Biotechnologies

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Posté par rachel 02/03/2009 @ 21:58

Tags : biotechnologies, economie, sciences de la vie, science

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Laboratoire Français du Fractionnement et des Biotechnologies

Le Laboratoire Français du Fractionnement et des Biotechnologies est un laboratoire français d'État, dont la production est essentiellement tournée vers le fractionnement des protéines plasmatiques issues du plasma sanguin. Il est le seul laboratoire français à pouvoir effectuer ce fractionnement, sur le plasma provenant des dons de sang réalisé dans les établissements français du sang. Le LFB reste un acteur majeur mondial du fractionnement de la protéine plasmatique. C'est le laboratoire le plus avancé dans ce domaine. Il en extrait la gamme la plus large de médicaments non commercialisés au public. Il est présent sur quasiment tous les domaines des maladies sanguines et sur certaines maladies rares. Pour certains facteurs de coagulation, il est le seul apte à réaliser le médicament. Il réalise aussi du travail à façon, avec du plasma sanguin issu d'autres pays et est utilisé exclusivement pour la fabrication des médicaments destinés aux pays commanditaires (Maroc, Allemagne, Angleterre, Suisse, Luxembourg ....). Il exporte ces produits et a des partenariats techniques et commerciaux à travers le monde. Il est le 3e laboratoire à l'hôpital en France.

Le LFB est aussi un acteur mondial majeur de la recherche sur les biotechnologies.

Jusqu'en 1993, les produits et dérivés plasmatiques étaient produits directement par les centres de transfusion sanguine, les produits étant considérés comme des dérivés du sang. La loi du 4 janvier 1993, sépare les activités suite au classement des protéines plasmatiques et de leurs dérivés en médicaments soumis à un contrôle de l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) et devant être dûment autorisé à être commercialisé.

Le 20 janvier 1994 est créée la convention constitutive du GIP LFB et par l'arrêté du 19 mai 1994, elle est approuvée. Le GIP est définitivement créé le 1er juin 1994. Le siège social est établi au 37 de la rue Violet, Paris XVe.

Pour faire suite à la loi de modernisation du droit du 8 juin 2004 , le GIP LFB est transformé en Société anonyme de droit privé et des filiales sont créées pour distinguer l'activité "Fractionnement" et l'activité "R&D". Au journal officiel du 29 juillet 2005 est publiée l'ordonnance 2005-866 du 28 juillet 2005 transformant le Groupement d'intérêt public dénommé «Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies» en société anonyme.

À ce titre, les établissements du sang précédemment incorporés au GIP sont écartés et l'État devient actionnaire à 100%. LFB SA est définitivement créée le 7 juillet 2006. À terme, le capital devra rester majoritairement détenu par l’État français ou ses établissements publics, mais il pourra être ouvert aux autres investisseurs.

Président Directeur Général de LFB S.A.

PDG Elixir Pharmaceuticals Inc.

Chargée de mission, Direction générale de la recherche et de l'innovation - Département santé, Minst. éducation nationale.

L'article L. 5124-14 du code de la santé publique, autorise LFB Biomédicaments, la filiale du LFB qui a en charge le fractionnement du plasma, à fabriquer des médicaments à partir du sang ou de ses composants collectés par l'établissement français du sang.

Selon les critères de l’éthique française : Bénévolat, anonymat, volontariat, information avant le don, questionnaire de santé, entretien médical, examen, information après le don, suivi du donneur.

Respect des bonnes pratiques transfusionnelles (matériel stérile etc...), identification correcte des dons, destruction des produits abîmés.

Tests en laboratoires pour la vérification de l'absence de maladies.

Après préparation et déleucocytation, le plasma est congelé à -40°C environ, pour assurer sa bonne conservation. Il se conserve une année, au-delà, il doit être détruit.

Transporté par un prestataire du LFB, le plasma est acheminé des EFS par camion frigorifique. Les collectes se font sur les plateaux techniques des Établissements français du sang à travers toute la France. Les conditions de transport et le suivi de la température de transport sont enregistrés et contrôlés ainsi que les documents de transports. Chaque réception est identifiée et enregistrée par un numéro d'identification et la date de réception. Chaque numéro de don est enregistré pour la traçabilité. La tubulure détachable de la poche contenant du plasma sanguin est utilisée pour contrôler l'absence de différentes maladies.

Les lots sont enregistrés et mis en quarantaine. Le laboratoire procède à des contrôles virologiques sur les poches pour confirmer l’absence de maladies.

Toutes les poches pouvant servir au fractionnement après tous les tests en laboratoires (vérifications des maladies possibles et présentes dans le plasma) sont mises en quarantaine 50 jours avant leur utilisation. La durée totale de quarantaine est de 90 jours.

Les lots sont libérés de leur quarantaine, et sont traités en production. Le mélange homogène d’un lot de plasma pour fractionnement subit encore une batterie de tests. Si ceux-ci sont négatifs, le lot est bon pour le fractionnement sinon c’est la destruction par incinération.

Purification, inactivation virale et nanofiltration ont pour but de débarrasser le plasma de tout virus (ou de les inactiver) avant sa mise en produit fini.

Chaque lot de médicament est contrôlé avant sa commercialisation par des procédés spécifiques et conformes au cahier des charges de l’autorisation de mise sur le marché.

Le médicament fini est disponible, il peut être prescrit et utilisé par les patients.

Dans le cadre de son activité de recherche en biotechnologies, elle a pris courant 2007 le contrôle partiel de MAbgène à hauteur de 41%. À terme, LFB Biotechnologies fusionnera avec MAbgène pour former entièrement LFB Biotechnologies. .

Le laboratoire dispose également depuis début 2008 d'une participation à hauteur de 24,99% dans le capital de CAF-DCF, la filiale belge du groupe Sanquin , acteur majeur du fractionnement et de la collecte de sang au Benelux.

Le laboratoire est membre du G5. Le G5 regroupe 5 acteurs du médicament et de la recherche avancée sur le territoire français. Le but du groupement est de maintenir leurs centres de décision sur le territoire national. Toutes les entreprises adhérentes font de la recherche « leur priorité ».

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Haut Conseil des biotechnologies

Le Haut Conseil des biotechnologies est un organisme public créé par le décret n° 2008-1 273 du 5 décembre 2008, en remplacement du Comité de préfiguration d’une haute autorité sur les OGM.

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Axel Kahn

Axel Kahn, né le 5 septembre 1944 au Petit-Pressigny en Indre-et-Loire, est un scientifique, médecin généticien, et essayiste français, fils du philosophe Jean Kahn-Dessertenne, et frère du journaliste Jean-François Kahn et du chimiste Olivier Kahn. Directeur de recherche à l'INSERM, et ancien directeur de l'Institut Cochin, il est depuis le 20 décembre 2007 le président de l'Université Paris Descartes. Axel Kahn est surtout connu du grand public pour la vulgarisation scientifique qu'il fait depuis de nombreuses années et ses prises de positions sur certaines questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies,en particulier au clonage ou aux OGM, notamment en raison de son travail au sein du Comité consultatif national d'éthique de 1992 à 2004.

Axel Kahn est docteur en médecine avec une spécialité en hématologie et docteur ès sciences. Ancien interne des Hôpitaux de Paris, Axel Kahn devient chercheur à l'INSERM avec une spécialisation en biochimie. Il intègre, en 1972, le groupe de Jean-Claude Dreyfus au sein de l'Institut de Pathologie moléculaire de l'hôpital Cochin créé (1969) et dirigé par Georges Schapira, qui deviendra le futur Institut Cochin.

Ses travaux portent sur les maladies génétiques, la thérapie génique, les cancers, la régulation de l'expression des gènes par les sucres, et plus récemment le foie et le métabolisme du fer. À la fin des années 1980, il se fait le porte-parole en France de la thérapie génique, mais il admettra plus tard que les perspectives de cette technologie ont été surévaluées. Il a présidé la Commission du génie biomoléculaire de 1988 à 1997. Il est nommé directeur scientifique adjoint pour les sciences de la vie de la société Rhône-Poulenc de 1997 à 1999, ce qui provoqua quelques polémiques car cette compagnie développait des OGM et qu'Axel Kahn venait de rendre un avis favorable à leur culture en France. Il a été membre du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 1992 à 2004. Il s'est notamment déclaré hostile au clonage thérapeutique, au motif qu'il « attenterait à la dignité humaine ». Directeur d'une unité de recherche Inserm depuis 1984, il a été directeur de l'Institut Cochin et de l'Institut fédératif de recherche Alfred Jost de 2001 à 2008.

Au niveau de la Commission européenne, il a été nommé président du Groupe d'experts de haut niveau pour les Sciences de la Vie (un organe de conseil sur les biosciences et les biotechnologies) de 2000 à 2002 par le commissaire européen chargé de la recherche, Philippe Busquin.

Axel Kahn est également auteur de très nombreux livres de vulgarisation et de réflexion, notamment philosophique et éthique. Il a été le fondateur et le rédacteur en chef, de 1986 à 1998, de la revue franco-québécoise Médecine/sciences.

Axel Kahn se décrit comme humaniste. Membre du Parti communiste français jusqu'en 1977, Axel Kahn adhère au Parti socialiste après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981. Depuis 2003, il est vice-président de l'association des amis de l'Humanité. Tandis que ses responsabilités au sein de l'INSERM s'accroissent (président d'une commission scientifique spécialisée en 1983, puis membre du collège de Direction), il est nommé membre du Comité consultatif national d'éthique en 1992. Il était Président de la Commission du génie biomoléculaire auprès du ministère de l’Agriculture et de la Pêche depuis 1987. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix et appartient au conseil scientifique de l'Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques depuis 1998. Président du groupe de réflexion sur l'éthique de la La Ligue nationale contre le cancer depuis 2004, il a pris la présidence de la Fondation internationale du handicap en 2007. Axel Kahn a été nommé, en Conseil des ministres en mars 2008, membre de la commission présidée par Simone Veil, pour la révision du préambule de la Constitution française de 1958.

Depuis 1990, Axel Kahn s'est engagé dans plusieurs débats médiatiques. En 1991, il lance avec d'autres une pétition contre l'utilisation des tests génétiques pour détecter des fraudes chez les athlètes féminines. Depuis 1992, il milite contre la brevetabilité des gènes, par les États-Unis et par l'Europe. Il protestera également contre l'exhumation d'Yves Montand afin de pratiquer, sur sa dépouille, des tests de paternité.

En 2000, Axel Kahn s'est opposé non seulement au clonage reproductif, mais aussi au principe du clonage thérapeutique, dénonçant la réification de l'embryon humain. Mettant en question les possibilités thérapeutiques de cette méthode, il la contestait pour des raisons morales. Il a dénoncé le discours des médecins et des scientifiques la présentant comme porteuse d'exceptionnelles promesses médicales. Pour lui, il s'agissait là plus d'un lobbying que d'une réelle information du public. En 2005 et 2006, il a insisté pour que, même si le Parlement finissait par autoriser cette recherche, ce soit pour des raisons scientifiques explicites, et non en arguant des perspectives thérapeutiques alors difficilement réalisables au moins à court et moyen terme. Certains ont interprété cette analyse comme le signe d'un léger infléchissement de sa position ces dernières années.

Chargé par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) d'instruire la saisine ministérielle sur le sujet, Axel Kahn s'opposera vivement à la jurisprudence de la Cour de cassation sur l'affaire Perruche. Cette jurisprudence indiquait que des praticiens ayant commis une erreur de diagnostic prénatal devaient indemniser non seulement les parents, mais aussi, toute leur vie durant, les enfants handicapés.

En 2004, comme quelques personnalités de l'Institut Cochin, il soutient très activement le mouvement des chercheurs Sauvons la recherche .

En 2006, il est parrain du projet culturel et éducatif la Cité des Savoirs du XXIe siècle pour l'île Seguin avec d'autres personnalités telles que Régis Debray, Albert Jacquard ou Philippe Meirieu.

Toujours dans le cadre de son combat contre le réductionnisme génétique, il répond, en 2007 à Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République. Ce dernier dans un entretien avec Michel Onfray avait fait part de sa conviction d'une origine génétique de la pédophilie et des tendances suicidaires chez les jeunes. En septembre 2007, avec Didier Sicard président du Comité consultatif national d'éthique, il s'oppose vivement, à l'amendement présenté par le député Thierry Mariani portant sur l'utilisation des tests génétiques dans le cadre du regroupement familial, qu'il déclare «immorale» et «illégitime».

Lors des élections législatives françaises de 2007, Axel Kahn co-préside avec Albert Jacquard le comité de soutien d'André Aschieri dans la neuvième circonscription des Alpes-Maritimes. À l'occasion des élections municipales françaises de 2008, il est membre des comités de soutien de Bertrand Delanoë, à Paris, et de Pierre Cohen, à Toulouse; il est intervenu dans les derniers meeting des candidats.

Sur le plan administratif et universitaire, Axel Kahn s'est porté candidat à la présidence de l'Université Paris Descartes avec un programme en trois propositions . Il a été élu le 20 décembre 2007 par le Conseil d'administration, alors qu'il était le seul candidat. Il a précisé ses objectifs et sa vision de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités dans un entretien au journal Le Point.Il a néanmoins apporté son soutien à l'Academic Pride . Le 18 décembre 2008, il a été élu président de la commission recherche de la Conférence des présidents d'université (CPU).

Axel Kahn s'est positionné fortement en faveur de la réforme sur l'autonomie des universités (mettant jusqu'à sa présidence de Paris Descartes en jeu) ainsi que du décret sur les universitaires, qui suscite l'opposition d'un nombre important d'enseignants-chercheurs en 2009. Il s'est toutefois désolidarisé du président Sarkozy qui, lors d'une émission télévisée le 5 février 2009, s'est réclamé de son soutien « comme personnalité de gauche ». Le 7 février dans une interview sur Europe 1, Axel Kahn a refusé d'être « pris en otage », a reproché au Président ses propos méprisants et blessants sur les chercheurs tenus à l'Elysée le 22 janvier et lui a déclaré que, dans ces circonstances, sa réforme « maintenant mal emmanchée » ne passerait pas. Une semaine plus tard, il déclarait la nouvelle version du décret « acceptable » tout en affirmant qu'il « serait inacceptable de compenser par des surcharges de service le manque d'enseignants-chercheurs ».

Présenté parfois par les médias comme le « généticien français le plus renommé en Europe », Axel Kahn ne figure cependant pas dans la liste des 137 scientifiques français les plus cités, établie par l’Institute for Scientific Information . Cette liste comporte une bonne dizaine de généticiens français, parmi lesquels Pierre Chambon, Daniel Cohen, Jean-Louis Mandel, Marie-Geneviève Mattéï et Jean Weissenbach. Il a néanmoins publié plus de 500 articles dans des revues internationales.

Son travail scientifique durant des années a porté principalement sur la régulation des gènes par le sucre dans le foie. Le groupe d'Axel Kahn a tenté d’inactiver chez la souris les gènes responsables de cette régulation. Une des nombreuses équipes de son laboratoire ayant obtenu un phénotype inattendu après l’inactivation d’un de ces gènes, il s’est avéré que par hasard, un autre gène avait été inactivé, le gène de l’hepcidine. Un des membres de cette équipe provenant d’un laboratoire travaillant sur le métabolisme du fer, le phénotype observé a été rattaché à une pathologie courante l'hémochromatose, et le rôle de l’hepcidine, un peptide anti-microbien dont la réponse au fer avait été découverte par une équipe rennaise, a pu être totalement démontré par l'équipe de Sophie Vaulont et d'Axel Kahn. Bien que les études ultérieures des membres de son équipe aient été essentielles pour la compréhension de l'ensemble du mécanisme d'action de l'hepcidine,,,,, il est reproché par certains à Axel Kahn de s’être employé à minimiser le rôle des codécouvreurs.

En mars 2007, Axel Kahn a été violemment critiqué sur la production scientifique de l'Institut Cochin dans un article du journal Les Échos.. Il a répondu à cette critique par une lettre ouverte. Il s'est montré solidaire de la lutte des Échos pour son indépendance lors de sa tentative de rachat par Bernard Arnault en juillet 2007.

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Biotechnologie

L’OCDE définit les biotechnologies comme « l’application de la science et de la technologie aux organismes vivants et à d’autres matériaux vivants ou non vivants, pour la production de savoir, biens et services ».

Les biotechnologies, comme leur nom l'indique, résultent d'un mariage entre la science des êtres vivants - la biologie - et un ensemble de techniques nouvelles issues d'autres disciplines telles que la microbiologie, la biochimie, la biophysique, la génétique, la biologie moléculaire, l'informatique...

Par abus de langage, on les restreint souvent au domaine du génie génétique et aux technologies issues de la transgénèse, permettant en particulier d'intervenir sur le patrimoine génétique des espèces pour le décrypter ou le modifier (création d'organismes génétiquement modifiés (OGM)).

Les biotechnologies jouent un rôle important dans le secteur des industries de la santé, mais ont aussi un rôle émergent dans les secteurs de l’environnement, de l’agriculture, de l’agroalimentaire, ainsi que pour la mise au point de processus industriels innovants.

Dans le secteur de la santé, la découverte de nouveaux traitements fait de plus en plus appel aux biotechnologies pour rechercher les causes des maladies, concevoir, tester et produire des médicaments spécifiques. Ceci suppose un effort de recherche très important pour comprendre le fonctionnement des organismes, et concevoir des médicaments capables d'agir sur d'éventuelles perturbations.

Cet effort de recherche est de plus en plus externalisé par les sociétés pharmaceutiques vers les sociétés de biotechnologie. Cette externalisation de la R&D permet d'avoir accès à une offre plus diversifiée de produits finis, c’est-à-dire de candidats médicaments pour lesquels la preuve de concept (essais in vitro et/ou en culture cellulaire), la preuve de faisabilité (essais chez l’animal), voire l'évaluation clinique chez l’homme ont déjà été faites. La présence effective d’un tissu de jeunes entreprises innovantes de biotechnologie est donc une source d’innovations majeures pour le secteur pharmaceutique. Ainsi, actuellement 15% des nouveaux médicaments sont issus des biotechnologies et les projections portent ce chiffre à 40% pour 2010.

Au-delà du secteur pharmaceutique, les biotechnologies jouent un rôle de plus en plus important dans la bio-industrie, les domaines de l’environnement et de l’agronomie. Les biotechnologies peuvent permettre la mise au point de capteurs de l’état de l’environnement, de sa pollution par des substances chimiques. Elles peuvent servir à la mise au point de procédés de recyclage innovants. Les organismes génétiquement modifiés peuvent être utilisés pour produire des matériaux innovants, des substances chimiques, très difficiles ou très coûteux à obtenir par la chimie traditionnelle.

Le développement des biotechnologies dans le domaine de l'agriculture, au travers en particulier des OGM soulève de nombreuses polémiques, au niveau de certains groupements professionnels d'agriculteurs (comme la Confédération paysanne en France) et des ONG comme Greenpeace ou les Amis de la Nature. L'association Inf'OGM suit l'actualité dans ce domaine afin d'alimenter le débat public. Les entreprises actives dans ce secteur sont représentées au niveau européen par EuropaBio.

Pour le développement durable, les procédés enzymatiques constituent les applications industrielles « propres » les plus intéressantes et les plus utilisées : la production de détergents divers et tensioactifs, désencollage/désamidonnage des textiles tissés avant leur coloration et traitement de surface, le marché des amidons et fécules, hydrolyse des sucres de l’amidon, productions alimentaires (procédés de fermentation), autres industries (alimentation animale, fabrication ou traitement du papier, y compris le blanchiment et le désencrage, le traitement des cuirs, la bio-chimie fine, ou encore le traitement des graisses et huiles).

Mais on retrouve des biotechnologies utilisées dans tous les secteurs de l’industrie, et leur développement est poussé par le développement des législations et normes qui fixent des seuils de plus en plus bas de pollution admissibles, notamment en termes de production de gaz à effet de serre ou substances volatiles toxiques ou cancérigènes pour l’environnement ou l’espace de travail (formaldéhydes, méthanol, etc. désignés souvent par le sigle « COV » signifiant composé organique volatile) ainsi que dans l’agriculture (pour éviter la contamination des ressources en eau potable ou la toxication des sols et de l’environnement, ou limiter aussi la production de gaz à effet de serre) où les techniques de bioremédiation sont de plus en plus présentes.

La réfaction et/ou l’enchérissement des ressources pétrolières ou gazières conduit aussi à trouver des alternatives énergétiques notamment par la production de biogaz et d’alcool.

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Organisme génétiquement modifié

GloFish un des premiers animaux génétiquement modifiés vendus comme animaux de compagnie.

Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l'homme. Suivant les législations, les moyens permettant ces modifications vont de la sélection aux méthodes de génie génétique. Ces dernières méthodes permettent de modifier des organismes par transgénèse, c’est-à-dire l'insertion dans le génome d’un ou de plusieurs nouveaux gènes. Un « organisme transgénique », terme qui désigne les organismes qui contiennent dans leur génome des gènes « étrangers », est donc toujours un organisme génétiquement modifié, l'inverse n'étant pas toujours vrai.

La mise en œuvre de transgénèses (par recombinaisons de l'ADN, incorporations directes de matériel héréditaire, fusions cellulaires) permet un transfert de gènes héritable d'une espèce à une autre à la différence de la majorité des hybridations souvent stériles de plantes et d’animaux, que l’Homme réalise depuis plusieurs millénaires. L'aspect « révolutionnaire » de ces nouvelles techniques ainsi que leurs applications potentielles, notamment dans les secteurs médical et agricole, ont engagé une réflexion éthique. Au sein des biotechnologies, les OGM sont un domaine de recherche qui fait depuis les années 1990 l'objet de nombreux investissements en recherche et développement à partir de financements tant publics que privés.

Si certains OGM peuvent présenter des risques, principalement sanitaires ou environnementaux (dissémination non désirée de gènes), certaines organisations scientifiques internationales, et notamment le Conseil international pour la science, affirment que les OGM commercialisés ne sont pas dangereux pour la santé humaine, et que les risques de dissémination sont correctement contrôlés. Les partisans du mouvement anti-OGM estiment que les précautions prises ne sont pas suffisantes et affirment que les cultures en plein champs entraînent une pollution génétique.

Inexistante en 1993, les surfaces cultivées OGM (soja, maïs, coton…) n'ont cessés d'être en expansion et avoisinent en 2007 les 114 millions d'hectares, soit plus de 7% du milliard et demi d'hectares de terres cultivées.

Dans toute l'acception du terme, un Organisme génétiquement modifié est un organisme vivant (micro-organisme, végétal ou animal) dont le génome a été modifié artificiellement. Cette acception inclue toutes les voies possibles de modification, allant de la méthode de croisement/sélection aux outils de génie génétique.

D'un point de vue législatif, un grand nombre de pays et d'organisations utilisent une définition plus restrictive en référence à celle précisée lors du Protocole de Carthagène et qui entend pour Organisme vivant modifié « tout organisme vivant possédant une combinaison de matériel génétique inédite obtenue par recours à la biotechnologie moderne ». Cependant, cette definition n'est pas reconnue universellement . Certains pays, dont les États-Unis, ne font pas de ce recours à la biotechnologie moderne une notion discriminante. Ainsi, si l’Union européenne, dans la directive 2001/18/CE définit un OGM comme « un organisme, à l'exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle » et si l’OCDE définit les OGM comme : «  a plant or animal micro-organism or virus, which has been genetically engineered or modified », les États-Unis considèrent qu'un OGM est un organisme ayant subi un « changement dans le matériel génétique , que ce soit par l'intermédiaire de la sélection classique, du génie génétique de la mutagenèse ». Certains pays, comme par exemple le Canada, même s'ils acceptent la définition "restrictive", appliquent aux OGM la même règlementation que celle qui a cours pour les produits modifiés par des méthodes classiques.

Les controverses qui s'expriment à l'égard des OGM portent essentiellement sur ceux qui relèvent de la définition "restrictive", soit ceux obtenus par génie génétique.

La transgénèse est l'opération de génie génétique la plus couramment utilisée pour l'obtention d'OGM. Ainsi, organisme transgénique, est souvent utilisé comme synonyme d' organisme génétiquement modifié. Cependant, si un "organisme transgénique" est toujours un "organisme génétiquement modifié", un "organisme génétiquement modifié" n'est pas toujours un "organisme transgénique".

En théorie chaque organisme vivant peut être modifié par génie génétique, encore faut-il que les outils soient disponibles pour chaque espèce, ou que cela ait un intérêt scientifique ou commercial. L'immense majorité des OGM créés l'ont été dans un but purement scientifique. La modification du génome d'un organisme est aujourd'hui l'un des outils les plus utilisés pour comprendre le fonctionnement d'un organisme.

De nombreux micro-organismes (bactéries, algues, levures) sont relativement faciles à modifier et à cultiver, et sont un moyen relativement économique pour produire des protéines particulières : insuline, hormone de croissance, etc. Des essais sont également menés dans le même but à partir de mammifères, en visant la production de la protéine recherchée dans le lait, facile à recueillir et traiter.

Les principales plantes cultivées (soja, maïs, coton, tabac…) ont des versions génétiquement modifiées, avec de nouvelles propriétés agricoles : résistance aux insectes, résistance à un herbicide, résistance accrue à la sécheresse, enrichissement en composant nutritifs… Les principales plantes OGM cultivées en 2006 sont le soja, qui sert à l’alimentation du bétail, et le maïs.

Les animaux transgéniques sont plus difficiles à obtenir, et les animaux transgéniques obtenus ne sont pas encore commercialisés à des fins de consommation. Différents organismes sont utilisées en laboratoires comme espèces modèles en recherche fondamentale, et peuvent être génétiquement modifiées,,.

Si une lignée d’hommes était issue de modifications génétiques, elle ferait partie des OGM.

La dénomination d'organisme génétiquement modifié fait référence à une modification artificielle du patrimoine génétique d'un organisme. Mais des mutations spontanées ainsi que des systèmes de transfert naturel d'ADN appelé transfert horizontal de gènes existent qui conduisent à l'apparition d'organismes dont le matériel génétique est inédit. Ainsi, par exemple, le tabac (Nicotiana tabacum) et le blé résultent de l'addition spontanée de génomes ancestraux.Découvert à la fin des années 50,, le transfert horizontal de gènes a depuis été reconnu comme un processus majeur de l'évolution des bactéries, mais aussi des eucaryotes ,. L'apparition de nouveaux gènes dans une espèce est un élément important du processus d'évolution des espèces.

On citera également d'autres types d'évènements qui ne participent pas aux échanges de matériel génétiques, mais qui restent importants dans le contexte.

L’Homme réalise des échanges de gènes sur les plantes et les animaux depuis l’invention de l’agriculture, via la sélection puis hybridation.

Les plantes que l’Homme cultive aujourd’hui, et les animaux dont l’Homme pratique l’élevage, n’existaient pas il y a 10 000 ans, dans un « état de nature » qui étaient encore « indemne » des actions de l’Homme ; ces êtres vivants créés par l’Homme sont considérablement différents de leurs ancêtres sauvages. Pour les plantes, le processus de domestication a été initié aux débuts de l’agriculture, vers l’an -8000 : l'homme a consciemment ou inconsciemment sélectionné – en choisissant de manger et de cultiver les plantes aux meilleurs rendements (graines les plus grosses, pépins plus petits, goût moins amer…) – certains individus au sein des populations de plantes. En effet, des mutations génétiques spontanées ont lieu en permanence et engendrent des êtres vivants particuliers. Les plantes aujourd'hui cultivées sont le résultat d’un nombre considérable de mutations génétiques successives qui ont rendu des plantes des centaines de fois plus productives pour l'homme (rendement, taille des graines, propriétés de conservation des semences). Ainsi, le maïs cultivé est issu de l'introgression de 5 mutations dans le téosinte (maïs sauvage), qui a transformé la morphologie de la plante en particulier au niveau de la ramification de la plante et de l'attache des grains de maïs au rafle,.

L’hybridation est le croisement de deux individus de deux variétés, sous-espèces (croisement interspécifique), espèces (croisement interspécifique) ou genres (croisement intergénérique) différents. L'hybride présente un mélange des caractéristiques génétiques des deux parents. L’hybridation peut être provoquée par l'homme, mais elle peut aussi se produire naturellement. Elle est utilisée, par exemple, pour créer de nouvelles variétés de pommes, en croisant deux variétés existantes ayant des caractéristiques intéressantes.

Au début du XXe, la redécouverte des travaux de Gregor Mendel (1822-1888) et les travaux de Thomas Morgan (1866-1945) sur des mouches permettent de comprendre que l'hérédité est due à la transmission de particules appelées gènes, disposées de manière linéaire sur les chromosomes. En 1953, les travaux de James Watson, Francis Crick, Maurice Wilkins et Rosalind Franklin, mettent en évidence la nature chimique des gènes, ainsi que la structure moléculaire à double hélice de l'ADN. Cette découverte ouvre la voie à une discipline nouvelle, la biologie moléculaire En 1965, la découverte des enzymes de restriction, des protéines capables de découper l’ADN à des sites spécifiques, donnent aux chercheurs les outils qui leur manquaient pour établir une cartographie du génome. Elle ouvre aussi la voie au développement du génie génétique en permettant la « manipulation » in vitro de portions précises d'ADN et donc des gènes. C'est la technologie de l'ADN recombinant, qui permet l'insertion d'une portion d'ADN ( un ou plusieurs gènes ) dans un autre ADN.Cette découverte est confirmée en 1973 par Paul Berg et ses collaborateurs.

Les premiers OGM sont des bactéries transgéniques. La première tentative de transgénèse par l’américain Paul Berg et ses collaborateurs en 1972, consista en l’intégration d’un fragment d'ADN du virus SV40, cancérigène, dans le génome de la bactérie E. Coli présente à l'état naturel dans le tube digestif humain,. Cet essai avait pour objectif de démontrer la possibilité de recombiner, in vitro, deux ADN d'origines différentes. L'ADN recombinant ne put être répliqué dans la bactérie. Cependant, devant la puissance des outils à leur portée, les scientifiques inquiets décident lors de la conférence d'Asilomar d’un moratoire qui sera levé en 1977.

En 1977, le plasmide Ti de la bactérie du sol Agrobacterium tumefaciens est identifié. Ce plasmide sert à cette bactérie de vecteur pour transférer une fragment d'ADN, l'ADN-T (ADN de transfert, ou ADN transféré), dans le génome d'une plante. Cet ADN comporte plusieurs gènes dont le produit est nécessaire à la bactérie au cours de son cycle infectieux. Quelques années plus tard cette bactérie sera utilisée pour créer les premières plantes transgéniques , .

En 1978, un gène humain codant l’insuline est introduit dans la bactérie Escherichia coli, afin que cette dernière produise l’insuline humaine. Cette insuline dite recombinante est la première application commerciale, en 1982 du génie génétique.L’insuline utilisée actuellement pour traiter le diabète est produite à partir d’OGM.

En 1982, le premier animal génétiquement modifié est obtenu, une souris géante à laquelle le gène de l'hormone de croissance du rat a été transféré. En 1983, le premier végétal génétiquement modifié est obtenu : un plant de tabac modifié pour résister à un antibiotique, la kanamycine. 1985, voit la première plante transgénique résistante à un insecte : un tabac dans lequel un gène de toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis a été introduit.

Louis Pasteur obtint en 1873 le premier brevet pour un organisme vivant, une souche de levure utilisée dans la fabrication de la bière.

En 1977 et 1978 , aux USA, seize projets de lois visant à encadrer les pratiques scientifiques liés à la recherche en biologie moléculaire ont été déposé au Congrès. Aucun n'a abouti.

En 1980, la Cour Suprême des États-Unis admet pour la première fois au monde le principe de brevetabilité du vivant pour une bactérie génétiquement modifiée. Il s'agit d'une nouvelle bactérie dite oil-eating bacteria mise au point par le docteur Chakrabarty. Cette décision juridique est confirmée en 1987 par l’Office Américain des Brevets, qui reconnaît la brevetabilité du vivant, à l’exception notable de l’être humain.

En 1986, alors qu'est réalisé sur son territoire le premier essai en champ de plante transgénique (un tabac résistant à un antibiotique), la France met en place la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB), commission nationale, qui dépend du ministère de l'Agriculture. Elle est responsable du respect des réglementations, contrôle les essais en champs et délivre les autorisations d'essais et de commercialisation des OGM.

En 1989, mise en place de la Commission de génie génétique (CGG). La CGG dépend du Ministère de la Recherche. Elle est chargée d’évaluer les risques liés à l’obtention et à l’utilisation des OGM et de proposer les mesures de confinement souhaitables pour prévenir ces risques.

En 1990, la Commission européenne s’empare de la question des OGM. Elle déclare : « L’utilisation d’aliments modifiés doit s’effectuer de manière à limiter les effets négatifs qu’ils peuvent avoir sur nous ». Elle demande que le principe de précaution, qui implique une longue recherche sur l'innocuité du produit, soit respecté.

En 1992, l’Union européenne reconnaît à son tour la brevetabilité du vivant et accorde un brevet pour la création d’une souris transgénique. Elle adopte en 1998 la directive sur la brevetabilité des inventions biotechnologiques : sont désormais brevetables les inventions sur des végétaux et animaux, ainsi que les séquences de gènes.

Le principe d'équivalence en substance apparaît pour la première fois en 1993 dans un rapport de L’OCDE .

En 1998, l’Europe adopte une Directive fondamentale relative à la protection des inventions biotechnologiques : sont désormais brevetables les inventions sur des végétaux et animaux, ainsi que les séquences de gènes.

En une vingtaine d'années, en parallèle à l’émergence de la science des biotechnologies et aux enjeux économiques, une branche du droit et des règlementations ont été créés. Les deux secteurs les plus importants pour les brevets sont ceux de la santé et de l'agriculture. Le marché potentiel se chiffre en centaines de milliards de dollars. Les finalités éthiques, économiques et politiques des OGM sont aujourd’hui un enjeu planétaire.

1982 voit la première application commerciale du génie génétique : la fabrication d'insuline pour le traitement du diabète. L’insuline recombinante est aujourd’hui utilisée par des millions de diabétiques dans le monde.

En 1990, le premier produit alimentaire issu du génie génétique est commercialisé aux États-Unis et au Canada ; il s’agit de chymosine, enzyme permettant la digestion spécifique de la caséine et utilisée dans l'industrie agro-alimentaire en tant que substitut à la présure pour cailler le lait.

En 1993, l’hormone de croissance bovine recombinante (rbGH ou STbr) est autorisée à la commercialisation aux États-Unis par la Food and Drug Administration. Destinée à rendre les vaches laitières plus productives, cette hormone, autorisée aujourd'hui dans de nombreux pays est interdite dans l'Union européenne et au Canada. En août 2008, l'entreprise Monsanto, seule entreprise à commercialiser la STbr sous la marque déposée Posilac® annonce son retrait de la fabrication.

Produites par des micro-organismes génétiquement modifiées,l'insuline, la chymosine ou l'hormone de croissance bovine, dites « recombinantes » ne sont pas elles-mêmes des OGM,.

1994 : La première plante génétiquement modifiée est commercialisée: la tomate flavr savr, conçue pour rester ferme plus longtemps une fois cueillie ; elle n'est plus commercialisée depuis 1996 car elle était, selon certains, jugée fade et trop chère par les consommateurs. Cependant, le cas de la tomate flavr savr était en 1998 intégrée dans un procès intenté à l’Agence américaine pour l’Alimentation et les Médicaments par un groupe de défense de consommateurs et qui aboutissait à une condamnation de cet organisme.

Depuis, des dizaines de plantes génétiquement modifiées ont été commercialisées dans le monde et, d'après l' OMS leur consommation n’a eu aucun effet sur la santé humaine.

1995 - 1996 : la commercialisation aux États-Unis par l' entreprise Monsanto du soja « Roundup ready », résistant à l' herbicide non sélectif Roundup, du maïs « yield gard », résistant à l’insecte foreur de tige du maïs, et du coton « Bollgard », est autorisée. L'association Greenpeace lance une campagne internationale contre la commercialisation d'OGM dans le domaine de l'alimentation et contre leur dissémination dans l'environnement.

En 2000, L'Union européenne fixe à 0,9 % le seuil d'ogm q'un produit alimentaire européen peut contenir sans être tenu de le signaler sur l’étiquette.

Bien que la culture de maïs transgénique soit autorisée en France jusqu’au 21 mars 2000, les producteurs ont décidé de ne pas en planter pour respecter le choix de leurs clients et des consommateurs. Les magistrats européens de Luxembourg concluent que la France a l’obligation d’autoriser la culture d’OGM sur son territoire sauf si elle peut apporter des informations prouvant que l’aliment présente un risque pour la santé humaine ou pour l’environnement. Ils étendent la durée de l’autorisation de culture à 10 ans, alors que l’arrêté initial la limitait à 3 ans. Le Conseil d’Etat s’incline devant le droit communautaire. Le 14 décembre, à Montpellier, Greenpeace et plusieurs centaines de personnes, avec José Bové, manifestent contre les OGM à l’occasion de la conférence de l’ONU qui leur est consacrée. Le 13 mai 2003, le gouvernement américain porte plainte devant l’Organisation mondiale du commerce pour forcer l’Union européenne à lever son « moratoire de fait » sur la vente de semences et d’aliments génétiquement modifiés.

L’Organisation mondiale du commerce autorise la restriction des importations dans le cas d’une « protection contre les risques pour l’innocuité des produits alimentaires et les risques découlant des espèces envahissantes provenant de végétaux génétiquement modifiés», mais ces conditions ne sont pas réunies, selon l’OMC, pour le différend opposant les pays producteurs (É-U, Canada, Argentine) à l’UE. La communauté européenne s’est engagée à respecter les règles de l’OMC, concernant les OGM, avant février 2008.

La plupart des OGM consistent en l'introduction d'un ou plusieurs gènes. Cette introduction a pour but la création ou la modification d'un caractère en ce basant sur une interprétation du dogme central de la biologie moléculaire, à savoir, un gène porte une information qui est transcrite sous forme d'ARNm, lui même traduit en protéine qui effectue une fonction.

Cependant cette linéarité n'est pas absolue, certains gène peuvent être transcrit en plusieurs ARNm, ou encore certaines protéines avoir plusieurs cibles ou plusieurs fonctions. Ce cas de figure ou un gène (ou son produit) détermine plusieurs caractères différents est appelé pléiotropie.

La liste des gènes qui peuvent être utilisés est virtuellement infinie, mais il est possible de définir différentes grandes catégories de gènes.

Il s'agit là, non de caractéristique qu'on souhaite conférer à l'organisme, mais d'artifice technique permettant d'identifier et de trier les cellules dans lequel la construction génétique voulue a été introduite, de celles où l'opération a échoué.

Les gènes de résistance aux antibiotiques sont utilisés comme marqueurs de sélection simples et pratiques : il suffit en effet de repiquer les cellules dans un milieu contenant l'antibiotique, pour ne conserver que les cellules chez lesquelles l'opération a réussi. Les gènes de résistance aux antibiotiques utilisés (que l'on peut toujours trouver dans certaines PGM actuellement) étaient ceux de la résistance à la kanamycine/néomycine, ampicilline et streptomycine. Leur choix s'est imposé naturellement, par le fait qu'ils étaient d'usage courant pour s'assurer de la pureté des cultures microbiennes, en recherche médicale et en biologie, et peu, voire pas utilisés en médecine humaine. Depuis 2005, ils sont interdits pour tout nouvel OGM.

Cette résistance est conférée aux plantes par des gènes codant une forme tronquée d'endotoxines protéiques, fabriquées par certaines souches de Bacillus thuringiensis (bactéries vivant dans le sol). Il existe de multiples toxines, actives sur différents types d'insectes : par exemple, certaines plantes résistantes aux lépidoptères, tels que la pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis), portent des gènes de type Cry1(A).

Il s'agit par exemple de gènes conférant une tolérance au glufosinate d'ammonium (dans le Basta, Rely, Finale, Challenge, Liberty et Bilanafos ) et au glyphosate (dans le Roundup).

Le gène de stérilité mâle (barnase) code une ribonucléase qui s'oppose à l'expression des molécules d'acide ribonucléique nécessaires à la fécondité. Il est contrôlé de façon à ne s'exprimer que dans le grain de pollen.

Le gène barstar, quant à lui, est un inhibiteur de cette ribonucléase, et rend sa fertilité au pollen.

La combinaison des deux gènes permet, par exemple, d'empêcher l'autofécondation dans une variété pure porteuse de barnase, mais d'autoriser la production de graines par un hybride de cette variété et d'une autre, porteuse de barstar. Ainsi, on peut obtenir de semences hybrides homogènes (utilisé pour des salades en Europe), ou empêcher le réemploi des graines.

Il s'agit en fait d'un « système de protection technologique », breveté par la société Delta & Pine Land et le ministère américain de l'Agriculture. Cette technologie permet la modification génétique de semences pour empêcher la germination de la génération suivante de semences. Il ne s'agit pas de stérilité au sens strict du terme puisque les plantes sont capables de produire des graines, c'est la germination de celle-ci qui est inhibée. Cette technologie a été surnommée Terminator par ses opposants.

L'opération consiste à introduire un exemplaire supplémentaire d'un gène donné, mais en orientation inverse (on parle alors de gène « antisens »), ou, parfois, dans le même sens, mais tronqué. La présence de ce gène « erroné » induit le phénomène d'interférence à l'ARN et diminue de manière drastique la quantité d'ARN correspondant, ce qui diminue la synthèse de l'enzyme codée par ce gène. Un exemple de ce type est celui de la pomme de terre, dont les synthétases sont produites en quantités limitées, de façon à produire un amidon différent.

Dans certains cas le but d'un OGM sera la production en grande quantité d'une protéine d'intérêt, également appelée protéine recombinante dans ce cas. Les plus connues étant l'insuline, l'hormone de croissance ou encore le facteur VIII. Dans ce cas une cellule isolée (bactérie, levure, cellule d'ovaire de hamster chinois (en)) ou un organisme entier (tabac), a recu un transgène codant la protéine d'intérêt. Les cellules isolées sont tout d'abord cultivées en bioréacteur, puis une phase de purification de la protéine d'intérêt a lieu. Une des méthodes de purification les plus répandues est l'utilisation de la technique de chromatographie, que ce soit d'affinité, échangeuse d'ions ou de partage.

Le dernier point comporte deux étapes essentielles, différentes l'une de l'autre, mais souvent confondues. Le transfert d'une molécule d'ADN dans un organisme et le transfert de cette même molécule dans le génome de l'organisme. Cette confusion est renforcée par l'utilisation du terme vecteur qui désigne à la fois, une molécule d'ADN comportant le ou les gènes d'intérêt (plasmides, transposons, virus (génome)), ou l'organisme vivant (Agrobacterium tumefaciens, virus) qui permet l'introduction du premier vecteur dans l'organisme cible.

Les plasmides bactériens présentent l'intérêt d'être faciles à purifier et à modifier pour y intégrer de nouveaux gènes. Le plasmide transformé est incorporé dans les bactéries où il reste distinct de l'ADN chromosomique (sauf dans le cas des épisomes), tout en étant capable d'exprimer un ou plusieurs gène(s) d'intérêt. Le plasmide modifié comporte généralement un gène de résistance à un antibiotique, qui est employé comme marqueur de transformation (ou de sélection). Ainsi, seules les bactéries ayant incorporé le plasmide sont capables de croître dans un milieu comportant l'antibiotique correspondant.

Grâce aux capacités importantes de multiplication des bactéries (Escherichia coli double sa population toutes les 20 minutes), il est possible par cette technique de disposer de la séquence génétique d'intérêt en grande quantité.

En revanche, la spécificité des systèmes plasmidiques limite les bactéries capables d'incorporer le plasmide modifié. D'autre part la stabilité de la transformation par plasmide est dépendante de la nécéssité de la cellule à conserver ce plasmide, i.e. la bactérie ne conserve le plasmide acquis que si celui ci lui confére un avantage sélectif, généralement il s'agit de la résistance à un antibiotique. Si ces bactéries sont cultivées en absence de l'antibiotique, elles auront tendance à ne pas conserver le plasmide, on dit alors qu'il faut exercer une pression de sélection pour que les bactéries le maintiennent.

Certaines archaea peuvent également être transformées par un plasmide, mais les méthodes de biologie moléculaire associées à ces organismes sont encore peu développées.

Les épisomes sont des plasmides possédant certains gènes supplémentaires permettant la synthèse d'enzymes de restriction qui mènent à son intégration aux chromosomes bactériens par une recombinaison épisomale.

Une fois intégré au chromosome de la cellule, la transmission du ou des caractères génétiques est assurée lors de la mitose de cellules mères en cellules filles, contrairement aux plasmides qui se répartissent de façon aléatoire.

Un autre moyen de procéder à une transformation de bactéries avec intégration d'ADN, est d'utiliser des transposons. Chez certaines bactéries, ces transposons actifs peuvent véhiculer et faire intégrer le gène d'intérêt.

Certains virus sont également capables d'infecter des bactéries ou des archaea, et d'intégrer une partie de leur génome dans le génome de leur hôte.

Des organismes dont les membranes sont fragilisées ou des cellules végétales dépourvues de parois (telles les protoplastes) sont mis en contact avec de l'ADN. Puis un traitement physique ou chimique permet l'introduction de l'ADN dans les cellules. D'autres techniques telles que la micro-injection, la macro-injection et d'autres techniques de biolistique permettent l'introduction mécanique de l'ADN dans les cellules.

Le plus ancien des modes de transfert de matériel génétique utilisé par l'homme est le croisement entre individus. Cela peut être réalisé entre individus de même espèces ou d'espèces proches (hybrides).

L'un ou les deux individus peuvent être des individus transgèniques, ceci est particulièrement utilisé pour réunir plusieurs traits modifiés en un seul individu.

La fusion cellulaire (y compris la fusion de protoplastes) qui aboutit à des cellules vivantes présentant de nouvelles combinaisons de matériel génétique héréditaire sont constituées par la fusion de deux cellules ou davantage au moyen de méthodes qui ne sont pas mises en œuvre de façon naturelle.

Le matériel génétique transféré à l'organisme modifié, peut être contenu dans un plasmide qui sera conservé tel quel, dans ce cas il n'y aura pas d'intégration au génome au sens propre. Dans les autres cas le transgène sera intégré par recombinaison au génome de l'organisme.

Les OGM sont utilisés dans les domaines de la recherche, de la santé, de la production agricole, et de l'industrie.

En recherche fondamentale, l'obtention d'OGM n'est pas forcément un but mais le plus souvent un moyen de trouver des réponses à certaines problématiques : comment les gènes contrôlent-ils le développement d'un embryon ? Quelles sont les étapes de division de la cellule ? À quoi correspond chaque moment de son développement ?

L'inactivation d'un gène est une méthode utilisée en laboratoire pour comprendre le rôle et le fonctionnement de ce gène. Dans certains cas cette inactivation se fait par transgénèse en insérant un fragment d'ADN à la place du gène à étudier.

Par exemple en transférant un gène de souris chez la drosophile, on a pu montrer qu'en plus d'une similarité de séquence il y avait une similarité de fonction entre certains gènes de deux espèces. Ainsi le gène Hox-b9 de souris a été transféré dans un embryon de drosophile ce qui a modifié son plan d'organisation faisant apparaitre un ébauche de patte à la place des antennes. On obtient le même résultat si on mute le gène Antennapedia de la drosophile. Il y a donc une fonction semblable pour ces deux gènes : ils contrôlent le développement embryonnaire chez ces deux espèces. On montre ainsi que les mécanismes d'expression génique lors du développement embryonnaire sont les mêmes chez ces deux espèces, ce qui met en évidence le lien de parenté et un des processus de l'évolution des espèces.

Les séquençages des génomes humain et d'autres espèces, comme ceux de la drosophile ou de l'arabette des dames, ont été conduits dans un contexte de recherche fondamentale avec comme objectif à terme des applications médicales.

L'analyse de génomes entiers nécessite la constitution de « banques génétiques », c'est-à-dire des dispositifs matériels dans lesquels l'ADN à analyser est « rangé » et disponible. L'ADN de l'espèce à étudier est découpé puis inséré dans le génome de micro-organismes (bactéries ou virus). Chacun de ces micro-organismes constitue un clone contenant une portion précise de l'ADN, ce qui permet de le manipuler à tout moment. Ceci permet d'identifier des gènes et de connaître leur position sur les chromosomes. Enfin cela aboutit au séquençage complet du génome.

Les premiers organismes génétiquement modifiés ont permis la production de substances médicales : insuline utilisée pour soigner le diabète, hormone de croissance humaine utilisée pour soigner certaines formes de nanisme, vaccins anti-hépatite B fabriqués à partir de levures et de cellules d'ovaires de hamster (CHO).

Aujourd'hui, si l'effort de recherche existe toujours dans ces domaines, un pôle très attractif commercialement se développe avec la production d'alicaments. Des aliments enrichis en substances médicamenteuses dans le lait de mammifères existent d'ores et déjà.

L’un des domaines les plus prometteurs du point de vue de la rentabilité est la transgénèse appliquée aux espèces laitières, puisque le lait est facile à « récolter » en grande quantité.

Le premier cas de moléculture animale fut une brebis GM développée pour synthétiser dans son lait de l’a-antitrypsine, une protéine utilisée pour soulager l’emphysème chez l’humain. Le transgène codant de cette molécule a pu être isolé chez l'humain, puis introduit dans le génome de la brebis.

La possibilité de produire des médicaments dans des cellules d'insectes apparaît comme une voie importante à Gérard Devauchelle, de l'Unité de Recherches de Pathologie Comparée à l' INRA de Montpellier qui prédit que : "Dans les années à venir c'est certainement ce genre de méthode qui permettra d'obtenir des molécules à usage thérapeutique pour remplacer celles qui aujourd'hui sont extraites d'organes.

L'utilisation d'un procédé plutôt qu'un autre sera déterminée par son efficacité au cas par cas.

L'idée d'utiliser des organes d'animaux est ancienne. Le porc,qui présente le double avantage d'être à la fois physiologiquement assez proche de l'espèce humaine et de n'avoir que très peu de maladies transmissibles à celle-ci, est considéré par les spécialistes comme le meilleur donneur d'organes possible. Des porcs transgéniques, pourraient fournir des organes "humanisés. Cette approche thérapeutique présente un réel intérêt mais nécessite encore des travaux de recherche approfondis, notamment dans la découverte de gènes inhibateurs des réactions de rejet ..

La thérapie génique consiste à transférer du matériel génétique dans les cellules d’un malade pour corriger l’absence ou la déficience d’un ou de plusieurs gènes qui provoque une maladie. Elle est encore en phase de recherche clinique.

Les principales plantes cultivées ( maïs, riz, coton, colza, betterave, pomme de terre, soja, œillets, chicorée, tabac, lin) ont des versions génétiquement modifiées. On trouve aussi des tomates, fraises, bananes, etc.

Les premières plantes génétiquement modifiées le furent pour être rendues tolérantes à un herbicide. Aujourd'hui, du maïs, du soja, du coton, du canola, de la betterave sucrière, du lin sont génétiquement modifiées pour résister à l'herbicide total.

Une autre perspective a conduit à l'élaboration de plantes sécrétant un insecticide. Le maïs Bt, le coton Bt doivent leur nom à Bacillus thuringiensis, un bacille produisant des protéines insecticides et qui confère à ces plantes une résistance aux principaux insectes qui leurs sont nuisibles, notamment la pyrale dans le cas du maïs ou le budworm, dans le cas du coton.

Des aliments hautement transformés (huiles, farines, etc) issus de matières premières génétiquement modifiées sont également commercialisables.

Une troisième voie consiste à produire des plantes cultivées génétiquement modifiées pour augmenter leurs qualités nutritives (riz doré) ou leur capacité de résistance aux variations de climat (sécheresse, moussons, etc...),. Dites ogm de 2° génération, ces céréales sont toujours en développement.

La suppression des gènes de résistance à un antibiotique utilisés en gène de sélection ainsi que l'élimination des substances toxiques produites naturellement par certaines plantes sont des axes énoncés des recherches en cours.

Les OGM permettent la production de matières premières à destination de l’industrie : des peupliers OGM ayant un taux de lignine moindre ont été obtenus, facilitant le processus de fabrication de la pâte à papier en réduisant l'utilisation des produits chimiques nécessaires pour casser la fibre du bois. Néanmoins, devant le peu de demande des papetiers, cette production devrait se tourner vers la production de bioéthanol,.

Aujourd’hui, les biotechnologies employant des enzymes permettent de traiter les eaux usées industrielles .

Des recherches portent sur des plantes ou des micro-organismes génétiquement modifiés permettant de dépolluer les sols contaminés et plus généralement d’éliminer les contaminants de l’environnement (pièges à nitrates...).

La réglementation des organismes génétiquement modifiés est très variable selon les pays ; des mesures juridiques très diverses ont été prises dans le monde concernant la recherche, la production, la commercialisation et l'utilisation des OGM, dans leurs divers domaines d'application (agricole, médical…). La réglementation en Europe est plus restrictive qu’en Amérique du Nord et dans les pays émergents, en ce qui concerne leur exploitation agricole, leur commercialisation et leur consommation alimentaire. Les surfaces cultivées des OGM végétaux s’accroissent rapidement dans le monde, en particulier en Amérique du Nord et dans les pays émergents, alors qu’elles restent faibles en Europe.

En 2005, selon l'ISAAA, 8,5 millions d’agriculteurs utilisaient des OGM, dont 90 % sont des agriculteurs de pays en développement.

Les autorités sanitaires, indépendantes, ont tout pouvoir pour refuser la commercialisation des OGM qu’elles jugent dangereux. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), l'autorité sanitaire indépendante de l’Union européenne, établit des cahiers des charges précis de données qui doivent être fournies, mène elle-même des projets de recherche, et analyse également les études scientifiques publiées par les ONG (par exemple, celle de Séralini et al., sur le MON 863, qui contient selon elle des erreurs statistiques). En septembre 2007, 8 variétés OGM sont autorisées au sein de l'Union européenne, dont 2 coton, 4 maïs et 2 colza. En 2004, une enquête des Amis de la Terre sur la composition de ce comité scientifique relève la possibilité de conflits d'intérêts et soulève le problème de l'indépendance de ce comité d'évaluation .

Dans ce contexte tendu, les experts de la Commission du génie biomoléculaire française (CGB) pensent qu'une analyse au cas par cas de chaque OGM doit être effectuée avant acceptation ou refus, dans la mesure où seuls le produit, son usage et son effet devraient importer plutôt que le mode d'obtention lui-même. Ils considèrent que la valeur du bénéfice attendu, les risques liés à l'utilisation et les problèmes éthiques devraient être envisagés en fonction de l'organisme considéré et de l'objectif recherché. Pour les anti-OGM, l'avis éthique de la CGB est sujet à caution, en raison du lobbying industriel.

Mais tous ces aspects évoqués ne concernent que les essais au champ avant toute mise sur le marché éventuelle. Car, en effet, si les essais sont satisfaisants, ce n'est pas pour autant qu'une PGM donnée pourra être importée et/ou cultivée et ensuite utilisée en alimentation humaine et/ou animale. Il faut alors que la PGM satisfasse la réglementation 1829/2003 CE. En France, c'est l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) qui est en charge de cette évaluation. Elle est beaucoup plus complète que celle réalisée par la CGB car il convient alors de s'assurer (au cas par cas) de l'innocuité de la PGM et des produits qui en résulteront. C'est pourquoi les dossiers font état, notamment, de tests de toxicologie (toxicologie aiguë, sub-chronique et tests d'alimentarité sur animaux cibles) (voir les lignes directrices concernant l'évaluation des OGM sur le site de l'AFSSA).

L'utilisation des OGM est autorisée aux États-Unis, sur le fait que les tests réalisés n'indiquent pas qu'il y aurait un danger. D'une façon générale, le principe de l'équivalence en substance domine en matière d'autorisation. Dans de nombreux pays européens, comme la France, le principe de l'équivalence est appliqué mais n'est qu'un élément dans l'évaluation globale : les OGM reçoivent un avis favorable si également tous les tests mis en œuvre (dont ceux de toxicologie cités ci-dessus) n'indiquent pas danger éventuel. De ce fait, en application des directives communautaires, ces pays refusent toute importation d'OGM dont la mise en marché dans l'Union européenne n'a pas déjà été autorisée. L’Organisation mondiale du commerce autorise la restriction des importations dans le cas d’une « protection contre les risques pour l’innocuité des produits alimentaires et les risques découlant des espèces envahissantes provenant de végétaux génétiquement modifiés. », mais ces conditions ne sont pas réunies, selon l’OMC, pour le différend opposant les pays producteurs (É-U, Canada, Argentine) à l’UE. La communauté européenne s’est engagée à respecter les règles de l’OMC, concernant les OGM, avant février 2008.

En janvier 2008, le gouvernement français invoque la « clause de sauvegarde », qui autorise les pays membres de l'Union européenne à interdire la culture de certains OGM s'ils justifient de motifs sérieux : toute culture d'OGM commercial est alors interdite en France. Cinq pays européens parmi les 27 l’avaient auparavant invoqué (Hongrie, Autriche, Grèce, Italie, Pologne) ; l’Allemagne avait interdit en mai 2007 puis réautorisé en décembre 2007 la culture et la commercialisation du MON 810. Déjà, à l'issue d'un ensemble de rencontres politiques organisées en France en octobre 2007, appelé « Grenelle de l'environnement », les ONG participantes s'étaient prononcé pour un gel sur l'utilisation du maïs MON 810, en attendant une loi cadre qui devait intervenir avant les semis du printemps 2008.

Le président Nicolas Sarkozy a obtenu du directeur de la « Haute autorité provisoire sur les OGM » (le sénateur UMP de la Manche Jean-François Le Grand) un avis de « doute sérieux » pour ensuite invoquer la clause de sauvegarde ; François Fillon parlera d'« un compromis scellé dans le Grenelle de l'environnement ». Ce choix aurait été fait dans le cadre de « mensonges et politique politicienne » selon le syndicat de producteurs Orama.

Un projet de loi examiné et voté à l’Assemblée nationale (9 avril 2008) puis au Sénat (16 avril) autorise les cultures OGM sur le territoire. Il créé un Haut Conseil des biotechnologies, instaure la transparence des cultures au niveau de la parcelle et un régime de responsabilité des cultivateurs d'OGM en cas de dissémination. Il créé également un « délit de fauchage », impliquant une peine plus sévère pour les mêmes faits que ce que le code pénal prévoit pour destruction de biens privés. Le seuil de contamination des cultures biologiques par des cultures OGM acceptable pour être qualifiées de « sans OGM » doit être défini au cas par cas des espèces par le Haut Conseil des biotechnologies. En attendant, ce seuil reste par défaut fixé à 0,9 %, c'est-à-dire le seuil d'étiquetage européen. Le projet doit être examiné en dernière lecture à l'Assemblée en mai.

L'introduction de la biotechnologie représentée par les OGM a rencontré des résistances et des oppositions qui n'ont pas cessé d'alimenter le débat public à partir de la fin des années 1990. L'intensité de cette opposition, qu'elle soit exprimée dans les populations concernées par la consommation de produits issus de cette technologie, ou par quelques chercheurs et scientifiques, est variable selon les pays considérés. Fruits du génie génétique, les OGM sont présentés par ses promoteurs comme un remède aux problèmes alimentaires mondiaux notamment par leurs capacités à s'affranchir ou s'accommoder de conditions de culture difficiles et à offrir de meilleurs rendements. Ils permettraient aussi de diminuer en partie l'usage de pesticides sur les cultures. La plupart des instances scientifiques internationales s'accordent sur le fait que les OGM actuellement autorisés à la production et à l'alimentation ne posent pas de problèmes sanitaires et écologiques mais échaudés par des crises sanitaires comme celle de la vache folle, les pouvoirs publics ont, au moins en Europe, cherché à répondre aux inquiétudes exprimées par leurs opinions publiques en proposant moratoires et réglementations censées permettre une coexistence des cultures traditionnelles et des cultures OGM. Cependant, le risque de dissémination est réel et les mouvements anti-OGM continuent en conséquence leur lutte, incarnée et symbolisée en France par le mouvement des « faucheurs volontaires ».

Des opposants aux OGM regrettent, outre le manque de recul face à l'impact potentiel de ces produits sur la santé humaine et sur l'environnement, l'insuffisance « des rares études disponibles (qui) ne pouvaient pas être considérées comme validées sur le plan scientifique ». Ils considèrent qu'un OGM se distingue radicalement d'autres organismes qui bien que modifiés dans leur patrimoine génétique ne le sont pas par opération de génie génétique. Les techniques employées transforment et combinent l'information génétique des organismes au-delà de la barrière des espèces. Les chercheurs qui mettent au point ces techniques considèrent quant à eux qu'il ne s'agit que de prolonger l'action de l'homme qui, dans sa maîtrise progressive de l'agriculture et de l'élevage au cours de son évolution, a toujours cherché à sélectionner et croiser les espèces employées. Il s'agit à leurs yeux d'un progrès de la science pour la maîtrise de son environnement par l'homme.

Sur le plan éthique, le développement des OGM entre dans le cadre de la controverse autour de la brevetabilité du vivant. Le dépôt de brevets par les grands groupes industriels du secteur qui leur confère des droits exclusifs sur une partie du patrimoine génétique est très critiqué, au-delà des cercles anti-OGM. Les opposants aux OGM redoutent une mainmise de plus en plus grande de l'industrie agro-alimentaire sur le bien commun universel que représentent pour l'agriculture les espèces naturelles.

Sur le plan économique, l’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA), organisation spécialisée dans le développement des OGM dans les pays en voie de développement, estime que la richesse créée en 2005 par les OGM pour les agriculteurs est un gain d'environ 4%, et que les prix devraient être portés vers le bas comme c'est déjà le cas pour le soja. Pour les partisans d'une agriculture paysanne, et dans le contexte d'une promotion de l'agriculture biologique, la culture des OGM apparait comme le dernier atout d'une agriculture industrielle. Ils voient dans le développement des OGM le renforcement de l'emprise de l'industrie agroalimentaire sur l'agriculture mondiale qui selon eux s'oppose en partie au développement de la souveraineté alimentaire dans les pays dont la production agricole est principalement destinée à l'exportation.

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Transhumanisme

Converging Technologies, a 2002 report exploring the potential for synergy among nano-, bio-, info- and cogno-technologies, has become a landmark in near-future technological speculation.

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel prônant l'usage des sciences et des technologies afin de développer les capacités physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables. Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d'autres technologies émergentes. Les dangers comme les avantages que présentent de telles évolutions préoccupent aussi le mouvement transhumaniste..

Les visions transhumanistes d'une humanité transformée ont suscité de nombreuses réactions tant positives que négatives émanant d'horizons de pensée très divers. Francis Fukuyama a ainsi déclaré, à propos du transhumanisme, qu'il s'agit de l'idée la plus dangereuse du monde, ce à quoi un de ses promoteurs, Ronald Bailey, répond que c'est, au contraire, le « mouvement qui incarne les aspirations les plus audacieuses, courageuses, imaginatives et idéalistes de l'humanité ».

Selon les philosophes ayant étudié l'histoire du transhumanisme, celui-ci s'inscrit dans un courant de pensée remontant à l'Antiquité : la quête d'immortalité de l'Épopée de Gilgamesh ou les quêtes de la fontaine de Jouvence et de l'Elixir de longue vie, au même titre que tous les efforts visant à empêcher le vieillissement et la mort, en sont l'expression. La philosophie transhumaniste trouve cependant ses racines dans l'humanisme de la Renaissance et dans la philosophie des Lumières. Pic de la Mirandole appelle ainsi l'homme à « sculpter sa propre statue ». Plus tard, Condorcet spécule quant à l'application possible des sciences médicales à l'extension infinie de la durée de vie humaine. Des réflexions du même ordre se retrouvent chez Benjamin Franklin, qui rêve de vie suspendue. Enfin, Charles Darwin écrit qu'il est très probable que l'humanité telle que nous la connaissons n'en soit pas au stade final de son évolution mais plutôt à une phase proche de son commencement. Il faut en revanche mettre à part la pensée de Nietzsche, qui, s'il forge la notion de « surhomme », n'envisage absolument pas la possibilité d'une transformation technologique de l'Homme mais plutôt celle d'un épanouissement personnel.

Nikolai Fyodorov, un philosophe russe du XIXe siècle, soutenait l'idée d'un usage de la science à des fins d'extension radicale de la durée de vie, d'immortalité ou de résurrection des morts. Au XXe siècle, le généticien J.B.S. Haldane, auteur de l'essai intitulé Daedalus: Science and the Future paru en 1923, est un pionnier influent de la pensée transhumaniste. En ligne directe avec le transhumanisme moderne, il annonce les considérables apports de la génétique et d'autres avancées de la science au progrès de la biologie humaine et prévoit que ces avancées seront accueillies comme autant de blasphèmes et de perversions « indécentes et contre-nature ». J. D. Bernal spécule quant à la colonisation de l'espace, aux implants bioniques et aux améliorations cognitives, qui sont des thèmes transhumanistes classiques depuis lors. Le biologiste Julian Huxley, frère d'Aldous Huxley (un ami d'enfance de Haldane), semble être le premier à avoir utilisé le mot « transhumanisme ». En 1957, il définit le transhumain comme un « homme qui reste un homme, mais se transcende lui même en déployant de nouveaux possibles de et pour sa nature humaine ». Cette définition diffère quelque peu de celle généralement acceptée depuis les années 1980.

Les premiers transhumanistes se reconnaissant comme tels se rencontrèrent au début des années 1980 à l'Université de Californie à Los Angeles, qui devint le centre principal de la pensée transhumaniste. A cette occasion, FM-2030 tint une conférence sur son idéologie futuriste de la « Troisième Voie » (Third Way). Dans les locaux de EZTV, alors couramment fréquentés par les transhumanistes et futurologues, Natasha Vita-More présenta un film expérimental, intitulé Breaking Away, développant le thème d'humains rompant avec leurs limites biologiques et avec la gravité terrestre en allant dans l'espace. FM-2030 et Vita-More commencèrent rapidement à organiser d'autres réunions transhumanistes à Los Angeles, rassemblant notamment les étudiants de FM-2030 et le public attiré par les productions artistiques de Vita-More. En 1982, Vita-More rédigea le Transhumanist Arts Statement (Traité d'Arts Transhumanistes), et, six ans après, produisit une émission de télévision sur la transhumanité, TransCentury Update, qui fut suivie par plus de 100 000 téléspectateurs.

It is a matter of debate whether transhumanism is a branch of "posthumanism" and how posthumanism should be conceptualised with regard to transhumanism. The latter is often referred to as a variant or activist form of posthumanism by its conservative, Christian and progressive critics, but also by pro-transhumanist scholars who, for example, characterise it as a subset of "philosophical posthumanism". A common feature of transhumanism and philosophical posthumanism is the future vision of a new intelligent species, into which humanity will evolve, which will supplement humanity or supersede it. Transhumanism stresses the evolutionary perspective, including sometimes the creation of a highly intelligent animal species by way of cognitive enhancement (i.e. biological uplift), but clings to a "posthuman future" as the final goal of participant evolution.

Nevertheless, the idea to create intelligent artificial beings, proposed, for example, by roboticist Hans Moravec, has influenced transhumanism. Moravec's ideas and transhumanism have also been characterised as a "complacent" or "apocalyptic" variant of posthumanism and contrasted with "critical posthumanism" in humanities and the arts. While such a "critical posthumanism" would offer resources for rethinking the relations of humans and increasingly sophisticated machines, transhumanism and similar posthumanisms are, in this view, not abandoning obsolete concepts of the "autonomous liberal subject" but are expanding its "prerogatives" into the realm of the posthuman. Transhumanist self-characterisations as a continuation of humanism and Enlightenment thinking correspond with this view.

Some secular humanists conceive transhumanism as an offspring of the humanist freethought movement and argue that transhumanists differ from the humanist mainstream by having a specific focus on technological approaches to resolving human concerns and on the issue of mortality. However, other progressives have argued that posthumanism, whether it be its philosophical or activist forms, amount to a shift away from concerns about social justice, from the reform of human institutions and from other Enlightenment preoccupations, toward narcissistic longings for a transcendence of the human body in quest of more exquisite ways of being. In this view, transhumanism is abandoning the goals of humanism, the Enlightenment, and progressive politics.

While many transhumanist theorists and advocates seek to apply reason, science and technology for the purposes of reducing poverty, disease, disability, and malnutrition around the globe, transhumanism is distinctive in its particular focus on the applications of technologies to the improvement of human bodies at the individual level. Many transhumanists actively assess the potential for future technologies and innovative social systems to improve the quality of all life, while seeking to make the material reality of the human condition fulfill the promise of legal and political equality by eliminating congenital mental and physical barriers.

Transhumanist philosophers argue that there not only exists a perfectionist ethical imperative for humans to strive for progress and improvement of the human condition but that it is possible and desirable for humanity to enter a transhuman phase of existence, in which humans are in control of their own evolution. In such a phase, natural evolution would be replaced with deliberate change.

Some theorists, such as Raymond Kurzweil, think that the pace of technological innovation is accelerating and that the next 50 years may yield not only radical technological advances but possibly a technological singularity, which may fundamentally change the nature of human beings. Transhumanists who foresee this massive technological change generally maintain that it is desirable. However, some are also concerned with the possible dangers of extremely rapid technological change and propose options for ensuring that advanced technology is used responsibly. For example, Bostrom has written extensively on existential risks to humanity's future welfare, including risks that could be created by emerging technologies.

Transhumanists engage in interdisciplinary approaches to understanding and evaluating possibilities for overcoming biological limitations. They draw on futurology and various fields of ethics such as bioethics, infoethics, nanoethics, neuroethics, roboethics, and technoethics mainly but not exclusively from a philosophically utilitarian, socially progressive, politically and economically liberal perspective. Unlike many philosophers, social critics, and activists who place a moral value on preservation of natural systems, transhumanists see the very concept of the specifically "natural" as problematically nebulous at best, and an obstacle to progress at worst. In keeping with this, many prominent transhumanist advocates refer to transhumanism's critics on the political right and left jointly as "bioconservatives" or "bioluddites", the latter term alluding to the 19th century anti-industrialisation social movement that opposed the replacement of human manual labourers by machines.

Although some transhumanists report a strong sense of secular spirituality, they are for the most part atheists. A minority of transhumanists, however, follow liberal forms of Eastern philosophical traditions such as Buddhism and Yoga or have merged their transhumanist ideas with established Western religions such as liberal Christianity or Mormonism. Despite the prevailing secular attitude, some transhumanists pursue hopes traditionally espoused by religions, such as "immortality", while several controversial new religious movements, originating in the late 20th century, have explicitly embraced transhumanist goals of transforming the human condition by applying technology to the alteration of the mind and body, such as Raëlism. However, most thinkers associated with the transhumanist movement focus on the practical goals of using technology to help achieve longer and healthier lives; while speculating that future understanding of neurotheology and the application of neurotechnology will enable humans to gain greater control of altered states of consciousness, which were commonly interpreted as "spiritual experiences", and thus achieve more profound self-knowledge.

The majority of transhumanists are materialists who do not believe in a transcendent human soul. Transhumanist personhood theory also argues against the unique identification of moral actors and subjects with biological humans, judging as speciesist the exclusion of non-human and part-human animals, and sophisticated machines, from ethical consideration. Many believe in the compatibility of human minds with computer hardware, with the theoretical implication that human consciousness may someday be transferred to alternative media, a speculative technique commonly known as "mind uploading". One extreme formulation of this idea may be found in Frank Tipler's proposal of the Omega point. Drawing upon ideas in digitalism, Tipler has advanced the notion that the collapse of the Universe billions of years hence could create the conditions for the perpetuation of humanity in a simulated reality within a megacomputer, and thus achieve a form of "posthuman godhood". Although not a transhumanist, Tipler's thought was inspired by the writings of Pierre Teilhard de Chardin, a paleontologist and Jesuit theologian who saw an evolutionary telos in the development of an encompassing noosphere, a global consciousness.

The idea of uploading personality to a non-biological substrate and the underlying assumptions are criticised by a wide range of scholars, scientists and activists, sometimes with regard to transhumanism itself, sometimes with regard to thinkers such as Marvin Minsky or Hans Moravec who are often seen as its originators. Relating the underlying assumptions, for example, to the legacy of cybernetics, some have argued that this materialist hope engenders a spiritual monism, a variant of philosophical idealism. Viewed from a conservative Christian perspective, the idea of mind uploading is asserted to represent a denigration of the human body characteristic of gnostic belief. Transhumanism and its presumed intellectual progenitors have also been described as neo-gnostic by non-Christian and secular commentators.

The first dialogue between transhumanism and faith was the focus of an academic seminar held at the University of Toronto in 2004. Because it might serve a few of the same functions that people have traditionally sought in religion, religious and secular critics maintained that transhumanism is itself a religion or, at the very least, a pseudoreligion. Religious critics alone faulted the philosophy of transhumanism as offering no eternal truths nor a relationship with the divine. They commented that a philosophy bereft of these beliefs leaves humanity adrift in a foggy sea of postmodern cynicism and anomie. Transhumanists responded that such criticisms reflect a failure to look at the actual content of the transhumanist philosophy, which far from being cynical, is rooted in optimistic, idealistic attitudes that trace back to the Enlightenment. Following this dialogue, William Sims Bainbridge conducted a pilot study, published in the Journal of Evolution and Technology, suggesting that religious attitudes were negatively correlated with acceptance of transhumanist ideas, and indicating that individuals with highly religious worldviews tended to perceive transhumanism as being a direct, competitive (though ultimately futile) affront to their spiritual beliefs.

While some transhumanists take an abstract and theoretical approach to the perceived benefits of emerging technologies, others have offered specific proposals for modifications to the human body, including heritable ones. Transhumanists are often concerned with methods of enhancing the human nervous system. Though some propose modification of the peripheral nervous system, the brain is considered the common denominator of personhood and is thus a primary focus of transhumanist ambitions.

As proponents of self-improvement and body modification, transhumanists tend to use existing technologies and techniques that supposedly improve cognitive and physical performance, while engaging in routines and lifestyles designed to improve health and longevity. Depending on their age, some transhumanists express concern that they will not live to reap the benefits of future technologies. However, many have a great interest in life extension strategies, and in funding research in cryonics in order to make the latter a viable option of last resort rather than remaining an unproven method. Regional and global transhumanist networks and communities with a range of objectives exist to provide support and forums for discussion and collaborative projects.

Transhumanists support the emergence and convergence of technologies such as nanotechnology, biotechnology, information technology and cognitive science (NBIC), and hypothetical future technologies such as simulated reality, artificial intelligence, superintelligence, mind uploading, and cryonics. They believe that humans can and should use these technologies to become more than human. They therefore support the recognition and/or protection of cognitive liberty, morphological freedom, and procreative liberty as civil liberties, so as to guarantee individuals the choice of using human enhancement technologies on themselves and their children. Some speculate that human enhancement techniques and other emerging technologies may facilitate more radical human enhancement by the midpoint of the 21st century.

A 2002 report, Converging Technologies for Improving Human Performance, commissioned by the National Science Foundation and US Department of Commerce, contains descriptions and commentaries on the state of NBIC science and technology by major contributors to these fields. The report discusses potential uses of these technologies in implementing transhumanist goals of enhanced performance and health, and ongoing work on planned applications of human enhancement technologies in the military and in the rationalization of the human-machine interface in industry.

While international discussion of the converging technologies and NBIC concepts includes strong criticism of their transhumanist orientation and alleged science fictional character, research on brain and body alteration technologies has accelerated under the sponsorship of the US Department of Defense, which is interested in the battlefield advantages they would provide to the "supersoldiers" of the United States and its allies.

Fichier:Simple Transhumanist art Transhumanism in fiction.svg]]]] Transhumanist themes have become increasingly prominent in various literary forms during the period in which the movement itself has emerged. Contemporary science fiction often contains positive renditions of technologically enhanced human life, set in utopian (especially techno-utopian) societies. However, science fiction's depictions of enhanced humans or other posthuman beings frequently come with a cautionary twist. The more pessimistic scenarios include many horrific or dystopian tales of human bioengineering gone wrong. In the decades immediately before transhumanism emerged as an explicit movement, many transhumanist concepts and themes began appearing in the speculative fiction of authors such as Robert A. Heinlein (Lazarus Long series, 1941–87), A. E. van Vogt (Slan, 1946), Isaac Asimov (I, Robot, 1950), Arthur C. Clarke (Childhood's End, 1953) and Stanislaw Lem (Cyberiad, 1967).

The cyberpunk genre, exemplified by William Gibson's Neuromancer (1984) and Bruce Sterling's Schismatrix (1985), has particularly been concerned with the modification of human bodies. Other novels dealing with transhumanist themes that have stimulated broad discussion of these issues include Blood Music (1985) by Greg Bear, The Xenogenesis Trilogy (1987–1989) by Octavia Butler; The Beggar's Trilogy (1990–94) by Nancy Kress; much of Greg Egan's work since the early 1990s, such as Permutation City (1994) and Diaspora (1997); The Bohr Maker (1995) by Linda Nagata; Oryx and Crake (2003) by Margaret Atwood; The Elementary Particles (Eng. trans. 2001) and The Possibility of an Island (Eng. trans. 2006) by Michel Houellebecq; and Glasshouse (2005) by Charles Stross. Many of these works are considered part of the cyberpunk genre or its postcyberpunk offshoot.

In addition to the work of Natasha Vita-More, curator of the Transhumanist Arts & Culture center, transhumanist themes appear in the visual and performing arts. Carnal Art, a form of sculpture originated by the French artist Orlan, uses the body as its medium and plastic surgery as its method. Commentators have pointed to American performer Michael Jackson as having used technologies such as plastic surgery, skin-lightening drugs and hyperbaric oxygen therapy over the course of his career, with the effect of transforming his artistic persona so as to blur identifiers of gender, race and age. The work of the Australian artist Stelarc centers on the alteration of his body by robotic prostheses and tissue engineering. Other artists whose work coincided with the emergence and flourishing of transhumanism and who explored themes related to the transformation of the body are the Yugoslavian performance artist Marina Abramovic and the American media artist Matthew Barney. A 2005 show, Becoming Animal, at the Massachusetts Museum of Contemporary Art, presented exhibits by twelve artists whose work concerns the effects of technology in erasing boundaries between the human and non-human.

Transhumanist thought and research depart significantly from the mainstream and often directly challenges orthodox theories. The very notion and prospect of human enhancement and related issues also arouse public controversy. Criticisms of transhumanism and its proposals take two main forms: those objecting to the likelihood of transhumanist goals being achieved (practical criticisms); and those objecting to the moral principles or world view sustaining transhumanist proposals or underlying transhumanism itself (ethical criticisms). However, these two strains sometimes converge and overlap, particularly when considering the ethics of changing human biology in the face of incomplete knowledge.

Critics or opponents often see transhumanists' goals as posing threats to human values. Some also argue that strong advocacy of a transhumanist approach to improving the human condition might divert attention and resources from social solutions. As most transhumanists support non-technological changes to society, such as the spread of civil rights and civil liberties, and most critics of transhumanism support technological advances in areas such as communications and health care, the difference is often a matter of emphasis. Sometimes, however, there are strong disagreements about the very principles involved, with divergent views on humanity, human nature, and the morality of transhumanist aspirations. At least one public interest organization, the U.S.-based Center for Genetics and Society, was formed, in 2001, with the specific goal of opposing transhumanist agendas that involve transgenerational modification of human biology, such as full-term human cloning and germinal choice technology. The Institute on Biotechnology and the Human Future of the Chicago-Kent College of Law critically scrutinizes proposed applications of genetic and nanotechnologies to human biology in an academic setting.

Some of the most widely known critiques of the transhumanist program refer to novels and fictional films. These works of art, despite presenting imagined worlds rather than philosophical analyses, are used as touchstones for some of the more formal arguments.

In his 1992 book Futurehype: The Tyranny of Prophecy, sociologist Max Dublin points out many past failed predictions of technological progress and argues that modern futurist predictions will prove similarly inaccurate. He also objects to what he sees as scientism, fanaticism, and nihilism by a few in advancing transhumanist causes, and writes that historical parallels exist to millenarian religions and Communist doctrines. Several notable transhumanists have predicted that death-defeating technologies will arrive (usually late) within their own conventionally-expected lifetimes. Wired magazine founding executive editor Kevin Kelly has argued these transhumanists have overly optimistic expectations of when dramatic technological breakthroughs will occur because they hope to be saved from their own deaths by those developments.

Despite his sympathies for transhumanism, in his 2002 book Redesigning Humans: Our Inevitable Genetic Future, public health professor Gregory Stock is skeptical of the technical feasibility and mass appeal of the cyborgization of humanity predicted by Raymond Kurzweil, Hans Moravec and Kevin Warwick. He believes that throughout the 21st century, many humans will find themselves deeply integrated into systems of machines, but will remain biological. Primary changes to their own form and character will arise not from cyberware but from the direct manipulation of their genetics, metabolism, and biochemistry.

In his 2006 book Future Hype: The Myths of Technology Change, computer scientist and engineer Bob Seidensticker argues that today's technological achievements are not unprecedented. Exposing major myths of technology and examining the history of high tech hype, he aims to uncover inaccuracies and misunderstandings that may characterise the popular and transhumanist views of technology, to explain how and why these views have been created, and to illustrate how technological change in fact proceeds.

Those thinkers who defend the likelihood of massive technological change within a relatively short timeframe emphasize what they describe as a past pattern of exponential increases in humanity's technological capacities. This emphasis appears in the work of popular science writer Damien Broderick, notably his 1997 book, The Spike, which contains his speculations about a radically changed future. Kurzweil develops this position in much detail in his 2005 book, The Singularity Is Near. Broderick points out that many of the seemingly implausible predictions of early science fiction writers have, indeed, come to pass, among them nuclear power and space travel to the moon. He also claims that there is a core rationalism to current predictions of very rapid change, asserting that such observers as Kurzweil have a good track record in predicting the pace of innovation.

The first category is based on the alleged inappropriateness of humans substituting themselves for an actual god. This approach is exemplified by the 2002 Vatican statement Communion and Stewardship: Human Persons Created in the Image of God, in which it is stated that, "Changing the genetic identity of man as a human person through the production of an infrahuman being is radically immoral", implying, as it would, that "man has full right of disposal over his own biological nature". At the same time, this statement argues that creation of a superhuman or spiritually superior being is "unthinkable", since true improvement can come only through religious experience and "realizing more fully the image of God". Christian theologians and lay activists of several churches and denominations have expressed similar objections to transhumanism and claimed that Christians already enjoy, however post mortem, what radical transhumanism promises such as indefinite life extension or the abolition of suffering. In this view, transhumanism is just another representative of the long line of utopian movements which seek to immanentize the eschaton i.e. try to create "heaven on earth".

The second category is aimed mainly at "algeny", which Jeremy Rifkin defined as "the upgrading of existing organisms and the design of wholly new ones with the intent of 'perfecting' their performance", and, more specifically, attempts to pursue transhumanist goals by way of genetically modifying human embryos in order to create "designer babies". It emphasizes the issue of biocomplexity and the unpredictability of attempts to guide the development of products of biological evolution. This argument, elaborated in particular by the biologist Stuart Newman, is based on the recognition that the cloning and germline genetic engineering of animals are error-prone and inherently disruptive of embryonic development. Accordingly, so it is argued, it would create unacceptable risks to use such methods on human embryos. Performing experiments, particularly ones with permanent biological consequences, on developing humans, would thus be in violation of accepted principles governing research on human subjects (see the 1964 Declaration of Helsinki). Moreover, because improvements in experimental outcomes in one species are not automatically transferable to a new species without further experimentation, there is claimed to be no ethical route to genetic manipulation of humans at early developmental stages.

As a practical matter, however, international protocols on human subject research may not present a legal obstacle to attempts by transhumanists and others to improve their offspring by germinal choice technology. According to legal scholar Kirsten Rabe Smolensky, existing laws would protect parents who choose to enhance their child's genome from future liability arising from adverse outcomes of the procedure.

Religious thinkers allied with transhumanist goals, such as the theologians Ronald Cole-Turner and Ted Peters, reject the first argument, holding that the doctrine of "co-creation" provides an obligation to use genetic engineering to improve human biology.

Transhumanists and other supporters of human genetic engineering do not dismiss the second argument out of hand, insofar as there is a high degree of uncertainty about the likely outcomes of genetic modification experiments in humans. However, bioethicist James Hughes suggests that one possible ethical route to the genetic manipulation of humans at early developmental stages is the building of computer models of the human genome, the proteins it specifies, and the tissue engineering he argues that it also codes for. With the exponential progress in bioinformatics, Hughes believes that a virtual model of genetic expression in the human body will not be far behind and that it will soon be possible to accelerate approval of genetic modifications by simulating their effects on virtual humans. Public health professor Gregory Stock points to artificial chromosomes as an alleged safer alternative to existing genetic engineering techniques. Transhumanists therefore argue that parents have a moral responsibility called procreative beneficence to make use of these methods, if and when they are shown to be reasonably safe and effective, to have the healthiest children possible. They add that this responsibility is a moral judgment best left to individual conscience rather than imposed by law, in all but extreme cases. In this context, the emphasis on freedom of choice is called procreative liberty.

Philosopher Mary Midgley, in her 1992 book Science as Salvation, traces the notion of achieving immortality by transcendence of the material human body (echoed in the transhumanist tenet of mind uploading) to a group of male scientific thinkers of the early 20th century, including J.B.S. Haldane and members of his circle. She characterizes these ideas as "quasi-scientific dreams and prophesies" involving visions of escape from the body coupled with "self-indulgent, uncontrolled power-fantasies". Her argument focuses on what she perceives as the pseudoscientific speculations and irrational, fear-of-death-driven fantasies of these thinkers, their disregard for laymen, and the remoteness of their eschatological visions. Many transhumanists see the 2006 film The Fountain's theme of necrophobia and critique of the quixotic quest for eternal youth as depicting some of these criticisms.

What is perceived as contempt for the flesh in the writings of Marvin Minsky, Hans Moravec, and some transhumanists, has also been the target of other critics for what they claim to be an instrumental conception of the human body. Reflecting a strain of feminist criticism of the transhumanist program, philosopher Susan Bordo points to "contemporary obsessions with slenderness, youth, and physical perfection", which she sees as affecting both men and women, but in distinct ways, as "the logical (if extreme) manifestations of anxieties and fantasies fostered by our culture.” Some critics question other social implications of the movement's focus on body modification. Political scientist Klaus-Gerd Giesen, in particular, has asserted that transhumanism's concentration on altering the human body represents the logical yet tragic consequence of atomized individualism and body commodification within a consumer culture.

Nick Bostrom asserts that the desire to regain youth, specifically, and transcend the natural limitations of the human body, in general, is pan-cultural and pan-historical, and is therefore not uniquely tied to the culture of the 20th century. He argues that the transhumanist program is an attempt to channel that desire into a scientific project on par with the Human Genome Project and achieve humanity's oldest hope, rather than a puerile fantasy or social trend.

In his 2003 book Enough: Staying Human in an Engineered Age, environmental ethicist Bill McKibben argued at length against many of the technologies that are postulated or supported by transhumanists, including germinal choice technology, nanomedicine and life extension strategies. He claims that it would be morally wrong for humans to tamper with fundamental aspects of themselves (or their children) in an attempt to overcome universal human limitations, such as vulnerability to aging, maximum life span, and biological constraints on physical and cognitive ability. Attempts to "improve" themselves through such manipulation would remove limitations that provide a necessary context for the experience of meaningful human choice. He claims that human lives would no longer seem meaningful in a world where such limitations could be overcome technologically. Even the goal of using germinal choice technology for clearly therapeutic purposes should be relinquished, since it would inevitably produce temptations to tamper with such things as cognitive capacities. He argues that it is possible for societies to benefit from renouncing particular technologies, using as examples Ming China, Tokugawa Japan and the contemporary Amish.

Transhumanists and other supporters of technological alteration of human biology, such as science journalist Ronald Bailey, reject as extremely subjective the claim that life would be experienced as meaningless if some human limitations are overcome with enhancement technologies. They argue that these technologies will not remove the bulk of the individual and social challenges humanity faces. They suggest that a person with greater abilities would tackle more advanced and difficult projects and continue to find meaning in the struggle to achieve excellence. Bailey also claims that McKibben's historical examples are flawed, and support different conclusions when studied more closely. For example, few groups are more cautious than the Amish about embracing new technologies, but though they shun television and use horses and buggies, some are welcoming the possibilities of gene therapy since inbreeding has afflicted them with a number of rare genetic diseases.

Some critics of libertarian transhumanism have focused on its likely socioeconomic consequences in societies in which divisions between rich and poor are on the rise. Bill McKibben, for example, suggests that emerging human enhancement technologies would be disproportionately available to those with greater financial resources, thereby exacerbating the gap between rich and poor and creating a "genetic divide". Lee M. Silver, a biologist and science writer who coined the term "reprogenetics" and supports its applications, has nonetheless expressed concern that these methods could create a two-tiered society of genetically-engineered "haves" and "have nots" if social democratic reforms lag behind implementation of enhancement technologies. Critics who make these arguments do not thereby necessarily accept the transhumanist assumption that human enhancement is a positive value; in their view, it should be discouraged, or even banned, because it could confer additional power upon the already powerful. The 1997 film Gattaca's depiction of a dystopian society in which one's social class depends entirely on genetic modifications is often cited by critics in support of these views.

These criticisms are also voiced by non-libertarian transhumanist advocates, especially self-described democratic transhumanists, who believe that the majority of current or future social and environmental issues (such as unemployment and resource depletion) need to be addressed by a combination of political and technological solutions (such as a guaranteed minimum income and alternative technology). Therefore, on the specific issue of an emerging genetic divide due to unequal access to human enhancement technologies, bioethicist James Hughes, in his 2004 book Citizen Cyborg: Why Democratic Societies Must Respond to the Redesigned Human of the Future, argues that progressives or, more precisely, techno-progressives must articulate and implement public policies (such as a universal health care voucher system that covers human enhancement technologies) in order to attenuate this problem as much as possible, rather than trying to ban human enhancement technologies. The latter, he argues, might actually worsen the problem by making these technologies unsafe or available only to the wealthy on the local black market or in countries where such a ban is not enforced.

Various arguments have been made to the effect that a society that adopts human enhancement technologies may come to resemble the dystopia depicted in the 1932 novel Brave New World by Aldous Huxley. Sometimes, as in the writings of Leon Kass, the fear is that various institutions and practices judged as fundamental to civilized society would be damaged or destroyed. In his 2002 book Our Posthuman Future and in a 2004 Foreign Policy magazine article, political economist and philosopher Francis Fukuyama designates transhumanism the world's most dangerous idea because he believes that it may undermine the egalitarian ideals of liberal democracy, through a fundamental alteration of "human nature". Social philosopher Jürgen Habermas makes a similar argument in his 2003 book The Future of Human Nature, in which he asserts that moral autonomy depends on not being subject to another's unilaterally imposed specifications. Habermas thus suggests that the human "species ethic" would be undermined by embryo-stage genetic alteration. Critics such as Kass, Fukuyama, and a variety of Christian authors hold that attempts to significantly alter human biology are not only inherently immoral but also threats to the social order. Alternatively, they argue that implementation of such technologies would likely lead to the "naturalizing" of social hierarchies or place new means of control in the hands of totalitarian regimes. The AI pioneer Joseph Weizenbaum criticizes what he sees as misanthropic tendencies in the language and ideas of some of his colleagues, in particular Marvin Minsky and Hans Moravec, which, by devaluing the human organism per se, promotes a discourse that enables divisive and undemocratic social policies.

In a 2004 article in Reason, science journalist Ronald Bailey has contested the assertions of Fukuyama by arguing that political equality has never rested on the facts of human biology. He asserts that liberalism was founded not on the proposition of effective equality of human beings, or de facto equality, but on the assertion of an equality in political rights and before the law, or de jure equality. Bailey asserts that the products of genetic engineering may well ameliorate rather than exacerbate human inequality, giving to the many what were once the privileges of the few. Moreover, he argues, "the crowning achievement of the Enlightenment is the principle of tolerance". In fact, he argues, political liberalism is already the solution to the issue of human and posthuman rights since, in liberal societies, the law is meant to apply equally to all, no matter how rich or poor, powerful or powerless, educated or ignorant, enhanced or unenhanced. Other thinkers who are sympathetic to transhumanist ideas, such as philosopher Russell Blackford, have also objected to the appeal to tradition, and what they see as alarmism, involved in Brave New World-type arguments.

Biopolitical activist Jeremy Rifkin and biologist Stuart Newman accept that biotechnology has the power to make profound changes in organismal identity. They argue against the genetic engineering of human beings, because they fear the blurring of the boundary between human and artifact. Philosopher Keekok Lee sees such developments as part of an accelerating trend in modernization in which technology has been used to transform the "natural" into the "artifactual". In the extreme, this could lead to the manufacturing and enslavement of "monsters" such as human clones, human-animal chimeras or bioroids, but even lesser dislocations of humans and non-humans from social and ecological systems are seen as problematic. The film Blade Runner (1982), the novels The Boys From Brazil (1978) and The Island of Dr. Moreau (1896) depict elements of such scenarios, but Mary Shelley's 1818 novel Frankenstein is most often alluded to by critics who suggest that biotechnologies could create objectified and socially-unmoored people and subhumans. Such critics propose that strict measures be implemented to prevent what they portray as dehumanizing possibilities from ever happening, usually in the form of an international ban on human genetic engineering.

Writing in Reason magazine, Ronald Bailey has accused opponents of research involving the modification of animals as indulging in alarmism when they speculate about the creation of subhuman creatures with human-like intelligence and brains resembling those of Homo sapiens. Bailey insists that the aim of conducting research on animals is simply to produce human health care benefits.

A different response comes from transhumanist personhood theorists who object to what they characterize as the anthropomorphobia fueling some criticisms of this research, which science writer Isaac Asimov termed the "Frankenstein complex". They argue that, provided they are self-aware, human clones, human-animal chimeras and uplifted animals would all be unique persons deserving of respect, dignity, rights and citizenship. They conclude that the coming ethical issue is not the creation of so-called monsters but what they characterize as the "yuck factor" and "human-racism" that would judge and treat these creations as monstrous.

Some critics of transhumanism allege an ableist bias in the use of such concepts as "limitations", "enhancement" and "improvement". Some even see the old eugenics, social Darwinist and master race ideologies and programs of the past as warnings of what the promotion of eugenic enhancement technologies might unintentionally encourage. Some fear future "eugenics wars" as the worst-case scenario: the return of coercive state-sponsored genetic discrimination and human rights violations such as compulsory sterilization of persons with genetic defects, the killing of the institutionalized and, specifically, segregation from, and genocide of, "races" perceived as inferior. Health law professor George Annas and technology law professor Lori Andrews are prominent advocates of the position that the use of these technologies could lead to such human-posthuman caste warfare.

For most of its history, eugenics has manifested itself as a movement to sterilize against their will the "genetically unfit" and encourage the selective breeding of the genetically fit. The major transhumanist organizations strongly condemn the coercion involved in such policies and reject the racist and classist assumptions on which they were based, along with the pseudoscientific notions that eugenic improvements could be accomplished in a practically meaningful time frame through selective human breeding. Most transhumanist thinkers instead advocate a "new eugenics", a form of egalitarian liberal eugenics. In their 2000 book From Chance to Choice: Genetics and Justice, (non-transhumanist) bioethicists Allen Buchanan, Dan Brock, Norman Daniels and Daniel Wikler have argued that liberal societies have an obligation to encourage as wide an adoption of eugenic enhancement technologies as possible (so long as such policies do not infringe on individuals' reproductive rights or exert undue pressures on prospective parents to use these technologies) in order to maximize public health and minimize the inequalities that may result from both natural genetic endowments and unequal access to genetic enhancements. Most transhumanists holding similar views nonetheless distance themselves from the term "eugenics" (preferring "germinal choice" or "reprogenetics") to avoid having their position confused with the discredited theories and practices of early-20th-century eugenic movements.

Struck by a passage from Unabomber Theodore Kaczynski's anarcho-primitivist manifesto (quoted in Ray Kurzweil's 1999 book, The Age of Spiritual Machines), computer scientist Bill Joy became a notable critic of emerging technologies. Joy's 2000 essay "Why the future doesn't need us" argues that human beings would likely guarantee their own extinction by developing the technologies favored by transhumanists. It invokes, for example, the "grey goo scenario" where out-of-control self-replicating nanorobots could consume entire ecosystems, resulting in global ecophagy. Joy's warning was seized upon by appropriate technology organizations such as the ETC Group. Related notions were also voiced by self-described neo-luddite Kalle Lasn, a culture jammer who co-authored a 2001 spoof of Donna Haraway's 1985 Cyborg Manifesto as a critique of the techno-utopianism he interpreted it as promoting. Lasn argues that high technology development should be completely relinquished since it inevitably serves corporate interests with devastating consequences on society and the environment.

In his 2003 book Our Final Hour, British Astronomer Royal Martin Rees argues that advanced science and technology bring as much risk of disaster as opportunity for progress. However, Rees does not advocate a halt to scientific activity; he calls for tighter security and perhaps an end to traditional scientific openness. Advocates of the precautionary principle, such as the Green movement, also favor slow, careful progress or a halt in potentially dangerous areas. Some precautionists believe that artificial intelligence and robotics present possibilities of alternative forms of cognition that may threaten human life. The Terminator series' doomsday depiction of the emergence of an A.I. that becomes a superintelligence - Skynet, a malignant computer network which initiates a nuclear war in order to exterminate the human species, has been cited by some involved in this debate.

Transhumanists do not necessarily rule out specific restrictions on emerging technologies so as to lessen the prospect of existential risk. Generally, however, they counter that proposals based on the precautionary principle are often unrealistic and sometimes even counter-productive, as opposed to the technogaian current of transhumanism which they claim is both realistic and productive. In his television series Connections, science historian James Burke dissects several views on technological change, including precautionism and the restriction of open inquiry. Burke questions the practicality of some of these views, but concludes that maintaining the status quo of inquiry and development poses hazards of its own, such as a disorienting rate of change and the depletion of our planet's resources. The common transhumanist position is a pragmatic one where society takes deliberate action to ensure the early arrival of the benefits of safe, clean, alternative technology rather than fostering what it considers to be anti-scientific views and technophobia.

One transhumanist solution proposed by Nick Bostrom is differential technological development, in which attempts would be made to influence the sequence in which technologies developed. In this approach, planners would strive to retard the development of possibly harmful technologies and their applications, while accelerating the development of likely beneficial technologies, especially those that offer protection against the harmful effects of others.

Pic de la Mirandole appelait déjà l'homme à sculpter sa propre statue et même avant lui Plotin : « Si tu ne vois pas encore ta propre beauté, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle : il enlève ceci, il gratte cela... De la même manière, toi aussi, enlève tout ce qui est superflu, redresse ce qui est oblique » ( Énnéades (Plotin)).

Le terme transhumanisme a, quant à lui, été introduit par Julian Huxley en 1957, bien que le concept qu'il désignait diffère sensiblement de celui auquel les transhumanistes font référence depuis les années 1980.

Dr. Anders Sandberg croit que « le transhumanisme est la philosophie qui dit que nous pouvons et devrions nous développer à des niveaux supérieurs à la fois physiquement, mentalement et socialement, en utilisant des méthodes rationnelles » tandis que Dr. Robin Hanson croit que « le transhumanisme est l'idée que les nouvelles technologies vont probablement tellement modifier le monde d'ici un siècle ou deux que nos descendants ne seront plus 'humains' sous de nombreux aspects ».

Les transhumanistes encouragent en général les technologies modernes, y compris certaines qui prêtent à controverse, comme le génie génétique appliqué aux humains, ainsi que des technologies futuristes telles que le téléchargement d'un esprit humain vers une simulation exécutée par un ordinateur.

Typiquement, les transhumanistes pensent que les avancées rapides des technologies conduiront dans un avenir proche à la création d'une intelligence artificielle dont les capacités dépasseront celles des humains, et que cela conduira inexorablement à un progrès radical dans des domaines comme la nanotechnologie et l'ingénierie à l'échelle sous-moléculaire.

Certains analystes observent que le rythme du développement technologique accuse une augmentation régulière, ce qui conduit de nombreux futuristes à spéculer que les cinquante prochaines années vont conduire à des avancées technologiques radicales. Par conséquent, ils pensent qu'un nouveau paradigme pour penser l'avenir de l'humanité a commencé à prendre forme. La condition humaine, disent-ils, n'est pas aussi constante qu'elle l'a semblé, et des innovations futures autoriseront les humains à transformer leurs caractéristiques physiques, émotionnelles et cognitives comme ils le désireront.

Le transhumanisme soutient que cela est bon, et que les humains peuvent et devraient devenir plus qu'humains.

Plus récemment, Jacques Attali, dans Une brève histoire de l'avenir, paru en 2006, voit dans le transhumain la porte de sortie de l'hyperempire, un monde chaotique qu'il décrit comme dominé par les mutations technologiques et débouchant sur un conflit généralisé vers 2050.

Suivant l'influence politique, philosophique et morale des Lumières, le transhumanisme cherche à construire à partir de la base de connaissances globales, pour le bien de l'ensemble de l'humanité.

Dérivé en partie de la tradition philosophique de l'humanisme séculaire, le transhumanisme affirme que les humains ne devraient pas être vus comme le « centre » de l'univers moral, et qu'il n'y a pas de force surnaturelle qui guide l'humanité. Bien qu'étant un mouvement très diversifié, le transhumanisme tend vers l'usage d'arguments rationnels et d'observations empiriques de phénomènes naturels. De nombreuses manières, les transhumanistes prennent part dans une culture de science et de raison, et sont guidés par des principes de valorisation de la vie.

En particulier, le transhumanisme cherche à appliquer la raison, la science et la technologie dans le but de lutter contre la pauvreté, la maladie, le handicap, la malnutrition et les gouvernements dictatoriaux dans le monde. De nombreux transhumanistes vantent activement le potentiel qu'offrent les technologies futures et les systèmes sociaux innovants pour améliorer la qualité de la vie, tout en permettant à la réalité physique de la condition humaine de satisfaire les promesses d'égalité légale et politique en éliminant les barrières congénitales mentales et physiques.

Le transhumanisme prétend qu'il existe un impératif éthique pour que les humains recherchent le progrès et l'amélioration. Si l'humanité entre dans une phase post-Darwinienne de l'existence, dans laquelle les humains contrôlent l'évolution, alors les mutations aléatoires seront remplacées par des changements guidés par la raison, la morale et l'éthique.

À cette fin, les transhumanistes s'engagent dans des approches interdisciplinaires pour comprendre et évaluer les possibilités afin de surmonter les limitations biologiques. Cela inclut l'usage de nombreux domaines et sous-domaines de la science, de la philosophie, de l'histoire naturelle et de la sociologie.

La première déclaration transhumaniste fut formulée par FM-2030 dans son Upwingers Manifesto en 1978, comme une vue optimiste de l'avenir et une référence à l'idée politique que ni la gauche ni la droite n'apporteraient les changements nécessaires à un avenir positif.

En 1990, un code plus formel et concret pour les transhumanistes libertariens prend la forme des Principes transhumanistes d'Extropie (Transhumanist Principles of Extropy), l'extropianisme étant une synthèse du transhumanisme et du néolibéralisme.

Alastair Reynolds aborde également le transhumanisme au travers de son cycle des Inhibiteurs, principalement par ses personnages Ultras et Conjoineurs.

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Biopunk

Biopunk est un néologisme, né de la contraction entre Biotech et Cyberpunk.

Le « Siècle Biotech » dont parlait Jeremy Rifkin (1998) est à présent le nôtre. Les technologies du vivant sont amenées à prendre une importance grandissante au cours des prochaines décennies, tant dans les vies individuelles que dans les choix de société. Clonage et transgénèse sont la partie émergée d’un ensemble de pratiques naissantes, amenées à se perfectionner, se diversifier, et répondre à des demandes de plus en plus nombreuses, malgré, pour l’instant, la frilosité ambiante. Cette dernière ne résistera pas longtemps à l’avancée de la technoscience, mélange de logique scientifique, de réponse à une demande, et d’impératifs économiques. Loin de s’en attrister, certains l’acceptent, et commencent à s’approprier le monde de demain.

De même que l’information, et l’informatique, constituèrent les sciences et techniques dominantes de la seconde moitié du XXe siècle, et descendirent au niveau de la rue avec les contre-cultures « cyber », les biotechnologies sont la révolution technologique, philosophique, et artistique majeure du XXIe siècle, dont certaines avant-gardes s’emparent déjà. Même balbutiante, l’ingénierie génétique a trouvé ses premiers hackers. Les enfants des cyberpunks continuent le combat, et si le paradigme a changé, l’idée est la même : scientifique dans la pratique, punk dans l’âme. Les mordus d’ADN remplacent les amateurs de silicium, les générations roulent ; nous sommes à l’ère des biopunks.

La science-fiction constitue un bon baromètre de l’importance des différentes contre-cultures, en plus d’être généralement le lieu de leur genèse. Il se trouve que le Biopunk fut précédé, en littérature, des phases « Cyberpunk » et « Postcyberpunk », dont il hérite d’une grande partie des caractéristiques.

Gibson, Sterling, Shiner, ou Cadigan, sont les écrivains les plus marquants d’une science-fiction que tout le monde s’accorde à appeler « cyberpunk », considérée comme une révolution du genre, tant au niveau thématique que littéraire. Gibson notamment, dans son œuvre majeure Neuromancien, a le génial pressentiment de ce qui va devenir le fait marquant, dans le domaines des technologies, de la décennie suivante, Internet, outil qui va permettre en retour à de véritables cyberpunks d’émerger. De simples programmeurs, ainsi, vont devenir des pirates du réseau mondial.

Hors le courant littéraire, qui s’essouffle déjà un peu à la fin des années 1980, naissent un certain nombre de mouvements se réclamant du Cyberpunk, dont les protagonistes sont de réels marginaux utilisant et détournant les innovations techniques pour se ménager des espaces de liberté, et contourner les mécanismes de contrôle centralisé qui prévalent dans le monde non-virtuel. Les implants et les interfaces neurales n’étant pas à l’ordre du jour, excepté dans l’iconographie du mouvement, c’est sur le Net que se forment les communautés Cyberpunks.

Plusieurs manifestes fleurirent. Leurs thèmes se recoupent suffisamment pour tirer de ces mouvements un portrait homogène. Le « Manifeste Crypto-Anarchiste » de (1992) est, comme son nom l’indique, une déclaration d’orientation libertaire, souhaitant attirer l’attention des anarchistes traditionnels sur les possibilités offertes par les technologies informatiques. Le manifeste avance que « la crypto-anarchie permettra de faire circuler librement les secrets nationaux et de vendre des matériaux illicites ou volés », et que « les méthodes cryptologiques altèreront fondamentalement la nature de l’interférence du gouvernement et des grandes sociétés dans les transactions économiques ». L’idée est d’utiliser l’encryptage sur le réseau d’échange mondial, d’anonymiser les discussions privées, de tout diffuser à tout le monde, et de démanteler « le fil de fer barbelé qui entoure la propriété intellectuelle ». Par là, le hacking devient l’activité cyberpunk par excellence.

Le « Manifeste des Cyberpunks » de Eric Hughes (1993) reprend les mêmes thèmes. Il s’agit pour lui de « préserver la vie privée » au moyen d’un « système d’échanges anonymes ». Les cyberpunks, dont il se réclame, ont alors pour tâche d’écrire des programmes d’encryptage, contre les gouvernements et les compagnies qui souhaitent, selon lui, rendre publiques tous les échanges afin d’asseoir leur contrôle. « Les cyberpunks s’engagent activement à faire du net un endroit plus sûr pour la vie privée ».

Enfin, le « Cyberpunk Manifesto », de Christian As. Kirtchev (1997), en plus de reprendre les thèmes susdits (transactions anonymes, liberté totale de circulation des informations, etc.), s’amuse à décrire le mode de vie des cyberpunks et des hacktivistes du net, confirmant leur isolement et leur insociabilité. Le cyberpunk des années 1990 semble alors radicalement inadapté à son époque, écartelé entre sa référence à un genre littéraire qui n’existe plus et son aspiration à un univers ultra-technologisé qui n’est pas encore. « Nous vivons au bon endroit, mais pas au bon moment ».

« Le Postcybepunk fait apparaître des personnages et des cadres différents , et, surtout, fait des hypothèses fondamentalement autres sur le futur. Loin d’être des marginaux solitaires, les personnages de postcyberpunk font bien souvent partie intégrante de la société (autrement dit, ils ont un emploi). Ils évoluent dans un futur qui n’est pas nécessairement anti-utopique (en fait, ils baignent souvent dans un optimisme qui va de la prudence à l’exubérance), mais leur vie quotidienne reste marquée par le renouvellement technologique rapide et une infrastructure informatisée omniprésente. » (Notes Toward a Postcyberpunk Manifesto, 1998).

Le Postcyberpunk fleurit chez des auteurs comme Neal Stephenson (L’Âge de Diamant), Ian McDonald (Necroville), Greg Bear (Slant), et toujours Bruce Sterling (Les mailles du réseau, Feu Sacré). Les descriptions très détaillées de l’environnement des personnages sont toujours présentes, mais la condition sociale de ces derniers a changé (de même que celle des écrivains ex-cyberpunk, sans doute). Issus des couches moyennes de la population, ils ont fondé une famille, ont une vie sociale, des responsabilités, et sont suffisamment intégrés à la société pour prospérer et se reproduire. Ou comment les « nerds », individus frêles et autistes des années 1980, sont devenus des « geeks », informaticiens bien sous tous rapports et bons à marier.

L’idée sous-jacente est alors d’humaniser, en quelque sorte, l’univers cyberpunk. Les visions cauchemardesques engendrées par le genre, y compris et surtout dans l’imaginaire populaire, ont recouvert ce qu’un tel futur pouvait contenir de désirable. Il ne s’agit pas de dire que le paradis technologique est pour demain, mais qu’il est possible d’être bien portant et sain d’esprit dans un univers hyper-technologique. Acheter des implants douteux au marché noir dans les faubourgs sales de Tokyo ne sera pas le lot de tout le monde.

L’individu postcyberpunk a donc tendance à être chaleureux et drôle, quand le cyberpunk était froid et sinistre. La SF change d’atours, et tente la séduction par l'optimisme après des années de séduction par l’effroi.

Néanmoins, comme le reconnaît Lawrence Person, le Postcyberpunk n’est pas un mouvement. Tout au plus est-il une appellation servant à réunir quelques œuvres. Il n’a pas en lui la force d’affirmation d’un véritable renouveau. Simple style de science-fiction aux contours flous, il n’a pas non plus de réels équivalents dans la culture ; pour beaucoup d’artistes ou de philosophes des contre-cultures, l’heure est encore au cyberpunk « tout court ».

Seule l’émergence d’une nouvelle technologie, comme celle qui s’appuie sur les sciences du vivant, a donc pu donner l’impulsion nécessaire à l’émergence d’une contre-culture à l’identité forte.

Le roman biopunk hérite des caractéristiques combinées de ses deux parents Cyber et Postcyber. Technologie étouffante, guerre des corporations, jungle urbaine, monstruosités humanoïdes, tout ceci est présent dans le futur biopunk ; l’idéalisme des premiers hackers, leur soif libertaire devenue auxiliaire de survie, s’est cependant estompé au profit d’un sens du compromis pragmatique. De même que certains pirates du software pouvaient vendre leurs services au plus offrant, le héros biopunk est souvent lié, bon gré mal gré, avec de riches et puissants acteurs économiques. La science n’ayant pas de vocation humaniste, le romantisme libertaire pèse peu devant la nécessité de survivre. Ce personnage-type est donc bien relativement solitaire, marginal, et scientifiquement surdoué, mais son côté sans foi ni loi l’amène généralement à ignorer l’odeur de l’argent, et à s’accommoder du monde qui est le sien, sans penser à le rendre meilleur.

Le récit est assez long, et l’intrigue se déploie, de façon inégalement passionnante, dans beaucoup de directions, mobilisant un nombre toujours plus grands de protagonistes et de communautés aux relations complexes et instables. L’essentiel est ailleurs, dans cette omniprésence de l’ingénierie génétique, de ses réalisations les plus visiblement réussies comme de ses conséquences les plus morbides. L’incessant lâcher dans la nature de nouveaux organismes au génotype trafiqué rend précaire tous les équilibres, et menace chaque humain d’une contagion virale plus ou moins mortelle, et plus ou moins psycho-active. La « Croisade » réunit ainsi les hommes et les femmes infectées par un « mémogène » religieux, les poussant tous à prendre la route à la recherche de Féerie. Dans ce monde déréglé, chaotique, où la piraterie génétique généralisée enfante un univers rarement rassurant, Alex le bio-hacker trace sa route, poursuivant la femme qui l’a envoûté, et cherchant un milieu sain entre des humains à la déroute et des fées irresponsables. Armé de ses seules compétences de génie des biotech, et d’un bon réseau de compagnons excentriques, il tente de tirer son épingle du jeu, et d’incarner l’outsider venu déjouer les plans des uns et des autres.

Féerie, pour certains, est au Biopunk ce que Neuromancien est au Cyberpunk : la description d’un univers de référence, avec son style, ses détails caractéristiques, et sa mythologie. La comparaison est peut-être excessive ; Féerie n’a pas la force du roman de Gibson, qui a placé la barre assez haut. Neuromancien reste une œuvre majeure pour trois raisons, qui manquent à Féerie : premièrement, l’effet de nouveauté, le caractère séminal de l’œuvre, la méthode inédite d’élaboration convaincante d’un univers, dont Féerie hérite mais qu’elle ne réinvente pas ; deuxièmement, la géniale anticipation du réseau informatique mondial, qui ne trouve aucun équivalent dans Féerie ; troisièmement, enfin, le fait que Gibson s’inscrive dans une tradition littéraire qui excède la science-fiction, privilégie la recherche formelle, et se pose en héritier de romanciers comme Thomas Pynchon ou Don DeLillo – démarche totalement étrangère à McAuley, dont le style reste celui d’une science-fiction « classique ». Reste que Féerie est un thriller futuriste des plus crédibles, un des premiers à mettre à ce point en avant les biotechnologies.

À travers cette hiérarchisation des sciences, qui ne procède d’aucun parti pris méthodologique ou ontologique, mais esthétique, Di Filippo met en avant le « niveau de réalité » biologique, celui dans lequel s’exprime la puissance vitale, créatrice, de notre chaîne d’ADN, contre la mécanique froide des ordinateurs. Il célèbre le charnel, l’organique, l’impératif aveugle du corps, la faim, le sexe, contre le calcul, considérant que « l’intellectualité nous a mené aussi loin qu’elle le pouvait. » Le Ribofunk a ceci de « Postcyber » qu’il privilégie les ambiances chaudes, sensuelles, vitales, contre l’aspect glacial de la matière inerte robotisée.

Les nouvelles de Di Filippo participant de son projet « Ribofunk » ne sont pas disponibles en français. L’auteur reconnaît toutefois avoir eu des prédécesseurs, dont les textes nous sont accessibles, notamment La musique du sang de Greg Bear, et Schismatrice de Sterling dont la dernière partie, « Evolution en clades », est un vrai hymne à la créativité génétique et à la spéciation.

Les Biopirates « indépendants » se positionnent contre ceux qu’ils accusent d’être des Biopirates « légaux », autorisés, des pilleurs de travaux en génétique qui s’approprient le vivant : les multinationales des biotechnologies. De la récupération de nombreuses études menées par des étudiants, privés de leur découverte, à la privatisation de certaines ressources biologiques prélevées dans les forêts d’Amérique du Sud, en passant par la course au brevetage des découvertes génétiques, les sociétés de biotechnologie aux États-Unis multiplient les pratiques d’appropriation du monde vivant, soulevant des protestations toujours plus vives, et endossant à merveille le costume d’Antéchrist pour les activistes Biopunk.

Car la revendication principale des manifestes « Cyber » – liberté de circulation de l’information – est toujours d’actualité ; mais l’information est devenue génétique. Dans un texte circulant sur le web, et pouvant faire office de manifeste, Annallee Newitz clame : « les biopunks croient en la libération des données génétiques. Découvrir un gène ou une protéine signifie que vous pouvez les breveter, c’est-à-dire les posséder. Les biopunks nous invitent à penser combien tout cela est flippant. » L’époque change, pas le combat : nul ne peut prétendre posséder ce qui est à tout le monde ; le décryptage du génome doit être connu et vu de tous, non être une base de données privée et payante ; les gènes d’un individu, à l’inverse, sont privés et ne peuvent appartenir à aucune instance économique, politique ou scientifique. L’intervention sur son propre génotype est une décision libre dont nul ne doit avoir à rendre compte, ni à l’État ni à aucun laboratoire pharmaceutique.

Le linguiste américain Michael Quinion note d’ailleurs que cette appellation n’a pas connu la même réussite que celle de Cyberpunk, et doute qu’elle y parvienne jamais. Le terme reste encore largement inconnu, et ses représentants trop peu nombreux pour faire parler d’eux de façon significative.

Mais ce manque de visibilité est évidemment lié à l’état lui-même embryonnaire des biotechnologies, qui sont loin d’avoir envahi nos vies quotidiennes. L’arrivée et la démocratisation massive d’une technologie équivalente au PC. ne manquera pas, en temps venu, d’amener la question de l’usage et du détournement des biotechnologies au centre de nos préoccupations. Peu importe, au fond, que le même « Biopunk » survive : les pirates du génome, quel que soit leur nom, existeront, et en nombre important. Chacun, en particulier, devrait pouvoir être son propre bio-hacker, son propre reprogrammateur génétique. Dans ce contexte, ce genre de pratique sortira même de la marginalité. Le siècle sera biotech, pour tout le monde. Et c’est à sa naissance que nous assistons.

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Source : Wikipedia