Charlie Chaplin

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Posté par rachel 18/04/2009 @ 18:11

Tags : charlie chaplin, acteurs, culture

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Charlie Chaplin

Charlie Chaplin et Jackie Coogan dans Le Kid

Charlie Chaplin (Charles Chaplin), de son vrai nom Sir Charles Spencer Chaplin, Jr., est un acteur, réalisateur, producteur, scénariste, écrivain et compositeur anglais né à Londres le 16 avril 1889, et décédé le 25 décembre 1977 à Vevey, en Suisse. Par son jeu de mime et de clownerie, il a su se faire remarquer, et devenir un des plus célèbres enfants de la balle dans le cinéma hollywoodien. Il a énormément influencé d'autres interprètes dans le monde du cinéma.

Charlie Chaplin fut l'une des personnes les plus créatives dans l'ère du cinéma muet. Réalisateur, scénariste, producteur, monteur, et même compositeur de ses films, sa carrière durera plus de soixante-cinq ans, du music-hall en Angleterre, jusqu’à sa mort, en Suisse.

Son personnage Charlot, pour les francophones, The Tramp (le vagabond) dans les pays anglo-saxons, apparaît pour la première fois dans Kid Auto Races at Venice, le 7 février 1914. C'est un sans domicile fixe qui a des manières raffinées dignes d'un gentleman, muni d'une canne de bambou, coiffé d'un chapeau melon, vêtu d'une veste étriquée et d'un pantalon qui tombe sur des chaussures trop grandes. Cette allure lui vaudra la réputation de « vagabond » misérable et roué, asocial et obstiné, révolté et sentimental.

Il fut fortement inspiré par l'acteur burlesque français Max Linder : tous deux choisiront un costume bien à eux. Mais Max Linder, au contraire de Charlie Chaplin, ne se fera pas représenter comme une victime de la société. La vie publique et privée de Charlie Chaplin fera l'objet d'adulation, comme de controverse.

Né à East Lane dans le quartier de Walworth, un quartier très pauvre de Londres, le 16 avril 1889, quatre jours avant Adolf Hitler, Charles Spencer Chaplin est le fils de Charles Chaplin et de Hannah Hill (connue sous le nom de scène Lili Harley), tous deux artistes de music-hall. Il fut baptisé à l'Église d'Angleterre, mais il sera plus tard agnostique. Il n'a qu'un an lorsque son père part en tournée aux États-Unis. Il aura alors plusieurs demi-frères, l’un plus vieux que lui (Sydney Chaplin, en 1885 d’une relation avec Sydney Hawkes), l’autre plus jeune (Wheeler Dryden né en 1892 et ayant pour père Léo Dryden et lui-même père du musicien Spencer Dryden). Lorsqu'il revient des États-Unis, Chaplin senior découvre la nouvelle situation conjugale et abandonne sa famille, Charles Spencer n'avait alors que trois ans. La misère s'installe au foyer : Hannah, atteinte d'une maladie mentale, est internée dans un hôpital psychiatrique en juin 1894. Charlie et ses frères sont alors placés dans un orphelinat, à Hanwell. Deux mois plus tard, la mère de Chaplin obtient son congé de l'hôpital. Quelques années plus tard, Hannah sera de nouveau admise à l'hôpital et y restera, cette fois, huit mois. Pendant ce temps, Charlie vécut avec son père et sa belle-mère alcooliques, dans un environnement intenable pour un enfant, dont les souvenirs inspireront Le Kid.

Le frère de Charlie, Sydney, s'en va du foyer parental pour travailler dans la navigation. Charles Spencer est alors seul avec sa mère. Entre neuf et douze ans, c'est grâce à son frère que Charlie entame une carrière d'enfant de la balle dans la troupe des Eight Lancashire Lads. Puis, il obtient à partir de 1903 une succession de contrats au théâtre, et en 1908, il est engagé dans la troupe de Fred Karno, alors le plus important impresario de spectacles avec des sketches. Il y rencontre le futur Stan Laurel. Au cours d'une tournée de la troupe en Amérique, la compagnie Keystone lui adresse une proposition de contrat qu’il accepte : l'aventure commence.

Les danses de l’époque étaient rapides et les films mis en boîte en quelques heures. Ne supportant pas les pressions dues à ces temps très brefs, Chaplin s'adapte très mal aux conditions de travail de la compagnie, à tel point que les incidents avec les metteurs en scène sont fréquents. Sur les ordres de Mack Sennett qui lui demande de se créer un maquillage au pied levé, il crée en 1914 le personnage raffiné de Charlot le vagabond, et recentre tout son comique autour du nouveau personnage et de sa silhouette qu'il inaugure dans Charlot est content de lui (1914). Dès cette première apparition, le public et les commandes des distributeurs affluent. Mécontent du travail des réalisateurs, Chaplin prend en main, à partir de juin 1914, la mise en scène de ses films. L'ascension est alors fulgurante. Ses salaires décuplent d'année en année, il change régulièrement de studio (Essanay, Mutual Company). En 1916, il signe un contrat de distribution d’un million de dollars avec la First National, qui lui laisse la production et la propriété de huit films prévus. Il fait alors immédiatement construire son propre studio dans lequel il réalise 9 films dont Une vie de chien, Le Kid et Charlot soldat. En 1919, un vent de révolte souffle sur Hollywood où les acteurs et cinéastes se déclarent exploités ; Chaplin s'associe alors à David Wark Griffith, Mary Pickford et Douglas Fairbanks pour fonder la United Artists. Son premier film pour sa nouvelle firme sera L'Opinion publique (1923). Puis, Chaplin fait peu à peu entrer dans son univers comique celui du mélodrame et de la réalité sociale comme dans La Ruée vers l'or (1925).

Farouche opposant au parlant, il introduit des éléments sonores par petites touches. Les Lumières de la ville (1931) est le premier film à en bénéficier, mais de manière très ironique. Chaplin souffle pendant des heures dans un vieux saxophone afin de parodier les imperfections du parlant lors de la scène d'ouverture du film. De plus Chaplin ne se détourne pas de son projet initial de film muet. Pour comprendre son refus, il faut savoir que le cinéaste était passé maître dans l'art de la pantomime. Le langage de Charlot est uniquement basé sur la gestuelle, donc un langage universel. Un film dialogué a une audience un peu plus limitée car il contient la barrière de la langue et Chaplin veut s'adresser à tous. Les critiques s'accumulent. On le dit fini, à l'instar de ses amis David Wark Griffith, Mary Pickford et Douglas Fairbanks et de bien d'autres vedettes du muet qui n'ont pas survécu au parlant. Il entreprend un long voyage, qui va durer plus d'un an et demi, à travers le monde, en Europe notamment, pour présenter son film. Il rencontre la plupart des chefs d'états et de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Albert Einstein. Il s'inquiète de la situation économique, du chômage et de la misère sociale, lui qui n'a jamais oublié la sienne.

Il conjugue tout cela dans Les Temps modernes (1936), le dernier film muet de l'histoire et l'un des plus célèbres, sinon le plus célèbre, de son auteur. Il n'intègre que quelques scènes dialoguées, l'essentiel du film restant muet. Il prouve à ses détracteurs qu'il faut encore compter avec lui et que le parlant n'est pas un problème. Après de multiples emplois, Charlot est engagé dans un restaurant. Il doit chanter, mais le trac le paralysant, il oublie ses paroles. Le personnage joué par Paulette Goddard les lui copie sur ses manchettes. Malheureusement, lors de son entrée, il envoie valser ses antisèches. Il balance un charabia incompréhensible (mélange de sonorités françaises et italiennes), assortie d'une pantomime qui fait rire l'assistance. Charlot s'en sort avec le langage du clown. Cette scène est un évènement: pour la première fois, le public du monde entier peut entendre la voix de son personnage fétiche. Ce film est également l'ultime apparition à l'écran de Charlot. Il parle aussi de la difficulté du travail à la chaîne qui rend fou la plupart des employés, dont lui dans ce film, ce qui l'emmène à l'hôpital psychiatrique.

En 1940, il tourne Le Dictateur. Il répond, par moustache interposée, à Hitler et s'insurge contre la dictature qui empoisonne l'Europe. Hitler et Mussolini sont tournés en dérision, et deviennent Hynkel et Napoleoni. L'ambassadeur allemand aux États-Unis fait pression pour interdire le tournage et tout Hollywood, craignant des répercussions, demande à Chaplin de renoncer à son projet. Mais le cinéaste reçoit le soutien du président Franklin Roosevelt, lequel l'invitera, quelques semaines après la sortie du film, à la Maison Blanche, pour s'entendre réciter le discours final. Le film est interdit sur tout le continent, mais une rumeur circule : Hitler l'aurait vu, en projection privée. En France, il ne sortira qu'en 1946. Cette fois-ci, Chaplin est définitivement entré dans l'ère du cinéma sonore... et signe l'arrêt de mort du petit vagabond.

« Espoir... Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. (...) Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié... » Discours du barbier juif extrait du Dictateur (1940). Ce film fait preuve de tant de clairvoyance que l'on pourrait penser qu'il a été réalisé après la Shoah. La confusion fut entretenue entre autres par le FBI qui commençait tous ses rapports comme suit : Israël Thonstein alias Charles Chaplin. En fait, le Who’s Who de la communauté juive américaine avait auparavant affirmé que Chaplin était issu d’une famille nommée Thonstein, émigrée d’Europe de l’Est et établie à Londres depuis 1850.

En 1943, alors qu'il vient de se marier pour la quatrième fois, il est victime d'un procès en reconnaissance de paternité que lui intente l'actrice Joan Berry et qui défraie la chronique. En 1946, Chaplin tourne son film le plus dur, Monsieur Verdoux. Orson Welles propose à Chaplin un scénario basé sur l'affaire Landru. Chaplin se l'approprie, réécrit le scénario, en y incorporant une critique du monde de l'Après-guerre et de ses dégâts économiques et sociaux. Pour éviter tout malentendu avec Welles, qui a écrit la première mouture du scénario, il lui propose 5 000 dollars et sa mention au générique. Ce que le cinéaste, en délicatesse financière, accepte. Une fois encore, Chaplin livre un message empreint de cynisme mais également d'humanisme. En 1950, il vend la quasi-totalité de ses parts à la United Artists et travaille aux Feux de la Rampe où il décrit la triste fin d'un clown dans le Londres de son enfance. Ses propres enfants apparaissent comme figurants et Chaplin tient le premier rôle. Le film sort en 1952 à Londres et vaut un triomphe à son auteur. L'une des plus belles scènes du film se trouve vers la fin : Buster Keaton joue un pianiste et Chaplin un violoniste. Mais rien ne se déroule comme prévu car Keaton a des problèmes avec ses partitions et son piano et Chaplin doit se battre avec les cordes de son violon. Grand moment de comique burlesque avec ces deux géants d'une époque révolue. Chaplin aurait même supprimé des scènes de Keaton qui auraient été plus comiques que les siennes au tournage. Il faut noter, que sur des paroles de Jacques Larue, c'est Chaplin qui a écrit la musique de la chanson du film Deux petits chaussons.

Victime du Maccarthisme (son nom figure sur la "liste noire"), il est harcelé par le FBI en raison de ses prétendues opinions de gauche qu'il a pourtant toujours niées, se présentant comme un "citoyen du monde". Pour cette raison , il se voit refuser le visa de retour lors de son séjour en Europe pour la présentation de son film. Il renonce alors à sa résidence aux États-Unis et installe sa famille en Suisse jusqu’à la fin de ses jours. Après avoir reçu le Prix international de la paix en 1954, il tourne à Londres Un roi à New York (1957) où il ridiculise la “Chasse aux sorcières” menée dans l'Amérique de la Guerre froide. En 1967, il tourne son dernier film, en couleur, La Comtesse de Hong-Kong, avec Sophia Loren, Marlon Brando et Tippi Hedren, dont l'action se déroule sur un paquebot et où il ne tient qu'un petit rôle : celui d'un steward victime du mal de mer.

Au cours des années 1970, le monde entier lui rendra hommage : Prix spécial au Festival de Cannes en 1971 (Festival où Jacques Duhamel, alors ministre des Affaires culturelles, le fit commandeur de l'ordre national de la légion d'honneur), Lion d'or à la Mostra de Venise, anoblissement par la reine d'Angleterre, Oscar spécial... Fêté et adulé, Sir Charles Spencer Chaplin s'éteint au matin de Noël, ultime pied-de-nez, le 25 décembre 1977. Début mars 1978, sa tombe est violée et sa dépouille est dérobée. De nombreuses demandes de rançon plus ou moins farfelues sont adressées à la famille Chaplin. Le corps du cinéaste sera retrouvé quelques semaines plus tard, et les deux malfrats qui l'avaient enlevé seront condamnés pour tentative d'extorsion de fonds.

Charlie Chaplin épousa Mildred Harris en 1918, Lita Grey en 1926, Paulette Goddard en 1936, toutes trois ses partenaires à l'écran, et Oona O'Neill, fille de l'auteur dramatique Eugene O'Neill, en 1943.

Ses mariages ont défrayé la chronique américaine, en effet il a 29 ans quand il se marie avec Mildred Harris, qui en a 15 ; il en a 35 quand il épouse Lita Grey qui a 16 ans ; il a 47 ans quand il convole avec Paulette Goddard qui en a 22 ; il a 54 ans lors de son mariage avec Oona O'Neill qui en a 18. Il aura huit enfants avec sa dernière épouse.

Le monde de Chaplin et surtout celui de son personnage Charlot est celui du muet. Cependant, avec l'arrivée du parlant, Chaplin a dû faire un choix et opérer un passage du muet au sonore, puis au parlant.

C'est dans Les Lumières de la ville que Chaplin débute ce passage au sonore. Il utilise une bande son qu'il a lui-même composée et quelques effets de bruitage. Cependant, comme le dit Michel Chion, il s’agit tout de même d’un «véritable manifeste pour la défense du muet». Dès le départ, le titre du film le place sous le signe du visuel : la lumière. De nombreuses scènes se font également sous le signe de la révélation visuelle (dévoilement des statues et la scène finale où la jeune femme reconnaît Charlot) et de voyeurisme (Charlot regardant une statue de femme nue). Choisir le sujet d'une jeune aveugle aurait pu permettre à Chaplin de travailler sur le monde du son. Or, s'il y a une chose qui n'est pas sonore, c'est bien le moment où le bruit de la portière fait croire à la jeune aveugle que Charlie est un millionnaire - gag qui a nécessité plusieurs mois d'élaboration, et plusieurs interruptions de tournage . Le bruitage se veut également un pied de nez au parlant. Lors de la scène de l'inauguration des statues, les seuls sons qui sortent de la bouche des officiels sont « quelques bêlements de saxophone à peine synchronisés avec le mouvement des lèvres  » , qui invoquent la banalité du discours. De plus, lorsqu'un homme mange le savon de Charlie et que celui-ci se met à le disputer, tout ce qui sort de sa bouche sont des bulles de savon, comme si toute parole était vaine.

Lorsque Chaplin débute le tournage des Temps Modernes (1936) en parlant, il se rend compte bien vite qu’il s’y perd. Il décide de brûler sa pellicule et de tout recommencer depuis le début. Même si son film est musicalisé à 90%, il reste muet, continuant d’avoir recours aux cartons pour les dialogues. Cependant, les intrusions de sons réalistes se font de plus en plus nombreuses : sons de machines, mais surtout, apparition de voix. Les premières lignes de dialogues sont retransmises par des machines : par le circuit de surveillance, par le gramophone et par une radio. D’ailleurs, la première voix entendue (celle du patron) est menaçante et toute puissante, provoquant l’esclavage des employés. Les autres voix, celles émises directement par les bouches des personnages, continuent à ne pas se faire entendre et sont retransmises par des cartons. La seule fois où on entend réellement un personnage parler « en direct » est également la première fois où l’on entend la voix de Chaplin. Cependant, même si celui-ci essaie d’avoir un langage articulé, il baragouine, ayant oublié les paroles de sa chanson : « c’est comme le langage à la naissance » , langage que Chaplin développera dans les prochains films.

Dans Le Dictateur, contrairement aux Lumières de la ville, le titre fait appel au monde de la parole. Même si le film est presque entièrement parlant et renonce définitivement aux cartons du muet, Chaplin ne renonce pas encore au langage de la pantomime. De surcroît, il s’agit du film où la « question du discours, de la parole retransmise est posée avec la plus grande virulence  » . Le film sera donc divisé entre deux discours importants : celui de Hynkel et celui du barbier. Celui de Hynkel sera ridiculisé par un charabia agressif (mélange de yiddish, d'allemand et d'anglais), créant ainsi un « "espéranto" noir, un charabia au jappement glapissant ponctué de borborygmes et de hoquets  » . Le deuxième discours, celui où le barbier prend finalement la parole à la fin du film est également très important. Tout au long du film, le barbier s'est contenté de dire oui et non, de hocher de la tête. Il ne parle pas. Cependant, la finale du film l’obligera à prendre la parole, alors qu’un officier lui dit : « Le monde attend vos paroles ». À cela, il répondra qu’il ne peut pas. Cependant, Schutlz lui rappellera qu’il n’a pas le choix : « Vous devez parler, c’est notre seul espoir ». Ce n’est donc pas Charlot, ni le barbier qui se lève : c’est Chaplin qui prendra sa place et qui prononcera le discours, reprenant la parole à Hitler, substituant le Logos à ses éructations animales.

Pour compléter sa transition au parlant, Chaplin a dû renoncer au personnage du vagabond et adopter un personnage anti-Charlot : Verdoux. Comme le dit André Bazin, « il n’est pas un trait de Charlot qui ne soit en Verdoux retourné comme les doigts d’un gant » . Et à la fin lorsque l’homme se dirige vers l’échafaud, "Vient alors le gag sublime, informulé mais évident, le gag qui résout tout le film : Verdoux c'était lui ! Ils vont guillotiner Charlot. Les imbéciles ne l'ont pas reconnu". C’est donc la mort d’un personnage, mais également la mort définitive du muet.

Chaplin s'engage politiquement dans certaines de ses œuvres, véritables caricatures de la société des années 1930. Des films comme "Les temps modernes" ou "Le dictateur" décrivent respectivement une critique de la société de consommation de masse et du travail à la chaîne, et une critique des régimes politiques dictatoriaux et fascistes qui s'installent en Europe. On peut donc affirmer l'engagement politique de Charlie Chaplin dans la société de son époque. Charlie Chaplin était surtout d'après certains textes du côté gauche.

Il n'existe aucune indication d'une ascendance juive de Chaplin, cependant tout au long de sa carrière, il y eut des controverses sur ses possibles origines juives. Dans les années 1930, la propagande nazie l'a constamment déclaré juif (sous le nom de Karl Tonstein) en se fondant sur des articles publiés antérieurement dans la presse américaine; les enquêtes du FBI sur Chaplin à la fin des années 1940 ont également mis l'accent sur ses origines ethniques. Les fantasmes sur la domination juive de l'industrie cinématographique sont probablement à l'origine de cette controverse. Durant toute son existence, Chaplin a farouchement refusé de contester ou de réfuter les déclarations affirmant qu'il était juif, en disant que ce serait « faire directement le jeu des antisémites ». En fait, baptisé dans l'Église anglicane, Chaplin est généralement considéré comme agnostique.

Comme Orson Welles, Alfred Hitchcock, ou Cary Grant, Charlie Chaplin n'a jamais reçu la célèbre statuette, sinon le prix honorifique. L'Oscar du meilleur acteur, ou l'Oscar du meilleur réalisateur ne lui a jamais été décerné ... Il a toutefois reçu un Oscar de la meilleure musique de film en 1952 pour Les Feux de la rampe (qui est le seul film réunissant Charlie Chaplin et Buster Keaton).

Durant sa carrière, Charles Spencer Chaplin reçut deux Oscars d'honneur. Le 16 mai 1929, lorsqu'il gagna le premier, la procédure de vérification des votes n'était pas encore en place, peut-être cela influença-t-il cette victoire ... Avant cette consécration, il avait été nommé comme meilleur acteur, meilleur réalisateur. Ce n'est que quarante-quatre ans plus tard, en 1972, qu'il remporta l'autre Oscar d'honneur. C'est lors de la réception de ce prix que Charlie Chaplin reçut la plus longue ovation du public de l'Académie Award, elle dura cinq minutes !

Il sera aussi nommé pour l'Oscar du meilleur film, l'Oscar du meilleur acteur et pour l'Oscar du meilleur scénario original. Durant toute sa carrière, Charlie Chaplin avait avoué son dédain envers l'Académie Award. Son fils, Charles Jr., écrira que son père avait provoqué la colère de l'Académie en 1930.

Depuis 1983, à Corsier-sur-Vevey, une course pédestre lui rend hommage chaque année le dernier samedi du mois d'août.

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Filmographie de Charlie Chaplin

Après cinquante années de carrière, Charlie Chaplin aura tourné quatre-vingts courts et longs métrages. On retrouvera le personnage Charlot dans plus de soixante-dix d'entre eux ...

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Charlie Chaplin (reggae)

Charlie Chaplin (de son vrai nom Richard Bennet) est un chanteur de reggae et de dancehall jamaïcain. Sa carrière a commencé dans les années 1980 quand il participait au sound system Stur-Gav Hi-Fi de U Roy. Il représente le côté Conscious Rasta du Dancehall des années 80 par opposition au slackness de Yellowman.

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Orson Welles

Le disque de l'émission où Orson Welles fit croire à l'invasion des Martiens

Orson Welles est un réalisateur, acteur, producteur et scénariste américain. Né le 6 mai 1915 à Kenosha dans le Wisconsin (États-Unis), il est mort le 10 octobre 1985 à Hollywood, Los Angeles en Californie d'une crise cardiaque. Conformément à sa dernière volonté, ses cendres ont été dispersées au-dessus de l'Espagne. Il a été parfois crédité sous les noms de O.W. Jeeves ou G.O. Spelvin.

Orson Welles est une figure incontournable du cinéma comme réalisateur avec Citizen Kane, considéré comme l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma alors que c'était son premier film. Il a également laissé sa trace en tant qu'acteur, assura de nombreuses narrations dans près d'une centaine de films. Malgré une filmographie de seulement quinze films, il a exercé une grande influence sur différents réalisateurs, en particulier sur Stanley Kubrick dont il se sentait artistiquement très proche. Artiste précoce, il s'est pris de passion pour Shakespeare très jeune ainsi que pour Montaigne, et a également laissé sa marque à la radio avec ses adaptations d'œuvres littéraires, plus particulièrement celle de La Guerre des mondes de HG Wells, le 30 octobre 1938, où la véracité de la mise en scène et des propos a laissé croire à ses auditeurs à l'invasion des États-Unis par des Martiens.

Son père, Richard Heard Welles, est ingénieur et sa mère, Béatrice Ives Welles, est pianiste. Le fils les décrit ainsi : « Mon père était un bon vivant de l'époque édouardienne qui aimait se dire inventeur. Il était généreux et tolérant, adoré de tous ses amis. Je lui dois une enfance privilégiée et l'amour des voyages. Ma mère était une femme d'une beauté mémorable, elle s'occupait de politique, était une championne de tir au fusil, ainsi qu'une pianiste de concert très douée. Je tiens d'elle l'amour de la musique et de l'éloquence sans lesquels aucun être humain n'est complet».

Le jeune Orson grandit dans une ambiance de culture raffinée et d'une touche d'excentricité, ce qui a des répercussions immédiates. Les témoignages de sa précocité sont multiples et éloquents: il sait lire à deux ans, apprend à jouer du piano à trois ans et réalise sa première adaptation de Shakespeare à sept ans. De telle sorte que le journal local lui consacre un article titré : « Dessinateur, acteur, poète; il n'a que dix ans ». Ses aptitudes dans le monde du spectacle ne s'arrêtent pas là. Il est également décorateur, metteur en scène et surtout acteur. À dix ans, il interprète Peter Rabbit au Marshall Field de Chicago.

A 11 ans, il rédige son analyse de l'oeuvre de Nietzsche, témoignant ainsi de son extrême précocité intellectuelle.

Mais les malheurs du jeune Orson commencent lorsqu'il perd sa mère en 1925 puis son père cinq ans plus tard. Il se retrouve orphelin à quinze ans et est pris en charge par le docteur Bernstein, un ami de ses parents, qui va s'occuper de son éducation. En 1930, il gagne un prix récompensant sa mise en scène de Jules César de Shakespeare. Il part pour l'Irlande, étancher sa soif de peinture. Il parcourt le pays avec une voiture à âne, et se rend à Dublin, âgé de seize ans. Il se présente comme une vedette du théâtre de New York devant le directeur du Gate Theatre. Ce dernier est berné car Welles s'est habilement grimé, et sa voix chaude et grave le fait passer pour plus âgé qu'il ne l'est vraiment. Il approfondit son expérience de la scène: « Je commençai en jouant les premiers rôles en vedette. Les petits rôles vinrent plus tard. » Il part ensuite pour Séville, dans le sud de l'Espagne, et se fait passer pour un auteur de romans policiers. Il dit à ce propos : « J'habitais dans le quartier de Triana. J'écrivais des romans policiers, ce qui me prenait deux jours par semaine et me rapportait trois cents dollars. Avec cet argent, j'étais un grand seigneur à Séville ». C'est également à cette période qu'il se prend de passion pour la corrida. Il torée à quelques reprises, mais s'estimant mauvais, il préfère renoncer à devenir toréador et reprend l'écriture.

Après cette expérience formatrice, il retourne aux États-Unis en 1933. Le jeune homme a alors une solide culture littéraire et théâtrale, et une très bonne maitrise des artéfacts de la scène. Il démontre également des aptitudes pour la prestidigitation. Il va d'abord travailler, en 1934, à la Todd School de Woodstock, dans l'Illinois. Il y fait la connaissance de Virginia Nicholson, actrice de dix-huit ans, qu'il épouse quelques mois plus tard. En 1939, le couple a une fille. S'il ne parvient pas à décrocher les premiers rôles lors des différentes mises en scène, il a la satisfaction de commencer à se faire connaître à Broadway. John Houseman lui offre de travailler avec lui, au Federal Theatre. Parallèlement à ses activités scéniques, il débute à la radio où sa voix chaude et grave fait des merveillles.

Il fait sensation en montant sur les planches une adaptation très originale du Macbeth de Shakespeare, car il transpose l'histoire de l'Écosse, brumeuse et froide, à Haïti, avec des acteurs noirs. L'histoire se déroule à l'époque de l'empereur noir Jean-Christophe, et les sorcières deviennent des sorciers vaudous. Il monte également le Faust de Marlowe. Houseman et Welles souhaitent mettre en scène une sorte de satire de la vie politique américaine en forme d'opéra intitulée The craddle will rock. De nombreux opposants politiques, mais aussi des ennemis du Federal Theatre, font pression auprès de Washington, qui ordonne à la police de fermer les portes du théâtre. Houseman et Welles refusent d'obéir et jouent leur opéra dans la rue, devant deux mille personnes.

Il fonde, toujours avec John Houseman, le Mercury Theatre, en 1938, spécialisé dans Shakespeare. La même année, la radio CBS l'engage pour réaliser, avec la troupe du Mercury, des adaptations radiophoniques d'œuvres littéraires. L'émission intitulée «Mercury Theatre on the air» met en ondes des pièces du dramaturge anglais, ainsi que de nombreux romans, dont La Splendeur des Amberson, qui sera son deuxième long-métrage. L'expérience dure vingt et un mois, avec en point d'orgue le lundi 30 octobre 1938, veille d'Halloween où Welles, du fait de sa mise en scène, effraye une bonne partie des États-Unis du nord en laissant croire à l'invasion des Martiens par une adaptation de La Guerre des mondes de Herbert George Wells.

Ce jour-là, sur CBS, l'émission Mercury Theatre on the air présente une adaptation de La Guerre des mondes de HG Wells dans laquelle un faux présentateur de CBS annonce l'arrivée belliqueuse des Martiens sur Terre.

En 1938, la radio est un média de communication qui connaît un fort essor et de nombreux auditeurs l'écoutent. Ainsi, son excellente mise en scène parvient à faire admettre à près d'un million d'auditeurs — sur les six millions qui écoutaient l'émission — que les États-Unis étaient attaqués par des extraterrestres venus de Mars et que le danger impérieux demandait impérativement de fuir. C'est le chaos dans tout New-York. Et même les troupes américaines, massées dans le port mais en permission, sont rappelées dans le but de défendre la patrie.

Il faut pourtant signaler que les circonstances qui ont conduit à la réalisation de cette émission sont beaucoup moins glorieuses que ses conséquences. Orson Welles travaille à la radio CBS, avec toute la troupe du Mercury Theater, pour une émission intitulée «Mercury Theater on the air». Welles y présente hebdomadairement une œuvre classique, parmi lesquels L'île au trésor de Robert Louis Stevenson, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Jules César de Shakespeare et Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. Il souhaite adapter une œuvre de science-fiction et propose aux adaptateurs de la radio Le nuage pourpre de Shiel, Le monde perdu de Arthur Conan Doyle avant d'arrêter son choix sur La Guerre des mondes de HG Wells. Devant le refus des adaptateurs qui trouvent le roman trop faible, Welles décide de travailler seul à l'adaptation du roman. Le 29 octobre, Welles passe sa journée à rédiger le texte et à répéter l'émission, mais devant le résultat qu'il juge trop médiocre, il décide de remanier son texte et passe sa nuit à l'actualiser. Il décide alors d'utiliser systématiquement le mode de la première personne, de sorte que les intervenants donnent l'impression de vivre les événements en direct . Lorsqu'Orson Welles débute son émission, il précise, comme il le fait à chaque fois, qu'il s'agit d'une adaptation d'une œuvre littéraire. En dépit de cela, les auditeurs se mettent à croire à la véracité de l'attaque du pays par les Martiens. André Bazin, dans son étude sur Welles, rappelle que le Ministère de l'Intérieur et le Président des États-Unis ont chacun à leur tour fait des communiqués dramatiques, amplifiant ce qu'il nomme «un extraordinaire phénomène de schizophrénie collective».

Les conséquences sont multiples: la radio, les commissariats sont submergés d'appels de gens prétendant avoir aperçu des Martiens. La panique n'a été relatée que le lendemain puis durant une semaine dans la presse. La cote du surdoué monte en flèche, et Hollywood lui fait la proposition de réaliser trois films en libre champ. Citizen Kane sera le premier… et le dernier de ceux-ci.

C'est à la RKO que Welles va travailler. Le studio lui donne une entière liberté artistique: il est réalisateur, acteur, scénariste de son propre film. Jamais personne n'a eu une si grande liberté pour un premier film. Quelques années plus tard, Welles se rendra compte que ce cadeau inespéré était empoisonné. Il travaille d'abord à l'adaptation d'un roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (qui plus tard est transposé par Francis Ford Coppola dans Apocalypse Now). Le projet n'aboutit pas.

Welles, avec Herman Mankiewicz, le frère du cinéaste Joseph L. Mankiewicz, rédigent le scénario de Citizen Kane, à partir de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst. Toute la troupe du Mercury est présente. Le cinéaste a obtenu le contrôle total et désire garder le secret sur le sujet de son film, mais les producteurs tentent de s'en mêler. Ils débarquent à l'improviste sur le plateau, et découvrent techniciens et acteurs en train de jouer au base-ball sur ordre du réalisateur. Le tournage débute le 30 juillet 1940 et s'achève le 23 octobre de la même année. Une fois la post-production achevée, Orson Welles participe à de nombreuses manifestations promotionnelles où on ne lui parle que du parallèle entre le personnage de Charles Foster Kane et William Randolph Hearst, et de la réaction de ce dernier qui a engagé une campagne de dénigrements via ses journaux. Lassé, Welles déclare que si on continue à lui échauffer les oreilles, son prochain film sera une biographie de William Randolph Hearst. Les choses s'enveniment à tel point qu'au sein de l'état-major de la RKO, les dirigeants décident de lâcher du lest. Il est question de brûler le négatif du film. Welles, s'estimant trahi, menace publiquement la société d'un procès en rupture de contrat, en son nom et celui de la compagnie du Mercury Theatre. Son état nerveux s'altère au point que son médecin l'envoie prendre du repos dans une clinique de Palm Springs. Malgré l'énorme campagne de dénigrement orchestrée par Hearst, le film sort en salles le 1er mai 1941. Le succès critique est unanime: le film de Welles est une révolution dans la technique cinématographique, de la structure du récit, du montage, des décors, des maquillages, des mouvements de caméra et de l'impact des images. Mais le public ne suit pas.

Après deux échecs commerciaux consécutifs, Welles devient suspect aux yeux des studios. En délicatesse financière, il joue dans de nombreux films pour financer ses projets. Sur le plan personnel, il épouse la star Rita Hayworth le 7 septembre 1943. La chance lui sourit avec Le Criminel. Les producteurs du film proposent à Welles de réaliser le film, à condition de prendre le scénario de John Huston tel quel. Il accepte et parvient aisément à mener la mise en scène à bien avec dix jours d'avance sur la date prévue. La même année, Charlie Chaplin sort Monsieur Verdoux, d'après une idée d'Orson Welles, ainsi qu'en fait mention le générique du film. Welles avait proposé à Chaplin de jouer le rôle principal dans un film inspiré de l'affaire Landru. Après lecture du scénario, Chaplin le réécrit selon ses besoins, y incluant notamment une critique socio-économique, et pour dédommager Welles, il lui propose 5 000 dollars ainsi que sa présence au générique.

La même année, il réalise La Dame de Shanghai, grâce à la présence de Rita Hayworth, avec qui il est en instance de divorce. Le public crie au scandale en voyant la rousse Rita en blonde platine, cynique et froide, symbole du glamour hollywoodien, et boude le film qui n'emballe pas non plus la Columbia, qui préfère retarder la sortie du film de Welles au profit de Gilda, autre film avec Hayworth en vedette. Ce quatrième film de celui qui est maintenant l'enfant terrible d'Hollywood s'achève sur la séquence du palais des glaces, où les trois protagonistes s'entretuent. Woody Allen y rendra hommage dans Meurtre mystérieux à Manhattan, en mettant en scène le règlement de compte final dans une pièce remplie de miroirs.

En 1948, un petit studio indépendant, spécialisé dans le western, accepte de financer son prochain film, Macbeth, dont il dissimule la pauvreté des décors par un brouillard artificiel. Le résultat est saisissant d'étrangeté et de mystère, restituant très bien l'atmosphère de la pièce de Shakespeare. Nouveau coup de maître : il tourne son film en seulement vingt et un jours.

La soif du mal relate l’histoire d’un flic sur le retour prêt à tout pour conserver l’élitisme de sa notoriété.

Un meurtre par explosif tue un quidam. Nous sommes à la frontière américano-mexicaine. Les droits se frôlent, les devoirs se noient dans le sombre des ombres de la nuit. Un nouveau flic (‘’Vargas’’) se présente, qui ne pense pas plus à la résolution du crime qu’à la sauvegarde de son intégrité. Et son intégrité passe par son épouse, aussi vivace que lui. La pègre trouve un moyen d’intimider cette épouse des actions de son mari nocives sur elle.

Un autre flic, le ‘’héros’’, opulent tant dans le corps que dans son occupation de l’espace, démontre fallacieusement que le crime a été causé par un innocent aisément coupable; et pour cela présente une preuve, fournie par un comparse, accablante. Or, le flic intègre (Vargas) remarque que cette preuve est fausse, qu’elle a été construite par le véreux. Aussi va-t-il procéder à des recherches sur les « résolutions » antérieures du flic en question. Il s’avère que toutes sont douteuses.

La pègre tente de montrer que la femme du flic intègre est une droguée nymphomane, une bacchanale. Mais, le flic véreux qui a passé un contrat avec cette pègre pour annihiler l’intègre, redevenu alcoolique, décide de corrompre l’intègre par le crime qu’il commet : celui de l’homme de la pègre.

Le hic, c’est que cette méthode révèle à un équipier du véreux qu’il est vraiment véreux, outrancièrement. Aussi, dans un sursaut de dignité, va-t-il se mettre du côté de l‘intègre pour ‘’prouver’’ les vers du véreux. Le véreux finalement tente de tuer son ancien complice qui lui retourne la balle. La femme retrouve sa pudeur et tout retourne à l’ordre.

C’est un film extraordinaire, tant dans la mise en scène que la prise de vue faite de travelling d’une longueur de quatre pages en une minute et demi. Plongée, contre-plongée, noir sur noir, clair-obscure, absence et suggestion, ellipse et concrétude, ce film présente en une quadruple demi-heure tout l’art du cinéma, son intensité, sa force informelle, son sens de l’absolu à sa propre recherche atteignable et pourtant là dans la pureté de l’amour reconnu.

Alors qu'il est à New-York pendant la guerre, Orson Welles, qui parle très bien le français et l'espagnol, assiste à une projection de La Femme du boulanger de Marcel Pagnol. Enthousiasmé par le jeu de Raimu, il part pour Marseille dès la fin de la guerre. Pagnol racontera qu'il a vu débarquer un géant dans son bureau qui lui dit « Je veux voir monsieur Raimu ». Marcel Pagnol lui répond que Raimu vient juste de mourir et voit alors Orson Welles fondre en larmes : « C'était le meilleur de nous tous ! », dit-il avant d'exposer qu'il avait conçu de nombreux projets de tournage de films avec Raimu. Pour Pagnol, Orson Welles va devenir un ami fidèle, n'hésitant pas à critiquer son travail de façon objective disant par exemple de La Femme du boulanger qu'il est parmi les meilleurs films du monde mais parmi les plus mal filmés. C'est en fréquentant Pagnol que Welles fait la connaissance de Roger Corbeau, photographe de Pagnol notamment pour Le Schpountz. Il l'engagera pour diriger la photographie de deux de ses films Dossier secret et Le procès .

En disgrâce avec les producteurs américains, en particulier parce qu'il figure sur la liste noire de la MPAA, qui refuse d'employer des artistes supposés de tendance communiste, Welles va jouer de nombreux rôles pour financer son nouveau projet : Othello. Il va mettre quatre ans à tourner le film, utilisant de nombreux décors (Venise, Rome, ainsi que de nombreux lieux d'Italie et du Maroc) sans que cela soit visible ou handicapant, interrompant son film par manque de financement pour le reprendre quelques mois plus tard. Une fois encore, la réussite artistique est totale, le film recevant même une récompense à Cannes. Trois ans plus tard, il réalise Dossier secret, dans la lignée de Citizen Kane, pour des résultats artistiques et commerciaux très similaires. Il joue dans plusieurs films, notamment en France où il est très admiré : Paris brûle-t-il ? de René Clément, Si Versailles m'était conté et Napoléon de Sacha Guitry, avec qui il s'entend à merveille. Les deux hommes ont de nombreux points communs : hommes de théâtre et de radio, réalisateurs et acteurs, scénaristes de leurs propres films, le même humour noir et caustique.

En 1958, il se voit confier la réalisation de La Soif du mal. Dans ses entretiens avec son ami Peter Bogdanovich, Welles explique comment Charlton Heston, grande star des années 50, a joué un rôle déterminant pour lui. Intéressé par le projet, Heston rencontre les producteurs de Universal, qui lui déclarent que la distribution comprendra Janet Leigh dans le rôle de sa femme, et Orson Welles dans le rôle du commissaire. Heston croit que Welles va être le réalisateur du film et déclare : « Si Welles est le réalisateur, je suis d'accord ». La machine est en marche, et les producteurs, qui visionnent tous les soirs les rushes, sont emballés au point de proposer à Welles de signer un contrat de quatre films pour les cinq ans à venir. Hélas pour lui, une fois le film monté, le studio change radicalement de position. Toujours dans le livre de Bogdanovich, Welles déclare : « L'humour que j'ai mis dans le film était inhabituel pour l'époque. Aujourd'hui, il s'est banalisé. Mais à l'époque, il a déplu aux pontes de Universal ». Son seul tort serait d'être trop en avance sur son temps. C'est son dernier film hollywoodien.

Il commence à tourner, en 1959, les premières images de Don Quichotte, film qui ne verra jamais le jour de son vivant. Il va tourner pendant sept ans, interrompant volontairement le film, le plus souvent pour des raisons budgétaires. Il sera monté en 1994, suivant les notes laissées par Welles. En 1963, il signe Le Procès d'après Kafka. Film baroque et déstabilisant, avec une distribution éclectique, qui s'achève sur le champignon atomique. Trois ans plus tard, il met en scène Falstaff, qui est une refonte de plusieurs tragédies de Shakespeare. Orson Welles incarne John Falstaff, et sa passion dévorante pour le dramaturge anglais irradie le film. Il considère lui-même qu'il s'agit de sa plus grande réussite : « Mon meilleur film est Falstaff, ensuite Les Amberson. Falstaff est le complément, quarante ans plus tard, de ce Citizen Kane que j'ai tourné à l'aube de ma vie ». Son film suivant, F for Fake est une réflexion sur le cinéma, art de l'illusion, ainsi que sur les différentes techniques à mettre en oeuvre. Son tout dernier travail, Filming Othello, est réalisé pour la télévision, mais bénéficie d'une distribution en salles, fait rare mais dû à la personnalité et au prestige de son auteur. En 1982, il est le président de la cérémonie des César.

Acteur shakespearien génial et inspiré, scénariste incisif, Orson Welles a su poser sur le monde du spectacle et de la communication un regard lucide et visionnaire. Son analyse du pouvoir des médias, dans Citizen Kane, n'a pas pris une ride. Et les dangers liés aux progrès de la science, cristallisés dans l'accident de George Amberson, dans son deuxième film, sont toujours d'actualité. Mais l'homme est avant tout un féru de littérature, de musique, de peinture et de théâtre. En 1958, venu présenter La Soif du mal en France, Orson Welles rencontre André Bazin, journaliste et fondateur des Cahiers du cinéma, à qui il accorde un long entretien qui est repris dans le livre que le critique consacre à Welles. Il parle des cinéastes qu'il admire : Marcel Pagnol, John Ford dont il a vu La Chevauchée fantastique une quarantaine de fois avant de réaliser son premier film, Vittorio de Sica, Kenji Mizoguchi, Sergueï Eisenstein, Charlie Chaplin, René Clair et David Wark Griffith. Mais il n'est pas tendre avec certains de ses pairs. Toujours dans l'entretien avec Bazin, il descend Roberto Rossellini, Nicholas Ray et Vincente Minnelli. Seul Stanley Kubrick trouve grâce à ses yeux. Du reste, il est possible de considérer Kubrick comme le meilleur disciple de Welles tant les deux artistes ont en commun.

Sa carrière n'a pas été un long fleuve tranquille. Il a été obligé de batailler ferme pour mener à bien tous ses projets, qu'il s'agisse de théâtre ou de cinéma. Après 1946 et l'échec commercial cuisant du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, au théâtre, il a eu des ennuis avec le fisc. Mais il a également connu des moments heureux. Il a pu monter quelques pièces de Shakespeare en Angleterre. Visionnaire et audacieux, il a monté, à New-York, Macbeth et transposé l'histoire de l'Ecosse brumeuse aux îles de Tahiti, en faisant jouer des acteurs noirs. Sa passion pour le grand dramaturge anglais ne s'arrête pas au théâtre et au cinéma : il réalise plusieurs adaptations radiophoniques qu'il sortira par la suite en disque.

Il a collaboré avec le groupe de heavy-metal Manowar en prêtant sa voix pour des narrations sur les titres Dark Avenger et Defender.

Orson Welles idolâtrait le dramaturge anglais plus que n'importe qui. Dans les multiples entretiens qu'il accordait, il ne cessait de répéter que Shakespeare était le plus grand poète de tous les temps. Le choc, dans le plus beau et le plus noble sens du terme, entre les deux artistes ne pouvait déboucher que sur des chefs-d'oeuvres. Avant même de faire du cinéma, Welles maîtrisait parfaitement le théâtre de Shakespeare: Richard III, monstre du théâtre du dramaturge anglais, était à son répertoire. En 1939, il produit Les cinq rois, où il refond plusieurs pièces, et le fait jouer par le Mercury Theatre. La consécration eut lieu dans les années 50, quelque temps après avoir terminé son adaptation de Othello. Grâce à l'aide de l'acteur Laurence Olivier, il put monter la pièce sur la scène du Saint James Theatre, soit le temple du théâtre élizabéthain. Le triomphe fut total. En 1956, à New-York, il a mis en scène Le roi Lear, au théâtre City Center, toujours avec le même succès.

Au cinéma, l'influence de Shakespeare se manifeste dès Citizen Kane : un roi de la presse, qui cherche à étendre son empire, doit essuyer plusieurs échecs sentimentaux, relationnels et professionnels qui le conduiront à la solitude et à la mort. Nous retrouvons dans ce premier film de nombreuses thématiques shakespeariennes: un roi solitaire, tentant en vain de concilier ambition, pouvoir et vie de famille, et devant faire face à la trahison. Celle de ses amis, mais aussi la sienne car Charles Kane trahit sa profession de foi. Ce thème de la trahison, et de l'échec qui s'ensuit, va se retrouver tout au long de son oeuvre, mais également de sa vie professionnelle. Il suffit de penser à It's all true et Don Quichotte : trahi par ses échecs commerciaux, le cinéaste a de nombreuses difficultés pour mener à bien ses projets.

Les adaptations qu'Orson Welles réalise sont chacune différentes mais également fascinantes. Macbeth est composé majoritairement de plans séquences très longs. Le seul couronnement du roi dure près de dix minutes. Le cinéaste plonge le film dans des brumes, rappelant celles d'Ecosse, afin de cacher la pauvreté des décors. A l'inverse, Othello est composé d'environ deux mille plans. Véritable prouesse technique de Welles qui interrompt son film pour le reprendre quelques mois plus tard, une fois les finances arrivées. C'est également le film où le thème de la trahison est sublimé : Othello est berné par Iago qu'il croit être son ami, alors qu'en fait ce dernier ne sert que ses ambitions. Sa dernière adaptation est également grandiose puisqu'il s'agit de Falstaff, où il refond plusieurs pièces du dramaturge et fait de John Falstaff, personnage secondaire, presque un faire-valoir chez Shakespeare, un personnage de premier plan. La séquence de bataille est admirable, et le pachyderme Welles, très loin du jeune premier de Citizen Kane, incarne le bouffon mais sincère Falstaff, renié par son ami devenu roi.

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Mary Pickford

Mary Pickford donne au President Herbert Hoover un ticket pour une fondation de l'industrie du cinéma d'aide aux chômeurs, le 12 novembre 1931.

Mary Pickford, de son vrai nom Gladys Louise Smith (née le 8 avril 1892 à Toronto, décédée à Santa Monica le 29 mai 1979), est une actrice, productrice et femme d'affaires canadienne, ainsi que la cofondatrice du studio United Artists et de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

Surnommée « La petite fiancée de l'Amérique », « Little Mary » ou « The girl with the curls » elle séduisit le public par sa grâce juvénile et primesautière dans des films comme Pauvre petite fille riche ou Le Petit Lord Fauntleroy. Cofondatrice des studios United Artists et de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, elle fait partie des plus grands pionniers des débuts d'Hollywood. Son influence dans le développement de son métier est considérable. Intrinsèquement liée aux images en mouvement, elle est une figure décisive dans l'histoire de la célébrité moderne. Son statut et ses exigences contractuelles ont contribué à façonner l'industrie du cinéma et la communauté cinématographique appelé « Hollywood ».

La fin du cinéma muet fut fatale à sa carrière d'actrice, après sa participation à quatre films parlants. Elle aura joué dans 236 films, en 27 ans de carrière.

Au regard de sa contribution au cinéma américain, l'American Film Institute désigna Mary Pickford la 24e plus grande star féminine de tous les temps.

Mary Pickford est née Gladys Louise Smith à Toronto, Ontario, Canada. Son père, John Charles Smith, était issu d'immigrants anglais méthodistes, et fit de nombreux petits boulots. Sa mère, Charlotte Hennessy, était d'une famille catholique irlandaise. Elle est l'aînée de Jack et Lottie Pickford, qui deviendront également acteurs. Pour amadouer les sensibilités familiales, sa mère la baptisa dans des églises méthodiste et catholique (et en profita pour lui donner le second prénom "Marie"). Elle fut élevée dans la religion catholique après l'abandon de son père alcoolique en 1895 - il mourra trois ans plus tard d'hémorragie intra-cérébrale.

Charlotte, qui travaillait déjà comme danseuse, commença à prendre des pensionnaires. L'un d'eux fit jouer un petit rôle à la jeune Mary de 7 ans dans une production de The Silver King au Princess Theatre de Toronto. Elle joue ensuite dans de nombreux mélodrames avec la Valentine Company à Toronto, interprétant même le premier rôle de Little Eva dans leur production de La Case de l'oncle Tom, la pièce la plus populaire du XIXe siècle.

Au début du nouveau siècle, la comédie est une affaire de famille pour la jeune Mary, sa mère, son frère et sa sœur qui font des tournées aux États-Unis dans des pièces et des compagnies de troisième ordre qu'ils rejoignent dans des trains de troisième classe. Après six mois financièrement difficiles, Mary se donne six mois pour décrocher un rôle majeur à Broadway, en envisageant de tout arrêter en cas d'échec. En 1907, elle est prise pour un second rôle dans la pièce The Warrens of Virginia. La pièce était écrite par William C. de Mille, dont le frère, alors inconnu, Cecil B. DeMille, figure également dans la distribution. David Belasco, le producteur de la pièce, insiste alors pour que Gladys Smith prenne pour de bon le nom de scène Mary Pickford. Après les représentations prévues à Brodaway et la tournée, elle se retrouve à nouveau sans emploi.

Le 19 avril 1909, le réalisateur D. W. Griffith de la Biograph Company lui fait passer un test à l'écran dans le studio new-yorkais de la compagnie pour un rôle dans le film Pippa Passes destiné aux théâtres nickelodeon. Le rôle échoit à une autre mais Griffith est instantanément sous le charme de Mary, qui comprend d'instinct que la comédie pour l'écran est plus simple et intime que le jeu de scène ampoulé de l'époque. La plupart des acteurs de la Biograph sont payés $5 par jour, mais dès le premier jour Griffith consent à lui offrir $10 par jour à hauteur de $40 la semaine. À l'instar de ses collègues, Mary joue autant de participations que des premiers rôles, et interprète des mères, des ingénues, des femmes hautaines, des pilotes de guerre, des esclaves, des indiennes et même une prostituée. À propos de son succès foudroyant à la Biograph, elle dit : "Je jouais des femmes de ménage, des secrétaires et des femmes de toutes nationalités... J'étais persuadé que si je jouais dans autant de films que possible, je deviendrais connue, et on me demanderait encore plus." En 1909, elle tourne dans 51 films - quasiment un film par semaine. Elle présente aussi son amie Florence La Badie à D. W. Griffith, qui fait d'elle une des grandes stars de l'époque (entre 1911 et 1917, année de sa mort accidentelle).

En janvier 1910, elle accompagne une équipe de la Biograph à Los Angeles. De nombreuses compagnies avait déjà rejoint la Côte Ouest pour fuir les courtes journées hivernales et la faible luminosité de la Côte Est. Elle ajoute ainsi des films californiens aux films tournés à New-York en 1909 (Sweet and Twenty, They Would Elope, et To Save Her Soul, pour n'en citer que quelques uns) . Tout comme les autres acteurs de la compagnie de Griffith, son nom n'est pas crédité mais le public l'a déjà remarqué dès ses premières apparitions. Ce qui pousse les gérants de salles de cinéma à capitaliser sur sa popularité en affichant sur leurs placards publicitaires leur programmation d'un film dans lequel joue "La Fille aux Boucles d'Or", "Blondilocks" ou "La Fille de la Biograph". Elle quitte la Biograph en décembre 1910, pour travailler l'année suivante avec l'Independent Motion Picture Company (futur Universal Studios) et Majestic. En désaccord avec leur standards de création, elle repart s'associer à Griffith en 1912, et délivre certaines de ses plus grandes performances d'actrice dans Friends, The Mender of Nets, Just Like a Woman et The Female of the Species. Cette même année, elle présente Dorothy et Lillian Gish (deux amies de l'époque des tournées) à Griffith. Les deux deviendront des stars majeures du cinéma muet, respectivement dans la comédie et le drame.

Fin 1912, elle tourne son dernier film avec la Biograph, The New York Hat, avant de retourner à Broadway dans la production de A Good Little Devil monté par David Belasco. Cette expérience est le tournant majeur de sa carrière; Pickford, qui a toujours rêvé de conquérir la scène de Broadway, découvre alors à quel point le cinéma lui manque. En 1913, elle décide de consacrer son énergie aux films. Au même moment, Adolph Zukor fonde la société Famous Players in Famous Plays (future Paramount), l'une des premières compagnies de long-métrages, que Pickford rejoint aussitôt parmi d'autres stars.

Au long de sa carrière, Mary est la star de 52 long-métrages. En 1916, elle signe un nouveau contrat avec Adolph Zukor afin de lui garantir la maîtrise totale sur la production des films dont elle est le premier rôle, et un salaire record de $10,000 par semaine. Elle joue parfois une enfant, comme dans Pauvre petite fille riche, (1917) Rebecca of Sunnybrook Farm, (1917) et Daddy Long-Legs (1919). Ce rôle de petite fille lui convient à merveille et plaît à ses fans, mais contrairement à son image actuelle, elle ne se cantonna pas à cela au cours de ses années dans le cinéma muet.

En 1918, elle quitte la Paramount et devient une productrice indépendante; et distribue également ses films avec la First National Pictures. En 1919, elle est l'un des fondateurs des Artistes associés (United Artists), avec Griffith, Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks. Elle s'arroge ainsi le droit de jouer dans des productions de son fait, dont elle contrôle même la distribution (via United Artists). Le premier film ainsi conçu est Daddy Long Legs. Elle est aussi la première actrice à toucher plus d'un million de dollars par an.

Ses films remportent alors de grands succès, comme Pollyanna en 1920 ($1,100,000), Le Petit Lord Fauntleroy en 1921, ou Rosita en 1923 ($1,000,000).

Elle arrête la comédie en 1933, mais continue de produire des films, dont L'Homme aux lunettes d'écaille (1948), un remake au goût du jour de Hantise avec Claudette Colbert.

Son divorce avec Owen Moore étant prononcé le 2 mars 1920, elle épouse Fairbanks le 28 mars. Le ton de leur lune de miel en Europe fut donné par une violente bousculade à Londres où des fans de l'actrice tentèrent de toucher ses vêtements et ses cheveux (elle fut sortie de sa voiture et violemment piétinée). À Paris, une émeute similaire eut lieu sur un marché, où l'actrice fut contrainte de se réfugier dans un conteneur à viande. Pour leur retour triomphal à Hollywood, une foule en liesse les attend pour les acclamer à chaque station ferroviaire du pays.

Suite à une série de films de cape et d'épée à grand succès, comme Le Signe de Zorro, Douglas Fairbanks acquiert une image encore plus héroïque et romantique, tandis que Pickford continue d'incarner la "fille d'à-côté" vertueuse mais enflammée. Même dans les soirées privées, les gens se lèvent spontanément lorsqu'elle entre dans la pièce; le couple est souvent qualifié d' "Hollywood royalty." Leur gloire internationale est si grande que les dignitaires et les chef d'états étrangers en visite à la Maison Blanche demandent souvent s'il leur est possible de visiter Pickfair, l'immense manoir du couple à Beverly Hills.

Les dîners à Pickfair resteront légendaires. Charlie Chaplin, le meilleur ami de Fairbanks y est souvent présent, mais aussi d'autres invités tels que George Bernard Shaw, Albert Einstein, Elinor Glyn, Helen Keller, H. G. Wells, Lord Mountbatten, Fritz Kreisler, Amelia Earhart, F. Scott Fitzgerald, Noel Coward, Max Reinhardt, Sir Arthur Conan Doyle, Austen Chamberlain, et Sir Harry Lauder. Pickford et Fairbanks sont les premiers acteurs à laisser leur empreinte dans le ciment du Grauman's Chinese Theatre (l'actrice y laissa aussi l'empreinte de ses pieds). Mais la nature publique et exposée de leur mariage va finalement le tendre jusqu'au point de rupture. Tiraillés par l'exigence de leurs activités, ils se voient de moins en moins. Lorsqu'ils ne travaillent pas pour le cinéma, ils passent leur temps en représentation permanente, tels des ambassadeurs officieux de l'Amérique dans les parades, les cérémonies d'inauguration et les discours publics.

Les pressions s'intensifient avec le déclin de leurs carrières à l'avènement du cinéma parlant. L'infatigable acteur trouve du réconfort en parcourant les mers du monde alors que l'actrice est casanière. Leur relation est définitivement plombée par la romance de l'acteur avec Sylvia, Lady Ashley au début des années 30, qui entraîne une longue séparation puis le divorce le 10 janvier 1936. Douglas Fairbanks Jr. déclara que son père et Mary Pickford regretteront leur incapacité à se réconcilier jusqu'à la fin de leurs vies.

Le 24 juin 1937, Pickford épouse son dernier mari, l'acteur et musicien Charles 'Buddy' Rogers. Ils adoptent deux enfants : Roxanne (née et adoptée en 1944) et Ronald Charles (alias Ron Pickford Rogers, né en 1937, adopté en 1943).

En mars 1928, sa mère Charlotte meurt d'un cancer du sein, suivie par son frère Jack en 1933 et sa sœur Lottie en 1936. Douglas Fairbanks succombe à une crise cardiaque en 1939. En apprenant la nouvelle de sa mort, elle aurait commencé à déplorer la perte face à son nouveau mari, "My darling is gone." dit-elle. Mais à l'en croire, elle aurait retenu ses larmes de peur de blesser Rogers, et ne se serait permis de pleurer que seule dans un train. Par la suite, elle s'extasie souvent au sujet de Fairbanks, et interpelle parfois par erreur son mari par un "Douglas". Ronald et Roxanne quitte rapidement Pickfair mais Pickford et Rogers vivront ensemble pendant plus de quatre décennies jusqu'à la mort de la star du muet d'une hémorragie cérébrale à l'âge de 87 ans.

Mary Pickford s'est servi de son statut pour promouvoir de nombreuses causes. Pendant la Première Guerre mondiale, elle s'engage dans la vente de Liberty Bonds, à travers une épuisante série de discours pour lever des fonds, qui débute à Washington, D.C., où elle vent des bons aux côtés de Charles Chaplin, Douglas Fairbanks et Marie Dressler. Cinq jours plus tard, elle s'exprime à Wall Street devant une foule estimée à 50 000 personnes. Bien que née au Canada, elle incarne un symbole fort de l'Americana, en embrassant le drapeau américain devant les caméras et en mettant aux enchères l'une de ses fameuses boucles d'or pour $15,000. Une seul dscours à Chicago rapporta la vente de bons d'une valeur estimée à cinq millions de dollars. Rebaptisée "Little Sister" par l'U.S. Navy; deux canons porteront son nom et l'Armée lui donnera le titre de Colonel d'honneur.

Après son retrait de l'écran, Mary Pickford devient dépendante de l'alcool, l'addiction qui avait déjà touché son père et qui ravage la famille : son premier mari Owen Moore, sa mère Charlotte, sa soeur Lottie et son frère Jack.

À la fin de sa vie, Mary s'inquièta d'avoir perdu sa citoyenneté canadienne du fait de ses trois mariages avec trois citoyens américains. Elle envoya une requête au gouvernement canadien afin de retrouver sa nationalité originelle. Mais les lois de l'immigration de l'époque étaient telles qu'elle n'avait sans doute pas perdu sa citoyenneté. Les autorités l'ont officiellement déclaré canadienne, lui procurant ainsi la double nationalité. Elle meurt le 29 mai 1979, à l'âge de 87 ans. Elle repose dans le Jardin de la Mémoire du cimetière de Forest Lawn Memorial Park à Glendale, dans la parcelle Pickford où se trouvaient déjà sa mère Charlotte, sa sœur Lottie, son frère Jack et la famille de Elizabeth Watson, la sœur de Charlotte qui avait contribué à son éducation à Toronto.

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Cinéma muet

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Le cinéma muet est un cinéma sans paroles, dont la bande son est inexistante — on parle aussi de film silencieux. — ou bien constituée de musique enregistrée sur la pellicule ou jouée en direct.

Du premier film des frères Lumière, en 1895, au Chanteur de jazz (Jazz Singer), en 1927, le cinéma fut majoritairement muet.

Lors de dialogues, les textes des acteurs étaient écrits sur des « cartons », qui apparaissaient la plupart du temps sur toute l'image, pendant ou après les avoir vu parler.

Cependant, très tôt, des essais de sonorisation furent tentés. D'abord par l'enregistrement du son sur un support séparé, rouleaux de cire, disque, ou seconde pellicule impressionnée par un procédé photoélectrique. Mais chaque fois, la difficulté majeure était la synchronisation avec l'image et l'amplification encore balbutiante. Le procédé qui mit fin à ces tâtonnements fut l'enregistrement optique du son directement sur le film lui-même.

Vers le milieu du XIXe siècle, certains chercheurs s'intéressent à la décomposition du mouvement. Ils s'inspireront de jouets qui donnent, par la succession de dessins mobiles, une illusion de mouvement.

Dès 1863, les progrès de la photographie permettent de faire des instantanés. Après les travaux de l'Américain Eadweard Muybridge sur la décomposition du mouvement, le Français Étienne-Jules Marey met au point en 1888 le chrono photographe, ancêtre de la caméra, qui capte plusieurs images par seconde.

Thomas Edison invente le kinétoscope, armoire dans laquelle un spectateur peut suivre le spectacle enregistré, et en 1895, les frères Lumière réalisent le premier appareil de projection capable d'assurer de manière satisfaisante la prise de vue comme la projection, le cinématographe, qui fera d'eux, après Edison, les pères du cinéma.

Le 28 décembre 1895, à Paris, dans le sous-sol du Salon indien, est effectuée la première projection publique du cinématographe. Le public assiste à la projection de dix films très courts (17 mètres de longueur), dont la Sortie de l'usine Lumière à Lyon (le premier film au monde), et le Jardinier (plus tard renommé l'Arroseur arrosé).

Pendant une dizaine d'années, les vues Lumières sont couronnées de succès et imitées partout dans le monde. En France, en Amérique, en Angleterre, en Allemagne, en Italie et ailleurs, bricoleurs et esprits fantasques se mettent à tourner des milliers de petits films, les projetant avec les moyens du bord dans les cafés ou les baraques foraines. Parmi eux se détache Alice Guy, pionnière avec La Fée aux choux en 1896, premier d'une longue liste de longs-métrages.

Edison filme des numéros de cirque pour son kinétoscope, mais ses mises en scène ne seront pas remarquées. Georges Méliès sera le premier à intégrer avec succès la scénographie du music-hall et du théâtre de variétés à la technique cinématographique. Son Voyage dans la Lune (1902) connaîtra un succès mondial.

De 1905 à 1910, le cinéma cesse d'être un artisanat improvisé et devient une industrie. En France, les frères Pathé et Léon Gaumont produisent en série de petits films comiques, avec des acteurs comme Rigadin, Boireau et le déjà prometteur Léonce Perret.

Le premier grand acteur comique, Max Linder (Max et sa belle, 1910), qui sera le modèle de Charlie Chaplin, sort de leur école.

En Amérique, Thomas Edison, qui veut imposer son matériel et ses standards techniques, s'oppose aux tentatives de production indépendante, provoquant une véritable « guerre des brevets » qui entravera la production, mais favorisera également la création de compagnies indépendantes (par exemple : IMP de Carl Laemmle) d'où sortiront certaines des futures « majors » de Hollywood (la Universal de Laemmle).

Ainsi, dès 1908, se développent la Vitagraph, qui lance Florence Turner, et la Biograph, où débutent David Griffith (les Aventures de Dolly, 1908) et Mack Sennett.

Des firmes commencent à s'installer à Hollywood : elles se développeront très vite pendant la Première guerre mondiale (1914-1918) au détriment du cinéma européen.

Dès 1908, le cinéma cesse d'être une activité strictement commerciale pour se revendiquer comme un art. Grâce aux tentatives géniales de personnes telles que Georges Méliès pour imposer cette tendance, le passage du documentaire à la fiction est assez rapide.

L'Assassinat du duc de Guise, produit en 1908 en France, va donner à Griffith l'envie d'ennoblir le mélodrame (le Remords de l'alcoolique, 1909) et de faire du cinéma le témoin moral de l'histoire (Naissance d'une nation, 1914, dont le triomphe marque le début des films longue durée.). Le langage cinématographique se dessine. Les films policiers à épisodes se multiplient, comme Fantômas (1913) de Louis Feuillade, virtuose du feuilleton populaire, ou Le Docteur Mabuse (1922) de Fritz Lang.

Yevgeni Bauer était le plus important cinéaste russe d'avant la révolution d'octobre. Ses plus beaux accomplissements sont des mélodrames morbides filmés dans des décors maniaques raffinés. Il utilisait déjà des plans-séquences relativement longs et des déplacements de caméra virtuoses. Le Danemark produira des films teintés d'un art dramatique local, comme ceux d'Urban Gad (l'Abîme, 1910).

Les Italiens s'inspirent de leur tradition spectaculaire pour mettre en scène des divas telles que Lydia Borelli ou Francesca Bertini, et réalisent des tableaux antiques (Les Derniers Jours de Pompéi, de Luigi Maggi (1908), et le prestigieux Cabiria de Giovanni Pastrone (1914) qui seront vite imités par les Américains.

Max Linder est alors considéré comme étant une des personnalités les plus rémunérées du cinématographe sur l'échelle mondiale. Ce n'est qu'en 1914 que Charlie Chaplin débutera chez Mack Sennett. Max a alors plus de dix années de carrière. On comprend ainsi l'influence que cet artiste français a eu sur les premiers pas de Charlie au cinéma. Il suffit pour cela de relire la célèbre dédicace de Chaplin à Max qui n'hésite pas à le considérer comme son maître. N'oublions pas qu'en 1914, le premier film de Chaplin, Making a living (Pour gagner sa vie en français), ne nous dévoile pas encore le personnage de Charlot, puisque ce dernier ne sera défini qu'au cours de l'année. Chaplin est dans ce film coiffé d'un "haut-de-forme" et vêtu d'une redingote. Cela nous rappelle bien sûr ce "dandy" à la française surnommé "l'homme au chapeau de soie" : notre ami Max Linder.

Après une période faste due à la guerre, entre 1914 et 1918, pendant laquelle le cinéma découvre de nouveaux domaines et affirme ses moyens d'expression comme dans Intolérance de D.W. Griffith ou Lest we forget du Français Léonce Perret et les premiers longs métrages de Chaplin, on entre dès 1919 dans une période d'épanouissement.

En Allemagne, le courant expressionniste lancé par le Cabinet du docteur Caligari, de Robert Wiene (1920) ou par De l'aube à minuit, de K.H. Martin (1920), aura une grande influence à l'étranger, mais il s'oppose aux tendances réalistes de la production nationale.

En France, les films s'intellectualisent, influencés par Louis Delluc, en privilégiant dans leur esthétique la plastique de l'image et le rythme, et en approfondissant la psychologie des personnages, surtout chez Germaine Dulac et Jean Epstein (l'Auberge rouge, 1923). Ce courant sera nommé impressionniste, pour l'opposer à l'expressionnisme allemand. Aussi Kœnigsmark réalisé par Léonce Perret en 1923 restera un film marquant de cette époque.

En Union soviétique, les réalisateurs, en majorité favorables à l'idéologie des bolcheviks, souhaitent promouvoir un cinéma révolutionnaire, qui, à travers leurs recherches sur le montage, place l'individu comme élément moteur d'une grande histoire collective, Le Cuirassé Potemkine, de S.M. Eisenstein (1925). Cette "révolution" du montage est précurseur de la "révolution" surréaliste qui gagnera l'Europe avec des films comme Un chien andalou de Luis Buñuel (1928) ou Zéro de conduite de Jean Vigo, (1932). Les surréalistes veulent abolir les limites de la narration.

Aux États-Unis, Hollywood devient la capitale du cinéma, et attire les acteurs et réalisateurs les plus grands, comme Stroheim et Sternberg d'Autriche, Lubitsch d'Allemagne, ou Mauritz Stiller de Suède. Les grands réalisateurs américains sont D.W. Griffith, Cecil B. DeMille, et King Vidor, qui réalisera la Grande Parade en 1925 et la Foule en 1928.

Le système hollywoodien, fondé sur les hiérarchies budgétaires, le cloisonnement en genre et surtout le culte de la star, le star-system, qui est tout puissant dès 1918, assurera son triomphe grâce à Mack Sennett, auteur du cinéma burlesque, avec des acteurs tels que Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Harold Lloyd.

Même si certains réalisateurs comme Léonce Perret en France avait déjà eu l'idée d'accompagner un film de musique, c'est la firme des frères Warner qui se lancera la première dans le film parlant, avec Don Juan (1926) où l'on a simplement ajouté une musique à l'image, puis avec le Chanteur de jazz (1927). Il est à noter que si l'histoire du cinéma établit ce film comme le premier parlant, ce n'est pas forcément vrai. En effet, certains courts Vitaphone étaient déjà parlant ; quant au Chanteur de Jazz, outre les passages musicaux, il n'est véritablement parlant que pendant quelques petites répliques d'Al Jolson vers la fin du film...

Ces deux films d'Alan Crosland rapportent succès et bénéfice, assurant la suprématie du cinéma américain, et dévaluent radicalement les films muets jusqu'alors admirés.

L'arrivée du parlant s'avérera, malheureusement, fatale pour les acteurs muets, à l'exception de certains comme Chaplin, Laurel et Hardy et les Marx Brothers.

En 1976, Mel Brooks réalise La Dernière folie de Mel Brooks, un long-métrage en couleur mais presque entièrement muet, la seule réplique "audible" étant "non", un "non" prononcé par le mime Marceau, lequel n'apparaît dans le film que pour cette réplique.

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Source : Wikipedia