrétaire général. C'est le cas de Henri Guaino aujourd'hui, comme ce le fut cas de Jérôme Monod sous la présidence de Jacques Chirac, de Jacques Attali, de Jean-Louis Bianco (avant de devenir lui-même Secrétaire général) ou de François de Grossouvre sous François Mitterrand.

Ne dépendent pas non plus du secrétaire général, le chef de l'état-major particulier et le directeur de cabinet, ainsi que leurs collaborateurs directs.

En haut



Source : Wikipedia