Carcassonne

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Posté par talos 18/03/2009 @ 14:10

Tags : carcassonne, aude, languedoc-roussillon, france, environnement

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Carcassonne

Carcassonne vers 1780 (carte de Cassini) avec la bastide à l'ouest de l'Aude et la cité sur les hauteurs à l'est de l'Aude

Carcassonne (en occitan Carcassona ) est une commune française située dans le département de l'Aude et la région Languedoc-Roussillon. La ville est la préfecture de l'Aude, elle est connue pour la Cité de Carcassonne, un ensemble architectural médiéval très bien conservé et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997.

Ses habitants sont les Carcassonnais. Ils nomment familièrement la ville « Carca ».

Carcassonne est située dans le sud de la France à 80 km à l'est de Toulouse. Son emplacement stratégique sur la route entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique est connue depuis le néolithique. La ville se trouve dans un couloir entre la montagne Noire au nord et les Corbières à l'est, la plaine du Lauragais à l'ouest et la vallée de l'Aude au sud. Cette région naturelle est appelée le Carcassès ou le Carcassonnais.

La superficie de la commune est de 65 km², ce qui est une grande commune comparée aux nombreuses petites communes de l'Aude. Les communes limitrophes sont : Pennautier, Villemoustaussou, Villalier, Berriac, Villedubert, Trèbes, Montirat, Palaja, Cazilhac, Cavanac, Couffoulens, Lavalette, Roullens, Caux-et-Sauzens et Pezens.

La station météorologique de Carcassonne-Salvaza mesure quotidiennement plusieurs paramètres météorologiques depuis 1948. Mais des mesures régulières sont faites depuis 1849 sous l'initiative de Don de Cépian, un ingénieur du département, qui plaça un pluviomètre à Carcassonne. Théodore Rousseau prend le relais en 1873, puis en 1897, les Ponts et Chaussées et l'école normale de Carcassonne jusqu'en 1914. Ces données permettent de connaître les conditions météorologiques de la fin du XIXe siècle.

Le climat y est de type méditerranéen. Il se caractérise par des étés secs et chauds, des automnes et des hivers doux sans gel et des printemps peu pluvieux. La neige y est rare, il en tombe en moyenne 7 jours par an entre décembre et mars et fond très rapidement. Les jours de gel sont peu fréquents.

Les précipitations y sont les plus fortes en automne au mois d'octobre et au printemps au mois d'avril. Les pluies d'été sont sous forme d'orages parfois violents se transformant en orages de grêle fatals aux vignes.

Le vent est très présent à Carcassonne, une moyenne de plus de 117 jours par an de vents de plus de 55 km/h y est relevée. Ce sont des vents d'est, vent marin, ou des vents d'ouest appelé Cers.

Carcassonne subit plusieurs inondations de l'Aude en 1872 et 1875. Les inondations de l'année 1891 sont parmi les plus importantes avec une montée des eaux de 8 m envahissant tout le quartier bas de la ville. En août 1912, Carcassonne est frappé par une tornade occasionnant de nombreux dégâts : platanes sectionnés, toitures détruites, etc.

Carcassonne est située sur l'axe majeur de communication entre Toulouse et la côte méditerranéenne. Le canal du Midi datant du XVIIe siècle était autrefois une autoroute fluviale très empruntée. Aujourd'hui, l'autoroute des Deux Mers et plus précisément le tronçon est de l'A61 passe au sud de la ville permettant un accès direct depuis Toulouse ou Montpellier. Deux sorties ( 23 et  24) desservent la commune. Sur le réseau secondaire, la route départementale 6113 (ex RN 113 ) traverse Carcassonne et permet de rejoindre Toulouse à l'ouest et Narbonne à l'est. Au sud, la route départementale 118 permet d'emprunter la vallée de l'Aude et de rejoindre Limoux et Quillan. Au nord, cette même départementale 118 continue vers la Montagne Noire et rejoint Mazamet.

Carcassonne est aussi accessible par le train grâce à la liaison Toulouse-Sète en passant par Narbonne. La ville est aussi reliée à Quillan via une portion rénovée de l'ancienne ligne Carcassonne-Rivesaltes.

La construction de cette gare marque le début du tourisme vers la cité de Carcassonne. L'hôtel Terminus inauguré en 1914 par l'architecte Belin est un bâtiment remarquable du quartier de la gare qui a profité de cet afflux touristique pour se développer.

L'aéroport de Carcassonne Salvaza, rebaptisé « aéroport de Carcassonne en Pays Cathare, en 2004, est situé au sud-ouest de la ville dans la zone d'activité de Salvaza. Il permet de s'envoler vers la Grande-Bretagne (Londres, Liverpool, Bournemouth et Nottingham), vers l'Irlande (Dublin, Cork et Shannon), vers l'Ecosse (Edimbourg), vers la Belgique (Charleroi) et vers l'Allemagne (Francfort) via la compagnie aérienne Ryanair. En 2002, des travaux ont permis d'allonger la piste principale afin de recevoir de plus gros avions. L'aéroport a reçu 426 798 passagers en 2006, 466 305 passagers en 2007 et 444 702 passagers en 2008.,. En 2009, de gros travaux vont être entrepris pour augmenter la capacité de l'aéroport avec un 3e poste de stationnement pour avion, un nouveau parking, une 3e salle d'embarquement et une nouvelle caserne de pompiers.

En centre-ville, la voiture est le moyen de transport privilégié des carcassonnais. La circulation aux heures de pointe y est pourtant assez difficile surtout en été avec l'afflux de touristes. La route nationale 113 qui débouche directement en ville est très vite saturée. Un premier tronçon routier est construit en 1980 avec la rocade ouest permettant de joindre la sortie d'autoroute 23 et la route départementale 6 113. La rocade nord-est est ouverte depuis le 18 décembre 2008 et permet de dévier le trafic de la RD 6 113 grâce à un contournement par le nord. Ces travaux ont nécessité la construction d'un viaduc au-dessus de l'Aude et des trois ponts . En centre-ville, trois parkings souterrains (le parking André-Chénier de 340 places, le parking des Jacobins de 211 places et depuis le 25 février 2008 le parking Gambetta de 403 places) permettent d'accueillir jusqu'à 954 places de voitures. L'aménagement de l'esplanade du square gambetta est actuellement terminé.

Du côté des transports en commun, onze lignes de bus sillonnent la ville de Carcassonne et desservent l'ensemble de la ville dont l'aéroport de Carcassonne. La société Agglo'Bus gère l'ensemble du parc des autobus pour la communauté d'agglomération du Carcassonnais. Durant la période estivale, la bastide Saint-Louis est desservie par de petites navettes électriques gratuites dénommées "Les Toucs".

Carcassonne est située sur les bords du fleuve de l'Aude. La commune est traditionnellement divisée en deux, la ville basse qui occupe les berges du fleuve à l'ouest et la ville haute (ou cité) qui occupe la colline surplombant l'Aude. La cité est construite sur un petit plateau constitué par le creusement de l'Aude à environ 150 mètres d'altitude au dessus de la ville basse. La ville basse se situe au niveau de l'Aude dont l'altitude est de 100 m.

L'Aude arrive à Carcassonne après son périple montagneux dans les gorges de la haute vallée de l'Aude et devient alors un fleuve plus tranquille. Elle passe au Païcherou, longe le cimetière Saint-Michel puis se sépare en deux bras formant une île appelée « l'île du Roy ». Quatre ponts permettent de la franchir : le pont Garigliano, le pont-Vieux accessible qu'aux piétons, le pont Neuf et le pont de l'Avenir. Le canal du Midi passe également au nord de la ville entre la gare et le jardin André-Chénier jouxtant la bastide Saint-Louis.

La ville se situe dans un couloir entre la montagne Noire au nord et la chaîne des Pyrénées au sud. La plaine est constituée de dépôts récents amenés par l'Aude et provenant des Pyrénées. Il s'agit de la molasse de Carcassonne, qui se caractérise par une alternance de grès, de conglomérats et de marnes gréseuses fluviatiles datant de l'éocène.

Les deux quartiers les plus importants sont la cité ou ville haute et la bastide ou ville basse. Ils sont réunis par celui de la Trivalle avec le pont Vieux traversant l'Aude. La Cité est sise sur un promontoire élevé et entourée d'épais remparts depuis le Moyen Âge. Aussi l'habitat y est dense et vieux. La circulation y est difficile, réglementée et interdite en juillet et en août. La ville basse est une ancienne bastide dont l'organisation suit un plan régulier d'un hexagone aux angles flanqués de bastions. Les rues se coupent en angles droits et sont organisées autour d'une place centrale, la place Carnot. Un boulevard ceinture l'ensemble de cette bastide en suivant les anciens remparts de la ville détruits en 1764 sur ordre de l'évêque Armand Bazin de Bezons. Ce boulevard est large et ouvert contrairement aux rues de la bastide qui sont plus étroites. Plusieurs de ces rues de la bastide sont piétonnes.

Le reste de la ville est découpé en quartiers : La Conte et Joliot-Curie, Ozanam et Saint-Saëns, Saint-Georges, le Viguier, Saint-Jacques, la Cité Fleming, Grazailles-la Reille, la Cité la Prade, la Cité Albignac, le Palais, Gambetta, le Plateau, les Capucins, Bellevue et Pasteur.

La ville possède de nombreux hameaux : Montlegun, Montredon, Grèzes, Herminis, Maquens et Villalbe.

Carcassonne comptait 19 399 logements en 1999. Les constructions neuves sont peu présentes puisqu'en 1999, seulement 8,9 % des résidences principales étaient postérieures à 1990. A contrario, les constructions antérieures à 1949 représentaient 29,2 % du parc.

88,3 % des logements sont des résidences principales, réparties à 53,9 % en maisons individuelles et à 46,1 % en appartements (respectivement 59,1 % et 40,9 % dans la région). 47,6 % des habitants sont propriétaires de leur logement, contre 48,7 % qui ne sont que locataires (respectivement 56,8 % et 37,6 % dans la région)'.

À noter qu’avec 3 771 logements HLM soit 19,4 % du parc en 1999 (9,6% dans la région), la ville ne respecte pas les dispositions de l’article 55 de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) de décembre 2000 fixant à 20 % le taux minimum de logements sociaux pour les communes les plus importantes. On peut noter en outre que le nombre de logements vacants était assez important en 1999 avec 9,4 % du parc contre seulement 7,7 % dans la région. L'office HLM de l'Aude a participé à des programmes d'amélioration des logements en 1988 en construisant des résidences intégrant la domotique. Ainsi, les résidences « l'étoile » et « Roosevelt » à Carcassonne sont les premiers logements HLM de ce type. Les quartiers du Viguier et de La Conte regroupent la grande partie des logements sociaux de la ville dont la population est majoritairement composée d'habitants immigrés ou d'origine immigrée. Ces quartiers sont composés de logements HLM ainsi que de pavillons.

La plupart des habitations possèdent 4 pièces (63,8 %), ou 3 pièces (19,9 %), puis 2 pièces (11,8 %). Les petits logements restent peu nombreux (studios : 4,5 %). La ville possède par conséquent des logements de taille importante du fait de l'espace immobilier non restreint, permettant de grandes constructions, et du fait de la demande faible en petits logements'. Enfin il faut préciser que ces logements sont bien dotés puisque 89,9 % ont le chauffage central et 57,4 % possèdent un garage, box ou parking (respectivement 76,5 % et 61,7 % pour la région).

Plusieurs projets d'aménagement de la commune sont en cours de réalisation au nord-est de la ville. Il s'agit de mettre en place de nouvelles zones d'activité commerciale afin d'attirer de nouvelles entreprises à Carcassonne ainsi que l'implantation de nouvelles zones résidentielles. La ZAC (zone d'aménagement concerté) des Hauts de Grazailles située entre la rocade et le canal du Midi est en cours de réflexion et permettrait d'ajouter entre 500 et 700 logements ainsi que des services publics (groupes scolaires) sur 27 hectares. La ZAC de Montredon est un nouveau quartier qui sera créé avec la délocalisation de l’hôpital en 2012. Le site accueillerait le nouveau pôle santé ainsi que des logements et des équipements publics. Enfin, le lotissement de Montredon est en cours de réalisation sur un site de 17 hectares au hameau de Montredon pour la construction de logements sociaux et de pavillons.

L'histoire de Carcassonne est directement liée à celle de la cité. C'est en 1247 que la ville s'étend réellement hors de la cité. Il s'agit de la ville basse ou bastide Saint-Louis.

Carcassonne - blason actuel Il se décrit ainsi : d'azur semé de fleurs de lys d'or au portail de ville flanqué de deux tours couvertes d'argent, maçonné, ajouré et ouvert de sable, la porte coulissée aussi d'argent surmontée d'un écusson de gueules chargé d'un agneau pascal d'argent à la tête contournée nimbée d'or, portant un panonceau aussi d'argent surchargé d'une croisette du champ Ce blason est le résultat d'une recomposition à partir des blasons jadis distincts, de la ville haute et de la ville basse, celui de la ville basse remplaçant au dessus de la porte un précédent "de France moderne".

Toutefois on trouve de nombreuses variantes.

La raison invoquée pour ses nombreuses variations, en particulier pour l'écusson, est sa petite taille rendant difficile la lecture des détails.

Malte-Brun ne donne pas toujours des blasonnements rigoureux : ici le portail de ville (qui est une muraille équipée d'une porte) est confondu avec la porte elle-même : c'est la porte qui est surmontée de l'écusson, non le portail, ce dernier flanqué et non accompagné de deux tours. Ces armoiries de la ville haute représentent le pouvoir.

Ici aussi ainsi, on trouve deux anomalies: "Sans nombre", synonyme de "Semé" fait pléonasme; "supportant" signifie "posé dessus" ce qui n'est pas le cas de la croix, qui est en fait simplement "portée" - si on n'utilise pas le terme spécifique de "croisé" normalement utilisé ici. Un blasonnement plus correct serait : D'azur, semée de fleurs de lis d'or, au besant du même mis en cœur, chargé d'un tourteau de gueules, surchargé d'un agneau pascal d'argent croisé d'or, le guidon aussi d'argent chargé d'une croix de sable. Ces armoiries de la ville basse représentent l'industrie de la laine très puissante.

Carcassonne était très tôt l'emplacement d'un site protohistorique très actif situé près du fleuve Atax (l'Aude). C'est la première apparition connue du toponyme Carcasso. Pline l'Ancien cite ce nom au premier siècle avant J.-C. mais il semble que le terme existait déjà au VIe siècle av. J.-C.. Le site originel de Carcassonne se trouvait sur le plateau où passe l'actuelle autoroute A61. Il s'est ensuite déplacé au VIe siècle vers l'emplacement actuel de la cité de Carcassonne sans raison connue. À la fin du IIe siècle av. J.-C., le lieu est déjà un oppidum avec des fossés et héberge des habitations gauloises. En 118 av. J.-C., les Romains s’emparent du lieu occupé par les Volques Tectosages et fortifient l’oppidum.

Ensuite les Wisigoths s’emparent de l’oppidum au Ve siècle, puis les Sarrasins au VIIIe siècle qui resteront environ trente ans avant d'être chassés par les Francs. Ces derniers laisseront le nom de Karkashuna. D'autres noms apparaissent comme Carcasona ou Carcassione. Après l’éclatement de l'Empire Carolingien, l’époque féodale s’instaure avec à la tête de la ville la famille Trencavel qui va y régner en dynastie du XIe siècle au XIIIe siècle. Carcassonne prospère et prend une place stratégique très importante dans le Languedoc.

Le catharisme atteint Carcassonne qui aura beaucoup d'adeptes dans ses murs. Les cathares étant protégés par le vicomte Raimond-Roger Trencavel, la ville devient terre d’hérésie aux yeux du pape. En conséquence, elle subira de plein fouet les feux de la croisade dirigée par Simon de Montfort. C'est ainsi qu'au mois d'août 1209, l'armée des Croisés met le siège devant Carcassonne. Les deux bourgs tombent rapidement, ils sont brûlés et détruits. L'enceinte de la Cité va résister à l'assaillant. C'est la sécheresse et la soif qui feront capituler le vicomte de Carcassonne au bout de deux semaines de siège. Il sera aussitôt jeté en prison où il mourra très vite. Dès la prise de la Cité les terres des Trencavel sont attribuées à un des Barons du nord, le célèbre Simon de Montfort. Son fils donnera ses terres au roi de France, qui les intégrera au domaine royal en 1224.

Ce dernier événement est majeur dans l'histoire de Carcassonne. Après la tentative de révolte des Carcassonnais menée par le fils du vicomte Trencavel en 1240, Saint Louis chasse la population de la ville, et l'autorise à s'établir sur l'autre rive du fleuve : c'est la création d’une ville nouvelle. Une bastide est alors créée en contrebas de la Cité de Carcassonne. Carcassonne devient alors une ville bicéphale où une concurrence acharnée a lieu économiquement et socialement entre Cité et Bastide. Progressivement, la Bastide Saint-Louis va prospérer économiquement au point de surpasser la Cité qui perd au fur et à mesure tous ses pouvoirs et son rayonnement politique.

La ville basse est dotée d'un consulat en 1248. Six consuls gouvernent la ville aidés par des notables. Au XIVe siècle, la ville est le premier centre de production textile du royaume, dont la matière première utilisée est la laine. Elle provient des élevages de la Montagne Noire et des Corbières. Les productions étaient exportées vers les grands comptoirs européens comme Constantinople ou Alexandrie. En 1348, la ville est touchée par la peste comme le reste du pays et l'épidémie est récurrente jusqu'au siècle suivant. À cette même période, la guerre de Cent Ans provoque de nombreux dégâts. Le prince Noir dévasta par le feu la ville basse en 1355 en épargnant la cité de Carcassonne. Un siège aurait été trop long et l'aurait ralenti dans son entreprise de pillage. La bastide fut reconstruite et fortifiée en 1359. L'industrie du drap reprend et se développe.

À partir de cette période, la ville basse connaît une croissance supérieure à celle de la cité qui perd son rôle militaire. En 1531, le protestantisme fait son apparition, mais les calvinistes sont chassés de la ville basse qui se fortifie de plus belle. C'est une base pour les catholiques qui partent en guerre contre les villages protestants de la région : Limoux, Bram… De plus des rivalités apparaissent entre la cité et la ville basse provoquant des destructions de la ville basse. Au début des années 1560, les protestants de la ville sont massacrés. Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine.

Petit à petit la Cité perd de son importance avec le transfert de nombreuses institutions à la ville basse croissante. La richesse due au commerce drapier permet d'embellir la ville. Des hôtels luxueux sont construits, l'eau est amenée jusqu'à la ville, le pavage et l'éclairage des rues rendent la ville plus moderne. Les vieux remparts et portes de la ville basse sont démolis au XVIIIe siècle, le portail des Jacobins est construit à cette époque. Malheureusement, de nombreux problèmes causent la perte de cette mono-industrie. Sous la Restauration, l'activité est mécanisée et les salaires sont tirés vers le bas. La viticulture rentre en concurrence et la misère gagne la cité de Carcassonne et ses derniers tisserands. À la Révolution française, la ville est peu engagée et l'industrie drapière est concurrencée par les Anglais provoquant des baisses de salaires importantes. Le 29 janvier 1790, le département de l'Aude est créé et Carcassonne en devient le chef-lieu. Mais les prix de la nourriture augmentent, la famine et le mécontentement populaire se font sentir.

Carcassonne absorbe Carcassonne-Cité entre 1795 et 1800.

Au XIXe siècle, un changement dans les mentalités intervient et une prise de conscience pour les monuments historiques s'annonce, on veut restaurer et valoriser le patrimoine français. La Cité, complètement ruinée et miséreuse va recevoir le soutien d’érudits Audois et Carcassonnais tel Jean-Pierre Cros-Mayrevieille soutenu par Prosper Mérimée, Inspecteur des monuments historiques. Les premiers travaux de restauration portent sur la Basilique Saint-Nazaire-et-Saint-Celse.

De nombreuses expropriations ont ensuite lieu, supprimant la totalité de l’habitat construit dans les lices et excluant une partie de la population de la Cité. Un demi-siècle de travaux aura lieu pour restituer toute la grandeur du XIIIe siècle au plus grand ensemble de fortification du Moyen Âge d’Occident. L’architecte Viollet-le-Duc, spécialiste des restaurations en France, portera ce chantier avec réussite mais déclenchera parfois une certaine polémique sur ses choix de restaurations et sur ses initiatives personnelles assez particulières. Il n'en demeure que la Cité de Carcassonne est globalement très bien restaurée, la restauration portant sur seulement 30 % du bâti (crénelages, toitures).

En 1907, les vignerons Carcassonnais participent à la révolte des vignerons pour dénoncer les problèmes qui affectent la viticulture du Languedoc. La fraude récurrente de certains producteurs, la surproduction, le mildiou et la concurrence provoquent leur colère et demande à l'état, qui dans un premier temps ne réagit pas, de mettre en place une réglementation sur les productions viticoles. Carcassonne rejoint en septembre 2007 la Confédération générale des vignerons (CGV), la première union syndicale.

En 1944, la cité de Carcassonne est occupée par les troupes allemandes qui utilisent le château comtal comme une réserve de munitions et d'explosifs. Les habitants sont expulsés de la cité. Joë Bousquet, commandeur de la Légion d'honneur, s'indigne de cette occupation et demande par lettre au préfet la libération de la cité considérée par tous les pays comme une œuvre d'art qu'il faut respecter et laisser libre.

En avril 1996, Rémy Cazals organise le colloque de Carcassonne sur la Première Guerre mondiale qui permettra de publier Traces de 14-18 et de faire avancer l'historiographie de la première guerre mondiale.

En 1997, La Cité de Carcassonne atteint la consécration en obtenant son classement sur la liste des sites au patrimoine mondial de l'humanité par l’UNESCO et la ville basse de Carcassonne « La Bastide Saint-Louis » est classée secteur sauvegardé. Aujourd’hui, plus de trois millions de touristes en font un des lieux les plus visités d’Europe.

Le 6 novembre 2003 eu lieu à Carcassonne dans l'hôtel de la Cité le 16e sommet franco-espagnol en présence de José Maria Aznar, chef du gouvernement espagnol, de Jacques Chirac, président de la République et de 13 ministres des deux pays.

Le 29 juin 2008 pendant les journées "Portes ouvertes" à Carcassonne du 3e régiment parachutiste d'infanterie de marine, suite à une erreur d'approvisionnement de tir (balles réelles au lieu de balles à blanc) un accident provoque des blessures graves sur 17 personnes parmi le public. Cette affaire devenue nationale après la visite sur place du président de la République, Nicolas Sarkozy, accompagné de son ministre de la Défense, entraîna la démission du chef d'état-major des armées.

C'est aussi la préfecture du département de l'Aude dont les locaux sont hébergés dans un bâtiment de 1760 de style Louis XV. La ville fait aussi partie de la première circonscription de l'Aude qui contient 10 cantons et 99 717 électeurs.

Elle abrite plusieurs administrations et services publics sur son territoire : un bureau de poste (40, rue Jean-Bringer), un hôtel de police, une direction départementale des renseignements généraux, une compagnie républicaine de sécurité, un groupement de gendarmerie, un poste de douane présent à l'aéroport de Carcassonne Salvaza, un centre des impôts ainsi qu'une caserne de sapeurs-pompiers. D'autres services publics sont disponibles comme un centre de sécurité sociale, une agence nationale pour l’emploi (ANPE), un point d’accueil EDF-GDF et la caisse d'allocation familiale de l'Aude.

Carcassonne fait partie de la juridiction d’instance, de grande instance et de commerce de Carcassonne, ainsi que de la cour d'appel de Montpellier. La ville possède son propre palais de justice sur le boulevard jean Jaurès. De plus, l'armée est très bien implantée à Carcassonne avec des détachements de l'armée de Terre : le 3e régiment de parachutiste d'infanterie de marine hébergé à la caserne Laperrine datant du XVIIIe siècle, une délégation militaire départementale de l'Aude et le centre d'information et de recrutement de l'armée de Terre.

Le conseil municipal est composé de quarante-trois membres, dont le maire et onze adjoints. Le maire est également le président de la communauté d'agglomération du Carcassonnais. Il est secondé par vingt vice-présidents. De plus, un conseil municipal des enfants est formé de 44 élèves de classes de CM1 et CM2 de vingt-deux écoles.

Politiquement, Carcassonne est une ville de droite, les électeurs ayant voté majoritairement à droite pour les élections municipales depuis 1990. À noter que le maire de la commune depuis 2005, Gérard Larrat, est de droite (UMP). Il a succédé à Raymond Chesa lui-même de droite (UMP) après sa mort suite à une longue maladie. Cependant, avant 1981, les maires de Carcassonne étaient de gauche et l'élection présidentielle de 2007 a montré une nette préférence pour la candidate de gauche au premier tour et une quasi-égalité droite/gauche au second tour.

À l’élection présidentielle de 2002, le premier tour a vu arriver en tête Jean-Marie Le Pen avec 23,50 %, suivi de Lionel Jospin avec 20,15 %, puis de Jacques Chirac avec 17,93 % et enfin Jean-Pierre Chevènement avec 5,36 %, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 5 %. Au second tour, les électeurs ont voté à 77,15 % pour Jacques Chirac contre 22,85 % pour Jean-Marie Le Pen avec un taux d’abstention de 17,27 %, résultat assez proche des tendances nationales (respectivement 82,21 % et 17,79 % ; abstention 20,29%) avec cependant quatre points supplémentaires pour Jean-Marie Le Pen.

Au référendum sur le traité constitutionnel pour l’Europe du 29 mai 2005, les Carcassonnais ont largement voté contre la Constitution européenne, avec 59,63 % de Non contre 40,37 % de Oui avec un taux d’abstention de 29,84 % (France entière : Non à 54,67 % ; Oui à 45,33 %). Ces chiffres sont assez conformes à la tendance départementale de l'Aude (Non à 64,62 % ; Oui à 35,38 %) mais légèrement supérieurs à la moyenne du département démontrant le caractère privilégié des habitants de la ville par rapport au reste du département rural, l'électorat ayant choisi le vote positif étant, selon les analystes politiques, le fait d'une population plus privilégiée économiquement et d'un plus haut niveau d'éducation.

À l’élection présidentielle de 2007, le premier tour a vu se démarquer en tête Ségolène Royal avec 31,13 %, suivi par Nicolas Sarkozy avec 29,60 %, François Bayrou avec 13,71 %, Jean-Marie Le Pen avec 13,33 %, puis Olivier Besancenot avec 3,75 %, et enfin Marie-George Buffet avec 2,29%, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 2 %. Le second tour a vu arriver en tête Nicolas Sarkozy avec 50,30 % (résultat national : 53,06 %) contre 49,70 % pour Ségolène Royal (national : 46,94 %). La victoire au premier tour de la gauche à Carcassonne montre un retournement depuis plusieurs années de la dominance de la droite.

En mars 2008, le maire sortant Gérard Larrat (UMP) gagne l'élection de 56 voix face au député Jean-Claude Perez (PS) mais cette victoire est contestée par la liste adverse qui a déposé un recours au tribunal. Le 23 septembre 2008, le tribunal administratif a tranché et validé l'élection de la liste de Gérard Larrat, mais l'opposant socialiste Jean-Claude Perez a toutefois fait appel de cette décision devant le Conseil d'état.

Les quatre taxes de 2006 furent votées par le conseil municipal de Carcassonne pour des taux de : 15,23 % pour la taxe d'habitation, 39,82 % pour la taxe foncière bâti, 107,99 % pour la taxe foncière non bâti, et 21,33 % pour la taxe professionnelle (taux intercommunal). Les taux départementaux étaient respectivement la même année de 9,43 %, 21,17 %, 54,93 % et 14,68 %.

Cette fiscalité est très supérieure à la moyenne départementale pour les communes de population équivalente. Ces taux sont à titre de comparaison et respectivement 11,44 %, 28,63 %, 67,79 % et 14,37 % pour Narbonne. Narbonne est de taille équivalente à Carcassonne mais possède un dynamisme et une économie liée au tourisme et à des entreprises privées plus nombreuses.

La taux de la fiscalité directe locale est de 15,23 % en 2006 ce qui est là aussi supérieur au taux départemental avec 9,43 %.

Le taux de la taxe d’habitation de 13,82 % en 2003 et 15,23 % 2006 comme les autres taxes est en augmentation constante depuis plusieurs années, contrairement à Narbonne qui a réussi à maintenir ces taux entre 2003 et 2006, notamment les taxes foncières et professionnelles qui n'ont pas bougé.

Enfin, la municipalité doit supporter le poids de la dette « Orta » depuis plusieurs années. Cette dette vient d'un projet de centre international de congrès financé par la municipalité lors du mandat de Raymond Chesa. La construction du site a été confiée un promoteur immobilier appelé « Orta ». Le promoteur s'est enfui avec le financement et la municipalité a été condamnée à rembourser l'argent emprunté. Cette dette est à l'origine d'une partie de l'augmentation. Mais Carcassonne doit aussi rattraper son retard par rapport à Narbonne car elle a connu une période d'immobilisme durant laquelle aucun investissement n'avait été fait sur la commune. Aujourd'hui, de nombreux projets d'aménagement et d'infrastructures sont en cours.

Le taux de criminalité de la circonscription de police de Carcassonne est de 108,60 actes pour 1000 habitants (crimes et délits, chiffres 2005) ce qui en fait le plus élevé de l'Aude, très largement supérieur à la moyenne nationale (83/1000). Ce taux correspond au taux de criminalité de la région Languedoc-Roussillon (109,31/1000). Le taux de résolution des affaires par les services de police est de 24,51 %, le plus faible du département et de la région mais proche des moyennes régionale (26,79 %) et nationale (28,76 %).

La ville réalise plusieurs projets de gestion de l'environnement. Un tri sélectif a été mis en place en 2005 et a permis de traiter 750 tonnes d'ordures ménagères. Ce dispositif a nécessité la mise en place de la déchèterie de La Fajolle, de faire des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens et des écoles et l'extension de l'aire de compostage au pôle environnementale de Salvaza. La ville a investi 28 000 000 d'euros dans la station d’épuration et l'usine de compostage de Saint-Jean.

La ville de Carcassonne comptait 46 639 habitants au dernier recensement de l'INSEE en 2006 ce qui la place au e rang national. Carcassonne est la ville la plus peuplée de l'Aude après Narbonne (50 776 hab). La densité de la commune est de 716 hab/km². C'est aussi la plus densément peuplée par rapport à Narbonne (269 hab/km²), Limoux (290 hab/km²) ou Castelnaudary (228 hab/km²). Mais cette densité est largement inférieure à des villes comme Toulouse (3 299 hab/km²), Montpellier (3 965 hab/km²) ou Perpignan (1 544 hab/km²). C'est aussi l'aire urbaine la plus peuplée du département avec 82 577 habitants couvrant 61 communes avant Narbonne (70 750 hab), Castelnaudary (19 079 hab) et Limoux (15 160 hab).

L'évolution démographique (Source : INSEE) de la ville est régulière et en augmentation depuis le XIXe siècle en passant de 15 219 habitants en 1800 à 46 639 habitants en 2006. Dans le milieu du XXe siècle, cette progression stagne. En 1968, le nombre total d'habitants était de 43 616 habitants. Il descend à 41 153 habitants en 1982. Ce recul de la population s'explique par un solde migratoire négatif au profit des villes de Toulouse ou de Montpellier dans lesquelles l'économie et l'emploi sont plus attractifs.

Cependant depuis 1982, la population augmente à nouveau puisque celle-ci est passée de 41 153 habitants en 1982 à 46 639 habitants en 2006 .

Un autre phénomène est l'arrivée des Britanniques à Carcassonne. L'INSEE a noté une augmentation nette passant de 0,42 Britannique pour 1 000 habitants en 1975 à 2,4 en 1999. La proportion dans le département de l'Aude est plus forte avec 3 pour mille en 1999.

La ville suit exactement les mêmes tendances que la région Languedoc-Roussillon. Les parts des 15-29 ans et des 30-44 ans sont les plus représentées avec 20,8% pour les deux en 1999 (respectivement : 19,8 et 20,9 % pour a région). Les personnes âgées sont peu représentées avec 8,4 % en 1999 comme dans le reste de la région (7,5 %).'.

Carcassonne possède seize écoles maternelles, quatorze écoles élémentaires et quatre écoles primaires. Cela représente 4 250 élèves dans les écoles publiques et 750 élèves dans le privé.

La ville possède six collèges publics : les collèges André-Chenier, de Grazailles, Émile-Alain, Jules-Verne (ancien « la conte »), le Bastion et Varsovie ; et quatre lycées : Charles-Cros, lycée agricole Charlemagne, Jules-Fil et Paul-Sabatier.

La commune compte en outre trois établissements privés : le collège Jeanne d'Arc, le lycée Saint-Stanislas et le lycée d'enseignement professionnel Saint-François.

Carcassonne est équipée de quelques établissements d'enseignement supérieur comme un Institut de formation en soins infirmiers, un IUFM et un IUT en « Statistiques et traitement informatique des données » complété par une licence professionnelle « Traitement de l'information géographique ».

Le premier centre de santé de Carcassonne date de 1648. Il est situé au pied du pont vieux du côté de la bastide Saint-Louis. Il s'agit de l'ancien hôpital général qui est devenu aujourd'hui le centre de séjour du pont Vieux qui dépend du centre hospitalier Antoine-Gayraud. La ville possède un établissement privé, la clinique Montréal, et un établissement public, le centre hospitalier de Carcassonne. Un pôle Santé est en cours de réalisation sur la zone d'activité de Montredon. Elle comprendra un pôle logistique et un secteur hospitalier.

Le rugby est un sport très pratiqué à Carcassonne. Ainsi, le club Union sportive carcassonnaise XV (USC), fondé en 1899, est le doyen des clubs sportifs carcassonnais. La structure a créé une école de rugby, l'école de Rugby Bassin Carcassonnais pour former les jeunes de la région. Son palmarès n'est pas très important et le club a rétrogradé en division honneur en 1951 alors qu'il était en première division en 1925, mais en 2008, il accéde à la Fédérale 1 (3éme division Nationale) et remporte le titre de Champion de France de Féderale 2. Le club Association Sportive Carcassonne XIII joue quant à lui dans le championnat de France de rugby à XIII et au rugby à XIII depuis 1938. C'est une des équipes de rugby à XIII qui a eu son heure de gloire durant les années 1945-1954 avec la famille Taillefer. Les joueurs Édouard Ponsinet, Puig-Aubert et Gilbert Benausse étaient des figures emblématiques du rugby à XIII Carcassonnais. L'ASC XIII est le club le plus titré de France avec 10 titres de champions de France et 11 coupes nationales. La ville possède aussi son club de football, le Football Athlétique Carcassonne Villalbe fondé en 1932. Enfin, plus minoritairement, la ville possède son club de basket-ball, Sport Olympique Carcassonnais Basket, et de handball, le Hand Ball Club Carcassonnais.

Au niveau des infrastructures sportives, Carcassonne propose dix stades dont le stade Albert-Domec pouvant accueillir 10 000 personnes. Elle possède aussi des aires de jeux, un centre omnisports de 6 500 m² où l'on peut pratiquer les sports de raquette, les arts martiaux et la gymnastique et centre de remise en forme avec la possibilité de faire du tir à l'arc, de la boxe et du tae kwon do. La ville possède aussi six gymnases et une salle polyvalente ainsi que trois piscines dont 2 couvertes et enfin trente courts de tennis (couverts et de plein air). Il existe aussi un golf de 18 trous et un hippodrome.

La presse est représentée majoritairement par les grands quotidiens régionaux L'Indépendant, Midi Libre et La Dépêche du Midi. En plus des stations de radio nationales, la ville est couverte par de nombreuses stations locales dont Contact FM, 100 pour 100, Radio Marseillette ou nationales avec décrochage local,comme Chérie FM et Radios chrétiennes francophones (R.C.F pays d'Aude). Une télévision locale diffuse des émissions sur Carcassonne. Il s'agit de Canal Cité(s).

Au XVIIIe siècle, la ville était une grande ville industrielle grâce à la production de textiles de toutes sortes. Aujourd'hui, Carcassonne ne vit que de commerce local lié au tourisme et de ses fonctions administratives.

Carcassonne est aussi le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Carcassonne-Limoux-Castelnaudary. Elle gère l'aéroport de Carcassonne Salvaza.

L'économie industrielle est faible, l'industrie lourde est inexistante et la ville tente d'attirer de nouvelles industries. Quelques entreprises sont présentes en agro-alimentaire comme BONCOLAC-PILPA (fabrication de crèmes glacées), le groupe UCCOAR (usine d'embouteillage) dont le chiffre d'affaire est de 92 M d'euros et Aude Coop (Coopérative des producteurs du terroir d'Oc).

L'artisanat est bien représenté à Carcassonne avec 936 entreprises regroupant 2700 actifs. L'agriculture est peu représentée et se limite majoritairement à la viticulture. Le tourisme est aussi un apport économique important grâce à l'attrait mondial de la cité de Carcassonne et du canal du Midi. Il représente un taux d'emploi comparable à celui de la côte languedocienne. La commune a donc développé son offre d'accueil avec de nombreux restaurants et 1200 chambres réparties dans 34 établissements dont deux hôtels de luxe quatre étoiles, l'hôtel de la Cité et le Domaine d'Auriac. Carcassonne possède aussi un camping trois étoiles et de nombreux gîtes. Au milieu de la cité, se trouve aussi une auberge de jeunesse.

Comme dans tout le reste de la France, le commerce de détail de Carcassonne a régressé au profit du commerce de grande surface. La grande surface gagnait 14,1 emplois pour 1 000 habitants entre 1975 et 1999 tandis que le reste du commerce de détail en perdait 16,3 pour 1 000. Le commerce de détail reste tout de même majoritaire avec 68 % des emplois commerciaux tandis que les grandes surfaces représentaient 32 % dans l’ensemble des communes 25 km autour de Carcassonne.

L'agriculture est très peu représentée parmi les emplois Carcassonnais avec 1,9 %. Cet emploi a beaucoup régressé depuis 1990 comme une grande partie de la France. L'industrie et la construction représentent aussi peu d'emploi avec respectivement 7,7 % et 5,5 % des emplois. Ces taux sont le résultat de plusieurs années de désindustrialisation comme à Limoux. Le secteur tertiaire regroupe pratiquement la totalité de l'emploi avec un taux de 85 %. Le taux de Carcassonnais ayant suivi des études supérieures est de 17,4 %, contre 18,1 % en moyenne en France métropolitaine. Le taux de chômage est d’environ 10,6% (estimation 2005), soit légèrement supérieur à la moyenne nationale (9,6 %), et le revenu moyen par ménage est d'environ 13 650 € par an (moyenne nationale : 20 363 € par an).

En 1999, 85,8 % des actifs Carcassonnais ayant un emploi travaillaient dans la commune. La plupart des actifs travaillent à Carcassonne car la ville regroupe la plus grande partie du bassin d'emploi de la région. 74 % des actifs avec emploi utilisent leur voiture particulière pour leur trajet domicile / lieu de travail. Carcassonne rencontre assez peu de difficultés de circulation et les transports en commun sont peu développés ce qui favorise l'utilisation de ce mode de transport.

La Cité de Carcassonne, sur la rive droite de l'Aude a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997. C'est le haut lieu touristique de la ville avec plus de deux millions de visiteurs chaque année dont 300 000 visites du château comtal et des remparts. C'est le deuxième site touristique le plus visité après le Mont-Saint-Michel.

C'est un ensemble médiéval unique en Europe de par sa taille et son état de conservation. La cité est ceinturée de deux rangées de remparts et possède un château, le château comtal, et la basilique Saint-Nazaire.

Situé au sein de la cité de Carcassonne, le château comtal est une forteresse qui hébergeait les vicomtes de Carcassonne. Certaines de ses fondations reposent sur une domus du Ier siècle. Très tôt, cet emplacement devient un lieu de pouvoir. Le nouveau château comtal est bâti au début du XIIe siècle ; il en reste aujourd’hui une partie du donjon. Il connaît de nombreuses modifications au cours des siècles en particulier en 1229 où, aux mains du pouvoir royal, il devient le siège de la Sénéchaussée. De 1240 à 1250, la construction de l’enceinte est entreprise pour le fortifier. Cette ceinture est constituée d’une courtine, de tours rondes, du châtelet d'entrée, de la barbacane ainsi que du fossé.

Le château se visite toute l'année et permet d'accéder aux remparts de la cité. Il contient en outre un musée lapidaire et une exposition permanente sur la restauration de la Cité au XIXe siècle.

La basilique Saint-Nazaire est une église d'origine romane datant du XIe siècle. C'est tout d'abord une simple église bénie et consacrée cathédrale par le pape Urbain II en 1096'. Sur son emplacement se trouvait une cathédrale carolingienne dont il ne reste aucune trace aujourd'hui. La crypte date aussi de l'époque de la construction de la nouvelle cathédrale par la famille Trencavel malgré son état dégradé qui fait penser le contraire.

La cathédrale est construite en grès à l'extérieur. Elle est agrandie entre 1269 et 1330 dans le style gothique imposé par les Français devenus maîtres de la région, avec un transept et un chœur très élancés, un décor de sculptures et un ensemble de vitraux qui comptent parmi les plus beaux du sud de la France. Un prélat bâtisseur, Pierre de Rochefort, est à l'origine financière d'une grande partie des décors et de l'achèvement des voûtes. Ses armoiries sont visibles dans le chœur, l'abside et le bras sud du transept, tandis que la chapelle du collatéral nord contient le monument commémoratif de la mort du contributeur. Un autre personnage, Pierre Rodier archevêque de Carcassonne, possède son blason dans la chapelle du collatéral sud.

Les rénovations d'Eugène Viollet-le-Duc ont largement transformé son extérieur, mais l'intérieur est le plus remarquable. On observe alors les deux styles, gothique et roman, sur les vitraux, les sculptures et tous les décors de l'église. De nombreux vitraux du XIIIe siècle et du XIVe siècle sont présents sur les façades. Elles représentent des scènes de la vie du christ et de ses apôtres. En 1801, l'église est déchue de son rang de cathédrale de Carcassonne au profit de l'église Saint-Michel, située dans la bastide. Ce transfert se déroule dans un contexte de changements avec l'abandon de la cité et l'expansion de la ville basse. Elle devient Basilique en 1898 octroyé par le pape Léon XIII.

Une communauté de chanoine vivait à proximité de la cathédrale avec une salle capitulaire et le dortoir à l'est, le réfectoire et les cuisines au sud et les caves et écuries à l'ouest. Mais l'ensemble des bâtiments est démoli en 1792.

Le Canal du Midi est une voie fluviale classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996. À l'origine, en 1681, le canal ne passe pas à Carcassonne et se trouve à plus de deux kilomètres de la cité à cause d'un désaccord de négociation entre Pierre-Paul Riquet qui réclamait aux consuls de Carcassonne une aide financière de 100 000 livres pour faire passer le canal dans la ville. Cette erreur des dirigeants de la ville eut un impact sur l'économie de la ville puisque le trafic fluvial ne s'arrêtait pas à Carcassonne. Cette dernière ne s'épanouissait pas autant que Castelnaudary. Un nouveau tracé est alors proposé pour détourner le canal dans la ville et pour construire un port fluvial. En 1810, le canal du Midi passe définitivement par Carcassonne. La ville possède désormais un axe majeur de navigation fluvial du XIXe siècle, le bassin du port, et trois ponts que sont le pont Marengo, le pont de la paix et le pont d'Iéna.

L'arrivée du canal du Midi est générateur de nombreuses transformations urbaines dans la ville basse. Les fossés entourant les remparts de la bastide sont comblés afin de construire des grands boulevards. En 1812, un grand projet permet d'urbaniser la partie située entre le canal et la bastide. Des logements sont construits ainsi que des bâtiments pour le fonctionnement du canal durant les années qui suivirent.

Plus communément appelée « ville basse », elle est le centre marchand et résidentiel de Carcassonne. C'est Saint-Louis qui autorise la construction en 1247 d'un bourg sommairement fortifié pour loger les Carcassonnais. L’enceinte longue de 2800 m qui entoure la ville est construite de 1355 à 1359, sous les ordres du comte d’Armagnac. La ville basse fut saccagée par Édouard de Galles, le Prince Noir, en 1355. En 1539, la bastide fut modifiée et prit son aspect actuel.

La bastide Saint-Louis était entourée de remparts dont il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges, notamment à l'est de la ville, les remparts du bastion. Le plan de la ville basse est un plan en damier centré sur la place Carnot. Les rues étroites se coupent à angle droit et courent d'un bout à l'autre de la ville, plan typique des bastides du sud de la France. Ce découpage permettait aux défenseurs du Moyen Âge de parcourir sans obstacle la ville à cheval afin de défendre les remparts attaqués. Au centre de la ville se trouve la place Carnot, qui est encore aujourd'hui la place du marché. Vers la fin du XVIe siècle, les murailles sont renforcées de quatre bastions : le bastion Saint-Martin, le bastion du Calvaire, le bastion de Montmorency et le bastion de la Tour Grosse ou des Moulins. Ces travaux interviennent durant les guerres de religion afin de renforcer les protections de la ville basse.

Aujourd'hui, la bastide est constituée de rues piétonnières possédant de nombreux commerces. La place Carnot centrale accueille en été une scène pour le festival de la Bastide proposant plusieurs spectacles gratuits.

La porte monumentale des Jacobins est l'une des quatre dernières portes qui se situaient aux quatre points cardinaux de la bastide. Ces portes permettaient le contrôle des entrées dans la bastide quand cette dernière était fortifiée.

Un seul film de cinéma a été tourné uniquement dans la Bastide, il s'agit de Sans famille de Marc Allégret en 1934.

Entre la ville basse et la ville haute, Carcassonne possède plusieurs lieux sacrés. Deux églises, la cathédrale Saint-Michel et l'église Saint-Vincent, datent de l'extension de deux villages, Saint-Vincent et Saint-Michel, hors de murs de la cité durant l'époque médiévale. La cathédrale Saint-Michel est le lieu de culte de la bastide Saint-Louis construit en 1247. C'est une église gothique de style languedocien qui devient cathédrale en 1803 suite à la destitution de la basilique Saint-Nazaire (décrite plus haut) située dans la cité. La partie sud de la cathédrale reposait contre une muraille construite après la destruction du Bourg en 1355. Le clocher se compose de trois étages rectangulaires et massifs et un quatrième octogonal. La cathédrale a été restaurée plusieurs fois par Eugène Viollet-le-Duc. L'église Saint-Vincent, pour sa part, a été construite en 1269, elle posséde la 2éme nef a travée unique la plus large de France (20 m), seulement devancée par la cathédrale de Mirepoix (20,50 m).

L'église Saint-Gimer est située dans le quartier de la Barbacane au pied de la cité. Elle est plus récente car elle a été construite par Eugène Viollet-le-Duc de 1854 à 1859 à la place de la barbacane d'Aude qui a été détruite pour l'occasion. La chapelle Saint-Gimer existait dans le quartier avant la construction de l'église. Elle a été érigée au XVIIe siècle sur l’emplacement de la maison natale de saint Gimer, évêque de Carcassonne au début du Xe siècle.

Des chapelles sont aussi présentes en ville comme la chapelle Notre-Dame de la Santé qui date de 1527 grâce à l'argent du legs de Jean de Saix. Elle faisait partie de l'hôpital des pestiférés situé près du pont vieux. Une autre chapelle, la chapelle des Carmes, est située dans la bastide Saint-Louis. Elle a été reconstruite plusieurs fois au XIVe siècle, puis au XVIIe siècle et enfin au XVIIIe siècle.

Enfin, un temple protestant est situé dans la rue Antoine Marty et a été inauguré en 1890. Sa façade est sobre et ressemble à une église anglicane.

La mosquée As-Salam a été inaugurée le 24 juin 2000 dans le quartier La Conte.

Carcassonne possède deux fleurs en tant que ville fleurie par le Conseil national des villes et villages fleuris de France.

Carcassonne possède de nombreux hôtels bourgeois témoins de son passé industriel et commerçant. Ces hôtels datent de l'industrie du textile entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. La rue de Verdun (ancienne rue Mage) regroupe plusieurs de ces hôtels comme l'hôtel Besaucèle, l'hôtel Bourlat et l'hôtel de Roux d'Alzonne qui renferme le lycée André-Chénier. Quelques hôtels sortent du lot comme l'hôtel de Franc de Cahuzac, l'hôtel Castanier-Laporterie ou l'hôtel de Murat.

Enfin d'autres hôtels particuliers peuvent être signalés comme l'hôtel de Pelletier du Claux, l'hôtel de Rolland qui renferme l'actuel hôtel de la mairie, l'hôtel de Saix, l'hôtel Roques-Guilhem, l'hôtel de Maistre et l'hôtel Saint-André.

D'autres édifices sont caractéristiques de l'histoire et du patrimoine de la ville. Le pont Vieux est un pont d'une longueur de 225 mètres enjambant l'Aude qui fut le premier pont à relier la cité à la bastide. Il est aujourd'hui réservé aux piétons. Il permet d'avoir une belle vue sur les remparts de la cité et sur le quartier de la Trivalle situé en contrebas de la cité. C'est dans ce quartier que se trouve la manufacture royale de La Trivalle qui était un ensemble d'usines destiné à la confection de draps. Cette manufacture a été mise en place en 1696 par Colbert pour favoriser l'exportation de textile de qualité en Méditerranée orientale. Le seul bâtiment conservé se situe à l’extrémité du pont Vieux. Il est aujourd'hui intégré aux bâtiments de la cité administrative.

Au cœur de la bastide Saint-Louis, se trouve la halle aux grains qui date de 1769. Enfin, le monument à la Résistance est une œuvre de René Iché dont la sculpture monumentale, située boulevard Marcou, représente deux Lutteurs s'affrontant.

La cuisine de Carcassonne est une cuisine typiquement du sud-ouest basée sur des produits fermiers tels que les volailles et légumes. Ainsi, des spécialités de Carcassonne comme le jambonneau, les gésiers de volailles confits, le confits d’oie et de canard, les petits carcassonnais, les chocolats de la Cité, les pavés de la Cité, le grés de la Cité et les briques de la Cité, peuvent être dégustés en ville. Les petits carcassonnais, les chocolats de la Cité, les pavés de la Cité, le grès de la Cité et les briques de la Cité sont des friandises à base de sucre ou de chocolat que l'on peut trouver dans les boutiques de la cité de Carcassonne.

La région carcassonnaise offre d'autres spécialités comme les pâtés de foies d'oie ou de canard, la salade d'artichaut au foie sec, le cassoulet (composé de haricots secs, de couennes et de viandes de porc, de saucisse et de confits d'oie ou de canard) et les fricassées de haricots ou de fèves. Le cassoulet de Carcassonne se différencie de ses homologues de Castelnaudary et de Toulouse par l'ajout de viande de perdrix.

D'autres spécialités sont proches du terroir languedocien comme les escargots à la Languedocienne (composés d'oignons, de jambon, de tomates, et de persillade), la bourride de Bages, les bouillabaisses et le flan de Saint-Jean du Minervois (composé de muscat de Saint-Jean, de miel des Corbières et d’œufs).

Plusieurs vignobles autour de Carcassonne produisent des vins de terroirs utilisés dans de nombreuses spécialités comme les daubes ou civets au vin des Corbières ou du Minervois. Ainsi, on retrouve près de Carcassonne le vignoble du Cabardès situé au nord, le vignoble des Corbières situé au sud-est, le vignoble des Côtes de la Malepère qui entoure Carcassonne et le vignoble du Minervois au nord-est.

La distillerie Sabatier, fondée par Michel Sabatier en 1885 fabriquait la Micheline, une liqueur, et l'Or-Kina, un apéritif. En 2008, ils sont produits par la maison Cabanel.

La ville de Carcassonne possède plusieurs installations pour promouvoir la culture. Deux théâtres existent dans la ville. Le théâtre Jean-Deschamps à ciel ouvert installé au cœur de la cité offre un lieu de spectacle privilégié pour le festival de la cité qui se déroule chaque été. Le théâtre municipal Jean-Alary propose aussi plusieurs pièces tout au long de l'année. C'est un théâtre aux caractéristiques de l'entre-deux-guerres (sobre et fonctionnel), construit en 1933 par les architectes R. Esparseil et M. Oudin, il se trouve sur l'emplacement de l'ancien couvent des Dominicains. Les décors intérieurs peints sont les œuvres de J.-N. Garrigues et de G.-J. Jaulmes. Immeuble classé sur la liste des Monuments historiques. Deux autres salles de spectacles existent : l'auditorium dans l'ancienne chapelle du collège des Jésuites et le Chapeau rouge rue Trivalle au pied de la Cité.

Le musée des Beaux-Arts de Carcassonne est situé dans l’ancien Présidial sur les boulevards plantés de platanes de la ville basse. Il offre une collection de peinture occidentale des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, une collection de faïences, des tapisseries et des objets d’art. Une bibliothèque municipale possède aussi un fond documentaire important de documents anciens et récents. La médiathèque « Prat Mary » est en projet afin de regrouper les bibliothèques de la communauté d'agglomération du Carcassonnais.

Le multiplexe Cap'Cinéma a ouvert ses portes dans la zone du Pont Rouge depuis le 27 octobre 2007 avec neuf salles de cinéma soit 1 828 places, une halte garderie et plusieurs restaurants. Dans le futur, un bowling et une patinoire doivent également s'installer sur le même site. Carcassonne possède également cinq salles de cinéma en centre ville, cinéma le Colisée, gérées également par la société Cap Cinéma Carcassonne. Ce cinéma se consacre essentiellement à l'art et l'essai. La société Cap Cinéma possédait une autre salle le cinéma l'Odéum qui a fermé ses portes lors de l'ouverture du multiplexe. Cette salle, dont la façade est de style art-déco, a été rachetée par la mairie pour en faire un centre de congrès.

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Cité de Carcassonne

Plan de la Cité de Carcassonne avec un fond de plan réalisé par Eugène Viollet-le-Duc représentant la Cité au XIIIe siècle

La Cité de Carcassonne est un ensemble architectural médiéval qui se trouve dans la ville française de Carcassonne dans le département de l'Aude, région du Languedoc-Roussillon. Elle est située sur la rive droite de l'Aude, au sud-est de la ville actuelle. Cette Cité médiévale fortifiée, dont les origines remontent à la période gallo-romaine, doit sa renommée à sa double enceinte, atteignant près de 3 km de développement et comportant cinquante-deux tours, qui domine de manière spectaculaire la vallée de l'Aude. La Cité comprend également un château (le château comtal) et une basilique (la basilique Saint-Nazaire).

Sauvée de la destruction puis restaurée au XIXe siècle de manière parfois controversée sous la direction de Viollet-le-Duc, la Cité de Carcassonne est, depuis 1996, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le château comtal, les fortifications, les lices et les tours appartiennent à l'État et sont gérés par le centre des monuments nationaux, tandis que le reste de la Cité fait partie du domaine municipal.

La Cité de Carcassonne est située sur la rive droite de l'Aude en surplomb de la ville de Carcassonne située à l'ouest. Elle se trouve entre la Montagne noire et les Pyrénées sur l'axe de communication allant de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique. La présence des deux montagnes forme le couloir carcassonnais souvent cité lorsque les climatologues parlent du vent qui souffle dans ce couloir. Cet emplacement est donc un lieu stratégique du sud de la France permettant de surveiller cet axe de communication majeur : au Nord vers la Montagne Noire, au Sud vers les Corbières, à l'Ouest vers la plaine du Lauragais et à l'Est la plaine viticole vers la Méditerranée.

La Cité est construite au bout d'un petit plateau constitué par le creusement de l'Aude à environ 150 mètres d'altitude au dessus de la ville basse. La première enceinte construite par les Wisigoths suit les dépressions du terrain. Ce plateau se détache du massif des Corbières sur la commune de Palaja à 260 m d'altitude, passe dans la Cité à 148 m et finit sa course dans l'Aude à 100 m. Du côté Ouest, la pente est assez raide offrant un accès difficile à d'éventuels assaillants. À l'Est, la pente est plus douce et permet un accès aisé des marchandises mais aussi des attaquants. Aussi, les plus importants mécanismes de défense se trouvent de ce côté de la Cité.

La Cité a été successivement un site protohistorique, une cité gallo-romaine, une place forte wisigoth, un comté, puis une vicomté, puis finalement une sénéchaussée royale. Chacune de ces étapes, entre la période romaine et la fin du Moyen Âge, a laissé des témoignages dans les bâtiments qui la composent.

Des restes d'un oppidum fortifié, oppidum Carcaso proche de l'emplacement actuel de la Cité, ont été mis au jour par des fouilles archéologiques. Ce lieu est déjà un important carrefour commercial comme le prouvent les restes de céramiques de style campanien et d'amphores. Vers 300 avant J.-C., les Volques Tectosages prennent possession de la région et fortifient l'oppidum de Carcasso. Pline l'ancien mentionne l'oppidum dans ses écrits sous le nom de Carcaso Volcarum Tectosage. Ils extrayaient déjà l'or de la mine de Salsigne pour constituer des offrandes à leurs dieux.

En 122 avant J.-C., les Romains annexent pacifiquement la région qui sera intégrée dans la colonie Narbonnaise créée en 118 avant JC. Les Romains sont déjà bien connus car depuis deux cents ans leurs marchands parcourent la région. Sous la Pax Romana la petite cité gallo-romaine de Carcaso, devenue chef lieu de la colonie Julia Carcaso, prospère sans doute grâce au commerce du vin et à son implantation sur les voies de communication : elle jouxte la voie romaine qui va de Narbonne à Toulouse tandis que les bateaux à fond plat circulent sur l'Atax au pied de l'oppidum. Ce dernier est agrandi par remblayage et les rues et ruelles forment un plan orthogonal. Mais, la Cité ne possède aucun lieu public ni monument de culte. De plus, au pied de l'oppidum, une agglomération s'étend le long de la voie romaine.

Au IIIe siècle, la ville subit, comme tout l'Empire Romain, des attaques diverses qui obligent ses habitants à se retrancher derrière une première série de remparts gallo-romains. En 333 après J.-C., des textes d'un pèlerin mentionnent le castellum de Carcassonne. Ces remparts sont encore visibles dans certaines parties de l'enceinte et servent de soubassements aux actuelles murailles. Les tours de la Marquière, de Samson et du Moulin d'Avar sont les témoins en partie intacts de cette enceinte primitive. Cette muraille protège la Cité des attaques extérieures tout en permettant de contrôler les passages sur la voie romaine située en contrebas.

Au milieu du Ve siècle, les Wisigoths, peuple barbare, prennent possession du Languedoc, après avoir longuement séjourné en Italie. La Cité fortifiée devient une ville frontière au nord de leur royaume, grâce probablement à la victoire d'Ataulphe pendant sa marche sur Toulouse. La Cité jouit peu à peu d'une relative paix politique jusqu'au règne d'Alaric II, comme l'atteste le nombre important de pièces de monnaie des monarques wisigoths de cette époque. En 507, les Wisigoths sont chassés d'Aquitaine par les Francs mais conservent la Septimanie dont fait partie la Cité de Carcassonne. En 508, Clovis lance en vain une attaque contre les Wisigoths pour prendre la Cité de Carcassonne,. En 585, une nouvelle attague de Gontran, roi franc de Burgondie est couronnée de succès. Mais, les Wisigoths reprennent la cité peu après et en restent maîtres jusqu'en 713. Au cours du VIe siècle, Carcassonne devint, avec Agde et Maguelonne, le siège d'un évêché. Une cathédrale wisigothique, dont l'emplacement n'est pas connu, est alors construite.

En 725, le Wali Ambisa prend Carcassonne à la suite de la conquête du royaume wisigoth d'Espagne par les musulmans. La Cité reste entre les mains des musulmans jusqu'en 752, date à laquelle elle est reprise par les Francs conduits par Pépin le Bref. C'est cet épisode qui inspira aux auteurs de l'histoire la légende de Dame Carcas détaillée plus loin dans cet article.

Le début de la féodalité s'accompagne de l'expansion de la ville et de ses fortifications. Elle est aussi marquée par la construction de la cathédrale à partir de 1096 puis par celle du château comtal au XIIe siècle. Ce château est constitué à l'origine de deux corps de logis auquel est ajoutée en 1150 une chapelle qui donne un plan en U autour de la cour centrale. Vers 1240 le château est rehaussé d'un second étage.

C'est aussi la période des comtes de Carcassonne. Le premier comte désigné par les Carolingiens est Bellon auquel succède Oliba II. La charge des comtes est d'administrer la région pour le compte du royaume carolingien. Au IXe siècle, la locution latine Cité de Carcassonne revient régulièrement dans les textes et chartes officiels. En 1082, la famille Trencavel prend possession de la ville, en profitant des embarras de la Maison de Barcelone propriétaire légitime, et l'annexe à un vaste ensemble allant de Carcassonne à Nîmes.

Bernard Aton IV Trencavel, vicomte d'Albi, de Nîmes et de Béziers, fait prospérer la ville et lance de nombreuses constructions. C'est également durant cette période qu'une nouvelle religion, le catharisme, s'implante avec succès dans le Languedoc. Le vicomte de Trencavel autorise en 1096 la construction de la basilique Saint-Nazaire dont les matériaux sont bénis par le pape Urbain II. En 1107, les Carcassonnais rejettent la suzeraineté de Bernard Aton, qui avait promis de rendre la Cité à son possesseur d'origine Raimond-Bérenger III de Barcelone et font appel au comte de Barcelone pour le chasser. Mais, avec l'aide de Bertrand de Tripoli, comte de Toulouse, Bernard Aton reprend le contrôle de la Cité. En 1120, les Carcassonnais se révoltent de nouveau, mais Bernard Aton rétablit l'ordre quelques années plus tard. En 1130, il ordonne le début de la construction du château comtal désigné sous le terme de palatium et la réparation des remparts gallo-romains. Dès lors, la Cité de Carcassonne est entourée de sa première fortification complète.

À cette époque la Cité est riche et sa population est comprise entre 3 000 à 4 000 personnes en incluant les habitants des deux bourgs qui se sont édifiés sous ses murailles : le bourg Saint-Vincent situé au Nord et le bourg Saint-Michel situé au sud de la porte Narbonnaise. La ville se dote en 1192 d'un consulat, composé de notables et de bourgeois, chargés d'administrer la ville, puis en 1229 d'une charte coutumière.

En 1208, le pape Innocent III, confronté à la montée du catharisme, appelle les barons du nord à se lancer dans la croisade des Albigeois. Le comte de Toulouse, accusé d'hérésie, et son principal vassal le vicomte de Trencavel sont la cible de l'attaque. Le 1er août 1209, la Cité est assiégée par les croisés. Raimond-Roger Trencavel se rend très rapidement, le 15 août, en échange de la vie sauve de ses habitants. Les bourgs autour de la Cité sont détruits. Le vicomte meurt de dysenterie dans la prison même de son château le 10 novembre 1209. D'autres sources parlent d'un assassinat orchestré par Simon de Montfort mais rien n'est sûr. Dès lors, la Cité sert de quartier général aux troupes de la croisade.

Les terres sont données à Simon de Montfort, chef de l'armée des croisés. Ce dernier meurt en 1218 au cours du siège de Toulouse et son fils, Amaury VI de Montfort, prend possession de la Cité mais se révèle incapable de la gérer. Il cède ses droits à Louis VIII de France, mais Raymond VII de Toulouse et les comtes de Foix se liguent contre lui. En 1224, Raimond II Trencavel reprend possession de la Cité après la fuite d'Amaury. Une deuxième croisade est lancée par Louis VIII en 1226 et Raimond Trencavel doit fuir. La Cité de Carcassonne fait désormais partie du domaine du roi de France et devient le siège d'une sénéchaussée. Une période de terreur s'installe à l'intérieur de la ville. La chasse aux cathares entraîne la multiplication des bûchers et des dénonciations sauvages, avec l'installation de l'Inquisition dont on peut toujours voir la maison dans l'enceinte de la Cité.

Louis IX ordonne la construction de la deuxième enceinte pour que la place puisse soutenir de longs sièges. En effet, à cette époque, les menaces sont nombreuses dans la région : Raimond Trencavel, réfugié en Aragon, cherche toujours à reprendre ses terres qu'il revendique et le roi d'Aragon, Jacques Ier le Conquérant, fait peser une lourde menace sur cette région toute proche des frontières de son royaume. De plus, ces constructions permettent de marquer les esprits de la population de la Cité et de gagner leur confiance. La Cité fait partie du système de défense de la frontière entre la France et l'Aragon. Les premières constructions concernent le château comtal adossé à la muraille ouest. Celui-ci est entouré de murailles et de tours à l'intérieur même de la Cité pour assurer la protection des représentants du roi. Ensuite, une deuxième ligne de fortifications est commencée sur environ un kilomètre et demi avec quatorze tours. Cette enceinte est flanquée d'une barbacane qui contrôle les abords de l'Aude.

En 1240, Raimond Trencavel tente de récupérer la Cité, avec l'aide de quelques seigneurs. Il occupe les bourgs situés sur les rives de l'Aude et obtient l'aide de ses habitants qui creusent des tunnels depuis leurs maisons pour saper la base des enceintes. La double enceinte joue son rôle défensif car Raimond Trencavel est ralenti. La garnison menée par le sénéchal Guillaume des Ormes résiste efficacement. Raimond Trencavel est bientôt obligé de lever le siège et de prendre la fuite face à l'arrivée des renforts du roi Louis IX. En 1247, il renonce devant le roi Louis IX à ses droits sur la Cité. La Cité de Carcassonne est définitivement rattachée au royaume de France et est désormais gouvernée par des sénéchaux.

À compter de cette date, la place forte n'est plus attaquée y compris durant la guerre de Cent Ans. Les aménagements et agrandissements qui vont suivre peuvent être regroupés en trois phases. Les premiers travaux sont commencés immédiatement après la dernière attaque de la Cité. Ils permettent de réparer les enceintes, aplanir les lices, ajouter des étages au château et construire la tour de la Justice. La deuxième phase de construction a lieu sous le règne de Philippe III, dit le Hardi : elle comprend la construction de la porte Narbonnaise, de la tour du Trésau, de la porte Saint-Nazaire et de toute la partie de l'enceinte environnante, ainsi que la réparation de certaines tours gallo-romaines et de la barbacane du château comtal. Les bourgs de Saint-Vincent et de Saint-Michel jouxtant l'enceinte sont rasés pour éviter les conséquences d'une collusion entre leurs habitants et les assaillants comme cela s'était produit durant le dernier siège. Enfin, une troisième et dernière phase de travaux se déroule sous le règne de Philippe le Bel et consiste à moderniser la place forte. De nombreuses parties de l'enceinte sont alors reconstruites en utilisant les techniques de défense les plus récentes. Les antiques murailles situées à l'ouest sont également rénovées.

En 1258, le traité de Corbeil fixe la frontière entre la France et l'Aragon près de Carcassonne, dans les Corbières. Louis IX renonce à sa suzeraineté sur la Catalogne et le Roussillon et en contrepartie le roi d'Aragon abandonne ses visées sur les terres du Languedoc. Désormais la Cité joue un rôle majeur dans le dispositif de défense de la frontière. Elle constitue une deuxième ligne de défense persuasive en arrière des postes avancés que sont les châteaux de Peyrepertuse, Aguilar, de Quéribus, de Puilaurens et de Termes désignés comme les « cinq fils de Carcassonne ». Au XIIIe siècle, la Cité de Carcassonne est l'une des places fortes les mieux pourvues de France et sert de réserve d'armes pour les alliés. La Cité n'est jamais attaquée ni inquiétée aussi les troupes qui y sont stationnées sont peu à peu réduites. À la fin du XIVe siècle, la Cité n'est plus capable de résister aux nouvelles armes à poudre. Néanmoins, sa situation frontalière reste un atout stratégique et une garnison est maintenue. En 1418, les hommes en garnison dans la Cité ont en général un second métier. À cette époque, de l'autre côté de l'Aude, une nouvelle ville dite ville basse se construit sous forme de bastide.

Peu de faits de guerre ou de conflits majeurs marquent la période royale. En 1272, le comte de Foix, rebelle, est enfermé par Philippe III de France dans la Cité de Carcassonne. En 1283, un traité d'alliance est signé entre le roi de France et le roi de Majorque Jacques Ier contre Pierre III d'Aragon. Le pape Clément V passe par Carcassonne en 1305 et 1309. En 1355, le Prince Noir n'ose pas s'attaquer à la Cité trop puissamment défendue et se contente de détruire et piller la ville basse. La Cité devient prison d'État au XVe siècle dans laquelle sont enfermés les ennemis du roi comme Jean IV d'Armagnac. La peste décime les habitants de Carcassonne et de la Cité en 1557. En 1585, la Cité est attaquée par les huguenots mais ils sont repoussés par les « mortes-payes ».

Entre 1560 et 1630, durant les guerres de religion, la Cité reste un dispositif militaire important pour les catholiques. Elle subit des attaques de la part des protestants. En 1575, le fils du sire de Villa tente d'attaquer la forteresse. En 1585, les hommes de Montmorency font de même mais là aussi c'est l'échec.

La mort de Henry III déclenche des affrontements entre les habitants de la ville basse fidèle à Henry IV, son successeur légitime, et au duc de Montmorency, et la Cité qui refuse de reconnaître le nouveau roi et prend le parti de la Ligue. Au cours des violents combats qui s'étalent sur près de 2 ans, les faubourgs de la Cité situés aux abords de la porte de l'Aude sont détruits. Cette dernière est murée et le quartier de la Trivalle est incendié. En 1592, les habitants de la Cité se rallient au roi.

Le XVIIe siècle marque le début de l'abandon de la Cité. En 1657, le présidial, la juridiction en place à Carcassonne, est transféré de la Cité à la ville basse. En 1659, la Cité de Carcassonne perd sa position stratégique à la suite de la signature du Traité des Pyrénées qui rattache le Roussillon à la France et fixe la frontière entre la France et l'Espagne à son emplacement actuel. La Cité est progressivement abandonnée par ses habitants les plus aisés et devient un quartier pauvre occupé par les tisserands. Les lices sont progressivement occupées par des maisons et des caves et des greniers sont installés dans les tours. La Cité se dégrade rapidement.

Le siège épiscopal est même transféré en 1745 de la cathédrale Saint-Nazaire située à l'intérieur la Cité à l'église Saint-Michel dans la ville basse. La ville basse prospère grâce à l'industrie drapière. En 1790, le chapitre est aboli et le palais épiscopal et le cloître sont vendus puis détruits en 1795. En 1794, les archives de la tour du Trésau sont détruites par un incendie. Sous l'Ancien Régime puis sous la Révolution, la Cité est réduite sur le plan militaire au rôle d'arsenal, entrepôt d'armes et de vivres puis, entre 1804 et 1820, est rayée de la liste des places de guerre et abandonnée ; elle est reclassée en seconde catégorie. La ville haute perd son autonomie municipale et devient un quartier de Carcassonne. Le château comtal est transformé en prison. L'armée est alors prête à céder la Cité aux démolisseurs et récupérateurs de pierres.

La Cité connaît un déclin social avec l'augmentation de la pauvreté mais aussi un déclin démographique. Entre 1819 et 1846, le nombre d'habitants est réduit d'environ 30 % passant de 1 490 à 1 351 habitants tandis que dans la ville basse la démographie augmente.

Pour les habitants de Carcassonne, la Cité médiévale, située sur une butte difficile d’accès avec ses ruelles étroites et ses lices et remparts vétustes constitue désormais un quartier peu attrayant auquel s'oppose la ville nouvelle formée par la bastide Saint-Louis ou ville basse. La désaffection des habitants pour la Cité entraîne sa détérioration. Les tours se délabrent et la plupart sont converties en garages, hangars et autres bâtiments de stockage. Les lices sont progressivement envahies par des constructions (au XIXe siècle, les autorités y recensent 112 maisons). La destruction de la Cité médiévale est alors programmée.

La Cité est sauvée de la destruction totale par Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, notable et historien, habitant au pied de la Cité. Dès 1835, il s'émeut de la destruction de la barbacane dont les pierres étaient pillées par les entrepreneurs locaux. C'est à lui que l'on doit les premières véritables fouilles dans la cathédrale de la Cité et la découverte de la chapelle de l'évêque Radulphe. L'écrivain Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, a le coup de foudre pour ce monument en perdition. L'architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui avait commencé la restauration de l'église Saint-Nazaire, est chargé d'étudier la restauration de la Cité. En 1840, l'église Saint-Nazaire à l'intérieur de la Cité passe sous la protection des monuments historiques. Cette protection est étendue à l'ensemble des remparts en 1862.

En 1853, Napoléon III approuve le projet de restauration. Le financement est soutenu par l'État à 90 % et à 10 % par la ville et le conseil général de l'Aude. En 1855, les travaux commencent par la partie ouest-sud-ouest de l'enceinte intérieure mais restent modestes. En 1857, ils se poursuivent sur les tours de la porte Narbonnaise et l'entrée principale de la Cité. Les fortifications sont çà et là consolidées mais le gros du travail se concentre alors sur la restauration des toitures des tours des créneaux et des hourds du château comtal. L'expropriation et la destruction des bâtiments construits le long des remparts sont ordonnées. En 1864, Viollet-le-Duc obtient encore des crédits pour restaurer la porte de Saint-Nazaire et l'enceinte extérieur du front sud. En 1874, la tour du Trésau est restaurée.

Eugène Viollet-le-Duc laissera de nombreux croquis et dessins de la Cité et de ses modifications. À sa mort en 1879, son élève Paul Boeswillwald reprend le flambeau puis l'architecte Henri Nodet. En 1889, la restauration de l'enceinte intérieure est terminée. Les travaux de restauration du château comtal débutent la même année et, en 1902, les travaux d'envergure sont achevés et les alentours de la Cité sont aménagés et dégagés. En 1911, les dernières maisons présentes dans les lices sont détruites et les travaux de restauration sont considérés comme terminés en 1913.

Seuls 30 % de la Cité sont restaurés. Durant les travaux de restauration de la Cité, le chanoine Léopold Verguet réalise de nombreux clichés de celle-ci, ainsi que des travaux de réhabilitation. Ces photos fournissent des témoignages sur le chantier et la vie autour la Cité à cette époque. Un autre photographe, Michel Jordy, historien et archéologue, apporte également sa contribution à la sauvegarde la Cité par ses recherches et ses photographies. Il est également le fondateur de l'hôtel de la Cité.

Dès 1850, les restaurations d'Eugène Viollet-le-Duc sont fortement critiquées. Ses détracteurs, comme Hippolyte Taine, dénoncent la différence entre les parties neuves et les parties en ruine considérant que ces dernières ont plus de charme. D'autres, comme Achille Rouquet ou François de Neufchâteau, regrettent le caractère trop gothique et le style « Viollet-le-Duc » des modifications. Aujourd'hui, les historiens soulignent surtout les erreurs du restaurateur. Joseph Poux regrette la mauvaise reconstitution des portes et des fenêtres des tours wisigothes et la bretèche de la porte de l'Aude.

Mais ce sont surtout les choix effectués pour la restauration des toitures qui furent fortement critiqués. Viollet-le-Duc, fort de ses expériences de restauration sur les châteaux du nord de la France, choisit de coiffer les tours d'une toiture conique couverte d'ardoises, contrastant avec les toitures plates couvertes de tuiles romanes des châteaux de la région. Ce choix avait pour lui une logique historique, car Simon de Monfort et les autres chevaliers qui participèrent à la croisade des Albigeois venaient tous du Nord. Il n'est pas impossible que ces « nordistes » aient ramené avec eux leurs propres architectes et techniques. De plus, Viollet-le-Duc retrouva de nombreux fragments d'ardoise lors de ses restaurations de la Cité. C'est pour cela qu'aujourd'hui, on peut observer différents types de toiture dans la Cité de Carcassonne.

Le pont-levis rajouté à l'entrée de la porte Narbonnaise est également cité comme un exemple de reconstitution erronée. Par ailleurs certaines restaurations sont parfois considérées comme trop parfaites et réduisant l'impression d'authenticité. Cependant, malgré ses erreurs, on considère aujourd'hui qu'Eugène Viollet-le-Duc a effectué un travail d'architecture remarquable qui a permis de restituer aux visiteurs une image cohérente sinon fidèle de la Cité de Carcassonne. Ainsi les campagnes de restauration menées aujourd'hui conservent les modifications apportées au modèle originel par l'architecte car elles font désormais partie de l'histoire du monument.

En 1903, la Cité passe de la tutelle du ministère de la guerre au ministère des beaux-arts et en 1918, l'armée quitte définitivement la Cité de Carcassonne. En 1920, l'hôtel de la Cité est construit à l'intérieur même de la Cité entre le château comtal et la cathédrale de Saint-Nazaire. Cette construction néo-gothique provoque à l'époque de nombreuses protestations. En 1926, les monuments historiques étendent leur protection en classant les terrains situés près des restes de la barbacane de l'Aude, les accès et la porte de l'Aude, ainsi que le Grand Puits. En 1942, le classement s'étend encore avec l'ajout de terrains autour de la Cité. Cette extension permet de protéger les abords directs de l'enceinte en empêchant d'éventuelles constructions.

En 1944, la Cité de Carcassonne est occupée par les troupes allemandes qui utilisent le château comtal comme réserve de munitions et d'explosifs. Les habitants sont expulsés de la Cité. Joë Bousquet, commandeur de la légion d'honneur, s'indigne de cette occupation et demande par lettre au préfet la libération de la Cité considérée par tous les pays comme une œuvre d'art qu'il faut respecter et laisser libre.

En 1961, un musée est installé dans le château comtal. Puis en 1997, la Cité est classée au patrimoine mondial par l'UNESCO. Aujourd'hui, la Cité est devenue un site touristique important qui reçoit plus de 2 millions de visiteurs chaque année. Ces classements permettent à l'État de recevoir des subventions pour l'entretien du site. En contre-partie, il doit respecter l'architecture des lieux lors de constructions ou de rénovations et doit ouvrir la Cité aux visiteurs. Les monuments historiques gèrent les visites et la gestion du château comtal. Ils ont récemment rénové le parcours de visites en 2006 et 2007 en ajoutant une salle de projection et une nouvelle signalétique.

L'art militaire a fortement influencé l'architecture de la Cité de Carcassonne. Son système de défense est exceptionnel par sa dimension, sa complexité et la qualité de sa conservation. C'est la plus grosse forteresse d'Europe.

Le matériau utilisé pour la construction des enceintes et des tours est la pierre dont est constitué le plateau sur lequel est édifiée la Cité. Il s'agit de grès ou molasse de Carcassonne qui a été extraite du plateau même ou des collines environnantes. Deux enceintes entourent la Cité séparées par un espace plat : les lices. Ce système comportait, à l'époque de sa mise en œuvre (avant la généralisation de l'artillerie), de nombreux avantages défensifs. Il permettait d'attaquer les assaillants selon deux lignes de tirs ; l'enceinte extérieure, si elle était franchie, ralentissait les assaillants et les divisait ; les assaillants une fois parvenus dans les lices étaient particulièrement vulnérables dans cet espace dépourvu d'abri. De plus, la lice permettait aux cavaliers de combattre facilement. On distingue les lices basses, situées au nord et allant de la porte Narbonnaise à la porte de l'Aude où se trouvent les enceintes les plus anciennes datant des Wisigoths et les lices hautes, situées au sud, où se trouvent les murailles les plus récentes construites sous Philippe III le Hardi.

La première enceinte, construite sur un éperon rocheux, date de l'époque gallo-romaine ; elle permettait de dominer la vallée et le cours de l'Aude. Les soubassements de cette enceinte originelle sont encore visibles depuis la lice. Elle est construite à l'aide de grosses pierres et d'un mortier très dur. Le mur de cette enceinte était épais de deux à trois mètres. Cette enceinte avait un périmètre de 1 070 m et protégeait une ville de sept hectares. Elle est constituée de moellons réguliers et de rangées de briques. Ces briques assuraient la stabilité de la construction grâce à leur flexibilité et rattrapaient les éventuels affaissements.

Il existe encore 17 tours d'origine gallo-romaine plus ou moins remaniées sur les trente tours que comportait initialement cette enceinte. Une seule tour était de plan rectangulaire, la tour Pinte. Les autres tours reconnaissables dans les remparts ouest de la Cité grâce à leur forme en fer à cheval à l'extérieur et plate à l'intérieur. La partie inférieure des tours, dont le diamètre est compris entre 4,50 et 7 mètres, est constituée de maçonnerie pleine qui donnait une assise particulièrement solide. Les niveaux supérieurs comportent de larges ouvertures cintrées qui donnaient une grande efficacité aux armes de jet des défenseurs. Un système de fenêtre basculante assurait la défense et la protection de ces larges ouvertures. Les tours étaient recouvertes de tuiles plates à double rebord. La hauteur des tours était comprise entre 11,65 m et 13,70 m.

Durant le XIIIe siècle, les rois de France ordonnèrent la construction d'une seconde enceinte extérieure autour de la Cité. Les tours sont rondes souvent basses et dépourvues de toiture pour n'offrir aucun abri à des assaillants qui les auraient conquises contre les tirs venus de l'enceinte intérieure. L'enceinte est entourée d'un fossé sec sauf aux endroits ou le dénivelé ne rend pas cette défense nécessaire. L'espace entre les deux enceintes est aménagé en lices qui sont utilisées en temps de paix pour les manifestations en tous genres. Les murailles atteignent une hauteur de 10 à 12 mètres.

L'enceinte intérieure est modernisée sous Philippe III Le Hardi et Philippe IV Le Bel. L'entrée Narbonnaise, la Porte de Saint-Nazaire et la tour du Trésau sont construites. Ces édifices sont caractérisés par la hauteur impressionnante de leurs murs et l'emploi de pierres à bossage. La construction de l'enceinte est plus complexe et repose sur des fondations plus profondes que l'enceinte gallo-romaine car elle atteint la roche du plateau. La réalisation de l'enceinte extérieure et des lices a nécessité de décaisser le terrain naturellement pentu. Une partie des soubassements extérieurs de l'enceinte gallo-romaine ont été mis à nu par ce terrassement et a dû faire l'objet d'une consolidation.

Le chemin de ronde permettait de faire tout le tour de la Cité en traversant les tours. Au Moyen Âge, la courtine est élargie grâce à un système de charpente en bois suspendu créant un abri au dessus du vide. Ce système placé à cheval sur le rempart du nom de hourd permettait aux arbalétriers de tirer avec précision au milieu des lices. Des échauguettes sont construites sur la saillie de certaines murailles comme l'échauguette de la Vade.

Les tours médiévales diffèrent des tours Wisigoths tout en gardant leur forme extérieure caractéristique avec une façade extérieure bombée et une façade intérieure plate. Les échelles de bois sont remplacées par des escaliers intérieurs en pierre. La base des tours est fruitée c'est-à-dire renflée afin que les projectiles ricochent sur la tour et se retournent contre les assaillants situés au pied de la muraille.

L'enceinte est percée de quatre portes principales donnant accès à l'intérieur de la Cité. Les portes sont réparties aux quatre points cardinaux.

La porte Narbonnaise, située à l'est, est construite vers 1280 durant le règne de Philippe III le Hardi. Elle doit son nom à son orientation vers Narbonne. Viollet-le-Duc reconstitue le crénelage et le toit en ardoise de 1859 à 1860 et la dote d'un pseudo pont-levis qui n'existait pas à l'origine. Elle est constituée de deux tours imposantes renforcées par des becs destinés à détourner les tirs des assaillants. La porte est protégée par une double herse renforcée par un assommoir et des meurtrières. Ces tours possèdent trois étages sur rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont voûtés alors que les étages supérieurs comportent un simple plancher. La tour nord possède un caveau pour les provisions tandis que la tour sud contient une citerne d'eau, permettant de faire face aux besoins des défenseurs de la tour pendant un siège de longue durée.

Au-dessus de cet ensemble se trouve une niche à couronnement tréflé dans laquelle est placée une statue de la Vierge. Cette porte est protégée par la barbacane Saint-Louis qui se trouve face à elle. Une échauguette située à droite de la porte permettait un tir direct sur les assaillants si ceux-ci parvenaient à prendre la barbacane.

Au sud, la porte Saint-Nazaire est aménagée dans la tour du même nom, l'une des deux tours carrés de la Cité. C'est un dispositif de défense complexe ; l'ouvrage était très abîmé et Viollet-le-Duc le reconstitua entre 1864 et 1866.

La tour protège la cathédrale Saint-Nazaire située juste derrière à 25 mètres dans la Cité. Elle est équipée de quatre échauguettes ; le passage donnant accès à la lice et à la Cité comporte un coude de 90 degrés. Chaque entrée de ce passage est protégée par des systèmes de défense : mâchicoulis, herses et vantaux.

La tour possède deux étages bien aménagés pour le stationnement de la garnison avec une cheminée et des corps de placard. La plate-forme couronnant la tour permettait de recevoir un engin de guerre à longue portée.

À l'ouest, la porte d'Aude fait face au fleuve du même nom. Elle est située près du château comtal. Cette porte se prolonge par la barbacane de l'Aude détruite en partie en 1816 pour construire l'église Saint-Gimer. Seule la rampe entourés de murs crénelés subsiste. Le système défensif de cette porte était complexe. Des hautes arcades cachent des fausses portes ne menant nulle part : ce dispositif était destiné à tromper l'ennemi. De plus, de nombreux couloirs en lacet possèdent différents paliers créant une souricière dans laquelle les assaillants se trouvaient bloqués et pouvaient être attaqués de toutes parts. La porte de l'Aude combine des systèmes de défense passive et active d’une grande sophistication.

La rampe, qui partait de la barbacane disparue, donne accès à cette porte. Elle monte la pente raide de l'ouest en faisant des lacets et traverse une première porte puis une seconde porte. L'avant-porte défend cet accès, situé entre l'enceinte intérieure et extérieure. L'enceinte intérieure est à cet endroit surélevée et épaulée d'un triple contrefort construit au XIIIe siècle. La porte proprement dite est d'origine Wisigothe avec son plein cintre alterné de briques. Au-dessus de l'entrée, se trouve une baie et une bretèche massives qui ne sont pas d'origine féodale mais ont été ajoutées par Viollet-le-Duc lors de sa restauration. Cette porte, à l'aspect typiquement médiévale, a servi de décor pour de nombreux tournages de films comme Les Visiteurs, Robin des Bois : Prince des voleurs ou Le Corniaud.

Au nord, la porte du Bourg ou de Rodez donnait sur l'ancien bourg Saint-Vincent. Elle est directement creusée dans l'enceinte et était défendue par la barbacane Notre-Dame et la tour Mourétis.

La porte, assez modeste, est percée dans les remparts entre deux tours. Elle possède très peu de défenses. À l'époque des Wisigoths, la porte était protégée par une sorte d'avant-corps dont une muraille se prolongeait vers le bourg Saint-Vincent. Cet édifice a été remplacé par la suite par une barbacane sur l'enceinte extérieure, la barbacane Notre-Dame.

Le château comtal est adossé à l'enceinte intérieure ouest à l'endroit où la pente est la plus raide. Il possède un plan en forme de parallélogramme allongé du nord au sud et est percé de deux issues à l'ouest du côté de la porte de l'Aude et à l'est du côté intérieur de la Cité. Il a été construit en deux temps.

Sa construction est lancée par Bernard Aton IV Trencavel durant l'époque romane aux alentours de 1130 pour remplacer un château primitif probablement situé à l'emplacement de la porte Narbonnaise. Le château est constitué de deux corps de bâtiment en L dominés par une tour de guet, la tour Pinte. Au nord se trouve une chapelle castrale dédiée à Marie dont il reste aujourd'hui que l'abside. Seule une palissade séparait le château du reste de la Cité.

Durant l'époque royale, entre 1228 et 1239, le château est complètement remanié devenant une forteresse à l'intérieur de la Cité. Une barbacane comportant un chemin de ronde et un parapet crénelé barre l'entrée du château juste avant le fossé qui l'entoure complètement jusqu'à l'enceinte intérieure. La porte d'entrée du château encadrée par deux tours est constituée d'un mâchicoulis, d'une herse et de vantaux. Le pont d'entrée est composé d'une partie en pont dormant, suivi d'une partie comportant un pont basculant et un pont-levis actionné par des contrepoids près de la herse de la porte d'entrée. Les murailles remplacent la palissade originelle et entourent complètement les bâtiments. Un système de hourds reposait sur l'enceinte telle que l'a reconstitué Viollet-le-Duc.

Le château et son enceinte comportent 9 tours dont deux sont d'époque wisigothe : la tour de la chapelle et la tour Pinte. La tour Pinte est une tour de guet carrée, la plus haute de la Cité. Toutes les autres tours ont des dispositions intérieures et extérieures identiques, car construites en même temps aux XIIe siècle. Ces tours sont constituées de trois étages et d'un rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée et le premier étage comportent un plafond voûté tandis que les étages supérieurs sont dotés de simples planchers. La communication entre les étages se fait par le biais des trous servant de porte-voix dans les voûtes et les planchers. Des hourds reconstitués par Viollet-le-Duc ornaient vraisemblablement l'enceinte et les tours comme le montre la reconstitution actuelle.

L'accès du château mène à une cour rectangulaire entourée de bâtiments remaniés de nombreuses fois entre le XIIe et le XVIIIe siècle. Les murs nord et est de la cour sont flanqués de simples portiques tandis qu'au sud et à l'est se trouvent deux bâtiments. Celui du sud contient les cuisines et permet d'accéder à une seconde cour. Elle contenait un bâtiment aujourd'hui détruit mais ou sont encore visibles les emplacements des poutres du plancher du premier étage ainsi que plusieurs fenêtres. C'est aussi dans cette cour que se trouve la tour Pinte.

La basilique Saint-Nazaire, construite en grès (parement extérieur), est une église d'origine romane dont les parties les plus anciennes remontent au XIe siècle. Sur son emplacement s'élevait à l'origine une cathédrale carolingienne dont il ne subsiste, aujourd'hui, aucune trace . À l'aube de l'apogée de l'art roman, c'est donc d'abord une simple église bénie et consacrée cathédrale par le pape Urbain II en 1096 sous l'impulsion des Trencavel, qui lancent le chantier d'un nouvel édifice plus vaste,. De cet édifice ne subsistent que les deux premiers piliers de la nef et la crypte, dont l'état dégradé donne à penser qu'il s'agissait d'un ouvrage antérieur. Elle épouse le plan de l'ancienne abside. Au XIIe siècle on édifie la nef actuelle, de six travées, qui fut laissée intacte lors des agrandissements de l'époque gothique, qui par contre se traduisirent par la destruction du chevet roman du XIe siècle. Le portail roman a quant à lui été entièrement refait au XIXe siècle lors des restaurations de Viollet-le-Duc.

La basilique est agrandie entre 1269 et 1330 dans le style gothique importé par les nouveaux maîtres de la région, avec un transept et un chœur très élancés, un décor de sculptures et un ensemble de vitraux qui comptent parmi les plus beaux du sud de la France. Un prélat bâtisseur, Pierre de Rochefort, finança la construction d'une grande partie des décors et l'achèvement des voûtes. Ses armoiries sont visibles dans le chœur, l'abside et le bras sud du transept, tandis que la chapelle du collatéral nord contient le monument commémoratif de la mort du contributeur. Un autre personnage, Pierre Rodier archevêque de Carcassonne, possède son blason dans la chapelle du collatéral sud.

Les rénovations d'Eugène Viollet-le-Duc ont largement transformé l'extérieur de la basilique, mais l'intérieur est le plus remarquable. Les deux styles, gothique et roman, se superposent sur les vitraux, les sculptures et tous les décors de l'église. Les façades comportent de nombreux vitraux des XIIIe et XIVe siècles : ceux-ci représentent des scènes de la vie du Christ et des ses apôtres. En 1801, l'église est déchue de son rang de cathédrale de Carcassonne au profit de l'église Saint-Michel, située dans la bastide à l'extérieur de la Cité. Ce transfert se déroule alors que la Cité est désertée par ses habitants au profit de la ville basse. Elle devient basilique en 1898 octroyée par le pape Léon XIII.

Une communauté de chanoines vivait à proximité de la cathédrale avec une salle capitulaire et le dortoir à l'est, le réfectoire et les cuisines au sud et les caves et écuries à l'ouest. Mais l'ensemble des bâtiments sont démolis en 1792. Un cloître s'élevait également au sud de l'édifice. Son emplacement est aujourd'hui occupé par un théâtre de plein air établi en 1908.

La vie dans la Cité a été étudiée par de nombreux historiens. À l'époque féodale, la famille Trencavel est riche grâce à ses terres et divers droits et la vie des seigneurs et de l'entourage de la cour est assez faste. Le château comtal est élégamment décoré et le lieu attire de nombreux troubadours. La vie de la Cité est rythmée par les foires et les marchés. C'est en 1158 que Roger de Béziers autorise deux foires annuelles durant laquelle la protection des marchands et des clients est assurée par le vicomte. Une monnaie locale prouve la vitalité et la richesse de la Cité. Le commerce y est important et fait vivre de nombreuses personnes. La nourriture est abondante et variée : porc salé, pain de froment, brochet, choux, navet, fèves, etc..

À l'époque royale, la Cité n'est plus aussi active. Les garnisons ont désormais un rôle prépondérant. Le roi met en place l'institution des sergents d'armes. Il s'agit de soldats qui ont pour mission de garder la Cité. Ils sont commandés par un connétable qui fixe les tours de garde et les surveillances diverses des sergents. Le nombre d'hommes initialement de 220 décline à 110 au XIVe siècle. Ces « sergenteries » deviennent héréditaire en 1336. Un texte de 1748 décrit avec précision le cérémonial de la mise en place des patrouilles et des gardes. Il décrit aussi les avantages et inconvénients de cette fonction. Les soldats étaient rémunérés par une solde perpétuelle qui conférait à la garnison le nom de "morte-payes". La Cité était aussi bien pourvue en armes de défense et de guerre. Un inventaire de 1298 décrit des machines de jet comme des espringales, des balistes et des mangonneaux, du matériel de siège comme des poutres, des hourds démontés et tout ce qu'il faut pour faire du travail de sape, du matériel de transport comme des chars, du matériel de bâtiment avec de nombreuses pièces de rechange et du matériel d'alimentation notamment pour stocker de l'eau, important en période de siège. Elle servit ainsi de réserve pour alimenter les diverses batailles qui eurent lieu dans la région.

Lorsque la ville basse s'est développée au détriment de la ville haute, les conditions de vie dans la Cité changèrent énormément. Au XIXe siècle après l'abandon de la Cité par les militaires, la Cité enfermée dans sa double enceinte, devient un quartier abandonné où se concentre la misère. Seuls les tisserands pauvres vivent dans les lices dans des masures adossées aux murailles dans des conditions d'hygiène dignes du Moyen-Age. À la fin du XIXe siècle les occupants des maisons qui occupaient les lices sont progressivement expropriés et les lices restaurées dans leur état original. Viollet-le-Duc voit cette action comme une opération de nettoyage. La population chassée déménage alors en partie dans la ville basse et en partie à l'intérieur des murs de la Cité.

De nos jours, à l'intérieur de la Cité, la vie quotidienne n'est pas toujours facile. Les ruelles sont étroites, difficiles d'accès et les habitations sont vétustes, mais l'authenticité des lieux attirent de nombreux visiteurs. La Cité possède plusieurs hôtels dont un hôtel de luxe, l'« hôtel de la Cité », une auberge de jeunesse, et de nombreux restaurants et boutiques de souvenirs.

La légende de Dame Carcas, tente d'expliquer l'origine du nom de la Cité de Carcassonne. L'histoire dit que l'armée de Charlemagne était aux portes de la Cité aux prises des Sarrasins. Une princesse était à la tête des chevaliers de la Cité après la mort de son mari. Il s'agit de la Princesse Carcas. Le siège dura 5 ans.

Mais au début de la sixième année, la nourriture et l'eau se faisaient de plus en plus rares. Dame Carcas voulut faire l'inventaire de toutes les réserves qu'il restait. Les villageois lui amenèrent un porc et un sac de blé. Elle eut alors l'idée de nourrir le porc avec le sac de blé puis de le précipiter depuis la plus haute tour de la Cité au pied des remparts extérieurs.

Charlemagne et ses hommes, croyant que la Cité débordait encore de vivres au point de gaspiller un porc nourri au blé, leva le siège. Voyant l'armée de Charlemagne quitter la plaine devant la Cité, Dame Carcas remplie de joie par la victoire de son stratagème décida de faire sonner toutes les cloches de la ville. Un des hommes de Charlemagne s'écria alors "Carcas sonne !", d'où le nom de la Cité.

Dès le XIXe siècle, la Cité de Carcassonne attire de nombreux érudits. Ainsi, en 1905, 8 366 étrangers viennent visiter la Cité entre juillet et octobre. En 1913, 50 000 touristes sont recensés. La Cité de Carcassonne devient au fil des années un lieu touristique très fréquenté. Des boutiques et des commerces s'installent dans la Cité et de nombreuses cartes postales sont éditées.

Cet afflux touristique est un atout économique certain pour la ville de Carcassonne. Mais, cette fréquentation, dont le pic est estival, a également de nombreux impacts négatifs sur le paysage, les infrastructures, l'architecture et la vie de la commune. Pour améliorer l'accueil des touristes et pour préserver l'environnement et les infrastructures, la ville de Carcassonne et le ministère de l'écologie et du développement durable ont mis conjointement en place un programme d'actions appelé opération grand site. Cette opération vise à réhabiliter et à mettre en valeur la Cité et ses abords.

Aujourd'hui la communauté d'agglomération du Carcassonnais cherche à augmenter les revenus générés par les visiteurs de la Cité de Carcassonne. Le problème majeur est que le flux de touristes limite son séjour à la visite de la Cité ou il passe une durée moyenne de quatre heures. La ville basse ne bénéficie que très peu de l'attrait de la Cité car cette dernière est un but d'excursion et non un lieu de vacances. Les visiteurs privilégient les courts séjours de 1,5 jours essentiellement en hébergement hôtelier et fréquentent peu les résidences de tourisme et les campings locaux. Les visiteurs se répartissent entre vacanciers des stations balnéaires situées sur la côte, locaux pratiquant un tourisme de proximité et étrangers visitant la Cité dans le cadre d'un tour d'Europe. Cependant, la Cité reste sur le plan touristique un « produit d'appel » pour le reste de l'Aude, le Pays Cathare et le Carcassonnais. Depuis mars 2008, une adjointe au maire est chargée spécialement de la Cité et de l'opération grand site.

Seule la fréquentation touristique du château comtal et des remparts est aujourd'hui décomptée de façon statistique puisqu'il s'agit des seules visites payantes,,.

Le classement de la Cité sur la liste du patrimoine mondial a permis d'augmenter le nombre de visiteurs depuis 10 ans. Le nombre de visiteurs a été en nette augmentation entre 1990 et 2000. Le nombre de visiteurs espagnols a beaucoup augmenté jusqu'à représenter 34 % des visiteurs en haute saison 2006.

Plusieurs films de cinéma ont été tournés à Carcassonne autour de la Cité car elle offre un décor de cinéma du Moyen-Âge presque parfait. Ainsi, s'y sont tournés des films comme Le retour du croisé de Louis Feuillade en 1908, La merveilleuse vie de Jeanne d'Arc de Marco de Gastyne en 1929, Le miracle des loups de Raymond Bernard en 1924, La fiancée des ténèbres de Serge de Poligny en 1944, Le miracle des loups de André Hunebelle en 1961, Le Corniaud de Gérard Oury en 1965, Un lion en hiver de Anthony Harvey en 1968, La promise de Franc Roddam en 1985, Robin de bois, prince des voleurs de Kevin Reynolds en 1991, Les visiteurs de Jean-Marie Poiré en 1992 et Le destin de Youssef Chahine en 1997.

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Gare de Carcassonne

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La gare de Carcassonne est une gare ferroviaire de la commune française de Carcassonne, dans l'Aude (Languedoc-Roussillon, France). Elle est située sur la ligne Bordeaux - Sète et la ligne Carcassonne - Rivesaltes (dont seule la portion entre Carcassonne et Quillan est encore utilisée par des TER Languedoc-Roussillon).

La gare est située au nord du centre-ville près du port et des berges du canal du Midi. Elle a été construite en 1857 par la Compagnie des chemins de fer du Midi. Son architecture est classique avec un corps de bâtiment encadré par deux ailes en retrait et une horloge en fronton sans étage.

Le hall de la gare est décoré d'une fresque (8m x 3m) installée en 1995 du peintre Jean Camberoque (1917-2001) représentant les terroirs de l'Aude. Le Buffet de la gare abrite une peinture mural réalisée en 1996 représentant l'acteur de cinéma Philippe Noiret ( qui résidait prés de Carcassonne) attendant le train sur le quai de la gare.

La gare ne bénéficie pas, contrairement à celle de Narbonne, du trafic des TGV Perpignan - Paris / Lille / Bruxelles ni des Talgo reliant la France à l'Espagne.

La gare de Carcassonne n'est pas desservie par des TGV la reliant directement à une des gares de Paris. Pour aller à Paris à partir de Carcassonne, il faut prendre un train soit jusqu'à Toulouse ou Narbonne, puis un TGV / Corail Téoz jusqu'à Paris ; le plus rapide étant de passer par Narbonne.

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Source : Wikipedia