Botswana

3.4493284493639 (819)
Posté par seb 03/04/2009 @ 05:09

Tags : botswana, afrique, international, environnement

Dernières actualités
Chute de la production de diamant - Le Figaro
Le Botswana voisin, plus grand producteur de diamants dans le monde, va réduire de moitié sa production cette année pour atteindre 15 millions de carats. Depuis mardi, quelque 200 délégués du processus de Kimberley, présidé cette année par la Namibie,...
Botswana : appel aux banques - reussirbusiness.com
LesAfriques.com - Baledzi Gaolathe, ministre des Finances et de la Planification du développement, a lancé un appel aux banques pour qu'elles s'impliquent davantage dans le soutien au développement local. Intervenant lors de l'inauguration d'une...
BOTSWANA: Impact significatif de la circoncision à grande échelle ... - IRINnews.org
JOHANNESBOURG, 23 juin 2009 (PlusNews) - Le plan mis en place par le Botswana pour circoncire près d'un demi million de personnes d'ici 2015 pourrait aider à éviter quelque 70 000 nouveaux cas de VIH à l'horizon 2025, selon un récent rapport publié...
Afrique : liberté économique avant démocratie ? - Grioo.com
En dehors de d'exceptions comme le Ghana ou le Botswana, force est de constater que la transplantation de la démocratie occidentale en Afrique n'a pas été un vif succès. Coups d'État, violences post-électorales, modifications de la constitution...
Eliminatoires CAN/ Mondial 2010 de football : Le parcours en deux ... - Abidjan.net
Les Eléphants en déplacement vont-ils relever la tête face au Botswana ? Non. Ils sont encore contraints au partage des points (1-1). La peur d'une sortie sans gloire au profit de néophytes grandit davantage. Heureusement, les trois dernières sorties...
4 voyages verts à saisir - L'illustré
DESTINATION: Botswana, sur les rives du fleuve Limpopo. PRIX: 15 jours, dès 5530 fr. par personne, vol inclus. Kuoni. BONUS ÉCOLOGIQUE: une partie du prix du voyage est versée au projet Volonteering de protection des éléphants et des léopards du...
Les Blancs de Norman Rush : bienvenue au Botswana - Actualitté.com
Mais autre époque, autres moeurs : ici, c'est au Botswana que l'on se rend, chez les Blancs, ceux qui ont occupé cette partie de l'Afrique australe complètement coupée de la mer. Indépendant depuis peu, finalement (30 septembre 1966 pour la petite...
Jetset franchit une nouvelle étape en BtoC - Pros du Tourisme
La brochure "Moyen-Orient", sur 66 pages, a été mise en ligne la première avec au sommaire les Emirats arabes Unis et le sultanat d'Oman, suivie par la brochure "Afrique" (Afrique du sud, Namibie, Botswana, Kenya et Tanzanie) et ses 88 pages....
Echos d'Afrique - Le Figaro
Makarapa signifie «travailleurs émigrés», venus des pays voisins (Botswana, Zimbabwe, Lesotho...) A peine le 3e tour des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010 bouclé, les joueurs africains ont repris leur bâton de pèlerins pour jouer des matches de...
Le Botswana, la Tunisie et la Libye classés - Sud Quotidien
Le Botswana, la Tunisie, la Libye et le Malawi, constituent le quatuor des pays les plus pacifiques d'Afrique, selon un classement établi par l'institut « Global Peace Index » (Gpi) parvenu hier à Apa. Selon le Gpi, le Botswana occupe le premier rang...

Botswana

Drapeau du Botswana

Le Botswana, la République du Botswana pour les usages officiels, est un pays d'Afrique australe sans accès à la mer, entouré de l'Afrique du Sud au sud et sud-est, de la Namibie à l'ouest, de la Zambie au nord et du Zimbabwe au nord-est. Les habitants sont les Botswanais. Autrefois le protectorat britannique était appelé Bechuanaland. Le Botswana adopta son nom après son indépendance à l'intérieur du Commonwealth le 30 septembre 1966. Sa capitale est Gaborone. Son économie est, majoritaiement liée à son voisin sud-africain, dominée par les services (43% en part du PNB en 1999) , les mines (48%), les industries (4%) et l'agriculture (5%).

À la fin du XIXe siècle, les hostilités éclatent entre les setswana, habitant le Botswana, et les tribus Ndebele migrant sur ce territoire depuis le désert du Kalahari. Les tensions montent également d'un cran avec les colons Boer venant du Transvaal. Après les demandes d'assistance lancées par les dirigeants Botswana Khama III, Bathoen et Sebele, le gouvernement britannique met le "Bechuanaland" sous sa protection le 31 mars 1885. La partie nord de ce territoire passe sous administration directe en tant que Protectorat du Bechuanaland, formant le Botswana actuel. La partie sud du territoire est intégrée à la colonie du Cape, et fait maintenant partie de la province nord-ouest de l'Afrique du Sud. La majorité des personnes parlant setswana vivent aujourd'hui en Afrique du Sud.

Lorsque l'Union de l'Afrique du Sud est formée en 1910, englobant les principales colonies britanniques de la région, le Protectorat du Bechuanaland, le Basutoland (actuel Lesotho) et le Swaziland (le "High Commission Territories") ne sont pas inclus, mais leur incorporation ultérieure est prévue. Toutefois, l'Empire britannique s'engage vaguement à consulter au préalable les habitants de ces territoires. Bien que les gouvernements successifs d'Afrique du Sud cherchent plusieurs fois à intégrer ces territoires, la Grande-Bretagne ne cesse de retarder sa décision, et cette intégration n'a finalement jamais eu lieu. En 1948, le National Party est élu au gouvernement, et il institue l'apartheid en Afrique du Sud, qui se retire de la communauté du Commonwealth of Nations en 1961, mettant ainsi fin à toute perspective d'intégration de ces territoires dans l'Afrique du Sud.

Une expansion de l'autorité centrale britannique et l'évolution du gouvernement tribal aboutissent à la création en 1920 de deux conseils consultatifs représentant les Africains et les Européens. Les proclamations de 1934 régularisent les lois et pouvoirs des tribus. Un conseil consultatif euro-africain est formé en 1951, et la constitution de 1961 crée un conseil consultatif législatif.

En juin 1964, la Grande-Bretagne accepte les propositions de création d'un gouvernement autonome élu démocratiquement au Botswana. En 1965, le siège du gouvernement est transféré depuis Mafikeng en Afrique du Sud, vers Gaborone nouvellement créée. La constitution de 1965 mène aux premières élections générales et à l'indépendance, le 30 septembre 1966. Seretse Khama, un chef de file du mouvement pour l'indépendance, est élu premier président de la République du Botswana. Réélu à deux reprises, il meurt en fonction en 1980. La présidence est transmise au vice-président, Quett Masire, qui a été élu dans son propre droit en 1984 et réélu en 1989 et 1994. Masire a pris sa retraite de son poste en 1998. La présidence a été transmis au vice-président, Festus Mogae, qui remporte ensuite l'élection de 1999 et est réélu en 2004. Le président suivant est le lieutenant-général Seretse Khama Ian Khama qui entre en fonction 2008, en prévision des élections de 2009. Il est le fils du premier président du Botswana, et un ancien chef de l'armée du Botswana (BDF).

La politique du Botswana s'effectue dans le cadre d'une République, alliant un régime présidentiel à une démocratie représentative, dans lequel le Président du Botswana est à la fois le chef de l'État et le chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement. Le pouvoir législatif est exercé par le gouvernement et le Parlement du Botswana, mais le pouvoir judiciaire est indépendant de l'exécutif et du législatif. C'est également un système multipartite, dominé depuis l'indépendance par le Botswana Democratic Party.

Au moment de l'indépendance, le Botswana n'a pas de force armée. Suites aux attaques en provenance de la Rhodésie (actuel Zimbabwe), le Botswana se dote d'une force armée, la Botswana Defence Force (BDF), en 1977. Le Président du Botswana en est le commandant en chef, et il désigne un conseil de défense. La BDF compte aujourd'hui près de 12 000 membres.

Le BDF est une force militaire capable et disciplinée. Suite à l'évolution positive de la situation politique en Afrique du Sud et dans la région, les missions de la BDF sont de plus en plus centrées sur les activités de lutte anti-braconnage, la préparation aux catastrophes, et des opérations de maintien de la paix à l'étranger. Les États-Unis sont le plus gros contributeur étranger au développement de la BDF, et une grande partie de son corps des officiers ont reçu une formation américaine.

Le Botswana met l'accent sur son intégration économique et politique en Afrique australe. Il cherche à faire de la Communauté de développement d’Afrique australe un outil de développement économique, et encourage les efforts permettant à la région d'assurer elle-même sa propre diplomatie préventive, de résoudre localement les conflits et assurer une bonne gouvernance. Le Botswana a accepté amicalement l'Afrique du Sud post-apartheid comme partenaire dans ces efforts. Le Botswana s'associe généralement au consensus africain sur la plupart des grandes questions internationales et est membre d'organisations internationales telles que les Nations unies, le Commonwealth of Nations et l'Union africaine (UA). Le Botswana est également membre de la Cour pénale internationale, avec un accord bilatéral d'immunité pour l'armée américaine (couvert par l'article 98 du Statut de Rome).

Le Botswana est majoritairement plat, formant un plateau vallonné. Le désert du Kalahari est situé dans le sud-ouest du pays. Le bassin du fleuve Limpopo est le principal relief de l'ensemble de l'Afrique australe, et notamment du Botswana. Avec 581 730 km ², le Botswana est en termes de superficie, au 45e rang mondial (juste après l'Ukraine). À titre de comparaison, il est d'une taille équivalente à celle de Madagascar.

Le Botswana est dominé par le désert du Kalahari, qui couvre pratiquement 70% de la surface terrestre du pays. Le Delta de l'Okavango, dans le nord-ouest du pays, est le second plus grand delta intérieur du monde avec une superficie de 18 000 km2. Le Makgadikgadi Pan, un grand désert de sel, est situé dans le nord.

Le Botswana possède divers types d'habitat pour la faune sauvage, dont le delta de l'Okavango, le désert du Kalahari, la prairie et la savane.

Le Botswana pourrait facilement passer pour un modèle de réussite économique sur le continent africain. Il a bâti son avenir sur une administration démocratique, stable, compétente et peu corrompue (Transparency International le classe régulièrement comme le pays le moins corrompu d'Afrique), une gestion prudente et un sous-sol riche en diamants et en minéraux (cuivre, nickel), mais aussi en charbon et pétrole. Ce pays, qui lors de son indépendance en 1966 était l'un des vingt-cinq plus pauvres du monde, se classe désormais parmi les plus prospères du continent. Il s'agit du seul pays au monde qui a pu afficher, lors de la période 1970-2000, une croissance annuelle moyenne de près de 9 %; il est en outre le seul pays avec le Cap-Vert en 2007 ayant pu sortir du groupe des pays les moins avancés, en 1984.

Cette richesse théorique est cependant menacée par une trop grande dépendance de l'économie vis-à-vis du secteur minier, ainsi que par l'épidémie de SIDA qui sévit dans toutes les couches de la population (près d'un adulte sur trois serait infecté). Ce territoire grand comme la France, mais trente fois moins peuplé, reste dans une situation enviable pour nombre de ses voisins.

Dans la partie nord du Botswana, les femmes des villages de Etsha et Gumare sont connus pour leur aptitude à l'élaboration de paniers tressé à partir de Mokola Palm et de colorants locaux. Les paniers sont généralement de trois types: de grands paniers lidded utilisés pour le stockage, de grands paniers ouvert pour transporter des objets sur la tête ou threshed vannage pour grains, et de petites plaques de vannage pour grains pilés.

Dans la partie sud est du Botswana, l'artisanat local s'exprime aussi au travers de la poterie Thamaga et des Weavers Oodi.

Les paysage du Botswana ont inspiré de nombreux romans, et quelques écrivains l'habitant développèrent la littérature de ce pays.

Bessie Head est une célèbre écrivaine du Botswana. Elle a fui le régime de l'apartheid en Afrique du Sud pour vivre et écrire sur le Botswana. Elle y a vécu de 1964 (quand il était encore le Protectorat du Bechuanaland) jusqu'à sa mort, à l'âge de 49 ans, en 1986. Elle a vécu à Serowe, et ses plus célèbre ouvrages, When Rain Clouds Gather, Maru, et A Question of Power y sont exposés.

Le Botswana sert de décor à une série de romans populaires et mystérieux d'Alexander McCall Smith. Le personnage principal, Precious Ramotswe, vit à Gaborone. Le premier roman de la série,The No. 1 Ladies' Detective Agency, est publié en 1998 en Grande-Bretagne (et en 2001 aux Etats-Unis). Ces romans sont appréciés pour leur intérêt humain et leur couleur locale. Un film a été tourné en Kgalewood, au pied du Kgale Kgale Hill, au Botswana.

Norman Rush, qui a servi en temps que directeur du Corps de la Paix au Botswana de 1978 à 1983, utilise ce pays comme décors pour l'ensemble de ses livres publiés, qui mettent généralement l'accent sur la communauté expatriée.

Unity Dow (née en 1959) est une juge, une activiste des droits de l'homme, et écrivaine du Botswana. Elle vient d'un milieu rural qui tend vers des valeurs traditionnelles africaines de la nature. Sa mère ne savait pas lire l'anglais, et la plupart des décisions sont prises par les hommes. Elle devint avocate et une grande partie de son enseignement se fait en Occident. Son éducation occidentale lui a valu un mélange de respect et de suspicion.

En tant qu'avocate, elle est principalement connue pour ses positions sur les droits des femmes. Elle s'est portée partie civile dans une affaire qui a permis aux enfants dont seule la mère est de nationalité Botswana d'obtenir également cette nationalité. La tradition et la loi avant cette affaire indiquait que seuls les descendants de père Botswana obtenaient la nationalité. Plus tard, elle devint la première femme Botswana juge de la Haute Cour.

En tant que romancière, elle écrivit trois livres. Ces livres concernent le plus souvent les questions relatives à la lutte entre les valeurs traditionnelles et occidentales, et marquent également son intérêt pour les questions de genre et la pauvreté du pays.

L'auteur et historienne britannique Susan Williams écrivit un livre, The Triumph of Seretse Khama and His Nation, qui raconte l'histoire du mariage et des luttes de Sir Seretse Khama et Lady Ruth Williams Khama.

Mpule Kwelagobe a été élue à Chaguaramas au Trinité-et-Tobago Miss Univers 1999 dans la nuit du 26 mai 1999 devant plus d'un milliard de téléspectateurs. Ce fait a contribué à populariser le Botswana.

Le premier lundi suivant Noël est également férié.

Le Botswana a fait de grands progrès dans le développement de l'éducation depuis l'indépendance en 1966. A cette époque il y avait très peu de diplômés dans le pays, et seul un très faible pourcentage de la population parvenait jusqu'à l'école secondaire.

Avec la découverte de filons de diamants et l'augmentation du budget du gouvernement qui s'en est suivi, le Botswana a acquis les moyens financiers pour développer le domaine de l'éducation. Tous les étudiants sont garantis de bénéficier de dix ans d'éducation de base, conduisant à un certificat de qualification junior. Environ la moitié de la population scolaire participe à deux autres années de l'enseignement secondaire menant à l'attribution du Botswana General Certificate of Education (BGCSE). Après avoir quitté l'école, les élèves peuvent s'inscrire dans l'un des six collèges techniques du pays, ou de prendre des cours de formation professionnelle pour l'enseignement ou pour devenir infirmières par exemple. Les meilleurs élèves entrent à l'Université du Botswana de Gaborone, une université moderne et bien équipée, avec une population étudiante dépassant les dix mille inscrits.

Les gains quantitatifs n'ont pas toujours été récompensés par un gain qualitatif. Les écoles primaires en particulier, manquent encore de ressources, et les enseignants sont moins bien rémunérés que leurs collègues du secondaire. Le gouvernement du Botswana espère qu'en investissant une large part de recettes nationales dans l'éducation, l'économie du pays deviendra moins dépendante des revenus du diamant, mais également moins dépendante des expatriés pour alimenter son marché du travail en travailleurs qualifiés.

En janvier 2006, le Botswana annonce la réintroduction des frais de scolarité après deux décennies d'éducation exclusivement financée par l'État. Néanmoins, le gouvernement prévoit toujours d'accorder des bourses à tout étudiant de l'Université du Botswana ou si la formation n'est pas assurée localement, comme les études de médecine, lorsqu'il doit étudier à l'étranger.

En haut



Frontière entre l'Afrique du Sud et le Botswana

La frontière entre l'Afrique du Sud et le Botswana est la frontière séparant l'Afrique du Sud et le Botswana.

En haut



Économie du Botswana

Carte mondiale de perception de la corruption (2005). Le Botswana est le pays africain le mieux classé (32e), selon Transparency International.

Le Botswana pourrait facilement passer, sur le papier, pour un modèle de réussite économique sur le continent africain : bâtissant son avenir sur une administration démocratique, stable, compétente et peu corrompue, (Transparency International le classe régulièrement comme le pays le moins corrompu d’Afrique), une gestion prudente et, bien sûr, un sous-sol riche en diamants et minéraux, ce pays enclavé, dont seules 5% des terres conviennent à l’agriculture et qui lors de son indépendance en 1966 était l’un des 25 plus pauvres du monde, se classe désormais parmi les plus prospères du continent. De fait, il s’agit du seul pays au monde qui a pu lors de la période 1970-2000 afficher une croissance annuelle moyenne de près de 9%.

Cette richesse théorique est cependant menacée par une surdépendance de l’économie vis-à-vis du secteur minier, ainsi que par l’épidémie de SIDA qui sévit à travers toutes les couches de la population (près d’un adulte sur trois serait infecté). Quoi qu’il en soit, avec ses heurs et malheurs, ce territoire peuplé de 3,12 habitants au km² reste dans une situation enviable pour nombre de ses voisins.

Lors de sa mise formelle sous protectorat par les Britanniques en 1885, le Bechuanaland n’est que l’arrière-cour semi désertique de l’Afrique du Sud, et le rôle du gouvernement se limite essentiellement à contrôler les tensions qui opposent les locaux (essentiellement des Shonas) aux colons ndébélés et boers. Le seul projet industriel d’envergure est l’attribution d’une bande de terre à Cecil Rhodes pour la construction du chemin de fer Le Cap-Le Caire vers la fin du XIXe siècle.

Lorsque le Botswana accède à l’indépendance le 30 septembre 1966, sa capitale Gaborone n’est guère qu’un village de quelques milliers d’âmes, une poignée de kilomètres de routes seulement dans tout le pays sont goudronnées, et l’on n’y trouve que deux écoles secondaires offrant un cycle complet de 5 ans, comptant 80 élèves en tout et pour tout. La seule « richesse » du pays, essentiellement couvert par le désert du Kalahari, est alors l’élevage extensif de bovins. Les choses changent de manière radicale à partir de juillet 1971 avec l’ouverture par la compagnie sud-africaine De Beers de la plus grande mine de diamants du monde à Orapa. A partir de ce moment, et soutenue par les investissements étrangers et un gouvernement efficace et transparent, la croissance du produit intérieur brut s’est maintenue aux alentours de 8% annuellement jusqu’à la fin des années 1990. Entre les recensements de 1985-86 et 2002-03, la proportion de la population sous le seuil de pauvreté absolue a ainsi pratiquement diminué de moitié (de 57 % à 30 %).

Avec la stabilisation prévue de la production de diamants, le gouvernement botswanais a commencé depuis le début des années 2000 à prendre des mesures pour diversifier plus sérieusement l’économie et la rendre moins dépendante du secteur minier, notamment avec l’externalisation des services et le tourisme, ce dernier s’étant longtemps cantonné aux segments les plus élevés du marché.

Il a souvent été postulé que l’abondance de ressources était pour un pays autant voire plus une malédiction qu’une réelle chance: cela est vrai pour les pays développés (voir maladie hollandaise), mais plus encore pour les pays pauvres, où la richesse du sous-sol semble influer négativement sur la stabilité du pays ainsi que sur la fréquence des conflits armés qui s’y déroulent (on pensera notamment au Libéria ou à la République démocratique du Congo). Le Botswana semble pourtant avoir échappé à cette « malédiction des ressources »: alors que son sol est pauvre à l’extrême en surface, le sous-sol renferme des quantités appréciables de minéraux: le secteur est dominé par la production de diamants et, dans une bien moindre mesure, celle de nickel-cuivre et de natron.

De par sa structure de production peu intensive en main-d’œuvre, le secteur minier est à la fois une richesse pour le pays -les revenus combinés du diamant et du nickel-cuivre passant de zéro à l’indépendance à 90% des exportations à la fin des années 1980 (avec un trou en 1981, année de dépression pour le marché mondial du diamant)- et une enclave séparée du marché de l’emploi : la part de la population active employée dans le secteur n’a jamais dépassé les 10% (au début des années 1980) et se maintient aujourd’hui aux alentours de 5%. Deux compagnies minières, Debswana (une société mixte formée à égalité par le gouvernement et la Sud-africaine De Beers) et Bamangwato Concessions Ltd. (également détenue en partie par le gouvernement botswanais) gèrent les immenses ressources minérales du pays. Lors d’un recensement opéré en août 2004, il est apparu que 64 compagnies se partageaient un total de 556 licences de prospection, dont 432 concernaient le diamant ou des pierres précieuses.

Après l’extension de la mine d’Orapa (Orapa 2000), Debswana a négocié en 2004 un renouvellement pour 25 ans de ses concessions d’exploitation. Si la participation du gouvernement dans Debswana se limite à 50% du capital, la part des profits qui lui revient est de 75 à 80%.

La compagnie De Beers ouvrit la première mine à Orapa en 1972, après avoir payé en 1969 20 millions de dollars pour la licence d’exploitation: en 4 mois cet investissement était déjà couvert par les profits générés par la mine. Un juriste envoyé au gouvernement du Botswana par la Banque mondiale insista pour la renégociation du contrat de licence, soulevant l’opposition du cartel qui obtint de la Banque qu’elle déclare que l’avocat n’agissait pas en son nom. La découverte d’un second gisement renforça cependant la position du gouvernement, et l’accord fut effectivement renégocié.

Quatre exploitations sont aujourd’hui en activité: après Orapa (découverte en 1967, ouverte en 1972) vint Letlhakane (1975), puis Jwaneng en 1982, considérée aujourd’hui comme le gisement le plus riche du monde. Damtshaa a pour sa part démarré ses opérations en 2002. Second producteur de diamants au monde (après l’Afrique du Sud) avec 30 millions de carats (soit 6000 kilos, près du quart de la production mondiale en 2004) pour les seules mines gérées par Debswana, le Botswana est grâce à la qualité des ses pierres le premier producteur mondial en valeur absolue. Grâce aux profits quasi-monopolistiques réalisés par De Beers sur les marchés mondiaux, les revenus du diamant sont à la fois stables et élevés.

L’extraction de ces deux métaux est entre les mains de BCL (compagnie en partie détenue par l’État et qui a subi des pertes d’exploitation chroniques) et Tati Nickel Mining Co. (filiale d’une compagnie canadienne, LionOre Mining Ltd.), les gisements étant situés dans la région de Selebi-Phikwe. Le minerai extrait, un agrégat de nickel, chrome et cuivre, est ensuite envoyé pour raffinage en Norvège et au Zimbabwe.

Tati utilisant jusqu’en 2004 la fonderie de BCL, l’extension de ses opérations et l’acquisition d’un site de transformation propre à la compagnie devrait entraîner une augmentation des volumes disponibles pour BCL, qui après de sévères restructurations commence depuis les années 2000 à dégager des bénéfices. Le lancement par BCL de nouvelles prospections devrait permettre d’utiliser les capacités nouvellement libérées. BCL produit également près de 250 000 tonnes de natron par an, mais les rendements semblent s’orienter vers une diminution. De plus, la faible population locale ne pouvant soutenir la consommation de verre produit localement, l’essentiel du minerai est exporté.

Enfin, environ 170 kg d’or ont été extraits du sol botswanais (Mupane, région de Francistown) en 2004. Des projets d’exploration et de recherche de plomb, argent, et zinc ont été menés et se sont révélés fructueux dans la zone de Kihabe (700 km au nord de Gaborone).

Du méthane a récemment été découvert en conjonction avec les mines de charbon de Morupule (près de Francistown, la quantité commercialement disponible étant estimée à 340 km³. L’exploitation a démarré courant 2004. Le charbon produit (environ 900 000t/an) est pour sa part destiné pour moitié à la centrale thermique de Morupule, qui fournit 30% de l’électricité du pays (le reste est importé) et alimente les mines de nickel-cuivre et de natron de BCL.

Au moment de son indépendance, le Botswana ne comptait que 12 kilomètres de routes goudronnées. À cause de sa situation enclavée, qui le rend totalement dépendant de ses voies communications avec les pays voisins, la politique des transports est devenue une partie intégrante du Programme de développement mis en place dès les premières années de gouvernement: cette exigence est encore plus vraie aujourd’hui, où l’absence d’infrastructures adaptées est un frein à la diversification de la production et des exportations.

Si les bailleurs externes ont historiquement assuré l’essentiel des investissements routiers (l’autoroute Trans-Kalahari est par exemple due à la Banque africaine de développement), chaque année 15 à 20% des investissements gouvernementaux dans les infrastructures sont également assignés au secteur des transports, les montants engagés excédant plus d’une fois ce plancher. En 2003, le pays comptait près de 9000 km de voies goudronnées: celles-ci s’étendent jusqu’aux frontières avec la Zambie et le Zimbabwe, réduisant ainsi partiellement la dépendance vis-à-vis du géant sud-africain voisin. Les moyens alloués à l’entretien sont cependant encore insuffisants, et nombre de routes sont à reconstruire: les quatre tronçons principaux reliant le pays à l’Afrique du Sud sont également inadaptés à l’important trafic entre les deux pays. L’État explore donc des méthodes alternatives de développement lui permettant de faire face à ces contraintes: les partenariats public-privé se multiplient, l’entretien est délégué au secteur privé, et des péages sont progressivement installés sur les grands axes.

La principale ligne de chemin de fer reste la section du grand projet Le Cap-Le Caire, qui relie la ville sud-africaine du Cap à son homologue zimbabwéenne de Bulawayo, en passant par Lobatse, Gaborone et Francistown. Deux courtes extensions en direction des gisements de charbon de Morupule et de nickel-cuivre de Selebi-Phikwe sont plus récents, mais l’essentiel du réseau conserve un écartement étroit (1,067 m) hérité de l’Empire britannique (les voies modernes ont un écart de 1,435 m), significatif de son âge avancé. Botswana Railways a cependant adopté un plan sur cinq ans (2003-2008) pour améliorer ses services. Modernisation des systèmes de signalisation, rationalisation de l’utilisation d’un matériel révisé, travaux d’écoulement le long des voies, etc., sont désormais à l’ordre du jour.

Des 95 aéroports du pays, 10 ont des pistes permanentes et seul le nouvel aéroport de Gaborone est réellement d’envergure internationale (moins de 200 000 passagers/an en 2001). Deux autres aéroports (Maun & Kasane) assurent également des dessertes au niveau régional. Le pays possède sa propre compagnie aérienne nationale, Air Botswana, qui se partage le marché avec quelques petits opérateurs au niveau local et dont la privatisation est annoncée. Si les grands aéroports sont contrôlés par le gouvernement, l’immense majorité des pistes locales dépendent d’opérateurs privés.

Le charbon produit à Morupule reste la principale source d’approvisionnement des centrales thermiques de Morupule (132 MW) et Selebi-Phikwe (60 MW), qui couvrent à peine 30% des besoins du pays. La construction d’une nouvelle centrale ayant été repoussée pour l’instant, le déficit énergétique est comblé par des importations en provenance de l’Afrique du Sud voisine en vertu d’un accord de 1995 destiné à favoriser l’accès et la répartition de l’énergie au sein de l’Afrique australe (Southern Africa Power Pool). C’est par ce biais que la Botswana Power Corporation achète l’essentiel de son électricité auprès du Sud-africain Eskom, dont la capacité excédentaire chute rapidement en raison de la hausse de la consommation régionale et de la faiblesse des investissements passés. Une crise énergétique est à craindre pour 2007.

La faible densité du pays contribue à augmenter les coûts d’électrification du pays, et nombre de petites communautés (10% de la population vit dans des villages de moins de 100 habitants) ne sont pas encore reliées au réseau national. Un plan d’électrification rurale est en place, qui permet aux consommateurs de différer les coûts immédiats d’installation des lignes (10% payés à la mise en place, le solde étant réparti sur les 10 années suivantes) : en 2004, seuls 22% de la population disposait de l’électricité, proportion qui devrait passer à 70% courant 2009 et 100% aux alentours de 2016.

En dépit de ses 3200 heures d’ensoleillement par an (l’un des plus forts taux au monde) et du lancement d’un plan d’équipement rural photovoltaïque en 1997, l’utilisation de sources d’énergie renouvelables peine à décoller: le chauffage solaire de l’eau est quasi-inexistant, le manque de vent obère les perspectives d’utilisation d’éoliennes, et la production de biogaz en profitant de l’énorme cheptel local n’est encore qu’à l'état de projet.

Enfin, la quasi-totalité de la consommation de pétrole (13 000 barils/jour) est importée depuis l’Afrique du Sud voisine.

L’infrastructure nationale (entièrement numérique) peut être considérée comme bonne, avec une dorsale en fibre optique couvrant l’Est du pays, un couloir circulaire reliant les différents centres urbains: les portions non câblées fonctionnent par le biais d’un réseau micro-ondes en voie de modernisation. Mais là comme ailleurs on assiste à la formation d’un fossé technologique entre les centres urbains et les campagnes, 22% de la population accaparant 44% des lignes fixes.

Le secteur a été libéralisé en 1996, avec l’introduction du Botswana Telecommunications Act qui abroge le monopole de l’opérateur national, la Botswana Telecommunications Company (BTC), dans tous les domaines à l’exception du réseau fixe. Des licences d’exploitation de réseaux mobiles ont donc été attribuées à deux opérateurs privés, Mascom et Vista/Orange, dont les réseaux couvrent désormais 99% de la population. Un opérateur par satellite (Africa Telecommunication PTY) permet une certaine concurrence au niveau des communications internationales, tandis qu’une quinzaine de fournisseurs d’accès à Internet permettent la location de lignes à haut débit pour les entreprises. Grâce entre autres à ce que l’Union internationale des télécommunications attribue à une « tradition post-indépendance de bonne gouvernance, démocratie, intolérance pour la corruption et respect des procédures légales », le réseau fixe a doublé son volume de lignes entre 1997 et 2002, le réseau mobile passant quant à lui de zéro à 1 151 800 abonnés entre 1997 et 2007 : de fait, l’autorité de régulation est indépendante de l’influence gouvernementale quant à l’attribution des diverses licences d’exploitation (pour preuve son refus d’attribuer une licence à BTC, faute de garanties suffisantes), qui lui procurent près de 90% de son revenu.

À l’image du reste de l’Afrique et des autres pays en développement, le Botswana a su pleinement adopter la technologie sans fil pour faire face à l’éparpillement de sa population (les opérateurs ont l’obligation de fournir un accès universel). Alors que le nombre de lignes fixes à tendance à stagner depuis le début des années 2000, le nombre d’abonnés aux réseaux mobiles a littéralement explosé, avec plus de 61% de la population équipée en 2007.

La technologie ADSL n’était pas encore disponible au début 2004, et les connexions, par modem pour les particuliers, ont donc longtemps été limitées à 56 kbps. De fait, les services par internet, souffrant d’un marché limité, sont relativement sous-développés avec, en 2004, moins de 2000 sites du domaine ".bw". Avec une connexion internationale à 14 Mbps en 2004, le Botswana, tout en ayant l’une des offres numériques par habitant parmi les plus élevées d’Afrique, concentre presque tous ses fournisseurs d’accès dans 5 centres urbains (Grand Gaborone, Francistown, Lobatse, Selebi-Phikwe, Maun) regroupant à peine un tiers de la population: du fait de la relative rareté des ordinateurs personnels (un sondage de 2004 indiquait que 91% de la population n’en avait jamais utilisé), l’essentiel des internautes a donc accès au web par le biais d’un cybercafé. Dans l’ensemble, et bien que peu développé dans l’absolu, l’accessibilité aux nouvelles technologies est tout de même très supérieure à ce que l’on peut trouver sur le reste du continent, et le gouvernement s’efforce d’orienter le pays vers un plus grand usage de celles-ci, en favorisant par exemple l’ouverture de centre d’appels régionaux et autres services basés sur les télécommunications (toujours dans l’optique d’une diversification hors du secteur minier). Il est d’ailleurs à noter que les dépenses gouvernementales représentaient en 2004 encore près des deux tiers du marché total des biens et services de télécommunications dans le pays, cette part étant toutefois en diminution lente mais constante.

L’économie du Botswana est dominée par la production minière et de viande bovine, laissant peu de marge de croissance pour les autres secteurs. Depuis le début des années 2000, le gouvernement a réorienté la politique touristique du pays vers des marchés moins exclusifs. La persistance de conflits fonciers entre le gouvernement et certaines populations autochtones abusivement déplacées (notamment les Bochimans) constitue cependant une entrave au développement de par l’incertitude qu’elle entretient. Ceux-ci ont cependant gagné un important procès contre l'État en décembre 2006 leur garantissant le droit constitutionnel d'habiter et chasser sur leurs terres ancestrales du Kalahari.

Dans ce pays aride, soumis à une sécheresse récurrente, seules 5% des terres sont arables. Au moment de l’indépendance, la totalité de la population vivait en zone rurale, Gaborone n’étant guère qu’un gros bourg. La part de l’agriculture a chuté de 40% à moins de 5% du PIB entre 1966 et 1990. Et, du fait du manque de terres arables, l’essentiel de la production agricole vient de l’élevage extensif (70% des exportations alimentaires et 4% des exportations totales), qui pour l’essentiel est consacré à la viande bovine. Un frein important au développement de l’agriculture comme poste d’exportation réside dans la présence endémique de maladies au sein du cheptel local.

La fréquence des sécheresses (environ une année sur deux) a amené le gouvernement à prendre un soin particulier pour la protection des populations les plus fragilisées par celles-ci, allant jusqu’à consacrer près de 3 à 4% du PIB au secours des victimes dans les années 1980 en finançant de grands projets d’infrastructure à haute intensité de main-d’œuvre afin de compenser les pertes de revenus des populations touchées.

Le secteur manufacturier est encore au stade embryonnaire dans le pays en dépit des efforts récents du gouvernement, représentant moins de 4% du PIB (contre 7% dans les années 1970). Les activités de ce secteur sont tout aussi limitées: boucheries, brasseries, tannerie et cuir, habillement et assemblage de téléphones portables et activités connexes. La progression du secteur est ralentie par l’appréciation du taux de change réel ainsi que par la lenteur de la mise en œuvre des réformes. La récente dévaluation du pula devrait cependant aider à soutenir la compétitivité des produits locaux.

Le secteur des services commence à prendre le pas sur le secteur minier dans la composition du Produit intérieur brut (45% contre encore 50%), marqué notamment par la forte progression des secteurs des télécommunications et du tourisme. Si ce dernier ne constitue à lui seul que 4% de la richesse nationale, avec 2 millions d’entrées en 2003 et 356 millions de dollars de recettes directes il s’agit toutefois de la seconde recette d’exportation du pays après les diamants.

Près du tiers de son territoire est protégé par des parcs: la marge de progression dans ce secteur est donc grande, et l’État botswanais y voit, probablement à juste titre, le moyen de capitaliser sur une richesse naturelle particulièrement utile dans les zones rurales, notamment dans l’ouest et le nord du pays (désert du Kalahari et delta de l’Okavango). Depuis 2004, une nouvelle politique touristique a été lancée, moins orientée vers les niches supérieures du marché. L’introduction en bourse de deux entreprises du secteur (Afritourism Ltd. et Chobe Holdings) traduit bien l’émergence de cette nouvelle industrie.

L’importance de l’économie informelle est par essence difficile à évaluer. Mais avec entre 20 et 25% de la population au chômage, on peut considérer son importance comme substantielle. L’Office central des statistiques (CSO) ne s’y trompe pas, qui conduit plusieurs études sur le sujet. Dans ses conclusions, le CSO relève que les femmes constituent la majorité des opérateurs de ces entreprises urbaines et familiales, activités qui en 2000 donnaient du travail à près de 250 000 personnes, établies pour l’essentiel à leur propre compte. Comme dans beaucoup de pays, le secteur souffre du faible niveau d’éducation de ses acteurs et des restrictions d’accès au crédit: dans un pays encore très marqué par la ruralité de ses citoyens, la levée de capitaux se fait donc souvent par la vente du bétail familial.

L’économie de l’ombre ne contribue à la richesse nationale qu’à hauteur de 2%, mais joue probablement un important rôle de stabilisation sociale.

Les principaux partenaires commerciaux du pays sont l’Union européenne, l’Union douanière d’Afrique australe (UDSA ou UDAA) et le Zimbabwe. La poursuite de l’intégration régionale, par le biais de la Communauté de développement d’Afrique australe (South African Development Community, dont il héberge le secrétariat) se traduit par la signature d’accords de réduction des tarifs douaniers avec ses voisins immédiats : en tant que membre de l’UDAA (une union douanière), la politique de tarifs extérieurs est déterminée à 96,5% au niveau régional, pour une taxe moyenne d’importation en 2002 de 5,8% (9,1% pour les produits agricoles, 5,3% pour les produits non-agricoles). L’un des problèmes structurels de l’UDAA est que ses tarifs douaniers reflètent souvent les priorités économiques du géant sud-africain. D’autre part, alors que le ministère du Commerce est généralement responsable de la politique commerciale extérieure du pays, toutes les affaires relevant de l’Union douanière sud-africaine sont du domaine du ministère de l’Économie et des Finances. Tout changement de la politique commerciale passe d’abord par un processus consultatif impliquant tous les acteurs concernés (gouvernement, employeurs et syndicats) et à l’issue duquel un livre blanc est rendu public; celui-ci sert alors de ligne directrice pour l’action gouvernementale.

Le Botswana a un accord de libre-échange avec le Zimbabwe et l’Inde, et une multitude d’accords préférentiels avec d’autres acteurs internationaux (UE, USA, Japon, Suisse, Chine, Russie). Le pays est également un des membres fondateurs de l’OMC et possède 19 engagements au titre de l’AGCS.

De par la rareté de ses terres cultivées, le pays importe une grande partie de son alimentation ainsi que de son énergie et ses équipements mécaniques. Les principaux postes d’exportation sont bien évidemment les produits miniers (diamant pour presque 80%, mais aussi cuivre et nickel (5%)), ainsi que du textile (3%) et du bétail (4%).

La relative homogénéité ethnique des habitants du pays a permis d’éviter les conflits de faction au sein du pouvoir, contribuant ainsi à une stabilité déjà soutenue par une bonne gouvernance: le Botswana était ainsi classé en 2005 au 32e rang mondial de l’indice de perceptions de la corruption établi par Transparency International, devant plusieurs pays européens tels que l’Italie (40e) ou africains comme l’Afrique du Sud (42e). Des assemblées consultatives d’anciens (kola) permettent également d’assurer une participation de la population aux décisions l’affectant directement.

Le pays a également une longue tradition de planification de son développement, avec la mise en place de neuf National Development Plans (NDP) successifs depuis l’indépendance. Plus que de simples listes d’objectifs budgétaires gouvernementaux, il s’agit de cadres de coopération avec le secteur privé et les ONG. Le neuvième plan (2003-2009, également désigné NDP-9) est le premier à intégrer la vision à long terme pour l’horizon 2016: il comporte notamment des initiatives en matière de diversification économique, développement rural et contrôle de l’épidémie de VIH/Sida.

Les années 1970 ont permis à nombre de pays du Sud de profiter de l’extension des prix des matières premières : le Nigeria et le Kenya ont par exemple et respectivement vu leurs revenus du pétrole et du café augmenter de manière spectaculaire : profitant de cette manne, ils ont alors poursuivi des politiques de dépenses difficiles à restreindre une fois les prix de ces ressources revenus à des niveaux plus humbles, dépenses ayant par ailleurs affecté négativement la compétitivité des autres secteurs de l’économie.

Le NDP-9 en cours continue de privilégier cette philosophie de stabilité macro-économique et discipline financière. Celle-ci lui a permis de négocier ses partenariats avec le FMI et la Banque mondiale sans avoir à subir le contrecoup des ajustements structurels souvent demandé à d’autres pays en développement.

Le monnaie nationale est le pula (BWP), mot qui signifie "pluie" en tswana, reflétant ainsi l’importance de celle-ci pour le pays (la devise nationale du pays est également "Que tombent les pluies"). Créé en 1976 lors de la sortie de la zone monétaire du Rand sud-africain, il s’agit d’une monnaie forte qui a permis d’éviter une partie des turbulences infligées à l’Afrique du Sud et à ses partenaires pendant les années d’apartheid : le rand continue cependant d’être la monnaie la plus présente (jusqu’à 70%) dans le panier d’indexation du pula.

L’ambition initiale du NDP-9 était d’assurer l’équilibre budgétaire sur la durée de son exercice, mais cet objectif est mis à mal par une croissance plus lente qu’attendue et un poids croissant des dépenses de santé engagées pour lutter contre l’épidémie de VIH/Sida (voir infra).

De fait, le pays a une dette extérieure faible, de l'ordre des 556 millions de $ soit 1.7 % du PIB, ce qui en fait un des pays les moins endetté au monde.

La situation sociale au Botswana est plutôt enviable comparée à la trés grande majorité des économies africaines. Malgré les problèmes sanitaires (VIH en particulier, voir infra), les Botswanais ont un niveau de vie relativement élevé, avec des taux de chômage et de pauvreté nettement inférieurs à la moyenne du continent. Cette situation sociale stable permet ainsi un climat de sécurité relativement bon, en comparaison avec l'Afrique du Sud voisine, et favorise les investissements étrangers.

Depuis le diagnostic du premier cas de Syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) en 1985, l’épidémie toucherait selon Onusida entre 25 et 30% de la population botswanaise en 2005, réduisant la croissance démographique du pays à 0,1% par an: selon certaines projections, la diminution de l’espérance de vie moyenne à la naissance due à l’épidémie serait en 2015 de près de 42,6 ans. Contrairement à une politique de planning familial qui viserait à réduire le nombre de naissances, l’impact de cette maladie se fait pleinement sentir au niveau de la population en âge de travailler, qui représente également la frange la plus sexuellement active.

La disparition prématurée d’une partie de la force de travail du pays a bien sur de multiples conséquences au niveau économique: dans un pays où les qualifications s’acquièrent d’abord par l’expérience, la baisse de l’âge moyen des actifs entraîne des tensions sur le marché des travailleurs qualifiés. La baisse de productivité, des investissements, des revenus de l’État et la hausse des dépenses de santé coûteront sur la période 2000-2015 près de 2 points de croissance annuels au pays.

Les causes de la progression fulgurante de la maladie au sein de la population sont multiples: pratiques sexuelles libérales (une étude locale de 1992 auprès des 18-25 ans avait montré que 55% des hommes et 29% des femmes avaient eu un ou plusieurs partenaires occasionnels dans l’année précédente, en sus de leur partenaire régulier); baisse de l’âge du 1er rapport, surtout chez les femmes. Les partenariats multiples sont en outre facilités par la mobilité des populations (exode rural, bonne qualité du réseau routier), ainsi que par l’usage local de posséder plusieurs lieux de résidence (au village, ainsi qu’a proximité immédiate des champs ou pâturages). En outre, la pauvreté, les inégalités hommes/femmes, ainsi que l’érosion de la structure sociale (en partie liée aux ravages de la maladie) conduisent à un contrôle social plus faible vis-à-vis des comportements sexuels. Enfin, le manque relatif de données statistiques précises limite aussi l’efficacité de campagnes de préventions moins ou mal ciblées.

L’impact économique de l’épidémie peut se comparer aux vaguelettes concentriques sur un plan d’eau: les conséquences se font d’abord sentir sur l’individu, puis sa proche famille, sa communauté (village), puis sur les entreprises et enfin sur les données macroéconomiques globales du pays.

Il faut également préciser que le flux des investissements est particulièrement sensible au niveau de risque (incertitude) présent dans le pays: si le gouvernement ne développe pas de politique claire vis-à-vis de l’épidémie, l’incertitude causée par l’épidémie augmentera.

Heureusement pour lui, le Botswana a pu profiter depuis la fin des années 1980 d’un taux d’épargne proche des 40%, bien au-dessus de ce que ses voisins plus pauvres n’ont jamais pu rêver. Et, de fait, ce niveau d’épargne était également bien au-delà des capacités d’absorption d’investissements de l’économie locale (l’excédent étant alors dédié à l’achat de devises étrangères, qui permirent au pays de se prémunir contre plusieurs chocs économiques) : la baisse de l’épargne (le décès ou la maladie d’un ou plusieurs membres du ménage diminuant les revenus ou réorientant ceux-ci vers l’achat de traitements) ne devrait donc pas se faire sentir de manière particulièrement notable sur les investissements.

Il faut enfin noter que l’influence de l’épidémie sur le taux d’épargne dépend de paramètres tels que l’accès et la qualité des traitements, de la durée d’incubation du virus, et du type d’infections opportunistes qui se développeront.

Les deux paragraphes précédents permettent de se faire une idée sur l’impact global de l’épidémie de VIH/SIDA sur l’économie. Le Botswana est d’ailleurs l’un des seuls pays d’Afrique à avoir pu développer un modèle relativement fiable d’estimation des conséquences pour les trois types de marchés locaux (travail qualifié formel, travail non qualifié formel, travail non qualifié informel, chacun étant alors évalué à l’aune d’un scénario "sans SIDA").

Au final, l’économie du Botswana serait en 2015 de 24 à 38% plus petite que si le VIH/SIDA n’était jamais apparu dans le pays.

L’augmentation prévisible des salaires et du PIB par habitant ne constitue qu’une amélioration de façade, et non l’heureuse conséquence d’une tragédie: de fait, on assistera surtout à un accroissement des inégalités entre les foyers non touchés par la maladie d’une part, et ceux dont le niveau de ressources s’effondrera. Le BIDPA suggère qu’un foyer botswanais sur deux sera touché dans les années à venir : du fait du coût élevé des célébrations des funérailles, de l’augmentation des dépenses minimales liées à l’achat de traitement, de la baisse des revenus et de l’augmentation des personnes dépendantes (veuves, orphelins), les prochaines années verront une part sensible de la population replonger sous le seuil de pauvreté. Le Botswana Institute for Development Analysis estime ainsi que près de la moitié des gains de réduction de la pauvreté effectuées dans les années 90 seront perdus dans les années 2000.

Important pourvoyeur d’emploi qualifiés (notamment dans l’éducation et la santé), l’État botswanais sera doublement touché, à la fois par la hausse des salaires (éventuellement compensés sur le long terme par la baisse du nombre de retraités) et par la hausse des coûts de formation, les remplacements de fonctionnaires devant s’effectuer plus souvent.

Le système de santé du Botswana est par ailleurs particulièrement généreux, et si la politique actuelle de prise en charge des coûts devait être conservée, c’est à une progression de 15% par an des coûts de santé (jusqu’à atteindre 7% du PIB) sur la période 2001-2021 que le gouvernement devra faire face. Avec 60% des lits d’hôpitaux déjà occupés par des sidéens, des choix douloureux risquent de devoir être faits en matière budgétaire afin de maintenir les déficits à des niveaux supportables.

Dans le domaine de l’éducation, la baisse prévisible du nombre d’étudiants ne compensera pas la hausse sensible de coûts de recrutement de nouveaux enseignants, ni même le soutien accru que l’État devra apporter aux orphelins pour assurer leur alphabétisation.

Enfin les revenus de l’État, encore très dépendants (près de 50%) du secteur minier, ne devraient pas être très affectés en comparaison d’autres pays. La baisse de l’épargne intérieure aura par contre une incidence notable sur les réserves en devises de la banque du Botswana et, partant, sur le volume des intérêts que celles-ci génèrent.

En haut



Air Botswana

Air Botswana (code AITA : BP) est la compagnie aérienne nationale du Botswana.

Slogan : Going your way (en allant sur votre chemin).

Quand l'ancien protectorat du Bechuanaland devint indépendant en 1966 en devenant la République du Botswana, une compagnie nationale était envisagée mais rien ne s'est concrétisé pendant près de vingt ans. Après plusieurs années sous différents autres noms, c'est la création d'Air Botswana Corporation, en avril 1988, comme une compagnie nationale sous la tutelle du Ministry of Works, Transport and Communications (ministère du Travail, des Transports et des Communications) qui marque la véritable naissance de la compagnie actuelle. En 1994, après des années de pertes, il fut décidé de réorganiser et de recapitaliser la compagnie, en vue d'une privatisation. Ce fut même le premier service public du Botswana à être ainsi privatisé. En mars 1997, la privatisation est enfin décidée avec l'accord du gouvernement - ce qui ne devint possible qu'en mars 2000 quand le Parlement a adopté le projet de politique de privatisation du Botswana (Paper N° 1 de 2000).

La flotte de la compagnie comprend 3 ATR 42-500 (46 passagers). Elle opère en vols intérieurs mais également en international à destination de Johannesbourg, Harare ou Victoria Falls (les chutes Victoria sur le Zambèze).

Elle est basée sur l'aéroport Sir-Seretse-Khama à Gaborone.

En haut



Source : Wikipedia