Circoncision

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Posté par rachel 05/04/2009 @ 17:11

Tags : circoncision, santé au masculin, santé

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Circoncision

Scène de circoncision gravée dans le mur interne du temple de Khonspekhrod, à Mut, Louxor. Aménophis III, XVIIIe dynastie, vers 1360 av. J. C.

La circoncision (du latin circumcisio, « couper autour ») consiste, dans sa forme la plus répandue, en l’ablation totale ou partielle du prépuce, qui laisse le gland du pénis à découvert. Cette pratique, qui existe depuis l'Antiquité, concernait en 2006 (selon une estimation de l'OMS) 665 millions d'hommes, soit 30 % environ de la population masculine mondiale. Elle est effectuée principalement pour des motifs culturels et religieux mais aussi pour des raisons thérapeutiques (phimosis), hygiéniques et prophylactiques.

Lorsque le pénis non circoncis est à l’état de flaccidité, sa principale zone érogène, le gland, n'est pas soumis aux frottements externes et au dessèchement. La circoncision, en supprimant le prépuce, met le gland à découvert de manière permanente. Cela induit l’assèchement de cette zone et entraîne une kératinisation de l’épithélium du gland plus marquée.

Au cours de l'érection du pénis non circoncis, le prépuce déplié fournit une réserve de peau qui compense l’allongement du sexe masculin tout en lui permettant de conserver un manchon mobile. La circoncision supprime plus ou moins cette réserve suivant la quantité de peau supprimée. Les conséquences en termes de sensibilité de cette zone sont sujettes à débat, mais une récente étude indique que la circoncision ne modifie pas la sensibilité génitale au toucher ou à la douleur. La pratique de se faire circoncire pour augmenter ses capacités sexuelles ne reposerait que sur des hypothèses jamais étayées, et fausses selon cette étude. L'éjaculation précoce n'est en particulier pas améliorée par la circoncision.

Les études statistiques ne montrent pas d'affectation de la fécondité, de la capacité d'avoir des érections ou d'éprouver du plaisir.

Il arrive que la circoncision soit mal faite. Dans ces conditions, un certains nombre de conséquences indésirables peuvent exister : affections de l’épiderme ; ponts de peau entre la peau restante et la couronne du gland ; cicatrisation longue ; érections serrées et douloureuses ; saignement de la cicatrice de la circoncision au cours d’une relation prolongée ; pénis courbé en raison d’une perte inégale de peau ; déformation du gland. L’OMS par conséquent recommande que cette opération soit considérée comme une vraie opération chirurgicale qui doit donc être effectuée sur des personnes adultes ou des mineurs consentants, selon les principes des droits de l'homme, et par des personnes ayant les compétences professionnelles pour la réaliser dans les conditions d’hygiène réglementaires. Là où les professionnels de la santé ont été bien formés et équipés, le taux de complications post-opératoires est de 0,2 % à 2 %.

La pratique de la circoncision remonte aux premières traces laissées par l’Homme. Des représentations de cette opération chirurgicale ont été retrouvées sur des dessins rupestres datant du Néolithique, ainsi que sur des hiéroglyphes de tombeaux égyptiens.

La circoncision est mentionnée au Ve siècle av. J.-C. par Hérodote, qui l’évoque dans le second livre de ses Histoires et en attribue la paternité aux Égyptiens. Cette paternité est confirmée par de nombreux vestiges archéologiques, le plus ancien étant une gravure du tombeau d’Ankhmahor (6e dynastie, entre -2300 et -2200), à Saqqarah, qui représente une circoncision pratiquée avec un silex sur un homme debout.

Hérodote explique la circoncision par une prescription hygiénique. On a dit aussi qu’elle accroissait la vigueur sexuelle et la jouissance du mâle. Inversement, dans le monde juif, le philosophe Philon d'Alexandrie voyait dans la circoncision une renonciation symbolique aux péchés de la chair et le théologien Maïmonide y voyait une diminution du plaisir souhaitable pour raison morale. Une autre interprétation religieuse fait de ce rite une forme édulcorée de sacrifice : plutôt que d’offrir son corps entier à la divinité qui lui a donné la vie, l’homme lui fait présent d’une petite partie de sa chair.

L’interprétation la plus fréquente, dans les civilisations où la circoncision a lieu à la préadolescence, considère la circoncision comme un rite initiatique permettant à l’enfant de devenir adulte.

Une autre interprétation doit être trouvée dans les civilisations voulant que l’opération ait lieu immédiatement après la naissance. La Bible a-t-elle simplement cherché là un moyen de perpétuer un rite païen antérieur ? Plus fondamentalement, l’histoire d’Abraham, de Sarah et d’Isaac, ou Ismaël pour les musulmans, fonde la filiation légitime, reconnue par la société dès la naissance, et indépendante des liens biologiques et conjugaux, qui sont problématiques.

Le rite de la circoncision, à l’instar des interdictions alimentaires et des prescriptions vestimentaires ont pu être des moyens de marquer les communautés religieuses par des signes distinctifs ostensibles.

Alors âgé de 99 ans, Abraham se circoncit, impose l’opération à son premier fils Ismaël qui a 13 ans, ainsi qu’à tous les hommes et enfants mâles de sa maison. Il répète ensuite l’opération sur le petit Isaac, âgé de 8 jours. Cette différence d’âge est celle qui se perpétue entre les traditions musulmanes et juives. La circoncision au huitième jour est la coutume identitaire la plus vivace du peuple juif, bien devant le respect du Chabbat ou de la nourriture cachère, comme l'avait compris Spinoza lorsqu’il écrivait : « Le signe de la circoncision me paraît d’une telle conséquence que je le crois capable d’être à lui tout seul le principe de la conservation du peuple juif » (Traité théologico-politique, 1670).

Cette tentative est une des causes de la guerre des Macchabées qui déboucha sur l’avènement de la dynastie hellénisée des Hasmonéens.

Aux États-Unis, pays où la circoncision est extrêmement courante, y compris hors de toute connotation religieuse, un mouvement minoritaire de juifs opposés à la circoncision (Jews against circumcision) préconise l’abandon de cette pratique.

Dans le Nouveau Testament, un seul des quatre évangélistes évoque dans le cadre d'un récit la circoncision du Christ. Il s’agit de Luc (II, 21) : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. » Par ailleurs une lettre de saint Paul fait aussi allusion, dans le cadre d'un développement théologique à la « circoncision du Christ » (Colossiens II, 11). Comme Jésus, tous ses premiers disciples étaient circoncis, puisque juifs.

Les Églises catholiques et orthodoxes, loin de nier ou de minimiser la circoncision de Jésus, la célèbrent au contraire le 1er janvier, soit sept jours après le 25 décembre, date fixée, par convention, au quatrième siècle pour la célébration de sa naissance (dont la date réelle est inconnue). Le 1er janvier est appelé la fête de la Circoncision ou la Circoncision. La scène de la Circoncision est fréquemment représentée dans l'art du Moyen Âge. Le Saint Prépuce fut même vénéré en temps que relique, que certaines églises croyaient détenir.

La première génération chrétienne fut confronté à un problème difficile lorsque se convertirent en masse des personnes d'origine non juive. Après un débat animé, les non-juifs furent dispensés de la circoncision par une assemblée tenue à Jérusalem au milieu du premier siècle, traditionnellement appelée « Concile de Jérusalem » (Actes des Apôtres, chapitre XV). Cependant même après cette date persistèrent des tensions à ce sujet, comme on le voit dans les Épîtres de Saint Paul, qui continue à argumenter à l'encontre des chrétiens « judaïsants » : seule est nécessaire la « circoncision du cœur » (Romains 2, 28-29, adapté de Deutéronome 10, 16-17 et 30, 6), ou encore : « La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien ; ce qui compte, c’est de garder les commandements de Dieu. » (2 Corinthiens, VII, 19), car il n’y a plus « ni juifs, ni païens », mais un seul corps dans le Christ Jésus.

Dans les siècles qui suivirent, les communautés juives chrétiennes, excommuniées par les autorités religieuses pharisiennes au synode de Jamnia (vers 90), se fondirent progressivement dans les autres communautés chrétiennes ou disparurent. Les autorités chrétiennes en vinrent progressivement à proscrire carrément la circoncision, même dans les familles chrétiennes d'origine juive, parce que cette pratique était perçue comme un retour à une communauté qui refuse le christianisme.

Cependant la circoncision est encore pratiquée par les Églises coptes d’Égypte et d’Éthiopie, du fait que cette pratique, commune aux populations d'alentours, n'y était pas perçue comme un reniement du christianisme et un retour au judaïsme. De même la pratique de la circoncision n'a jamais rencontré d'opposition lorsqu'elle est inspirée par des raisons culturelles et prophylactiques.

Par exemple en Amérique du Nord ou chez les noirs Africains de confessions chrétiennes. De même en Polynésie française. De même un pays asiatique à majorité catholique, les Philippines, présente un taux de circoncision assez proche de 100 %, il semble que cette pratique culturelle remonte à des origines préhispaniques et ait été encouragée par la colonisation américaine (1898-1946), ces derniers mettant en avant le côté hygiénique.

C'est sans doute dans une société qui ne la pratique pas, et qui ne la connaît que de loin, que la circoncision a le plus souvent été représentée, à savoir dans la chrétienté du Moyen-Âge et de l'âge classique.

En 1730, Juan Interián de Ayala fait remarquer dans son ouvrage Pictor christianus eruditus (« le Peintre chrétien détrompé ») que les représentations chrétiennes de la circoncision de Jésus contiennent parfois des erreurs fondées sur une profonde méconnaissance des usages juifs. Ainsi on dépeint souvent la circoncision opérée par un prêtre dans le Temple, alors que c'était en réalité une affaire réglée dans et par la famille, voire par l'un des deux parents eux-mêmes.

Cependant il faut observer que ces peintres visaient moins la réalité historique (qui n'avait pas d'intérêt pour le monde chrétien) que le sens théologique de cet épisode de la vie de Jésus. Ainsi, quand on voit l'enfant Jésus sous le couteau et sur l'autel, comme une offrande sacrificielle, voire comme un aliment sur une table, c'est que la Circoncision est considérée comme une préfiguration de la Crucifixion et de l'Eucharistie, selon une vue développée par certains Pères de l'Église. C'est la première fois qu'est versé le sang du Christ, destiné à sauver les hommes, et à abreuver leurs âmes.

Dans d'autres cas il est clair que le peintre songe au baptême, rite d'agrégation qui a remplacé la circoncision dans la sphère chrétienne.

Au travers de l'« Alliance offerte par dieu à Abraham », Abraham, connu sous le nom d'Ibrahim en islam, serait l'instaurateur de la circoncision pour des raisons divines. Dans la mesure où Ibrahim est l'un des plus importants prophètes pour les musulmans, il est logique que ceux-ci pratiquent ce rituel. Par ailleurs, dans la tradition musulmane, le premier enfant à avoir été circoncis est Ismaël, le prophète dont la lignée aurait donné les Arabes. Cela explique pourquoi les enfants sont circoncis lorsqu'ils sont âgés entre 4 et 8 ans. À titre de comparaison, dans la tradition juive, la circoncision a lieu très tôt, le huitième jour de la vie de l'enfant, sauf contre-indication médicale. Isaac, fils d'Abraham, aurait été circoncis à cet âge. Or, la lignée d'Isaac sera celle des douze tribus d'Israël. La circoncision en islam pourrait aussi refléter la survivance de rites plus anciens.

En Iran, elle a lieu le plus souvent le jour même de la naissance. Ailleurs, l’âge où l’enfant est circoncis est très variable, même si le plus souvent sept ans est considéré comme le meilleur âge. L’important est que l’opération ait lieu avant la puberté et les premiers signes d’éveils sexuels.

Les pays asiatiques de tradition bouddhique, confucéenne, shintoïste, etc., ne connaissent pratiquement pas la circoncision en dehors des cas médicaux. Seule la Corée du Sud fait exception à cette règle. Dans ce pays, elle était inconnue avant 1950. C’est l’influence américaine présente à cause de la guerre de Corée qui en assura la promotion arguant de bienfaits médicaux non démontrés, par la suite des campagnes de presse vantant le gain en performance sexuelle, sans doute répandues sur un terreau culturel particulièrement réceptif, relayèrent ces arguments et permirent l'émergence d'une mode socialement valorisante.

Ainsi vers 1970, seulement 5 % des conscrits du service militaire étaient circoncis alors qu’en 2000, c’est 80 % des conscrits qui l’étaient. Au début effectuée à tous âges, l’opération a tendance maintenant à devenir néo-natale. On se retrouve ainsi dans une situation proche de celle des États-Unis des années 1960.

En Afrique noire (Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et une partie de l’Afrique du Sud), la circoncision est extrêmement répandue quelle que soient l’ethnie et la religion. Elle a subi l’attrait de la modernité et les familles des zones urbaines préfèrent largement la pratiquer, dès les premiers mois après la naissance de leurs enfants mâles, dans les services médicaux équipés à cet effet. Dans les zones rurales la circoncision est souvent effectuée durant la petite enfance par des « circonciseurs » (tradipraticiens). Chez quelques ethnies en Afrique du Sud et de l’Est comme celles des Xhosas en république Sud Africaine ou celle des Luos au Kenya, elle a conservé son caractère initiatique. Cependant elle est moins courante dans certains pays d’Afriques australes (Zambie, Zimbabwe, Malawi, Botswana, Swaziland et Lesotho).

Elle est également pratiquée par plusieurs peuples polynésiens et par certains aborigènes australiens.

L’irruption de la modernité dans les sociétés traditionnelles colonisées se traduit notamment par la photographie à caractère ou à prétention ethnographique, par exemple en Afrique Occidentale Française (ci-contre). Dans le cas des communautés juives d’Afrique du Nord, cette fonction ethnographique se double d'une fonction identitaire, par le biais de la carte postale (voir ci-dessus), qui permet à la communauté d'être représentée et de se représenter au sein d'une société ouverte et laïque, pour laquelle elle optera massivement lorsque viendra l'heure du choix.

À la fin du XIXe siècle, les médecins britanniques et américains pratiquaient des interventions chirurgicales sur les parties génitales des enfants mâles et femelles pour prévenir la masturbation ou l’empêcher. La masturbation était responsable de nombreuses maladies, selon les médecins de l’époque. Cette théorie prit naissance en Angleterre, à l’époque victorienne, puis se répandit graduellement, de même que la pratique de la circoncision, au reste du monde anglo-saxon.

Une fois que la circoncision était chose courante, les raisons qui ont motivé la poursuite de cette pratique étaient de rendre les fils semblables aux pères circoncis, de conformer les garçons à leurs pairs du point de vue de l’anatomie, d’améliorer l’hygiène, de prévenir un prépuce serré, non rétractable (du point de vue médical, il s’agit là d’un processus normal de développement du prépuce de l’enfant), de moyen de prévention contre l’infection urinaire, les MST, le cancer du pénis ou du col urinaire, et de réduire le risque de contracter le virus du sida.

Les partisans de la circoncision utilisent comme argument une prévention ou une guérison, bien que celles-ci puissent être obtenues par d’autres moyens respectueux de l’intégrité physique. Lorsque les problèmes relatifs au prépuce se présentent, des traitements médicaux et non chirurgicaux existent.

Avec une meilleure compréhension des organes génitaux externes du mâle et depuis la création du ''British National Health Service en 1948, la circoncision a rapidement perdu du terrain au Royaume-Uni. Des études montrèrent que le nombre de complications dues à l'opération de circoncision dépassait le nombre de cas de maladies qu'elle était censée prévenir.

Les États-Unis restent, à l’heure actuelle, le pays ayant le plus recours à la circoncision pour des raisons non religieuses.

En Angleterre la reine Victoria avait fait circoncire ses enfants, notamment le futur roi Édouard VII, sous le prétexte que la famille royale d'Angleterre descendait du roi David, monarque juif. La coutume s’est perpétuée par la suite, mais la princesse Diana de son vivant a refusé que ses deux garçons soient circoncis. Une rumeur dit depuis que le prince William et son frère l’auraient été à leur demande afin de ressembler à leur père, le prince Charles.

Les médecins du XIXe siècle conseillaient l’opération pour réduire la masturbation, qui était d’après eux responsable de nombreuses maladies. La circoncision était ainsi censé réduire directement ou indirectement l’« hystérie », les maladies vénériennes, le satyriasis, et même le hoquet.

Les partisans actuels affirment que des affections sont dues à la formation du smegma sous le prépuce, une substance jaunâtre malodorante sécrétée par les glandes sébacées du prépuce. Ils citent également comme preuve le fait que les personnes circoncises présentent moins de cancers péniens et leurs partenaires féminins moins de cancers cervicaux (cancer du col de l'utérus). Les opposants à la circoncision objectent à ces arguments en déclarant que ces affections sont plus probablement dues à une hygiène insuffisante et au contact de nombreux partenaires sexuels.

Le phimosis est l’incapacité de rétraction du prépuce derrière le gland. La paraphimosis est l’état où le prépuce est bloqué derrière le gland et ne peut pas revenir à sa position normale à l’état de flaccidité. Ces deux cas sont dus à un anneau prépucial trop petit. Dans ces deux cas, la circoncision est appliquée dans la majorité des cas. Il existe des alternatives non chirurgicales au traitement de cette condition (voir plus loin).

La non-rétractabilité du prépuce et l’adhésion du gland au prépuce sont des conditions fréquemment observées chez l’enfant. L’âge auquel le phimosis devient problématique est sujet à caution et son évaluation est à la discrétion du médecin. Certaines études parlent d’une normalité jusqu’à l’âge de 5 ans, d’autres estiment la limite à 10 ans, d’autres encore la placent à l’âge des premières relations sexuelles. De fait, le phimosis physiologique se présente lorsque, lors de l’érection, l’enfant éprouve une douleur à cause de l’étroitesse de son prépuce. Seuls 1 % des garçons de 14 ans ne pourraient pas rétracter leur prépuce. À cause de cette variabilité, l’utilisation de la circoncision dans ces cas fait aussi débat. Des phimosis seraient incorrectement diagnostiqués et les circoncisions injustifiées. Certaines études montrent que cette prévalence serait augmentée par les pratiques de décalottage forcé du prépuce des enfants mises en œuvre par des parents ou des médecins.

Lorsque le phimosis de l’adolescent persiste chez l’adulte, il existe pour le corriger des alternatives à la circoncision qui ne requièrent pas de supprimer le prépuce. Elles consistent à élargir son ouverture afin de faciliter sa rétraction derrière le gland, au moyen de la chirurgie (plastie du prépuce) ou de manipulations : expansion progressive des tissus formant l’anneau prépucial lorsque soumis à un étirement modéré et prolongé ou répété. Mis à part ces méthodes manuelles, une autre alternative est la préputioplastie, intervention chirurgicale consistant à pratiquer une ou plusieurs incisions afin de simplement élargir le prépuce.

Selon une étude franco-sud-africaine exposée le 26 juillet 2005 à la troisième conférence sur les mécanismes de l’infection par le virus du sida, les hommes circoncis auraient une probabilité « jusqu’à 60 % » moindre de contracter le virus du sida. Ces données ont été confirmées par deux autres études africaines montrant une diminution de près de la moitié de la contamination chez les circoncis,.

Depuis mars 2007, l'OMS recommande la circoncision médicale à tout âge comme une stratégie additionnelle dans la lutte contre l’épidémie de sida dans les zones géographiques fortement touchées par l'épidémie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ONUSIDA (programme commun des Nations unies sur le sida) ont donc décidé de lancer des campagnes de sensibilisation en faveur de la circoncision médicale pour les personnes consentantes, une efficacité sur la prévention de la transmission hétérosexuelle du VIH de la femme à l’homme ayant été prouvée. Toutefois, la circoncision ne semble avoir aucune influence sur la transmission du VIH de l'homme à la femme ou entre hommes.

Ce type de campagne peut être mal interprété, puisqu’elle peut laisser faussement croire que la circoncision immunise. Or le risque de contamination n’est pas écarté, mais seulement réduit de 60 %. L’usage de préservatifs reste encore et toujours le meilleur moyen de protection contre le sida lors d’un rapport sexuel, que l’homme soit circoncis ou non.

L’OMS rappelle donc que la circoncision ne protège pas complètement contre l’infection à VIH. Les hommes circoncis peuvent toujours contracter l’infection à VIH et, une fois séropositifs, transmettre le virus à leurs partenaires sexuels,. Elle ne doit pas remplacer les autres méthodes de prévention mais venir en complément.

La circoncision pourrait aussi avoir des conséquences bénéfiques en matière de cancer du pénis (cancers particulièrement rares dans tous les cas). Les statistiques révèlent que les hommes circoncis sont moins touchés par ce type de cancer. Néanmoins, en 1998, l’American Cancer Society déclare que si la probabilité pour les hommes circoncis d’êtres touchés par cette forme de cancer était faible c’était avant tout parce que la circoncision était pratiquée par une des catégories de la population les moins à risque, notamment pour ce qui retourne de l'hygiène intime et les conditions d'accès à l'eau potable.

En 2005, la même American Cancer Society mène une nouvelle étude et réaffirme que les circoncis sont moins touchés et que la circoncision est une méthode de prévention efficace. Cette étude a fait l’objet de critique de la part d’autres spécialistes, qui estiment que d’autres facteurs doivent être pris en compte (population pratiquant et ne pratiquant pas la circoncision auraient un taux de risque différent même si on met de côté la circoncision, non prise en compte de l'hygiène intime des sondés).

En Occident, la circoncision néonatale prend de l’ampleur dans l’Angleterre victorienne, à la fin du {XIX}. L’idée que le prépuce, en lubrifiant le gland, favorisait la masturbation, était alors redoutée dans les familles. La circoncision devint donc un moyen d’assurer au jeune garçon « une meilleure hygiène physique et mentale ».

Cette pratique de la circoncision s’étend très vite aux autres pays anglo-saxons, notamment aux États-Unis et au Canada anglophone. Mais on y abandonne l’idée très controversée de lutte contre la masturbation au profit de notions hygiéniques et esthétiques. La circoncision est alors présentée comme un acte médical prophylactique. La majorité de la population mâle étant circoncise aux États-Unis, les partisans de la circoncision utilisent aussi la conformité comme argument.

Dans les années 1970, aux États-Unis près de 80 % des nouveau-nés mâles sont circoncis. Ce chiffre est de 65,3 % en 1999.

En Angleterre, la circoncision néonatale a été retirée de la liste des opérations couvertes par le National Health Service nouvellement formé face à l’absence de consensus au sein de la communauté médicale quant au bénéfice médical réel de la circoncision des jeunes enfants. Un des facteurs ayant pu mener à ce rejet de la circoncision est le rapport de Douglas Gairdner The Fate of the foreskin (Le Sort du prépuce), qui révéla qu’entre les années 1942 et 1947, environ 16 enfants mouraient chaque année suite à une circoncision en Angleterre et au Pays de Galles, soit un taux de 1 pour 6 000 circoncisions effectuées. Depuis, la circoncision est aux frais de parents et la proportion de nouveau-nés circoncis en Angleterre et au Pays de Galles a extrêmement baissé.

La circoncision aurait une certaine efficacité pour la prévention des infections à papillomavirus et à herpes simplex virus, mais pas contre la syphilis.

Quelques associations proposent aux hommes circoncis de créer un pseudo-prépuce en étirant graduellement la peau du pénis.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 30 à 34 % des hommes de plus de 15 ans sont circoncis de par le monde.

Aucun acte chirurgical n'est censé pouvoir être pratiqué sur une personne s'il ne donne son consentement éclairé. Dans le cas d'un mineur, ce sont les parents ou tuteurs qui doivent donner ce consentement, même si les médecins essaient parfois de tenir compte de l'avis de l'enfant s'il est d'âge à le donner. Or, la circoncision se pratique généralement sur des mineurs (souvent même sur des nourrissons), et certains remettent en cause la légitimité des parents à choisir pour l'enfant une modification corporelle irréversible en l'absence de toute nécessité médicale urgente.

En France, la circoncision à visée thérapeutique n’est pas interdite. Selon l’arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence du 23 avril 1990, confirmé par l’arrêt du 30 mai 1991 de la chambre criminelle de la Cour de Cassation, dans les cas autorisés par la loi, le chirurgien qui pratique une intervention chirurgicale dans l’exercice normal de sa profession jouit d’une immunité légale, dans la mesure où son intervention est justifiée par un intérêt thérapeutique.

De façon plus générale, les faits sont justifiés lorsqu’ils répondent à certaines pratiques professionnelles rentrées dans l’usage. Certaines personnes disent que la circoncision en fait partie, dès lors qu’elle est effectuée selon les conditions chirurgicales réglementaires. L’autorisation doit émaner des deux parents et un seul ne peut accomplir cet acte de disposition.

Cette loi a été adoptée par le Parlement avec une majorité de 249 voix pour, 20 abstentions, et en l’absence de 70 députés. Aucune voix ne s’est élevée contre le projet, et 10 députés auraient souhaité une loi plus restrictive.

La communauté juive de Stockholm désapprouve cette loi la jugeant trop restrictive.

Le tribunal de Turku a, sur réquisition du ministère public qui considère la circoncision comme toute autre mutilation, condamné une mère musulmane pour la circoncision de son fils sans le consentement du père,.

Des mouvements pour l’intégrité génitale, parfois désignés du terme générique « intactiviste », qui sont apparu surtout aux États-Unis, considèrent que puisque l’ablation du prépuce induit une perte de fonctions sexuelles, elle nuit au bien-être de l’homme et il fait valoir que la circoncision génère une souffrance physique et morale réelles chez certaines personnes. Ils estiment donc que le prépuce n’est pas « un bout de peau superflu » dans l’anatomie masculine et que la circoncision constitue une mutilation de tissus sexuels sains et fonctionnels, une véritable violation du droit à l’intégrité corporelle, lorsqu’elle est pratiquée sur des êtres humains non adultes, correctement informés et consentants.

Des associations contre la circoncision envoyèrent une proposition de loi afin d’interdire la circoncision des mineurs auprès du Congrès des États-Unis qui ne reçut l’aval d’aucun sénateur. Leur lobbying a contribué toutefois à la suppression du remboursement des circoncisions néonatales dans certains États, notamment sur la côte ouest, ainsi qu’au Canada. Selon les opposants à la circoncision, celle-ci ne serait justifiable médicalement que s’il n’existait pas de solutions de remplacement moins invasives et si la vie du patient était en jeu.

Il convient de rester prudent quand il s’agit d’évaluer les conséquences psychologiques de la circoncision. Cette question touche au vécu et au ressenti individuel et ne saurait souffrir de généralisations.

Ces conséquences s’évaluent différemment selon l’âge auquel est effectuée la circoncision (il est difficile d’étudier les cas de circoncision sur des nourrissons) et a des effets différents selon les âges.

Il faut également distinguer le traumatisme que peut causer l’opération elle-même d'un mal-être que peut éventuellement entraîner l’état d’être circoncis. Par exemple l'éducateur A. S. Neill envisage le cas où elle serait vécue comme une castration symbolique (Retour à Summerhill, Payot).

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Perspectives psychanalytiques et conséquences psychologiques de la circoncision

La psychanalyse s'est depuis Sigmund Freud intéressée au sens inconscient de la circoncision qui est alors vue comme un avatar agi de la castration. Sur le plan anthropologique, Freud, dans la mythologie qu'il expose dans Totem et Tabou parle d'un reliquat de pratiques tribales anciennes. Le psychanalyste Bruno Bettelheim en parle aussi dans son ouvrage Blessures symboliques en se distanciant des thèses de Freud.

Cette pratique serait le reliquat d'une époque où les chefs de clan régnaient en maîtres absolus qui avaient, entre autres, tous les droits sur toutes les femmes de la tribu. La circoncision, castration symbolique, représentait alors un acte de soumission envers l'autorité du père de la horde. La circoncision est un substitut symbolique de la castration que le père primitif et omnipotent avait jadis infligée à ses fils. Quiconque acceptait ce symbole montrait par là qu'il était prêt à se soumettre à la volonté paternelle (...). Dans un point de vue différent, Bettelheim pense que lien symbolique entre castration et circoncision n'est pas établi. En effet, il pense que la circoncision aurait été une pratique imposée par les femmes comme une sorte de sacrifice qui leur serait offert. Il mentionne Sephora, la tribu d'Afrique Kikuyu, etc., pour appuyer ses hypothèses.

Il s'agit pour ceux qui sont pris dans une névrose collective de faire un acte bien réel, la circoncision, en se rattachant à une parole imaginaire (parole "imaginaire" d'un Dieu/père) et sur la manière dont "on doit faire".

Freud : "… ce qui est particulièrement remarquable, c'est la présentation (dans le rêve) de l'onanisme, ou plutôt de sa punition, la castration, par la chute d'une dent et l'arrachage d'une dent, parce qu'on trouve un pendant en ethnologie, ce que ne savent sans doute que très peu de rêveurs. Il ne me semble pas douteux que la circoncision pratiquée chez tant de peuples, est un équivalent de la castration et vient en prendre le relais. On nous rapporte d'ailleurs qu'en Australie, certaines tribus primitives procèdent à la circoncision comme rite de puberté (pour la fête marquant l'entrée de la jeunesse dans l'âge d'homme), tandis que d'autres tribus, habitant tout près des premières, ont remplacé cet acte par l'extraction d'une dent." (Leçons d'introduction à la psychanalyse, 1916-17, Paris : PUF ; 2000. O.C., XIV, 170).

Le problème de la névrose obsessionnelle est qu'elle ne donne pas un sens au réel, ni ne le prend en compte que dans un seul cadre : la névrose obsessionnelle. C'est ce qui donne, par exemple, ce côté fermé aux discussions par d'autres entrées, avec un religieux ou un obsessionnel, qui ne pourra entendre (que parce que c'est respectable du point de vue de Dieu, de la loi de Dieu) que les arguments validant son obsession ou un point de celle ci.

La névrose obsessionnelle de l'homme au rat a paru particulièrement difficile à guérir par la parole. La névrose obsessionnelle est - il faut quand même le dire - une névrose de transfert. Le psychanalyste travaille entre autres sur l’analité. Dont l'expression familière "être coincé du c.." rend parfaitement compte en ce qu'elle a de représentation d'une personne coincée, distante, à l'aspect froid, coupée du monde et d'elle-même (à sa propre sensibilité), n'écoutant qu'elle-même.

Le fait d'enlever la peau du sexe d'un enfant mâle n'a pas d'autre sens que ce que c'est "enlever la peau du sexe d'un enfant mâle" mais devient pour l'obsessionnel le lien à Dieu, au père universel.

La douleur et la souffrance liés à cet acte, puis l'entrée dans la névrose collective de l'enfant au travers d'un enseignement le rattacheront au groupe. La douleur et l'instruction religieuse devant normalement permettre par son dépassement à aller "vers le père et rejoindre la communautés des croyants".

Quand cela marche. force est de constater que certains s'éloignent ou se plaignent. Qui n'est dans une perspective psychanalytique qu'un père imaginaire, un acte réel douloureux, est une entrée dans le trauma qu'il partage avec le reste du groupe pris dans une névrose obsessionnelle collective.

Dans L'Homme Moïse (1939) S. Freud souligne que les expériences traumatiques originairement constitutives de l'organisation et du fonctionnement psychique « Nous appelons traumatismes les impressions éprouvées dans la petite enfance, puis oubliées, ces impressions auxquelles nous attribuons une grande importance dans l'étiologie des névroses » peuvent entraîner des atteintes précoces du Moi et créer des blessures d'ordre narcissique.

Le docteur Frédérick Leboyer insiste sur "la gravité du traumatisme lorsque la mutilation est pratiquée avant l'âge de la parole ". "Mais il n'y a pas, chez le nouveau-né, une telle conscience". La torture est subie dans "un état d'impuissance totale qui la rend encore plus effrayante et insupportable" (lettre du 4 juin 1980 à Rosemary Romberg-Weiner, sexuallymutilatedchild.org/leboyer.htm).

L'individu ainsi pris ne peut plus — sauf à rejeter l'ensemble, à s'opposer, ou à être rejeté et être opposé — qu'accepter cet état de fait. L'individu peut prendre alors une "position de fierté" : « je fais partie du groupe » sans que le "sentiment réel de fierté" ne soit là. Puisqu'il s'agit d'une névrose obsessionnelle, il n'est pas question de sentiment réel mais de position intellectuelle. " L’obsessionnel n’est pas psychotique, il est aliéné à l’Autre, et il est pris dans le discours de l’Autre sur le mode même d’y figurer comme 'moins' " - Freud. En ce sens, la circoncision n'est que la formation d'une névrose de groupe de plus, une pratique "délirante et aliénante", entendu ici au sens clinique de la psychanalyse.

Georg Groddeck ira plus loin. Il voit fort justement dans la circoncision l'expression d'une négation — qu'il dénomme refoulement — de la bisexualité humaine et donc l'expression d'un masculinisme outrancier : "L'étrange pensée que le féminin n'appartiendrait pas en propre à l'homme, et le masculin à la femme, s'insinue dans les raisonnements et donne à croire qu'il s'agit là de quelque chose d'inconvenant, qui pourrait et devrait être surmonté. La réalité effective - l'actualité -, à savoir qu'il n'y a absolument pas d'homme séparé de la femme, que l'être humain est homme-femme et femme-homme, est refoulée. L'histoire universelle offre un exemple formidable d'un tel refoulement dans la circoncision juive … car le prépuce est féminin, il est le vagin dans lequel est fourré le gland masculin." (Bisexualité et différence des sexes. 1931. Nouvelle revue de psychanalyse, 1973, 7, 194.).

Alice Miller : "Les pratiques rituelles de circoncision et d'excision ont des effets qui atteignent non seulement l'individu et sa descendance mais même les autres hommes." (La connaissance interdite : affronter les blessures de l'enfance par la thérapie. Paris : Aubier ; 1990.), elles sèment aussi la folie dans l'esprit des voisins des peuples les pratiquant.

La psychanalyste Julia Kristeva souligne l'irréparable du handicap au yeux des non handicapés : "... (il) confronte chacun de ceux qui ne sont pas atteints par ces incapacités à l'angoisse de castration, à l'horreur de la blessure narcissique, et, au delà, à l'irrémédiable de la mort psychique ou physique : creusant ainsi la plus intraitable des exclusions." (Aux frontières du vivant. Le magazine littéraire, février 2004 (428) ; 33-36.).

2. Les travaux sur le rapport entre "sadique" et "analité" et les liens que cela pourrait avoir entre nazisme et judaïsme (Tobie Nathan affirme que l'initiation par le sadisme est une initiation au sadisme : "Himmler ignorait qu'il nourrissait des 'pulsions sadiques', c'est l'initiation qu'il a reçue au sein du corps des SS qui le lui a révélé." L'art de renaître, fonction thérapeutique de l'affiliation au moyen du traumatisme sexuel. Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie. 1992, (18), 20).

3. À lire aussi : - les travaux de Ferenczi Sandor sur le trauma, Freud sur la névrose obsessionnelle, Freud/Ferenczi ; - Nathalie Zajde (maître de conférences de Psychologie clinique et pathologique à l'Université de Paris 8) "La névrose ou la poule"  ; - les notes ethnopsychanalytique sur le "petit homme-coq" (Ferenczi), les poulets de Kappara et la circoncision, et un texte sur le sujet paru dans la Nouvelle Revue d'Ethnopsychiatrie, N¡ 31, 1996, 35-52.

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Mutilations génitales féminines

Les mutilations génitales féminines (MGF) recouvrent des pratiques consistant à ôter, par des moyens chirurgicaux souvent rudimentaires, tout ou partie des organes génitaux externes féminins les plus sensibles. Il s'agit d'une pratique ancestrale qui est mise en œuvre dans de nombreux pays, essentiellement pour des raisons d'ordre coutumier.

Les mutilations génitales féminines constituent un élément crucial des cérémonies d'initiation rituelles dans certaines communautés, dans la mesure où elles marquent le passage à l'âge adulte des fillettes, la croyance populaire y voyant un moyen de contrôler la sexualité féminine. Il importe essentiellement de garantir ainsi la virginité des femmes avant le mariage et leur chasteté après.

L'origine de ces pratiques est relativement méconnue des chercheurs, mais il existe des preuves de leur existence bien avant l'apparition du christianisme et de l'islam, dans les communautés qui les perpétuent aujourd'hui.

L'âge des fillettes au moment de la mutilation varie en fonction des régions. Suivant les endroits, les mutilations génitales féminines sont pratiquées sur des nourrissons de quelques jours, sur des fillettes âgées de 7 à 10 ans, et sur des adolescentes. Les MGF concernent également des femmes adultes, qui les subissent au moment de leur mariage.

À l'heure actuelle, les mutilations génitales féminines sont couramment pratiquées en Afrique. Dans une moindre mesure, elles sont aussi pratiquées en Asie, au Moyen-Orient, dans la Péninsule arabique, en Australie et en Amérique latine. Dans les pays occidentaux, les cas sont de plus en plus nombreux chez les femmes et les fillettes immigrées des sociétés concernées.

Aujourd'hui, les organisations œuvrant en faveur des droits de l'homme dans les pays occidentaux, en Afrique et en Asie considèrent les mutilations génitales féminines comme une violation des droits de l'homme. Ces pratiques sont considérées comme des formes inacceptables de modification de l'intégrité physique de la personne, d'autant plus que ces mutilations sont effectuées sur des personnes trop jeunes ou trop vulnérables pour y accorder leur consentement éclairé.

Les mutilations génitales féminines sont illégales dans la plupart des pays du monde.

L'expression générique mutilations génitales féminines recouvre plusieurs pratiques distinctes. Outre les mutilations impliquant la destruction partielle ou totale des organes génitaux entrainant l'absence du plaisir sexuel chez la femme, certaines formes de circoncision féminine sont considérées par leurs défenseurs comme analogues aux pratiques de circoncision masculine, au sens où les deux procédures reposent généralement sur la suppression du prépuce et du frein.

Dans certaines communautés, la pratique revêt un caractère essentiellement symbolique et n'implique aucune mutilation : en pareil cas, il s'agit de simulations réalisées dans le cadre de cérémonies rituelles (utilisation symbolique d'un instrument tranchant, ou piqûre à l'aide d'une aiguille de manière à faire verser à la femme une goutte de sang symbolique).

Selon l’historien et anthropologue sénégalais Cheikh Anta Diop (1923-1986), un expert dans la culture de l’Afrique noire, l’excision proviendrait de l’Égypte des pharaons et se serait ensuite étendue à l’Afrique noire. Des momies égyptiennes ont été retrouvées excisées selon une forme particulière, qui conduisit à l'usage du terme « excision pharaonique » pour désigner l’infibulation. D’après certains égyptologues, l’excision consistait en forme de rituel de fertilité dans l’Égypte antique. D’autres anthropologues interprètent l’excision comme une marque de différence entre classes sociales.

L'excision est une pratique rituelle qui a été intégrée dans certaines régions de la sphère islamique, essentiellement en Afrique saharienne et sub-saharienne. Elle ne trouve aucun fondement dans le Coran, mais certains hadiths évoquent l’excision féminine, entérinant une pratique préislamique qui était alors répandue dans la Jahiliya. La pratique semble n'avoir alors été répandue qu'en Égypte - y compris chez les Coptes - et en Afrique Noire.

L'un de ces hadith rapporte que selon Mahomet, la « circoncision est une sunna pour les hommes et makrumah pour les femmes ». Le terme sunna désigne une « obligation », et makrumah un honneur ou un geste noble. Cette hadith a été interprétée par certains commentateurs comme une recommandation de la pratique de l'excision, sans être une obligation. Une autre hadith recommande de « ne pas opérer trop largement c’est préférable pour la femme », et « effleurez et n’épuisez point. Le visage embellira et le mari en sera ravi ».

Néanmoins la pratique est fortement remise en cause également dans les pays de la sphère arabo-musulmane et, en novembre 2006, l’université al-Azhar du Caire, importante référence religieuse dans le monde musulman, a lancé une fatwa sans équivoque contre les mutilations génitales féminines, qualifiées de crime contre l’espèce humaine, portant atteinte aux plus hautes valeurs de l'islam.

Entre 1860 et 1870 l’ablation du clitoris dans un cadre médical fait son apparition en Angleterre et aux États-Unis. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, cette clitoridectomie a une finalité médicale, même si celle-ci peut paraître obscure. L’opération se pratique surtout en Angleterre, et perdure aux Etats-Unis au-delà de la période victorienne. Là, elle est utilisée et parfois combinée avec l'ablation des ovaires, jusqu'en 1880 où seule la clitoridectomie subsiste après cette date. Des raisons médicales, telles que « troubles mentaux » (hypersexualité, nervosité, hystérie) furent la justification de ces opérations. Elle fut aussi pratiquée pour "traiter" le lesbianisme, mais aussi, jusqu'en 1935, dans les hôpitaux psychiatriques, pour traiter l'épilepsie, la catalepsie, l'hystérie, la mélancolie, voire la kleptomanie. Toujours aux États-Unis, l'infibulation des petites lèvres fut utilisée pour prévenir la masturbation, et la clitoridectomie ou la cautérisation du clitoris sera recommandée dans les manuels jusqu'en 1936 pour les mêmes raisons. La clitoridectomie était enseignée en 1982 dans les facultés de médecine britanniques, probablement pour répondre à des demandes de femmes souhaitant lutter contre leur masturbation ou celle de leurs filles. C'est en 1985 que le parlement anglais criminalise l'excision à travers le Prohibition of Female Circumcision Act 1985, précisé et mis à jour en 2003. En 1995, le gouvernement fédéral américain émet la Federal Prohibition of Female Genital Mutilation Act of 1995 criminalisant l'excision, les différents États constitutifs de l'union répercutant ou pas cette loi. Notablement, les États de New York, du Colorado et de Caroline du Sud ont rejeté cette loi. La France quant à elle ne réprime les excisions que dans la mesure où il s'agit de mutilation faites sur des enfants (article 312 du code pénal) et n'a pas de législation spécifique à l'excision.

On peut relever qu'une secte, appelée Skoptzy, qui fait ses débuts à Moscou en 1772, et qui se donne aussi le nom Les Blanches Colombes, a pratiqué les mutilations sexuelles chez ses membres.

On a aussi constaté une pratique de l'excision en Occident chez certaines minorités issues de l'immigration. Les tribunaux français ont été appelé à examiner et condamner le cas de plusieurs exciseuses, le tout sous une certaine couverture médiatique. La volonté de protection des enfants se heurte au refus des familles, qui sont demandeuses ainsi qu'à un manque d'information de ces mêmes familles qui souhaitent conserver leur traditions. La justice française s'est heurtée au problème des enfants excisés dans les pays d'origine, au cours de séjours courts faits par la famille pour l'occasion..

Les trois grandes racines invoquées par les peuples qui suivent les traditions de mutilations génitales féminines sont d'ordres coutumiers, religieux et sociologiques.

Dans les sociétés rurales à faible niveau d'instruction scolaire (et chez les migrants issus de ces populations), la coutume est le plus couramment invoquée : « Cela s'est toujours fait, ma mère, ma grand-mère l'ont fait, donc mes enfants seront excisées ».

L'excision et l'infibulation sont pratiquées par des animistes, des catholiques, des coptes, des juifs, des musulmans, des protestants, dans les pays concernés.

Nombreux sont ceux qui mettent en avant une prescription religieuse de ces pratiques. Il n'en existe toutefois aucune dans la réalité des choses, et les pratiques mutilatoires ont précédé l’apparition des religions du Livre. Chez les musulmans notamment, l'excision est souvent pratiquée dans la croyance sincère, mais erronée, qu'elle était réclamée par le culte islamique. Cependant, le Coran ne mentionne absolument pas l'excision.

Même quand ils savent que l'excision n’est pas recommandée par le Coran, il est fréquent que les africains musulmans pratiquant ces traditions invoquent les « valeurs coraniques », tel la virginité des jeunes filles et la chasteté des épouses, au nom de l'honneur de la famille et de l'honneur du mari, les mutilations génitales faisant office de barrières au désir sexuel des femmes, et donc à toute tentation d'expériences sexuelles prénuptiales ou de relations adultérines.

Dans la plupart des sociétés pratiquant les mutilations génitales féminines, ces mutilations sont unanimement considérées comme étant « l'affaire des femmes ». Les opérations sont le plus souvent réalisées par des femmes, qui se considèrent ainsi comme garantes de la vertu de leurs cadettes. Pourtant, dans ces mêmes sociétés, même si les hommes déclarent ne pas s'en mêler, ils sont nombreux à refuser d'épouser une femme non excisée.

En effet, l'une des raisons les plus fréquemment évoquées par les mères pour soutenir l'excision de leur fille est que, non excisée, elle ne trouverait pas à se marier. Or, dans la majorité des sociétés pratiquant l'excision, le statut de la femme est subordonné au nombre d'enfants qu'elle mettra au monde, d'où l'importance capitale du mariage pour sa reconnaissance sociale.

Les mutilations génitales féminines relèvent essentiellement d’une pratique d’ordre social, et non religieux. De nos jours, elles subsistent principalement en tant que pratiques culturelles sur le continent africain, et on les trouve chez les croyants de confessions musulmane, chrétienne,et animiste.

Les raisons mises en avant pour soutenir les mutilations génitales féminines sont diverses. Elles découlent souvent de la croyance selon laquelle elles vont annihiler ou modérer les pulsions sexuelles des femmes, mais pas seulement. La certitude erronée selon laquelle ces pratiques relèvent d’une nécessité hygiénique, est également répandue. Les MGF sont en outre fréquemment associées à des rites d’initiation traditionnels. La religion constitue toutefois aussi une raison dans certaines communautés.

Dans certaines cultures, il existe une croyance selon laquelle les enfants naissent munis d’éléments des deux sexes : le prépuce de l’homme est considéré comme un élément féminin, tandis que le clitoris de la femme est perçu comme un élément masculin. Ainsi, ces éléments sont ôtés au moment de la puberté, de telle sorte que l’identité sexuelle de l’individu soit exempte de toute ambiguïté.

Dans la mesure où l’opération est, le plus souvent, mise en œuvre par des femmes, certains auteurs ont émis l’hypothèse d’une crainte ancestrale de la part des femmes plus âgées envers les femmes jeunes, s’articulant autour du fait que ces dernières, plus séduisantes, pourraient séduire leurs époux, qui risqueraient alors de les abandonner. Il se peut aussi qu'elles reproduisent ce qu'elles ont elles-mêmes subi.

Bon nombre de musulmans africains pensent que la circoncision féminine est requise par l’islam. En réalité, le Coran ne mentionne aucune forme de mutilation ou modification génitale, hormis dans un hadith dont l’interprétation prête à controverse .Quoi qu’il en soit, même si ce hadith autorise la pratique, il ne l’érige pas en obligation. Seule l’une des quatre écoles de jurisprudence islamique, l’école chaféiste, a autorisé par le passé une « légère incision » du gland du clitoris, sans doute dans le but d’augmenter le plaisir sexuel de la femme. Il convient de noter que l’immense majorité des interprètes contemporains de la loi islamique rejettent totalement toutes pratiques de mutilations génitales féminines.

En Arabie saoudite, dans la région du Hedjaz, berceau de l’islam, les MGF étaient pratiquées du temps de Mahomet. Chez les Arabes païens de l’époque, l’expression « circonciseur de femme » constituait une insulte à l’égard des hommes. Il n’existe aucune preuve de l’éventuelle circoncision des filles de Mahomet mais, selon son épouse Aisha, Mahomet définissait la légitimité des rapports sexuels comme ce qui se produit lorsque les parties circoncises de l’homme et de la femme entrent en contact. Dans un hadith, Mahomet recommande en outre que la circoncision des femmes ne soit pas trop sévère.

La plupart des érudits musulmans contemporains pensent que les pratiques de mutilations génitales féminines résultent de l’ignorance et d’une idée fausse de la ferveur religieuse, plutôt que de raisons réellement ancrées dans la doctrine de l’islam, et leur nient donc toute base religieuse. Bon nombre de musulmans arabes voient même dans divers passages du Coran une opposition aux MGF, et considèrent donc ces pratiques comme contraires à la doctrine de l’islam.

Les pratiques de mutilations génitales féminines sont également répandues chez les chrétiens d’Afrique et chez les juifs d’Éthiopie et des régions environnantes, sur la base de justifications religieuses. Ainsi, en Éthiopie, certains « prêtres coptes refusent de baptiser les filles qui n’ont pas été soumises à une procédure de MGF ». En septembre 1998, toutefois, des leaders chrétiens et musulmans se sont alliés pour dénoncer ces pratiques .

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la mutilation génitale féminine la plus fréquente est l'excision du clitoris et des petites lèvres, qui représente à elle seule près de 80 % des cas. La forme la plus extrême en est l'infibulation : environ 15 % des cas. L'OMS estime, à l'échelle mondiale, à 100 à 132 millions le nombre constant de filles et de femmes ayant subi des mutilations sexuelles, dont environ 120 millions pour le seul continent africain (soit un tiers de la population féminine de l’Afrique). Chaque année, 2 millions de filles supplémentaires sont susceptibles de connaître le même sort. La plupart d'entre elles vivent dans 28 pays africains, un plus petit nombre au Moyen-Orient, dans des pays d'Asie, chez certains Aborigènes d'Australie et en Amérique latine. Les chiffres globaux et par type de mutilation sont probablement sous estimés, d'une part en raison d'une très probable non-déclaration d'un certain nombre de cas, mais aussi d'un témoignage imprécis des victimes, tendant à sous-estimer l'importance de la mutilation .

Les pays occidentaux connaissent de plus en plus de mutilations génitales féminines, chez les femmes et fillettes immigrées des sociétés concernées : en Europe, notamment en Allemagne, en Belgique, en France, en Grande Bretagne, en Suède, en Suisse, et aussi au Canada, aux États-Unis d'Amérique, en Australie, en Nouvelle-Zélande, etc.

Il est important de préciser que, dans les pays africains notamment, les mutilations génitales féminines ne sont pas pratiquées par toutes les ethnies et, dans une ethnie donnée, il existe aussi des variations en termes de coutumes. Le pourcentage des femmes et des fillettes mutilées est très variable d'un pays à l'autre et d'une ethnie à l'autre.

Une étude de l'OMS sur les mutilations génitales féminines, effectuée en 1998, donne des détails sur les conséquences physiques, psychologiques et sexuelles chez les femmes et les filles qui les subissent.

Les conséquences physiques répertoriées par l'OMS sont les suivantes : décès, hémorragies, chocs, lésions des organes voisins, infections, douleurs aiguës, absence de cicatrisation, formations d'abcès, dermoïdes, kystes, chéloïdes, neuromes de cicatrice, dyspareunie, VIH/SIDA, hépatite B et autres maladies transmises par le sang, pseudo-infibulation, infection des voies génitales, dysménorrhées, rétention urinaire, infection des voies urinaires, obstruction chronique des voies urinaires, incontinence urinaire, sténose de l'ouverture artificielle du vagin, complications plus fréquentes lors du travail et de l'accouchement .

Les conséquences sexuelles sont évidemment nombreuses, la principale résidant dans le fait que le gland clitoridien est la partie la plus sensible des organes génitaux externes de la femme. On y retrouve des corpuscules tactiles spécifiques, dits de la volupté. Ils n’existent nulle part ailleurs, et la blessure ou l'ablation partielle ou totale du clitoris entraînent inévitablement une altération de la sensibilité sexuelle : l'autosexualité est rendue impossible car douloureuse.

Quant aux complications psychologiques, elles naissent non seulement de la douleur endurée par les femmes concernées, mais aussi des conséquences calamiteuses fréquentes telles que l'incontinence urinaire et fécale. En pareil cas, la jeune femme ne peut plus retenir ni ses urines ni ses selles, qu’elle perd en permanence. De ce fait, elle est progressivement mise à l’écart par sa famille et par son village. Les tentatives de suicide sont alors fréquentes. De nombreux auteurs rapportent des complications psychiatriques, des angoisses, et notamment des dépressions.

Les mutilations génitales féminines sont désormais considérées comme un problème de santé publique prioritaire par les organismes internationaux, gouvernementaux ou non, tel le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, qui œuvrent très activement dans le but de sensibiliser les gouvernements et les populations des pays concernés.

Dans les pays occidentaux, étant donné la multiplication des cas dans les populations immigrées des pays concernés, les gouvernements nationaux commencent également à envisager le problème très sérieusement, en élaborant des plans d'éducation en faveur de la prévention des pratiques de mutilations génitales féminines, et en légiférant dans le sens d'une répression accrue des cas avérés.

Il existe en outre un nombre croissant d'associations de terrain œuvrant en faveur de l'abolition des mutilations sexuelles.

Du point de vue des défenseurs des droits de l'homme, les mutilations génitales féminines relèvent principalement de quatre types de violation : absence de consentement éclairé, oppression patriarcale, violence à l'égard des femmes et violation des droits des enfants.

Certaines féministes africaines rejettent le discours importé sur les droits des femmes, basé sur l'hypothèse de la domination masculine, et préfèrent aborder l'évolution du statut de la femme en fonction des critères de leur propre culture. L'argument de la violence à l'égard des femmes est compliqué du fait que le rituel est principalement perpétué par les femmes elles-mêmes. Certaines féministes africaines considèrent la question comme un moyen commode de pression politique de la part des puissances occidentales, qui masque des desseins d'ingérence plus globaux à l'égard des pays africains.

À l'échelon international, les organisations œuvrant en faveur des droits de l'homme en appellent à l'interdiction des mutilations génitales féminines par la mise en place et l'application de législations répressives, d'une part, et de programmes d'éducation visant à éradiquer ces pratiques et ces comportements néfastes pour la santé des femmes, d'autre part.

Ces trois documents traitent certains droits qui sont violés par la pratique de l’excision féminine. Par exemple la protection de chaque enfant contre « toute forme de violence » (art. 18 ch.3 §1 Convention relative aux droits de l’enfant) et la condamnation de toute violence à l’égard des femmes, ce qui est définie comme suivant : « toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice par les femmes, quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine » (art.1 Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes).

D’abord, il y a la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui est adoptée à Nairobi, Kenya en juin 1981. Elle protège les droits de l’homme, en interdit toute violation, et reprend les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, y compris l'égalité devant la loi, la liberté d'expression, de religion et d'assemblée, l'accès aux soins de santé et à l'éducation, tout en tenant compte des traditions historiques et des valeurs de la civilisation africaine. Dans le concept des droits de la femme, on peut citer l’art. 18 III, qui rappelle que « l’État a le devoir de veiller à l'élimination de toute discrimination contre la femme et d'assurer la protection des droits de la femme et de l'enfant tels que stipulés dans les déclarations et conventions internationales ».

Une autre charte qui évoque encore plus clairement l’interdiction des MGF, est la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Adoptée lors de la 26e conférence des chefs d’États et du gouvernement de l’OUA en juillet 1990, elle rentre en vigueur le 29 novembre 1999. Elle s’inspire de la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant, et contient des parties très semblables à cette dernière. L’article l’art. 21 appelle les États à prendre « toutes les mesures appropriées pour abolir les coutumes et les pratiques négatives, culturelles et sociales qui sont au détriment du Bien-être, de la dignité, de la croissance et du développement normal de l’enfant, en particulier les coutumes et pratiques préjudiciables à la santé, voir à la vie de l’enfant ». Les pratiques auxquelles l’article fait référence sont entre outre les MGF, qui tombent évidemment dans la catégorie de « coutumes préjudiciables à la santé la vie de l’enfant ».

Enfin, outre ces deux chartes, il y a encore un protocole qui renforce la Charte africaine des droits de l’homme et de peuples. Ce protocole met l’accent sur la participation des États Africains dans la coopération internationale pour protéger les droits de la femme.

Lors de la 31e session de la Conférence des Chefs d’État et du gouvernement de l’OUA à Addis Abéba en juin 1995, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples recommande l’élaboration d’un protocole sur les droits de la femme en Afrique. Une fois rédigée, elle est adoptée le 11 juillet 2003 à Maputo (Mozambique) par la Conférence des chefs d’État et du gouvernement de l’Union africaine lors de sa deuxième session. Au 26 octobre 2005, 15 États (le minimum pour qu’elle rentre en vigueur) ont ratifiés ce protocole, dont le nom officiel est celui de Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes. Ce sont les pays suivants : l'Afrique du Sud, le Bénin, le Cap-Vert, les Comores, Djibouti, la Gambie, le Lesotho, la Libye, le Malawi, le Mali, la Namibie, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal et le Togo.

Ce protocole complète les dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples dans le domaine de la protection des droits des femmes, et sa mise en œuvre sera surveillée par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, un organe qui a été mis en place pour contrôler le respect des États membres de la Charte africaine. L’article de ce protocole qui fait référence aux MGF est évoqué au début de ce paragraphe.

Il reste encore beaucoup de pays africains à ratifier ce protocole, qui met le doigt sur les droits de la femme en Afrique. Pour arriver à une égalité entre les sexes dans tout le continent Africain, il faudra que les gouvernements s’engagent vraiment dans la promotion de ces droits. On ne peut arriver à obtenir une Afrique où les femmes occupent une place égale à celle des hommes, si tout les pays ne veulent pas ratifier, et appliquer, le protocole sur les droits de la femme.

La plupart des pays occidentaux ont légiféré en faveur de l'interdiction et de la répression des pratiques de mutilations génitales féminines. Il existe toutefois des différences notables entre les pays : par exemple, la circoncision féminine, dite sunna (l'équivalent de la circoncision masculine), pratiquée pour des raisons médicales, constitue un acte légal sur les enfants aux États-Unis, qui autorisent également les autres formes de MGF sur les femmes adultes consentantes. En revanche, au Royaume-Uni, la loi prévoit une interdiction totale de tous les types de MGF. Au Canada, le seul fait de risquer de telles mutilations constitue un motif recevable de demande d'asile politique. En France, au cours de ces dernières années, plusieurs femmes ayant pratiqué l'excision sur des jeunes filles mineures ont été condamnées à des peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans , les parents étant eux-mêmes condamnés à des peines de 6 à 15 mois .

Certains pays concernés ont également interdit les pratiques de mutilations génitales féminines, mais il est alors fréquent qu'elles se perpétuent dans la clandestinité, d'autant qu'il s'agit rarement d'une question prioritaire du point de vue de ces nations. Certains autres pays ont préféré œuvrer en faveur d'une médicalisation de la procédure, tandis que d'autres n'ont encore jamais légiféré sur la question.

Dans les pays occidentaux, il existe un mouvement de plus en plus virulent en faveur de l'interdiction de ces pratiques sur les mineurs à l'échelon international. Les défenseurs des pratiques de mutilations génitales féminines voient en cela une expression de l'impérialisme culturel de l'Occident, tandis que leurs opposants considèrent que les droits de l'homme sont universels et, donc, réfutent tout argument d'exception culturelle.

La législation française fait obligation aux soignants de dénoncer toutes agressions sexuelles sur mineur. Les médecins sont tenus au signalement des cas (même potentiels) de mutilations génitales féminines, même si ces derniers sont ou devraient être effectués hors du territoire français. Depuis les années 1980, des féministes (la Dr Emmanuelle Piet, Maître Linda Weil-Curiel, entre autres) se sont emparées de l'excision en France pour faire condamner les exciseuses, les parents complices et surtout, faire de la prévention. Celle-ci, notamment au sein des PMI (Protections maternelles et infantiles), a porté ses fruits.Sur l'excision en France, de 1982 à aujourd'hui: "Exciseuse", Natacha Henry et Linda Weil-Curiel, City éditions 2007.

Une technique de chirurgie réparatrice et reconstructive existe. Elle permet de reconstituer le clitoris et de réorganiser anatomiquement la vulve sans pour le moment pouvoir rendre aux zones érogènes détruites leur sensibilité.

C'est le Docteur Pierre Foldès, urologue, qui a mis au point cette technique, inscrite à la nomenclature des actes médicaux remboursés de la Sécurité sociale française.

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Excision

Odalisque de Jules Joseph Lefebvre

Une excision est, dans son sens le plus général, l'ablation d'un petit morceau de tissu biologique. Cependant le terme excision est beaucoup plus communément utilisé pour désigner spécifiquement l'excision clitoridienne.

L'excision clitoridienne est une mutilation génitale féminine (MGF) impliquant l’ablation de la partie externe prépondérante du clitoris (clitoridectomie) et de son capuchon, parfois accompagnée de l'ablation des petites lèvres et de la suture des grandes lèvres. Cette mutilation est illégale dans la plupart des pays du monde; de nombreuses organisations militent pour son abolition mondiale. L'excision présente plusieurs variantes qui diffèrent par l’étendue de l’ablation et des pratiques annexes.

Géographiquement, la pratique se rencontre en de nombreuses parties du monde, mais elle est plus courante en Afrique sub-saharienne et dans quelques régions du Proche-Orient et de l’Asie du Sud Est (Yémen, Indonésie et Malaisie). (voir cette liste non exhaustive). Dans les pays occidentaux, ces pratiques se retrouvent dans les communautés issues de ces pays. Selon les pays, la proportion de femmes excisées varie de façon importante, allant de 1,4 % au Cameroun à 96 % en Guinée au début des années 2000.

On considère qu’environ 100 à 140 millions de femmes ont subi une excision (principalement en Afrique). Environ 2 millions de fillettes sont susceptibles de subir une telle mutilation tous les ans. Selon une étude de l'INED, 50 000 femmes ont subi des mutilations sexuelles et vivent actuellement en France.

Les pratiques d'excision sont considérées comme traditionnelles dans la mesure où elles se sont installées dans un contexte animiste ou pharaonique (c’est-à-dire bien avant l'arrivée des grandes religions monothéistes dans ces contrées). D'autre part, l'excision fait souvent office de rite de passage et de reconnaissance de la petite fille dans sa société.

Dans de nombreux cas, on observe que les mères participent activement aux mutilations de leur(s) fille(s) dans le but d’améliorer leurs chances de faire un « bon » mariage.

Le clitoris est souvent considéré comme une imperfection de la création divine, un résidu masculin devant être ôté pour que la femme soit finie. De la même manière la circoncision ou ablation du prépuce est censée enlever à l'homme la partie féminine restante. La psychanalyste Marie Bonaparte a écrit : « Les hommes se sentent menacés par ce qui aurait une apparence phallique chez la femme, c'est pourquoi ils insistent pour que le clitoris soit enlevé ».

Ainsi, actuellement, l'essentiel des populations qui pratiquent ces mutilations sexuelles sont soit animistes, soit musulmanes. Il existe aussi certaines communautés chrétiennes au Ghana ou au Togo qui pratiquent les mutilations sexuelles ainsi que la communauté juive des Falashas. Les sources religieuses juives et chrétiennes ainsi que le Coran ne font pas mention de cette pratique.

Cependant, l'Islam peut servir de moyen de justification comme d'interdiction à la pratique de l'excision. En effet n'y a pas consensus parmi les savants sunnites sur le rapport entre Islam et excision, leur position allant de l'obligation à l'interdiction pure et simple. En effet, si le Coran ne prescrit aucune obligation d'excision, certains hadiths sont utilisés par les savants recommandant ou prescrivant sa pratique pour la justifier religieusement. Est notamment mentionné, le hadith rapportant que Mahomet recommanda à une exciseuse « Effleure et n’abuse pas, car cela rend le visage plus rayonnant et est plus agréable pour le mari. ». De même, un autre hadith indique que « La circoncision est une tradition louable pour les hommes et un honneur pour les femmes. ». Dans tout les cas, si ces hadiths permettent à certains savants de recommander ou obliger l'excision, les savants défavorables à sa pratique soulignent que les chaînes de transmissions qui soutiennent ces textes seraient trop faibles pour cautionner une pratique aussi grave, d'autant qu'aucun ne mentionne d'obligation formelle.

Une autre défense de l'excision s'appuie sur les valeurs et la culture des sociétés. Ainsi, considérer la femme comme responsable de tous les manquements à la morale et aux bonnes mœurs légitime le contrôle strict de son comportement (notamment sexuel). La littérature juridique qui parle de l'excision, sans la recommander formellement, l’évoque sous le vocable de « khafdh » ou «  khifâdh » qui signifie l’affaiblissement du plaisir sexuel. Cette signification est associée à une conception du statut de la femme comme soumise à l'homme qui, en retour, se doit de défendre l'honneur de sa lignée en contrôlant la virginité des femmes pré pubères avant de les confier par contrat à un autre homme (mariage) ou en diminuant le désir sexuel (une des vertus attribuées à l'excision).

De ce fait, la pratique de l'excision déjà traditionnellement installée bien avant l'arrivée de l'Islam, n'a pas été fondamentalement modifiée par la nouvelle religion.

Il faut souligner que récemment certains responsables religieux musulmans ont innovés en s'opposant franchement à l'excision.

C'est le cas par exemple au Sénégal (où des imams éduquent les populations à risque, appuient chaque argument en citant le Coran et sensibilisent aux problèmes de santé générés par l’excision) ou en Égypte (où des responsables religieux ont appelé à l’interdiction de ces pratiques et à la punition de leurs auteurs lors d'une conférence internationale sur les mutilations génitales féminines (MGF) au Caire).

L’excision est considérée comme une mutilation grave et injuste dans les pays occidentaux, mais aussi par des organisations internationales telles que l’ONU, l’OMS et l’Unicef . Dans la plupart des pays occidentaux, elle est poursuivie et punie comme un crime grave. Il subsiste quelques régions du monde, notamment dans certains pays d'Afrique, où cette pratique reste tolérée au nom de la tradition. Toutefois, suite aux scandales internationaux que cette pratique génère, ces États ont tendance à la réprimer plus.

En raison de son caractère culturel et traditionnel, l'excision ne peut pas seulement se voir opposer le droit. En effet, la complicité des familles et des proches rend cette lutte législative sans effet direct. Cette approche n'est possible qu'une fois les mentalités éclairées.

L'excision est illégale dans la plupart des pays du monde. La plupart des pays démocratiques interdisent formellement l’excision au nom du respect des Droits de l'homme, du respect de la personne humaine et de la protection de l’enfance. Ainsi, un peu partout en Europe, des coupables d’excision sont régulièrement envoyés en prison par les tribunaux.

En France, la clitoridectomie a été préconisée à la fin du XIXe siècle par des médecins comme Thésée Pouillet (1849-1923), Pierre Garnier (1819–1901) ou Paul Broca (1824-1880) pour lutter contre l'onanisme.

Aujourd'hui l’excision constitue une atteinte à la personne. Elle entre dans le cadre des violences ayant entraînées une mutilation permanente, délit passible de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende dans le cas général. Lorsque la victime est mineure de 15 ans, cela devient un crime passible de 15 ans de réclusion criminelle, 20 ans si le coupable est un ascendant légitime (Art 222-9 et 222-10 du Code pénal). Une interdiction du territoire d’une durée de cinq ans peut également être prononcée (Art. 222-47 du Code pénal).

Cependant, souvent l'excision est pratiquée lors d'un retour au pays et donc hors du territoire national. La législation française fait cependant obligation aux soignants de dénoncer toutes agressions sexuelles sur mineur. Les médecins sont tenus au signalement des cas (même potentiels) de mutilation génitales féminines, même si ces derniers sont ou devraient être effectués hors du territoire français.

Bénin : Ce pays n’a pas de loi spécifique sur le sujet, malgré une prévalence évaluée à 50% des femmes du pays.

Burkina Faso : Une loi interdisant les mutilations génitales féminine (MGF) a été promulguée en 1996, pour entrer en vigueur en février 1997. Auparavant, il existait déjà un décret présidentiel établissant un Comité national contre l'excision et prévoyant des amendes à l'encontre des personnes reconnues coupables d'excision sur des fillettes ou des femmes. La loi de 1996 a renforcé la répression. Depuis, plusieurs exciseuses ont été condamnées à des peines d'emprisonnement.

Côte d'Ivoire : Une loi promulguée le 18 décembre 1998 prévoit que toute atteinte à l'intégrité des organes génitaux d'une femme, par voie de mutilation totale ou partielle, excision, désensibilisation ou toute autre pratique, si elle s'avère sanitairement néfaste, est passible d'une peine d'emprisonnement de un à cinq ans, et d'une forte amende (de 360 000 à deux millions de francs CFA). La peine est portée de cinq à vingt ans d'emprisonnement si la victime meurt des suites de son opération. Par ailleurs, si la procédure est effectuée par un médecin, il risque jusqu'à cinq ans d'interdiction de pratique professionnelle.

Djibouti : Les MGF ont été interdites par la révision du Code pénal du pays, entrée en vigueur en avril 1995. L'article 333 du Code pénal prévoit, pour les personnes reconnues coupables de ces pratiques, une peine d'emprisonnement de cinq ans et une amende de un million de francs de Djibouti.

Égypte : En décembre 1997, la Cour de cassation égyptienne a rendu un arrêt en faveur d'une interdiction gouvernementale des MGF, dans lequel il est stipulé que les contrevenants s'exposent à des sanctions criminelles et administratives. Il existe en outre un décret ministériel qui interdit ces pratiques. Malgré ces lois et décrets, les MGF se perpétuent encore en très grande majorité dans ce pays, même si certains comme Abou Shawareb en juillet 2005, ont décidé d'eux-mêmes de mettre fin à ces pratiques. Le Code pénal prévoit aussi des cas de « blessure » et de « traumatisme intentionnel ayant entraîné la mort », qui peuvent éventuellement être juridiquement applicables. On a relevé dans la presse au moins treize cas de personnes poursuivies sur la base des termes du Code pénal, notamment des médecins, des sages femmes et des barbiers, accusés d'avoir pratiqué des MGF ayant entraîné des hémorragies, des états de choc et des décès.

Ghana : En 1989, le chef du gouvernement du Ghana, le président Rawlings, s'est formellement prononcé contre les MGF et les autres types de pratiques traditionnelles néfastes. L'article 39 de la Constitution du Ghana contient en outre des éléments visant l'abolition des pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé et au bien-être des personnes. Certains pensent que cette loi a, en fait, généré une migration des pratiques vers la clandestinité.

Guinée : Les MGF sont illégales en Guinée, selon l'article 265 du Code pénal. Elles sont punies par une peine de travaux forcés à perpétuité et, si elles entraînent le décès de la victime dans un délai de 40 jours, le contrevenant s'expose à la peine de mort. Aucun cas de MGF n'a toutefois, à ce jour, été porté devant les tribunaux. L'article 6 de la Constitution guinéenne, qui interdit les traitements cruels et inhumains, peut aussi être interprété dans le sens de l'inclusion de ces pratiques, si un cas venait à être porté devant la Cour Suprême. L'un des membres de la Cour Suprême de Guinée travaille actuellement en collaboration avec une ONG locale, en vue d'insérer dans la Constitution guinéenne une clause spécifique interdisant ces pratiques.

Indonésie : Les autorités préparent actuellement un décret interdisant aux médecins et aux personnels paramédicaux toutes pratiques de MGF. Les MGF sont aujourd'hui encore très répandues en Indonésie. Azrul Azwar, le directeur général des affaires de santé du pays, a déclaré que « Toutes les structures de santé gouvernementales seront formées à relayer les informations concernant la décision d'interdiction et l'étendue du problème de la circoncision féminine.».

Nigeria : Au Nigeria, il n'existe aucune loi fédérale interdisant les pratiques de MGF. Les opposants à ces pratiques se réfèrent à la section 34(1)(a) de la Constitution de la République Fédérale du Nigeria de 1999, qui stipule que « aucun individu ne sera soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants », pour en appeler à l'interdiction des pratiques de MGF sur tout le territoire. Un membre du parlement a élaboré un projet de législation en faveur de l'interdiction, mais ce projet n'est pas encore passé en commission.

Ouganda : Il n'existe en Ouganda aucune loi réprimant les pratiques de MGF. En 1996, toutefois, un tribunal a statué en faveur de la prohibition de ces pratiques, sur la base des termes de la section 8 de la Charte des Enfants, promulguée cette même année, qui rend illégal le fait de soumettre un enfant à des pratiques sociales ou coutumières néfastes pour sa santé.

République centrafricaine : En 1996, le président a émis une ordonnance interdisant les MGF sur tout le territoire. Cette ordonnance a force de loi, et toute infraction à son égard est passible d'une peine d'emprisonnement allant de un mois à deux ans, et d'une amende de 5 100 à 100 000 francs centrafricains. Il ne semble toutefois pas que cette loi ait jamais été appliquée dans les faits.

Sénégal : Depuis une loi promulguée en janvier 1999, les pratiques de MGF sont illégales au Sénégal. Le président Diouf a fait un appel solennel en faveur de l'arrêt de ces pratiques et de la législation les interdisant. La loi modifie le Code pénal en faisant des MGF des actes criminels, réprimés par une sentence pouvant aller de un à cinq ans d'emprisonnement. Un porte-parole du RADDHO (Rassemblement africain pour la défense des droits de l'homme) a déclaré dans la presse : « L'adoption de la loi ne se suffit pas en elle-même, car il est désormais nécessaire de la faire appliquer rigoureusement pour que les femmes en bénéficient. » Quelques femmes se penchent sur la question.

Somalie : En Somalie, il n'existe aucune loi nationale spécifique interdisant les MGF. Le Code pénal mis en place par le précédent gouvernement prévoit toutefois des clauses de « blessures », « blessures graves » et « blessures très graves », qui pourraient éventuellement être juridiquement applicables. En novembre 1999, le Parlement de l'administration du Puntland a approuvé à l'unanimité une législation rendant ces pratiques illégales. Il ne semble toutefois exister aucun cas de mise en application de cette loi.

Tanzanie : La section 169A de la Circulaire spéciale sur les crimes sexuels de 1998 interdit les MGF. Ces pratiques sont punies de peines d'emprisonnement allant de cinq à quinze ans, et/ou d'une amende ne pouvant pas excéder 300 000 shillings tanzaniens. Cette législation a débouché sur quelques arrestations, mais qui ne semblent pas avoir, jusqu'à présent, abouti sur des poursuites pénales.

Togo : Le 30 octobre 1998, l'Assemblée Nationale a voté à l'unanimité une loi interdisant les pratiques de MGF. Les sentences prévues vont de peines d'emprisonnement de deux mois à dix ans, à des amendes de 100 000 à un million de francs togolais. Toute personne qui aurait connaissance de telles pratiques dans son entourage et qui n'en informerait pas les autorités, est passible d'une peine de un mois à un an d'emprisonnement, et d'une amende de 20 000 à 500 000 francs togolais.

Selon l’UNICEF, seulement 13 pays africains disposent de lois réprimant les mutilations sexuelles féminines et autres types de violences faites aux femmes.

La lutte contre l’excision fait partie des grands programmes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unicef. Cette dernière a même fait du 8 février 2006 la « Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines ».

En 2002, lors d’une Assemblée générale des Nations unies, la totalité des représentants se sont engagés à mettre fin aux mutilations sexuelles et à l’excision d’ici à 2010. Cette date est plutôt ambitieuse, malgré les récentes annonces (novembre 2005) faites en Afrique, où plusieurs exciseuses ont déposé leurs instruments (des lames et des couteaux, parfois rouillés).

Le chirurgien et urologue français Pierre Foldes et l’urologue Jean-Antoine Robein ont progressivement mis au point depuis le début des années 1980 une technique de réparation complète du clitoris, qui permet d’abord de supprimer la douleur latente laissée par la cicatrice. Elle résout également les problèmes obstétriques et urologiques causés par l’excision. En France, environ 800 femmes ont bénéficié de cette opération sous anesthésie générale ; quatre autres chirurgiens, formés par Pierre Foldes, pratiquent cette opération en Égypte et au Sénégal. Cette technique est inscrite à la nomenclature des actes médicaux remboursés de la Sécurité sociale française.

Marie-Noël Arras a recueilli leurs témoignages ainsi que celui de Mahoua Kone, temps fort, pour prouver, si besoin est, combien il est important d'informer sur la possibilité de réparer une mutilation qui touche aujourd'hui en France environ 60 000 fillettes selon le ministère de la santé !

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Épître aux Romains

L'Épître aux Romains est un livre du Nouveau Testament.

Elle est envoyée par l'apôtre Paul à l'Église de Rome.

L'épître aux Romains est certainement la plus importante des épîtres non seulement par sa taille (c'est la plus longue) mais surtout pour son contenu et son enseignement.

Les idées développées dans cette épître forment le fondement de la doctrine des Églises chrétiennes. Les interprétations de cette lettre sont à l'origine des divers mouvements et évolutions du monde chrétien.

Elle fut écrite lors du troisième voyage de Paul, probablement à Corinthe, ou sur le chemin du retour.

Rome est une Église naissante qui ne fut pas fondée par Paul, mais à laquelle Paul envisage de rendre visite. À Rome, se côtoient des Judéo-chrétiens et des pagano-chrétiens (appelés souvent Grecs). Les deux communautés initialement séparées doivent apprendre à cohabiter et coopérer. Les juifs à Rome formaient une communauté mal acceptée. Quelques années auparavant, ils en avaient d'ailleurs été exclus par décret. Paul profite de cette épître pour souligner l'importance de l'Ancien Testament et sa continuité avec le nouveau et redonne ainsi une place privilégiée au peuple d'Israël dans l'histoire du salut. Paul exhorte donc les deux communautés à s'entendre. C'est la deuxième partie de la lettre.

C'est la première partie de la lettre.

Elle se présente sous forme d'un exposé méthodique. Paul y évoque la malédiction du péché, la détresse de l'humanité et lui oppose la justice de Dieu et sa compassion, la puissance de la grâce, la justification par la foi, la gloire du Christ ressuscité et la force de l'action de l'Esprit.

Texte fondateur de toutes les Églises chrétiennes, il est passage obligé dans une culture religieuse.

Nous proposons ci-dessus un plan général de l'épître. Ce découpage ne saurait être absolument exhaustif. (Il est donc une forme d'interprétation.) Il est une proposition et un autre pourrait être proposé.

Ce désir de témoigner de la foi s’accompagne de la certitude que Paul n’a pas « à rougir de l’évangile : il est une puissance de Dieu, pour opérer le salut de tout homme qui croit, en premier lieu du Juif, du Grec ensuite. » La phrase est synthétique : elle affirme 1) que l’évangile est une puissance de salut donnée par Dieu, 2) que le salut est pour tous (pour le Juif comme pour le Grec, c'est-à-dire le païen), 3) que les juifs bénéficient d’une préférence.

La bonne nouvelle est une révélation, une manifestation de la sainteté/justice de Dieu, cette sanctification se fait par la foi, « s’épanouit par la foi, selon qu’il est écrit : Celui qui est juste par la foi, vivra » (Hab., 2,4).

Ces versets, selon le commentaire de Pierre Lémonon, constituent "la pierre angulaire de la réflexion de Paul".

Dans ce passage, Paul montre que l'impiété des hommes (en dépit de leur connaissance naturelle de Dieu) est la source de leur malheur.

En comparaison au salut par la foi du juste affirmée au verset 17, répond symétriquement au verset 18 la colère de Dieu à l'égard de l'impiété ("du refus de Dieu") et de l'injustice.

Paul rappelle qu'au jour du jugement de Dieu, "il sera rendu à chacun selon ses œuvres". D'une part ceux qui "font le bien avec persévérance" et cherchent "la vie impérissable" auront "la vie éternelle" ; d'autre part, "ceux qui refusent la vérité pour se donner à l'injustice" recevront la colère et l'indignation. Ce jugement sera pour tous les hommes (qu'ils soient juifs ou païens, etc.) : "car Dieu ne fait pas de différences entre les hommes" (2,11). (C'est aussi le gage que ce jugement sera juste, sans préférence.) Paul insiste de cette manière sur l'universalité du salut, qui intéresse tout homme.

Dieu rétribuera chacun selon ses œuvres. Paul rappelle que ce jugement se fera sur les buts que l’on s’est donné. « La vie éternelle pour ceux qui, par leur persévérance dans le bien, recherchent la gloire, l’honneur et l’immortalité ». Il y a une gloire que l’on peut légitimement chercher, mais non pas la gloire des hommes, celle de Dieu ; une reconnaissance mais non pas au près des injustes, mais des saints.

Il n'est donc pas possible, ni de se prévaloir d'un privilège par la connaissance de la Loi, ni de prétexter son ignorance. En effet, affirme Paul, certains ont péché en connaissant la Loi, d'autres l'ont mis en pratique sans la connaître. Or "ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont saints devant Dieu, mais ceux qui mettent la loi en pratique qui seront justifiés." Ainsi le salut ne dépend pas du fait d’être juif ou non, mais de pratiquer la loi. Cette loi est inscrite dans le cœur et non seulement dans la bible. Le témoignage de la conscience est l’expression de cette loi intérieure.

Paul s'indigne de l'homme religieux qui enseigne les autres sans être capable de s'enseigner lui-même (2,21).

Cependant, il est probable qu'il ne soit pas question dans ce texte d'abolir pour autant les rites, mais bien plutôt de seulement relativiser leur place. En effet, les juifs gardent malgré tout une supériorité : "Mais alors, le juif a-t-il quelque chose de plus, sa circoncision est elle utile ? Bien sûr, c'est avantage est grand à bien des égards. Et d'abord, parce que les paroles de Dieu lui ont été confiées." (3, 1-2) Par ailleurs, Dieu demeure fidèle à sa promesse faite à Israël.

Il n'y a donc pas une supériorité absolue du juif sur le païen. "Les juifs et les païens sont tous sous la domination du péché" (3,9). Paul s'appuie principalement, pour l'affirmer, sur les psaumes.

Après avoir affirmé que le péché est présent aussi bien chez ceux qui possèdent la Loi que chez les païens, Paul entreprend de montrer que la justification est indépendante de la possession de la Loi, qu'elle est "donnée par la foi en Jésus-Christ, pour tous ceux qui croient" (3, 22).

Ce n'est pas "au nom d'une loi qu'il pratiquerait" qu'il est sauvé, mais par la foi. Il appuie cette démonstration que si nous posions le contraire, il faudrait dire que Dieu serait seulement le Dieu des juifs. Or "il est aussi le Dieu des païens, puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu" (3, 29-30). Il n'y a qu'un seul mode de justification, commun aux païens et aux juifs : la foi.

En effet, ce n'est pas par ses actions qu'Abraham fut élu, mais par sa foi. Or cette élection date d'avant sa circoncision. Ce n'est pas sa circoncision qui a fait de lui un juste, au contraire "il reçut la circoncision comme la marque de la justice obtenue par sa foi" (1, 11). Abraham est donc tout autant le Père de ceux qui n'ont pas la circoncision, il est le Père des croyants, puisque Dieu a promis que c'est par leur foi que les descendants d'Abraham recevront la Terre en héritage. Cette descendance est donc immense, selon la promesse même du Seigneur.

Nous pouvons avoir confiance dans notre salut, "l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné".

Le chapitre 1 contient les salutations de Paul aux Romains.

Les chapitres 2 à 11 comprennent plusieurs déclarations concernant la doctrine de la foi, des œuvres et de la grâce.

Les chapitres 12 à 16 contiennent des enseignements pratiques sur l'amour, le devoir et la sainteté.

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Source : Wikipedia