Chômage

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Posté par seb 22/03/2009 @ 05:07

Tags : chômage, emploi, société

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Chômage

Taux de chômage par pays en pourcentages d’après la CIA en mars 2006

Le chômage peut être défini comme l’inactivité d’une personne souhaitant travailler. Cette définition du chômage connaît de nombreuses variantes et son concept donne toujours lieu à des controverses théoriques et statistiques.

Le chômage est souvent considéré comme résiduel et volontaire jusqu’au début du XXe siècle. Lors de la Grande Dépression des années 1930, le chômage devient par son ampleur un des problèmes sociaux et économiques les plus centraux des pays développés. La détermination du niveau de l’emploi devient également avec cette crise économique une des questions les plus fondamentales de la réflexion économique. Le chômage demeure, dans la réflexion économique actuelle, un sujet de confrontation politique : ses causes ou les politiques aptes à lutter contre lui, ne font ainsi pas consensus.

Associé à la pauvreté, à la précarité et l’exclusion, il est aussi au premier plan du débat politique depuis la fin des Trente Glorieuses dans quelques pays d’Europe occidentale, où il a atteint des niveaux très élevés ; le chômage transforme la structure sociale de la société, bouleverse la vie des plus touchés, tout en suscitant l’inquiétude de nombreux actifs. Le chômage n’est pourtant pas considéré comme un élément majeur du débat économique et politique dans les pays qui sont proches du plein emploi.

Le chômage est sujet d'oppositions entre les écoles de pensée économique, et entre les modèles économiques et sociaux des différentes nations. Difficile à appréhender lorsque le travail au noir est très important, son importance variant beaucoup d’un pays à l’autre.

La notion de chômage est intrinsèquement liée à l’idée de salariat, c’est-à-dire d’un contrat entre un travailleur et un employeur. Est chômeur l’individu qui souhaite vendre sa force de travail à un autre individu mais ne trouve pas preneur aux conditions qu’il exige. Or si le travail salarié s’est désormais imposé dans les sociétés occidentales contemporaines, il reste une réalité historique, fruit d’une évolution du système économique.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’activité économique des individus est partagée entre le travail rural, à domicile et indépendant, et le travail salarié en usine. Nombre de personnes cumulent les deux types d’activité et les paysans s’adonnant à une production agricole dans une optique d’autoconsommation restent longtemps nombreux. Il existe déjà des formes de sous-emploi : saisonnier dans le cas du secteur agricole ou conjoncturel à l’occasion des ralentissements d’activité. Il est toutefois difficile de parler de chômage dans un contexte économique où le rapport salarial reste une exception.

Des historiens de l’économie ont souligné que le chômage était finalement une invention de la fin du XIXe siècle allant de pair avec la constitution de la classe prolétaire urbaine. C’est à cette époque que « la frontière travail/non-travail devient une coupure nette entre deux mondes et est vécue comme telle, d’autant qu’elle est séparation de lieu, entre lieu de travail et lieu d’habitat. ».

Dans de nombreux pays, la statistique du chômage connaît la cohabitation d’une définition internationale proposée par le Bureau international du travail (BIT) et de définitions locales propres aux organismes nationaux.

Pour être chômeur selon le système statistique européen Eurostat, il faut avoir été sans travail durant la semaine de référence (soit moins d’une heure hebdomadaire d’activité) et avoir fait des démarches spécifiques en vue de retrouver un emploi, sans forcément s’être déclaré comme chômeur auprès de l’administration.

Aux États-Unis, le Bureau of Labor Statistics compte comme chômeurs les personnes n’ayant pas d’emploi, en ayant cherché un activement durant les 4 semaines passées, et disponibles pour travailler.

Ces différentes définitions impliquent que les mesures du chômage varient d’une statistique à l’autre selon les pays, les méthodes ou les organismes comptabilisateurs. Ainsi, en France, des personnes au chômage non inscrites à l’ANPE seront recensées par le BIT. Inversement, les demandeurs d’emplois exerçant une activité inférieure à 78 heures par mois peuvent être comptabilisés par l’ANPE s’ils remplissent les autres critères.

Selon les pays, l’économie informelle (dite « noire » ou « grise ») génère des actifs non déclarés qui peuvent être par ailleurs comptabilisés comme chômeurs (pour permettre le cumul allocations-salaires).

Il est également difficile de comparer les chiffres de périodes différentes, car la définition elle-même a évolué considérablement dans le temps. Il est donc très délicat de comparer le taux de chômage dans le temps.

Il faut noter également que la population des actifs occupés est en augmentation dans la plupart des pays. Ainsi, en France par exemple, il y avait 19,9 millions d'actifs occupés en 1960, 23,4 millions en 1980, et 26,7 millions en 2000, une augmentation absolue deux fois plus importante que celle du nombre de chômeurs (négligeable en 1960, 1,8 millions en 1980, 3 millions en 2000).

Enfin, le numérateur comme le dénominateur du ratio utilisé pour calculer le taux de chômage sont contestables. D'une part le taux de chômage est rapporté à la population active totale, tandis que seuls les actifs du privé sont exposés au risque de chômage. D'autre part le nombre de chômeurs recensés ne donne qu'une image partielle de la précarité vis-à-vis de l'emploi, car il n'inclut pas les emplois précaires, le temps partiel subi et les préretraites, les deux derniers étant effectivement du chômage déguisé et non-comptabilisé. Si l'on comptabilise ces éléments, on obtient un taux de "chômage effectif" de 27,6% de la population active du secteur privé.

Le chômage, défini comme une inactivité subie, existe déjà dans les sociétés traditionnelles, mais son inexistence statistique – en France, la première statistique date du recensement de 1896 - le rend difficilement quantifiable avant le XXe siècle. On peut toutefois avancer le chiffre probable de 6 % à 8 % de chômeurs dans la première moitié du XIXe siècle, ce qui permet à Karl Marx de décrire une « armée industrielle de réserve » dans Le Capital (1867).

Après avoir décru à la Belle Époque, le chômage réapparaît après la première guerre mondiale à la suite des crises de reconversion et malgré la forte croissance des années 1920. Il atteint des taux aux alentours de 10 % au Royaume-Uni et en Allemagne. Une hausse spectaculaire suit la crise économique de 1929, sauf en URSS : le chômage atteignant des pics de 25 % aux États-Unis et de 33 % en Allemagne. Seule l’Allemagne réussit à résoudre réellement le problème dans un contexte politique particulier, le nazisme qui s’installe grâce au désastre économique et au nationalisme allemand.

Les Trente Glorieuses qui suivent la Seconde Guerre mondiale sont marquées par un chômage très faible avoisinant les 2 % en Europe occidentale, les 4 à 5 % en Amérique du Nord et les 1 % au Japon.

Le chômage commence à croître dès la fin des années 1960, et connaît une hausse particulièrement significative suite au choc pétrolier de 1973. Dix ans plus tard, il touche 8,3 % de la population des pays de l’OCDE. La révolution conservatrice au Royaume-Uni et aux États-Unis avec les élections de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan conduisent à une baisse du chômage dans ces pays, une baisse importante du chômage est aussi constatée en Allemagne fédérale jusqu’à la réunification.

En 1994, le chômage toucherait 7,8 % de la population active dans les pays de l’OCDE. Depuis, il a connu une baisse importante aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres pays d’Europe comme l’Irlande ou l’Espagne. Il reste endémique en France, ainsi qu’en Allemagne depuis le rattachement des Länder de l’Est.

Au quatrième trimestre 2004 selon l'OCDE le taux de chômage normalisé pour les hommes de 25 à 54 ans était de 4,6 % aux États-Unis et de 7,4 % en France. À la même période et pour le même groupe, le taux d'emploi était de 86,3 % aux États-Unis et de 86,7 % en France d'après le même document.

On constate donc un taux de chômage 60 % plus élevé en France qu'aux USA, alors qu'un nombre plus important d'individus travaillent dans le premier groupe — ce qui est contre-intuitif si on s'attend à ce que le niveau de chômage reflète la situation du marché du travail.

Il faut donc bien se garder d'interpréter sans précaution les chiffres du chômage. En effet, la définition du chômage repose sur la distinction fragile entre non-emploi d'un actif potentiel d'une part et l'inactivité d'autre part. Malgré les efforts de définition et de normalisation, cette mesure reste extrêmement subjective et donc facilement influençable par différentes politiques n'améliorant sans doute pas véritablement la situation du marché du travail.

L'OCDE recommande l'utilisation du taux d'emploi plutôt que du taux de chômage pour juger de l'efficacité du marché du travail et des politiques de l'emploi.

Aux États-Unis, le marché du travail est caractérisé par une logique de flexibilité. Les salariés sont payés selon leur efficacité supposée, et les emplois précaires se multiplient autant dans le secteur industriel et que dans le tertiaire, permettant aux travailleurs non qualifiés de rester compétitifs. D’après Philippe d'Iribarne, les emplois précaires sont plus facilement acceptés car la hiérarchie sociale et l’honorabilité sont moins problématiques. Le pays est donc marqué par un chômage frictionnel important mais relativement stable. La part du chômage de longue durée, c’est-à-dire supérieur à un an, est de 6,1 % en 2001.

Des pays scandinaves comme la Suède sont marqués par une très forte solidarité entre citoyens et des aides très importantes aux travailleurs les moins employables. En revanche, les chômeurs sont tenus d’accepter les emplois qui leur sont proposés. Dans le cas du Danemark, l’entreprise qui licencie ne verse pas d’indemnités. L’assurance chômage n’est pas obligatoire ; elle est gérée par plusieurs caisses privées. En cas de perte d’emploi, le chômeur touche 90 % de son ancien salaire pendant quatre ans au plus. L’indemnité n’est pas dégressive. Elle est versée à 100 % si la personne a travaillé au moins 52 semaines au cours des trois dernières années. Cette politique provoque des dépenses importantes pour l’État. Les chercheurs d’emploi sont aussi aidés par les municipalités. Ils doivent accepter les stages et les formations proposés.

Dans la plupart des pays européens, le haut niveau de protection sociale vient répondre à l’importante identification des individus à leur emploi et à leur poste dans la hiérarchie professionnelle. Le taux de chômage est très élevé, et la part du chômage de longue durée importante : 43,7 % dans l’Europe des 15 et 37,7 % en France, toujours en 2001. Selon Philippe d’Iribarne, c’est cette logique sociale qui explique la différence d’attitude entre les pays industrialisés.

Dans nombre de pays en développement, le chômage est une notion peu pertinente. Statistiquement, il peut atteindre des taux officiels dépassant souvent les 30 %, mais la mesure du chômage néglige les activités économiques indépendantes et familiales destinées à l’autoconsommation et représentant la source essentielle de richesse pour des populations à l’écart de l’économie marchande. Dans les pays les plus pauvres, ce travail indépendant représente 37 % de l’activité en zone urbaine, et bien davantage en zone rurale.

L’expérience du dernier quart de siècle a montré que certains pays jadis pauvres pouvaient résoudre le problème du chômage. Les dragons asiatiques (Corée du Sud, Taiwan, Singapour, Hong Kong) notamment, mais aussi l’Irlande par exemple, ont réussi à éliminer le problème de l’emploi et connaissent des taux de chômage faibles. Dans la plupart des cas le chômage a été réduit par une stratégie d’intégration des pays au commerce international et leur spécialisation dans des activités nécessitant beaucoup de main-d’œuvre, tandis que les stratégies de substitution d’importation n’auraient que peu d’effet.

Dans de nombreux pays, notamment en Afrique, l’instabilité politique et économique constitue un découragement à l’investissement des entreprises et explique une large part du chômage. L’accroissement constant de la population active du fait de la forte natalité aggrave le problème. Dans le cas de ce continent, la centralisation dirigiste des décisions relatives à la production agricole dans les capitales où règne la corruption constitue un obstacle essentiel à l’essor de l’emploi agricole rural. C’est pourtant l’agriculture qui pourrait fournir l’essentiel du travail manquant.

La crise économique entamée dans les pays occidentaux à partir des années 1970 a contribué à créer de nouvelles situations rendant cette catégorisation parfois incertaine.

On remarque d’abord qu’un certain nombre de personnes se trouvent entre une situation d’inactivité et de chômage (cf. zone 3). Parmi elles, beaucoup désirent travailler mais ne sont pas comptabilisées parce qu’elles ont trop peu de chance de retrouver un emploi (et sont donc dispensées de recherche d’emploi) ou parce qu’elles ont renoncé, par découragement, à rechercher un emploi. Dans ce dernier cas, il peut s’agir de chômeurs de longue durée subissant des cas d’extrême exclusion sociale, de mères au foyer désirant travailler mais n’entamant pas de démarche, ou encore d’étudiants choisissant de poursuivre leurs études à défaut d’avoir pu se faire embaucher.

La zone floue entre l’emploi et le chômage (cf. zone 2) s’accroît avec la multiplication des formes atypiques d’emplois : les travailleurs subissant un temps partiel non voulu, les personnes recherchant un emploi mais ayant un peu travaillé dans la semaine ou le mois de référence, ainsi que les personnes possédant un emploi précaire.

De même, on trouve des situations intermédiaires entre l’emploi et l’inactivité (cf. zone 1), situation occupée par les individus faisant le choix de travailler moins. Enfin, les travailleurs clandestins et les employés « au noir » ne sont catégorisables dans aucun des trois groupes (cf. zone 4).

Certaines populations sont plus susceptibles de subir le chômage, soit parce qu’elles n’ont pas de « bonne » qualification, soit parce qu’elles ont une faible volonté de travailler, ou encore parce qu’elles subissent un phénomène de discrimination. Ces causes de chômage peuvent se combiner.

La volonté de travail se manifeste par la capacité de l’individu à accepter des postes peu désirés à de faibles salaires et à se résoudre à compenser les obstacles économiques à son emploi en acceptant certaines contraintes comme la mobilité.

Le chômage ne concerne essentiellement que les personnes non qualifiées, ou dont les qualifications ne correspondent pas à des besoins contemporains au sein de l'économie. Le taux de chômage est ainsi bien plus élevé parmi les non diplômés (voir tableau), et, pour les diplômés de l'enseignement supérieur, il varie fortement en fonction du domaine de formation, et de la réputation de l’université ou de l’école de formation.

Le chômage de longue durée et la coexistence simultanée d'offres d'emploi non pourvues pourraient être essentiellement liés à des problèmes d’inadéquation entre l’offre et la demande de travail.

En France, le nombre de diplômés formés dans certains domaines (histoire de l’art, par exemple) ne correspond pas aux besoins réels de l’économie. Certains secteurs économiques connaissent, dans les pays développés, un déficit de main-d'œuvre (artisanat, personnel de maisons de retraite,…).

Si les qualifications constituent l’une des variables les plus discriminantes (voir tableau), le sexe, l’origine ethnique, l’âge, mais aussi les capacités physique et intellectuelle, le milieu social d’origine, la zone géographique d’habitation, jouent un rôle dans la compétitivité d’un individu sur le marché du travail, et en particulier par la représentation que l’employeur se fait de ces diverses données.

Il est difficile de déterminer la part exacte des discriminations envers les femmes ou les minorités ethniques, puisque ces populations sont également moins bien qualifiées que le reste de la population active.

Parmi les catégories sociales modestes, le travail est un facteur important d’honneur et de valorisation personnelle, d’autant que la distinction entre « travailleurs » et « fainéants » s’y fait plus rapidement. Le chômage est donc vécu comme une perte d’identité et de dignité qui s’aggrave à l’occasion de chaque échec pour recouvrer un emploi ou lorsque le chômeur doit entamer les démarches administratives qui parachèvent sa catégorisation de chômeur. De plus, l’ennui est bien plus profond dans ces milieux où les opportunités de s’adonner à des activités alternatives (culturelles, associative, sportives …) sont plus rares que dans les milieux aisés.

Longtemps les femmes sans emploi ne se considéraient pas comme chômeuses mais simplement « non payées ». Aujourd’hui, leur réaction est relativement semblable à celle des hommes. Elles refusent souvent le statut de « femme au foyer » et la perte des liens sociaux qui dépendaient de l’exercice de leur profession. Avec l’apparition des familles mono-parentales, elles peuvent vivre des situations de désastre économique et de culpabilité vis-à-vis du foyer dont elles ont la charge. Quelques femmes ayant des enfants en bas-âge parviennent à justifier leur chômage subi par les avantages familiaux qu’il procure.

Les cadres au chômage vivent le plus souvent une expérience différente de celle des catégories professionnelles plus modestes. Pour le cadre, il s’agit de rejeter le statut de chômeur en profitant du temps libre dans une optique professionnelle. Ils consacrent un temps important pour retrouver un emploi d’un certain niveau. Ils profitent aussi de leur inactivité temporaire pour suivre des formations ou se consacrer à la lecture d’ouvrage professionnel lié à leur domaine de compétence. Toutefois le chômage remet en cause leur plan de carrière, un des points les plus fondamentaux de leur identité sociale. Comme les chômeurs plus modestes, ils subissent progressivement une dégradation de leurs liens sociaux, mais bien moins rapidement.

Chez la plupart des chômeurs, le rejet du système économique se traduit à long terme par une situation d’anomie, et non par l’évolution de leur pensée politique. On trouve toutefois dans l’histoire des périodes historiques de haut chômage qui ont favorisé l’accession au pouvoir des régimes extrêmes comme le nazisme en Allemagne en 1933. Pour autant, la réaction politique de sanction des gouvernants est autant le fait des personnes effectivement affectées par le chômage que par les actifs occupés qui s’inquiètent du niveau de l’emploi. On remarque toutefois que statistiquement les chômeurs sont plus représentés parmi les électeurs s’abstenant de voter, notamment dans les classes modestes. Le choix politique entre les partis dits « de gouvernement » n’est que peu affecté par la situation de chômage, le chômeur trouvant dans son vote habituel une occasion de rejeter son nouveau statut de sans emploi. Les partis dits « de gouvernement » sont toutefois très légèrement sous-représentés parmi les populations au chômage, et quelle que soit l’origine sociale des chômeurs.

Au niveau de la population globale, l’importance accordée à la lutte contre le chômage dépend moins de son volume que des effets d’annonce ou que des vagues de licenciements localisées relayées par les médias. Le sentiment serait que les partis de gauche ne sont pas plus à même de résoudre le chômage que ceux de droite et inversement, d’où l’impact faible de la question de l’emploi sur le résultat final des élections.

Les politiques de l'emploi renvoient à l'ensemble des mesures étatiques de politiques économiques visant à agir sur l'emploi. Leur objectif le plus courant est la réduction du chômage et la recherche du plein emploi. On distingue généralement deux grands types de politiques, les politiques actives cherchant à modifier le niveau de l'emploi dans l'économie et les politiques passives dont l'objectif est de limiter le chômage sans accroître la demande de travail de l'économie, et de le rendre plus supportable.

La science économique distingue plusieurs types de chômage selon leur cause : mobilité volontaire des travailleurs ; niveau d’activité (conjoncture) et structures économiques et sociales.

D’après Karl Marx, le chômage est inhérent au fonctionnement instable du système capitaliste, le chômage de masse étant une constante des périodes régulières de crise du capitalisme. Le prolétariat est alors divisé entre ceux qui sont en situation de sur-travail (salariés) et de sous-travail (chômeurs). Ces derniers constituent une « armée industrielle de réserve » qui permet aux capitalistes de faire pression à la baisse sur les salaires.

Au niveau du capitaliste individuel, le chômage est donc favorable en ce qu'il permet d'avoir toujours de la main d'œuvre à disposition, tout en maintenant les salaires à un niveau faible. Au niveau du capitalisme global, le chômage est à première vue un manque à gagner, puisque aucun profit n’est réalisé sur le dos des chômeurs. Le chômage n’est rentable pour le capitalisme global que s’il permet de baisser les salaires d’un pourcentage plus important que le taux de chômage.

Selon Marx, le seul moyen de supprimer définitivement le chômage serait d’abolir le capitalisme et le système du salariat, en passant à une société socialiste ou communiste (les termes étant à l'époque équivalents).

Pour les marxistes contemporains, l’existence d’un chômage persistant est la preuve de l’incapacité du capitalisme à assurer le plein emploi.

Dans le modèle néoclassique d’une économie concurrentielle, le chômage est décrit comme « volontaire » ou frictionnel. On dit qu’il est volontaire lorsqu’un individu refuse un emploi qu’il juge insuffisamment payé alors que le surplus de production qu’il apporte à l’entreprise ne peut permettre de lui accorder une rémunération supérieure. Dans l’optique néoclassique, le chômeur fait alors un arbitrage entre les avantages du travail (le salaire, la sociabilité) et les désavantages (le coût des transports, les frais de garde des enfants, le renoncement au loisir, la perte d'éventuels revenus d'inactivité) et décide alors volontairement de rester sans emploi.

Le jeu de la concurrence est censé faire varier les salaires à la hausse ou à la baisse de sorte que tout individu offrant du travail (demandant un emploi) doit finir par trouver une entreprise pour l’embaucher à une juste rémunération, c’est-à-dire selon la richesse qu’il produit.

Face à la Grande dépression, les néoclassiques ont renforcé leurs positions en posant le chômage de masse constaté comme la preuve de leurs théories. Des économistes comme Arthur Cecil Pigou ou Jacques Rueff ont tenté de montrer que le chômage découlait essentiellement des entraves à la concurrence imposées par certaines institutions monopoleuses comme les syndicats, et parfois l’État.

Pour comprendre l’analyse néoclassique du chômage, plaçons-nous dans une première situation où le volume de l’emploi est L1 et le salaire réel wr1. Pour une raison exogène, une innovation technologique par exemple, la demande de travail des entreprises diminue (cf. courbe « Demande de travail »), tandis que l’offre de travail reste constante.

Cette évolution induit un nouveau point d’équilibre entre l’offre et la demande, et donc nécessairement un nouveau salaire, noté wr2. Le passage du salaire wr1 au salaire wr2 provoque une hausse du chômage « volontaire » car certains demandeurs d’emplois, prêt à travailler pour la rémunération wr1, préfèrent rester oisifs si le salaire est wr2. Le volume de l’emploi est L2. Il correspond au taux de chômage naturel de l’économie.

Toutefois, il est possible que, pour des raisons diverses (réglementation, salaire minimum, pression des syndicats), le salaire ne soit pas flexible à la baisse et demeure, malgré la baisse de la demande de travail, au niveau wr1. Le volume de l’emploi est alors défini par le nombre de travailleurs que les entreprises veulent embaucher à ce salaire, c’est-à-dire L3. Dans cette situation, le taux de chômage est supérieur au taux naturel, du fait du manque de flexibilité.

Pour Keynes, les entreprises embauchent conséquemment à leurs anticipations de débouchés. C’est donc la demande effective qui détermine le niveau de la production. Ce même niveau de production fixe le niveau de l’emploi. Au final, c’est donc la seule demande effective qui détermine le volume de la production et le volume de l’emploi.

Pour représenter graphiquement l’équilibre économique obtenu on détermine d’abord la fonction de demande globale (DG1) en fonction du revenu réel (Y). On trace par ailleurs la première bissectrice (DG=Y) qui décrit tous les points d’équilibre possible, c’est-à-dire les points où la demande et l’offre s’égalisent. L’intersection de DG1 et de la bissectrice permet de définir l’équilibre effectif. Or, rien n’assure que la production définie par cet équilibre (Y1) soit la production qui permette le plein-emploi (Ype). Si ce n’est pas le cas, l’équilibre effectif n’est pas égal à l’équilibre de plein-emploi (Epe) et il existe donc un chômage involontaire.

L’analyse est donc radicalement différente de celle des néo-classiques. Chez Keynes, il n’y a plus, à proprement parler, de marché de l’emploi : le salaire réel n’est pas le prix d’équilibre entre une offre de travail et une demande de travail. Ce n’est pas non plus parce que le fonctionnement de ce marché est entravé (par les syndicats, par exemple), interdisant une baisse des salaires réels, que le chômage existe. Le niveau de l’emploi est fixé au niveau macroéconomique, en dehors du marché du travail : il est le produit de la demande effective. Il est donc conditionné par les deux composantes de cette demande : la propension à consommer des ménages et l’investissement. Ce n’est que lorsque le niveau de l’emploi est déterminé, en fonction d’un niveau de production correspondant à la demande effective, que les salaires réels se fixent. Il peut donc exister un équilibre de sous-emploi c’est-à-dire une situation où la demande effective correspond à un niveau de production inférieur à celui qui permettrait le plein emploi. Une baisse du salaire réel n’aurait, dans cette situation, que pour effet d’accroître le chômage, par suite d’une baisse de la demande effective (toute baisse du salaire entraînant une baisse de la consommation).

Pour Keynes, à court terme, la propension marginale à consommer des ménages est stable. Le niveau de l’emploi est donc fondamentalement lié, pour lui, à l’autre variable de la demande effective : l’investissement.

Des théories plus récentes d’équilibre de sous-emploi mettent en avant l’idée d’un salaire d'efficience : les nouveaux keynésiens notent que la difficulté pour les entreprises à mesurer la productivité réelle de leurs employés (cette mesure a un coût) peut les amener à les rémunérer au dessus du salaire du marché, afin de renforcer leurs incitations à accroître ou maintenir leur productivité pour rester dans l'entreprise dont les salaires sont supérieurs à ceux du marché. Le niveau de salaire plus élevé est alors compensé par un surcroît de productivité. Lorsque cette stratégie est adoptée par l'ensemble des entreprises, le prix du marché peut s'élèver au dessus du prix d'équilibre. Le déséquilibre ainsi créé serait alors à l'origine d'une insuffisance de l'offre d'emploi, d'où dérive un chômage important.

En 1958, Alban William Phillips publie une étude empirique sur la Grande-Bretagne qui l’amène a établir une relation décroissante entre le chômage et la variation des salaires.

Remplaçant les salaires nominaux par l’inflation, Paul Samuelson et Robert Solow dessinent une nouvelle courbe, celle communément appelée la courbe de Phillips. Elle met en évidence qu’à partir d’un certain seuil, lorsque le chômage diminue, l’inflation s’accélère et inversement. Ce point critique où l’autorité politique doit faire un arbitrage entre l’inflation et le chômage est baptisé NAIRU (non accelerating inflation rate of unemployment).

Milton Friedman et les monétaristes ont cherché à montrer l’inexistence d’un tel arbitrage à long terme. Pour Friedman, les individus finissent par adapter leurs réactions aux manœuvres du gouvernement. Si celui-ci décide par exemple de baisser les taux d’intérêt pour relancer l’activité, il provoque des nouvelles embauches sur le court terme, ainsi qu’une accélération de l’inflation. Au début, les travailleurs sont dupes de l’illusion monétaire, mais à moyen terme ils constatent que leur pouvoir d’achat a baissé et exigent donc des hausses de salaires, provoquant le retour du chômage à son niveau initial.

Les nouveaux classiques ont prolongé cette analyse en postulant que les agents économiques étaient désormais capables d’anticiper directement l’effet des politiques de relances sur l’inflation, exigeant alors immédiatement des hausses de salaires et rendant donc ces politiques inefficaces dès le court terme.

Depuis au moins la destruction de leurs machines par les luddites, au début de la Révolution industrielle, l’idée que le progrès technique détruit l’emploi est communément admise. La science économique tend, pourtant, à prouver qu’elle est fausse. La critique la plus classique de cette idée a été formulée par Alfred Sauvy, dans La Machine et le Chômage (1980), où il présente la célèbre thèse dite du « déversement ». Après avoir rappelé que, durant les deux siècles précédents, le progrès technique a bouleversé les modes de production et décuplé la productivité sans susciter l’augmentation durable du chômage, il insiste sur les effets indirects du progrès technique : « le travail consacré à la production de la machine ; l’accroissement de la vente des produits bénéficiant du progrès, grâce à la baisse de leur prix et la production de masse ; l’apparition de consommations nouvelles ou l’augmentation de consommations anciennes ». De ces processus découlent ce qu’il nomme le « déversement », c’est-à-dire le transfert de la population active des activités dont le besoin de main d’œuvre diminue en raison du progrès vers de nouvelles activités suscitées par ce même progrès technique (fabrication des machines créées par le progrès, productions nouvelles, etc.). C'est par ce processus de « déversement » qu’Alfred Sauvy explique la transformation de la structure de la population active : la société agricole est devenue industrielle, avant d’être dominée par le secteur tertiaire - en suscitant à chaque fois une transformation qualitative des emplois, mais non leur diminution quantitative. Alfred Sauvy postule enfin que l’humanité s’inventera toujours de nouveaux désirs que le progrès technique comblera.

En 1995, Jeremy Rifkin a contesté, dans son livre La Fin du Travail, l’argument du déversement dans le contexte d’une troisième révolution industrielle dont l’automatisation et l’informatisation poussent progressivement à la disparition du travail, même dans le secteur tertiaire. Cette thèse futuriste n’est pourtant pas sans similitude avec les inquiétudes infondées des ouvriers du XVIIIe siècle.

Selon la théorie du commerce international, les pays se spécialiseraient dans les activités qui requièrent abondamment le facteur de production dont elles sont le mieux dotées. Celle de main-d’œuvre pour les pays pauvres, celle de capitaux et de savoir-faire dans les pays riches. Selon Walter Stolper et Paul Samuelson le résultat de cette évolution est d’égaliser le salaire tiré d’un même travail à travers le monde. Ceci pourrait expliquer la chute des salaires dans l’industrie manufacturière aux États-Unis et le chômage dans les pays où les salaires sont rigides à la baisse (en France par exemple).

Toutefois si quelques économistes soulignent le lien entre ouverture commerciale et montée des inégalités, nombreux sont ceux qui proposent une contre-analyse. Selon Paul Krugman, l’idée que la hausse du chômage serait liée à une concurrence déloyale des pays à bas salaires relève d’une « théorie populaire du commerce international ». Il explique que l’intérêt des politiques à prêter leur voix à de telles théories n’est qu’électoral. Il précise que la plupart des ouvrages traitant de ce sujet ou de la « guerre économique » sont l’œuvre d’essayistes et non d’économistes et sont vendus grâce à leurs thèses faciles qui alimentent l’imaginaire populaire. C’est la théorie « pop » qui néglige toutes les causes possibles du chômage (cf. supra).

« On pensait pouvoir trouver la sortie d'une récession et augmenter l'emploi en diminuant les impôts et en augmentant les dépenses du gouvernement. Je vous dis candidement que cette option n'existe plus, et dans la mesure où elle a jamais existé, ça n'a marché à chaque occasion depuis la guerre qu'en injectant une dose d'inflation plus grande dans l'économie, suivie d'un taux de chômage plus élevé à l'étape suivante. »     — James Callaghan, discours à la conférence du Parti travailliste (Royaume-Uni), 28 septembre 1976.

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Chômage en France

Nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie 1

La France connaît un fort taux de chômage depuis les années 1980, bien que les chiffres du chômage aient commencé à augmenter dès les années 1960. Le chômage existait auparavant, mais son faible niveau n’en faisait pas un élément important des débats de société et de la vie économique du pays.

Avec les chocs pétroliers des années 1970, qui coïncidèrent avec la fin du rattrapage économique vis-à-vis des États-Unis (période des Trente Glorieuses), le chômage reste à un niveau élevé jusqu’au milieu des années 2000 – autour de 10 % – tandis que d'autres pays développés parviennent à revenir à des niveaux plus ou moins proches du plein-emploi.

Mesuré au sens du BIT et selon l’interprétation d’Eurostat, le taux de chômage s’élève à 7,2 % au premier trimestre 2008 en France métropolitaine (2 000 000 chômeurs), et à 7,5 % si les départements d'outre-mer sont inclus.

La classification d’un individu comme chômeur varie selon les définitions utilisées pour le fait d’être au chômage. Un chômeur est généralement un individu qui appartient à la population active, qui n’a pas d’emploi, et qui en cherche un activement.

Cette définition, qui est celle de l’Organisation internationale du travail (BIT), est assez floue, et sujette à des variations dans son interprétation. En novembre 2007, l’INSEE a fait évoluer sa méthodologie pour coller à l’interprétation d’Eurostat. L’INSEE publiera des chiffres du chômage par trimestre, et non pas pour chaque mois, pour éviter les erreurs de mesure trop importantes. En parallèle, l’ANPE publie toujours le nombre d’inscrits dans chaque catégorie sur une base mensuelle ; ces statistiques ne rentrent pas dans le calcul du chômage, qui est mesuré par l’enquête emploi de l’INSEE.

À quoi il faut ajouter 300 000 à 400 000 chômeurs de plus de 55 ans en « Dispense de Recherche d'emploi », dispositif supprimé en 2008 par le gouvernement. Ces chômeurs ne sont classés dans aucune catégorie.

Les estimations de l'INSEE, qui sont inscrites dans les comptes de la nation et font référence, sont basées sur une enquête emploi, qui est « rebasée » chaque année.

En 2007, les statistiques concernant le chômage en France ont fait l'objet de débats, suite à une différence plus importante que d'habitude entre deux sources d'informations : les statistiques de l'ANPE et celle de l'enquête emploi de l'INSEE. L'INSEE a prévu de mener une réestimation de l'enquête emploi d'ici à fin 2007 Les principaux autres organismes de mesure (Eurostat, les banques privées, certains collectifs) ne contestent pas la baisse du chômage depuis 2005. Seule l'ampleur de cette baisse n'est pas estimée avec précision, variant de 1 à 2 points en 2006 et 2007, sur la base des 10% des années 2004 et 2005.

Une étude de l'IGF en septembre 2007 a résumé les raisons des divergences entre les deux sources d'information et a listé les voies d'amélioration.

La mesure du chômage au niveau régional fait apparaître de fortes disparités. En 2005, les trois régions de l'Union européenne qui ont le chômage le plus élevé sont la Réunion, la Guadeloupe et la Guyane (respectivement 30,1% 25,9% et 24,8%). Le taux régional le plus faible en France était 6,4% (Limousin).

La prise en compte des départements d'outre-mer dans le calcul du taux de chômage de la France fait passer le taux de 8,1 % (France métropolitaine) à 8,4 %.

Selon l'Office statistique des Communautés européennes Eurostat, avec un taux d'emploi de 38,1 % pour les 55-64 ans en 2006, la France reste très en dessous de la moyenne de l’Union européenne (UE) (43,5 %). Un objectif de 50 % en 2010 a été fixé par l'UE.

Chaque mois, les emplois supprimés et créés se comptent en centaines de milliers, la majorité étant des emplois de courtes durée (CDD, intérim) : au troisième trimestre 2007, l'ANPE avait enregistré près de 950 000 offres d'emplois, dont environ 300 000 CDI .

Un biais de perception des Français est apparu à cause du traitement de l’information par les médias. Les licenciements collectifs et les fermetures d’usines font les gros titres, tandis que les créations d’emploi dans les secteurs les plus dynamiques passent inaperçues. La situation du marché du travail n’est donc pas correctement perçue.

L’évolution du chômage ne résulte pas simplement de la destruction de quelques emplois, mais du solde de toutes les créations d’emploi et destructions d’emplois.

Le taux de chômage en France est sensiblement plus élevé que dans les pays voisins. En 2006, même l’Italie et l’Espagne ont un taux de chômage inférieur au taux français, alors que l’inverse était généralement vrai depuis les années 1970.

L’Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE) est créée en 1967.

Les emplois-jeunes sont mis en place sous le gouvernement Jospin, ainsi que la réduction de la durée du travail hebdomadaire à 35 heures ; l'aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE), le soutien apporté par les gouvernements Raffarin et Villepin aux « services à la personne » (économie domestique), notamment via le plan Borloo ayant créé les chèques emploi service universel, des réformes du contrat de travail (tentatives de Dominique de Villepin d'instaurer le CPE après le CNE,…). La Prime pour l'emploi vise également à réduire le chômage.

Depuis les années 2000, les gouvernements favorisent le retour à l’emploi des chômeurs volontaires en augmentant les gains du travail : prime pour l'emploi (PPE), revenu de solidarité active (RSA).

La gauche et la droite divergent en partie dans leurs réponses apportées au chômage : la droite préfère en général favoriser l'offre (notamment par une augmentation de la flexibilité, laquelle permettrait aux entreprises d'embaucher plus), tandis que la gauche préfère d'ordinaire les politiques de la demande, et la réduction du temps de travail (dans l'idée de partager une hypothétique quantité fixe de travail au sein de la société), ou le soutien à certaines catégories dites précaires. Toutefois, cette idée générale a de nombreuses exceptions, des gouvernement d'un bord proposant et mettant en oeuvre parfois des politiques qu'on attendrait de l'autre.

Aucun des gouvernements de droite ou de gauche qui se sont succédé n’ont mis en place une politique de l'emploi véritablement libérale ; ces politiques ont pourtant permis la réduction du chômage dans les autres pays développés. L’Espagne est ainsi passée en quelques années d’un taux proche de 20 % à un taux d’environ 7 %.

Pour 2008, le gouvernement a prévu de consacrer plus de 12 milliards d'euros et de mobiliser plus de 10 000 personnes aux politiques de l'emploi; en ajoutant les sommes gérées par l'ANPE, l'UNEDIC, les collectivités territoriales, etc. la France consacrait en 1996 (et cela n'a pas baissé depuis) plus de 4% de son PIB (soit plus de 60 milliards d'euros) à lutter « contre le chômage » , pour plus de la moitié en dépenses passives (allocations chômage par exemple) et le reste en mesures actives (formation professionnelle par exemple).

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Différence entre le NAIRU et le taux de chômage naturel

Le taux de chômage naturel (NRU), tel qu'il a été défini par Milton Friedman, correspond au taux de chômage d'équilibre, vers lequel l'économie tend à long terme. Selon les hypothèses du modèle, en absence de choc et de cycle économiques, les salaires tendent vers un niveau d'équilibre qui égalise offre et demande sur le marché du travail. Le chômage naturel découle alors, pour un niveau de compétence donné, du refus de travailleurs d'accepter un salaire jugé trop faible (concept de chômage volontaire et de salaire de réserve) et de l'inintérêt pour les firmes de proposer un salaire trop élevé. Aujourd'hui, les travaux concernant le marché du travail (concurrence imparfaite, présence de rigidités, de syndicats et de firmes monopolistiques) ont été intégrés au taux de chômage naturel (ce qui explique que ce taux soit positif). Les firmes, si elles sont en situation de monopole sur certains secteurs du marché du travail, peuvent fixer un salaire inférieur au salaire d'équilibre, tandis que les syndicats, défendant les droits des "insiders" (ceux qui ont déjà un emploi), exigent et obtiennent des salaires "trop élevés". Ces deux phénomènes augmentent le taux de de chômage naturel.

En accord avec ce modèle, si les travailleurs n'anticipent pas une partie de l'inflation, ils ne réalisent pas que, simultanément à la hausse de leur salaire nominal, leur salaire réel n'augmente que faiblement ou diminue (phénomène d'illusion monétaire), et sont prêts à prendre des emplois pour un salaire inférieur à ce qu'ils accepteraient normalement (i.e. inférieur à leur salaire de réserve). La demande de travail globale augmente, et, du fait de la faiblesse relative du salaire réel, l'offre de travail issue des entreprises augmente également, d'où une hausse dans l'économie de l'emploi total et de la production.

Cette hausse ne peut être que temporaire : lorsque les travailleurs se rendent compte du niveau d'inflation, ils révisent à la hausse leurs prétentions salariales, et l'emploi total baisse. Le taux de chômage revient à son niveau naturel, mais l'inflation se stabilise à un niveau plus élevé qu'initialement. La situation globale de l'économie est donc moins bonne.

Le concept de NAIRU (Taux de chômage n'accélérant pas l’inflation) est basé sur les écarts importants qui se créent entre le taux de chômage réel et sa valeur naturelle. Comme son nom l'indique, le niveau du NAIRU est celui pour lequel le niveau d'inflation n'est pas modifié.

En partant d'un état donné ; si le taux de chômage diminue, i.e. le nombre de demandeurs d'emploi diminue, le pouvoir de négociation des travailleurs augmente, donc les salaires nominaux augmentent, ce qui provoque une hausse de l'inflation (les firmes augmentent leur prix pour faire face à la hausse de leurs dépenses). Ainsi, lorsque le taux de chômage passe en dessous du NAIRU, la pression sur le marché du travail provoque une hausse de l'inflation. En revanche, dans le cas d'un taux de chômage plus élevé que le NAIRU, le pouvoir de négociation des travailleurs est faible, et les firmes peuvent baisser leurs coûts puis leurs prix : l'inflation diminue. La valeur du NAIRU est finalement égale au taux de chômage pour lequel l'inflation reste constante.

Le NAIRU est donc un concept proche du taux de chômage naturel, lié aux effets d'hystérèse. Le taux de chômage naturel n'est pas mesurable, il est basé sur des concepts microéconomiques, tandis qu'à partir des séries temporelles de l'inflation et du chômage, on peut obtenir une estimation du NAIRU. La théorie du taux de chômage naturel implique que l'intégralité du chômage à l'équilibre est volontaire, alors que le NAIRU prend en compte l'imperfection du marché du travail (asymétrie d'information, frictions,etc.) et accrédite à l'équilibre l'existence de chômage involontaire. En absence de chocs, le chômage est égal au NAIRU, et sur le long terme, il revient à son niveau naturel (ceci pouvant prendre plusieurs décennies, selon Friedman).

Historiquement, le concept de taux de chômage naturel a été remis en cause à partir de la fin des années 1980, qui ont vu l'apparition d'un chômage de masse, majoritairement involontaire. Le modèle du NAIRU s'est alors imposé, notamment par l'apport de l'économiste Bob Rowthorn. Certains économistes entretiennent malheureusement la confusion entre les deux concepts.

Depuis quelques années, le concept de NAIRU perd partiellement de son importance à cause de la part de plus en plus importante dans l'inflation que prend l'inflation importée, due à l'augmentation du commerce mondial et à la mondialisation. L'influence des négociations salariales nationales sur l'inflation est donc plus faible.

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Source : Wikipedia