Côte d'Ivoire

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Posté par woody 02/03/2009 @ 02:44

Tags : côte d'ivoire, afrique, international, environnement

Économie de la Côte d'Ivoire

La situation politique en Côte d'Ivoire précoloniale.

L’économie de la Côte d’Ivoire, par ses caractéristiques, classe ce pays au rang des pays sous-développés. Le PIB par tête y est seulement de 1 700 dollars en 2007. L'indice de pauvreté atteint 40,3 % en 2004, le plaçant au 92e rang sur 108 pays en développement.

Depuis l'instauration du commerce triangulaire lors des premiers contacts avec les explorateurs, l'économie est dominée par l'exportation de produits dits de rente, en particulier le café et le cacao, pour lesquels la Côte d’Ivoire occupe les premiers rangs sur le plan mondial. Si l'économie ivoirienne repose à titre principal sur le secteur agricole que favorise un climat chaud et humide, l'apport de l'industrie au PIB est évalué à 20 % et celui du secteur tertiaire à 50 %. La Côte d'Ivoire présente pourtant de grandes potentialités pour un essor économique réel. Elle possède en effet d'importantes réserves de pétrole et des ressources minières dont l'or, le diamant, le fer et le cuivre. Elle produit en outre de l'électricité, dont une part est revendue aux pays voisins.

Les progrès constatés au cours des quinze premières années de l'indépendance ont fait place à une longue période de récession, favorisée par la chute des cours mondiaux des matières premières agricoles (café-cacao) et aggravée par divers facteurs dont la crise politico-militaire déclenchée en 2002.

La Côte d'Ivoire reste toutefois un poids économique important pour la sous-région ouest africaine : elle représente 36 % de la masse monétaire et contribue pour près de 40 % au PIB de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

La monnaie du pays est le franc CFA, dont la parité avec l'euro est fixe (1 euro = 655,957 francs CFA).

D'une manière générale, l'économie précoloniale se structure autour de divers espaces relativement homogènes. Ceux du Nord et du Centre du territoire sont reliés par un réseau de routes commerciales comportant de nombreux marchés et diverses cités commerciales, animées par des marchands dioula ou des membres des aristocraties dirigeantes locales. Le cauri et l'or y servent de monnaie de transaction. Ceux du Sud et de l'Ouest du pays comportent de multiples villages-marchés et les biens y circulent à travers des réseaux de parenté, d'alliance ou de clientèle plus éloignée. Au sein de ces entités l’on utilise le Sombé (un type de manille) comme monnaie d'échange.

Ces espaces économiques connaissent de profondes mutations au cours du XIXe siècle.

L’installation des colons sur le territoire ivoirien commence dès la fin des premières expéditions exploratoires menées par João de Santarém et Pedro Escobar au cours des années 1470-1471, les Hollandais à la fin du XVIe siècle, puis les Français et les Anglais au XVIIe siècle,. À leur contact, l’agriculture locale connaît une réorientation et est désormais pratiquée en vue de la commercialisation de produits tropicaux. Un type particulier d’échanges, la traite négrière, fait même son apparition dans les zones du littoral. L'esclavage est aboli en 1848 dans les colonies françaises et cette mesure formelle a un impact économique indéniable. L'arrêt de la déportation massive d'esclaves entraîne le développement d'une traite intérieure. Il favorise en outre, au sein des colonies, l'instauration et la multiplication de rapports de production de type esclavagiste. Chez les Dioula et les Malinké, les esclaves sont redirigés vers les vastes domaines agricoles tandis que chez les Akans, ils servent à l'extraction de l'or et au portage. Le commerce des produits naturels remplace alors celui des esclaves et l’agriculture est de nouveau dynamisée. Les échanges commerciaux s'accroissent sous la poussée de la demande aussi bien européenne qu'africaine, entrainant par leur ampleur l'émergence et la consolidation de la fonction de courtier africain, intermédiaire entre Européens et Africains, mais aussi entre populations côtières et celles de l'hinterland.

Pendant cette période, les échanges croissants doublés d'une concurrence de plus en plus rude entre Français et Anglais amènent les premiers à installer sur le littoral (à Assinie et Grand-Bassam en 1843) des comptoirs permanents. Les courtiers africains se retrouvent peu à peu face à l'impérialisme économique français auquel ils tentent de s'opposer, mais ils seront progressivement éliminés.

D'une manière générale, l'économie précoloniale s'ajuste aux nouvelles exigences du XIXe siècle dont celles de la colonisation du pays qui porte déjà les germes de la désorganisation de l’agriculture traditionnelle et de l’émergence de nouveaux partenaires commerciaux. Elle oriente l'économie ivoirienne vers l'exportation de produits agricoles non-transformés et l’importation de produits européens manufacturés.

Des débuts de la colonisation jusqu’à la fin des années 1970, la situation économique de la Côte d’Ivoire est florissante,. Le taux de croissance annuel du produit intérieur brut est élevé et il dépasse 7 % durant la dernière décennie de la période coloniale (1950-1960). la Côte d'Ivoire, dès le début des années 1960 axe sa politique de développement sur l'expansion des exportations de matières premières et la substitution aux importations reposant sur quelques industries. Les stratégies mises en œuvre sont alors particulièrement adaptées aux contraintes extérieures et à l'environnement général. Une forte croissance est enregistrée et les changements structurels s’opèrent sans véritables déséquilibres internes ou externes. Le taux de croissance moyen reste élevé (plus de 6,8 %) pendant les quinze premières années de l'indépendance du pays (1960-1975). Il atteint même 10,2 %, entre 1960 et 1965. Plus faible entre 1970 et 1975 (6,8 %), il reste néanmoins supérieur à celui des pays de l’Afrique noire et même des pays occidentaux, respectivement à 4 % et 6 % en moyenne sur la même période. L'épargne domestique quant à elle, se stabilise à un niveau relativement élevé, alors que l'endettement extérieur et l'inflation demeurent bas. La Côte d’Ivoire est alors considérée comme la vitrine de l'Afrique occidentale et un modèle réussi de politiques libérales en matière de développement. Une telle performance particulière s’explique en partie par la stabilité politique qui distingue alors le pays de la plupart des États africains.

Pour autant, cette économie présente des faiblesses structurelles : forte dépendance extérieure et déséquilibres importants entre ses différents secteurs d'activité. Le cacao, qui en est la force (le « miracle économique » des années 1970 a pris appui sur le binôme café-cacao), constitue également son point faible dans la mesure où aucun autre produit ni aucun autre secteur n'influence autant l'économie de la Côte-d'Ivoire. Certes, la production de cacao injecte d'importants flux financiers dans le circuit économique, distribue des revenus aux paysans, permet à l'État, par le biais de l'impôt, de disposer de marges de manœuvre importantes, alimente la trésorerie des entreprises, permet aux banques d'obtenir des marges bénéficiaires, à la balance commerciale d'être excédentaire et aux avoirs extérieurs de s'accroître. Mais lorsque les termes de l'échange lui sont défavorables, l'économie ivoirienne vacille. La chute des cours des produits agricoles de base survenue à la fin des années 1970 a ainsi provoqué une dépression d'autant plus grave qu'à la faveur du « boum du café et du cacao », la Côte d’Ivoire s’était engagée dans une politique monétaire et fiscale expansionniste appuyée sur les revenus des exportations en forte croissance (principalement ceux gérés par la Caisse de stabilisation). L’augmentation de l'endettement extérieur a alors été immédiate autant que la montée de l'inflation. Le taux de change réel du pays, reposant sur un taux d'inflation nettement supérieur à celui de ses partenaires, s'est trouvé surévalué ruinant la compétitivité de l’industrie nationale. Durant les années 80, le déficit du secteur public atteint 12% du PNB et celui du compte d'opérations courantes 17% du PNB. Confronté à une croissance économique fortement ralentie, le pays s’engage dans un Programme d'ajustement structurel (PAS).

Le premier programme d'ajustement structurel (1981-1983) vise à redresser la situation financière extérieure et à créer les conditions d'une reprise de la croissance économique. Il s'agit de réduire le service de la dette extérieure et le déficit du secteur public par une diminution très importante des dépenses publiques. Le budget général de fonctionnement de l’État connait alors une réduction de près de 55 % durant les trois années du programme tandis que le budget spécial d'investissement et d'équipement (BSIE) est réduit de 12 %. L’encadrement du crédit est plus sévère et son taux d'accroissement passe de 54 % en 1982 à 7 % en 1983. Par ailleurs, les salaires des fonctionnaires font l’objet d’un blocage et ceux du secteur parapublic, d’un réalignement à la baisse. Ce train de mesures entraine une forte baisse du revenu des ménages dont l’épargne chute de 53 milliards de F.CFA en 1982 à 14,5 milliards en 1983 soit une baisse de 72 %. L'investissement baisse de 17 % sur la période et le crédit se ralentit. Ce résultat mitigé sert cependant de base au deuxième programme d’ajustement structurel (1984-1985).

Ce nouveau programme vise la réduction du déficit budgétaire et l'augmentation des recettes publiques. Il bénéficie de la part du Fonds monétaire international (FMI), d'un accord de confirmation sur une durée d'une année et pour 82 millions de Droits de tirage spéciaux (DTS). Il est accompagné d'un rééchelonnement de la dette extérieure ivoirienne à hauteur de 275 millions de dollars sur une période de neuf ans avec quatre ans de différé. Les mesures mises en œuvre sont encore plus rigoureuses que celles du programme précédant mais permettent de connaître quelques améliorations : Le déficit budgétaire est effectivement réduit en 1984 et, en 1985, le budget peut même dégager un excédent d'environ 31 milliards de F.CFA. Le solde de la balance des paiements dégage des excédents (5,2% du PIB en 1984 et 4,8% du PIB en 1985). La production industrielle connaît un accroissement de 7%. L’on assiste dans la même période à un accroissement de la masse monétaire qui n’est toutefois pas le fruit de la politique monétaire mais plutôt celui d'un solde de balance des paiements favorable, D’une manière générale, la croissance économique du pays, en termes réels, d'environ 5 % marque une légère reprise. Mais le coût social est élevé avec notamment une augmentation du chômage. Un troisième programme d'ajustement structurel (1986-1988) est conclu mais sous l’effet conjugué de la chute de ses recettes d'exportation , d’un service de la dette devenu lourd et en dépit d’un accord pluriannuel de rééchelonnement de la dette jusqu'en 1990, la Côte d'Ivoire se résout à déclarer, en mai 1987, son impossibilité de payer les intérêts des emprunts étrangers. Au plan strictement interne, une augmentation de la fiscalité en général et plus particulièrement de la TVA en 1987, pousse de très nombreuses activités commerciales vers le secteur informel. Globalement, les résultats de ce troisième programme d’ajustement structurel sont jugés mitigés. Ses mesures pèsent très lourdement sur la vie économique, et sociopolitique du pays créant un contexte assez tendu lorsque le quatrième programme dit « de stabilisation financière » (1990-1992) voit le jour. Cet accord prévu pour une durée de 18 mois vise « le rétablissement des grands équilibres » notamment par des mesures fiscales et budgétaires à même de réduire de manière sensible les besoins de financement de l'État. Sa mise en œuvre est cependant minée par la détérioration des termes de l'échange concernant le café et le cacao ainsi que le développement de la corruption. Il s’achève en septembre 1992 sur un échec global. Le pays ne dispose plus du PAS avec le FMI, a quelque peu amélioré la situation de ses finances publiques et du secteur bancaire, mais n’est plus en mesure de rembourser sa dette et d'assurer ses dépenses de fonctionnement. La solution de la dévaluation du Franc CFA est alors inéluctable.

Après plus de dix ans d’ajustement interne et budgétaire sans succès, la Côte d’Ivoire fait toujours face à un endettement intérieur et extérieur excessifs. Le déséquilibre des dépenses publiques demeure. Les institutions de Bretton-Woods s’engagent avec l’appui de la France qui soutient la convertibilité du FCFA par rapport au franc français, à procéder à une dévaluation du franc CFA presque taillée sur mesure pour l'économie ivoirienne qui représente alors 60 % de la masse monétaire des pays de l'UMOA.

Le 12 janvier 1994, la dévaluation à hauteur de 50 % du franc CFA intervient et entraine dans son sillage la signature d’un nouveau programme économique et financier dénommé Facilité d’ajustement structurel renforcé (Fasr). La dévaluation de la monnaie est destinée à atténuer une surévaluation du taux de change effectif réel depuis 1981. Elle permet, grâce notamment aux mesures d’accompagnement adoptées par la communauté financière internationale, un taux de croissance positif de 6 % mais seulement pendant deux années consécutives. Ce changement de parité du franc CFA par rapport au franc français s'inscrit dans une stratégie plus globale visant, par une série de réformes structurelles, à recentrer l'action de l'État ivoirien sur des missions de régulation, de contrôle et de sécurisation pour améliorer les performances du secteur public et favoriser les activités du secteur privé.Les programmes d’ajustement structurel (facilité d'ajustement structurel renforcé 1994-1996), mis en place dans cette perspective, par les partenaires extérieurs que sont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, conduisent à l'adoption par le gouvernement de mesures drastiques de restriction budgétaire en vue du redressement économique, sans grand succès. La dévaluation a permis notamment de favoriser les cultures locales au détriment des importations. Les produits d’exportation se sont en revanche, trouvés durement confrontés à la concurrence et à la surproduction mondiales. La « pluie de milliards »(le volume exceptionnel des crédits d’accompagnement) a plutôt favorisé la mauvaise gouvernance.

Des problèmes de corruption liés à l’exécution de projets financés par l’Union européenne ainsi que les arriérés de paiement des dettes contractées auprès des institutions internationales, conduisent, en 1998, celles-ci à rompre leur partenariat avec la Côte d'Ivoire. L’impact négatif de cette situation sur l’économie est aggravé par le coup de force militaire de décembre 1999 et l’instabilité politique qui en résulte. Le pays sombre dans une nouvelle dépression et le taux de croissance en 2000 est négatif : -2,3 %. La crise politico-militaire qui éclate en 2002 aggrave encore la situation.

La crise politico-militaire déclenchée le 19 septembre 2002 a entraîné un exode massif de près de 1,7 million de personnes, l'abandon des zones de conflit par l'administration publique ainsi que des entreprises privées et la destruction de nombreuses infrastructures économiques. Le conflit consacre une division du pays entre un sud contrôlé par l'État et un nord contrôlé par la rébellion ; l'essentiel des ressources étant contrôlé par l'État (café, cacao, pétrole, gaz, bois...), la rébellion disposant pour sa part du contrôle sur le coton et le diamant.

Pendant les six premières années du conflit, la croissance économique devient négative (-0,4 %) largement inférieure à celle des autres pays de l'UEMOA (4,1 %) et de l'Afrique sub-saharienne (4,9 %). De nombreuses entreprises tenues par des non nationaux quittent le pays ou réduisent très fortement leurs activités en attendant la fin de la crise. De même, les investissements étrangers directs baissent. Ce repli de l'activité économique aggrave le chômage dont le niveau était déjà très élevé avant cette crise, notamment parmi les jeunes. Le secteur financier est durement touché avec la fermeture de toutes les agences des banques, au nombre de 19, installées dans la zone contrôlée par la rébellion. Des contre performances sont notées particulièrement au niveau fiscal et de la transparence en raison, explique la Banque mondiale, « de la chute des revenus, de l’augmentation des dépenses liées à la crise et des difficultés comptables ».

Eu égard à la place prépondérante qu'occupe ce pays dans l'économie régionale (40 % du PIB de l'UEMOA), ces développements économiques affectent négativement la production et le commerce régional, en particulier dans les pays voisins que sont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et la Guinée. Ceux-ci continuent de dépendre de son infrastructure de transport pour l'import-export et des fonds transférés par leurs diaspora respectives installées en Côte d'Ivoire.

Avec un certain gel de la crise intérieure, la Côte-d'Ivoire entreprend son redressement en obtenant en 2004 un taux d’inflation sous contrôle (entre 1,4 % et 4,4 %) et des taux de croissance positifs (+1,6 % en 2004, +1,8 % en 2005 et +1,2 % en 2006) qui demeurent toutefois en dessous du niveau d'accroissement naturel de la population, estimé à 3,3 %. L’État, pour sa part, ne parvient toujours pas à tenir ses engagements extérieurs bien que le service de la dette représente une proportion de plus en plus faible des exportations (10,7 % en 2000, 5 % en 2003, 3,3 % en 2004 et 1,45 % en 2005) qui connaissent un accroissement significatif (de 37,9 % en 2000 à 47,8 % du PIB en 2005). L'Accord politique du 4 mars 2007 conclut entre l'État ivoirien et la rébellion, a amorcé une normalisation de la situation politique en créant un climat politique relativement apaisé, permettant une certaine avancée dans le rétablissement des institutions de la république et la réunification du pays. Confortée par cette réunification du pays d'une part, la réhabilitation des infrastructures publiques en cours ainsi que le retour progressif de la confiance du secteur privé d'autre part, l'économie ivoirienne enregistre depuis 2007, une légère reprise ; mais la situation reste encore globalement fragile.

D'une manière générale, avec un taux de croissance annuel moyen du PIB de 6,7 % durant les quinze premières années de son indépendance, la Côte d'Ivoire qui était classée comme un pays à croissance rapide (un futur « pays émergent ») est, depuis mars 1998, à la recherche du bénéfice de l'initiative pays pauvres très endettés (PPTE).

L’exploitation forestière a joué, pendant plusieurs décennies, un rôle majeur dans l'économie de la Côte d'Ivoire. Elle débute dans le pays au cours des années 1880-1890, à l’initiative de commerçants britanniques en quête d’une nouvelle essence de bois à même de remplacer le Mahogany des Antilles. La principale essence commercialisée jusqu'au début des années 1920 est alors l’acajou, fortement demandée sur le marché international. De nombreuses essences sont par la suite exploitées aux fins d’exportation, parmi lesquelles le makoré, le sipo, l’aboudikro, le tiama, le niangon, le samba, le bété, l’assamela, le dibetou, l’ilomba, le bosse, le fromager, l'iroko. Près de 70% de la production de bois est destinée à l’exportation sur les marchés internationaux, le bois de teck étant la principale grume tropicale exportée. En 2004, la vente totale de bois de grume exporté rapporte au pays 267 564 millions de FCFA. Hormis l'exportation, le pays installe progressivement une industrie de bois permettant à ce secteur de se développer en proposant des produits finis ou semis finis à forte valeur ajoutée.

Toutefois, cette exploitation a des conséquences négatives sur le patrimoine forestier et l'environnement. Elle s'effectue dans les forêts du domaine permanent de l’État (parcs nationaux, réserves, forêts classées, ou proposées au classement) dont une partie a été déclassée à cette fin d'une part entre 1929 et 1959 (près de 500 000 ha) et d'autre part dans les trente premières années de l'indépendance du pays (plus d'1 million ha). Mais elle touche surtout les forêts du domaine rural constitué par le couvert forestier non compris dans le domaine permanent de l’État. Il en résulte que le massif forestier ivoirien, qui, dans les premières années de l'indépendance longeait le golfe de Guinée sur plus de 500 km et s’étendait sur une profondeur variant entre 120 km et 350 km à l’intérieur du pays, se retrouve en 2008, fortement menacé par une exploitation abusive après avoir joué un rôle majeur dans l'essor économique du pays.

Le rythme de destruction auquel cette activité soumet le couvert forestier du pays est difficile à soutenir à long terme. Le gouvernement ivoirien a, de ce fait, été amené à adopter un programme de reboisement impliquant fortement les exploitants forestiers. Il a également créé la Société de développement des forêts (Sodefor), structure chargée à la fois de la préservation et la gestion d'un patrimoine forestier d'environ 6 000 000 d’hectares, et du reboisement dans les zones appauvries par cette exploitation forestière massive. L'objectif affiché est de contenir le rythme de croissance de l'exploitation forestière à un taux inférieur à celui de la régénération du patrimoine forestier.

La production de diamant en Côte d’Ivoire commence en 1948 par le gisement de Tortiya étendu sur 188 ha avec une réserve estimée à 830 000 carats. L’exploitation de ce gisement est confiée à la Société anonyme de recherches minières en Côte d’Ivoire (Saremci) qui, dès la première année obtient une production de 36 000 carats et voit sa production augmenter régulièrement pour atteindre son point culminant en 1972 avec 260 000 carats. Le déclin consécutif conduit à la fermeture de la mine en 1975 et à celle de l’entreprise en 1976, malgré une ultime tentative de reprise d’activités par la société Watson qui se solde par un échec et conduit à la fermeture en 1977. Malgré tout, le gisement de Tortiya a constitué à son époque la principale ressource minière du pays. À côté de cette expérience qui constitue la plus importante opération de production de diamant en Côte d’Ivoire, et parallèlement à elle, se développent, d'autres travaux d’exploitation de gisement dans la région de Séguéla. Ceux-ci sont entrepris d’abord par la Compagnie minière du Haut-Sassandra (Sandramine) en 1949 puis repris par la Société diamantifère de la Côte d’Ivoire (Sodiamci) en 1956. Cette autre initiative dont la production annuelle n'est jamais allée au-delà de 25 000 carats prend fin en 1971 avec la fermeture de la Sodiamci.

Bien que l'extraction industrielle du diamant soit arrêtée, une exploitation artisanale se poursuit aujourd'hui à Séguéla et Tortiya, situés dans la zone contrôlée par la rébellion ivoirienne. Ainsi l'ensemble de la production nationale de diamant s'effectue sous le contrôle de la rébellion ivoirienne avec des résultats assez controversés. Jugés maigres, voire dérisoires par certains observateurs, ces résultats sont évalués par l'orgnisation Global witness au chiffre record de 300 000 carats avec un revenu annuel du trafic lié à cette activité, estimé par le Ministre ivoirien des mines et de l'énergie à plus de 25 millions de dollars (40 milliards de FCFA),. En 2008, la Côte d’Ivoire reste cependant le seul pays sous embargo de l'ONU pour l'exportation du diamant en raison de la crise que connaît ce pays,.

L’or, extrait au moyen de techniques traditionnelles par les peuples de Côte d’Ivoire dès avant l’accession du pays à l’indépendance, constitue la deuxième ressource minière exploitée d'un sous-sol qui recèle beaucoup d’autres minerais comme le fer, le nickel, le manganèse, la tantalite, la bauxite, le cuivre, le gaz, l’uranium, le cobalt, le tungstène, l'étain, l'iléite et les pierres ornementales. Toutefois, un seul gisement, géré par la Société des mines d’Ity (SMI) est en exploitation industrielle. Quatre autres gisements sont en exploitation artisanale par des organisations Coopératives à Issia, Angovia, Angbaoua, et Kokumbo. Plusieurs sociétés non nationales détiennent des permis d’exploitation de mines d'or. Malgré la crise que traverse le pays, la production globale d’or connaît une hausse entre 2004 et 2005. Le pays reste cependant un producteur assez marginal d'or, sa production annuelle moyenne étant estimée à 1,5 t très loin derrière les 26 t du Ghana ou les 38 t de l'Afrique du Sud.

Avant la découverte, dans les années 1970, de gisements de pétrole et gaz exploitables, le pays assurait par des importations la couverture de ses besoins nationaux en produits pétroliers finis. Aussi, pour mieux bénéficier des gains de valeur ajoutée liés à la transformation du pétrole brut, l'État ivoirien importa, à partir de 1965, des quantités de plus en plus importantes d’hydrocarbures, traités intégralement par la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) créée en octobre 1962 et ayant une capacité de raffinage de 3 500 000 tonnes par an, soit 70 000 barils par jour. Cette nouvelle situation fit baisser, de façon considérable, le taux d’importation de produits finis du pays. Celui-ci s'identifiait, de ce fait, comme un pays tourné vers la raffinerie plutôt que la production du pétrole.

Le pays disposait pourtant de réserves de pétrole brut estimées à 100 millions de barils. Le groupe Esso-Shell est à l'origine de la découverte de ce pétrole et de ce gaz exploitables. Dans son sillage, des concessions d’exploitation sont accordées à plusieurs autres grandes compagnies pétrolières par le gouvernement ivoirien. Cependant, à travers la société d’État Petroci (Société nationale d’opérations pétrolières de la Côte d’Ivoire), l’État ivoirien demeure propriétaire des gisements découverts et prend des participations au sein de divers groupes.

En 2005, avec 3,9 millions de tonnes, le sous-secteur de l’hydrocarbure traduit son dynamisme par une hausse générale, la plus importante du secteur industriel. La production de pétrole, grâce au champ « Baobab » du bloc CI40, atteint le niveau de 80 000 barils par jour à fin mars 2006 permettant ainsi de couvrir largement la consommation journalière estimée à 25 000 barils. La production de gaz quant à elle s’établit à 1 742,3 millions de m3. La même année, les exportations de produits pétroliers augmentent de 22,6 % pour se chiffrer à 3 242,1 millions de tonnes.

Au total, en 2008, avec 50 000 barils par jour en moyenne, la Côte d’Ivoire ne peut être considérée comme un producteur stratégique de pétrole en Afrique comparativement à la Guinée Équatoriale (300 000 barils par jour), à l'Angola (1,5 million par jour) ou encore au Nigéria (2,3 millions de barils par jour).

Essentiellement hydraulique à l’origine, l’électricité produite par la Côte d’Ivoire est par la suite devenue également thermique. Elle est en majeure partie assurée à partir des barrages hydroélectriques d’Ayamé 1, Ayamé 2, Kossou, Taabo, Buyo et Fayé. Alors que le potentiel hydro-électrique total de la Côte d’Ivoire est évalué à 12 400 gWh, l’équipement actuellement disponible ne permet de disposer que de 2 550 gWh (20,56 %). Concourent à la production nationale d’énergie thermique, les centrales de Vridi gaz, la Compagnie ivoirienne de production d’électricité (Ciprel), Azito et d’autres centrales isolées ou autonomes. L’électricité produite par la Côte d’Ivoire en 2005 atteint 5 571,17 gWh, dont 1 397,87 gWh sont exportés vers le Ghana (plus de 50% des exportations), le Burkina Faso, le Mali et le Bénin.

La gestion de la production et de la distribution de l’électricité relevait au départ de la structure d'État Énergie électrique de Côte d’Ivoire (EECI). Depuis la privatisation de cette gestion au profit de la Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE), l’État n’intervient dans le secteur énergie électrique qu’à travers deux structures : la Société de gestion du patrimoine électrique de l’État (SOGEPE) qui gère le patrimoine du secteur et la Société d’opération ivoirienne d’énergie électrique (SOPIE), maître d’œuvre exclusif du secteur énergie électrique.

Malgré les efforts entrepris par l’Institut de recherche des énergies nouvelles (IREN), l’énergie solaire, pour lequel des potentialités importantes ont été relevées, reste encore très peu développée en Côte d’Ivoire.

Les infrastructures du pays sont relativement plus développées que celles des autres pays de l’Afrique de l'Ouest, malgré une crise qui en a empêché l'entretien régulier ou l'extension.

Dès son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire met l'accent sur le développement et la modernisation des transports, tant en ce qui concerne le déplacement des personnes qu'en ce qui se rapporte au transit des marchandises. D’importantes infrastructures sont donc construites, dans les secteurs du transport routier, du transport ferroviaire, du transport maritime et du transport aérien.

En dépit de la crise ivoirienne, les pays voisins de la Côte d'Ivoire (Burkina Faso, Mali, Niger, et Guinée) n'ont pas cessé de dépendre fortement de ses installations de transport pour leurs importations et exportations ainsi que pour le transfert de leurs nationaux émigrés en Côte d’Ivoire.

En 2000, le réseau routier total de la Côte d’Ivoire s’étend sur 85 000 km, dont 75 500 km de routes en terre, 6 500 km de routes bitumées, et 150 km d’autoroutes. Il sert au trafic international avec les pays voisins (Ghana, Libéria, Mali, Burkina Faso...) mais également à la circulation nationale. Celle-ci concerne un parc automobile est estimé à 600 000 véhicules environ, constitué à 75% de véhicules d’occasion (de seconde main), en raison de la baisse du pouvoir d’achat depuis le début de la crise économique dans ce pays. L'acquisition de véhicules d'occasion reste une alternative moins couteuse qui a permis de maintenir un rythme global de 20 000 immatriculations chaque année.

Le réseau ferroviaire est long de 1260 km et relie le pays au Burkina Faso et au Niger. Une voie ferrée, longue de 1 156 km, relie Abidjan à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Construite pendant la période coloniale par la régie Abidjan-Niger (RAN), elle a permis le désenclavement de l'ex-Haute-Volta (Burkina Faso), du Niger et du Mali. Cette ligne de chemin de fer, exploitée par Sitarail, joue un rôle important dans le transport des marchandises (bétail notamment) et des personnes entre la Côte d’Ivoire et les pays limitrophes : 1 million de tonnes de marchandises ont ainsi été convoyées en 2006. En 2005, malgré l'impact négatif de la crise ivoirienne sur ce secteur, les recettes rapportées par le transport des marchandises et par celui des personnes, par la RAN, sont évaluées respectivement à 16 309 et 3 837 milliards de francs CFA.

La construction de deux ports sur la façade maritime a favorisé le développement du transport maritime en Côte d’Ivoire et la croissance économique du pays. Le port autonome d’Abidjan, parfois qualifié de « poumon de l’économie » ivoirienne, et de celui de San-Pédro, est le plus important d’Afrique de l'ouest et le deuxième d'Afrique, après le port de Durban en Afrique du Sud. Le trafic total en 2005, en cumulant les importations et les exportations, est de 18 661 784 tonnes pour le port autonome d'Abidjan et de 1 001 991 tonnes pour celui de San-Pédro.

Les ports d'Abidjan et de San-Pédro disposant d'équipements modernes servent à l'approvisionner de l'ensemble des pays enclavés de la région.

La zone portuaire d'Abidjan s’étend sur 770 hectares et dispose d'équipements modernes servant à l'approvisionnement de l'ensemble des pays enclavés de la région. C’est le premier port thonier d’Afrique. Il dispose de trente-trois postes à quai sur environ six kilomètres de quai et peut accueillir soixante navires en opérations commerciales avec ces nombreux postes spécialisés, son terminal à conteneurs, et ses trois portiques lourds à conteneurs. Un projet d’extension du port a été élaboré mais n’a pu démarrer du fait de la crise ivoirienne. Mais, déjà, avec les installations existantes, le port autonome d'Abidjan contribue à 90% des recettes douanières du pays et à 60 % du revenu de l'État. 65 % des unités industrielles du pays exercent sur le port, représentant un effectif de 50 000 personnes sur le site. 70 % du PIB ivoirien passe également par le port.

Le port autonome de San-Pedro, lui, dispose de cinq quais de 1 202 m de long, dont 155 m de quai sud et 581 m de quai ouest avec, à l’arrière, trois magasins-cales de 13 800 m2 qui lui permettent d’affirmer sa vocation industrielle.

La Côte d’Ivoire dispose de trois aéroports internationaux, situés à Abidjan, Yamoussoukro et Bouaké, quatorze aéroports régionaux dont les principaux sont ceux de Daloa, Korhogo, Man, Odienné et San-Pédro ainsi que de vingt-sept aérodromes. Tous les aéroports sont sous l'autorité générale de l'établissement public, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANAM), à l’exclusion des activités relevant de la compétence de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna).

Depuis le déclenchement de la crise, seules cinq plateformes sont accessibles. Il s’agit d’Abidjan, de San-Pédro, de Yamoussoukro, de Daloa et de Tabou. Pour l'aéroport d'Abidjan, dénommé aéroport international Félix Houphouët Boigny, les statistiques établies en 2005 indiquent 14 257 mouvements commerciaux (arrivées et départs), 745 180 passagers commerciaux (arrivées, départs et transit) et 12 552 tonnes de fret commercial. L’aéroport d’Abidjan assure 90 pour cent du trafic et réalise plus de 95 pour cent des recettes du secteur. Sa gestion est devenue privée, après la signature d’un contrat avec Aeria, société créée en association avec la Chambre de commerce de Marseille. L'essentiel de ce trafic est assuré par des entreprises aéronautiques européennes (Air France, Brussels Airlines) et quelques entreprises africaines (South African Airways, Kenya Airways, Air Sénégal International). Les mouvements enregistrés en 2005 par les aéroports de Yamoussoukro, San-Pédro et Tabou se chiffrent respectivement à 46 946, 4 665 et 183. La compagnie nationale Air Ivoire développe pour sa part, une politique commerciale axée sur le développement de ses lignes vers les pays de l’Afrique de l'Ouest et vers la France.

Les télécommunications couvrent en Côte d'Ivoire les domaines de la téléphonie fixe, la téléphonie mobile et l'Internet. Prolongement à l'échelon national de l'industrie mondiale des télécommunications, elles sont caractérisées par d'importantes innovations technologiques et, nonobstant la crise, un marché local en pleine expansion. Le réseau du téléphone fixe qui compte en 1997, 115 214 lignes passe dès 2003, à 330 000 lignes soit à peu près trois fois sa taille et, sur la même période le nombre total des abonnés de tous les réseaux, lui, est multiplié par douze. L'Internet notamment grâce à la fibre optique, se répand de plus en plus dans tout le pays.

La téléphonie fixe est dominée par Côte d’Ivoire Télécom, société à participation financière de l'État ivoirien dont la gestion est assurée par France Câbles et Radio, filiale de France Télécom. Cette entreprise réalise en fin d’exercice 2004, un chiffre d’affaires de 121,4 milliards de francs CFA. Pourtant, c'est la téléphonie mobile qui se révèle la locomotive du secteur dont le marché est réparti entre quatre opérateurs privés : Orange (groupe France Télécom), MTN (Compagnie sud africaine), Moov et depuis juillet 2006, Koz. À eux seuls, les trois premiers cumulent en 2005, un chiffre d'affaires de 198,9 milliards de francs CFA.

Depuis 2006, les réseaux télécoms du pays offrent des accès à Internet. Cinq opérateurs principaux se répartissent le marché local de l'Internet : Aviso, Globe Access, Comète, Afnet et Africa Online. Le renforcement des réseaux de type Asymetric Digital Suberiber Line (ADSL) a permis de doubler la capacité de connexion et d'assurer une meilleure couverture des villes de l'intérieur du pays.

Le service postal qui existe en Côte d'Ivoire depuis le XIXe siècle, est en 2008, après plusieurs mutations, animé par une société d'État, la Poste de Côte d'Ivoire. La Poste de Côte d’Ivoire assure le transport de messagerie (lettres, cartes, documents) et de marchandises (paquets et colis), ainsi que le transfert d'argent. Elle dispose de 197 bureaux répartis sur l'ensemble du territoire, 56 centres de distribution rurale, deux centres de tri postal, deux centres de colis postaux et un centre philatélique. Parallèlement à la poste des distributeurs privés en croissance rapide proposent de nouvelles formules.

Occupant en 2007, 66% de la population active et contribuant à hauteur de 70 % aux recettes d'exportation, l’agriculture affirme sa primauté dans l’activité économique de la Côte d’Ivoire,. Mais cette agriculture est elle-même marquée par la domination du binôme café-cacao qui représente 40 % des recettes d’exportation et 20 % du PIB et fait vivre 6 millions d’ivoiriens, avec 600 000 exploitations en activité. Le cacao, dont la Côte d’Ivoire génère 40 % de la production mondiale, est la principale ressource économique du pays.

La Côte d’Ivoire occupe, à l’échelle mondiale, la place de premier producteur de cacao (1,404 million de tonnes, campagne 2003-2004) ; elle est troisième en ce qui concerne la noix de coco et figure parmi les dix premiers producteurs de café (154 000 t, campagne 2003-2004) dominée par la variété robusta. Le pays développe parallèlement d’autres filières de productions pour l’exportation telles celles de l’huile de palme (109 162 t), du coton (180 144), du caoutchouc (141 379 t), des bananes (307 227 t) et des ananas (226 022 t). Le pays produit des graines de palme 1,564 million t., de la canne à sucre 1,430 million de t., des noix de kola 65 216 t., des noix de cajou 167 000 t., des mangues 120 902 t. mangues. Les cultures vivrières sont également présentes : banane plantain (1 519 716), maïs (608 032), taro (51 252) et riz (673 006). Auto suffisante pour le manioc et l’igname, la Côte d’Ivoire reste cependant, un importateur net en céréales.

Ces produits phares ont connu des fortunes diverses. Après avoir été classée troisième producteur mondial de café pendant près de trente ans, la Côte d’Ivoire enregistre une baisse de production, passant de 250 000 tonnes en 1990 à 145 000 tonnes en 1994. Même si la production du pays remonte à un niveau proche de celle des trente premières années de son indépendance, celui-ci n'est plus, en 2007, que quatorzième producteur mondial, concurrencé puis devancé plus récemment (entre 2004 et 2007) par le Pérou, le Costa Rica, le Nicaragua et l'Ouganda. Le prix moyen d'achat bord champ reste assez faible (355 francs CFA le kg au cours de la campagne 2003-2004) autant que la proportion de café transformée par l’agro-industrie locale qui est passée de 3,6 % en 2001-2002, à 2 % de la production totale en 2003-2004. La Côte d’Ivoire demeure, avec 40% de la production, le premier producteur mondial de cacao devant le Ghana. La production nationale atteint 1,335 millions de tonnes en 2003-2004, avec une part de 1,060 millions de tonnes destinées aux exportations durant la même période. Le prix d’achat du cacao au producteur a chuté de 688 francs CFA en 2002-2003 à 207 francs CFA le kg en 2003-2004, du fait de la baisse des cours mondiaux et de la spéculation pratiquée par les acheteurs-exportateurs. En légère hausse, la proportion de cacao transformée par l’agro-industrie locale représente près de 20% de la production totale en 2003-2004.

La libéralisation du secteur a fait naître différentes structures dont la gestion est controversée : le Fonds de régulation et de contrôle café-cacao (FRCC), la Bourse du café et du cacao (BCC), l'Autorité de régulation du café et du cacao (ARCC) et le Fonds de développement et de promotion des activités des producteurs de café et de cacao (FDPCC).

Dès son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire, qui n'est pas un pays de tradition pastorale, met un accent particulier sur le développement de l’élevage. Celui-ci connaît effectivement une augmentation globale, en dépit de quelques baisses enregistrées au niveau de la production. Le cheptel national composé de bovins (1,346 million), de petits ruminants (2,121 millions) (ovins et caprins), de porcins (300 000), ainsi que de volailles (27,290) millions ne peut seul couvrir les besoins de la consommation nationale aussi le pays doit-il recourir à des importations de viande.

La Côte d’Ivoire met également en valeur ses atouts pour le développement de la pêche, notamment sa façade côtière sur le Golfe de Guinée. Il constitue une flottille, procède à l’extension des ports de pêche à Abidjan et San-Pédro et il incite aussi au développement de l’aquaculture, par la création de piscines et étangs piscicoles. Pour aider à combler le déficit en produits halieutiques, la Côte d’Ivoire conclut des accords de pêches et de coopération avec l’Union européenne et la Guinée-Bissau mais elle importe aussi des produits de pêche auprès du Sénégal et de la Mauritanie. En 2004 la production totale de la pêche en Côte d’Ivoire est évaluée à 54 397,811 tonnes de produits de pêche dont 19 379 pour la pêche industrielle et 35 018,811 pour la pêche artisanale, traditionnellement pratiquée par les populations vivant sur la côte maritime et autour des lagunes. La production aquacole représente 866,05 tonnes pour la même période, dont 331,35 pour les produits d’origine lagunaire et 534,7 pour ceux d’origine continentale. Le pays doit aussi faire faces à de nombreuses violations de ses eaux territoriales par des bateaux de pêche étrangers. Le pays doit importer pour satisfaire ses besoins du thon, des conserves, des maquereaux congelés et d’autres poissons, vivants ou fumés. Elles représentent en 2002, 204 757 tonnes.

En 1960, la Côte d’Ivoire décide de ne pas se cantonner à l’exploitation et de l’exportation des produits bruts du secteur primaire et de développer aussi le secteur de l’industrie. L’industrie représente alors seulement 10% de la production intérieure brute, pour un chiffre d’affaires global de 13 milliards de francs CFA. Face aux contraintes liées au coût élevé des facteurs de production, à la rareté de main-d’œuvre qualifiée et aux difficultés de financement, la nouvelle politique mise en place par le jeune État est essentiellement axée sur l’adoption d’un code des investissements, en vue d’attirer les investisseurs étrangers. Ainsi en 1976 et 1977, le chiffre d’affaires global des entreprises industrielles est respectivement de 350 milliards et 459 milliards de francs CFA. L’industrie ivoirienne qui se caractérise par un grand nombre de petites et moyennes entreprises et très peu de grandes entreprises demeure cependant la plus diversifiée de la sous-région ouest-africaine et représente 40 % du potentiel industriel de l’UEMOA, malgré les difficultés réelles auxquelles elle est confrontée.

Si en 2000 la plupart des secteurs industriels enregistrent des taux de croissance négatifs, en 2002 et 2003, l’extraction de pétrole et les mines sont en hausse de 78,3 et 74,8%, puis de 3,5 et 10,7% en 2004 et 2005. Les industries agroalimentaires, après avoir connu des taux de croissance négatifs de 16,5% en 2002 et 20,2% en 2003, enregistrent des taux positifs de 1,6% et 4,6% en 2004 et 2005. Pour des raisons liées à la baisse de la consommation intérieure et aux difficultés de transport pour l’exportation, le secteur industriel connaît à nouveau des difficultés en 2006. Les industries chimiques connaissent une hausse de 8,3 et 8,4% en 2004 et 2005, tandis que les matériaux de construction augmentent de 25,7 et 26% en 2004 et 2005, malgré la crise qui affecte le pays.

L’industrie agroalimentaire qui regroupe principalement la minoterie, le décorticage du riz (rizeries), la transformation de café et cacao, la production de sucre, les oléagineux, les conserves de poisson, les boissons et les huiles essentielles, subit tout particulièrement l’influence négative de la crise militaro-politique déclenchée en 2002. La part de ce secteur dans le PIB passe en effet de 21% en 2000 à 12,4 % en 2005. Par ailleurs, avec l’intensification des troubles politiques à la fin 2004, le secteur secondaire a, dans son ensemble, payé un lourd tribut à la crise. D’autres branches de l'industrie ont, plus ou moins, mieux supporté la crise. Ces industries du textile, des chaussures et du cuir, du bois (transformé) ainsi que les industries plastiques et chimiques, celles des matériaux de construction, de l’eau, et les industries du secteur bâtiment et travaux publics constituent l'essentiel du tissu industriel du pays.

Le secteur tertiaire représente plus de la moitié du PIB ivoirien (54% du PIB en 2006). Cependant, ce secteur est, de loin, le plus affecté par la crise initiée en 2002. En 2004, il a connu un recul de 0,5 à 1 pour cent, avec une chute de 5 pour cent de l’activité globale des sociétés de service. Il paie non seulement les dégâts directs et indirects de la guerre, mais aussi la politique de fermeture ou de relocalisation de certaines sociétés dans la sous-région. Toutes les branches du secteur ont enregistré des baisses significatives. Ainsi, les ventes de détail ont connu une baisse globale de 0,6 % sur l’année 2004. Cette chute est attribuable à la diminution des revenus des ménages, touchés par la fermeture des usines, les mises au chômage technique et le départ des expatriés. L’indice du commerce de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) est estimé à 1 pour cent sur l’année 2004. L’initiative privée comme l’esprit d’entrepreneuriat se sont fortement développés en Côte d’Ivoire. À tel enseigne que l’on dénombre à ce jour environ 40 000 entreprises dans ce pays, pour la plupart du secteur tertiaire - y compris les entreprises à employé unique. L’initiative privée est encouragée et supporté par des organisations spécialisées telles que la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) et la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises (FIPME). Prépondérante dans le secteur tertiaire, l'économie informelle avec ses divers petits métiers est réputée contribuer pour un cinquième au moins, à la création de la richesse nationale. Elle constitue de ce fait l'un des moteurs de l'économie nationale ivoirienne. Ce secteur créateur de richesse, utilise une importante main d'œuvre et se révèle, en conséquence, distributeur de revenus. Toutefois, malgré son importance en termes d'emplois, le secteur informel ne représente qu'une part relativement faible dans le produit national. Ceci s'explique notamment par l'absence ou le faible niveau de qualification de ses animateurs et le caractère rudimentaire des équipements utilisés qui génèrent une faible productivité.

Ce secteur, mis en place au cours des années 1960 pour impulser le développement économique enregistre non seulement la participation financière de l'État, mais également et surtout celle de banques étrangères, notamment françaises. Des banques spécialisées sont créées pour favoriser les investissements, soutenir l'agriculture ou l'acquisition de biens de consommation. La conjoncture économique difficile qui survient à partir des années 1980 entraîne la fermeture de plusieurs d'entre elles. La politique de privatisation adoptée dans les années 1990 réduit alors la participation de l'État dans le secteur bancaire. Récemment dans le cadre d'une nouvelle stratégie la création de nouvelles banques s'appuyant sur l'actionnariat privé a été encouragée.

Les fonds de garantie, les sociétés de crédit, les Coopératives d'épargne et de crédit (Coopec) jouent également, avec les sociétés d'assurance, un rôle important dans l'économie et le système financier ivoiriens. L'ensemble de ces entreprises contribue à réduire le taux de chômage du pays. À l'avènement de la guerre, nombre d'entre avaient ralenti leurs activités de crédits en raison de l'instabilité de la situation, mais elles les reprennent depuis 2008 en se réinstallant progressivement dans les zones qu'elles avaient abandonnées du fait de la crise. Malgré sept années de fort ralentissement, le pays dispose toujours d'un des réseaux bancaires les plus développés de l'Afrique de l'Ouest comptant en 2007, 19 établissements financiers dont 17 banques et deux établissements de crédit. Les filiales de grandes banques françaises comme la BNP Paribas, le Crédit agricole (Société ivoirienne de banque) et la Société générale (SGBCI) et d'autres établissements (BIAO, BICICI), assurent une assez large couverture du territoire national.

Des banques spécialisées, créées par l'État, cohabitent avec les banques à capitaux privés ou étrangers. Les plus importantes sont la Banque pour le financement de l'agriculture (BFA), la Banque de l'habitat de Côte d’Ivoire (BHCI), la Banque nationale d'investissement (BNI) créée en partie pour reprendre la gestion des dépôts de la Caisse autonome d'amortissement (CAA) et la Banque régionale de solidarité (BRS), un établissement spécialisé créé par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pour assurer la promotion des petits investisseurs. À celles-ci s'ajoute la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) issue de la restructuration et de la transformation de la Bourse des valeurs d'Abidjan (BVA) menée dans une perspective de renforcement de son rôle de pôle financier de la sous-région. Basée à Abidjan, elle est dominée par les entreprises ivoiriennes puis sénégalaises mais joue un rôle régional, puisque des entreprises d'autres pays de l'Afrique de l'Ouest y sont cotées. En 2006, 39 sociétés étaient cotées à la BRVM. La bourse enregistre une forte croissance des transactions en dépassant le niveau record atteint en 1999 avec 64 milliards de francs CFA de transactions. Sa bonne performance est illustrée, en partie, par la forte hausse des valeurs enregistrée. Celle de la Société africaine de plantations d'hévéas (SAPH) est passée de 5 400 francs CFA en décembre 2005 à 12 800 francs CFA en décembre 2006 soit une progression de plus de 137 %.

Les compagnies d'assurances n'ont pas véritablement souffert de la crise. En décembre 2006, 35 compagnies d'assurances (dont trois filiales de sociétés françaises) sont dénombrées en Côte d’Ivoire. Le secteur dégage un chiffre d'affaires en hausse de 6,48 % pour un montant de 129,5 milliards de francs CFA. Le marché ivoirien des assurance emploie environ 2 200 personnes et représente un tiers de celui de la Conférence interafricaine des marchés d'assurance (CIMA) qui regroupe 14 pays africains appartenant tous à la zone franc.

Comme bien des secteurs, le tourisme constitue dès les années 1960 l'un des axes majeurs de la politique de développement économique mise en place par les pouvoirs publics ivoiriens. Une réglementation spécifique est fixée au cours des années 1970,, et, dans cette logique de promotion, divers organes ou sociétés sont créés : La Société ivoirienne d’expansion touristique et hôtelière (SIETHO) ; Ivory coast tourism agency (ICTA), grossiste local et correspondant de nombreux Tours Operators étrangers ; l'Office national de l’artisanat d’art (ONAA) ; l'Office ivoirien du tourisme et de l’hôtellerie (OITH) ; ou encore, Côte d’Ivoire Tourisme. Dans cette même logique, d'importants investissements sont réalisés tant par l'État que par des investisseurs privés pour promouvoir le tourisme. Les investissements de l'État concernent principalement la mise en valeur des atouts touristiques du pays mais aussi la construction d'établissements hôteliers de prestige : L'hôtel Ivoire et l'hôtel du Golf à Abidjan ainsi que l'hôtel Président à Yamoussoukro. Ils côtoient d'autres établissements de même rang, édifiés par de grands groupes internationaux : Sofitel, Novotel et Ibis notamment. L'important développement économique de la Côte d'Ivoire jusqu'au milieu des années 1980 en fait une destination orientée beaucoup plus vers les affaires que les loisirs. La forte communauté d'européens qui y vit en permanence à cette époque et la hausse générale du niveau de vie permettent le développement d'infrastructures de grande qualité, ouvertes à une clientèle haut de gamme et à un tourisme d'affaire.

Naturellement après la crise politico-militaire de ces dernières années, la Côte d'Ivoire est particulièrement touchée dans son industrie touristique perturbée par la scission qu'a connu le pays et par l'affaiblissement de son rôle de carrefour régional. L'État ivoirien s'évertue à promouvoir, de nouveau, l'image du pays à travers le tourisme et espère engranger des ressources complémentaires grâce à ce secteur. Il mise sur divers atouts naturels : 520 km de côtes bordant l'Océan Atlantique et disposant de grandes étendues de plage ; îles près de la région des lagunes ; plusieurs parcs nationaux qui couvrent une superficie de plus de 1 730 550 ha et abritent des espèces animales rares ou en voie de disparition ; réserves offrant une large variété de faune et flore ; mais aussi, forêts classées. Le pays compte également sur ses spécificités culturelles marquées par leur diversité et les nombreuses activités artisanales et artistiques qui constituent un pan important de son patrimoine. Il envisage de s'appuyer sur un tourisme traditionnel et un tourisme culturel orientés vers la découverte des populations ivoiriennes disséminées dans une mosaïque de plus de soixante ethnies. En 2003 déjà, une loi transfère la promotion du tourisme aux collectivités décentralisées dans l'optique de démultiplier les centres d'attraction du secteur.

L’État ivoirien joue un rôle important dans l’économie du pays tant au niveau légal (réformes fiscales et budgétaires, renforcement de la réglementation liée aux marchés publics) que par son implication dans le secteur parapublic et privé où sa présence moins importance que dans les décennies passées reste cependant significative.

Le secteur parapublic, connait depuis le début des années 1990, une évolution notable. Le nombre des sociétés d'État et des sociétés à participation financière de l'État, est passé de 200 à 77 en 1996 en conformité avec un vaste programme de privatisation lancé par les pouvoirs publics ivoiriens.

En mars 2006, le pays compte 27 sociétés d'État dont 18 nouvelles parmi lesquelles d'anciens établissements publics transformés en sociétés dans un souci d'efficacité selon les déclarations officielles. L'État ivoirien qui reste encore majoritaire dans 13 sociétés, conserve dans 11 autres une minorité de blocage et concède d'être minoritaire dans 27 entreprises.

Le pays tente d'adapter la fiscalité ivoirienne au contexte de crise. Il est confronté à la forte baisse des investissements étrangers directs, à la réduction de manière drastique des activités de nombreuses entreprises ainsi qu'à l'abandon pure et simple du pays par d'autres sociétés dans l’attente de la résolution définitive de la crise. Dans ce contexte, des mesures spécifiques d’allègement fiscal et d’assainissement des états financiers des entreprises ont été prises. Le taux de la TVA a été réduit, pour les grandes entreprises la retenue de 10 % qui était opérée sur les sommes mises en paiement par le Trésor public a été supprimé et l’impôt sur le bénéfice pour plusieurs catégories d’entreprises a été réduit. De même une exonération d’impôt sur les bénéfices pendant trois ans pour les entreprises en difficultés…) a été accordé. Ces mesures sont complétées par une réforme de la fonction budgétaire rendue nécessaire par diverses faiblesses constatées dans la gestion des finances publiques.

Le cadre législatif et réglementaire des finances publiques s'est révélé particulièrement inadapté tant du fait de la multiplication des procédures dérogatoires, d'une faiblesse considérable dans la centralisation des données et d'instruments de gestion frappés par un véritable retard technologique ce qui nuit à la célérité et à la transparence des opérations. Les mesures correctives en cours dans ce pays ont pour vocation d'assurer l’unité budgétaire par la centralisation de l’ensemble des ressources de l’État au Trésor public. Elles planifient désormais dans un seul et même compte le budget de l’État, toutes les opérations financières dispersées entre le budget général de fonctionnement (BGF), le budget spécial d’investissement et d’équipement (BSIE), les budgets annexes (BA) et les comptes hors budget.

Au plan opérationnel, cette réforme s’accompagne du Système de gestion intégré des finances publiques (SIGFIP). Il s'agit d'une approche totalement informatisée ayant vocation à améliorer la préparation du budget de l'État, à réduire les délais d’exécution des finances publiques ainsi qu'à renforcer la sécurité de la dépense publique en améliorant la transparence des transactions et la communication directe des différents acteurs. Le SIGFIP devrait permettre, au surplus, de dégager plus facilement tous les états et tous les agrégats en liaison avec le Trésor public qui réalise ses travaux sur un autre logiciel spécifique à la comptabilité. Sur cette base de travail, le premier budget unique de l'État ivoirien est adopté en 1999.

Le 24 février 2005, la Côte d’Ivoire se dote d’un nouveau code des marchés publics qui s’adapte au nouvel environnement juridique des entreprises régies en particulier par le Traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA), le code de la Conférence interafricaine des marchés d'assurance (CIMA) ainsi que les directives relatives à l’harmonisation des finances publiques au sein de l’UEMOA.

Ce code des marchés publics concerne, en qualité d’autorités contractantes, l’État, les Établissements publics nationaux, les collectivités territoriales, les sociétés d’État, les Sociétés à participation financière publique majoritaire, les personnes de droit privé bénéficiant du concours financier ou de la garantie de l'État. Il a trait aux marchés de travaux, aux marchés de fournitures ainsi qu’à ceux de prestation de services. Il prévoit l’appel d’offres ouvert sans présélection, l’appel d’offres ouvert à présélection des participants, l’appel d’offres restreint, l’appel d’offres avec concours et le marché de gré à gré.

La Côte d'Ivoire commerce avec tous les pays du monde et accueille en son sein une large mosaïque de cultures et de nationalités. Mais elle offre surtout aux investisseurs l'avantage d'être un pôle économique qui ouvre sur tous les marchés de la sous-région. Ceci lui a permis de conforter son 4e rang au sein des pays africains au sud du Sahara, derrière l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria en termes de flux entrants d’IDE. Au 78e rang des pays d’accueil des stocks d’IDE dans le monde, le pays – jusqu’en 2002 - ne faisait pas partie des États africains les plus affectés par le recul global des Investissements directs étrangers, selon la CNUCED. Depuis, la courbe d’investissement fléchit. L’investissement privé a stagné en 2004 par rapport à 2003, et s’est contracté en 2005.

Toutefois, fort des signes de vitalité et d’opportunités de diversification montrés par l’économie ces dernières années, le pays cherche à séduire les investisseurs, en améliorant l’environnement des affaires. L’objectif affiché étant d'attirer le plus d'investissements internationaux possibles, la Côte d’Ivoire procède non seulement à un renforcement du partenariat public-privé, mais encore instaure un code des investissements assez attractif en vue d'assurer la sécurité juridique ainsi que celle des biens et des personnes. Elle entend ainsi diversifier les partenaires, tout en continuant à s’appuyer sur son partenaire traditionnel, la France. Dans un contexte de reconstruction, les besoins s'avèrent énormes, les autorités ivoiriennes se veulent accueillantes et les structures d'accueil telles que le Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI), la Chambre du commerce et de l'industrie (CCI-CI) et la Chambre du commerce et d'industrie française en Côte d’Ivoire (CCIFCI)font montre de dynamisme.

La diaspora ivoirienne est un acteur économique important. Elle est estimée à environ 1 500 000 personnes dont 127 000 dans la seule Île-de-France auxquels s'ajoutent ceux des autres villes françaises, des autres pays d'Europe (Belgique, Suisse, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie...), et ceux d'Amérique du Nord (Canada, États-Unis). En temps de crise, son rôle devient essentiel. Elle constitue un véritable soutien pour les familles restées au pays, mais aussi pour l'ensemble de l'activité économique. Dans certains secteurs, elle constitue un pourcentage non négligeable de la clientèle des entreprises. C'est le cas plus particulièrement du marché de l'immobilier pour lequel la diaspora ivoirienne représente entre 25 et 40% des acheteurs.

La Côte d’Ivoire est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, dont la monnaie, le franc CFA, est arrimée par un régime de change fixe à l’euro (la parité de change est de 1 euro = 655,957 FCFA). Les taux de change du franc CFA vis-à-vis des autres monnaies mondiales dépendent donc directement de celui de l’euro. Le but est d’assurer la stabilité de la monnaie en l’arrimant à une monnaie stable et de profiter de la crédibilité de la Banque centrale européenne, indépendante des pouvoirs politiques. Ce mécanisme a cependant pour inconvénient de faire subir à l’économie ivoirienne les fluctuations de l’euro, qui dépendent des fondamentaux de la zone euro mais qui ne correspondent pas forcément à la situation économique des pays de la zone monétaire du franc CFA.

Bien que l'économie du pays repose encore en grande partie sur les investissements français, ceux-ci sont cependant, d'un niveau relativement moyen : 3,5 milliards d'euros. Ils ont en fait beaucoup diminué depuis que Sucden (Sucres et denrées) a été supplanté par l'américain Philbro dans le contrôle des matières premières de Côte d’Ivoire. Le nombre de français est ainsi passé de 50 000 à 16 000 des années 1980 aux début des années 2000.

Ainsi, la France n'est plus que le deuxième fournisseur de la Côte d'Ivoire, derrière le Nigeria (respectivement 20 % et 26 % des importations ivoiriennes), et, si elle demeure son premier client, elle n'absorbe plus que 14 % des exportations ivoiriennes.

L’économie de la Côte d’Ivoire dépend pour l'essentiel, de ses exportations agricoles qui assurent au pays un solde commercial positif, mais en recul depuis 2002. La maîtrise de la production cacaoyère face à la crise a constitué un avantage considérable dans la structure de la balance commerciale. En 2005, les exportations du pays ont affiché une légère reprise par rapport à 2004. Le cacao, la première culture d'exportation a contribué au tiers des exportations totales du pays. Avec le choc pétrolier actuel, les exportations pétrolières ivoiriennes ont progressé. L’année 2004 a notamment vu une augmentation des exportations de pétrole raffiné, consécutive à une reprise de l’activité de raffinage dans le pays. Ces exportations ont progressé de 38 % en volume, et 64 % en valeur. Les exportations de produits pétroliers (dont le pétrole brut) retrouvent ainsi, en volume et en valeur, leur niveau de 2000, en totalisant près de 15 % des exportations du pays, soit 640 357 milliards de francs CFA. Les principaux clients des produits raffinés ivoiriens sont le Nigeria et les États-Unis. 2005 a enregistré une légère baisse des exportations, passant de 43,3 % en 2004 à 41,6 %. Toutefois, l’année 2006 a connu une amélioration des exportations.

La Côte d’Ivoire réaffirme ainsi sa capacité industrielle et exportatrice, et sa place dans les approvisionnements énergétiques de la région. Les importations ivoiriennes ont augmenté en 2005 par rapport à 2004. Les importations d’automobiles ont connu, en valeur, une hausse de 65 % environ.

Cette augmentation est due principalement à l’importation de voitures d’occasion, qui ont représenté les deux tiers des véhicules immatriculés. Le pétrole brut (avec 20 % des importations totales) demeure le premier poste d’importation du pays. L’augmentation en volume de 14 % et la hausse consécutive à la flambée des cours du pétrole sur le marché international ont fait grimper la facture de 76 %. Ces importations ont été couvertes par la production du Nigeria. Les échanges cumulés avec les pays de l’UE-25 (Union européenne à vingt-cinq) ont atteint 2 275 milliards de francs CFA. L’UE-25 représente 42 % des approvisionnements de la Côte d’Ivoire. La CEDEAO, pour sa part, a constitué 25 % des échanges cumulés, soit 1 308 milliards de francs CFA, avec une balance commerciale excédentaire pour la Côte d’Ivoire de 236 milliards francs CFA. La France demeure le premier partenaire commercial du pays. Elle est son deuxième fournisseur, devancée de peu par le Nigeria. En 2005, les importations ivoiriennes ont connu une légère hausse, passant de 25,8 % à 29,3 % du PIB. Cette tendance devrait se maintenir en 2006.

L’encours de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire a été évalué, fin 2003, à 12,2 milliards de dollars, dont 733 millions au titre des arriérés de paiement accumulés entre 2002 et 2003. La dette multilatérale représentait environ le tiers de cet encours, dont plus de 60 % dus à la Banque mondiale. Les deux tiers environ de la dette bilatérale concernaient les membres du Club de Paris, et le solde relevait des banques commerciales regroupées dans le Club de Londres. En 2004, la dette extérieure équivalait à environ 80 % du PIB, et le service de la dette à 7,8 % des exportations de biens et services. Encore une fois, la reprise de la coopération financière avec la Côte d’Ivoire reste subordonnée à la normalisation de la situation politique et à l’accord de l’ensemble des bailleurs concernés.

La démographie ivoirienne connaît une forte croissance démographique comme la quasi-totalité des pays en développement. Au cours des derniers recensements effectués en 1975, 1988 et 1998, sa population a été chiffrée respectivement à 6 709 600, 10 815 694 puis 15 366 672 habitants. En 2005, la Côte d’Ivoire compte approximativement 19 800 000 habitants. En 2008, le taux de croissance de la population est estimé à 1,96 %, un chiffre relativement faible.

Parallèlement, les démographes tablent sur un taux de croissance de la population active également élevé.

Le nombre d’emplois est estimé en 2000 à 6 006 190. L’évolution de l’emploi est influencé par la croissance économique, (création d'emplois au-dessus d'un taux de croissance de 1,5 %), et par une crise politico-militaire. Cette dernière a considérablement détruit l’outil de production, plaçant bon nombre d'ivoiriens en âge de travailler en chômage technique. En 2002, le taux de chômage représente 6,2% de la population active, soit 402 274 chômeurs sur une population active de 6 502 115.

La situation du marché du travail en Côte d’Ivoire est proche de celle des pays de l’Afrique sub-saharienne. L’offre largement en deçà de la demande, conduit à un déséquilibre inéluctable et pousse les salaires à la baisse.

Ce sombre tableau s’explique d’une part, par des problèmes structurels et, d’autre part, par une mauvaise conjoncture liée à la crise politique. Les structures tant publiques que privées, pourvoyeuses d’emplois salariés, n’étant pas capables d’absorber toutes les demandes, le nombre de sans emplois (population en quête d’un premier emploi) et de chômeurs générés par la crise économique demeure donc important. C’est un des problèmes majeurs de la Côte d'Ivoire,, mais c'est aussi une question épineuse parce que la population ivoirienne est essentiellement jeune. L'enseignement supérieur ivoirien forme des diplômés qui ne trouvent pas forcément du travail et de nombreuses entreprises ont fermé ou délocalisé leurs activités, notamment dans le domaine de l’industrie touristique, du transit et de la banque depuis déjà presque une décennie.

Au cours de l’année 2000, il est dénombré 105 000 fonctionnaires après la mise en œuvre des mesures de dégraissage de la fonction publique.

Le but fixé était de réduire le poids des salaires dans le budget de l'État. Cet effectif qui a très peu varié au cours des dernières années laisse une place plus importante au secteur privé qui emploie quant à lui 498 906 salariés en 2002, contre 556 678 en 1998. Pour résoudre le problème de l'emploi des jeunes, plusieurs pistes sont explorées par les pouvoirs publics ivoiriens : la création d'emplois, ou l'exhortation à la création d'entreprise ; l'adaptation du système éducatif aux contraintes du marché de l’emploi, mais également la formation de formateurs capables d’assurer la relève du corps enseignant. Pour les économistes, le problème du chômage reste d’abord structurel et nécessite, en complément des emplois salariés, la diversification des emplois, par la création d’activités indépendantes génératrices de revenus.

Globalement, il a été constaté une forte hausse des petits métiers et des emplois précaires principalement dans le secteur agricole qui, animé par 3 893 893 personnes avec 7,5 % de salariés, comprend 52 % de travailleurs indépendants et 40,2 % de travailleurs familiaux auxquels s'ajoutent 0,3 % d’autres intervenants. Cette population agricole représente 2/3 de la population ivoirienne active, avec 45 % de femmes notamment dans le domaine des maraîchers, pour 55 % d’hommes plus présents dans l’agriculture d’exploitation. Le secteur informel connait une croissance très forte tant dans l’agriculture que les services et l'industrie. Il occupe 4 107 595 personnes en 2002, contre 1 698 300 personnes en 1995, soit une augmentation de 142 % en 7 ans. Cette forte croissance est liée notamment à la saturation du marché du travail salarié. En dépit de ces évolutions, le taux de chômage reste élevé.

L'indice de pauvreté en Côte d'Ivoire (proportions de personnes en dessous du seuil de développement humain admis) atteint 40,3 % en 2004, mettant le pays au 92e rang de 108 pays en développement. La Côte d'Ivoire reste donc pays à économie sous-développée. La pauvreté s'est fortement aggravée durant la période précédant la crise. L’indice de pauvreté est ainsi passé de 32,3 % en 1993 à 36,8 % en 1995. En 2003, il s'est situé entre 42 % et 44,2 % contre 38,4 % en 2002. La baisse de l'indice de pauvreté en 2003 et 2004, par rapport à 2002 est probablement lié aux déplacements internes des populations, aux perturbation des systèmes de production et de commercialisation et à la dégradation des infrastructures sociales de base dans certaines régions. Les inégalités restent très marquées, et se sont accentuées en 2002. Les 10 % des plus riches cumulaient 36 % du revenu national contre 20 % pour les 50 % les plus pauvres.

La Côte d'Ivoire reste donc, l’un des pays les plus pauvres de la planète et également une contrée fragile au plan social. Les dépenses de santé ont représenté 0,9 % du PIB en 2004, 0,8 % en 2005 et 0,4 % en septembre 2006. Malgré la fin progressive de la crise, les problèmes et conséquences de celle-ci restent encore visibles. Le taux de couverture en eau potable sur Abidjan est de 82 % et de 75 % sur l’ensemble du territoire national. Le reste de la population consomme l’eau de puits privés, celle distribuée par des vendeurs d’eau informels, ou encore celle des rivières ou autres sources d’eau non hygiéniques.

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Côte d'Ivoire

Drapeau de la Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire, ou officiellement la République de Côte d’Ivoire, est un pays d’Afrique occidentale, membre de l’Union africaine. D’une superficie de 322 462 km2, elle est limitée au nord par le Mali et le Burkina Faso, à l’ouest par le Libéria et la Guinée, à l’est par le Ghana et au sud par l’océan Atlantique. La population, dénombrée à 15 366 672 habitants en 1998, est estimée à 18 373 060 habitants en 2008. La Côte d’Ivoire a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro (Abidjan demeurant capitale économique), pour langue officielle le français et pour monnaie, le franc CFA.

D’abord protectorat français en 1843 et devenue colonie française en 1893, le pays acquiert son indépendance le 7 août 1960, sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny, premier président.

L’économie, essentiellement axée sur la production de café et de cacao, connaît au cours des deux premières décennies un essor exceptionnel, faisant de la Côte d’Ivoire un pays phare dans la sous-région ouest-africaine. En 1990, le pays traverse, outre la crise économique survenue à la fin des années 1970 et qui perdure, des périodes de turbulence aux plans social et politique. Ces problèmes connaissent une exacerbation à la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993. L’adoption d’une nouvelle constitution et l’organisation de l’élection présidentielle qui, en 2000, porte au pouvoir Laurent Gbagbo, actuel Président de la République, n’apaisent pas les tensions sociales et politiques, qui conduisent au déclenchement d’une crise politico-militaire le 19 septembre 2002. Après plusieurs accords de paix, le pays s’engage le 4 mars 2007, dans un nouveau processus de sortie de crise fondé sur un accord politique conclu à Ouagadougou (Burkina Faso).

Le territoire de la Côte d'Ivoire présente l'aspect d'un quadrilatère, dont le sud offre une façade de 520 km sur l'océan Atlantique, dans la partie occidentale du golfe de Guinée. Le pays est caractérisé par un relief peu élevé. Les terres sont constituées en majeure partie de plateaux et plaines. L'ouest du pays, région montagneuse, présente toutefois quelques reliefs au-delà de mille mètres (le mont Nimba culmine à 1 752 m). Hormis cette région, les altitudes varient généralement entre 100 et 500 mètres, la plupart des plateaux se situant autour de 200 à 350 mètres. Ceux-ci présentent différents aspects. Les plateaux les plus élevés sont rigides dans leurs formes ainsi que dans leurs matériaux ; ceux de niveaux intermédiaires ont assez souvent des formes émoussées ; les plus bas présentent quant à eux une certaine rigidité, mais sont constitués de matériaux meubles. Des étendues rigoureusement tabulaires et horizontales sont parfois présentes dans les régions de savanes, mais également sous les petits accrocs de savanes incluses dans la forêt dense. L’élément dominant de ces plateaux est constitué par une cuirasse ferrugineuse visible en surface sous forme de dalles de teinte rouille, mais parfois voilées de sables, de gravillons ou produits plus fins.

Les eaux, qui couvrent environ 4 462 km2, soit 1,38 % de la superficie totale du pays, sont constituées au sud par l'océan (Atlantique), les lagunes dont les plus célèbres sont les complexes Aby-Tendo-Ehy, Ebrié, Grand-Lahou-Tadio-Makey-Tagba, ainsi que d'eaux mortes. De nombreux cours d'eau avec souvent des débits extrêmes, drainent tout le territoire. Au nombre de ceux-ci figurent quatre grands fleuves qui sont le Cavally (700 km), le Sassandra (650 km), le Bandama (1 050 km) et la Comoé (1 160 km). D'autres cours d'eau importants sont tributaires de ces derniers ou forment des bassins versants indépendants en tant que fleuves côtiers comme le Tabou, le Néro, le San-Pedro, le Bolo, le Niouniourou, le Boubo, l'Agnéby, la Mé, la Bia. À cet ensemble s'ajoutent des ruisseaux et plusieurs étendues marécageuses.

Les sols présentent la même apparence que ceux que l’on rencontre en grande partie en Afrique de l'Ouest : ils sont souvent meubles, parfois indurés, d’un matériau dont la couleur se loge habituellement dans la gamme des rouges, allant de l’ocre au rouille sombre. Toutefois, l’empreinte des milieux équatoriaux sur les sols ivoiriens est proportionnellement plus marquée que dans la quasi-totalité des territoires qui se situent au nord du Golfe de Guinée.

Tout comme le relief, les sols sont influencés de manière souvent déterminante par la composition des roches. Le soubassement rocheux de la Côte d’Ivoire est diversement constitué et presque invisible, à l’exception des dômes cristallins. Il est formé en quasi-totalité par des roches de socle, cristallines ou phylliteuses, présentant divers degrés de métamorphisation. Les formations cristallines occupent environ les deux tiers du pays et sont subdivisées en cinq grandes familles par les géologues : les migmatites et les gneiss (anciennes roches plutoniques, volcaniques ou sédimentaires métamorphosées), les charnockites (granites à hypersthème) et norites, les « granites baoulé » qui elles-mêmes comprennent plusieurs variétés de roches, la catégorie des roches riches en minéraux noirs (diorites ou granodiorites) et les « granites de Bondoukou » (fréquemment granodioritiques mais parfois alcalins également). Quant aux roches phylliteuses, elles sont essentiellement composées de schistes, qui divergent en fonction des caractères des sédiments originels qui les ont formés et des degrés de métamorphismes qu’ils ont subis. Mais elles comprennent également quelques quartzites et grès-quartzites. Sont assimilées à cette famille les roches communément appelées « roches vertes » en Côte d’Ivoire (métamorphiques mais d’origine non sédimentaire). Le socle ivoirien est bordé par une minuscule couverture sédimentaire constituée surtout de sables argileux d’origine continentale, d’argiles, sables et vase d’origine marine.

Les « formations superficielles » sont soit nées sur place de la roche sous-jacente, soit venues d’ailleurs. Mais celles issues de l’altération du substrat rocheux sont prédominantes. La nature intertropicale qui a toujours caractérisé les climats en Côte d’Ivoire a en effet entraîné une profonde décomposition de ce substrat. Du fait de l’évolution et des combinaisons de substances minérales et organiques, les actions proprement pédogénétiques ont développé aux dépens des formations superficielles initiales, différents types de sols regroupés en cinq classes : la grande classe des sols ferralitiques, celle des sols ferrugineux tropicaux ainsi que trois autres classes moins représentées et en gisements disjoints que sont la classe des sols bruns tropicaux, celle des sols hydromorphes et celle des sols podzolisés.

Les sols ferralitiques couvrent la majeure partie du territoire ivoirien. Ils sont notamment présents dans l’Est, l’Ouest, le Sud, les zones forestière et pré forestière, les zones de savanes soudanaises ou sub-soudanaises, les aires septentrionales, etc. Les sols ferrugineux tropicaux qui se rencontrent sur des roches granitoïdes, ont leur extension majeure dans le Nord-Est du pays, autour de la localité de Bouna et dans l’interfluve entre le haut N’Zi et la haute Comoé. Les trois dernières classes citées sont beaucoup plus étroitement localisées ; elles sont situées en topographie accidentée et se rencontrent dans les régions de buttes du Yaouré et de Bondoukou, de la haute Comoé et dans les chaînes des localités de Sifié, d’Oumé à Fetékro.

Compris entre 4° et 10° de latitude nord, le territoire de la Côte d'ivoire est distant de l'équateur d'environ 400 km sur ses marges méridionales, et du Tropique du Cancer d'environ 1 400 km sur ses frontières septentrionales. Le climat, généralement chaud et humide, constitue dès lors une transition entre l'équatorial et le tropical. Équatorial le long des côtes, il est semi-aride à l'extrême nord. Le pays connaît en général des variations importantes de température entre le nord et le sud, mais également le long de l'année en fonction des saisons. Les températures oscillent autour de 28 °C en moyenne. Deux grandes zones climatiques se côtoient : le climat équatorial et le climat tropical de savane, lui même plus ou moins sec.

Le climat subéquatorial est caractérisé par des températures de faibles amplitudes de (25 °C à 30 °C), un fort taux d'humidité (de 80 à 90 %) et des précipitations abondantes, qui atteignent à Abidjan 1 766 mm3 et à Tabou 2 129 mm3. Cette zone connaît deux saisons sèches et deux saisons humides. La grande saison sèche, chaude, est entrecoupée de quelques pluies et s'étend du mois de décembre au mois d'avril. La petite saison sèche couvre les mois d'août et de septembre. Quant aux saisons de pluie, elles s'échelonnent de mai à juillet pour la grande et d'octobre à novembre pour la petite.

Le climat tropical de savane humide couvre le nord de la zone forestière du sud et le sud de la région des savanes. Les températures, à amplitudes plus importantes, y oscillent entre 14 °C et 33 °C avec une hygrométrie de 60 % à 70 % et des précipitations annuelles de 1 200 mm3 à Bouaké. Cette région climatique connaît également quatre saisons : deux saisons sèches, de novembre à mars et de juillet à août et deux saisons pluvieuses, de juin à octobre et de mars à mai.

Le climat de savane sec concerne principalement la région des savanes. Les amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles y sont relativement importantes, de l'ordre de 20 °C, le taux d'humidité, inférieur à celui du sud du pays, varie de 40 % à 50 %. La zone considérée est caractérisée par la présence intermittente entre les mois de décembre et février d'un vent frais et sec, l'harmattan. On y relève deux saisons : l'une sèche, de novembre à juin, ponctuée par quelques pluies au mois d'avril, et l'autre pluvieuse, couvrant la période de juillet à octobre. Les précipitations moyennes enregistrées sont de 1 203 mm3 à Korhogo.

Ces climats induisent quatre grands types de biomes différents, que le WWF désigne par écorégions. La savane ouest soudanienne, au nord du 8e parallèle, recouvre près du tiers du territoire. Le tiers sud du pays est lui à cheval sur deux écorégions : à l'ouest l'écorégion de forêts appelée « forêt de plaine de l'ouest guinéen » ainsi qu'au centre sud et au sud-est l'écorégion de la forêt de l'est guinéen, séparée par le Sassandra. Entre ces deux zones, la mosaïque de forêt-savane guinéenne, entrecoupée de zones ripariennes et de zones humides au centre du pays, présente de nombreux points de forêt sèche assez dense. En outre, le centre ouest du pays abrite une petite écorégion de montagne appelée forêt de montagne ouest-africaine. Ces trois zones sont inclues par la Conservation International dans le point chaud de biodiversité de l'Upper Guinean forests (littéralement de l'anglais « forêt Haute-guinéenne »). Il existe aussi deux mangroves, de l'écorégion de mangrove guinéenne, une à l'ouest d'Abidjan, à l'embouchure de la Bia et l'autre à l'ouest à l'embouchure du Boubo.

Le climat de Odienné, une ville du nord-ouest, est lui, influencé par la présence des montagnes, la pluviométrie y est plus élevée avec 1 491 mm3 et les températures y sont plus basses, que plus à l'est. La pluviométrie de cette zone est même de 1 897 mm3 à Man.

Le couvert végétal s’est considérablement modifié au cours des années. Le paysage de base, constitué par les forêts denses, globalement subdivisées en forêts hygrophiles et forêts mésophiles, occupe à l’origine un tiers du territoire au sud et à l’ouest. Il est complété par les forêts claires ou savanes arborées ou boisées, qui s’étendent du Centre au Nord, avec toutefois de nombreux points de forêt dense sèche. De petites mangroves en outre existent sur la côte. Depuis la période coloniale, les surfaces de forêts denses ont connu, par le fait de l’homme (plantations arbustives, exploitations forestières), une importante réduction. Le patrimoine forestier ivoirien est estimé en 2007 à 6 000 000 hectares,.

La faune présente une richesse particulière, avec de nombreuses espèces animales (vertébrés, invertébrés, animaux aquatiques et parasites). Parmi les mammifères, l’animal le plus emblématique reste l’éléphant, dont les défenses, appelées ivoire, ont jadis été une importante source de revenus. Espèce autrefois abondante en forêt comme en savane, l’éléphant a été intensément chassé et braconné. Aussi ne subsiste-t-il que dans les réserves et parcs et en quelques points des forêts où il est côtoyé par l’hippopotame, plus lié aux zones de savanes, l’hylochère ou sanglier géant, l’antilope et d’autres céphalophes, des buffles, des singes, des rongeurs, des pangolins et des carnivores, parmi lesquels le lion, la panthère et la mangouste. Les oiseaux, dont plusieurs centaines d’espèces ont été identifiées, embellissent les paysages. On trouve également un très grand nombre de plus petites espèces parmi les invertébrés comme des mollusques, des insectes, des espèces aquatiques, etc. Certains animaux, célèbres dans la zone plus humide du Sud, deviennent, à l’image de quelques espèces de chimpanzé, plus rares. Bien d’autres espèces sont en voie de disparition.

La création et l’aménagement des aires protégées participent de la volonté du gouvernement ivoirien de protéger l’environnement, notamment le couvert forestier en nette régression et certaines espèces animales rares ou en voie de disparition. Le ministère ivoirien de l’Environnement, des eaux et forêts assure la mise en œuvre de la politique de gestion de l’environnement et des aires protégées. Des plans de réintroduction d’animaux, notamment pour le rhinocéros noir et la girafe qui avaient disparu de certaines zones ont été menés à bien, par exemple dans la nouvelle Réserve d’Aboukouamékro. Le gouvernement doit aussi faire face, comme ailleurs, au problème du trafic d’animaux auquel, de l’avis de certains observateurs, une solution satisfaisante n’a encore pu être trouvée. En 2002 en effet, on a recensé 1 554 kg d’ivoire dans les boutiques pour touristes d’Abidjan.

En 2008 on dénombre huit parcs nationaux et près de 300 réserves naturelles de plusieurs types dont quinze réserves botaniques. Six zones protégées sont inscrites à la convention de Ramsar, trois le sont au patrimoine mondial de l'UNESCO et deux sont des réserves de biosphère.

Parmi les parcs, figure le Parc national de la Comoé fondé en 1968, qui couvre 1 150 000 hectares et 500 km de pistes carrossables. Il occupe près du quart de la zone forestière du pays et est l’une des plus grandes aires protégées d’Afrique. Y ont été recensés notamment 75 000 cobes de Buffon, 14 000 bubales, 3 000 hippotragues, 6 000 buffles, 1 200 éléphants, 700 hippopotames et environ 250 lions, mais le parc de la Comoé renferme aussi de très nombreuses autres espèces d’antilopes comme le céphalophe, dont six familles différentes ont été identifiées, des singes, des hyènes, des panthères, des mangoustes, d’innombrables oiseaux. Le Parc national de Taï (350 000 hectares), prolongé au nord par la réserve de faune du N'Zo (70 000 hectares), est surtout axé sur la préservation de la forêt primaire (forêt vierge). Un embranchement permet d’atteindre, à l’intérieur de celui-ci, le mont Niénokoué qui le domine, ainsi que les derniers géants végétaux. Le Parc national de la Marahoué s’étend sur 100 000 hectares. Le Parc national du Mont Péko (34 000 hectares) est surtout réputé pour sa végétation : flore de montagne et forêt primaire. Le Parc national d'Azagny est situé au bord de l’océan à l’embouchure du Bandama, sur 30 000 hectares essentiellement constitués de savane marécageuse avec des palmiers, où l’on peut apercevoir des troupeaux d’éléphants et de buffles. La réserve de faune du Haut-Bandama (123 000 hectares) couvre une zone de savane et abrite des éléphants, des buffles et antilopes. Le Parc national du Mont Sangbé, d’une superficie de 95 000 hectares est entièrement situé en zone montagneuse (14 sommets de plus de 1 000 m dans les monts du Toura) ; il est giboyeux et abrite une flore particulière. Le Parc de Kossou, né de la nécessité de reloger les animaux menacés de la noyade par la montée des eaux du barrage de Kossou, s'étend sur 5 000 hectares. Le Parc national du Banco (3 000 hectares), situé aux portes d’Abidjan, est un exemple de forêt primaire avec des acajous, framirés, avodirés, niangons, espèces devenues très rares. Le Parc national des îles Ehotilé, un parc marin créé en 1974 et situé sur la lagune Aby à l’Est d’Abidjan, présente un intérêt particulier pour les recherches historiques et archéologiques.

La population ivoirienne, comme dans la quasi-totalité des pays en développement, connaît une croissance rapide. Au cours des derniers recensements effectués en 1975, 1988 et 1998, elle est chiffrée à 6 709 600, 10 815 694 puis 15 366 672 habitants. Elle est estimée à 19 800 000 habitants en 2005. Cet accroissement rapide est en partie imputable à l’immigration continue de populations étrangères. Le recensement général effectué en 1998 révèle en effet un taux d’étrangers de 26%, soit plus du quart de la population totale. Ces immigrés, en quête de mieux-être, sont attirés par le développement économique rapide et la stabilité sociale et politique que connaissait le pays avant le début des crises sociopolitiques et militaires. Ils proviennent majoritairement des pays voisins membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Malgré la crise politico-militaire de 2002, le pays compte encore en 2008 de nombreux étrangers originaires de la CEDEAO dont des Burkinabés, de loin les plus nombreux (environ 2 millions), des Maliens, des Guinéens, des Sénégalais, des Libériens, des Ghanéens. À ceux-ci s’ajoutent les Libano-Syriens essentiellement commerçants, quelquefois industriels, des Asiatiques et des Européens. Le pourcentage d'étrangers naturalisés est de 0,6%.

Composée d'une forte proportion de jeunes (en 1998 les jeunes de moins de 15 ans représentaient 43% de la population totale, contre 4% pour les personnes âgées), la population ivoirienne est inégalement répartie sur le territoire national. Les variations s'observent d'une région à l'autre, mais également entre zones rurales et zones urbaines. Au détriment de la zone du nord, le sud, l’ouest et l’est sont en effet, en plus des étrangers, fortement peuplés d’allogènes dont le déplacement est dicté par la recherche de terres arables ou propices au développement des cultures de rente comme le café et le cacao. Le taux de peuplement est également élevé dans les zones urbanisées, compte tenu de l’exode des populations rurales constituées en majorité de jeunes en quête d’emploi. La crise déclenchée en septembre 2002 a pour sa part accéléré le clivage entre les zones nord et sud. Sur l'ensemble du territoire en 1998, la densité moyenne est de 48 habitants au km². En zone sud, zone forestière, elle varie de 53,3 (région du Bas-Sassandra) à 272,7 habitants (région des lagunes) au km². 57% de la population vit en milieu rural, les zones urbaines en abritent quant à elles 43 %. Le taux de croissance de la population urbaine est évalué à 4,2% entre 1988 et 1998. Sont considérées comme villes les localités semi-urbaines de 3 000 habitants au moins, agglomérées, dotées d'une fonction politique et administrative et au sein desquelles la population active non agricole est supérieure ou égale à 50 %. Sur cette base, 129 villes sont dénombrées par le dernier recensement général de la population (1998). Abidjan reste le principal centre urbain et économique du pays, avec 2 877 948 habitants en 1998. Yamoussoukro (155 803 habitants), Bouaké (464 618 habitants), Daloa (173 103 habitants), Korhogo (142 039 habitants), Gagnoa (107 124 habitants), Man (116 657 habitants) et San-Pédro (131 800 habitants), sont également de grandes villes , .

Par ailleurs, le pays abrite environ 26 400 réfugiés et demandeurs d'asile en 2007, dont 24 200 provenant du Libéria et ayant fui la guerre civile qui y a sévi entre 1989 et 2004.

La date de la première présence humaine en Côte d’Ivoire est difficile à évaluer car les ossements ne se conservent pas dans le climat humide du pays. Cependant, la présence de fragments d'armes et d'outillages très anciens (haches polies taillées dans des schistes, débris de cuisine et de pêche) découverts sur le territoire national est interprétée comme la possibilité de la présence d’hommes, en assez grand nombre, au paléolithique supérieur (-15 000 à -10 000 ans) ou au minimum, l’existence sur ce terroir, d’une culture néolithique. Les plus anciens habitants connus de la Côte d’Ivoire ont toutefois laissé des traces disséminées à travers tout le territoire. Les populations arrivées avant le XVIe siècle sont aujourd'hui des groupes minoritaires ayant plus ou moins bien conservé l'essentiel de leurs civilisations. Ce sont les Agoua et Ehotilé (Aboisso), Kotrowou (Fresco), Zéhiri (Grand-Lahou) et Ega ou Diès (Divo). Mais le pays est surtout une terre de refuge et de migration qui reçoit, en provenance de la zone du Sahel, entre le XIe siècle et le XVIe siècle, les Mandé forestiers (Dan, Gban et Kwéni) mais également aux XIVe siècle et XVe siècle, d’autres groupes venus du nord (Ligbi, Numu et quelques clans Malinké), ce qui provoque quelques déplacements limités de populations plus anciennement établies (Krou sur la côte avant le XVe siècle et Sénoufo). Les XVIe siècle et XVIIe siècle consacrent l’arrivée au nord de plusieurs clans Malinkés (Kamagaté, Diomandé) et Sénoufo et au sud-est, des peuples en provenance de la basse vallée de la Volta (Efié, Essouma, Abouré, Alladian et Avikam). L’un de ces groupes akan (Abron) s’installe dans la région de Bondoukou à l’est du pays.

Le XVIIIe siècle consacre les grandes migrations akan (Agni, Baoulé, Atié, Abbey, Ebrié, M'Batto, Abidji) dans le sud-est et le centre du pays ainsi que celle d’autres groupes malinkés (en provenance des rives de la Volta noire) et du sud des territoires actuels du Mali et du Burkina Faso. Ces migrations sont causes de conflits entre les populations, mais permettent surtout de tisser de nombreuses alliances politiques et matrimoniales ainsi que des parentés à plaisanterie.

À l’initiative du prince Henri le Navigateur, les Portugais João de Santarém et Pedro Escobar découvrent le littoral ivoirien en 1470-1471 et jusqu’à la fin du XVIe siècle, les seuls Européens présents sur le littoral ivoirien sont portugais. Ils seront rejoints à la fin du XVIe siècle par les Hollandais, puis au XVIIe siècle par les Français et les Anglais,. Ces Européens entretiennent des relations religieuses, parfois politiques mais surtout commerciales avec les populations du littoral ivoirien. L’abondance de l’ivoire donne à cette partie du territoire africain le nom de Côte de l’ivoire également appelée, à cause des relations difficiles avec les habitants, Côte des mal gens,. Le commerce concerne divers produits tropicaux, mais il est surtout dominé par la traite négrière. L’esclave est le produit des guerres tribales, le fruit d’une mise en gage ou le résultat d’une décision judiciaire. Certaines personnes sont esclaves de naissance, héritant ainsi du statut de leurs ascendants.

La traite négrière constitue au XVIIIe siècle l’essentiel des échanges entre les populations côtières et les marchands européens. La Côte d’Ivoire qui reste jusqu’au XIXe siècle, un réel espace de traite mais d’importance relativement moindre comparativement au Bénin ou au Nigeria, subit également les conséquences négatives du phénomène dans les différentes sociétés. L’on enregistre de nombreux morts, une diminution de la natalité, la rapide diffusion d’épidémies et des famines qui n’épargnent ni les sociétés lignagères, ni les empires ou royaumes établis sur le territoire.

La zone forestière est le siège par excellence de sociétés où l’autorité du chef de lignage s’exerce généralement au niveau d’une tribu. Elle connaît une mutation sociale significative caractérisée par la multiplication et le développement de diverses alliances d’où naissent des confédérations tribales, claniques ou régionales. Une telle évolution diffère du cheminement constaté au nord, dans les différentes branches du groupe sénoufo. Conçu à l’origine sur un schéma proche des sociétés lignagères, le groupe sénoufo se constitue par la suite, peu à peu, en chefferies sur le modèle du « Kafu » malinké et se consolide pour faire face notamment à l’expansionnisme de l’empire de Kong. Les autres sociétés vivant au nord, mais également celles du centre et de l’est, se présentent de manière encore plus hiérarchisée avec une organisation confortée par le renforcement de pouvoirs monarchiques ou l’apparition de nouvelles structures traditionnelles de type étatique.

C’est le cas du royaume Abron de Gyaman dont l’autorité s’étend sur de nombreux peuples de l’est du territoire (Koulango de Nassian, Goro, Gbin, Ligbi, Huela, Agni et Dioula de Bondoukou) et qui s’affranchit du pouvoir Ashanti en 1875. Après une période d’expansion, ce royaume est cependant affaibli par des dissensions internes qui le fragilisent face aux conquêtes de Samory Touré et à l’impérialisme européen. Le royaume du Sanwi tire le meilleur parti de ses relations avec l’extérieur et consolide son pouvoir sur les peuples du littoral du sud-est.

La monarchie Baoulé est dominée par les Warébo et les Faafoué jusqu’à la dislocation de son unité après 1850, lorsque plusieurs groupes se constituent en entités indépendantes ou en nouvelles confédérations militaires aux contours plus ou moins précis. Dans le nord, les conquérants se multiplient mais sont tour à tour vaincus par Samory Touré qui soumet également tous les royaumes (Kong, Bouna, Koulango, Gyaman...) . Ces conquêtes et guerres tribales sont fortement exarcerbées par la traite négrière qui accentue la déstructuration des systèmes politiques et sociaux traditionnels en raison notamment de l’apparition de nouvelles hiérarchies sociales constituées par des personnes qu’elle enrichit.

Le XIXe siècle apporte ainsi de profondes mutations au niveau des organisations sociales traditionnelles et la création de nouvelles valeurs fondées sur la richesse, qui s’apprécie à la quantité de produits détenus (produits vivriers, cheptel, vêtements, poudre d’or, armes à feu) et au nombre d’individus sur lesquels l’autorité est exercée. Ainsi, les femmes, les enfants et les esclaves qui dépendent d’une même personne constituent pour celle-ci, non seulement des ouvriers agricoles et des défenseurs du lignage, mais également une possibilité d’accroissement des alliances avec les autres familles, par le mariage.

L’abolition de l’esclavage en 1815 au Congrès de Vienne, réaffirmée en 1885 au Congrès de Berlin,, ouvre la voie au développement de nouvelles relations commerciales entre les populations ivoiriennes et les nouveaux acteurs européens qui font leur apparition. En dépit d’une concurrence anglaise tenace et parfois l’hostilité des populations locales, des comptoirs français sont installés à Assinie et Grand-Bassam (Côte du Sud-Est) en 1843 et, en 1857, le fort de Dabou est édifié.

De nouvelles résistances apparaissent notamment dans l’ouest forestier (siège de Daloa en 1906, siège de Man en 1908, siège de Sémien en 1911) ou chez les Akan du Sud (attaques des postes d’Agboville et d’Adzopé en 1910). Elles sont longues en pays Baoulé (1893-1912),, en pays Gouro (1907-1914), et en pays Lobi (1898-1920). En dépit de quelques défaites françaises, toutes les résistances sont définitivement vaincues en 1920. Les chefs de la résistance sont tués ou déportés et les pertes en vies humaines sont importantes pour les populations locales. Une nouvelle économie s’installe progressivement. De 1905 à 1930, des maisons de commerce dont le siège est en Europe (SCOA, CFAO, CCAF, Peyrissac) s’installent et réalisent la collecte des produits locaux et l’écoulement des produits importés. De même, les Européens encouragés par la politique française et aidés par le recrutement pour des travaux forcés dans les plantations, développent des exploitations agricoles privées et notamment des plantations de café et de cacao à partir de 1930. Ces cultures d’exportation supplantent très rapidement les produits de cueillette (Kola, graines de palmes, bois, caoutchouc). Parallèlement, des infrastructures et des équipements sont réalisés pour soutenir l’exploitation économique. Le réseau routier se met en place et un chemin de fer est construit grâce au recrutement obligatoire des jeunes. Des écoles et des postes médicaux sont également ouverts. Cependant, cette option de mise en valeur de la colonie est freinée de 1930 à 1935 par la crise économique. Malgré de réels efforts du gouverneur Reste pour redresser l’économie, les séquelles de la crise restent présentes. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale accroît les difficultés économiques et financières locales. Outre l’impôt de capitation, les prestations obligatoires se multiplient et les populations versent des « dons pour la défense de la Côte d’Ivoire et de la France ». Mais l’effort de guerre est surtout militaire avec des milliers de recrues mobilisées et envoyées sur les champs de bataille en Europe et en Afrique du Nord. Après la défaite de juin 1940, ce sont de nombreux volontaires ivoiriens qui s’engagent aux côtés du général Charles de Gaulle dans la Résistance.

Avant la fin de la guerre 1939-1945, les populations encore inorganisées commencent assez timidement une lutte pour l’émancipation politique, sociale et économique. Mais à partir de 1945, en Côte d’Ivoire comme dans toutes les colonies françaises d’Afrique, la vie politique s’organise en prenant appui sur la Conférence de Brazzaville. Les Ivoiriens participent à leurs premières élections municipales (Abidjan et Grand-Bassam) et législatives, les territoires d’outre-mer devant désormais, par décision de l’autorité coloniale, être représentés à l’Assemblée nationale constituante française. En dépit de l’opposition de l’administration locale, Félix Houphouët-Boigny se porte candidat en Côte d’Ivoire devant le collège des non-citoyens. Il devance son adversaire de plus de mille voix et, au deuxième tour le 4 novembre 1945, est élu député avec 12 980 voix sur 31 081 suffrages exprimés. À la seconde Assemblée nationale Constituante, il est réélu plus facilement au Parlement français avec 21 099 voix sur 37 888 suffrages exprimés,. Plusieurs partis politiques (souvent soutenus par des syndicats) sont créés à partir de 1946. Ils sont de simples prolongements de la diversité des formations politiques de France ou la concrétisation de la liberté d'initiatives locales : Parti démocratique de Côte d'Ivoire (1946), Parti progressiste de Côte d’Ivoire (1947), Bloc démocratique éburnéen (1949), section ivoirienne de l’Internationale ouvrière (1946), section ivoirienne du Rassemblement du peuple français. La Constitution de la Quatrième République (France) et les lois anti coloniales (suppression du travail forcé, suppression du Code de l'indigénat ou extension de la citoyenneté française), sans changer véritablement le système colonial local, provoquent à la fois la colère des colons et la déception des populations colonisées qui durcissent leur lutte pour l’émancipation, à travers des actions de plus en plus violentes conduites par les partis politiques.

La loi-cadre ouvre de nouvelles perspectives en Côte d’Ivoire par l’introduction de la décentralisation, l’autonomie interne des colonies et l’extension des pouvoirs des Assemblées territoriales. Elle instaure également un collège unique d’électeurs et le suffrage universel. La voie s’ouvre ainsi pour l’instauration, de prime abord, de la Communauté franco-africaine après le référendum du 28 mars 1958 puis, par la suite, pour l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté internationale le 7 août 1960.

Dès l’indépendance, les institutions de l’État ivoirien sont définies et organisées par une Constitution,. Celle-ci prévoit le principe de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Entre 1960 et 1980, les transformations positives de l’économie ivoirienne sont spectaculaires dans tous les domaines : agriculture, industrie, commerce et finances. Elles sont le résultat d’une politique qui fait jouer un rôle éminent à l’État, à l’investissement privé et aux capitaux étrangers. La société ivoirienne connaît au cours de cette période une profonde mutation à travers le relèvement du niveau de vie des habitants, les équipements sanitaires, éducatifs et sociaux, mais également une augmentation de la population avec un taux de croissance annuel moyen de 3,8 %, la faisant varier de 3,7 millions en 1960 à 12,2 millions d’habitants en 1988. Cependant, depuis le milieu des années 1980, l’économie stagne, conséquence de la dégradation des termes de l'échange avec l’extérieur, de l’accroissement des dettes de l’État et d’erreurs de gestion. En octobre 1995, Henri Konan Bédié remporte à une écrasante majorité (95,25 % contre 3,75 % ou 4,75 % pour le candidat Francis Wodié) contre une opposition fragmentée et désorganisée qui appelle au boycott actif, la première élection présidentielle organisée après le décès de Félix Houphouët-Boigny. Il resserre son emprise sur la vie politique, obtient assez rapidement une amélioration des perspectives économiques, une diminution de l’inflation et engage des mesures pour réduire la dette extérieure.

Contrairement à Félix Houphouët-Boigny, qui a su avec prudence éviter tout conflit ethnique et a même permis l’accès aux postes de l’Administration publique à certains immigrants venus de pays voisins, Henri Konan Bédié met en exergue le concept de l’ivoirité. L’ivoirité est définie d’abord comme l’affirmation de la souveraineté et de l’autorité du peuple ivoirien face aux menaces de dépossession et d’assujettissement, notamment dans les domaines de l’immigration ou des pouvoirs économique et politique. Par la suite, le concept a la réputation d’être destiné à exclure l’opposant Alassane Dramane Ouattara de l’élection présidentielle,. La nationalité de ce leader fait ainsi l’objet de vives polémiques et de nombreuses controverses tant au sein de la classe politique que de l’ensemble de la société ivoirienne, une partie de la population lui reconnaissant la nationalité ivoirienne, tandis que l’autre la lui dénie. La Cour suprême de Côte d’Ivoire n’a pu trancher sur ce sujet.

Des problèmes de gouvernance sont mis au jour lors de l’exécution de projets financés par l’Union européenne. En outre, différents faits, notamment l’exacerbation des tensions politiques et sociales par la presse, les actes de défiance à l’autorité de l’État posés par des opposants, l’incarcération de plusieurs leaders de l’opposition politique, instaurent un climat délétère qui conduit en décembre 1999 au renversement de Henri Konan Bédié par des soldats mécontents. Ceux-ci placent à la tête de leur groupe le général Robert Guéï qui devient par ce fait, chef de l’État de Côte d’Ivoire. Henri Konan Bédié s’exile en France.

Le régime issu du putsch est marqué durant son éphémère pouvoir par des troubles militaires et civils. Le pouvoir militaire réduit néanmoins la criminalité et la corruption en usant de méthodes parfois expéditives. Il fait procéder à la rédaction d’une nouvelle constitution par les partis politiques et la société civile et organise, en octobre 2000, l’élection présidentielle. De nombreuses candidatures à la présidence de la République dont celles de Henri Konan Bédié et de Alassane Dramane Ouattara sont éliminées par la Cour suprême. Le général Robert Guéï qui se proclame vainqueur du scrutin est chassé par des manifestations de rues. De violents affrontements opposent également durant quelques jours des militants du FPI à ceux du RDR. Ces troubles se soldent par plusieurs morts. La Cour suprême proclame les résultats et déclare vainqueur, Laurent Gbagbo. Celui-ci initie un forum de réconciliation nationale puis nomme un gouvernement d'union nationale. Mais le 19 septembre 2002, des soldats rebelles venus du Burkina Faso tentent de prendre le contrôle des villes d’Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ils échouent dans leur tentative en ce qui concerne Abidjan mais sont victorieux dans les deux autres villes, situées respectivement dans le centre et le nord du pays. Robert Guéï est assassiné dans des circonstances non encore élucidées. La rébellion qui se présente sous le nom MPCI crée plus tard le MJP et le MPIGO et forme avec ces dernières composantes le mouvement des Forces nouvelles (FN). Il occupe progressivement plus de la moitié nord du pays (estimée à 60% du territoire), scindant ainsi le territoire en deux zones géographiques distinctes : le sud tenu par les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces armées des forces nouvelles (FAFN).

Les pourparlers entamés à Lomé permettent d’obtenir le 17 octobre 2003, un accord de cessez-le-feu qui ouvre la voie à des négociations sur un accord politique entre le Gouvernement et le MPCI, sous l’égide du président du Togo, Gnassingbé Eyadema. Ces négociations échouent cependant sur les mesures politiques à prendre, en dépit de réunions entre les dirigeants de la CEDEAO à Kara (Togo), puis à Abidjan et à Dakar. 10 000 casques bleus de l’ONUCI dont 4 600 soldats français de la Licorne sont placés en interposition entre les belligérants. Dans une nouvelle initiative, la France abrite à Linas-Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003, sous la présidence de Pierre Mazeaud, Président du Conseil constitutionnel français, secondé par le juge sénégalais Kéba Mbaye, une table ronde avec les forces politiques ivoiriennes et obtient la signature de l’accord de Linas-Marcoussis. Cet accord prévoit la création d’un gouvernement de réconciliation nationale dirigé par un premier ministre nommé par le Président de la République après consultation des autres partis politiques, l’établissement d’un calendrier pour des élections nationales crédibles et transparentes, la restructuration des forces de défense et de sécurité, l’organisation du regroupement et du désarmement de tous les groupes armés, le règlement des questions relatives à l’éligibilité à la présidence du pays et à la condition des étrangers vivant en Côte d’Ivoire. Un comité de suivi de l’application de l’Accord, présidé par l’ONU, est institué.

Appliqué avec beaucoup de difficultés, l’Accord de Linas-Marcoussis est suivi par plusieurs autres, conclus en Afrique et mis en œuvre par les gouvernements successifs de Seydou Diarra, Charles Konan Banny et Guillaume Soro, nommé 1er ministre à l’issue de la signature de l’accord politique de Ouagadougou conclu entre celui-ci et Laurent Gbagbo, sous l’égide du président burkinabé Blaise Compaoré, facilitateur,. Dans le Gouvernement de Guillaume Soro composé de 33 membres, la formation militaro-politique de celui-ci (les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire) et le Front populaire ivoirien (FPI), formation politique dont est issu le président Laurent Gbagbo, disposent chacun de huit portefeuilles (le Premier ministre y compris). Les autres portefeuilles sont répartis entre divers autres partis politiques. Ainsi, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) en détient 5, le Rassemblement des républicains de Côte d’Ivoire (RDR) 5, le Mouvement des forces d'Avenir (MFA) un, le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) un, l’Union démocratique de Côte d'Ivoire (UDCI) un et l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) un ; deux autres ministres sont réputés proches du Président de la République et un ministre est issu de la société civile.

Concrètement, outre la gestion des affaires relevant de ses compétences traditionnelles, le gouvernement coordonne la mise en œuvre du processus de sortie de crise au moyen de programmes spécifiques. Il s’agit d’un dispositif technique comprenant notamment le Centre de commandement intégré (désarmement des combattants), le Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire, le Comité national de pilotage du redéploiement de l’Administration (restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et reprise du fonctionnement des services publics), l’Office national d'identification (identification des populations et des électeurs) et la Commission électorale indépendante (organisation des élections). Si le consensus semble se dégager sur le mode de gestion du programme de sortie de crise, les origines de la crise ivoirienne demeurent un sujet controversé.

Selon certaines thèses, la crise ivoirienne est la résultante à la fois d’un colonialisme déstructurant pour l’organisation traditionnelle, d’un imbroglio juridique créé par la Constitution ivoirienne, des pratiques antidémocratiques du parti unique, du concept de l’ivoirité ainsi que de la crise économique mondiale. Pour d’autres, la crise consacre et exprime une profonde fracture géographique, voire ethnique et religieuse, entre le nord et le sud du pays.

Dès son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire, État unitaire, opte pour un régime présidentiel. Reconduit par la deuxième république, le régime présidentiel est caractérisé par la séparation des pouvoirs au sein de l’État : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Le paysage institutionnel ivoirien se compose des organes exerçant ces trois pouvoirs et d’autres institutions comme le Conseil économique et social et le médiateur de la République. Les partis politiques marquent également la vie politique dans le pays.

L’organe chargé de l’exercice du pouvoir exécutif, originairement monocéphale, est depuis 1990 caractérisé par un bicéphalisme apparent : il a à sa tête le président de la République, chef de l’État, et un premier ministre, chef du gouvernement. Cette caractéristique, empruntée au régime parlementaire, n’entame en rien le caractère présidentiel du régime.

Le président de la République est élu au suffrage universel direct, au scrutin majoritaire à deux tours pour un mandat de 5 ans et est rééligible une fois. Il est le chef de l’exécutif et est détenteur exclusif du pouvoir exécutif. Il est garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, du respect des traités et accords internationaux. Il est chef suprême des armées, veille au respect de la Constitution, assure la continuité de l'État. En sa qualité de chef de l'Administration, il nomme aux emplois civils et militaires. Le président de la République détient également, en période de crise, des pouvoirs exceptionnels. En cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu, l’intérim du président de la République est assuré par le président de l’Assemblée nationale pour une durée ne pouvant excéder 90 jours.

Le premier ministre est nommé par le président de la République devant lequel il est responsable, et qui met fin à ses fonctions. Le premier ministre ne détient, au regard de la constitution, aucun pouvoir exécutif propre. Il supplée le président de la République lorsque celui-ci est absent du territoire. Contrairement à la pratique prévalant en régime parlementaire, le premier ministre ivoirien n’est pas issu de la majorité parlementaire. Les membres du gouvernement, placés sous son autorité, sont nommés sur sa proposition par le président de la République. Il dirige et coordonne l'action du gouvernement et peut déléguer certaines de ses attributions aux ministres. Le gouvernement actuel, nommé le 7 avril 2007 et composé de 32 membres, est dirigé par le premier ministre Guillaume Soro, nommé en cette qualité depuis le 29 mars 2007.

Depuis la dernière élection présidentielle tenue le 26 octobre 2000 et remportée par Laurent Gbagbo, actuel chef d’État, aucune autre consultation électorale n’a eu lieu en vue de la désignation du président de la République. L’exercice du pouvoir exécutif est, dans le contexte actuel, influencé par les accords politiques conclus depuis le déclenchement de la crise politico-militaire en septembre 2002. Dans le cadre de l’exécution du programme de sortie de crise, des missions spéciales liées à la réunification du pays et de l’armée, à l’identification des populations et à l’organisation des élections sont assignées au premier ministre.

L’organe parlementaire investi du pouvoir législatif est monocaméral ; c’est l’Assemblée nationale. L'Assemblée nationale compte aujourd’hui 225 membres et comprend un bureau, des commissions techniques et des groupes parlementaires. Les députés qui la composent sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. L’Assemblée nationale vote la loi et consent l’impôt. Elle a également, de par la Constitution, un pouvoir de contrôle sur les actions de l’exécutif. Pour assurer l'indépendance de l'Assemblée nationale à l'égard des autres pouvoirs et renforcer la liberté du député, celui-ci bénéficie de certains privilèges juridiques que sont les immunités. Ces immunités protègent le député dans l'exercice de son mandat parlementaire en le mettant à l'abri des poursuites civiles ou pénales à l'occasion de votes ou opinions émises par lui dans l'exercice de ses fonctions. En dehors même de l'exercice de ses fonctions, les poursuites pénales engagées contre le député pour des faits qualifiés crimes ou délits doivent être autorisées par l'Assemblée nationale ou le bureau de celle-ci. Les dernières élections législatives se sont tenues le 10 décembre 2000 pour les élections générales, et le 14 janvier 2001 pour les partielles. L’Assemblée nationale ivoirienne est aujourd’hui dirigée par Mamadou Koulibaly.

Le Parlement ivoirien a joué un rôle particulier dans la gestion de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire. En dépit de la désapprobation affichée par le Président Mamadou Koulibaly vis-à-vis de l’Accord de Marcoussis, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a examiné, durant ses sessions ordinaires et parfois lors de sessions extraordinaires convoquées à cet effet, une série de domaines visés par l’Accord. Au total plus d’une douzaine de projets de lois ont été examinés et votés par le Parlement ivoirien dans ce cadre. Mais la poursuite de son mandat après l'expiration de celui-ci s'est avérée problématique, car aux termes de la Constitution ivoirienne, « les pouvoirs de l'Assemblée nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat. Les élections ont lieu vingt jours au moins et cinquante jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale ». Aussi bien la Constitution ivoirienne que le code électoral n’ayant pas prévu le cas où les élections des députés ne se tiendraient pas dans les délais prescrits, le pays a dû faire face à un vide juridique qui a suscité une polémique et des opinions controversées des acteurs locaux et non nationaux. Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) dans sa Résolution 1633 sur la Côte d’Ivoire note que le mandat de l’Assemblée nationale prend fin le 16 décembre 2005 et le Groupe de travail international tire la conclusion que ce mandat n’a pas à être prolongé. En se prononçant contre la prolongation des mandats parlementaires échus le 16 décembre 2005, le Groupe de travail international (GTI) a « mis le feu aux poudres » et ouvert un « bras de fer international », selon certains observateurs. Le président de la République de Côte d’Ivoire, après avoir sollicité l’avis du Conseil constitutionnel sur le point de savoir si le défaut d’élections, dû à la situation de crise que connaît son pays, entraînait la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale, a obtenu l’avis de cette institution selon lequel l’Assemblée nationale demeurait en fonction et conservait ses pouvoirs. En définitive, l'Assemblée nationale a continué ses activités.

Avant l’indépendance de la Côte d’Ivoire, deux ordres de juridictions cohabitent : des juridictions françaises appliquant le droit français et une organisation judiciaire de droit coutumier ou local. Cette dualité est la résultante de la dualité de législation, qui elle-même repose sur une distinction des statuts régissant les différentes couches de la population. En effet, la France « offre » aux ressortissants ivoiriens la possibilité de conserver un statut personnel particulier, par opposition au statut de droit commun reconnu aux Français et assimilés.

Au lendemain de l’indépendance, il est procédé à une refonte de l’appareil judiciaire hérité de l’époque coloniale. L’objectif est de mettre en place une organisation judiciaire moderne et adaptée aux besoins du pays. La réorganisation concerne le recrutement, la formation de magistrats et auxiliaires de justice (juges, greffiers, officiers ministériels, avocats, huissiers de justice, notaires, etc.), mais également les structures. Trois principes gouvernent cette opération de modernisation : la justice est rendue au nom du peuple ; les juges ne sont soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la loi, leur indépendance étant garantie par le président de la République ; l’autorité judiciaire est gardienne des libertés individuelles.

Les juridictions, ainsi que l’administration pénitentiaire, connaissent alors plusieurs évolutions à partir de 1960. Toutefois, comme dans bien des domaines, l’organisation judiciaire ivoirienne reste encore influencée par le droit français,. Le pouvoir judiciaire est exercé présentement par des juridictions de premier et de second degré, sous le contrôle de la Cour suprême. Le Conseil constitutionnel forme, avec la Haute cour de justice, des juridictions spéciales.

Le conseil économique et social est un organe consultatif prévu par la Constitution ivoirienne. Il assure la représentation des principales activités économiques et sociales, favorise la collaboration des différentes catégories professionnelles entre elles et contribue à l’élaboration de la politique économique et sociale du Gouvernement. Les projets de loi de programmes à caractère économique et social lui sont soumis pour avis. Le président de la République peut consulter cette institution pour tout problème à caractère économique et social. Le droit de saisine du Conseil économique et social appartient au président de la République et au président de l’Assemblée nationale.

Les membres de l’institution sont nommés pour cinq ans par décret parmi les personnalités qui, par leurs compétences ou leurs activités, concourent au développement économique et social de la République. Le Conseil économique et social comprend 125 membres. Il est aujourd’hui présidé par Laurent Dona Fologo.

Le médiateur de la République est un organe de médiation créé par la Constitution. À l’image du médiateur français, le médiateur de la République de Côte d’Ivoire est une autorité administrative indépendante, chargée d’une mission de service public, plus précisément d’assurer la médiation entre l’administration et les administrés, mais également entre les administrés eux-mêmes, en vue d’harmoniser les rapports de ceux-ci. Il ne reçoit d’instruction d’aucune autorité. Le médiateur de la République est nommé par le président de la République, après avis du président de l’Assemblée nationale, pour un mandat de six ans non renouvelable. Il ne peut être mis fin à ses fonctions, avant l'expiration de ce délai, qu’en cas d'empêchement constaté par le Conseil constitutionnel saisi par le président de la République. Le médiateur de la République ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion des opinions ou des actes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions.

Les fonctions de médiateur de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute fonction politique, de tout autre emploi public ou de toute activité professionnelle. Mais en pratique, depuis la création de cette institution, Mathieu Ekra est l’actuel médiateur de la République. Son intérim est actuellement assuré par Lamine Ouattara, médiateur de la région du Zanzan.

Peu avant l'indépendance du pays, pour désigner l'Assemblée territoriale et des conseils municipaux en 1956-1957, des élections pluralistes sont organisées. Tous les sièges sont remportés par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire, section du Rassemblement démocratique africain ou PDCI-RDA dans lequel peu de temps après, l'ensemble des autres formations politiques décide de se fonder sur la base d'un nouveau « consensus national ». Le PDCI-RDA devient l'unique parti du pays. Une assez éphémère tentative de création d'autres partis politiques est notée entre 1958-1959 et des crises politiques plus ou moins préoccupantes jalonnent la période de 1960 à 1990 (Affaire du Sanwi de 1959 à 1966, complot présumé en 1963-1964, affaire du Guébié en 1970, putsch manqué en 1973), mais la vie politique ivoirienne reste manifestement dominée durant cette période par le seul PDCI-RDA. La rupture du « consensus national » est formellement constatée en 1990 après des manifestations populaires. Elle ouvre immédiatement la voie du retour au multipartisme avec en particulier, l'émergence du Front populaire ivoirien (FPI). Ainsi, bien que reconnu par la constitution ivoirienne de 1960, le multipartisme n’est effectif à nouveau en Côte d’Ivoire qu’en 1990, année au cours de laquelle plusieurs partis politiques sont créés. En 2008, plus d'une centaine de formations politiques sont déclarées dans le pays mais les partis qui participent à la vie politique sont, pour l'essentiel, le Front populaire ivoirien ou FPI, socialiste, dirigé par Pascal Affi N'Guessan ; le Parti démocratique de Côte d'Ivoire – Rassemblement démocratique africain ou PDCI-RDA, droite libérale, dirigé par Aimé Henri Konan Bédié ; le Rassemblement des républicains ou RDR, centre libéral, dirigé par Alassane Dramane Ouattara ; et, dans une moindre mesure, l' Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire ou UDPCI, dirigé par Albert Mabri Toikeusse ; le Parti ivoirien des travailleurs ou PIT, socialiste, dirigé par Francis Romain Wodié. Divers groupes de pression animent également la vie politique. Le mouvement des Forces nouvelles qui est une composante politique (et militaire) majeure du pays ne s'est pas constitué en parti politique.

L'organisation administrative territoriale de la Côte d’Ivoire est tributaire de celle mise en place par le gouvernement français pendant la colonisation. Fortement centralisée et de simple gestion, elle s'articule, en fin de période coloniale, autour de 19 circonscriptions primaires appelées cercles et administrées par un commandant de cercle, 48 circonscriptions secondaires ou subdivisions dirigées par un chef de subdivision, auprès duquel est placé un conseil des notables, organe quelque peu représentatif des intérêts des populations locales. L'administration municipale reste également rudimentaire avec, en 1959, 17 communes de plein ou moyen exercice.

Pour se rapprocher davantage des populations et ainsi assurer un encadrement efficace de celles-ci, l'administration territoriale de la Côte d’Ivoire, qui repose sur les principes de la déconcentration et de la décentralisation , , connaît, au niveau du découpage territorial, une évolution constante , , .

Les départements, au nombre de quatre en 1959 , passent progressivement à six, 24, 25, 26, 34, 49, 50 et 55 au cours des années 1963, 1969, 1974, 1975, 1979, 1985, 1987 et 1996, avec un total de 187 sous-préfectures.

En avril 2008 on dénombre 19 régions, 80 départements, 386 sous-préfectures, plus de 8 000 villages, deux districts et environ 1 000 communes.

L'administration territoriale déconcentrée se réalise autour des circonscriptions administratives que sont la région, le département, la sous-préfecture et le village,.

Entité administrative de base, le village est composé de quartiers, constitués eux-mêmes par la réunion des membres d'une ou plusieurs familles et, éventuellement, de campements qui lui sont rattachés. Il est dirigé par un chef qui, pour être reconnu par l'État, doit être librement désigné par les populations villageoises selon des règles coutumières, par consensus ou par tout autre moyen. Le chef du village est l'auxiliaire de l'Administration préfectorale. Il est assisté dans sa mission par un conseil de village.

La sous-préfecture, administrée par un sous-préfet, est la circonscription administrative intermédiaire entre le département et le village. Elle est constituée par plusieurs villages. Tout comme le préfet sous l'autorité duquel il est placé, le sous-préfet représente l'État dans sa circonscription, coordonne et contrôle les activités des agents des services administratifs et techniques placés sur son ressort territorial ; il supervise en outre l'action des chefs de village.

Le département, échelon de relais entre la région et la sous-préfecture, comprend en général plusieurs sous-préfectures. Il est administré par un préfet chargé du suivi des actions de développement, de l'exécution des lois et règlements, du maintien de l'ordre, de la sécurité, de la tranquillité et de la salubrité publics dans sa circonscription.

La région qui regroupe généralement plusieurs départements, constitue l'échelon de conception, de programmation, d'harmonisation, de soutien, de coordination et de contrôle des actions et opérations de développement économique, social et culturel réalisées par l'ensemble des administrations civiles de l’État. Par délégation du ministre chargé de l'Intérieur, le préfet de région, comme le préfet de département, exercent un pouvoir de tutelle et de contrôle à l'égard des collectivités décentralisées.

Les collectivités territoriales, entités administratives dotées de la personnalité morale et de l'autonomie financière, sont constituées par la région, le département, le district, la ville et la commune. Elles ont pour missions, dans la limite des compétences qui leur sont expressément dévolues, d'organiser la vie collective et la participation des populations à la gestion des affaires locales, de promouvoir et réaliser le développement local, de moderniser le monde rural, d'améliorer le cadre de vie, de gérer les terroirs et l'environnement. La décentralisation se réalise aujourd'hui avec le district, le département et la commune ; la région et la ville ne sont pas, dans le cadre du découpage actuel, fonctionnelles.

Le département, collectivité territoriale, se déploie sur le même ressort territorial que l'entité déconcentrée du même nom. Il est animé par le président du conseil général. Le conseil général participe, avec le bureau du conseil général et le comité économique et social départemental, à la gestion des affaires du département.

Le district regroupe un ensemble de communes et de sous-préfectures. De création relativement récente, les deux districts que compte la Côte d’Ivoire (Abidjan et Yamoussoukro) sont animés par des gouverneurs nommés par le président de la République, nonobstant le principe de la libre administration des collectivités territoriales. Pour l'exécution de sa mission, le gouverneur du district est assisté par le conseil du district, le bureau du conseil du district et le comité consultatif du district. La commune est un regroupement de quartiers ou de villages. Ses organes sont constitués par le conseil municipal, le maire et la municipalité.

Jusqu'à la fin des années 70, la Côte d’Ivoire a une situation économique enviable,. Le taux de croissance de sa production intérieure brute est de 10,2 % entre 1960 et 1965 et de 7,2 % entre 1965 et 1975. Entre 1970 et 1975, alors que ceux de l'Afrique sub-saharienne et des pays riches occidentaux sont respectivement de 4% et 6% en moyenne, le taux de croissance du PIB en Côte d’Ivoire est de 6,8% par an. Cette performance particulière s'explique en partie par la stabilité politique qui la caractérise, contrairement à bon nombre d'États africains. L'économie présente toutefois des symptômes révélateurs d'une faiblesse structurelle : elle est en effet caractérisée par une forte dépendance extérieure et présente des inégalités de productivité dans ses différents secteurs.

La chute des cours des produits agricoles de base constitués par le café et le cacao, principaux produits d'exportation qui dominent l'économie du pays, entraîne une récession économique à la fin des années 1970. La crise économique perdure encore au cours des années 1990, produisant des conséquences sociales néfastes. En janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc CFA ramène un taux de croissance positif de 6% pendant deux années consécutives, grâce notamment aux mesures d'accompagnement adoptées par la communauté financière internationale. Les programmes d'ajustement structurels mis en place par les partenaires extérieurs que sont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, conduisent à l'adoption de mesures drastiques de restriction budgétaire et de redressement économique par le gouvernement, sans grand succès. Les arriérés de paiement des dettes contractées auprès de ces institutions, ainsi que les problèmes de gouvernance liés à l'exécution des projets financés par l'Union européenne, conduisent, à la fin des années 1990, à une rupture du partenariat avec lesdites institutions. L'impact négatif de cette situation sur l'économie est aggravé par le coup de force militaire de décembre 1999 et l'instabilité politique qui en résulte. Le taux de croissance en 2000 est négatif : -2,3%.

Depuis 2004, la Côte d’Ivoire enregistre des taux de croissance réelle positifs (+1,6% en 2004, +1,8% en 2005 et 1,2% en 2006) qui restent toutefois en dessous du taux de croissance de la population, estimé à 3,3%. Le taux d’inflation oscille entre 1,4% à 4,4%. Le service de la dette réglée qui représente 10,68% des exportations en 2000, est réduit à 5% des exportations en 2003, 3,3% en 2004 et 1,45% en 2005, traduisant ainsi les difficultés de l’État à tenir ses engagements extérieurs. Ces difficultés persistent malgré la hausse du niveau des exportations, passées à 37,9% en 2000 et à 47,8% du PIB en 2005.

Le FMI prévoit un taux optimiste de croissance du PIB de 3,8% en 2008.

L'agriculture vivrière, l’élevage, l’extraction minière, l’exploitation pétrolière et la compétitivité des exportations connaissent certes une embellie, mais les performances du secteur productif sont contrariées par l’accroissement de la dette intérieure.

L’économie ivoirienne reste dominée par l’agriculture. Après avoir été classée troisième producteur mondial de café pendant près de trente ans, la Côte d’Ivoire connaît une baisse de production, passant de 250 000 tonnes en 1990 à 145 000 tonnes en 1994, pour ensuite remonter à une production de 250 866 tonnes en 2003-2004. Elle en est aujourd’hui le septième producteur mondial. La Côte d’Ivoire est, avec 40% de la production de cacao, le premier producteur mondial devant le Ghana. La production nationale atteint 1,335 millions de tonnes en 2003-2004, la part des exportations étant de 1,060 millions de tonnes pour la même période.

Producteur de palmier à huile et de cocotier, la Côte d’Ivoire est classée parmi les trois premiers producteurs de coton dans la sous-région avec 105 423 tonnes de coton fibre exportées en 2004 principalement vers la Chine, l'Indonésie, la Thaïlande et Taïwan. Le pays produit également de l'hévéa et a également la particularité d’être le premier producteur mondial de noix de cola avec une production totale de 65 216 tonnes.

La canne à sucre, l’ananas et la banane, jouent un rôle important dans les exportations en Côte d’Ivoire, malgré la remise en cause des quotas par l'Organisation mondiale du commerce. Ils sont exportés en grande partie vers l’Europe comme le sont les productions fruitières (mangue, papaye, avocat et agrumes de bouche). La pomme de cajou, essentiellement localisée dans le nord du pays, s’étend depuis quelques années au centre et au centre-ouest du pays. En 2006, les productions de noix de cajou sont de 235 000 tonnes et les exportations de 210 000 tonnes.

Les cultures vivrières restent un appoint économique important pour le pays qui produit notamment dans ce domaine du maïs (608 032 tonnes sur 278 679 hectares), du riz (673 006 tonnes sur 340 856 hectares), de l’igname (4 970 949 tonnes sur 563 432 hectares), du manioc (2 047 064 tonnes sur 269 429 hectares), de la banane plantain (1 519 716 tonnes sur 433 513 hectares). Des productions de citron, de bergamote et de bigarade sont également notées, mais en quantité plus faible.

Le développement de l'élevage reste un objectif pour le Gouvernement, mais des importations sont encore nécessaires à la satisfaction de la consommation nationale en produits animaliers. Malgré la fermeture de la chasse, décidée en 1974 pour permettre la reconstitution du potentiel faunique, le gibier occupe toujours une part importante de cette consommation. Pour combler le déficit en produits halieutiques, L'État encourage la création de piscines aquacoles, mais doit procéder à des importations de poissons, dont la quantité s'élève en 2000 à 204 757 tonnes.

La principale ressource naturelle de la Côte d'Ivoire est le bois, d'ailleurs le pays en exporte plus que le Brésil. La rythme de la déforestation, peut être le plus important du monde, risque de poser à court terme des problèmes importants, tant écologique, qu'en perte de matière première indispensable, qu'en termes de perte de revenus d'exportation. En 2008, environ dix pour cent seulement des terres sont arables, mais ce chiffre est en constante augmentation depuis l'indépendance jusqu'au début des années 2000. Il l'est même d'une façon quasiment linéaire depuis le début des années 1970 où il n'était que de 5% jusqu'en 2003 et stagne depuis cette date.

En 2005 l'industrie ivoirienne constitue seulement 23,1% de la production intérieure brute (contre 24,5% en 2000). Elle affiche un déséquilibre structurel caractérisé par la domination numérique des petites et moyennes entreprises. Toutefois, en dépit des difficultés auxquelles elle se trouve confrontée, elle reste la plus diversifiée dans la sous-région ouest-africaine et représente 40 % du potentiel industriel de l’UEMOA.

Le système éducatif ivoirien fondé sur le modèle hérité de la France institue dès les lendemains des indépendances, une école gratuite et obligatoire, afin d’encourager la scolarisation des enfants en âge d'aller à l'école. Ce système intègre aux cycles habituels du primaire, du secondaire et du supérieur, un niveau préscolaire couvrant trois sections (petite section, moyenne section et grande section). En 2001-2002, avant la crise politico-militaire, 391 écoles maternelles, aussi bien privées que publiques, fonctionnent sur toute l’étendue du territoire. En 2005, sur la seule zone contrôlée par les forces républicaines, il est enregistré 600 écoles maternelles animées par 2 109 enseignants qui encadrent 41 556 élèves.

Le cycle primaire comprend six niveaux (cours préparatoires 1re et 2e année, Cours élémentaire 1re année, Cours élémentaire 2e année, cours moyen 1re année, cours moyen 2e année) ; il est sanctionné par le Certificat d’études primaires élémentaires et un concours d’entrée en classe de 6ème des lycées et collèges. En 2001, le ministère de l’Éducation nationale compte 8 050 écoles primaires publiques tenues par 43 562 enseignants pour 1 872 856 élèves et 925 écoles privées qui emploient 7 406 enseignants pour la formation de 240 980 élèves.

En 2005, l'on dénombre 6 519 écoles primaires dont 86,8 % sont publiques, avec 38 116 enseignants et 1 661 901 élèves. En Côte d’Ivoire, 55% de la population de 6 à 17 ans et 61% des filles de ce groupe d’âge sont en dehors de l’école. Le faible taux de scolarisation des filles conduit l’État à développer, dans les années 1990, une politique spécifique pour la scolarisation de la jeune fille. En mars 1993, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, la Banque africaine de développement met en place un projet dit « Projet BAD éducation IV » pour améliorer la qualité de l’enseignement, accroître le taux de scolarisation en général et celui des filles en particulier .

En ce qui concerne l’enseignement secondaire subdivisé en deux cycles, il comprend quatre classes pour le premier cycle et trois pour le second. Ce niveau d'enseignement est « caractérisé par une nette domination du privé ». En 2005 en effet, sur les 522 établissements secondaires que compte le pays, 370 appartiennent au secteur privé. Le ministère ivoirien de l’Éducation nationale enregistre au total un effectif de 660 152 élèves pour 19 892 enseignants en 2005, secteurs privé et public confondus, contre 682 461 élèves pour 22 536 enseignants en 2001-2002, avant le déclenchement de la guerre. Le taux de scolarisation au secondaire ivoirien est de 20%. Les études secondaires sont sanctionnées pour le premier cycle par le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et pour le second par le baccalauréat.

Avant 1992, l’enseignement supérieur est presque entièrement l'affaire de l’État, avec 24% de taux de scolarisation. Depuis quelques années, plusieurs universités et grandes écoles de formation technique privées ont vu le jour. En 1997-1998, l’enseignement supérieur compte trois universités publiques, quatre grandes écoles publiques, 7 universités privées, 47 établissements privés, et 31 établissements supérieurs de formation post-baccalauréat rattachés à des ministères techniques autres que celui de l’enseignement supérieur.

Au cours des années 1960, l’État ivoirien crée plusieurs établissement d'enseignement secondaire et supérieur technique, pour assurer la formation de cadres spécialisés. En 1970, l’ouverture de l’Institut national supérieur de l'enseignement technique (INSET) et plus tard de l’École nationale supérieure des travaux publics (ENSTP) à Yamoussoukro permet de former sur place des techniciens de niveau supérieur , . Aujourd’hui, ces écoles sont regroupées et forment l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INPHB). Un grand nombre d'établissements d’enseignement technique et professionnel privés sont implantés sur l'ensemble du territoire. La question de la compétence et du niveau de qualification des enseignants chargés de la formation et de l'encadrement des élèves fréquentant ces écoles privées s'est maintes fois posée. Il y a lieu toutefois de relever qu'elles apportent un soutien indispensable à l’État, les équipements publics en matière d'éducation étant à l'heure actuelle insuffisants et parfois inadaptés pour la couverture totale des besoins. Une loi votée en 1995 réglemente le secteur de l'enseignement supérieur privé et institue des mesures en vue de renforcer les établissements concernés. Les réformes touchent certaines structures existantes comme l’Institut pédagogique national de l’enseignement technique et professionnel (IPNETP), l’École normale supérieure (ENS), l’Agence nationale de la formation professionnelle (Agefop) et le Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP).

En 2004-2005, le nombre d’établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique est de 149 avec 146 490 étudiants, dont 35 % de filles. Ces établissements, dont les installations sont devenues vétustes, ont toutefois une capacité d'accueil limitée, eu égard au nombre d'étudiants.

L’école ivoirienne connaît des remous récurrents depuis 1990. Les tentatives d'explication des crises qui affectent l'enseignement se réfèrent à la vétusté des infrastructures et équipements, à l'insuffisance de l'effectif des enseignants, mais également à la formation jugée inadaptée au marché de l’emploi. Le nombre de jeunes sans formation et sans emploi est évalué en 2008 à plus de 4 millions. Pour résoudre ce problème crucial de l'emploi des jeunes, plusieurs pistes sont explorées par les pouvoirs publics : la création d'emplois, ou l'exhortation à la libre entreprise. Adapter le système éducatif aux contraintes du marché de l’emploi, mais également former des formateurs capables d’assurer la relève du corps enseignant, constituent des objectifs à court terme pour la politique de l'éducation en Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire dispose au plan infrastructurel d’une couverture sanitaire relativement importante en comparaison aux pays de la sous-région de l'Afrique de l'Ouest. Toutefois, seules deux régions administratives (sur les dix-neuf que compte le pays) possèdent des centres hospitaliers universitaires (CHU). Il s'agit des CHU de Cocody, Treichville et de Yopougon à Abidjan (Région des Lagunes) et du CHU de Bouaké (Région de la Vallée du Bandama). Les autres régions sont dotées de centres hospitaliers régionaux (CHR) tandis que, dans les autres agglomérations, sont installés des centres de santé soit urbains, soit ruraux dans les cas des communautés villageoises.

À ceux-ci s'ajoutent des formations spécifiques dont les plus connues sont les hôpitaux militaires de Bouaké et d’Abidjan, l’hôpital des fonctionnaires au cœur du Plateau, les léproseries de Manikro (Bouaké), de Daloa et Man et l’hôpital psychiatrique de Bingerville. Ces formations sanitaires publiques, qui sont appuyées par un faisceau assez diversifié d'hôpitaux et de cliniques privées, sont cependant confrontées à de sérieux problèmes s'agissant du matériel médical, mais également des effectifs qui restent encore faibles : un médecin pour 9 908 habitants, un infirmier pour 2 416 habitants, une sage-femme pour 2 118 femmes en âge de procréation.

Chaque année de nouveaux cadres supérieurs de la santé formés dans les universités de Bouaké et d’Abidjan et de nouveaux agents de santé issus des Instituts de formation des agents de la santé (INFAS) sont mis à la disposition des formations sanitaires du pays. Pourtant, la situation sanitaire du pays est jugée préoccupante et l’accès aux soins de santé difficile.

La pauvreté s’est aggravée depuis 1999 avec le début des crises politico-militaires. En Côte d'Ivoire l'indice de pauvreté humaine – la proportion de personnes en dessous du seuil de développement humain admis – atteint 40,3% en 2004, classant ainsi le pays au 92e rang sur 108 pays en développement. Cette situation a un impact négatif sur la santé des populations : le nombre de malades s’est accru, passant de 17 242 en 2001 à 19 944 en 2005. La situation épidémiologique est caractérisée par une prépondérance des maladies infectieuses, à l'origine d’un taux de morbidité de plus de 50 à 60% et d’un taux élevé de mortalité estimé à 14,2 pour 1000 ; ce sont essentiellement l’infection à VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. La première cause de consultation chez les adultes et de décès chez les enfants de moins de 5 ans demeure le paludisme.

Les efforts engagés par l’État depuis 1996 dans le cadre du programme national sanitaire, visant à améliorer la santé des populations pour l’adéquation entre l’offre et la demande des services de santé, ont été annulés par la guerre ; et, du fait de la guerre, les ressources de l’État ont diminué, limitant celles allouées à la santé à seulement 7% du budget national. La couverture vaccinale reste cependant bonne et a permis l’éradication de plusieurs maladies endémiques.

La situation reste par contre assez alarmante s'agissant des IST et MST pour lesquelles la frange de la population la plus touchée est féminine. Il a été observé que 7% de la population ivoirienne était infectée en 2003, soit 570 000 personnes vivant avec le VIH, pour 47 000 décès par an,. Ces chiffres sont en hausse et demeurent une préoccupation pour le Ministère de la lutte contre le SIDA, spécialement créé pour faire face au fléau.

Le coût des soins de santé et des médicaments, l'absence ou la vétusté du matériel médical et parfois le déficit en personnels soignants, conduisent les populations pauvres vers les thérapies naturelles et la médecine traditionnelle axée sur les plantes. Ces mêmes raisons expliquent le phénomène de plus en plus inquiétant des « pharmacies de rue », constituées par des vendeurs ambulants de médicaments souvent prohibés , .

Le taux de croissance de la population est estimé en 2008 à 1,96%, celui des naissances à 34,26 pour 1 000, le taux de décès à 14,65 pour 1 000 et l'espérance de vie à 49,18 ans, dont 46,63 ans pour les hommes et 51,82 ans pour les femmes.

La forte poussée démographique enregistrée dans les zones urbaines, l’exode des populations allogènes et étrangères vers des terres propices aux cultures de rente notamment, ainsi que la jeunesse de la population ivoirienne, contribuent à l’émergence ou à l’exacerbation des problèmes liés à l’emploi, aux conflits fonciers, à l’habitat et à l’environnement. Constituées en vue d’apporter un appui aux pouvoirs publics pour la conduite d’actions de développement en faveur des populations, les organisations non gouvernementales peinent à remplir leurs missions.

En 2000, la population active en Côte d’Ivoire est globalement estimée à 6 006 190 personnes. Au cours de cette même année, il est dénombré 105 000 fonctionnaires après les mesures de dégraissage de la fonction publique mises en œuvre une décennie plus tôt, en exécution de la politique d’ajustement structurel prescrite par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale et ce, pour réduire l’impact des salaires sur le budget de l’État. Cet effectif qui a très peu varié au cours des dernières années laisse une place plus importante au secteur privé qui emploie quant à lui 498 906 salariés en 2002, contre 556 678 en 1998, la baisse enregistrée étant la conséquence des crises à répétition que connaît le pays depuis 1999. De nombreuses entreprises ont fermé ou délocalisé leurs activités, notamment dans le domaine de l’industrie touristique, du transit et de la banque.

Les structures publiques ou privées, pourvoyeuses d’emplois salariés, ne peuvent toutefois absorber qu’une proportion relativement faible de la population en âge de travailler. Or, celle-ci connaît une augmentation en rapport avec la croissance démographique et la structure de la population ivoirienne, constituée d’un fort pourcentage de jeunes. Le nombre de sans emplois (population en quête d’un premier emploi) et de chômeurs générés par la crise économique reste donc important et la question de l’emploi demeure en Côte d’Ivoire, un problème crucial de développement.

L'une des solutions envisagées pour remédier au problème du chômage réside dans la diversification des emplois, par la création d’activités indépendantes génératrices de revenus, en complément des emplois salariés. Il est noté une multiplication des petits métiers et emplois précaires. Le secteur agricole, animé par 3 893 893 personnes avec 7,5% de salariés, comprend 52% de travailleurs indépendants, 40,2 % de travailleurs familiaux ; 0,3 % sont constitués par d’autres intervenants. La population agricole représente 2/3 de la population ivoirienne active, avec 45 % de femmes plus actives dans le domaine maraîcher, pour 55 % d’hommes plus présents dans l’agriculture d’exploitation. Le secteur informel présente également un certain dynamisme et concerne tant l’agriculture, les services que l'industrie. Il occupe 4 107 595 personnes en 2002, contre 1 698 300 personnes en 1995, soit une augmentation de 142 % en 7 ans. Cette forte croissance est due à la politique d’auto-emploi prônée par le gouvernement ivoirien depuis le début de la crise économique, mais également à la saturation du marché du travail salarié. En dépit de ces évolutions jugées positives, le taux de chômage reste élevé. En 2002, il représente 6,2 % de la population active, soit 402 274 chômeurs sur une population active de 6 502 115.

La forte poussée démographique dans les zones forestières, propices au développement des cultures d’exportation que constituent le café et le cacao, n’est pas sans conséquence sur l’évolution des zones d’accueil. Le couvert forestier et les terres arables connaissent une réduction rapide et importante, due à l’exploitation massive. La pression s’accroît inévitablement autour des terres disponibles, entraînant des conflits entre autochtones et allogènes issus d’autres régions du pays, mais également entre autochtones et étrangers. Plusieurs régions du pays sont concernées par ces conflits, qui mettent souvent à mal la cohésion sociale. Ils font, dans la quasi-totalité des cas, l’objet de résolution pacifique, grâce à l’implication des autorités administratives, politiques et coutumières.

Dans ces mêmes zones, la forêt est l’une des principales victimes de la croissance démographique du pays. Elle subit des agressions multiples dues à la mutation du mode de production agricole évoluant d'une agriculture de subsistance vers des cultures commerciales ou pérennes, dévoreuses de terres et d’arbres, mais également défavorables à la biodiversité. Le surpeuplement des zones urbaines dû aux migrations de populations, affecte également l’environnement dans les villes. Les actions des autorités décentralisées se révèlent inefficaces face aux problèmes liés à l’hygiène et la salubrité publiques en zone urbaine. Abidjan, capitale économique du pays, croule sous le poids des ordures ménagères et doit faire face à une pollution de l'air et des eaux lagunaires. Un ministère chargé de la salubrité et de la ville a été spécialement créé en avril 2007, pour aider à la résolution de ce problème qui se pose dans un contexte de déficit de logements. Dans les grandes agglomérations urbaines, l’offre d’habitats à loyers modérés demeure nettement en deçà des besoins exprimés. La situation précaire de nombreux immigrés, la guerre et l’exode des populations fuyant les zones de conflits ont conduit à la prolifération des bidonvilles, caractérisés par des habitats insalubres notamment à Abidjan et dans sa banlieue.

Le mouvement associatif, marqué au début des années 1990 par un accroissement rapide du nombre des Organisations non gouvernementales (ONG) connaît à nouveau une recrudescence depuis le déclenchement de la crise armée en septembre 2002. L'action des ONG couvre des domaines variés de la vie sociale tels la sensibilisation et le soutien aux personnes vivant avec le VIH-SIDA, l’aide aux victimes de la guerre, l'encadrement des orphelins ou des enfants de la rue, l'aide aux femmes battues. Certaines associations mènent plutôt des actions à caractère politique, orientant leurs opérations vers le soutien aux formations politiques, la défense des droits de l'homme ou l'animation d'espaces de discussion de rue. Considérées par les citoyens comme des recours fiables contre les dysfonctionnements des programmes sociaux et politiques mis en œuvre par le gouvernement, ces organisations essaiment l'ensemble du territoire national et semblent traduire une certaine vitalité de la société civile ivoirienne. Toutefois, une observation de la vie des associations révèle, pour certaines d'entre elles, que la perspective de financements et d'appuis matériels intérieurs ou extérieurs, constitue la principale motivation. Des cas d’extorsion de fonds et d’escroquerie ont pu être enregistrés.

La Côte d’Ivoire présente une littérature abondante, riche de sa diversité de style et de ses proverbes, soutenue par des infrastructures éditoriales relativement solides et des auteurs de différentes notoriétés. Les plus célèbres de ces auteurs sont Bernard Dadié, journaliste, conteur, dramaturge, romancier et poète qui domine la littérature ivoirienne dès les années trente, Aké Loba (L'Étudiant noir, 1960) et Ahmadou Kourouma (Les Soleils des indépendances, 1968) qui a obtenu le Prix du Livre Inter en 1998 pour son ouvrage devenu un grand classique du continent africain En attendant le vote des bêtes sauvages. À ceux-ci s'ajoute une nouvelle génération d'auteurs de plus en plus lus dont Véronique Tadjo, Tanella Boni, Isaie Biton Koulibaly, Camara Nangala...

L'art ivoirien se caractérise par de nombreux objets usuels ou culturels (ustensiles, statues, masques…) réalisés dans diverses matières et dans diverses parties du pays par chacun des groupes culturels qui témoigne de son art de vivre par ses réalisations. Ainsi, des matériaux tels le bois ou le bronze, le raphia ou le rotin ou encore le bambou permettent la réalisation de vanneries, sculptures, meubles d’art, statues et masques.

Les masques Dan, Baoulés, Gouros, Guérés et Bétés sont les plus connus. L’art du tissage est également partagé par les Baoulés et les Sénoufos qui sont en outre reconnus pour leur peinture sur tissu. Des figurines de cuivre servant autrefois à peser l’or sont aujourd'hui utilisées comme ornementation, particulièrement dans l'aire culturelle Akan. Mais la danse, soutenue par une variété d'instruments de musique (tam-tams, balafons), reste une pratique largement partagée par tous les peuples ivoiriens traditionnels. Certaines danses ont acquis une célébrité nationale : le Temate de Facobly, la danse des échassiers de Gouessesso et Danané, le Boloye du pays sénoufo, le Zaouli du pays gouro. Il convient également de citer les poteries artistiques fabriquées notamment par des femmes, et entièrement réalisées à la main. Les poteries de Katiola sont les plus célèbres du pays.

Ce patrimoine culturel est abondant et disponible. De nombreuses œuvres traditionnelles (surtout les sculptures) sont vendues aux touristes de passage dans les villes balnéaires comme Grand-Bassam ou Assinie. D'autres encore sont exposées dans des galeries d'art ou au musée des civilisations d'Abidjan.

Des peintres tels Gilbert G. Groud ou Michel Kodjo exposent assez fréquemment des œuvres de notoriété, alors que la bande dessinée est dominée par Zohoré Lassane, caricaturiste et fondateur du journal d'humour et de satire Gbich !.

On trouve en Côte d’Ivoire une grande variété de monuments historiques. Grand-Bassam, première capitale de la Côte d’Ivoire, abrite le Palais du Gouverneur, siège du premier gouvernement à la colonie des français à la République de Côte d’Ivoire, pré-fabriqué en France, avant d'être reconstruit et amélioré en Côte d’Ivoire en 1893. La ville compte également au nombre de ses bâtiments pittoresques de style colonial, la maison Varlet et la maison Ganamet appartenant à l'époque à de riches commerçants et dont l'architecture intègre des matériaux locaux de construction.

A Abidjan, la cathédrale Saint-Paul présente une architecture très particulière et contient deux pans entiers de vitraux représentant l'arrivée des missionnaires en Afrique. À Yamoussoukro, la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro inaugurée et consacrée par le Pape Jean-Paul II en 1990, est une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome et peut accueillir, dans sa partie centrale 18 000 personnes dont 7 000 assises, 30 000 personnes debout sur son parvis et plus de 150 000 personnes debout dans l'espace compris entre les colonnes de son esplanade. Elle est d'autre part considérée comme l'un des édifices religieux les plus grands et les plus vastes au monde, respectivement en termes de hauteur et de superficie ,, et a nécessité environ 300 millions de dollars pour sa construction. Mais le bâtiment de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix est également remarquable.

Dans le nord du pays, des édifices religieux musulmans de style soudanais caractérisés par un type d'architecture introduit dans l'Empire du Mali au 14e siècle sont également remarquables. Les plus significatifs sont la mosquée de Kaouara (département de Ouangolodougou), la mosquée de Tengréla, la mosquée de Kouto, la mosquée de Nambira (sous-préfecture de M'Bengué), les deux mosquées de Kong ayant, selon les spécialistes, une triple valeur architecturale, historique et patrimoniale.

Le pays est caractérisé par une diversité religieuse. Les religions les plus pratiquées par les populations vivant en Côte d’Ivoire sont l'islam (38 %), le christianisme et en particulier catholicisme (22 %) et le protestantisme (5,5 %). Les autres habitants sont attachés aux religions traditionnelles (17 %), qui, au demeurant, influencent plus ou moins fortement les autres croyances. Il convient de noter que 17 % des habitants du pays pratiquent d'autres religions.

L'islam et le christianisme sont pratiqués dans une variété de formes dans tout le pays. La religion musulmane est connue et pratiquée dans l'extrême nord du pays depuis environ sept siècles. Les missionnaires chrétiens sont, pour leur part, arrivés sur le littoral ivoirien au XVIIe siècle. Les fêtes chrétiennes et les célébrations musulmanes sont librement organisées par les adeptes de ces religions et reconnues par tous. La tolérance est l'attitude générale envers la pratique de la religion et les communautés religieuses coexistent en général pacifiquement. Cette tolérance religieuse fait également partie de la pratique des pouvoirs publics. La Côte d’Ivoire est certes un État laïc, mais des fonctionnaires sont souvent désignés pour représenter l'État à des cérémonies religieuses et certaines écoles confessionnelles reçoivent encore des aides financières de l'État.

De nombreuses disciplines sportives sont pratiquées dans le pays. Des possibilités diverses de pratique de golf existent avec les terrains de golf d’Abidjan, de Yamoussoukro et de San-Pédro qui offrent quatre parcours de 9 à 18 trous. Chaque année un open international doté du prix Félix Houphouët Boigny est organisé et enregistre des participants de notoriété.

Les plans d’eaux lagunaires et la mer offrent aussi de véritables possibilités sportives dont notamment la pêche sportive, la plongée et la chasse sous-marine, le surf, la voile, la planche à voile, le canoë-kayak ou encore le beach-volley. L’équitation ainsi que les sports mécaniques (rallye du Bandama, moto-cross) sont également pratiqués dans le pays. Le handball, le basket-ball, le volley-ball, le rugby, l'athlétisme et le tennis figurent parmi les disciplines sportives également pratiquées en Côte d’Ivoire.

Cependant, le football reste le sport roi en Côte d’Ivoire. Il attire de nombreuses foules et déchaîne des passions. Ce sport populaire jusque dans les contrées les plus profondes du pays est largement pratiqué. Chaque ville et même chaque quartier organise ses propres tournois de maracana.

La Fédération ivoirienne de football organise et encadre la discipline dominée à l'échelon national par les équipes de l'Africa Sports National et l'ASEC Mimosas. De nombreux footballeurs évoluent hors du pays dans des formations sportives prestigieuses. Ils sont pour la plupart, sélectionnés dans l'équipe nationale – les Éléphants – lors des compétitions sportives internationales. Autrefois emmenés par des joueurs comme Ben Badi, Gadji Celi et Alain Gouaméné, les Éléphants connaissent également un franc succès avec la génération Didier Drogba qui a notamment été la première à avoir été qualifiée pour la Coupe du monde de football de la FIFA en 2006.

Le paysage médiatique est animé par les organes audiovisuels, la presse écrite, les organes de régulation de la profession, en l'occurrence la Commission nationale de la presse remplacée en 2004 par le conseil national de la presse (CNP) et le Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) et un organe d'autorégulation: l'Observatoire de la liberté de la presse, l'éthique et de la déontologie (OLPED) .

Depuis 1991, les médias en Côte d’Ivoire sont régis par la loi,,. La Radiodiffusion-Télévision ivoirienne (RTI) est l'organisme de diffusion radiophonique et audiovisuel de l'État ivoirien. Elle est financée par la redevance, la publicité et des subventions. Elle comporte deux chaînes de télévision et deux stations de radio : La Première, généraliste ; TV2, thématique dédiée au divertissement en majorité et émettant dans un rayon limité à 200 km autour d'Abidjan  ; Radio Côte d'Ivoire, généraliste ; Fréquence 2, chaîne de divertissement ; Radio Jam, 1re radio privée du pays ; Africahit Music TV.

Des journaux de diverses audiences paraissent également principalement à Abidjan. Hormis les journaux du Groupe Fraternité Matin (Presse d'État, 25 000 exemplaires, quotidien), la quinzaine d'autres titres est détenue par des entreprises privées.

La musique ivoirienne comporte plusieurs courants qui peuvent se répartir entre les précurseurs (Ziglibithy, Gbégbé, Lékiné...), les moins traditionalistes (zouglou, zoblazo, mapouka, ambiance facile...) et les courants modernes (N'dombolo, Coupé-décalé...). Elle intègre également de nombreuses danses. Les animateurs des courants précurseurs sont, pour les plus connus : Amédée Pierre, roi du Dopé (nom bété du rossignol), Allah Thérèse, Tima Gbahi, Guéi Jean, Zakry Noël. Les moins traditionalistes sont Anouman Brou Félix, Mamadou Doumbia, François Lougah (décédé), Ernesto Djédjé (décédé) et Justin Stanislas. Une vague d’artistes modernes peut être citée. Il s’agit pour le reggae, de Alpha Blondy, Tiken Jah, Ismaël Isaac, Serges Kassi,Fadal Dey ; pour le zouglou : Serges Bilé, Yodé et l’enfant siro, Magic System, Soum Bill, Espoir 2000, Aboutou Roots ; pour la musique mandingue, de Aïcha Koné, Mawa Traoré, Kandet Kantet, Affou Kéïta ; pour le groupe des Disc-Jockeys, de Douk Saga (décédé), Mareshal Dj, DJ Caloudji, Don Mike le Gourou, DJ Jacob ; pour les variétés, de Meiway, Bailly Spinto, Johnny La Fleur, Luckson Padaud, Betika, Affo Love, Mathey, Tiane, Nigui Saff K-Dance, Sothéka, Alain de Marie, Joëlle-C (décédée) ; pour la musique religieuse, de Schékina, O’Nel Mala, Pasteur Adjéi, Constance, les frères Coulibaly... et pour la musique sentimentale, de Daouda, Frost. RTI Music Awards récompense les meilleurs artistes ivoiriens et africains de l'année. Ce trophée est décerné par la RTI.

Le genre théâtral est dominé par de nombreux humoristes dont Adama Dahico, Digbeu Cravate, Zoumana, Adjé Daniel, Bamba Bakary, Gbi de Fer, Jimmy Danger, Doh Kanon, Adrienne Koutouan, Marie Louise Asseu et le duo Zongo et Tao qui, tous, se produisent à la fois dans les salles de spectacles, à la télévision et dans des films.

Le cinéma ivoirien, depuis l'avènement du numérique, a connu, dès 2004, de nouvelles sorties de films comme Coupé-décalé de Fadiga de Milano, Le Bijou du sergent Digbeu de Alex Kouassi, Signature de Alain Guikou ou Un homme pour deux sœurs de Marie-Louise Asseu. Actuellement on assiste à la sortie d'un film tous les trois mois en moyenne. Ces films connaissent souvent des défauts techniques (image ou son), mais leur rythme de production représente, grâce au numérique, un nouveau départ pour le cinéma ivoirien.

Le Marché des arts du spectacle africain (MASA) créé en 1993 par l’Organisation internationale de la francophonie, est devenu depuis mars 1998 un programme international de développement des arts vivants africains. C'est un projet artistique panafricain comprenant un marché de spectacles, un forum de professionnels et un festival qui se déroule à Abidjan tous les deux ans.

Le gouvernement ivoirien a décidé que le nom du pays serait Côte d'Ivoire (sans trait d'union) et s'oppose à toute autre graphie notamment à Côte-d'Ivoire (avec un trait d'union). Il s'oppose également aux traductions du nom en diverses langues en dépit de la persistance de l'usage (Ivory Coast en anglais, Costa d'Avorio en italien, Costa de Marfil en espagnol, "ساحل العاج" en arabe, Costa do Marfim en portugais, Elfenbeinküste en allemand, etc.). La graphie Côte d'Ivoire,,,, est la plus courante, cependant on trouve aussi Côte-d'Ivoire,, suivant une règle de la toponymie française qui veut que les noms français des collectivités locales administratives en France aient leurs composants liés par des traits d’union (cependant cette règle connait des exceptions même en France pour des raisons historiques, par exemple pour les Pays de la Loire ou le Territoire de Belfort, et ne s’applique pas non plus à la toponymie officielle étrangère, puisque les dénominations officielles reconnues sont celles mentionnées par chaque pays à l’ONU ; cette règle ne s’impose pas non plus à l'usage non officiel, hors du contexte légal et administratif).

En Afrique, la diplomatie ivoirienne a privilégié l'option d'une coopération par paliers. Elle forme, en 1959, le Conseil de l'Entente avec le Dahomey (Bénin), la Haute-Volta (Burkina Faso) et le Niger ; en 1965, l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM) ; en 1972, la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) ; et en 1975 la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Membre fondateur de l’Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1963, puis de l’Union africaine en 2000, la Côte d’Ivoire y défend le respect de la souveraineté des États ainsi que le renforcement de la coopération et de la paix entre les pays africains.

Dans le monde, la diplomatie ivoirienne milite pour des relations économiques et commerciales équitables, notamment la juste rémunération des productions agricoles et la promotion de relations pacifiques avec tous les pays. La Côte d’Ivoire entretient de ce fait des relations diplomatiques avec de nombreux pays d'Afrique et du monde. Elle a notamment signé la Convention relative au statut des réfugiés, son protocole de 1967, et la Convention de 1969 gouvernant les aspects spécifiques des problèmes du réfugié en Afrique. Ses représentations diplomatiques à l'étranger sont installées sur tous les continents et ce pays, membre de l'ONU, entretient des rapports plus ou moins étroits avec plusieurs nations.

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Frontière entre la Côte d'Ivoire et le Ghana

La frontière terrestre entre la Côte d'Ivoire et le Ghana est une frontière internationale d'une longueur de 668 kilomètres qui sépare la Côte d'Ivoire du Ghana en Afrique de l'Ouest.

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Frontière entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire

La frontière terrestre entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire est une frontière terrestre internationale continue longue de 584 kilomètres, qui sépare le territoire du Burkina Faso et celui de la Côte d'Ivoire, en Afrique de l'Ouest. En 2002, cette frontière a été fermée à cause de la guerre civile ivoirienne ; elle a ouvert de nouveau fin 2004. Le degré d'ouverture de la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire a un grand retentissement sur l'économie du Burkina Faso, en raison de l'importance qu'a pour la population de ce pays l'immigration de travail en Côte d'Ivoire.

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Source : Wikipedia