Chili

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Posté par hal 16/03/2009 @ 11:18

Tags : chili, amérique, international, environnement

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Chili

Drapeau du Chili

Étant présent sur trois continent, l'Amérique du Sud l'Océanie et l'Antarctique le Chili peut se définir comme étant un pays tricontinental. La capitale de ce pays à la forme allongée porte le nom de Santiago du Chili.

On y parle l’espagnol, dans sa variante spécifique au Chili, mais aussi des langues amérindiennes comme le Runa Simi, le Mapudungun ou l’Aymara, et une langue polynésienne, le vânaga rapanui (sur l’Île de Pâques), dont aucune n’a le statut officiel.

La monnaie nationale est le peso (CLP). Au 12 mars 2009, il faut 770 pesos chilien pour 1 € contre 595 pour le dollar des États-Unis.

De nombreuses hypothèses ont été émises sur l’origine du nom du pays.

Selon l’une d’entre elles, les conquistadors installés au Pérou appelaient la région australe valle de Chile. À noter que nombre de noms propres hispanisés proviennent de noms locaux de fleuves et rivières (Pérou pour río Virú, Lima pour río Rimac). Il se peut que le nom du pays soit lié à celui de la rivière qui traverse la ville d'Aréquipa au Sud du Pérou, le río Chili.

Selon l’Abate Molina, le nom viendrait de trih o chi, expression utilisée pour désigner un oiseau ayant des taches jaunes sur ses ailes.

Selon l’historien Ricardo Latcham, le nom viendrait d’un groupe d’Amérindiens (les Mitimaes) capturé par les Incas, qui provenait d’une région du Pérou où il existait un fleuve portant ce nom.

Une autre théorie anonyme soutient que l’origine est aymara car l’inca Tupac Yupanqui avait donné ce nom aux terres conquises au sud de l’empire inca, jusqu’à la vallée de l’Aconcagua (signifiant « gelé » ou « là où se termine la terre » en aymara).

Cependant, le nom du pays n’a aucun rapport avec le mot espagnol chile qui désigne le piment.

Diverses recherches montrent que les premières populations ayant habité le pays seraient arrivées vers 35.000 ans av. J.-C., période du Pléistocène pour le site préhistorique de « Monte Verde I » et vers 15.000 ans av. J.-C. pour le site de « Monte Verde II » (fin du Pléistocène et début de l’Holocène (vers la fin du paléolithique supérieur). Le Chili préhispanique était peuplé par divers peuples amérindiens qui s’étaient installés à la fois dans la Cordillère des Andes et sur la côte. Dans la zone nord du pays, les Aymaras et les Atacaméniens commencèrent vers le XIe siècle de notre ère à cultiver la terre à la façon des Incas (culture en terrasse à flanc de montagne avec diverses canalisations). Au XVe siècle, les Incas ont pris possession du territoire de l’actuel Chili jusqu’au fleuve Maule. Au sud de l’Aconcagua, des communautés semi-nomades comme les Mapuches étaient installées. Dans la zone australe du pays, divers peuples amérindiens ont vécu, comme les Chonos, les Tamanas, les Alacalufs et les Onas. Dans l’île de Pâques se développa une culture polynésienne éteinte de nos jours.

Côté Pacifique, différentes cultures et peuples coexistaient : Aymaras, Changos, Chinchorros, Atacamas et Diaguitas dans le nord ; Picunches, Mapuches, Huilliches et Chonos dans la région centrale et sud ; et Onas, Yaganes et Alacalufs dans la Patagonie et la Terre de Feu. Les Mapuches ont formé la communauté la plus nombreuse.

En 1520, Fernand de Magellan est le premier explorateur européen à mettre pied sur le territoire de l’actuel Chili après avoir découvert le détroit qui porte actuellement son nom. En 1535, les conquistadores espagnols tentent de conquérir le territoire de la valle de Chile en combattant les Incas. L’expédition de Diego de Almagro est un échec. Celle de Pedro de Valdivia effectuée en 1536 est plus convaincante. Valdivia fonde une série de villages comme Santiago du Nouveau Extrême le 12 février 1541 ou Valdivia en 1545.

Valdivia commence une laborieuse campagne militaire contre les populations indigènes des Mapuches. C’est la guerre d’Arauco qu’Alonso de Ercilla relate avec passion dans son œuvre La Araucana (en 1576). Pedro de Valdivia meurt en 1553 à la suite d’une insurrection des Mapuches. Les principales invasions des amérindiens du sud du Chili interviennent de 1598 à 1655.

En 1683, l’esclavage est aboli et cela permet d’établir des relations plus sereines entre les colons et les Mapuches. Par la suite, divers affrontements ont lieu jusque vers le milieu du XIXe siècle pour la possession de terres les plus australes. Durant une longue période, le fleuve Biobio marque la frontière entre le gouvernement colonial et les tribus amérindiennes.

La capitainerie générale du Chili (également connue sous le nom de Reino de Chile) est à l’époque une des colonies les plus australes de l’empire espagnol. Du fait de sa position géographique, c’est une colonie stratégique, protégeant le détroit de Magellan et une colonie économique dont les ressources naturelles étaient extraites pour le compte de la vice-royauté du Pérou.

Le 18 septembre 1810, un groupe de Créoles profite des invasions napoléoniennes en Espagne pour initier un processus d’autodétermination et constituer une junte.

Commence ainsi une période connue sous le nom de Patrie ancienne, qui va durer jusqu’au désastre de Rancagua en 1814, quand les troupes royalistes reprennent le contrôle du territoire. Les troupes indépendantistes comptant 6 514 soldats se réfugient alors à Mendoza, unissant leurs forces aux troupes de la province d’Argentine qui comptaient 2 600 soldats, formant ainsi l’armée des Andes. Cette dernière libère le Chili après la bataille de Chacabuco, le 12 février 1817. L’année suivante, l’indépendance du Chili est déclarée et le pays est placé sous l’autorité de Bernardo O’Higgins qui prend le titre de Commandeur Suprême.

Celui-ci entame des réformes qui provoquent un mécontentement de l’aristocratie, ce qui l’oblige à abdiquer en 1823. Durant dix ans, le Chili est soumis à une série de réformes qui tentent de donner une organisation au pays. Après une série de victoires des conservateurs, avec la révolution de 1829, une période de stabilité commence. Elle est appelée République conservatrice. Le Ministre Diego Portales est alors le principal protagoniste de l’organisation du pays grâce à la Constitution de 1833.

Peu à peu, le pays commence à étendre son influence sur le continent tant au nord qu’au sud. L’économie commence à décoller avec la découverte de minerais de Chañarcillo et la croissance des échanges commerciaux à partir du port de Valparaiso. Cette source de prospérité entraîne un conflit avec le Pérou, pour la suprématie maritime sur le Pacifique. La formation de la Confédération péruvienne et bolivienne est considérée comme une menace pour la stabilité du Chili. Ainsi, Portales déclare la guerre qui se termine avec la victoire de la bataille de Yungay en 1839 et la dissolution de la Confédération. Au même moment, le pays tente de prendre le contrôle des régions australes. Il étend son territoire en Araucanie et colonise Llanquihue, Osorno et Valdivia en faisant venir des colons allemands. La région de Magellan est incorporée en 1843 et la zone d’Antofagasta commence à être habitée.

Après trente ans de gouvernement conservateur (1831-1861) commence une période où le parti libéral (la gauche, au sens anglophone du terme) prend possession du pouvoir. À ce moment-là, la croissance économique est très forte, grâce à l’exploitation du salpêtre dans la zone d’Antofagasta. Cette richesse provoque la jalousie de la Bolivie qui revendique la possession du territoire. Même avec la signature de plusieurs traités en 1866 et 1871, les deux pays ne trouvent pas de solution. Ainsi, le 14 février 1879, le Chili prend possession du port d’Antofagasta, déclarant la guerre à la Bolivie. Le 5 avril 1879 a lieu le Combat naval de Iquique.

Le Pérou, quant à lui, a préalablement signé un pacte secret avec la Bolivie en cas de conflit avec le Chili. La guerre du Pacifique commence. Elle se termine par la bataille de Huamachuco le 10 juillet 1883 et la victoire du Chili. Après ce conflit, le Chili prend possession des zones d’Antofagasta et des provinces de Tarapacá, Arica et Tacna (cette dernière est restituée au Pérou en 1929). Le pays résout par la même occasion le problème de frontière avec l’Argentine en cédant une grande partie de la Patagonie et la Puna de Atacama. Enfin, dans le sud du territoire se termine la guerre d’Arauco avec la « pacification » de l’Araucanie en 1881 et l’intégration de l’île de Pâques en 1888.

En 1891, le conflit entre le président José Manuel Balmaceda et le Congrès aboutit à une guerre civile. Les congressistes remportent la bataille et mettent en place la République parlementaire.

Les années qui suivent sont marquées par une période de prospérité économique, par une instabilité politique et le début du mouvement prolétaire appelé Cuestión Social. Ce dernier se met en place à cause de la « mauvaise répartition de la richesse ». Après dix ans de pouvoir de l’oligarchie, Arturo Alessandri Palma est élu. Il représente le lien manquant mais provisoire entre une élite et les « chers pauvres » (queridas chusmas en espagnol). Malgré cela, la crise continue et Alessandri renonce au pouvoir après avoir promulgué la Constitution de 1925 qui donne naissance à une République de type présidentielle.

La baisse de la demande de nitrate et les premières luttes ouvrières causées par de mauvaises conditions de travail créent un climat d’instabilité sociale et politique au cours des années 1920. Le président Arturo Alessandri entreprend des réformes sociales et promulgue la Constitution de 1925. Mais la crise mondiale de 1929 plonge le Chili dans la récession et l’agitation sociale. Les gouvernements se succèdent ainsi que les coups d’État. Carlos Ibáñez del Campo devient président de facto en 1927, suspend les élections et gouverne par décrets, tout en envoyant en exile son rival Marmaduque Grove, qui avait participé avec lui au coup d'Etat de 1925. Les conséquences de la Première Guerre mondiale (où le pays s’est déclaré neutre), la mauvaise politique économique et les moyens utilisés pour amoindrir les effets de la Grande Dépression ont eu des conséquences sur le salpêtre, produisant ainsi une crise économique au cours de laquelle le Chili subit une forte récession économique.

Ibáñez démissionne en 1932 et l’instabilité politique s’accentue par un coup d’État qui donne naissance à la République Socialiste du Chili qui dure seulement douze jours avant qu’Alessandri reprenne le pouvoir et redresse l’économie. L’arrivée d’Alessandri a pour effet d’amoindrir les tensions entre les partis politiques. Il y a aussi une crise sociale ; de nouveaux acteurs exigent des transformations dans la façon de gouverner le pays. Pedro Aguirre Cerda est élu président en 1938 grâce à une alliance (le Front populaire du Chili) qui s’oppose à l’élite au pouvoir. Des réformes sociales et politiques font du Chili un des pays les plus avancés du point de vue de la législation et de la protection sociale. Le cuivre remplace peu à peu le nitrate dans l’économie nationale (à cause de la demande mondiale et surtout en raison de la découverte de la mine de Chuquicamata). Le pays s’industrialise progressivement, et le nombre d’ouvriers augmente.

Le gouvernement de Aguirre Cerda réussit divers changements, principalement économiques, en posant les bases de l’industrialisation chilienne à travers la création de la CORFO. Il entraîne toutefois une période de radicalisme. Au niveau géopolitique le pays réclame le Territoire chilien de l’Antarctique. Les réformes s’arrêtent brutalement avec la mort du président en novembre 1941, durant la Seconde Guerre mondiale. Juan Antonio Ríos, son successeur, doit affronter l’opposition et les pressions des États-Unis pour entrer en guerre contre les pays de l'Axe ; la déclaration de guerre est signée le 20 janvier 1943. En 1946, avec l’appui du Parti communiste, le radical Gabriel González Videla est élu Président. Cependant, le début de la Guerre froide oblige à interdire le parti communiste au moyen de la Loi de Défense de la Démocratie (Ley Maldita). En 1952, Carlos Ibáñez del Campo reprend le pouvoir – cette fois-ci au moyen d’une élection –, mais il perd la faveur de la population en raison de la mise en place de réformes libérales.

En 1958, l’indépendant de droite Jorge Alessandri est élu. Il doit affronter les conséquences du Tremblement de terre de Valdivia de 1960, le plus fort jamais enregistré, ainsi que l’organisation de la Coupe du monde de football, en 1962. S’établit alors le système des los très tercios (trois tiers) composés par la Droite, le Parti démocrate-chrétien et la Gauche de l’Unidad Popular. Craignant une victoire de la Gauche (l’Unidad Popular), la Droite soutient le démocrate chrétien Eduardo Frei Montalva qui est élu en 1964. Le président tente de réaliser la Revolución en Libertad (La Révolution en Liberté) au travers de nombreuses réformes comme la Réforme agraire et la chilénisation du cuivre (appropriation par des Chiliens de mines appartenant auparavant aux États-Unis). À la fin de son mandat, la tension politique produit une série d’affrontements. L’obstruction de la droite au Congrès augmente.

Les États-Unis n'interviennent pas directement dans la campagne électorale, même si la candidature du conservateur Jorge Alessandri est soutenue par la compagnie International Telephone and Telegraph (ITT) (environ 350 000 dollars américains). Il n’y a pas de comparaison possible avec ce que les entreprises ont donné durant la campagne de Frei, quand il existait une assistance électorale.

Le 4 septembre 1970, lors de sa quatrième tentative, le candidat de l’Unité populaire, Salvador Allende, arrive en tête de l’élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateur Jorge Alessandri (34,9 %) et le démocrate chrétien Radomiro Tomic (27,8 %). Le score d’Allende a reculé de trois points par rapport à sa précédente candidature en 1964. En l’absence de nouveau tour de scrutin, celui qui arrive en tête doit être confirmé par le Congrès, dominé par les démocrates chrétiens et les conservateurs. Le 24 octobre 1970, les socialistes (alors partisans de l’instauration d’un État révolutionnaire depuis le congrès de Chillán en 1967) obtiennent des démocrates chrétiens l’investiture d’Allende en échange de la promesse de respecter les libertés et la légalité. Les alessandristes ont peur du gouvernement socialiste, alors que les allendistes et les démocrates-chrétiens expriment leurs joies dans la rue.

Devenu ainsi le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste et disposant d'une majorité parlementaire grâce au soutien des démocrates-chrétiens, Allende intensifie les réformes de son prédécesseur. Les mines de cuivre (qui représentent les trois quarts des exportations) avaient été nationalisées à 51 % par Eduardo Frei Montalva, Allende exproprie la partie restante sans indemniser les compagnies américaines. Il accentue sensiblement la politique de redistribution des terres en faveur des paysans pauvres. Beaucoup d'autres entreprises sont réquisitionnées ou nationalisées (dont neuf banques sur dix).

Si les résultats économiques de la première année au pouvoir d'Allende sont bons, les deux années suivantes vont être catastrophiques. L'inflation explose (508 % entre décembre 1972 et décembre 1973), le PIB se contracte (-3,6 % en rythme annuel) et la valeur de la monnaie chilienne chute. La politique monétaire trop expansionniste et la chute du prix du cuivre d'environ un tiers de 1970 à 1972 sur les marchés mondiaux sont en grande partie responsables de ces résultats désastreux. Le gouvernement tente d'enrayer la crise en fixant les prix des denrées, ce qui provoque un développement du marché noir et des pénuries. En 1972 commencent les marches des casseroles vides par lesquelles les ménagères expriment qu'elles n'ont plus rien à cuire.

En mars 1973, les démocrates chrétiens et les conservateurs présentant une liste unique obtiennent 55,6 % des voix aux élections législatives. Malgré une amélioration de son score électorale (44,1 %), l’Unité populaire d’Allende est minoritaire et le budget annuel 1973 n'est pas voté. Allende est cependant à l’abri d’une destitution, l’opposition ne réunissant pas les deux tiers des voix et des sièges ; il décide alors de reconduire le budget de 1972 pour l'année 1973 par décret; cette disposition légale, mise en place sous le gouvernement socialiste de Marmaduque Grove de 1932, lui permet de se passer de l'accord du Parlement.

Allende tente aussi d'obtenir le soutien actif de la population ; des milices ouvrières se constituent dans les villes et les campagnes pour entretenir la légitimité révolutionnaire du gouvernement. L'opposition conservatrice et les démocrates chrétiens, incapables de bloquer les décisions d'Allende du fait de la marginalisation du parlement, mobilisent à leur tour la rue. Ils organisent ou apportent leur contribution à une série de révoltes et de manifestations (la plus célèbre étant la grève des camionneurs), qui paralysent le pays alors que son économie est déjà très affaiblie par les réformes d'Allende. Dans le même temps,on assiste à la montée en puissance de groupes paramilitaires d'extrême-droite et le pays vit une guerre civile larvée où s’opposent les milices d'extrême gauche (MIR) à ces dernières.

Durant l’été 1973, de multiples grèves et des insurrections menacent la stabilité du pays alors que Allende déclare : « Si la révolution ne peut passer en souplesse, elle passera en force. » Le 23 août 1973, le président Salvador Allende, nomme Pinochet général en chef des armées à la suite de la démission de Prats.

Les États-Unis cherchent à affaiblir Allende. Les crédits accordés par les Américains au Chili passent de 300 à 30 millions de dollars et si dans le même temps l'aide des pays socialistes et européens sur-compense cette perte (600 millions de dollars de nouveaux crédits), le Chili demeure très dépendant des États-Unis (notamment pour des pièces détachées) et les répercussions néfastes de cette politique sont nombreuses.

La CIA est également active, elle disposera sur ces 3 années d'un budget de sept millions de dollars pour soutenir l'opposition démocratique à Allende. Elle l'emploiera principalement pour aider les partis politiques (démocrates-chrétiens et conservateurs, qui recevront la moitié de l'aide), les journaux anti-Allende (El Mercurio, le plus grand quotidien du pays bénéficiera à lui seul d'un cinquième de l'aide) et dans une moindre mesure des organisations privées. Les groupes paramilitaires d'extrême-droite sont par contre délaissés, Patrie et Liberté ne recevra que 1.000 dollars entre 1970 et 1971 puis plus rien. Les autorités américaines rechignent à aider les grévistes anti-Allende. La proposition d'un soutien a été abordée plusieurs fois au sein du Comité 40 (chargé de définir et de contrôler les activités de la CIA) mais elle a toujours été repoussée. Une partie des fonds fournis par la CIA aux partis d'opposition et aux organisations privées aurait néanmoins été détournée par ces derniers pour supporter les camionneurs,. Réagissant aux nationalisations effectuées par le gouvernement d’Allende, plusieurs firmes américaines dont l'ITT apportent leur concours à cette stratégie.

L’administration Nixon fut enchantée du coup de 1973. Mais, si de nombreuses accusations sont formulées, aucun élément ne permet cependant d’affirmer que les États-Unis ont directement participé au coup d’État proprement dit du 11 septembre 1973. Le rapport de la Commission Church du Sénat des États-Unis, en 1976, a conclu que les États-Unis n’avaient pas eu de rôle direct dans l’événement. Kissinger affirme par ailleurs que les grandes manœuvres américaines étaient terminées à l’époque du coup, ce qui est confirmé par les archives. Peter Kornbluh, chercheur au National Security Archive, qui a participé à une campagne pour la déclassification des archives de la CIA, déclare à Libération : « si les États-Unis n'ont pas directement participé au complot du 11 septembre 1973, ils ont tout fait pour préparer le coup d'État contre Allende ».

Le 11 septembre 1973, un coup d’État mené par le général Augusto Pinochet, renverse Salvador Allende, qui se suicide dans le palais de la Moneda. Ce coup d’État est accueilli avec soulagement par les démocrates chrétiens et les conservateurs qui espèrent récupérer rapidement le pouvoir. Mais la junte militaire prend le pouvoir et le conservera jusqu’en 1990, imposant une dictature. Elle est dirigée par Augusto Pinochet et est composée des commandants en chef des trois armées et du chef de la police. Ce coup d’État se fait sous le regard des caméras et a un grand retentissement en Europe.

La junte dissout le Congrès national, les conseils municipaux, les syndicats et les partis politiques. La liberté de la presse est abolie, le couvre-feu instauré. Tout ce qui est littérature de gauche est interdit. Les opposants sont arrêtés, torturés, déportés ou exécutés. En dix-sept ans, le régime du général Pinochet est responsable de la mort ou de la disparition de 2 279 personnes (par comparaison, la dernière dictature argentine est responsable de trente mille morts en sept ans), de l’emprisonnement de plus de 100 000 personnes ; sur le million d’exilés durant cette période, 16 0000 sont exilés politiques.

En 1977, Pinochet confie l’économie du pays aux théoriciens de l’école de Chicago, les Chicago boys, de jeunes économistes chiliens comme José Piñera et Hernán Büchi, souvent formés à l'Université de Chicago et influencés par les idées de Milton Friedman et d'Arnold Harberger. La croissance atteint 8 % par an pendant 5 ans mais est temporairement ralentie par la crise économique mondiale, qui touche le Chili entre 1982 et 1985 ; sous l’influence de la hausse mondiale de l'inflation, l’inflation nationale atteint 27,3 % en 1982. Celle-ci génère une série de protestations de la population contre le régime politique et le libéralisme. Toutefois, dès 1985, l’économie du pays revient au vert.

Les réformes engagées sont d’inspiration libérale et se caractérisent par la privatisation de la plupart des entreprises publiques et la baisse des dépenses publiques. Selon Orlando Caputo, économiste à l’Université du Chili, le terrorisme politique et économique des 4 derniers mois de 1973 - à partir du coup d’État du 11 septembre -, parvint à faire baisser la part des salaires dans le Produit Intérieur Brut (PIB) de 52% en 1972 à 37% en 1973. 15% qui équivalent à une diminution de 30% de la masse globale annuelle des salaires. De 1979 à 1989, la participation des salaires dans le PIB a poursuivi sa chute, alors que les profits ont augmenté. À la fin de la dictature, la part des salaires était descendue à 31 et 32% respectivement et les profits atteignaient 56%. Paradoxalement, en même temps que le richesse augmente, la pauvreté s'accroît. Ce n'est un secret pour personne que les statistiques basées sur les revenus "per capita" sont fausses. Lorsqu'on dit que dans un pays chaque habitant mange 100 poulets, on ne tient pas compte de ceux qui ne voient ni les poulets ni leurs os. En fait, le Chili, avec une population de 13 millions d'habitants, compte 4 millions de pauvres dont 1,5 million d'indigents. C'est un chiffre trop élevé (un tiers de la population) pour un pays montré systématiquement dans les informations internationales, comme un "modèle de croissance économique". Bien que le chômage et l'inflation aient diminué, les travailleurs, acteurs de l'expansion économique, ont vu s'évanouir la plupart des anciennes conquêtes syndicales. Les salaires sont bloqués et le pouvoir d'achat continue de diminuer. Le cadre des négociations salariales reste celui dénommé "Plan laboral", créé en 1979 pendant le régime militaire. C'est un ensemble de lois disproportionnées qui, en favorisant l'employeur, ont atomisé le mouvement syndical chilien, jadis combatif, et ont neutralisé toute tentative de grève et de revendication collective et étouffé la solidarité et l'unité des travailleurs. Affirmer que les "pauvres sont moins pauvres" ne correspond pas à la réalité. En 1979, les 10 % les plus pauvres de Santiago percevaient 1,4 % du revenu national ; en 1991, ce même revenu a été ramené à 1,2 %. Au cours de cette période, les bénéfices des 10 % les plus riches de la capitale sont passés de 39,1% à 41,3 %. Au niveau national, selon une étude récente de l'Université de Santiago, la participation à la richesse a diminué de 40,4 % à 38,4 % y compris parmi la classe moyenne du pays, tandis que pour les secteurs les plus riches, la moyenne est passée de 55 % à 56,9 %.

Le Chili participe activement au plan condor visant à éliminer physiquement les opposants aux dictatures militaires. Mais le Chili et l’Argentine s’affrontent en 1978 dans le Conflit du Beagle pour la possession de quelques petites îles australes. Ce conflit manque de peu de provoquer une guerre entre les deux pays, et le Chili sera le seul pays d’Amérique du Sud à soutenir politiquement le Royaume-Uni durant la guerre des Malouines.

À partir de 1978, la junte militaire entreprend d’établir une constitution remplaçant la Constitution de 1925 qui est considéré par la junte comme la source de la crise institutionnelle. Celle-ci est élaborée par la Commission Ortúzar dirigé par Enrique Ortúzar et Jaime Guzmán. Cette loi fondamentale contenait des dispositions transitoires et devait entrer en vigueur 16 ans plus tard. Elle installait Pinochet comme président pour huit ans et prévoyait une période additionnelle de huit autres années de gouvernement militaire, avec un candidat unique désigné par les autorités militaires et qui devait être ratifiée lors d’un plébiscite. Elle remplace le système proportionnel par un système binominal lors des élections et l’établissement d’un second tour dans les élections présidentielles et instaure un Tribunal Constitutionnel chargé de valider les lois.

La constitution est approuvée après un plébiscite qui a lieu le 11 septembre 1980. Le scrutin, organisé dans des conditions controversées, donne 67 % pour le Oui. Pinochet est reconduit au pouvoir pour huit ans.

En 1988, Pinochet demande la prolongation de son mandat par référendum mais n’obtient que 44,01 % d’approbation, contre 55,99 % de votants qui demandent son départ et la fin de la dictature. Il organise alors une transition en douceur vers la démocratie (tout en se garantissant une immunité constitutionnelle).

Après la défaite d’Augusto Pinochet lors du plébiscite de 1988, la constitution est amendée par Pinochet pour provoquer des élections, et faire élire de nouveaux sénateurs, diminuer le rôle du Conseil de Sécurité Nationale et y mettre autant de membres civils que de militaires (quatre membres de chaque ensemble). Beaucoup de politiciens chiliens considèrent ce Conseil de Sécurité comme des restes du régime autoritaire. Tout est fait pour réformer la constitution.

En décembre 1989 a lieu le premier tour des élections présidentielles qui est le point de départ du régime démocratique. Le démocrate chrétien Patricio Aylwin, candidat de la Concertación (regroupant le Parti Démocrate chrétien, le parti socialiste, le Parti pour la Démocratie, et le parti radical social démocrate), affronte Hernán Büchi, candidat de la coalition Alianza por Chile (regroupant l’Union démocrate Indépendante et la Rénovation nationale). En février 1991, la commission Vérité et Réconciliation, établie un an auparavant par Aylwin, informe sur les violations des Droits de l’Homme effectués durant le régime militaire.

Le 11 mars 1990, suite à des élections démocratiques, Pinochet cède son poste de président de la république au démocrate chrétien Patricio Aylwin, élu à la tête d’une coalition — la Concertación — englobant les héritiers du socialisme d’Allende. Pinochet demeure encore sept ans chef des armées.

Alywin doit remettre en place la démocratie, établir une nouvelle politique nationale, maintenir la bonne santé économique du pays, et pour cela il conserve le régime libéral instauré sous Pinochet. Enfin, encore plus important pour les Chiliens, l’armée doit reconnaître les violations des Droits de l’Homme commises pendant la dictature.

Le 11 mars 1994, Eduardo Frei Ruiz-Tagle devient président de la République. Il est élu grâce à la coalition de la Concertación. Son gouvernement qui dure six ans, se caractérise par la bonne santé économique du Chili grâce à l’ouverture du marché chilien à l’étranger (les années 1990-1997 se caractérisent par une croissance annuelle du PIB de l’ordre de 7 %). Cependant à la fin de son mandat, une nouvelle crise économique effecte le pays. En 1999, le PIB du Chili régresse même de 0,3 %, à cause des conséquences de la crise économique asiatique.

En octobre 1998, retraité et sénateur à vie, Pinochet est arrêté à Londres à la suite du dépôt d'un mandat d’arrêt du juge espagnol Baltasar Garzón, et mis en résidence surveillée. Ce problème à pour conséquence de raviver les tensions entre les différences partis politiques du pays.

Après des élections assez difficiles, Ricardo Lagos devient président en mars 2000 (en étant le troisième président de la Concertación et le premier président socialiste depuis Salvador Allende) dans un climat économique relativement mauvais. Lagos devient populaire car il remet l’économie au vert, met en place de nombreuses réformes comme l’école gratuite et obligatoire jusqu’à 18 ans, légalise le divorce et l’avortement en 2004. De plus, Lagos signe de nombreux traités de libre-échange, principalement avec l’Union européenne et les États-Unis.

De retour au Chili presque deux ans plus tard (en mars 2000), le général Pinochet est accueilli par une centaine de milliers de ses partisans, alors que des procédures judiciaires sont engagées contre lui.

En 2004, la cour d’appel de Santiago lève l’immunité constitutionnelle d’Augusto Pinochet pour ses responsabilités dans l’opération Condor, un plan des dictatures sud-américaines des années 1970 pour éliminer leurs opposants. En juin 2005, il est finalement relaxé par la cour d’appel. Les recours déposés par les familles de victimes sont jugés « irrecevables». Cette relaxe est confirmée définitivement le 15 septembre 2005 par la Cour suprême.

Le 15 janvier 2006, Michelle Bachelet est élue au second tour avec 53,5 % des suffrages . Elle prend le poste de présidente de la République le 11 mars 2006. Elle devient ainsi la première femme dans l’histoire du Chili à devenir présidente. Son gouvernement se caractérise par une parité homme/femme.

Le général Pinochet meurt à l’hôpital militaire de Santiago du Chili le 10 décembre 2006.

Comme le précise la Constitution politique de 1980, le Chili est un État unitaire, avec un territoire divisé en 13 régions. La nation possède la souveraineté du pouvoir, qui s’exerce à travers l’élection des représentants par suffrage universel ou par referendum. Le Chili est une démocratie républicaine.

Depuis 1990, le pays connaît une vie démocratique.

Il existe une opposition de droite constituée par deux partis : Renovación Nacional (RN), plus libéral ; et l’Unión Demócrata Independiente (UDI), plus conservateur. Ces deux partis forment l’Alliance pour le Chili. Il y a également une opposition de gauche qui associe le Parti communiste (PC) et des partis humanistes et écologistes, qui n’ont pas de représentation au Congrès.

Les principaux blocs politiques se sont constitués au milieu des années 1980, pour défendre ou lutter contre le régime militaire d’Augusto Pinochet, et sont devenus officiels par le référendum de 1988 qui a mis fin au régime militaire. L’année suivante, chaque bloc a conservé son unité afin d’aborder l’élection présidentielle et chaque coalition a présenté un candidat. Depuis alors, malgré les problèmes qui surgissent de temps en temps à l’intérieur des blocs, le panorama politique n’a pas beaucoup changé.

La présidente Bachelet est le quatrième gouvernement consécutif de la Concertación, après la victoire de la coalition lors des élections de 1989.

Le 11 décembre 2005, Michelle Bachelet, socialiste et candidate de la Concertación (coalition de partis de centre et de gauche, qui regroupe la Démocratie chrétienne (DC), le Parti socialiste (PS), le Parti radical social démocrate (PRSD) et le Parti pour la démocratie (PPD)), est arrivée en tête du premier tour de la présidentielle avec près de 45,87% des voix devant le candidat du parti de la Rénovation nationale, Sebastián Piñera (25,48%), celui de l’Union démocrate indépendante et ancien maire de Santiago, Joaquín Lavín (23,25%) des voix et celui de l’extrême-gauche, Tomas Hirsch (5,37%). Au second tour le 15 janvier, Bachelet gagne contre Sebastian Piñera alors que le rapport gauche-droite reste aussi serré qu’en 1999 (51% pour la totalité de la gauche contre 49% pour la totalité de la droite).

Les électeurs ont aussi élu cent vingt députés, et vingt sénateurs (pour un total de trente-huit sièges), supprimant au passage les postes de sénateurs à vie créés par le général Pinochet. La Concertation a remporté plus de 51% des sièges de députés et 57% des sièges de sénateurs, s’assurant la majorité dans les deux chambres.

Le système d’élection binominal utilisé pour les législatives et qui, à présent, favorise les deux grands blocs politiques, n’a pas été modifié.

Une autre modification concerne également la possibilité aux enfants de Chiliens (de ceux qui sont nés au Chili et donc Chiliens par le passeport) d’obtenir la nationalité (avoir non plus un titre de voyage mais un véritable passeport chilien), mais pas la citoyenneté (donc la possibilité de voter en cas d’élections). Il faut également tenir compte du fait que, à ce jour, plusieurs dizaines de milliers d’enfants de Chiliens n’étaient jusqu'alors considérés que comme des non nationaux (reconnus dans certains pays comme apatrides). Dans les projets encore en cours, le droit de vote pour les Chiliens résidant à l’étranger en fait partie.

L’armée du pays est divisée en trois branches armées qui constituent les Fuerzas Armadas: l’Ejército (l’armée de terre, fondée en 1810 qui compte 250 000 soldats en 2005), l’Armada (la marine, fondée en 1818 19 398 soldats en 2005), et la Fuerza Aérea de Chile (l’armée de l’air, fondée en 1930, 18 000 soldats en 2005). Cette dernière possède divers aéroports militaires à Iquique, Antofagasta, Santiago, Puerto Montt, et Punta Arenas. Elle a aussi une base aéroportuaire sur l’île du Roi-George, en Antarctique et sur l’île de Pâques. Elle possède 10 avions F-16 en 2006, auxquels s’ajoutent 28 F-16 de seconde main venant de la Force Aérienne Royale néerlandaise.

La fonction des institutions citées ci-dessus consiste à protéger le pays et les intérêts du pays à l’étranger. À ces unités militaires régulières s’ajoutent les Fuerzas de Orden y Seguridad Pública composées par les corps des Carabineros (Police militarisée équivalent aux gendarmes français) (fondée en 1927) et la Policía de Investigaciones (Police civile) (créée en 1933), qui constituent la force civile et sont chargées de faire respecter la loi, garantir l’ordre et la sécurité publique à l’intérieur du pays. De plus, il existe un corps de Gendarmería (créé en 1929), chargé de garder les prisons et autres centres pénitenciers.

Les Fuerzas Armadas y Carabineros dépendent administrativement du Ministère de la Défense Nationale du Chili et les Fuerzas de Orden y Seguridad du Ministère chargé de la sécurité publique, actuellement le Ministère de l’Intérieur du Chili, alors que le corps de Gendarmerie dépend administrativement du Ministère de la Justice du Chili. Le Président de la République exerce la fonction de Chef suprême des Fuerzas Armada uniquement en cas de guerre.

Même si le pays n’a pas connu d’affrontement militaire important depuis la guerre du Pacifique (1879-1884), le Chili consacre une partie importante de son PIB (3,8%) pour équiper l’armée. On estime que plus 3 240 millions de dollars américains sont utilisés par an. Ce coût important est financé à hauteur de 10 % par les bénéfices de l’entreprise Codelco (entreprise d’extraction et d’exportation du cuivre du pays). Le niveau élevé des dépenses militaires s’explique par le fait que le contingent militaire doit se déployer dans toute la longueur du pays (plus de 4 200 kilomètres), et parce que des capitaux sont épargnés en prévision de la retraite des anciens soldats. Il faut aussi noter que les Carabineros sont un corps appartenant à l’armée du pays. Ces derniers utilisent 54 % des revenus de l’armée. Depuis plusieurs années, on parle de la suspension du service militaire aux hommes de 18 ans et plus. Depuis 2006, cette question est principalement réglée car l’inscription au service militaire est automatique. Au cas où les effectifs ne sont pas atteints, des personnes seront désignées au tirage au sort.

Durant le régime de Pinochet, les Fuerzas Armadas ont eu un rôle important dans la vie civile. Dans les dernières années, le commandant en Chef de l’Ejercito (l’Armée), Juan Emilio Cheyre, met en place la professionnalisation de l’armée, la présidence politique de l’armée, sa qualité de corps neutre (non belligérant), et l’acceptation du pouvoir civil démocratiquement construit. Une des étapes importantes a été la reconnaissance des responsabilités institutionnelles de l’armée dans la violation des Droits de l’Homme durant la dictature. Ce geste est bien accueilli dans le gouvernement et la population. Le 9 mars 2006, le Général Óscar Izurieta Ferrer devient le Commandant en Chef de l’armée.

De nos jours, le Chili possède divers corps militaires (des casques bleus) aidant aux missions de paix des Nations unies, à Chypre, Bosnie-Herzégovine, Kosovo et Haïti (les missions MINUSTAH).

Situé sur la côte pacifique de l’Amérique du Sud, le Chili s’étire sur ses 4 300 kilomètres de long, du Pérou au cap Horn, avec une largeur moyenne de 180 kilomètres (de 440 kilomètres au maximum à la latitude 52°21 S et 90 kilomètres au minimum à la latitude 31°37 S au Nord de Santiago). Des frontières naturelles isolent le Chili de ses voisins : il est séparé de l’Argentine par la Cordillère des Andes, de la Bolivie et du Pérou par le désert d'Atacama. La superficie totale du pays est de 756 900 km², en comprenant l’archipel de Juan Fernández et l’île de Pâques. Le Chili revendique par ailleurs 1 250 000 km² de l’Antarctique. Le pays se situe dans une zone fortement sismique et volcanique : cette activité découle de la poussée de la plaque tectonique de Nazca sous la plaque sud-américaine supportant le continent. Le pays fait partie de la ceinture de feu du Pacifique.

À la fin du Paléozoïque (ère primaire), il y a 230 millions d’années, le Chili n’était qu’une dépression marine dans laquelle les sédiments s’étaient accumulés. Au cours du Mésozoïque (ère secondaire), sous la poussée de la plaque de Nazca, la couche de sédiments s’est plissée, donnant naissance à la Cordillère des Andes. Le relief actuel est le résultat de millions d’années de volcanisme actif.

Entre la Cordillère de la Côte et le Pacifique se trouve une série de plaines littorales, d’étendue variable, qui permet l’installation des populations et des grands ports. Certaines parties du pays possèdent des plateaux, comme l’Altiplano où le Puna de Atacama et les pampas de Patagonie.

Le « Grand Nord » est la zone comprise entre la limite Nord du pays et la latitude 26° S qui comprend les deux premières régions administratives du pays. Il se caractérise par son aridité intense : le désert d'Atacama est le désert le plus aride du monde (à certains endroits, aucune précipitation n’est tombée depuis quatre-vingts ans). Ce désert comprend des zones moins arides comme la pampa del Tamarugal. Dans cette région, la Cordillère de la Côte est massive et abrupte et arrive souvent jusqu’en bord de mer (les plaines littorales sont quasi absentes). La Cordillère des Andes se subdivise en deux chaînes : l’une va vers la Bolivie et est très élevée et volcanique, ce qui a permis la formation de l’Altiplano andin et possède de nombreux lacs salés appelés salar comme le Salar d'Atacama dus à l’accumulation des sédiments durant des millions d’années.

Au sud se trouve le « Petit Nord », qui s’étend de la latitude 26° S jusqu’à l’Aconcagua (32° S). Les Andes commencent à être moins élevées vers le sud et à se rapprocher de la côte, arrivant à 95 kilomètres à la hauteur de Illapel, la zone la plus étroite du pays. Les deux chaînes se touchent pratiquement, éliminant la dépression intermédiaire. La présence de fleuves crée des vallées perpendiculaires aux chaînes dans lesquelles l’agriculture est bien développée ; les plaines littorales commencent à s’élargir.

La vallée centrale est la zone la plus peuplée du Chili. Les plaines littorales sont étendues et permettent l’établissement de villes et de ports. L’altitude de la Cordillère de la Côte diminue progressivement. La Cordillère des Andes quant à elle dépasse les 6 000 mètres d’altitude puis commence lentement à descendre vers les 4 000 mètres dès la Région du Libertador General Bernardo O’Higgins. La dépression intermédiaire devient une vallée fertile que permet le développement agricole. Vers le sud, la Cordillère de la Côte réapparaît sous le nom de la cordillère de Nahuelbuta, alors que les sédiments laissés par les glaciers sont à l’origine à la zone de la frontière caractérisée par une série de lacs.

La Patagonie s’étend de la latitude 41° S jusqu’à l’extrémité Sud du Chili. Durant la dernière glaciation, ce lieu était couvert par les glaciers qui ont fortement érodé les reliefs. La dépression intermédiaire disparaît sous la mer et la Cordillère de la Côte donne naissance à une série d’archipels comme Chiloé et les Chonos puis disparaît au niveau de la péninsule de Taitao, vers le 47e parallèle. La Cordillère des Andes diminue de hauteur. À l’Est de la Cordillère apparaissent des plaines, comme dans la zone du détroit de Magellan au large de la Terre de feu.

Ensuite la Cordillère des Andes plonge dans l’océan, donne naissance à une série d’îles au niveau du cap Horn, disparaît au niveau du passage de Drake puis se prolonge par l’arc des Antilles du Sud, la péninsule Antarctique ainsi que les Antartandes, située dans le territoire chilien de l’Antarctique, qui s’étend entre les méridiens 53° W et 90° W qui constitue une superficie de 1 250 000 km².

Dans l’océan Pacifique, le Chili possède une souveraineté sur l’archipel Juan Fernandez situé à environ 700 kilomètres de Valparaiso et l’île de Pâques situé à plus de 4 500 kilomètres des côtes chiliennes. Ces îles ont une origine volcanique car elles se situent dans la zone de friction entre la plaque de Nazca et la plaque Pacifique, elle-même à l’origine de la dorsale du Pacifique oriental.

La géographie très particulière du pays se reflète sur son climat. Ainsi, le nord est chaud, aride et désertique. La zone centrale bénéficie quant à elle d’un climat méditerranéen, et possède des vallées fertiles. Le courant de Humboldt modère les températures tout le long du pays, ce qui favorise le développement humain. Quand les températures du Pacifique augmentent à cause d'El Niño, les précipitations augmentent brusquement causant ainsi de graves inondations dans le pays.

Le Sud connaît un climat de type océanique froid et humide. L’île de Pâques bénéficie d’un climat maritime à caractéristiques subtropicales. Au Chili, les saisons sont inversées par rapport à l’Europe. Dans la région centrale, l’été débute fin décembre et s’achève fin mars. L’hiver, peu rigoureux, dure de juin à août.

Le Chili fait partie de la ceinture de feu du Pacifique, une chaîne de volcans qui entoure cet océan. Rien qu’au Chili, il y a plus de deux mille volcans, dont quarante-sept sont toujours actifs. De plus, le territoire est situé sur la jointure de deux plaques tectoniques, les plaques tectoniques Nazca et sud-américaine, provoquant un fort risque sismique.

Le territoire chilien est traversé par divers cours d’eau qui généralement naissent sur la Cordillère des Andes et leurs débouchés se dirigent vers l’océan Pacifique (soit d’est en ouest). Cependant, du fait de la géographie du pays, les cours d’eau sont de développement assez faible (généralement moins de 300 kilomètres).

La présence du désert d'Atacama, dans le grand nord du pays, explique qu’il n’y existe pratiquement aucun cours d’eau à l’exception notable du fleuve Loa, qui avec une longueur de 443 kilomètres et ses nombreux méandres est le plus long fleuve du pays. Dans le secteur de l’Altiplano se trouve des bofedal qui donnent naissance au lac Chungará, situé à une altitude de 4 500 mètres, et les fleuves Lauca et Lluta, partagés entre la Bolivie et le Chili qui ne dépassent pas les 100 kilomètres de longueur.

Dans le centre nord du pays, de nombreux cours d’eau forment des vallées où est pratiquée une important agriculture intensive. Des fleuves comme le fleuve Elqui avec 170 kilomètres de longueur, le fleuve Aconcagua avec 142 kilomètres, le fleuve Maipo avec 250 kilomètres et son affluent, la rivière Mapocho avec 120 kilomètres, et le Maule, avec 240 kilomètres sont présents dans cette zone. Ils sont alimentés par la fonte des neiges de la Cordillère en été et les pluies en hiver. La zone ne présente pas de lacs d’importance, à l’exception du lac artificiel Raquel, et du lac artificiel de Colbún, de la lagune du Maule et de la lagune de La Laja.

Vers le sud, le nombre de fleuves augmente. Le fleuve Biobío, long de 380 kilomètres, situé dans la région du Biobío part de la Cordillère dans la région d’Araucanie, traverse des dizaines de villages et possède de nombreux affluents. Dans cette zone, le pays a installé des centrales hydroélectriques. D’autres fleuves d’importance comme le fleuve Imperial et le fleuve Toltén, dont la source est le lac Villarrica, traversent la région.

Le lac Villarrica est le premier des divers lacs de la Cordillère des Andes qui existent entre la région de l’Araucanie et la région de los Lagos. Certains lacs d’importance appartiennent au système des Siete Lagos comme le lac Ranco, le lac Puyehue, le lac Rupango et le lac Llanquihue, qui est le deuxième lac du pays en terme d’étendue. Dans la zone de la Patagonie, les fleuves sont plus petits, comme le fleuve Futaleufú, le fleuve Palena et le fleuve Baker, alors que les lacs, à l’exception du lac du Président Ríos situé sur la péninsule de Taitao et la lagune de San Rafael, se trouvent à la frontière avec l’Argentine, étant partagé entre ces deux pays. Le lac General Carrera qui, avec ses 970 km2 dans le territoire chilien, est le plus grand du pays. D’autres lacs comme le lac Cochrane, le lac O’Higgins et le lago Fagnano sont situés en Terre de Feu.

Le climat et le relief du pays influent fortement sur les caractéristiques de l’écosystème.

La zone nord du pays est caractérisée par une végétation rare en raison de l’extrême aridité du désert d'Atacama. Des arbres comme le tamarugo, le faux-poivrier, l’algarrobo et le chañar et diverses espèces de cactus sont les seules espèces végétales qui peuvent s’adapter à ces conditions climatiques. Dans la zone de l’Altiplano, la végétation est plus présente, avec des espèces comme la yareta et la queñoa. La famille des lamas, c’est-à-dire, les guanacos, les vigognes, les lamas et les alpagas, sont les principaux animaux de ce lieu, à côté d’espèces plus petites comme la viscache et le chinchilla. Sur certaines lagunes de l’Altiplano vivent des flamants. Dans la zone du Petit Nord, quand surviennent des précipitations vers le mois de septembre, se produit le phénomène appelé le Désert fleuri, les terres arides sont alors recouvertes de diverses espèces de fleurs, comme l'añañuca. Tout au long de la Cordillère des Andes, l’espèce animale la plus connue est le condor des Andes, représenté sur les armoiries du pays.

Entre le sud de la région de Atacama et la région de Coquimbo, on assiste à un lent processus de diversification de la faune et flore, se caractérisant par la hausse des précipitations, sur les zones côtières de Talinay et du Parc National Bosque Fray Jorge existent des forêts de type patagonique. Dans le petit Nord, apparaissent des espèces de climat méditerranéen comme le boldo, l’acacia caven et le quillay.

Dans la zone centre-nord du pays apparaissent des formations boisées très dégradées par les incendies, l’abattage destiné à la fabrication de charbon et le défrichement pour l’agriculture. Parmi les espèces caractéristiques de la végétation de la vallée centrale, on peut citer entre autres l'acacia caven, le boldo, le litre, le quillay, l'arrayán, le maitén, le buddleia globuleux, le roble et le cocotier du Chili. Le puma, le ragondin, le dègue du Chili, le loup de Magellan, le treile, l'ibis mandore, la grive, le diuca leucoptère et le loro tricahue (espèce de perroquet) sont des animaux vivant dans la région centrale.

Au sud du fleuve Biobío, la végétation se diversifie et devient une forêt de type valdivienne. Certaines espèces végétales comme le Goyavier du Chili, le copihue, fleur nationale, des fougères et des arbres divers comme le laurel, le tepa (ou huahuan), l'arrayán, le chequén, le tinéo, l'avellano (ou noisetier du Chili), diverses espèces de Podocarpus et l'alerce (ou cyprès de Patagonie) caractérisent ce type de forêt. Le puma est le principal animal carnivore de la zone et vit dans presque tout le pays, sauf dans certains territoires où il a été éradiqué par l’homme. D’autres espèces animales caractéristiques sont le cygne à cou noir, le chat des pampas (ou colocolo), le pudu et le monito del monte (marsupial lui aussi également appelé colocolo). Un des principaux problèmes environnementaux de la zone est la substitution de bois natifs par des plantations de pins et d’eucalyptus.

Dans les deux régions les plus australes du pays, il existe de nombreuses forêts toujours bien arrosées. Des arbres comme le cyprès de las Guaitecas caractérisent la flore de la région. Vers l’intérieur du pays, se développent des bois, où prédomine le lenga (ou hêtre de la Terre de Feu ou encore hêtre blanc) et, vers la frontière argentine, se trouvent des steppes, où vivent les guanacos, nandous, renards, pumas, etc. Dans cette zone, se développe l’élevage d’ovins et de bovins dans les diverses haciendas. Le huemul, présent sur les armoiries nationales, a jadis vécu dans le pays, de nos jours il vit dans certaines zones difficiles d’accès.

Finalement, dans l’extrême sud du pays, la végétation se réduit à quelques arbres petits et robustes, comme le drimys de Winter (ou cannelle de Magellan), le hêtre de Magellan et le ñirre (ou hêtre antarctique), ainsi que quelques arbustes, des espèces herbacées, des mousses et des lichens.

Le territoire chilien de l’Antarctique, se trouve en majeure partie gelé de façon permanente et seulement des mousses et lichens peuvent y pousser. Cependant, la faune provenant de la côte est d’une richesse exceptionnelle.

La côte du pays compte de nombreuses espèces d’oiseaux comme la mouette, le pélican, le cormoran et l’albatros. On rencontre également plusieurs espèces de pingouins comme le pingouin de Humboldt et le pingouin de Magallanes. En mer, on rencontre une grande variété de cétacés : grands dauphins vers Coquimbo et baleines dans la région de Magallanes. Le bar est caractéristique de toute la côte chilienne et on trouve également des espèces typiques : le fitzroya, le merlu, l’anchois, le congridae, espèces particulièrement communes des côtes chiliennes. Les coquillages et mollusques, comme la palourde, le homard, la moule et les huîtres, sont abondants. Le saumon et la truite, introduits dans le pays, sont de nos jours les principales espèces de poissons présentes dans les fleuves chiliens.

Dans les territoires insulaires, la faune et flore sont uniques au monde. Alors que dans l’Île de Pâques l’arbre caractéristique, le toromiro, a pratiquement disparu, l’archipel de Juan Fernández compte plus de 200 espèces végétales uniques comme le palmier chonta et certaines espèces animales comme le colibri robinson et l'otarie à fourrure australe.

Depuis 1976, le Chili est divisé administrativement en treize régions, qui se subdivisent en provinces qui elles-mêmes se divisent en communes. En 2007 le Chili, a créé 2 régions nouvelles régions administratives et en possède désormais 15.

À la tête de chaque région se trouve un intendant tandis que les provinces sont dirigées par un gouverneur provincial. Chaque province est divisée en comunas (communes) gérées par un maire. Les intendants et gouverneurs provinciaux sont nommés par le président, les maires sont élus par les citoyens.

Les régions sont désignées par un chiffre romain et un nom. Les nombres sont attribués du nord au sud. Les Chiliens utilisent généralement davantage le nombre que le nom complet. La région de Santiago fait exception et n’a pas de nombre correspondant, elle est désignée par les initiales RM (Región Metropolitana).

En octobre 2005, le gouvernement du Chili a étudié le projet de loi pour la création de deux nouvelles régions : la XV Région d'Arica et Parinacota, avec Arica comme capitale, comme division de la Région actuelle de Tarapacá. La XIV Région des Fleuves, avec Valdivia comme capitale, comme division de la région actuelle de Los Lagos . Le même projet de loi propose la création de deux nouvelles provinces : « El Tamarugal », dans la (nouvelle) Région de Arica et Parinacota et « Ranco », dans la nouvelle « Région des Fleuves ». Un autre projet veut éliminer la numération des régions, ce qui régira depuis le 1er janvier 2008. Le 19 décembre 2006, le Congrès chilien a accepté cette loi. Le 2 octobre 2007, la Région de los Ríos a été créée. La Région d'Arica y Parinacota a été effective le 9 octobre 2007.

Le Chili est considéré aujourd’hui comme le pays le plus stable économiquement d'Amérique latine. Avec un passé économique désastreux ayant connu de nombreuses dictatures, le pays est devenu de nos jours le « modèle » de la région, le seul qui a réussi, par exemple, à réduire la pauvreté de moitié durant les quinze dernières années, (c’est d’ailleurs pour cela qu’on l’appelle le « jaguar » de l’Amérique du Sud). Au cours des vingt-quatre dernières années, la croissance annuelle moyenne du PIB chilien a été de 5,2 %, et même de 8,3 % entre 1990 et 1997. Le modèle économique chilien est celui du libéralisme, système mis en place par le général Pinochet, avec l’aide des Chicago Boys. Avec ce nouveau modèle, le pays a vécu le miracle chilien grâce aux nombreuses réformes comme la privatisation des entreprises d’État (cuivre, aviation, éducation...).

De nos jours, le Chili possède un marché ouvert au monde entier. Son économie se caractérise par l’exportation et l’importation de matières premières. Durant l’année 2005, le nombre total des exportations a dépassé les 39,5 milliards de dollars américains. Les exportations ont augmenté de moitié cette année-là. Ces principaux clients sont par ordre d’importance l’Union européenne, les États-Unis, la Corée du Sud, l’accord P4 et la Chine. Le Chili est membre de l’APEC (traité des pays du Pacifique) et membre associé du Mercosur (traité de libre échange entre les pays du continent sud américains).

Les importations ont atteint le chiffre de 30,5 milliards de dollars américains en 2005. Son PIB a augmenté la même année de 6,3 % arrivant à 115,3 milliards de dollars américains soit 11 900 dollars par habitant en 2004. Le Chili possède donc le PIB par habitant le plus élevé des pays d’Amérique latine, juste derrière l'Argentine, cette dernière étant la nation la plus riche d'Amérique latine..

L’agriculture et l’élevage sont les principales activités des régions du centre et du sud du pays. L’exportation de fruits et légumes atteint des niveaux historiques car le marché s’ouvre aux marchés européen et asiatique depuis les années 1990. Le Chili connaît aussi une croissance exponentielle dans le domaine de la pêche. Ainsi, le pays est devenu le premier exportateur de saumon en dépassant les niveaux de la Norvège en 2006. Il faut remarquer qu'il y a de nombreux élevages de saumon établis dans le lit des fleuves au sud du Chili. Les déchets provenant de cette industrie ont eu un effet nocif sur l'écosystème.

L’industrie chilienne est surtout locale, avec une exception notable de la production de la farine de poisson. Cette dernière se concentre dans la région métropolitaine, Valparaiso et Concepción. Depuis ces vingt dernières années, le gouvernement tente de dynamiser l’industrie agroalimentaire. Ainsi vers l’année 2010, le Chili sera un des pays challenger en ce domaine. Par ailleurs, le pays est devenu une sorte de plate-forme pour les entreprises étrangères en Amérique latine. Ainsi de nombreuses sociétés ont leur siège social à Santiago ou dans sa région. Le pays possède une présence importante d’entreprises venant du domaine du service.

Il continue d’exister au Chili une inégalité sociale malgré son dynamisme économique. Le pays compte encore le plus faible taux de femmes actives d’Amérique latine (seulement 40 % des femmes travaillent). De plus, on note une grande différence de salaire entre l’homme et la femme (de l’ordre d’un tiers pour le même emploi et la même qualification).

La politique budgétaire suit une règle vertueuse d’un solde structurel excédentaire de plus de 1 % du PIB. Ainsi, les finances publiques du Chili présentaient un solde positif de 2,2 % du PIB en 2004, et de l’ordre de 3 % en 2005. Économie libérale, le Chili est réputé pour sa réussite économique, qui a fait passer le taux de pauvreté de 50 % en 1987 à 18,8 % en 2003 (le pays a été le premier pays latino-américain à accomplir et dépasser les prévisions de 2000 sur la réduction de la pauvreté). Malgré des avancées dans la matière, et l’élévation du niveau de vie de tous les habitants, le Chili a toujours une répartition des revenus très inégalitaire et par ailleurs il est placé au 16e plus mauvais rang pour les inégalités de richesse au monde. Par conséquent, en considérant un seuil de pauvreté défini relativement au niveau de vie moyen, une partie importante de la population chilienne est sous ce seuil. Le sujet des inégalités faisait partie des discussions entre les candidats présidentiels pour les élections de décembre 2005.

La principale exportation du pays est le cuivre avec 36 % du marché mondial. Le Chili est le leader mondial en ce domaine. Mais, il exporte aussi de l’argent et de l’or en moindre quantité. Ces matières premières sont extraites dans le Désert d'Atacama au nord du pays. L’extraction du cuivre continue de représenter une part importante dans les exportations. En effet, 30% des produits exportés sont du cuivre (contre 60 % en 1970). L’entreprise Codelco Chile possède une des mines les plus grandes au monde (pour le cuivre) comme Chuquicamata et El Teniente. L’extraction du cuivre est la principale ressource des régions de Taracapá, Antofagasta, et Atacama (les trois régions du Désert d'Atacama).

Dans la région de Magellan (les environs de Punta Arenas), l’exploitation des gisements de pétrole constitue une part importante pour le transport domestique (30 % du pétrole au Chili est national). Cependant, dans ses exportations, il ne faut pas oublier les exportations de pierres Lapis-lazuli (2e exportateur) utilisées pour la fabrication de bijoux artisanaux ainsi que l’exportation de guano (premier) utilisé lui comme engrais.

Depuis les années 1990, le tourisme au Chili est devenu une des principales ressources économiques, spécialement dans les zones extrêmes du pays (désert d'Atacama au nord, Patagonie et Terre de Feu au sud). Pendant l’année 2005, il a augmenté de 13,6 %, générant ainsi plus 1 360 millions de dollars américains (soit 1,33 % du PIB national).

Selon la SERNATUR, deux millions de personnes se rendent au Chili par an. Ce chiffre est encore bon si l’on le compare à ceux du Brésil ou du Mexique. La majorité de ces visiteurs viennent du continent, principalement de l’Argentine. Cependant, ces dernières années, le nombre de visiteurs venant d’Espagne, de France, d’Allemagne est en constante augmentation (ces pays offrent même parfois des vols directs vers le Chili sans escale comme Air France qui peut faire Paris CDG-Santiago Pudahuel en 14 heures 30 seulement). . Les Européens représentent 400.000 visiteurs en 2005.

Les principaux lieux touristiques correspondent aux lieux de beauté naturelle des zones extrêmes. San Pedro de Atacama, dans le nord du pays est très visité par les étrangers pour contempler l’architecture d’origine inca, les lagunes de l’Altiplano, la Valle de la Luna plébiscitée pour son étrangeté et les geysers du Tatio. Près de Putre, dans l’extrême nord, admirer le lac Chungará et le volcan Parinacota situé dans le parc national Lauca à plus de 4 500 mètres d’altitude est apprécié. Dans la zone australe, les principaux lieux touristiques sont l’archipel de Chiloé, la Patagonie, la lagune de San Rafael et ses glaciers ainsi que le parc national de Torres del Paine. Pour finir, la mystérieuse île de Pâques située au milieu de l’océan Pacifique est probablement le lieu touristique le plus apprécié par les Occidentaux, car elle est très exotique par rapport au continent.

Dans le domaine national, le tourisme se concentre durant la période estivale, principalement dans les stations balnéaires comme Arica, Iquique, Antofagasta, La Serena et Coquimbo pour la zone nord. La région de Valparaiso reçoit le plus grand nombre de touristes comme Viña del Mar grâce à sa proximité avec Santiago. Cette dernière est connue pour être la « capitale touristique du Chili » grâce à la beauté de ses plages et sa proximité de la capitale. Chaque année, en février se déroule le festival de la chanson de Viña del Mar, événement musical important en Amérique latine.

Le Chili est importateur net d’énergie. En effet, il ne possède pas de grandes réserves énergétiques. Par exemple, sur les 228 000 barils de pétrole consommés par jour, seuls 4 000 proviennent des gisements du pays. Le prix du pétrole dépend donc du commerce international et de la conjoncture. De la même façon, la quasi totalité du gaz naturel est importée d’Argentine.

La consommation d’électricité a dépassé les 51 573 GWh durant l’année 2005 dont 54 % sont produits par des centrales hydroélectriques. Dans le pays, il existe quatre systèmes électriques : le système interconnecté du Norte Grande, le système interconnecté central et les systèmes de Aisén Magallanes. Le potentiel hydroélectrique est encore peu utilisé. Le pays utilise 20 % des capacités potentielles (volonté de protection de la faune et la flore de la région d’Aisén). Il n’existe pas pour le moment de centrale nucléaire, cependant, en 2006 s’ouvre le débat sur la faisabilité technique de l’utilisation de ce type d’énergie. La mise en place d’éoliennes et l’utilisation de l’énergie géothermique sont aussi envisagées par le pays.

La géographie caractéristique du pays fait que les réseaux de transports et les télécommunications sont d’une importance considérable.

Le pays totalise 364 pistes d’atterrissage comme les aéroports de Chacalluta d’Arica, Diego Aracena d’Iquique, le Cerro Moreno d’Antofagasta, Carriel Sur de Concepción, El Tepual de Puerto Montt, Président Ibañez de Punta Arenas, Mataveri à l’île de Pâques, et l’aéroport international Comodoro Arturo Merino Benitez de Santiago (un des des plus modernes du continent où siège la compagnie nationale LAN Airlines).

Le Chili dispose de 6 585 kilomètres de voies ferrées. Ces dernières ont jadis été importantes pour le développement du pays, mais, de nos jours, les chemins de fer sont utilisés surtout pour le transport du fret vers les ports depuis la crise des années 1970. Actuellement, le gouvernement souhaite redévelopper le train en rétablissant le service aux passagers de EFE entre Santiago et Puerto Montt. Au contraire, le métro se développe considérablement à Valparaiso avec le Merval, à Concepción avec le Biotrén et Santiago aura plus de 100 kilomètres de lignes de métro d’ici 2009 (il possède en décembre 2006 87 kilomètres de lignes).

Pour les routes, le pays jouit d’un réseau de plus de 79 000 kilomètres de routes dont 10 000 sont goudronnées. Depuis les années 1990, plus de 2 500 kilomètres d’autoroutes ont été construites (route panaméricaine entre Arica et l’île de Chiloé). La carretera austral connecte la région d’Aisén au reste du pays et est quasiment complète. Les postes douaniers les plus importants sont ceux de Chacalluta et Tambo Quemado qui servent de frontières avec le Pérou et la Bolivie. Il existe quarante postes douaniers avec l’Argentine, les plus importants sont ceux du Cristo Redentor entre Los Andes et Mendoza.

Le nombre de lignes téléphoniques fixes dépasse les 3,5 millions, et plus de 12 millions de personnes possédent un téléphone mobile (soit 76% de la population chilienne) en janvier 2006. Le Chili, est ainsi le pays d'Amérique latine qui possède le plus de téléphones mobile en pourcentage de population (il a été introduit au pays en 1997) 1997.

Depuis le retour au régime démocratique les relations commerciales avec les États-Unis semblent être excellentes. En effet, le traité de libre échange États-Unis Chili a été signé le 6 juin 2003, ratifié par la Chambre des représentants le 24 juillet 2003 à la suite d’un vote de 270 pour, et 156 contre et ratifié par le Sénat le 31 juillet 2003 à la suite d’un autre vote donnant 65 pour et 32 contre. Le président George W. Bush a signé le United States-Chile Free Trade Agreement Implementation Act le 3 septembre 2003. Ce traité est mis en place par les deux pays depuis 1er janvier 2004.

Le Chili a passé un accord d’association avec l’Union européenne en novembre 2002, ce qui a permis d’accroître le flux d’échanges ; ce flux demeure toutefois encore modeste, à cause de deux chutes d'activité en 2002 (ralentissement économique mondial) et en 2003 (perte de compétitivité-prix des produits français, en partie à cause d'un euro trop fort).

Les fournisseurs européens sont en premier lieu l’Allemagne puis la France (10e fournisseur mondial du Chili, pour une part de marché assez faible de 2 5 % en 2005) ; ses clients européens sont d'abord les Pays-Bas, puis l'Italie et la France (9e client).

Le Chili possède une population estimée à 16 134 219 habitants en 2006. Selon le dernier recensement complet effectué en 2002, les chiffres sont de 15 116 435 habitants, dont 7 447 695 sont des hommes et 7 668 740 des femmes .

Le taux de croissance démographique de la population chilienne a nettement diminué ces dernières années. Vers la fin du XIXe siècle, on comptait 2 695 625 habitants, 5 023 539 en 1940 et 13 348 341 en 1992. Même si la population du Chili a quintuplé durant le XXe siècle, le taux de croissance de la période 1992-2002 a été de seulement 1,24% par an . Ainsi, son taux de croissance annuel devrait continuer de baisser ces prochaines années.

Du fait de l’amélioration des conditions de vie, l’espérance de vie des Chiliens (qui est la plus élevée de l’Amérique latine) est de 76,77 ans en moyenne , alors que le taux de mortalité infantile est descendu à 7,8‰. Le taux de natalité en 2003 est arrivé à son minimum historique en allant à 15,23‰ et celui du taux de mortalité à 5,1‰, avec un taux de croissance naturelle de 10‰ . Ces chiffres permettent de constater un vieillissement de la population. Dans 20 ans, la population des 40 ans et plus dépassera celle des moins de 40 ans. Ainsi, la pyramide des âges sera vers l’an 2025, avec un profil campaniforme qui représente la transition démographique que vit le pays.

La population chilienne est fortement métissée, en raison du mélange entre les colonisateurs espagnols et les peuples amérindiens. En effet, il est estimé qu'environ soixante pour cent de la population est métissée. Cependant, il est important de constater que les traits de la population du pays sont plus proches des Européens que des locaux du fait de leur faible représentation démographique (moins de 5 % du pays, voir tableau). Certains colons européens sont arrivés au Chili (principalement aux extrêmes nord et sud du pays) durant les XIXe et XXe siècles, incluant les Britanniques, les Irlandais, les Italiens, les Croates et les Français.

Ces derniers possèdent beaucoup de descendants renommés dans le pays comme les Pinochet, famille commerçante de Saint-Malo ayant émigré à Concepción en 1718 et les Bachelet. Par ailleurs, la culture française a fortement influencé la culture chilienne, notamment en voyant les bâtiments de style haussmannien dans le centre de Santiago et le pain nommé marraqueta qui a été inventé par les frères Marraquet, des Français qui au début du XXe siècle ont inventé ce pain basé sur la baguette.

En 1848, commence la colonisation allemande établie par le gouvernement chilien dans le but de peupler le territoire austral du pays. Avec au départ 7 000 personnes, cette immigration allemande a influencé la culture d’une grande partie du sud du pays, principalement dans les provinces de Valdivia, de Llanquihue et d'Osorno. De nos jours, il y aurait 200 000 Chiliens descendants d’Allemands. Les autres immigrants viennent surtout des pays voisins comme l’Argentine, la Bolivie et le Pérou. Lors de la dernière décennie, elle atteint 184 464 personnes en 2002. Il existe aussi une immigration coréenne et palestinienne qui est la plus importante dans le monde non arabe.

La composition ethnique du Chili est relativement homogène, même si le degré de métissage est plus accentué dans les populations les plus pauvres.

Au sujet de l’émigration, cette dernière a diminué, mais on estime que 857 781 Chiliens et leurs descendants vivent à l’étranger dont 50,1 % seraient en Argentine, 13,3 % aux États-Unis, 8,8 % au Brésil, 4,9 % en Suède, et un peu plus de 2% en Australie. Dans le pays, la migration est massive de la part des paysans vers les grandes villes du pays. Les régions du centre-sud du pays voient plus de 80 % des habitants nés hors de la région : 86,11 % pour la Région du Biobío, 71 % pour la Métropole de Santiago et 55 % pour la Région de Magallanes et de l’Antarctique chilien.

Ce tableau montre l’évolution du taux de l’immigration au Chili par rapport à la population totale. On peut remarquer que le pourcentage d’immigrés n’a jamais dépassé les 5 % de la population totale. L’immigration européenne a été majoritaire jusque dans les années 1970. Il y a une exception notable lors du recensement de 1885. Les immigrés latino-américains sont plus nombreux que ceux venant d’Europe. Cela peut s’expliquer par le fait que le Chili a acquis une bonne partie du désert d'Atacama (ayant appartenu à la Bolivie et au Pérou) après la guerre du Pacifique.

Il existe une part importante de Chiliens ayant une ascendance croate. Ces derniers vivent surtout dans les territoires les plus australs du pays comme Punta Arenas et Puerto Williams. Ces villes importantes du Chili méridional se trouvent dans la région de Magellan et de l'Antarctique chilien. De plus des personnalités chiliennes ayant une ascendance croate comme Antonio Skármeta et Andrónico Luksic ne renient pas leurs origines.

Il est important de remarquer que depuis le recensement de 1982, plus de 60 % des immigrés sont des latino-américains venant surtout de l’Argentine et du Pérou. Ceci tend à prouver que le Chili est un pays économiquement parlant stable par rapport à ses voisins. Il est aussi notable de voir une part non négligeable des immigrés (de l’ordre de 10 %) venant du Moyen-Orient. Les années de recensement comprises entre 1907 et 1952 montrent une augmentation notable des immigrants originaires du Moyen-Orient. Ces populations ont très certainement quitté la région en raison des conflits présents (ancien territoire de l’Empire ottoman et certainement des luttes entre locaux et coloniaux pour obtenir l’Indépendance).

Depuis les années 1920, l’exode rural est intensif, du fait de la volonté de fuir la misère des campagnes et de trouver de meilleurs conditions de vie en ville. Ainsi, dès ce moment-là, les agglomérations et conurbations voient leurs populations augmenter nettement. La capitale du pays, Santiago du Chili ou Grand Santiago compte 5 428 590 habitants en 2002, et représente 35,9 % de la population nationale. En 1907, il y avait seulement 383 587 habitants, 549 292 en 1920 qui représentait 16 % du pays. Cependant, durant les décennies suivantes, l’explosion démographique fait absorber les anciennes localités campagnardes, comme Puente Alto et Maipú, qui sont les deux communes chiliennes les plus peuplées du Chili. Santiago est une ville moderne, étant la sixième ville la plus peuplée d’Amérique latine et la quarante-cinquième du monde.

Valparaíso et Viña del Mar sont devenus une grande conurbation. Il faut aussi rajouter les villes de Concón, Quilpué et Villa Alemana qui forment le Grand Valparaíso, et dépassent les 800 000 habitants. Concepción, Talcahuano, Hualqui, Chiguayante et San Pedro de la Paz forment la troisième agglomération du pays avec plus de 600 000 habitants selon le dernier recensement (2002). Dans quelques années, le Grand Concepción intégrera les communes de Coronel, Lota et Tomé.

Les autres communes (comunas) par importance d’habitants sont Antofagasta (avec 285 255 habitants), Rancagua (236 363), Iquique (214 559), Arica (203 804), Talca (202 961), Chillán (184 832), Puerto Montt (175 938), Los Ángeles (166 556), Coquimbo (163 036), La Serena (160 148), Osorno (152 559) et Valdivia (141 967 habitants). La majorité des villes du pays se situent soit sur la côte soit dans la vallée centrale du pays entre Santiago et Puerto Montt.

Selon le dernier recensement de 2002, le Chili compte actuellement plus de 15 millions d’habitants. Cependant, la zone centrale, située entre les villes de La Serena et Concepción, concentre 78 % de la population totale du pays, et Santiago et sa périphérie regroupent 40 % des Chiliens, soit six millions d’habitants. La densité moyenne (20 hab/km²) n’est donc pas représentative de l’occupation réelle du territoire. D’après le même recensement, entre 1992 et 2002, le rythme de croissance annuel moyen de la population a été de 1,24 %, un des plus bas d'Amérique latine. Sur la même période, le taux de fécondité s’établit à 2,2 enfants par femme.

Malgré une baisse de la natalité, le Chili reste un pays relativement jeune : 34 % des Chiliens ont moins de 20 ans et 15 % ont plus de 55. Toutefois, tout comme les pays développés, la population du Chili a tendance à vieillir rapidement : la couche la plus jeune de la population a diminué, tandis que la plus âgée va en augmentant, en partie grâce à une espérance de vie à la naissance plus longue : 77 ans (80 pour les femmes et 74 pour les hommes). En moyenne, la famille chilienne est composée de 3,6 personnes.

En 2002, 4,6 % de la population déclare appartenir à un groupe ethnique, dont la majorité (87 %) à l’ethnie mapuche. La plupart des Chiliens, plus de 60%, sont métissés, ce qui fait de la population locale une des plus homogènes en Amérique latine.

Finalement, les immigrés, très majoritairement originaires des pays voisins, constituent moins de 2 % de la population nationale. Les plus nombreux actuellement sont les Argentins et les Péruviens.

80 % de la population chilienne vit dans la zone centrale du pays. Cet espace s’étend sur plus de 1 000 kilomètres et va de La Serena à Concepción. Les climats de cette zone vont du climat semi aride (à La Serena) au climat méditerranéen à influence océanique (Concepción). Grosso modo ce lieu correspond au climat méditerranéen de l’hémisphère sud.

Depuis la fondation du pays, la population du Chili est divisée en classes sociales de divers degrés. Depuis le milieu du XXe siècle, le pays est constitué principalement par la classe moyenne. Cependant, le niveau de vie de cette classe moyenne ne correspond pas aux ouvriers moyens de l’Amérique latine, entre autres par le PIB national assez élevé et l’accès aisé au système de crédit. Malgré de bons indicateurs économiques et la baisse sensible de la pauvreté, passant de 38,6 % de la population en 1990 à 18,8 % en 2003 , le pays possède un grave défaut: l’inégalité de répartition des richesses. Ceci a pour effet de créer une brèche sociale nette entre riches et pauvres.

Selon des informations sur le développement humain de l’ONU en 2005, le Chili possède un coefficient de Gini de 0,57, le situant à la 113e place sur 128 de la liste des pays par égalité de revenus. Cette inégalité est difficilement rattrapable. Ce problème est attribué à l’économie venant des diverses entreprises prônant le néolibéralisme (en opposition à l’économie à tendance socialiste développée entre les années 1950 et les 1970). De nos jours, les 20 % des plus riches du pays gagnent 14,3 fois ce que reçoivent les 20 % des plus pauvres.

Sur le plan religieux, le dernier recensement de 2002 montre que 69,96 % des Chiliens se déclarent catholiques soit 7 853 428 personnes de plus de quatorze ans (dont moins de la moitié est pratiquante). Par rapport au recensement précédent en 1992, cela constitue une diminution de 10 % en 10 ans. Les 30 % restant sont protestants évangéliques (15,14 %), 1,06 % sont Témoins de Jéhovah, 0,92 % sont mormons et 0,13 % de confession juive. Les athées, agnostiques ou sans religion représentent 10 % du total, au lieu de 7% en 1992 . Selon l’état civil, 46 % des Chiliens de plus de 18 ans sont mariés, soit 5 % de moins qu’en 1992. En revanche, les couples en concubinage sont passés de 5 % en 1992 à 9 % en 2002. 34 % des Chiliens sont célibataires, 5 % divorcés. L’évolution de ces chiffres est à suivre, compte tenu de la nouvelle loi sur le divorce en vigueur depuis fin 2004.

L’Église catholique est séparée de l’État depuis 1925, année où le Président Arturo Alessandri Palma et l’archevêque Crescente Errázuriz sont arrivés à un accord sur cette question aboutissant dans la constitution de 1925 au début de la fin du statut de religion d’État du catholicisme. Ce dernier existait depuis l’indépendance du pays en 1818. Depuis 1925, la liberté de culte est aussi reconnue. Cependant, même si le catholicisme perd de l’importance ces dernières années, on lui attribue une influence notable sur la société actuelle sur des sujets comme le divorce et l’avortement en 2004-2005. Le 21 novembre 2006, près de 75 % des députés se sont prononcés contre un projet de loi de dépénalisation de l'avortement, du fait de sa non-conformité avec la constitution qui garantit le droit à la vie.

Le système éducatif chilien se compose de quatre niveaux. Tout d’abord, il y a l’educación parvularia qui n’est pas obligatoire et qui s’occupe des enfants entre trois mois et six ans. L’équivalent français est la crèche et la maternelle. Elle se structure sur trois niveaux. Il y a d’abord la Sala cuna (crèche) pour les enfants de trois mois à deux ans. Vient ensuite le Nivel medio (petite section) pour les enfants de deux à quatre ans, puis enfin le Nivel Transición (grande section) pour les enfants de quatre à six ans. À ce dernier niveau, les enfants commencent à apprendre le calcul et la lecture.

Il y a ensuite l’éducation obligatoire pour les enfants de six à dix-huit ans qui correspond à l’école primaire (Educación General Básica) et le secondaire (la Educación Media).

L'Educación General Básica existe pour les enfants ainsi que pour les adultes n’étant pas allés à l’école (de plus en plus rares). Tous les enfants qui fêtent leur sixième année avant le trente et un mars doivent intégrer le premier niveau (l’année scolaire commençant début mars et se terminant début décembre. Il y a deux semaines de vacances en juillet lors de l’hiver austral).

Ce niveau se divise en deux cycles. Le premier cycle va de primero básico à cuarto básico (soit de six ans à dix ans). Le deuxième cycle va de quinto básico à octavo básico (soit de dix ans à quatorze ans).

Pour ce qui concerne les adultes, trois ans d’études sont nécessaires. Chaque année correspond à un niveau. Le premier niveau concerne le premier cycle de l'Educación básica. Le deuxième niveau correspond au quinto (cinquième soit le CM2 français) et sexto (sixième soit la sixième française)básico. Enfin, le dernier niveau comprend les séptimo (septième soit la cinquième française) et octavo (huitième soit la quatrième française) básico.

Ensuite, il y a l'Educación media soit l’équivalent du lycée français. Elle comporte quatre niveaux et se divise en deux types de filières ; l’éducation générale et technique (EMHC) et l’éducation professionnelle (EMTP équivalent du lycée professionnel français). Dans l’EMHC, l’éducation est générale. Elle comprend l’espagnol, l’histoire, la géographie, les mathématiques, les sciences, l’EPS, une langue étrangère... Elle se compose de deux niveaux. Le premier comprend les primer et segundo medio. Le second cycle comprend les tercer et cuarto medio.

Dans la EMTP, les adolescents suivent des filières professionnelles dans les domaines industriel, agricole, maritime ou de services. À la fin de ces études, les jeunes peuvent aller directement travailler dans les domaines choisis.

Jadis, l’obligation scolaire concernait seulement le cycle basique de 8 ans. Mais, depuis le 7 mai 2003, une réforme constitutionnelle, effectuée sous le gouvernement du président Ricardo Lagos, a rendu l’éducation secondaire gratuite et obligatoire pour tous les Chiliens jusqu’à l'âge de dix-huit ans. L’État garantit donc l’obligation scolaire durant douze ans. Le Chili est le premier pays d’Amérique latine à avoir atteint cette obligation de durée pour la scolarité.

Le Chili est le pays des poètes, selon la tradition populaire. Cela découle de la place tenue, dans son histoire, par des écrivains produisant des œuvres lyriques. Des artistes chiliens comme Nicanor Parra (connu pour son anti poésie), Vicente Huidobro, Jorge Teillier, Enrique Lihn, Gonzalo Rojas, Gabriela Mistral (la nostalgique), et Pablo Neruda (l’engagé) montrent la place tenue par la poésie. Deux Chiliens se sont vu décerner le prix Nobel de littérature : Gabriela Mistral en 1945 et Pablo Neruda en 1971.

Dans le domaine de la prose, ce sont des auteurs comme Francisco Coloane, Manuel Rojas, Luis Sepúlveda, Alberto Blest Gana, Isabel Allende, Jorge Edwards, José Donoso, Roberto Bolaño qui sont remarquables. Il ne faut pas oublier Marcela Paz, connue par son personnage caractéristique Papelucho. Mais c’est Pepo, dessinateur de bandes dessinés, qui à travers Condorito, a créé le personnage imaginaire le plus connu du pays.

La musique folklorique s’inspire à la fois des mélodies amérindiennes et de celles venues d’Espagne. La cueca, danse traditionnelle chilienne, en est un bon exemple; chaque région en a sa propre version. Durant les années 1970, la musique folklorique connaît un nouvel engouement grâce au mouvement de la Nueva Canción Chilena dont les artistes composent sur des thèmes inspirés à la fois des airs traditionnels du pays et de leurs propres recherches. Víctor Jara, Violeta Parra, Los Jaivas, Inti Illimani, Quilapayún sont des artistes représentatifs de ce mouvement. La chanteuse, et inlassable chercheuse dans le domaine du folklore musical chilien, Margot Loyola est une autre artiste importante de la musique folklorique et populaire du Chili contemporain.

Depuis les années 1970, sont apparus des artistes pop-rock, inspirés par la culture nord américaine, comme Los Prisioneros, Lucybell, Los Mox... Généralement le pop-rock chilien se différencie de celui des autres pays latino-américains par le ton mélancolique de ses chansons et des textes tristes et pessimistes.

Malgré l’homogénéité ethnique du pays, les expressions culturelles varient notablement d’une région à l’autre. Le nord se caractérise par l’influence des cultures des peuples amérindiens andins et des Conquistadors ainsi que de la religion catholique (des fêtes comme la Fiesta de La Tirana...). La zone centrale est caractérisée par ses traditions rurales. On considère que ces régions du pays, qui rassemblent la majeure partie de la population, sont la source de l’identité culturelle des Chiliens. Des fêtes importantes comme celles de l’Indépendance qui ont lieu le 18 septembre montrent le fort patriotisme des Chiliens.

La culture mapuche prédomine dans la Région d’Araucanie. Temuco concentre près du quart des Mapuches du pays soit environ 150 000 personnes. Dans des villes comme Valdivia, Osorno, Puerto Varas et Llanquihue, des influences allemandes se font sentir (des colons s’y sont installés vers la seconde moitié du XIXe siècle pour peupler la région à la suite de l’appel du gouvernement). L’île de Chiloé (située au sud de Puerto Montt) possède une culture riche qui a sa propre mythologie. Les régions de l’extrême sud sont influencées par des cultures slaves, en particulier croate (40 % des habitants de Punta Arenas descendent de colons yougoslaves).

L’île de Pâques possède une culture spécifique d’origine polynésienne.

Cependant, depuis les cinquante dernières années, ces cultures disparaissent progressivement et la culture occidentale ou américaine prédomine en ville.

La fleur emblème nationale est le copihue (Lapageria rosea), que l’on trouve dans les forêts du sud du pays. Les armes du pays représentent les deux animaux nationaux : le condor (un très grand oiseau vivant dans les montagnes de la famille des vautours) et le Huemul (un daim à la toison blanche, espèce en voie de disparition). Il porte en légende la devise du pays : Por la razón o la fuerza. Le drapeau chilien naît lors du processus d’indépendance du Chili, il a été montré pour la première fois au public le 12 février 1818, durant la proclamation d’Indépendance.

Le drapeau chilien a été élaboré par le ministre José Ignacio Zenteno durant le gouvernement de Bernardo O’Higgins et a été dessiné par le militaire espagnol Antonio Arcos.

Les couleurs rouge, bleu et blanc représentent respectivement le sang versé par les patriotes durant la guerre d’Indépendance, le bleu symbolise le ciel chilien généralement clair, et les sommets enneigés de la Cordillère des Andes visible sur tout le pays. L’étoile à cinq pointes représente les pouvoirs de l’État qui veille au maintien de la patrie et le fond bleu situé à l’arrière-plan de l’étoile mesure exactement un tiers de la taille de la partie rouge du drapeau.

Le premier hymne national fut écrit en 1819 par Manuel Robles sur des paroles du poète Bernardo de Vera y Pintado, suite à la déclaration d'indépendance. En 1846, sous le gouvernement de Manuel Bulnes Prieto et étant terminée la guerre de l'indépendance, les espagnols résidents au Chili considérèrent certaines strophes comme injurieuses et hostiles envers l'Espagne. Les modifications respectives ont été faites par Eusebio Lillo Robles et validées par Andrés Bello, et cette version, utilisée actuellement, fut finie en 1847.

L'hymne national du Chili est composé du refrain et 6 strophes, mais officiellement sont interprétés seulement le refrain et la cinquième strophe.

La gastronomie chilienne est issue d’un mélange entre gastronomie espagnole et locale. Les principaux ingrédients de la cuisine traditionnelle chilienne sont des produits caractéristiques de la région : principalement la pomme de terre, la tomate, le maïs, la viande de bœuf ainsi que le haricot dans la zone australe du pays. Il faut aussi ajouter l’importance du poisson et des fruits de la mer pour tout le pays.

Les plats traditionnels sont la cazuela, l’asado (grillades), les humitas, le pastel de choclo et les empanadas. Des desserts comme le manjar, connu également sous le nom de "dulce de leche" en Argentine, les alfajores, les sopaipillas et le mote con huesillos sont des grands classiques du pays. On retrouve également au Chili patagon le fameux maté exporté dans tout le Chili. Le vin chilien, issu de cépages français, possède une longue histoire. Des cépages comme le Carménère, le Carbernet-sauvignon et le merlot mûrissent souvent dans de meilleures conditions qu’en France grâce un climat bien adapté à la vigne caractérisé en journée par la chaleur et la nuit par la fraîcheur qui descend de la Cordillère.

Le sport chilien possède une longue histoire. En effet, les Mapuches jouaient déjà au Xe siècle à un sport ancêtre du Hockey sur glace, la chueca. Dans les zones paysannes, le rodéo est le principal sport pratiqué et, depuis 1962, il est considéré comme « sport national ».

En 1896, Luis Subercaseaux participe aux premiers jeux Olympiques de l’ère moderne. Il est un des premiers Sud-Américains à y participer. Cependant il faudra attendre les jeux Olympiques d’Athènes en 2004 pour décrocher la première médaille d’or, obtenue par les tennismen Nicolas Massu et Fernando Gonzalez. Malgré la présence de grandes pistes de ski comme Portillo ou Valle Nevado, le pays n’a jamais obtenu de médaille aux jeux Olympiques d’hiver.

Vers la fin du XIXe siècle, des immigrants britanniques importent le football, sport qui se pratiquera rapidement par la population et deviendra le sport le plus pratiqué du pays depuis 1933 (année de la fondation de la liga chilienne). Le Chili accueille, en 1962 la Mondial de Football de 1962, où la Selección nacional de fútbol termine à la troisième place. Malgré cela, le football chilien n’a jamais réussi à obtenir de bons palmarès à l’étranger (il y a tout de même deux participations notables dans les coupe du monde de football de 1930 et 1998 et une médaille de bronze aux Jeux Olympiques d'été de 2000). Le pays, n’a jamais obtenu la Coupe de l’América et seulement Colo-Colo en 1991, a obtenu la Copa Libertadores. Certains joueurs chiliens auront quand même une réputation internationale comme Marcelo Salas et Ivan Zamorano, enfants chéris de la patrie. La dernière participation du Chili à une Coupe du Monde de football remonte à 1998, où la "Roja" avait été éliminée en huitièmes de finale par le Brésil (1-4).

Le tennis s’est popularisé ces dernières années et est en train de devenir le sport le plus populaire du pays. En 1976, le Chili a été le premier pays latino-américain à jouer la finale de la Coupe Davis. En 1998, Marcelo Ríos est le premier hispano-américain à arriver premier du classement de l’ATP. À cette occation, il a été invité par le président chilien. Plus tard, Fernando González et Nicolás Massú donnent non seulement les deux premières médailles d’or au pays, mais gagnent aussi le bichampionnat de la Coupe du Monde par équipes en 2003 et 2004.

Le basket-ball est très populaire dans les universités du sud du pays. Le Chili a obtenu de bons résultats dans le championnat en 2002 et 2005. En course motocycliste, le Chili se distingue au championnat mondial grâce à Carlo de Gavardo en 2004 et 2005, et Francisco López en 2006.

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Histoire du Chili

Drapeau du Chili

L'histoire du Chili se divise généralement en 12 périodes, couvrant l’intervalle de temps compris entre le début du peuplement humain du territoire de l’actuel Chili jusqu’à nos jours.

En accord avec la théorie du passage de l’homme par le détroit de Bering par le pont terrestre de la Béringie, durant la dernière glaciation, connue sous le nom de Würm par les Européens et celui de Wisconsin par les Américains, le Chili, situé dans la partie la plus méridionale de l’Amérique du Sud, fut la dernière partie d’Amérique à être peuplée.

La glaciation Würm-Wisconsin dura environ 50 000 ans. D’après les scientifiques, le pont terrestre de la Béringie fut en état d’être utilisé pendant 4 000 ans en premier lieu, puis pendant 15 000 ans en second lieu. À partir de là, l’homme alla vers le sud jusqu’à son arrivée sur l'actuel territoire chilien.

Pour l'île de Pâques, voir Peuplement de l'Océanie.

Le territoire de l’actuel Chili, le moins peuplé de tout le continent américain, fut habité par divers groupes indigènes avant l’arrivée des Espagnols. Au début, comme société primitive, ils étaient organisés en tribus nomades. Puis peu à peu ces populations découvrent l'agriculture et se sédentarisent. Les restes archéologiques les plus anciens du pays furent trouvés au Monte Verde, près de Puerto Montt, et datent de 12 500 av. J.C. Quelques restes retrouvés dans la grotte Fell, un site archéologique de la Terre de Feu (le lieu habité le plus austral du Chili), indiquent que la présence humaine remonte à 7 000 av. J.-C.

Les changements climatiques du VIIe millénaire av. J.-C. modifièrent drastiquement les habitudes des paleoindigènes chiliens, qui durent s’adapter à un nouvel environnement : le Désert d'Atacama se forma, beaucoup d’espèces disparurent et l’Océan Pacifique délimita les côtes actuelles. Les indigènes durent s’adapter à un climat beaucoup plus chaud que celui auquel ils étaient habitués, raison pour laquelle beaucoup émigrèrent du nord vers les côtes de la vallée centrale. Ainsi se formèrent les principaux groupes indigènes chiliens : les Atacamas et les Aymaras dans le grand nord, les Diaguitas dans le petit nord, les Changos sur la côte septentrionale, la grande famille des Mapuches dans la vallée centrale jusqu’au fjord de Reloncaví, et les Tehuelches, les Chonos, les Alakalufs, les Onas et les Yagans en Patagonie.

Des quelques milliers de paléoindiens existant au VIIe siècle av. J.-C., la population augmenta jusqu’à 1 200 000 indigènes au XVIe siècle de notre ère. Durant le XVe siècle la culture des peuples indigènes sera influencée par l’expansion de l’Empire Inca sur le nord de l’actuel territoire chilien. Elle commença avec le Sapa Inca Pachacutec, et culmina sous le règne des Sapas Incas Tupac Yupanqui et Huayna Capac. Ces derniers avancèrent vers le sud, soumettant les peuples aymaras, atacamas, diaguitas et picunches, sans pouvoir vaincre les tribus mapuches, ils établirent finalement la frontière méridionale de l’Empire Inca au nord du Maule.

Pendant ce temps, sur l’île de Pâques se développa une culture de type polynésien, très avancée malgré son isolement. La culture rapa nui développa une langue propre et un système d’écriture disparu aujourd’hui, et construisit d’immenses sculptures connues sous le nom de moaïs. Cependant, entre le XVIe et le XVIIIe siècle approximativement, se produisit une crise qui provoqua une guerre civile, laquelle détruisit la majorité des vestiges de cette civilisation.

Les premiers Européens à venir en reconnaissance sur le territoire chilien furent le portugais Fernand de Magellan et Juan Sebastián Elcano, dans leur tentative de circumnavigation de la planète sous les ordres de Charles Ier d'Espagne, c'est-à-dire de Charles Quint.

Parti de Sanlúcar de Barrameda, le 26 septembre 1519, et après avoir reconnu une grande partie des côtes brésiliennes et argentines, Magellan découvrit le détroit qui relie le Pacifique à l'océan Atlantique, le 1er novembre 1520, date retenue dans l’histoire chilienne comme celle de la découverte du territoire chilien. Magellan le nomma Détroit de Tous les Saints, plus tard il sera renommé du nom de son découvreur.

Cependant, le premier explorateur d’une grande partie du territoire chilien fut Diego de Almagro, associé à Francisco Pizarro dans la conquête du Pérou. Les disputes qu’il avait avec Pizarro au sujet de la répartition des richesses de l’empire inca détruit, principalement la possession de Cuzco, le poussèrent à s’aventurer sur les terres du sud. Almagro partit de Cuzco en juillet 1535. De nombreux historiens croient que l’une des raisons du voyage d’Almagro était les rumeurs de l’existence vers le sud d’un royaume beaucoup plus riche que le Pérou, nommé El Dorado. Ces rumeurs pourraient avoir surgi de façon intentionnelle dans le but d’affaiblir les conquistadores et ainsi permettre une rébellion des indigènes.

Après avoir parcouru un chemin inca, traversant les territoires correspondants aux actuels Bolivie et nord de l’Argentine, Almagro traversa la cordillère des Andes avec de funestes résultats : une grande partie de l'expédition mourut d’hypothermie durant la traversée. Après neuf mois, Almagro arriva finalement dans la vallée de Copiapó, le 21 mars 1536.

Almagro organisa la reconnaissance de son territoire, dénommé la Nouvelle Tolède comme celui qu'il avait reçu du roi d'Espagne, et n'y trouva pas les richesses qu'il cherchait tant. Un affrontement à Reinohuelén, à la confluence des fleuves Ñuble et Itata, entre les Indigènes, dirigés par Vitacura, et une patrouille espagnole dirigée par Gomez de Alvarado, est considérée comme la première bataille de la Guerre d’Arauco. Déçu et fatigué du rude voyage, il décide de retourner au Pérou. En 1536 il prend la route d’Arequipa jusqu’à Cuzco où il se rebelle contre Pizarro.

En 1540, Pedro de Valdivia, avec l’autorisation de Pizarre, monte une seconde expédition, avec laquelle commence la période de la Conquête (du Chili). Contrairement à Diego de Almagro, il prend la route du Désert d'Atacama.

À son arrivée dans la vallée de Copiapó, il prend solanellement possession de cette terre, au nom du Roi d’Espagne, et la nomme Nueva Extremadura (Nouvelle Estrémadure), en souvenir de sa terre natale. Il se remet en marche vers la vallée d'Aconcagua, où le cacique Michimalonco essaya sans succès de l’arrêter. Le 12 février 1541 il fonde la ville de Santiago aux pieds de la colline Santa Lucia (Huelén en mapudungun). Après quelques mois Valdivia fut proclamé par le cabildo (institution coloniale espagnole) Gouverneur et Capitaine Général de Nouvelle Estrémadure. Dans un premier temps il refusa, puis finalement il accepta le 11 juin 1541.

Le 11 septembre 1541, Michimalonco dirigea une embuscade sur la ville de Santiago, récemment fondée, la détruisant quasiment complètement. Un personnage fondamental dans la défense de la ville fut Inés de Suárez.

Dans cette première étape Valdivia lutta contre les indigènes du nord du pays, essayant de consolider la domination espagnole dans ces territoires, quand il disposa de plus de troupes il commença l’occupation des territoires situés plus au sud. Il fonda aussi d’autres villes : La Serena (1544), Concepción (1550), La Imperial (1552), Valdivia (1552), Villarrica et Los Confines (1553).

En 1553 le pays paraissait définitivement pacifié, mais les Mapuches, dirigés par Lautaro et Caupolicán, levèrent une insurrection, et Valdivia perdit la vie dans un des combats. Le nouveau gouverneur, Garcia Hurtado de Mendoza y Manriquez (1557), qui devint plus tard vice-roi du Pérou (1589-1596), reconstruisit les villes détruites, mais n’arriva pas à vaincre totalement la résistance des Indigènes.

Sous la gouvernance de Rodrigo de Quiroga, le 16 décembre 1575, un tremblement de terre, accompagné d’un tsunami, dévasta la zone sud, détruisant les villes de La Imperial, Villarica, Valdivia et Castro. Des études récentes ont calculé, à partir des descriptions du phénomène et des dommages produits, une magnitude proche de 8,5 degrés sur l’échelle de Richter.

En 1598, les Mapuches se soulevèrent à nouveau et il se produisit le désastre de Curalaba, qui mit presque fin à la tentative de colonisation du Chili. Les villes au sud du fleuve Biobío sont détruites, à l’exception de Castro. Après les combats successifs de la guerre d’Arauco, il s’établit une frontière tacite entre la colonie espagnole et les terres sous domination mapuche sur le fleuve Biobío, où naquirent ensuite d'importantes révoltes.

Une fois terminée cette conquête, commença une période qui allait durer plus de deux siècles, durant lesquels allait s’étendre et se consolider la domination espagnole sur le territoire, à laquelle seuls les Mapuches allaient résister.

Le Royaume du Chili constituait administrativement une gobernación (colonie dirigée par un gouverneur) et une Capitainerie Générale dont la capitale était Santiago. Le contrôle effectif du territoire par celle-ci se limitait à la Vallée centrale, jusqu’au fleuve Biobío. À sa tête se trouvaient le gouverneur et le capitaine général, conseillés par l’Audience Royale, présidée par le même gouverneur (raison pour laquelle on l’appellait aussi bien président que gouverneur). L’Audience, en plus de servir d’organe consultatif du gouverneur, avait les fonctions de tribunal d’appel du royaume.

Le roi Philippe II mit le gouverneur sous la surveillance du vice-roi du Pérou, selon une ordonnance royale de 1589, qui l'obligeait à "garder, accomplir et exécuter ses ordres, et l'aviser de tout ce qui se prêtait à considération". De là, les vice-rois interprétèrent que la relation était de dépendance effective, cependant dans certains cas la relation était directe avec le roi, et dans d'autres elle passait par le vice-roi du Pérou. La base de la relation était l'ordonnance royale ci-avant mentionnée, cependant il y en eut d'autres qui précisaient davantage le type de relation effective entre la capitainerie et la vice-royauté. Par exemple, selon une autre ordonnance royale, il était autorisé aux vice-rois d'intervenir au Chili uniquement en cas de "désordre et tumulte"; cela permit aux vice-rois à mettre en pratique des stratégies militaires à la guerre d'Arauco (guerre défensive), et ensuite ils ordonnèrent directement au gouverneur du Chili de les implanter (guerre offensive). Les vices-rois eurent aussi la faculté de démettre un gouverneur. Par la suite cette attribution leur fut déniée.

En ce qui concerne les ressources militaires (armes, soldats, etc.) et l'approvisionnement commercial, la capitainerie dépendait de la vice-royauté. Le pouvoir judiciaire de la capitainerie était autonome, sauf l'inquisition, attribuée à un délégué de Lima, et les juges du tribunal du commerce, qui dépendaient du consulat de Lima jusqu'en 1795. Pour ce qui était de gouverner, la capitainerie recevait parfois ses instructions du roi et il n'y eut jamais d'annexion formelle à la vice-royauté. De plus, parfois, pour des raisons stratégiques de sécurité -par exemple, face aux menaces de corsaires- les vice-rois intervinrent directement sur la gestion gouvernementale, parfois par leur propre initiative. Ainsi, certains gouverneurs s'habituèrent à consulter le vice-roi ou lui demander des instructions sur des points urgents, pour éviter la grande distance qui les séparait du roi d'Espagne. Finalement, en 1798, lors d'une dispute entre le vice-roi Ambrosio O'Higgins et le gouverneur Gabriel de Avilés y del Fierro, le roi Charles III déclara que le Chili était indépendant de la vice-royauté comme cela avait toujours dû se comprendre ("como siempre debió entenderse").

La guerre d'Arauco allait connaître, tout au long de la période coloniale, des périodes très belliqueuses et d'autres plus pacifiques : guerre offensive, guerre défensive et négociations. De plus, les gouverneurs espagnols furent confrontés, dans la seconde moitié du XVIIème siècle, aux incursions répétées de corsaires anglais. Pour le soutien de l'armée, en 1600, le roi établit le real situado ("affectation royale"), une subvention qui sera à charge de la vice-royauté du Pérou.

La situation géographique du Chili, à part les principales routes terrestres et maritimes, fut un des inconvénients les plus importants auxquels se heurta la colonisation du pays. Ajouté à cela le constant état de guerre dans lequel se trouvait la Capitainerie, le Chili devint une des zones les plus pauvres de l'empire espagnol en Amérique. Les échanges avec le Pérou furent la base de l'activité commerciale de la capitainerie; par la suite, bien que cela soit légalement interdit, s'établira un commerce régulier avec Buenos Aires.

Le XVIIème Siècle se caractérisa économiquement comme le "siècle de la matière grasse", car cet article, avec le cuir et la viande séchée, devint le principal produit d'exportation du Pérou, ce qui permit l'obtention d'importants dividendes à diverses zones d'élevage à économie précaire, de faible capacité de production. Le XVIIIème siècle, quant à lui, fut appelé le siècle du blé, car il se forma une nouvelle structure sociale agraire, qui permit un ample développement de l'agriculture et une importante exportation de cette céréale vers la vice-royauté. En effet, à partir de 1687, le Chili devint le grenier du Pérou, car cette année une calamité ravagea une grande partie de ses vallées cultivables. L'industrie minière se développa également, avec des gisements d'or, d'argent et de cuivre.

Bien qu'il existe un système de monopole, la contrebande augmenta beaucoup au XVIIIème siècle, avec l'arrivée de navires provenant de France, des États-Unis et d'Angleterre. Seul l'établissement de la liberté de commerce avec l'Espagne, en 1778, permit un échange plus continu avec la métropole.

Durant cette période se produisirent plusieurs tremblements de terre de grande magnitude. Entre autres, celui du 13 mai 1647, qui détruisit une grande partie de Santiago; celui du 15 mars 1657, qui détruisit complètement la ville de Concepción et provoqua un tsunami; et celui de 8 juillet 1730, qui à nouveau endommagea sérieusement Santiago et Valparaíso.

En 1808, l’empire colonial espagnol vivait dans un état croissant d’agitation. Les nouvelles de l’invasion napoléonienne de l’Espagne arrivèrent au Chili, ainsi que la captivité de Ferdinand VII d'Espagne à l’époque où Francisco García Carrasco était gouverneur. Après des faits de contrebande, il démissionna en 1810. C’est le militaire le plus ancien du Chili, Mateo de Toro y Zambrano, qui dut prendre temporairement le commandement. Dès cet instant se propagea le mouvement juntiste, c’est-à-dire la volonté de remplacer la tutelle espagnole par une junte de notables qui exercerait le pouvoir pendant la captivité du souverain.

Le gouverneur Mateo de Toro y Zambrano accepte la convocation à une assemblée pour décider de l’établissement d’une junte de gouvernement. C’est ainsi que le 18 septembre 1810 est formée la Première Junte Nationale de Gouvernement, dont Mateo de Toro reste le président et qui marque le début de la Patria Vieja (vieille patrie). Peu de temps après sont convoqués et élus les membres du Premier Congrès National. C’est ainsi que le mouvement des modérés obtint plus d’autonomie, ce qu’il recherchait sans vouloir aller jusqu’à la séparation complète de l’empire espagnol, pendant que les exaltés, qui pronaient l’indépendance absolue et immédiate, restaient une minorité.

Au début, le gouvernement transitoire se maintint sans intentions indépendantistes. Cependant, avec le temps, on changea de cap, particulièrement à l’arrivée au pouvoir de José Miguel Carrera. Les premiers textes constitutionnels et les premières lois chiliennes sont dictés, de nouvelles institutions sont créées, comme l’Institut National, la Bibliothèque Nationale et le premier journal chilien, La Aurora de Chile (l’Aurore du Chili). Bientôt le coup d’envoi est donné de la Guerre d’Indépendance contre les troupes royalistes.

Les troupes envoyées par le vice-roi du Pérou, José Fernando de Abascal y Sousa (1806-1816), aux côtés des adhérents à la cause royaliste qui habitaient le territoire, mirent finalement en déroute les troupes patriotes à la Bataille de Rancagua, le 2 octobre 1814, marquant le début de la Reconquête Espagnole. On rétablit alors les institutions coloniales, avec les gouvernements de Mariano Osorio et Casimiro Marco del Pont.

Après le Désastre de Rancagua (la Bataille de Rancagua), la plupart des leaders indépendantistes durent fuir à Mendoza, en Argentine. C’est là que fut formée l’Armée des Andes, dirigée par le libérateur argentin, José de San Martín, à laquelle participait Bernardo O'Higgins, leader des milices chiliennes. Cette armée libératrice, qui comptait initialement 4000 hommes et 1200 miliciens auxilliaires pour l’acheminement des vivres et munitions, traversa la Cordillère des Andes et, le 12 février 1817, mit en déroute les troupes royalistes à la bataille de Chacabuco, marquant le début de la période Patria Nueva (Patrie Nouvelle).

O’Higgins fut nommé Directeur Suprême, et, le 12 février 1818, premier anniversaire de la bataille de Chacabuco, il déclare officiellement l’indépendance du Chili, qui se confirme avec la victoire de l’armée patriote à la bataille de Maipú, le 5 avril.

Sous son gouvernement sont réalisés divers travaux d’infrastructure, on organise l’Expédition Libertaire du Pérou ; sous le commandement de l’amiral Thomas Cochrane on prend la ville de Valdivia, qui était toujours aux mains des Espagnols ; et on promulgue deux textes fondamentaux : la Constitution de 1818 et la Constitution de 1822 ; cependant, il gagne l’antipathie du peuple à cause de son autoritarisme, ses intentions de se maintenir au pouvoir indéfiniment et la mise à mort, sous l’influence de la loge Lautaro, de Manuel Rodriguez, ainsi qu'un ordre présumé de mise à mort de José Miguel Carrera, selon les accusations des partisans de ce dernier. Pour éviter une guerre civile, O’Higgins démissionne le 28 janvier 1823, et en juillet de la même année il s’exile au Pérou.

Après la démission d’O’Higgins, le pays entre dans une grande période d’instabilité politique qui dure tout une décennie. Le général Ramón Freire, Directeur Suprême du Chili, conseillé par Juan Egaña, décide d’en finir avec le dernier foyer de résistance coloniale à Chiloé, mais le désordre politique constant dans lequel se trouve le pays est un grave obstacle pour son gouvernement. Pour résoudre ce problème, la Constitution Moraliste de 1823 est rédigée; cependant sa complexité génère un important rejet de la part de la population, qui, soumise à la crise économique, provoque la chute du gouvernement de Freire.

Dans une ambiance dominée par les querelles entre groupes politiques, Manuel Blanco Encalada est élu premier Président du Chili. Sa courte gouvernance est marquée par la domination du groupe fédéraliste et la promulgation des Lois Fédérales de 1826. Mais à nouveau cette législation est rejetée et provoque le chaos dans le pays. Blanco Encalada démissionne et il s’établit une succession de présidents gouvernant durant de courtes périodes.

En 1828, Francisco Antonio Pinto arrive à faire approuver la Constitution de 1828, de type libéral. Aux élections, Pinto est réélu, mais il est accusé de fraude électorale. De plus, le Congrès National désigne Francisco Ramon Vicuña comme vice-président, poste qui aurait dû être attribué par vote populaire. Cela provoque le soulèvement de l’armée, dirigée par José Joaquín Prieto. Celle-ci contrôle rapidement le sud du Chili, marquant le début de la Révolution de 1829.

Pinto et Vicuña démissionnent, pour éviter la guerre civile, mais il est trop tard. L’union entre pelucones (conservateurs), estanqueros (buralistes) et o’higginistes, après la bataille d’Ochagavía, produit la chute du régime libéral, et un gouvernement révolutionnaire est instauré, dirigé par José Tomás Ovalle. Finalement, la bataille de Lircay octroie la victoire définitive aux révolutionnaires qui mettent fin au régime libéral.

José Joaquín Prieto, sorti victorieux de la Révolution, devint Président de la République en 1831. À ses côtés, le pouvoir de Diego Portales s’accrût de telle manière qu’il devint l’homme le plus important du pays.

Suivant l’idéologie de Portales, de caractère autoritaire –"gouvernement obéissant, fort, centralisateur, respecté et respectable, impersonnel, supérieur aux partis et aux prestiges personnels"-, est promulguée la Constitution de 1833, laquelle attribue d’importants pouvoirs au Président de la République, élu au suffrage censitaire pour une période de 5 ans et rééligible pour 5 autres années. Cela permit au pays d’en finir avec la période d’anarchie des années précédentes, et d’établir une période de stabilité (uniquement interrompue momentanément par les révolutions de 1851 et 1861), établissant les bases institutionnelles dans lesquelles se développèrent les régimes suivants, et commençant à récupérer de la crise économique.

La découverte de minerai à Chañarcillo et la vente de blé à des marchés externes commencèrent à apporter des richesses au pays. Cependant, la rivalité entre le port de Valparaíso et celui de Callao au Pérou, pour la domination de l’Océan Pacifique, s’aggrava avec la création de la Confédération péruvo-bolivienne d’Andrés de Santa Cruz. Portales, un des plus féroces ennemis de cette confédération, fut un des promoteurs de la Guerre contre la Confédération péruvo-bolivienne. En tant que Ministre de la Guerre, il obtint, le 28 septembre 1836, que le Congrès déclare la guerre. Une grande partie de la population et de l’armée n’était pas convaincue de partir en guerre. Cependant, l’assassinat de Portales, le 6 juin 1837, les fit changer d’avis et gagner la bataille de Yungay, sous le commandement du général Manuel Bulnes, le 20 janvier 1839.

En 1841, Bulnes est élu comme successeur de Prieto. Durant cette période, l’économie chilienne reste croissante. On inaugure l’Université du Chili, et c’est le début d’un essor de la culture avec la Société Littéraire de 1842 de José Victorino Lastarria et Francisco Bilbao, entre autres. De plus, c’est le début d’une période connue comme "époque d’expansion" avec l’établissement d’une colonie dans le détroit de Magellan. À la fin de son mandat, une tentative révolutionnaire pour éviter la montée de Manuel Montt fut vaincue à la bataille de Loncomilla, le 8 décembre 1851.

Aux côtés de son ministre, Antonio Varas, Montt continue sur la voie de son prédécesseur. On construit des lignes de chemin de fer, des ponts et des routes, on élabore le Code Civil d’Andrés Bello et on donne le départ de la colonisation du sud du Chili, par l’immigration allemande dans les régions de Valdivia et Llanquihue, couronnée avec la fondation de Puerto Montt.

Cependant, la stabilité du régime conservateur commença à chanceler. La "question du Sacristin" donna lieu à un conflit entre l’Église Catholique et l’État, laissant Montt qui ne pouvait prendre parti, ni pour l’un, ni pour l’autre. Face à cette situation, de nombreux conservateurs s’éloignent du Président et s’unissent aux opposants au gouvernement, ce qui fut à l’origine de la Fusion Libéro-Conservatrice. Antonio Varas, représentant le Parti National (Montt-Variste) est finalement mis en déroute par la Fusion Libérale Conservatrice, en 1861.

José Joaquín Pérez devient Président en 1861, comme candidat de l’unité, et il met ainsi fin à la période appelée Époque des Décennies (ainsi nommée en référence à la durée du mandat des Présidents Prieto, Bulnes, Montt et Pérez).

Une des premières situations auxquelles Pérez fut confronté fut la guerre contre l’Espagne. Le royaume européen avait occupé les îles Chincha, appartenant au Pérou, comme forme de paiement pour d’anciennes dettes contractées durant la guerre d'indépendance péruvienne, après la bataille d'Ayacucho du 9 décembre 1824 qui se conclut par la capitulation des Espagnols. Des années plus tard les détenteurs des obligations, tant les Péruviens que les Espagnols, firent pression pour que la dette soit effectivement payée, ce qui motiva la présence sur les côtes occidentales d’Amérique du Sud, de l’Expédition Scientifique, dénomination donnée à une forte escadre de guerre venant d’Espagne. Le prétexte de la prise des îles fut un incident dans l’hacienda Malambo, qui se solda par la mort d’un Espagnol et la répudiation par la population péruvienne du traité Vivanco-Pareja, considéré comme un affront à l’indépendance sud-américaine. Le Chili s’allia avec le Pérou et, finalement, lors du combat naval d’Abtao, les Espagnols furent mis en déroute par l’escadre alliée, non sans avoir bombardé le port de Valparaíso, le 31 mars 1866, et avoir livré la bataille du 2 mai à Callao.

La période d’expansion commencée sous la présidence de Montt poursuit sa route. Au nord du Chili, on commence à investir dans l’exploitation du minerai de salpêtre et de cuivre dans la région d'Antofagasta, sous administration bolivienne. En même temps, le français Orélie Antoine de Tounens déclara l’indépendance du royaume d'Araucanie et de Patagonie. Bien que cet état ne sera jamais reconnu, il génère dans le pays l’idée de laisser gouverner cette région par les indigènes. En 1865, une loi interprétative de la Constitution établit la liberté de culte et en 1867 le Code du Commerce entre en application.

En 1871 Federico Errázuriz Zañartu est nommé Président. Durant son mandat, il met fin à la fusion libérale-conservatrice et crée l’Alliance Libérale, en unissant les libéraux avec le Parti Radical. Sous le Régime Libéral, on réalise diverses modifications à la Constitution de 1833 : on réduit le quorum des assemblées des Chambres du Congrès, on limite les pouvoirs présidentiels et on assouplit l’accusation des ministres par le Congrès, lequel commence à recevoir plus de compétences. De plus, on commence à traiter des "questions théologiques" ou en relation avec l’Église. On approuve le Code Pénal en 1874 et en 1875 la loi d’organisation et attributions des tribunaux, qui supprime le pouvoir ecclésiastique et les recours forcés.

En 1879, les heurts diplomatiques entre le Chili et la Bolivie concernant le contrôle de la frontière nord du pays et les intérêts chiliens dans les mines de salpêtre, provoque le débarquement chilien en région d’Antofagasta le 14 février, marquant le début de la Guerre du Pacifique, le principal conflit armé de l’histoire du pays.

Après la conquête du territoire d’Antofagasta, le Chili s’affronte en mer au Pérou, allié de la Bolivie, et met fin à la conquête des territoires de Tarapacá, Arica et Tacna, au milieu des années 1880. La Bolivie se retire de la guerre en mai de cette année et le Chili arrive à entrer à Lima après la bataille de Miraflores le 15 janvier 1881. La guerre se termine finalement après la bataille de Huamachuco, le 10 juillet 1883, avec la signature du Traité d’Ancón le 20 octobre 1883.

La victoire chilienne sur les pays alliés permet l’expansion du territoire national en annexant Tarapacá, Arica et Tacna par le Traité d’Ancón et d’Antofagasta. Parallèlement, la Région d'Araucanie a souffert un processus de lente incorporation à travers la construction de forts, l’installation de colonisateurs et de troupes militaires et la réalisation de parlements, menant à sa pacification en 1881. En 1888, l’île de Pâques est également annexée. D’autre part, le Chili renonce au territoire de la Patagonie Orientale et de la Puna d’Atacama et les cède à l’Argentine après le traité de 1881.

Les nouveaux territoires incorporés provoquèrent un essor économique explosif dans le pays, principalement dû à l’extraction de salpêtre, se remettant ainsi de la crise économique des années 1870. Diverses firmes européennes, principalement britanniques, s’installent dans l’extrême nord du pays pour exploiter les nitrates. La richesse produite par l’"or blanc" sustente 75% des rentrées fiscales et la totalité de l’économie nationale.

Entre 1883 et 1884 sont approuvées diverses lois tendant à la laïcisation de l’État : loi des cimetières laïcs, loi du mariage civil et loi du registre civil.

José Manuel Balmaceda fut élu Président en 1886. Profitant des dividendes provenant de l’exploitation du salpêtre, le gouvernement de Balmaceda se caractérise par la modernisation complète du système économique, éducatif et sanitaire, et la mise en œuvre de grands travaux civils, comme le chemin de fer tout au long du pays et le Viaduc du Malleco. Pendant sa Présidence, il essaya de se rallier les libéraux, mais le fossé s’approfondit, rendant impossible le déroulement normal de son mandat. Il était fréquent que le Congrès accuse constitutionnellement les ministres, paralysant le déroulement normal du gouvernement de Balmaceda. De plus, il ajouta au nombre de ses ennemis les leaders conservateurs, l’aristocratie et les entreprises salpêtrières.

La forte opposition à Balmaceda se concrétisa quand le Congrès n’approuva pas la Loi du Budget de l’année 1891. Balmaceda déclara, le 1er janvier, qu’on prolongerait le budget de l’année précédente et que le Congrès ne se réunirait pas avant le mois de mars. Le même jour, le Congrès considéra illégale l’attitude du Président et déclara sa destitution. La marine se rangea aux côtés des parlementaires, tandis que l’Armée déclara sa loyauté au Président, ce qui marqua le début de la guerre civile de 1891.

Le 12 avril fut déclaré un gouvernement parallèle à Iquique, dirigé par Ramón Barros Luco et l’amiral Jorge Montt. Rapidement, les troupes congressistes repoussèrent les balmacédistes vers le nord. Suite aux batailles de Concón (20 août) et de Placilla (28 août), les troupes révolutionnaires réussirent à entrer à Santiago. Balmaceda, réfugié à l’ambassade d’Argentine, se suicida le 19 septembre, le lendemain de la date de la fin de son mandat, mettant fin à la Guerre Civile qui fit 10.000 morts.

La victoire des troupes congressistes lors de la Guerre Civile, permit l’établissement d’un système politique connu comme République Parlementaire, dominé principalement par l’oligarchie composée par les grands propriétaires terriens, la bourgeoisie minière et banquaire et l’aristocratie chilienne.

Bien qu'il ne fut pas établi un système parlementaire proprement dit, le Congrès National domina la politique nationale et le Président devint une figure pratiquement décorative, sans autorité et sujet à la décision des majorités parlementaires, ce qui le rendit incapable de faire approuver les réformes dont le pays avait besoin. Les cabinets ministériels étaient constamment censurés par le Congrès et devaient présenter leur démission immédiatement, ce qui donnait un carrousel ministériel qui rendait impossible une gouvernance adéquate. Par exemple, le gouvernement de Germán Riesco connut un total de 17 cabinets et 73 ministres en 5 ans.

Durant ces années, la progression du pays continua grâce à la richesse que produisait le minerai de salpêtre, ce qui permit de réaliser quelques grands travaux, comme le Chemin de Fer Transandin (à travers les Andes) et le Musée National des Beaux-Arts, en commémoration du Centenaire de l’Indépendance. Cependant l’économie nationale fut confrontée au tremblement de terre destructeur qui dévasta le port de Valparaíso, le 16 août 1906.

Au niveau international, sous arbitrage britannique, on résout les problèmes limitrophes avec l’Argentine dans la zone australe des Andes, litige portant sur le tracé de la frontière, le Chili prétendant que celle-ci suivait la ligne de partage des eaux, alors que l'Argentine défendait le principe des plus hautes cimes, or ces deux lignes ne coïncident pas dans cette zone. En même temps, les deux pays, ainsi que le Brésil, signent le Pacte ABC pour établir des mécanismes de coopération et de médiation entre ces états, et, d’une certaine façon, contrecarrer l’influence croissante des États-Unis dans la zone. C'est dans ces années qu'éclate la Première Guerre mondiale, conflit dans lequel le Chili décide de se maintenir neutre.

Cependant, au long des deux premières décennies du XXe siècle, les citoyens commencent à manifester leur mécontentement envers la mauvaise situation. La forte migration des campagnards vers les villes fait que les migrants doivent se soumettre à des conditions de vie paupérisantes, à la surpopulation et à des problèmes sanitaires. La mortalité en 1895 était de 31 pour mille, 30 000 personnes moururent de variole en 1909 et 18 000 du typhus, pendant que l’analphabétisme dépassait les 68% de la population. D’autre part les conditions de travail étaient honteuses, tant dans les villes que dans l'industrie du salpêtre. Mille personnes mourraient chaque année d’accident de travail. De plus, cette situation était minimisée et inconnue des dirigeants. Pour tenter d’améliorer cette situation, à partir des années 1900 commence à se faire manifeste la Cuestión Social (question sociale), avec les premières grèves de travailleurs exigeant de meilleures conditions de travail. Les premières réformes du travail survinrent au milieu de cette décennie, par exemple ce n’est qu’en 1907 qu’on introduit le repos dominical. Beaucoup de ces protestations se terminèrent tragiquement par la répression militaire contre les travailleurs, la plus connue étant la tuerie de Santa Maria d’Iquique. La création de syndicats, de mutuelles et du Parti Ouvrier Socialiste (1912) permirent le développement du mouvement ouvrier au niveau national. Les protestations devinrent chaque jour plus grandes et plus violentes, démontrant l’incapacité de la classe dirigeante à faire face aux problèmes apportés par l’industrialisation.

En 1920 l’union des forces populaires et la classe moyenne prirent le pouvoir à l’oligarchie, et Arturo Alessandri prit la fonction de Président. Il proposa au Congrès l’adoption de lois très avancées en matière sociale, mais ces projets rencontrèrent l’opposition ténace du Sénat. Le mécontentement dû au rejet de ces réformes se manifesta par le Bruit de Sabres de 1924, réalisé par les jeunes officiers de l’armée, qui, dans une session du Congrès où l’on débattait des indemnités parlementaires (rémunération), firent sonner leur sabre de façon à démontrer leur gêne, ce qui en plus fut interprété comme une menace de coup d’État. Le Congrès, dans cette situation, approuva rapidement les lois sociales, croyant que les militaires retourneraient à leurs occupations. Ce ne fut pas le cas. Face à cette situation Alessandri sent que son pouvoir a été dépassé. Il présente sa démission au Congrès et s’exile à l’ambassade des États-Unis. Le Congrès refuse sa démission et lui donne l’autorisation de s’absenter du pays pour six mois. Le 10 septembre, il abandonne le pays et fuit en Italie.

Le pouvoir revint aux militaires, qui constituèrent une junte gouvernementale, cependant ils ne parvinrent pas à contrôler la situation. Le 11 septembre, la Junte décrète la dissolution du Congrès National, après 93 ans de fonctionnement ininterrompu. Le 23 janvier, une nouvelle junte est formée. Après quelques mois, on sollicite le retour d’Alessandri. À son retour, le 20 mars 1925, apparaît un nouveau dictateur militaire, Carlos Ibáñez del Campo. Alessandri décide de réaliser de profonds changements au système politique national. Il arrive à créer la Banque Centrale du Chili, et obtient qu’on approuve par référendum une nouvelle constitution, qui est promulguée le 18 septembre 1925. Avec cette Constitution, le pouvoir est à nouveau exercé effectivement par le Président de la République, mettant fin au gouvernement parlementaire, et établissant un régime présidentiel.

Après la victoire du régime présidentiel, Alessandri et Ibáñez entrèrent en conflit pour le leadership. Le premier voulait établir un candidat unique pour la Présidence, poste qu’ambitionnait Ibáñez. Celui-ci fut appuyé par un manifeste de plusieurs politiciens soutenant sa candidature qui paraissait officielle, malgré le rejet manifesté par Alessandri, produisant la démission de l’entièreté du cabinet. Face à cette situation, Ibáñez publia une lettre ouverte au Président lui rappelant qu’il ne pourrait gouverner qu’avec sa signature, puisqu’il était le seul ministre du cabinet. Ainsi, la gouvernance d’Alessandri était soumise aux décisions d’Ibáñez, ce que le Lion de Tarapacá ne pouvait supporter : il désigna Luis Barros Borgoño Ministre de l’Intérieur et présenta sa démission irrévocable le 2 octobre 1925.

Barros Borgoño fut remplacé par Emiliano Figueroa, qui avait été choisi comme candidat de consensus entre les partis politiques pour faire face à la crise politique présente dans le pays. Cependant, Ibáñez réussit à se maintenir comme ministre de l’Intérieur. Figueroa ne put contrôler Ibáñez et finit par remettre sa démission le 7 avril 1927. Ensuite, face à l'absence de Président, Ibáñez en assuma la charge.

Durant la présidence d’Ibáñez divers organismes furent créés, comme la Línea Aérea Nacional (lignes aériennes), la Contraloría General de la República (organisme autonome de l'état, chargé de contrôler la légalité des actes de l'administration publique), les Carabiniers et la Force Aérienne. De plus, le Code du Travail fut promulgué et le Traité de Lima, qui résolvait les problèmes limitrophes avec le Pérou, fut ratifié, le 3 juin 1929.

Ibáñez reçut, au début, le soutien de la population. Mais, les mois passant, il commença à avoir des attitudes extrêmement autoritaires. Des centaines de politiciens, dont Alessandri, partirent en exil, des restrictions à la presse furent établies et les membres du Congrès furent désigné par Ibáñez, en accord avec les partis politiques, recevant l’appellation de Congrès Thermal, en référence aux Thermes de Chillán, où se déroula la négociation.

Le krach de la bourse de New-York donna lieu en 1929 à la Grande Dépression. Le gouvernement d’Ibáñez, qui avait triplé la dette externe en sollicitant des prêts aux États-Unis, et l’inévitable effondrement de l'industrie minière du salpêtre provoquèrent une crise sans précédent au niveau national, rendant le Chili le pays le plus atteint au monde par cet événement. Face à cette situation, Ibáñez présenta sa démission en 1931 et laissa le gouvernement aux mains de Juan Esteban Montero, Président du Sénat. Aux élections anticipées qui eurent lieu en octobre, Montero vainquit Alessandri, qui était revenu d’exil.

Montero, de nouveau à la Présidence, fut immédiatement confronté à diverses tentatives de révolution. Le soulèvement de la Marine, à Coquimbo, ne fut que la première tentative de coup d’État d’une longue série qui continua les mois suivants, sans succès, jusqu’au 4 juin 1932.

Les leaders du coup d’État, Marmaduque Grove, Carlos Dávila et Eugenio Matte, déclarèrent la République Socialiste du Chili. Cependant, ce régime ne dura que 12 jours, jusqu’à ce qu’un nouveau coup d'État installe Dávila à la présidence et que les deux autres membres de la Junte furent exilés à l’île de Pâques. Dávila, cependant, ne fut président que 100 jours, ensuite, après divers mandats de présidence par intérim, Arturo Alessandri fut élu Président de la République.

La seconde période d’Alessandri se caractérisa principalement par la récupération du pays, tant en économie qu’en ambition politique. Pour cela, Alessandri utilisa en diverses occasions les pouvoirs extraordinaires de sa position et arriva à éloigner l’armée du pouvoir politique, lequel était alors composé de la Coalition Conservatrice (conservateurs et libéraux), le Parti Radical, qui avait chaque fois plus de poids, et la gauche émergente, composée par le Parti Socialiste (fondé en 1933) et le Parti Communiste. En même temps l’influence des idéologies fascistes, qui surgissaient d’Allemagne, d’Espagne et d’Italie, fut assimilée par les jeunesses du Parti National Socialiste, mené par Jorge González von Marées.

Bien qu’au début Alessandri gouverna avec un cabinet pluraliste, les radicaux commencèrent lentement à se rapprocher des partis de gauche, se retirant du gouvernement en avril 1934. La division entre la Droite d'une part, et la Gauche et les Radicaux d'autre part, commença à se faire chaque jour plus profonde et la violence commença à réapparaître. Le Massacre de Ranquil ne fut qu’une preuve de la tension qui commençait à naître en ville et dans la campagne. Alessandri décréta l’état de siège en février 1936 et ferma le Congrès, tandis que les ouvriers profitaient de la récente création de la Confédération de Travailleurs du Chili pour se déclarer en grève.

Malgré les évènements qui arrivaient dans le pays, Alessandri et son ministre Gustavo Ross Santa María arrivaient à faire reprendre des forces à l’économie affaiblie. L’industrie minière du salpêtre donnait ses derniers fruits et commençait à être remplacée par le cuivre, tandis que l’agriculture renaissait rapidement. La dette extérieure fut réduite de 31% grâce à l’achat d'obligations dépréciées (Ross arriva à acheter 139 millions d'obligations pour seulement 15 millions de pesos) et l’industrie nationale arrivait à satisfaire 70% des besoins du pays. Cet essor permit la réalisations de grands travaux tels que le Stade National et le Barrio Cívico (Quartier Civique).

À l’approche de l’élection présidentielle, les Radicaux arrivèrent à s’allier avec les Communistes, les Socialistes et la Confédération des Travailleurs du Chili (CTCH), ils formèrent ainsi le Front Populaire, lequel présente la candidature du radical Pedro Aguirre Cerda. La Coalition choisit Ross comme candidat à la présidence, lequel était détesté par l’opposition, qui l’appelait le Ministre de la Faim. Cependant, la surprise qui fit la une fut la candidature d’Ibáñez, appuyé par l’Alliance Populaire Libératrice et le Parti National-Socialiste.

Ross semblait être le vainqueur certain des élections, grâce à la coûteuse campagne et la division des électeurs de l’opposition entre Aguirre Cerda et Ibáñez. Cependant, un terrible évènement changea la situation : des membres des jeunesses nazies prirent le bâtiment principal de l’Université le 5 septembre 1938. Tandis qu'ils étaient retranchés dans le bâtiment, une pièce d’artillerie attaqua l’entrée principale, ce qui amena la reddition des 71 manifestants. Ils furent transférés au bâtiment de l'Assurance Ouvrière, situé face au Palais de la Monnaie, et y furent criblés de balles par les carabiniers. Le Massacre de l’Assurance Ouvrière fut attribué par l’opposition à un ordre d’Alessandri, ce qui provoqua le retrait de la candidature d’Ibáñez et son appui à Aguirre Cerda. Finalement, le 23 octobre, le candidat du Front Populaire obtint 50,2% des votes, face aux 49,3% de Ross.

Pedro Aguirre Cerda devint Président et mena une politique de rupture social-démocrate, promouvant l’industrialisation et freinant le pouvoir de l’oligarchie. Pour cela, et malgré le tremblement de terre dévastateur qui rasa Chillán et une grande partie du sud du pays en 1939, il fonda la Corporation de Développement de la Production. À travers son "projet de substitution des importations", il cherche l’indépendance économique du pays. Des exemples sont la création de l’Entreprise Nationale d’Électricité, la construction de centrales hydro-électriques, la création de l’ENAP (Entreprise Nationale de Pétrole), en charge du premier gisement de pétrole de la région de Magallanes, la création de la Compagnie d’Acier du Pacifique et d'industries publiques d’exploitation sylvicole, agricole et manufacturière. Avec cette impulsion, l’industrie arriva de 1940 à 1943 à une croissance annuelle de 7,5%.

Les bons résultats économiques commencèrent à produire des changements dans la société chilienne et à donner un nouvel entrain aux grandes villes. Santiago, par exemple, commença à exploser démographiquement, atteignant le million d’habitants, et la culture se développa grâce aux apports littéraires de Vicente Huidobro et d’Augusto d’Halmar. Poussé par sa vocation d’enseignant, Aguirre Cerda réussit à étendre l’éducation publique à une grande partie du pays, ce qui pour lui était la seule façon de vaincre la pauvreté.

Pendant ces années, les relations internationales du pays furent confrontées à d’importants faits de guerre qui dévastait une grande partie du monde. La Guerre Civile Espagnole produisit un exode massif d’Espagnols qui arrivèrent au Chili grâce aux actions réalisées par l’ambassadeur en France, Pablo Neruda, principalement à bord du bateau Winnipeg. Des mois plus tard éclata la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle le Chili, de même que lors de la Première Guerre mondiale, manifesta sa neutralité. Il maintenant donc de bonnes relations avec l’Italie, et une partie des habitants manifestait ouvertement de la sympathie pour l’Allemagne, bien qu’une grande partie de la population était en faveur des Alliés. Par ailleurs, sur ordre d’Aguirre Cerda, on officialisa la revendication chilienne sur l’Antarctique, et on déclara les limites du Territoire Chilien de l'Antarctique.

La présidence d’Aguirre Cerda se termina brutalement suite à la tuberculose mortelle de son dirigeant qui mourut fin 1941 avant la fin de son mandat. En 1942, le radical Juan Antonio Ríos est élu successeur d’Aguirre Cerda et concrétise la majeure partie des projets de son prédécesseur.

Pendant sa présidence, les pressions pour prendre part officiellement à la Seconde Guerre Mondiale, venant tant des États-Unis que des sympathisants de l’Axe, prirent fin début 1943 avec la rupture des relations diplomatiques avec les pays de l’Axe. Le Chili fut le seul pays sudaméricain qui ne déclara pas la guerre à l’Allemagne durant tout le conflit et il ne le fit contre le Japon qu’en 1945. Cela ne fut pas un obstacle aux États-Unis pour obtenir du gouvernement chilien l’appui qui l’intéressait le plus : la fourniture de matières premières pour l’industrie de la défense : le Chili était un important producteur de salpêtre, essentiel pour la fabrication de poudre à canon, et de cuivre, pour la confection de munitions. Les États-Unis obtinrent, de plus, sous la prémisse d’être une contribution du pays au monde libre, que les exportations de cuivre chilien vers le marché américain, durant la période 1942-1945, auraient un prix fixé unilatéralement par Washington. Il fût de 11,7 cents de dollar la livre (0,28 $/Kg), près d’un tiers moins que ce qu’étaient prêts à payer les pays belligérants. Ce prix n’affecta que l’état chilien puisque les entreprises, qui étaient toutes américaines, furent subventionnées par les États-Unis de 120 millions de dollars par an. En ne comptant que le non-paiement des 120 millions de dollars de bonification, les pertes pour le Chili sont estimées à plus de 500 millions de dollars.

Un fait transcendant pour l’histoire de la littérature nationale fut le décernement du Prix Nobel à la poétesse Gabriela Mistral, le 10 décembre 1946.

La stabilité dans laquelle les gouvernements radicaux trouvèrent leur origine, résultat d'une composition de forces politiques distinctes, commença cependant à décliner sérieusement pendant le gouvernement de Ríos. La crise entre le Président et les socialistes, les communistes, la droite et leurs compagnons de parti mena Ríos à exiger la sortie de tous les radicaux de son cabinet. Cependant, comme son prédécesseur, la santé l’empêcha de continuer d’aller jusqu’à la fin de son mandat. Il mourut en 1946.

Gabriel González Videla fut élu Président. Il était le leader de l’Alliance Démocratique, composée entre autres du Parti Radical et du Parti Communiste dirigé par Neruda. Cependant, en 1947, les élections municipales firent clairement apparaître l’ascension du Parti Communiste en plein essor de la Guerre Froide. Face à cette situation, González Videla expulsa le PC de son gouvernement et devint un farouche opposant.

Les syndicats miniers de Lota et Chuquicamata, formés en majeure partie de communistes, déclarèrent la grève et il fallut déclarer l’état de siège à Santiago. Dans ce contexte, le Congrès approuva la Loi de Défense de la Démocratie, appelée "Loi Maudite" par ses opposants, qui interdit le Parti Communiste et envoya ses militants en camp de détention à Pisagua.

Pendant ce temps, pendant la présidence de González Videla se déroule le "Plan Serena" pour le développement de la province de Coquimbo et le remodelage de La Serena, et le vote des femmes arrive à se faire approuver. Les premières bases antarctiques sont installées et l’Université Technique de l’État est fondée.

Aux élections présidentielles de 1952, les candidats sont Pedro Enrique Alfonso représentant le radicalisme, le centriste Arturo Matte, le socialiste Salvador Allende et le candidat indépendant Carlos Ibáñez del Campo. Le général Ibáñez apparaît comme la solution aux problèmes de la politique traditionnelle, et, avec ses devises "Le général de l’espoir", "Du pain pour tous" et son symbôle du balai pour combattre la corruption, il obtient la victoire avec plus de 47%.

Le populisme que revendique Ibáñez lui apporte une grande adhésion citoyenne et il s’approche de la Gauche. Les premières années, il appuie la création de la Centrale Unique des Travailleurs, dirigée par Clotario Blest, et il arrive à abroger la "Loi Maudite" à la fin de son mandat. Cependant, en 1955, la "substitution des importations" tourne à l’échec et l’économie entre en récession. Vu le faible soutien partisan, son gouvernement commence à chanceler.

À la recherche d’une solution au problème économique, le Président crée la mission Klein-Saks. Pour cette firme américaine la solution à la crise ne peut venir que de mesures libérales, comme des réformes au commerce extérieur, la suppression de subsides, l’élimination de l’indexation automatique des salaires du secteur public et d’une partie du secteur privé, la modification du statut de la Banque centrale et la création de la Banque de l’État du Chili. Ces mesures se révèlent impopulaires et génèrent le mécontentement de la population. Des grèves menacent à nouveau la stabilité du gouvernement et Ibáñez proclame l’état de siège, lequel est refusé par le Congrès. En 1957, la Fédération des Étudiants de l’Université du Chili s'oppose dûrement à l'augmentation des prix des transports publics et les affrontements laissent un bilan de plus de 20 morts et d’importants dommages matériels dans le centre de Santiago.

Malgré les efforts du Bloc d’assainissement démocratique, la forte déception que produisit le populisme ibañiste dans la population permit la victoire de l’indépendant de droite Jorge Alessandri, fils d’Arturo Alessandri, aux élections présidentielles de 1958. Alessandri obtient près de 31,6%. Salvador Allende, candidat du Front d’action populaire (FRAP), l’alliance de gauche, obtient 28,9%, tandis que le démocrate chrétien Eduardo Frei Montalva arrive à 20,7%. À ces élections, le Parti Radical (dont le candidat Luis Bossay n’obtient que 15%) commence à perdre le rôle principal face à la conformation d’un système politique connu sous le nom des « Trois Tiers » (la droite, la démocratie chrétienne et la gauche) qui allait durer les 15 années à venir. Comme aucun candidat n’obtint la majorité absolue, le Congrès dut choisir, et se décida finalement pour le candidat de droite.

L’ingénieur Alessandri décide de mettre en pratique un plan de stabilisation économique, centré fondamentalement sur la lutte contre l’inflation. Du fait de leur caractère sobre et technique, beaucoup de ses mesures sont impopulaires. L’idée d’Alessandri est de créer un état qui ait suffisamment d’infrastructure pour motiver les investissements privés, délaissant l’idée d’un « État paternaliste ». Pour y arriver, il se laisse assister par de nombreux spécialistes en la matière, parmi lesquels beaucoup étaient indépendants, ce qui provoque certains heurts avec les partis qui le soutiennent.

Pendant sa présidence, Alessandri fut confronté aux effets des catastrophiques tremblement de terre et raz-de-marée du 22 mai 1960, dont l’épicentre se situait à Valdivia, mais qui rasa tous les villages entre Chillán et Chiloé, et qui fut le séisme de plus forte intensité enregistré dans l’histoire de l’humanité avec 9,5 degrés de magnitude sur l’échelle de Richter. On estime que les réparations coûtèrent plus de 422 millions de dollars. Malgré cela, le pays vécut des moments de jubilation, avec la célébration de la Coupe Mondiale de Football, en 1962.

Dans sa gestion, il crée les entreprises publiques ENTEL Chile (entreprise publique de télécommunications), ENAMI (industrie publique minière) et LADECO (ligne aérienne), et arrive à obtenir le soutien économique des États-Unis via l’Alliance pour le Progrès. De plus, il commence à matérialiser le projet de Réforme agraire qu’Alessandri voyait comme un moyen d’optimiser l’exploitation de la terre. Basiquement, son projet était de redistribuer les terres de l’État, sans interférer avec les terrains des gros propriétaires.

En s’approchant des élections de 1964, la Guerre Froide était en plein essor et la croissance du socialisme d’Allende paraissait imparable. C’est ainsi qu’apparaît la personne d'Eduardo Frei Montalva comme moyen d’arrêter le FRAP. Avec sa devise « la Révolution dans la Liberté », Frei arrive à rassembler des adhérents à son projet de réformes profondes du pays, sans le soumettre à l’influence soviétique, comme le ferait probablement Allende, et arrive à faire du Parti Démocrate Chrétien (DC) l’acteur politique principal des années soixante.

La lutte entre Allende, Frei et le candidat du Front Démocratique, Julio Durán, se joue pratiquement vote à vote. Cependant, un fait fortuit, appelé le Naranjazo, allait changer la destinée des élections. La mort du député socialiste de Curicó, Oscar Naranjo, permit la tenue d’élections complémentaires, avant les présidentielles, qui furent utilisées par les différents partis comme une préparation aux élections du 4 septembre. Dans celles-ci, le fils du défunt, socialiste également, obtint 39,2% face aux 32,5% du Front Démocratique et aux 27,7% de la DC.

Apeurés par une victoire possible d’Allende, les adhérents de droite soutiennent massivement Frei, lequel recevra également le soutien du gouvernement des États-Unis. La Marche de la Jeune Patrie, organisée pour soutenir la candidature de Frei, devient un succès avec la présence de milliers de personnes au Parc Cousiño, ce qui sera un avant-goût du résultat final des élections. Frei obtient 56% des votes (une des plus hautes majorités de l’histoire des élections chiliennes) tandis qu’Allende obtient 40%.

Eduardo Frei mène une politique de réformisme modéré, dans laquelle se démarque la construction de milliers d’habitations, la modernisation de l’appareil de l’état, la réforme de l’éducation (obligatoire dès 8 ans), le renforcement des organisations de base et l’amplification de la Réforme agraire. Cette dernière devint un des thèmes les plus délicats car, contrairement au gouvernement d’Alessandri, les grandes haciendas étaient également concernées par les expropriations, ce qui fit de lui l’ennemi des politiciens de droite qui considéraient cela comme une trahison à leur soutien à son élection présidentielle.

D’autre part, le gouvernement met en route le processus de « Chilienisation du Cuivre », acquérant la mine El Teniente et une grande partie des actions d’Andina et de La Exótica. De plus, on construit le tunnel Lo Prado et l’aéroport de Pudahuel, on fonde la Télévision nationale du Chili, et on commence à creuser le métro de Santiago.

Cependant, en 1967, la Démocratie Chrétienne à se fendiller, tandis que le gouvernement est critiqué tant par la gauche que par la droite. En 1968, les grèves commencent à se propager, tandis que les réformes aux structures politiques des élèves de l’Université du Chili et de l’Université Catholique produisent de sérieux affrontements entre les étudiants et le gouvernement.

En 1969 la crise du gouvernement de Frei s'accentue et de plus il existe des rumeurs de coup d’État, qui se concrétisent le 29 octobre avec le Tacnazo, dirigé par le général Roberto Viaux, qui fait sortir le Régiment Tacna dans les rues de Santiago. Bien que cet événement fut apaisé et ne fut qu’une fausse alarme, il démontra la gravité de la situation politique dans laquelle s'approchait une victoire imminente de Salvador Allende aux prochaines élections.

Cette même année vit la naissance du Mouvement d’Action Populaire Unitaire (MAPU), comme scission de la fraction la plus à gauche de la Démocratie Chrétienne, mouvement qui s’unit à l’Unité Populaire, la nouvelle alliance formée par les socialistes, les communistes, les radicaux, les sociaux-démocrates et d’autres groupes, dans le but qu’Allende soit nommé au Palais de La Monnaie. Radomiro Tomic, le candidat officialiste, n’est pas considéré comme un bon candidat pour vaincre Allende, c'est pourquoi la droite désigne Jorge Alessandri comme étant son porte-drapeau.

Bien qu’au début Alessandri obtient un important soutien, celui-ci commence à se dissiper au fil des semaines. Aux élections du 4 septembre 1970, Allende obtint 36,3%, tandis qu’Alessandri arriva à 34,9% et Tomic, 27,9%. Comme aucun candidat n’avait obtenu la majorité absolue, le Congrès devait décider du vainqueur. Depuis 1946, le Congrès choisissait dans ce cas celui qui avait obtenu la majorité relative (ce fut le cas en 1946, 1952 et 1958), mais beaucoup commencèrent à faire pression pour qu’Alessandri soit élu. Le Président des États-Unis, Richard Nixon, s’opposait avec ténacité à une victoire du marxisme en Amérique latine, c’est ainsi qu’il établit avec la CIA deux plans pour éviter que le Congrès ne choisisse Allende. Le premier consiste à tenter de convaincre la Démocratie Chrétienne pour qu’elle vote en faveur d’Alessandri, lequel démissionnerait et organiserait de nouvelles élections où Frei serait élu, et le second était de provoquer un climat d’instabilité politique dans lequel l’armée se verrait obligée d’intervenir. Cependant, le premier, appelé Track One, allait avorter lorsque Radomiro Tomic annonça qu’il était arrivé à un accord avec Allende pour qu’il respecte à jamais un statut de garanties constitutionnelles. Roberto Viaux mit alors en route le Track Two, qui consistait à séquestrer le Commandant de l’Armée René Schneider, de façon à impliquer l’armée, pour qu’elle empêche le Congrès de choisir Allende. Ce plan fut mené à bien le 22 octobre 1970, mais Schneider fut gravement blessé en essayant de se défendre, et mourut quelques jours plus tard. Malgré ces événements, le Congrès décida, le 24 octobre, en séance plénière, de désigner Allende comme nouveau Président.

Salvador Allende, qui prend ses fonctions le 3 novembre, tente de construire une nouvelle société basée sur le socialisme à travers la démocratie, une expérience unique au niveau mondial. Parmi ses premières mesures figure la poursuite de la réforme agraire et le début d’un processus d’étatisation des entreprises considérées d’importance clé pour l’économie nationale. À partir de certaines enquêtes approfondies, basées sur un décret-loi de 1932, si une entreprise arrêtait ses activités, l’État pouvait intervenir, raison pour laquelle le gouvernement de l’UP incitait les travailleurs à arrêter leurs activités, et ainsi étatiser les entreprises.

Ces mesures furent rejetées par la droite, sauf le projet clé de Gouvernement qui fut soutenu par tous les secteurs politiques du pays : la nationalisation du cuivre. Le 15 juillet 1971, le projet fut approuvé de façon unanime par les deux chambres. L’État, à travers Codelco Chili, deviendrait propriétaire de toutes les entreprises de cuivre, qui recevraient des indemnisations, soustraites des "profits excessifs" qu'elles avaient fait ces dernières années, résultat des impôts faibles ou nuls qu’elles payaient. Ainsi, Anaconda et Kennecott, deux des principales entreprises minières, ne reçurent aucune indemnisation pour les mines de Chuquicamata et El Teniente, ce qui produisit, de la part d’Henry Kissinger, un boycott du gouvernement d’Allende qui lui barrait la route aux prêts internationaux. D’autre part, l’augmentation drastique des salaires des travailleurs et le gel des prix fonctionnent et apportent un accroissement de 8% du PNB avec une faible inflation. Dans ces circonstances, l’Unité Populaire arrive à son apogée, avec 49,3% de voix de préférence aux élections municipales de cette année et un de ses membres, Pablo Neruda, recevant le Prix Nobel de littérature.

Cependant, à partir de la deuxième année, les réformes d’Allende commencent à se voir tronquées par la violence qui commence à monter. Les confiscations de terrains réquisitionnés par la réforme agraire voient des agriculteurs mourir en essayant de défendre leurs terres, la société se polarise, les affrontements entre partisans et opposants d’Allende deviennent plus fréquents et on assiste à la naissance des cacerolazos (manifestations où les participants ne se regroupent pas mais se mettent, à une heure convenue à l'avance, à taper en rythme sur des casserolles, depuis leur balcon). Dans ce climat, la visite de Fidel Castro incite les membres de la Gauche à mettre sur pieds une révolution populaire basée sur la lutte des classes, ce qui était à l’opposé de ce que proposait Allende. Au niveau économique, la magie de la première année commençait à s’effondrer et les premiers symptômes de désapprovisionnement apparaissaient.

L’assassinat d’Edmundo Pérez Zujovic, accusé par la gauche de la mort de 10 personnes lors du massacre de Puerto Montt, est la goutte qui fait déborder le vase pour la Démocratie Chrétienne, qui décide de s’associer au Parti National pour s’opposer au gouvernement allendiste. Une accusation constitutionnelle arrive à renverser le ministre de l’Intérieur, José Tohá ; cependant Allende provoque l’opposition en le nommant ministre de la Défense. Le 19 février 1972, l’opposition arrive, au Congrès en séance plénière, à faire approuver une réforme constitutionnelle qui cherche à régulariser les plans nationalisateurs de l’UP, initiative des sénateurs Juan Hamilton et Renán Fuentealba. Le 21 février, Allende annonce qu’il formulera des observations, par des vetos suppressifs ou substitutifs, qu’il confirma finalement officiellement le 6 avril.

Dans les partis du gouvernement, l’envie augmente de radicaliser les réformes, venant principalement du leader du Parti Socialiste, Carlos Altamirano, et le Mouvement de la gauche révolutionnaire intensifie ses attaques, auxquelles répond le mouvement d’extrême-droite Patrie et Liberté.

Dans le milieu économique, le pays entre en récession et la croissance tombe. Le PNB tombe à 25% et la dette externe s’élève à 253 millions de dollars. La désapprovisionnement permet la conformation du marché noir et le gouvernement doit installer les Juntes d'Approvisionnement et de Prix (JAP) pour administrer la fourniture de biens à la population. Les modes de communication se changent en affrontements verbaux selon la tendance politique et les luttes s’intensifient entre les momios et les upelientos. Selon des archives déclassifiées par après par le gouvernement des États-Unis, la CIA aurait soutenu des journaux opposants comme El Mercurio, au moyen d'achat d'espace publicitaire, et les meneurs d’une grève de camionneurs durant le mois d’octobre 1972 ], mois qui se termine avec l’entrée de militaires dans les principaux ministères du pays, formant un "cabinet civico-militaire", où le général Carlos Prats, commandant en chef de l’armée, devient ministre de l’Intérieur.

En 1973, les élections parlementaires donnent 43% à l’UP et 55% à la Confédération de la Démocratie (CODE). Allende n’atteint pas la majorité pour faire passer ses réformes, ni le CODE n’obtient les deux-tiers du Congrès pour pouvoir destituer le Président. Bien qu’Allende essaie d’arriver à une entente avec Patricio Aylwin, président de la Démocratie Chrétienne, le Parti Socialiste devient très intransigeant et les accords n’aboutissent pas. La violence augmente, spécialement entre les étudiants à cause du projet de l’École Nationale Unifiée. La Fédération des Étudiants de l’Université Catholique montre son rejet et la Fédération des Étudiants du Secondaire (FESES) se divise sur la question. Le projet est suspendu, grâce à l’intervention du cardinal Raúl Silva Henríquez, qui s’érige en médiateur de la crise.

Les opposants à Allende commencent à voir en les Forces Armées l’unique moyen de résoudre la crise que vit le pays. Cependant, les idées de René Schneider ("Tant qu’on vit dans un régime légal les Forces Armées ne sont pas une alternative de pouvoir") et celle du général Carlos Prats ("tant que subsiste l’État de Droit la force publique doit respecter la Constitution") étaient contre un putsch militaire, ce qui empêchait en grande partie que les troupes se soulèvent. Bien que le Parti Communiste insiste pour que la paix soit maintenue et qu’une guerre civile soit évitée, Altamirano affirme que « un coup d’État ne se combat pas avec des dialogues, il s'écrase par la force du peuple ». Les observations d’Allende sur la réforme Hamilton-Fuenzalida sont rejetées en partie par les chambres, générant une controverse entre le Président et le Congrès au sujet de l'avancée du projet de réforme. Allende soumit la question au Tribunal Constitutionnel, qui finalement se déclara incompétent, maintenant ainsi l’exception formulée par la Chambre des Députés et le Sénat. Face à cette situation, et comme s'était écoulé le délai qui permettait de recourir à un plébiscite qui trancherait la question, Allende dicte un décret promulgateur de la réforme, contenant seulement les quelques points auxquels le veto n’a pas été opposé. Ce décret n’est pas soumis à l'organe de Contrôle Général de la République et l’opposition considère ce fait comme absolument illégitime.

Le 22 août la chambre approuve l’"Accord de la Chambre des Députés sur le grave embrasement de l’ordre constitutionnel et légal de la République", causé par le refus de l’exécutif à promulguer intégralement la réforme constitutionnelle des trois zones de l’économie, réforme approuvée par le congrès.

Le 27 juin, Carlos Prats est insulté sur la voie publique, et, craignant une attaque comme celle de Schneider, tire sur l’agresseur qui se révèle être une femme innoffensive. Prats est insulté par la population, et présente sa démission, qui est refusée par Allende. Le 29, Prats devrait contrôler un des moments les plus tendus, quand le colonel Roberto Souper soulève le Régiment Blindé n°2 et se dirige au Palais de la Monnaie. Prats, dirigeant les garnisons de Santiago, arrive a arrêter cette tentative de coup d’État, connue sous le nom de Tanquetazo, tandis que les investigateurs se réfugient et demandent asile à l’ambassade d’Équateur, laissant un bilan de 20 morts, essentiellement des civils.

Allende reconnaît que son gouvernement est en crise et décide de convoquer un plébiscite pour éviter un coup d’État. Cependant, les factions les plus radicales du gouvernement de l’UP rejettent sa décision. Le MIR arrête de l’appeler « camarade » et l’appelle « Monsieur », il ne peut plus compter que sur le soutien du MAPU, le Parti Radical et le Parti Communiste, qui partagent la « voie pacifique ». Face à cette situation, Allende aurait convoqué son ministre de la Défense, Orlando Letelier, pour qu’il convainque le Parti Socialiste, ce qu’il aura finalement réussi à faire le 10 septembre 1973.

Depuis août 1973, la Marine et la Force aérienne (FACh), dirigées par le vice-amiral José Toribio Merino et le général Gustavo Leigh, préparaient un coup d’état contre le gouvernement d’Allende. Le 21 août, Carlos Prats avait décidé de renoncer au poste de commandant en chef, suite aux manifestations des épouses des généraux à son encontre. Il est remplacé le 23 août par Augusto Pinochet, considéré comme général loyal et apolitique. Le 22 août, la Chambre des Députés avait approuvé un accord par lequel les ministres militaires étaient invités à résoudre « le grave embrasement de l’ordre constitutionnel » (l’"Accord de la Chambre des Députés sur le grave embrasement de l’ordre constitutionnel et légal de la République").

Altamirano est averti d’un possible coup d’État de la part de la Marine et lance un discours incendiaire invitant le Chili à devenir un second Viêt Nam héroïque, tandis que commence un processus de désaveu d'Altamirano. Le 7 septembre, Pinochet est convaincu par Leigh et Merino : il se joint aux putschistes, tandis que dans les carabiniers, seul César Mendoza, général depuis peu, choisit de se joindre à eux.

Le 10 septembre, la Marine lève l'ancre comme prévu pour participer aux exercices UNITAS. L’armée est casernée pour éviter de possibles troubles le jour de l'accusation de Carlos Altamirano. Cependant, la Marine revient à Valparaiso le matin du 11 septembre et prend rapidement la ville. Allende est alerté vers 7 heures du matin et se dirige à la Monnaie, après avoir tenté, sans succès, de joindre Leigh et Pinochet, ce qui lui fait croire que Pinochet est arrêté. Le général Sepúlveda, directeur des carabiniers, lui signale qu’ils lui resteront fidèles, mais Mendoza a pris les fonctions de général directeur. Par ailleurs, Pinochet arrive au Centre de Communications de l’Armée et commence à participer activement au coup d’état. À 8h42, les radios Industrie Minière et Agriculture transmettent la première déclaration de la Junte Militaire dirigée par Pinochet, Leigh, Mendoza, et Merino, déclaration qui impose à Allende l’abandon immédiat de sa charge de Président et l’évacuation immédiate du Palais de la Monnaie, sous peine d’être attaqué par l’Armée de l’Air et l’Armée de Terre. À ce moment, les troupes de carabiniers protégeant le Palais se retirent.

Allende décide de rester dans le Palais, tandis qu’à 9h55 les premiers blindés arrivent au Barrio Cívico (Quartier Civique) et s’opposent aux francs tireurs fidèles au gouvernement. La CUT appelle à la résistance dans les quartiers industriels, tandis que le Président décide de donner une ultime allocution.

Les tirs commencent entre les blindés et les membres du GAP (Groupe d'Amis du Président, l'escorte armée d'Allende), et, à 11h52, les avions «Hawker Hunter» de la Force Aérienne bombardent le Palais de la Monnaie et la résidence d’Allende, avenue Tomás Moro à Las Condes. Le Palais commence à prendre feu, mais Allende et ses partisans refusent de se rendre. Vers 14h, les portes cèdent et l’armée investit le Palais. C’est à ce moment qu’Allende ordonne l’évacuation, mais lui-même reste dans le Palais. D’après le témoignage de son médecin personnel, il aurait vu Allende se suicider à l'aide d'une mitraillette sous le menton.

À 18 heures, les leaders du putsch se réunissent à l’École Militaire, se proclamant membres de la Junte militaire qui gouvernera le pays, et décrètent l’état de siège.

Après avoir renversé le gouvernement d’Allende, les membres de la Junte commencèrent un processus d’établissement d’un nouveau système de gouvernement. Bien qu’en théorie la Constitution de 1925 restait en vigueur, le pouvoir qui échut à la nouvelle Junte établissait une nouvelle institutionnalité dans le pays.

En accord avec le décret-loi n°1 du 11 septembre 1973, Augusto Pinochet prit la présidence de la Junte Gouvernementale, en sa qualité de commandant en chef de la branche la plus ancienne des Forces armées. Cette charge, qui à l’origine devait être tournante, devint finalement permanente; le 27 juin 1974 Pinochet devint « chef suprême de la Nation », en vertu du décret-loi n°527, charge qui allait être remplacée par celle de président de la République, le 17 décembre 1974, par le décret-Loi n°806. Quant à la Junte, elle occupe les fonctions constituante et législative à la place de Congrès national, qui fut dissout le 21 septembre.

Entre-temps, des milliers de personnes commencèrent à souffrir de la répression exercée par le nouveau gouvernement. La majorité des leaders du gouvernement de l’Unité Populaire et autres leaders de la Gauche furent appréhendés et transférés dans des centres de réclusion. Cuatro Álamos, Villa Grimaldi, l'Estadio Chile (stade Chili) et le Stade National à Santiago furent utilisés comme camps de détention et de torture, de même que le site de la société d’extraction de salpêtre Oficina Salitrera Chacabuco, l’île Dawson en Patagonie, le port de Pisagua, le bateau-école Esmeralda et d’autres sites à travers le pays. 3 000 personnes allaient être assassinées par des membres de la DINA et d’autres organismes des Forces Armées, parmi lesquelles Víctor Jara et José Tohá sont les plus célèbres. Beaucoup sont toujours considérées aujourd’hui comme détenus disparus. Au total, plus de 35 000 personnes furent torturées systématiquement, plus de 300 000 personnes furent détenues par des organismes du gouvernement et 300.000 autres durent s’exiler dans divers pays du monde, parfois brutalement assassinées à l’étranger dans des attentats à l'explosif, comme Carlos Prats et Orlando Letelier. Les violations systématiques des Droits de l’Homme commises par la dictature de Pinochet provoquèrent la répudiation de plusieurs pays et de l’Organisation des Nations Unies.

Dans le cadre économique, le Régime Militaire tente une "politique de choc" pour résoudre la crise à laquelle était soumis le gouvernement, avec une inflation de plus de 300%. Pour cela il sollicite l’aide d’un groupe de jeunes économistes fraîchement émoulus de l’Université de Chicago, qui implantent le modèle du néolibéralisme de Milton Friedman. Les Chicago Boys mirent en oeuvre la doctrine de "la brique" (El Ladrillo) et, suivant les idées de Friedman, commencèrent le traitement de shock de l’économie chilienne : les dépenses publiques furent réduites de 20%, 30% des fonctionnaires publics furent licenciés, la TVA fut augmentée et la SINAP (Caisse nationale d’épargne et de crédit logement) fut mise en liquidation. Comme prévu, l’économie s’effondra suite à ces mesures, ce que Friedman considérait comme nécessaire pour la faire "renaître". Le PNB baissa de 12%, les exportations de 40%, et le chômage grimpa à plus de 16%. Cependant, les mesures appliquées durant cette période commencèrent à produire de l’effet en 1977, quand l’économie commença à se relever et donna lieu au "boum" économique, ou "Miracle Chilien". Ces années virent la fin des travaux du Métro de Santiago et le début de ceux de la Route Australe.

Approuvant la conjoncture en Amérique latine, dirigée par de nombreux dictateurs militaires, le Chili se joint avec d’autres Éats à l’opération Condor, un plan secret destiné à pratiquer le terrorisme d’État dans le Cône Sud, avec l’appui de la CIA. Un des idéologues de ce plan fut le chef de la DINA, Manuel Contreras, un des hommes ayant le plus de pouvoir dans le pays à cette époque. La proximité qu’il avait avec les leaders des autres pays permit par exemple au Chili de se rapprocher de la Bolivie, dirigée par le général Hugo Banzer, ce qui permit la signature de l’accord de Charaña, une tentative de résoudre le problème de l'accès de la Bolivie à la mer, et dans lequel on rétablissait les relations diplomatiques, rompues depuis des décennies.

L’année 1978 se révèle être une des années les plus critiques pour le gouvernement de Pinochet. Les États-Unis, qui au début avaient soutenu le Régime, deviennent un de leurs principaux détracteurs, suite principalement à l’attentat terroriste dont fut victime Orlando Letelier, exilé à Washington. Jimmy Carter, qui fut nommé président des États-Unis l’année précédente, met sur pieds, conjointement avec divers organismes internationaux, une importante campagne exigeant de meilleures libertés civiles au Chili et critiquant la censure de la presse et la répression de l’opposition. Face à cette situation, Pinochet organise alors un plébiscite, alors qu’il n’existe même pas de registres électoraux. D’après les résultats donnés par le gouvernement, il y eut 5.349.172 votes : 4.012.023 pour le «oui», 1.092.226 pour le «non» et 244.923 votes blancs ou nuls. Cependant, ces chiffres ont été mis en doute du fait des nombreuses irrégularités du scrutin.

Les violations des Droits de l’Homme continuèrent malgré la pression internationale. Pendant que Pinochet promulgue le décret-loi n°2191, qui accorde l’amnistie à tous ceux qui ont commis ou couvert des faits délictueux depuis le coup d’état, en qualité d’auteurs, complices ou commanditaires, la presse commence à dévoiler la découverte dans la zone de Lonquén des premiers détenus disparus. Entre-temps, la DINA est remplacée par la CNI (Centrale national d’informations), tandis que le cardinal Raúl Silva Henríquez considère le problème et crée le Vicariat de la Solidarité.

Dans cette atmosphère, Gustavo Leigh manifeste publiquement ses différences d’opinion avec Pinochet. Leigh, le gestateur du coup d’État, s’opposait au personnalisme excessif de Pinochet et au modèle économique imposé. Leigh espérait aussi éclaircir les délais du retour à la démocratie et était contre les pratiques terroristes exercées par l’État. Suite à ses déclarations au journal italien ' Corriere della Sera et son refus de se rétracter, Leigh fut limogé par la Junte Militaire et remplacé par Fernando Matthei.

Bien que les relations diplomatiques avec les pays voisins s’étaient réchauffées, elles se rompirent en 1978. L’approche de la commémoration du centenaire de la guerre du Pacifique produisit l’effervescence au Pérou, pays avec lequel le Chili eut des incidents diplomatiques en 1974, ainsi qu’en Bolivie. Les tentatives d’octroyer un accès à la mer à cette dernière se virent mises à mal par le veto du Pérou à l’Accord de Charaña, veto qu’il pouvait exercer grâce au protocole additionnel du traité d’Ancón, qui vit le dictateur du Pérou, le général Juan Velasco Alvarado, mobiliser la 18e division blindée de l’Armée du Pérou, au sud, près de la frontière chilienne; quelques jours plus tard le général Francisco Morales Bermúdez Cerruti renverse le général Velasco, démobilise la 18e division blindée, qui retourne alors dans ses quartiers, permettant à la situation de redevenir normale à la frontière, mais il maintient le veto à l’accord de Charaña. Hugo Banzer, le général bolivien, rompt alors ses relations diplomatiques avec le Chili.

En même temps éclate le conflit du Beagle, dans lequel le Chili est opposé à l’Argentine. La Reine Élisabeth II du Royaume-Uni octroie les îles Lennox, Nueva et Picton au Chili, îles dont la souveraineté est disputée par le Pérou. Les deux pays s’étaient engagés à accepter l'arbitrage britannique, en 1967; cependant Jorge Rafael Videla déclare le jugement nul, et la possibilité d’une guerre avec l’Argentine est imminente, à laquelle il faut ajouter la possibilité d’un "cuadrillazo" (guerre avec l’Argentine, le Pérou et la Bolivie).

Le Chili tente de résoudre le différend par la médiation du pape Paul VI, mais sa mort et celle de son successeur, Jean-Paul Ier, aggravent la situation. Les troupes chiliennes sont mobilisées à Punta Arenas, et la marine chilienne lève l'encre pour aller s’affronter à celle de l’Argentine, le 22 décembre 1978. Une tempête dans les eaux de Patagonie évite le premier affrontement, tandis que Jean-Paul II appelle, via les médias, à une médiation entre les deux pays, laquelle est acceptée par l’Argentine. Le conflit sera finalement réglé par le "traité de Paix et d’Amitié", signé le 29 novembre 1984.

En octobre 1978, le Conseil d’État (un organisme conseiller à la junte, présidé par Jorge Alessandri), reçut un avant-projet de Constitution rédigé par la Commission Ortúzar. Le 8 juin 1980, Alessandri remet un rapport élaboré par le Conseil, contenant quelques corrections à l’avant-projet. Afin d’analyser le projet présenté par le Conseil, la Junte Gouvernementale nomme un groupe de travail qui travailla un mois durant, appliquant au texte diverses modifications. Finalement, le 10 août, Pinochet fait savoir que la Junte a approuvé la nouvelle Constitution, et qu’elle la soumettra à un plébiscite. Cependant les registres électoraux ne furent pas ouverts, ce qui fit douter de la régularité du scrutin. L’opposition put seulement se manifester par un acte politique, dirigé par Eduardo Frei Montalva, au théâtre Caupolicán. Le 11 septembre 1980 on organise le plébiscite, qui recueillit 68,95% des votes. C’est ainsi que la nouvelle Constitution Politique de la République du Chili entre en vigueur le 11 mars 1981.

En 1981, les premiers symptômes d’une nouvelle crise économique commencent à se faire sentir dans le pays. Le Chili, grâce au boom économique, avait connu une croissance moyenne annuelle de 7,5% entre 1976 et 1981. Cependant, la balance des paiements atteignit un déficit de 20% cette année et les cours du cuivre chutèrent rapidement. Les banques étrangères cessèrent d’investir, tandis que le gouvernement déclara que tout cela faisait partie de la récession économique mondiale. La banque nationale et les entreprises chiliennes avaient approuvé plusieurs emprunts durant cette période, basés sur la prémisse d’un taux de change fixe d’un dollar américain pour 39 pesos chiliens.

La situation ne put se maintenir, et, en juin 1982, le peso fut dévalué et on mit fin à la politique de cours du change fixe. Les emprunts atteignirent alors des intérêts exorbitants et de nombreuses banques et entreprises firent faillite. Le chômage s’éleva à 26% et le gouvernement ne trouva aucune formule pour contrôler la situation. L’inflation atteignit 20% et le PNB chuta de 15%. Face à cette situation les premières protestations, pacifiques, commencèrent à apparaître. Elles furent violemment réprimées par les carabiniers et par l’armée. On déclara l’état de siège, et le moment fut mis à profit par diverses organisations terroristes, comme le Front Patriotique Manuel Rodríguez, qui décida de mettre sur pieds l’"Operación Retorno" (opération Retour), nom donné à la tentative de mettre fin au Régime par la voie armée.

Le 27 décembre 1986, des commandos du FPMR tentent d’assassiner le général Pinochet sur le chemin du Cajón del Maipo. Après l’échec des commandos gauchistes, Pinochet ordonne une forte vague de répression qui se termine par la mort de plusieurs membre du front (opération Albanie). Dans cette même période vint au grand jour l’assassinat de cinq professeurs communistes qui furent retrouvés égorgés, délit commis par des corps de carabiniers, ce qui mena à la démission du directeur général César Mendoza, qui sera remplacé par Rodolfo Stange.

Après la démission de Sergio Fernández au Ministère de l’Intérieur, Sergio Onofre Jarpa, son successeur, permet le rapprochement de l’Alliance Démocratique (composée de démocrates chrétiens et de socialistes modérés). Grâce à la participation du cardinal Francisco Fresno, des partisans du gouvernement et une partie de l’opposition formulèrent, en août 1985, un "Accord national pour la Transition à la Pleine Démocratie". Le dit accord fut reçu avec scepticisme par les secteurs de l’extrême gauche, et par de sérieuses divergences à l’intérieur de la Junte au pouvoir.

Dans le cadre économique, Hernán Büchi allait arriver à produire le "Second Miracle", grâce à un profond processus de privatisations d’entreprises publiques (LAN Chile, ENTEL (entreprise nationale de télécommunications), CTC (télécommunications), CAP (sidérurgie), etc.) et la réimplantation du modèle néolibéral (remplacé par le keynésianisme durant les années les plus crues de la crise). Bien que le PNB allait doubler les années suivantes, la réduction des dépenses sociales allait augmenter le fossé entre les riches et les pauvres, faisant du Chili un des pays ayant la plus grande inégalité de revenus, et les pensions de retraite allaient se réduire à des limites minimales, entre autres effets. D’autre part, la région du Chili central fut secouée par le tremblement de terre du 3 mars 1985, provoquant de graves dommages aux structures des immeubles de Santagio, Valparaíso et San Antonio.

Le gouvernement promulgue en 1987 la Loi Organique Constitutionnelle des Partis Politiques, qui permet la création de partis politiques, et la Loi Organique Constitutionnelle sur le Système des Inscriptions Électorales et sur le Service Électoral, qui permet d’ouvrir les registres électoraux. Ces dispositions légales ouvrent la voie à l’accomplissement des principes établis par la Constitution de 1980. Selon cette dernière, il faut convoquer la population à un plébiscite où on élirait un candidat proposé par les Commandants en Chef des Forces armées et le Général Directeur des Carabiniers, pour occuper la fonction de président de la République durant la prochaine période de huit ans.

Au cas où le résultat serait en faveur de l’opposition, la fonction présidentielle d’Augusto Pinochet serait prolongée d’un an, de même que les fonctions de la Junte au pouvoir, et l’on devrait organiser des élections pour désigner le nouveau président et les parlementaires.

Début 1987, le pays allait recevoir la visite du pape Jean-Paul II, qui allait se rendre dans les villes de Santiago, Viña del Mar, Valparaíso, Temuco, Punta Arenas, Puerto Montt et Antofagasta. Le Pontife Suprême sera témoin oculaire de la répression au cours de protestations, pendant la cérémonie de béatification de Thérèse des Andes, au parc O’Higgins le 3 avril 1987. Pendant sa visite, Jean-Paul II eut un long entretien avec Pinochet dans lequel ils abordèrent le thème du retour à la démocratie. Au cours de cet entretien, le Pontife aurait insisté pour que Pinochet fasse des modifications au régime et il lui aurait également demandé de renoncer au pouvoir. L’année suivante, on organisait le plébiscite, fixé à la date du 5 octobre.

Le 30 août 1988, les Commandants en Chef des Forces Armées et le Général Directeur des Carabiniers, en conformité avec les normes transitoires de la Constitution, proposèrent Augusto Pinochet comme candidat. Parmi les partisans du "OUI" on retrouvait les membres du gouvernement et les partis Rénovation Nationale, Union démocrate indépendante et des petits partis. D’autre part, l’opposition créa la Coalition de partis pour le NON, qui regroupait 16 organisations politiques opposées au régime, parmi lesquelles se distinguaient notamment la démocratie chrétienne, le Parti pour la démocratie, et quelques factions du Parti socialiste. Quant au Parti communiste, il était toujours interdit.

Le 5 septembre de cette année, la propagande politique fut à nouveau autorisée, après 15 ans de dictature. La propagande allait être un élément clé pour la campagne du "NON", montrant un futur coloré et optimiste, contrecarrant la campagne officielle, notoirement déficiente en qualité technique et qui prônait le retour du gouvernement d’Unité populaire en cas de défaite de Pinochet. Bien que la campagne du "OUI" fut revitalisée dans l'espoir d’améliorer ses maigres résultats, les résultats finaux donnèrent la victoire à l’opposition : le "OUI" obtint 44,01%, contre 55,99% pour le "NON".

Malgré ses réticences du début, Pinochet, qui, selon certaines informations, a pensé rejeter les résultats, reconnaît la victoire du "NON" et affirme qu’il continuera le processus tracé par la Constitution de 1980. C’est ainsi qu’on organisa des élections présidentielles et parlementaires pour le 14 décembre 1989. Préalablement, un plébiscite réalisé le 30 juillet de cette année avait approuvé une série de réformes à la Constitution, réduisant en partie l’autoritarisme présent dans la Charte Fondamentale.

Patricio Aylwin, candidat de la Coalition, obtint 55,17% des votes, face aux 29,4% de Büchi et aux 15,43% de Francisco Javier Errazuriz, candidat indépendant du centre.

Patricio Aylwin reçut le mandat des mains d’Augusto Pinochet, le 11 mars 1990, au nouveau Congrès, situé dans la ville de Valparaíso, ce qui donna le départ du processus de Transition à la Démocratie.

Au début de sa présidence, Patricio Aylwin dut travailler dans un système qui maintenait inamovibles de nombreux vestiges du Régime Militaire. Bien que la Coalition ait obtenu la majorité des votes aux élections parlementaires, à cause du système binominal et de l’existence de sénateurs désignés on ne pouvait faire les réformes attendues à la Constitution et l’administration locale des communes était toujours aux mains de personnes désignées par le gouvernement militaire, qui allaient être remplacées après les élections de juin 1992.

Aylwin gouverna prudemment, prenant soin des relations avec l’armée, où Pinochet était toujours commandant en chef. L’armée, bien qu’elle ait cessé de participer au gouvernement, restait un important acteur politique et manifesta son rejet de certaines mesures du gouvernement coalitionniste par des mouvements tactiques comme l’"Ejercicio de Enlace" ("Exercice de liaison") en 1991, et le "Boinazo" ("coup de béret", démonstration de force par des militaires en armes), en 1992.

Dans ce contexte se constitua la Commission nationale Vérité et réconciliation, destinée à enquêter sur et éclaircir les cas de violations des Droits de l’Homme pendant le Régime Militaire. Dirigée par Raúl Rettig, la Commission dut faire face au refus des autorités militaires. Néanmoins, le rapport de la commission fut publié à la télévision par le Président Aylwin, le 4 mars 1991, après neuf mois de travail. Dans son discours, Aylwin fit connaître les résultats de l’étude, demanda pardon aux familles des victimes au nom de la Nation, leur annonça des mesures de réparation morale et matérielle et le souhait de l’État d’empêcher et de prévenir de nouvelles violations des Droits de l’Homme.

Pendant sa présidence, Aylwin proposa des réformes fiscales, pour augmenter la redistribution du revenu, au moment où l’économie chilienne continuait à prospérer grâce à l'augmentation de l’exportation de cuivre et de produits agricoles. Ainsi, pendant son mandat, la pauvreté fut réduite de 38,75% à près de 27,5% et la Loi Indigène fut promulguée (Loi n°19.253 du 5 octobre 1993), loi qui reconnaît pour la première fois les peuples indigènes et qui crée la Corporation Nationale de Développement Indigène (CONADI), organisme chargé de la promotion de politiques qui favorisent le développement intégral de ces populations. De même, l'Office de Planification Nationale et de Coopération (ODEPLAN) se transforme en Ministère de Planification et Coopération (MIDEPLAN) et le Fonds de Solidarité et d'Investissement Social (FOSIS) est créé, pour favoriser les politiques sociales, et avec la promulgation de la Loi sur les Bases Générales du Milieu Ambiant (Loi n°19.300 du 9 janvier 1994, qui cherchait à structurer un cadre pour le droit de l'environnement, est créée la Commission nationale du milieu ambiant (CONAMA), pour promouvoir le développement durable et coordonner les actions venant des politiques et stratégies environnementales du gouvernement.

En 1993, des élections présidentielles furent organisées, et on renouvela la Chambre des Députés et la moitié du Sénat. Eduardo Frei Ruiz-Tagle, fils du président du même nom et démocrate chrétien lui aussi, obtint 58,01% des votes, le meilleur résultat à des élections libres dans l’histoire de la République. Le second, Arturo Alessandri Besa, candidat de l’Union pour le Progrès (Rénovation Nationale et Union démocrate indépendante), n’obtint que 24,3% des suffrages.

Frei, qui prit les fonctions de Président le 11 mars 1994, rétablit les relations du pays avec l’extérieur, après un certain isolement dû au Régime Militaire. L’économie entra encore plus en expansion et l’accroissement atteignit une moyenne de 8% par an durant les trois premières années de sa présidence, ce qui permit le début de négociations avec le Canada, les États-Unis et le Mexique pour l’intégration à l'accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et l'entrée comme membre associé au Mercosud. Le Chili intégra également le Groupe de Río (Mécanisme permanent de consultation et concertation politique d'Amérique latine et des Caraïbes) et pendant les années qui suivirent arriva à résoudre les derniers litiges frontaliers avec l’Argentine (lagune du Désert et Campo de Hielo Sur)' ..

De plus, on commença les premières démarches pour un traité de libre échange et d’association avec l’Union européenne, et, en 1994, le Chili devient membre de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC)., ouvrant son économie vers le bassin de l’Asie-Pacifique, principalement le Japon et la Chine. La pauvreté, quant à elle, continue à décroître pour atteindre en 1998 21,7% de la population. Pendant ce temps divers travaux publics furent réalisés tout au long du territoire et on entama la procédure d'appels d'offres qui permit la construction des premières autoroutes de niveau international dans le pays.

Cependant, à la moitié de son mandat, la Crise économique asiatique apparaît et affecte grandement la robuste économie chilienne. Au cours des mêmes années, le pays dut faire face à d’importantes crises environnementales : l’importante pollution atmosphérique à Santiago, le Tremblement de Terre Blanc de 1995 (série d'événements climatiques désastreux) qui ravagea le sud du Chili, les fortes sécheresses de 1996 qui empêchèrent le fonctionnement des centrales hydroélectriques et l’alimentation en eau des principales villes, et en 1997 les inondations dans la zone centre-sud et le tremblement de terre de Punitaqui.

La croissance du Chili s'enraya, le PNB diminua d’1% et le chômage commença à augmenter, dépassant les 12% (alors qu’en 1997, il se maintenait aux alentours de 5%). Les décisions erratiques du ministre Eduardo Aninat et de la Banque Centrale du Chili aggravèrent les conséquences et la récession économique s’installa dans les dernières années du gouvernement d’Eduardo Frei.

En même temps, une crise politique débute dans le pays après la détention à Londres d’Augusto Pinochet, qui en 1998 était devenu sénateur à vie après avoir abandonné la tête de l’Armée, détention due à un mandat d’arrêt international émanant du juge espagnol Baltasar Garzón pour assassinat et torture de citoyens espagnols pendant sa position au pouvoir. La détention de Pinochet impliquait la honte pour le Chili, d'autant qu'aucun procès n'y avait encore été instruit pour de tels faits. La position officielle du gouvernement fut alors que Pinochet devait rentrer au pays pour être jugé par les tribunaux nationaux et non en Espagne ni en Suisse, pays qui sollicitaient son extradition du Royaume-Uni. De plus les partis politiques de droite soutiennent fortement Pinochet, organisant des manifestations contre sa détention, devant les ambassades d’Espagne et du Royaume-Uni, et on assiste à des affrontements avec les sympathisants de la Coalition, dont les partis de l’aile progressiste soutiennent la réclusion de Pinochet.

La gestion du ministre des relations extérieures José Miguel Insulza et celle de son successeur Juan Gabriel Valdés souffrent d’avances et de reculs. La Chambre des Lords révoque en novembre 1999 une résolution d’un tribunal qui accorde l’immunité diplomatique à Pinochet comme sénateur et ex-président. L’ex-Première ministre Margaret Thatcher rend visite à Pinochet, qui commence à souffrir de graves problèmes de santé, et confesse que le Chili a soutenu le Royaume-Uni pendant la guerre des Malouines (1982), conflit dans lequel le Chili était neutre, ce qui provoque des réactions de protestation de la part du gouvernement argentin. Bien que le gouvernement de Tony Blair voulait que l’on juge Pinochet, les examens neurologiques démontrèrent la gravité de son état de santé. Pour éviter que le général ne meure en Grande-Bretagne, Jack Straw, ministre des Relations extérieures de Tony Blair, décide de libérer Pinochet le 2 mars 2000 pour « raisons humanitaires ». Pinochet retourne à Santiago le 3 mars et se lève de son fauteuil roulant, lève sa canne en signe de victoire, et marche quelques mètres sur la piste d'atterrissage de l'aéroport, ce qui irrite les politiques qui étaient contre son transfert .

Durant ces années, la droite augmenta son soutien, de la main de Joaquín Lavín, maire de Las Condes et figure relativement nouvelle dans le milieu politique et qui arrive à se rapprocher de l’électorat populaire. Profitant des faiblesses des gouvernements de la Coalition en période de crise, Lavín arrive à mettre en échec le candidat officialiste Ricardo Lagos, un des principaux leaders de la gauche coalitionniste à l’époque du référendum, pré-candidat présidentiel à deux reprises dans le passé, et ministre des Travaux Publics pendant le gouvernement de Frei. Après une farouche lutte pour être le candidat nominé par la Coalition face au démocrate-chrétien Andrés Zaldívar, dans laquelle Lagos avait obtenu plus de 71% aux élections primaires, une grande partie de l’électorat du centre avait voté pour Lavín, craignant, avec l’arrivée d’un socialiste au gouvernement, de répéter l’expérience vécue avec Salvador Allende. De la même façon, beaucoup de communistes et de sympathisants de la gauche extraparlementaire craignent la victoire du candidat gremialiste au premier tour et décident de voter pour Lagos, laissant de côté la candidate du Parti communiste, Gladys Marín. Aux élections du 12 décembre 1999, Ricardo Lagos obtient 47,96%, seulement 30 000 votes de plus que Joaquín Lavín (47,5%). Gladys Marín n’obtient que 3,92%. Le second tour est fixé au 16 janvier 2000, Lagos est reconduit et engage l’ancienne ministre de la Justice de Frei, Soledad Alvear, comme générale de campagne pour s’approcher des votes du centre qu’il a perdu en faveur de Joaquín Lavín. Finalement, Ricardo Lagos est élu avec 51,3%, face aux 48,7% du candidat de l’Union démocrate indépendante.

Ricardo Lagos devient président le 11 mars 2000 et est confronté aux conséquences de la Crise asiatique, dont le pays ne se remet pas, et de l'affaire Pinochet. Dans ses priorités figurent principalement la mise en pratique de la Réforme Judiciaire Pénale et la réduction du chômage. L’économie chilienne ne décolle pas et les tentatives de réformes du gouvernement de Lagos ne sont pas approuvées au Congrès ou n’ont pas de résultat positif, comme la réforme de la santé.

En 2001, on découvre un cas de corruption à Rancagua, dans lequel est incriminé un sous-secrétaire du gouvernement et plusieurs parlementaires de la Coalition, ce qui provoque le début d’une série d’accusations de corruption du gouvernement de Ricardo Lagos en relation avec le ministère des Travaux publics (principalement le dossier MOP-GATE), et l’administration de Lagos commence à vaciller, particulièrement après les élections parlementaires de cette année qui donnent comme résultat un match nul technique entre la Coalition et l’Alliance pour le Chili.

Le gouvernement subit sa pire crise en 2002 et début 2003, où son administration fait l’objet d’innombrables critiques. Cependant, peu à peu les chiffres macro-économiques commencent à atteindre des valeurs positives d’accroissement proches de 4%. Le Chili devient membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour lequel il doit prendre une décision face aux plans américains d’invasion de l’Irak. Finalement, Ricardo Lagos, dans une conversation téléphonique, informera George Bush qu’il votera contre la proposition, décision soutenue par une grande partie de la population nationale, qui s’opposait à avaliser une invasion.

Le Chili arrive à mettre fin aux accords du gouvernement précédent, en signant le traité de libre échange avec l’Union européenne qui entra en vigueur le 1er janvier 2003. Par la suite sont également signés les traités avec la Corée du Sud et les États-Unis, grâce aux démarches de Soledad Alvear, ministre des Relations Extérieures du gouvernement de Lagos. Les exportations, grâce à ces accords, augmentent de façon explosive et le Chili renoue avec la croissance connue sous le gouvernement de Frei et les doutes du patronat s’évanouissent. Cependant le gouvernement ne peut pallier les chiffres du chômage, qui approchent les 8%, et l’inégalité des revenus ne varie pas substantiellement.

Début 2004, Lagos doit affronter publiquement le président de Bolivie, Carlos Mesa, suite à l’exigence de celui-ci d’obtenir un accès à la mer pour son pays, étant donnée la précarité de sa situation économique et politique. Par la suite, Lagos est confronté à Hugo Chávez et Nestor Kirchner. La dureté des termes en lesquels il répond au président de Bolivie et l’attitude adoptée face aux présidents des deux autres pays furent saluées par toute l’opinion publique, nationale et internationale, et sa cote augmenta nettement, approchant les 65% selon certaines enquêtes. La crise que laissait présager une fin abrupte du gouvernement disparaît et la Coalition commence à resurgir. Les pronostics qui donnaient Joaquín Lavín comme vainqueur certain des prochaines élections présidentielles commencent à varier substantiellement avec l'assaut de deux ministres du gouvernement de Ricardo Lagos, Soledad Alvear et Michelle Bachelet.

Bachelet, qui à l’origine était Ministre de la Santé, devint Ministre de la Défense Nationale en 2002, étant la première femme d’Amérique latine à ce poste. Pendant sa charge, les relations civico-militaires commencèrent à se recomposer, après des années de détérioration depuis 1973. Sous le mandat du général Juan Emilio Cheyre, l’armée reconnut les violations des Droits de l’Homme et le Gouvernement reconnaît les résultats du rapport Valech sur la torture durant le Régime Militaire. Pendant ce temps, Pinochet est poursuivi pour de multiples affaires de violation des Droits de l’Homme, mais il est sursis à ces poursuites pour cause de « démence sénile ». En 2004, une enquête aux États-Unis démontra que Pinochet plaça plusieurs millions de dollars à la Banque Riggs, et, en 2005, il serait détenu pour évasion fiscale et falsification de matériel public.

Le mandat de Lagos se caractérisa par un important développement des voies de communication, tels les premières autoroutes urbaines du pays, les nouvelles lignes du métro de Santiago, le métro de Valparaiso, l’inauguration du nouveau "Biotrain" (train suburbain) et l’implémentation de la première étape du nouveau système de transport de Santiago, appelé Transantiago. En politique se produit une baisse du soutien à l’Alliance pour le Chili, apparemment suite au raffut de l'affaire Spiniak (où l'accusation de sénateurs d'être liés à des réseaux pédophiles ne serait en fait qu'une manœuvre politique), ce qui permet une récupération de l’officialisme, confirmé dans les résultats des élections municipales du 31 octobre 2004 (47,9% pour la Coalition et 37,7% pour l’Alliance aux élections municipales).

Les figures des ex-ministres Alvear et Bachelet commencent à monter dans les sondages et, début 2005, devancent toutes les deux Lavín, le candidat de l'Alliance. La Coalition décide une préélection entre ses deux candidates, tandis qu'à l'Alliance commencent à surgir des voix dissidentes quant à la candidature de Lavín, qui débouchent finalement sur la désignation de Sebastián Piñera comme candidat de Rénovation Nationale, le 14 mai. Devant sa baisse dans les sondages, Alvear décline sa candidature, tandis que Bachelet est élue comme représentante du conglomérat officialiste.

Bachelet part favorite. En quelques mois, Piñera commence à prendre l’avantage et finalement elle devance légèrement Lavín aux élections présidentielles du 11 décembre. Bien que la Coalition arrive à un résultat historique (51,75%) aux élections parlementaires, ce qui lui permet d’avoir, depuis 2006, la majorité dans les deux chambres, sa candidate à la première magistrature n’arrive pas à réunir tout le soutien des citoyens envers Lagos et son conglomérat, et obtient un maigre 46%. En raison de ces résultats, Piñera et Bachelet durent se confronter le 15 janvier 2006 dans un deuxième tour, dans lequel Bachelet récupéra une grande partie de l’électorat perdu lors du premier tour, grâce au soutien décidé des membres du gouvernement, ce qui l’élit avec 53,49% de voix de préférence. Elle fut nommée Présidente de la République, le 11 mars 2006, devenant la première femme du pays à occuper cette fonction.

Malgré sa grande popularité, Bachelet est confrontée à une situation difficile dès sa première année de présidence. En mai 2006, les protestations d’un groupe d’étudiants du secondaire exigeant plusieurs mesures et réformes pour améliorer la qualité de l’éducation, mouvement dénommé "révolte des pingouins", s’étendent, atteignant leur sommet le 30 mai, quand 600 000 à un million d’étudiants à travers le pays se rencontrent dans des marches, des grèves, et des occupations de bâtiments. De tels événements provoquèrent une crise politique, dans laquelle Bachelet décida de remplacer trois ministres d’État, y compris celui de l’Intérieur, et annonça plusieurs mesures qui aidèrent à décanter les mobilisations, mais même ainsi le coût politique fut important, provoquant une baisse de son image publique (bien que quelques mois plus tard elle remonta de quelques points).

Fin 2006, la découverte d’une série de faits de corruption à l'Institut National des Sports seront associés directement à des membres de la Coalition, comme le sénateur Guido Girardi, de plus le fossé s’est creusé entre les parlementaires de l’aile la plus à gauche et les secteurs les plus conservateurs de la coalition du gouvernement, du fait de quelques motions liées à l'avortement ou les relations avec le président du Venezuela, Hugo Chávez. Cependant, l’Alliance pour le Chili n'arriva pas à tirer profit de la situation dans le conglomérat officialiste.

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Frontière entre la Bolivie et le Chili

La frontière terrestre entre la Bolivie et le Chili est une frontière internationale d'une longueur de 861 kilomètres qui sépare le Chili de la Bolivie en Amérique du Sud.

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Frontière entre le Chili et le Pérou

La frontière terrestre entre le Chili et le Pérou est une frontière internationale d'une longueur de 160 kilomètres qui sépare le Chili du Pérou en Amérique du Sud.

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Frontière entre l'Argentine et le Chili

La frontière terrestre entre l'Argentine et le Chili est la plus longue frontière internationale d'Amérique du Sud et la troisième plus longue du monde après celles qui courent entre le Canada et les États-Unis et entre le Kazakhstan et la Russie. D'une longueur de 5 150 kilomètres, elle sépare l'Argentine de la République du Chili le long de la cordillère des Andes puis sur les îles de la Terre de Feu.

L'extrémité nord de la frontière est un tripoint qu'elle forme avec celles qui courent entre l'Argentine et la Bolivie et entre la Bolivie et le Chili dans le désert d'Atacama. Elle file ensuite en direction du sud jusqu'à l'embouchure atlantique du détroit de Magellan pour mieux se prolonger sur la grande île de la Terre de Feu. Elle la sépare en deux jusqu'à sa côte sud à quelques kilomètres à l'ouest d'Ushuaïa.

En novembre 1984, la frontière dans la zone australe est définitivement établie après de longues négociations et la médiation de Jean-Paul II par un traité perpétuel de paix et d'amitié signé au Vatican par les représentants des deux pays.

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Source : Wikipedia