CIRAD

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Posté par hal 12/04/2009 @ 08:14

Tags : cirad, environnement

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Montferrier-sur-Lez

Carte de localisation de Montferrier-sur-Lez

Montferrier-sur-Lez est une commune française, située dans le département de l'Hérault et la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Montferrierains.

Le vieux village de Montferrier est érigé au sommet d'une colline à pic de 150 mètres, vestige d'un volcan éteint. Les maison du village ainsi que le reste des fortifications sont construits de pierres basaltiques qui expliquent sa couleur gris fer.

Avant la Révolution, le bourg et la commune de Montferrier avec son château étaient un marquisat érigé par lettres patentes royales. Le nom de la commune était simplement Montferrier avant 1935. Aujourd'hui, la ville située à 7 kilomètres de Montpellier, est plutôt calme, résidentielle et n'a rien perdu de son cachet.

La commune avait un peu moins de 700 habitants dans les années 1930. Sa croissance est postérieure à 1965. La population a atteint 2 000 habitants en 1982, 3 000 en 1987. Elle a gagné 146 habitants de 1999 à 2004.

Fief catholique, le château a subi de nombreuses destructions pendant les guerres de religions. Des traces de pillage et de dégradations par les protestants ont été révélées. Le château a même été rasé en 1627 lorsque à la grâce d'Alès, Richelieu a donné aux protestants la liberté de culte, mais en ordonnant la destruction de toutes les places fortes. Au XVIIe siècle, le Marquis de Montferrier, gouverneur des États du Languedoc, esthète et amoureux des arts, fait reconstruire le château comme un petit Versailles, avec des arcades plaquées relativement étroites en façade. Il y avait aussi une orangerie et une volière proches des écuries, en face de la mairie actuelle. Une noria en contrebas des jardins montait l'eau alimentant les fontaines qui retombait en cascade de bassin en bassin. Quelques ponts enjambaient le Lez.

Quelques personnes de renom ont séjourné au château à cette époque: celui que l'on appelait Monsieur, c'est à dire le frère du Roi Soleil, mais aussi l'ambassadeur de l'Empire Ottoman). C'était une période de richesse extraordinaire. On en retrouve quelques traces avec le lustre en cristal et la somptueuse cheminée dans la salle des fêtes à l'intérieur du château. Comme de nombreuses autres constructions symboles de noblesse, le château a ensuite été détruit pendant la Révolution. Le Marquis de Montferrier s'y serait caché en 1792 avec le soutien de la population locale pendant un temps. Puis le château a été pris par les révolutionnaires et déclaré bien national, avant d'être livré au pillage. L'édifice fut vandalisé, détruit à coups de masses et de nombreux documents furent brulés. Il fut alors laissé à l'abandon.

Une personne l'aurait alors acheté pour sa toiture en plomb qui recueillait l'eau de pluie. Il aurait enlevé tout le plomb pour le revendre, les infiltrations causant ensuite des dommages terribles. Le deuxième acheteur, persuadé que le Marquis de Montferrier avait laissé un trésor lorsqu'il avait fuit pendant la Révolution, entreprit des recherches dans le château. Il a fait des trous dans toute la structure, afin de les murs, laissant le lieux dans un piteux état. Les fenêtres défoncées laissaient pénétrer les ronces qui commençaient à envahir le château. La mairie a finalement acheté le site en l'état, à une date inconnue, entre 1850 et 1860. Il a fallu attendre la seconde moitié du XXe siècle pour voir la restauration enfin débuter. Le château a alors aussi accueilli à l'époque l'école, le presbytère et ensuite le bureau des postes. Mais aujourd'hui encore, le château doit subir les affronts du temps, avec l'effondrement de certains murs de soutènement. Le site n'est pas reconnu monument historique et n'est même pas classé, simplement inscrit à l'inventaire des Sites de France et protégé. Ses terrasses d’où la vue est imprenable, sont d’agréables lieux de promenade et la scène de manifestations culturelles.

L'église a été restaurée il y a quelques années, avec un dépavage des pavés cubiques du Moyen Age pour installer le chauffage en sol, et la conservation de seulement quelques pièces de ce pavage historique.

Le CIRAD s'est installé d'abord sous le nom de Gerdat en 1974 sur la commune de Montferrier-sur-Lez à la Valette, avec une concentration d'autres instituts de recherche en agronomie. L'orphelinat du Lunaret avait été cédé à l'école d'agronomie, avec la ferme attenante, cela en faisait un lieu parfait pour l'installation du Gerdat. Le site connait une légère évolution avec cette nouvelle étape en 1985: Gerdat devient CIRAD, et devient un institut de recherche pour le développement sous un centre unique. En 1991, il y a une absorption complète des divers instituts encore présents sur le site qui deviennent des départements du CIRAD. Enfin en 2007, le CIRAD opère une refondation des départements, avec 3 pôles: mécanismes biologiques; systèmes de culture; territoires, politiques publiques et acteurs. Le siège social reste lui à Paris. Le parc scientifique des “cubes” a été réalisé à la suite de la croissance du site de la Valette. Une pépinière d'entreprises spécialisées dans l'agronomie, et un département du CIRAD spécialisé dans les fruits ainsi que la direction du département s'y sont installés. Pôle de Baillarguet: ce nouveau site ouvert en 2000 est spécialisé sur les questions de forêt, d'élevage et de santé animale, et on y trouve maintenant le siège du département Environnement et sociétés. Ce grand projet d'extension a pu être réalisé grâce à la réserve foncière du CIRAD à cheval sur Montferrier et Clapiers. On trouve autour du bâtiment du CIRAD le centre australien de recherche en agronomie, le centre américain de la même spécialité. De grosses unités mixtes de recherche se sont ensuite greffées au complexe, comme une unité de recherche en pathologie. Un lycée va très prochainement être mis en construction entre le hameau de Baillarguet et le pôle de recherche, contribuant à renforcer la fonction d'enseignement des lieux.

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Mouvement anti-OGM

Un logo de revendication d'appartenance à la lutte anti-OGM en France.

Le mouvement anti-OGM désigne l'ensemble des actions légales, comme les campagnes de sensibilisation, ou illégales, telles que des destructions de plantations, menées par le groupe de pression qui s'oppose au développement des organismes génétiquement modifiés (OGM) et à leur promotion par l'industrie agro-alimentaire, notamment l'entreprise Monsanto, qu'il accuse de lobbying.

Les partisans de ce mouvement estiment que les OGM présentent des risques, tant sur le plan éthique (« brevetage du vivant »), sanitaire (impact sur la santé humaine), qu'environnemental (atteinte à la biodiversité) et économique (perte de valeurs des cultures de l'agriculture biologique en cas de dissémination trop grande, perte de la souveraineté alimentaire). Les militants de ce mouvement, qui s'inscrivent principalement dans la mouvance altermondialiste. Certains rejettent toute culture en plein champ et toute consommation d'OGM, d'autres demandent des études sur le long terme et plus de transparence.

Selon des représentants scientifiques, les OGM sont sans danger parce qu'il n'a pas pu être démontré qu'il y a un danger,. Des études scientifiques sont réalisées pour étudier la possible toxicité de certains OGM, cependant les résultats de ces études sont variables, suggérant que les OGM commercialisés ne présentent pas de risque pour la santé humaine ou que au contraire certains OGM comme le maïs MON863 peuvent avoir des effets toxiques. Des scientifiques dénoncent les dangers potentiels de la contamination génétique et réprouvent la diffusion des OGM,.

Une large majorité de la population européenne et japonaise sont méfiants à l'égard des OGM, alors que les Américains et les Canadiens sont globalement favorables aux OGM.

Ce mouvement, s'il a pu limiter le développement des cultures OGM dans certains pays européens, se heurte au fait que dans d'autres zones du monde où les partisans anti-OGM ont moins d'influence, la culture en plein champ n'a pas été interdite ni fortement limitée et la part des OGM dans la production s'accroît progressivement. En 2005, selon l'ISAAA, 8,5 millions d’agriculteurs utilisaient des OGM, dont 90 % dans des pays en développement.

En 2007, La Via Campesina regroupe plus d'une centaine d'organisations basées dans 56 pays . La Coordination Paysanne Européenne fait partie de celles-ci en tant que membre fondateur. En France, elle est présente via les syndicats agricoles minoritaires de la Confédération Paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux.

La lutte pour la propriété et le contrôle des semences est présentée comme une des préoccupations majeures de ces organisations. Elles parlent d'un risque que les biotechnologies et en tout première place la technologie des OGM feraient peser sur les semences : associés à de nouveaux droits internationaux de propriété intellectuelle (brevetabilité du vivant, ADPIC) l'appropriation et le contrôle par quelques firmes du tout premier maillon de la chaîne alimentaire. Elles se mobilisent autour du concept politique de souveraineté alimentaire.

En 2006, un sondage réalisé par l’institut CSA pour Greenpeace illustre que si une large majorité des français (86 %), ainsi que d'autres habitants de pays européens souhaitent leur interdiction, et que 82% des japonais les qualifient de « non désirables », les américains et canadiens se montrent globalement favorables aux OGM.

Au cours des années 1990, une série de crises alimentaires (bœuf aux hormones, poulet aux dioxines, vache folle et maladie de Creutzfeldt-Jakob, contaminations bactériennes d'aliments : fromage par listeria) ont touché l'Europe. Pour Daniel Boy, du centre de recherches politiques de Science Po, la proximité temporelle de ces crises, leur répétition et leur retentissement médiatique ont induit une méfiance d’une partie des consommateurs envers l'efficacité des systèmes publics de surveillance de l’industrie agroalimentaire. L'entrée des OGM sur le marché européen s'inscrit dans ce contexte de défiance. Dans le même temps, des institutions internationales essaient de donner corps à la notion de principe de précaution dont les critères et le champ d'application restent flous.

Parallèlement, une aspiration à des produits naturels a vu le jour, entraînant le développement de l'agriculture biologique, dont la part reste actuellement marginale dans la production agricole globale.

Si, selon Greenpeace, la méfiance envers les OGM s'inscrit en parallèle de celle envers les organismes de surveillance de l'industrie agro-alimentaire,, le retard de 6 ans pris par le parlement français pour transposer la directive européenne de 2001 qui définit les règles de la dissémination volontaire des OGM et son adaptation rapide en deux décrets d'applications,expliquent une partie des tensions françaises.

La fédération des associations de protection de la nature et de l'environnement estime que ces décrets ne transposent pas l'intégralité de la directive européenne, et plus particulièrement sur le droit du public à l'information, le principe de précaution et le principe de responsabilité. Les conditions d'engagement de la responsabilité des producteurs d'OGM et d'indemnisation des préjudices ne sont pas précisées. Lylian Le Goff, de la mission biotechnologies de France Nature Environnement, estime que l'adoption de ces décrets prive le parlement d'un débat démocratique sur des enjeux de société considérables et aura pour seul mérite de protéger la responsabilité des semenciers et non la santé et la liberté de choix alimentaire de nos concitoyens. Le projet de loi est à l'étude au parlement début 2008.

En France, au sein de l'opposition aux OGM, on peut distinguer ceux qui sont globalement méfiants (demande de signalisation des produits), ceux qui sont franchement hostiles (préférant payer plus cher des aliments sans OGM) et les militants, engagés dans la lutte proprement dite. L'opposition aux OGM repose aussi pour certains sur le comportement de la société Monsanto. Marie-Monique Robin, journaliste lauréate du prix Albert Londres 1995, dénonce dans un documentaire, les conflits d'intérêts qui président selon elle à l'élaboration des règlementations internationales.

La communauté agricole française est partagée au sujet des OGM. La Confédération Paysanne se positionne contre l'usage des OGM mais la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, s’est prononcé en faveur des essais d’OGM en plein champ et de la culture commerciale des OGM « éprouvés » ou, dans le cas d'une interdiction de la culture commerciale des OGM, pour un moratoire sur l'importation des productions OGM pour éviter la concurrence inéquitable.

La majorité des opposants actifs aux OGM, les « militants », font partie des mouvements écologistes ou se regroupent dans la gauche contestataire (par exemple en France, ATTAC, Les Verts, Greenpeace…). La lutte anti-OGM est proche du courant altermondialiste.

Cependant, loin d'être limités à ce courant, les opposants aux OGM se retrouvent également au sein de la communauté scientifique ou de l'élite gastronomique française. Deux cents chefs cuisiniers et vignerons ont ainsi publié un appel au respect du « droit à choisir le contenu de son verre et de son assiette » dans le quotidien Le Monde le 13 mai 2008. Parmi les deux cents signataires, Olivier Roellinger, Michel Bras, les Frères Troisgros, Alain Passard, Marc Veyrat, Jean Michel Lorain et les domaines vinicoles Romanée-Conti, Beaucastel, Château Baron Pichon-Longueville, Château Smith Haut Lafitte, etc.

Les scientifiques Gilles-Éric Séralini (professeur des universités en biologie moléculaire à Caen), Christian Vélot (chercheur à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire) et Jean-Pierre Berlan (directeur de recherche en agronomie à l'INRA, membre d’ATTAC), rejoignent ce mouvement contestataire et estiment qu'il existe une marche forcée vers les OGM.

Certains opposants se prononcent pour un arrêt de toute culture OGM tandis que d'autres souhaitent qu'aucune culture ne soit faite à l'air libre (en « culture ouverte »), en raison du risque possible de dissémination, tout en admettant l'expérimentation en milieu confiné.

Les partisans de la lutte anti-OGM défendent la possibilité de vivre dans un environnement sans OGM. Or depuis 1997, et pour ce qui concerne l'Europe, la directive relative à l'étiquetage des produits alimentaires vendus dans l'UE entérine le fait qu'une filière alimentaire sans OGM n'est pas réellement envisageable. Alors qu'en 1997 les moyens techniques permettaient de détecter des traces d'OGM inférieures à 0,1% dans tout produit alimentaire, ce seuil technique n'a pas été retenu et cette directive considère qu'un produit est « sans OGM » même s'il en contient jusqu'à 0,9%.

À partir de ce constat, les plus radicaux des opposants exigent l'abandon pur et simple de cette technologie et cherchent à contrer la pénétration des OGM dans la filière alimentaire en s'attaquant aux instituts de recherche et aux industriels. D'autres demandent aux pouvoirs publics de garantir leur liberté de consommer sans OGM via une règlementation très stricte et des contrôles efficaces. Ils demandent dans un premier temps une suspension des autorisations de cultures d'OGM pour permettre une évaluation sur le long terme des effets possibles des OGM sur la santé, mais aussi un examen poussé de la problématique de leur dissémination dans l'environnement.

Le fait que les OGM soient majoritairement brevetés (tout comme certaines plantes conventionnelles) est l'un des principaux arguments utilisés par les opposants aux OGM : en effet, l'usage de ceux-ci rendraient dépendants les millions d'agriculteurs (d'Afrique, d'Asie, d'Europe Orientale, et d'une partie de l'Amérique Latine et centrale) ne recourant pas à ce jour aux firmes semencières. Cette modification du rapport de force entre semenciers et agriculteurs fragiliseraient ces derniers. Ce ne sera pas le cas en France en ce qui concerne le maïs, puisqu’une majorité d'agriculteurs a recours aux semences commerciales du fait de l'hybridation des semences. Pour les semences des autres cultures le recours aux semences fermières est possible et fréquent, sans toutefois que cette pratique puisse être quantifiée.

Pour les défenseurs de l’utilisation des OGM ceux-ci représentent des risques réels sur l'écosystème, mais ces risques sont contrôlables et sont correctement contrôlés par les autorités sanitaires.

Selon l'ISAAA, les agriculteurs qui utilisent les OGM le font notamment pour éviter d’utiliser des produits phytosanitaires. Ainsi, la réduction de l’usage des pesticides améliore la santé des agriculteurs et réduit leurs risques d'accidents du travail. Au niveau mondial, selon l’ISAAA, l’usage des OGM végétaux a permis de réduire l’usage d’insecticides et d’herbicides, ce qui a réduit de 15,3 % de l’impact environnemental de l’agriculture humaine dans les champs concernés.

Une grande partie de la communauté scientifique mondiale considère que les OGM actuels ne posent pas de problème sanitaire. Les chercheurs du Conseil international pour la science, qui regroupe les meilleurs scientifiques mondiaux dans de nombreux domaines, conclut que la consommation des OGM actuels est sans danger. Elle signale cependant que cela ne garantit rien pour les futurs OGM et qu'il est donc nécessaire de continuer à vérifier qu’ils sont sans danger pour les consommateurs avant d'être commercialisés.

L’Organisation des Nations unies, en se basant sur l'articulation des multiples études à leur sujet, écrit que « les OGM qui sont actuellement sur les marchés internationaux ont passé avec succès des évaluations du risque et il est improbable qu’il présente un quelconque risque pour la santé humaine. De plus, on n’a jamais pu montrer que leur consommation par le grand public dans les pays où ils ont été homologués ait eu un quelconque effet sur la santé humaine. ». Elle oublie, en faisant cette déclaration, le cas du maïs Starlink qui, en 2000, provoqua des « douleurs abdominales, diarrhée et éruption cutanée » chez ses consommateurs. Ce maïs avait pourtant été préalablement autorisé par la FDA.

Les défenseurs de l’utilisation d’OGM s’opposent donc aux points défendus par le mouvement anti-OGM. Selon eux, de réelles querelles scientifiques, qui opposent des points de vue différents et légitimes, « sont souvent transformées en polémiques d’apparence scientifique ».

Commentant les sondages qui montrent le soutien qu'apporte l'opinion publique, dans certains pays, aux anti-OGM, John Beringer écrit : « justifier les actions anti-OGM en disant que personne ne veut d'OGM pourrait être acceptable si l’opinion publique avait été correctement informée par un débat, plutôt que soumise à un flux de propagande négative. Le concept que, si je vous pousse à croire quelque chose, alors vos croyances deviennent la vérité, n'est pas un concept valable. ».

Cécile Philippe, présidente de l'Institut économique Molinari et auteur de C'est trop tard pour la terre, estime dans cet ouvrage que les « faucheurs volontaires » sont « dangereux », car ils « menacent le progrès de la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture. » Pour d'autres encore, le comportement des faucheurs s'apparenterait au mouvement luddiste, constitué d'ouvriers qui détruisirent des métiers à tisser dans l'Angleterre de la Révolution Industrielle, par crainte que ces derniers ne bouleversent leur mode de vie. L'association Liberté chérie parle de groupuscules d'« inspiration anticapitaliste et néo-luddite ». Claude Allègre a pris publiquement position dans le débat en écrivant que la lutte anti-OGM est une « religion » avec ses « dogmes » et que « la répulsion de certains contre les OGM touche au fanatisme ».

Au niveau international, la lutte anti-OGM est animée par le réseau international d'organisations paysannes de La Via Campesina. Présente dans une soixantaine de pays, elle s'est fixée pour objectif la défense de la souveraineté alimentaire, le respect des petits et moyens agriculteurs, la défense de la biodiversité et la lutte contre les OGM. Par exemple, en Afrique du Sud, une Alliance sud-africaine pour un moratoire sur le génie génétique se bat depuis 2002 conttre l'usage des OGM en Afrique du Sud.

Greenpeace, a inscrit « la prévention de la dissémination des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans la nature », parmi ses campagnes d'actions.

Au Japon, une campagne intitulée « No! GMO campaign » lancée en 1998 par Kamibayashi Hiroko, une journaliste indépendante spécialisée en environnement, réclame « du gouvernement la création d’un label pour les produits sans OGM et pour les variétés locales et traditionnelles, ce pour les différencier des graines imposées par les multinationales de l’agro-alimentaire. » En quelques années, ce mouvement citoyen obtient un étiquetage systématique de la présence d'OGM pour trente produits différents dont le soja et le maïs. L'objectif du mouvement reste l'interdiction complète des OGM au Japon.

La France étant marquée par une tradition culturelle conflictuelle, la lutte anti-OGM, y a ponctuellement pris la forme d'une confrontation sur le terrain.. En particulier, la destruction de plan d'OGM pourrait être mise en parallèle avec les émeutes suivi de l'incendie du Parlement de Bretagne en 1994 (pêcheurs bretons), les barrages routiers de camionneurs en 1991 (se soldant par 4 morts), les blocages divers et fumiers déversés (multiples manifestations d'agriculteurs durant les années 90 et 00), sans compter les récentes (2005) émeutes urbaines etc.

Manifestations, pétitions, opérations médiatiques, opérations d'organisations de consommateurs se retrouvent dans plusieurs pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Sud. Il semble que la lutte n'aie pris une tournure illégale qu'en France.

Cette forme de lutte consiste essentiellement à regrouper tous les moyens offerts par la loi pour s'opposer légalement aux OGM.

La lutte légale peut aussi se manifester par des pressions populaires, typiquement par le recours à des manifestations et à des pétitions, visant à obtenir du gouvernement des changements de règlementation, ou bien par des actions plus locales (information sur les marchés de fruits et légumes, par exemple). Cette lutte passe aussi par des actions de lobbying et d’occupation des espaces médiatiques. Des études sont ainsi financées pour établir les dangers et l’éventuelle nocivité des OGM.

Une étude du CRIIGEN concernant un maïs transgénique, le MON 863, financée partiellement par Greenpeace, et reprise par Canal+ dans un documentaire défavorable aux OGM contredit les études des semenciers en déclarant avoir constaté une toxicité avérée du MON 863 sur l'organisme des rats (notamment sur le fonctionnement de leur rein et foie). Le dossier interne de Monsanto concernant le MON 863 a été rendu public par Monsanto suite aux pressions de Greenpeace. Par la suite, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, reprenant l’étude du CRIIGEN, déclare y trouver de « graves erreurs méthodologiques » et confirme les résultats de sa propre étude : le maïs MON 863 n'est pas toxique. Le CRIIGEN (organisme de veille sur les OGM, mené par Corine Lepage) répond à l’Autorité européenne de sécurité des aliments en déclarant confirmer la toxicité du MON 863 pour les rats.

En novembre 2007, plusieurs associations anti-OGM ont découvert à Hédé, au nord de Rennes, un champ de maïs BT11, variété interdite à la culture en France. Une plainte a été déposée, visant à identifier les responsabilités des opérateurs économiques ayant fourni ces semences, « des personnes ayant cultivé le maïs OGM, si elles avaient connaissance de sa nature et de son interdiction » et aussi de l'État, en l'engageant à faire respecter la loi,.

Parallèlement aux actions légales, des militants anti-OGM mènent – en France – une lutte consistant majoritairement en des destructions de sites de plantation, appelés « fauchages » ou « arrachages » par ces militants. D'après ces militants, il s'agit de d'« acte de désobéissance civile » pour protester contre ce qu'ils estiment être le non respect du principe de précaution par l'Etat, ainsi que la non-protection de l'intérêt général, au nom de considérations politiques et économiques. Ces actions condamnables d'un point de vue pénal portent atteinte aux biens des agriculteurs et des centres de recherche qui en sont la cible. L’organisation fortement médiatisée de « fauchages » vise à accroître la visibilité de cette lutte, et à alerter l'opinion publique sur la controverse des OGM, par des actions de « terrain ».

En mai 2005, une variante a été utilisée en dispersant des semences conventionnelles dans des champs prévus pour des cultures d'OGM, afin de saboter l'expérience.

La figure emblématique et controversée du mouvement anti-OGM en France et en Europe est José Bové. Ce dernier est également une figure tutélaire des « fauchages volontaires de cultures OGM » et a été condamné à 4 mois de prison ferme lors du procès de Toulouse (pour avoir détruit des plants de riz transgénique d'une serre du CIRAD et occasionné quelques dégradations sur les installations). Il prône un principe d'action médiatisée, réunissant notamment des collectifs de faucheurs volontaires, des paysans de Via campesina et de la Confédération paysanne française, pour arracher au nom de la lutte anti-OGM des plantations d'OGM autorisées par le gouvernement, devant la presse.

Les actions anti-OGM n’empêchent pas la forte augmentation des surfaces cultivées des OGM qui, par exemple, ont doublé en cinq ans, entre 2002 et 2007. Dans les zones où les actions anti-OGM sont les plus importantes, la culture d'OGM est en stabilisation, ou en régression (Europe en général, hors cas de l’Espagne).

Dans plusieurs pays d'Europe (France, Allemagne…), des collectivités locales ont pris des arrêtés interdisant la culture d'OGM sur leurs circonscriptions. C'est la cas de la majorité des régions françaises (16 sur 22). Au niveau européen, ce sont 164 régions (principalement autrichiennes, grecques, britanniques et belges) qui se sont déclarés zones sans OGM. Des départements (France) ou des communes (France, Allemagne) ont également pris des mesures. En France, ces arrêtés ont fait l'objet de recours de la part des préfets devant les tribunaux administratifs et ont été annulés.

Selon le réalisateur Jean Druon, l'ébauche de contrôle citoyen sur l'usage des OGM incite certains membres de la « technoscience » à brider ou contrôler le débat sur l'énergie nucléaire et surtout celui sur les nanotechnologies. Il développe cette thèse, soutenue par l'intervention de nombreux scientifiques et philosophes dans son film Alerte à Babylone, réalisé en 2005.

Parallèlement, le concept de « lanceur d'alerte » est apparu en France. Défini comme « un chercheur ayant dû agir le plus souvent contre l’avis de son institution, un salarié ayant révélé des manquements graves de son entreprise, un groupe de citoyens ayant alerté les institutions sur des problèmes de santé. » par la Fondation Sciences citoyennes, il souligne l'importance de leur protection juridique. Celle-ci est en effet nécessaire pour des chercheurs dévoilent les risques liés aux OGM. En 2007, le collectif Alliance pour la planète a ainsi proposé d'instaurer une protection légale des lanceurs d'alerte lors du Grenelle de l'environnement. Cette proposition a été reprise dans le rapport de la mission Corinne Lepage, chargée de la traduction juridique des orientations prévues par le Grenelle de l'environnement en matière de gouvernance écologique.

La lutte anti-OGM et la destruction de parcelles dans les centres de recherche nuit au secteur des biotechnologies, et constitue un handicap dans le développement de nouvelles semences et le depôt de brevets par les équipes scientifiques ; c'est le cas en France. La presse évoque le risque que les chercheurs français et européens émigrent vers d'autres pays.

Les destructions des plantations d'OGM, et la menace de nouvelles destructions, ont eu un effet dissuasif sur les agriculteurs et ont influencé le comportement des autorités. Celles-ci auraient de facto mis sous embargo les informations sur les cultures d'OGM, en dépit des règlementations françaises imposant la transparence et le libre accès du public à ce type d'information, principe maintes fois réaffirmé par la commission d'accès aux documents administratifs.

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Plan de crise pour une pandémie

La définition d'un plan de crise pour une pandémie est une préoccupation majeure pour les autorités politiques, sanitaires ainsi que pour certaines entreprises. Face au risque pandémique, la planification doit être coordonée à échelle planétaire. Pour ce faire l'OIE et la FAO ont mis en place un réseau international d'expert : l'OFFLU La démarche de gestion de crise se met en place à mesure que les gouvernements et les organismes internationaux se mobilisent (ou se démobilisent parfois) sur la question.

Les conséquences d'une pandémie sur la société et la façon d'y faire face n'ont pas fait l'objet d'une analyse systématique. L'intégration croissante des réseaux et des flux dans le cadre de la mondialisation laisse craindre des conséquences difféentes de ce que furent les pandémies précédentes.

L'analyse des risques passe par une identification rapide des dangers, et donc des porteurs et vecteurs de virus (animaux et/ou humains). Un test rapide et peu coûteux a été annoncé dès novembre 2006, une (MChip) « puce génétique » (micro-array ou " lab-on-chip " de la taille d'un ongle) détectant un segment de gène, choisi car subissant moins de mutations que les gènes utilisés par les tests de diagnostic classiques.

Ce test (créé par l’université de Colorado-Boulder et le Centre d’épidémiologie des États-Unis (CDC) avec financements de l’Institut national des maladies allergiques et infectieuses (NIAID)) s’est montré performant et rapide, détectant les types et sous-type de virus dans 21 cas sur 24 échantillons du virus, sans faux-positif. Si ce test était rapidement disponible, il pourrait révolutionner la lutte contre la grippe, mais demande du temps pour une fabrication industrielle (Il était toujours indisponible début 2008).

STMicroelectronics (groupe franco-italien) et le laboratoire Veredus (Singapour) ont confirmé le 24 mars 2008, qu'une micropuce de détection rapide des principaux types de grippes (A et B, et H5N1) (déjà annoncée le 19 février 2006), pourrait être disponible d'ici trois à cinq ans..

Une question complexe est celle de la gestion et du renouvellement des stocks. En juin 2006 l'UE ne disposait toujours pas de stock stratégique européen d’antiviraux et À Luxembourg, les ministres de la Santé des 25 n’ont pas su s'entendre pour créer et co-gérer un stock partagé d'antiviraux, déplorait le commissaire européen (Markos Kyprianou). 5 pays (Allemagne, Suède, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie) s'étaient opposés à ce projet, par principe ou par refus de financer ce fonds, réclamant un financement communautaire (non prévu). Ce stock ne devait pourtant pas remplacer les stocks nationaux mais s’y ajouter pour aider rapidement un pays où l’épidémie débuterait (aucun pays n’a assez d’antiviraux pour traiter toute sa population).

En cas de pandémie il faudra rapidement produire, diffuser et utiliser une grande quantité de vaccins. L’immunothérapie passive des malades, par des anticorps monoclonaux est une des solutions envisagées par les chercheurs qui en 2007 testaient déjà son efficacité sur l'animal, avec des résultats laissant penser que des anticorps monoclonaux d'origine humaine pourraient être produits à partir du sang de patients ayant guéri d'une grippe à H5N1 (ou de convalescents le cas échéants) et contribuer à enrayer une épidémie et à limiter le nombre de morts (en prophyllaxie unique, ou comme traitement complémentaire).

Sanofi s'est engagé mi juin 2008 à offrir (sur 3 ans) 60 millions de vaccins anti-grippe aviaire à l'OMS pour constituer un stock international destiné à aider les pays où apparaîtrait éventuellement une épidémie impliquant ce virus.

Dans le cas d'une pandémie avec la grippe aviaire : mise en bière sans délai, transport avant mise en bière et soins de conservation (formolisation) interdits (source : association française d'information funéraire).

Une veille pluridisciplinaire et proactive est un facteur stratégique et crucial pour la lutte contre une pandémie grippale, notamment parce que la grippe est contagieuse 1 à 2 jours avant les premiers symptômes. Tout foyer de virus hautement pathogène et/ou très contagieux doit être détecté précocement, et faire l'objet de mesures immédiates de quarantaine et de soins. Les autorités et habitants des zones périphériques doivent être prévenus, et les caractéristiques génomiques du virus diffusées afin qu'on puisse le suivre et préparer un éventuel vaccin. Cette veille concerne d'abord l'éco-épidémiologie et l'épidémiologie et la virologie, avec des aspects historiques rétrospectifs (ex : pour tirer les leçons de la grippe espagnole), ou prospectifs (pour anticiper sur les besoins de planifications). La veille porte aussi sur l'état et les moyens de préparation, ainsi que sur le suivi des facteurs de risque. L'OMS a basé à Genève (Suisse) une cellule permanente de veille dotée de moyens informatiques traquant les informations dans la presse mondiale souvent plus rapidement réactive que les gouvernements ou autorités locales. Lors du SRASS en 2003, ou lors des cas de Charbon en 2001 aux États-Unis La presse et la TV ont révélé le problème avant les autorités. Après 3 ans de négociation, mais mi-2006 la plupart des États acceptaient de partager leurs informations sur le génome viral, ce qui permet un meilleur suivi écoépidémiologique et facilitera le développement de vaccins. Dans de nombreux pays, les éleveurs, les naturalistes, les chasseurs et habitants sont invités à prévenir les autorités en cas d'observations de mortalité anormales d'oiseaux, souvent sans suite, il faut le reconnaître.

Contrairement à ce qu'on a d'abord pensé, ce sont les volailles qui semblent être le premier vecteur du H5N1, mais elles pourraient contaminer des oiseaux migrateurs qu'il convient donc d'aussi surveiller pour prévenir l'apparition de nouveaux foyers.

1er juin 2006 : Un suivi en temps réel des mouvements migratoires aviaires par satellites est proposé par la FAO mi-2006. Il faut pour cela 6,8 millions de dollars que l'Agence n’a pas. Des aides financières sont réservées pour les aspects vétérinaires en Afrique (dont pour la formation des autorités sanitaires), mais les formations et outils tardent à être opérationnels.

CIRAD/FRANCE : Le 19 juin 2006, le CIRAD pense maintenant que l’élevage a une responsabilité importante, mais le rôle des oiseaux sauvages varie selon les contextes et doit être précisé. Pour cela, le Cirad prépare une nouvelle campagne de prélèvements en Afrique à partir de septembre 2006. Pour Emmanuel Camus (Directeur Dpt. Élevage et médecine vétérinaire au Cirad), « les deux types de vecteurs sont en cause. Le curseur se place plus ou moins d'un côté selon la situation. » L'Afrique devrait d’ici là installer une dizaine de laboratoires pouvant diagnostiquer le H5N1 (contre un seul, fin 2005) et le laboratoire du Cirad-Montpellier sera équipé d'automates capable de traiter 400 échantillons/jour). Le CIRAD s’intéressera aussi aux mouvements migratoires Est-ouest mal connus, avec Wetlands International et Wildlife Conservation Society, via des oiseaux équipés de balises permettant un suivi par satellite.

Début juin 2006, le Canada annonce qu'il suivra aussi l'évolution du virus via les variations de ventes de médicaments, grâce à une base de données alimentée par les chiffres des ventes d’environ 5 000 pharmacies du pays, afin de déceler les premiers indices d'une pandémie. Rem : La détection par l’achat de médicament est trop tardive pour bloquer à coup sûr l’épidémie si le virus est très contagieux, mais c’est une sécurité supplémentaire.

Aout 2006, les É.-U. renforcent leur système de veille sur les oiseux migrateurs, notamment en Alaska.

Mercredi 23 août 2006 ; aux États-Unis, le CDC annonce avoir mis à jour ses recommandations concernant les tests à pratiquer pour le diagnostic d’une personne suspectées de grippe aviaire. Il recommande notamment de pratiquer une analyse du liquide récupéré après un Lavage Broncho-Alvéolaire (ou LBA) plutôt que l’écouvillonnage nasal ou de la gorge, car contrairement aux virus de la grippe saisonnière, les variants du virus H5N1 HP semblent n’être que très peu présent dans la partie supérieure des poumons ou dans la bouche ou le nez. Il se développe dans la partie profonde des poumons. Cette méthode permet en outre de détecter d’éventuels microbes facteurs de surinfections, éventuellement à risque nosocomial. CDC 23/08/06 CDC Health Update: Lab Testing of Persons with Suspected Avian Flu in U.S.

Le bilan de l'épisode turc et des cas indonésiens a notamment montré que des laboratoires scientifiques inexpérimentés pouvaient ne pas détecter tous les cas humains ou animaux de H5N1. Il est donc recommandé dans les zones nouvellement infectées de vérifier les cas douteux par de nouveaux tests si les premiers s'avèrent négatifs. En Indonésie, 3 malades sur 8 porteurs du H5N1 n'ont développé que des signes bénins. Ils n'ont été détectés que quand les chercheurs ont fait des analyses systématiques autour des patients gravement malades. Il convient de partager les données sur les symptômes et l'évolution de la maladie dans l'espace et dans le temps pour détecter d'éventuelles mutations du virus, ou des résistances ou vulnérabilités naturelles de la population. Fukuda de l'OMS plaide pour un questionnaire uniformisé (novembre 2006).

Elles proviennent de l'OMS concernant la santé humaine et de la FAO et l'OIE concernant les aspects vétérinaires. La spécificité de la grippe aviaire fait que ces 2 aspects doivent être traités de manière coordonnée, l'animal pouvant contaminer l'homme et inversement.

L'OMS offre sur son site internet de nombreuses ressources pour comprendre la grippe aviaire et ses enjeux sanitaires. Elle recommande aux pays de faire un plan de préparation à une éventuelle pandémie, incluant des mesures barrières contre le virus et une stratégie vaccinale et médicamenteuse. Il est recommandé de faire des exercices pour valider ces plans nationaux et de les coordonner avec les pays voisins et aux échelles supra nationales. Les entreprises et les individus devraient aussi se préparer.

Si de telles espèces-relais porteuses asymptomatiques existaient, la mort massive d’oiseaux migrateurs aurait été mal interprétée. Elle ne signifierait pas que ces oiseaux soient porteurs de la zoonose, mais qu’ils en sont de simples victimes.

Là où il y a déjà eu un foyer, le virus pourrait aussi passer l’hiver chez des volailles (immunisées ? vaccinées ?) ou dans le sol ou l’eau froide (ou chez d’autres espèces aquatiques – escargots par exemple - car leur mucus est riche en acide sialique, la cible du virus).

Richard Coker et Sandra Mounier-Jack (London School of Hygiene & Tropical Medicine LSHTM) estiment dans un article du 22 août 2006 du Journal The Lancet, que les pays d'Asie ou d’Afrique ne pourraient pas combattre seuls un début de pandémie. Ils soulignent la disproportion entre les moyens et niveaux de préparation des pays riches par rapport aux pays pauvres. Les riches ont de puissant moyens vétérinaires, à ne pas surestimer toutefois, et ils ont les stocks de Tamiflu, qui pourrait d’abord être nécessaire dans les pays pauvres.

En août 2006, selon les auteurs, au contraire de l’Europe qui a des plans homogènes, les pays asiatiques ont des niveaux très inégaux de préparation à une pandémie. Hongkong, l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont les mieux préparés, avec des plans rivalisant avec les meilleurs plans occidentaux, dont européens. La Chine a amélioré sa préparation, le dépistage de la maladie et le nombre de lit, mais à court terme, elle ne sera pas pleinement prête. La Thaïlande, la Chine, et le Viêt Nam en sont à renforcer leurs futures capacités à planifier leur préparation. Le Cambodge et le Laos sont assez démunis. Pourtant les pays pauvres en ressources ont une expérience réelle, et certains prennent en compte certaines questions en grande partie négligées par la plupart des plans européens. La Thaïlande fin aout doit mobiliser 800 000 personnes pour faire de la sensibilisation en porte-à-porte. Pourrait-on faire de même dans les pays riches ? D'autres pays (dont ceux n’ayant pas de plans) pourraient tirer bénéfice de l'analyse forces- faiblesses des plans élaborés en Asie et en Europe.

Les agences de l'ONU (OMS, FAO, OIE) encouragent la coopération.

En août, les deux principales bases de données mondiales collectant les séquençages des virus grippaux ont été ouvertes à tous les chercheurs pour une grande partie de leurs données sur la grippe, et à titre d'exemple, mardi 22 août 2006 : Japon et Chine, dont les relations diplomatiques sont tendues vont mettre en commun des informations et des scientifiques pour mieux se préparer, via un accord entre l'Institut national japonais des maladies infectieuses, et le Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies.

Certains alertent sur le fait que les petits pays et autres principautés doivent se préparer aussi et ne pas compter sur leurs voisins. La préparation à une pandémie est comme une grande chaine dont tous les maillons doivent être solides. De ce point de vue, la coopération est aussi l'intérêt bien compris de toutes les communautés et collectivités.

Besoins humains et financiers : Des progrès ont été faits, mais 1,3 milliard de dollars (990 millions d'euros), sont encore au minimum nécessaire pour 2007 -2010 selon le coordinateur de l'ONU mercredi 29 novembre 2006.

Cartographie du risque : Plusieurs articles signalent que Google Earth est utilisé aux États-Unis par les scientifiques pour suivre l’évolution de la grippe avec des SIG (Système d'information géographique) utiles pour créer par ex des zones tampons ou mesurer le risque lié à la proximité d’élevages industriels, de zones d'épandage, d'abattoirs, d'oiseaux migrateurs réputés sensibles, ou encore pour repérer les églises, écoles, lieux de rassemblements ou axes de communications proches.

Les images les plus précises sont pour la plupart sur les pays riches, les zones tropicales étant mal couvertes, avec des photos plus souvent couvertes par des nuages.

Plusieurs experts ont suggéré une coopération des SIG, mais leurs données étant souvent pour partie juridiquement protégées, les coopérations semblent difficiles, alors que Google earth est au moins accessible à tout le monde.

Dans ce cadre, la cartographie des corridors biologiques qui inclut la cartographie des corridors de migration aviaire, pourrait aider à cibler et prioriser les actions concernant les oiseaux sauvages et le risque qu'ils soient infectés par des élevages, par l'Homme, ou inversement. Un réseau de chercheurs prépare un suivi par satellite des migrations pour 2007.

Des laboratoires P3 mobiles : « Si nous voulons être capables de réagir de façon encore plus efficace, il faut pouvoir déplacer un certain nombre de laboratoires » Xavier Bertrand va demander aux spécialistes français quel en serait le coût pour envisager les conditions d'une mutualisation européenne. Si nous développons les capacités de recherche, nous ferons gagner un temps précieux à l'industrie qui produira le vaccin pandémique » (X. Bertrand, Assemblée nationale, 29 novembre 2005, qui précisait qu’au moment où il parlait il y avait 74 foyers épizootiques reconnus dans neuf provinces chinoises dans un pays ne disposant pas de laboratoire P4, ni de laboratoire P3 dans les provinces rurales.).

En 2006, l'Europe commence à se doter d'un CDC (Center for Disease Control and Prevention) inspiré de ceux qui existent aux États-Unis, et qui veut pouvoir disposer de moyens de suivi satellitaire/cartographique de l'épidémie.

SOS de la Croix-Rouge internationale : Mieux vaut prévenir que guérir ; les pays doivent mieux se préparer.

Samedi 17 juin 2006 : le président Pierre Dupleissis alerte : « si le problème a disparu de la une des journaux, le risque est toujours bien réel » et reste « une menace très sérieuse ». L’appel de la croix rouge lancé 2 mois plus tôt à mobiliser 17,4 millions de francs suisses (11 millions d’€) n’a pas été entendu. Moins de 30 % de la somme est réunie, ce qui n’a pas permis un travail suffisant.

Depuis 9 mois, le réseau de volontaires formés et le personnel de plus de 90 sociétés nationales de la Croix-Rouge (et Croissant-Rouge) ont lancé des activités pour réduire l’exposition des populations (dont petits éleveurs, marchands ruraux de volaille, femmes et enfants), par des campagne d'information, visites à domicile en milieu rural. Des ateliers d'information sur la grippe ont été montés pour le personnel et les volontaires, avec distribution d’équipement de protection et d'hygiène. Il faut former au moins 50 000 volontaires, et les migrations d’oiseaux vers le sud vont commencer d’ici moins d’un mois, dès juillet.

Elle est indispensable, car un seul pays peut constituer le maillon faible tant pour les aspects vétérinaire qu'humain et être à l'origine d'une pandémie. Bloquer le virus à sa source serait l'action la plus efficace, ce qui serait plus aisé avec des moyens, vaccins et médicaments partagés; En 2005 les appels de l'OMS, de l'OIE et de la FAO ont abouti à la conférence de pékin (Beijing) où les bailleurs internationaux avaient promis en janvier 2006 1,9 milliard de dollars, mais mi-août 2006, la FAO n’avait reçu que 67,6 millions de dollars et était en attente de plus de 50 autres millions promis. Elle en avait déboursé 32,5 millions.

De ces documents ou de leurs versions provisoires, il ressort que de nombreux sites Internet et plans nationaux sont riches en informations générales, mais assez pauvres en informations précises utiles à la préparation individuelle. Ils sont souvent redondants entre eux pour certains aspects (présentation de la maladie, et du risque) et très différents pour d'autres (types d'acteurs responsables ou associés et moyens ou calendriers de mise en place). De réels efforts de pédagogie et de clarté y sont notables, mais les scenarii qui justifient ces plans, leurs étapes ou leurs variantes ne sont pas toujours clairs ni présentés.

Rares sont ceux qui ont été étayés par des exercices et tests en grandeur nature. Et quand il y a eu des exercices, les comptes rendus précis sont rarement accessibles.

Les plans fournissent généralement une explication claire des stratégies nationales et de certains protocoles (dont médicaux), quelques conseils très généraux concernant la volaille, l'hygiène, les précautions à prendre pour les voyageurs, mais peu de conseils concrets sur la préparation individuelle ou la préparation des entreprises, des écoles, des administrations ou de communautés, d'institution religieuses et d'associations ; seuls les États-Unis ont depuis 2005 diffusé une large palette de tels documents (dont sous forme de check-list), pratiques mais qui restent assez généraux ; par exemple il est conseillé de faire des provisions, de prévoir des désinfectants, des produits de premiers secours, mais on ne précise pas lesquels ni en quelle quantité et comment se prémunir d'éventuelles ruptures de fourniture d'énergie, cas qu'évoquent tous les scenarii). De même demande-t-on aux entreprises de préparer des plans de continuité ou de fonctionnement en mode dégradé, mais sans leur fournir de conseils précis.

Les aspects sociopsychologiques et ce qu'on pourrait appeler la gestion de la mort n'y sont pas toujours très explicitement abordés, ou le sont très pudiquement, alors que l'histoire des pandémies a montré que c'était un aspect important de ce type de gestion de crise.

Curieusement, les formations médicales et vétérinaires, pas plus que les écoles d'agriculture ou les formations d'écologues n'ont généralement pas encore (en 2006) été chargées de développer la formation sur le thème de la grippe aviaire, bien que les plans prévoient souvent d'appeler en renfort les étudiants du secteur médical et des soins et que les experts estiment que le besoin de formation (ex en pneumologie et réanimation, mais aussi en diagnostic et soins vétérinaire) est énorme, et qu'il est vital d'y répondre vite.

Aucune de ces ressources ne donne d’informations précises ou de conseils, par exemple pour la préparation individuelle, celle des entreprises ou sur la manière de soigner un malade touché par un virus hautement pathogène à la maison, alors que presque tous les plans visent à ne pas engorger les systèmes de soins en encourageant le soin à domicile pour les cas les moins graves.

De nombreux pays proposent (en téléchargement, ou sur demande avec frais de port parfois, ou par téléphone (n° payant) des affiches, des informations, des guides et dépliants (souvent en format PDF et parfois en plusieurs langues), voire des films ou des séquences audio (très simples, du type des messages diffusés par les radios ou télévisions à la demande des états). Beaucoup de pays asiatiques donnent aussi de l'information en anglais. Quelques pays ont des documents plus poussés destinés aux soignants ou personnes en contact avec les oiseaux ou volailles. De rares pays ont un système de veille qui associe fortement la population ou de nombreux acteurs chargés d'avertir les autorités en cas de suspicion d'oiseaux malades ou de cas humains. Souvent ce sont des médecins, des praticiens hospitaliers et parfois des pharmaciens, spécialement formés qui jouent le rôle de sentinelles.

Les plans vétérinaires peuvent être très élaborés, mais ils sont souvent plus discrets (non mis en ligne) et généralement totalement distincts des plans d'action et de veille sanitaire humaine. Ils ciblent surtout la volaille et parfois les porcs et bien entendu les oiseaux migrateurs. Rares sont les pays qui ont travaillé sur d'autres mammifères que l'homme. La transversalité entre les ministères compétents pour les questions de santé, d'environnement et d'agriculture n'est pas toujours explicitement définie ou améliorée, malgré les recommandations de l'ONU et de nombreux experts.

Dans certains pays le plan national n'est pas entièrement public (aspects classés confidentiel-défense, par exemple) ou - bien que très informatif - il est très peu connu du public et des responsables.

Un certain nombre d'états dont le Canada (déjà confronté au problème du SRAS) et la France (pressée par le CNRS qui a pris l'initiative d'une plate-forme de réflexion), envisagent un travail approfondi sur certains aspects éthiques de la gestion d'une crise pandémique.

À un niveau supranational, l'Europe et l'APEC suscitent et fédèrent des exercices et incitent à plus de coordination. Beaucoup d'États ont pris des initiatives de collaboration multinationales, généralement avec leurs voisins ou des pays dont ils partagent la langue ou la culture.

Les problèmes de budget sont rarement évoqués par les plans nationaux.

Quelques publications scientifiques ont publié de premiers travaux d'évaluations à l'échelle de régions ou d'études comparées de plans nationaux. Comme Richard Coker et Sandra Mounier-Jack (London School of Hygiene & Tropical Medicine LSHTM) dans leur article du 22 août 2006 publié par le Journal The Lancet, ils estiment généralement que ces plans doivent être testés par des exercices impliquant réellement les acteurs, et que le défi de la coopération et de la solidarité internationale est à relever. On a beaucoup avancé depuis 3 ans, mais le virus gagne encore du terrain, et la préparation doit encore être très améliorée et partagée par tous les maillons de la chaine possible de contamination, c’est-à-dire par tous, individuellement et collectivement.

Double difficulté  : Ceux qui préparent ces plans doivent planifier des solutions assez concrètes pour être très rapidement et fiablement mises en place, mais assez souples pour couvrir le champ des incertitudes ; En effet, la date et le lieu d'émergence du virus pandémique sont inconnues et imprévisibles, de même que ses caractéristique et sa virulence, ainsi que le nombre de vagues et leurs durées ou la possibilité d'apparition de résistances aux antiviraux ou de nouvelle mutation, etc.

Responsabilité partagée entre l'Homme et l'Oiseau pour le transport du virus ; Le 1er juin 2006, La Commission européenne et l’OMS commentent le suivi la grippe aviaire chez les oiseaux sauvages dans l'UE depuis 10 mois : Ces données ont été présentées à la conférence scientifique internationale sur l'influenza aviaire et les oiseaux sauvages organisée par la FAO et l'OIE à Rome (mais pour février-mai 2006, le dépouillement n’est pas terminé).

Près de 60 000 oiseaux sauvages ont été testés dans l’UE (contre 39 000 en juillet 2005-janvier 2006) ; soit +/- 100 000 tests de dépistage du H5N1 en 10 mois.

Ces 4 derniers mois (depuis février 2006), plus de 741 oiseaux sauvages infectés par la «souche asiatique» du H5N1 ont été confirmés dans 13 des 25 États membres (Grèce, l'Italie, la Slovénie, la Hongrie, l'Autriche, l'Allemagne, la France, la Slovaquie, la Suède, la Pologne, le Danemark, la République tchèque et le Royaume-Uni), avec un net recul ces dernières semaines dans la faune sauvage en dépit de l’épizootie chez les volailles en Roumanie.

M. Markos Kyprianou (Commission en charge de la santé et de la protection des consommateurs) dit qu’il ne faut pas baisser la garde pour de longs mois encore.

Quatre élevages ont été touchés dans l’UE, rapidement éradiqués. Le fait que la Roumanie et la Turquie aient été bien plus touchées semble indiquer que les bonnes pratiques de l’industrie et les pratiques sanitaires pourraient avoir une importance.

On n'explique pas l’énorme différence du nombre de cas chez les oiseaux sauvages selon la géographie (326 cas pour la seule Allemagne, contre un seul cas au Royaume-Uni, un des pays les plus riche en oiseaux sauvages).

Le pic en nombre de cas détectés par mois a été atteint en mars avec 362 cas (contre 200 cas en février), une chute étant observée en avril (162 cas) et en mai (17 cas à la date du 21 mai - voir graphique n° 2). Les oiseaux sauvages les plus fréquemment touchés sont les cygnes (voir graphique n° 3), qui représentent 62,8 % du total, suivis par les canards (16,3 %), les oies (4,5 %), les rapaces (3,9 % ) et les autres espèces (13 %).

Le débat sur la vaccination se poursuit.

L’UE soutiendra finalement le commerce de la volaille.

21 juin 2006 : Suite à une demande de 14 États (République tchèque, Allemagne, Grèce, Espagne, France, Irlande, Italie, Chypre, Hongrie, Pays-Bas, Autriche, Pologne, Portugal, Slovaquie), le comité de gestion des œufs et de la viande de volaille approuve une proposition de la Commission de cofinancement par le budget de l'UE ; à hauteur de 50 %, essentiellement pour des mesures «en amont» visant à réduire temporairement la production et avec un plafond par unité détruite et un nombre maximal d'unités par État membre, pour une période max pour chaque mesure.

Il n’y aura pas de mesures « en aval » (de type aide au stockage privé ou destruction de stocks de viande).

Coût : 50 et 65 millions € pour l’UE.

Le gouvernement le 9 juin 2006 décide, sur initiative du Luxembourg avec les gouvernements français, belge, allemand de mettre en place un groupe de travail chargé d’analyser les aspects transfrontaliers d’une éventuelle pandémie de grippe aviaire, pour améliorer la coopération (circulation des personnes, accès aux soins et aux médicaments, communication entre les cellules gouvernementales avec le public).

Aout 2006 : l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) publie un dossier: « Influenza aviaire, grippe aviaire et menace de pandémie : un nouvel enjeu en santé au travail » (référence INRS : TC 107). N° 106 de la revue Documents pour le médecin du travail juin 2006.

L'INRS y aborde l’exposition professionnelle à la grippe aviaire (pour les travailleurs au contact des oiseaux, des volailles ou pour les personnels de laboratoire) et les mesures de prévention à envisager pour chaque situation particulière. Il y dresse aussi les grandes lignes d’une gestion de crise, en entreprise, en cas de pandémie et résume les recommandations à destination des établissements de santé.

Le Pr Jean-Philippe Derenne insiste à nouveau sur la sensibilisation, citant l’exemple de l’Égypte ; le H5N1 y a touché 17 gouvernorats sur 26, avec 14 cas humains dont six décès, mais le gouvernement ait pris la situation au sérieux. On a ainsi montré comme un exemple dans tous les médias cette femme qui, voyant que son enfant présentait les mêmes symptômes que les volailles malades, s’est démenée pour le faire hospitaliser dix heures plus tard à l’hôpital du Caire. On a pu sauver l’enfant avec un antiviral, le Tamiflu, qui doit être administré dans les 48 h suivant l’infection. Elle avait compris qu’il fallait agir vite. Tous les malades turcs et égyptiens qui ont reçu du Tamiflu précocement ont été sauvés (les autres sont morts, dont 4 enfants début janvier en Turquie, dont 3 d’une même fratrie). (dans une interview au journal Jeune Afrique, le 13 août 2006).

Des mesures administratives (arrêtés, circulaires) sont prises pour gérer les questions de grippe aviaire et chasse.

20 septembre 2006 : Le gouvernement français a mis à jour son site internet sur la préparation des entreprises privées et publiques et des collectivités (écoles...) à une pandémie avec 5 pages synthétiques introduisant les fiches récemment éditées. Les scenarios de mortalité restent les mêmes, mais des précisions sont données sur les scenarios d'absentéisme à prévoir.

Mercredi 24 janvier 2007 : Une proposition de loi a été présentée mardi 23 janvier 2006 au Sénat pour créer Un corps de réserve de 10 000 membres, dont professionnels de la santé en formation, actifs ou retraités en France. Ceci fait suite aux conclusions tirées des préparations à une grippe pandémique, de la canicule de 2003 et de l’épidémie de chikungunya. Géré par un établissement public, il sera ouvert à d’autres personnes, hors du champ sanitaire. Ses membres pourraient être appelés jusqu’à 45 jours par an, leur salaire normal étant maintenu durant ce temps et pour le temps de formation nécessaire à leur travail. Ni licenciement, ni sanction ne pourront être prononcé à leur encontre. L'employeur sera remboursé des rémunérations et cotisations sociales correspondant aux périodes de réserves, mais il ne pourra s'opposer à l'absence du réserviste, sauf en cas de nécessité inhérente à la poursuite de la production de biens et de services ou à la continuité du service public. Les retraités, sans emplois ou professions libérales et étudiants appelés pour se service seront également rémunérés (« ou indemnisés ») pour leur temps de service.

Les CDC (Centers for Disease Control and Prevention, ou « centres de contrôle et de prévention des maladies ») ont publié dès 2005 une liste de check-list pour aider les familles, les collectivités, les états, les structures religieuses et les associations, les écoles, etc. à se préparer. C'est le seul pays à avoir publié si tôt de telles listes de conseils. Ailleurs par crainte d'affoler la population, ce type de démarche semble avoir été freinées ou réduites. Des réunions ont été organisées dans chaque état, notamment pour tenir compte des leçons du désastre induit par le cyclone Katrina à la Nouvelle Orléans. Des budgets et des experts sont consacrés à l'aide internationale. La grippe du chien, maladie émergente aux États-Unis préoccupe certains experts.

6 et 7 juin 2006 : le ministère autrichien des affaires étrangères a accueilli à Vienne (Autriche) au nom de l’Europe une Conférence de plusieurs hauts responsables de pays adhérant au Partenariat international contre la grippe aviaire et la grippe pandémique, lancé par le président Bush en septembre 2005. Les États-Unis, représentés par Paula Dobriansky, sous-secrétaire d'État à la démocratie et aux affaires internationales y ont annoncé 28 millions de dollars supplémentaires pour cette initiative d’aide aux pays pauvres touchés par le H5N1. Le total est donc porté à 360 millions de dollars. Les États-Unis disent avoir aussi aidé la communication sur le virus dans 46 pays, l’aide au diagnostic et au suivi dans 25 pays, l’acquisition de matériel dans 34 pays. Des antiviraux ont été envoyés en Asie, et plus de 60 millions de dollars auraient été consacrés à en accroître les stocks. 36 millions de dollars ont été fournis à des organismes internationaux (OMS, FAO..) et 41 millions de dollars pour la recherche selon Mme Dobriansky qui se félicite des progrès faits au Viêt Nam et en Turquie… mais elle appelle les chefs de file à « encourager leurs homologues, tant dans leur pays qu'à l'étranger, à faire preuve de franchise lorsqu'il s'agit de divulguer des informations indispensables pour la mise en œuvre d'une riposte à l'échelle mondiale ».

21 août 2006 : La FAO a signé un accord de coopération avec le MERCOSUR pour la lutte contre la grippe aviaire. Les systèmes de surveillance sont renforcés au Nord.

Aux États-Unis, en 2006, de nombreux états et certaines grandes villes ont créé ou amélioré leurs plans contre une pandémie en suivant les conseils des CDC et avec des subventions fédérales.

Le 24 août 2006 (CIDRAP), les États-Unis sont le premier pays à rendre public leur outil de dépistage précoce et monitoring du H5N1 chez les oiseaux sauvages comprenant une base de donnée et une application Internet (intitulée HEDD), hébergé par l’USGS à Madison, Wisconsin. C’est un outil scientifique de partage d’information sur des lieux échantillonnés, les espèces étudiées et les résultats des tests, aux échelles des États et nationale. C’est une réponse aux recommandations de l’ONU et aux attentes des scientifiques et du public. Les agences, organismes, et décisionnaires concernés ont accès à toute la base de données. Les scientifiques peuvent l’alimenter. Le public a pour le moment accès à une carte de synthèse (nombre d'échantillons dans chaque état). L’élément fédérateur du plan national de surveillance des oiseaux sauvages (de mars 2006) et un des éléments de la préparation des États-Unis à une pandémie grippale.

Mardi 15 août 2006, le secrétaire US à la santé Mike Leavitt (du HHS, équivalent d'un ministère de la santé)) et le Gouverneur de l’État de New York, George Pataki signent une résolution de planification de la pandémie stipulant le détail des responsabilisé de l’État et du gouvernement (HHS). Pour cette 1re phase, l'État de New York a reçu $3.205.759 d’aide pour se préparer à une pandémie et la ville de New York a reçu $2.466.271 du HHS pour employer pour des activités de planification de pandémie. L’État de New York recevra encore $7.792.266 et la ville New York $5.799.926 Ces sommes sont fonction de la population.

Préparation des banques et du monde de la finance. En 2006, l'Autorité des marchés financiers (AMF) - organisme de réglementation et d'encadrement du secteur financier du Québec - a publié un guide concernant la préparation des acteurs du monde de la Finance à une pandémie grippale. Il semble inspiré des guides publiés en 2005 par les CDC américain, mais affiné et adapté au secteur financier (banques, assureurs). Il produit des orientations et des scenarii, mais laisse à chaque institution financière une large marge de liberté pour les adapter et adapter ses réponses aux spécificités de l’entreprise. L’autorité y postule qu’une pandémie aurait potentiellement un impact économique majeur, suivi d’un recouvrement rapide, avec une baisse de la demande due à un changement des modes de consommation et une plus grande aversion au risque de la part des investisseurs, avec moins de productivité… Les effets varieraient selon les secteurs financiers : L’assurance de personnes et la réassurance d’assurance de personnes seraient les plus touchées, alors que l’industrie de l’assurance de dommages devrait l’être moins. Il faut intégrer les dispositifs contraignants (ex : réduction des déplacements et des voyages) aux plans de continuité « qui doivent être adaptés aux particularités multiples de ce risque » (ex. il faut maintenir des opérations critiques durant une période inconnue potentiellement longue, avec plusieurs vagues d’ampleur différente possibles. « Plusieurs vagues d’intensité variable, d’une durée approximative de six semaines. La durée globale de la pandémie pourrait être de 12 à 36 mois ». Le guide cite le ministère québécois de la santé qui retient une 1re vague probablement observée dans les 3 mois suivant l’émergence d’une nouvelle souche pandémique, possiblement suivie d’une seconde vaque (3 à 9 mois après). D’autres vagues pourraient suivre (d’une durée de quelques semaines à quelques mois). Ce plan se base sur 15 à 35% de malades lors de la première vague.

L’analyse rétrospective Elle devrait idéalement précéder l’évaluation du risque opérationnel pour les institutions financières, mais on manque de données historiques chiffrées validées pouvant aider à la réflexion et à la modélisation.

Le secteur financier soit se préparer, avec un plan de continuité fiable et adapté, estimant les impacts de ce risque sur l’institution. L’Autorité demande aux institutions financières sous sa supervision, de s’inspirer des éléments de ce document pour développer leurs propres approches. L’objectif principal est de se préparer efficacement à toutes les éventualités, peu importe le degré de sévérité de la pandémie de grippe, conclue le Guide.

Printemps 2007 : une troisième enquête annuelle sur l'influenza aviaire des oiseaux sauvages est prévue pour l’été et l’automne 2007, avec échantillonnage prévu de 16 000 oiseaux vivants au printemps, ainsi que d’oiseaux morts toute l’année.

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Bourbon pointu

Feuilles d'un caféier donnant le café Bourbon, une variété proche de celuiqui donne le Bourbon pointu.

Le Bourbon pointu est une variété de café obtenue à partir d'une mutation du caféier d'Arabie décrite dès 1711 par Monsieur d'Hardancourt, secrétaire de la compagnie des Indes, en mission à la Réunion. D'abord appelé Café du Roy selon certaines chroniques, il a ensuite été renommé Café Leroy après la Révolution, du nom d'un de ses premiers cultivateurs, décédé en 1770. Proscrite en 1718 par la Compagnie des Indes, sa culture reprendra vers 1770 avant d'être quasiment décimée en 1880 par une épidémie . Longtemps quasiment disparue, la culture de cette variété du caféier d'Arabie (Coffea arabica cv. laurina) est aujourd'hui relancée à La Réunion, mais aussi en Guadeloupe et en Nouvelle-Calédonie, dans la perspective d'une production haut de gamme.

Ce café est obtenu à partir d'une variété du caféier d'Arabie issu d'une mutation appelée « mutation laurina ». Cette variété est elle-même désignée sous le nom scientifique Coffea arabica var. laurina (ou Coffea arabica cv. laurina), et l'on abrège parfois ces notations sous la forme binomiale Coffea laurina, ce qui est erroné, car il ne s'agit pas d'une espèce à part entière.

De forme conique et résistant à la sècheresse, le caféier mutant se caractérise par le fait que les cerises qu'il produit sont plutôt pointues, tous comme les grains, qui sont nettement allongés et se terminent également en pointe. On remarque également sa petite taille, ses petites feuilles et des branches latérales minces. Ce nanisme se caractérise moins par le petit nombre des entrenœuds que par la faible longueur de ces derniers.

Pour le reste, des analyses histologiques ont montré que le cultivar donnant le Bourbon pointu présente deux différences majeures le distinguant des caféiers d'Arabie qui permettent la production de café Bourbon. D'abord, il compte moins de cellules, et celles-ci sont plus petites. D'autre part, sa pousse repose sur une mécanique différente. En effet, s'il partage avec la variété d'origine un mode de croissance qui ne concerne que les deux derniers entrenœuds émis par l'apex, il s'en distingue du fait d'une élongation limitée des cellules de l'avant-dernier segment. Ainsi, le cultivar laurina n'augmente de taille que par la division cellulaire appelée mérèse alors que les autres Bourbons croissent aussi par auxèse, c'est-à-dire par l'étirement. Cependant, il est possible qu'une opération de sélection modifie la donne.

Quoi qu'il en soit, la variété présente plusieurs avantages. D'abord, la densité des feuilles permet aux cerises de mûrir lentement et de développer un taux de sucre plus important, ce qui entraîne en revanche un risque de moisissure plus élevé. Par ailleurs, les petites feuilles et les fruits verts sont solidement attachés aux branches, ce qui rend la variété adaptée à la collecte mécanique — les fruits qui ne sont pas encore mûrs ne risquent pas de tomber du fait d'un arrachage violent de ceux qui le sont.

Les fruits sont allongés, de taille moyenne (jusqu'à 15 par nœud), pointus aux deux extrémités. Un faible pourcentage de fruit (~5%) sont à graine unique, ou à trois graines (~7%).

La variété permet de produire un café se distinguant par une bonne acidité, une faible amertume mais surtout un faible taux de caféine. Il est de 0,4 à 0,75% contre 1,2 à 1,6% pour les arabicas, soit environ la moitié.

Le goût de la boisson est raffiné et délicat. Ses propriétés sensorielles sont exceptionnelles, notamment grâce à des notes fruitées très originales : orange, mandarine et même litchi dans certains lots. Il a suscité un grand enthousiasme parmi les testeurs impliqués dans le projet. Le spécialiste du café Yoshiaki Kawashima a quant à lui retenu le goût sucré, fruité et élégant de la première petite gorgée.

Au début de l'année 2007, la Specialty Coffee Association du Japon accorde au Bourbon pointu la distinction rare de « café premium », qui s'applique aux produits ne souffrant d'aucun défaut et présentant des saveurs marquées. C'est cette récompense qui a incité une entreprise japonaise à acheter une partie de la récolte avant même que la phase expérimentale du projet n'ait touché à sa fin.

Lorsque l'île Bourbon est divisée en concessions s'étendant du battant des lames au sommet des montagnes en plusieurs étages successifs, la culture du café s'étend au milieu de l'étage intermédiaire, dédié à l'agriculture. L'élevage s'étend en amont et les cultures vivrières en aval.

L'arôme délicat du café fait les délices des connaisseurs au XVIIIe siècle, notamment Louis XV. Au siècle suivant, Honoré de Balzac en aurait également été très friand.

Entre temps, la production a atteint un pic de 4 000 tonnes en 1800. Par la suite, elle chute rapidement du fait d'une succession de catastrophes climatiques et de l'extension de la culture de la canne à sucre. Cette culture et celle du géranium associent en effet leurs effets à ceux des cyclones, de la consommation familiale et de la maladie qui frappe les caféiers à l'époque.

La culture est cependant introduite en Nouvelle-Calédonie par des frères maristes réunionnais à la suite de la prise de possession par la France de l'archipel océanien demandée par Napoléon III. C'est ainsi qu'en 1911 le spécialiste du café appelé Paul Jobin a pu découvrir que l'on vendait du café Leroy à Paris — commercialisé par un Martiniquais appelé Armogum, ce café venait de Nouvelle-Calédonie. Il établit des contacts avec la colonie, constitua une société appelée Havre Calédonienne et lança des campagnes publicitaires pour promouvoir la variété en France métropolitaine. C'est le début d'une période de quarante années fastes pour la culture du café dans l'archipel du Pacifique.

Cette âge d'or est interrompu dans le milieu des années 1950 par Hemileia vastatrix, un champignon responsable d'une maladie du caféier appelée rouille orangée. En outre, les plantations de la Nouvelle-Calédonie subissent une invasion de fourmis de feu, et la culture du café pointu y est abandonnée. Or, par ailleurs, la dernière cargaison a été exportée de La Réunion en 1942, en direction de la France métropolitaine. Elle ne comptait que 200 kilos. Par la suite, le Bourbon pointu y a disparu des registres. Aussi, tout le monde le pense éteint à jamais.

Des Japonais de passage dans l'île en août 1999 donnent l'idée aux autorités de relancer la production du Bourbon pointu. Parmi eux, Yoshiaki Kawashima est directeur du centre de recherche agricole d'UCC Ueshima Coffee Co., une entreprise japonaise qui produit des cafés du monde entier. Il a entendu parler du Bourbon pointu pour la première fois durant la période qu'il passe au Salvador entre le milieu des années 1970 et 1981, quand éclate la guerre civile. Depuis lors, il en a fait une obsession.

En 1999, il réalise un voyage d'affaires en Afrique de l'Est et bénéficie d'une opportunité de visiter La Réunion. Il y pose les pieds avec l'espoir fou de redécouvrir les plants de café tombés dans l'histoire de l'île mais doit aussi quitter cette dernière déçu de n'avoir rien trouvé : personne ne se souvient du Bourbon pointu. Certains habitants ont oublié que le département d'outre-mer a autrefois été une région productrice de café. L'un d'entre eux va jusqu'à amener Yoshiaki Kawashima dans un supermarché pour lui dire : « il y a du café ici ».

Inébranlable, il continue toutefois sa quête. Il interviewe des planteurs locaux et des responsables municipaux. Deux ans plus tard, il réussit son coup en apprenant qu'un vétérinaire a trouvé trente plants dans la nature. Dès lors, âgé d'un peu plus de quarante ans, fort de plusieurs expériences au service du développement du Jamaica Blue Mountain et du café Kona, deux variétés prestigieuses, Yoshiaki Kawashima va consacrer les huit années qui suivent à la remise en culture du Bourbon pointu et devenir la force motrice de ce projet, ce qui lui vaut quelques nuits blanches et un bronzage remarqué par la presse écrite japonaise.

Par la suite, les chercheurs du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement retrouvent les plants dans les jardins créoles, où ils ont survécu plusieurs décennies. Un projet de relance de la culture est définitivement initié en août 2002.

De fait, d'un point de vue français, ce projet vient à point nommé à un moment où l'Agriculture de La Réunion cherche des productions de diversification et alors qu'elle est encouragée dans cette voie par le programme de diversification et d'agriculture durable soutenu par la Région Réunion et l'Union européenne.

Spécialiste du café agissant comme chercheur du CIRAD de Montpellier, surnommé « le pompier du café » par ses collègues, Frédéric Descroix est dépêché en mission pour procéder à la sélection des agriculteurs expérimentateurs. Il en retient 90 dans toutes les régions plus ou moins humides de La Réunion, et notamment à Trois-Bassins, au Bois-de-Nèfles Saint-Paul, au Tampon, à La Plaine-des-Palmistes, à Petite-Île, à la Petite France, à Mont Vert les Hauts, dans les hauteurs de La Possession, à Sainte-Sizanne ou Saint-Benoît. La diversité des sites permet de tester une fermentation du café à huit degrés Celsius la nuit en certains lieux et à dix-sept ailleurs.

En octobre 2002, une centaine de caféières de mille mètres carrés chacune sont attribuées aux producteurs expérimentateurs, lesquels ont diversifié leurs cultures pour pouvoir faire face à l'échec des différents tests. La mise en place d'un cahier des charges engageant chaque agriculteur concerné est envisagée, et six d'entre eux se regroupent dans un mini-comité. Vingt-sept lignées sont identifiées puis plantées en 2003.

Un an et demi plus tard, les grains de café sont récoltés pour la première fois par l'association loi de 1901 créée pour l'occasion : Caféiculteurs associés pour une filière économique à La Réunion, soit Café Réunion. Les premières cerises sont en effet récoltées en 2005. À ce moment-là, 107 caféières réparties dans toute l'île sont cultivées par 86 agriculteurs, en majorité des membres de l'association. 273 lots ont été traités à Ligne Paradis, où plusieurs méthodes sont testées, puis dégustés par 18 testeurs réunionnais en période de formation. Certains ont été envoyés au laboratoire d’analyses sensorielles à Montpellier pour être appréciés par un jury expert. Les produits les plus prometteurs sont obtenus dans certains terroirs de l'Ouest, du Sud et de Salazie.

En tout, les chercheurs du CIRAD auront passé cinq ans à conduire des recherches et mener des essais qui nécessitent la sélection des meilleures lignées. Cette phase expérimentale doit s'achever fin 2007. La récolte servira à valider les résultats obtenus au cours des trois précédentes années, qui furent climatiquement très différentes. C'est ainsi que les chercheurs pourront établir une carte des meilleurs sites de culture et désigner de façon définitive les meilleures lignées afin de permettre la mise en place d'une chaîne de production courant 2008.

La culture du Bourbon pointu se fait par voie humide alors que les Réunionnais produisaient jusqu'alors leur café pour la consommation familiale par voie sèche. La productivité est assez faible.

Le défi est désormais celui de la formation des planteurs, qui devront être entraînés à la culture du Bourbon pointu, qui requiert talent, expertise et minutie. Ils recevaient dès 2004 des formations de ce type, notamment sur la qualité produit.

Il faudra également assurer la protection du produit. Elle est prévue pour 2008 et devrait prendre la forme d'une appellation d'origine contrôlée. Il faudra également, d'ici à 2012, construire les infrastructures adaptées aux volumes produits pour traiter les grains, les torréfier et procéder à l'emballage.

La question se pose également en Nouvelle-Calédonie, où la culture a repris en même temps que celle d'autres variétés du café Bourbon importées d'Australie, en particulier sur la côte Ouest. Caldoches pour la plupart, les planteurs locaux ont été inspirés à la suite d'un voyage à Hawaii pendant lequel ils ont découverts que leurs homologues américains parvenaient à écouler du café à prix d'or aux touristes.

La commercialisation des premiers paquets a été un succès. Elle a lieu au Japon dans cent points de vente d'UCC Ueshima Coffee Co. le 14 avril 2007 et concerne un peu plus de 2 200 paquets de cent grammes confectionnés à partir de deux tonnes de grains de café récoltés en 2006. À l'occasion de leur expédition hors de La Réunion, en janvier, une cérémonie a été organisée. Pendant celle-ci, le préfet de La Réunion Pierre-Henry Maccioni a félicité Yoshiaki Kawashima en lui disant que s'il n'était pas venu sur l'île la culture du Bourbon pointu aurait disparu à jamais.

Le Bourbon pointu est désormais le café le plus cher du monde, ce qui s'explique par sa rareté et le caractère endémique des plants requis pour la culture. Chaque paquet a été vendu 7 350 yens, ce qui représente environ 459 euros le kilogramme. C'est trois fois plus que le Jamaica Blue Mountain, jusqu'alors le café le plus onéreux.

Ce tarif place le Bourbon pointu sur un marché de niche mais laisse par ailleurs penser qu'une chaîne de production pourra être mise en place à La Réunion puis se révéler viable d'un point de vue économique. Du fait de coûts de production trop élevés, le café ordinaire produit à La Réunion ne peut pas être inscrit sur le marché mondial du café, et ceci d'autant plus que ce café traditionnel a connu une crise mondiale au début des années 2000.

En outre, l'enjeu est également le développement du tourisme à La Réunion. C'est ainsi que l'organisme en charge du développement touristique de l'île a déjà procédé à des visites de caféières produisant du Bourbon pointu pour des journalistes métropolitains invités sur place.

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Source : Wikipedia