Bob Marley

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Posté par rachel 03/04/2009 @ 17:09

Tags : bob marley, reggae, musique, culture

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Bob Marley

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Nesta Robert Marley, dit Bob Marley est un auteur-compositeur-interprète jamaïcain de reggae, né à Nine Miles, paroisse de Saint Ann (Jamaïque) le 6 février 1945 et décédé d'un cancer à Miami (Floride, États-Unis) le 11 mai 1981.

Robert Nesta Marley est né le 6 février 1945 à Rhoden Hall près de Nine Mile dans le département de Saint Ann (Jamaïque). Il meurt d'un cancer généralisé suite à un mélanome qui n'a pas été soigné à temps.

Né d'une mère jamaïcaine noire âgée de 18 ans, Cedella Marley Booker, née Malcolm, et d'un père d'origine anglaise, superviseur à cheval des travaux des champs et âgé d'une cinquantaine d'années, Norval Marley, qu'il n'a que très peu connu.

Les parents de Norval Marley n'acceptaient apparemment pas sa liaison avec une femme noire, et Norval, décrit par Cedella comme un homme gentil, mais de faible caractère, aurait été rejeté par sa famille. Bob Marley souffre de l'absence de son père, qui le fait venir à la capitale pour étudier quand il a cinq ou six ans. Sans nouvelles, sa mère le retrouvera des mois plus tard dans une rue de Kingston : son fils avait été confié à une vieille dame, pour qui il faisait les courses. Cedella voit Norval une dernière fois et reprend son enfant.

À l'adolescence, Bob Marley quitte la misère de la campagne pour celle du ghetto de Trenchtown à Kingston. Il y rencontre Neville Livingston dit Bunny Wailer et Winston Hubert McIntosh dit Peter Tosh, avec qui il chante des cantiques et des succès de soul américaine qu'ils entendent sur les radios de Miami. Le chanteur Joe Higgs leur donne des cours de chant. Bob Marley enregistre pour le producteur Leslie Kong ses deux premiers titres Judge Not et une reprise d'un succès de country & western de Claude Gray, One Cup of Coffee en 1962 alors qu'il est âgé de 17 ans. Ces titres ska n'ont aucun succès mais Bob continue à s'investir dans la musique.

En 1963, il forme avec Junior Braithwaite, Peter Tosh et Bunny Wailer le groupe The Wailing Wailers (les gémisseurs gémissants). Ils obtiennent un contrat avec Studio One et leurs premiers morceaux de ska, gospel, rhythm and blues et soul sont produits par le grand producteur local Clement "Sir Coxsone" Dodd, qui a pour assistant en studio Lee "Scratch" Perry (Scratch assure aussi la promotion). Bob quitte son métier de soudeur. Après l'album "The Wailin' Wailers", le trio se sépare de Coxsone, qui ne leur a pas versé grand chose en contrepartie des dizaines de titres qu'ils ont enregistrés pour lui (dont plusieurs succès, comme Simmer Down et Put it On).

Après son mariage avec Rita Anderson début 1966, Bob Marley part rejoindre sa mère, remariée avec un Jamaïcain nommé Booker à Wilmington, Delaware, aux É.-U.. Bob travaille à l'hôtel Dupont, mais continue à écrire des chansons. Il est provisoirement remplacé par Constantine "Dream" Walker. À son retour après l'été 1966, il s'intéresse de plus en plus au mouvement rastafari, qui a émergé dans les années 30 en Jamaïque, et fonde avec Peter Tosh et Bunny Livingston le label indépendant Wail'n Soul'm. Leur premier titre autoproduit dans le nouveau style rocksteady s'intitule Bend Down Low.

À Kingston, c'est Mortimer Planno, un rasta jamaïcain d'origine cubaine qui a voyagé en Éthiopie et rencontré Haïlé Sélassié Ier au début des années 1960 qui lui transmet une partie de sa culture rasta. Sans le soutien d'un distributeur professionnel, ses disques se vendent très mal, et Marley est trop pauvre pour vivre en ville avec sa femme Rita et ses deux enfants Cedella et Ziggy. Il retourne dans son village natal en 1967 pour un ressourcement spirituel, mais continue à enregistrer et à publier nombre de 45 tours obscurs pour sa petite marque Wail'n Soul'm, comme les futurs classiques Hypocrites et Nice Time qui sortent sous le nom de Bob Marley & the Wailers.

Rita, Bob Marley et Peter Tosh rencontrent en janvier 1968 le chanteur américain Johnny Nash, qui est décidé à lancer le style rocksteady aux États-Unis, et son manager Danny Sims, avec qui ils signent un contrat international exclusif pour les disques et éditions JAD. Bob leur fournit quantité de compositions inédites, dont Stir It Up, qui deviendra bientôt un succès pour Nash. Johnny Nash a beaucoup de succès avec le rocksteady (tube américain "Hold Me Tight" en 1968), mais l'album de Bob Marley & the Wailers qu'il a financé ne sort pas (il ne sera finalement publié qu'en 1997 chez JAD). Seule une nouvelle version de Bend Down Low avec des cuivres américains ajoutés à New York sort en France et au Canada (JAD-CBS) en 1968, mais sans aucun succès. Bob Marley écrit parallèlement son premier morceau rasta, Selassie Is the Chapel en 1968. Cet enregistrement important, dans le style nyabinghi (tambours rastas), est financé par Mortimer Planno, qui en interprète la face B, A Little Prayer. Quelques producteurs locaux se succèdent, mais le trio vocal n'a plus aucun succès depuis son départ du giron de Coxsone Dodd.

Sans ressources, Bob repart aux États-Unis rejoindre sa mère en 1969. Il travaille plusieurs mois de nuit dans une usine automobile Chrysler. Sa femme et ses jeunes enfants les rejoignent. À son retour, il fonde les disques Tuff Gong, du nom de son surnom du ghetto (dérivé du surnom de Leonard Howell, le "Gong" fondateur du mouvement rastafari), et enregistre une reprise de James Brown (Say It Loud) I'm Black and I'm Proud rebaptisée Black Progress dans le nouveau style reggae avec de jeunes musiciens brillants, les frères Carlton (à la batterie) et Aston "Family Man" Barrett (à la basse) qui ne le quitteront plus. Mais les disques indépendants Tuff Gong n'ont toujours aucun succès. Marley va voir son vieil ami Lee "Scratch" Perry qui fin 1969 est allé chanter en Angleterre accompagné par les frères Barrett sous le nom des Upsetters. Perry a obtenu un succès anglais avec l'instrumental The Return of Django et accepte de produire le trio vocal Bob Marley & the Wailers. Ils collaboreront jusqu'en 1978. Perry donne une nouvelle couleur au groupe, qui enregistre plusieurs chefs-d'œuvre avec lui, dont Duppy Conqueror, Sun Is Shining, Soul Rebel, Kaya et le (I've Gotta) Keep on Moving de Curtis Mayfield. Il réunira certains de ces 45 tours sur l'album "Soul Rebels" sorti en Angleterre en 1973 chez Trojan.

Toujours sans succès, Bob Marley & the Wailers gravent une dizaine de chansons avec l'équipe de musiciens de Leslie Kong, un producteur jamaïcain (Kong avait déjà produit les deux premiers 45 tours solo de Marley en 1962) qui a du succès en Angleterre grâce à un son professionnel capable de percer sur le marché britannique (disques Trojan à Londres). Il publiera ces titres en 1971 sous le nom de "The Best of the Wailers". Bunny Wailer, superstitieux, pense que leur « meilleur » est encore à venir et lui lance une malédiction. Leslie Kong décède peu après d'une crise cardiaque, et le trio ne touche aucun argent. Marley rejoint l'organisation rasta des Douze Tribus d'Israël fondée par Prophet Gad, alias Vernon Carrington. Ils continuent à alterner les autoproductions pour Tuff Gong et les séances financées par Lee "Scratch" Perry pour sa marque Upsetter. Malgré la qualité de leur travail prolifique, ils n'ont aucun succès local jusqu'à leur autoproduction Trench Town Rock (Tuff Gong 1971).

À la demande de Johnny Nash qui cherche des compositions pour la bande du film suédois "Vil Sa Garna Tro" ("L'amour n'est pas un jeu") dans lequel il joue le rôle principal, Bob Marley part pour Stockholm en 1971. Il y écrit plusieurs morceaux, et collabore à la bande du film. Nash signe alors avec les disques CBS à Londres où il enregistre le plus gros succès de sa carrière, I Can See Clearly Now. Marley l'a rejoint, et signe lui aussi avec CBS grâce à Nash et son manager, avec qui il est toujours sous contrat. Comme l'album de Nash, le 45 tours Reggae on Broadway sort en 1972, mais Marley n'a aucun succès. Le son et les musiciens anglais apportés par Nash ne lui conviennent pas. Quelques concerts à Londres avec les frères Barrett sont organisés en première partie de Nash, mais sans succès. Nash part vers la gloire et abandonne son poulain. Marley contacte alors Chris Blackwell, le fondateur des labels Trojan et Island Records. Blackwell est Jamaïcain, il a déjà distribué en Angleterre les disques Beverley's de Leslie Kong, et connaît le nom de Marley. Il rachète le contrat de production à Danny Sims, et confie de l'argent à Bob, qui part enregistrer à Kingston. À ce point charnière de sa carrière, Bob Marley a déjà contribué à au moins 350 morceaux enregistrés en studio (dont une trentaine environ en tant que choriste), dont une grande partie ne seront révélés au public international que très tardivement, bien après sa mort, notamment dans la série de onze CDs "The Complete Bob Marley & the Wailers 1967 to 1972" (Jad) réalisée entre 1998 et 2003 par le Français Bruno Blum et l'Américain Roger Steffens. Marley réenregistrera par la suite une partie de ces compositions, comme Satisfy my Soul, Sun Is Shining ou Lively Up Yourself.

À la suggestion de Blackwell, les deux premiers albums pour Island sont remixés à Londres, où des solos de guitare sont ajoutés, ainsi que des parties de claviers qui apportent un son plus accessible au grand public. Ils sortent chez Island sous le nom des Wailers en 1973, mais après une tournée anglaise Bunny Wailer quitte le groupe, remplacé par Joe Higgs pour la tournée suivante (album "Talking Blues"), puis c'est Peter Tosh qui s'en va, laissant Bob à sa carrière solo. Le trio vocal féminin "The I Three" avec Rita Marley, Marcia Griffiths et Judy Mowatt prend en charge les chœurs. Le nom des Wailers sera désormais celui de ses accompagnateurs, parmi lesquels les frères Barrett (basse et batterie), les pianistes Earl "Wire" Lindo et Tyrone Downie, le guitariste Earl "Chinna" Smith, l'harmoniciste Lee Jaffee et le percussionniste Alvin "Seeco" Patterson. Son premier album est le chef-d'œuvre « Natty Dread », dans lequel il incorpore une influence blues avec le guitariste américain Al Anderson. Un autre guitariste soliste américain, Junior Marvin, est ensuite engagé. Suivront le « Live! » enregistré le 18 juillet 1975 à Londres, qui contient son premier succès international No Woman No Cry où il console une femme affectée par la violence des ghettos, puis l'essentiel "Rastaman Vibration" (1976) qui sera le disque de Bob le plus vendu de son vivant, et son premier succès américain.

Le 3 décembre 1976 à Kingston, peu avant le grand concert en plein air "Smile Jamaica", Bob Marley échappe à une fusillade déclenchée à son domicile par six hommes armés. Il reçoit une balle dans le bras, une dans la poitrine et cinq dans la cuisse tandis qu'une autre touche Rita à la tête mais sans la tuer (elle s'en sort miraculeusement). Don Taylor, leur manager américain, en sort très gravement blessé de six balles. Parmi les agresseurs, des membres des Wailers reconnaissent Jim Brown, un tueur proche du parti de droite pro-américain, le JLP.

Deux jours après l'attentat, Bob Marley participe comme prévu mais courageusement au concert Smile Jamaica à Kingston. Aux journalistes qui lui demandaient pourquoi il tenait tant à jouer lors de ce concert il répondit : "Les gens qui participent à rendre ce monde plus mauvais ne prennent jamais de jours de congés. C'est pourquoi je ne peux me le permettre". Family Man Barrett, caché dans les collines, est remplacé ce jour-là par Cat Coore de Third World. Bob montre ses bandages à la foule. Il ne se sent plus en sécurité en Jamaïque et part en exil en janvier 1977. Il fait escale à Nassau, puis se réfugie à Londres. Il y enregistre les albums à succès « Exodus » et « Kaya » ainsi que le single Punky Reggae Party avec Lee Scratch Perry, qui scelle un pacte rebelle avec le mouvement punk anglais en plein essor. Les titres Jamming, Waiting in Vain notamment sont des tubes mondiaux. Sa relation avec la Jamaïquaine Cindy Breakspeare, Miss Monde 1976, contribue à le projeter à la une des médias.

En mai 1977, une blessure au gros orteil faite en jouant au football se rouvre lors d'un match amical à l'hôtel Hilton de Paris. Le médecin lui suggère des analyses. Le diagnostic est réalisé à Londres : Bob Marley souffre d'un mélanome malin (cancer de la peau), sans doute dû à une trop longue exposition au soleil. On lui prescrit une amputation urgente de l'orteil, mais un mélange de superstition de son entourage (la religion Rastafari interdit toute amputation) et de pression en pleine tournée européenne où il rencontre enfin son public contribuent à retarder l'opération.

En avril 1978, Bob Marley & the Wailers font un retour triomphal en Jamaïque. Lors du One Love Peace Concert, Bob parvient à réunir sur scène les deux ennemis politiques qui se disputent le pouvoir, Edward Seaga (JLP) et le Premier Ministre Michael Manley (PNP). C'est le sommet de sa carrière. Sans arrêt en tournée, Bob Marley & The Wailers enregistrent l'album en public "Babylon by Bus" au Pavillon de Paris de la porte de Pantin en 1978. Bob fait alors construire son studio, Tuff Gong, où il enregistre l'album "Survival". Les succès se multiplient. Ils vont jouer jusqu'en Nouvelle-Zélande, où ils sont accueillis chaleureusement par les Māori.

En 1980, après une perte de connaissance lors d'un jogging à Central Park à New York, Bob Marley passe un examen aux rayons X où l'on voit cinq tumeurs, trois au cerveau, une aux poumons et une à l'estomac. Il ne dit rien à son entourage et joue un dernier concert enregistré à Pittsburgh, le 23 septembre. Bob part ensuite pour une clinique de Bavière où il suit un traitement original avec un médecin allemand, le docteur Josef Issels qui prolonge sa vie au prix de dures souffrances. Le cancer se généralise.

À la fin de sa vie, Bob Marley se convertit à l'Église orthodoxe éthiopienne, dont la plus haute autorité était feu l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassié Ier (Jah Live), considéré par les rastas comme étant la réincarnation de Jésus annoncée dans l'Apocalypse (« le roi des rois, seigneur des seigneurs »). Il souhaitait finir ses jours en Jamaïque mais décède à Miami le 11 mai 1981, trop faible pour faire le voyage en avion jusqu'à Kingston.

Bob Marley a fait découvrir au monde le reggae, un riche dérivé du blues qui a considérablement influencé la musique populaire occidentale, et ce bien plus qu'il est généralement admis (le remix, ou dub, et le rap sont directement issus du reggae). Sa musique a touché tous les publics, transcendant les genres, comme en témoigne un large culte, encore en pleine expansion dans le monde entier à la fin du vingtième siècle. La dimension de Bob est bien plus large que celle du simple chanteur capable de produire des succès populaires comme Is This Love ou Could You Be Loved. Exprimant à l'origine l'affirmation de la dignité et la valorisation d'une identité africaine pour son peuple bafoué par des siècles d'esclavage (Slave Driver, Redemption Song), de colonialisme (Music Lesson, Crazy Baldhead) et d'oppression économique (Revolution), il incarne avec le mouvement rastafari (Positive Vibration, War) l'éveil de l'humanité à une révolution spirituelle contre un oppresseur qu'il décrit d'abord comme étant le fruit d'une imposture chrétienne (Get Up Stand Up), voire païenne (Heathen), capitaliste (Rat Race), corrompu, raciste et hypocrite (Who the Cap Fit) à la fois. Avec une authenticité et une force sans doute inégalées depuis, il a été la première (et dernière ?) véritable superstar venue d'un pays pauvre. Parolier remarquable capable de s'approprier avec naturel des formules du langage populaire, n'hésitant pas à aborder les thèmes les plus universels, Bob Marley reste d'abord un symbole d'émancipation et de liberté. Il est aussi devenu l'un des symboles universels de la contestation (Soul Rebel), voire de la légitime défense (I Shot the Sheriff), supplantant souvent dans l'inconscient collectif des politiciens comme Che Guevara (la proche révolution cubaine a marqué Marley), le Jamaïcain Marcus Garvey, Malcolm X, Léon Trotsky, Nelson Mandela ou Thomas Sankara. Son message est d’abord d'ordre spirituel et culturel, et enrobé d’un prosélytisme à consommer du chanvre (la ganja), un rituel rasta (Kaya, Easy Skanking).

Miroir de l'esprit rebelle des peuples opprimés, héros, exemple et modèle à la fois, Bob Marley est considéré par plusieurs générations déjà comme le porte-parole défunt mais privilégié des défavorisés. Il est avant tout le premier musicien à incarner et assumer pleinement et naturellement cette identité de porte-parole contestataire, un statut que d'autres musiciens comme James Brown (dont il a enregistré plusieurs compositions), Bob Dylan ou John Lennon ont approché mais n'ont jamais totalement obtenu ou assumé pour diverses raisons. En dénonçant la falsification ou l'omission des cultures africaines et afro-américaines par les religions occidentales et les historiens colonialistes (Zion Train, Music Lesson), et avec l'essentiel ingrédient spirituel et culturel rasta (Forever Loving Jah, Rastaman Chant), Bob Marley a suivi une voie qui ne se limite pas à la protestation d'ordre social.

Bob a reconnu treize enfants. Sharon a été adoptée à son mariage avec Rita en 1966. Ziggy, Stephen et Cedella sont les enfants de Rita, et les huit autres de maîtresses diverses. Damian Marley est le fruit de ses amours avec Cindy Breakspeare. La plupart ont entrepris une carrière musicale, et avec succès pour Ky-Mani Marley, Damian Marley, Ziggy Marley et Stephen Marley notamment. Rohan Marley, associé à la chanteuse de hip hop Lauryn Hill (Fugees), est un ancien champion de football américain.

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Musée Bob Marley

Le musée Bob Marley est un musée consacré au chanteur de reggae jamaïcain Bob Marley, situé au 56, Hope Road à Kingston. C'était là que vivait l'artiste de son vivant ainsi que là où il survécut à une tentative d'assassinat en 1976. C'est aussi l'adresse du studio Tuff Gong, fondé par The Wailers en 1970.

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Reggae

Bob Marley en 1980.

Le reggae est l'une des expressions musicales jamaïcaines les plus connues et les plus populaires. Il est devenu, à la faveur de son succès international, un style musical incontournable porteur d'une culture qui lui est propre.

Le reggae est apparu à la fin des années 1960. Il est le fruit de nombreuses rencontres et de métissages : évolution du ska et du rocksteady, il trouve ses racines dans les musiques traditionnelles caribéennes comme le mento et le calypso, mais est aussi très influencé par le rythm&blues, le jazz et la soul music (la musique américaine est alors très en vogue en Jamaïque). À ces influences s'ajoute celle de musiques africaines, du mouvement rasta et des chants nyabinghi, qui utilisent les Burrus africains (tambours) apportés par les esclaves en Jamaïque. Ce métissage ne s'arrêtera pas là: aujourd'hui nombre de styles s'inspirent, intègrent ou reprennent le style reggae de par le monde. Le reggae est aujourd'hui une musique universelle, comme le souhaitait celui qui fut son principal ambassadeur, Bob Marley.

Si le terme apparaît vers 1973 dans la presse occidentale, son origine est obscure. Il pourrait venir du mot d'anglais jamaïcain, "streggae", qui désigne une personne mal ou trop peu habillée, et de là, les prostituées ; ce mot aurait été modifié par une radio jamaïcaine de l'époque . D'autres explications existent, comme celle qui en fait la contraction des expressions “regular guy”, “regular people”, en somme une musique faite pour “l'homme de la rue” (citation Bob Marely, interview ). Pour le chanteur Bob Marley, le terme aurait des racines espagnoles et désignerait la « reine des musiques » (« la musica del rey »). Selon d'autres sources, il serait la contraction et l'altération du terme anglais « raggamuffin » (littéralement « va-nu-pieds ») ou peut-être de rege-rege « querelle ». Autre hypothèse, « reggae » désignerait une tribu de langue bantou originaire du lac Tanganyika. Derrière toutes ces étymologies possibles, se dessinent les particularités d'un genre musical fait d'héritages, de brassages, d'appropriations et de confrontation à la dure et rugueuse réalité. Enfin, dernière explication, le terme « reggae » découlerait de la spécificité de son rythme - «a ragged rythm» un «rythme déguenillé» ou «irrégulier» - comme le soutient le guitariste de studio Hux Brown .

Tout aussi problématique est la question de la paternité du reggae en tant que genre musical proprement dit ; paternité qui, contrairement au rocksteady, est très controversée : certains attribuent le premier disque de reggae aux Maytals avec Do the Reggay en août 1968. Cependant, si Toots est certes le premier à utiliser le mot "reggae" dans une chanson, d'autres morceaux au tempo un peu plus rapide que le rocksteady ont déjà préfiguré le style au cours de l'année 1968. Ainsi Pop-a-Top de Lynford Anderson annonçait déjà, début 1968, un nouveau style de rythme, bien plus rapide. D'autres compositions se disputent le titre de premier reggae, dont le Bang A Rang de Stranger Cole et Lester Sterling (pour Bunny Lee), le Nanny Goat de Larry Marshall et Alvin (sous la direction de Jackie Mittoo, pour Studio One), la première version méconnue du Soul Rebel de Bob Marley, et le No more heartache des Beltones.

Cette première phase d'évolution du reggae, que l'on qualifie de période du "early reggae", est caractérisée par un tempo plus rapide, et l'accélération du jeu à contretemps déjà présent avec le ska et le rocksteady. Puis le tempo ralentira, la basse se fera plus lourde encore, mais le reggae gardera cette base rythmique basse/batterie prédominante et ce mouvement chaloupé qui lui est propre.

Lee « Scratch » Perry est également à l'origine d'un des premiers succès reggae de 1968, Long Shot (interprété par les Pioneers, avec les jeunes frères Aston « Family Man » et Carlton Barrett à la basse/batterie), où il utilise une rythmique particulièrement rapide. Scratch travaille alors pour Joe Gibbs et le quittera pour ne pas avoir été crédité pour son travail sur ce morceau . - Il reprendra ce morceau à son compte en se lançant dans la production, avec son propre label "upsetter" (énerveur). "People Funny Boy" fera un carton en Angleterre. - Scratch utilisera par la suite des pratiques innovantes qui transformeront le reggae, comme l'introduction de bruitages (l'origine du sample). Il fondera également le légendaire studio Black Ark où seront enregistrés, entre autres, Bob & The Wailers, The Congos, Max Romeo, Junior Murvin.

L'orgue : Les early reggae présentent souvent une structure d'orgue empruntée au vieux RNB, celui-ci marquant chaque croche d'une note. Cette technique nommée "shuffle" se place là où se trouvait le beat guitare (ou skank) du ska et accentue fortement la dynamique rythmique, donnant l'impression d'accélérer le tempo. Le riddim mythique du Beat Down Babylon de Lee Perry est un exemple typique. Cette technique s'est raréfiée par la suite, l'orgue accompagnant alors souvent le skank (sur le 2e et 4e temps) et ouvrant parfois le riddim par une introduction mélodique. L'ouverture de riddim la plus mythique est probablement celle du "Take A Ride" aka "Truth and Right" d'Al Campbell chez Studio One.

La guitare : elle est toujours électrique (très rares exceptions) et l'effet utilisé est absolument crucial. Le skank est parfois doublé par un mouvement d'aller-retour rapide ("le pickin") ou par l'utilisation d'une boîte analogique à écho ou delay (de préférence un Roland Space Echo RE201...). Les accords en contre-temps sont parfois dotés d'un effet Wah. Souvent, une deuxième guitare est posée en parallèle à la guitare rythmique et pose des accords mélodiques, parfois un solo discret, sur le riddim.

La basse : à l'origine les contrebasses marquaient le temps sur les rythmes ska. Les basses reggae sont électriques et ont plus de liberté mélodique. Elles utilisent les fréquences les plus basses et apportent un effet alourdissant volontairement le riddim. La guitare basse forme le noyau central du riddim avec la batterie, musique fondamentalement rythmique, des mots même de Lee Perry. Les lignes de basses les plus marquantes (par ex : milk & honey, rasta business, the Heathen, Children of the Ghetto...) sont simples mais jouées avec une précision absolue afin de maintenir une rythmique marquée au travers des accords. Les accords sont bien distincts, avec une assez grande amplitude dans les notes choisies, les fréquences très basses étant plus difficilement distinguables par l'oreille humaine.

Les cuivres : dominant durant le ska, presque absents du rocksteady, ils reprennent place avec le reggae. Ils marquent parfois le skank (ex: They don't Know Jah des Wailing Souls) mais remplacent plutôt l'espace occupé par l'orgue au début des années soixante-dix : intro et refrain. Le rythme le plus célèbre est sans doute celui du Satta des Abyssinians.

L'histoire du reggae est indissociable de celle des sound systems. Souvent lié à l'industrie phonographique locale et comparable à une sono mobile, le sound-system désigne à la fois le matériel utilisé, l'équipe qui l'anime et la soirée elle-même.

Toute musique produite en Jamaïque est diffusée en sound-system et les disc jockeys (DJ) animent les danses depuis les années 1950. Pour des raisons économiques ces soirées, qui diffusent de la musique préenregistrée, remplacent les orchestres. Les DJ y pratiquent le Toasting (Toaster = bonimenteur) pour introduire les morceaux. On trouve ici les racines du Rap. Les sound-systems sont donc de grands rassemblements festifs, en plein air qui attirent une large frange de la population jamaïcaine, en particulier celle des quartiers pauvres de Kingston, la capitale.

C'est à partir de 1973, avec le succès de Bob Marley & The Wailers puis d'autres groupes comme les Gladiators et Black Uhuru que le reggae prend une dimension internationale. Dès lors, il pourra non seulement continuer à évoluer en Jamaïque, mais aussi reprendre son métissage à travers le monde.

On voit apparaître les premiers sound system en 1940 : une sono embarquée dans un camion, faisant le tour de la Jamaïque. Un sound system est constitué d'un selecter: programmateur qui choisit les musiques pour faire bouger, et du toaster (terme qui disparaîtra dans les milieux électro/techno pour devenir DJ) qui commente et anime la session du selecter au micro. Les premiers sound systems sont très rudimentaires : une platine (tourne disque), un amplificateur et deux enceintes. Tom Wong, alias Tom the Great Sebastian, jamaïcain d'origine chinoise sera le premier a faire bouger les rues de Kingston au début des années 1950. Un autre sound system très connu est celui de Clement Seymor Dodd, alias "Sir Coxsone Downbeat", qu'il monte en plein ghetto de Kingston. Il engage "Count Matchuki" (précurseur du rap et du beatboxing) comme toaster. Le milieu des sound system est très rude, et la concurrence féroce envoie souvent des hommes de mains saccager les sound "adverse": on arrache les étiquettes des disques, détruit le matériel, etc (c'est pour cela par exemple que Coxsone va engager Prince Buster, boxeur amateur, qui sauvera d'ailleurs Lee Scratch Perry). Vers la fin des années 1950, le courant recule aux USA et les selecter ont beaucoup de mal a s'approvisionner en disques. Ils se tournent alors vers l'industrie du disque locale. C'est à ce moment-là que Coxsone créé son propre label : le Studio One.

Encourageant la foule ou commentant le quotidien dans les sounds, les toasters utilisent un phrasé original parfois proche de la psalmodie, entre parler et chant mélodique. Parmi les premiers à lancer le genre : Count Matchuki, Sir Lord Comic, King Stitt, suivis du fameux U Roy. Cette pratique, le "talk over" est à l'origine du rap.

Les sound systems sont plus que présents de nos jours, et on y écoute tous les styles: Dub, Dancehall, Roots, Nu roots, UK style, Rub-a-Dub, etc. Quelques sound systems connus internationalement: Aba Shanti I, King Earthquake, King Shiloh, Jah Tubbys, Jah Shaka, Stone Love, Killamandjaro, Addies... Quelques sound systems connus au niveau national: Heartical sound, Soul Stéréo, Guiding Star, Love Corner Krew, Irie Crew, Zion Gate Hi Fi, Lion Roots, Black Board Jungle,Lions Sound, Call Jah,Big Faya sOund....

La musique dub est dérivée du reggae. Au début des années 1970, les ingénieurs du son King Tubby et Errol Thompson approfondissent les recherches d'invention d'Augustus Pablo dans le domaine du reggae instrumental. Ceci consiste à effectuer un travail des morceaux présents sur la face A des vinyles, et que l'on place en face B. La face A étant le morceau original et la face B la version dub. Le style se caractérise alors par son accentuation rythmique, lourde et dépouillée, une basse très présente et une mélodie squelettique. On y ajoute des effets comme des échos, de la réverbération qui permettent aux toasters (disc-jockey du reggae) de développer leurs improvisations dans les sound-systems.

Cette mouvance jamaicaine est reprise dans les années 1980 par des Sounds Systems anglais (Aba Shanti I par exemple) qui y rajoutent une bonne dose d'instruments électroniques et par la prédominance du Steppah (basse et grosse caisse sur chaque temps). Ce courant se développe ensuite en Europe (France, Allemagne, Autriche) puis se détache du mouvement reggae pour devenir un style à part entière.

La dub poetry est l'adaptation du genre "spoken word" à la musique reggae/dub. Le "poète dub" psalmodie ses textes en calquant son phrasé sur la rythmique qu'interprètent les musiciens qui l'accompagnent (Il ne chante pas mais pose sa poésie sur des rythmiques reggae/dub). Initialisé par Prince Far I, Michael Smith, Sister Breeze, Oku Onuara... c'est avec Linton Kwesi Johnson que le mouvement trouve son véritable représentant.

Cette "poésie dub" reprend les thèmes et revendications des rastas mais s'intéresse de plus près à l'acte artistique, à l'engagement politique et social contre le racisme, l'impérialisme, les problèmes économiques... Elle a su s'implanter dans les milieux culturels et intellectuels et contribue à élever le niveau du reggae et de la culture jamaïcaine. Des artistes comme Benjamin Zephaniah ou The Last Poets participent à l'évolution du style en l'orientant vers le Hip Hop et l'Electro.

En France la pionnière est Sistacaro, depuis 1998 elle raconte des histoires sur le dub, des textes militants et historiques ayant pour thème des contes du Ghana, l'épopée éthiopienne du Kebra Nagast et des contes traditionnels jamaicains. Elle a adapté ses textes pour les jouer en sound system et ainsi représenter la dubpoetry en France.

L’appellation, née à Londres au milieu des années 1970, définit un reggae doux, au rythme moins marqué, qui parle d’amour et de situations sentimentales et s’oppose en cela au reggae roots. Il est devenu synonyme du reggae "romantique" dont les figures jamaïcaines les plus représentatives sont Gregory Isaacs, John Holt, Dennis Brown et Freddie McGregor. Ce style a perduré en Jamaïque dans les années 1980 avec Sugar Minott, Cocoa Tea ou Frankie Paul, puis dans les années 1990 avec Beres Hammond, Sanchez, Jack Radics, Glen Washington, George Nooks, Richie Stephens, Wayne Wonder et, durant les premières années de sa carrière, Luciano. Il est également resté assez populaire en Angleterre, où même des groupes "reggae roots" comme Aswad ou Matumbi s'y sont adonnés. Les artistes lover's rock britanniques actuels sont Don Campbell, Peter Huningal, Nereus Joseph ou Peter Spence. Il a en particulier suscité de nombreuses carrières d'artistes féminines telles Carol Thompson, Louisa Marks et Janet Kay.

L'early reggae se démarque du rocksteady par un tempo plus rapide, un skank à l’orgue souvent doublé et une influence funk dans le jeu de basse alors que la batterie marquait le troisième temps d’une mesure de quatre temps, à la façon du rocksteady (dans le ska, il s’agissait des deuxième et quatrième temps). Ce style fut également influencé par le mento traditionnel, influence que l’on peut retrouver dans le skank dédoublé et dans certaines lignes de basse que l’on peut rapprocher du jeu d’une rumba box. Ce reggae, très nerveux et mené par le jeu de l’organiste, connut beaucoup succès en Angleterre auprès des skinheads anglais, au point qu’il prit parfois le nom de skinhead reggae.

Le skinhead reggae proprement dit naît dans les années 1969-70 en Angleterre, suite au mélange des mods et des rudies jamaïcains fans de reggae, donnant naissance à des skinheads auxquels ils ont transmis le goût de cette musique : des groupes se sont mis alors à jouer ce style spécifique pour répondre à leurs attentes. Les principaux artistes issus de l'émigration caraïbes (Jamaïque, Barbades, Guyane britannique …) qui faisaient allusion aux skinheads étaient Laurel Aitken, Dandy, Derrick Morgan, Symarip/The Pyramids, The Rudies, Hot Rod Allstars (The Cimarons), The Pioneers... et les producteurs Joe Mansano, Lambert Briscoe, Webster, Shrowder et Desmond Bryan.

Le kaneka est une forme musicale issue de Nouvelle-Calédonie où les kanaks ont mêlé les rythmes et les sonorités des musiques traditionnelles aux influences reggae.

L'année 1995 marque le début de la vague "new-roots" amorcée l'année précédente par la mort du grand chanteur Garnett Silk (9 décembre 1994) et la conversion à rasta du deejay du moment Buju Banton et qui perdure tant bien que mal jusqu'à aujourd'hui. Sur le plan des textes, le "new roots" aussi appelé "dancehall roots" désigne le retour de la mode des textes conscients et "culturels" (moins présents depuis la seconde moitié des années 1980 où les textes les plus mis en avant traitaient souvent de manière ambiguë d'armes à feu ou de sexe) dans le reggae jamaïcain, sous le renouveau de l'influence rasta.

Sur le plan de la texture musicale, le new-roots se traduit par le retour du reggae à un son moins digital voire de plus en plus "acoustique". La plupart du temps, le son reste néanmoins semi-digital puisque l'ossature des "riddims" (basse-batterie-skank) reste généralement exécutée à l'aide de synthétiseurs/boîtes à rythmes tandis que viennent se greffer autour des instruments non-digitaux plus traditionnels (cuivres, guitare, piano, orgue Hammond).

Les labels phares de la vague new roots de 1995 sont X-terminator (Phillip "Fattis" Burrell), Digital B (Bobby "Digital" Dixon), Penthouse (Donovan Germain), Startrail (Richard "Bello" Bell), puis par la suite à un niveau moindre, X-rated (Barry O'Hare), Kariang (Jah Mike), Black Scorpio (Jack Scorpio), Kings Of Kings (Colin "Iley Dread" Levy) et Fateyes (Fatta Marshall & Bulby York).

Mais cette vague très influente en Jamaïque jusqu'en 1998 a ensuite cédé la place à un retour du dancehall hardcore, le dancehall bogle (que l'on appelle de plus en plus dancehall tout court) jusqu'en 2004, époque à laquelle on recommence à parler de new roots pour désigner un nouveau retour à un reggae plus classique dans la rythmique. Ce nouveau cycle de la musique jamaïcaine prend également le nom de "one drop", terme qui désignait à l'origine le rythme roots reggae le plus "traditionnel" (les autres étant le flying cymbal, le rockers et le rub-a-dub) mais qui devient de plus en plus synonyme d'une rythmique roots reggae, quelle qu'elle soit.

Depuis peu, le reggae one drop à l'ancienne a repris ses droits en Jamaïque . aux dépens d'un dancehall qui régnait en maître ces dix dernières années. De plus en plus influencé par le hip-hop américain, ce genre musical peinait à se renouveler. Il n'en fallait pas plus pour que quelques jeunes pétris de talent, que l'on appelle « nouvelle garde », s'engouffrent dans la brèche. Une brèche ouverte en 2002 par Warrior King et son tube Virtuous Woman, son premier véritable succès. Cette chanson a séduit le public jamaïcain non seulement pour sa qualité et son coté novateur, mais aussi pour la belle histoire autobiographique qu'elle racontait. En effet, cette chanson était destinée à son ex-petite amie qui, en l'entendant à la radio, a décidé de retourner avec lui, charmée par cette preuve d'amour. Les yardies, friands de contes de fées, ont littéralement accroché. S'ensuivit le bien nommé album Breath Of Fresh Air, un succès d'estime autant que commercial.

Puis, en 2003-2004, c'est tout une génération qui émergea de l'iceberg reggae, rebaptisé une nouvelle fois new roots pour l'occasion. Ce fut d'abord Richie Spice, le cadet de la famille Banner, à qui l'on doit déjà les chanteurs Pliers et Spanner Banner, qui scora trois numéros un hit singles consécutifs. Dans l'ordre : Earth A Rune Red, Marijuana et Folly Living. Il est, depuis, devenu l'icône du renouveau du reggae et son album Spice In Your Life figure déjà au panthéon de la musique jamaïcaine moderne. À ses côtés, le label Fifth Element, équipe de production/management également en charge d'autres artistes à la mode comme Chuck Fender et Anthony Cruz.

Puis il y eut Chezidek et son Leave The Trees, Pierpoljak et ses "Je fais c'que j'veux", "Stim turban", et "Tuff Gong Blues", Natty King avec ses No Guns To Town et Mr. Greedy, Fantan Mojah avec Hail The King et Hungry Days, Mr. Perfect avec Handcart Boy. D'ailleurs, ce dernier possède une histoire similaire à celle de Warrior King. Sa chanson narre la belle histoire tirée de sa propre vie, à savoir celle d'un pauvre rasta pousseur de charrette amoureux d'une belle fille de bonne famille, et qui parvient malgré tout à la séduire. Enfin, Gyptian a connu un très grand succès avec sa chanson Serious Times sur un rythme nyabinghi-FM.

Mais le leader de ce nouveau mouvement reggae, Jah Cure, a vécu une moins belle histoire: il a effectué un séjour en prison, pour une affaire contestée de viol, de 1999 à 2007. Il vient d'être libéré sur parole le 28 juillet, et continue de clamer son innocence et n'a jamais reconnu les faits. Trois jours après sa libération, il sort son quatrième album intitulé True Reflections...A New Beginning (Des pensées profondes... Un nouveau début), qu'il a pu enregistrer dans sa cellule.

Depuis, cela a donné des idées à certains et même les artistes dancehall se mettent au one drop, y compris le sauvage Elephant Man qui se met soudainement à chanter rastafari.

À des lieues du dancehall et de sa glorification fréquente des guns et des grosses voitures, le reggae one drop évolue constamment dans un climat positif et constructif. Les chansons ont bien souvent comme thème l'appel à l'amour, la condamnation de la violence, l'éloge de la weed (herbe) ou encore la dénonciation de la corruption presque traditionnelle.

Même si elles découlent de causes identiques, il existe des différences entre la vague nu roots de 2004 et celle de 1995 : - Celle de 1995 reposaient sur des labels assez anciens et très puissants, qui formaient de véritables familles artistiques avec leurs artistes (X-terminator, Startrail) et imposaient chacun un son particulier (les fameux sons Penthouse ou Digital B). À l'inverse, celle de 2004-2005 est plus basée sur une génération de nouveaux artistes. Les labels "dominants" (il n'y en a pas vraiment, mis à part Downsound) sont plus modestes, bien moins puissants et moins charismatiques au niveau des productions (on ne reconnaît pas vraiment ces labels à leur son, à part peut être ceux de Don Corleon, dont les riddims nu roots facilement abordables sont tous basés sur à peu près la même rythmique). - L'aspect familial mis en avant en 2004 a disparu (départs de Chuck Fender et Anthony Cruz du Fifth Element, de Junior Kelly de Downsound, de Luciano de chez X-Terminator). - Le son est de plus en plus acoustique en 2004, alors qu'il restait assez digital en 1995. Par ailleurs, il est aussi plus léger (basses parfois mises en retrait lors du mixage) et plus "lover's" (le riddim "Cry Baby" de Christopher Birch) que le son lourd de 1995. - Le reggae nu-roots n'est pas exclusivement jamaicain. Que ce soit Groundation pour les États-unis, Gentleman et seeed pour l'Allemagne ou bien Le Rascal Riddim Reggae pour la France le nu-roots (et le reggae en général) est à présent une musique jouée et écoutée sur toute la planète .

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Stir It Up: The Music of Bob Marley

Stir It Up: The Music of Bob Marley est le premier album « hommage » que rend le pianiste jamaïcain Monty Alexander au chanteur et compositeur Bob Marley. L'artiste à ré-enregistré 11 titres extrait du répertoire du musicien reggae, en apportant la virtuosité et la vivacité du jazz à chaque interprétation.

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One Love: The Very Best of Bob Marley & The Wailers

One Love: The Very Best of Bob Marley & The Wailers est une compilation des chansons les plus connues de Bob Marley & the Wailers. Le CD est sorti en 2001 sous le label Island/Tuff Gong.

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Dreams Of Freedom: Ambient Translations of Bob Marley in Dub

Dreams Of Freedom: Ambient Translations of Bob Marley in Dub est un album de remix du répertoire de Bob Marley & the Wailers, produit et réalisé par le bassiste américain Bill Laswell d'après un concept artistique développé par le producteur jamaïcain Chris Blackwell.

L'album se présente comme un mix continu où les 11 titres s'enchaînent pour former une unique pièce de style ambient, avec de grandes nappes synthétiques et cet effet de "souffle" caractéristique des productions minimaliste. Tous les effets propres à la production de dub sont également présents : echo sur les voix, delay et reverb sur les skanks et la rythmique, bruitages, sirènes et ligne de basse mise en avant.

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Source : Wikipedia