Chiffres du chômage

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Posté par woody 07/03/2009 @ 22:11

Tags : chiffres du chômage, chômage, emploi, société

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Chômage en France

Nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie 1

La France connaît un fort taux de chômage depuis les années 1980, bien que les chiffres du chômage aient commencé à augmenter dès les années 1960. Le chômage existait auparavant, mais son faible niveau n’en faisait pas un élément important des débats de société et de la vie économique du pays.

Avec les chocs pétroliers des années 1970, qui coïncidèrent avec la fin du rattrapage économique vis-à-vis des États-Unis (période des Trente Glorieuses), le chômage reste à un niveau élevé jusqu’au milieu des années 2000 – autour de 10 % – tandis que d'autres pays développés parviennent à revenir à des niveaux plus ou moins proches du plein-emploi.

Mesuré au sens du BIT et selon l’interprétation d’Eurostat, le taux de chômage s’élève à 7,2 % au premier trimestre 2008 en France métropolitaine (2 000 000 chômeurs), et à 7,5 % si les départements d'outre-mer sont inclus.

La classification d’un individu comme chômeur varie selon les définitions utilisées pour le fait d’être au chômage. Un chômeur est généralement un individu qui appartient à la population active, qui n’a pas d’emploi, et qui en cherche un activement.

Cette définition, qui est celle de l’Organisation internationale du travail (BIT), est assez floue, et sujette à des variations dans son interprétation. En novembre 2007, l’INSEE a fait évoluer sa méthodologie pour coller à l’interprétation d’Eurostat. L’INSEE publiera des chiffres du chômage par trimestre, et non pas pour chaque mois, pour éviter les erreurs de mesure trop importantes. En parallèle, l’ANPE publie toujours le nombre d’inscrits dans chaque catégorie sur une base mensuelle ; ces statistiques ne rentrent pas dans le calcul du chômage, qui est mesuré par l’enquête emploi de l’INSEE.

À quoi il faut ajouter 300 000 à 400 000 chômeurs de plus de 55 ans en « Dispense de Recherche d'emploi », dispositif supprimé en 2008 par le gouvernement. Ces chômeurs ne sont classés dans aucune catégorie.

Les estimations de l'INSEE, qui sont inscrites dans les comptes de la nation et font référence, sont basées sur une enquête emploi, qui est « rebasée » chaque année.

En 2007, les statistiques concernant le chômage en France ont fait l'objet de débats, suite à une différence plus importante que d'habitude entre deux sources d'informations : les statistiques de l'ANPE et celle de l'enquête emploi de l'INSEE. L'INSEE a prévu de mener une réestimation de l'enquête emploi d'ici à fin 2007 Les principaux autres organismes de mesure (Eurostat, les banques privées, certains collectifs) ne contestent pas la baisse du chômage depuis 2005. Seule l'ampleur de cette baisse n'est pas estimée avec précision, variant de 1 à 2 points en 2006 et 2007, sur la base des 10% des années 2004 et 2005.

Une étude de l'IGF en septembre 2007 a résumé les raisons des divergences entre les deux sources d'information et a listé les voies d'amélioration.

La mesure du chômage au niveau régional fait apparaître de fortes disparités. En 2005, les trois régions de l'Union européenne qui ont le chômage le plus élevé sont la Réunion, la Guadeloupe et la Guyane (respectivement 30,1% 25,9% et 24,8%). Le taux régional le plus faible en France était 6,4% (Limousin).

La prise en compte des départements d'outre-mer dans le calcul du taux de chômage de la France fait passer le taux de 8,1 % (France métropolitaine) à 8,4 %.

Selon l'Office statistique des Communautés européennes Eurostat, avec un taux d'emploi de 38,1 % pour les 55-64 ans en 2006, la France reste très en dessous de la moyenne de l’Union européenne (UE) (43,5 %). Un objectif de 50 % en 2010 a été fixé par l'UE.

Chaque mois, les emplois supprimés et créés se comptent en centaines de milliers, la majorité étant des emplois de courtes durée (CDD, intérim) : au troisième trimestre 2007, l'ANPE avait enregistré près de 950 000 offres d'emplois, dont environ 300 000 CDI .

Un biais de perception des Français est apparu à cause du traitement de l’information par les médias. Les licenciements collectifs et les fermetures d’usines font les gros titres, tandis que les créations d’emploi dans les secteurs les plus dynamiques passent inaperçues. La situation du marché du travail n’est donc pas correctement perçue.

L’évolution du chômage ne résulte pas simplement de la destruction de quelques emplois, mais du solde de toutes les créations d’emploi et destructions d’emplois.

Le taux de chômage en France est sensiblement plus élevé que dans les pays voisins. En 2006, même l’Italie et l’Espagne ont un taux de chômage inférieur au taux français, alors que l’inverse était généralement vrai depuis les années 1970.

Le niveau élevé du SMIC est perçu par certains économistes comme une des causes principales du nombre important de chômeurs en France. Selon eux, il empêcherait la création d’emploi pour les personnes les moins qualifiées, dont la productivité est inférieure au coût pour l’employeur. Par ailleurs, il ne permettrait pas de lutter contre la pauvreté en France, puisqu’en détruisant de l’emploi, il aboutit à augmenter le nombre de chômeurs et de RMIstes.

L’Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE) est créée en 1967.

Les emplois-jeunes sont mis en place sous le gouvernement Jospin, ainsi que la réduction de la durée du travail hebdomadaire à 35 heures ; l'aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE), le soutien apporté par les gouvernements Raffarin et Villepin aux « services à la personne » (économie domestique), notamment via le plan Borloo ayant créé les chèques emploi service universel, des réformes du contrat de travail (tentatives de Dominique de Villepin d'instaurer le CPE après le CNE,…). La Prime pour l'emploi vise également à réduire le chômage.

Depuis les années 2000, les gouvernements favorisent le retour à l’emploi des chômeurs volontaires en augmentant les gains du travail : prime pour l'emploi (PPE), revenu de solidarité active (RSA).

La gauche et la droite divergent en partie dans leurs réponses apportées au chômage : la droite préfère en général favoriser l'offre (notamment par une augmentation de la flexibilité, laquelle permettrait aux entreprises d'embaucher plus), tandis que la gauche préfère d'ordinaire les politiques de la demande, et la réduction du temps de travail (dans l'idée de partager une hypothétique quantité fixe de travail au sein de la société), ou le soutien à certaines catégories dites précaires. Toutefois, cette idée générale a de nombreuses exceptions, des gouvernement d'un bord proposant et mettant en oeuvre parfois des politiques qu'on attendrait de l'autre.

Aucun des gouvernements de droite ou de gauche qui se sont succédé n’ont mis en place une politique de l'emploi véritablement libérale ; ces politiques ont pourtant permis la réduction du chômage dans les autres pays développés. L’Espagne est ainsi passée en quelques années d’un taux proche de 20 % à un taux d’environ 7 %.

Pour 2008, le gouvernement a prévu de consacrer plus de 12 milliards d'euros et de mobiliser plus de 10 000 personnes aux politiques de l'emploi; en ajoutant les sommes gérées par l'ANPE, l'UNEDIC, les collectivités territoriales, etc. la France consacrait en 1996 (et cela n'a pas baissé depuis) plus de 4% de son PIB (soit plus de 60 milliards d'euros) à lutter « contre le chômage » , pour plus de la moitié en dépenses passives (allocations chômage par exemple) et le reste en mesures actives (formation professionnelle par exemple).

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Indicateurs du chômage en France

Durant les années 1980, dans certaines agences locales de l'emploi française, on estimait le nombre de chômeurs en mesurant les fiches cartonnées avec un double décimètre (Holcman R., "Indicateurs du chômage et indicateurs du marché du travail", in Charpentier F., Encyclopédie Protection sociale. Quelle refondation ?, Economica/Liaisons Editions, Paris, p. 195-201. Intégralement disponible sur ). Depuis lors, des progrès techniques ont été accomplis, mais des problèmes conceptuels demeurent.

L'INSEE et l'ANPE mesurent un chômage qui n'est pas totalement identique, d'où le décalage persistant entre leurs deux chiffres. L'INSEE utilise la notion de chômage définie par le bureau international du travail (être sans travail ; être disponible pour travailler ; rechercher un travail de manière effective) ; pour l'ANPE, la définition du chômage est : être sans emploi, disponible immédiatement, et à la recherche d'un emploi à temps plein. Le problème est que cette définition est celle de la catégorie 1 des demandeurs d'emplois qu'elle comptabilise, alors qu'elle répartit les chômeurs inscrits sur ses listes en 8 catégories au total.

Sans entrer dans le détail, notons simplement qu'un chômeur qui cherche un travail à temps partiel (catégorie 2 de l'ANPE) n'est pas comptabilisé comme chômeurs... et ne l'a jamais été. Il en est également ainsi d'un demandeur d'emploi cherchant un travail à durée déterminée (catégorie 3).

Le décalage - important à l'époque - entre les deux méthodes de comptabilisation a conduit à l'écriture de deux rapports : le premier, écrit par Edmond Malinvaud sous le titre " Sur les statistiques de l'emploi et du chômage (juillet 1986) ; le second, rédigé par Paul Dubois (INSEE) et Michel Lucas (IGAS), intitulé "Rapport sur les statistiques mensuelles du chômage" et publié en mars 1991. Des efforts ont été entrepris à la suite de ces réflexions pour harmoniser les chiffres des deux institutions, mais l'écart est consubstantiel des divergences entre les concepts. Plus préoccupant, l'une et l'autre des définitions officielles laissent de coté un volume important de personnes.

Cet état de fait a suscité la mise au point d'indicateurs alternatifs du chômage. Dans le milieu des années 1970, la CGT dénoncait déjà la sous-estimation des chiffres du chômage opérée, selon elle, par le gouvernement à des fins politiques. Sa méthode de calcul la conduisit, en 1975, à dénombrer 1,1 millions de chômeurs quand l'ANPE n'en comptait que 700 000.

En 1984, l'ARIES (Association de recherches internationales économiques et sociales), dirigée par Lionel Stoléru, expliquait l'écart existant entre les chiffres de l'INSEE et ceux de l'ANPE par deux causes essentielles : le traitement social du chômage et le traitement politiques des statistiques.

En 1997, CERC-Association, proposait le concept élargi de personnes "privées d'emploi". En ajoutant aux chiffres de l'ANPE les personnes dispensées d'une recherche d'emploi, les chômeurs en formation ou en reconversion, et les préretraités, elle arrivait à un total de 5 millions de personnes "privées d'emploi".

La même année, le Commissariat général du Plan (présidé alors par Henri Guaino), estimait le nombre de personnes "touchées"par le chômage à 7 millions, en ajoutant aux chiffres de l'INSEE : les personnes travaillant à temps partiel subi, celle qui subissent une précarité du travail (emplois aidés, travail temporaire involontaire), les préretraités, les demandeurs d'emploi en formation, ceux qui ne sont pas en mesure de chercher un emploi (problèmes de santé, service national, chômeurs découragés).

Ces indicateurs alternatifs ne sont pas eux-mêmes à l'abri de critiques, mais ils pointent l'inadaptation des outils statistiques à décrire le problème du chômage et du non-emploi. En réalité, le véritable problème est que le chiffre du chômage se voit assigner deux objectifs : indiquer le nombre de chômeur, et décrire l'état du marché du travail. On a pu un temps déduire l'état du marché du travail du nombre de chômeurs mais ce n'est plus le cas. Les indicateurs officiels comme les indicateurs alternatifs omettent un certain nombre d'informations relatives à l'influence du chômage sur le marché du travail, qui ne se résume à la probabilité d'y entrer ou de s'y maintenir. On peut citer comme carence : l'état des relations professionnelles ; les détournements de statut (la "fausse sous-traitance"), l'utilisation excessive des emplois aidés (en particulier leur effet d'éviction sur les emplois "normaux") ; le niveau des salaires...

L'indicateur du chômage est par nature restrictif.

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Économie de la France

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L'économie de la France traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle de la France de nos jours. En 2008, la France est la 5e puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon, la Chine, l'Allemagne et devant le Royaume-Uni. En 2007, la valeur de son Produit intérieur brut (PIB) est de 1 892 milliards d'euros. Elle se classe au 17e rang pour le PIB par habitant en taux de change nominal, légèrement au-dessus de la moyenne de l'UE-15. En classement par PIB en PPA, la France est la 7e puissance économique.

L'économie française est principalement une économie de services : le secteur tertiaire occupe 72 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche,…) n'en représente plus que 4 %, et le secteur secondaire (essentiellement l’industrie) 24 % (en 1999). L'économie française est une économie de plus en plus ouverte, occupant une place importante dans les échanges commerciaux internationaux. La France est le 5e pays pour ses exportations et le 6e pour ses importations. En 2006, les exportations représentent 26 % du PIB et les importations 27 %. La balance commerciale (biens et services) est devenue déficitaire en 2004, et ce déficit s’est accru en 2005 et 2006. Le taux de chômage reste plus élevé que ceux des autres pays développés. Le taux d'emploi (63,8 % en 2006), proche de la moyenne européenne (64,8 %), est plus faible que celui de l’UE-15 (66,2 %), et de la moyenne des pays développés, en particulier pour les seniors, les moins de 30 ans, et les personnes faiblement qualifiées.

Pendant longtemps, la France est restée la 4e puissance économique ; elle a été dépassée par la Chine en 2006, et le sera probablement par des puissances émergentes (en particulier par l’Inde). La France fait partie des pays fondateurs de l'Union européenne et de la zone euro. Au cœur d’une zone économiquement très développée, son économie a bénéficié de la mise en place du marché commun européen. L'intervention de l'État dans l'économie est traditionnellement importante. Le niveau de dépenses publiques et donc d’imposition est parmi les plus élevés au monde. À partir de 1986, l'État a privatisé un grand nombre d'entreprises publiques mais son influence sur l’économie reste forte (on parle de « néo-colbertisme »).

La croissance du PIB par habitant français a été plus faible que celle d’autres pays développés au cours des deux dernières décennies, provoquant des débats sur la réalité de ce décalage et sur les réformes économiques, qui pourraient y remédier.

Depuis ses origines, la puissance économique de la France a souvent été liée à sa démographie. Sous Louis XIV, la France est le pays le plus peuplé d’Europe et donc le pays économiquement dominant. Le pays est toutefois handicapé par la faiblesse récurrente de sa flotte marchande et militaire.

Alors que la première révolution industrielle commence en Angleterre au XVIIIe siècle (ce qui permet à cette dernière de surpasser la France), puis s’étend au Benelux, la France ne connaît un décollage industriel – grâce à la libéralisation économique de la fin du Second Empire et du début de la Troisième République – qu’à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. La France est alors un pays prospère et puissant, qui a rattrapé le développement économique de l’Angleterre, et qui étend et développe ses colonies. En 1880, elle produit 10 % de la production mondiale.

Puis, progressivement sa puissance économique s’affaiblit en raison de la faible croissance démographique de sa population agricole et, selon certains, à de mauvaises politiques économiques. Les deux guerres mondiales du XXe siècle, puis la décolonisation, réduiront le poids économique de l’Europe en général dans le monde, et de la France en particulier.

Entre 1946 et 1973 la France connaît une période de forte croissance (en moyenne 5% par an) que l’économiste Jean Fourastié a, a posteriori, qualifiée de Trente Glorieuses. Cette forte croissance est essentiellement due à des durées de travail très importantes, et à de forts gains de productivité. Les gains de productivité dérivent du rattrapage technologique vis-à-vis de la puissance dominante, les États-Unis. Ainsi en 1950, le revenu moyen d’un français représente à peine plus de la moitié de celui d’un américain (55 %), alors qu'il en atteint les quatre cinquièmes en 1973. La fin du rattrapage coïncide donc avec la fin de la période de forte croissance. La population active ne connaît qu’une faible croissance durant cette période, car le baby boom n’accroît pas à court terme la force de travail en raison de l’allongement de la durée des études.

Pour souligner que la période n'est pas celle d'un miracle économique, mais d'un simple rattrapage, l'historien Jacques Marseille note qu'avec la poursuite de la croissance de la « Belle Époque » le niveau de richesse atteint au début des années 1970 ou au début des années 1980 aurait été semblable à celui effectivement constaté après la forte croissance des Trente glorieuses. De son côté Angus Maddison a montré qu'entre 1950 et 1979, la France a rattrapé la productivité américaine comme aucun autre grand pays industriel ne l'a fait sur la même période.

L’économie française a bénéficié du marché commun européen, mis en place entre 1957 et 1968. La France fait partie des pays fondateurs de l'Union européenne.

Les Français bénéficient d'un niveau de vie élevé, mais leur sentiment est de vivre une période de crise depuis la fin des Trente Glorieuses. Pendant longtemps, cette « crise » n'empêchait pas une croissance significative, et le maintien de l'économie à une place mondiale enviable ; mais depuis les années 1980, les thèmes du « déclin » et la peur de la concurrence étrangère (mondialisation, voire intégration européenne) ont pris une force accrue, tandis que les indicateurs économiques deviennent plus alarmants. En particulier, le chômage a connu une forte augmentation, et, malgré un reflux à partir de 1996, il reste supérieur de plus de 3 points au taux de chômage moyen des pays du G7.

Pendant longtemps, la France est restée la 4e puissance économique, et l'écart avec la Grande-Bretagne (2 346 milliards de dollars en 2006) est faible. En revanche, le dépassement dans ce classement par la Chine, et bientôt par l’Inde, est inévitable.

Certaines statistiques macroéconomiques relatives aux vingt-cinq dernières années montrent une régression significative dans une partie des classements économiques internationaux. En 1980, la France était l'un des pays les plus riches au monde : le PIB par habitant était au sixième rang mondial, derrière les États-Unis, la Suisse, le Luxembourg, l'Islande et le Canada. Elle dépassait certains rivaux économiques comme l'Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni, situés aux 16e, 17e et 18e places de ce classement économique mondial. Le niveau de vie dans les pays scandinaves était également en-deçà du niveau français. Les années 1980 seront celles d'un relatif déclin économique.

En 1994, le PIB par habitant des Français n'est plus qu'au 13e rang mondial. Certaines économies, telles celles de l'Allemagne ou du Japon, ont connu une sérieuse progression. D'autres ont subi un chute encore plus forte que celle de l'économie française, à l'image du Canada (qui se relèvera à partir de 1995). La décennie suivante sera celle d'un déclin moins prononcé. En 2004, le PIB par habitant en France se classe au 16e ou 17e rang mondial (selon les modes de calcul). Entre-temps, des pays comme le Royaume-Uni (longtemps considéré comme en crise), l’Irlande (auparavant un des pays les plus pauvres de l’Union européenne), suite la la libéralisation de leurs économies, ont connu une augmentation importante de leur niveau de vie, surclassant l'évolution française.

En 1999, la mise en place de la zone euro et la monnaie unique marque la volonté d'une collaboration économique plus étroite de la majorité des pays, au sein de l’Union économique et monétaire.

Le 21 juin 2005, le Ministre de l'Économie Thierry Breton a alerté l'opinion sur deux indicateurs. Le premier indicateur est l’augmentation forte de la dette publique française qui dépasse 60 % du PIB, et dont la charge financière est équivalente aux recettes de l'impôt sur le revenu. Le second indicateur est le taux d'activité des Français plus faible que celui des pays équivalents, en raison de plusieurs facteurs : l'entrée tardive des jeunes dans la vie active (22 ans et demi en moyenne), la diminution de l'âge effectif de la retraite (57 ans), le faible taux d'emploi de la population en âge de travailler.

La réduction de la durée légale du travail à 35 heures instaurée de 2002 de manière imposée et généralisée (aucun autre pays de l'OCDE n’a mis en place une réforme similaire) est considérée par une partie des économistes, en particulier les économistes libéraux, comme un frein à la croissance : la réduction des heures travaillées provoque ceteris paribus une réduction du revenu par tête des travailleurs. S’il y a maintien du niveau du salaire mensuel, comme cela a été le cas pour le SMIC, la réduction du temps de travail entraîne une augmentation du coût du travail horaire. Selon le Conseil d'analyse économique, les allègements de cotisations sociales sur les bas salaires et l’introduction d’une flexibilité accrue de l’organisation du travail, qui se sont produits simultanément, ont permis de créer des emplois, mais par un effet pervers ont favorisés la déqualification des emplois, alors que l’impact de la réduction du temps de travail per se n’a été que marginal,. La politique des 35 heures a accru la productivité horaire française, qui est une des plus élevées au monde. .

Il faut cependant attribuer un effet bénéfique aux 35 heures, dans la mesure où la réduction du temps de travail et son faible impact sur les salaires ont permis un repport de la consommation sur le secteur des loisirs (par exemple)tout en maintenant un fort taux de compétitivité.

Enfin, les revalorisations successives et élevées du SMIC ont contribué à une augmentation du coût du travail cependant atténuée par les aides de l'Etat précédemment octroyées aux entreprises pour les plus bas salaires. le chômage touche principalement les peu qualifiés, les jeunes et les seniors.

En règle générale le PIB vu du côté de l'offre est égal a la somme des valeurs ajoutées, mesurées au prix de base, à laquelle on ajoute les impôts sur les produits et à laquelle on déduit les subventions sur les produits. Du côté de la demande, il est égal à la consommation finale auquel on ajoute l’investissement (FBCF), les variations de stocks et le solde de la balance commerciale (exportations moins importations).

De 1945 à 1986, l'économie française a reposé sur l'idée d'un équilibre entre les forces du marché (cadre d'une économie libérale ou capitaliste) et l'intervention de l'Etat dans un sens social (l'Etat providence) et dans l'intérêt national (à la suite de réformes d'inspirations social-démocrate ou gaulliste). On a ainsi pu parler d'un « modèle français ».

Ce "modèle français" est le fruit du compromis des mesures mises en place à la Libération de la France (le programme du Comité d'étude du Conseil national de la Résistance) et du compromis socio-économique des Trente glorieuses (impulsion étatique d'inspiration keynésienne dans le cadre d'une économie capialiste). L'essouflement du modèle économique des Trente glorieuse au cours des années 1970 a entraîné sa remise en cause de la part d'un mouvement libéral en cours de renaissance. Il s'est exprimé en France par de premières tentatives de réformes libérales menées par les gouvernements de Raymond Barre (1976-1980) ou par le succès d'ouvrages tels que Le Mal français d'Alain Peyrefitte (1976).

La véritable remise en cause du "modèle français" s'est produite sous l'influence des réformes libérales venues de l'extérieur, marquée par la déréglementation (liberté des prix, déréglementation du système financier, etc.) et la privatisation des entreprises publiques à partir du gouvernement de Laurent Fabius (1984-1986) et surtout Jacques Chirac (1986-1988).

Les économistes libéraux estiment (en 2008) que la libéralisation de l'économie français est encore très incomplèt compte tenu du maintien du poids de l'Etat, des syndicats, et du caractère très conservateur des mentalités. Ils estiment qu'ils s'agit de blocages qui freinent la croissance du PIB et le retour au plein emploi en France.

Les économistes non libéraux estiment (en 2008) que la libéralisation de l'économie française, notamment en raison de la politique libérale de la Commission européenne et de la mondialisation, est allée trop loin ou constitue un mouvement de recul, remettant en cause des acquis sociaux, mais aussi des acquis de la République française tels un vaste secteur de services publics et l'égalité entre citoyens.

Les économistes libéraux dénoncent soit en termes de poids des dépenses publiques (53,4 % du PIB en 2006), ou bien pour la réglementation du marché du travail et des marchés des biens et services. La sur-règlementation pèse sur le fonctionnement et les capacités d’ajustement de l’économie. L’État s’est fortement impliqué dans les relations entre employeurs et employés, beaucoup plus que dans les autres pays européens, ce qui pourrait expliquer la faiblesse des syndicats français, salariés ou patronaux, et la difficulté du « dialogue social ».

Au fil des années, de nombreuses catégories sociales (cheminots, employés du secteur public, conducteurs de taxis, notaires, pharmaciens, avocats,…) ont obtenu des avantages catégoriels, qui peuvent diminuer le jeu naturel de la concurrence et conduire à une augmentation des prix et à une baisse de la qualité des services rendus, et qui ont un effet néfaste sur la cohésion sociale. Une étude a par ailleurs montré que les Français étaient, parmi les peuples des pays développés, le pire pour « réclamer indûment des aides publiques » ou pour tolérer l’usage des pot-de-vin. Certains auteurs emploient le terme de « social-corporatisme », et critiquent l’absence de courage politique des élus successifs : selon Nicolas Baverez, « Le gouvernement ne dirige pas la politique de la nation mais fonctionne comme une cellule de soutien psychologique, aussi prompt à entrer en empathie avec les victimes de son incurie que réticente à envisager tout remède à leur situation ».

Des principes idéologiques prennent parfois le pas sur la notion de pragmatisme économique qui est devenu la norme dans de nombreux pays. Par exemple, l’Impôt de solidarité sur la fortune ne rapporte quasiment rien à l’État, et de manière indirecte il diminue même ses recettes, mais il est maintenu en dépit de l’expatriation fiscale qu’il peut provoquer, alors que son rôle de taxation des plus fortunés a été mis à mal par la mise en place du bouclier fiscal.

La productivité du travail horaire est une des plus élevées au monde, en raison de la forte qualification d’une partie des travailleurs, mais aussi, selon Gilbert Cette, parce que la durée du travail est en moyenne plus faible de 10 % que celles des autres pays développés, principalement pour les emplois à temps plein, et parce que, d’après le Conseil d'analyse économique, les travailleurs les moins productifs sont exclus du marché du travail en raison du coût du travail trop élevé au niveau du SMIC, et de contraintes règlementaires importantes,.

Partiellement libéralisé, le pays est sous l’influence de traditions économiques interventionnistes (néo-colbertisme) et selon des analyses économiques fait face à certains handicaps et blocages – en particulier, un fort antilibéralisme, et de multiples corporatismes – qui selon ces économistes obèrent son développement économique. Le solde des échanges extérieurs déficitaire montrerait ainsi que la compétitivité économique nationale est dégradée, notamment par rapport à l’Allemagne, premier partenaire économique.

Des économistes et historiens libéraux estiment que le pays est dans une situation assez proche de celle de l’économie britannique des années 1970 qui avait alors dû faire appel aux prêts du FMI. Selon des analyses économiques, reprises par sur le site du ministère des Affaires étrangères, ou développées par l’OCDE, des réformes économiques profondes sont indispensables pour améliorer la résilience de l’économie et l’adapter aux conséquences de la mondialisation économique.

Depuis plusieurs années de multiples rapports en provenance d'instituts économiques tels que le Conseil d'analyse économique (CAE), le Cerc notamment dans son rapport de 2006 intitulé La France en Transition 1993-2005, des commissions mandatées par les gouvernements successifs telles la commission dirigée par Michel Camdessus en 2004, ou, en 2007–2008, la commission pour la libération de la croissance française (« Commission Attali »), insistent sur le fait que la France décroche en matière de croissance vis-à-vis des autres pays de l’OCDE. Si les constats sont convergents les voies pour y remédier présentent un certain nombre de points de convergence ne serait-ce que parce qu'ils sont assis sur des analyses économiques assez proches mais aussi des différences significatives sur la façon d'aborder les problèmes et de les hiérarchiser. L’augmentation de la croissance doit également être combinée à l’équité.

Malgré l'absence de récessions depuis les années 1980, à l'inverse du Japon (qui a vécu une crise liée à l’éclatement de la bulle spéculative japonaise) ou de l'Allemagne (qui a dû faire face au choc économique de la réunification), la croissance en France a été faible. Le niveau de PIB par habitant, qui se rapprochait de celui des États-Unis, s’éloigne à nouveau : en 2006, le niveau français est inférieur de 25 %. Pour Gilbert Cette, « l'écart d'environ 25% du PIB par habitant de la France ou de l'Union européenne par rapport aux Etats-Unis s'explique, pour respectivement 5 à 10 points et 15 à 20 points, par une productivité horaire structurelle plus faible, le reste de l'écart venant d'une durée du travail et d'un taux d'emploi plus faibles ». En 2002, la durée annuelle de travail des employés en France était une des plus faibles parmi les pays de l'OCDE, à 1545 heures ; elle était de 1815 heures au États-Unis . Parallèlement, deux tranches d’âge sont largement sous-employées : les jeunes de 15 à 24 ans (en 2002, taux d’emploi de 23,3 % contre 55 % aux Etats-Unis, 61 % au Royaume-Uni, et les personnes de 55 à 64 ans (en 2002, taux d’emploi de 34,2 % contre 59,5 % aux Etats-Unis, 53,3 % au Royaume-Uni). Si l’on ajoute que la France avait en 2002 un taux de chômage standardisé de 8,7 % contre 5,8 % aux Etats-Unis et 5,1 % au Royaume-Uni, on peut dire que la France utilisait peu le potentiel de travail dont elle disposait.

Plus de 100 pays dans le monde situés sur tous les continents ont un taux de croissance supérieur à 5 %. Si la très forte croissance de grands pays tels que la Chine et l'Inde est liée au fait qu'ils sont en phase de rattrapage, il n'en demeure pas moins que si la France et l'Europe veulent conserver leurs places de grandes puissances mondiales elles se doivent d'augmenter leur taux de croissance. Depuis 2000, la croissance moyenne en France n'a été que de 1,7 % par an. La Commission pour la libération de la croissance française attribue cette faible performance au fait que la France n'a pas su se réformer depuis vingt ans ; ce constat est largement partagé. De 1993 à 2005, le taux moyen de croissance de la France a été de 2,1 % par an contre 2,9 % au Royaume-Uni et 3,2 % aux États-Unis. Si l’on calcule l’évolution du PIB de 1994 à 2004, celui des États-Unis a augmenté de 45 % environ et celui de la France de 25 %, soit un écart de 20 points de pourcentage.

La croissance potentielle, c’est-à-dire la croissance qu’une économie est capable de soutenir sans tensions inflationnistes, est déterminée par les facteurs travail et capital. Des études menées à la fin des années cinquante et aux débuts des années soixante par Robert Solow (voir modèle de Solow) aux États-Unis et par Jean-Jacques Carré, Paul Dubois et Edmond Malinvaud ont montré que de 1951 à 1969 les facteurs travail et capital productif n’expliquaient que 2,6 % des 5 % de croissance. Le surplus vient d'une troisième composante, appelée parfois facteur résiduel ou productivité globale des facteurs, constituée du progrès technique, de l’amélioration de la gestion des entreprises et des économies, et du capital humain. Ces études ont conduit les économistes à s'intéresser davantage au progrès technique et plus généralement à ce troisième facteur. C'est dans ce cadre qu'a été développée, depuis la fin des années soixante-dix, la théorie de la croissance endogène. Ici, le progrès technique n'est plus considéré comme une donnée exogène, mais au contraire comme une donnée endogène, c’est-à-dire dépendant à la fois d’investissements dans l'éducation des individus (Robert Lucas) et de dépenses faites en matière de recherche et développement (Robert Barro) et d'infrastructures. Ces théories (croissance endogène et théorie plus classique - capital, travail - dont elle est, pour partie, un raffinement) sous-tendent les réflexions sur la croissance des diverses commissions qui se sont penchées sur la question.

Le rapport Camdessus de 2004 était pessimiste sur la croissance potentielle en France qu’il voyait passer, si rien n'était fait, de 2,25 % à 1,5 % ou 1,75 % par an, dix ans plus tard. Il explique le décrochage de la croissance en France par deux causes majeures : le déficit de travail et le poids et l’inefficacité de la sphère publique. Concernant le premier point, ce rapport a marqué un tournant dans l’approche du problème de l’emploi, par rapport à la vision française traditionnelle, en particulier des personnes proches des sphères du pouvoir. En effet, alors que le chômage a longtemps été vu en France comme une fatalité résultant d’un excès de main-d'œuvre par rapport aux besoins, il est désormais établi que les causes du chômage sont autres, et que l'écart de croissance de la France par rapport à d'autres grands pays industriels s’explique en partie par le manque de main-d'œuvre au travail. Il s'agit là d'une inflexion forte dans l'approche du travail en France.

Des rapports successifs de chercheurs en sciences économiques ont pointé les réformes économiques et les réformes structurelles nécessaires à l'accroissement de la croissance économique (ainsi que la hausse du pouvoir d'achat qui en découlera, et la réduction du chômage).

En janvier 2008, la Commission Attali présente ses conclusions dans son rapport final. Elle propose notamment de s’attaquer aux rentes, ce qui provoquent l’opposition de ceux qui en bénéficient ; élus locaux (suppression des départements), commercants en situation de concurrence imparfaite faisant du surprofit (réduction des prix de vente par le renforcement de la concurrence), etc. Selon le rapport, la France a pris du retard et « reste très largement une société de connivence et de privilèges ». « Les conséquences de ce conservatisme général sont catastrophiques, en particulier pour les jeunes ». La commission pour la libération de la croissance française a énoncé plus de 300 décisions pour changer la France dont toutes ne sont pas en harmonie avec les rapports antérieurs.

Néanmmoins, il ressort de tous ces rapports que priorité doit être donnée à une politique de l'offre, dont la nécessité est mise en évidence par la dégradation continue de la balance commerciale depuis 1997, et qui ramènerait la compétitivité française au niveau de celles de ses voisins. Cependant, selon le journal suisse libéral Le Temps, les réformes sont bloquées ou freinées par l’antilibéralisme français, alors que des économistes comme Hélène Rey critiquent un manque de culture économique.

Philippe Aghion et Élie Cohen, dans une étude de 2004 intitulée « Éducation et croissance économique », ont souligné que lorsqu'un pays se rapproche de la « frontière technologique » c’est-à-dire, de nos jours, du niveau technologique des États-Unis, les exigences en matière de système éducatif varient. Dans le premier cas, le pays est en phase de rattrapage, comme l’a été la France après la Seconde Guerre mondiale. Ce qui compte alors c’est d'abord l’enseignement secondaire. Au contraire, dès que l’on approche de la frontière technologique, l'enseignement supérieur –en particulier lorsqu’il est lié à la recherche– devient beaucoup plus important. En effet, les nouvelles sources de croissance ne sont plus dans l'imitation mais dans la création, dans l'invention des produits et des services « de demain ». D'où la nécessité pour un pays comme la France d'avoir des universités et des grandes écoles de premier plan. La commission pour la libération de la croissance française préconise quant à elle de faire émerger en France dix pôles universitaires de taille mondiale alliant pluridisciplinarité et excellence.

La recherche effectuée dans les universités doit servir de moteur aux pôles de compétence de façon à faire émerger les produits et les secteurs d'activité de l'économie d'avenir. Pour Christian Blanc « l’économie repose sur l’échange de deux types de savoir : d’une part le savoir formalisé, codifié, écrit, c'est-à-dire l’information et d’autre part le savoir tacite, qui permet d’utiliser l’information, d’en juger la qualité de l’appliquer à un problème concret, ou connaissance. La connaissance est nécessaire à la création ». Or si l’information circule mondialement, la connaissance comme définie plus haut reste plus localisée. C’est l’idée qu’il y a derrière le terme américain de « cluster » que Michael Porter a défini comme « un groupe d’entreprises et d’institutions partageant un même domaine de compétence, proches géographiquement, reliées entre elles et complémentaires ». Parmi les exemples célèbres de cluster, il est possible de citer la Silicon Valley autour de l’université de Stanford. Toutefois en France, le trop fort interventionnisme dans la mise en place de pôles de compétitivité est néfaste, et pourrait être avantageusement remplacé par une réduction des freins à la mobilité (libéralisation du marché immobilier).

Selon certains économistes, la France se heurte à des problèmes de barrières à l’entrée, lointain avatar des privilèges et des corporations de l’Ancien Régime. En 1959, Jacques Rueff, mécontent que le plan de stabilisation Pinay-Rueff n’ait pas traité le problème des « corporatismes intérieurs », reçut mission de rédiger avec Louis Armand un « Rapport sur les obstacles à l’expansion économique » qui, si l’on en croit Chelini ne fut guère suivi. Dans leur Rapport au ministre de l’Économie et des Finances et de l'Industrie, et au ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale dit « Rapport Cahuc-Kramarz », Pierre Cahuc et Francis Kramarz ont, pour partie (car leur étude ne touche pas que ce problème), été conduits aux mêmes constats toute comme plus récemment la commission pour la libération de la croissance française.

Cahuc et Kramarz notent que si « la France avait le même taux d’emploi que les États-Unis dans le commerce, l’hôtellerie et la restauration, elle aurait 3,4 millions d’emplois supplémentaires ; la même comparaison avec les Pays-Bas aboutit à 1,8 millions d’emplois ». Pour expliquer ces différences, les auteurs mettent en exergue les règlementations qui restreignent l’entrée dans ces secteurs. Pour la profession de chauffeur de taxis, soumise à une licence, – et qui étaient déjà dans le collimateur de Jacques Rueff –, la situation est à peu près identique. En Irlande qui, en 1999, était dans une situation assez similaire à celle de la France, une modification de la réglementation a permis d’augmenter le nombre de taxis de 150 %.

Dans les services spécialisés d’avenir exigeant des savoir-faire élevés et potentiellement créateurs d’emplois de bons niveaux, la situation est la même. Les professions juridiques sont très réglementées, ce qui pèse sur leur compétitivité, sur l'innovation de leur offre et gêne la constitution d'entreprises ayant la taille critique qui leur permettrait de concurrencer leurs homologues étrangères. Il en est de même dans le domaine comptable, le diplôme d'expert-comptable requiert de 7 à 8 ans d’études contre 5 à 6 dans les autres pays. Un rapport de l’IHS (Institut für Höhern Studien) pour la communauté européenne a établi un indicateur de barrières à l’entrée tenant compte des exigences de diplôme, des voies d'entrée, des numerus clausus, de la possibilité de recourir à la publicité, etc. pour quelques professions. On peut voir, dans le tableau ci-dessous, que dans deux secteurs où le Royaume-Uni détient des positions fortes, la comptabilité et les professions juridiques, les barrières à l’entrée sont moindres qu’en France.

Dans le domaine du commerce, le rapport Cahuc & Kramarz cite une étude de Marianne Bertand et Francis Kramarz ainsi que des articles d’auteurs de différents pays tendant à montrer qu’une plus grande ouverture des hypermarchés est à la fois créatrice de plus d’emplois et de baisse des prix. Ici, ce qui est très clairement visé, c’est la loi Royer de 1973 qui d'après ces économistes aurait coûté 1 300 emplois par an. Par ailleurs, on estime que la loi Galland a conduit à un surplus d'inflation de 0,1 à 0,2 point par an (voir Secteur de la grande distribution).

Le marché du travail n’est pas figé : pour Pierre Cahuc chaque jour environ 10 000 emplois sont détruits et 10 000 emplois emplois sont créés. Ce phénomène de destruction / création à la Joseph Schumpeter n’est pas spécifique à la France. Pour Pierre Cahuc il y aurait quelque pertinence à invoquer une loi des 15 % qui s’énoncerait de la manière suivante : « à l’échelle d’une nation, chaque année environ 15 % des emplois disparaissent et chaque année environ 15 % d’emplois nouveaux apparaissent ». Toutefois les spécificités du marché du travail français et notamment sa forte segmentation ont conduit récemment Claude Picart à diviser par deux les flux d'emplois estimés par Pierre Cahuc. La loi des 15 % valable aux États-Unis deviendrait en France celle des 7 à 8 %. Cette forte volatilité du marché du travail pousse les économistes à mettre en cause les barrières à la sortie liées notamment à la complexité et à l’insécurité juridique des licenciements économiques et à préconiser des incitations et des aides pour les personnes entre deux emplois (notion de flexicurité). Si sur le dernier point la commission pour la libération de la croissance française, semble adhérer pleinement à la sécurisation des parcours professionnels, concernant le premier point, elle préfère s'en tenir à « anticiper et négocier pour faire du licenciement économique un ultime recours » et à la rupture amiable du contrat de travail. Sur ces points l'accord du 11 janvier 2008 sur la modernisation du marché du travail semble en ligne avec leurs préconisations. Si pour Gilles Saint-Paul il s'agit d'une réforme globalement positive, Francis Kramarz est déçu (cette déception semble partagée par anticipation par Pierre Cahuc et André Zylberberg) car pour lui, il faudrait s'attaquer au vrai problème français : les règles du licenciement économique.

Selon le rapport Camdessus, un problème du marché de l'emploi en France est le déficit de travail, lié au faible nombre d'heures travaillées par an en comparaison avec les autres pays développés mais surtout au faible taux d'activité des 15-25 ans et des 55-65 ans. Concernant les deux derniers points, la commission pour la libération de la croissance française se prononce pour « une mobilisation générales des entreprises pour l'emploi des jeunes » et veut « faciliter l'activité des seniors » Concernant le premier point, elle préconise de permettre aux entreprises de déroger à la durée légale du travail sous réserve d'accord de branche ou d'accord majoritaire d'entreprise, alors que le Conseil d'analyse économique recommande surtout une simplification du droit de la durée du travail dont certaines règles sont d’une « complexité inouïe ». Concernant les dérogations à la durée légale du travail, Pierre Cahuc et André Zylberberg sont plus tranchés. Ils estiment que pour créer du pouvoir d'achat il est nécessaire de créer des emplois et que cela requiert « des réformes substantielles du contrat de travail, du service public de l'emploi, de la formation professionnelle et de la représentativité syndicale », les 35 heures n'étant qu'une partie du problème. Plus globalement la question porte sur la stratégie à suivre ; vaut-il mieux, comme c'est la tendance de l'administration française depuis au moins le XVIIIe siècle une stratégie de contournement qui multiplie les décrets et finalement crée de l'insécurité juridique ou vaut-il mieux une stratégie plus directe ? Sur ce point, Tito Boeri pense que les réformes à la marge sont socialement injustes.

L’économie française est le cinquième exportateur mondial de biens (principalement des biens d’équipement), le quatrième pour les services et le troisième pour les produits agricoles et agroalimentaires (premier producteur et exportateur agricole européen). Elle est la première destination touristique mondiale, et possède la deuxième zone maritime du monde.

Pour 2007 le déficit cumulé de la balance commerciale des biens et services s’établit à près de 38 milliards d’euros. Le creusement de déficit est dû à la hausse du prix du pétrole des années 2000, au niveau élevé du taux de change effectif de l’euro, et au manque de compétitivité et d'adaptivité des entreprises.

Les exportations augmentent toujours, en raison de la forte hausse de la consommation mondiale, mais moins vite que les importations.

En 2006, l'Allemagne est à la fois le principal client et le principal fournisseur de la France ; le solde des échanges extérieurs bilatéraux est très négatif avec la Chine et l’Allemagne (respectivement -14 et -13 milliards d'euros), tandis que le solde avec l’Espagne ou le Royaume-Uni est positif.

Les principaux pays voisins (Espagne, Allemagne, etc.) ont réussi à réformer leur marché du travail (Réformes Hartz et modération salariale en Allemagne, réformes en Espagne, etc.), ce qui a amélioré la compétitivité de leurs entreprises et augmenté leurs parts de marché à l'export, parfois aux dépens des entreprises françaises pénalisées par un coût du travail en augmentation. Enfin la montée en puissance de l'économie chinoise, servie par une monnaie, le yuan, sous-évaluée, a entraîné une augmentation des importations en biens manufacturés.

Le solde des échanges extérieurs de biens de la France se creuse régulièrement depuis 2002 avec un déficit de 26,6 milliards d'euros en 2006. Les exportations ont représenté 389 milliards d'euros et les importations 430 milliards. En 2002 avec 5,1 % des exportations mondiales, la France était le 4e exportateur mondial, à égalité avec la Chine, derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne.

Le solde des échanges de services reste positif en 2006 (+ 2,6 milliards d'euros) grâce au secteur du tourisme, qui à lui seul forme un excédant de +10,1 milliards d'euros en 2006.

Le 1er janvier 1999, l'euro a officiellement remplacé le franc, ancienne monnaie nationale ; les billets et les pièces en euros sont introduits en 2002 et remplacent rapidement les précédents billets et pièces. À partir de 1999, la conduite de la politique monétaire ne s’est plus faite plus à la Direction du Trésor ou à la Banque de France, mais elle est confiée, pour l’ensemble de la zone euro, à la Banque centrale européenne (BCE).

La France a connu de multiples périodes au cours du XXe siècle où des niveaux d’inflation trop forts, par rapport à ses partenaires économiques, ont dégradé sa compétitivité économique alors que sa monnaie restait fixée vis-à-vis d’autres monnaies par une parité de change fixe. Des dévaluations ont alors été nécessaires.

À partir de l'entrée de la France dans le Serpent monétaire européen en 1972, puis dans le Système monétaire européen en 1979, le franc s'arrime au Deutsche Mark, et la monnaie nationale devient une monnaie « stable ». La dernière dévaluation intervient en 1983, puis le Gouvernement engage une période de « désinflation compétitive » qui est respectée par les gouvernements suivants.

La population active (c’est-à-dire les personnes ayant un emploi et les personnes à la recherche d’un emploi) constitue le facteur travail. La population active occupée, c'est-à-dire ayant un emploi compte 24,9 millions personnes en 2005, contre 22,3 millions en 1995, soit une augmentation d’environ 12 % en 10 ans (2,686 millions). Le nombre de chômeurs « au sens du BIT » est de 2,717 millions en 2005, contre 2,899 millions en 1995. La majorité de cette croissance de l’emploi a eu lieu au cours de la dernière période de taux de croissance du PIB élevé, en haut de cycle économique, de 1997 à 2001 : 1,9 millions d’emplois supplémentaires, soit environ 70 % de la progression.

La France connaît un fort taux de chômage depuis les années 1980, bien que les chiffres du chômage aient commencé à augmenter dès les années 1960. Le chômage existait auparavant, mais on pensait alors pouvoir atteindre une situation de plein-emploi avec très peu de chômeurs.

Le chômage s'établit à 8 % en 2007. Ce chiffre démontre une légère amélioration par rapport aux années 1990 (entre 9,5 % et 12,3 %). La baisse du chômage en France a été parallèle à la baisse dans l’Union européenne, ce qui montre que ce ne sont pas des mesures spécifiques à la France qui ont permis cette baisse.

La répartition des salaires est marquée par trois grandes tendances : d’une part, la proportion des salariés dont la rémunération du travail est égale au SMIC augmente (15,1 % des salariés étaient payés au SMIC au 1er juillet 2006 (hors secteur agricole et interim)), en raison de la très forte augmentation du SMIC ; d’autre part, l’écart entre les très hauts cadres, appelés aux Etats-Unis CEO (Chief Executive Officer), et les autres employés s’accroît ; enfin le phénomène de travailleurs pauvres existe en France mais n’est pas lié au niveau du salaire horaire, mais au faible temps de travail effectué (travail à temps partiel). Selon l’INSEE, « les inégalités de salaire journalier diminuent partout ou restent à peu près stables. ».

En 2004, le salaire médian mensuel à temps complet (c’est-à-dire que la moitié des salariés à temps complet percevait un salaire inférieur à ce salaire, et l’autre moitié un salaire supérieur) s’élevait à 1 854 euros, tandis que le SMIC en 2004 était de 1 286 euros. Fin 2003, le salaire net mensuel moyen d'un employé du privé (temps plein et temps partiel) était de 1 226 euros, celui d'un ouvrier de 1 326 euros. Dans le public, le salaire moyen mensuel d'un employé et d'un ouvrier était de 1 550 euros. Les évolutions de salaires ont différé en fonction des catégories socio-professionnelles : entre 2000 et 2005, le salaire annuel net moyen des ouvriers à temps complet a augmenté de 4 %, contre une hausse de 1,8 % pour les cadres, 0,7 % pour les employés, et une stagnation pour les professions intermédiaires. Les faibles augmentations des salaires nets, liées à la hausse de l'imposition, à la réduction du temps de travail, ont abouti, en raison de l’inflation ressentie lors du passage à l'euro et à l'augmentation sensible de certains prix, à un sentiment de perte de pouvoir d'achat. La différence de rémunération hommes / femmes persiste : en 2000, le salaire moyen d'une femme travaillant à temps complet représentait 81,6 % de celui des hommes, et cette différence peut en grande partie s’expliquer par des différences dans les postes occupés.

Depuis l’article de Stigler de 1946, les économistes connaissent les avantages et inconvénients d’un salaire minimum horaire, les études récentes n’ayant modifié qu’à la marge les conclusions de cet article. Dans un marché de concurrence pure et parfaite, pour attirer de la main-d'œuvre les employeurs seraient obligés de fixer des taux de salaire pratiquement égaux à la productivité des salariés qu’ils recrutent. Mais dans la réalité, comme chercher du travail demande des efforts et du temps pour trouver un emploi, les salariés ne sont pas à même de négocier au mieux leur salaire, aussi il peut exister un écart non négligeable entre la productivité et la rémunération. Dans ce cas, le salaire minimum horaire peut contribuer à réduire cet écart et inciter un plus grand nombre de personnes à venir sur le marché du travail. De sorte que l’économie en général y gagne. Par contre si le taux de salaire horaire est fixé plus haut que la productivité des salariés, alors les entreprises auront tendance à licencier ces personnes où à ne pas les embaucher. Cahuc et Zylberberg notent qu’en France, en novembre 2003, en tenant compte des allégements de charges, le coût du travail horaire au niveau du salaire minimum était de 65 % supérieur à celui des États-Unis. Selon l’INSEE, « une augmentation de 10 % du Smic détruirait environ 290 000 emplois à long terme ».

Un des problèmes en France est la faiblesse des négociations sociales au niveau interprofessionnel. Le gouvernement est toujours tenté d'intervenir et de relever le SMIC (seul outil de gestion collective des salaires à disposition de l’État, qui « ne joue plus en France le rôle de simple "voiture balai" »), ce qui déforme la répartition de la masse salariale puisque les salaires proches du SMIC augmentent plus vite que le salaire moyen. L'effet sur le coût du travail des entreprises est complexe car les entreprises peuvent substituer du capital au travail et augmenter la productivité du travail pour pallier cela. Toutefois la spécialisation de l'industrie française dans des secteurs de faible technologie leur laisse des marges de manoeuvre assez faible. Pour pallier cet effet de bord, des mesures d'allégement des charges sociales pour les personnes proches du SMIC ont été adoptées. Ces mesures peuvent conduire à un phénomène de « trappe à bas salaires » car, comme le relève le rapport de la commission des finances du Sénat en 2004, « en concentrant les allégements sur une zone très étroite de salaire, on introduit un frein aux carrières salariales. » ; « les entreprises peuvent chercher à optimiser le rendement de ces mesures en embauchant de nombreux travailleurs à bas salaires et en freinant leur progression salariale pour qu'ils restent sous le seuil de 1,2 ou 1,3 fois le SMIC ».

En France, les principales mesures de la pauvreté utilisées sont les seuils de pauvreté relatifs à 50 % et 60 % (du salaire médian). Le niveau de ces seuils de pauvreté, puisqu’ils sont relatifs, augmentent mécaniquement avec la hausse du niveau de vie moyen, ce qui explique que la proportion de Français situés sous ces seuils diminue peu, malgré l’augmentation continue du PIB par habitant.

En 2005, 3,73 millions de personnes (6,6 % de la population) vivaient sous le seuil de pauvreté de 50 %, et 7,13 millions de personnes (12,1 % de la population) vivaient sous le seuil de pauvreté de 60 %.

La pauvreté diminue en France : par exemple, la pauvreté selon le seuil relatif à 60 % est passée de 13,5 % en 1996 à 12,1 % en 2005,. La pauvreté mesurée en valeur absolue diminue régulièrement et fortement.

La France se plaçait en 2005 en troisième position mondiale pour les investissements directs à l'étranger (IDE) avec un flux entrant de 63,5 milliards de dollars. Cependant, ces flux d’IDE comptabilisent également les flux de rachat d’entreprises françaises par des entreprises étrangères et ne représentent pas réellement l’investissement productif réalisé sur le territoire français.

Le taux d’investissement des entreprises baisse régulièrement en France depuis 1962 : taux d’investissement des sociétés non financières, hors entreprises individuelles vaut 19 % en moyenne entre 1990 et 2006, contre 24 % au cours des années 1960. Le taux d’investissement des entreprises en France est plus faible que le taux d'investissement des pays de l’UE15, en moyenne : les entreprises françaises et les étrangères préfèrent investir dans d’autres pays.

La France possède un certain nombre de grandes entreprises qui sont leaders mondiaux dans leurs secteurs. Le problème est qu’elle n’a pas assez de petites et moyennes entreprises (PME), et qu’il n’existe pas assez de sources de financement de leurs investissements (capital-investissement). Il existe une difficulté à faire émerger de nouvelles grandes entreprises capables d'avoir un rôle d'entraînement.

La France possède quelques entreprises leaders mondiaux dans leur secteur d'activité (environnement,...). Le renouvellement des grandes entreprises est très faible : la très grande partie des grandes entreprises actuelles étaient déjà de grandes entreprises trente ans auparavant (alors qu’aux États-Unis, des entreprises comme Google n’existaient pas).

La tutelle de l’État sur certains secteurs économiques a été mise en place au sortir de la Seconde Guerre mondiale, afin de permettre la reconstruction, et de nombreuses nationalisations ont été réalisées. Les gouvernements de droite comme de gauche n'ont pas modifié cette situation jusque dans les années 1980. L’arrivée de la gauche au pouvoir avec l’élection comme président de François Mitterrand a été suivie d’une grande vague de nationalisations en 1981–82, rapidement suivie, en raison des difficultés économiques, par le tournant de la rigueur de 1983.

Depuis, les gouvernements successifs ont peu à peu privatisé des entreprises publiques, parce que l'on jugeait que les entrepises privées sont mieux gérées que les entreprises publiques, par volonté de réduire le poids de l'Etat dans l'économie, pour respecter les règles européennes de la concurrence, mais aussi pour combler les déficits budgétaires successifs. Les hommes politiques français et l’opinion publique restent empreints d’un néo-colbertisme qui voudrait que les pouvoirs publics conservent le contrôle des entreprises jugées « stratégiques ». La Commission européenne, qui doit veiller au maintien de la concurrence économique entre les acteurs et éviter les abus de position dominante, limite fortement l'intervention de l'Etat dans le libre jeu des entreprises. La logique politique a pu primer dans certaines opérations de fusion-acquisition, telle les rapprochements de Snecma et Sagem (pour former Safran), de Suez et Gaz de France, le sauvetage d'Alstompar Bouygues, Areva, etc.

Le maintien de la tradition néo-colbertiste dans les grandes entreprises, qu'elles soient privées, en voie de privatisation voire tout-à-fait publiques, a été attribué à la forte présence d’énarques, y compris lorsqu'ils ont échoué (Michel Bon à France Telecom, etc.). Landier et Thesmar notent que « la part des actifs correspondant à des firmes dirigées par d'anciens élèves de l'ENA est passée de 30 % en 1993 à plus de 50 % en 2002 ». Par contre, la part des grands corps d'ingénieur s'est effritée passant de 10% en 1993 à 5% en 2002. Landier et Thesmar en 2005 font état d'une enquête mettant le grand patronat en queue du peloton des élites légitimes. La raison en serait pour ces auteurs que « les réformes ont été trop limitées pour rendre les français partie prenante du nouveau système qui se dessinait ».

Selon un rapport de la DREE (2002), les entreprises françaises possèdent plus de 22 000 filiales à l'étranger qui emploient environ 5 millions de personnes. Dans l'UE-25, c'est la Pologne qui reçoit le plus de filiales françaises (153 813 salariés).

La Commission pour la libération de la croissance française propose dans une perspective qui peut sembler empreinte de colbertisme de réformer la Caisse des dépôts et consignations pour en faire un fonds souverain à la française.

La création d'entreprise progresse en France et a atteint 322 000 créations en 2007, en hausse de 13 % par rapport à 2006. Les entreprises créées en 1998 sont à l'origine de 200 000 emplois, sept ans plus tard. En 2007, 40 % des créateurs d'emploi sont des chômeurs. Toutefois, la France manque d'entreprises nouvelles qui arrivent réellement à percer et à devenir des leaders mondiaux à l’instar de Microsoft ou Google aux États-Unis. Par ailleurs 47 % des sociétés françaises du secteur des technologies de l'information et de la communication crées entre 1998 et 2001 ont été vendues à des sociétés étrangères.

Des pôles de compétitivité (ou clusters) ont été mis en place par l’État, dans la volonté de favoriser la création d'emploi. Selon l'analyse libérale, ils seraient peu efficaces par rapport au coût élevé. Les économistes libéraux jugent qu'il serait plus efficace de réduire les obstacles auxquels se heurte l’établissement de "clusters" d’une taille optimal (coûts de transaction élevés sur le marché immobilier, réglementations locales qui réduisent l’offre immobilière, faible qualité des services publics dans les grandes agglomérations), plutôt que de subventionner une trop concentration géographique de certains secteurs qui rendront des territoires très vulnérables à des chocs sectoriels, que la mondialisation rend plus probables.

Le secteur primaire regroupe l'agriculture, la pêche, l'exploitation forestière, les mines et la chasse.

En 2005, l’agriculture emploie 936 400 personnes en équivalent temps-plein. La part des agriculteurs dans la population active française ne cesse de diminuer. En 2003, la France compte 367 900 exploitations agricoles. En 2007, le résultat agricole net est de 24,0 milliards d'euros, dont 18,3 milliards d'euros pour la valeur ajoutée du secteur agricole, et 7,2 milliards d'euros qui correspondent à des subventions.

La France est le premier producteur agricole de toute l'Union européenne. Les principales productions sont les céréales (blé, maïs) et le sucre, le vin, les produits laitiers, les fruits et légumes, les animaux et produits carnés.

L'agriculture est donc à la base du fort secteur industriel de l'agro-alimentaire (secteur secondaire). La politique agricole commune (PAC), qui devait la renforcer, s'est avérée une source de problèmes permanents, sans oublier les conflits politiques au niveau européen. La PAC apparait maintenant comme une relique en sursis, support de politiques de plus en plus environnementales et sociales et de moins en moins agricoles. Ceci-dit, l'Union Européenne a permis à de nombreux agriculteurs en difficulté de sauver leur exploitation grâce à des transferts directs et sûrs d'une partie du salaire mensuel.

En 2004, la France a produit 70 millions de tonnes de céréales. Environ la moitié est représenté par la production la plus prestigieuse, qui est le blé tendre, pour moitié à peine panifiable et destiné à la consommation des aliments du bétail. L'orge et le maïs sont destinés également à l'ensilage pour l'alimentation animale, à l'instar du colza, du pois et autres grandes cultures.

La France possède un des cheptels les plus important de l'Union européenne. On compte notamment plus de 20 millions de bovins, 16 millions de porcins et 9 millions d'ovins. Elle fournit près du quart de la viande bovine consommée en Europe, c'est le plus gros producteur européen de viande bovine et de volailles et, elle est la troisième productrice de viande ovine et porcine. La moitié des agriculteurs français ont une activité d'élevage en complément de leur activité de culture.

La France est un pays de forêts, généralement éclatées entre une infinité de propriétés privées. L'Etat possède de nombreuses surfaces forestières, souvent protégées au titre de la biodiversité, comme les forêts domaniales. La superficie boisée au augmenté de 50% depuis les années 50. La filière bois rassemble tous les métiers du bois, dans la sylviculture, mais aussi l'industrie ou la production d'énergie. C'est un secteur très important avec 450 000 emplois. Dans les prochaines années, il est probable que la part de la biomasse dans les énergies renouvelables augmente.

De nombreuses autres productions régionales caractérisent le système agricole français: *viticulture de prestige (Bordeaux, Champagne, Bourgogne, Côte du Rhône) ou de grande consommation (Beaujolais, Languedoc).

Le secteur secondaire représente 20,6 % du PIB en France en 2006, et occupe 24,4 % de la population active. Il est considéré comme stratégique : il fournit des emplois d’ingénieur et d’ouvriers et fournit du travail de recherche et développement à des entreprises du secteur tertiaire.

Il comprend l’industrie manufacturière et la construction.

La production énergétique est partiellement indépendante grâce à l’industrie nucléaire française ; cependant, la France importe l’immense majorité de sa consommation en hydrocarbures.

En 2006, Le taux de croissance de la production industrielle en France est de 1,7 %, contre plus de 5 % dans la zone euro : le taux de change effectif de l’euro n’est donc pas la cause de cette faible croissance. L’INSEE montre que que l’industrie française a connu une dégradataion de sa compétitivité-coût depuis 2005 ; les coûts salariaux unitaires dans l’industrie sont les plus élevés de la zone euro, 17 % plus élevé que la moyenne (32,4 euros au 1er trimestre 2007).

Avec la bulle immobilière, le secteur de la construction a été florissant en France entre 2004 et 2006. La valeur ajoutée du secteur représente 226,1 milliards d'euros en 2006, avec la production d'environ 45 millions de m2 de surface, et 421 000 logements mis en chantier ; le secteur représente 1 530 000 emplois en 2006.

De 1998 à 2006, la hausse cumulée des prix est de 88 % pour les maisons neuves et de 61 % pour les appartements neufs. Les prix de vente de l’immobilier neuf intègrent en effet le coût du foncier qui s’est fortement apprécié depuis 1998, en particulier en raison des élus locaux qui en restreignant les permis de construire favorisent la montée des prix. « Dans le même temps le prix dans l’immobilier ancien en centre ville a augmenté encore plus : + 118 % pour les maisons anciennes et + 136 % pour les appartements anciens ».

Le secteur tertiaire (marchand et non marchand) emploie 71,5 % de la population active, soit plus de 16 millions de Français. C’est le secteur qui contribue le plus à la croissance française.

Quelques banques et assureurs français (BNP Paribas, Société générale, Axa,…) occupent un poids important dans le secteur bancaire français. Ils font partie des entreprises qui emploient le plus grand nombre de personnes.

La Bourse de Paris est la place de cotation des actions, des obligations et de produits dérivés en France. Elle constitue une source de financement importante pour les entreprises, et leur permet de croître (augmentations de capital) et de financer leurs investissements.

L’entreprise qui gère cette bourse fait désormais partie de NYSE Euronext, issu de la fusion entre les bourses de Paris, d’Amsterdam et de Bruxelles (2000), puis du rapprochement avec la bourse portugaise (2002) et la LIFFE (la bourse de produits dérivés londonienne) (2002), et enfin de la fusion avec le New York Stock Exchange (NYSE), en 2007.

Les règlementations françaises, ainsi que le système de retraite par répartition, n’incitent pas à la création de fonds de pension, ce qui diminue l'épargne nationale disponible pour les entreprises cotées . Aussi, nous l'avons vu, une part importante des actions des entreprises françaises est détenue par des investisseurs étrangers.

Les grandes surfaces représentent 50 % du commerce français ; les lois Royer, Raffarin et Galland imposent des freins à la concurrence entre les commerces et au développement des grandes surfaces, potentiellement créateur d’emplois.

La France a accueilli 79,1 millions de touristes en 2006 (1er rang mondial), soit environ 10 % du total mondial, pour 497 millions de nuitées. Le secteur touristique pèse pour 6,7 % du PIB, et emploie près d’un million d’actifs en 2002. Il contribue positivement à la balance courante.

En 2005 le tourisme international a généré 42,3 milliards de dollars de recettes en France (3e rang mondial derrière les États-Unis, l'Espagne et devant l'Italie), en hausse de 3,4% par rapport à 2004.

La France a un des réseaux terrestres les plus denses et les plus performants du monde, avec 146 km de route et 6,2 km de voies ferrées pour 100 km2 ; les réseaux de transport sont construits en toile d’araignée avec Paris pour cœur. Le transport de personnes avec les autres pays se fait majoritairement en avions, alors que sur territoire la présence de lignes de TGV rend le transport ferroviaire compétitif vis-à-vis de l'avion pour le temps de transport.

Les marchandises sont transportés par oléducs et gazoducs (pétrole, gaz), par fret (céréales, charbon, sable,...), ou par camions (produits finis,..).

La France possède un des meilleurs services de santé au monde au niveau des services rendus. Il contribue à une espérance de vie élevée. Son coût élevé par rapport à d’autres pays contribue au déficit récurrent des comptes de la branche assurance maladie de la Sécurité sociale.

Avec le « papy boom », ces secteurs ont vocation à se développer davantage, et à représenter des dépenses importantes dont le financement fait l'objet de débats importants selon le rôle que les pouvoirs publics veulent faire jouer respectivement aux mutuelles, aux assurances et aux cotisations sociales.

Sont concernées l'ensemble des activités à but non lucratif (associations,..) et les administrations publiques (voir section infra).

La part de l'électricité d'origine renouvelable dans la consommation intérieure brute d'électricité (Métropole uniquement) est de 12,1 % en 2006. Cela represente une production d'électricité de 17,51 millions de tonnes d'équivalent pétrole en 2006, dont 91 % du secteur hydraulique .

Le terme « État » est parfois improprement employé pour désigner l’ensemble des administrations publiques françaises ; il désigne rigoureusement les administrations centrales, moins les ODAC.

Les entreprises publiques françaises font également partie du secteur public français, et font comptablement partie du secteur marchand.

Au niveau de la part dans les dépenses et recettes publiques, les collectivités locales ne représentent qu’un cinquième du total, alors que l’État et les administrations de sécurité sociale en représentent chacun deux cinquièmes.

Le capital humain des travailleurs, c’est-à-dire leur niveau d’éducation, joue un grand rôle dans le fonctionnement économique d’un pays. Un niveau élevé permet une productivité du travail élevée, et donc un revenu par habitant élevé. Il permet également la transition vers les secteurs « de pointe ». Le secteur de l’éducation supérieure en France présente des lacunes : son financement total (public et privé) est trop faible, l'absence de sélection à l'entrée des universités « classiques » provoque un taux d'échec élevé dans la suite des études et des sureffectifs dans certaines filières.

L’Éducation en France emploie 1 307 000 personnes, dont 887 600 enseignants (742 600 dans l’éducation nationale). Une partie de l’enseignement primaire et secondaire est assuré par des établissements privés, qui doivent respecter les programmes officiels.

Le système éducatif français a connu d'importantes évolutions : la France, comme les pays équivalents, a réalisé un important effort d'élévation des qualifications de sa population, qui s'est traduit par une forte élévation des taux d'accès au baccalauréat (70% d'une génération en 2005) et à l'université (50%). Cette élargissement de l'audience du système scolaire marque toutefois le pas depuis les années 2000.

Le système éducatif français est réputé, toutefois ses résultats sont en détérioration en regard des comparaisons internationales.

La dette publique de la France, mesurée en pourcentage du PIB, connait une forte augmentation depuis les années 1980. Seules quelques périodes de forte croissance ont permis de stabiliser le ratio dette / PIB. Alors que de nombreux pays européens réduisent leur niveau de dette publique, les dépenses publiques restent trop élevées en France pour permettre une diminution significative. L’aiguillon des critères de Maastricht (le déficit public doit être inférieur à 3 % du PIB), émoussé par les résistances des gouvernements allemands et français en 2005 (alors sous le coup d’une procédure de déficit excessif), incite toutefois les gouvernements à limiter la croissance de l’endettement public.

En France, la part des prélèvements obligatoires dans le PIB s'établit à 44 % pour l'année 2005, un des niveaux les plus élevés pour les pays de l'OCDE. Le taux de prélèvements obligatoires français est supérieur de plus de quatre points à la moyenne européenne.

L’écart avec les autres pays s’est accentué entre 2002 et 2006 ; les dépenses publiques ont augmenté de 0,9 point de PIB en France, alors qu’elles ont reculé sur la même période de 0,2 point de PIB dans la zone euro. Elles atteignent 53,4 % du PIB en France en 2006.

La fiscalité s'applique sur les entreprises (Impôt sur les sociétés, Taxe professionnelle,…), les revenus des particuliers (Impôt sur le revenu (IRPP),…), les salaires (Cotisations sociales, Contribution sociale généralisée (CSG), CRDS,…) et la consommation de biens et services (TVA à 19,6 % (taux normal), taux réduits à 5,5 % ou 2,1 %).

La majorité des économistes libéraux recommande de déréglementer un certain nombre de domaines d'activité, les contraintes réglementaires représentant à leurs yeux autant de freins à la croissance et à l’emploi. Afin de favoriser la liberté d'entreprendre, « libérer la croissance » et augmenter le taux d'emploi, ils militent par exemple pour limiter la hausse du SMIC, le salaire minimum français, qui est fixé par l’État à un niveau élevé par rapport à d'autres pays, ce qui selon eux peut empêcher la création d'emplois et l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Selon le rapport Productivité et croissance du CAE de 2004, il serait préférable de ne pas imposer de durée légale du travail et de se limiter aux règles sur la durée du travail définies par l’Union européenne.

La majorité des économistes non libéraux estime que la déréglementation mise en oeuvre depuis le début des années 1980 est suffisanyte voir excessive. Ils imputent à la déréglementation la hausse des inégalités, ce qui poserait à la fois des questions morales sur le type de société et de contrat social choisi par les Français, et des questions économiques. Sur le plan économique, ils estiment que le partage de la valeur ajoutée en faveur du capital au détriment du travail pose un problème en terme de demande de biens et services ainsi qu'un problème à terme de compétitivité des travailleurs.

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Thomas Coutrot

Thomas Coutrot est un économiste et un statisticien français né en 1956. Chef du département « conditions de travail et santé » à la DARES au Ministère du Travail et de l'Emploi, il est également un des animateurs du Réseau d’alerte sur les inégalités. Militant altermondialiste, il participe à la Fondation Copernic et à Attac dont il est membre du conseil scientifique.

Diplômé de l’ENSAE, il a commencé en 1982 sa carrière au Centre d’étude des revenus et des coûts (CERC). De 1988 à 1990, il a été professeur à l’université de Brasilia. À son retour en France, il a été engagé à la DARES où il a pris la direction du département « conditions de travail et relations professionnelles » (depuis 2003 département « conditions de travail et santé »). En 1997, il soutient à l'université Paris I une thèse en sciences économiques basée dans sa partie empirique sur les données de l'enquête REPONSE (Relations professionnelles et négociations d'entreprise) qu'il a conçue pour la DARES. Il conduit des enquêtes statistiques et étudie les innovations en matière d’organisation du travail et de gestion des ressources humaines et, plus récemment, dans le domaine de la santé au travail. Auteur de L’Entreprise néo-libérale, nouvelle utopie capitaliste ? (1998), de Critique de l'organisation du travail (2000, réédité en 2002) puis de Démocratie contre capitalisme (2005), il oriente ses recherches sur la « responsabilité sociale des entreprises » et, plus généralement, sur le thème de « la démocratie économique ».

Membre de la LCR de 1974 à 1988, Thomas Coutrot n’a depuis lors plus adhéré à une organisation politique. De 1996 à 1998 il a contribué au lancement et à l’animation de « l’Appel des économistes pour sortir de la pensée unique ». Membre depuis 1996 du Réseau d’alerte sur les inégalités (ou RAI), il a contribué à la création de son Baromètre de la pauvreté et des inégalités en France, le BIP 40 (contraction de l'inverse du sigle PIB et du CAC 40). Il participe à son actualisation et aux développements associés à la construction et à l'animation de son site internet dont il est membre du Comité de rédaction depuis son lancement. Dernièrement, il a joué un rôle essentiel dans le lancement puis dans l'actualisation du collectif ACDC (les Autres Chiffres du Chômage), lequel a diffusé régulièrement lors de la dernière campagne présidentielle française des données et des analyses alternatives à celles publiés par l'ANPE et le gouvernement.

Thomas Coutrot est membre depuis 1998 du conseil scientifique de l'association altermondialiste Attac. À ce titre il a joué un rôle essentiel dans la rédaction de plusieurs des livres de vulgarisation d'Attac : Avenue du plein emploi (2003), en collaboration avec Michel Husson, Travailleurs précaires unissez-vous (2004), en collaboration avec Patrice Cuperty, et un livre sur le commerce équitable qui, bien que rédigé en 2004, n'a pu être édité du fait du blocage de la direction. Il a été un des auteurs du manifeste dit du Printemps de France publié au soir de la victoire du Non au référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe et appelant à un rassemblement unitaire des altermondialistes, ceci contre la ligne de la direction sortante. Enfin, après la fraude aux élections pour le renouvellement du conseil d'administration d'Attac en juin 2006, ses messages sur Internet soulignant la responsabilité de la direction ont amené Bernard Cassen et Jacques Nikonoff à déposer plainte contre lui « pour diffamation » et à demander chacun 20 000 € de dommages et intérêts. Ils ont depuis retiré leur plainte.

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Source : Wikipedia