Bouaké

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Posté par hal 20/03/2009 @ 13:11

Tags : bouaké, côte d'ivoire, afrique, international

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Bouaké

Climat - Ville de Bouaké

Bouaké, appelée Gbekekro jusqu'en 1900, est une ville du Centre-Nord de la Côte d'Ivoire, située à 350 km environ d'Abidjan. Chef-lieu du département homonyme et de la région de la Vallée du Bandama, avec une population d'environ 600 000 habitants pour le département et 1,5 million d'habitants avec toutes les localités agglomérées qui y sont rattachées, elle est la deuxième ville la plus peuplée du pays après Abidjan, Yamoussoukro étant classée au troisième rang. Appelée capitale des populations d'ethnie Baoulé, Bouaké fut sous contrôle des Forces armées des forces nouvelles dès le déclenchement de la crise politico-militaire de 2002 et ce, jusqu'en 2007.

Desservie par la ligne des chemins de fer Abidjan-Niger qui relie Abidjan à Ouagadougou au Burkina Faso et dont l'exploitation est présentement assurée par la Sitarail, Bouaké constitue un carrefour commercial. Elle abrite en effet un marché de renommée sous-régionale implanté sur le site de la cathédrale Sainte-Thérèse. Bouaké s'est également rendue célèbre à travers son carnaval, événement culturel fortement médiatisé jusqu'à une date récente.

Avant le XXe siècle, le nom de la ville était Gbekekro. Kro signifiant village en baoulé, Gbékékro signifie le « village de Gbéké » en référence au chef Gossan Gbéké, ancien roi de Gbekekro au XIXe siècle.

Baouké, situé à la latitude 7°69 N et à la longitude 5°03 O, s'étend sur une superficie d'environ 72 km². Desservie par les autoroutes A3 et A8, elle se situe au nord des villes de Yamoussoukro, Tiébissou et Didievi, au sud de Botro et Katiola, à l'est de Béoumi, Konsou et Sakassou et à l'ouest de Gorobo (sur la A8), Santama-Sokoro, Santama-Soukoura, Alangouassi et M'bahiakro.

Bouaké fait partie de la zone climatique du nord avec un climat tropical humide. Bouaké possède un climat plus « sain » qu'Abidjan dont le climat est moins salubre. Le climat du nord est plus contrasté que celui du sud : l'amplitude thermique est plus élevée (22° à 35° = 13). L'ensoleillement est plus constant et l'hygrométrie plus faible qu'au sud.

On distingue deux saisons pour le climat nordique : la saison des pluies allant de mai à novembre et la saison sèche allant de novembre à mai. L'Harmattan, le vent du sahara, intervient dans la saison sèche vers janvier février, transportant du sable et desséchant tout sur son passage. La période la plus confortable pour voyager est celle de novembre à mars : le ciel est bleu, l'air sec et les nuits plus fraîches.

Avant le XIXe siècle, la ville était un important marché aux esclaves des Portugais dans le cadre du commerce triangulaire ,,,,,,, les Portugais étant les premiers Européens apparaissant dans le golfe de Guinée à la fin du XVe siècle, à l'initiative du prince Henri le Navigateur .

Au XIXe siècle, le village Gbekekro était dirigé par le chef charismatique, sage et connu pour son autorité, Gossan Kwa Gbeke, de la tribu des Abassous (groupe Akan). Il suit la Reine Pokou et sa sœur Akwa Boni dans leur épopée à travers la savane Baoulé jusqu'à l'installation définitive de la famille royale Baoulé dans la région de Ouarebo.

Gossan Kwa Gbeke, préside la cérémonie officielle de conclusion du traité de non-agression avec son homologue Samory Touré ainsi qu'avec la médiation des « Touré » de Marabadiassa. À la mort de K.G Gossan, Kouassi Blé lui succède. En 1898, la France implante sous la conduite du capitaine Benoît un camp militaire dans la région de Gbekekro, puis après la victoire des Français sur le front soudanais contre l'Almamy Samory Touré, ces derniers décident de conquérir la ville fondée par Gossan. De 1898 à 1900, il s'en suit une guerre Franco-Gbekekroise qui se solde par une défaite Gbekekroise et pousse Kouassi Blé à émigrer 12 km à l'est de Gbekekro K. Blé crée alors Koussi-Blékro où siège la grande chefferie Gossan de Bouaké.

Suite à la défaite du peuple gbékékrois, les colons français s'installent. À Bouaké, au début du XXe siècle, existait seulement un poste militaire, un quartier européen et trois villages baoulés. Les colons français décident de fonder une ville nouvelle, administrée et structurée. C'est ainsi qu'en 1900 des liaisons s'établissent entre Bouaké, Toumodi, Tiassalé, M'Bahiakro, Béoumi, Sakassou, Marabadiassa, Katiola... Quatre ans plus tard, ouvre le premier bureau de poste de Gbekekro. En 1907, des liaisons télégraphiques sont établies. C'est en 1910 que Gbekekro prend la forme de ville et devient Bouaké. Cette même année William Merlaud-Ponty, gouverneur-général de l'Afrique occidentale française, met en place l'approbation du premier plan de lotissement de Bouaké dont les travaux seront conduits par le capitaine Colombe. Deux ans plus tard, les Français mettent en place la ligne de chemins de fer entre Dimbokro et Bouaké.

De 1952 à 1966, le centre connaît une forte densification, la ville s'étend au nord et à l'ouest, certaines localités comme Koko ou liberté étant transformées en lotissements. En 1957, le maire de Bouaké, Djibo Sounkalo et le maire de Villeneuve-sur-Lot Jacques Raphaël-Leygues expriment leur volonté de faire un partenariat des deux villes : le 27 juillet 1957, cette expression de partenariat se solde par un jumelage des deux municipalités. De 1966 à 1982, Bouaké, nouvellement entrée dans la période indépendante, connaît des modifications spatiales importantes avec l'absorbtion de nouveaux villages. Des localités périphériques intègrent la ville : il s'agit de Belleville, Brouko, Konankankro. Dans cette atmosphère d'expansion, des riverains ruraux des quartiers péri-centraux sont déplacés afin de permettre la réalisation d'importants programmes de voirie. Dans les années 1980, la transformation de Bouaké atteint sa « phase finale » et conduit à sa configuration actuelle. Le rayon d'extension de Bouaké est de 7,6 kilomètres, tous les villages figurant dans cet espace sont intégrés à Bouaké. Depuis 1980, la ville s'est étendue de plus de 1200 hectares.

Politiquement, de 1960 à 2000, Bouaké vit au rythme de la Côte d'Ivoire : 33 ans de « règne » de Félix Houphouët-Boigny, succession d'Henri Konan Bédié en 1993, puis coup d'état de Noël 1999, fomenté par Robert Guéï qui destitue H.K Bédié à la tête du « pays d'Eburnie ».

En 2000, Laurent Gbagbo remporte les élections présidentielles avec 59% des suffrages face à Robert Guéï, qui refuse sa défaite. À Abidjan, une révolte populaire éclate en faveur de Laurent Gbagbo. Celui-ci devient alors président de la république le 26 octobre et le général Guéï reconnaît sa légitimité le 13 novembre. Lors des élections législatives organisées le 10 décembre suivant, le FPI apporte au nouveau président une confortable majorité de 91 sièges, contre 70 au PDCI-RDA, l'ancien parti unique qui a dirigé le pays pendant plus de 30 ans, et 16 indépendants. La Côte d'Ivoire, et notamment sa capitale économique et principale métropole, Abidjan, devient, pendant ces élections, le théâtre de violents affrontements. Pour sa part, Bouaké, tout en prêtant une oreille attentive aux évènements, ne vibre pas au « son violent et sanguinaire » d'Abidjan.

Deux ans plus tard, Bouaké devient le bastion des rebelles opposés au gouvernement central d'Abidjan qui occupent la moitié nord du pays. Le 19 septembre, des soldats rebelles venus du Burkina Faso tentent de prendre le contrôle de la ville d'Abidjan. Après l'échec de leur tentative, les putschistes sont repoussés et se replient sur Bouaké. La rébellion, qui prendra plus tard le nom de Forces Nouvelles, occupe progressivement la moitié nord du pays le coupant ainsi en deux : le sud tenu par les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces Nouvelles. Bouaké, la plus peuplée des villes sous le contrôle de la rébellion, devient alors la « capitale des rebelles ».

Dès cet instant, Bouaké est symboliquement opposé à Abidjan, cette derrnière devenant « Abidjan capitale des loyalistes et du sud » et « Bouaké capitale des rebelles et du pays nordique » (le territoire occupé par les rebelles représente 60% du territoire national ivoirien). Bouaké qui n'a pas connu la violence de novembre 1999 et 2000, observe des combats entre rebelles et forces gouvernementales, et passe de mains en mains ; des exécutions sommaires se multiplient, de chaque côté. Les FN exécutent des centaines de militaires loyalistes notamment au Stade de Bouaké qui connaît alors sa « période noire ». Des recrutements de forces sont opérés chez les adolescents Bouakéens afin d'intégrer les Forces armées des Forces Nouvelles. Durant les jours suivants et jusqu'au mois de novembre, de nombreux syndicalistes, étudiants, opposants politiques du RDR ou des partis proches du RDR, soupçonnés d'être à l'origine de la rébellion, ou militants d'organisations communistes sont exécutés par les forces de l'ordre ou par des miliciens. Trois cents personnes au total ont ainsi été assassinées à l'automne 2002. Des centaines d'étrangers ou de personnes suspectes sont également massacrées par les FANCI ou les mercenaires libériens.

Pour répondre à ces massacres loyalistes, des scènes similaires ont lieu à Bouaké entraînant la fuite vers le sud d'un million d'Ivoiriens alors appelés « déplacés de guerre ». Parmi les principaux dirigeants des rebelles, Guillaume Soro, leader du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), parti principal des rebelles, est issu du syndicat étudiant proche du FPI de Laurent Koudou Gbagbo mais a aussi été co-listier d'une candidate RDR aux élections législatives de 2000, Henriette Diabaté. Les soutiens augmentent progressivement : Ouagadougou se positionne derrière Bouaké tandis que Prétoria se range derrière Abidjan.

Le 26 janvier 2003, les accords Kléber (dits « de Marcoussis »), sont signés et très vite contestés à Abidjan. Le 27 février 2004, dans sa résolution 1528, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise la formation de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui regroupe les forces françaises et celle de la CEDEAO (l'ECOMOG), pour une durée initiale de douze mois à compter du 4 avril 2004.

Bien que le nord de la Côte d'Ivoire soit considéré par les rebelles comme libéré, de nombreuses exactions ont été commises un peu partout. Plusieurs charniers et fosses communes ont été trouvés par l'ONU et des organisations non gouvernementales comme Amnesty International.

Parallèlement, les rebelles mettent à sac les banques de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de Bouaké. Bien que le butin ne soit pas connu avec précision, il est estimé à plusieurs milliards de francs CFA (un milliard de francs CFA = un million et demi d'euros). Plusieurs militaires français de l'Opération Licorne sont arrêtés pour avoir ramassé des sacs remplis de billets abandonnés par les pillards.

Dès octobre 2004, la tension remonte entre Bouaké et Abidjan et des signes indiquent que les deux camps désirent en découdre à nouveau. Des soldats de l'ONU ouvrent le feu sur des manifestants défavorables au désarmement des rebelles le 11 octobre. Les Forces nouvelles (FN), annoncent le 13 octobre leur refus de se laisser désarmer face aux achats massifs d'armes des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI). Elles ont en effet intercepté deux camions des FANCI chargés d'armes lourdes faisant route vers la ligne de démarcation. Le 28 octobre, elles décrètent l'état d'urgence dans le nord du pays.

Abidjan décide d’une contre-offensive, baptisée « opération Dignité » (parfois appelée « opération César »). Un film de propagande soutient que cette opération s'est faite avec l'accord de l'Élysée, mais sur ce point, les commentateurs politiques ne sont pas d'accord .

La responsabilité de la prise de décision du bombardement n’est toujours pas établie. Le 4 novembre, l'aviation récente des FANCI commence des bombardements sur Bouaké. Des combats opposent les forces terrestres les jours suivants mais les FANCI ne parviennent pas à percer. Au total, les Forces nouvelles annoncent la mort de 85 civils dans les bombardements du 4 au 6 novembre.

Le 6 novembre 2004, un bombardement par l'aviation ivoirienne d'une position de l'armée française fait neuf morts et 39 blessés parmi les militaires du contingent français. L'armée française neutralise complètement l'aviation ivoirienne dans les jours qui suivent et la détruit. S'en suivent de violents affrontements entre Jeunes Patriotes et armée française à Abidjan. Face à cette situation, Charles Blé Goudé fait une déclaration solennelle dans les médias, c'est l'Appel du 6 Novembre.

Courant décembre, le président Gbagbo relance le processus de modification de la Constitution prévu dans les différents accords, de Marcoussis comme d'Accra III. Le 17 décembre 2004, le projet est adopté par l'Assemblée nationale, 179 députés ayant voté oui contre 19 députés ayant voté non. Cette modification ne porte que sur un mot de l'article 35 ; la phrase « Le candidat doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père et de mère ivoirien d’origine » devenant « Le candidat doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d’origine » ce qui ouvre la candidature à l'élection présidentielle. En novembre 2004, le président sud-africain Thabo Mbeki est mandaté par l'Union africaine comme médiateur.

Le 4 mars, de nouveaux accords de paix sont signés à Ouagadougou. À la différence des précédents accords, un dialogue direct s'est établi entre les deux parties avec comme seuls médiateurs le président Blaise Compaoré, désigné comme facilitateur, et la communauté catholique Sant'Egidio qui a œuvré très discrètement depuis les Accords de Marcoussis.

Cet accord a conduit le président Laurent Gbagbo à nommer le 29 mars Guillaume Soro, secrétaire général du MPCI, chef d'un gouvernement de transition dont la liste des membres est fixée par décret le 7 avril. Dans la perspective d'une sortie de crise, une ordonnance est publiée le 12 avril. Elle proclame une amnistie sauf pour les infractions économiques. Un des principaux points de l' Accord de Ouagadougou est la mise en place d'une procédure de révision des listes électorales qui devrait permettre l’inscription de trois millions de nouveaux électeurs.

La « zone de confiance », qui désignait la zone de séparation entre zone rebelle et zone loyaliste, est progressivement démantelée à partir du 16 avril, comme prévu dans ces accords.

Le 29 juin 2007, Guillaume Soro (Premier ministre ivoirien) échappe à un attentat à la roquette lors de l'atterrissage de l'avion dans lequel il était à l'aéroport de Bouaké. Quatre passagers sont décédés (deux gardes de corps de Soro, un membre de son cabinet et un journaliste) et plusieurs sont grièvement blessés.

Le 30 juillet 2007, pour sceller la paix en Côte d’Ivoire, la cérémonie de la Flamme de la paix est organisée pour la première fois au Stade Municipal de Bouaké rebaptisé à ce jour Stade de la Paix. Ce jour est décrété férié dans le calendrier ivoirien.

La ville est membre de l'Union des villes et communes de Côte d’Ivoire, de l'Union des villes africaines et de Association internationale des maires francophones dont le président actuel est Bertrand Delanoé. Elle est également membre de la Fédération Mondiale des Cités Unies (FMCU).

La municipalité est devenue autonome en 1969. En 1978 une loi institua 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays. C' est en application de cette nouvelle organisation que Konan Blédou du PDCI-RDA fut élu maire en 1980 pour succeder à Djibo Sounkalo (PDCI-RDA). Il est réelu en 1985 pour un second et dernier mandat. En 1990, Konan Antoine, du même parti politique, est élu maire de Bouaké. Cinq plus tard Konan Konan Denis, également membre du PDCI-RDA, est élu maire de Bouaké. Aux élections municipales de 2000, Fanny Ibrahima, du RDR, est élu maire de la ville et il devient ainsi le premier maire n'étant pas du PDCI-RDA, l'ancien parti unique au pouvoir dans le pays pendant 35 ans.

Après la crise politico-militaire, Bouaké et la majeure partie des localités du centre, a été placée sous l'administration du MPCI, puis des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire et se trouvait de fait sous l'autorité unique d'un « commandant de zone » ( « com-zone » ). Ce « commandant de zone » est désigné par le secrétaire général des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire et actuel premier ministre, Guillaume Soro, comme pour chacun des dix secteurs de la zone nord ivoirienne, Bouaké étant désignée depuis 2006 sous le terme de Zone no 3. Actuellement, il s'agit de Chérif Ousmane qui a succédé à Tuo Fozié. Cette autorité existe toujours en 2008 et cohabite avec les fonctionnaires de l' état, préfet et sous-préfet, revenus dans la région.

Le département, collectivité territoriale, est administré par un conseil général conduit par son président en vertu de la Loi n°2001-477 du 9 août 2001 relative à l'organisation des départements en Côte d'Ivoire.

Comme dans la plupart des villes et villages africains, une organisation traditionnelle, dite coutumière, coexiste avec celle de l'état : c'est ainsi qu'un « Conseil des Anciens », dirigé par le « Chef de canton », siège périodiquement ou occasionnellement sous l’« arbre à palabres » ,.

L'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire compte 223 députés élus pour cinq ans. La ville de Bouaké comporte trois circonscriptions.

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le 16 décembre 2005. Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction.

À la création de la ville, en 1910, Bouaké était essentiellement peuplée d'autochtones baoulé, d'africains émigrés et de troupes sous l'uniforme français. À l'indépendance de la Côte d'Ivoire, en 1960, les habitants étaient au nombre de 60 000. Dix ans plus tard cette population a doublé grâce à une immigration issue des pays voisins (Guinée Conakry, Mali, Burkina-Faso, Niger et Sénégal) et d'une forte natalité.

La population bouakéenne, est constituée essentiellement de Baoulés originaire du Ghana. Étant la deuxième ville la plus peuplée de la Côte d'Ivoire, Bouaké a bénéficié d'une immigration extra-nationale, une assez forte immigration régionale de peuples Dioula, Agni, Akyé, Bété, Mossi…

La langue traditionnelle de la ville était le baoulé. Depuis l'indépendance, la langue officielle à Bouaké et dans toute la Côte d'Ivoire est le français. Le français parlé à Bouaké comme à Abidjan est appelé le français populaire ivoirien ou français de moussa. Celui-ci se distingue du français standard par la prononciation. Une autre forme de français parlé à Bouaké est le nouchi qui est une sorte d'argot parlé surtout par les jeunes. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population commerçante de Bouaké, est le dioula. Enfin, la ville accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays comme Abidjan, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées : l'attié, l'agni, le bété, le wobé…

C'est à Elima, dans le sud du pays, que sera créée la première école officielle francaise en Cote d'Ivoire le 8 aout 1887 avec pour instituteur Fritz-Emile Jeand'heur venu d' Algérie. Elle comptait alors 33 élèves africains qui seront les premiers lecteurs en langue francaise. Elle fonctionnera pendant trois ans avant d'être transférée en 1890 à Assinie par Marcel Treich-Laplène, le nouveau résident de France. D'autres écoles de village seront créées à partir de 1890, à Jacqueville, Grand-Bassam, Moossou, Tabou, Béttié, localités toutes situées sur le littoral du Golfe de Guinée. Elles fonctionnaient avec des maîtres d'écoles occasionnels et regroupaient environ deux cents élèves en 1895. Le premier mars 1904, il y avait 896 élèves en Côte d'Ivoire pour une population estimée un peu supérieure à deux millions d'habitants. Bouaké accueillera l'une des dix-huit écoles de village créées en 1903. Elle comportait 38 élèves encadrés par deux instituteurs. Ils deviendront les premiers « lettrés » de la région. Le premier instituteur ivoirien, Loua Beugré, sera diplomé en 1912, entré à l' école normale de Saint-Louis au Sénégal en 1909, après avoir été formé à Bingerville. En 1911, il y avait, en Côte d'Ivoire, un groupe scolaire central à Bingerville, 16 écoles régionales et 26 écoles de village. En 1915, l'ensemble des établissements scolaires en Côte d'Ivoire accueillait 3317 élèves encadrés par un corps enseignant qui, outre les étrangers, comportait 17 instituteurs ivoiriens et 50 moniteurs ivoiriens. En 1924, il y avait 4354 élèves dont seulement 211 filles. En 1932, 6722 élèves dont 627 filles étaient scolarisés.

Jusqu'au début des années 50, il n'existait pas d'école secondaire à la colonie. Les premiers élèves ivoiriens scolarisés dans un lycée le seront en France via l'Aventure 46, initiée par Félix Houphouët-Boigny, alors député du PDCI-RDA élu en novembre 1945 à l'Assemblée constituante, et menée à bien avec l'appui du gouverneur André Latrille en dépit des fortes réticences de l'administration coloniale.

En 2008, la ville compte une université et le département comporte 27 lycées et 316 écoles primaires.

En Côte d'Ivoire, le taux de scolarisation est de 74 % et l'accès à l'enseignement secondaire est réglé par un concours d'entrée en sixième à l'issue duquel un tiers des élèves est admis à poursuivre ses études.

À tous les niveaux d'enseignement, c'est l'usage du français qui prévaut en vertu de l'article 1 de la constitution de 1960 qui a fait du français la seule langue officielle. Au primaire, les élèves doivent obligatoirement parler français « sous peine d'amende », y compris pendant les récréations. Les autorités affirment qu'au terme de leurs six années d'études primaires, les enfants ivoiriens auraient une maîtrise suffisante de la langue française. Au secondaire, l'anglais a été introduit comme seconde langue obligatoire ; au deuxième cycle, les élèves doivent apprendre une autre langue étrangère, l'espagnol ou l'allemand. Il en résulte que 40 % de la population est déjà « francisée », ce qui fait de la Côte d'Ivoire l'un des pays d'Afrique les plus « francophonisés ».

Le département compte aussi trois Institutions de Formation et d'Education Féminine situées au chef-lieu, soit trois des 90 centres de cette nature existant dans le pays. Cette institution a pour objet de permettre aux femmes analphabètes, aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées, aux femmes agricultrices de trouver une opportunité pour le développement d'aptitudes nouvelles permettant leur insertion ou leur autonomisation .

La ville dispose d'une offre de soins complète. Outre les centres de tradipratiques et de médecine traditionnelle, les officines illégales de ventes de médicaments en pleine rue, il existe plusieurs centres de santé et des pharmacies. La ville comporte des polycliniques, et des établissements spécialisés (vétérinaire, dermatologie, dentistes, optométrie, maternité, psychologie, pédiatrie, etc.).

Certains quartiers de la ville sont nommés : le « quartier AIR FRANCE », par exemple.

La région comporte des plantations de cacaoyers,, et de caféiers,,. L'agriculture locale produit aussi des ignames, des bananes plantains, du manioc, du sorgho, du mil, des ananas. Une première ferme-école a été créée à Bouaké en 1910.

Grâce à la retenue d'eau du barrage de Kossou qui couvre 1750 km2, la pêche, qui était auparavant peu pratiquée en pays Baoulé, a connu, à partir de 1969, un considérable essor. On y pêche des carpes et des capitaines destinés pour l'essentiel à la consommation locale.

Le premier atelier d'égrenage du coton a été créé dans la ville en 1912. Une usine textile, l'usine de Gonfreville, est installée dans la ville depuis 1921.

La ville de Bouaké dispose d'un aéroport (ICAO : DIBK et IATA : BYK) qui met Abidjan à 1 h 30 de vol. Des autocars de différentes compagnies assurent le voyage régulier aller-retour de Bouaké vers les autres villes ivoirennes. Les villes voisines sont aussi reliées à Bouaké à l'aide de taxis brousse avec 9 à 22 places assises et des gbakas.

Située sur la ligne du chemin de fer qui relie Abidjan à Ouagadougou au Burkina Faso, Bouaké dispose d'une gare ferroviaire exploitée par la Sitarail.

La ville est animée par un marché quotidien, appelé « Super Marché », le marché de la cathédrale Sainte-Thérèse où les villageois des alentours viennent s'approvisionner et vendre leur production, comme dans toutes les villes du pays. Comme partout en Afrique, il est d'usage de discuter le prix. Les marchandises, entre le taxi brousse et l'étal des vendeurs ou vendeuses, sont la plupart du temps transportées par des pousse-pousses, lesquels sont parfois tirés par des enfants, le travail des enfants étant ici très répandu, par la force des choses, puisque la scolarisation, pour beaucoup, cesse vers 13 ou 14 ans.

Après la prise de contrôle de tout le nord du pays par les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire en 2002, le commerce transfrontalier avec le Mali et surtout le Burkina-Faso s'est considérablement développé, l'approvisionnement par le sud étant devenu très difficile et aléatoire. Il en a résulté une moindre taxation des marchandises, la vie devenant ainsi meilleur marché au nord qu'au sud, contrairement à la situation antérieure, même si la pratique de la « taxation directe à la source », très répandue dans les pays du tiers-monde, perdure comme dans la partie sud du pays, au détriment du niveau de vie de la population, . Bouaké s'approvisionne pour l'essentiel en denrées alimentaires à partir des pays voisins (Burkina-Faso, Mali, Guinée…) et s'astreint à consommer « local ». La viande de brousse est plus présente que celle de bœuf. Les prix sont globalement moins élevés qu'à Abidjan (le kilo de viande se vend ici à 1 000 F CFA, contre plus du double dans la capitale économique), la zone étant devenue un no man's land fiscal.

La quasi-totalité des établissements du réseau bancaire ivoirien est représentée à Bouaké : SGBCI, BICICI, BNI (Banque Nationale d’Investissement), BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest), CECP (Caisse d’Épargne et de Chèques Postaux), COOPEC (Coopérative d’Épargne et de Crédit).

Bouaké organise chaque année un célèbre carnaval dont l'apothéose se situe au Palais du carnaval.

Le Bouaké by night a longtemps été, avant 2002, organisé autour de l'emblématique maquis « Papagaye », où tous se rencontraient pour de longues nuits à la bière, aux plats d'attiéké, au poulet grillé ou au poisson braisé et du night-club Le Fokker 100. La ville, comme la plupart des villes d'Afrique, compte de nombreux autres maquis et des allocodromes.

Bouaké dispose de deux salles de cinéma fermées, à la différence de beaucoup de villes africaines dotées de cinémas en plein air : le Capitol et le cinéma Liberté. L'essentiel de sa programmation propose des films de karaté, des films égyptiens ou des films indiens venus de Bollywood. Comme dans la plupart des pays du tiers-monde, le cinéma indien est très apprécié en Afrique de l'ouest. La ville est équipée d'un centre culturel, le Centre culturel Jacques-Aka.

La ville compte de nombreux clubs de karaté et plusieurs piscines municipales. Elle compte aussi le Stade de la Paix dédié au football.

En 2008, Bouaké est représenté par le club de VAC Bouaké, actuellement en Championnat de division 3. Quatre autres clubs de football, le BOUAKE FC, l' ESPERANCE CLUB DE BOUAKE, l' Alliance Bouaké et l' ASC Bouaké évoluent en Championnat de Division Régionale, équivalent d'une « 4e division » . Ce dernier club a remporté la Coupe de Côte d'Ivoire de football face à l'EECI en 1988, succédant ainsi à Africa Sports et en a été finaliste en 1993, face à l'Africa Sports. Son retour sur la scène ne se fera qu'en 2001 où elle sera finaliste malheureux de la Coupe nationale face à l' ALLIANCE CLUB DE BOUAKE qui remportera le derby sur un score de 2-0.

Bouaké possède également de nombreux centres de formations et académies de football : le CF Amian Bouaké (CFAB), le CF Les Anges Noirs Bouaké, le CF de Football Caïman Bouaké, le CFD au métier du football Bouaké, le CF espoirs de Chao Bouaké, le CF Jumeaux de Bouaké, le CF de football de Koko, le CF Laboratoire de Bouaké, le CF Otto Sophie, le CF Santos Dar-es-Salaam, le CF Maxi-Foot, l'EF de l'Auberge Bouaké, EF de Dar-es-Salaam de Bouaké, EF Edgar Kouadio Kintonou, Nouvelle Génération de Bouaké.

Au niveau continental, Bouaké a accuelli avec Abidjan la Coupe d'Afrique des Nations de football 1984 remportée par le Cameroun face au Nigéria. À cette occasion, pour supporter l'équipe nationale, le gouvernement a décidé de fermer les écoles pendant la durée de la compétition. Bien que l'équipe nationale ait été éliminée dès le premier tour de l'épreuve, aucun cours n'a eu lieu pendant 2 semaines...

Le stade municipal de Bouaké ou le stade de la Paix, d'une capacité de 35 000 sièges, d’une dimension de 119 x 73 (football-rugby), construit sous la forme d’une couronne ovale avec un profil en travers de 24 gradins est le mythique stade de la ville de Bouaké. Il a accueilli plusieurs grands événements sportifs, politiques et culturels : en 1984, il accueille, avec le stade Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, la Coupe d'Afrique des nations de football 1984 ; en 1985, Alpha Blondy livre un gigantesque concert dans cette enceinte.

Pendant la crise ivoirienne de 2002 à 2007, c'est la « période noire » puisque ce stade a servi à l'exécution de prisonniers militaires et politiques.

La crise terminée, le stade subit une rénovation afin d'accueillir le 3 juin 2007 un match classé « historique » entre la Côte d'Ivoire et le Madagascar qui se solde par une victoire 5-0 de la « Séléphanto » ivoirienne.

Le 31 juillet 2007, ce stade accueille la grandiose cérémonie de la Flamme de la paix symbolisant la fin de la Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire en présence de personnalités tels que : Guillaume Soro, Laurent Gbagbo, Amadou Toumani Touré, Blaise Compaoré, Yayi Boni, Faure Gnassingbe, Nino Viera, Thabo Mbeki, etc.

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Stade de Bouaké

Le Stade de la Paix en pleine réhabilitation

Le Stade Municipal de Bouaké ou Stade de la Paix (depuis la cérémonie de la Flamme de la paix de 2007) est un stade de football de Côte d'Ivoire qui se situe dans la ville de Bouaké. Il peut accueillir 35 000 spectateurs assis. Il a été spécialement construit pour accueillir, avec le Stade Félix Houphouët-Boigny, les matchs de la Coupe d'Afrique des nations de football 1984. C'est le plus grand stade du pays après le Félicia (50 000 places). La réhabilitation du Stade de Bouaké était la première étape du processus de réhabilitation et renouveau de tous les stades de Côte d'Ivoire .

Le Stade de Bouaké d’une dimension de 119 x 73 (football-rugby), a été construit sous la forme d’une couronne ovale avec un profil en travers de 24 gradins .

Pendant la crise ivoirienne (Octobre 2002- Mars 2007), tous les programmes sportifs ont été annulés, Le stade a été déserté pour cause d'occupation des FN. D'après des témoignages de civils installés à Bouaké, ce stade aurait servi de lieu d'exécution de policiers, gendarmes et militaires, de la force gouvernementale par les Forces Nouvelles.

Le Stade était en travaux de réhabilitation (comme le sont tous les stades nationaux en ce moment dans le processus de réhabilitation et renouveau des stades ivoiriens entamé), la délégation de la FIF, composée d’une demi-douzaine de personnes a passé le stade au peigne fin, de la pelouse à la loge officielle en passant par les cabines de la presse écrite, les vestiaires, les tribunes, rien n’a été négligé. La fin des travaux était prévue pour le 3 juin 2007.

Selon des indiscrétions (révélé par L'Inter), le coût total de cette réhabilitation pourrait s'être élevé entre 200 et 300 millions de F CFA ( soit environ : 305 000 à 457 400 €) voir plus. C'est dans ce stade que, selon les vœux de Didier Drogba, ballon d’or africain 2006 et capitaine des Eléphants, le match retour Côte d’Ivoire-Madagascar, comptant pour la 4è journée des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations de football 2008, s'est déroulé.

La loge officielle, les gradins, les vestiaires, les grilles de protection ainsi que l'infirmerie ont été entièrement rénovés. A cela, il faut ajouter les douches, les toilettes des joueurs et celles du grand public qui ont été refaites. Au niveau de la sécurité, rien n'a été négligé. Des murs ont été érigés à la sortie des vestiaires pour éviter tout contact des joueurs avec le public. Selon les experts de la Fif et du ministère, tout a été fait conformément aux normes internationales (FIFA).Cependant une grosse inquiétude demeure, la qualité de la pelouse.

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Université de Bouaké

L' Université de Bouaké est la seconde université de Côte d'Ivoire . Elle est installée dans la seconde ville du pays (en nombre d' habitants), au centre de la Côte d'Ivoire et à Korhogo, au nord du pays .

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Gare Ferroviaire de Bouaké

La gare ferroviaire de Bouaké est un site aménagé à Bouaké en Côte d'Ivoire pour accueillir les trains et leurs passagers. Construite par la Régie des chemins de fer Abidjan-Niger, elle a été inaugurée par le gouverneur général William Ponty le 15 mars 1912. La gare ferroviaire de Bouaké reste terminus jusqu'en 1923. Par la suite, elle relie Abidjan à Ouagadougou. Elle est actuellement exploitée par la Sitarail.

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Source : Wikipedia