Carros

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Posté par seb 29/03/2009 @ 07:08

Tags : carros, alpes-maritîmes, provence-alpes-côte d azur, france, environnement

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Carros

Carte de localisation de Carros

Carros est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Carrossois.

La ville perchée sur son piton, domine la vallée du Var. De son passé, elle a hérité son nom qui veut dire rocher et sa position de ville carrefour. Porte naturelle des Alpes, dans la plaine du Var, entre mer et montagne, elle bénéficie d'une position privilégiée.

Carros fait partie de la Communauté de Communes Les Coteaux d'Azur avec les communes de Gattières et Le Broc.

La ville de Carros porte le témoignage de plus de 2 000 ans d'histoire au travers d'un ensemble de sites historiques remarquables.

Les premières traces historiques d'une occupation humaine pérenne du site actuel de la commune remontent environ aux derniers siècles de l'âge du Fer, avec un habitat perché, appelé communément "pré-romain", dont la période d'utilisation s'étend du VIe siècle au Ie siècle avant JC. Comme l'indiquent les nombreux témoignages épigraphiques, ce serait a priori durant l'Antiquité, et plus particulièrement avec la colonisation romaine, que la communauté va s'accroître, pour constituer de manière certaine au plus tard dès la seconde moitié du IIe siècle apr. J-C, un pôle urbain relativement important : Carros de son nom latin "VICUS LAVARATENSIS".

Les relations avec la cité de Vence, dont elle constitue une partie du territoire, sont nombreuses. Mais si les premières bases d'une chronologie de l'histoire carrossoise peuvent être jetées dès cette période, la région n'échappe pourtant pas aux grandes lacunes documentaires qui apparaissent quasiment partout ailleurs pour toute la période dite du "Haut Moyen-Age" (VIe siècle-Xe siècle). Selon les dernières investigations archéologiques menées sur le territoire communal, une communauté chrétienne relativement importante semble être attestée dès les alentours de l'an mille s'inscrivant ainsi dans le premier réseau paroissial des Alpes-Maritimes, bien avant l'apparition des paroisses dans chaque village.

Au XIIe siècle la présence du château qui domine toujours le village et la vallée du Var est attestée ; il est appelé "castrum Carrosi". Il appartient à la seigneurie des Blacas et à l'ordre des chevaliers de Malte. L'époque moderne nous apparaît de manière assez précise, surtout les XIIe siècle et XVIIIe siècle, tant au travers des documents d'archives que par les témoignages archéologiques livrés lors des campagnes de fouilles ou les évènements notables, comme les destructions dont celle de 1704 avec le sac du château par les troupes du duc de Savoie et sa libération par celles de Louis XIV la même année. En rive droite du Var, le village de Carros, qui faisait partie de l'arrondissement de Grasse, a toujours été territoire de Provence, et contrairement à beaucoup d'autres villages dans la même position géographique frontalière, il ne sera jamais intégré au comté de Nice.

En 1860, Carros rejoint le nouveau département des Alpes-Maritimes et va connaître une immigration italienne durant le reste du XIXe siècle et le début du XXe siècle, liée aux développement des cultures maraîchères.

À partir de 1968, une zone industrielle est aménagée sur la rive droite du Var et les années 1970 verront naître sur la commune une ville nouvelle. Dès lors, la commune de Carros, totalisant aujourd'hui plus de 10 000 habitants, va vivre sur trois centres : Carros-village, centre historique autour de son château, Carros-les-Plans, cœur agricole et horticole, et Carros-ville, pôle urbain.

Le vieux château entièrement réhabilitée et qui abrite le centre international d'art contemporain. Au sommet du village, dominant la vallée du var, le château de Carros s'élève sur un site qui offre une vue qui va de la mer aux montagnes. Elevé durant le moyen-âge, les premiers témoignages écrits attestent sa présence dès le début du XIIe siècle. Son premier occupant est le seigneur Rostaing de Carros. Bien qu'il ait subit des destructions successives, dont de nombreuses au XVIIe siècle, il a tout de même gardé sa stature médiévale, et entre autres choses, on peut admirer sur sa façade est, l'alignement des corbeaux, ou encore, ses contreforts. Le bâtiment a échappé aux destructions de la période révolutionnaire et, après que les seigneurs aient pris la fuite, il sera divisé et vendu à 9 propriétaires différents. Encore entretenu au XIXe siècle, le début du XXe siècle verra sa dégradation. Mais aujourd'hui en grande partie acquis par la commune, il a été rénové et cette grande structure médiévale, abrite maintenant un Centre International d'Art Contemporain.

Dans l'actuel quartier des Plans de Carros, se dresse la chapelle des Selves. Selon les dernières investigations archéologiques c'est sur un site d'abord occupé durant l'antiquité romaine qu'au moyen age aux alentours de l'an 1000, la première église est construite. Ce premier édifice sera reconstruit avant 1100 suite à sa dégradation. Un second bâtiment est élevé durant la première moitié du XVIe siècle et c'est de cette période que datent la majorité des éléments de la structure visible aujourd'hui. Ainsi, avec sa première élévation datée du Xe siècle ou XIe siècle, cette construction représente peut-être un des plus anciens centre religieux des Alpes-Maritimes, témoignage du premier réseau paroissial de la région.

Le Camp des Ligures dans les collines Carossoises appelé ainsi car les Ligures y vivaient.

Le nom communément attribué à l'édifice, à savoir moulin Briquet, provient du nom de son constructeur, Pierre Briquet qui vivait au milieu du XIXe siècle. En ruines ou restaurés, la région connaît surtout des moulins à eau et ce moulin à vent, est une exception rare. Construit donc au milieu du XIXe siècle sur un site venté véritable belvédère au-dessus de la vallée du Var, son but était d'éviter à la population carrossoise d'avoir à porter son grain à moudre jusqu'aux autres communes. Une preuve explicite que le moulin à vent ait bien fonctionné fait toujours défaut, mais les maintes mentions historiques d'un moulin à vent", qualifié même de "terminé" sur un document cadastral de 1856, conservé aux archives communales, forment un ensemble d'éléments convergents qui amènent a penser que le bâtiment aurait bien été en état de fonctionner Si aujourd'hui il n'a plus ses ailes, le bâtiment reste toutefois dans un état remarquable.

L'édifice appelé aujourd'hui Clocher tour, selon les derniers travaux, est la survivance de l'église Notre Dame de Cola que l'on connaît dans les textes dès le XVIe siècle et qui a été détruite vers le milieu du XVIIe siècle. Cette église a été édifiée sur un bâtiment original élevé certainement entre la seconde moitié du XIe siècle et le début du XIIe siècle. Le Clocher-tour date de cette période. L'église sera le siège de la paroisse de Carros jusqu'en 1673, date à laquelle la fonction est transférée au château. Dans l'angle Nord-Ouest de l'édifice on peut noter la présence d'une pierre romaine où figure une inscription, réutilisée à l'envers.

Quatre oratoires jalonnent le territoire de Carros. Implantés stratégiquement aux carrefours, ils devaient participer au repos méditatif des voyageurs à l'époque où la télévision n'était pas encore présente et où les hameaux n'avaient pas les moyens de s'offrir leur propre chapelle. A bien les observer, on constate qu'ils ont chacun une particularité.

Cette inscription, située sur une pierre de réemploi, se trouve sur la façade d'un bâtiment du village appelé chapelle des pénitents blancs ou encore chapelle St Christophe'. Relativement détériorée, la pierre a, de plus, malheureusement été percée par un collier de fixation lors de la pose d'une canalisation.

La zone industrielle est la plus importante du département. Dans les années 1960, l'idée de la création de la zone industrielle est impulsée par la Jeune Chambre Economique et par les industriels ne pouvant plus se développer sur la ville de Nice.

Aujourd'hui, elle s'étend sur une superficie de 188 hectares. Les 550 entreprises implantées sur le site comptent pas moins de 7 500 salariés et réalisent un chiffre d'affaire de 1 milliard d'euros.

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Canton de Carros

Le canton Carros est une division administrative française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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La Font d'En Carròs

Carte de localisation de La Font d'En Carròs

La Font d'En Carròs 38°55′00″N 0°10′15″O / 38.916667, -0.17083 est une commune de la province de Valence dans la Communauté autonome de Valence, Espagne, elle appartient à la région de La Safor.

Situé dans la partie sud de la Huerta de Gandie. Les principaux reliefs qui se dégagent sont tous d'altitude moyenne, on peut citer les monts de la Creu (167 m), Perico (176 m) et Cuatelles (356 m).

Le territoire municipal est parcouru par deux ruisseaux, le Montanelles et la Foia, qui ont donné leurs noms aux deux ravins (barranc) qu'ils ont creusés à travers le temps.

Le village se situe à l'intersection entre la plaine côtière et la montagne (chaîne de La Safor), aussi ses rues sont plus ou moins inclinées selon les endroits. Sur la place principale, on trouve la fontaine qui a donné son nom au village (fuente signifiant fontaine en français).

On accède à La Font, depuis Valence en empruntant la nationale N-332, puis la CV-682.

La ville de La Font d'En Carròs est entourée par les communes suivantes: Alqueria de la Comtessa, Beniarjó, Beniflá, Oliva, Potries, Rafelcofer et Villalonga, toutes dans la province de Valence.

Sur le sommet du mont du Rabat on a trouvé des restes d'un village ibère qui se romanisa par la suite. De l'époque romaine, on a retrouvé des monnaies impériales et des restes de statues dans la partie de Les Jovades et des bâtiments à l'emplacement de l'ermitage de San Miguel, où une importante villa romaine devait exister.

Le village que l'on connaît est d'origine musulmane, il appartenait à la juridiction du château de Rebollet. Il fut conquit par le noble Carroç, qui en devint le seigneur ainsi que se descendance. À la fin du XIVe siècle, il passa sous la domination des Centelles, appartenant à la juridiction des comtes d'Oliva et ducs de Gandie, jusqu'à ce qu'en 1771 il revienne au duché de Osuna.

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Gattières

Carte de localisation de Gattières

Gattières est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le village tire son nom de gatieras car il se trouve au niveau d'un gué utilisé au moins depuis l'époque romaine. Ses habitants sont les Gattiérois.

Gattières est situé entre Carros et Saint-Laurent-du-Var et surplombe la vallée du Var.

En 1338, le Var devint la frontière orientale de la France. Le territoire de Gattières resta cependant une enclave étrangère sur la rive droite du Var et ce jusqu'en 1760, année où un traité entre les royaumes de Sardaigne et de France l'intégra au territoire national français. Pendant les quatre siècles entre ces deux dates, la ville servit de nombreuses fois de tête de pont à des incursions italiennes en France.

Eperon dominant le Var, le rocher de Gastes aux escarpements naturels offrait un emplacement idéal et stratégique aux aborigènes ligures. Située sur le tracé de la voie romaine avec son gué sur le Var, Gattières détenait une position stratégique importante qui valurent un passé tourmenté. En temps de guerre, elles furent hélas nombreuses, les prises et les pertes alternatives du village étaient fréquentes. Profitant des troubles qui règnent en Provence, le comte Amédée VII de Savoie s'assure la trahison du gouverneur de Nice et le 28 Septembre 1388, coup de théâtre : Nice et son arrière pays se détachent de la Provence et se donnent à la Savoie. Allégret de Mauléon, capitaine Gascon souvent qualifié d' "aventurier", mais comptant de hautes attaches en Savoie s'était emparé de la place de Gattières au cours d'un coup de main auquel Amédée VII n'était peut être pas étranger. Le 25 Octobre 1388, De Mauléon vendait Gattières à Amédée VII pour le prix de 2000 florins. La Savoie possédait ainsi une tête de départ en rive droite du Var. L'importance de cet évènement se vérifia lors des guerres entre les deux rives du Var. Le blason de Gattières rappelle ce fait historique: "De gueules au lion d'or tenant en sa patte dextre une tour d'argent chargée d'une croix du premier". C'est ainsi que pendant près de 400 ans (1388 - 1760) Gattières suivra les destinées du Comté de Nice, d'abord Savoyarde, puis Sarde. Le traité de Turin (24 Mars 1760) rectifiera la frontière entre le Royaume de France et celui de la Sardaigne. Depuis son embouchure jusqu'au confluent de l'Estéron, le Var divisera les deux états. Gattières est ainsi séparé du Comté de Nice et rattaché à la France. La commune est marquée par l'arrestation de nombreux villageois par les Allemands en 1944, dont Ange Grassi et Séraphin Torrin, torturés par la gestapo niçoise puis pendus Avenue de la Victoire à Nice.

En 1971, la commune fera également la une de l'actualité judiciaire, avec le meurtre de la petit Danièle Marra agée de 7 ans et la tentative d'assassinat sur sa mère Cortena, alors enceinte de huit mois. Le coupable Ali Ben Yanes, surnommé bientôt « l'égorgeur de Gattières » sera comdamné à mort et exécuté à la prison des Baumettes à Marseille en 1973. Son cousin Hocine qui était son complice sera incarceré pendant plus de trente ans.

Différentes hypothèses sont à l'origine de ce nom : - La première explication provient d'une formation végétale dite "herbe à chat". On peut aussi penser au latin cattus, chat avec le suffixe -aria. - La deuxième hypothèse s'explique par la situation stratégique du bourg, lieu de passage du Var inclinant à penser au latin vadum, gué, "gat" en nissart. - La troisième signification repose sur le constat que la terre serait mauvaise, peu fertile "terre gaste".

Le 9 Mars 2008, M.TESTI l'emporte dès le premier tour avec 57.27% des voix exprimées. Sans surprise puisque ce dernier a bénéficié du soutient du Maire sortant, Marius Papi.

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Scot de Nice

Le Schéma de cohérence territoriale (SCOT) de Nice a été créé en 2003. Il rassemble vingt-neuf communes sur 39 121 hectares.

Les surfaces consacrées à l'agriculture occupent 9 % du territoire du Scot. On compte un millier d'exploitations agricoles, qui occupent l'équivalent de 1 500 emplois à temps plein, dont les trois quarts sont de la main-d’œuvre familiale et 20 % des salariés permanents. Cette agriculture est surtout orientée vers la production de fleurs et de légumes sous serres, production à forte valeur ajoutée. Les surfaces agricoles sont également occupées par des oliveraies (300 hectares) et par une cinquantaine d'hectares de vignes qui produisent le vin de Bellet. Une production ovine et caprine subsiste sur les hauteurs, dans les communes de Duranus, Aspremont, Vence, La Trinité et Le Broc.

La moitié des grands établissements industriels sont implantés dans le couloir que forment les communes de Gilette, Le Broc, Carros et La Gaude. L'industrie pharmaceutique, avec plus de 1800 salariés, est le secteur le plus pourvoyeur d'emplois industriels (13 % contre 2 % en PACA). La présence des Laboratoires Arkopharma au Broc (1000 salariés) et de Cani-Pharma à Carros (700 salariés) explique cette spécificité. Le secteur « fabrication de matériel informatique » est également spécifique à la zone (5,3 fois plus présent que dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur). La compagnie IBM France, installée à La Gaude, offre la quasi-totalité des 800 postes de travail de ce secteur.

Le transport a la particularité d'être très concentré. Cinq établissements situé à Nice (la SNCF, la société Air France, la Société de transports de l'agglomération niçoise, l'aéroport international de Nice-Côte d'Azur, et Aviapartner) totalisent 4 000 postes de travail salariés sur les 9 000 que compte le secteur.

En 2004, le territoire compte 187 000 emplois salariés, soit 27 000 de plus qu'en 1999. Le tertiaire en représente 85 % et sa progression est soutenue. Entre 1990 et 1999, la hausse du tertiaire (+ 5 800 emplois) n'avait pas permis de compenser les 10 000 pertes d'emplois accumulées dans les secteurs de l'industrie, de l'agriculture et de la construction (- 5 800 emplois dans ce seul secteur). Depuis, les effectifs salariés du secteur de la construction ont beaucoup augmenté tandis que ceux de l'industrie se sont stabilisés. L'agriculture est la seule à perdre encore des emplois.

Dans le secteur tertiaire, les emplois créés depuis 1999 concernent essentiellement l'éducation, la santé et l'action sociale, l'administration et le commerce, ce qui contribue à renforcer la prédominance de ces trois secteurs. Ils regroupent, à eux seuls, plus de la moitié des emplois salariés de l'agglomération. Dans le cas du commerce, cette évolution marque une rupture par rapport à la décennie précédente (1990-1999), caractérisée par une érosion de l'artisanat et des petits commerces.

En 2004, plus des deux tiers des grands établissements du territoire sont localisés à Nice. Ce sont tous des établissements de service : administration, santé, éducation et transport. Le Centre Hospitalier Universitaire de Nice, avec plus de 8 300 salariés, est le premier employeur, devant la mairie de Nice (8 000 salariés). La société Carrefour Hypermarchés France est le premier employeur privé du tertiaire, avec 800 salariés.

Le tourisme haut de gamme est concentré dans les communes du littoral. En 1998, le territoire compte l'équivalent de 194 000 lits à vocation touristique, dont plus de 80 % en résidences secondaires, soit 38 lits pour 100 habitants. Les communes les plus touristiques sont localisées sur une étroite bande littorale, qui s'étend de Saint-Jean-Cap-Ferrat à Cap-d'Ail. Ces communes, adjointes à celle de Nice, concentrent 90 % de la capacité d'accueil hôtelier haut de gamme (trois et quatre étoiles). Cette dernière représente les deux tiers de la capacité totale d'accueil en hôtel, contre un tiers en moyenne en France. Les activités caractéristiques du tourisme occupaient en 2003 environ 16 000 personnes, soit 9 % seulement de l'emploi total.

En 2004, les 20 plus grands établissements en termes d'emploi sont les Laboratoires Arkopharma (Le Broc), Cani-Pharma (Carros), IBM France (La Gaude), la mairie de Cagnes-sur-Mer, la mairie de Saint-Laurent-du-Var, Auchan (La Trinité), et, à Nice : Carrefour, le centre hospitalier Sainte-Marie, le CHU, la CCAS, la Faculté des sciences, la SNCF, Air France, la Société de transports de l'agglomération niçoise, l'aéroport international de Nice-Côte d'Azur, la mairie, le département des Alpes-Maritimes, la CPAM, la Direction départementale des polices urbaines, la CANCA et le Service départemental de l'éducation nationale. L'administration concentre donc le plus grand nombre de salariés.

Sur la période 1990-1999, le solde des mouvements migratoires est positif pour les 15-30 ans. C'est notamment la conséquence de l'offre d'enseignement supérieur. En 1999, 24 500 jeunes sont inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur, ce qui représente 4,8 % de la population. Par comparaison, ils sont 45 300 dans l'agglomération de Montpellier (12,3 % de la population). Entre 1990 et 1999, le nombre d'élèves et d'étudiants de plus de 15 ans a augmenté de 13 %, beaucoup plus qu'à l'échelle régionale (+8 %) et surtout nationale (+3 %).

Aux âges de la vie active (30 à 60 ans), le solde des arrivées et des départs est négatif, ce qui est aussi le cas pour les jeunes de moins de 15 ans, qui sont tributaires des mouvements familiaux. Après l'âge de la retraite, les mouvements s'équilibrent entre 60 et 75 ans, les départs devenant même plus fréquents que les arrivés au-delà de 75 ans.

Entre 1990 et 1999, près de 100 000 personnes sont venues s'installer dans l'agglomération de Nice. Un habitant sur cinq n'y résidait donc pas en 1990. 83 % des ces nouveaux arrivants habitaient la France métropolitaine en 1990, 2 % les DOM et {{unité|15|%} à l'étranger.

La première région d'origine de ces migrants est le reste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec près de 32 000 personnes, dont 19 000 en provenance du reste des Alpes-Maritimes, 6 500 du Var et 4 200 des Bouches-du-Rhône. La deuxième région de provenance est l'Île-de-France (17 600 arrivées). Viennent ensuite Rhône-Alpes, le Nord-Pas-de-Calais et le Languedoc-Roussillon.

La majorité des arrivants en provenance de l'étranger sont européens (8 000). Les deux premiers pays sont l'Italie (près de 1 900 arrivées) et Monaco (près de 1 000 arrivées). Viennent ensuite les pays du Maghreb (3 100 arrivées), puis les pays d'Afrique sub-saharienne (2 400 personnes). Le reste du monde représente 2 100 arrivées, dont environ 700 en provenance des États-Unis.

Les échanges de population entre l'agglomération de Nice et le reste de la France, DOM compris, présentent cependant un solde négatif. Le nombre de départs excède le nombre d'arrivées de 2 900 personnes entre 1990 et 1999. Un partant sur deux reste cependant dans le région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec laquelle le solde est très déficitaire (-11 750). Les départements d'accueil sont principalement le reste des Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône. Le solde est également négatif avec les autres régions du Sud de la France (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées). En revanche, il est positif avec les régions Île-de-France (+6 600) et Nord-Pas-de-Calais (+2 100). L'agglomération de Nice laisse donc partir plus d'habitants vers les autres régions du Sud de la France qu'elle n'en attire.

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Prise de la Sardaigne par les Catalans

La prise de la Sardaigne par les Catalans est l'aboutissement de tractations diplomatiques et de conflits armés qui ont conduit, en 1324, les Catalans à s'emparer de la Sardaigne jusqu'alors sous la domination des cités-états de Pise et de Gênes.

Dès l’an 1200, et pendant les décennies qui suivent, des intrigues, des conspirations et des révoltes locales fomentées, soit par Gênes, soit par Pise, bouleversent le paysage de la Sardaigne. Mais les complices d’hier deviennent bientôt les ennemis du jour. Le 6 août 1284, lors de la bataille navale de Meloria, la flotte de Gênes commandée par Oberto Doria l’emporte sur celle de Pise aux ordres d’Alberto Morosini. Le commandant vaincu finira ses jours dans les prisons de Pise où on ne lui a pas pardonné la défaite. Cette date marque le déclin de Pise sur la Sardaigne. La Ville-République ne conserve plus qu’une petite partie du sud de la Sardaigne. Quoiqu’il en soit, Gênes et Pise continuent à monopoliser les activités économiques et politiques de l’île. Malgré tout, quelques villes sardes profitent de leur statut de communes libres : Viladesglésies (Iglesias), Cagliari, Sassari, Castelgenovese (Castelsardo). L’emprise des deux Républiques est donc considérable en Sardaigne.

En 1285, après la conquête de la Sicile par les Catalans et après la funeste croisade du roi de France en Terre catalane, ni le pape, ni le roi de France, ni le roi de Naples n’acceptent une Sicile catalane. En 1295, par le traité d'Anagni, supervisé par le pape Boniface VIII, les Catalans abandonnent le pouvoir qu’ils ont en Sicile ; en échange, le pape leur accorde la Sardaigne et la Corse. Mais les Siciliens refusent ce traité, et la guerre reprend.

S’il faut la conquérir, sachez que la Sardaigne est un gros morceau avec 24.000 km² ; elle est légèrement plus petite que la Sicile qui compte 25.000 km², la Catalunya ayant, environ, 32.000 km² ; pour l’ensemble de la couronne, il convient d’ajouter, bien sûr, l’Aragon et le royaume de Valence.

Rapidement, Gênes et Pise rejettent ouvertement l’acte de donation signé par le pape, et les deux Républiques rassemblent quelques familles sardes. Dans le camp catalan, on comprend alors qu’il faudra lancer une opération militaire. Avant cela, à Barcelone, le roi Jacques II d'Aragon doit régler toutes sortes de problèmes, et notamment, s’assurer une paix solide et durable avec ses voisins : le royaume de Castille, le royaume de France (avec les nobles du Languedoc), le royaume musulman de Grenade, le sultan de Tunis, les roitelets d’Afrique du Nord. Enfin, pour Jacques II, le moment est venu ; il est temps de réunir ses conseillers, de faire le point de la situation et de préparer un plan d’action.

Quelques événements vont montrer que les Sardes attendent les Catalans comme des libérateurs.

Frère Frédéric de Fulgenci adresse une lettre au roi Jacques II d'Aragon, dans laquelle il explique comment les Sardes sont volés et spoliés par les Visconti, les Donaratico, les Doria, les grandes familles des Républiques de Gênes et de Pise ; les richesses de l’île sont contrôlées : mines d’argent, sel, blé, corail, olives, huile, etc. ; les exportations échappent également aux Sardes. L’auteur de la lettre est persuadé que l’île est devenue une colonie d’exploitation. Il affirme que chacun a les yeux tournés vers le pays catalan, vers Jacques II, seul capable grâce à sa puissance, de sortir les Sardes de cette situation déplorable. La peur empêche les nobles et les bourgeois de se révolter. Ainsi, à Cagliari, un habitant qui a osé s’écrier « Ne déplaise au diable que les Catalans viennent ! » est arrêté par les Pisans ; sa tête est plantée sur une pique et fait le tour de la ville.

Si l’on veut bien comprendre les événements qui vont suivre, il convient de remonter le temps. En l’an 1157, Barisó Ire, juge d’Arborea, épouse Agalbursa de Cervera, qui fait partie de l’une des plus puissantes familles de la noblesse catalane. Désormais, les Catalans ont un « pied dans l’île ». En 1192, avec l’appui du jeune roi catalan Alfons Ier, on signe le compromis d'Oristany, qui reconnait officiellement les droits d’héritage de la lignée catalane. Ainsi entre 1321 et 1335, le juge d'Arborea Hug II, a des racines catalanes. Seul Juge indépendant de Gênes et de Pise, il va jouer un rôle déterminant dans le conflit.

Jacques II dépêche Vidal de Vilanova, son efficace et discret négociateur ; il rencontre Hug II en 1322. Voilà son message : « si vous soutenez le camp catalan, le roi vous promet, dès la victoire acquise, des avantages et des privilèges. » Précisons que le secret a été bien gardé, car les Républiques de Gênes et de Pise, pourtant sur place dans l’île, sont persuadées que Hug II reste leur allié.

Du côté catalan, la situation internationale s’est éclaircie, permettant une expédition militaire. En 1321, le Jacques II d'Aragon convoque les Corts Catalanes à Gérone. Dans son discours d’ouverture face aux députés, le roi expose le projet. Après l’avoir écouté attentivement, Sanche de Majorque offre vingt galères armées à ses frais, deux-cents hommes à cheval et des fantassins, pour quatre mois, plus un prêt de 25.000 livres.

Toujours bien documenté, le chroniqueur Ramon Muntaner raconte la suite des débats : « Après cette offre du seigneur roi de Majorque, tous les riches hommes, toutes les cités, tous les évêques, archevêques, abbés, prieurs, offrirent aussi d’aider Jacques II ; et ainsi les secours que le seigneur roi trouvait en Catalogne furent si considérables que c’est merveille. Il vint aussi en Aragon où on lui fit de pareilles offres ; puis, dans le Royaume de Valence, où on en fit tant autant ». Bref, Barcelone, Valence et l’Aragon suivent l’élan et fournissent des contingents.

Et les « ruches catalanes » se mettent au travail. Le roi Sanche de Majorque lance la construction ou l’aménagement de galères et de bateaux à Palma et à Collioure ; il organise la cavalerie et les autres troupes ; il ouvre des bureaux de recrutement pour les volontaires en indiquant, qu’aussitôt les galères construites, les hommes seront tenus pour enrôlés et seront alors rémunérés.

Enfin, le grand jour arrive. La flotte de Sanche de Majorque est fin prête, commandée par Hug Totzó du Roussillon, elle est concentrée à Maó, le port de Minorque. Celle de València et celle de Barcelona ont jeté l’ancre au port de Fangòs, le fameux port de Tortosa situé sur l'Èbre. En ce 31 mai 1323, l’immense flotte de guerre est rassemblée ; elle est si importante, qu’aucun pays ne peut l’égaler. On n’attend plus que le signal du départ pour hisser les voiles. Jacques II confie les rênes de l’expédition à son fils, le primogènit Alfonse, alors âgé de vingt-quatre ans. Au moment du départ, le roi s’approche de lui et prononce ces mots clairs et forts, désormais historiques : « Fils, je vous donne notre ancienne bannière du principat de Catalogne qui possède un singulier privilège qu’il faut que vous lui conserviez. Elle est sans tache aucune et scellée avec une bulle d’or; jamais en champ clos, elle ne fut ni vaincue ni mise en déroute et cela par la grâce particulière de Dieu et la grande fidélité de nos sujets... ». Et entre conseils et recommandations, le roi stimule son fils pour qu’il se conduise comme un valeureux chevalier : « Fill, com serets en la batalla, ferits primer esforçadament e poderosa ; o morir o vençre, o vençre o morir, o morir o vençre ».

Et Alfonse, accompagné de sa fidèle épouse Thérèse d'Entença, quitte le sol catalan sur la Sancta Eulàlia, barque qui le conduit sur la « coca ». Enfin, l’amiral Francesc Carròs donne le départ. Deux cent cinquante bateaux, toutes voiles gonflées, s’éloignent lentement. Le roi et le reine restent sur la grève jusqu’au moment où disparaissent à l’horizon les dernières voiles : « rei i reina estegren aquell dia a la marina mirant-los entró los hagren perduts de vista ».

L’aventure est en marche. Mais une tramontane défavorable les oblige à séjourner cinq jours au port de Maó, sur l’île de Minorque. Les hommes sont les invités du roi Sanche . C’est là que les premières bonnes nouvelles en provenance de la Sardaigne arrivent ; on apprend que des troupes sardes, sous les ordres du Juge Hug II d’Arborea, et les premiers renforts catalans des trois navires arrivés fin mai, commandés par les vicomtes Guerau et Dalmau Rocabertí, ont préparé l’arrivée sur l’île. Ils ont déjà posé le siège au pied du château de Cagliari et de la cité de d’Esglésies. On réalise que le travail diplomatique mené habilement par les Catalans a porté ses fruits.

Et c’est un second départ, cette fois de Maó ; les vaisseaux du royaume de Mallorca se joignent à l’escadre et la flotte est au complet, cap sur la Sardaigne : 300 vaisseaux divers (63 galères et des bateaux de transports), 15.000 hommes (infanterie et almogavares), et 3.000 cavaliers de la couronne. C’est ainsi que le 14 juin 1323, Alfonse et ses armées posent le pied au sud de la Sardaigne. Peu de temps après, sur la plage du golfe de Palmas, un grand nombre de nobles et de seigneurs de Sardaigne lui prête serment de fidélité.

Alors le jeune Alfonse, ses conseillers, et quelques militaires sardes font le point. Quelle est la situation ? Le château de Cagliari est aux mains des Pisans ; il est capable de résister à un long siège ; sur la mer, la flotte pisane menace également la marine catalane. Il est donc décidé de partager l’armée terrestre catalane en deux parties ; le gros des troupes se dirige vers Esglésies, pour établir le siège déjà entamé par Hug II d’Arborea et Rocabertí ; l’autre va à Cagliari pour encercler le château ; pendant ce temps, la flotte de l’amiral Carròs surveille la mer. On débarque ainsi, en pièces détachées, les engins de guerre (catapultes et autres) et on les remonte face aux fortifications.

Le siège d’Esglésies n’est pas facile. Le premier assaut de la cité est lancé le 1er juillet 1323, mais la dureté de la lutte et les maladies diminuent les forces catalanes. L'état-major catalan craint alors que le siège se prolonge. Finalement, la ville capitule le 7 février 1324.

Pendant ce temps, Ramon de Sentmenat s’est emparé de la région de Gallura, au nord. Avec la prise d’Esglésies, les troupes catalanes retrouvent un moral d’acier. Alfonse se dirige alors vers Cagliari. Mais la traversée des marécages insalubres affaiblit les troupes, affectant même le roi Alfonse. Alors, les catalans installent un campement sur une hauteur; puis bâtissent un mur d’enceinte. Ce dernier représente les fondations de la future ville de Bonaire. Les armées, à l’abri des marécages, poursuivent le siège jusqu'à l'arrivée de nouveaux renforts : dix-huit galères légères, rapides, maniables, comme l’avait conseillé l’expérimenté Ramon Muntaner.

De son côté, Pise n’abandonne pas la partie. Elle envoie, elle aussi, une puissante flotte commandée par le comte de Donartico : 40 galères et 6.000 soldats pisains et mercenaires allemands. L’épreuve s’annonce dure tant sur terre que sur mer. Le face à face s’engage le 29 février 1324, dans un lieu dit Lucocisterna, proche de Càller. Alfonse est à la tête de 500 cavaliers et de 2.000 almogavares ; Pise a 1.200 cavaliers et 2.000 arbalétriers.

Les Pisans sont mis en fuite, et embarquent en désordre, mais, un grand nombre se noie dans les marais qui environnent le champ de bataille; le comte de Donartico, le chef de l’expédition, quoique blessé, parvient avec 500 soldats à se réfugier dans le château de Cagliari ; le reste de son armée est écrasé. Or, le même jour, ce 29 février 1324, l’amiral Carròs anéantit la flotte militaire de Pise ; elle est prise, brûlée ou en fuite.

Ainsi, ce double triomphe terrestre et naval, permet au corps expéditionnaire de resserrer le siège du château Cagliari. Installés dans leur ville en construction de Bonaire, les Catalans attendent patiemment la capitulation du château. Ils savent que ce 29 février a été une date décisive pour la domination de l’île. Au début d’avril, le roi Jacques II envoie d’autres renforts à son fils Alfonse, quatre « llenys » et deux gros bateaux de transport. Par contre, Pise ne peut plus ravitailler le château encerclé par les Catalans: les assiégés sont condamnés à se rendre.

Le 19 juin 1324, le traité de paix est signé dans la tente du jeune Alfonse. Pise cède à la Catalogne tous les droits qu’elle a sur la Sardaigne et la Corse : villes, châteaux, villages, terres, ports, mines et salins. Les Pisans gardent cependant le château de Cagliari, à condition de rendre hommage au roi catalan. Ils gardent aussi le droit d’aller et venir en Sardaigne et de faire du commerce. La Senyera Catalana aux Quatre Barres est dressée sur le haut du clocher de l’église de Cagliari. Au nord de l’île, la ville de Sassari ouvre spontanément ses portes aux Catalans : privilèges et coutumes sont conservés. Désormais, les villes portent des noms catalans. Cagliari devient Càller ; Viladesglésias, Esglésies ; Sassari, Sàsser ; etc.

Alfons nomme deux hauts responsables. Un gouverneur de l’île et un trésorier. Le gouverneur est Felip de Saluzzo ; pourquoi Alfons choisit-il Felip ? il fait partie de sa famille, par sa grand-mère la reine Constança ; il a été le conseiller de Frederic II, roi de Sicile ; enfin, il a été marié à Sibilla de Peralta, puis une fois veuf, il a épousé Galbors de Cervera, ce sont les filles de deux puissantes familles catalanes ; Felip connaît donc parfaitement les problèmes de l’île et il a les appuis nécessaires. Le trésorier est Arnau de Caça ; cet homme de grande expérience, né dans l’île de Mallorca, avait participé à la conquête de la Grèce avec les Almogavares ; il était l’ami de Ferran (Ferdinand), le frère du roi Sanç I° de Mallorca, qu’il avait accompagné en Grèce en 1315.

Conscient que sa mission est accomplie, Alfons, accompagné de son épouse Teresa, peut envisager maintenant le retour en terre catalane. Le 25 juillet le couple quitte la Sardaigne. Le 1er août 1324, il débarque à Barcelona. Sur le port, près des drassanes, son père Jaume II, la reine Elisenda, plusieurs familles de la noblesse catalane l’attendent émus, prêts à l’embrasser. Seul absent de marque, qui a beaucoup donné pour l’expédition, c’est Sanç I°, roi de Mallorca ; souffrant, il s’est fait remplacer par son frère Felip ( Philippe ), chanoine ; dès son retour à Perpignan, il fera le compte-rendu de cette historique réception. Historique, ça oui ! Vous vous doutez que le peuple de Barcelona, curieux et friand d’événements aussi considérables, assiste à la scène des retrouvailles royales. Le chroniqueur Ramon Muntaner décrit les festivités qui se déroulent sur tout le territoire de la couronne de Catalunya-Aragó et sur celui du royaume de Mallorca : « La festa fo molt gran en Barcelona e per tota Catalunya e Aragon, e el reine de València e Múrcia, e a Mallorca e en Rosselló, que totes les gents faeren de la vinguda del senyor infant e de madona la infanta ». Et l’euphorie gagne toutes les régions ; partout ce sont des scènes de réjouissances.

Quand il sera couronné roi, Alfons, pour remercier Hug II d’Arborea, le dispensera de lui prêter serment ; le roi lui accordera également le droit de donner des titres à ses enfants ; la plupart d’ailleurs épouseront des Catalans.

Vous venez de lire comment, en un peu plus d’une année, le corps expéditionnaire catalan a pu faire la conquête de la Sardaigne. Et, vous pensez probablement que les Catalans sont installés pour longtemps dans l’île. Ce ne sera pas aussi simple. Pendant des dizaines d’années, Gênes et Pise vont inlassablement fomenter des révoltes et préparer des flottes de guerre. La première bataille éclate un an après : en 1325. Inutile de vous dire que les Catalans n’abandonnent pas la partie. Le roi Jaume II envoie des renforts commandés par Bernat de Suspuglas qui s’ajoutent aux forces de l’amiral Francesc Carrós ; ils écrasent la flotte de Pise et de Savone devant Càller ( Cagliari ). La République de Pise est forcée de renoncer définitivement à tous ses droits sur la Sardaigne.

Les Catalans ont eu le temps d’observer les institutions de la Sardaigne ; elles sont vraiment très différentes des institutions catalanes. Alors, Jaume II nomme les deux réformateurs : Berenguer de Vilaragut et Bernat Gomis pour donner à la Sardaigne les mêmes structures administratives qu’en Catalunya, et notamment un parlement unique pour toute l’île, ce qui n’existe pas encore ! On décide donc de dissoudre l’organisation sarde mise en place par les quatre Juges ; pour instaurer la nouvelle organisation, on fait appel surtout aux Catalans ; c’est ainsi que la langue catalane devient langue officielle. Le 25 août 1327, la ville de Càller, conserve ses avantages, mais les institutions de la municipalité (avec élections) sont calquées sur celle de Barcelona. Càller devient donc le centre du gouvernement royal catalan en Sardaigne. Les Sardes peuvent bien sûr circuler dans la ville, mais ils ont interdiction de passer la nuit dans le château : la guerre, on le sent, n’est pas finie.

Les échanges commerciaux et culturels continuent entre l’île et les cités catalanes. En 1343, des mineurs sardes sont envoyés quelque temps en Catalogne dans les mines catalanes, pour enseigner aux Catalans leurs techniques d’extraction et de traitement de l’argent.

En 1347, éclate une nouvelle révolte fomentée par Gênes et Pise : le gouverneur catalan de l’île, Guillem de Cervelló est tué. Pere III el Cerimoniós, le nouveau roi de la couronne Catalunya-Aragó, envoie aussitôt une flotte commandée par Bernat II de Cabrera ; l’amiral catalan, triomphe de la flotte de Gênes dans la baie de Porto Conte. En 1353, le roi lui-même, à la tête d’une flotte puissante, séjourne dans l’île ; il sait que, dans le sud, il peut compter sur Càller ; pour le nord, le roi décide de s’appuyer sur le petit port de l’Alguer ( Alghero ) ; il va donc lui donner d’énormes privilèges administratifs, commerciaux et financiers : monopole du négoce du corail, droits de pêche, escale obligatoire pour les bateaux catalans de passage, etc. Peu à peu, la ville grandit et se fortifie.

Mais ce n’est pas suffisant : Gênes joue encore au trouble-fête et harcèle en permanence le nord de l’île. Alors, le 28 septembre 1372, le roi décide l’expulsion totale de tous les étrangers et de tous les Sardes de l’Alguer : la ville est entièrement repeuplée par des Catalans qui rachètent, à bon prix, les maisons et les terres. Dois-je vous le préciser ? Ces nouveaux habitants de l’Alguer seront les fidèles alliés de la couronne catalane.

En 1376, Hug III d’Arborea, opposé aux Catalans qu’il considère comme « les ennemis publics », s’autoproclame roi de Sardaigne ; mais peu psychologue et piètre politique, il est haï par les siens et il finit assassiné par ses proches. En 1379, une nouvelle flotte de Gênes tente le blocus de Càller, mais elle est écrasée par l’amiral Gilabert de Cruïlles i de Mallorca, lequel est le fils naturel du roi Sanç de Mallorca.

Le 26 juin 1409, à Sanluri, c’est une bataille décisive ; d’un côté, il y a les Sardes, les Génois et les Languedociens commandés par le vicomte de Narbonne ; de l’autre côté, il y a les troupes catalanes et un contingent de Siciliens sous les ordres de Martí el Jove, ( Martin le Jeune roi de Sicile ), fils de Martí I°, roi de Catalunya-Aragó. Malgré leur infériorité numérique criante, les Catalans plus aguerris, meilleurs stratèges, très disciplinés remportent une victoire complète : butin énorme, étendards ennemis envoyés à Barcelona. Le roi Martí I° décrète alors une période de fêtes… Hélas ! un mois plus tard, Martí el Jove tombe malade et il meurt.

Mais, cette bataille que l’on croyait décisive, n’a pas été la dernière ! En 1412, Lléonard Cubello reprend le flambeau du vicomte de Narbonne ; assiégé à Oristany, il est battu par les forces catalanes de Pere de Torrelles. Finalement, en 1420, Alfons IV el Magnànim ( Alphonse le Magnanime ), le nouveau roi catalan, s’adresse à l’héritier de la famille sarde d’Arborea : c’est le vicomte Guillem II de Narbonne, celui-là même qui avait été écrasé en 1412 ; après négociation, le roi lui achète tous ses droits sur la Sardaigne pour 100.000 florins. Ouf ! La Sardaigne est enfin pleinement catalane : il aura fallu quatre-vingt-dix-sept ans ! Et, comme vous l’avez noté, le royaume de Mallorca a joué un rôle remarquable dans cette expédition militaire.

En conclusion, nous pouvons dire que la Sardaigne est devenue, une base commerciale catalane de premier ordre, et aussi une base militaire et politique. L’installation d’importants contingents de population catalane, le pouvoir politique et économique, le prestige culturel ont fait que rapidement la langue catalane a été parlée dans les villes et les campagnes, elle a été la langue officielle des documents administratifs et du Parlement de toute l’île ; en 1421, sous le roi Alfons IV el Magnànim, ce sera la réunion du deuxième Parlement après celui de 1355 convoqué par Pierre III ; Alfons lui donnera une solide organisation et créera un calendrier ; le parlement s’est tenu en catalan, langue comprise par tous. Le port de Palma sera rapidement le grand bénéficiaire des échanges commerciaux avec la Sardaigne.

Dès le XVe siècle, pour les Catalans, il n’y a pas de différence entre la Sardaigne et les Balears qui font partie de la confédération Catalunya-Aragó-València. En architecture, les Catalans exportent en Sardaigne le style gothico-catalan, comme ils l’avaient fait en Sicile. La Sardaigne reste donc attachée à la politique catalane et ibérique de 1323 à 1713. En 1718, Victor Amédée II de Savoie devient roi de la Sardaigne.

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Source : Wikipedia