Côtes-d'Armor

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Posté par seb 17/04/2009 @ 04:11

Tags : côtes-d'armor, bretagne, france

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Moncontour (Côtes-d'Armor)

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Moncontour est une commune française, située dans le département des Côtes-d'Armor et la région Bretagne.

Bien des bourgs, fondés à la charnière des premier et second millénaires, mettent leurs habitants, leurs activités, leurs économies et leurs édifices à l'abri d'une enceinte. Avec les conflits des siècles suivants, celles qui n'avaient pas disparues avaient été remplacées par de puissants remparts agencés en un système défensif permettant de contrôler les accès et surtout de s'adapter aux progrès de la poliorcétique. Enfin, en se développant, surtout à partir du XVIe siècle, ces bourgs castraux ont vu leurs terrains être bouleversés, les vestiges ruinés ou arasés et leurs matériaux parfois réemployés. Lamballe, Quintin et Moncontour se sont débarrassées de leurs embarrassants corsets de murs pour voir péricliter leurs activités économiques. D'importantes études ont révélé la variété des configurations de ces bourgs et de ces villes. Il apparaît que c'est à l'absence de site " rival " sur le territoire de la seigneurie que Moncontour doit d'en être devenue le chef-lieu sans doute dès le XIe siècle, au plus tard au XIIe siècle. Pour les comtes de Penthièvre, Moncontour devient le siège administratif d'une seigneurie importante, comme le sont Lamballe et Jugon.

Le site, naturellement propice à l'établissement d'une enceinte, permet son aménagement au plus tard au XIe siècle. L'une de ces premières phases de construction est peut-être à mettre en relation avec celle du castrum de Lamballe que Geoffroi Botrel I fait édifier vers 1090 en remplacement du « plessix ». À cette époque existe une enceinte épousant la forme du rocher. Le promontoire rocheux est d'ailleurs progressivement aménagé afin d'accroître son inaccessibilité et d'améliorer l'assise des murailles. La partie Ouest étant le principal point faible de l'enceinte, c'est sur cette partie que sont concentrés les travaux : un puissant donjon contrôle l'unique accès à l'enceinte pour lequel on amplifie la profondeur de la fosse naturelle. La dissidence de Geoffroi Boterel II, amorcée peut-être dès 1120, contraignant celui-ci à se replier sur la partie orientale du Penthièvre, est à l'origine de la restauration des places-fortes comprises dans ce territoire. Aussi, si la situation politique demeure stable les années suivantes, la menace d'intervention impose la mise en état de Lamballe, où il demeure, et la restauration de Moncontour vers 1137.

La connaissance des constructions engagées à l'occasion de cette campagne de travaux étant difficile en raison de l'absence d'archives antérieures au XVe siècle, il reste certain que l'enceinte suit déjà le tracé actuel, hormis au Nord où la configuration des lieux, moins abrupte qu'au Sud, contraint les bâtisseurs à se contenter de suivre le périmètre du promontoire. Les murailles et les tours sont réalisées dans un appareil où la qualité de la maçonnerie prime sur celle de la taille. Lorsqu'il est encombré, le massif rocheux est dégagé pour asseoir les fondations des murs. Leur élévation étant le meilleur palliatif du risque d'« eschellement », on n'hésite pas à élever des murailles hautes de près de vingt mètres sur lesquelles un parapet en saillie sur corbeaux permet aux défenseurs de combattre l'assaillant. Les tours, de faible diamètre et en faible saillie sur le tracé, constituent les contreforts indispensables à ces murailles ; mais si leurs niveaux inférieurs sont comblés pour une meilleure résistance aux projectiles, leur sommet est pourvu d'embrasures, hautes et étroites, aménagées dans l'épaisseur du mur, permettant à des défenseurs d'y prendre place pour défendre les courtines sous un angle plus efficace et moins exposé.

La Guerre de Succession, ainsi que, les années suivantes, les relations entre les propriétaires de la ville et l'autorité ducale, sont à l'origine des principales campagnes de travaux. Celles-ci sont entreprises à partir de la seconde moitié du XIVe siècle, moins sous Charles de Blois que sous le richissime Ollivier de Clisson. C'est Clisson qui prend en effet les dispositions nécessaires à restaurer la place-forte, devenue obsolète, en commandant d'importants travaux sur l'ensemble des fortifications. Le château est reconstruit presque en totalité, ainsi que la face Sud qui conserve son tracé primitif. Puissant et austère, il devient significatif de la personnalité de son possesseur dont les constructions rivalisent avec celles des architectes ducaux. En fait, les travaux n'ont pas encore donné à la ville son nouveau visage quand elle doit affronter le premier siège de son histoire.

La confrontation entre le parti ducal et son principal adversaire, retardée en 1393 par de nombreuses ambassades et quelques trêves, débute dans les premiers jours de l'année suivante, au mois de mai. Après avoir assiégé et pris Josselin, Jean IV conduit son armée sur Moncontour. La poliorcétique est encore dominée par l'usage des puissantes "machines" de guerre, montées sur place, qui battent l'enceinte en un point stratégique, technique que l'artillerie, en plein développement, rendra obsolète dès les années suivantes. Des brèches sont ouvertes dans les remparts par l'effondrement des "mynes" aménagées par l'assaillant au cœur des fondations. L'assaut est encore pratiqué par « eschellement », technique demeurant coûteuse en hommes devenue rustique mais parfois efficace comme à Lamballe en 1387. L'assiégé ne doit quant à lui guère compter que sur l'ingéniosité de la conception de l'enceinte, la qualité des maçonneries, la hauteur des murailles et le rapport entre le nombre d'hommes disponibles et l'importance du périmètre à protéger sur le nombre d'hommes et les moyens mis en œuvre par l'assaillant. Nous pouvons conjecturer que l'armée ducale, venant par la route de Loudéac, s'implante sur un promontoire occidental à la ville soit la partie Sud-Ouest d'où elle domine l'enceinte et son château tout en demeurant à l'abri d'une éventuelle offensive. L'emplacement est d'ailleurs le seul qui soit vraiment favorable à la disposition des machines destinées à pilonner l'enceinte. Il est plus difficile de déterminer la partie sur laquelle est concentré l'assaut par eschellement ; l'ensemble de la Porte d'En-Haut avec le château (bien que l'on ne connaisse pas l'état des travaux) est inaccessible. Le rempart Sud, très étendu, doté de quelques tours archaïques et dépourvu de fossé est plus abordable. Mais ce ne sont là que des hypothèses qu'aucun indice concret ne peut confirmer à l'heure actuelle. Quoiqu'il en soit, le siège est un échec. En fait le dispositif militaire de Moncontour répond encore aux moyens mis en œuvre par l'armée ducale : les murailles comme les tours, très élevées, permettent à des défenseurs bien organisés de repousser les tentatives d'eschellement. Aussi peut-on conjecturer que l'issue pourrait avoir été différente si l'armée ducale avait été mieux équipée en artillerie.

Une fois la situation stabilisée, les architectes de Clisson pansent les plaies de leurs places et, si les travaux reprennent, de nouvelles directives sont données. Les progrès de la poliorcétique avec le développement de l'artillerie peu avant 1400 modifient progressivement mais considérablement les concepts d'architecture militaire et imposent désormais des réalisations différentes. Les guerres ont révélé la nécessité de conserver des espaces libres entre le rempart et les constructions, souvent privées, édifiées anarchiquement lors des périodes de paix. On a ainsi recours à certaines expropriations, telle celle d'une femme dépossédée de son terrain afin de permettre l'aménagement de jardins. Surtout, la nécessité de rendre les remparts résistants aux pilonnages de l'artillerie donne naissance à un nouveau type de rempart, moins élevé et plus épais. Les vieilles murailles sont écrêtées vers l'intérieur où des remblais viennent renforcer leur résistance sur une hauteur maximale. Ces " remparements " bouleversent parfois la conception interne de la place en condamnant certaines zones urbanisées et certaines issues vers l'extérieur. C'est probablement ce remparement des murailles Nord-Est de la ville qui provoque la condamnation de l'issue par la porte ogivale donnant sur le Point-du-Jour, enfouie désormais sous plusieurs mètres de remblais.

À cette époque également, le tracé du rempart primitif au Nord est abandonné. Le nouveau rempart est porté au-delà du massif rocheux. De nouvelles tours, davantage espacées les unes des autres, sont édifiées en forte saillie sur la courtine, à l'intérieur desquelles des espaces aménagés dans l'épaisseur des murs permettent la mise en place de couleuvrines qui renforcent considérablement la protection des courtines ; les " pertus " de canonnière apparaissent désormais sur les fortifications, se substituant aux archères sur les anciennes tours, et l'on n'hésite d'ailleurs pas à aménager davantage de canonnières que l'on ne possède réellement de canons car, si toutes ne sont pas armées, du moins l'assaillant pourra-t-il en douter et pourra-t-on le faire le cas échéant. L'utilisation généralisée de l'artillerie révèle encore la fragilité des angles droits, imposant la prépondérance du plan circulaire ou apparenté puis des angles brisés. L'édification de la tour du Moinet, seul modèle de tour à canon à Moncontour, complète le dispositif du nouveau rempart. Au début du XVe siècle, les tensions entre le parti de Penthièvre et l'administration ducale imposent le maintien des ateliers qui perfectionnent encore le dispositif défensif de la ville après son entrée dans le domaine ducal en 1410 qui lui vaut par ailleurs d'être épargnée par les programmes de démilitarisation de 1420.

Les archives du XVe siècle ne mentionnant aucune véritable construction, hormis celle de la tour Mognet et celle de la demi-lune de la porte d'En-Haut, la ville possède à cette époque la forme qu'elle conservera à travers les siècles suivants. Jusqu'à la fin du XVe siècle, l'absence de conflit sur le sol breton profite à l'économie qui procure aux villes castrales les moyens financiers nécessaires à l'exécution des gros travaux. Dans le budget global de Moncontour, ceux-ci représentent alors plus des trois quarts des dépenses alors qu'une faible partie est destinée à l'artillerie, le reste (un cinquième) assurant à hauteur égale les gages, les rabats de fermes et des dépenses diverses comme l'indemnisation des victimes.

Place-forte ducale, Moncontour est particulièrement visée dans le conflit opposant pour la première fois la Bretagne à un ennemi extérieur, le royaume de France dont les volontés expansionnistes s'affichent au lendemain du départ des anglais du sol continental auquel les bretons ont d'ailleurs largement contribué. Dans le dernier quart du XVe siècle, les souverains français s'acharnent contre leurs vassaux et l'isolement du duché par rapport à son allié bourguignon leur permet d'y effectuer une série de trois campagnes peu glorieuses, du moins victorieuses. Au cours de l'agression française (1487-1489), la ville fait comme toutes les autres places-fortes de Bretagne l'objet des enjeux d'un parti et de l'autre.

La première campagne (1487) donne lieu à trois attaques dont deux dès le mois de juin. Au cours de ce mois en effet, Pierre de Rohan, commandant pour le parti français, aborde le Penthièvre et, profitant de l'absence de Roland Gouicquet, capitaine de Moncontour pour François II, attaque la ville qu'il investit avec une facilité étonnante. Certes, l'armée française est mieux organisée et mieux armée aussi que l'armée bretonne ; celle-ci au contraire n'est pas préparée à de tels combats et surtout, plus que tout même, l'autorité ducale se disloque en plein conflit, minée par la corruption et les trahisons secrètement introduites et encouragées par la France depuis plusieurs années. Toutefois, la contre-attaque ne tarde pas. Les français à peine installés dans la cité y sont à leur tour assiégés dès le 24 juin lorsque, venant de Quintin, Jehan de Coëtmen se présente avec 5 000 hommes devant Moncontour et pose le siège pour plusieurs jours. Périodiquement, les canons de l'armée ducale battent les points stratégiques des fortifications et à plusieurs reprises, après qu'un pilonnage intensif a momentanément bouleversé la défense française, ses troupes se lancent à l'assaut de la place avant d'être finalement repoussées. Au terme de plusieurs tentatives infructueuses, et ne pouvant laisser davantage Nantes à la portée des français, Coëtmen décide d'abandonner le siège de Moncontour pour ramener ses troupes auprès de la capitale bretonne. Le siège est levé le 5 juillet. Mettant à profit la décomposition de l'armée française le mois suivant, François Tournemine surprend Moncontour qu'il parvient à occuper, sans que l'on ait davantage d'informations sur la manière dont cette (re)prise s'est déroulée. Quoiqu'il en soit, la ville devient une base importante pour les troupes ducales dans l'évêché de Saint-Brieuc où sont rassemblés troupes, armes, munitions et ravitaillement qui lui permettent de demeurer en possession du parti ducal jusqu'à la troisième campagne.

La campagne fulgurante de douze mille soldats franco-bretons à travers le duché en janvier 1489 voit ceux-ci, venant de Montfort, se présenter le 17 devant Moncontour dont Gouicquet est une nouvelle fois absent. Les pièces d'artillerie emmenées de Saint-Malo sont mises à contribution pour battre le rempart et la garnison en place, désemparée, isolée et incapable de résister davantage à un assaillant démesuré, ne peut qu'abandonner toute résistance. La ville n'est restituée au parti breton qu'avec la reddition du duc.

Aussitôt Moncontour est pressentie par l'administration ducale pour des projets de cantonnement de troupes alliées, tous avortés, témoignant néanmoins de l'intérêt de sa situation. Cédée par Anne au Prince d'Orange, la place connaît en cette fin de XVe siècle une importante campagne de restauration dont la responsabilité est confiée à Gilles de Kermené et nécessitant la mise en place d'une fiscalité particulière. Les comptes de Jehan de Bréhand révèlent que l'on assiste à l'augmentation considérable de la diversification des allocations budgétaires au détriment des gros travaux qui ne représentent plus que 47 % des dépenses ; l'artillerie représente en effet 12,5 %, les gages 3,5 %, les rabats de fermes 2,5 % et surtout des frais divers 34,5 %.

Au XVIe siècle pourtant, la communauté moncontouraise néglige l'entretien de ses fortifications. En raison de l'absence de volonté de tenir la place en état de combattre, les particuliers investissent progressivement les espaces disponibles de constructions et d'aménagements divers, comblant les douves et rendant les fortifications de plus en plus vulnérables. Et si Jean de Penthièvre fait construire un nouveau château à Lamballe dès 1555, il néglige totalement de faire respecter les conditions d'opérationnalité de Moncontour. Il faut attendre 1579 pour que des restaurations soient apportées au château, et elles ne concernent que son état général. En gagnant la Bretagne à cette époque, les Guerres de religion vont brusquement rappeler leurs responsabilités aux moncontourais.

Si la ville appartient au duc de Mercoeur au début du conflit en 1590, elle est prise dès les premiers mois par les royaux qui la conservent en dépit de nombreuses attaques jusqu'à son terme en 1598. La nouvelle de l'arrivée des troupes royales conduites par le prince de Dombes en juillet 1590 provoque la remise en état hâtive de la place. La population, soutenant le parti ligueur, s'active pour restaurer les tours ruinées, dégager les espaces pouvant compromettre la sécurité des dispositifs et leur efficacité. Mais les remparts ne résistent pas aux deux énormes pièces d'artillerie déplacées par l'armée royale ; les canons battent le rempart et y ouvrent rapidement une brèche par laquelle les troupes s'engouffrent. La garnison en place capitule. Le prince de Dombes y installe une solide garnison confiée au capitaine La Tremblaye qui tient les années suivantes les ligueurs en respect sans prendre le soin de restaurer les fortifications. En mars 1591 pourtant, profitant de son absence, Saint-Laurent parvient à pénétrer avec quelques hommes dans la place "soubz ombre de chartiers" et contraint la garnison à se réfugier dans le château dont il entreprend le siège les jours suivants. La Tremblaye, revenu sur Moncontour, déjoue pourtant la surveillance de l'assiégeant, parvenant à s'introduire dans le château dont il organise la défense en l'attente des secours. Apprenant leur arrivée par la route de Loudéac, Saint-Laurent, après avoir laissé un rideau d'arquebusiers interdire toute sortie du château, se porte à leur rencontre mais il est défait par la cavalerie et les royaux n'ont guère de peine à disperser les derniers ligueurs postés à Moncontour. Après cet épisode, il faut attendre 1593 pour que les ligueurs tentent à nouveau d'investir la place. Au début du mois d'avril, Mercoeur attaque la ville par surprise, mais l'assaut de la nuit du 3 au 4 avril n'a pour effet que l'incendie de nombreuses constructions, telle la maison franche dite de Saint-Renan, appartenant à la famille Gouicquet-Vaupatry, proche du château, qui brûle avec tout son contenu. L'attaque d'août est beaucoup plus importante. Alors que les assiégeants doivent vaincre la résistance de la ville défendue par Sarrouette, ils doivent à leur tour résister aux harcèlements des cavaliers de Du Plessis de La Roche basé au château de La Touche en Trébry. Découragé par des actions menées de part et d'autres par les défenseurs de la place, Mercoeur lève finalement le siège et abandonne la ville qu'il ne retrouvera qu'au terme du conflit.

Les principaux dégâts signalés à cette époque sont une conséquence directe du siège de 1590. Une contribution est levée en octobre 1597 pour effectuer les restaurations aux deux grandes brèches qu'ont réalisé dans le rempart les deux fameux canons de l'armée royale. Mais au lendemain des guerres de La Ligue, si le maintien en état des fortifications est souhaité par César de Vendôme pour assurer la réussite de ses intrigues, la communauté n'œuvre plus quant à elle qu'à la restauration des édifices religieux et publics ainsi qu'à la voirie de la ville pour lesquelles elle consacre la totalité de son budget. Contrairement aux forteresses de Lamballe ou Guingamp, Moncontour échappe par la condition de son propriétaire, demi-frère du roi, aux prérogatives exprimées par l'assemblée parlementaire d'août 1614. Elle n'échappe plus à la démilitarisation lorsqu'en 1624 celui-ci se compromet contre son frère qui ordonne enfin la destruction de la citadelle. Celle-ci n'est pourtant que partiellement dégradée. Les démolitions engagées restent partielles et superficielles.

À partir du XVIIe siècle, l'état des fortifications ne cesse de se dégrader. Seul ce qui nuit à la sécurité des usagers et des habitants peut être l'objet de travaux. La population se consacre à de nouvelles activités artisanales et industrielles, laissant les dispositifs disparaître avec les dégradations naturelles ou les aménagements dus à l'activité humaine ainsi que les réemplois de matériaux. À la fin du XVIIe siècle, les remparts sont encore dans l'ensemble bien conservés : les courtines et les tours ont partiellement conservé leurs parapets ainsi que leurs créneaux, et certaines tours, comme celles du château, ont même conservé leurs toits. L'action des facteurs climatiques, considérable sur quatre siècles avec notamment celle des tempêtes (1735, 1751), endommage la structure supérieure des édifices et provoque les éboulements des tours et des murailles, comme à la Porte d'En-Bas.

Ainsi, outre l'ensemble du rempart qui encercle la ville, ce sont donc les vestiges d'un château comblé que le visiteur peut découvrir aujourd'hui à Moncontour. Nous pouvons imaginer que les archéologues du futur auront la chance de procéder à son dégagement, ainsi qu'à la fameuse tour Mognet, remarquable ouvrage réalisé par Olivier de Clisson vers 1400 et comblée également… À moins que le temps n'ait, d'ici là, fait son ouvrage et que l'on ne se préoccupe de ces vestiges que lorsqu'ils se seront effondrés. Le sort aura été ironique aux places-fortes de Penthièvre : Guingamp et Moncontour sont comblés ; Lamballe est totalement arasée !

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Côtes-d'Armor

Localisation des Côtes-d'Armor en France

Les Côtes-d'Armor (Aodoù an Arvor en breton et departaman dé Caouwt' d’Armor en gallo ) (22) est le nom d'un département français situé en Bretagne.

Le département des Côtes-du-Nord a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, sur une partie de l'ancienne province de Bretagne, composée de l'est des évêchés de Cornouaille et du Trégor, de la presque totalité de l'évêché de Saint-Brieuc (l'extrême sud étant rattaché au Morbihan), du nord-ouest de l'évêché de Saint-Malo, d'une petite partie à l'ouest de l'évêché de Dol, ainsi que de deux petits morceaux au nord de l'évêché de Vannes.

Au civil, il s'étend sur les comtés de Penthièvre et de Trégor, augmentés de l'essentiel du Poudouvre et des parties nord du Poher et du Porhoët. Il reprend ainsi une partie importante de l'ancien royaume de Domnonée (dont le nom disparaît au XIe siècle). La formation de ce département fut très débattue. La partie ouest voulait un département centré sur Morlaix regroupant le nord-ouest de la Bretagne. La ville de Saint-Malo voulait qu'un département fût formé autour d'elle, au détriment de Saint-Brieuc et de Rennes, mais ce projet n'eut aucun soutien des représentants des autres villes bretonnes. Finalement, le département des Côtes-du-Nord de la Bretagne s'étendit jusqu'à la Rance, St-Malo n'obtenant que quelques communes lui faisant face sur la rive gauche de la Rance (dont Dinard). La ville de Saint-Brieuc obtint d'en être le chef-lieu, au détriment de Quintin, autre candidate aussi peuplée qu'elle.

Durant deux siècles, le département porta le nom de Côtes-du-Nord. Longtemps critiqué et jugé dévalorisant, ce nom fut changé le 27 février 1990 — près de trente ans après qu'en 1962 le conseil général eut émis un avis favorable en ce sens — pour Côtes-d'Armor, plus enchanteur, et signifiant littéralement « Côtes du pays de la mer ».

Le département des Côtes-d'Armor fait partie de la région Bretagne. Il est limitrophe des départements du Finistère à l'ouest, du Morbihan au sud et d'Ille-et-Vilaine à l'est.

Une partie importante de l'activité économique des Côtes-d'Armor tourne autour de l'agriculture et de l'industrie agro-alimentaire. L'élevage porcin, notamment, y est largement développé. Le marché au cadran de Plérin (près de Saint-Brieuc) est l'organisme principal qui donne le cours de la viande de porc en France.

La pêche est également développée, grâce à une façade maritime importante (7 ports de commerce, 17 ports de pêche). L'exploitation de gisements de coquilles Saint-Jacques caractérise, entre autres, cette activité.

Les Côtes-d'Armor bénéficient de deux pôles technologiques importants, la télécommunication spatiale et les nouvelles technologies dans le Trégor autour de Lannion, au sein du technopôle Anticipa, et le zoopôle de Saint-Brieuc-Ploufragan, qui emploie 700 chercheurs et techniciens dans la recherche animale et l'analyse biologique.

Le département a une activité touristique très développée, principalement sur la côte, où l'on compte de nombreuses résidences secondaires. La principale station balnéaire est Perros-Guirec, les autres stations renommées sont Erquy, Pléneuf-Val-André, Saint-Cast-le-Guildo, Trébeurden, Trégastel et Saint-Quay-Portrieux.

Les habitants des Côtes-d'Armor sont les Costarmoricains.

Ils sont 569 500 en 2006 selon l'INSEE. Saint-Brieuc, la préfecture, regroupe 85 849 habitants dans son agglomération (121 237 habitants dans l'aire urbaine), Lannion 48 990 et Dinan 22 366.

Avec un taux de natalité de 11,8 naissances pour mille habitants en 2006, les Côtes-d'Armor ont une natalité égale à celle du Morbihan, légèrement supérieure à celle du Finistère, mais nettement inférieure à celle de l'Ille-et-Vilaine.

Le solde naturel des Côtes-d'Armor est positif en 2006, à la différence des années antérieures.

Le département est globalement coupé en deux : à l'est une zone gallo et à l'ouest une zone bretonnante avec notamment la quasi-totalité du Trégor et la partie nord du Goëlo.

Cependant, aujourd'hui, beaucoup de Bretons essayent de réapprendre la langue que leur ancêtres ont oubliée et cette limite linguistique a un peu perdu de son sens. En plus du français, le breton et le gallo, les deux langues traditionnelles de Bretagne, qui sont en recul. La signalisation routière bilingue est utilisée dans le département depuis les années dix neuf cent quatre-vingts.

Pour la langue bretonne, les effectifs pondérés que fournit l'enquête Étude de l'histoire familiale menée par l'INSEE en 1999 affichent plus de 67 000 bretonnants de plus de 18 ans, essentiellement en dialecte trégorrois et généralement ruraux et âgés. La langue est parlée à l'ouest d'une ligne qui part de Plouha et passe à l'ouest de Caurel. Aux locuteurs natifs s'ajoutent les élèves des écoles bilingues, 1 761 élèves à la rentrée 2005, et les élèves qui suivent des cours de breton dans les établissements publics ou privés du secondaire (plus de 850 en 2002/2003).

Le gallo ou britto-roman, dialecte de la famille des langues d'oïl, est parlé sur la partie est du département. Les deux langues peuvent être prises comme options au Baccalauréat, bien que l'enseignement n'en soit pas assuré dans tous les établissements scolaires.

La principale richesse touristique du département vient de sa façade maritime sur la Manche et de la variété des côtes. Elle offre ainsi de nombreuses plages de sable fin encaissées entre des collines ou des falaises (celles de Plouha sont les plus hautes de Bretagne). La Côte de granit rose, comme son nom l'indique, présente des rochers d'une couleur et d'une taille exceptionnelles (les amas chaotiques de Ploumanac'h). Juste en face, les Sept Îles servent de refuge à la plus grande réserve ornithologique de France. La côte de grès rose présente également des sites remarquables comme le cap Fréhel ou le Fort-la-Latte. Quasiment au point le plus septentrional, l'archipel de Bréhat, face à Paimpol, abrite une réserve de plantes tropicales en plein air. La baie de Saint-Brieuc est la deuxième plus grande en France après celle du mont Saint-Michel.

Les attraits historiques et architecturaux sont nombreux, avec ses villes médiévales (Dinan, Moncontour), ses chapelles anciennes, ses châteaux (Rosanbo, La Roche-Jagu, Tonquédec, etc.), quelques abbayes (Abbaye Notre-Dame de Beauport, Abbaye Notre-Dame de Bon-Repos), ainsi que deux belles cathédrales (Tréguier et Saint-Brieuc).

Il existe de nombreuses activités sportives accessibles toute l'année. En plus des sports nautiques, la quantité de petits chemins dans l'Argoat favorise les marcheurs et les pratiquants de VTT. Il est facile de faire du cheval. On peut aussi pratiquer le parapente le long des falaises côtières, ou la plongée sous-marine à Perros-Guirec.

Le département compte deux trains touristiques. Le premier, la Vapeur du Trieux, est animé par la Connex et permet de faire la ligne de Guingamp à Paimpol en train à vapeur (écartement standard). Le second, le Chemin de fer des Côtes-du-Nord, est animé par l'association du même nom. En réalité deux trains touristiques sont proposés par cette dernière, l'un avec du matériel historique à voie métrique et un autre en voie de 40 cm.

Selon le recensement général de la population du 8 mars 1999, 15.8 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes des Côtes-d'Armor dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10% des logements totaux.

971 Guadeloupe · 972 Martinique · 973 Guyane · 974 La Réunion Les départements d’outre-mer ont également le statut de région (à département unique).

976 Mayotte Suite au résultat favorable du référendum du 29 mars 2009, Mayotte deviendra un département d'outre-mer en 2011.

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Matignon (Côtes-d'Armor)

Carte de localisation de Matignon

Matignon (Mateinyon en gallo) est une commune française, située dans le département des Côtes-d'Armor et la région Bretagne.

Matignon est une commune située dans le département des Côtes-d'Armor dans la région de Bretagne. La ville de Matignon est le chef lieu du canton de Matignon et appartient à l'arrondissement de Dinan.

Les habitants de Matignon s'appellent les Matignonnais et étaient 1537 au recensement de 1999. La superficie est de 14,7 km².

Elle se situe géographiquement à une altitude de 70 mètres environ.

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Source : Wikipedia