Bourse de New York

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Posté par woody 13/03/2009 @ 02:14

Tags : bourse de new york, bourse, lexique de la finance, finance, economie

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Bourse de New York

Bourse de New York est une traduction littérale de New York Stock Exchange, cependant l'expression peut désigner de manière moins précise les différentes sociétés boursières ayant leur siège à New York City, et plus spécialement les deux plus importantes d'entre elles, c'est à dire le New York Stock Exchange et le NASDAQ.

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Panique bancaire américaine de 1907

Début de panique sur le trottoir de la bourse de New York.

La Panique bancaire américaine de 1907, aussi nommée Panique des banquiers, est une crise financière qui eut lieu aux États-Unis lorsque le marché boursier s'effondra brusquement, perdant près de 50% de la valeur maximale atteinte l'année précédente. Cette panique se produisit au milieu d'une période de récession, marquée par d'innombrables retraits de fonds des banques de détail et d'investissement. La panique de 1907 se propagea à tout le pays, de nombreuses banques et entreprises étant acculées à la faillite. Parmi les premières causes de la crise, on peut citer le retrait de liquidités des banques de New York, la perte de confiance des dépositaires et l'absence d'un fonds de garantie des dépôts.

La crise éclata en octobre après une tentative ratée de corner sur les actions de la compagnie United Copper. Les banques qui avaient prêté de l'argent pour réaliser le corner furent victimes de retraits massifs, qui se propagèrent aux établissements affiliés, causant en l'espace d'une semaine la chute de la société fiduciaire Knickerbocker Trust Company, troisième établissement en importance de ce genre à New York. Cette chute causa une vague de paniques parmi les établissements financiers de la ville lorsque les banques régionales commencèrent à retirer des fonds de New York. La panique gagna bientôt le pays tout entier et les particuliers se ruèrent sur les banques pour retirer leurs dépôts.

La panique se serait accrue si le financier J. P. Morgan n'était pas intervenu en engageant ses fonds propres et en persuadant d'autres banquiers de l'imiter pour soutenir le système bancaire américain. À cette époque, il n'existait pas de banque centrale américaine pour réinjecter des liquidités sur le marché. En novembre, la crise était pratiquement terminée, quand elle repartit de plus belle lorsqu'une firme de courtiers fit un emprunt massif gagé sur les actions de la Tennessee Coal, Iron and Railroad Company (TC&I). La chute des actions de cette compagnie fut évitée par une prise de participation d'urgence de l'US Steel effectuée avec l'aval du président Theodore Roosevelt, pourtant farouche opposant des monopoles. L'année suivante, le sénateur Nelson W. Aldrich réunit une commission qu'il présida lui-même pour enquêter sur la crise et préconiser des solutions. Le processus allait aboutir le 22 décembre 1913 à la création de la Réserve fédérale des États-Unis.

Lorsqu'en 1836, le président américain Andrew Jackson prit la décision de ne pas renouveler la charte de la Second Bank of the United States qui recevait en dépôt les fonds fédéraux, le pays se retrouva sans aucun établissement bancaire capable de faire fonction de banque centrale. Ainsi, les disponibilités monétaires de la ville de New York se mirent-elles à fluctuer au rythme des cycles agricoles. Chaque automne voyait diminuer les réserves avec l'achat des récoltes, ce qui provoquait une hausse des taux d'intérêt destinée à attirer les dépôts. Les investisseurs étrangers prirent l'habitude de déposer leur argent à New York pour bénéficier de ces taux avantageux.

Après le record de 103 points atteint en janvier 1906, l'indice Dow Jones amorça une modeste correction. L'économie américaine fut déstabilisée par le tremblement de terre de San Francisco survenu la même année. La destruction de la ville causa un mouvement de capitaux de New York vers la côte ouest pour financer les travaux de reconstruction. À cela s'ajouta une nouvelle épreuve monétaire lorsque la Banque d'Angleterre éleva ses taux à la fin de l'année 1906, attirant une partie des capitaux sur lesquels comptaient les banques new-yorkaises.

À partir du niveau maximal de janvier, la baisse des cours avaient atteint 18% en juillet 1906. En septembre, les actions n'avaient récupéré que la moitié de ce qu'elles avaient perdu. Au même moment, le Hepburn Act, qui donnait aux commissions commerciales inter-étatiques (ICC) le droit de plafonner les prix des transports ferroviaires, prit force de loi, faisant chuter les actions des compagnies de chemin de fer. Entre septembre 1906 et mars 1907, le marché boursier continua à baisser, la capitalisation boursière perdant 7,7 %.

Entre le 9 et le 26 mars, les cours chutèrent encore de 9,8 %. Cette chute du mois de mars est parfois surnommée « la panique du riche ». L'économie demeura très instable au cours de l'été où une série de chocs éprouva durement le système : le cours de l'action de l'Union Pacific, une des contreparties les plus courantes des emprunts, perdit 50 points ; au mois de juin, la ville de New York essaya vainement d'émettre des obligations. En juillet, le marché du cuivre s'effondra ; au mois d'août, la Standard Oil Company reçut une amende de 29 millions de dollars pour avoir violé les lois antitrust. Au total, dans les neuf premiers mois de l'année 1907, les cours avaient chuté de 24,4%.

Le 27 juillet, le magazine spécialisé The Commercial & Financial Chronicle observait : « le marché reste instable... à peine voit-on pointer un espoir de reprise que la moindre rumeur d'une fuite de l'or vers Paris fait trembler tous les titres de la liste et le gain d'argent et de confiance se volatilise ».

Plusieurs paniques bancaires se déclenchèrent à l'extérieur des États-Unis en 1907 : en Égypte, aux mois d'avril et mai ; au Japon, en mai-juin ; à Hambourg et au Chili, au début octobre. L'automne était une saison traditionnellement critique pour les banques et dans le contexte d'un marché boursier en pleine effervescence, le moindre choc pouvait avoir de graves répercussions.

La panique de 1907 s'amorce par une tentative de manipulation boursière destiné à cornériser les actions de la compagnie United Copper, appartenant à Fritz Augustus Heinze. Heinze avait fait fortune dans le cuivre à Butte dans le Montana. En 1906, il s'installa à New-York où il devint proche du banquier Charles W. Morse, une des vedettes de Wall Street. Morse avait réussi à cornériser le marché de la glace de New York et, avec l'aide de Heinze, il prit le contrôle d'un grand nombre de banques. Le duo siégeait au conseil d'administration d'au moins six banques nationales, cinq sociétés fiduciaires et quatre compagnies d'assurance.

Le frère de Fritz Augustus, Otto, fut l'architecte du corner de la United Copper ; il était persuadé que la famille Heinze était déjà majoritaire dans la société. Un nombre important des actions détenues par les Heinze étaient en fait entre les mains d'emprunteurs, qu'Otto pensait être en majorité des investisseurs qui attendaient une chute des cours : celle-ci leur aurait permis de racheter les actions à vil prix et d'empocher la différence, opération connue sous le nom de vente à découvert.

Otto proposa un bear squeeze, opération qui consistait pour les Heinze à se lancer agressivement dans le rachat du plus grand nombre possible d'actions restantes sur le marché avant d'obliger les emprunteurs à rembourser les actions qu'ils détenaient. La campagne de rachat agressif ferait monter le prix de l'action, et les emprunteurs, incapables de trouver d'autres actions sur le marché, se tourneraient alors inévitablement vers les Heinze qui seraient dorénavant en mesure de fixer leur prix.

Pour financer le projet, Otto, Fritz Augustus et Charles Morse rencontrèrent Charles T. Barney, président de la troisième compagnie fiduciaire de New York, la Knickerbocker Trust Company. Barney avait déjà financé certaines des opérations de Morse. Ce dernier avertit Otto qu'il aurait besoin de plus d'argent qu'il n'en possédait pour réussir l'opération de squeeze et il refusa de fournir cet argent. Otto décida de passer outre.

Le lundi 14 octobre, il commença à acheter des actions de la United Copper, dont le cours monta de 39 USD à 52 USD l'unité dans la journée. Le mardi, il demanda aux emprunteurs de rendre leurs actions. Le prix de celles-ci monta jusqu'à presque 60 USD, mais les emprunteurs purent facilement trouver des actions auprès d'autres vendeurs. Otto avait mal évalué le marché et le prix de l'action de United Copper s'effondra.

L'action, qui était à 30 USD à la fermeture le mardi, descendit à 10 USD le mercredi. Otto Heinze était ruiné. L'action de United Copper se négocia en dehors de la bourse new-yorkaise, dans un marché en plein air, littéralement « sur le trottoir » (ce marché extérieur deviendra plus tard l'American Stock Exchange, ou AMEX). Après le krach, on put lire dans The Wall Street Journal : « Jamais, de mémoire de vétéran du marché extérieur, on ne vit de scène plus désordonnée sur le trottoir ».

Après cet échec, Otto Heinze se trouva incapable de faire face à ses obligations, entraînant la faillite de la société de courtage Gross & Kleeberg, dont il était client. Le jeudi 17 octobre, le New York Stock Exchange lui interdit toute activité d'opérateur de marché. Mais à la suite de l'effondrement des cours de l' United Copper, la Caisse d'épargne du Montana (dont le propriétaire était Fritz Augustus Heinze), annonça qu'elle était en cessation de paiements. La banque du Montana détenait des actions de United Copper qui lui avaient été remises comme garantie collatérale des prêts qu'elle avait consentis ; elle était une des banques correspondantes de la Mercantile National Bank de la ville de New York, dont Fritz Augustus Heinze était alors le président.

L'état de cessation de paiement de la Caisse d'épargne du Montana s'ajoutant à l'implication de Fritz Augustus Heinze dans l'opération de corner fut l'opération de trop qui conduisit le conseil d'administration de la Mercantile à se rebiffer. Heinze fut contraint de donner sa démission avant midi, mais il était trop tard. Les rumeurs de faillite couraient déjà et les dépositaires se ruèrent en masse sur les guichets pour retirer leur argent de la Mercantile National Bank. La banque détenait assez de capitaux pour faire front à quelques jours de retraits, mais les dépositaires s'étaient mis à retirer également de l'argent des banques de l'associé de Heinze, Charles W. Morse. Des retraits massifs eurent lieu dans la National Bank of North America et la New Amsterdam National.

Craignant que le scandale éclaboussant Fritz Augustus Heinze et Morse ne rejaillisse sur l'ensemble de la profession, la New York Clearing House, chambre de compensation des banques New-Yorkaises, obligea Heinze et Morse à renoncer à toutes leurs participations bancaires .

Cependant, à la fin de la semaine qui avait vu l'échec du corner d'Otto Heinze, la panique était encore toute relative. Les fonds retirés des banques associées au scandale étaient simplement transférés dans d'autres banques de la ville.

Au début des années 1900, les sociétés fiduciaires étaient florissantes. Dans la décennie 1897-1907, leurs avoirs avaient augmenté de 244%. Parallèlement, les avoirs des banques nationales avaient augmenté de 97%, tandis que les banques des états situées à New York avaient vu les leurs croître de 87%. Les dirigeants des sociétés fiduciaires les plus en vue étaient pour la plupart membres de l'élite sociale et bancaire de New York. L'un des plus respectés était Charles T. Barney, dont le beau-père, feu William Collins Whitney, avait été un financier réputé. La société fiduciaire Knickerbocker de Barney était le troisième établissement de ce genre par ordre d'importance à New York.

En raison de ses accointances passées avec Charles W. Morse et Fritz Augustus Heinze, le conseil d'administration de la Knickerbocker demanda à Barney de donner sa démission dès le lundi 21 octobre (les dépositaires avaient peut-être commencé à retirer des fonds dès le 18 octobre, faisant réagir le conseil d'administration). Le même jour, la banque nationale de commerce annonça qu'elle se refusait à servir de chambre de compensation pour la Knickerbocker. Le 22 octobre, la banque se trouva confrontée à un mouvement de panique classique. La foule ne cessa d'augmenter dès l'ouverture de la banque. Selon le The New York Times, « aussitôt qu'un dépositaire sortait de la banque, dix autres y entraient pour réclamer leur argent et d'envoyer des hommes pour maintenir l'ordre ». En moins de trois heures, 8 millions USD sortirent des caisses de la Knickerbocker. La société dut cesser toutes opérations peu après midi.

Tandis que les rumeurs allaient bon train, les autres banques et les établissements financiers hésitèrent à prêter de l'argent. Les taux d'intérêts sur les prêts consentis aux courtiers s'envolèrent, mais comme ceux-ci étaient incapables de trouver l'argent, les cours des actions tombèrent à un niveau jamais atteint depuis décembre 1900. La panique se propagea et fit deux nouvelles victimes de taille, Trust Company of America et Lincoln Trust Company. Dès le jeudi, des faillites en série affectèrent tout le quartier des banques : Twelfth Ward Bank, Empire City Savings Bank, Hamilton Bank of New York, First National Bank de Brooklyn, International Trust Company of New York, Williamsburg Trust Company of Brooklyn, Borough Bank of Brooklyn, Jenkins Trust Company of Brooklyn et Union Trust Company of Providence.

Alors que le chaos s'installait, minant la confiance dans les banques new-yorkaises, le plus célèbre banquier de la ville était absent. J.P. Morgan, président de la banque du même nom, la J.P. Morgan & Co., assistait à une convention religieuse à Richmond en Virginie. Morgan n'était pas seulement le plus riche banquier de la ville et le mieux servi par ses réseaux, mais il avait l'expérience des crises financières, ayant sauvé le Trésor américain lors de la panique de 1893. Les nouvelles de la crise se confirmant, Morgan quitta la convention et regagna Wall Street tard dans la nuit du samedi 19 octobre. Le lendemain matin, la bibliothèque de la résidence de Morgan au coin de Madison avenue et de la 36e rue était devenue le passage obligé des présidents des banques et des établissements financiers new-yorkais qui venaient pour échanger des informations sur la crise imminente, voire chercher de l'aide pour la surmonter,.

Morgan et ses associés épluchèrent les comptes de la Knickerbocker Trust Company pour conclure à la banqueroute ; ils décidèrent de laisser faire. La faillite de la compagnie, cependant, déclencha une panique affectant d'autres sociétés fiduciaires dont les finances étaient saines, ce qui décida Morgan à monter une opération de sauvetage. Dans l'après-midi du mardi 22 octobre, le président de la Trust Company of America se tourna vers Morgan pour demander de l'aide. Le soir même Morgan s'entretint avec George Fisher Baker, président de la First National Bank, James Stillman de la National City Bank de New York (qui deviendra Citibank) et le secrétaire au Trésor, George B. Cortelyou. Ce dernier annonça qu'il était prêt à transférer des capitaux fédéraux dans les banques pour renflouer leurs caisses. Après un audit de la Trust Company of America, qui dura toute la nuit, il s'avéra que l'institution était saine et le mercredi matin, Morgan prit sa décision : « C'est donc là qu'il faut intervenir pour arrêter la crise ».

Tandis qu'un mouvement de panique secouait la Trust Company of America, Morgan et Stillman s'occupèrent de liquider les avoirs de la compagnie pour pouvoir rembourser les dépositaires. La banque tint bon jusqu'à la fermeture, mais Morgan comprit qu'elle aurait besoin de capitaux frais pour résister à une seconde journée de crise. Dans la nuit, il convoqua les présidents des autres sociétés fiduciaires et présida une réunion qui se termina vers minuit, lorsqu'ils acceptèrent de consentir un prêt de 8,25 millions USD pour permettre à la Trust Company of America de rester ouverte le lendemain. Le jeudi matin, Cortelyou fit transférer environ 25 millions USD dans les caisses de différentes banques new-yorkaises. John D. Rockefeller, la plus grosse fortune des États-Unis, transféra 10 millions USD supplémentaires dans la National City Bank de Stillman. Avec cet afflux massif de capitaux, la National City Bank se retrouvait à la tête des plus grosses réserves de toute la ville de New York. Pour ranimer la confiance publique, Rockefeller appela Melville Elijah Stone au téléphone pour annoncer au directeur de l'agence Associated Press qu'il engagerait la moitié de sa fortune pour garantir le crédit américain.

Malgré ces injections de capitaux, les banques de New York hésitaient toujours à consentir les prêts à court terme qu'ils avaient l'habitude de faire pour faciliter les transactions boursières du jour. En l'absence de ces facilités, les prix en bourse accusèrent une chute rapide. À 13 h 30 le jeudi 24 octobre, Ransom Thomas, directeur de la bourse de New York, se rendit en toute hâte dans le bureau de J.P. Morgan pour lui annoncer qu'il serait obligé de clore la bourse avant l'heure habituelle. Morgan s'y opposa, jugeant qu'une clôture prématurée serait catastrophique,.

Morgan convoqua immédiatement les directeurs de banque dans son bureau. Ceux-ci commencèrent à arriver vers 14 heures. Il les informa que plus de cinquante courtiers en bourse devraient déposer leur bilan s'ils n'arriveraient pas à trouver 25 millions USD dans les dix minutes qui suivaient. Dès 14 heures 16, 14 présidents de banque avaient pris l'engagement d'injecter 23,6 millions USD dans la bourse pour la renflouer. L'argent arriva sur le marché vers 14 heures 30, à temps pour que les activités reprennent avant la fermeture, et au moment de la clôture de 15 heures, 19 millions USD avaient été engagés. Le pire avait été évité. Morgan était d'habitude très réservé face à la presse, mais en quittant ses bureaux ce soir-là, il fit une déclaration aux journalistes : « Si les gens veulent bien laisser leur argent à la banque, tout se passera bien ».

Mais le vendredi, la panique saisit de nouveau la bourse. Morgan contacta une seconde fois les présidents des banques, mais ne put les persuader de s'engager au-delà de 9,7 millions USD. Pour gérer au plus près la crise, Morgan décida que l'argent ne pourrait servir à financer des appels de marge. Le volume des transactions du vendredi ne fut que du tiers de celles du jour précédent. Les marchés purent se maintenir tout juste jusqu'à la clôture.

Morgan, Stillman, Baker et les autres banquiers de la ville ne purent indéfiniment mettre leurs ressources en commun pour pallier la crise. Même le Trésor se trouva à court de fonds. Mais il fallait regagner la confiance du public et le vendredi soir les banquiers formèrent deux commissions, l'une chargée de convaincre le clergé de rassurer ses ouailles le dimanche, le second d'expliquer à la presse les différentes facettes du plan de sauvetage des finances. Le plus éminent banquier européen, Lord Rothschild, fit publiquement savoir son « admiration et son respect » pour J.P. Morgan. Dans l'espoir de ranimer la confiance du public, le secrétaire du Trésor Cortelyou accepta de rentrer à Washington, considérant que son départ serait un message fort adressé à Wall Street pour signifier que le pire de la crise était désormais passé,.

Désireuse de garantir une circulation fluide de capitaux le lundi, la chambre de compensation de New York émit 100 millions USD en certificats de prêts (loan certificates) qui pouvaient s'échanger entre banques pour équilibrer les comptes tout en préservant les réserves de numéraire pour les dépositaires. Rassurée, et par les autorités religieuses, et par la presse, ainsi que par des bilans qui faisaient apparaître des réserves de numéraire satisfaisantes, New York vit l'ordre se rétablir peu à peu dans la journée du lundi.

À l'insu de Wall Street, une autre crise se réglait en coulisses. Le dimanche, George Walbridge Perkins, l'associé de Morgan, apprenait que la ville de New York avait besoin d'au moins 20 millions USD avant le 1er novembre pour ne pas se retrouver en situation de cessation de paiement. La ville avait essayé de trouver l'argent en émettant des obligations classiques, mais sans succès. Le lundi, puis le mardi, le maire de New York, George Brinton McClellan Jr., sollicita l'aide de Morgan. Pour éviter les effets catastrophiques qu'aurait eu la faillite de la ville de New York, Morgan accepta d'acheter pour 30 millions USD d'obligations municipales,.

Bien que le calme fut en grande partie revenu à New York dès le samedi 2 novembre, une nouvelle crise se préparait. Une des sociétés de courtage les plus importantes de la place, Moore & Schley, était lourdement endettée et menaçait de s'effondrer. La compagnie avait emprunté massivement, se servant des actions de la Tennessee Coal, Iron and Railroad Company (TC&I) comme garantie. Mais lorsque la valeur de cette action peu demandée se retrouva menacée, les dirigeants de Moore & Schley craignirent que de nombreuses banques ne rappellent leurs prêts et n'obligent la compagnie à liquider l'ensemble de ses actions. Si un tel scénario venait à se produire, les actions de la TC&I s'effondreraient, ruinant Moore & Schley et créant une nouvelle vague de panique sur le marché.

Pour pallier la crise chez Moore & Schley, Morgan convoqua une réunion d'urgence dans sa bibliothèque le samedi matin. Un plan fut élaboré suivant lequel la U.S. Steel Corporation, une société formée par Morgan en fusionnant les aciéries d'Andrew Carnegie et d'Elbert Henry Gary, se porterait acquéreur de TC&I. Cette manœuvre pouvait sauver Moore & Schley et éviter la crise. Les dirigeants et le conseil d'administration de U.S. Steel étudièrent le dossier, et, conscients du rôle positif qu'ils pouvaient jouer dans cette crise, proposèrent soit de prêter 5 millions USD à Moore & Schley soit de racheter TC&I au prix de 90 USD l'action. Aucune décision n'avait encore été prise à 19 heures lorsque la réunion fut ajournée.

Entre-temps, Morgan avait dû faire face à une autre crise. On craignait que la Trust Company of America et la Lincoln Trust ne puissent ouvrir leurs portes le lundi en raison de la panique persistante. Le samedi soir, une cinquantaine de banquiers se réunirent dans la bibliothèque pour étudier la situation, les directeurs du consortium servant de chambre de compensation dans la chambre à l'est et les dirigeants de la société fiduciaire dans la chambre à l'ouest. Morgan et les personnalités concernées par la crise de Moore & Schley s'étaient installés dans le bureau du bibliothécaire. Morgan annonça qu'il accepterait de renflouer Moore & Schley à condition que les sociétés fiduciaires se montrent solidaires et viennent en aide à leurs collègues les plus fragilisés par la crise. La discussion entre banquiers se poursuivit tard dans la nuit du samedi, mais sans déboucher sur de vraies solutions. Vers minuit, J.P. Morgan mit l'un des dirigeants des sociétés fiduciaires au courant de la crise qui couvait chez Moore & Schley, expliquant qu'il aurait besoin de faire une avance de 25 millions USD, ce qu'il ne ferait que si le problème des sociétés fiduciaires était réglé. Celles-ci comprirent qu'il ne fallait plus attendre d'aide de Morgan et qu'elles devraient se débrouiller toutes seules.

Vers 3 heures du matin, environ 120 personnes responsables des banques ou des sociétés fiduciaires se rassemblèrent pour entendre un compte-rendu complet sur la situation des sociétés fiduciaires en difficulté. Si la Trust Company of America était encore à peu près solvable, il manquait environ 1 million USD à la Lincoln Trust Company pour rembourser ses dépositaires. Au cours d'une discussion qui commençait à s'éterniser, les banquiers se rendirent compte que Morgan les avait enfermés dans la bibliothèque en empochant la clef pour les obliger à trouver une solution, tactique qu'il avait déjà utilisée dans le passé. Morgan se mêla alors à la discussion et demanda aux sociétés fiduciaires de fournir un prêt de 25 millions USD pour sauver les établissements les plus menacés. Comme ils se montraient réticents, Morgan leur expliqua que leur refus d'agir mènerait à l'effondrement général du système bancaire. Usant de son influence, qui était considérable, il réussit à convaincre le représentant officieux des compagnies à signer un accord, et le reste de l'assemblée lui emboîta le pas. Assuré que la situation était sous contrôle, Morgan libéra les banquiers qui purent rentrer chez eux.

Au cours du dimanche après-midi et d'une partie de la soirée, Morgan, Perkins, Baker et Stillman, ainsi que Gary et Henry Clay Frick de la U.S. Steel Corporation, restèrent dans la bibliothèque pour finaliser le rachat de TC&I par U.S. Steel. Dans la nuit du dimanche, ils avaient élaboré un plan d'acquisition. Il ne restait plus qu'un obstacle : le président Théodore Roosevelt, champion des lois anti-trust, qui avait fait de sa présidence un longue croisade contre les monopoles.

Frick et Gary prirent le train de nuit pour Washington et se rendirent à la Maison Blanche, décidés à implorer Roosevelt de mettre entre parenthèses le Sherman Antitrust Act pour autoriser (avant l'ouverture du marché) une compagnie qui détenait déjà 60% du marché à se lancer dans une acquisition massive. Le secrétaire de Roosevelt refusa de les recevoir, mais Frick et Gary persuadèrent James Rudolph Garfield, secrétaire à l'Intérieur, de passer outre le secrétaire et leur permettre de parler directement au président. À moins d'une heure de l'ouverture des marchés, Roosevelt et son secrétaire d'État Elihu Root se plongèrent dans le dossier en essayant d'évaluer l'impact réel de la crise si la fusion-acquisition n'était pas autorisée,. Roosevelt se montra pragmatique; il déclara plus tard : « Je devais me prononcer dans l'urgence avant l'ouverture de la Bourse, car la situation était telle que chaque heure comptait. Je ne pense pas que l'on puisse me tenir rigueur si j'affirme que dans ces conditions, je ne pouvais pas m'opposer à cette opération ». Le dernier épisode de la crise venait de trouver un heureux dénouement. Quand la nouvelle fut connue à New York, la confiance remonta de façon spectaculaire. On put lire dans le Commercial & Financial Chronicle que « le soulagement éprouvé à la nouvelle de cette transaction fut immédiat et général ».

La panique de 1907 se produisit lors d'une période de récession prolongée entre mai 1907 et juin 1908,. L'interaction entre la récession, la panique bancaire et la crise boursière provoquèrent un déséquilibre économique de taille. Robert Bruner et Sean Carr citent de nombreuses statistiques qui donnent une idée de l'ampleur des dégâts dans The Panic of 1907: Lessons Learned from the Market's Perfect Storm. La production industrielle chuta à un niveau sans précédent après une telle crise, et le nombre de faillites en 1907 se classa au second rang des plus hauts jamais enregistrés. La production chuta de 11 %, les importations de 26 %, et le chômage, qui était à moins de 3 %, atteignit 8 %. L'immigration tomba à 750 000 personnes en 1909, après avoir atteint 1,2 million deux ans auparavant.

Depuis la fin de la guerre de Sécession, les États-Unis avaient connu des crises d'une ampleur variable. Les économistes Charles Calomiris et Gary Gorton considèrent que les plus graves sont celles qui causèrent de nombreuses fermetures de banques, comme la panique de 1873, la panique de 1893 et celle de 1907, ainsi que 1914. Les fermetures massives purent être évitées grâce à des actions coordonnées en 1884 et en 1890. Une crise bancaire en 1896, qui nécessita une certaine coordination, est parfois également classée parmi les crises sérieuses.

La fréquence de ces crises et la rigueur de celle de 1907 aggravèrent les inquiétudes suscitées par le rôle disproportionné de J.P. Morgan. Ces inquiétudes donnèrent un nouvel élan aux débats sur la réforme monétaire. En mai 1908, le congrès vota la loi Aldrich–Vreeland qui est à l'origine de la commission nationale monétaire chargée d'enquêter sur la crise et de proposer une législation bancaire. Le sénateur républicain de Rhode Island, Nelson Aldrich, président de la commission, passa près de deux ans en Europe pour en étudier le système bancaire.

Une différence majeure entre les systèmes bancaires américains et européens était l'absence d'une banque centrale aux États-Unis. Les États européens étaient en mesure de suppléer aux déficits financiers pendant les périodes de crise. La question de la vulnérabilité du système américain en l'absence d'une banque centrale avait déjà été largement débattue.

Cependant, les questions monétaires ont toujours eu aux Etats-Unis une dimension politique extrêmement forte. Ainsi, deux tentatives de créer une banque des Etats Unis avaient avorté au début du XIXe siècle après des débats politiques épiques. Il faut aussi rappeler que la Constitution établit que la monnaie et les affaires monétaires sont une prérogative du Congrès.

Au tournant du vingtième siècle et lors de chaque élection présidentielle, le climat politique est de plus en plus empoisonné par la question de la monnaie; en particulier, après l’abandon en 1873 de l’argent comme étalon monétaire.

Le pays est profondément divisé entre les tenants, d’inspiration britannique, d’une orthodoxie monétaire basée sur l’étalon-or, la centralisation de l’émission des billets par un institut national d’émission et la régulation des banques par un « banquier de dernier ressort », et ceux qui veulent une plus grande liberté de création monétaire et qui craignent que la garantie d’une institution d’Etat ne crée un « moral hazard » encore plus destructeur pour l’épargnant.

La crise de 1907 allait donner l’avantage aux premiers.

Au début de 1907, le banquier Jacob Schiff de Kuhn, Loeb & Co. avait prononcé un discours devant la chambre de commerce de New York qui contenait cet avertissement : « Si nous n'avons pas de banque centrale disposant d'un contrôle suffisant des ressources nécessaires au crédit, ce pays se retrouvera face à la crise financière la plus brutale et la plus grave de son histoire ».

En novembre 1910, Aldrich convoqua une conférence qui fut tenue secrète et rassembla les plus éminents financiers américains; elle se tint au club de Jekyll Island, au large de la côte de Georgie ; à l'ordre du jour figuraient les politiques monétaires et le système bancaire. Aldrich et A. P. Andrews (vice secrétaire du département du Trésor), Paul Warburg (représentant de Kuhn, Loeb & Co.), Frank A. Vanderlip (qui avait succédé à James Stillman comme directeur de la National City Bank of New York), Henry P. Davison (associé principal de la compagnie J.P. Morgan & Co.), Charles D. Norton (directeur de la First National Bank of New York inféodée à Morgan) et Benjamin Strong (représentant J.P. Morgan), élaborèrent le projet d'une banque de réserves nationale (National Reserve Bank).

Le rapport final de la commission nationale monétaire parut le 11 janvier 1911. Le Congrès mit deux ans à débattre du projet et ce n'est que le 22 décembre 1913 que fut votée la loi sur la Réserve fédérale (Federal Reserve Act). Le président Woodrow Wilson ratifia la loi et celle-ci entra en vigueur le jour même, avec la création de la Réserve fédérale des États-Unis. Charles Hamlin fut nommé président de la Réserve fédérale, et c'est le bras droit de Morgan, Benjamin Strong, qui devint président de la banque de la Réserve fédérale à New York, la plus grande banque régionale détenant un siège permanent au sein du Federal Open Market Committee.

Morgan apparut d'abord comme un héros, mais bien vite cette image se ternit avec les craintes de voir émerger une ploutocratie et la concentration des richesses entre les mains d'une minorité. La banque de Morgan avait résisté, mais les sociétés fiduciaires qui concurrençaient le système bancaire traditionnel ne pouvaient en dire autant. Certains experts pensèrent que la crise avait été fabriquée de toutes pièces pour ébranler la confiance dans les sociétés fiduciaires au bénéfice des banques,. D'autres pensèrent que Morgan avait profité de la crise pour réussir la fusion entre U.S. Steel et TC&I. Personne ne nia que Morgan ait réussi à éviter le pire, mais il se retrouva dans le collimateur des critiques,,.

Le président de la United States House Committee on Banking and Currency, le député démocrate de Louisiane Arsène Pujo forma une sous-commission spéciale pour enquêter sur le monopole effectif exercé par Morgan et d'autres puissants banquiers new-yorkais sur la finance fiduciaire. Le comité publia un rapport au vitriol sur l'activité bancaire, soulignant le fait que les associés de Morgan siégeaient dans les conseils d'administration de 112 grosses entreprises avec un capital de 22,5 milliards USD (le volume des capitaux sur la bourse de New York s'élevait environ alors à 26,5 milliards USD).

Les associés de Morgan imputèrent son déclin à l'épreuve des interrogatoires. En février, il tomba gravement malade, et s'éteignit le 31 mars 1913, neuf mois avant que sa banque ne soit remplacée officiellement comme instance de dernier recours par la réserve fédérale.

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Herbert Hoover

Herbert Hoover

Herbert Clark Hoover, né le 10 août 1874 et mort le 20 octobre 1964, est le 31e (1929-1933) Président des États-Unis.

Lorsque Hoover est élu, l’économie est relativement florissante et l’optimisme règne. Quelques mois plus tard, la bourse de New York s’écroule et la Grande Dépression commence. Hoover tente sans grand succès d’y mettre fin et se retrouve seul désigné responsable de la catastrophe économique.

Hoover naît le 10 août 1874 dans une famille modeste quaker de West Branch, dans l'État de l'Iowa. Son père Jesse Hoover meurt en 1880, sa mère Hulda Minthorn, en 1884. Après leurs décès, Hoover vit à Newberg, dans l'État de l'Oregon, à l'ouest des États-Unis.

Durant l'été 1885, Bert Hoover, alors âgé de 11 ans, prend un train de l'Union Pacific vers l'ouest, à destination l'Oregon. Il emporte deux pièces de 10 cents cousues dans ses vêtements et un baluchon contenant les spécialités culinaires de sa tante Hannah. Il est attendu à l'autre extrémité du pays par son oncle, John Minthorn, médecin et directeur d’école. Hoover le décrivit plus tard comme un « homme d'apparence sévère mais, à l'instar de tous les Quakers, doté d'un bon fond ».

Pendant ses six années dans l'Oregon, Hoover apprend à se débrouiller seul. « Mon ambition d'enfant était, quel que soit l'endroit, de gagner ma vie sans aucune aide ». Employé de bureau dans la compagnie de son oncle, la Oregon Land, il apprend la comptabilité et la dactylographie tout en suivant des cours du soir dans une école de commerce. Grâce à sa maîtresse d’école, Mlle Jane Gray, il découvre les romans de Charles Dickens et de Walter Scott. David Copperfield, l'histoire d’un orphelin obligé de se débrouiller seul dans la vie resta, toute son existence, un de ses livres favori.

À l’automne 1891, Hoover s’inscrit à l’Université de Stanford de Palo Alto, Californie. Il s'y fait remarquer plus souvent en dehors de la classe qu’à l’intérieur en gérant l’équipe de baseball et celle de football ; il ouvre une blanchisserie et s’occupe d’une agence de conférenciers. Il s’associe avec d’autres étudiants pauvres contre les plus riches et est élu, contre son gré, trésorier de l’association des étudiants. Il rembourse la dette de 2000 $ de cette association envers le gouvernement.

Hoover paye ses études en faisant de la dactylographie pour son professeur de géologie John Casper Branner, qui lui obtient aussi un emploi d'été pour cartographier les monts Ozark dans l'Arkansas. C'est dans le laboratoire de géologie de Branner qu'il rencontre Lou Henry, la fille d'un banquier née à Waterloo (Iowa) en 1874. Lou partage son amour de la nature et son penchant pour l'indépendance. « Ce qui est important ce n'est pas ce que les autres pensent de vous mais ce que vous ressentez au plus profond de vous même » disait elle à ses amies d'université.

Hoover obtient son diplôme trois mois avant ses 21 ans en mai 1895. Il quitte Stanford avec 40 $ en poche et aucun emploi en vue mais il a une identité, une profession libérale et une fiancée. De plus, pour l'orphelin de West Branch, Stanford devient sa famille d'adoption – un endroit auquel il a l'impression d'appartenir.

En 1899, il épouse sa petite amie de Stanford, Lou Henry. Ils partent pour la Chine, où il travaille dans une entreprise privée en tant qu'ingénieur en chef. En juin 1900, la révolte des Boxers surprend le couple Hoover à T'ien-Tsin. Pendant presque un mois le campement se trouve pris sous la mitraille. Alors que sa femme travaille dans les hôpitaux, Hoover dirige la construction de barricades et, une fois, risque même sa vie pour sauver des enfants chinois.

Lassé de travailler uniquement pour l'argent Hoover s'intéresse à l'humanitaire, poussé par ses penchants Quakers. L'opportunité se présente en août 1914 avec l'assassinat de l'archiduc d'Autriche-Hongrie François Ferdinand qui donne libre cours aux rivalités entre les nations européennes. La Première Guerre mondiale commence et peu d'Américains y sont préparés. Environ 120 000 compatriotes de Hoover se retrouvent coincés du mauvais côté de l'Atlantique sans argent et un peu perdus.

Pendant les semaines qui suivent, Hoover aide aussi bien le Chef Plume Blanche de Pawhuska, Oklahoma que des héritières couvertes de bijoux à rentrer au pays. Lorsque l'une d'entre-elle lui demande un engagement certifiant que son navire ne serait pas attaqué par un sous-marin allemand au milieu de l'océan, Hoover s'exécute !

Hoover et neuf autres ingénieurs prêtent 1 500 000 $ à des voyageurs désespérés. À 400 $ près cette somme fut complètement remboursée ce qui confirme la confiance que le Grand Ingénieur (son surnom) avait dans la moralité des Américains. Selon Hoover, « La différence entre une dictature et une démocratie est simple : les dictateurs organisent à partir du haut vers le bas, les démocraties travaillent à partir de la base vers le haut ».

Coincée entre les baïonnettes allemandes et le blocus britannique, la Belgique, en 1914, se retrouve au seuil de la famine. On demande à Hoover de venir au secours du petit royaume qui dépend à 80 % des importations pour ses besoins en nourriture. Hoover est obligé d'abandonner sa carrière prometteuse d'ingénieur des mines. Il réfléchit pendant quelques jours et déclare finalement à l'un de ses amis « Au diable la fortune ! ». Il prend la responsabilité de l'immense tâche à deux conditions — ne pas recevoir de salaire et avoir carte blanche pour organiser et gérer ce qui allait devenir la Commission d'aide à la Belgique.

Cette commission devient de facto une république indépendante avec son drapeau, sa flotte, ses usines, ses ateliers et son réseau ferré. Le budget mensuel de 12 000 000 $ provient de donations et de subventions gouvernementales. Plus d'une fois Hoover s'engage personnellement sur des montants dépassant ses capacités de remboursement. Il est le premier à faire une navette diplomatique en traversant la mer du Nord 40 fois pour persuader les belligérants, à Londres comme à Berlin, de laisser les vivres atteindre les victimes de la guerre. Il apprend aussi aux Belges, pour qui le maïs servait à nourrir le bétail, à se nourrir avec du pain fait de farine de maïs. Au final, la commission sauve 10 000 000 de personnes de la famine.

Après l'entrée en guerre des États-Unis, le président Woodrow Wilson nomme Hoover à la tête du ministère de l'agriculture. Il réussit à faire baisser la consommation des vivres nécessaires à l'Europe tout en évitant le rationnement dans son pays. Il assure ainsi l'approvisionnement des Alliés et prend la tête des services de secours à la Belgique.

Hoover est un secrétaire au Commerce (équivalent de ministre) efficace dans le gouvernement des présidents Warren G. Harding et Calvin Coolidge entre le 5 mars 1921 et le 21 août 1928, et après avoir dirigé les secours suite aux inondations du Mississippi en 1927, il devient le candidat du Parti républicain le 14 juin 1928. Il déclare alors : « les Américains sont aujourd'hui plus près de vaincre la pauvreté que n'importe quelle autre nation dans l'histoire ». Il remporte les élections le 6 novembre avec une marge confortable du vote populaire.

4 mars : Investiture de Herbert Hoover en tant que trente-et-unième président des États-Unis d’Amérique.

15 juin : Hoover signe une loi de protection du marché agricole et des agriculteurs (Agricultural Marketing Act). Cette politique se démarque de celle menée par les Républicains avant lui.

17 juin : Hoover signe la loi Hawley-Smoot augmentant les droits de douane afin de protéger le marché intérieur américain. Comme les pays importateurs en font de même, le résultat va à l’encontre de l’objectif et la récession s’installe.

2 décembre : Hoover obtient du Congrès 116 M$ d’autorisations de programmes pour fournir du travail aux 4,5 millions de chômeurs.

7 janvier : Hoover est informé que le nombre de chômeurs atteint la barre des cinq millions.

3 mars : le président Hoover signe la loi instituant le «The Star-Spangled Banner» en tant qu’hymne national des États-Unis.

20 juin : Hoover propose au Congrès un moratoire d’un an sur les dettes entre les États-Unis et les pays d’Europe. La crise économique ne faiblit toujours pas.

22 janvier : Hoover crée une agence de prêt aux institutions financières avec un capital de 2000 milliards $ afin de relancer l’économie.

13 juillet : Hoover fait campagne contre le candidat démocrate Franklin Delano Roosevelt et son programme de « New Deal » (nouvelle redistribution).

25 septembre : Hoover augmente les impôts pour tenter de rééquilibrer le budget et restaurer la confiance.

8 novembre : Hoover est largement battu par Roosevelt aux élections présidentielles.

La politique étrangère de Hoover est destinée à éviter les effets de la Grande dépression sur l’économie mondiale. Il propose la suspension des remboursements et dommages de guerre liés aux accords de paix de 1918.

Hoover continue la politique d’intervention ou de pression militaire pour protéger les intérêts américains lorsqu’ils sont menacés. Il s’oppose à l’annexion de la Mandchourie par le Japon.

Huit mois après l’investiture de Hoover, Wall Street subit un krach et l'économie s'enfonce dans la Grande dépression de 1929. Hoover annonce qu'il va maintenir le budget fédéral en équilibre, qu'il va réduire les impôts et augmenter les travaux publics ainsi que la masse monétaire. Il signe aussi la Loi Hawley-Smoot qui augmente les droits de douane sur 20 000 articles. Cette loi est souvent accusée d'avoir aggravé la dépression et est sa plus grave erreur politique. Le gouvernement Hoover diminue la quantité d'argent disponible par peur de l'inflation ce qui est aujourd'hui, et dans ces circonstances, considéré comme une erreur par la plupart des économistes.

H. Hoover est, parmi les présidents américains, l'un des moins compris et des plus calomniés. La critique, partisane, en fait un adepte du laissez-faire bien que l'Histoire démontre le contraire. En raison de son expérience durant la Première Guerre mondiale, Hoover était persuadé que le gouvernement pouvait faire évoluer favorablement la vie des gens. En conséquence Hoover non seulement aida le Congrès à légiférer pour améliorer l'économie américaine mais il utilisa ses pouvoirs de Chef d'état pour mettre en œuvre divers programmes et réformes.

Pour financer ces projets gouvernementaux – il y en avait d'autres - Hoover accepte l'une des augmentations des impôts les plus fortes de l'histoire des États-Unis. La loi budgétaire de 1932 augmente les prélèvements sur la tranche la plus élevée de 25 à 63%. Les taxes foncières sont doublées et les taxes sur les entreprises augmentent d'environ 15%. Hoover incite aussi le Congrès à enquêter sur le fonctionnement de la Bourse de New York et cette pression entraîne plusieurs réformes.

Malgré ces actions et une intervention massive de son successeur, Franklin Delano Roosevelt, l'état de l'économie ne s'améliore pas. Une récession importante se produit en 1937-38 (certains économistes parlent de dépression) et l'économie continue à chanceler jusqu'en 1940 (le taux de chômage ne descend pas sous les 9,9% avant 1942).

Les anciens combattants de la Première Guerre mondiale et leurs familles manifestent à Washington D.C., en juin 1932 pour obtenir une prime (bonus en anglais) qui leur avait été promise après le conflit. Hoover utilise les forces armées pour expulser les campeurs du Capitole. Cette action est critiquée car elle est contraire à la loi Posse Comitatus de 1878.

Hoover est fidèle aux thèses du Parti républicain prônant une intervention minimale dans l’économie intérieure. Dans les circonstances de la Grande dépression, cette politique du « laisser faire » ne permet pas de mettre fin au chômage et ouvre la porte au succès du Parti démocrate et au programme de « nouvelle redistribution » de Franklin Roosevelt.

Hoover pensait que ses opposants sabotaient ses programmes pour s'assurer des bénéfices électoraux personnels. Eux le considéraient comme cruel et insensible. Il fut largement battu à l'élection présidentielle de 1932. Lorsque Franklin Roosevelt prend la présidence, Hoover, opposé à l'intervention étatique, devient un critique du New Deal. Ses doutes apparaissent dans son livre « Combat pour la liberté » où il parle du fascisme, du communisme et du socialisme comme ennemi des libertés américaines.

En 1947, le Président Truman nomme Hoover à la commission de réforme des ministères, qui en fait son président. Il est nommé président d'une commission similaire par le Président Eisenhower en 1953. Les travaux de ces deux commissions génèrent de nombreuses économies dans le fonctionnement du gouvernement. Hoover écrit ensuite de nombreux articles et livres. C'est en écrivant l'un d'eux qu'il meurt d'un cancer intestinal à l'âge de 90 ans à New York le 20 octobre 1964.

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Krach de 1929

Indice Dow Jones pendant le krach de 1929

Le krach de 1929 est une crise boursière qui se déroula à la Bourse de New York entre le 24 octobre et le 29 octobre 1929. Cet événement marque le début de la Grande dépression, la plus grande crise économique du XXe siècle. Les jours-clés du krach ont hérité de surnoms distincts : le 24 octobre est appelé jeudi noir, le 28 octobre est le lundi noir, et le 29 octobre est le mardi noir.

Le krach de 1929 est consécutif à une bulle spéculative, dont la genèse remonte à 1927. La bulle est amplifiée par le nouveau système d'achat à crédit d'actions, qui depuis 1926 est permis à Wall Street. Les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres avec une couverture de seulement 10 %. Le taux d'emprunt dépend du taux d'intérêt à court terme ; la pérennité de ce système dépend donc de la différence entre le taux d'appréciation des actions et ce taux d'emprunt.

Suite à la hausse des taux d'intérêt en avril 1929, lorsque survient la première stagnation des cours, le remboursement des intérêts devient supérieur aux gains boursiers et de nombreux investisseurs sont alors contraints de vendre leurs titres pour couvrir leurs emprunts (appels de marge), ce qui va pousser les cours à la baisse et déclencher une réaction en chaîne. C'est en septembre 1929 que les cours atteignent leur plus haut niveau historique.

Les années 1920 marquent une période de forte croissance aux États-Unis. Ainsi, entre 1921 et 1929, la production industrielle augmente de 50 %. Le « boom » boursier n'apparaît donc pas ex nihilo. Toutefois, la hausse annuelle des cours pendant la même période est de 18 %, soit une hausse totale de plus de 300 %. Selon Jacques Brasseul, « le cours des titres augmente aussi plus que les profits des entreprises, qui eux-mêmes augmentent plus que la production, la productivité, et enfin plus que les salaires, bons derniers dans cette course. » Un élément spéculatif se développe, puis devient prépondérant à partir de 1928, date où le cabinet Charles Merrill (aujourd'hui Merrill Lynch) recommande de ne plus s'endetter davantage pour acheter des actions, et indique : « Sans que cela constitue une recommandation de vente, le moment est opportun pour se libérer de ses crédits ». Ce ne sont en effet plus les dividendes qui attirent les investisseurs, mais la possibilité de revendre avec une importante plus-value, beaucoup de titres sont achetés à crédit à cette fin.

L'économie, elle, montre des signes de faiblesse dès le début 1929 : ainsi, la production automobile chute de 622 000 véhicules à 416 000 entre mars et septembre. La production industrielle, elle, recule de 7 % entre mai et octobre. Ce ralentissement est en partie dû à un phénomène d'asphyxie : les capitaux disponibles accourent à la bourse plutôt que vers l'économie « réelle ».

Entre mars 1926 et octobre 1929, le cours des actions augmente de 120 %. Le 3 septembre, l'indice Dow Jones atteint 381,17, son plus haut niveau avant 1954. Le 16 octobre, l'économiste Irving Fisher déclare : « Stock prices have reached what looks like a permanently high plateau » (« Les cours ont atteint ce qui semble être un plateau perpétuellement élevé »).

Quelques jours avant le krach (les 18, 19 et 23 octobre), les premières ventes massives ont lieu. Ce sont encore des prises de bénéfices, mais elles commencent à entraîner les cours à la baisse.

Le jeudi 24 octobre (jeudi noir ou Black Thursday) marque la première vraie panique. Le matin, il ne se trouve presque pas d'acheteurs, quel que soit le prix, et les cours s'effondrent. À midi, l'indice Dow Jones a perdu 22,6 %. Une émeute éclate à l'extérieur du New York Stock Exchange, après que les gardes du bâtiment et la police ont empêché des actionnaires d'entrer. La galerie des visiteurs est fermée. Les rumeurs les plus folles circulent : onze spéculateurs se seraient suicidés, les bourses de Chicago et Buffalo auraient déjà fermé, celle de New York serait sur le point de le faire. Une réunion d'urgence entre cinq des principaux banquiers de New York se tient au siège de J.P. Morgan & Co. pendant une vingtaine de minutes. À son issue, Thomas Lamont, un des dirigeants de J.P. Morgan, déclare : « Il y a eu une petite quantité de vente à perte à la Bourse (…) en raison de conditions techniques sur le marché. (…) Le consensus de notre groupe est que la plupart des cotations de la Bourse ne représentent pas fidèlement la situation. (…) susceptible de s'améliorer ». Le marché rebondit légèrement à la nouvelle que les banques vont intervenir pour soutenir les cours. En effet, vers 13h30, des investisseurs institutionnels menés par Richard Whitney, vice-président du NYSE, interviennent directement : Whitney s'approche du poste de cotation de U.S. Steel, demande le cours en vigueur (195), et annonce « J'achète 25 000 parts à 205 ». Dès que les premiers titres s'échangent, il recommence l'opération pour une autre action, et fait ainsi le tour d'une douzaine de postes. Les cours se redressent rapidement, et la baisse pour la journée est limitée à 2,1% (indice Dow Jones: 299,47). Par exemple, le titre Montgomery Ward vaut 83 dollars à l'ouverture, 50 en milieu de journée, 74 à la clôture. Deux titres enregistrent leur plus haut niveau de l'année, tandis que 441 atteignent leur plus bas niveau. Les volumes échangés atteignent 12,9 millions d'actions pour la journée — un record, le volume normal étant de 2-3 millions, et le précédent record de seulement 8,3 millions. Les téléimprimeurs ont jusqu'à une heure et demie de retard sur les cours ; ainsi les vendeurs paniqués ne savent pas encore à quel prix ils ont cédé leurs titres.

Les nombreux investisseurs qui ont emprunté pour spéculer sont contraints de liquider leurs positions (appels de marge ou margin calls) à partir du lendemain. Les cours restent stables le vendredi 25 (Dow Jones : 301,22) et samedi 26 (avant guerre, il y avait une demi-session le samedi).

Le cycle s'emballe le lundi 28 qui restera dans les mémoires comme le « lundi noir » (Black Monday), où 9,25 millions de titres sont échangés. Les banques n'interviennent pas, contrairement au jeudi précédent. L'indice Dow Jones perd 13 % (260,64), un record qui ne sera battu que lors du krach d'octobre 1987. Certains titres sont massacrés : General Electric perd 48 points, Eastman Kodak 42, AT&T et Westinghouse 34, U.S. Steel, 18.

Le 29 octobre, le mardi noir (Black Tuesday), le volume échangé atteint 16,4 millions de titres. Les téléimprimeurs ont jusqu'à deux heures et demie de retard sur les cours. L'indice Dow Jones perd encore 12 % (230,07) et les gains d'une année de hausse disparaissent. John Kenneth Galbraith écrit qu'il s'agit du « jour le plus dévastateur dans l'histoire de la Bourse de New York, et peut-être aussi dans toute l'histoire des Bourses. » Winston Churchill, qui se trouve alors à New York, affirme être le témoin du suicide d'un spéculateur qui se serait jeté par la fenêtre. L'événement n'a jamais été confirmé, et il est à l'origine des légendes sur les nombreux spéculateurs qui se seraient ainsi défenestrés (en tant que phénomène massif, il a été démontré statistiquement que les suicides d'acteurs du système financier à cause du krach sont une légende urbaine). Entre le 22 octobre et le 13 novembre, l'indice Dow Jones passe de 326,51 à 198,69 (-39 %), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars, dix fois le budget de l'État fédéral américain et plus que ce que les États-Unis avaient dépensé pendant toute la Première Guerre mondiale.

Par un effet de dominos, c'est l'ensemble de la Bourse qui s'effondre, et la chute de 1930 à 1932 est supérieure à celle de l'année 1929. Le 8 juillet 1932, le Dow Jones tombe à 41,22, son plus bas niveau depuis sa création en 1896.

Parmi les effondrements spectaculaires, Goldman Sachs passe de 104 dollars en 1929 à 1,75 en 1932, American Founders Group (société d'investissement) passe de 75 dollars à 0,75 en 1935, U.S. Steel passe de 262 dollars à 22 le 8 juillet 1932, General Motors passe de 1075 dollars à 40 en 1932 et General Electric de 1612 dollars à 154 en 1932. Le Dow Jones perd, dans cet intervalle, 89% de sa valeur. La valeur virtuelle de l'ensemble des titres perd en fin de compte, quant à elle, 72 milliards de dollars.

Parmi les perdants célèbres, avec leurs pertes en dollars de l'époque citons : J. P. Morgan, Jr qui perd entre 20 et 60 millions de dollars, la famille Vanderbilt (40 millions), la famille Rockefeller qui voit fondre environ 80% de son patrimoine, Eddie Cantor perd 2 millions, Winston Churchill est appauvri de 500 000 et Groucho Marx de 240 000.

La perte de confiance due à la crise boursière affecte la consommation et les investissements lors des mois suivant le krach. Les investisseurs qui ont spéculé en empruntant ne peuvent plus rembourser et causent des pertes sèches, ce qui conduit les banques à restreindre leur crédit. Les grandes entreprises connaissent alors des difficultés de trésorerie croissantes. Les plus faibles font faillite, ce qui accroît la fragilité des banques. Les épargnants paniquent et se précipitent auprès de leur banque pour retirer leur argent. Sans mécanismes de stabilisation, les banques les plus faibles sont dévastées par l'hémorragie de fonds et doivent faire faillite à leur tour : la crise devient alors une crise bancaire à partir de 1930.

Les crédits se tarissent, la consommation, l'investissement et la production continuent de chuter, le chômage explose (de 1,5 millions à 15 millions en 1933), et la crise bancaire devient une crise économique en 1931.

Les mesures protectionnistes telles que la loi Hawley-Smoot de 1930 sur les droits de douane, favorisent la propagation de la crise à toutes les économies occidentales à partir de 1931.

Une tentative de redressement de l'économie américaine sera amorcée par le New Deal et en particulier le National Industrial Recovery Act de 1933, mais une rechute se produit en 1937. Ce n'est qu'avec l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale fin 1941 que le pays se redresse durablement.

Les indices boursiers ne reprendront des valeurs comparables à celles précédant la crise de 1929 que vingt-cinq ans plus tard (le pic du 3 septembre 1929 est dépassé le 23 novembre 1954).

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W. R. Grace and Company

Le « Grace Building » sur la 6e Avenue à New York

La W. R. Grace and Company est un conglomérat américain fondé en 1854 par William Russell Grace. La compagnie est un des leaders mondiaux des spécialités chimiques et des matériaux de construction. Elle détient les brevets du Nickel de Raney, catalyseur solide utilisé dans de nombreux procédés industriels.

En 2007, W.R. Grace emploie plus de 6 500 employés dans près de 40 pays (3 200 aux États-Unis) et réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 3,11 milliards de dollars, dont 62 % réalisé hors des États-Unis. Le siège de l'entreprise se trouve à Columbia, Maryland. L'entreprise est côtée à la bourse de New York (NYSE : GRA).

Depuis le 2 avril 2001, l’entreprise est placée sous le régime de protection de la loi sur les faillites américaines (Chapter 11), en raison des procès pour contamination par l'amiante.

William Russell Grace naquit le 10 mai 1832 à Riverstown, près de Cobh, en Irlande et décèda le 21 mars 1904 à New York. Après avoir émigré aux États-Unis en 1846, il commença en 1851 sa carrière au Pérou où il devint associé dans la firme de John Bryce qui prit ensuite le nom de Bryce, Grace Brothers & Co., avant de garder la seule appellation de W. R. Grace & Co.

Philanthrope reconnu, il joua un rôle important dans l'aide à la population irlandaise durant la famine des années 1870, apportant personnellement plus du quart des fonds récoltés. Sans doute en raison de ses origines irlandaises dans une ville qui connut une immigration massive venant de ce pays, il fut élu, en 1880, premier maire catholique de New York, puis réélu, en 1884, pour un second mandat au cours duquel il reçut, au nom de la ville, la Statue de la Liberté, cadeau de la France. En 1897, avec son frère Michael, il fonda le Grace Institute for the Education of Women, concernant spécialement les immigrantes.

En 1907, Joseph P. Grace, son fils, fut nommé président de la compagnie. Durant sa direction, la firme poursuivit sa progression dans le transport maritime et devint l'un des acteurs prépondérants du négoce dans l'ensemble du continent sud-américain. Il mourut en 1950.

En 1945, la troisième génération parvint au pouvoir lorsque J. Peter Grace accéda à la présidence de W. R. Grace & Co. à l'âge de 32 ans. J. Peter Grace allait entamer une transformation radicale du groupe en l'introduisant à la Bourse de New York en 1953, puis en achetant les compagnies chimiques Davison et Dewey. D'un groupe familial de négoce et de transport en déclin, il allait faire un des plus grands producteurs mondiaux de spécialités chimiques.

La puissance du groupe Grace se manifesta avec la construction en 1971 du fameux W.R. Grace Building, un gratte-ciel de 50 étages et 192 mètres de haut sur la 6e avenue à New York (Avenue of the Americas).

Membre du Parti démocrate, il occupa aussi de nombreuses positions politiques, devenant le conseiller de trois présidents américains, Eisenhower, Kennedy qui le nomma président du Comité du Commerce de l'Alliance pour le Progrès en 1962, et enfin Reagan qui lui demanda de diriger la Commission sur la réduction des fraudes, abus et gaspillage de l'administration, entre 1982 et 1984. Il fut, lui aussi, très impliqué dans l'animation de la communauté catholique américaine.

Après avoir occupé son poste pendant 48 ans, faisant de lui le Directeur général ayant connu la plus longue ancienneté à la tête d'une société côtée américaine, il démissionna en 1992. En 1995, J. Peter Grace, président de la compagnie, décèda à l'âge de 82 ans.

Après avoir été fondée au Pérou en 1854, Grace & Co établit, en 1860, une ligne de navires à vapeur commerciaux desservant les Amériques. Le groupe développa son activité de commerce et de transport international à partir de l'exportation du guano. En 1865, W. R. Grace & Co. se relocalisa à New York et établit un commerce triangulaire avec l'Amérique du Sud et l'Europe. Enfin, en 1872, W. R. Grace & Co. fut formellement enregistrée comme compagnie aux États-Unis.

Ce qui devint ultérieurement Grace Line trouve son origine en 1882 dans la création d'une ligne régulière de navires à voiles entre le Pérou et New York. Grace établit un service regulier de bateaux à vapeur en 1893, en créant une filiale : la New York & Pacific Steamship Co., navigant sous pavillon britannique car, avant 1905, les bateaux construits en dehors des États-Unis ne pouvaient être inscrits dans ce pays. Le service sous pavillon américain commença en 1912 avec l’Atlantic & Pacific Steamship Company. En 1914, Grace affrèta le premier navire commercial qui empruntait le Canal de Panama nouvellement ouvert.

En 1916, les activités des deux compagnies et de leur maison-mère fusionnèrent dans la Grace Steamship Company. En 1917, le premier navire de passagers de la Grace Line était baptisé le Santa Ana. Mais, la même année, la flotte entière avec les Santa Elisa, Santa Teresa, Santa Rosa et Santa Paula fut réquisitionnée pour effectuer le transport des troupes américaines pendant les deux dernières années de la Première Guerre mondiale.

La firme spécialisée dans le cabotage sur la côte ouest de l'Amérique du Sud étendit son champ d'action dans les Caraïbes. À son apogée, après la Seconde Guerre mondiale, Grace Line était un acteur de premier plan de la flotte marchande américaine avec 23 navires totalisant 188 000 tonnes. Puis, à partir des années cinquante, la compagnie se retira progressivement de l'Amérique Latine et finalement abandonna le secteur du transport maritime en décembre 1969, avec la cession de Grace Line à Prudential Steamship.

Le pavillon de Grace Line était rouge avec le mot "GRACE" en bleu sur un losange blanc.

Un premier mouvement de diversification intervint en 1914, Grace fondant à New York la Grace National Bank. En 1965, cette dernière fut acquise par la Marine Midland Bank (aujourd'hui, la HSBC Bank USA).

En 1928, Grace et la nouvelle Pan American Airways de Juan Trippe créèrent ensemble Panagra, établissant un réseau qui exerça un quasi monopole sur de nombreuses destinations en Amérique du Sud dans les années 1940 et 1950. En décembre 1965, les 50 % détenus par Grace dans Panagra furent vendus à Braniff International.

Une autre diversification brève du groupe est à mentionner dans l'activité de la brasserie lorsqu'il contrôla Miller de septembre 1966 à juin 1969, date de sa revente à Philip Morris.

En 1953, Grace fut introduit à la Bourse de New York. Cela fut le prélude à un changement complet de stratégie du groupe dans la décennie suivante. Grace quitta le transport et devint un leader mondial des spécialités chimiques.

En 1832, William T. Davison fonda Davison, Kettlewell & Co. à Baltimore dans le Maryland. En tant que "broyeur et acidificateur de carcasses et de coquilles d'huitres, " il fut le premier à utiliser une chambre d'acide sulfurique aux États-Unis. À partir de 1923, Davison Chemical Company commença à vendre des gels de silice (brevet de 1919) et en 1924, Davison introduit les catalyseurs en Nickel de Raney® pour la production en chimie organique. Dès 1930, Davison achèta Silica Gel Corporation et trouva de nouveaux débouchés comme le séchage à air, la réfrigération ou les déshydrateurs de packaging. En 1942, la firme produisit le premier catalyseur pour le raffinage de pétrole qui fut utilisé dans la nouvelle unité de craquage de fluide de Baton Rouge en Louisiane.

En 1919, Bradley Dewey et Charles Almy fondèrent Dewey & Almy Chemical Company à Cambridge, Massachusetts. En 1922, ils développèrent le premier joint étanche de boîtes de conserve pour remplacer les couvercles en plomb. En 1935, Dewey & Almy entrèrent dans la production de ciment en créant une nouvelle classe d'additif. Enfin, en 1941, pour répondre aux besoins générés par la guerre, la compagnie élabora un substitut synthétique aux joints de boîtes de conserve et de bouteilles en caoutchouc naturel. .

L'année qui suivit l'introduction en bourse de 1953, Grace achèta Davison Chemical Company, puis Dewey & Almy Chemical Company, jetant les bases de l'activité de catalyseurs, packaging, produits de silice et matériaux de construction.

La nouvelle division poursuivit ses investisements en recherche-développement et introduisit continûment des produits nouveaux, comme en 1956 les adjuvants réducteurs d'eau et retardateurs pour ciment. En 1960, Grace mit sur le marché des films en plastique Cryovac® pour la protection des viandes et volailles. Puis, Grace Davison créa le gel de silice en palette comme conteneur hydrofuge pour des applications pharmaceutiques et autres.

En 1963, Grace Davison achèta la société Raney Catalyst Company à son fondateur, Murray Raney, et devint le détenteur des brevets du Nickel de Raney, obtenus en 1927.

En 1964, Davison mit sur le marché le premier catalyseur de craquage de fluides contenant de la zeolite qui était en avance sur les produits similaires, permettant aux raffineurs d'accroître leur production et les rendements. Puis, Grace developpa une méthode révolutionnaire d'imperméabilisation avec l'introduction de la membrane imperméabilisante, et un nouveau joint étanche de haute performance lorsque l'industrie alimentaire mondiale adoptait le couvercle à vis.

En 1969, Grace Construction Products s'établit à Cambridge, Massachusetts et réunit toutes les applications entrant dans la construction, matériaux retardateurs, anti-corrosion. Parallèlement, les innovations continuèrent comme en 1979, quand il introduisit l'inhibiteur de Corrosion Darex® pour prévenir la détérioration du béton des ponts, routes ou immeubles exposés à la salaison des routes ou des environnements marins. En 1980, fut mis sur le marché Magnapore® le catalysateur pour la production de plastiques polyéthylènes de haute-densité. En 1984, Grace revolutionna les techniques modernes de cuisine collective avec l'introduction de sacs de cuisson pour des collectivités.

En 1996, Grace cèda pour un montant net de 3 millliards de dollars d'activités jugées non stratégiques. Le nouveau groupe émergeait alors comme une compagnie globale de spécialités chimiques centrées sur les catalyseurs, les produits de silice, de construction et de protection de conteneurs.

Au 31 décembre 2006, 6 500 personnes sont employées par Grace dans une quarantaine de pays, dont environ 3 200 aux États-Unis. Sur le total des salariés, 3 100 personnes travaillent pour Grace Davison.

Les relations sociales sont principalement gouvernées par des accords collectifs négociés par les syndicats de l'industrie chimique qui représentent 2 500 des 5 200 personnes travaillant dans les usines. Le groupe n'a pas recensé de conflit social durant les dix dernières années.

W. R. Grace a été impliqué dans plusieurs accidents enregistrés par l'industrie chimique aux États-Unis.

Libby est une petite ville américaine de 2 600 habitants vivant de l'exploitation forestière et minière. Libby a enregistré les cas de 200 victimes de maladies liées à l'amiante et causées par une contamination venant de l'extraction de la vermiculite zonolite des montagnes environnantes par W. R. Grace and Company. Après que Grace ait fermé la mine en 1992, l'agence de protection de l'environnement des États-Unis (EPA) a analysé des échantillons du sol et de l'air et n'a pas pu détecter de contamination. Des examens ultérieurs avec des équipements plus perfectionnés ont établi que les échantillons étaient remplis de trémolite (silicate naturel provenant de roches éruptives et métamorphiques) qui est suspectée dans des douzaines de cas d'atteintes liées à l'amiante. À la suite d'un article de 1999 paru dans un journal de Seattle le Seattle-Post-Intelligencer et qui a mis à jour la forte prévalence des maladies liées à l'amiante dans la ville, l'EPA, en reponse, fit du nettoyage du site une priorité nationale et déclara que Libby était le pire cas d'exposition d'envergure à une substance toxique existant aux États-Unis. L'EPA a dépensé 120 millions de dollars du Superfund (mécanisme de financement spécial des décontaminations par l'Agence sur fonds fédéraux) dans le nettoyage du site. En octobre 2006, W. R. Grace and Company a fait appel des amendes imposées par l'EPA mais la Cour suprême des États-Unis l'a rejeté. Au 30 juin 2007, Grace estime à 267 millions de dollars le montant des sommes que l'EPA serait suceptible de réclamer à la compagnie. Le gouvernement a aussi entamé des poursuites criminelles contre la compagnie et sept anciens cadres de la mine pour avoir ignoré et masqué les risques pour la santé aux employés. Le procès qui devrait débuter en 2007 devant la cour fédérale du Montana a été repoussé en attente de jugement en premier instance dans les plaintes.

Ce procès qui se déroula en 1986 (Anderson v. Cryovac qui fut un contentieux fédéral remarqué sur les contaminations toxiques) à propos de pollutions détectées dans les années 1970 est la base du livre et du film A Civil Action (Préjudice selon son titre en français) de Steven Zaillian avec Robert Duvall et John Travolta, sorti en 1998.

Au début des années 1950, W. R. Grace établit une unité de production à South Acton pour produire des additifs pour ciment et la chimie organique. W. R. Grace déversa les résidus industriels de cette usine dans des épandages non confinés (lagons) jusqu'en 1980.

En 1978, du chlorure de vinylidène et d'autres contaminants industriels furent détectés dans 2 des puits de la ville qui furent condamnés. En 1983, le site d'Acton de W. R. Grace fut placé sur la liste du Superfund de l'EPA avec priorité nationale pour le nettoyage.

En août 2006, W. R. Grace et l'EPA se mirent d'accord sur le travail à effectuer pour décontaminer le site.

Grace se trouve poursuivi aux États-Unis dans des centaines de milliers de plaintes pour contamination par l'amiante.

Depuis le 2 avril 2001, la compagnie s'est placée sous le régime de protection des faillites pour tenter de résoudre les conséquences judiciaires des plaintes liées à l'amiante. Jusqu'en 2000, la firme avait procédé par voie de transaction payant plus de 2 milliards de dollars aux plaignants sur les 20 années précédentes. Mais depuis, la recrudescence des demandes et les actions collectives ("Class action") contre le zonolite, la firme a choisi de se soustraire à ce mode de rêglement. La compagnie estime pouvoir être redevable d'une somme de 1,7 milliards de dollars en paiement de dommages.

En janvier 2005, Grace a déposé un amendement au plan de réorganisation devant la Cour des règlements judiciaires afin de mettre en place un trust pour honorer tous les règlements dans le cadre des procès de l'amiante. Ce fonds serait doté de liquidités et d'actions par Grace. Les auditions de la Cour ont débuté en janvier 2008 et le procès devrait s'achever en mai 2008.

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New York Stock Exchange

L'édifice de la Bourse de New York en août 2006

Le New York Stock Exchange, ou NYSE, (en français : « Bourse de New York ») est la plus grande des bourses mondiales. Par métonymie, on l'appelle souvent « Wall Street ». En 2007, c'est l'un des rares grands marchés d'actions à ne pas être entièrement électronique et à garder des cotations à la criée. Le volume d'actions du NYSE a été dépassé par celle du NASDAQ pendant les années 1990, mais le total des capitalisations boursières des compagnies cotées au NYSE est cinq fois plus grand que celles cotées au NASDAQ.

Le NYSE appartient au groupe NYSE Euronext, né de la fusion avec Euronext, et précédemment avec Archipelago Holdings qui avait un fonctionnement entièrement électronique. Le commerce des actions se fait au 11, Wall Street alors que le siège du NYSE se trouve au 18, Broad Street, près de Wall Street, dans le quartier financier du sud de Manhattan.

Les échanges sur le NYSE se déroulent du lundi au vendredi entre 9h30 et 16h (heure locale), ce qui correspond en France à un créneau entre 15h30 et 22h.

Son origine remonte à la signature le 17 mai 1792 par 24 agents de change de New York d'une convention dite « L’accord de Buttonwood », c'est-à-dire du platane (buttonwood tree en anglais), du nom de l'arbre sous lequel ils avaient l'habitude de se réunir, situé à l'emplacement de l'actuel 68, Wall Street.

Le 8 mars 1817, une charte de l'organisation est rédigée renommant la bourse de New York New York Stock & Exchange Board. La bourse porte son nom actuel depuis 1863. Anthony Stockholm en a été le premier président. La première place des changes était une salle louée pour 200 $ par mois au 40 Wall Street en 1817. Ce bâtiment fut détruit lors du grand incendie de New York de 1835.

En 1863, la bourse new-yorkaise prend officiellement le nom de New York Stock Exchange (NYSE), et déménage deux plus tard 10-12 Broad Street.

Le volume des transactions augmentant entre 1896 et 1901, nécessita la construction d'un bâtiment plus spacieux. On fit alors appel à huit architectes new-yorkais qui présentèrent leurs projets. Celui de George Browne Post proposant un imposant édifice de style néoclassique fut sélectionné. Les travaux commencèrent le 10 mai 1901 par la démolisation de l'immeuble adjacent de Broad Street et la construction du nouveau bâtiment qui fut inauguré le 22 avril 1903 pour un coût total de 4 million de $. Avec des dimentions de 33 mètres sur 42,5, éclairée par un puits de lumière culminant à 22 m de hauteur sous plafond, la salle des marchés constituait à l'époque le grand volume intérieur que le pouvait trouver à New York. Le bâtiment fut classé au National Historic Landmark et National Register of Historic Places en 1978.

Le NYSE est fermé en juillet 1914 au début de la Première Guerre mondiale pour rouvrir quelques mois plus tard, le 28 novembre dans le cadre de la vente des bons du trésor pour aider à l'effort de guerre.

Le krach de 1929 est une crise boursière qui se déroula au New York Stock Exchange entre le 24 octobre et le 29 octobre 1929. Cet événement marque le début de la Grande dépression, la plus grande crise économique du XXe siècle. Les jours-clés du krach ont hérité de surnoms distincts : le 24 octobre est appelé jeudi noir, le 28 octobre est le lundi noir, et le 29 octobre est le mardi noir. C'est alors que le 31 octobre 1938, les dirigeants du NYSE déploieront un programme pour améliorer la protection des investisseurs pour gagner à nouveau la confiance des épargnants.

Depuis le 1er octobre 1934, les échanges sont surveillés comme les autres échanges de valeurs sur le territoire national par la Commission des opérations de bourse américaine composée alors d'un président et de 33 membres de conseil. Le 18 février 1971, le NYSE devient une société à but non lucratif et le nombre de membres de conseil est réduit à 25.

Le 24 août 1967, Abbie Hoffman à la tête d'un groupe d'anarchistes faisait irruption dans la salle des changes du NYSE. De là, ils jetèrent des faux billets de banque sur les gens qui se trouvaient plus bas. Ceux-ci se ruèrent sur les faux billets. Depuis, on a installé des barrières à cet endroit pour éviter le même genre d'événement.

Le 19 octobre 1987, le Dow Jones a chuté de 22,6 %. C'est la plus forte baisse enregistrée en une journée dans l'histoire des marchés financiers. On appelle ce jour le « deuxième lundi noir ».

Le 27 octobre 1997, suite à une baisse de 554,26 points de l'indice du Dow Jones, les fonctionnaires en charge du commerce font appel pour la première fois au « disjoncteur » pour faire cesser les échanges. Cette décision a été très controversée, ce qui a entraîné un remplacement rapide de cette règle. Maintenant, dès que l'indice chute de 10, 20, voire 30 %, la bourse ferme alors temporairement. Cette fermeture peut durer une heure et dans certains cas, les échanges sont clos pour le reste de la journée.

Le mercredi 26 janvier 2000, sous la direction du réalisateur Michael Moore, le groupe de rock Rage Against the Machine a joué son titre "Sleep now in the fire" devant les portes de la bourse afin de tourner son vidéoclip. Créant un mouvement de foule dans la rue et se produisant sans autorisation, le groupe contraint les forces de l'ordre à intervenir afin de mettre un terme aux troubles.

Le NYSE est fermé du 11 septembre au 17 septembre 2001 en raison des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Depuis septembre 2003, son président est un ancien dirigeant de la banque d'investissement Goldman Sachs, John Thain, qui a remplacé le controversé Richard Grasso, dont la rémunération avait fait scandale.

Le 21 avril 2005, Le NYSE annonce son intention d'acquérir Archipelago Holdings.

Le 6 décembre 2005, le bureau de la bourse de New York approuve la fusion avec Archipelago, le NYSE perdant son statut de société à but non lucratif et devient une société anonyme. Il en sort alors le 8 mars 2006 une nouvelle société, le NYSE Group.

1er juin 2006, NYSE Group et Euronext fusionnent pour former NYSE-Euronext.

Marsh Carter est le président de la bourse de New York succédant à John S. Reed. John Thain est le PDG du NYSE Group et Gerald Putnam et Catherie Kinney en sont les coprésidents.

Le NYSE assure la cotation des actions de 2 764 sociétés, représentant au 31 décembre 2006 une capitalisation boursière de l'ordre de 25 000 milliards de dollars US.

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Bourse (économie)

La Bourse de Bruxelles, terminée en 1873.

Employé seul dans un contexte financier, le terme bourse réfère le plus souvent à une bourse de valeurs.

Carthage, endroit le plus riche du monde antique a peut-être donné son nom aux bourses. Le mot actuel de « bourse » pourrait dériver du nom de la colline de « Byrsa » située en retrait de la ville de Carthage, à 10 km de Tunis, où avait été construit un temple dédié au dieu guérisseur Echmoun. Un mur y avait été édifié et ainsi la colline du sanctuaire était une citadelle. Aujourd'hui, on y trouve le monastère des Pères Blancs et la cathédrale Saint-Louis. Toutefois le terme de bourse, dans son sens actuel, apparaît au début du XIVe siècle, à Bruges en Flandre. Cette ville était un important centre de commerce depuis la fin du XIIe siècle. Une place de Bruges, qui portait le nom de la famille Van der Beurse, était le lieu d'échange pour de nombreux marchands. Rapidement, on s'est mis à dire qu'on allait à la Beurse chaque fois qu'on réglait le volet financier d'une affaire.

Au XIIe siècle, les courtiers de change étaient chargés en France de contrôler et réguler les dettes des communautés agricoles pour le compte des banques. Il s'agit en fait des premiers courtiers. Ils se réunissaient sur le Grand Pont à Paris, l'actuel Pont au Change. Il tire justement son nom des courratiers de change.

Au XIIIe siècle, les banquiers lombards sont les premiers à échanger des créances d'Etat à Pise, Gênes ou Florence.

En 1309, le phénomène s'institutionnalise par la création de la Bourse de Bruges. Elle est rapidement suivie par d'autres, en Flandre et dans les pays environnants (Gand et Amsterdam). C'est encore en Belgique que le premier bâtiment conçu spécialement pour abriter une bourse fut édifié à Anvers. La première bourse organisée en France voit le jour à Lyon en 1540.

Le premier krach recensé a lieu en 1636 en Hollande. Les cours des bulbes de tulipe ayant atteint des niveaux excessivement élevés, le cours s'effondra le premier octobre. C'est la tulipomanie.

Au XVIIe siècle, les Hollandais sont les premiers à utiliser la Bourse pour financer des entreprises : la première entreprise à émettre des actions et des obligations fut la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, introduite en 1602. C'est en 1688 qu'on commence à coter les actions et obligations à la bourse de Londres.

En 1774, à la Bourse de Paris (créée en 1724), les cours doivent désormais être obligatoirement criés, afin d'améliorer la transparence des opérations. C'est la création du Parquet.

Au XIXe siècle, la révolution industrielle permet le développement rapide des marchés boursiers, entraîné par les besoins importants de capitaux pour financer l'industrie et les transports.

À partir des années 1970, on assiste à la dématérialisation des titres échangés en bourse grâce à la révolution informatique. Dès 1971, le NASDAQ est le premier marché de cotations informatisées. En France, la dématérialisation fut effective à partir du 5 novembre 1984.

Les marchés financiers permettent une allocation efficace des ressources. La Bourse est tout d'abord un lieu de financement et de placement. Elle permet également l’allocation et la gestion des risques. Elle permet également la liquidité des titres.

Une entreprise n'obtient de nouvelles ressources, à travers l'émission d'actions ou d'obligations, que sur le marché dit primaire. Il existe trois grands types de mécanismes d'introduction (IPO ou Initial Public Offering): l'offre à prix ferme, les enchères et la méthode du livre d'ordres ou placement.

La Bourse permet la mobilisation de l'épargne et partant une meilleure allocation des ressources vers les projets d'investissements les plus profitables. En facilitant l'accès à l'épargne, les Bourses rendent possibles de nouveaux investissements et améliorent donc la rentabilité des investissements.

Il convient de signaler que les devises ne font pas l'objet d'échange en bourse. Celles-ci sont négociées sur le marché des changes qui est un marché de gré à gré (dit OTC, Over The Counter).

En France, les acheteurs et les vendeurs passent leurs ordres de Bourse par le biais d'un intermédiaire financier (banque, société de gestion, conseiller financier…) qui transmet ceux-ci à un membre officiel de la bourse (dénommé courtier, agent de change, société de bourse, entreprise d'investissement, broker). Depuis la directive européenne de 1993 sur les services d'investissement (DSI), on parle de prestataires de services d'investissement (PSI).

La multiplication des opérations est rendue possible grâce à la dématérialisation des titres. Les transactions ont lieu grâce aux systèmes informatique développés par les sociétés de bourse comme Euronext-New York Stock Exchange ou le London Stock Exchange. La vocation de ces sociétés est de gérer et d'assurer le bon fonctionnement du marché, ainsi que de garantir collectivement les opérations vis à vis des investisseurs.

Les Bourses ont été, à l'origine, des sociétés mutuelles possédées par les courtiers. Ainsi, le New York Stock Exchange est créé le 17 mai 1792 par 24 courtiers. De plus en plus les bourses tendent cependant à être elles aussi introduites en bourse. Euronext est ainsi coté sur la place de Paris et est le résultat d'un processus de fusion entre différentes bourses européennes puis avec le New York Stock Exchange aux États-Unis.

Depuis le 1er novembre 2007, la nouvelle règlementation financière Européenne (MiFID) autorise les établissements bancaires qui le souhaitent à créer leur propre bourse afin d'augmenter la concurrence dans le secteur. Sept banques d'affaire ont profité de l'occasion pour créer une nouvelle bourse commune, nommée Projet Turquoise, dont le but affiché est d'offrir des tarifs plus attractifs que ceux des bourses traditionnelles.

Ainsi en cas de problème, la société de compensation se substitue au membre défaillant et paie ou livre les titres.

Pour se prémunir, les sociétés de bourse ont mis en place un système de chambre de compensation, où celle-ci est acheteur et vendeur de tous les contrats. Tout d'abord les intervenants sur un marché organisé déposent une caution par contrat. Cette caution servira à payer les éventuelles pertes. Ensuite, quotidiennement, la société de Bourse calcule le gain ou la perte potentielle de chaque intervenant en fonction du cours du jour. Si la perte potentielle dépasse la caution versée alors l'opérateur de marché doit la compléter en versant de l'argent, c'est l'appel de marge, appelé aussi couverture des positions. Cet argent sert à verser les gains à l'opérateur potentiellement gagnant.

Cette garantie collective propre à un marché organisé n'existe pas pour les opérations dites « hors bourse » (ou de gré à gré).

Cette quasi-absence de risque de contrepartie fait des marchés organisés un lieu privilégié pour couvrir une position, et donc un lieu privilégié de spéculation. Ainsi la quasi-totalité des contrats (achat et vente) des marchés organisés sont revendus avant terme et s'éliminent deux par deux (achat et vente). Il ne reste que très peu de contrats qui sont effectivement livrés.

Le système des contrats à terme peut donner lieu à des situations cocasses où des investisseurs se retrouvent « collés » avec, par exemple, un contrat de pommes de terre ou de blé à recevoir car elles ont trop tardé à revendre leur contrat et n'ont pas trouvé acheteur.

Une des manières les plus fréquentes d'évaluer l'importance économique et financières d'une place boursière dans l'espace mondial est de comparer sa capitalisation boursière avec les autres places boursières. Par capitalisation boursière, on comprendra la somme des capitalisations des sociétés cotées dans la place boursière. Cette capitalisation fluctue en fonction de divers critères puisqu'une place boursière est avant tout un marché. Les chiffres sont donc variables.

Au XIXe siècle, ces critiques ont été particulièrement le fait de socialistes idéalistes, de catholiques-sociaux, de catholiques contre-révolutionnaires et de nationalistes, tous opposant, pour des raisons morales à l'origine, une « économie réelle » (le travail, la production, le petit propriétaire) à la sphère financière (éventuellement reliée, chez certains, au thème du rejet du cosmopolitisme).

À l'inverse, les tenants de la spéculation soulignent qu'il s'agit d'un mécanisme indispensable à la société qui permet de diriger les capitaux vers les sociétés qui seront le mieux à même de créer de la valeur et donc de permettre la prospérité. L'économiste Jean-Yves Naudet écrit ainsi : « soutenir que les spéculateurs rendent un vrai service, ce n’est pas politiquement correct, mais c’est scientifiquement prouvé ». À ce propos, il convient de distinguer les opérations de trading, qui ont peu d'impact sur l'activité des sociétés, des véritables opérations d'investissement.

Revenant sur la théorie de l'école de la régulation selon laquelle la bourse privilégierait le court terme, les économistes Augustin Landier et David Thesmar critiquent cette vision : en prenant l'ensemble des entreprises cotées américaines en 2004 et en retenant comme indicateur le Price to book ratio (valorisation par le marché de l'actif comptable de l'entreprise), ils observent que celles qui font des pertes sont valorisées environ 50% plus cher que celles qui dégagent des profits, soit l'exact opposé de la théorie de la régulation. Ils expliquent ce paradoxe apparent par le fait que les investisseurs sont prêt à payer pour des profits attendus sur le long terme. Le réel problème vient selon eux des stock-options qui incitent certains dirigeants à doper leur cours de bourse par des manipulations comptables, problème que les auteurs proposent de résoudre en interdisant d'exercer les options pendant la durée du mandat de dirigeant.

John Maynard Keynes a défendu l'idée que la « Bourse » (c’est-à-dire le marché secondaire) était un « concours de beauté », considérant que pour gagner en bourse, il ne faut pas investir sur l'entreprise potentiellement la plus rentable, mais sur l'entreprise dont tout le monde pense qu'elle est potentiellement la plus rentable. Cette différence qui peut paraître minime ouvre en fait sur une ère où la communication est reine. Selon Keynes, il n'est pas toujours nécessaire à une entreprise d'être rentable, il peut suffire de le faire croire à une majorité, et de faire savoir que la majorité le croit.

La théorie opposée dite de l' efficience du marché considère que dans un marché ouvert où bon nombre d'acteurs font commerce, le prix d'un titre représente exactement sa valeur. Dans cette optique, il serait inutile de tenter de battre le marché en analysant chaque action puisque des milliers d'autres analystes l'ont déjà fait et que le prix contient déjà toute cette information. Les variations ultérieures des prix seraient ainsi fonction de nouveaux évènements imprévus et aléatoires. D'où une hypothèse annexe dite de la marche au hasard. Le principal auteur de ces deux théories est Eugene Fama.

Cette catégorie de critiques ne porte pas sur l'existence de la Bourse, mais sur son efficience et son fonctionnement.

Schématiquement, vu du côté des entreprises cotées en Bourse, la Bourse est parfois critiquée pour ne pas conférer une « juste » valorisation aux sociétés, livrées aux mouvements du marché ou aux rumeurs. Cette critique est de portée limitée, le prix et la valeur étant confondus en théorie financière.

Pour les entreprises à la capitalisation la plus faible, les coûts de communication financière ou les obligations règlementaires supplémentaires imposées par les autorités de marché peuvent représenter des coûts importants qui ne sont pas compensés par les avantages d'être cotés. Ce qui conduit les propriétaires de certaines sociétés de taille moyenne à racheter les actions des actionnaires minoritaires afin de retirer les sociétés de la Bourse pour, éventuellement, les revendre ensuite à des investisseurs privés (capital-investissement).

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Source : Wikipedia